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Climats du monde

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#45. Comodoro Rivadavia.

 

Aller on déménage aujourd'hui, direction la Patagonie à Comodoro Rivadavia. Par presque 46°S Comodoro est situé à une latitude comparable à celle du centre de la France pour l’hémisphère nord, et quasiment identique à celle de ma ville de Lyon. Elle est situé au bord de l'Atlantique sud, pourtant on verra que le climat n'y a pas grand chose de maritime. La station synoptique est situé en bordure sud de l'aéroport, à 10kms du centre-ville et 2.9kms de l’océan:

87860_Comodoro_Rivadavia.jpg

 

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Vue vers l'ONO:

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87860_Comodoro_Rivadavia_A_v7.35.png

 

On est vraiment au cœur de la Patagonie, dont le climat est avant tout soumis à l'effet d'abri des Andes, sous un fort courant d'ouest dominant toute l'année. Outre le vent souvent fort, la pluviométrie et l'hygrométrie faibles sont les traits les plus caractéristiques de ce climat. D'après Köppen on est dans un climat steppique, et il n'est pas trop contredit par le paysage - où les arbres sont rares.

Les précipitations sont irrégulières - les stats ne sont pas du tout lissées sur seulement 12ans -, mais on distingue un maximum d'automne et hiver (tandis que le printemps et l'été sont plus secs). La sécheresse est manifeste en été malgré des t° modérées, et elle est renforcée par une hygrométrie souvent très basse et un vent dé-séchant.

Malgré une faible amplitude thermique annuelle pour la latitude (on avait déjà retrouvé ceci à Bariloche), la variabilité du temps est importante avec de fréquents changements de temps et de masse d'air au gré du défilé des centres d'actions: regardez les variations types (les centiles) de température, pression et Td au cours de l'année... ça bouge beaucoup, même en été où les dépressions profondes continuent à se succéder. En été des vents de nord brûlants arrivent parfois jusqu'ici, et en hiver la neige est possible bien que plutôt rare.

Et en toutes saisons des journées brumeuses et humides peuvent se produire lorsque le placement de centres d'action provoque des retours d'est maritimes.

Dernière chose: comparez les stats de ciel clair/ciel couvert de mars/avril avec celles d'octobre/novembre: oui là aussi l'automne est plus beau que le printemps, de façon subtile mais indéniable... il me semble finalement que ce trait est commun à quasiment tout les climats tempérés, quelque soit l’hémisphère.

 

EDIT 08/08/2014: ajout des tableaux horaires

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EDIT 21/09/2015: ajout des roses des vents

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Voici ce à quoi peut ressembler un hiver normal, avec ici la saison 2006:

87860_JUN-_AUG06.png

 

On passe sans transition à été, puisque les saison intermédiaires n'ont rien de notable. Sur la saison 2014-2015, qui fut dans les normes pour de nombreux paramètres, on voit que le temps est très variable: de nombreux coups de vents, et des variations de températures incessantes d'un jour à l'autre.

87860_DEC14-_FEB15.png

 

Voilà pour aujourd'hui, j'ai prévu de rester un moment dans cette région du monde pour les prochaines mises à jour.

 

Modifié par mottoth
Remise à jour, ajout de la carte topo

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#46. Buenos Aires.

 

Suite du voyage en Amérique du Sud avec cette fois çi la capitale Argentine: Buenos Aires.

87576_map0.jpg

 

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J'avais le choix entre 2 stations:

- Aeroparque, l'aéroport domestique situé en centre ville au bord de la Plata,

- Ezeiza, l'aéroport international situé en dehors de la ville.

J'ai choisi Ezeiza car l'urbanisation y est beaucoup plus faible. On regarde ça sur la carte:

87576_Buenos_Aires_Ezeiza.jpg

 

L'aéroport d'Ezeiza est situé 25kms au SO du centre-ville, à la lisière de l'agglomération de Buenos Aires, et au cœur d'une zone assez verte. De plus la station est implantée suffisamment loin du tarmac et des terminaux pour ne pas trop en subir l'ilot de chaleur. On se retrouve donc avec une station étonnamment "campagnarde" pour une si grande agglomération.

87576_map2.jpg

 

Confirmation du statut "campagnard" sur les stats avec des tn qui descendent bien, et qui durant une grande partie de l'année sont proches voire sous le Td moyen:

87576_Buenos_Aires_A_v7.35.png

 

C'est un climat subtropical de facade est, avec des précipitations toutes l'année (malgré un minimum hivernal) et un hiver marqué par de vraies invasions polaires. Le temps est variable toute l'année, avec cependant une prédominance du beau temps sur le mauvais temps à l'échelle annuelle.

D'ailleurs les jours de pluie sont peu nombreux pour une lame d'eau de plus d'1 mètre: les dégradations du temps sont souvent violentes, sous forme de fronts orageux qui en toute saison peuvent déverser plusieurs dizaines de mm en quelques heures. Il me semble avoir lu que la zone de la Pampa (qui s'étend à l'ouest et au sud de Buenos Aires) est la deuxième zone au monde pour la fréquence des tornades (loin derrière la tornado alley nord américaine).

La neige est possible mais rarissime, les 4 cms tombés le 9/07/2007 avaient d’ailleurs été reportés dans les journaux du monde entier.

 

Sinon je voudrais encore une fois montrer que l'automne est plus "beau" que le printemps: comparez les stats de nébulosités entre mars et novembre ou avril et octobre, des mois thermiquement comparables.

 

EDIT 08/08/2014: ajout des tableaux horaires

87576_Buenos_Aires_B_v7.35.png

 

EDIT 08/09/2015: ajout des roses des vents

87576_Buenos_Aires_C_v7.35.png

 

 

On ne va passer en revue que 2 saisons, l'hiver et l'été, car les saisons intermédiaires ne sont que des transitions sans caractéristiques notables.

L'hiver 2002 est un bon exemple, proche des normales et avec un peu de tout:

- de belles nuits de gel sous un ciel étoilé

- une bonne période de chaleur d'origine subtropicale fin aout, typiques des vagues de chaleurs précoces au printemps.

- de bonnes dégradations pluvio-orageuses, dont celle du 17 et 18/08.

87576_JUN-_AUG02.png

 

 

Voici l'été 2007-2008, normal et avec pleins d'éléments typiques:

- de bonnes chaleurs qui se terminent en douche écossaise

- des coups de frais de 48h qui permettent de bien respirer la nuit

- les brumes/brouillards fréquents le matin, la montée du Td lors de périodes chaudes, l'importance des orages dans la pluviométrie, ou simplement la prévalence générale du beau temps.

87576_DEC07-_FEB08.png

 

C'est tout pour aujourd'hui.

 

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Merci mottoth pour cette présentation default_flowers.gif

Un bien beau climat en effet, des saisons pour éviter la monotonie mais sans excès, de l'eau quand la végétation en a besoin c'est à dire en été, un bel ensoleillement. default_thumbup1.gif Il n'y a guère que les tornades, ce ne serait pas mon truc ces machins-là default_scared.gif Bon, rien n'est parfait en ce bas monde...

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Aller on déménage aujourd'hui, direction la Patagonie à Comodoro Rivadavia. Par presque 46°S Comodoro est situé à une latitude comparable à celle du centre de la France pour l’hémisphère nord, et quasiment identique à celle de ma ville de Lyon. Elle est situé au bord de l'Atlantique sud, pourtant on verra que le climat n'y a pas grand chose de maritime.

On est vraiment au cœur de la Patagonie, dont le climat est avant tout soumis à l'effet d'abris des Andes, sous un fort courant d'ouest dominant toute l'année. Outre le vent souvent fort, la pluviométrie et l'hygrométrie faibles sont les traits les plus caractéristiques de ce climat. D'après Köppen on est dans un climat steppique, et il n'est pas trop contredit par le paysage - où les arbres sont rares.

Les précipitations sont irrégulières - les stats ne sont pas du tout lissées sur seulement 12ans -, mais on distingue un maximum d'automne et hiver (tandis que le printemps et l'été sont plus secs). La sécheresse est manifeste en été malgré des t° modérées, et elle est renforcée par une hygrométrie souvent très basse et un vent dé-séchant.

Salut !Effectivement, un climat bien particulier, subissant de plein fouet la subsidence à cause des Andes qui ne son, en fin de compte, vraiment pas si loin que ça. À cette latitude de l'hémisphère austral, les vents d'ouest sont, en général, très forts et particulièrement constants. Et même là, sur la côte "sous le vent", ces vents d'ouest "font la loi". Cependant, je n'annulerais pas complètement la caractéristique maritime, puisque 2 critères importants penchent dans ce sens : l'amplitude thermique annuelle reste bien faible, et le régime pluviométrique est tout à fait maritime. En revanche, il faut admettre qu'étant donnée la très faible HR estivale, le degré d'océanicité baisse fortement. J'obtiens d'ailleurs une valeur de 0.59, c'est à dire faiblement océanique (les contrées océaniques sont souvent < à 0.40, et les hyperocéanique < à 0.25).

Quant aux indices d'humidité disponible, j'obtiens Ihe = -18 (étés pas mal secs), et IhA = -51 (végétation associée à un climat semi-aride, comme Köppen).

Je ne calcule pas l'indice de subtropicalité, car on en est sûrement très loin !

Bref, ce climat est difficile à classifier, je ne parlerais pas vraiment de steppe. Il me fait penser, en bien plus frais évidemment, au climat semi-aride océanique d'Agadir. Ou alors le climat de steppe sèche.

Pas facile !

Malgré une faible amplitude thermique annuelle pour la latitude (...), la variabilité du temps est importante avec de fréquents changements de temps et de masse d'air au gré du défilé des centres d'actions: regardez les variations types (les centiles) de température, pression et Td au cours de l'année... ça bouge beaucoup, même en été où les dépressions profondes continuent à se succéder. En été des vents de nord brûlants arrivent parfois jusqu'ici, et en hiver la neige est possible bien que plutôt rare.

Et en toutes saisons des journées brumeuses et humides peuvent se produire lorsque le placement de centres d'action provoque des retours d'est maritimes.

En même temps, j'ai souvent remarqué que les climats tempérés présentant une faible amplitude thermique annuelle sont souvent susceptibles de connaître de bonnes variations de types de temps, et ce, fréquemment dans l'année. Ce serait d'ailleurs justement, à mon avis, ce "brassage" incessant des masses d'air qui viendrait homogénéiser en quelque sorte l'évolution des températures...Mais je me trompe peut-être.

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Salut et merci pour vos exposés!

On remarque qu'en Argentine la pluviometrie annuelles décroit du nord vers le sud alors que son voisin Chilien la configuration est diametralement opposée avec la pluviometrie annuelles qui croit en allant du nord vers le sud!

Drole d'opposition surtout pour deux pays si proches, et je ne crois pas qu'il existent 2 autres pays (ou régions voisines) voisins au monde avec cette configuratin (i.e la pluviometrire décroit en allant du nord vers le sud chez le voisin oriental et la pluviometrie qui croit en allant du nord vers le sud chez le voisin occidental)

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Salut et merci pour vos exposés!

On remarque qu'en Argentine la pluviometrie annuelles décroit du nord vers le sud alors que son voisin Chilien la configuration est diametralement opposée avec la pluviometrie annuelles qui croit en allant du nord vers le sud!

Bonne remarque, en effet valable pour la majorité de l'Argentine. Je ne m'étais jamais moi même rendu compte de ça.J'ai prévu dans les prochaines mises à jours de comparer Mendoza à Santiago de Chile: on verra que malgré la proximité géographique ces 2 villes séparées par le plus haut sommet des Andes (l'Aconcagua) n'ont quasiment rien en commun au niveau climatique. Mais avant ça j'ai prévu un détour par Salta, dans le nord de l'Argentine. On verra plus tard...

Un bien beau climat en effet, des saisons pour éviter la monotonie mais sans excès, de l'eau quand la végétation en a besoin c'est à dire en été, un bel ensoleillement. default_thumbup1.gif Il n'y a guère que les tornades, ce ne serait pas mon truc ces machins-là default_scared.gif Bon, rien n'est parfait en ce bas monde...

Un autre bémol quand même pour Buenos Aires: l'été est quand même trop chaud pour un bon niveau de confort thermique, surtout que la chaleur est souvent moite et que la clim est aussi rare qu'en France. J'ai visité Buenos Aires en février, par 34°c: c'est vraiment intenable dans les restos et les bars le soir, et l'on dort très mal sans clim. Sinon de mars à novembre c'est en effet un climat très agréable (j'y suis aussi allé en novembre, je confirme c'est mieux - à part les allergies au pollen).
Cependant, je n'annulerais pas complètement la caractéristique maritime, puisque 2 critères importants penchent dans ce sens : l'amplitude thermique annuelle reste bien faible, et le régime pluviométrique est tout à fait maritime.

Oui c'est comme à Bariloche: les Andes assèchent le flux d'ouest, mais ne coupent pas complètement l'effet océanique modérateur sur les moyennes de t°. Le continent sud-américain n'est pas assez large à cette latitude pour que la continentalité puisse vraiment s'exprimer à l'abri des Andes.

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Suite du voyage en Amérique du Sud avec cette fois çi la capitale Argentine: Buenos Aires.

C'est un climat subtropical de facade est, avec des précipitations toutes l'année (malgré un minimum hivernal) et un hiver marqué par de vraies invasions polaires. Le temps est variable toute l'année, avec cependant une prédominance du beau temps sur le mauvais temps à l'échelle annuelle.

D'ailleurs les jours de pluie sont peu nombreux pour une lame d'eau de plus d'1 mètre: les dégradations du temps sont souvent violentes, sous forme de fronts orageux qui en toute saison peuvent déverser plusieurs dizaines de mm en quelques heures. Il me semble avoir lu que la zone de la Pampa (qui s'étend à l'ouest et au sud de Buenos Aires) est la deuxième zone au monde pour la fréquence des tornades (loin derrière la tornado alley nord américaine).

La neige est possible mais rarissime, les 4 cms tombés le 9/07/2007 avaient d’ailleurs été reportés dans les journaux du monde entier.

Merci comme toujours pour tes exposés bien sympas. On en redemande... default_flowers.gifDonc effectivement, et tu le sous-entends bien, cette ville possède un climat très semblable à celui du sud-est américain. Sauf qu'ici, on est dans l'hémisphère sud, c'est donc légèrement plus frais pour la même latitude. De plus, dans le sud de l'Amérique du Sud, l'«océanicité» est souvent assez marquée, bien que ce soit très léger ici. Si bien que les étés sont un peu moins chauds, et les hivers un peu plus doux qu'aux Etats-Unis dans une configuration similaire (je pense à des villes comme Charleston ou Norfolk).

Je trouve Ihe = 32 (étés humides, les sécheresses sont normalement inexistantes), IhA = 60 (végétation associée à un climat humide).

L'indice de subtropicalité atteint 14507 (donc largement subtropical, évidemment, quoique dans une moindre mesure que ses homologues américaines), et l'indice de tropicalité vaut IT = -130 (donc loin de la tropicalité, évidemment aussi !).

Quant à l'indice de continentalité, il est modéré : (0.56).

On aurait donc un climat tempéré subtropical continental humide.

S'agissant de la dichotomie entre l'Argentine et le Chili du point de vue du gradient nord-sud des quantités de précipitations annuelles, je dirais que la responsable est la barrière des Andes, et le fort courant d'ouest entre les 40ème et 60ème parallèles sud. Dans ces régions les plus au sud, le Chili reçoit donc de plein fouet les dépressions océaniques du Pacifique. Alors que côté argentin, la subsidence fonctionne à plein régime (comme à Comodoro Rivadavia). Et plus les vents d'ouest sont soutenus et constants, plus la barrière des Andes accentue la subsidence, et plus c'est sec.

Alors que plus au nord (entre les 35-40°S et le tropique du Capricorne), la circulation d'ouest diminue nettement, et la cellule anticyclonique subtropicale du Pacifique Sud étend son influence : le climat océanique de la côte chilienne s'assèche de plus en plus vers le nord, pour passer par une petite portion méditerranéenne puis rapidement à un climat semi-aride océanique puis aride océanique. En revanche, côté argentin, tout comme au sud-est des USA, les influences tropicales (et continentales) présentes au cours de la saison chaude gagnent en importance, si bien que les précipitations estivales augmentent très rapidement vers le nord.

En fait, il se produit presque le même phénomène côté nord-américain, en plus diffus : les côtes de l'Alaska et de Colombie britannique sont très arrosées, alors que le centre et l'est du Canada sont bien plus secs.

Plus au sud, les côtes californiennes deviennent bien sèches, alors que le sud-est des Etats-Unis reçoit d'assez grandes précipitations.

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Un autre bémol quand même pour Buenos Aires: l'été est quand même trop chaud pour un bon niveau de confort thermique, surtout que la chaleur est souvent moite et que la clim est aussi rare qu'en France. J'ai visité Buenos Aires en février, par 34°c: c'est vraiment intenable dans les restos et les bars le soir, et l'on dort très mal sans clim. Sinon de mars à novembre c'est en effet un climat très agréable (j'y suis aussi allé en novembre, je confirme c'est mieux - à part les allergies au pollen).

Certes mais j'avais oublié un atout par rapport à des régions en situation climatique homologue (sud-est de l'Amérique du nord, de l'Australie, sud-est de l'Asie, sud-est de l'Afrique) : c'est la rareté des cyclones dans l'Atlantique sud.

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Salut a tous

En fait, il se produit presque le même phénomène côté nord-américain, en plus diffus : les côtes de l'Alaska et de Colombie britannique sont très arrosées, alors que le centre et l'est du Canada sont bien plus secs.

Plus au sud, les côtes californiennes deviennent bien sèches, alors que le sud-est des Etats-Unis reçoit d'assez grandes précipitations

Bien vu; je crois que la seule différence est que le nordest des USA n'est pas aussi sec que le sud de l'Argentine, alors que l'analogie est presque complete entre la cote Chilienne et la cote occidentale du continent nord-Américain avec une pluviometrie faramineuse entre les latitudes 40-50, un régime méditerranéen pour la frange 30-40 et un régime aride pour la frange 20-30!Je crois que l'aridité (relative) du sud de l'argentine est liée au courant froid des Falkland, alors que le sudest des USA n'a pas de tel courant froid

world11.gif

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L'analogie Amérique du sud / Amérique du nord est bonne pour la cote pacifique qui offre ce dégradé du climat désertique jusqu'à au climat océanique dans les 2 cas.

Par contre ce qui se passe à l'est des Andes n'est pas toujours comparable à ce qui se passe à l'est des Rocheuses, notamment en Patagonie:

- d'une part les Andes sont beaucoup plus étroites que les Rocheuses, et moins hautes aussi. Au dessous de 38°S c'est une chaine similaire aux Pyrenées, que ce soit en largeur ou en hauteur (2000 à 3000m): Les Andes assèchent l'atmosphère par effet orographique mais ne coupent pas le flux d'ouest, alors que les Rocheuses mettent quasiment un coup d'arrêt à cette circulation d'ouest.

- le continent sud américain est trop étroit à ces latitudes: 'en amérique du Nord on a plusieurs milliers de kms de plaines où la continentalité prends le dessus, avec un climat dominé par les échanges méridiens (masses polaires canadiennes vs. air tropical du golfe du Mexique). Alors qu'en Patagonie on a tout de suite vers l'est un nouveau moteur de la circulation d'ouest: l'anticyclone de St Helene, la cellule de Hadley de l'Atlantique sud.

En conséquence, au niveau des précipitations:

- La Patagonie ne reçoit que des miettes des perturbations du Pacifique, et quelques retours d'est de l'Atlantique plus humides mais plus rares -> le climat s'assèche au fur et à mesure qu'on monte en latitude et que le flux d'ouest se renforce. Le régime de RR garde un caractère maritime (maximum d'hiver, minimum estival).

- L'est des Rocheuses (du Texas au Montana) ne reçoit pas de précipitations d'origine Pacifique, uniquement des perturbations dues aux conflits méridiens bien répartis en latitude: en moyenne 350mm à 400mm annuels des plaines du Montana (Glasgow, Billings) à l'est du Texas (Lubbock, Midland), avec un maximum de printemps / début été lorsque les conflits de masse d'air nord/sud sont les plus forts.

Donc pas exactement le même régime de RR, ni la même origine.

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- d'une part les Andes sont beaucoup plus étroites que les Rocheuses, et moins hautes aussi. Au dessous de 38°S c'est une chaine similaire aux Pyrenées, que ce soit en largeur ou en hauteur (2000 à 3000m): Les Andes assèchent l'atmosphère par effet orographique mais ne coupent pas le flux d'ouest, alors que les Rocheuses mettent quasiment un coup d'arrêt à cette circulation d'ouest.

Je pense que tu fais erreur. C'est une idée reçue de penser que les Rocheuses constituent un mur aussi quasi-infranchissable : il se produit ici, en Amérique du Nord, assez fréquemment, ce qu'on appelle des "clippers". Ces clippers sont des dépressions qui viennent tout droit du Pacifique, qui traversent les Rocheuses en perdant évidemment une bonne partie de leur humidité et de leur potentiel en précipitations, mais qui traversent tout de même. Puis ces dépressions poursuivent leur route vers l'est et traversent tout le continent en déversant quelques quantités de précipitations. Même ici, loin à l'est, elles laissent toujours quelques mm d'eau ou quelques cms de neige (j'ai même déjà reçu ici jusqu'à 23cm de neige lors du passage de certains de ces clippers (certes, un petit effet orographique local augmente un peu les quantités).Ce qui fait qu'à l'est des Rocheuses, le régime pluvio est continental, c'est à cause (tu le sais bien) de la présence imposante d'un anticyclone l'hiver qui restreint fortement les intrusions d'humidité océanique (qu'elles viennent du Pacifique, de l'Atlantique ou du Golfe du Mexique).

Alors que, tu le sais bien aussi, dans le sud de l'Amérique du Sud, il n'y a pas d'anticyclone thermique qui se forme en hiver. Du coup, les précipitations océaniques pacifique d'hiver sont bien moins contrées qu'en Amérique du Nord.

De plus, il est vrai que la continentalité présente en Am du Nord augmente les précipitations estivales (orages), alors que ces précipitations continentales orageuses sont bien moins présentes en Am du Sud.

- le continent sud américain est trop étroit à ces latitudes: 'en amérique du Nord on a plusieurs milliers de kms de plaines où la continentalité prends le dessus, avec un climat dominé par les échanges méridiens (masses polaires canadiennes vs. air tropical du golfe du Mexique). Alors qu'en Patagonie on a tout de suite vers l'est un nouveau moteur de la circulation d'ouest: l'anticyclone de St Helene, la cellule de Hadley de l'Atlantique sud.

Exact, quoique j'apporterais (comme je l'ai dit) une nuance vis-à-vis des échanges méridiens d'Am du Nord : les traversées des Rocheuses sont possibles tout de même. Quant à l'anticyclone de St Hélène, je crois que son influence est très modérée en Patagonie. Qu'en penses-tu ?
- L'est des Rocheuses (du Texas au Montana) ne reçoit pas de précipitations d'origine Pacifique,

En fait, si ! Un peu, certes, mais quand même.
Donc pas exactement le même régime de RR, ni la même origine.

Je ne serais pas aussi tranché. Comme je le disais, je trouve que cette dichotomie en Am. du Sud se retrouve approximativement en Am. du Nord. La dynamique est quasiment la même : barrière montagneuse longitudinale provoquant une forte subsidence. Après, évidemment, la présence d'une zone continentale marquée en Am. du nord déforme évidemment un peu la symétrie. Mais d'une manière générale, du point de vue du "résultat au sol", on a bien :Côtes californiennes : sec ; côtes Colombie Britt : très pluvieux

Sud-est de l'Amérique du nord : précipitations importantes ; Nord-est de l'Am. du Nord (je ne parle pas du sud du Québec qui est très arrosé, à cause de la remontée de dépressions très humides provenant du Golfe du Mexique) : assez sec.

Attention : pour moi, les grandes surfaces désertiques et quasi-désertiques ou steppiques de l'intérieur des Rocheuses sud et tout le centre-sud des USA jusqu'à l'intérieur des Rocheuses dans le sud de la CB correspondent aux régions désertiques bien spatialement plus restreinte dans la cordillère des Andes et immédiatement à l'est. Es-tu d'accord ?

Pour résumer (c'est bien difficile d'expliquer tout ça sans cartes, et je suis sûr qu'on est presque parfaitement d'accord dans nos explications), en fait, tu as raison de dire que certains éléments font que la symétrie n'est pas réellement atteinte, mais en même temps, je pense que, d'une manière globale, c'est bien le même genre de phénomène qui induit à peu près la même dichotomie.

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un régime méditerranéen pour la frange 30-40 et un régime aride pour la frange 20-30!

Le "régime méditerranéen" est, à mon avis, beaucoup, beaucoup plus restreint. On ne le trouve pas sur la côte : on passe d'océanique pluvieux à aride océanique, et par une transition que j'appellerais océanique xérique. Le vrai climat méditerranéen, on le retrouve dans l'intérieur du nord de la Californie (Sacramento en est un bel exemple).Idem en Am. du Sud, on ne retrouve le climat méditerranéen que dans l'intérieur des terres, au sud de Santiago du Chili, sur une bande très étroite, et de 150-200km de longueur du nord au sud. Mais pas sur la côte.

Je crois que l'aridité (relative) du sud de l'argentine est liée au courant froid des Falkland, alors que le sudest des USA n'a pas de tel courant froid

Très, très bonne remarque ! Je n'y avais pas pensé !

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Je viens seulement de découvrir ce sujet, c'est un vrai régale.

Beau travail mottoth default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

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C'était un peu maladroit de ma part de dire que les rocheuses arrêtaient la circulation d'ouest, non c'est plutôt l'humidité en provenance de l'ouest qui est stoppée. Bien sur que les centres d'actions (les clippers pour les dépressions) traversent, mais vraiment les fronts associés se vident de leur humidité en traversant les multiples cordillères orientées nord/sud qui composent le très large massif des rocheuses. Et se réactivent après le passage des rocheuses en se nourrissant des conflits méridiens des grandes plaines.

Je parlais de l'anticyclone de St Helène parce que justement son effet s'oppose aux anticyclones hivernaux nord américains: l'anti de St Helène remet un coup de boost à la circulation d'ouest sur l'Atlantique après le passage des Andes et de la fine bande de terre Patagonienne, alors qu'en amérique du Nord les anticyclones continentaux hivernaux constituent des blocages.

Ce qui conforte mon intervention initiale qui était de montrer que l'analogie Am Nord/Am Sud ne fonctionne pas à l'est des Rocheuses, pas de chipoter sur la part (faible ? nulle ? négligeable ?) des RR d'origine Pacifique à l'est des Rocheuses.

Attention : pour moi, les grandes surfaces désertiques et quasi-désertiques ou steppiques de l'intérieur des Rocheuses sud et tout le centre-sud des USA jusqu'à l'intérieur des Rocheuses dans le sud de la CB correspondent aux régions désertiques bien spatialement plus restreinte dans la cordillère des Andes et immédiatement à l'est. Es-tu d'accord ?

Oui bien sur. On peut d'ailleurs comparer les pluies estivales sporadiques de certaines zones de l'Atacama (Calama) aux épisodes de moosoon rains de l'Arizona et du Nevada: des débordements d'origine tropicale qui échouent dans le désert.

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#47. Salta.

 

Grosse update aujourd'hui pour présenter un climat pas banal, celui de Salta, dans le nord Argentin.

Salta est située dans une plaine d'altitude moyenne 1100/1200m, et de dimensions maximales 25kms (est/ouest) par 50kms (nord/sud). Elle est entourée de sierras orientées nord-sud, les plus imposantes se situant à l'ouest où les Andes s'élèvent vite vers les 5000m. La ville est à l'extrémité nord de la plaine, et la station est sur l'aéroport (9kms du centre ville), là où la plaine s'ouvre vers le sud. Quelques cartes:

87047_Salta1.jpg

 

87047_dem.jpg

 

87047_Salta2.jpg

 

Vue 3D vers l'OSO, à gauche la chaine la plus proche culmine au Cerro Malcante (5100m), à 45kms de distance de la station:

87047_Salta3.jpg

 

On est près des tropiques (24°S), donc sans surprise on retrouve les grandes lignes d'un climat tropical:

87047_Salta_A_v7.35.png

 

Le régime pluviométrique est tropical sans aucune nuance: sécheresse hivernale, maximum d'été.

La régime thermique montre une certaine tropicalité:

- maximum de tx en novembre, légèrement avant de la saison humide (bien que ça se joue à quelques dixièmes).

- amplitude diurne maximale durant la saison sèche.

 

Par contre certain traits sont inhabituels pour ces latitudes, à commencer par la grande variabilité thermique: les 10 et 90 centiles montrent une grande variabilité même durant la saison humide, et les extrêmes plus encore: presque 35°c de différence entre la txn et la txx de juillet, où l'on peut donc connaître la neige ou la canicule. Les coups de chaleur hivernaux sont une caractéristique que l'on avait déjà vu dans cette région à Buenos Aires (34.0°c de txx au aout).

Ici ça se confirme, avec même un caractère systématique puisque la 90-centile de tx est la même en aout qu'en... février ! Renversons le calendrier pour mieux comprendre en transposant la chose à l'hémisphère nord: imaginez qu'en février, alors que sur la fin de l'hiver le gel est courant et la neige encore possible, on atteigne en moyenne les mêmes extrême de chaleur qu'en aout, à savoir le seuil de 31°c dépassé en moyenne 3 fois par mois.

 

Je trouve aussi le caractère maussade de l'automne assez inattendu: Mars est le mois le plus gris, et avril pas loin derrière alors que le maximum de RR est déjà loin.

 

EDIT 04/08/2014: ajout des tableaux horaires

87047_Salta_B_v7.35.png

 

EDIT 08/09/2015: ajout des roses des vents

87047_Salta_C_v7.35.png

 

 

Voici un exemple de saison des pluie, pris en 2014. Janvier fut chaud sur les tx, marqué par de bonnes chaleurs et 3 épisodes pluvio-orageux musclés.

Février fut bien plus sage niveau t° et soumis à une instabilité bien mieux établie.

87047_JAN-_FEB14.png

 

 

Voici un mois d'automne normal si l'on excepte l'orage du 7. Les RR se font plus rares, et l'on se retrouve avec des périodes de grisaille assez longues malgré l'absence de mauvais temps.

87047_APR11.png

 

 

L'hiver est donc une saison fantasque où tout semble permis. L'exemple de 2003 semble caricatural, et pourtant il est normal. Les jours les plus chauds sont souvent accompagnés de foehn qui fait chuter le Td de façon remarquable - cela ne se voit pas trop sur les tableaux quotidiens car ce phénomène dure généralement moins de 24h.

Je vous laisse voir en détail les extraordinaires variations de t°, sachez qu'il n'y a pas d'erreur dans le tableau, j'ai confronté les valeurs de tn/tx aux synop et METARs horaires sans trouver de contradiction:

87047_JUN-_AUG03.png

 

 

La suite est forcément moins extravagante, on termine par le printemps où les tx connaissent généralement leur pic annuel en octobre ou novembre. Le temps reste très variable, on est loin du calme plat des climats tropicaux avant la mousson. Octobre 2000 est un exemple équilibré:

87047_OCT00.png

 

 

Je terminerais en faisant rajoutant une brique à la conversation des jours derniers sur l'opposition des climats est-andins par rapport à l'ouest des Andes. Ici je vous propose de comparer Salta à Calame (les 2 villes sont d'ailleurs reliée par une "highway" trans-frontalière): sensiblement la même latitude, 435kms à vol d'oiseau, plusieurs cordillères andines et un altiplano entre les deux stations... avec au final des climats radicalement différents.

 

Modifié par mottoth
Remise à jour, ajout carte topo

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Je parlais de l'anticyclone de St Helène parce que justement son effet s'oppose aux anticyclones hivernaux nord américains: l'anti de St Helène remet un coup de boost à la circulation d'ouest sur l'Atlantique après le passage des Andes et de la fine bande de terre Patagonienne, alors qu'en amérique du Nord les anticyclones continentaux hivernaux constituent des blocages.

Ce qui conforte mon intervention initiale qui était de montrer que l'analogie Am Nord/Am Sud ne fonctionne pas à l'est des Rocheuses, pas de chipoter sur la part (faible ? nulle ? négligeable ?) des RR d'origine Pacifique à l'est des Rocheuses.

je ne suis tout pas trop d'accord avec toi (sur ce seul point) : tu donnes beaucoup d'importance à l'anticyclone de Ste Hélène, mais son influence est très faible sur l'Argentine. De plus, tu sembles oublier qu'il existe son analogue à l'est du l'Amérique du Nord : l'anticyclone des Bermudes. Celui-ci étend son influence sur toute la façade est des Etats-Unis, de même que sur les "maritimes" canadiens. Lui aussi agit souvent comme "booster" de la circulation d'ouest.Non vraiment, à mon avis, la seule différence notoire par rapport à l'Amérique du Sud, c'est la présence de l'anticyclone thermique hivernal sur l'Am du Nord. Mais celui-ci ne transforme pas de façon aussi radicale la dichotomie globale qui, à mon avis, est tout à fait similaire à celle qui existe dans le sud de l'Amérique du Sud.

Et puis la carte ci-dessous est assez éloquente, il me semble :

naprecipitationen.jpg

Excepté la partie (large ici) montagnarde des Rocheuses, on constate qu'entre la côte pacifique et ce qui se passe à l'est du 100ème méridien, la situation est pas mal symétrique à celle de l'Amérique du sud. Quoique, comme je le disais (et tu es d'accord avec ça), ces contrées montagnardes sèches sont analogues elles aussi. Ce sont surtout leurs dimensions qui changent.

La seule différence notoire est visible vers le Québec et NF qui restent bien arrosées. Mais ces régions sont beaucoup plus avancées dans l'Atlantique, alors qu'au contraire, du côté argentin, les terres deviennent plus étroites, et de plus en plus "en retrait" par rapport à l'océan Atlantique.

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Salta, dans le nord Argentin.

Salta est située dans une plaine d'altitude moyenne 1100/1200m

On est près des tropiques (24°S), donc sans surprise on retrouve les grandes lignes d'un climat tropical:

Le régime pluviométrique est tropical sans aucune nuance: sécheresse hivernale, maximum d'été.

La régime thermique montre une certaine tropicalité:

- maximum de tx en novembre, légèrement avant de la saison humide (bien que ça se joue à quelques dixièmes).

- amplitude diurne maximale durant la saison sèche.

où l'on peut donc connaître la neige ou la canicule.

alors que sur la fin de l'hiver le gel est courant et la neige encore possible,

Encore une excellente présentation du climat d'un coin perdu (pour nous) du monde, qu'on apprend à connaître. default_flowers.gifEt encore quelques remarques de ma part, du point de vue de l'analyse climatologique... default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

Je voudrais donc juste insister sur le fait que, bien qu'on ait ici "les grandes lignes d'un climat tropical" autant en termes de régime pluvio, qu'en termes de régime thermique, il est cependant nécessaire de préciser que les seuils climatiques tropicaux ne sont pas du tout atteints ! par exemple, le simple fait qu'il y puisse neiger ou geler (et pas qu'un peu) exclut automatiquement cette ville du domaine climatique tropical.

Alors, pour en être un peu plus convaincu, j'ai calculé les indices suivants :

Ihe = 71 (étés bien humides, évidemment)

IhA = 49 (végétation associée à un climat à la limite entre subhumide et humide).

Indice de tropicalité (IT) = -53 (ce qui est assez loin de la tropicalité)

Indice de subtropicalité : 11860 (le climat est donc subtropical, mais il aurait suffi de pas grand-chose pour qu'il ne le soit même pas !)

L'indice de continentalité atteint 0.38

Bref, un climat tempéré subtropical continental humide.

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Et encore quelques remarques de ma part, du point de vue de l'analyse climatologique... default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

Je voudrais donc juste insister sur le fait que, bien qu'on ait ici "les grandes lignes d'un climat tropical" autant en termes de régime pluvio, qu'en termes de régime thermique, il est cependant nécessaire de préciser que les seuils climatiques tropicaux ne sont pas du tout atteints ! par exemple, le simple fait qu'il y puisse neiger ou geler (et pas qu'un peu) exclut automatiquement cette ville du domaine climatique tropical.

J'ai pas dis qu'on avais un climat tropical... mais j'aurais pu parler d'un climat tropical dégradé par l'altitude (1200m tout de même, on perd à la louche 6°c ou 7°c par rapport aux plaines).

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J'ai pas dis qu'on avais un climat tropical... mais j'aurais pu parler d'un climat tropical dégradé par l'altitude (1200m tout de même, on perd à la louche 6°c ou 7°c par rapport aux plaines).

Ok !

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Bonjour a tous! default_flowers.gif

De telles fluctuations thermiques (i.e coups de chaleur en plein hiver austral) semblent etre aussi monnaie courante (on dirait meme une péculiaritée) a meme latitude (i.e entre le 20 eme et 30 eme parallele sud) dans des pays comme l'Afirque du sud, le Botswana, le Zimbabwe et ceci meme a altitude (1000 a 1500 metres) proche de celle de Salta

Dans un autre registre, j'ai posté un topic qui pourrait vous intéresser, (surtout d'un point de vue "climatologie&clivage bioclimatique")

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Bonjour a tous! default_flowers.gif

De telles fluctuations thermiques (i.e coups de chaleur en plein hiver austral) semblent etre aussi monnaie courante (on dirait meme une péculiaritée) a meme latitude (i.e entre le 20 eme et 30 eme parallele sud) dans des pays comme l'Afirque du sud, le Botswana, le Zimbabwe et ceci meme a altitude (1000 a 1500 metres) proche de celle de Salta

J'aimerais étudier plus de climats africains, mais la qualité des données est souvent déplorable, j'ai déjà fait plusieurs tentatives avortées à cause des trous et des incohérences dans les données (la dernière en date: Libreville).

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#48. Mendoza.

 

Etape à Mendoza aujourd'hui, toujours en Argentine. On est collé au flanc est des Andes, dans une de ses plus hautes section puisque le massif de l'Aconcagua est voisin. La station synoptique est installée sur l'aéroport, à 6.5 kms au NE du centre ville:

87418_Mendoza1.jpg

 

87418_dem.jpg

 

Sur cette vue 3D plein ouest on peut apercevoir l'Aconcagua qui prédomine au premier tiers droit (distance 115kms):

87418_Mendoza2.jpg

 

87418_Mendoza_A_v7.35.png

 

Mendoza est parfois associée au domaine méditerranéen car c'est la principale région viticole du Pays. Mais à la vue du régime de précipitations il n'en n'est rien, puisque au contraire on retrouve un maximum d'été. Les RR estivales proviennent généralement de la Pampa voire de plus au nord, elles sont d'origine tropicale ou subtropicale. Elles peuvent être occasionnellement fortes, accompagnées d'une hygrométrie assez élevée (la variabilité du Td suggère quelques journées bien lourdes), mais sont en moyenne trop juste pour éviter la sécheresse. En hiver, avec l'abaissement en latitude du jetstream et de la circulation d'ouest, l'effet d'abri de l'imposante barrière andine joue au maximum et les lames d'eau moyenne deviennent très faibles.

 

Avec cette persistance de conditions trop sèches durant toute l'année les critères de Köppen placent Mendoza dans le domaine aride, ce qui m'a un peu surpris car je m'attendais à du semi-aride. Je ne doute pas que Gaël saura lever l'ambiguïté avec sont approche botanique et ses formules savantes.

Comme à Buenos Aires la neige et possible, et le temps souvent bien contrasté en hiver. On trouve ici une certaine continentalité puisqu'on a 18°c d'écart entre le mois le plus chaud et le plus froid (on n'avait que 13°c en Patagonie, 11°c à Salta et 14°c à Buenos Aires).

L'insolation généreuse et la prédominance du beau temps durant toute l'année expliquent que les vignes s'adaptent très bien au climat malgré le relatif maximum estival d'humidité.

 

EDIT 04/08/2014: Ajout des tableaux horaires

87418_Mendoza_B_v7.35.png

 

EDIT 08/09/2015: ajout des roses des vents, pas très belles en raison de la faible résolution des mesures:

87418_Mendoza_C_v7.35.png

 

 

L'hiver est parfois marqué par les coups de Zonda, l'appellation locale du foehn. La t° peut alors attendre 30°c et l'hygrométrie plonge très bas. Comme pour le foehn alpin les épisodes sont assez rares et ne surviennent pas forcément chaque année. En voici un à la fin de cet exemple, le 26/08/2008.

Cet hiver fut parfaitement normal et montre un peu tout ce que l'on peut avoir durant cette saison.

87418_JUN-_AUG08.png

 

Détail d'un autre coup de Zonda du 13 au 15/07/2011:

87418_Zonda_14_JUN2011.png

Pour ceux qui ne sont pas habitués à ogimet, la chronologie se lit de bas en haut: observez entre 15h et 18hTU le réveil du vent, la chute du Td et de la pression, la brusque montée du thermomètre. Le synop de 18hTU fait aussi état de poussière avec seulement 500m de visi horizontale. Les conditions de Zonda se maintiennent ensuite plus de 12h avant de disparaitre le lendemain entre 6h et 9hTU.

 

 

Enfin voici un exemple d'été avec 2008. C'est assez orageux, mais souvent des orages secs. Le rafraichissement du 1er janvier peu sembler bizarre, mais il n'est pas exceptionnel.

87418_DEC08-_FEB09.png

 

La prochaine étape sera donc Santiago, de l'autre côté des Andes... une autre région viticole. Ce sera pas avant lundi soir, car je serais absent d'ici là.

J'ai remis un peu de l'ordre dans la première page du topic, et je continue très doucement à mettre à jour les vieux tableaux de données. Il me reste 34 tableaux postés à convertir à la v3.2, 23 mises à jours non encore postées dont 19 à convertir en v3.2... bref du pain sur la planche: récupérer de nouvelles données (RR, Td, Nébulosité et Pression) à intégrer aux vieilles données d'un tableau est largement aussi long que le temps déjà passé sur ce tableau.

 

Modifié par mottoth
Remise à jour, ajout de la carte topo

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#48. Mendoza.

Mendoza est parfois associée au domaine méditerranéen car c'est la principale région viticole du Pays. Mais à la vue du régime de précipitations il n'en n'est rien, puisque au contraire on retrouve un maximum d'été. Les RR estivales proviennent généralement de la Pampa voire de plus au nord, elles sont d'origine tropicale ou subtropicale. Elles peuvent être occasionnellement fortes, accompagnées d'une hygrométrie assez élevée (la variabilité du Td suggère quelques journées bien lourdes), mais sont en moyenne trop juste pour eviter la secheresse. En hiver, avec l'abaissement en latitude du jetstream et de la circulation d'ouest, l'effet d'abri de l'imposante barrière andine joue au maximum et les lames d'eau moyenne deviennent très faibles.

Avec cette persistance de conditions trop sèches durant toute l'année les critères de Köppen placent Mendoza dans le domaine aride, ce qui m'a un peu surpris car je m'attendais à du semi-aride. Je ne doute pas que Gaël saura lever l’ambiguïté avec sont approche botanique et ses formules savantes default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">

Salut,Voici donc deux ou trois éléments supplémentaires que je propose d'apporter à la présentation très intéressante de mottoth :

Par exemple, si la culture de la vigne est tout à fait appropriée dans cette région, et si on pense rapidement au climat méditerranéen, c'est parce que

1) l'ensoleillement est suffisant (840h durant l'été)

2) il fait plus de 22°c au cours du mois le plus chaud

3) la sécheresse estivale est toute méditerranéen (Ihe = -22)

4) La Tnm du mois le plus froid est > 0°c, et les valeurs en températures sont tout à fait semblables à celles des climats méditerranéens.

Cependant, effectivement, le régime pluvio a une influence continentale et tropicale, et le climat global est trop sec.

Alors mon cher mottoth, s'agissant de l'aridité, tes doutes sont tout à fait valables. Enfin, sans vouloir dire qu'ils soient justifiés (mon analyse n'est pas la vérité absolue !), je les rejoins également. En effet, je trouve IhA = -51 --> végétation associée à un climat semi-aride ; on est assez loin du climat aride (IhA<-65)

L'indice de subtropicalité vaut 17027

, ce qui signifie que la subtropicalité est largement atteinte

--> subtropical xérique.

Le climat est pas mal continental (C = 0.47)

J'avoue que je ne sais pas trop pour le moment comment appeler un tel climat.

L'hiver est parfois marqué par les coups de Zonda, l'appellation locale du foehn. La t° peut alors attendre 30°c et l'hygrométrie plonge très bas. Comme pour le foehn alpin les épisodes sont assez rares et ne surviennent pas forcément chaque année. J'en ai trouvé un beau en juillet 2011, le 14 précisément:

Très impressionnant !

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#48. Mendoza.

Etape à Mendoza aujourd'hui, toujours en Argentine. On est collé au flanc est des Andes, dans une de ses plus hautes section puisque le massif de l'Aconcagua est voisin. La station synoptique est installée sur l'aéroport, à 6.5 kms au NE du centre ville:

Mendoza est parfois associée au domaine méditerranéen car c'est la principale région viticole du Pays. Mais à la vue du régime de précipitations il n'en n'est rien, puisque au contraire on retrouve un maximum d'été. Les RR estivales proviennent généralement de la Pampa voire de plus au nord, elles sont d'origine tropicale ou subtropicale. Elles peuvent être occasionnellement fortes, accompagnées d'une hygrométrie assez élevée (la variabilité du Td suggère quelques journées bien lourdes), mais sont en moyenne trop juste pour eviter la secheresse. En hiver, avec l'abaissement en latitude du jetstream et de la circulation d'ouest, l'effet d'abri de l'imposante barrière andine joue au maximum et les lames d'eau moyenne deviennent très faibles.

Avec cette persistance de conditions trop sèches durant toute l'année les critères de Köppen placent Mendoza dans le domaine aride, ce qui m'a un peu surpris car je m'attendais à du semi-aride. Je ne doute pas que Gaël saura lever l’ambiguïté avec sont approche botanique et ses formules savantes default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">

Comme à Buenos Aires la neige et possible, et le temps souvent bien contrasté en hiver. On trouve ici une certaine continentalité puisqu'on a 18°c d'écart entre le mois le plus chaud et le plus froid (on n'avait que 13°c en Patagonie, 11°c à Salta et 14°c à Buenos Aires).

L'insolation généreuse et la prédominance du beau temps durant toute l'année expliquent que les vignes s'adaptent très bien au climat malgré le relatif maximum estival d'humidité.

Merci mottoth, toujours très intéressant default_thumbup.gif

Assez étonnant que la vigne réussisse dans une région aussi sèche, cependant d'après la page wikipedia, cette culture est irriguée.

Autre point, dans wikipedia, il est aussi question de la fréquence de la grêle dans cette région. Comment la grêle est-elle symbolisée dans les compte-rendu OGIMET ?

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Je viens de corriger une erreur que j'avais faite dans l'évaluation de la subtropicalité de Mendoza. Désolé ! default_blushing.gif

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