mottoth

Climats du monde

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Gênes :

Mottoth, je trouve un peu surprenant les lames de précipitations d'été de la période 2000-2015 : 104 mm sur juin-juillet-août alors qu'à la même station, les deux périodes 1961-90 et 1971-2000 donnent 161 mm et 151 mm respectivement, donc une bonne stabilité.

Mais c'est ma foi possible ! Les totaux annuels étaient de 1072 et 1079 mm pour 1961-90 et 1971-2000, donc à peine moins que ceux de 2000-2015.

Voici ce que donnaient mes indices hydriques pour la période 1960-2000 :

- indice estival : Ihe = -4, donc étés tout juste écologiquement secs

- indice annuel : IhA = 34, donc subhumide => on sort du climat méditerranéen (dont une des limites est, selon mon approche, déterminée par IhA = 25).

Pour 2000-2015 :

- Ihe = -15 : étés tout de même pas mal plus secs qu'il y a encore peu.

- IhA = 26, càd qu'on ne serait plus, maintenant, que tout juste en dehors de la zone méditerranéenne. Bref, on serait bien à la marge.

La progression est assez incroyable : la « méditerranéisation » du climat de l'aéroport de Gênes est en forte progression.

Toutefois, je tiens à préciser que dès lors que l'on s'enfonce de quelques centaines de mètres en ville (et qui plus est sur les hauteurs de la ville), le climat est encore assez loin d'atteindre les critères méditerranéens.

Indice de subtropicalité de 10650 en 1960-2000.

Celui-ci atteint 11500 en 2000-2015, malgré l'assèchement des étés.

Bref, la « subtropicalité » n'était pas tout à fait atteinte, mais elle l'est (de très peu) désormais (le réchauffement a joué) !

Ce qui est également surprenant, c'est la Td moyen de janvier qui n'est que de +1°C environ (c'est très faible pour une telle localisation).

Je donnerai un peu plus tard un estimé de la hauteur moyenne de neige tombant à l'aéroport de Gênes...

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Le climat de l'aéroport de Gênes est donc selon moi à la limite entre « tempéré maritime subméditerranéen à été chaud » et « tempéré méditerranéen humide »

S'agissant de la hauteur de neige tombée moyenne estimée :

Gênes, altitude 3 m, données 2000-2015 :

Po = 0.017x + 28.5 = 28.6% , x étant l'altitude.

Amplitude thermique annuelle A = 16°C

-> T1 = 0.17A + 4 = 6.7°C :

Cela signifie, selon ce modèle, que puisque la Tm du mois le plus froid est supérieure à 6,7°C (ou dirons-nous à 7°C environ), alors il ne peut pas, en moyenne, y avoir d'accumulation de neige.

Bien sûr que, malgré les 8,7°C de Tm en janvier, des épisodes neigeux peuvent se produire certaines années.

Mais peut-être est-ce là une limite du modèle que je propose (qui, visiblement, n'est peut-être pas très adéquat en climat méditerranéen).

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C'est tout de même bien humide pour une station "méditerranéenne". Je dirais qu'on est dans un climat tempéré chaud océanique proche du milieu méditerranéen.

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C'est tout de même bien humide pour une station "méditerranéenne". Je dirais qu'on est dans un climat tempéré chaud océanique proche du milieu méditerranéen.

Oui, c'est bien ce que je dis : on est à la limite, et plutôt du côté non méditerranéen. Et quand bien même Gênes rentrerait-elle en méditerranéen qu'elle le serait en « méditerranéen humide ».

Sinon, je n'insérerais pas le qualificatif « océanique » pour Gênes : on est tout de même assez loin (climatiquement parlant) des conditions océaniques caractéristiques : HR élevée (à très élevée, notamment l'hiver) en toutes saisons, vents forts fréquents, et indice de continentalité bien plus faible (Ic vaut ici 0.31, ce qui est bien trop pour un climat océanique).

Non, je pense vraiment qu'un qualificatif bien plus acceptable serait peut-être « maritime ».

Sinon, j'ai vérifié les chutes de neige tombées de 2000 à 2015 :

- mois de décembre : environ 1 mm (donc sans doute même pas 0,5 cm) équivalent en eau accumulé en 2012 => moyenne : env. 0 cm

- mois de janvier : 0,2 mm en 2001, 1 mm en 2006 et 2008, 4 mm en 2009 => moyenne 0,3 mm équivalent en eau, soit des traces.

- mois de février : entre 1 et 3 mm équiv eau (très difficile à dire) => moyenne : env. 0 cm.

Bref, les estimations de mon modèle (0 cm) sont conformes. Ouf. smile.png

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Sinon, j'ai vérifié les chutes de neige tombées de 2000 à 2015 :

- mois de janvier : 0,2 mm en 2001, 1 mm en 2006 et 2008, 4 mm en 2009 => moyenne 0,3 mm équivalent en eau, soit des traces.

Sauf que, comme je disait, les chutes de neige ne sont pas comptabilisée dans les RR de ces années... par exemple la neige du 17/01/2001: 2 relevés avec neige modérée par 1.5°c et 1.3°c (ça devait y aller question intensité pour avoir de la neige par ces t°), mais 0mm de reportés (les 0.2mm proviennent de la période suivante qui ont du voir un peu de pluie se mêler à la neige en fin d'épisode).

Les 6 et 7/01/2009, un autre épisode pose de gros problèmes, avec plusieurs reports de neige modérée pendant plus de 6h (de 21hTU à 3hTU), mais au final que 0.2mm de lame d'eau dont 0mm dans les 3 premières heures... avec de telles intensités difficile d'y croire, surtout quand on connait la propension de cette station aux forts cumuls de RR.

J'ai encadré les plage horaires les plus problématiques en rouge:

16120_Snow_Issue.png

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#200. Turin.

 

Turin est à 130kms de Gênes, 210kms de Lyon, et 530kms de Rome.

16059_map0.jpg

 

Vue sur la plaine du Pô, et les chaines qui l'enclavent: les Apennins et les Alpes.

16059_map1.jpg

 

La station est celle de l'aéroport de Caselle, à 14km du centre ville. C'est un milieu assez à l'écart de l'ICU, les vents dominants étant de NO et d'est.

16059_map2.jpg

 

Vue vers le NO.la vraie montagne commence à 15kms de là et la frontière Française est à environ 40kms.

16059_map3_NW.jpg

 

16059_Turin_A_v7_33.png

 

Toujours les mêmes problèmes que pour les autres stations Italiennes: une hygrométrie zappée si l'HR passe sous 30%, et des RR manquantes en cas de neige. Et pleins de trous dans les données, dignes d'une station Africaine. Depuis 2010 j'ai une nette amélioration sur la qualité des paramètres HR et RR qui me font espérer des résultats plus convaincants dans le futur, par contre toujours autant de trous dans les données - 2015 à même très mal commencé.

 

Le minimum de RR de janvier est en grande partie un biais négatif du à la mise à l'écart de pas mal de RR neigeuses... par rapport aux normes 1961-90 de la même station il me manque 100mm de RR annuelle, soit une différence de plus de 10% imputable à priori surtout à la mauvaise qualité des données de RR. Rendez vous donc dans quelques années pour une mise à jour de cette fiche avec je l'espère de meilleurs chiffres.

 

Néanmoins tout n'est pas à jeter, avec par exemple le maximum de RR printanier en conformité avec les anciennes normales. Ou ce cumul avéré de 229mm le 13/09/2008 - 270mm en 2 jours -, qui servi de cas d'étude à cette publication.

 

Les valeurs d'hygrométrie ont par contre bien pu être corrigées par mes soins, et montrent donc sur les 5-centiles d'HR la visite fréquente du foehn alpin, notamment en hiver et au printemps. Les situations de foehn "mou" peuvent donner des tx remarquables en hiver, tel ce 25.1°c le 19/01/2007 ou ce 22.7°c du 28/01/2008.

 

A contrario on a également beaucoup de brumes et brouillards pris au piège dans la plaine du Pô en hiver, et des occurrences de mauvaise visibilité donc particulièrement élevées en saison froide.

 

Le site, plutôt enclavé, est peu venté, seul le foehn souffle vraiment fort. Les roses des vents montrent un vent "de montagne" souvent dominant, venant de la plus proche vallée alpine, soit le NO. A contrario, nous appellerons le vent d'ENE - plus présent durant la saison chaude - le vent "de vallée", qui provient de la plaine du Pô.

16059_Turin_C_v7_33.png

 

Les tableaux horaires nous aident à y voir plus clair sur l'alternance vent de montagne (nocturne) / vent de vallée (diurne), discernable en toutes saisons.

16059_Turin_B_v7_33.png

 

 

Ca a été encore très difficile pour trouver de bons exemples de saison.

L'hiver 2010/2011 est dans les moyennes de t° (tn +0.6°c, tx -0.6°c), en pas trop mal en RR. Mais on y trouve en décembre d'important trous dans les données d'hygrométrie que je n'ai pu combler.

3 type de temps dominent:

- anticyclonique foehné: 2e décade de décembre, ou 1ere décade de février: les subsidences alpines empêchent la grisaille de s'imposer, en l'on a de belles amplitudes thermiques diurnes.

- anticyclonique brumeux, avec une longue période durant les 3 premières semaines de janvier. Brumes et brouillards qui peuvent être tenaces.

- mauvais temps, pluvieux ou neigeux. Relativement peu présent mais avec des RR souvent marquées et des phénomènes d'isothermie qui produisent de la neige très lourde.

16059_DEC10_FEB11.png

 

 

J'ai pris l'été 2013 bien proche des t° moyennes (tn -0.1°c, tx +0.4°c). Les RR sont très irrégulières, majoritairement le fait de violents orages.

Le temps est souvent très beau mais les coups de chaleurs s'accompagnent souvent de Td élevés.

Bien que trop humide et trop arrosée pour faire partie du domaine méditerranéen, cette plaine hérite cependant d'un trait du climat méditerranéen: une certaine constance du beau temps et des t°, protégée pas les Alpes des changements de temps qui affectent le nord et l'ouest de l'Europe. D'ailleurs les pics de t° sont bien sages en comparaison des moyennes.

16059_JUN_AUG13.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

Modifié par mottoth
Remise à jour

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Les Tnm sont étonnamment fraîches en hiver ! Sinon, à chaque fois, je ne vois pas les tableaux des étés - sur toutes les fiches ! confused1.gif

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Sauf que, comme je disait, les chutes de neige ne sont pas comptabilisée dans les RR de ces années... par exemple la neige du 17/01/2001: 2 relevés avec neige modérée par 1.5°c et 1.3°c (ça devait y aller question intensité pour avoir de la neige par ces t°), mais 0mm de reportés (les 0.2mm proviennent de la période suivante qui ont du voir un peu de pluie se mêler à la neige en fin d'épisode).

Possible, en effet. Mais pas forcément non plus...

Ce 17 janvier 2001, la perturbation neigeuse semblait plus à l'est, puisque à Turin par exemple, il n'avait quasiment pas neigé :

http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=16059〈=en&decoded=yes&ndays=2&ano=2001&mes=01&day=18&hora=12

Alors qu'à Plaisance, il avaient reçu 12 cm de neige au sol (toute la chute de neige y est bel et bien reportée, de même que la hauteur au sol), pour un total tombé de 11 mm en équivalent en eau, soit probablement et logiquement 12-13 cm de neige :

http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=16084〈=en&decoded=yes&ndays=2&ano=2001&mes=01&day=18&hora=12

Si l'on regarde également les pressions barométriques ramenées au niveau de la mer mesurées lors de l'épisode neigeux, on a 1028 hPa à Turin, 1026 hPa à Plaisance, et 1023 hPa à Gênes. Il y avait donc une petite dépression relative sur la Corse et la Sardaigne, ce qui entraînait des vents de nord sur Gênes, donc sans doute en plus un léger « foehn » possible.

Bref, au vu des données de Turin et de Plaisance (qui rapporte pourtant les précipitations neigeuses de façon tout à fait plausible), et au vu de la situation synoptique, il ne me semble pas impossible qu'il ne soit tombé que quelques flocons sur Gênes...

ps : on peut également jeter un oeil aux données de visibilité : à Gênes, le 07/01/09, l'épisode neigeux dura certes plusieurs heures, mais avec une visibilité oscillant tout de même entre 1,5 et 6 km, ce qui est beaucoup.

Quant aux 0,8 et 1,2 km de visibilité du 17/01/01, cela est sans doute également dû à la présence fort possible d'un peu de brume.

Il faut savoir que, pour qu'une chute de neige soit vraiment « palpable » (càd qu'elle commence à cumuler convenablement), il faut que (hors brume !) la visibilité soit inférieure à 1 km (chez moi, j'ai remarqué qu'une visibilité de 2 km - hors brume et hors vent - correspondait généralement à du 0,5 cm/h).

Par exemple, lors de l'épisode du 17/01/01, à Plaisance, la visibilité n'excédait pas 0,3 à 0,7 km, ce qui est beaucoup moins.

Et il faut savoir que la relation entre visibilité et intensité de la chute de neige n'est pas linéaire, mais logarithmique :

http://www.adga.ca/DATA/TEXTEDOC/Relationship-Between-Visibility-and-Snowfall-Intensity-TP-14151E.pdf

Bref, je suis finalement de plus en plus convaincu que les données de chutes de neige pour Gênes sont les bonnes.

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Etonnant la relative "faiblesse" des extrêmes de température compte tenu du positionnement continental de la station et de sa latitude, aussi bien en terme de txx (paris fait mieux sur la période 2000-2015 pour juin, juillet, aout et septembre, Nancy pour juin, juillet et aout), que de tnn (Orléans plus froid sur la période pour janvier, février, mars) c'est assez étonnant.

En revanche les 25,1° du mois de janvier sont vraiment impressionnant, à quelle configuration correspondent-ils?

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Ces températures extrêmes hivernal sont créés par effet de foehn avec un flux de sud très doux, c'est ce qu'il s'est d'ailleurs passé le 10 janvier 2015, avec 26°C relevés par endroits dans la plaine du Pô !

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Ces températures extrêmes hivernal sont créés par effet de foehn avec un flux de sud très doux, c'est ce qu'il s'est d'ailleurs passé le 10 janvier 2015, avec 26°C relevés par endroits dans la plaine du Pô !

Yep mais on est tout de même bien au dessus de 3 à 5° des records de txx de décembre ou février et proche du record de mars, au delà du foehn la masse d'air devait être exceptionnellement douce.

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#200. Turin.

Toujours les mêmes problèmes que pour les autres stations Italiennes: une hygrométrie zappée si l'HR passe sous 30%, et des RR manquantes en cas de neige. Et pleins de trous dans les données, dignes d'une station Africaine. Depuis 2010 j'ai une nette amélioration sur la qualité des paramètres HR et RR qui me font espérer des résultats plus convaincants dans le futur, par contre toujours autant de trous dans les données - 2015 à même très mal commencé.

Le minimum de RR de janvier est en grande partie un biais négatif du à la mise à l'écart de pas mal de RR neigeuses... par rapport aux normes 1961-90 de la même station il me manque 100mm de RR annuelle, soit une différence de plus de 10% imputable à priori surtout à la mauvaise qualité des données de RR.

Les valeurs d'hygrométrie ont par contre bien pu être corrigées par mes soins, et montrent donc sur les 5-centiles d'HR la visite fréquente du foehn alpin, notamment en hiver et au printemps. Les situations de foehn "mou" peuvent donner des tx remarquables en hiver, tel ce 25.1°c le 19/01/2007 ou ce 22.7°c du 28/01/2008.

A contrario on a également beaucoup de brumes et brouillards pris au piège dans la plaine du Pô en hiver, et des occurrences de mauvaise visibilité donc particulièrement élevées en saison froide.

Le site, plutôt enclavé, est peu venté, seul le foehn souffle vraiment fort. Les roses des vents montrent un vent "de montagne" souvent dominant, venant de la plus proche vallée alpine, soit le NO. A contrario, nous appellerons le vent d'ENE - plus présent durant la saison chaude - le vent "de vallée", qui provient de la plaine du Pô.

Merci pour ta fiche, Mottoth.

Si tu me le permets, je tiens là encore à émettre quelques réserves vis-à-vis de ton analyse critique sur les quantités de précipitations :

1) On trouve souvent des stats (je ne sais pas quelle est leur exactitude, ni la période considérée) avec des valeurs de précipitations très semblables aux tiennes, et faisant clairement apparaître la faiblesse hivernale (mais d'autres donnent - il est vrai - près de 40 mm en janvier) :

Turin2.png

2) J'ai regardé les données Ogimet d'un peu plus près : je suis parfaitement d,accord avec toi pour dire que tous les « trous » (et notamment les manques en Td et HR) sont assez lamentables pour un pays comme l'Italie.

En revanche, s'agissant des reports de précipitations hivernales, et notamment des chutes de neige, je n'y vois rien de dramatique : toutes les précipitations neigeuses (et pluvieuses, à part les quelques trous déplorables) sont bien quantifiées, à l'image de celle-ci :

http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=16059〈=en&decoded=yes&ndays=2&ano=2006&mes=01&day=28&hora=12

3) Maintenant, en tentant une petite analyse s'appuyant sur les données que tu as compilées et sur la compréhension de la dynamique générale des différents systèmes atmosphériques régulant le climat de Turin, j'en ai déduit ceci :

En hiver, comme tu l'as très bien souligné, Turin est littéralement enclavée, et surtout elle se retrouve en situation idéale pour recevoir le foehn de NO. Or, en hiver, dans toute cette zone d'Europe alpine, le flux majoritaire (notamment en altitude) est d'ouest. Ce qui signifie que, lorsque des dépressions atlantiques majeures s'incrustent sur le continent, la France les reçoit de plein fouet, et les lames de précipitations y sont très copieuses. En revanche, c'est précisément lors de ces dépressions actives que le foehn est sans doute très fort sur Turin, qui reste donc au sec. Les seules précipitations hivernales marquées qu'elle peut recevoir viennent sans doute de Méditerranée. Et une partie d'entre elles tombent sous forme de neige.

D'ailleurs, ce foehn et ce manque de précipitations hivernales sont tout à fait visibles également à l'aide du Td moyen (-2,5°C en janvier, ce qui est très bas lorsqu'on les compare avec les +0,7°C de Lyon !) et à l'aide du taux d'ensoleillement (39% en janvier, malgré les brumes et brouillards fréquents (là aussi, à comparer avec les 15-20% de la région lyonnaise !).

Par ailleurs, il ne serait peut-être pas idiot de penser que, durant ces dernières années qui ont vu un certain réchauffement du climat qui a sans doute également correspondu à une réactivation des flux d'ouest atlantiques perturbés, le foehn hivernal se soit montré plus marqué sur Turin... réduisant ainsi les quantités de précipitations hivernales.

Bref, il semblerait donc que le « substrat » (ou milieu) plutôt très continental (de par son enclavement, notamment) de Turin ait un impact considérable en hiver et au printemps. En effet, dès les premiers mois printaniers, les précipitations augmentent sensiblement, résultant très probablement d'un accroissement rapide de l'effet convectif thermique. Le creux secondaire estival est quant à lui fortement dépendant de la remontée de la cellule anticyclonique subtropicale inondant assez fréquemment une bonne partie ouest, sud-ouest et sud de l'Europe.

Les influences méditerranéennes les plus fortes sont visibles à l'automne, avec des précipitations de nouveau assez élevées (ce sont les restes des précipitations très fortes de Gênes), dues en grande partie à la chaleur des eaux de surface du Golfe de Gênes (forte convection thermique, là encore + réserve d'humidité importante).

Bref, là encore, je ne vois pas de problème majeur dans les données que tu as compilées, hormis le fait que pour les précipitations, une période de 15 années est encore un peu trop faible.

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S'agissant des quantités de neige tombées estimées :

Turin, altitude 287 m, données 2000-2015 :

Po = 0.017x + 28.5 = 33.3% , x étant l'altitude.

Amplitude thermique annuelle A = 21°C

-> T1 = 0.17A +4 = 7.6°C (on ne prend donc en compte que les Tm mensuelles < 8°C environ) :

nov : 7.3°C, 102 mm, ratio 7

déc : 2.7°C, 44 mm, ratio 8.5

jan : 2.0°C, 27 mm, ratio 9

fév : 4.3°C, 43 mm, ratio 8.5

mar : 8.7°C, 55 mm, ratio 8

P = ((5-Po)/T1)T + Po

Quantité tombant dans le mois = P/100 x RRmensuelle (en cm) x ratio x (0.8 en décembre et avant, 1 en janvier et 1.2 en février et après) :

nov : 6.0% x 10.2 x 7 x 0.8 = 3 cm

déc : 23.2% x 4.4 x 8.5 x 0.8 = 7 cm

jan : 25.8% x 2.7 x 9 x 1 = 6 cm

fév : 17.2% x 4.3 x 8.5 x 1.2 = 8 cm

mar : 0.8% x 5.5 x 8 x 1.2 = traces

Total : 24 cm

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Petit complément.

Ah oui, merci. Le pire, c'est que je vais les voir (les données wiki sur le climat italien, en italien) de temps à autre, et que je n'ai même pas pensé à le faire là. Quel c...! laugh.png

Bon alors effectivement, les 27 mm de janvier (de 2000-2015) sont peut-être un peu faiblards. Je sais pas. Possible qu'il manque quelques valeurs dans ogimet.

Edit : je viens de vérifier les mois de janvier. Il manque :

- janvier 2012 en entier

- 3 ou 4 jours en janvier 2010

- 2 jours en janvier 2013

Même en admettant qu'il soit tombé 50 mm en janvier 2010 (ce qui serait un gros mois), et en rajoutant 10 mm à 2010 et 10 mm à 2013 (je suis donc assez « généreux »), la moyenne 2000-2015 intégrale passerait à 29,7 mm, soit guère plus.

Bref, c'est donc une quasi-certitude : la RRm de janvier durant cette période est comprise entre 27 et 30 mm.

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Pour Turin bonjour le bond des TX de décembre et janvier !!

entre les valeurs 4,8 et 3,4° de Wiki pour 1931/1960 passées à 7,6 et 6,6° pour 71/2000 puis 7,4 et 7,1° 1981/ 2010

-> 3,7° de plus en 50 ans pour janvier ohmy.pngsad.png (1 )

puis 7,7et 7,3° pour 2000/2015 de mottoh .....

si c'est pas biaisé par l'environnement ou instrumentation ce n'est étonnant que la neige y régresse à mort

alors que pour mars avril le décollage des TX ne se produit que vers la fin ...

(1) même pas 1° de plus pour Besançon, sauf erreur sur alerte météo, ça me plait déjà pas ....alors + 3,7 ° ..... cela dit en montant assez haut vers Limone des Lothskis Italiens ont largement reçu de quoi se consoler depuis 2008 http://www.simolimo.it/climaneve1.html

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Pour Turin bonjour le bond des TX de décembre et janvier !

entre les valeurs 4,8 et 3,4° de Wiki pour 1931/1960 passées à 7,6 et 6,6° pour 71/2000 puis 7,4 et 7,1° 1981/ 2010

-> 3,7° de plus en 50 ans pour janvier ohmy.pngsad.png (1 )

puis 7,7et 7,3° pour 2000/2015 de mottoh .....

si c'est pas biaisé par l'environnement ou instrumentation ce n'est étonnant que la neige y régresse à mort

alors que pour mars avril le décollage des TX ne se produit que vers la fin ...

C'est biaisé en effet: l'aéroport de Caselle n'existe que depuis 1953 d'après Wiki. Donc la série 1931-60 a été prise essentiellement sur un autre site que celui de Caselle.

Quand à ma faible confiance envers les données Italiennes, elle vient du fait que vous n'avez pas encore vu le pire: la prochaine fiche sera Milan, avec beaucoup de chutes de neige non comptabilisées.

D'ailleurs, ce foehn et ce manque de précipitations hivernales sont tout à fait visibles également à l'aide du Td moyen (-2,5°C en janvier, ce qui est très bas lorsqu'on les compare avec les +0,7°C de Lyon !) et à l'aide du taux d'ensoleillement (39% en janvier, malgré les brumes et brouillards fréquents (là aussi, à comparer avec les 15-20% de la région lyonnaise !).

Par ailleurs, il ne serait peut-être pas idiot de penser que, durant ces dernières années qui ont vu un certain réchauffement du climat qui a sans doute également correspondu à une réactivation des flux d'ouest atlantiques perturbés, le foehn hivernal se soit montré plus marqué sur Turin... réduisant ainsi les quantités de précipitations hivernales.

Merci de souligner le constraste avec Lyon, chose que j'avais remarqué en élaborant cette fiche mais que j'ai oublié de mentionner en la rédigeant.

J'ai encore pris du retard sur la suite, c'est parce que la manipulation des METARs pour combler les trous de Td m'a donné des idées... et j'ai un nouveau gros développement en cours, avec en ligne de mire l'Amérique du nord, et cette fois TOUTE l'Amérique du nord, et pas seulement une sélection réduite de stations qui émettent 8 synops/jour. A suivre default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Hello,

J'aurais dit l'Islande côté nord, style Akureyri ou Husavik.

Crabo

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Oups,

Désolé y a du avoir un bug et j'ai répondu à une question de mottoth d'il y a quelques jours :/

Crabo

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Hello,

J'aurais dit l'Islande côté nord, style Akureyri ou Husavik.

Crabo

Akureyri sera faite un jour, aucun doute là dessus.

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3) Maintenant, en tentant une petite analyse s'appuyant sur les données que tu as compilées et sur la compréhension de la dynamique générale des différents systèmes atmosphériques régulant le climat de Turin, j'en ai déduit ceci :

En hiver, comme tu l'as très bien souligné, Turin est littéralement enclavée, et surtout elle se retrouve en situation idéale pour recevoir le foehn de NO. Or, en hiver, dans toute cette zone d'Europe alpine, le flux majoritaire (notamment en altitude) est d'ouest. Ce qui signifie que, lorsque des dépressions atlantiques majeures s'incrustent sur le continent, la France les reçoit de plein fouet, et les lames de précipitations y sont très copieuses. En revanche, c'est précisément lors de ces dépressions actives que le foehn est sans doute très fort sur Turin, qui reste donc au sec. Les seules précipitations hivernales marquées qu'elle peut recevoir viennent sans doute de Méditerranée. Et une partie d'entre elles tombent sous forme de neige.

D'ailleurs, ce foehn et ce manque de précipitations hivernales sont tout à fait visibles également à l'aide du Td moyen (-2,5°C en janvier, ce qui est très bas lorsqu'on les compare avec les +0,7°C de Lyon !) et à l'aide du taux d'ensoleillement (39% en janvier, malgré les brumes et brouillards fréquents (là aussi, à comparer avec les 15-20% de la région lyonnaise !).

Par ailleurs, il ne serait peut-être pas idiot de penser que, durant ces dernières années qui ont vu un certain réchauffement du climat qui a sans doute également correspondu à une réactivation des flux d'ouest atlantiques perturbés, le foehn hivernal se soit montré plus marqué sur Turin... réduisant ainsi les quantités de précipitations hivernales.

Oui, l'ensoleillement à Lyon est de 30% en janvier et non 15-20%.

L'explication de l'ensoleillement hivernal de Turin par le foehn me laisse perplexe quand on voit l'énorme pourcentage de vents calmes à cette saison (50-60% de novembre à janvier). Le foehn souflle sans doute fréquemment en altitude mais il ne semble pas atteindre souvent la plaine. Mais la présence du vent en altitude est peut-être suffisante pour dissiper les brumes et brouillard sous-jacents.

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Oui, l'ensoleillement à Lyon est de 30% en janvier et non 15-20%.

L'explication de l'ensoleillement hivernal de Turin par le foehn me laisse perplexe quand on voit l'énorme pourcentage de vents calmes à cette saison (50-60% de novembre à janvier). Le foehn souflle sans doute fréquemment en altitude mais il ne semble pas atteindre souvent la plaine. Mais la présence du vent en altitude est peut-être suffisante pour dissiper les brumes et brouillard sous-jacents.

Les quelques années de données dont je dispose sur ma fiche ne sont pas trop représentatives, puisque à Lyon St Ex l'ensoleillement normal de janvier doit plutôt tourner autour de 50 à 60h au lieu de 78h. Et en décembre ce ratio tombe à 18%.

Il y a beaucoup de subsidences "douces" du côté de Turin, c'est à dire sans vent de foehn sensible, qui contribuent bien souvent plus à l'assèchement de la masse d'air et la prévention d'une trop forte grisaille que les cas de foehn marqué.

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Oui, l'ensoleillement à Lyon est de 30% en janvier et non 15-20%.

L'explication de l'ensoleillement hivernal de Turin par le foehn me laisse perplexe quand on voit l'énorme pourcentage de vents calmes à cette saison (50-60% de novembre à janvier). Le foehn souflle sans doute fréquemment en altitude mais il ne semble pas atteindre souvent la plaine. Mais la présence du vent en altitude est peut-être suffisante pour dissiper les brumes et brouillard sous-jacents.

Je parlais de l'ensoleillement minimal hivernal en région lyonnaise (Lyon et Ambérieu), qui atteint 18% à Lyon et dans les 16% à Lyon à Ambérieu en décembre, contre près de 40% à Turin ! Donc il n'y a pas photo.

Quant au mois de janvier, on est certes à 30% à Lyon en période 2000-2015, mais on était à 22% en 1950-70 (lorsque l'urbanisation était déjà bien moindre), et 20% à Ambérieu lors de la même période.

Bref, je maintiens que l'ensoleillement hivernal en région lyonnaise (début de l'hiver et fin de l'automne) est beaucoup plus faible qu'à Turin. C'est évident.

Et le föhn représente sans doute une part importante dans le fait que l'ensoleillement hivernal soit assez important à Turin : le Td très bas en est la preuve directe. Il se peut effectivement qu'il souffle surtout en altitude, mais les quelques jours où il atteint la ville, le ciel est très probablement bleu et l'air très sec (alors que de l'autre côté, en France, dans ces moments-là, il doit pleuvoir ou neiger. Cela créé toute la différence).

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