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Climats du monde

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#201. Milan / Linate.

 

Comme annoncé c'est au tour de Milan, à 130kms de Turin, 235kms de Florence et 465kms de Rome.

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Zoom sur la plaine du Pô. La fin de la plaine et le début des Alpes sont à environ 40kms en nord de la station de Milan Linate.

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La station en bordure sud de l'aéroport de Linate, est à 8.3kms du centre ville. L'agglomération faisant entre 4 et 5 million d'habitants, on y trouvera un ICU important. Ce n'est pas le seul problème avec cette station: jusqu'à 2004 elle était entourée de haies qui lui valait un cloisonnement indigne d'une station de cette importance et met hélas en doute le record de txx d'aout 2003.

j'ai cherché en premier à exploiter les données de l'aéroport de Malpensa qui à 40kms au NO de la ville est bien plus campagnard, mais cette station ne reportait ni tn ni tx jusqu'à 2005.

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Vue vers le nord et les Alpes:

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16080_Milan_A_v7_33.png

 

Les données de RR sont absolument catastrophiques, j'ai pas mal hésité ces derniers jours avant de poster cette fiche et j'ai finalement passé 1h30 ce matin à les passer en revue en détail pour "sauver" certains épisodes - avec beaucoup d'approximations. Il reste pleins de trous qui tirent les stats vers le bas car il s'agit de jour avec RR (pluie ou neige) qui sont totalement omis (la station reporte "0mm"). J'ai donc un déficit d'environ 11% par rapport aux normales 1971-2000 en cumul annuel (820mm vs. 920mm). Et encore ce cumul n'était que de 780mm ce matin avant que je ne bidouille les données.

Il ne faut donc pas tenir vraiment compte du creux estival qui tends vers la sécheresse: pas mal d'orages estivaux ne sont crédités que de 0.2mm ou 0.3mm - des erreurs manifestes à mon sens.

Il est à noter que comme pour Turin la qualité des reports des RR s'est nettement améliorée depuis 2011, j'espère donc arriver à des résultats plus vraisemblables et plus solides pour les années futures.

 

Les traits marquants de ce climat sont le vent faible et l'hygrométrie souvent forte, l'un entrainant l'autre. Comme à Turin l'enclavement de la plaine du Pô par les Alpes - en regard de la circulation d'ouest - lui permet de conserver un temps plutôt beau et calme à l'écart des perturbations qui balaient l'Europe de l'ouest. Mais ce manque de brassage atmosphérique se paye par une humidité de basse couche très tenace qui donne en hiver beaucoup de brume et de brouillard. Le phénomène est plus marqué ici qu'à Turin, le foehn se faisant bien plus rare: la géographie fait que ici les vents dominant tangentent le relief, et que le foehn ne souffle du nord que lorsque qu'un flux méridien suffisamment fort se met en place.

 

Confirmation sur les roses des vents qui ne montrent qu'une faible prévalence du foehn de NNO:

16080_Milan_C_v7_33.png

 

16080_Milan_B_v7_33.png

 

 

Impossible de trouver des exemples de saison vraiment probants tellement j'ai de trous dans les données. Voici donc l'hiver 2014-2015, parce qu'il n'est pas trop éloigné des moyennes de t°.

Comme à Turin on trouve que le beau temps n'est pas non plus systématiquement synonyme de grisaille anticyclonique, et que les perturbations pluvio-neigeuses sont rares mais assez marquées.

16080_DEC14_FEB15.png

 

 

Enfin l'été 2002, qui est le plus proche des normales de mon faible échantillon (tn +0.2°c, tx -0.4°c).

On a des Td extrêmes durant la vague de chaleur de juin, et c'est aussi l'un des points litigieux avec les stations Italiennes: on a beaucoup de valeurs de Td vraiment élevées (24°c et +) de 2000 à 2004, et pas qu'à Milan... vu l'étendue du phénomène je ne sais pas si ces années étaient particulièrement moites dans la plaine du Pô ou s'il s'agit d'un problème plus profond de capteurs qui auraient été ensuite changés au niveau national.

16080_JUN_AUG02.png

 

Voilà, c'est tout pour Milan, et je ne suis pas mécontent d'en avoir fini avec cette fiche !

 

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Merci pour cette dernière fiche de Milan!

On retrouve des valeurs d'ensoleillement hivernal bien plus médicres qu'à Turin et davantage semblables aux conditions du centre-est français (latitude très proche).

L'effet urbain doit être fort d'après la Tn moyenne qui excède de 2°C celle de Turin, on est ici 180 m plus bas en altitude mais ça n'explique sans doute pas toute la différence (ça expliquerait1°c en théorie).

Etant données les remarques de mottoth, je ne sais pas si on peut déduire quelque chose de la répartition des pluies mais elles semblent mieux réparties sur l'année avec un creux hivernal moins sensible qu'à Turin, la diminution de l'effe de foehn vis à vis des perturbations d'ouest pourrait expliquer cette différence.

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#202. Locarno / Monti

 

Locarno n'est qu'à 90kms de Milan, en Suisse Italienne et au pied des Alpes.

06760_map0.jpg

 

On est à extrémité nord du lac Majeur, qui s'enfonce dans les vallées alpines depuis la plaine du Pô:

06760_map1.jpg

 

La ville (15 000h) est vraiment entourée de montagnes, à 4kms au nord de la station un premier sommet atteint 1900m. La station de Monti est en hauteur et sur une pente, 170m au dessus du niveau de lac. Une deuxième station est en plaine sur l'aéroport de Magadino à 7kms de distance, mais elle reporte moins de paramètres que celle de Monti (depuis quelques années la visibilité, l'état du ciel et le temps présent ne sont plus reportés).

06760_map2.jpg

 

Vue vers l'ouest. On voit bien la pente sur laquelle est la station.

06760_map3_W.jpg

 

Vue vers l'ENE:

06760_map4_ENE.jpg

 

06760_Locarno_A_v7_11.png

 

Quel bonheur de retrouver des données fiables après les horreurs vues en Italie. Ce qui saute ici aux yeux c'est bien sur les fortes précipitations, avec un cumul annuel plus de deux fois supérieur à celui de Milan. Le régime de RR est franchement continental, à part ce pic bizarre en novembre que l'on retrouve partout depuis la fiche de Rome - les mois de novembre depuis 2000 ont vraiment été très pluvieux dans une large zone centrée autour du golfe de Gênes.

La topographie explique évidemment cette abondante pluviométrie, avec le piedmont Alpin qui bloque les précipitations d'origine méditerranéennes et qui favorise la formation des orages estivaux. Des lames d'eau extrêmes sont atteintes quasiment chaque année, avec une lame d'eau max sur 24h de 126mm sur une année médiane !

 

La topographie explique aussi la faiblesse des amplitudes thermiques - les tn de Magadino dans la plaine sont souvent 4°c ou 5°c plus basses -, et la modération des extrêmes des t° - en particulier la douceur hivernale: on ne compte même pas 30 jours de gel par an.

 

Etant collée aux montagnes cette station connait bien sur des conditions de foehn fréquentes et parfois spectaculaires - l'HR peut passer sous 5%. Cependant le vent est la plupart du temps insignifiant, hormis foehn marqué ou rafales d'orage.

 

Les vents dominants ont tendance une fois de plus à tangenter le relief:

06760_Locarno_C_v7_11.png

 

Quand on regarde les variations du vent dominant en fonction de l'heure on constate que celui ci à tendance à "tourner" dans le sens des aiguilles d'une montre durant l'écoulement de la journée.

06760_Locarno_B_v7_11.png

 

 

Voici l'hiver 2003-2004, bien proche des moyennes (tn -0.1°c, tx -0.2°c, RR +18%).

Ce que j'ai dit pour la plaine du Pô reste valable ici: on est protégé de la plupart des perturbations océaniques, et seules les perturbations méditerranéennes arrivent vraiment ici. Sur l'exemple suivant la quasi totalité des 290mm des RR hivernales tombe en seulement 3 épisodes. Les fortes intensités de RR donnent des isothermies fréquentes, et la neige n'est pas rare malgré la modération du froid.

Je vous laisse aussi admirer les épisodes de foehn vraiment marqués qui se produisent de temps en temps en hiver.

06760_DEC03_FEB04.png

 

 

Voici l'été 2010, normal sur les t° (tn +0.4°c, tx -0.2°c) et un peu faible un RR (-12%) en raison d'un mois de juillet sec.

On y trouve une longue période chaude en juillet, quelques épisodes de foehn estival, des dégradations courtes mais très arrosées (4/08, 14 et 15/08), et une période maussade plus longue en juin.

06760_JUN_AUG10.png

 

 

Enfin voici novembre 2014 qui comme partout dans la région a connu des RR spectaculaires. Puis son petit frère, novembre 2002, qui fit encore pire !

06760_NOV14_NOV02.png

 

Voilà, c'est tout pour Locarno. Il y aura peut-être une 3e mise à jour aujourd'hui, car j'ai pris pas mal de retard.

 

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Ce qui est frappant avec Locarno, c'est que malgré les presque 2 000 mm par an, il y a tout de même 2 232 h d'ensoleillement ! Et puis c'est chaud ! Juin est nettement plus chaud qu'à Toulouse (surtout en Tn), et juillet y est aussi chaud !

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#202. Locarno / Monti

Locarno n'est qu'à 90kms de Milan, en Suisse Romande et au pied des Alpes.

Non, pas en Suisse romande...

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Merci Mottoth pour les deux dernières fiches.

Une petite remarque pour Locarno : la station n'est, à mon avis, qu'assez peu représentative des lieux, étant donnée sa très mauvaise situation (on ne respecte pas vraiment - à mon avis - les normes prescrites par l'OMM en termes d'emplacement). En effet, elle se situe en pleine pente très bien exposée plein sud. Ils auraient voulu faire « mieux » qu'ils ne l'auraient pas pu ! Ils ne se sont pas fait ch..., puisqu'ils l'ont tout simplement mise sur le site même de l'Office fédéral de météorologie et de climatologie de Météo Suisse de Locarno/Monti, installé et édifié ici en 1935. Site magnifiquement situé à l'époque, surplombant la ville, le lac et ses brumes et brouillards très probablement bien plus fréquents en bas ; en plein sud, plein soleil. Bref, pas fous, les gars de la météo en 35, question confort et agrément, mais gonflés qd même... Et là, en 2015, les Suisses auraient peut-être pu essayer de trouver un autre emplacement plus adéquat...

Voyez donc ce qu'on trouve à 50 m de la station... puis tournez-vous (faites une rotation de 180°), et vous tombez sur l'institut...:

https://www.google.ca/maps/@46.172768,8.787609,3a,75y,12.92h,95.88t/data=!3m6!1e1!3m4!1sf2zbi8SmZ5zw33WnmCxfKg!2e0!7i13312!8i6656!6m1!1e1

Tout près de là :

150615050544104241.png

Données 1981-2001 (source : Météo Suisse) :

150615050707941383.png

On constate un régime pluvio beaucoup plus régulier que sur celui de 2000-2015. Preuve une fois encore que, s'agissant du régime pluvio, une période d'au moins 30 ans est souvent nécessaire.

Ici, le pic de novembre n'apparaît pas. Les 2 maxi pluvio sont bien nettement situés autour de mai et de septembre. Le premier (mai) correspondant à la continentalité (convections thermiques de plus en plus fortes en arrivant vers l'été).

Le petit creux estival (tout relatif !) provient de l'influence de la grande cellule anticyclonique des Açores s'avançant sur le grand sud et le grand sud-ouest de l'Europe.

Quant au second maxi pluvio, celui-ci est clairement d'influence méditerranéenne : en septembre, l'eau du golfe de Gênes est encore très chaude, et les remontées méditerranéennes viennent ici se coupler à l'orographie.

Comme on le voit sur les données de Mottoth, l'ensoleillement hivernal est incroyablement élevé : föhn valable dans plein de directions étant donné qu'on est littéralement entouré de montagnes (voyez le td moyen à -3°C !), et surtout, comme je le disais, on surplombe les brouillards de la vallée.

Les pluies tombent du coup rarement, mais lorsqu.elles le font, elle proviennent souvent du sud (donc pas mal de méditerranée), et bénéficient alors du phénomène orographique. Les pluies sont donc souvent intenses, et brutales.

http://www.meteosuisse.admin.ch/home/systemes-de-mesure-et-de-prevision/stations-au-sol/reseau-de-mesures-automatiques.html

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Bonsoir

Climat très particulier que celui de Locarno (et je pense des abords des lacs du piémont sud des Alpes), à la fois très arrosé et bien doux pour une situation au sein de la chaîne alpine. L'hiver est bien plus ensoleillé (malgrè l'humidité du lac) et également plus doux que dans la plaine en contrebas. Si on compare à Milan, il y a davantage de douceur hivernale malgré l'altitude inférieure et l'effet urbain de cette dernière ville. C'est vrai que, comme l'a fait remarquer Dann, la situation particulière de la station est sans doute pour quelque chose à cette douceur.

Ce qui est remarquable également, c'est le volume des pluies que j'ai un peu de mal à m'expliquer, l'humidité du lac y est peut-être pour quelque chose. A titre de comparaison, le total annuel de Chambéry est de "seulement" 1221 mm (période 1981-2010) dans une situation et une altitude un peu comparable, au pied des Alpes, non loin d'un lac et de surcroît dans la partie de la chaîne la plus exposée aux perturbations atlantiques.

Analogue sans doute au climat de Locarno, j'ai visité les environs du lac de Garde. Ce qui est remarquable, pour un climat aussi peu "méditérranéen" (du fait du volume des pluies d'été), c'est l'importance de la culture des oliviers. Comme quoi cette culture est, je pense, loin d'être le marqueur infaillible que l'on peut parfois penser.

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Etant données les remarques de mottoth, je ne sais pas si on peut déduire quelque chose de la répartition des pluies mais elles semblent mieux réparties sur l'année avec un creux hivernal moins sensible qu'à Turin, la diminution de l'effe de foehn vis à vis des perturbations d'ouest pourrait expliquer cette différence.

Oui en effet, sur les normales 1971-2000 c'est visible aussi: Turin bénéficie d'un effet d'abri plus fort durant l'hiver.

Non, pas en Suisse romande...

Et bien en Suisse Italienne alors ! (Ca faisait 40 ans que je croyais que la Suisse Romande était la partie Italienne...)

Merci Mottoth pour les deux dernières fiches.

Une petite remarque pour Locarno : la station n'est, à mon avis, qu'assez peu représentative des lieux, étant donnée sa très mauvaise situation (on ne respecte pas vraiment - à mon avis - les normes prescrites par l'OMM en termes d'emplacement). En effet, elle se situe en pleine pente très bien exposée plein sud. Ils auraient voulu faire « mieux » qu'ils ne l'auraient pas pu ! Ils ne se sont pas fait ch..., puisqu'ils l'ont tout simplement mise sur le site même de l'Office fédéral de météorologie et de climatologie de Météo Suisse de Locarno/Monti, installé et édifié ici en 1935. Site magnifiquement situé à l'époque, surplombant la ville, le lac et ses brumes et brouillards très probablement bien plus fréquents en bas ; en plein sud, plein soleil. Bref, pas fous, les gars de la météo en 35, question confort et agrément, mais gonflés qd même... Et là, en 2015, les Suisses auraient peut-être pu essayer de trouver un autre emplacement plus adéquat...

Il y a cette station dont j'ai parlé à l'aérodrome de Magadino qui semble pas mal du tout, bien mieux placée que Monti... J'ai beaucoup hésité entre les deux je l'avoue. Mais pour Météosuisse c'est Monti qui semble prioritaire, avec des obs humaines plus fournies, alors que Magadino est complètement automatisée avec une certaine perte de qualité au passage (par exemple plus de report de brumes ou brouillard). Je ferai peut-être un jour Magadino, ne serait-ce que pour mettre en évidence les différences entre la plaine et l'adret.

La suite demain finalement, mais les 3 prochaines fiches sont fin prêtes default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Ce qui est remarquable, pour un climat aussi peu "méditérranéen" (du fait du volume des pluies d'été), c'est l'importance de la culture des oliviers. Comme quoi cette culture est, je pense, loin d'être le marqueur infaillible que l'on peut parfois penser.

Et pourtant, si ! Bon, peut-être pas « infaillible », mais un excellent marqueur tout de même. Il faut cependant expliquer :

Si on trouve, par endroit, quelques oliveraies localisées à Locarno, c'est parce que, d'une part, les conditions thermiques méditerranéennes sont tout juste atteintes : plus de 3°C en Tm de janvier (et plus de 0°C en Tnm de janvier), et environ 22°C en Tm de juillet.

Maintenant, et tu as raison de le spécifier, l'humidité est bien trop grande. Mais ! Mais sur les terrains en assez forte pente (comme il s'en trouve justement vers la station de Monti), là où l'eau ne reste pas longtemps dans le sol, et sur certains types de sols, la sécheresse relative engendrée par les conditions édaphiques et topographiques particulières reviennent à maintenir des conditions quasi méditerranéennes pour la végétation. Voilà pourquoi.

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Pour Milan, on est dans le domaine tempéré humide continental a été long. On doit trouver quelques essences sempervirentes la bas non?

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Pour Milan, on est dans le domaine tempéré humide continental a été long. On doit trouver quelques essences sempervirentes la bas non?

C'est pas bête, ce que tu dis.

Mais attention : si on parle de végétation, il faut la corréler avec les données plus anciennes (comme 1971-2000 ou 1951-2000 par ex). Le données toutes récentes (étant donnés les réchauffements climatique et urbain) ne sont que bien moins corrélées à la végétation.

Or en 1971-2000, Milan (qui bénéficiait pourtant déjà de l'îlot de chaleur urbain) bénéficiait d'un peu moins de 5 mois et demi au-dessus de 14°C (donc elle était encore dans la zone « à été moyen »).

Si bien que, si cette méthode fonctionne, je ne pense pas qu'il y ait présence d'espèces comme les chênes liège, comme les pins parasols, ou comme les cyprès, hormis évidemment dans des zones protégées.

Je pense que, pour les trouver (ces espèces), il faut pousser un peu plus vers l'est et le sud (régions de Brescia ou de Parme).

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#202bis. Locarno / Magadino

 

Citation
Il y a cette station dont j'ai parlé à l'aérodrome de Magadino qui semble pas mal du tout, bien mieux placée que Monti... J'ai beaucoup hésité entre les deux je l'avoue. Mais pour Météosuisse c'est Monti qui semble prioritaire, avec des obs humaines plus fournies, alors que Magadino est complètement automatisée avec une certaine perte de qualité au passage (par exemple plus de report de brumes ou brouillard). Je ferai peut-être un jour Magadino, ne serait-ce que pour mettre en évidence les différences entre la plaine et l'adret.

Finalement il n'y avait pas de raison d'attendre pour faire cette comparaison, j'ai donc profité d'une matinée très calme au boulot pour faire la fiche de Magadino.

La station était bien sur l'aérodrome, puis a déménagé en 2005 un peu plus profondément dans la vallée. Elle est à présent distante de 11.9kms de Monti.

06762_map0.jpg

 

Vue vers le nord-est. Monti est donc installée sur l'adret de cette vallée, au grand désespoir de Dann, et Magadino est 160m plus bas, au milieu du fond de vallée très plat, assez loin des influences du lac (6kms).

06762_map1_NE.jpg

 

06762_Locarno_A_v7_20.png

 

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06762_Locarno_B_v7_20.png

 

J'ai fait quelques infographies plus pratiques pour comparer facilement les deux stations entre elles.

Les diagrammes ombrothermiques pour commencer:

06760_vs_06762_part3.png

Le régime de RR est vraiment identique, avec des précipitations toujours aussi abondantes. Ce n'est donc pas là dessus la comparaison va s'attarder.

 

Les tableaux de t°:

06760_vs_06762_part1.png

Les différences sont mineures sur les tx: l'exposition en adret semble compenser la perte d'altitude.

Mais du côté des tn c'est un autre monde, surtout durant la saison froide: les inversions de fond de vallée sont quasi systématiques avec 4°c de différence moyenne au coeur de l'hiver. On dénombre 3 fois plus de jours de gel à Magadino, avec une saison hors-gel raccourcie d'en moyenne deux mois ! A l'inverse les "nuits tropicales" (tn>20°c) sont 4 fois plus nombreuses à Monti.

Je n'ai pas reproduit les tableaux de vent mais il s’avère que Magadino est un peu plus ventée que Monti, et pas l'inverse.

 

Second tableau de comparaisons:

06760_vs_06762_part2.png

- L'hygrométrie est plus faible sur les pentes, c'est en fond de vallée dans les très basses couches que l'humidité stagne.

- Mais pour autant on ne rencontre pas beaucoup plus de situations de brouillard... sur l'année Monti est même un poil plus brumeuse, la faute probablement aux nuages bas. Il s'avère qu'en fait le foehn touche aussi souvent le fond de vallée que Monti, il nettoie souvent la vallée qui ne cumule pas autant de noyaux de condensation que la plaine du Pô très polluée.

- Confirmation de la relative timidité du brouillard sur les stats d'ensoleillement, avec une fraction presque aussi bonne à Magadino qu'à Monti.

Il ne faut pas comparer les valeurs brutes car Magadino est dans l'ombre des montagnes beaucoup plus longtemps que Monti en hiver: en décembre la fraction maximale d'ensoleillement possible n'y est que de 66% de la longueur du jour, contre 80% à Monti.

- On retrouve sinon des valeurs très similaires pour les RR: 5% d'écart en cumul, même nombre de jours avec précipitations.

 

Voilà, cette fois ci on en a fini avec Locarno !

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#203. Venise.

 

Venise est à 240kms de Milan, 405kms de Rome.

16105_map0.jpg

 

Nous nous sommes un peu éloigné des Alpes, mais pas trop (environ 50kms). On retrouvera donc encore des situations de foehn. La plaine qui sépare les Alpes de l'Adriatique est très peu accidentée.

16105_map1.jpg

 

La station est sur l'aéroport, au bord de la lagune, à 6.5kms du centre ville et 11kms de la mer libre.

16105_map2.jpg

 

Une photo tirée de google street view où l'on aperçoit le mat anémométrique et l'abri Stevenson. Si c'est situé un peu près des pistes et de l'eau, d'une autre part l'emplacement a le mérite d'être bien dégagé:

16105_photo.jpg

 

16105_Venice_A_v7_33.png

 

Pour cette fiche j’émets moins de réserves que pour les précédentes fiches Italiennes: la plupart des RR sont bien reportées, quand bien sur une observation est disponible. On reste dans un niveau de disponibilité des données très médiocre, mais au moins lorsqu'elles sont là ça va.

 

On trouve donc un régime et une lame d'eau annuelle plus proche des normales (1971-2000 ou autres), et cet agaçant pic de novembre a disparu: on est sortie de la zone d'influence des perturbations du golfe de Gênes, ce sont les tempêtes de l'Adriatique qui vont rythmer le temps ici. On retrouve néanmoins pas mal de similarités avec les fiches de la plaine du Pô: une bonne amplitude thermique annuelle (plus de 20°c), beaucoup de brumes et brouillard, de la moiteur en été, et des extrêmes de température plutôt sages.

 

Sur les roses des vents on trouve un vent de NNE, un vent de terre souvent foehné. Et, surtout en été, un vent de mer de SSE.

16105_Venice_C_v7_33.png

 

Les tableaux horaires nous apprennent que ces 2 vents alternent en fait durant près de 9 mois sur 12 sur un cycle de brises diurnes.

La brise de mer s'établi dans l'après midi, elle est responsable du petit maximum de Td en soirée.

16105_Venice_B_v7_33.png

 

 

Voici l'hiver 2008-2009. il est un peu frais sur le t° (tn -1.1°c, tx -0.4°c), mais c'est l'un des seuls de mon échantillon qui dispose de suffisamment de données de RR et qui ne s'écarte pas trop de la moyenne.

Venise a l'image d'une ville enveloppée dans le brouillard durant l'hiver, mais les différents épisodes de froid sec et foehné montrent que cela n'est pas toujours vrai.

16105_DEC08_FEB09.png

 

 

Enfin l'été 2010, très proche de la moyenne (tn +0.1°c, tx +0.2°c, RR -20%, le mois d'aout fut sec).

On y trouve une vague de chaleur très humide mi-juillet, avec des Td qui ont approché les 27°c ! Encore une fois ce genre de valeur qui peut sembler à priori suspecte est corrélé par les relevés des stations voisines, donc pourquoi pas... Je me souviens avoir campé à Venise en plein été en juillet 1989, et bien que j'étais à un age où la météo ne me passionnait pas encore les conditions m'ont marqué: outre les journées chaudes (33°c sur la place St Marc), les soirées m'ont semblé d'une moiteur extraordinaire, avec beaucoup de rosée dès le couché du soleil et des lessives qui ne séchaient pas de la journée... et des moustiques, plein de moustiques...

16105_JUN_AUG10.png

 

Voilà, c'était Venise !

 

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#204. Trieste

 

A l'extrémité nord-est de l'Italie, Trieste est à 115kms de Venise et 445kms de Rome.

16110_map0.jpg

 

16110_map1.jpg

 

La station est coincée entre la mer Adriatique et les premières collines, elle est à seulement 50m de la mer. Son emplacement n'est vraiment pas top, cernée de béton, mais elle a un gros avantage sur le reste des stations Italiennes: elle semble faire partie d'un autre réseau que celui maintenu pas l'air force Italienne, elle reporte avec plus de constance, 24 synops par jour, avec quelques paramètres supplémentaires (ensoleillement), et sans trous de données dans les HR trop basses. Donc tant pis pour la station bien campagnarde de l'aéroport de Ronchi del Legionari 27kms plus au nord-ouest qui semble bien mieux placée mais qui me promettait encore bien des déboires.

16110_map2.jpg

 

Vue vers l'ENE. Le centre-ville est à 3.5kms de la station.

16110_map3_ENE.jpg

 

Photo prise sur Google Street View... pas top je vous disais, heureusement que ce climat est assez venté, ça va limiter les dégats.

16110_photo.jpg

 

16110_Trieste_A_v7_33.png

 

On retrouve ce satané pic de RR en novembre, mais cette fois çi il est un peu plus en accord avec les normales trentenaires qui montrent un maximum d'automne (sep-oct-nov). Cette station littorale assez ventée la nuit connait donc logiquement des amplitudes thermiques diurne réduites.

Les hivers y sont tout de même étonnamment doux par rapport à Venise, je propose de passer directement aux roses des vents avant de proposer une explication:

16110_Trieste_C_v7_33.png

 

Un vent y est hyper dominant: la bora, ce vent "catabatique" qui souffle de Slovénie. Il est souvent violent en hiver, et résiste en effet à l'analogie aux terribles vents d'inlandsis: le terrain rugueux et les chaines côtières modeste de Slovénie provoque une compression adiabatique souvent sèche à la masse d'air qui est drainée par ce vent vers l'Adriatique. C'est un vent similaire au foehn, qui donne des conditions souvent sèches et qui empêche la formation de froid de basse couche, au contraire des calme anticyclonique de la région de Venise. La température ne chute donc pas très bas sous ce vent continental, en revanche d'indice de refroidissement éolien peut être particulièrement féroce.

Durant la saison de soleil haut une brise de mer arrive souvent à s'établir en journée, on retrouve alors des régimes de Td et de t° typique des stations côtières soumises à l'alternance brises de terre/brises de mer, avec un net maximum de Td en fin de journée.

Mais, détail inhabituel, le vent nocturne reste souvent plus fort que le vent diurne, quasiment en toutes saisons.

16110_Trieste_B_v7_33.png

 

 

J'ai repris le même exemple d'hiver que Venise: 2008/2009. C'est le plus normal depuis au moins 15ans: tn -0.4°c, tx +0.1°c, RR +13%.

2 principaux types de temps s'opposent:

- humide et gris, mais pas forcément doux.

- très beau avec de la bora, avec de bons exemples en janvier et février, ceux de janvier étant plus ventés.

16110_DEC08_FEB09.png

 

 

Voici l'été 2011, très proche des moyennes (tn -0.1°c, tx +0.6°c, RR -5%).

Les orages de juin et juillet ont bien compensé le mois d'aout très sec. Mais paradoxalement c'est en aout que l'on a connu les journées les plus moites - le Td est généralement corrélé à la température de la mer, il est donc logique que les valeurs maxi soient souvent atteintes en aout.

Notez certaines tn très élevées sous le vent de terre nocturne: on peut dépasser 27°c.

Notez aussi les rafraichissement éclairs après certains orages qui sont suivis d'une journée particulièrement fraiche: le 19/06, le 20/07, le 09/08.

16110_JUN_AUG11.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

Modifié par mottoth
Remise à jour

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Merci mottoh,

Je confirme que le ressenti estival à Venise peut être assez pénible avec une sensation de moiteur extrême....

Je note quand même 44 jours où la température est descendue sous le point de congélation ce qui me semble important pour une station côtière...

Suis surpris de la latitude, je la voyais plus méridionaleblushing.gif

Bonne soirée

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#202bis. Locarno / Magadino

Ok merci pour la fiche comparative !

Sinon, je n'avais aucun désespoir, rassure-toi ! laugh.png

Pas de désespoir, mais en revanche, cela confirme la position très faiblement représentative de la station de Monti (pour la ville), en tout cas du point de vue thermique. En effet, la Tm annuelle est environ 1°C plus élevée à Monti qu'à Magadino, sachant par ailleurs que la première se trouve 163 m plus haut. Ces 163 m d'écart équivalent à 1°C supplémentaire.

Ce qui signifie que la situation en adret de Monti engendre un excédent de 2°C par rapport à la vallée au niveau du lac. Ce qui est énorme ! (et tout à fait logique en même temps...)

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Ok merci pour la fiche comparative !

Sinon, je n'avais aucun désespoir, rassure-toi ! laugh.png

Pas de désespoir, mais en revanche, cela confirme la position très faiblement représentative de la station de Monti (pour la ville), en tout cas du point de vue thermique. En effet, la Tm annuelle est environ 1°C plus élevée à Monti qu'à Magadino, sachant par ailleurs que la première se trouve 163 m plus haut. Ces 163 m d'écart équivalent à 1°C supplémentaire.

Ce qui signifie que la situation en adret de Monti engendre un excédent de 2°C par rapport à la vallée au niveau du lac. Ce qui est énorme ! (et tout à fait logique en même temps...)

Magadino n'est pas non plus vraiment représentative de la ville de Locarno: elle est en retrait de 6kms du lac alors que celui-ci est omniprésent autour de la ville (une sorte de delta s'avance dans le lac). Les conditions de la ville, au niveau du lac, doivent être au juste milieu de l'écart entre Monti et Magadino - je pense notamment aux tn.

Mais cette comparaison entre ces 2 stations est riche d'enseignements, et est probablement généralisable.

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Je note quand même 44 jours où la température est descendue sous le point de congélation ce qui me semble important pour une station côtière...

Suis surpris de la latitude, je la voyais plus méridionaleblushing.gif

Les txx hivernales ne sont pas bien hautes non plus, on est bien en deçà des 20°c à 25°c que l'on rencontre dans le reste de la plaine du Pô; ou même à Lyon à la même latitude. L'extrême nord de l'Adriatique est une zone quand même assez froide (en hiver), même à Trieste pourtant bien plus douce les txx n'atteignent pas 20°c.

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Merci encore pour ce bon boulot. Venise, j'y suis allé en janvier (2007) et mai (1994), et en janvier j'étais en plein brouillard ! default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> Bon, ça donnait du charme... Et surtout, c'est hors saison - condition obligatoire pour visiter cette merveille, selon moi. default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

Après, oui, cette partie du nord-est de l'Italie - les côtes adriatiques - est très chaude et surtout très humide en été. Je pense à la région de Rimini qui a très souvent des Td de folie...

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Quantités de neige estimées :

Milan, altitude 107 m, données 2000-2015 :

nov : 1.1% x 11.8 x 7 x 0.8 = traces

déc : 18.1% x 5.0 x 8.5 x 0.8 = 6 cm

jan : 19.8% x 5.2 x 8.5 x 1 = 9 cm

fév : 13.5% x 5.5 x 8 x 1.2 = 7 cm

Total : 22 cm

------------------------------------------------------------------------------

Locarno Monti, altitude 366 m, données 2000-2015 :

nov : 1.2% x 27.0 x 7 x 0.8 = 2 cm

déc : 16.7% x 10.0 x 8 x 0.8 = 11 cm

jan : 18.8% x 6.8 x 8.5 x 1 = 11 cm

fév : 14.2% x 7.8 x 8.5 x 1.2 = 11 cm

Total : 35 cm

----------------------------------------------------------------------------------

Venise, altitude 2 m, données 2000-2015 :

déc : 13.8% x 5.5 x 8 x 0.8 = 5 cm

jan : 17.2% x 5.3 x 8.5 x 1 = 8 cm

fév : 13.8% x 4.6 x 8 x 1.2 = 6 cm

Total : 19 cm

----------------------------------------------------------------

Trieste, altitude 8 m, données 2000-2015 :

déc : 3.7% x 8.5 x 7 x 0.8 = 2 cm

jan : 8.3% x 5.6 x 8 x 1 = 4 cm

fév : 7.3% x 5.9 x 8 x 1.2 = 4 cm

Total : 10 cm

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Pas de désespoir, mais en revanche, cela confirme la position très faiblement représentative de la station de Monti (pour la ville), en tout cas du point de vue thermique. En effet, la Tm annuelle est environ 1°C plus élevée à Monti qu'à Magadino, sachant par ailleurs que la première se trouve 163 m plus haut. Ces 163 m d'écart équivalent à 1°C supplémentaire.

Ce qui signifie que la situation en adret de Monti engendre un excédent de 2°C par rapport à la vallée au niveau du lac. Ce qui est énorme ! (et tout à fait logique en même temps...)

Oui, en fait ce n'est pas gênant, la station de Monti est représentative du climat d'adret, intéressant. Personnellement, ça me confirme ce que j'ai pu observer dans la région où j'habite avec de belles disparités, à altitude égale suivant que l'on est en fond de vallée, en adret ou en ubac. Bon, c'est vrai que pour une station touristique, les créateurs de la station en 1935 ont du penser que les statistiques d'une station d'adret sont plus flatteuses, c'est sans doute ce que tu as voulu exprimer, Dann, quand tu y faisais allusion.Merci, mottoth pour cette comparaison Locarno/Magadino, excellent ! Ca confirme bien mon opinion concernant la difficulté d'avoir des stations représentatives en région montagneuse : la plupart ne sont représentatives que d'elles-mêmes, de leur environnement immédiat, à quelques km près.

Et merci enfin pour ces nouvelles fiches de Venise et Trieste, climats absolument pas méditerranéens malgré la situation littorale des deux stations, sur une mer annexe de la Méditerranée.

Juste une toute petite remarque, je ne pense pas que l''air force italienne' (mi-anglais, mi-français) existe, sur le site italien, je n'ai vu que 'aeronautica militare', il semble bien que ce soit la dénomination officielle en Italie.

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Merci encore pour ce bon boulot. Venise, j'y suis allé en janvier (2007) et mai (1994), et en janvier j'étais en plein brouillard ! biggrin.png Bon, ça donnait du charme... Et surtout, c'est hors saison - condition obligatoire pour visiter cette merveille, selon moi. wink.png

Après, oui, cette partie du nord-est de l'Italie - les côtes adriatiques - est très chaude et surtout très humide en été. Je pense à la région de Rimini qui a très souvent des Td de folie...

Il faudrait que je retourne à Venise: j'étais trop jeune, et je suis passé quelques jours après le controversé concert des Pink Floyd qui avait ravagé la ville... la ville en portait encore les stigmate et était incroyablement sale.

J'en ai pas parlé sur la fiche de Trieste mais là aussi les Td peuvent être remarquable, durant la vague de chaleur de juillet 2010 le Td à atteint 28°c à cette station (contre 26.7°c à Venise). Quand à Rimini j'ai vu plusieurs fois des forumeurs exprimer leurs doutes sur la fiabilité des mesures de Td, je ferai probablement une fiche à l'avenir sur cette ville.

Quantités de neige estimées :

Milan, altitude 107 m, données 2000-2015 :

Total : 22 cm

------------------------------------------------------------------------------

Locarno Monti, altitude 366 m, données 2000-2015 :

Total : 35 cm

----------------------------------------------------------------------------------

Venise, altitude 2 m, données 2000-2015 :

Total : 19 cm

----------------------------------------------------------------

Trieste, altitude 8 m, données 2000-2015 :

Total : 10 cm

Je n'ai pas d'éléments pour te contredire, mais il me semble juste que les estimations pour Milan et Locarno sont un peu timides, tandis que celle de Venise et Trieste me paraissent un peu trop hautes, surtout Trieste.

Juste une toute petite remarque, je ne pense pas que l''air force italienne' (mi-anglais, mi-français) existe, sur le site italien, je n'ai vu que 'aeronautica militare', il semble bien que ce soit la dénomination officielle en Italie.

J'aurais pu me contenter de dire "l'armée de l'air". Ce sont eux - l'aeronautica militare - qui sont l'agence météo officielle en Italie, et qui de fait sont responsables de la mauvaise qualité des synops Italiens. Même leur site web ne semble pas bien fonctionner, dans la section climato j'ai essayé de faire des requêtes de données quotidiennes pour voir si je pouvais obtenir des valeurs de RR manquantes, mais sans succès.

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#205. Chicago.

 

Changement d'horizon, on quitte l'Italie - on y reviendra plus tard.

Aujourd'hui je vous présente une nouvelle version de fiches, la v7.20, qui ne contient aucune nouveauté visible mais change la donne au niveau des sources de données:

Cette fiche sur Chicago contient des données hybridées qui proviennent à la fois de synops et de METARs. En effet les METARs américains reprennent de façon routinière dans la section des remarques ('RMK') à peu près toutes les données climatologiques habituellement incorporées dans les synops, à tel point que le message METAR semble être le moyen de transmission privilégié par rapport au synop là bas.

 

Exemple:

KIAH 161153Z 08010KT 10SM -RA SCT015 BKN050 BKN100 BKN250 24/23 A2989 RMK AO2 RAB00E15B42 SLP122 P0000 60001 70015 T02440233 10256 20244 53006

On retrouve des codes semblables aux groupes de code des synop, avec dans l'exemple ci-dessus la pression au niveau de la mer, les précipitations (sur 6h et sur 24h), la t° actuelle et le Td, la Tx (sur 6h) et la Tn (sur 6h). On y trouve aussi, lorsque c'est nécessaire, la couche de neige au sol, la rafale de vent max sur 1h, etc...

J'ai donc développé un décodeur de METARs qui réponde à mes besoins pour exploiter toutes ces infos et palier aux manques de messages synops. Voici le résultat des mes premières expérimentations.

Voici à quoi ressemble la feuille de données où sont fusionnés les synops et METARs décodés, j'obtiens un joli déroulé heure par heure, le matériau idéal pour faire de la climato:

72530_sample.png

(NB: on remarque la résolution d'environ 0.6°c des températures, qui correspond à un pas d'1°F, les américains travaillant en °F et sans décimale).

Ce n'est qu'un début, car j'expérimente à présent une fiche sans aucun synop, dont la source n'est constituée à 100% que de METARs, ce qui ouvre pour moi de très larges perspectives aux Etats Unis.

 

Chicago, donc, est une énorme ville - la 3e des Etats Unis -, avec une population totale de 9.5 millions d'habitant sur toute l'agglomération. Elle est à 1190kms de New York et 650kms de Kansas City:

72530_map0.jpg

 

La station de l'aéroport de O'Hare est à 27kms du centre ville et 22kms du lac Michigan.

72530_map1.jpg

 

Elle est bien dégagée, à l'écart des surface bétonnées. Ici une vue vers le nord.

72530_map2_N.jpg

 

72530_Chicago_A_v7_20.png

 

C'est un climat continental à étés chauds, avec un minimum de RR hivernal bien visible mais peu marqué. Le maximum de RR est un peu décalé vers le printemps, qui est la saison où les conflits méridiens sont les plus forts.

 

Chicago est surnommée "the Windy City", mais c'est au final la moins ventée de toutes les villes Américaines déjà vues dans ce fil (New York, Kansas City, Denver et Dallas). Mais si l'on compare aux climats d'Europe continentale alors là oui, Chicago est ventée, et c'est en fait la rareté des situations de vent calmes qui est marquante.

Et puisqu'on en parle, voici les roses des vents. En hiver c'est la composante ouest qui domine, avec des oscillations entre le sud-ouest doux et le nord ouest froid.

Puis au printemps et en été avec le ralentissement du jetstream le froid vient plutôt du nord-est, et on retrouve une alternance de flux de NE/SO que je ne saurait expliquer, ne connaissant pas trop les synoptiques habituelles sur le continent américain.

72530_Chicago_C_v7_20.png

 

 

Les tableaux horaires laissent entrevoir que la majorité des vents de NE pourraient n'être que des brises dues à l'influence lointaine du lac, vu que l'on a une alternance diurne des directions prévalentes.

72530_Chicago_B_v7_20.png

 

 

Voici l'hiver 2009-2010, le seul depuis 15ans à être la fois proche des normales de t° (tn +0.2°c, tx -1.2°c) et de RR (-6.5%).

C'est au final un hiver moyen en tout, sans grand froid - aucune tn < -20°c - et sans grand redoux - après le 01/12 les 10°c ne seront jamais dépassés. Il ne montre donc pas d'écart de t° très spectaculaires mais ça reste changeant, souvent neigeux, et avec des refroidissement éoliens marqués.

72530_DEC09_FEB10.png

 

 

Je vous ai dit que le printemps est mouvementé, voici deux exemples de mois d'avril.

- Avril 2008 est "standard", avec un bilan très normal et des variations de t° classique, entre premières chaleurs et derniers gels.

- Avril 2002 est lui aussi proche des normes, mais juxtapose une vague de chaleur exceptionnelle avec du vraiment froid pour la saison. Un exemple caricatural, c'est un peu l'image d'épinal que l'on se fait du climat continental nord-américain.

72530_APR08_APR02.png

 

 

Enfin l'été 2007, proche des normales de t° (tn +0.6°c, tx +0.4°c) mais excédentaire (+25%) en RR en raison d'un mois d'aout bien arrosé.

Si la chaleur est souvent présente, elle peine à dépasser 35°c - certaines années ne dépassent pas 33°c. Par contre les pics de chaleurs sont marqués par une atmosphère subtropicale avec des Tn et des Td élevés.

Mais entre ces épisodes on connait beaucoup de journées d'été avec une chaleur et une humidité modérées qui ressemblent à nos journées d'été en France, ce n'est donc pas l'enfer tropical en permanence.

Et bien sur les orages américains ne faillissent pas à leur réputation: j'en dénombre 24 jours sur ces 3 mois d'été, avec souvent des lames d'eau copieuses et de bonnes rafales de vent.

72530_JUN_AUG07.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

Modifié par mottoth
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Merci pour cette dernière fiche de Chicago, on retrouve un climat bien continental qui ressemble à celui de Kansas City en plus septentrional, donc plus froid, on perd plus de 2°C sur la Tm annuelle.

Comme à Kansas City, on retrouve un excellent ensoleillement, 2500 h, c'est bien plus proche de nos climats méditérranéens européens que les climats européens de transition 'océanico-continental' qui sont souvent à une latitude plus élevée, c'est vrai.

Si on compare avec New York à une latitude proche, on constate que c'est surtout sur la Tm de janvier que se situe la différence avec une chute de 4°C sur une distance de 1190 km. Le régime pluviométrique y est assez différent aussi, beaucoup plus uniforme suivant les différents mois de l'année

Difficile de comparer avec les climats continentaux eurasiatiques, en Asie centrale, les climats avec une telle amplitude themiques à la même latitude sont souvent très secs, les climats humides sont bien plus au nord comme à Omsk par exemple avec logiquement une amplitude thermique annuelle bien plus élevée. Il n'y a guère qu'Almaty qui ressemble un peu mais avec tout de même beaucoup moins de précipitations et une sécheresse estivale inconnue à Chicago.

Pas mal, la chute de température entre le 18 et le 21 avril 2002, la Tx passe de 31,7 à 5,6 en 3 jours, on passe de la chemisette à la doudoune ! Il ne faut pas sortir les géraniums trop tôt là-bas !

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#205. Chicago.

Elle est bien dégagée, à l'écart des surface bétonnées.

Moui, enfin bel effet urbain quand même : la station est certes bien dégagée (si l'on ne considère que la seule échelle très locale - càd l'emplacement même de l'appareillage météo).

Mais si l'on tient compte de l'environnement urbain (et il faut le faire) avoisinant, on ne peut que constater l'étendue démesurée de l'agglomération de Chicago (la population de la banlieue de cette ville est passée de 2 millions à plus de 6 millions d'habitants entre 1950 et 2012 !) : à l'est de l'aéroport, la ville elle-même, énorme ; les zones résidentielles incroyablement étendues au nord et au sud de l'aéroport ; la grande zone industrielle ultra-bétonnée de Elk Grove Village jouxtant l'aéroport à l'ouest, sans compter les étendues résidentielles par-delà de cette zone industrielle ; et enfin, the last but not the least (!), le site de l'aéroport lui-même comprenant au bas mot au moins 50% des surfaces bétonnées (entre les pistes, les aérogares, les parkings, les bâtiments, etc...) !

Bref, pardon de rectifier ton propos, mais je dirais au contraire que cette station est extrêmement urbanisée !

Pour preuve la hausse de 2°C entre 1961-90 et 2000-2015 en janvier, et de plus de 1,5°C en juillet !

Pour comparaison, à l'aéroport de Québec (soumis à une faible urbanisation), les hausses n'ont été que de l'ordre de 0,5 à 1°C en janvier et à peine 0,5°C en juillet durant les mêmes périodes.

Je reviendrai plus tard pour des compléments d'analyse à cette fiche très intéressante, encore une fois.

smile.png

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