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Climats du monde

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#248. Woomera.

 

On s'enfonce aujourd'hui dans l'Outback Australien vers Woomera, à 450kms d'Adelaide, 865kms d'Alice Springs et 205kms de l'océan.

94659_map0.jpg

 

Woomera désigne à la fois un champ de tir de l'armée Australienne grand comme l'Angleterre (120 000km²), une base de la RAAF, et le hameau voisin de la base (120h à 500h selon les manœuvres en cours). C'est donc une région quasiment inhabitée, très plane, constituée de plaines poussiéreuses et de lacs salés plus ou moins asséchés.

94659_map1.jpg

 

La station est sur la base aérienne, à environ 5km du hameau. Vue vers le sud-est:

94659_map2_SE.jpg

 

94659_Woomera_A_v7_31.png

 

Le régime pluviométrique est la transition parfaite entre le maximum d'hiver de type océanique de Adelaide et le maximum d'été de type tropical de Alice Springs. Mais aucun des deux type de précipitations (tropicales en été et tempérées en hiver) n'arrive avec suffisamment de constance et de vigueur ici, si bien que l'on retrouve un climat aride typique des ceintures subtropicales continentales. Certes ce n'est pas aussi aride qu'au Sahara, qui est le meilleurs exemple de cette zone climatique, mais les RR annuelles se situent tout de même assez nettement (40%) sous le seuil d'aridité fixé par Köppen.

Je parlerais donc d'un climat Aride Subtropical Chaud.

Notez la txx de 48.1°c, ça commence à être remarquable !

 

Malgré l’éloignement de l'océan on retrouve des flux saisonniers qui reflètent grandement les échanges de chaleur entre océan et continent: flux océanique majoritaire en été lorsque le continent est surchauffé, et situation inverse en hiver. En hiver on retrouve aussi une signature du zonal tempéré avec de fréquents vents d'Ouest à Sud-ouest.

94659_Woomera_C_v7_31.png

 

Comme déjà vu maintes fois, le brassage diurne des basses couches atmosphériques engendre une chute du Td durant les heures les plus chaudes.

94659_Woomera_B_v7_31.png

 

 

Voici un hiver normal avec quelques petites pluies d'origine tempérée. Elle sont si peu fréquentes qu'il n'est pas anormal d'avoir un mois quasiment sec comme ici en juillet. Dès le mois d'aout les t° remontent déjà avec les premiers coups de chaleurs sèches continentales.

94659_JUN_AUG03.png

 

 

Le printemps est une saison thermiquement contrastée, où l'hygrométrie peut tomber remarquablement bas: dans les données horaires j'ai remarqué plusieurs épisodes où le Td passe sous le seuil mesurable (environ -50°c), avec des HR pour ainsi dire nulles (<0.1%).

Voici un mois d'octobre typique, avec de grandes variations d'un jour à l'autre.

94659_OCT07.png

 

 

Enfin voici un été normal (tn -0.2°c, tx +0.1°c, RR +5mm). Le gros des RR tombe en quelques heures le 11/12 lors d'une dégradation venue du nord.

Cela reste assez variable, mais néanmoins les variations d'un jour à l'autre se font plus douces: contrairement aux villes côtières les vagues de chaleurs sont ici bien plus durables, la chaleur peut rester 2 semaines alors qu'à Adelaide elle se fait déloger au bout de 3 ou 4 jours maximum.

94659_DEC08_FEB09.png

 

Voilà, c’était Woomera !

 

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#249. Kalgoorlie.

 

On fait un bond de 1465kms vers l'ouest: Kalgoorlie est un centre minier de 31 000h, principalement centré sur l'extraction de l'or.

Perth est à 535kms, Alice Springs à 1450kms, et l'océan à 335kms.

94637_map0.jpg

 

La région est assez rugueuse mais sans relief notable pour autant.

94637_map1.jpg

 

Vue vers le nord. La station est sur l'aéroport, à 4.5kms du centre ville et 5kms de la plus grande mine:

94637_map2_N.jpg

 

94637_Kalgoorlie_A_v7_31.png

 

Ce régime pluviométrique est assez surprenant: il est plus proche de celui de Alice Springs que de celui de Perth, pourtant bien plus proche.

Le pluies hivernales océaniques, pourtant copieuses à Perth, n'arrivent que de manière très atténuée ici. En revanche l'instabilité d'origine tropicale pénètre en été beaucoup plus facilement ici qu'à Woomera, pourtant quasiment à la même latitude. Et ce sont ces précipitations d'origine tropicale qui empêchent Kalgoorlie de tomber dans le domaine aride, alors qu'en regard de la position géographique j'aurais plutôt parié sur les pluies tempérées hivernales.

 

Nous avons donc un climat Semi-Aride subtropical, au final très similaire à celui de Alice Springs qui est pourtant 7° plus au nord. (NB: le seuil de Köppen entre aride et semi-aride n'est dépassé que de 4mm sur les données 2000-2015).

Il faut regarder la distance par rapport aux eaux tropicales les plus proches pour comprendre cette similarité entre Kalgoorlie et Alice Springs: si on prend la direction NNO depuis Kalgoorlie, le bassin de l'Australie du Nord-ouest de l'Océan Indien est à environ 1200km. Depuis Alice Springs ce même bassin se trouve dans la même direction à une distance similaire (1100kms)... l'humidité tropicale océanique issue de ce bassin a donc la même distance continentale à parcourir pour toucher Alice Springs ou Kalgoorlie.

 

Les vents dominants sont inversés suivant l'hiver ou l'été: en été ils correspondent à la position d'une dépression statistique centrée sur le coeur de l'Australie (Pm=1006.4 hPa à Alice Springs en janvier), et en hiver c'est le contraire avec des hautes pressions continentales (Pm=1022 hPA à Alice Springs en juillet).

94637_Kalgoorlie_C_v7_31.png

 

Sur les stats horaires, c'est du grand classique avec le creux diurne de Td. Il y a par contre une particularité qui était aussi présente à Woomera: durant la saison chaude le vent nocturne est aussi fort que le vent diurne, c'est assez rare pour être souligné.

94637_Kalgoorlie_B_v7_31.png

 

 

Voici un hiver normal (tn -0.1°c, tx +0.1°c, RR -1mm).

Les pluies hivernales sont sporadiques et pas très copieuses. Comme à Woomera le mois d'aout voit déjà arriver les premiers coup de chaleur sèche.

94637_JUN_AUG13.png

 

 

Ce n'est pas surprenant, le printemps est très contrasté, comme sur cet exemple en octobre 2004.

94637_OCT04.png

 

 

Voici le même été que celui présenté pour Woomera, 2008-2009, un peu plus chaud ici mais parfaitement normal sur les RR (+0.5°c sur les tn et les tx, 0 mm de déviation sur les RR).

Le temps peut y être sensiblement différent qu'à Woomera: fin janvier on est sous la fraicheur humide subtropicale alors qu'à Woomera règnent des conditions chaudes et sèches. Les dégradations estivales sont plus prononcées ici, avec des tx parfois remarquablement basses comme le 11/12.

94637_DEC08_FEB09.png

 

 

Un dernier exemple avec un mois de février extrême: une vague de fraicheur remarquable vient mettre l'été en pause pendant 3 jour avec des tx d'à peine 15°c, soit 17°c sous les normales ! J'ai retrouvé de telles tx en janvier et mars également, je vous laisse consulter les txn du tableau principal de données.

94637_FEB08.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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Merci pour ces dernières fiches, passionnant !

Concernant les pluies estivales (surtout à Kalgoorlie), elles paraissent assorties de fortes baisses de température, le jour même ou les jours qui suivent, ne sont-elles pas dues à des perturbations tempérées avec descentes d'air polaire plutôt que d'origine tropicale ? Cela parait paradoxal mais il faut se rappeler que nous sommes dans l'hémisphère sud et que le continent Antarctique, très froid même en été, est capable d'alimenter copieusement en air polaire des perturbations descendant assez loin vers l'équateur.

En fait je pense que ces climats sont assez proches de celui de Tozeur (étudié dans ce fil) à la différence près de ces épisodes pluvieux (et rafraîchis) estivaux quasiment inexistants dans les stations d'Afrique du Nord. A la différence de l'hémisphère sud, la réserve d'air polaire estivale dans l'hémisphère nord semble insuffisante pour alimenter des perturbations descendant aussi loin vers l'équateur.

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Je pense qu'Yves fait là une remarque très pertinente. En effet, les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie sont presque toujours associées à un refroidissement assez sensible. Elles ne sont nullement d'origine tropicale. Ou en tout cas, quasiment pas. Ni à Woomera, d'ailleurs.

D'ailleurs, à cette latitude (près de 31°S) correspondant à une latitude de 35°N environ (ramenée à la valeur climatiquement équivalent en hémisphère nord), les influences tropicales sont quasi nulles.

En fait, je pense que cet accroissement des précipitations estivales est dû à l'augmentation de la convection thermique, elle-même étant responsable de l'affaissement de la subsidence (au niveau du sol) de la cellule anticyclonique subtropicale. Ce qui, par conséquent, permet l'incursion de quelques perturbations d'origine tempérées jusque là.

Ces pluies estivales sont donc le résultat d'une certaine continentalité.

Par ailleurs, sur cette carte, on peut aisément voir que les pluies d'influence tropicale se produisent nettement plus au nord (environ 500 km) :

p50-November-January.png

Je vous reviendrai plus tard avec les indices..

À bientôt.

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S'agissant de Kalgoorlie :

- indice hydrique estival (Ihe) = -29 (sécheresse estivale du niveau de celle de Marseille)

- indice hydrique annuel (IhA) = -65 => exactement à la limite entre aride et semi-aride (limite de la xéricité : 0 ; limite de la semi-aridité : -45 ; limite de l'aridité : -65 ; limite du climat désertique : -90 ; limite de l'hyper-aridité : -120).

Indice de subtropicalité : E = 16000 tout rond, soit pas mal au-dessus de la limite fixée à 11000.

(À savoir qu'à Esperance, sur la côte à 340 km au sud, E vaut 10480.

À Perth, E = 9990 (la subtropicalité n'est pas tout à fait atteinte là-bas)).

Indice de continentalité : 0,45 => continentalité modérée

Assez surprenant de voir cette couverture quasi-forestière, malgré ce niveau d'aridité !

Mais il faut préciser que ce sont des arbres très spécifiques, des Eucalyptus salmonophloia, capables de résister en sol drainé (sans être au bord d'un oued) à des précipitations aussi faibles que 500 à 250 mm par an, par des Tm annuelles de 15 à 21°C !

bigstock-Kalgoorlie-landscape-Western-A-35263883.jpg

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Assez surprenant de voir des arbres dans un milieu aussi sec. Moi,je trouve un indice de 7 (indice De Martonne), ce qui donne un climat tempéré semi-aride a été très long.

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Concernant les pluies estivales (surtout à Kalgoorlie), elles paraissent assorties de fortes baisses de température, le jour même ou les jours qui suivent, ne sont-elles pas dues à des perturbations tempérées avec descentes d'air polaire plutôt que d'origine tropicale ? Cela parait paradoxal mais il faut se rappeler que nous sommes dans l'hémisphère sud et que le continent Antarctique, très froid même en été, est capable d'alimenter copieusement en air polaire des perturbations descendant assez loin vers l'équateur.
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Je pense qu'Yves fait là une remarque très pertinente. En effet, les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie sont presque toujours associées à un refroidissement assez sensible. Elles ne sont nullement d'origine tropicale. Ou en tout cas, quasiment pas. Ni à Woomera, d'ailleurs.

D'ailleurs, à cette latitude (près de 31°S) correspondant à une latitude de 35°N environ (ramenée à la valeur climatiquement équivalent en hémisphère nord), les influences tropicales sont quasi nulles.

Sur ce coup là, on est pas du tout d'accord. Je vous propose de jeter un coup d'oeil à quelques situations synoptiques associées à des precipitations estivales. Je vais me contenter de celles qui figurent dans les exemples postés ci-dessus, car je ne suis pas chez moi et n'ai pas accès à l’intégralité de mes données.

 

1. Dégradation des 10 et 11/12/2008, qui concerna Woomera (47mm) et Kalgoorlie (25mm).

On voit clairement une dépression subtropicale sur l'Australie continentale, tandis que le rail perturbé d'origine polaire est loin sur le pacifique sud:

IDX0102.200812101200.gifIDX0102.200812111200.gif

 

 

2. Dégradation du 27/01 au 28/01/2009 (66mm à Kalgoorlie).

Le 26/01 on voit bien anticyclone centrée sur la Tasmanie qui est responsable de la poussée de chaleur sur l'Australie du sud. 2 systèmes perturbés s'approchent de Kalgoorlie:

- le cyclone Dominic

- un front froid issu du front polaire

IDX0102.200901261200.gif

 

Mais les 27 et 28/01 c'est finalement l'ex-cyclone qui s'impose comme l'acteur majeur dans l'ouest de L'Australie, tandis que l'agitation en relation avec le front polaire reste campée loin sur l'océan:

IDX0102.200901271200.gifIDX0102.200901281200.gif

 

 

3. Dernier exemple: la dégradation du 19 au 21/02/2008, accompagnée d'une fraîcheur exceptionnelle à Kalgoorlie (62mm de RR).

Encore une fois on a un cyclone dans le coup ("Nicholas"), et ce système vient doper les basses pressions sur l'Australie continentale pendant qu'une ceinture de HP rejette le front polaire loin au sud.

3570271821FEB2008.gif

 

Si les dégradations peuvent être aussi fraîches, c'est parce que l'air frais océanique est facilement rabattu sur les franges sud des dépressions continentales. Mais celles-ci restent très majoritairement d'origine tropicales ou subtropicales.

 

PS: si vous voulez approfondir, les cartes sont archivées ici sur le site du BOM: http://www.bom.gov.au/australia/charts/archive/

 

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Merci mottoth pour ces dernières précisions, il semble donc bien que les pluies d'été de Kalgoorlie et Woomera soient effectivement des incursions de perturbations tropicales et non tempérées, les baisses de température constatées à l'occasion des pluies ne sont dues qu'à l'humidité et à la nébulosité que ces perturbations apportent, et non pas à l'air polaire. Du coup,ces climats se démarquent vraiment des climats du nord de l'Afrique qui semblent ressembler.

Contrairement à l'Afrique, l'Australie n'est pas un continent suffisamment vaste pour qu'il y ait une vraie barrière aride infranchissable entre les domaines tempéré et tropical.

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Sur ce coup là, on est pas du tout d'accord. Je vous propose de jeter un coup d'oeil à quelques situations synoptiques associées à des precipitations estivales.

1. Dégradation des 10 et 11/12/2008, qui concerna Woomera (47mm) et Kalgoorlie (25mm).

On voit clairement une dépression subtropicale sur l'Australie continentale, tandis que le rail perturbé d'origine polaire est loin sur le pacifique sud:

IDX0102.200812101200.gifIDX0102.200812111200.gif

2. Dégradation du 27/01 au 28/01/2009 (66mm à Kalgoorlie).

Le 26/01 on voit bien anticyclone centrée sur la Tasmanie qui est responsable de la poussée de chaleur sur l'Australie du sud. 2 systêmes perturbés s'approchent de Kalgoorlie:

- le cyclone Dominic

- un front froid issu du front polaire

IDX0102.200901261200.gif

Mais les 27 et 28/01 c'est finalement l'ex-cyclone qui s'impose comme l'acteur majeur dans l'ouest de L'Australie, tandis que l'agitation en relation avec le front polaire reste campée loin sur l'océan:

IDX0102.200901271200.gifIDX0102.200901281200.gif

3. Dernier exemple: la dégradation du 19 au 21/02/2008, accompagnée d'une fraîcheur exceptionnelle à Kalgoorlie (62mm de RR).

Encore une fois on a un cyclone dans le coup ("Nicholas"), et ce système vient doper les basses pressions sur l'Australie continentale pendant qu'une ceinture de HP rejette le front polaire loin au sud.

3570271821FEB2008.gif

Si les dégradations peuvent être aussi fraîches, c'est parce que l'air frais océanique est facilement rabattu sur les franges sud des dépressions continentales. Mais celles-ci restent très majoritairement d'origine tropicales ou subtropicales.

PS: si vous voulez approfondir, les cartes sont archivées ici sur le site du BOM: http://www.bom.gov.au/australia/charts/archive/

Merci mottoth pour ces dernières précisions, il semble donc bien que les pluies d'été de Kalgoorlie et Woomera soient effectivement des incursions de perturbations tropicales et non tempérées, les baisses de température constatées à l'occasion des pluies ne sont dues qu'à l'humidité et à la nébulosité que ces perturbations apportent, et non pas à l'air polaire. Du coup,ces climats se démarquent vraiment des climats du nord de l'Afrique qui semblent ressembler.

Contrairement à l'Afrique, l'Australie n'est pas un continent suffisamment vaste pour qu'il y ait une vraie barrière aride infranchissable entre les domaines tempéré et tropical.

Yves et Mottoth, je crains vraiment que vous ne fassiez fausse-route.

Il n'y a qu'un point sur lequel je me dois de rectifier mes propos initiaux : en effet, j'avais dit un peu trop vite (dans la précipitation) que les pluies estivales n'étaient « nullement d'origine tropicale ».

Or il est vrai que la majorité des précipitations estivales à Kalgoorlie sont bien issues de systèmes dépressionnaires initialement d'origine tropicale, effectivement...

Seulement voilà, tout comme c'est le cas pour les systèmes dépressionnaires cycloniques de l'Atlantique, ces fameux cyclones tropicaux qui, en remontant le long de la côte est américaine, perdent peu à peu leurs caractéristiques tropicales.

En effet, une fois arrivé sur le continent nord-américain (typiquement au nord des 32ème - 35ème parallèles), le système cyclonique peut :

1/ rejoindre la circulation dépressionnaire d'ouest des latitudes tempérées, en attirant vers lui le front froid et l'air polaire par la même occasion.

2/ s'évanouir à l'intérieur du continent et prendre la place des dépressions thermiques estivales centrées sur le sud surchauffé des Etats-Unis, en attirant parfois l'air polaire qui finit par s'incruster suffisamment loin vers le sud.

Dans le sud-ouest de l'Australie (comme à Kalgoorlie), c'est précisément ce deuxième point qui se produit visiblement assez fréquemment.

En effet, lors de ces perturbations engendrant des précipitations décidément bien fraîches ou bien des précipitations encore chaudes mais rapidement suivies d'un temps nettement plus frais à l'arrière, il ne peut en aucune façon s'agir d'une simple advection d'un air marin aussi froid qui ferait toujours partie intégrante de la masse d'air tropicale ou subtropicale. Non, dans ces situations-là, c'est bel et bien l'air polaire maritime qui déferle sur Kalgoorlie !

Car en plein été, par 31° de latitude, dans une région globalement très chaude l'été, il est impossible que lorsque les conditions sont les suivantes : T de l'ordre de 10 (!) à 15-18°C (avec Td de 5 à 12-13°C) en pleine journée (!), qu'il pleuve ou qu'il ait plu, il est impossible que ces conditions correspondent à une masse d'air subtropicale. Impossible !

La température de l'océan ? impossible également, puisque tout le long de la côte sud de l'Australie (Victoria et Tasmanie exclues), la température de l'océan avoisine les 20°C en janvier-février, et même souvent un peu plus.

Par ailleurs, il suffit - pour s'en convaincre - de regarder les cartes de masses d'air (facilement repérables par la température potentielle équivalente à 850 hPa, appelée

θe) que la coupure entre l'air polaire (15°C < θe < 42°C) et l'air subtropical (42°C < θe < 63°C).

Sur les cartes de Wetterzentrale, la masse d'air polaire présente donc les teintes allant du bleu marine au vert, et la masse d'air subtropicale du jaune à l'orange. Les teintes orange foncé à roses correspondent à la masse d'air tropicale, alors que les teintes bleu profond à violet représentent l'air arctique (ou antarctique).

Voici un exemple actuel (cliquez sur "Bodendruck Pot Aquv Temp") :

http://www.wetterzentrale.de/topkarten/fsavnaus.html

Or, même l'été, la masse d'air polaire inonde parfois le sud (le sud-ouest) de l'Australie, provoquant ces refroidissements spectaculaires. Vous le verrez dans 1 mois...

Il faut savoir que les précipitations issues d'un système tropical n'engendrent aucun refroidissement marqué, la masse d'air postérieure restant tropicale (si humide) voire subtropicale (avec une advection d'air sec et chaud). Ces situations se produisant fréquemment dans le nord voire le centre de l'Australie, mais pas dans le sud. Ou en tout cas, beaucoup plus rarement.

La carte des précipitations estivales que j'avais postée l'autre jour devrait également vous "mettre la puce à l'oreille", à savoir que l'augmentation de ces précipitations en allant vers le sud correspond justement à une nette augmentation du rapport : quantités de précipitations issues de systèmes frontaux / celles issues de systèmes tropicaux.

Les exemples que tu as décris, Mottoth, correspondent justement à ces advections d'air polaire maritime sur Kalgoorlie, advections induites par des systèmes dépressionnaires effectivement subtropicaux ou initialement tropicaux (les cyclones).

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Voica la phrase qui m'avait fait le plus réagir: "les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie (...) ne sont nullement d’origine tropicale."

En effet, les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie sont presque toujours associées à un refroidissement assez sensible. Elles ne sont nullement d'origine tropicale. Ou en tout cas, quasiment pas. Ni à Woomera, d'ailleurs.

A part peut-être un problème de vocabulaire (sur le mot "origine"?), il faut bien reconnaitre que l'humidité et les dépressions à l'origine des pluies estivales de cette région sont bien d'origine tropicale, et plus précisément du bassin de l'Australie du nord-ouest, dans l'océan indien. Ce qui n'est pas d'origine tropicale c'est l'air froid rabattu sur le flanc sud de ces dépressions qui en effet s'extratropicalisent en approchant la côte sud du continent, et qui donnent un type de temps effectivement en rien tropical dans des retours d'est gris et frais que l'on pourrait comparer aux retours d'est que l'on connait parfois en France.

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Voica la phrase qui m'avait fait le plus réagir: "les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie (...) ne sont nullement d’origine tropicale."

A part peut-être un problème de vocabulaire (sur le mot "origine"?), il faut bien reconnaitre que l'humidité et les dépressions à l'origine des pluies estivales de cette région sont bien d'origine tropicale, et plus précisément du bassin de l'Australie du nord-ouest, dans l'océan indien. Ce qui n'est pas d'origine tropicale c'est l'air froid rabattu sur le flanc sud de ces dépressions qui en effet s'extratropicalisent en approchant la côte sud du continent, et qui donnent un type de temps effectivement en rien tropical dans des retours d'est gris et frais que l'on pourrait comparer aux retours d'est que l'on connait parfois en France.

Oui, c'est ce que j'ai dit hier, à savoir qu'effectivement, j'étais allé beaucoup trop vite en besogne pour affirmer que les pluies estivales se produisant à Kalgoorlie n'étaient soi-disant « nullement d'origine tropicale ».

Oui, l'origine de la plupart des dépressions est effectivement tropicale, ou « pseudo-tropicale » (càd des dépressions thermiques formées sur le continent). L'humidité associée souvent, oui, mais pas tout le temps.

Mais dès lors qu'une masse d'air froid vient en embuscade derrière un front (un front froid, en l'occurrence), on ne peut plus - selon moi - parler de perturbation tropicale. C'est ce que je voulais dire. Ne crois-tu pas ?

D'ailleurs, les fronts froids associés ne sont bien souvent que trop partiellement représentés sur le site du BOM. En effet, il aurait peut-être été utile qu'ils soient prolongés un peu plus vers le nord. Car, et je le répète, il s'agit bien de la masse d'air polaire qui s'incruste derrière.

Je pense donc que, pour ces cas-là, bien que les systèmes dépressionnaires concernant Kalgoorlie en été soient effectivement (tu as raison) très souvent (quoique pas tout le temps) d'origine tropicale (ou « pseudo tropicale » pour les dépressions thermiques formées sur le continent australien), il n'en demeure pas moins que le simple fait que les précipitations soient engendrées par des perturbations induites par le déferlement d'une masse d'air polaire à l'arrière, cela implique qu'on ait bien affaire à une perturbation de type « classique » des systèmes tempérés.

Cela étant dit, on constate qu'il se produit également à Kalgoorlie une bonne part de précipitations (estivales) issues intégralement de systèmes tropicaux ou « pseudo-tropicaux », sans aucune advection d'air polaire ; en somme, des perturbations de type tropical.

Mais je pense que nous sommes parfaitement d'accord sur le principe et sur l'analyse des phénomènes en cause, la seule divergence ne provenant sans doute que d'une question de nomenclature. Non ?

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La où j'insiste sur "l'origine tropicale", c'est que sans cet apport d’énergie le temps resterais beaucoup plus stable et sec malgré le passage de quelques queues de fronts froids polaires en été. Les incursions tropicales sont décisives en cette saison, et elles modulent grandement le régime de RR annuel, et pour cette raison le climat de Kalgoorlie est pleinement subtropical, variante aride/semi-aride bien sur.

Je suis en train de travailler sur une fiche pour Esperance, environ 300kms plus au sud sur la côte. Je pense qu'on y trouvera des différences notables... on verra, je commence à peine. Rdv jeudi, d'ici là je n'aurais pas le temps de poster une nouvelle fiche.

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La où j'insiste sur "l'origine tropicale", c'est que sans cet apport d’énergie le temps resterais beaucoup plus stable et sec malgré le passage de quelques queues de fronts froids polaires en été. Les incursions tropicales sont décisives en cette saison, et elles modulent grandement le régime de RR annuel

Je suis d'accord avec ça. Avec la petite précision suivante : si les masses d'air polaires ne parvenaient pas à s'engouffrer, attirées par ces systèmes d'origine tropicale et « pseudo-tropicale », les précipitations estivales seraient dans ce cas-là également beaucoup plus faibles. Il y a donc bien, à mon avis, une sorte de couplage entre ces deux mécanismes.

Dirons-nous que, pour résumer, les influences tempérées/polaires se mêlent aux origines tropicales (ou « pseudo-tropicales ») des perturbations estivales pour amplifier la lame des précipitations de cette saison.

Et effectivement, le climat y est pleinement subtropical principalement pour ces raisons que tu as énoncées.

(J'ai trouvé cette discussion très intéressante.)

Hâte de voir la fiche d'Esperance... smile.png

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Hâte de voir la fiche d'Esperance... smile.png

Et bien enchainons:

 

#250. Esperance.

 

Je voulais faire une étape le long de la côte sud Australienne, je visais dans un premier temps Eucla, minuscule bourgade côtière à mi chemin entre Woomera et Kalgoorlie, mais finalement Esperance dispose de meilleures données et d'un climat assez similaire malgré son positionnement 700kms plus à l'ouest. Nous sommes à 340kms de Kalgoorlie et 590kms de Perth:

94638_map0.jpg

 

La plaine côtière s'élève en pente très douce vers l’arrière pays, je n'ai pas vu de relief notable dans les environs:

94638_map1.jpg

 

Vue vers l'ouest. La station météo est un peu enclavée au milieu de végétation, à 1.9kms de l'océan:

94638_map2_W.jpg

 

94638_Esperance_A_v7_31.png

 

On retrouve un régime pluviométrique inversé par rapport à celui de Kalgoorlie, seulement 340kms plus au nord. Les pluies hivernales d'origine polaire fournissent un bon arrosage, qui permet de sortir largement du domaine semi-aride, alors que Kalgoorlie reçoit 4.5 fois moins d'eau durant cette saison.

En été la différence est moins flagrante: Esperance reçoit seulement 20 ou 25% d'eau en moins, ce qui est logique: elle est un peu plus à l'écart des conflits entre air polaire et air tropical/subtropical qui se déroulent sur le continent.

 

Comme à Melbourne on retrouve des txx sans aucune mesure avec le niveau de chaleur moyen, et je trouve qu'ici les coups de chaleurs sont encore plus brefs, au sein de températures souvent plus monotones que dans le sud-est de l'Australie. Je trouve à nouveau une bonne comparaison de la saison estivale avec le Maghreb, et notamment les côtes Atlantiques du sud du Maroc: dans cette zone (Agadir, Essaouira, Laayoune...) les Txm estivales sont proches de 25°c et montrent une grande monotonie bien régulée par les brises marines, mais des coups de chaleurs spectaculaires surviennent quelques jours par an, avec des tx qui peuvent atteindre la fourchette de 45°-50°c, tout comme ici.

 

Les roses des vents confirment la grande prédominance du vent marin en été, tandis qu'en hiver le zonal prend une composante continentale de nord-ouest.

94638_Esperance_C_v7_31.png

Regardez ci-dessus comment le basculement du vent au nord affole le thermomètre en janvier: à 6hTU (soit 15h locale), ce vent donne généralement des t° supérieures de 15°c à la normale !

 

Les tableaux horaires montrent une tendance aux entrées maritimes en fin de nuit durant l'été, ce qui confirme le rôle prépondérant du milieu marin durant cette saison et explique la modération des tx moyennes:

94638_Esperance_B_v7_31.png

 

 

Voici l'hiver 2001, arrosé normalement (+4%) et sans excès de températures (tn 0°c, tx +0.2°c)

On retrouve de longues séquences de beau temps comme à Adelaide. Les coups de frais ne sont pas très vigoureux, le gel est inconnu ici.

94638_JUN_AUG01.png

 

 

Un petit mois d'octobre: 2004, sec mais avec des t° proches des normales. Ce qui n'empêche pas un bon coup de chalumeau le 19:

94638_OCT04.png

 

 

Enfin voici l'été 2011-2012: un peu chaud (tn +0.4°c, tx +0.3°c) mais normalement arrosé (+12%).

Je vous parlais plus haut de la monotonie des températures: hors coup de chaud, les tx sont souvent comprises entre 20°c et 25°c.

94638_DEC11_FEB12.png

 

Voilà, c'est tout pour Esperance.

 

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#251. Charleville.

 

On quitte l'ouest Australien, où l'on reviendra "bientôt" pour finir l'exploration de l'Australie.

Retour à l'est donc, avec une des rare stations continentales qui dispose de bonnes données: Charleville, une "ville" de 3300h dans le Queensland, à 690kms de Brisbane, 950kms de Sydney et 1280kms de Alice Springs:

94510_map0.jpg

 

C'est un paysage typique de l'Outback Australien, sans relief notable:

94510_map1.jpg

 

La station est sur l'aérodrome, à 2kms du centre-village:

94510_map2.jpg

 

94510_Charleville_A_v7_31.png

 

On retrouve un climat subtropical semi-aride, avec un net maximum pluviométrique en été. Les RR sont très irrégulières d'une année sur l'autre, notamment car cette zone commence à être vraiment sensible à l'ENSO.

Cette station est bien représentative du centre de l'Australie, on retrouve à peu près les même extrêmes qu'à Alice Springs, avec quelques gelées en hiver - certaines pouvant être à la limite du gel fort -, et des txx dans la fourchette 45°c - 48°c.

 

Les roses des vents font la part belle aux flux méridiens, mais il s'avère qu'en été les vents les plus chauds viennent de l'ouest, du coeur du continent:

94510_Charleville_C_v7_31.png

 

 

Il est curieux de voir comme la mécanique des brises diurnes ralenti le réchauffement sur certains mois après 0hTU (soit 10h du matin), et en même temps provoque la baisse du Td jusqu'à ce creux dans l'aprs-midi.

94510_Charleville_B_v7_31.png

 

 

Voici un hiver typique, 2008 (tn -0.3°c, tx -0.4°c, RR +17%). La chaleur est aussi fréquente que le gel, et hormis une poignée de journées pluvieuses c'est une saison très agréable:

94510_JUN_AUG08.png

 

 

Le mois d'octobre de la même année fut bien représentatif, avec les premières bonnes chaleurs, un peu d'instabilité, et des baisses d'hygrométrie marquées qui sont typiques en cette saison:

94510_OCT08.png

 

 

Voici l'été 2014-2015, très normal (tn 0°c, tx +0.2°c, RR +13%)

Le temps oscille entre canicule plus ou moins sèche et vagues pluvio-orageuses subtropicales marquées par une bonne moiteur.

94510_DEC14_FEB15.png

 

 

Enfin voici l'été 2010 qui fut marqué par des inondations dans le Queensland, et Charleville fit parti des villes inondées.

On avait alors une phase d'ENSO de forte Niña, réputée en effet apporter des précipitations plus fortes que la normale dans une large zone qui remonte loin au nord dans l'archipel Indonésien.

Cette séquence de janvier à mars fut la plus arrosée depuis au moins 2000 (308% de la moyenne 2000-2015), et aussi la plus fraiche.

Le déroulé de l'été est plutôt classique jusqu'à fin janvier, puis ensuite le mois de février fur marqué par l'invasion quasi-constante de l'air subtropical humide et "frais", avec une instabilité orageuse associée, tandis qu'en mars, entre 2 déluges, une masses d'air maritime plus stable et fraiche elle aussi est parvenue à subsister plus de 2 semaines sans être délogées par une autre synoptique.

Les pluies du 22/03 se sont produites sous les restes du cyclone Ului.

94510_JAN_MAR10.png

 

Voilà, c'est tout pour le moment.

 

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Et bien enchainons:

#250. Esperance.

Je voulais faire une étape le long de la côte sud Australienne, je visais dans un premier temps Eucla, minuscule bourgade côtière à mi chemin entre Woomera et Kalgoorlie, mais finalement Esperance dispose de meilleures données et d'un climat assez similaire malgré son positionnement 700kms plus à l'ouest. Nous sommes à 340kms de Kalgoorlie et 590kms de Perth:

La plaine côtière s'élève en pente très douce vers l’arrière pays, je n'ai pas vu de relief notable dans les environs:

Vue vers l'ouest. La station météo est un peu enclavée au milieu de végétation, à 1.9kms de l'océan:

94638_Esperance_A_v7_31.png

On retrouve un régime pluviométrique inversé par rapport à celui de Kalgoorlie, seulement 340kms plus au nord. Les pluies hivernales d'origine polaire fournissent un bon arrosage, qui permet de sortir largement du domaine semi-aride, alors que Kalgoorlie reçoit 4.5 fois moins d'eau durant cette saison.

En été la différence est moins flagrante: Esperance reçoit seulement 20 ou 25% d'eau en moins, ce qui est logique: elle est un peu plus à l'écart des conflits entre air polaire et air tropical/subtropical qui se déroulent sur le continent.

Merci pour ces dernières fiches de Esperance et Charleville

En fait, je pense que Esperance reçoit moins d'eau en été du fait de l'effet stabilisateur de l'océan et non de la moindre influence des conflits entre air polaire et air tropical/subtropical. Je dirai même qu'en été, Esperance étant plus proche du pôle, cette station est davantage exposée à ces conflits.

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En fait, je pense que Esperance reçoit moins d'eau en été du fait de l'effet stabilisateur de l'océan et non de la moindre influence des conflits entre air polaire et air tropical/subtropical. Je dirai même qu'en été, Esperance étant plus proche du pôle, cette station est davantage exposée à ces conflits.

Je pense que la zone de prédilection de ces conflits est le continent: les basses pressions continentales "aspirent" ces masses d'air antagonistes.

 

#252. Rockhampton.

 

Retour sur la côte est, avec Rockhampton, une ville de 80 000h située à 540kms de Charleville et 515kms de Brisbane:

94374_map0.jpg

 

C'est une ville de "l'arrière pays", comme on dit dans le sud de la France, située à 32kms de l'océan et séparée de lui par une petite chaine montagneuse (qui culmine vers 450m). C'est donc un milieu plutôt continental.

94374_map1.jpg

 

Vue vers l'ENE en direction de l'océan. La station est sur l'aéroport.

94374_map2_ENE.jpg

 

94374_Rockhampton_A_v7_31.png

 

On se rapproche des tropiques et pourtant cette ville est plus sèche que Brisbane, 500kms plus au sud. Ce climat subtropical connait une saison assez sèche un peu surprenante pour une ville située en façade est de continent, non pas qu'elle soit très sèche mais elle est assez longue.

 

La position en retrait de l'océan vaut à Rockhampton des txx bien plus hautes que Brisbane, la txx annuelle médiane est 5° plus haute ici... en fait Brisbane connait des txx vraiment modestes je trouve, elle est construite dans une zone peu favorable aux vent de terre.

 

Les vents dominants subissent le forçage de la côte et de la "Great Dividing Range", cette chaine de montagne modeste qui sépare les plaines côtières de l’intérieur du continent sur toute la façade est de l'Australie. On retrouve donc un vent de sud-est omniprésent, et quelques flux de nord chauds durant le "build-up", cette saison pré mousson qui correspond au printemps où la chaleur et l'humidité s'accumulent progressivement.

94374_Rockhampton_C_v7_31.png

 

94374_Rockhampton_B_v7_31.png

 

 

Voici l'hiver 2008, un peu frais mais normalement arrosé (tn -0.4°c, tx -0.7°c, RR +10%).

On retrouve les même type de temps qu'à Brisbane durant cette saison, avec de belles séquences de beau temps frais le matin qui dominent la saison, et des interludes subtropicaux chauds plus ou moins perturbés.

94374_JUN_AUG08.png

 

 

Voici le printemps 2003, bien proches des moyennes (tn 0+c, tx +0.6°c, RR -3%). Généralement très beau, avec des chaleurs de plus en plus fortes et de brève dégradations souvent orageuses. Le td monte lui aussi doucement, mais des coups de foehn continentaux se produisent régulièrement, accompagnant ou suivant les coup de chaleur.

94374_SEP_NOV03.png

 

 

Puis l'été, que l'on peut également appeler saison des pluies. Voici la saison 2002-2003 (tn 0°, tx +0.2°c, RR -2%, ENSO positive - Niño modéré).

Cette saison à priori normale montre en fait la grande irrégularité des précipitations: décembre et janvier sont secs (même en Td), et montrent le comportement attendu en phase de Niño déclaré.

Puis tout change en février, avec un Niño sur le déclin, et ce mois est humide et très arrosé. Une grande part du cumul de RR est cependant attribué au cyclone Beni, qui d’après sa page wiki a donné des inondations à Rockhampton dont la période de retour est de 4 ans (rien d'exceptionnel donc).

94374_DEC02_FEB03.png

 

 

Voici un autre exemple de mois impacté par un cyclone: janvier 2013, chaud et très arrosé en raison de la visite du cyclone Oswald. Ce cyclone a eu une trajectoire très atypique d'ailleurs, je vous recommande d'aller voir sa page wiki.

94374_JAN13.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, bon weekend !

 

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#250. Esperance.

Je trouve à nouveau une bonne comparaison de la saison estivale avec le Maghreb, et notamment les côtes Atlantiques du sud du Maroc: dans cette zone (Agadir, Essaouira, Laayoune...) les Txm estivales sont proches de 25°c et montrent une grande monotonie bien régulée par les brises marines, mais des coups de chaleurs spectaculaires surviennent quelques jours par an, avec des tx qui peuvent atteindre la fourchette de 45°-50°c, tout comme ici.

Oui, le parallèle est intéressante. Toutefois, Essaouira est tout de même beaucoup plus régulière, donc presque exclusivement soumise à l'air océanique en été. Les coups de fortes chaleurs y sont même quasiment impossibles et inexistants (en moyenne, chaque année, on ne dépasse généralement pas les 30-35°C là-bas, donc bien loin des 45-50°C).

Je trouve que le climat y est : océanique à été doux, sec et très long.

Je ne pense pas que le climat appartienne au milieu xérique (je n'ai pas calculé l'indice hydrique).

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#251. Charleville.

On retrouve un climat subtropical semi-aride, avec un net maximum pluviométrique en été. Les RR sont très irrégulières d'une année sur l'autre, notamment car cette zone commence à être vraiment sensible à l'ENSO.

Cette station est bien représentative du centre de l'Australie, on retrouve à peu près les même extrêmes qu'à Alice Springs, avec quelques gelées en hiver - certaines pouvant être à la limite du gel fort -, et des txx dans la fourchette 45°c - 48°c.

Les roses des vents font la part belle aux flux méridiens, mais il s'avère qu'en été les vents les plus chauds viennent de l'ouest, du coeur du continent:

Voici l'indice hydrique estival pour cette ville : Ihe = -12 (sécheresse estivale assez faiblement marquée en moyenne, mais très variable selon les années comme l'a souligné Mottoth).

Quant à l'indice annuel, il vaut IhA = -43. Autrement dit, selon mon approche, la semi-aridité n'est pas tout à fait atteinte (seuil à -45).

Indice de continentalité : Ic = 0,59 => continentalité marquée.

Nous avons à faire -selon moi - à un climat subtropical xérique continental chaud, en étant presque en semi-aride subtropical chaud.

Les masses d'air tropicale (donc humide et instable), subtropicale (donc sèche et stable, voire humide et instable lorsqu'il s'agit d'une masse d'air originellement tropicale, mais rafraîchie) et polaire se succèdent.

La seconde étant la plus fréquente.

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#250 Esperance

Je ne pense pas que le climat appartienne au milieu xérique (je n'ai pas calculé l'indice hydrique).

Moi non plus je ne pense pas.

 

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#251. Charleville.

Nous avons à faire -selon moi - à un climat subtropical xérique continental chaud, en étant presque en semi-aride subtropical chaud.

Les masses d'air tropicale (donc humide et instable), subtropicale (donc sèche et stable, voire humide et instable lorsqu'il s'agit d'une masse d'air originellement tropicale, mais rafraîchie) et polaire se succèdent.

La seconde étant la plus fréquente.

Tout à fait ! Et je le redis c'est vraiment un exemple très représentatif d'une large zone de l'Outback Australien, je n'aurais pas besoin de faire beaucoup d'autres fiches de l'intérieur du pays.

 

#253. Townsville.

 

On remonte le long de la côte est Australienne, en se rapprochant de plus en plus du domaine tropical. Townsville est à 600kms de Rockhampton, et 795kms de Charleville.

94294_map0.jpg

 

Nous sommes sur une plaine côtière qui se rétrécie au nord-ouest, où la Great Dividing Range passe à quelques kilomètres de l'océan. Cette chaine n'a de "Great" que le nom, elle ne culmine même pas à 1000m d'altitude dans cette région.

94294_map1.jpg

 

Vue vers le sud. La station est sur l'aéroport, à 2.6kms de l’océan et 5kms du centre ville.

94294_map2_S.jpg

 

94294_Townsville_A_v7_31.png

 

En rentrant dans le domaine tropical les saisons s'affirment: la saison sèche est plus sèche qu'à Rockhampton et la saison des pluies plus pluvieuse, et on retrouve donc un climat tropical humide et sec. Néanmoins nous sommes encore trop loin de l'équateur pour avoir un régime thermique typiquement tropical avec un maximum de printemps.

La saison des pluies est quand même assez courte - seuls deux mois sont très arrosés - et bien sur très irrégulière, on verra plusieurs exemples.

 

On retrouve ici un régime d'alizé, avec l'alizé tropical de NE qui domine de septembre à janvier, puis un alizé subtropical de SE de mars à juillet (qui peut drainer aussi des masses d'air tempérées).

94294_Townsville_C_v7_31.png

 

A 2.5kms de l'océan on retrouve une dynamique de brises toute l'année, avec le vent marin (60°) dominant systématiquement les après-midis.

94294_Townsville_B_v7_31.png

 

 

Voici l'hiver 2006, archi-normal (tn -0.3°c, tx -0.1°c, RR à 55% de la moyenne mais dans la valeur médiane).

C'est très semblable à Rockhampton, avec quelques périodes de douceur grise et faiblement pluvieuse. Les coups de frais sont moins marqués et moins durables mais continuent à fournir de très belles journées.

94294_JUN_AUG06.png

 

 

Le printemps 2009 fut à la fois assez normal et très atypique. Les moyennes sont assez proches des normales (tn -0.2°c, tx +0.6°c, cumul de RR à seulement 29% de la moyenne 2000-2015 mais bien plus proche de la médiane, à 75%).

On a vu que les alizés marins sont très dominants toute l'année, mais de temps en temps les vents de terre donnent les mêmes conditions de foehn déjà vues partout ailleurs sur cette côte est. En 2009 le phénomène s'est répété plus que d'habitude, et a été accompagné d'un épisode de poussière exceptionnel fin septembre, tant par sa durée que son ampleur - il s'étala jusqu'à Brisbane à 1100kms.

94294_SEP09_NOV09.png

 

 

Enfin 3 exemples de saison des pluies. Fait troublant: ils ne montrent pas de corrélation évidente avec l'ENSO, du moins sur la pluviométrie.

La saison 2011-2012 fut tout à fait normale, dans une phase de Niña faible. (tn -0.1°c, tx -0.3°c, RR -11%).

Comme d'habitude le gros du cumul se fait sur une poignée d'averses déversant 80 à 100mm en quelques heures.

94294_DEC11_FEB12.png

 

 

Voici la saison 2015, qui ne cumule que 28%

de la moyenne de janvier à mars. C'est aussi la plus chaude depuis 2000, avec +1.6°c d'excédent sur les tx. Elle correspond pourtant à un indice ENSO peu marqué, qui correspond à un Niño naissant (NB: devenu exceptionnel, c'est celui qui est en cours).

Après le 25/01 la situation est vraiment remarquable, avec de grosses chaleurs humides mais quasiment plus de précipitations.

94294_JAN_MAR15.png

 

 

Enfin une saison très pluvieuse, la saison 2009, avec une paire janvier/février qui cumule 262% de la moyenne 2000-2015 ! Et pourtant on y retrouve la même phase d'ENSO qu'en 2011-2012, à savoir une faible Niña finissante, avec donc un impact radicalement différent ! Cette séquence fut également la plus fraiche depuis 2000, avec -1.7°c d'anomalie sur les tx.

Les pluies du 12/01 sont due au cyclone Charlotte alors en fin de vie; celles de début février sont dues au cyclone Ellie.

94294_JAN_FEB09.png

 

Voilà, encore un bon exemple de la grande variabilité des régions tropicales.

 

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#254. Cairns.

 

On pousse plus au nord jusqu'à Cairns, à 285kms de Townsville.

94287_map0.jpg

 

La Great Dividing Range est proche de l'océan, et on trouve des chaines côtières secondaires au sud-est de la ville. Cet environnement montagneux devrait favoriser les précipitations orographiques malgré la modestie des sommets avoisinants (moins de 1000m).

94287_map1.jpg

 

Vue vers le SSO. La station est sur l'aéroport, dans une configuration très similaire à celle de Townsville (3.2kms de l'océan, 6kms du centre ville).

94287_map2_SSW.jpg

 

94287_Cairns_A_v7_31.png

 

On trouve une lame d'eau bien plus importante qu'à Townsville, presque doublée. La raison principale en est la saison des pluies plus longue, mais aussi certainement un certain effet orographique - qui pourrais expliquer notamment que la saison sèche n'est pas aussi sèche que celle de Townsville.

Ca se joue de peu (1mm de RR en aout) pour que ce climat sorte de la case "Tropical humide et sec" de Köppen (Aw), il est vrai que la saison sèche est vraiment peu marquée.

 

Le vent semble canalisé en permanence par le relief, mais on retrouve comme à Rockhampton une composante sud bien plus importante en hiver.

94287_Cairns_C_v7_31.png

 

94287_Cairns_B_v7_31.png

 

 

Voici un exemple d'hiver banal, pris en 2008 (tn +0.4°c, tx -0.2°c, RR -22%).

On retrouve les même niveaux de chaleur et d'humidité durant les périodes chaudes que bien plus au sud à Townsville ou Rockhampton. Par contre la fraicheur est vraiment plus atténuée ici, il devient rare de connaitre moins de 10°c. Les amplitudes thermiques s'atténuent donc au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'équateur, quoi de plus logique en zone tropicale !

94287_JUN_AUG08.png

 

 

Un petit exemple de printemps, appelé ici "build-up" pour imager la cocotte-minute tropicale qui monte progressivement en pression avant la saison des pluies.

La saison de 2007 est banale, avec une humidité de plus en plus présente. Les coups de chaleur secs sont bien plus rares que plus au sud, les alizés dominants rabattants un flux constamment maritime. On ne trouve donc ici pas de maximum thermique décalé vers le printemps, contrairement à beaucoup de climats tropicaux.

94287_OCT_NOV07.png

 

 

Je fournirais moins d'exemple de saisons de pluies que pour Townsville.

Ici j'ai choisi l'année 2010 comme étalon, avec des données proches de moyennes (tn +0.2°c, tx +0.5°c, RR +3%) mais encore plus proches de médianes, notamment pour les t°.

On retrouve bien sur des systèmes tropicaux répertoriés dans les plus gros épisodes:

- la séquence du 22 au 29/01 est due aux cyclones Neville et Olga.

- le cyclone Ului le 25/03 (cf la fiche de Charleville).

94287_JAN_MAR10.png

 

 

Enfin un mois spectaculaire, le plus arrosé depuis au moins 2000: Février 2000, avec 1348mm (260% de la moyenne).

Le cyclone Abigail a touché la région de plein fouet le 25/02, et l’influence lointaine de certains autres systèmes a considérablement renforcé le flux de mousson humide, notamment Winsome le 10/02).

94287_FEB00.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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Merci pour cette dernière fiche de Cairns, depuis Brisbane en passant par Rockhampton et Townsville, on s'achemine petit à petit vers le climat tropical ...

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#255. Weipa.

 

On termine notre progression vers le nord aujourd'hui avec la localité de Weipa, 2800h, située sur la péninsule du Cap York, au bord du golfe de Carpentarie.

Weipa est à 620kms de Cairns, 490kms de Merauke et 1200kms de Darwin.

94170_map0.jpg

 

A cette latitude la péninsule du Cap York fait environ 160kms de large d'ouest en est, essentiellement les basses plaines et une petite chaine de collines le long de la côte est.

94170_map1.jpg

 

Comme souvent en Australie la raison d'être de cette implantation humaine vient des ressources naturelles à y exploiter, en l’occurrence le bauxite, d'où l'on tire l'aluminium: d'après le wiki anglais le complexe minier de Weipa est le plus grand au monde pour cette ressource. Sur cette image on voit bien que la région est défigurée par cette activité, dans sa plus grande dimension la zone d'extraction mesure 42kms:

94170_map2.jpg

 

Vue vers le NNO, la station est sur l'aéroport civil:

94170_map3_WNW.jpg

 

94170_Weipa_A_v7_31.png

 

Ce climat est beaucoup plus proche de celui de Darwin que de Cairns, en raison de la latitude similaire et de la position en retrait de la côte est : c'est donc un climat tropical humide et sec classique, avec un maximum thermique au printemps, avant la saison des pluies. Les saisons, tant sèches que humides, sont très marquées.

Ce climat est aussi beaucoup plus régulier que celui de Cairns, tant pour les températures que la pluviométrie: par exemple la rapport entre la saison humide (janvier-mars) la plus arrosée et la moins arrosée (depuis 2000) est de 1.97 ici (1874mm en 2004 / 950mm en 2010) mais de 5.26 à Cairns (2147mm en 2004 / 408mm en 2002). Les t° sont également très constantes: par exemple la txx annuelle typique (médiane) est de 38.5°c, très proche du record de 39.2°c !

 

Hors brises de mer c'est bien sur l'alizé d'ESE qui règne en maitre, à l'exception du flux d'ouest humide de mousson d'été durant la saison de pluies, lorsque les basses pressions ont envahi l'Australie continentale:

94170_Weipa_C_v7_31.png

 

 

Durant la saison de soleil haut (octobre-mars) on retrouve donc des brises marines durant l'après midi. Et pendant le build up, le pic de chaleur avant la saison des pluie, l'agitation et le brassage de l'atmosphère donne une baisse de Td marquée durant les heures les plus chaudes, rendant plus supportables les chaleurs.

94170_Weipa_B_v7_31.png

 

 

Voici un exemple de saison sèche, dans la moyenne malgré l'opposition entre juillet (chaud et humide) et aout (un peu frais et sec).

Le sécheresse a beau être marquée, ce n'est pas le beau fixe pour autant: le temps est souvent variable voire bien couvert (1ere quinzaine de juillet), et de petites averses sporadiques diurnes ne sont exceptionnelles.

Dès la fin aout les Tx commencent déjà à monter vers le pic de printemps.

94170_JUN_AUG12.png

 

 

Voici un exemple du coeur de la saison chaude, octobre et novembre 2011. Les tx se maintiennent la plupart du temps entre 34°c et 38°c, et l'humidité arrive progressivement, avec des averses de plus en plus fréquentes à partir de la mi-octobre.

94170_OCT_NOV11.png

 

 

Voici la saison humide 2003, pile dans les moyennes de t° et normalement arrosée (+7%).

Cette zone est exposée aux cyclones autant que les précédents exemples (Cairns, Townsville...), mais sur cet exemple on n'en trouve qu'un seul: Craig, les 10 et 11/03. Les autres dégradations importantes de la saison n'étaient pas de nature tempétueuses.

La saison des pluies est donc ici un mix entre de brèves averses diurnes - possiblement très violentes - et des ondes pluvieuses plus durables et qui évoluent parfois en tempête ou cyclone.

94170_JAN_MAR03.png

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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Voici les indices de tropicalité pour les stations suivantes :

IT (Rockhampton) = -24 => subtropical

IT (Townsville) = +6 => tropical (la limite passant probablement à environ 200 km au sud-est, sur la côte)

IT (Cairns) = 17

J'avoue avoir un peu la flemme de calculer les indices hydriques...

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