mottoth

Climats du monde

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il y a 31 minutes, Yves38 a dit :

Pour la station-mystère : c'est un climat tropical humide et sec, très maritime car peu de contraste de température, de plus la saison sèche n'est pas absolue. Cela semble être dans l'hémisphère nord.

Tout à fait d'accord avec Yves. Mais beaucoup d'endroits peuvent correspondre à ce climat présenté par mottoth...

On est ici dans le domaine de la forêt tropicale semi-ombrophile, voire décidue (il faudrait que je vérifie avec l'indice hydrique).

Quoiqu'il en soit, la chaleur de la saison sèche laisse supposer qu'on se situe géographiquement très près de l'équateur. Un endroit équatorial où, pourtant, la ZCIT semble ne s'approcher (et concerner pleinement les lieux) qu'une fois par an => je verrais donc bien ça en plein milieu du Pacifique occidental, vers la Micronésie ou les îles Marshall, un truc dans le style...

Je regarderai ça plus précisément ce soir...

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Oui, le Pacifique occidental ou bien les Antilles, car il s'agit d'un climat qui doit être assez proche de l'équateur du fait de la faible amplitude annuelle. Le régime pluvio tropical bien marqué et bien centré sur l'été exclut les façades est du continent comme le Viet Nam ou l'Amérique Centrale. Du coté des Philippines, vers 10°N, c'est plus humide et surtout les pluies sont plus étalées sur l'année.

Modifié par Yves38

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Je sèche complètement!

Je viens de faire le tour du monde et j'ai que dalle à proposer:la saison des pluies traîne un peu trop en longueur dans les Grandes Antilles tandis qu'elle est trop brève sur la cote Est de l'Afrique.

L'Amérique centrale type Costa Rica/Honduras s'en rapproche mais le maximum pluviométrique est plutôt centré sur la fin de l'été.

Quant aux Etats insulaires du Pacifique saupoudrés près de l'Equateur la répartition des précipitations est moins tranchée..

Dans les parages de l'Est du Golfe du Bengale,les îles Andaman!?

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Pareil j'ai passé ma soirée hier à chercher en vain.

le minimum thermique de juillet pouvait coller avec un lieu dans l'hémisphère sud vers 10 degrés sud. Mais je ne trouve rien avec ce régime pluvio dans cette zone.

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Il y a 1 heure, nanotech a dit :

Pareil j'ai passé ma soirée hier à chercher en vain.

le minimum thermique de juillet pouvait coller avec un lieu dans l'hémisphère sud vers 10 degrés sud. Mais je ne trouve rien avec ce régime pluvio dans cette zone.

 

En climat tropical, le maximum de pluies provoque souvent avec une légère baisse de la température. Qu'il y ait une légère baisse entre mars et juillet ne signifie pas forcément qu'il s'agit de l'hémisphère sud, ceci d'autant plus qu'on note une légère montée de janvier à mars qui coïnciderait avec la variation de l'énergie reçue du soleil correspondant à l'hémisphère nord.

D'autre part, les climats tropicaux présentent la plupart du temps un maximum de pluies quand le soleil est haut sur l'horizon, ce qui indiquerait encore que ce climat se trouve dans l'hémisphère nord.

Ce qui m'intrigue le plus dans ce climat-mystère, c'est que la variation annuelle de température est très faible ce qui est le signe d'un climat très proche de l'équateur alors que le régime pluviométrique est tropical et contrasté avec un seul maximum, ce qui indiquerait un climat déjà éloigné de l'équateur, vers 15° de latitude.

Modifié par Yves38

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J'ai pas trop le temps de me pencher dessus. 

Mais j'ai peut-être un autre indice : l'augmentation franche et rapide des précipitations entre mars et mai fait clairement penser à un climat de mousson.

Il y a donc 6 endroits envisageables :

1) région de l'Inde méridionale : mais ça, c'est pas possible à cause du double passage net de la ZCIT

2) sud-est asiatique : trop froid l'hiver, ou trpo pluvieux plus au sud.

3) Afrique occidentale : double passage ZCIT

4) nord-est de l'Amérique du sud : possible...

5) Antilles à écarter : saison des pluies manifestement trop décalée vers la fin de l'été : normal, pas de mousson là-bas.

6) Pacifique ouest : peut-être ( environs des îles Marshall)

 

J'oublie une région : le sud de l'Amérique centrale...vers Panama, dans le coin...

 

dur...

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En effet une grande ville côtière du Nordeste brésilien pourrait convenir:Sao Luis?Belem?

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#272. Boa Vista.

 

Depuis que je vous fais jouer de temps en temps à ce jeu de devinette c'est la première fois que personne ne trouve, même si certains se sont un peu approché ("nord-est du brésil", voire "sud de l'Amérique Centrale / Panama"). Boa Vista est la seule grande ville Brésilienne située dans l'hémisphère nord, et c'est peut-être ce qui vous a perdu: le régime pluvio est clairement celui de la zone tropicale de l'hémisphère nord alors que inconsciemment la plupart d'entre nous voyons le Brésil exclusivement comme un pays de l’hémisphère sud. Beaucoup également ont voulu y voir une localité maritime voire insulaire alors qu'il n'en est rien.

 

Avec cette première fiche Brésilienne on défriche aujourd'hui une zone complètement ignorée jusqu'à présent dans ce fil puisque la ville la plus proche déjà étudiée est Cuzco, à 2200kms !

82022_map0.jpg

 

Boa Vista est au sud d'une enclave peu boisée au sein de la forêt tropicale, sans que je ne sache si cette savane est due aux sols ou au climat (voire les deux).

Au sud et à l'est nous voyons bien les ravages de la déforestation qui balafre la jungle.

82022_map1.jpg

 

J'essaye quelque chose de nouveau aujourd'hui: voici une carte topographique de la région, qui est généralement plate. J'ai remarqué que l'imagerie satellite ne permet pas toujours de se faire une bonne idée du relief, surtout en zone de forêt comme ici.

En bas à gauche à 95kms de la ville un massif culmine à environ 1470m. En haut à droite, à environ 130kms, de hautes terres culminent à un peu moins de 1000m, cependant elles sont en plein dans l'axe de l'alizé dominant et les turbulences dans son sillage contribuent peu être à une relative sécheresse de l'air - je trouve le Td moyen relativement bas pour une station de plaine si proche de l'équateur.

82022_dem.jpg

 

La station est sur l'aéroport, environ 20m plus haut que le Rio Branco (affluent de l'Amazone).

82022_map2.jpg

 

82022_Boa_Vista_A_v7_33.png

 

Je connais très mal le climat de la région, si bien que moi aussi j'ai été un peu étonné de trouver une saison aussi sèche en début d'année. Je pensais que la ZCIT passait deux fois - à intervalle rapproché - entre avril et septembre, mais l'unique pic de précipitation semble indiquer que son extension maximale vers le nord n'est pas très éloignée, et nous ne sommes qu'à environ 3°N ! D'après le peu que j'ai pu voir sur les fiches suivantes, il semblerait que cette ZCIT ne voyage pas très loin vers le sud non plus, et qu'elle serait finalement assez peu mobile au dessus du continent sud-américain.

Comme je l'ai dis plus haut je trouve que le Td - qui ne dépasse même pas une moyenne de 22.5°c durant le pic de pluviométrie - est bien bas pour une zone si humide.

 

Les roses des vents montrent un alizé d'ENE dominant la plupart du temps. Durant la saison humide il se calme, mais ni il ne s'inverse ni même il ne bascule franchement vers le sud: à priori nous ne passons pas vraiment de l'autre côté de l'équateur météorologique, ce qui revient à dire que en effet la ZCIT ne s'aventure pas bien plus au nord.

82022_Boa_Vista_C_v7_33.png

 

A ce stade de l'analyse je suis allé me rafraichir la mémoire sur la page wiki de la ZCIT, et en effet c'est une confirmation, la ZCIT ne semble pas s'étendre en moyenne plus de 200kms plus au nord. Et c'est en effet ici cette ZCIT est la moins mobile au cours de l'année.

ITCZ_january-july.png

 

 

Les tableaux horaires montrent très bien le fort ennuagement convectif diurne, en toute saison:

82022_Boa_Vista_B_v7_33.png

 

 

Cette région est sensible à l'ENSO, et j'ai pris 3 exemples différents de saison sèches pour montrer ces variations.

- début 2014, par une phase d'ENSO neutre (ou nada), montre des paramètres normaux (t°, Td ou force de l'alizé).

C'est tout de même une saison sèche assez franche, avec du beau temps dominant et un Td bien plus bas que les a-prioris que j'avais sur la région.

82022_JAN_FEB14_neutral.png

 

- Janvier 2016, lors du dernier épisode de fort Niño: encore plus sec, encore plus beau, avec un alizé bien en forme (19.5km/h).

82022_JAN16_Nino.png

 

- Début 2000, pendant une forte phase de Niña: le début d'année le plus arrosé de ma période d'étude, une hygrométrie assez haute un un alizé faible (14km/h).

82022_JAN_FEB00_Nina.png

 

 

Voici maintenant une saison des pluies classique, l'exemple a été pris en 2012. Notez comme les périodes les plus instables sont corrélées à la faiblesse voire le renversement de l'alizé, lorsque la région est en pleine convergence.

J'ai l'impression de redire ça pour chaque climat tropical mais là c'est encore vrai: la pluie n'est pas si continue ni quotidienne, on peut avoir 100mm en un seul orage puis une semaine sans aucune précipitation.

82022_MAY_JUL12.png

 

 

Enfin un exemple du timide pic de chaleur annuel, où durant octobre on peut s'attendre à quelques tx qui approchent 36°c. Le deuxième pic centré en mars est encore plus relatif, les alizés plus forts limitant probablement plus les tx qu'en octobre.

82022_OCT_NOV03.png

 

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

 

Modifié par mottoth
Confusion gauche/droite corrigée dans les commentaires de la carte topographique
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#273. Manaus.

 

Manaus est une ville de 2 million d'habitants au coeur du bassin de l'Amazone, à la confluence avec le Rio Negro. Boa Vista est à 680kms, et par rapport à cette dernière Manaus occupe une position à peu près symétrique par rapport à l'équateur (3°S vs 3°N).

82332_map0.jpg

 

Le relief de la région est bas, sans relief notable. Néanmoins la région au nord de la ville est assez bosselée, des collines qui culminent jusqu'à 150m au dessus de l'Amazone et du Rio Negro.

82332_dem.jpg

 

La ville s'étend sur 18kms du nord au sud, et presque autant d'est en ouest. La station synoptique est celle de l'aéroport militaire, à 4kms du centre ville et 540m du Rio Negro, qui mesure ici environ 3kms de large !

82332_map1.jpg

 

Une photo de la station tirée de Google Street View:

82332_photo.jpg

 

82332_Manaus_A_v7_33.png

 

En comparant avec les vieilles données disponibles ça ou sur le web je constate une énorme différence sur la lame d'eau annuelle: -31% par rapport aux normales 1961-1990. Trop pour être expliqué uniquement par la variabilité naturelle, je ne vois pas une anomalie telle aussi durable (presque 17 ans). Je vois deux explications à cette baisse:

- un nombre très important de valeurs de RR manquantes (15%) dans mes données: si celles si sont bien reparties entre les jours avec et sans RR cela ne devrait par trop impacter les moyennes, et c'est ce qui se produit sur la quasi totalité de mes fiches. Mais même si on peut quand même envisager un petit biais négatif de quelques % en raison de la mauvaise qualité des données, il ne peut expliquer à lui seul un si grand écart.

- je n'ai pas comparé les mêmes stations: les normales proviennent de la station 82331, à priori plus au nord en ville et moins proche du fleuve: on peut y imaginer un renforcement des RR soit de nature orographique soit en raison du milieu plus "continental" que les bords du fleuve. Comme je l'ai dit le fleuve fait 3kms de large et l'on peut sans mal comprendre qu'il inhibe localement la convection, tandis que plus au nord les petites collines suffisent à la renforcer. Le vent est souvent faible et variable, donc les averses et orages peu mobiles. Donc on peut envisager que les bords du fleuve soient en effet sensiblement moins arrosés que le reste de la ville quelques kilomètres plus loin.

Néanmoins le régime de RR obtenu est strictement le même que celui des normales 1961-1990: un maximum centré sur mars, un minimum centré sur aout. Donc malgré les doutes et la frustration de travailler avec des données incomplètes je valide les résultats obtenus.

 

Surprise: on ne retrouve pas un vrai climat équatorial (Af de Köppen) car tant sur ma fiche que sur les autres données on a le mois d'aout qui est en dessous de la barre des 60mm.

La petite saison sèche nous fait passer en climat tropical, néanmoins plus humide que sec. Les saisons sont en très net décalage avec Boa Vista, voire inversées comme la saison sèche centré sur aout au lieu de février. Je vous renvois aux positions moyennes de la ZCIT montrées hier pour en comprendre les raisons.

On distingue ici ce maximum thermique de "printemps" typique des climats tropicaux, avec des tx qui en septembre et octobre sont quand même en moyenne 3°c plus hautes que durant la longue saison pluvieuse.

 

En revanche les roses des vents ne montrent pas de variation nette au cours de l'année ni de franc alizés saisonniers comme à Boa Vista. Les vents s’infléchissent juste un peu vers l'ESE durant la saison de soleil bas au lieu du plein est, mais c'est vraiment peu visible ici (mais un peu plus sur les tableaux horaires plus bas).

82332_Manaus_C_v7_33.png

 

82332_Manaus_B_v7_33.png

 

 

Voici un exemple de saison sèche et de pic de chaleur de printemps. Difficile de trouver de bons exemples en raison des trous dans les données, celui de 2010 est pas trop mal pour les t° mais un peu sec pour le mois d'aout. Et regardez ce beau temps: on est loin du cliché de la forêt équatoriale noyée sous les nuages et la pluie.

82332_AUG_OCT10.png

 

 

Comme je n'ai pas pu trouver d'exemple suffisamment fourni de saison humide tout juste normale et que l'ENSO a un rôle ici voici 3 exemples tous différents:

- début 2013, "nada" (ENSO neutre), et malgré tout un léger déficit de t°. Léger déficit de RR en février également.

Pas mal de journées assez "fraiches", avec des tx largement inférieures à 30°c voir parfois autour de seulement 25°c.

82332_FEB_MAR13_nada.png

 

- début 2009, phase active de Niña. J'ai trouvé sur les 2 dernières phases d'ENSO - (2009 et 2011) que la saison des pluies avait ici une nette tendance à être fraiche et arrosée. Ici février 2009 ne connu que 2 tx > 30°c !

82332_JAN_FEB09_Nina.png

 

 

- 2010, Niño. Je n'ai pas inclus d'exemple du fort Niño de 2015/2016 car les trous de RR sont monstrueux sur cette période. Les phases ENSO + ont tendance à donner des conditions plus sèches, et par là même des t° au dessus des normales faute d'effet rafraichissant des RR.

82332_FEB_MAR10_nino.png

 

Donc au final l'ENSO semble avoir la mêmes influence que plus au nord à Boa Vista:

- Niño = + chaud et - humide

- Niña = - chaud et + humide

 

BONUS: juillet 2010, pour vous montrer l'une des très rares (seulement 2 depuis 2000) intrusions froides d'origine tempéré qui après avoir déboulé depuis le sud le long des Andes arrivent ici très atténuées. Comme vu plus au sud à Santa Cruz, ces intrusions s'accompagnent souvent d'un temps très gris. Nous sommes vraiment à l'extrême limite nord de ces phénomènes, je n'en n'ai pas retrouvé à Boa Vista.

82332_JUL10.png

 

C'est tout pour aujourd'hui !

 

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#274. Belém.

 

Belém est une ville de 1.4 million d'habitants située près de l’océan Atlantique, à 270kms de l'embouchure de l'Amazone, et 1290kms de Manaus.

82193_map0.jpg

 

Le ville est située au bord du large estuaire (plus de 20kms) du fleuve Tocantins, la mer libre est à 115kms. Le relief est insignifiant, les plus hautes collines dans le quart sud-est ne dépassent pas 100m d'altitude.

82193_dem.jpg

 

Dans sa plus grande diagonale l'agglomération s'étale sur plus de 22kms.

La station est sur l'aéroport, 7kms au nord du centre-ville et à 800m de l'eau. Je n'ai aucune certitude sur l'emplacement de la station, j'ai marqué l'un des 3 possibles.

82193_map1.jpg

 

Un aperçu de cette ville au centre ville bien dense:

82193_photo.jpg

 

82193_Belem_A_v7_33.png

 

Cette fois ci, pas à chipoter, nous sommes vraiment en présence d'un climat équatorial: l'amplitude thermique annuelle des Tm n'est que de 1.4°c, et l'on ne trouve aucune saison sèche.

Cependant l'on ne trouve pas le double maximum de RR propre aux climats équatoriaux "purs", ceux où les ZCIT passe 2 fois par an à la verticale. Pourtant cela à l'air d'être le cas ici d'après les cartes que j'ai pu trouver sur le web, mais seul le passage centré sur mars donne un (net) maximum pluviométrique, tandis que le passage vers octobre ne se traduit pas du tout par un pic pluviométrique mais par un minimum !

 

Quelque chose inhibe donc la convection entre septembre et novembre, et je pense que se sont les alizés d'ENE qui sont au maximum de leur forme en cette saison.

Sur les roses des vents on trouve également un ergot vers le NNO (secteur 340°/350°) qui correspond à des brises fluviales qui se lèvent quasi systématiquement durant l'après midi, en toute saison.

82193_Belem_C_v7_33.png

 

Sur les tableaux horaires on voit bien la brise de nord qui se lève en demi-journée entre 15hTU et 18hTU, la tx intervient généralement avant l'arrivée de cette brise.

La forte convection diurne et l'ennuagemment associé sont bien visibles durant la saison la moins humide, de aout à novembre.

82193_Belem_B_v7_33.png

 

 

Voici donc un exemple de cette saison la moins humide, qui est également celle où les températures sont les plus chaudes. C'est souvent beau, surtout en matinée: la nuit le ciel se dégage souvent complètement des résidus de convection de la veille. 2011 fut une année normale, tant pour les t° que pour les précipitations.

Les tx sont modérées par les brises fluviales de nord et l'alizé "marin" (l’océan n'est qu'à 110kms), il est rare d'atteindre voire dépasser 35°c ici.

82193_SEP_NOV11.png

 

Une éventuelle corrélation avec l'ENSO est moins évidente ici, il semblerais toutefois que les années à Niño soient plutôt sèches durant cette période (2009, 2015), quoique j'ai pu trouver des contres-exemples (2006 humide, 2002 normal). Pour les phases de Niña je n'ai rien trouvé du tout.

Voici l'exemple de 2015, le plus sec et ensoleillé de ma période d'étude, et donc peut-être lié à un fort Niño. Comme déjà vu à Boa Vista, l'alizé était plus fort que d'habitude cette année (14.6 km/h en moyenne des 3 mois contre 11.2km/h de normale).

82193_SEP_NOV15_Nino.png

 

 

Enfin un exemple de pic pluviométrique pris en 2006. Tout les paramètres sont normaux sauf l'hygrométrie bien haute: je me demande si le capteur n'a pas été changé en 2007, car après cette année charnière le Td a perdu en moyenne 1.7°c tout mois confondus !

Voici donc 2006, avec pluies et orages quasi quotidiens, très bel exemple d'enfer équatorial que je pensai plutôt trouver vers Manaus.

82193_FEB_APR06.png

 

 

Les plus fortes lames d'eau quotidiennes ne sont pas plus importantes qu'à Manaus ou Boa Vista, mais les pluies sont bien plus régulières ici: on décompte 226 jours avec pluie notable (>1mm) ici, contre 128 jours à Manaus et 113 jours à Boa Vista. Et on arrive donc à un cumul annuel fort respectable de 3m d'eau !

 

Modifié par mottoth
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Merci pour ces fiches très instructives; ben moi,chaleurophobe sic, je ne vais pas me réincarner dans ce coin du globe et je vais tâcher de m'en souvenir  :( Le cocktail chaleur toute l'année, le seuil des 25° y est franchi tous les jours (bon ok 363 jours pour une de ces fiches), l'humidité, des td de 23 à 25 piur les 2 dernières pffff quelle merde !!! Moustiques en plus et cela n’apparaît pas sur tes fiches, comprends pas d'ailleurs.?..

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il y a 8 minutes, pastourelle a dit :

 Moustiques en plus et cela n’apparaît pas sur tes fiches, comprends pas d'ailleurs.?..

Moustiques, araignées, serpents, sangsues, crocodiles etc n'apparaissent pas en effet, il faudrait développer un index adéquat.... (Dann ? :) )

Dans les villes certaines périodes ont l'air sympa, même la pseudo saison sèche de Belém, mais dans la forêt c'est autre chose... Il suffit d'aller voir un épisode de "Man vs. Wild" pour s'en convaincre (ça passait en boucle cet été sur RMC découverte).

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Le 05/10/2016 à 12:19, mottoth a dit :

#272. Boa Vista.

 

Boa Vista est au sud d'une enclave peu boisée au sein de la forêt tropicale, sans que je ne sache si cette savane est due aux sols ou au climat (voire les deux).

Au sud et à l'est nous voyons bien les ravages de la déforestation qui balafre la jungle.

 

Je connais très mal le climat de la région, si bien que moi aussi j'ai été un peu étonné de trouver une saison aussi sèche en début d'année. Je pensais que la ZCIT passait deux fois - à intervalle rapproché - entre avril et septembre, mais l'unique pic de précipitation semble indiquer que son extension maximale vers le nord n'est pas très éloignée, et nous ne sommes qu'à environ 3°N ! D'après le peu que j'ai pu voir sur les fiches suivantes, il semblerait que cette ZCIT ne voyage pas très loin vers le sud non plus, et qu'elle serait finalement assez peu mobile au dessus du continent sud-américain.

Comme je l'ai dis plus haut je trouve que le Td - qui ne dépasse même pas une moyenne de 22.5°c durant le pic de pluviométrie - est bien bas pour une zone si humide.

 

Les roses des vents montrent un alizé d'ENE dominant la plupart du temps. Durant la saison humide il se calme, mais ni il ne s'inverse ni même il ne bascule franchement vers le sud: à priori nous ne passons pas vraiment de l'autre côté de l'équateur météorologique, ce qui revient à dire que en effet la ZCIT ne s'aventure pas bien plus au nord.

 

Salut,

 

Oui, cette région de l'extrême nord du Brésil (et plus particulièrement le nord-est de l'Etat de Roraima) est toute singulière, en ce sens que la savane qu'on y retrouve n'est pas exclusivement le résultat des conditions climatiques qui, bien que pas mal plus sèches que dans le reste de l'Amazonie, restent propices à l'établissement de la forêt.

La déforestation concerne les bordures sud de cette savane naturelle (qu'on appelle « lavrado » en ancien portugais, et signifiant « là où il n'y a pas d'arbres »). 

Cette zone non forestière est en fait le résultat des mouvements tectoniques, de l'érosion et des fluctuation climatiques des millions d'années qui ont précédé. Cette savane peut être considérée comme une relique de l'écosystème qui était présent durant le Pléistocène, alors que les conditions climatiques étaient beaucoup plus sèches.

 

http://www.globalsciencebooks.info/Online/GSBOnline/images/0706/FEC_1(1)/FEC_1(1)29-41o.pdf

 

Le climat est donc tout de même assez « sec », surtout au nord de Boa Vista où les précipitations annuelles n'atteignent plus que 1100 mm (et moins de 100 jours de pluie par an) vers la frontière. Ceci est le résultat de la barrière montagneuse (bien que modeste) de Pacaraima qui bloque l'humidité (et engendre une certaine subsidence orographique) apportée de l'océan par les alizés.

 

Pour Boa Vista, j'obtiens :

 

- indice hydrique saison humide : Ihe = 120,5 => c'est évidemment extrêmement humide.

- indice hydrique saison sèche : Ihsec = -20,6 => la sécheresse écologique est assez bien marquée.

- indice hydrique annuel : IhA = 59 => le climat est globalement humide.

 

Ceci indique que, d'un point de vue climatique, le climat est propice à l'établissement d'une forêt tropicale semi-ombrophile, càd qu'une certaine proportion non négligeable des arbres perdent leurs feuilles durant la saison sèche.

Bref, un climat tropical humide de zone équatoriale.

Le fait de mentionner « tropical » implique qu'il y a une saison sèche.

 

Sinon, c'est très bien que tu aies rajouté les cartes du relief.

Modifié par dann17
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Le 06/10/2016 à 09:05, mottoth a dit :

#273. Manaus.

 

En comparant avec les vieilles données disponibles ça ou sur le web je constate une énorme différence sur la lame d'eau annuelle: -31% par rapport aux normales 1961-1990. Trop pour être expliqué uniquement par la variabilité naturelle, je ne vois pas une anomalie telle aussi durable (presque 17 ans). Je vois deux explications à cette baisse:

- un nombre très important de valeurs de RR manquantes (15%) dans mes données: si celles si sont bien reparties entre les jours avec et sans RR cela ne devrait par trop impacter les moyennes, et c'est ce qui se produit sur la quasi totalité de mes fiches. Mais même si on peut quand même envisager un petit biais négatif de quelques % en raison de la mauvaise qualité des données, il ne peut expliquer à lui seul un si grand écart.

- je n'ai pas comparé les mêmes stations: les normales proviennent de la station 82331, à priori plus au nord en ville et moins proche du fleuve: on peut y imaginer un renforcement des RR soit de nature orographique soit en raison du milieu plus "continental" que les bords du fleuve. Comme je l'ai dit le fleuve fait 3kms de large et l'on peut sans mal comprendre qu'il inhibe localement la convection, tandis que plus au nord les petites collines suffisent à la renforcer. Le vent est souvent faible et variable, donc les averses et orages peu mobiles. Donc on peut envisager que les bords du fleuve soient en effet sensiblement moins arrosés que le reste de la ville quelques kilomètres plus loin.

Néanmoins le régime de RR obtenu est strictement le même que celui des normales 1961-1990: un maximum centré sur mars, un minimum centré sur aout. Donc malgré les doutes et la frustration de travailler avec des données incomplètes je valide les résultats obtenus.

 

Surprise: on ne retrouve pas un vrai climat équatorial (Af de Köppen) car tant sur ma fiche que sur les autres données on a le mois d'aout qui est en dessous de la barre des 60mm.

La petite saison sèche nous fait passer en climat tropical, néanmoins plus humide que sec. Les saisons sont en très net décalage avec Boa Vista, voire inversées comme la saison sèche centré sur aout au lieu de février. Je vous renvois aux positions moyennes de la ZCIT montrées hier pour en comprendre les raisons.

On distingue ici ce maximum thermique de "printemps" typique des climats tropicaux, avec des tx qui en septembre et octobre sont quand même en moyenne 3°c plus hautes que durant la longue saison pluvieuse.

 

 

Voici l'indice hydrique de la saison sèche (ou pseudo-sèche) avec les données 1961-1990 de la station 82331 :

Ihsec = +5,6 => pas de saison sèche.

 

Indice hydrique de saison « sèche » avec les données 2000-2016 (précipitations estimées, donc augmentées de 31% par rapport à celles que tu as reportées) de la station 82332 située au bord du fleuve :

Ihsec = -6,0 => très légère sécheresse écologique.

 

Sinon, IhA = 126 (très légèrement moins avec les données 2000-2016 de la station du fleuve) => climat très humide dans tous les cas.

 

Bref, je dirais que, malgré tout, mis à part peut-être aux abords immédiats du fleuve, le climat de Manaus peut-être considéré comme étant équatorial, car la saison sèche n'existe finalement pas, ou quasiment pas, malgré ce creux pluviométrique.

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Le 07/10/2016 à 16:02, dann17 a dit :

Oui, cette région de l'extrême nord du Brésil (et plus particulièrement le nord-est de l'Etat de Roraima) est toute singulière, en ce sens que la savane qu'on y retrouve n'est pas exclusivement le résultat des conditions climatiques qui, bien que pas mal plus sèches que dans le reste de l'Amazonie, restent propices à l'établissement de la forêt.

Cette zone non forestière est en fait le résultat des mouvements tectoniques, de l'érosion et des fluctuation climatiques des millions d'années qui ont précédé. Cette savane peut être considérée comme une relique de l'écosystème qui était présent durant le Pléistocène, alors que les conditions climatiques étaient beaucoup plus sèches.

 

http://www.globalsciencebooks.info/Online/GSBOnline/images/0706/FEC_1(1)/FEC_1(1)29-41o.pdf

 

Merci pour ce petit topo sur cette zone savane assez méconnue.

 

#275. Iquitos

 

On reste à peu près sur la même latitude que Manaus et Belém, mais plus à l'ouest: Iquitos est une ville de 440 000h de la partie Amazonienne du Pérou. Lima est à 1000kms, Cuzco 1090kms, Manaus 1470kms et Belém 2770kms.

84377_map0.jpg

 

Pas de carte topographique car le logiciel qui les produit ne veut plus marcher aujourd'hui, j'espère que ça reviendra.

A plus de 3000kms de l'embouchure l'Amazone n'est qu'à 85m au dessus du niveau de la mer. La zone est vraiment plate, sans relief notable avant les Andes qui sont à plus de 400kms.

84377_dem.jpg

 

La station est sur l'aéroport, à 8.5km du centre ville et 12,5kms du fleuve.

84377_map1.jpg

 

84377_Iquitos_A_v7_33.png

 

C'est la première fiche (sur 275) où je suis obligé de trafiquer lourdement les données, car j'avais une grosse anomalie de RR entre octobre 2002 et mars 2008: d'après les données quotidiennes, dont la disponibilité est par ailleurs excellente car les RR sont aussi encodées dans les METARs, cette période à reçu en moyenne 1.83 fois plus d'eau que les périodes d'avant (janvier 2000 -> septembre 2002) et après (avril 2008 -> septembre 2016). En incluant les données de cette période litigieuse telles quelles j'obtiens une lame d'eau moyenne annuelle de quasi 3500mm, soit 21% d'excédent par rapport aux normales CLINO 1961-1990 (2878mm). En corrigeant les données de cette période par un ratio de 1/1.8 j'obtiens les résultats affichés ci-dessus, soit 2748mm annuels soit 4.5% de déficit par rapport aux normales. Or il s 'avèrerais d’après les différentes études et publications que j'ai trouvé sur le web hier que la tendance à long terme (des années 60 à nos jours) dans cette partie du Pérou est à la baisse de la lame d'eau annuelle: mon résultat "trafiqué" concorde donc avec ce constat, alors que les données non corrigées donnent une augmentation démesurée, et pas du tout en phase avec la tendance attestée.

Je vous montre ici le tableau que j'utilise habituellement pour choisir des exemples de saisons les plus neutres possibles. Sur la période hachurée je trouve que le problème est évident, avec des RR qui se démarquent trop du reste de l'échantillon de données:

84377_RR_raw.png

 

Les cumuls annuels de 2003 à 2007 parlent d'eux même: quelque chose cloche. Dans nos région tempérées des anomalies sensibles de t° ou de RR peuvent durer quelques semaines à 3 ou 6 mois grand maximum. Dans les régions tropicales les grandes oscillations (dont l'ENSO) qui régulent le climat sont plus lentes, et je retrouve souvent des anomalies qui s'étirent sur 1 ans voire plus: ci dessus on trouve l'anomalie chaude du Nino 2015/2016 qui dure 1 an pile; on trouve également la sécheresse du bassin de l'Amazone de 2010, fait avéré qui se prolongea même bien après... par contre en 2005 - année de sécheresse qui donna aussi lieu à littérature scientifique - on trouve un cumul délirant de presque 5m.

Donc des anomalies de 2ans maxi sont possibles dans cette zone. Mais pas sur 5 ans et demi.

Cet ensemble de raisons m'ont persuader du bien fondé de corriger - même un peu arbitrairement - ces données, et voici le même tableau après avoir divisé toutes les données de RR de la période litigieuse par 1.8:

84377_RR_fixed.png

On ne retrouve pas la sécheresse de 2005, mais c'est normal puisqu'elle ne concerna pas cette zone du bassin de l'Amazone. On a donc à la place des cumuls plus normaux, et la période 2003-2007 ne déclenche plus d'anomalies statistiques.

Je ne comprend pas pourquoi les lames de RR ont été surévaluées sur cette période, le problème venait je pense de la mesure matérielle elle même ou de son traitement informatique, mais pas de trous dans les données puisque j'ai une complétude de quasi 100% et le croisement inhabituel mais bienheureux des 2 sources (synop et METARs) me permit de lever toute ambiguïté sur chaque report quotidien. Je ferme donc la parenthèse sur ce problème inédit et j'espère vous avoir convaincu du bien fondé de ma démarche.

 

Iquitos, donc, est située à moins de 4° de l'équateur et l'on retrouve un climat vraiment équatorial, sans aucun mois ne présentant la moindre possibilité de sécheresse écologique. Pourtant Manaus, quasiment à la même latitude, présentait un minimum bien plus net. Ici on trouve un autre acteur que la ZCIT qui explique l'origine des pluies: les descentes polaires d'origine antarctique. Aussi incroyable que cela puisse paraitre les advections d'air polaire qui tangentent l'est des Andes peuvent s'infiltrer sous l'air tropical et progresser très au nord: les conflits ainsi engendrés provoquent des pluies en toutes saisons et peuvent exceptionnellement - durant la saison de soleil bas - faire baisser la température à des niveaux étonnants pour la latitude. Nous avons déjà vu ce type de temps frais et gris plus au sud le long des Andes, à Santa Cruz et Salta. C'est pour cela que les pluies restent d'un niveau élevé entre juin et septembre, et c'est pour cela que le pic de RR traine en longueur après l'extension maximale de la ZCIT vers le sud: de mars à mai les 2 phénomènes (convergence et descentes polaires) se conjuguent ou se relaient jusqu'à tard dans la saison.

Donc le temps ici est plus contrasté et les RR parfois plus irrégulières - malgré leur abondance - que plus à l'ouest dans le bassin de l'Amazone:

- Belém: la proximité de l'océan et l’omniprésence de l'alizé océanique donnent un climat très régulier, avec notamment des averses quasi quotidiennes durant la saison la plus humide.

- Manaus commence à être loin de l'océan, et l'humidité océanique drainée par les alizés ne suffit plus à assurer des RR suffisamment constantes lorsque la ZCIT est loin au nord. Manaus est également loin des Andes et reste à l'écart des conflits méridiens qui se produisent le long des Andes. On y trouve donc ce minimum de RR assez marqué pour une localité quasi-équatoriale, et une variabilité inter-annuelle plus forte.

- Iquitos, sous l'abri des Andes, très loin de l'humidité de l'océan Atlantique, et plus proche de la zone d'influence directe de l'ENSO, aurait une variabilité inter-annuelle encore plus forte et probablement un minimum pluvio bien plus marqué si elle ne recevait pas ce bonus de pluie engendré par ces masses d'air froids qui tangentent les Andes.

 

Sur les roses des vents on ne distingue plus de vrai dominante: les vents de NNE ne semblent être que des brises diurnes d'après les tableaux horaires, et il ne reste quasiment plus rien de l'alizé. 

84377_Iquitos_C_v7_33.png

 

84377_Iquitos_B_v7_33.png

 

 

Voici un exemple du petit minimum thermique de juin/juillet.

On trouve un temps un peu plus contrasté, et les tx assez basses ne sont pas uniquement distribuées aléatoirement sur les journées les plus pluvieuses comme à Manaus ou Belém: on trouve une vraie alternance de périodes chaudes et d'autres moins chaudes.

84377_JUN_JUL02.png

 

 

Voici ensuite le petit pic de chaleur avant l'arrivée des grosses pluies en fin d'année. La faiblesse du vent permet des amplitudes thermiques diurnes pas forcement attendues en milieu équatorial, avec des nuits un peu fraiches et des brouillards fréquents puis des chaleurs qui peuvent facilement dépasser  les 35°c.

84377_AUG_OCT14.png

 

 

Pour le pic pluviométrique j'ai pris 2014, avec RR et t° normales sauf un avril bien pluvieux. Même au sein du pic de pluviométrie on retrouve des pics de chaleurs un peu inattendus... cette zone connait vraiment un temps plus contrasté que nos précédentes fiches amazoniennes.

84377_FEB_APR14.png

 

 

BONUS: 2 mois remarquables pour finir.

Avril 2016, on y trouve 3 choses remarquables:

- une chaleur très inhabituelle en conclusion du Niño 2015/2016

- un très gros orage qui déverse 160mm en 4h en fin de nuit le 17/04 (comptabilisés sur le 16/04)

- un coup de froid polaire le 28/04, le plus précoce de la période d'étude.

84377_APR16.png

 

Juin 2001: on y trouve l'un des 3 coups de froid majeurs de ma période d'étude... seul 2 autres épisodes ont connu des tx de 20°c et des tn de 15°c voire 14°c (en juillet 2000 et juillet 2010).

84377_JUN01.png

 

 

Je ne vois que 2 autres régions du globe où des froids insolites se glissent bas en latitude le long du flanc est d'un relief: l'est du Mexique (Monterrey, Vera Cruz) et la côte du Vietnam jusqu'à Da Nang.

 

 

Modifié par mottoth
Rajout carte topographique
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Merci pour cette fiche qui me fait découvrir ces advections froides hallucinantes : elles peuvent dépasser l'Equateur et remonter jusqu'où vers le nord ?

Modifié par Boomslang47

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il y a 44 minutes, Boomslang47 a dit :

Merci pour cette fiche qui me fait découvrir ces advections froides hallucinants : elles peuvent dépasser l'Equateur et remonter jusqu'où vers le nord ?

 

Je ne sais pas exactement jusqu'où elles remontent mais je serais surpris que ça dépasse l'équateur. Déjà à Iquitos c'est vraiment limite, des exemples francs comme j'ai montré il y en a vraiment eu que 3 en 17 ans, voire 4 si on compte celui d'avril 2016. Il y a peu de stations avec des données plus au nord... il y a Nuevo Rocafuerte en Equateur par 1°S, mais je n'ai trouvé de données que pour le coup de froid de fin avril 2016: on y trouve une tx de 24.6°c et une tn de 19°c. un peu plus loin sur l'équateur à Lago Agrio on trouve des t° comparables (tn 19.2°c, tx 25.5°c). Des txn voisines de 25°c voire un peu moins sont des valeurs normalement atteintes en zone intertropicale lors de journées très pluvieuses, donc on n'a rien eu d'extraordinaire dans ces stations équatoriennes mais le coup de froid reste notable. Plus au nord en Colombie c'est le désert, seule la station de Neiva  (3°N) a des données exploitables mais elle est déjà dans les montagnes donc nécessairement un peu à l'écart d'un tel phénomène, elle affiche au plus bas un tx de 29°c durant cet épisode. La station de Villavincencio (4°N) a des données trop incomplètes pour juger de quoi que ce soit sinon qu'un bon déluge s'y est produit durant cet épisode (103mm/24h).

Sur la base de ce seul exemple je serais tenté de dire que l'extension maximale vers le nord des coups de froid polaires sud-américains peut donner:

- des t° anormalement basses pour une station équatoriale jusqu'à 2°S

- des t° équivalentes aux plus basses t° normalement atteintes sous ces latitudes jusqu'à l'équateur

- des baisses ponctuelles mais nullement remarquables jusqu'à 3°N ou 4°N, surtout accompagnées de forte pluie.

Ceci uniquement le long des Andes, bien sur.

 

Moi aussi je découvre, c'est l'une des zone du monde ou mes connaissances météo laissent vraiment à désirer. C'est pour l'instant un vrai plaisir de découvrir des choses aussi différentes à chaque fiche - moi qui croyais que l'Amazonie ne présentait qu'un climat uniformément ennuyeux -, et je me documente plus que d'habitude que le web pour le pas trop raconter de bêtises... on parlera bientôt de South Atlantic Convergence Zone (SACZ), de Low Level Jet (LLJ), etc...

Modifié par mottoth
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Il y a 14 heures, mottoth a dit :

Pas de carte topographique car le logiciel qui les produit ne veut plus marcher aujourd'hui, j'espère que ça reviendra.

 

Salut,

 

tu peux faire une capture d'écran  ou importer le .kmz suivant .. :

 

maps-for-free-relief-overlay-for-google-earth.kmz

 

.. dans Google Earth pour afficher noms,frontières,hydro und so weiter en attendant que ton bouzin fonctionne à nouveau.

 

Modifié par Babarskaja
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Merci mottoth pour cette dernière fiche de Iquitos

L'hémisphère sud nous surprend avec sa météorologie : visiblement la gigantesque réserve d'air froid du continent Antarctique et alentours permet des descentes polaires bien plus importantes que dans l'hémisphère nord. Les exemples que tu cites,  l'est du Mexique (Monterrey, Vera Cruz) et la côte du Vietnam jusqu'à Da Nang, ne sont pas aussi près de l'équateur.

Cela rejoint des exemples que tu as décrits de climats sur la côte occidentale de l'Australie déjà tropicaux (et ressemblant aux climats de l'ouest africain)  mais connaissant encore des incursions de dépressions tempérées alors que ces mêmes perturbations sont inconnues en Afrique tropicale. 

Modifié par Yves38

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Le 11/10/2016 à 13:01, Yves38 a dit :

Merci mottoth pour cette dernière fiche de Iquitos

L'hémisphère sud nous surprend avec sa météorologie : visiblement la gigantesque réserve d'air froid du continent Antarctique et alentours permet des descentes polaires bien plus importantes que dans l'hémisphère nord.

Je vais mettre un gros bémol à ce que tu as dis:

- les impulsions d'air froid antarctique initiales ne sont pas si froides que cela, sinon toute la moitié sud de l'Argentine serait régulièrement en proie à des conditions biens plus hivernales que constaté, or les tx ne sont finalement que légèrement négatives durant les plus fortes vagues de froid alors que même en Europe de l'ouest on peut faire bien mieux: je vous renvoie aux fiches de Bariloche, Comodoro Rivadavia, ou même Punta Arenas où l'on ne compte en moyenne pas plus d'une à 2 tx négative par an. L'intense flux zonal océanique des mer du sud raréfie les décrochages polaires et les étendues océaniques à traverser modèrent beaucoup le froid lorsqu'il atteint l'Amérique du sud.

- la vrai raison qui fait que ce froid somme toute modéré arrive à pousser aussi loin vers le nord tient aux Andes mêmes, dont la friction engendre un flux "agéostrophique" vers le nord: le froid de basse couche advecté à l'est des Andes reste en quelques sorte "collé" à celles-ci, et dérive vers le nord en faisant fi du vent géostrophique. Ce qui amène donc ces conditions si particulières qui ne concernent qu'une bande de plaine de quelques centaines de km de large à l'est des Andes. Cochabamba, à 2500m d'altitude et 110kms des plaines, est à la fois trop en altitude et trop à l'écart dans les Andes pour être concerné par ces coups de froids alors que Santa Cruz, à la même latitude, les prends de plein fouet.

 

Je suis ce matin absorbé dans la lecture et la recherche d'articles décrivant les différents acteurs du climat de ce continent, je fais essayer de faire une petite synthèse cet après-midi avant de finir la prochaine fiche.

Modifié par mottoth
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Le 11/10/2016 à 04:52, Babarskaja a dit :

Salut,

 

tu peux faire une capture d'écran  ou importer le .kmz suivant .. :

 

maps-for-free-relief-overlay-for-google-earth.kmz

 

.. dans Google Earth pour afficher noms,frontières,hydro und so weiter en attendant que ton bouzin fonctionne à nouveau.

 

Vielen Danke !

 

Sinon, à tous, désolé en ce moment je ne poste rien ou presque car pas vraiment le temps.

J'aurais (ou j'aurais eu) pas mal de choses à dire à propos de l'analyse climatique de cette région du monde, mais Mottoth s'en charge très bien.

 

Tschüss.

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Allez je vais quand même prendre 2-3 minutes, parce que tout ça est très intéressant.

 

Il y a 2 heures, mottoth a dit :

Je vais mettre un gros bémol à ce que tu as dis:

- les impulsions d'air froid antarctique initiales ne sont pas si froides que cela, sinon toute la moitié sud de l'Argentine serait régulièrement en proie à des conditions biens plus hivernales que constaté, or les tx ne sont finalement que légèrement négatives durant les plus fortes vagues de froid alors que même en Europe de l'ouest on peut faire bien mieux: je vous renvoie aux fiches de Bariloche, Comodoro Rivadavia, ou même Punta Arenas où l'on ne compte en moyenne pas plus d'une à 2 tx négative par an. L'intense flux zonal océanique des mer du sud raréfie les décrochages polaires et les étendues océaniques à traverser modèrent beaucoup le froid lorsqu'il atteint l'Amérique du sud.

- la vrai raison qui fait que ce froid somme toute modéré arrive à pousser aussi loin vers le nord tient aux Andes mêmes, dont la friction engendre un flux "agéotropique" vers le nord: le froid de basse couche advecté à l'est des Andes reste en quelques sorte "collé" à celles-ci, et dérive vers le nord en faisant fi du vent géotropique. Ce qui amène donc ces conditions si particulières qui ne concernent qu'une bande de plaine de quelques centaines de km de large à l'est des Andes. Cochabamba, à 2500m d'altitude et 110kms des plaines, est à la fois trop en altitude et trop à l'écart dans les Andes pour être concerné par ces coups de froids alors que Santa Cruz, à la même latitude, les prends de plein fouet.

 

J'en profite pour te remercier, mottoth, pour ta fiche précédente : ton analyse est déjà très bonne. J'ai hâte de lire ce que tu écriras à la suite des articles que tu auras épluchés (n'oublie pas de nous en fournir les références).

Tiens, puisque vous en êtes à parler de ces advections froides qui remontent jusqu'en Amazonie, sachez que les Brésiliens appellent cela des « friagem ». 

Petite remarque : tu voulais dire « géostrophique » (et « agéostrophique »), et non géotropique (ce terme existe, mais n'a rien à voir avec la climato). Peut-être faire une petite description de ce que sont les vents (a)géostrophiques (je ne pense pas que beaucoup de monde connaisse ces termes).

 

Sinon, je suis d'accord avec ta réponse à Yves, mais ce qu'on peut dire, c'est que la présence de l'Antarctique fait baisser les températures moyennes : l'HS est légèrement plus froid que l'HN pour cette raison, au point que l'équateur thermique passe en moyenne (pour la Terre entière) vers la latitude 3°N.

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Avant de continuer plus au sud il est temps de faire un petit topo sur les différents mécanismes en œuvre en Amérique du Sud. Je me restreint aux zones tropicales et subtropicales. La plupart des cartes suivantes proviennent de ce dossier: http://www.wpc.ncep.noaa.gov/international/training/climatsa/index.htm

 

- La zone de convergence inter-tropicale (ZCIT) et les alizés.

 

On ne présente plus la ZCIT: c'est l'équateur météorologique, où les alizés de l’hémisphère nord (de NNE) convergent vers ceux de l'hémisphère sud (de SSE). Il en résulte une zone de calme où convection est renforcée par l'ascendance mécanique de la masse d'air. La ZCIT (ITCZ en anglais) est aussi appelée, en anglais toujours, Near Equatorial Through ou NET sur les cartes ci-dessous:

80000_ITCZ.jpg 

(en octobre le relief du sud du Venezuela dirige la ZCIT vers deux positions possibles, nord ou sud de celui ci).

Les alizés Atlantiques apportent donc durant toute l'année de l'humidité océanique vers les plaines du bassin de l'Amazone, c'est même la principale source d'humidité de l'Amazonie.

 

 

- L'anticyclone Bolivien (Bolivian High) et le TUTT.

 

En Amérique de sud un acteur vient renforcer cette ZCIT: le bolivian high, un anticyclone tropical d'altitude engendré par la surchauffe des haut plateaux Andins et l'énergie latente relâchée à haute altitude par la convection du bassin ouest Amazone.

Cet anticyclone engendre un talweg de haute altitude marqué par la ligne discontinue sur la carte de janvier: c'est le TUTT (Tropical Upper Tropospheric Trough), qui draine de l'humidité supplémentaire vers le nord-ouest sur le flanc sud de la ZCIT. Comme il se met en place surtout après décembre, en conjonction avec l'extension maximale vers du Bolivian high, cela explique une partie du pic de RR décalé vers mars de Belém ou Manaus.

80000_Bolivian_High.jpg

 

 

- La dépression thermique du Gran Chaco et les anticyclones subtropicaux océaniques.

 

Le Gran Chaco est une zone de plaine à l'est des Andes qui s’étend du nord de l'Argentine au nord de la Bolivie, c'est la zone la plus chaude du continent en été et il s'y forme une dépression thermique de basse altitude (max 2 kms d'épaisseur, plus au dessus on peut retrouver l'anticyclone Bolivien).

Il alimente la convection estivale lorsqu'une dépression d'altitude (goutte froide) se combine à lui, et en hiver il aspire vers lui les coulées froide polaires, qui parfois donc poursuivent ensuite encore plus au nord.

640px-GranChacoApproximate.jpg

 

Cet dépression continentale se retrouve coincée entre les 2 anticyclones subtropicaux du Pacifique et de l'Atlantique

80000_MSLP.jpg

 

 

- Le jet de basse couche (LLJ) et la zone de convergence Atlantique Sud (SACZ).

 

La dépression thermique du Chaco aspire et dévie vers le sud les restes d'Alizés du bassin ouest-Amazone, ainsi que l'humidité d'évapotranspiration de la forêt. La proximité des Andes engendre un effet Venturi en basse couche et l'apparition d'un jet de basse couche humide (Low Level Jet, LLJ) qui draine cette vapeur d'eau vers le sud-sud-est. L'impact de ce jet au sol est très visible sur la fiche de Santa Cruz, avec des forts vents de NO omniprésents durant la saison chaude.

 

Cet apport d'humidité va se diriger vers 2 zones différentes en fonctions des conditions synoptiques au sud de 20°S:

- soit plein sud vers le bassin de la Plata et le nord de la Pampa Argentine, pour déclencher les très fortes dégradations pluvio-orageuses vue sur les fiches de Asuncion ou Buenos Aires, caractérisées par la formation de MCS.

947_127_91-great-plains-low-level-jet.jp

 

 

- soit vers le sud-est voir l'est et créer une convergence avec l'humidité drainée depuis l'Atlantique Sud par l'Anticyclone de St Hélène (SASH - South Atlantic Subtropical High). On retrouve alors un talweg de mousson qui prend son origine du centre de l'Amazonie et se dirige vers le sud en passant par la région de Sao Paulo. C'est la convergence de l'Atlantique sud notée SACZ sur ce schéma, dont les phase actives durent typiquement 8 à 10 jours.

 

Fig-1-Schematic-features-of-tropical-and

 

 

La SACZ se forme généralement lorsque l'été austral est à maturité (Décembre à Février/Mars), et les régions plus au sud (Argentine et Paraguay) connaissent des conditions sèches et très chaudes. Durant le reste du temps où le LLJ est bien en place mais sans mousson active c'est plutôt l'option sud qui se produit, avec les intenses pluies d'inter-saison (automne et printemps) observées à Asuncion ou Buenos Aires.

 

Voilà, j'ai essayé de regrouper plusieurs sources sans trop dire de bêtises, n'hésitez pas à me corriger si vous y voyez des erreurs.

Modifié par mottoth
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