Si l'on n'avait qu'une augmentation du prix du pétrole, ça ne serait pas grand-chose. La question, c'est "y aura-t-il pénurie s'aggravant d'année en année ?", comme ce serait le cas en cas de Peak oil.
Or le problème, c'est qu'à moins que l'Aspo soit malhonnête (ce que je n'ai pas les moyens de juger), il faut bien admettre qu'ils produisent une somme extraordinaire de documents à l'appui de leur thèse, ce que ne font pas leurs contradicteurs. Donc, pour le moins, on ne peux pas exclure l'hypothèse d'un pic en 2008.
De plus, les événements récents (augmentation du baril de brut léger malgré des niveaux de stocks élevés partout et saturation des raffineries) laissent penser qu'on a déjà passé le pic de production du Light sweet crude, et qu'on attaque maintenant les pétroles lourds.
Quant aux conséquences économiques, il faut bien comprendre une chose : dans une population épargnante, si le revenu baisse, tant pis, on se fait tout petit, tout va bien. Dans une population massivement endettée, on est condamné à une croissance permanente. Si les revenus d'une fraction suffisante de la population baisse (et en cas de Peak oil, ce seraient les revenus de toute la population qui baisseraient), la crise de remboursement des crédits entrainerait une réaction en chaine, chacun se retrouvant incapable de rembourser ses dettes.
Ensuite, il faut garder à l'esprit certaines notions de thermodynamique :
Entropie : il est beaucoup plus facile de faire sortir le dentifrice du tube que de le remettre dedans.
On ne peut pas imaginer par exemple en agriculture revenir en urgence à la traction animale, pour pas mal de raisons :
- On avait 2 millions de chevaux de trait en France au début du 20è siècle. Il en reste 12 000, conservé par de gentils allumés, même situation pour les ânes et les boeuf.
- On nourrissait avec ça 30 millions de personnes, et on n'exportait pas.
- Près de la moitié de la population travaillait aux champs, avec des muscles de paysans, des connaissances de paysans et une abnégation de paysans.
Rendement (voir plus bas).
Maintenant, je reprends certains des arguments lus au début de ce post et j’explique pourquoi ils ne me semblent pas valables, désolé si je parais un peu sec, ce n'est pas mon but :
Citation
la marge est un peu plus élevée, d'après les études ect.. on a encore 25-30 ans devant nous
-Le problème est que sur ce sujet, il y a une grosse controverse. Les estimations varient de 2008 à 2037 pour la date du Pic de production pétrolière, date à laquelle la géologie deviendra irrémédiablement plus forte que toutes les capacités d’innovation humaine.
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la solution définitive et la plus "faisable" sera sans doute l'hydrogène
- Problème : l’hydrogène, il faut le fabriquer. Il n’est pas une source d’énergie, mais un vecteur. On a deux solutions : soit on craque du méthane (mais on sera très vite à court de méthane), soit on fait une electrolyse de l’eau, qui nécessite beaucoup d’énergie (rendement de l’ordre de 1/3). Il faut savoir que le rendement actuel de l’industrie du pétrole est de l’ordre de 17/1, soit 50 fois plus efficace que l’hydrogène.
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l'économie est capable de s'adapter très rapidement.
Il suffit de voir comment un pays comme les USA est passé d'une économie de temps de paix à une éconnomie de guerre en quelques mois en 1942.
- Question : qu’est-ce qui était abondant et bon marché en 1942 et qui a permis aux USA de s’adapter aussi vite et de fondre des millions de tonnes d’acier ? Réponse : l’énergie. Cela dit, le passage de la paix à la guerre me semble pertinent pour caractériser les années qui viennent.
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Les estimations de C fossile sont voisines de 200 ans de consommation actuelle en incluant le charbon ,le gaz et les bitumineux. […]le pétrole synthétique , fabriqué à partir du charbon , va redevenir compétitif. Il en est de même pour les énergies de substitution comme les renouvelables , le nucléaire,...
- Tout ceci est parfaitement vrai (et même pessimiste, on a plus de 200 ans). Mais il y a deux notions de compétitivité : financière et thermodynamique. Le charbon a actuellement un rendement énergétique de 2 à 5 pour 1, en étant utilisé tel quel. S’il est transformé en pétrole, on perd un facteur 2 environ. Ce qui fait 1 à 2,5 pour 1. Soit un facteur défavorable de 10 environ par rapport au pétrole actuel. Pas bon du tout.
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ITER pourrait être construit en 6 mois et les premiers réacteurs industriels suivraient dans la foulée
ITER n’est qu’un réacteur expérimental, qui ne réalisera quoi qu’il en soit qu’une partie des conditions nécessaires à la production et à l’acheminement d’électricité vers l’utilisateur. Ce n’est même pas un prototype ! Pour l’instant, le record à battre est là : « **Le JET (Joint European Torus), tokamak européen le plus performant du monde installé en Angleterre à Culham a atteint en 1997 les 16 MW pendant une demi-seconde environ. » La production énergétique française, c’est 60 GW (4000 fois plus) en permanence.
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fin du monde
- Je ne pense pas que quiconque de sérieux ait employé le terme « fin du monde » à propos du Peak Oil.
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une agriculture encore plus rationalisée avec introduction d'OGM (ouh le vilain!) réclamant moins d'engrais et de pesticides
- Les trois-quarts des OGM utilisés sur terre sont justement produits pour résister à des doses massives de produits phytosanitaires ! Le montant des dépenses agricoles en produits phytosanitaires est aujourd’hui équivalent dans les pays développés au montant des subventions agricoles. On ne prend certainement pas le chemin d’une agriculture réclamant moins d’engrais et de pesticides.
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les questions que l'on se pose ici-même ne sont sans doute pas ignorées plus haut.
Je suis même convaicu qu'elles sont étudiés à la puissance 10.
- Là, je suis parfaitement d’accord, et ça fait au moins depuis 1972 qu’ils savent parfaitement (rapport Meadows). La réponse apportée a été : destruction par tous les moyens de la croissance économique des autres (PVD, ex-pays communistes, attaques contre le pouvoir d’achat des classes moyennes) et positionnement stratégique partout où il y a du pétrole et du gaz.
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Le crack boursier , soit mais on n'est plus en 29.
- Non, on n’est plus en 29, on est dans une situation bien plus dangereuse : « la valeur totale des propriétés résidentielles dans les économies développées a augmenté de plus de 30 000 milliards de dollars sur les cinq dernières années, pour atteindre plus de 70 000 milliards ; augmentation équivalant à 100 % des PIB combinés de ces nations. Elle rend ridicules les précédents booms immobiliers et elle est encore plus importante que la bulle des marchés d’actions de la fin des années 90 (croissance sur 5 ans équivalente à 80 % des PIB) ou que celle des années 20 (55 % des PIB). En d’autres termes, cela ressemble à la plus grande bulle de l’histoire. » (The Economist, 16 juin 2005).