Je lis ce fil de discussion, en discontinu depuis ce matin, et je me fendrai bien la poire si ce n'était si triste...
Malgré un certain niveau de connaissances en matière d'environnement, il est bien des choses que je ne comprends pas dans le raisonnement de certains. Et pourtant, je suis déjà intervenu sur ce point quelques fois, et je fini par me dire qu'il ne faut pas débattre de problèmes environnementaux avec des gens qui ne voient pas plus loin que les questions climatiques, et qui manquent d'une vision globale de ce que l'on pourrait encore appeler "la Nature".
Dans vos extrapolations, vous partez du postulat que "actuellement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes". Il n'y aurait rien d'autre que le réchauffement climatique vis à vis duquel nous aurions à nous inquiéter, ce serait "Byzance", et je ne serait pas aussi alarmiste que ce que je peux l'être (et je l'assume!).
Le problème, c'est que ce RC s'accumule à toute une série de difficultés qui finiront par réclamer des adaptations drastiques de nos sociétés qui seront probablement dejà fragilisées par d'importantes contraintes économiques liées à la limitation des ressources de base. Je vais prendre un exemple très concrêt, au delà du traditionnel "pic oil" mis à toutes les sauces. En l'occurence, je voudrais évoquer le cas des nappes phréatiques qui sont, localement, dans de beaux draps !
Si l'on considère les pollutions auxquelles celles ci sont déjà confrontées (pesticides, minéralisation trop forte, nitrification, etc ...) on constate qu'il y a déjà plus de 30% des ressources en eau douce du pays qui ne sont plus considérées comme exploitables à des fins de consommation humaine, malgré les efforts de traitement. Au delà de ces 30%, il faut considérer que ce sont près des 2/3 des ressources en eau douce du pays qui sont gravement atteintes par des pollutions diverses. Malgré l'interdiction faite chaque année pour l'utilisation de tel ou tel produit, les effets pervers de ces polluants (MiniTAX évoquait le DDT) se prolongent sur plusieurs dizaines d'années, après la fin de leur utilisation, dans les nappes aquifères.
Mais l'état des lieux ne s'arrête pas là, ce serait trop simple, et l'on pourrait dire que moyennant de forts investissement dans les procédés de potabilisation de l'eau, on trouvera toujours les moyens de s'en sortir, notamment grace aux innovations technologiques. Ce serait faux de se laisser dire cela ! Effectivement, le traitement de l'eau pour la rendre potable, ça coûte cher, et de plus en plus cher si cette eau est très polluée à la base. Et je n'évoque même pas l'aspect énergétique que cela représente, or, l'énergie sera l'un des enjeux des décénies à venir.
Enfin, pour ce qui concerne les ressources en eau, il faut également souligner que notre consommation augmente de manière continuelle, année après année. Résultat, depuis les années 1970, de nombreuses nappes phréatiques sont en situation de surexploitation et caractérisées par un taux de renouvellement très faible. Résultat, les pollutions ont tendance à se concentrer alors que le niveau des nappes baisse de manière alarmante. Ainsi, et par exemple, la nappe phréatique captive des grès du Trias inférieur (sous la Lorraine), baisse de 70 à 80 cm/an depuis la fin des années 80 !
Alors, ajoutons à cela une modification possible, et persistante, du régime des précipitations sur les Vosges et la Lorraine, avec une raréfaction de celles-ci, et je vous laisse imaginer le tableau que cela nous donnera d'ici 2050.
Et puis, comme je ne peux me permettre de passer ma journée à argumenter sur le fait qu'il faut agir dans le sens d'une diminution de la pression anthropique sur les milieux naturels, ne serait-ce que par sagesse et avant même d'avoir les moindres certitudes quant aux risques que nous encourrons tous, je voudrais évoquer le fait que la plupart de vos prévisions s'arrêtent à 2100.
Alors, j'en vois déjà qui vont me dire qu'après cette échéance, il n'existe aucune certitude quant à ce qui nous attend...
Mais c'est du grand n'importe quoi, même en 2050, on ne sait pas à quelle sauce nous serons "mangés".
OR : Tout le monde s'accorde à penser que si RC il y a, celui ci pourrait se prolonger bien au delà de 2100, voire sur plusieurs siècles selon certains scientifiques !
Alors, même si à votre échéance de 2100, on est pas à +6°C, et seulement à 3 ou 4°C, mais que cela se poursuit sur 200 ans, au final, on arrive à combien ?!
Alors déjà que je ne rigole plus lorsque vous vous amusez à vous balancer des études et contre-études à la figure, je suis consterné lorsque vous essayez de raisonner par vos propres éléments de réflexion

!
"Amis sceptiques", s'il vous plait, faites moi plaisir, continuez à disserter sur le bienfondé de telle ou telle étude, vous le faites très bien, mais arrêtez d'évoquer les problèmes environnementaux à la lumière de vos pauvres connaissances globales dans ce domaine, ça devient tragique !