Citation (charles.muller @ 9/01/2007 - 01:01)

Allons Alain, le sujet n'est pas très sérieux. Mais si tu veux, je peux le devenir :
- Exxon fait ce qu'il veut de son pognon, surtout aux USA où le lobbying est une pratique normale et transparente (la preuve, l'Union of concerned scientists n'a eu qu'à regarder ses comptes pour trouver les bénéficiaires). Areva fait la même chose plus discrètement en Europe, dans l'autre sens.
- Ces débats sur les lobbies influençant l'opinion sont complètement décalés de ce côté-ci de l'Atlantique : ici, les médias dégorgent de l'alarmisme, du catastrophisme et des lamentations des bonnes âmes concernées, je ne peux pas allumer un poste sans entendre pleurnicher le révérend père Yann Arthus Bertrand sur les ours blancs ou prêcher le frère Hulot sur la saine pénurie pour mes sales enfants gâtés. Que tu le veuilles ou non, ton propre alarmisme climatique est le reflet de l'imaginaire dominant chez nous et tu aurais quelques difficultés à faire passer cela pour une position minoritaire étouffée par les méchants lobbies.
- Tout cela ne change d'ailleurs pas grand chose à l'inertie politique dans le domaine énergétique, vu que les politiques raisonnent sur le court terme de la prochaine élection et que des mesures vigoureuses sont aussi de mesures coûteuses à court terme (enfin, sauf si l'on me démontre le contraire).
- Accuser les sceptiques de "désinformation" m'amuse beaucoup. Cela commence où, la désinformation ? Quand le patron du Nasa Giss dit à la télévision que la moitié des espèces vivantes vont périr du réchauffement climatique si l'on ne fait rien, c'est quoi au juste ? C'est tellement plus grave en terme de "distorsion de la vérité" que de dire que l'on a toujours aucune preuve de la part anthropique dominante du RC actuel ? De même, en appeler au sens des responsabilités collectives. Quand des scientifiques français préfacent des rapports de Greenpeace, ce sont juste des oeuvres caritatives pour une gentille association qui, par principe de précaution et sens des responsabilités, milite pour le double abandon du fossile et du nucléaire - une position éminemment responsable et précautionneuse, après tout, une bonne pénurie pour 7 milliards d'humains, cela fera sans doute le tri dans la surpopulation.
- Bref, on peut parler de tout cela sérieusement, mais cela devient des joutes verbales sans grand intérêt par rapport aux questions climatiques. C'est propice au développement de vision manichéenne où quelques vilains sceptiques financés par de vilains lobbies parviennent à eux seuls à empêcher 188 nations responsables de prendre les mesures qui s'imposent "sans tarder", comme dit McCarthy (qui ferait mieux de retourner à la biologie des océans au lieu de faire de la retape pour le GIEC, cela lui réussissait mieux). Eh bien chapeau les sceptiques, il faut qu'ils soient sacrément forts pour obtenir ce résultat, même avec 16 millions de dollars. A ce propos, allez voir dans l'annexe du document de l'UCS : à côté des financements bien connus et purement "climatiques" (Michaels, Baliunas, Idso, etc.), sont comptabilisés comme des dons aux sceptiques des dons à des associations conservatrices ayant publié deux ou trois articles sceptiques sur le climat, parmi des centaines d'autres sur la libre-entreprise. A ce compte-là, toute association financée par l'Etat ou une collectivité locale ou une entreprise ayant publié des articles alarmistes sur le climat peut être considérée comme une preuve du lobbying alarmiste, public ou privé, même si la raison d'être de cette association est ailleurs. Cela doit faire un paquet de monde, non ?
Non, décidément, tout cela n'est pas très sérieux. Si l'on préfère un débat citoyen à des manoeuvres de lobbies (c'est mon cas), il faut commencer par accepter les conditions d'un vrai débat. C'est-à-dire refuser les arguments d'autorité du "consensus scientifique sur la catastrophe quasi-certaine", exiger une analyse complète du rapport coût-bénéfice du RC selon les hypothèses, faire de même avec chaque réforme proposée pour atténuer ce RC, décider ensuite sur cette base claire. Chez nous, on a un rapport remis au Sénat en catimini, une poignée d'experts (hum) auditionnés sans analyse contradictoire, des projets vagues et non chiffrés, etc. Et une Commission européenne qui décide de toute façon des vraies orientations, assez loin des citoyens, mais assez proche paraît-il de certains... groupes d'influence à Bruxelles.
Les critiques contre Nicolas Hulot ou Y. Arthus-Bertrand sont totalement déplacées. Tous deux ont le courage et le mérite d'aller au contact de la réalité et de montrer les effets du changement climatique au lieu de rester dans leur bureau ou leur labo et de disserter avec des théories...Charles Muller, partez donc en expédition comme Hulot et Arthus et rapportez-nous des images montrant que le réchauffement est un leurre !
Charles Muller se dit "sceptique" ; non, il est réellement "négationniste"
P.S.:Quelques données récentes :
1°) Température moyenne annuelle en France:
- de 1950 à 1987 : 5 années > à la normale en 38 ans
- de 1988 à 2006 : 16 années > à la normale en 19 ans
2°)Température annuelle à l'observatoire de St-Genis-Laval :
-2006 est la 3ème année la plus chaude depuis 1881
-en 126 ans, sur les 10 années les plus chaudes, 7 se situent depuis 1990
3°)Rang des mois de 2006 depuis 1880 dans le MONDE
J : 13e
F: 6e
M : 7e
A : 8e
M : 5e
J : 2e
Jt : 3e
A : 4e
S : 4e
O : 4e
N : 4e
D : ?
Année 6e (provisoire)