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Version complète : 4ème Rapport du GIEC-IPCC
Les Forums d'Infoclimat - Météo en temps réel > Climatologie > Evolution du climat
Pages : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8
Alain Coustou
J'ouvre ce topic pour présenter et discuter le 4ème rapport de l'IPCC-GIEC.
La présentation en français de ce rapport est annoncée pour le 2 février 2007 par la dépêche d'agence dont le texte suit :

OSLO (Reuters) - La poursuite du réchauffement climatique va provoquer davantage de phénomènes extrêmes tels qu'inondations et sécheresses au XXIe siècle, mais les effets des émissions de gaz à effet de serre se feront ressentir pendant au moins un millénaire, conclut un projet de rapport sur le climat, confirmant la responsabilité de l'homme dans cette évolution.
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), parrainé par l'Onu, doit présenter le 2 février à Paris son nouveau rapport effectuant la synthèse des travaux de 2.500 chercheurs de plus de 130 pays. Sa rédaction a pris six ans.
Selon des sources scientifiques, ce document affine la fourchette de prévision de la hausse des températures au XXIe siècle. Il table désormais sur une hausse comprise entre 2 et 4,5 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, l'estimation privilégiée étant de 3 degrés en se fondant sur une hypothèse de stabilisation des niveaux de dioxyde de carbone à un seuil de 45% supérieur aux niveaux actuels.
Le précédent rapport du GIEC, rendu en 2001, évoquait une hausse comprise entre 1,4 degré et 8 degrés, sans préciser quelle extrémité de la fourchette était privilégiée.
En se poursuivant, le réchauffement climatique devrait provoquer au XXIe siècle davantage de sécheresses et d'inondations et une fonte de la calotte glacière et des glaciers.
INCERTITUDES
En outre, l'élévation du niveau des mers devrait être comprise entre 28 et 43 cm (contre 9 à 88 cm dans le précédent rapport) et elle devrait se poursuivre pendant au moins un millénaire, même si les gouvernements parviennent à freiner la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique.
"Les émissions anthropiques (ndlr, d'origine humaine) de dioxyde de carbone au XXIe siècle vont contribuer au réchauffement et à l'élévation du niveau des mers pendant plus d'un millénaire, en raison des délais nécessaires à la dilution de ce gaz", est-il écrit dans le rapport, selon les mêmes sources scientifiques.
La hausse du niveau des mers a été de 17 cm au XXe siècle. Cette élévation menace de nombreuses régions du monde, des îles du Pacifique aux côtes du Bangladesh ou de Floride en passant par des villes telles que Shanghai ou Buenos Aires.
Ce rapport insiste en outre sur les certitudes de plus en plus affirmées de la communauté scientifique sur la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique.
Il juge "très probable" - soit une probabilité de plus de 90% - que les activités humaines, notamment l'utilisation de combustibles fossiles, soient responsables du réchauffement observé depuis 1950.
Le précédent rapport utilisait uniquement l'adjectif "probable".
Le GIEC souligne cependant que des incertitudes demeurent sur le phénomène du réchauffement climatique.
Ainsi, la pollution atmosphérique et la poussière dégagée par les éruptions volcaniques semblent avoir freiné le réchauffement en reflétant vers l'espace une partie de la lumière solaire.
De même, une hausse des températures pourrait favoriser la formation de nuages, dont le sommet rejette lui aussi la chaleur vers l'espace.
Enfin, le Gulf Stream, courant chaud de l'océan Atlantique, pourrait faiblir mais pas suffisamment toutefois pour inverser la tendance globale au réchauffement.
miniTAX
Bonjour Alain,
Un résumé rédigé par des politiques pour des politiques, dont le contenu est notoirement alarmiste et présenté AVANT le contenu scientifique de ce qu'il est sensé résumer, je trouve ça totalement ridicule. Et toi ?

Charles s'est fendu d'un billet sur le sujet dans son blog: http://www.climat-sceptique.com/article-5385171.html
Alain Coustou
Citation (miniTAX @ 26/01/2007 - 11:04) *
Bonjour Alain,
Un résumé rédigé par des politiques pour des politiques, dont le contenu est notoirement alarmiste et présenté AVANT le contenu scientifique de ce qu'il est sensé résumer, je trouve ça totalement ridicule. Et toi ?
Charles s'est fendu d'un billet sur le sujet dans son blog: http://www.climat-sceptique.com/article-5385171.html

Je me suis abstenu de tout commentaire sur le texte de l'agence Reuters. Je suppose qu'il reprend les éléments d'un communiqué du GIEC annonçant la date de publication des éléments scientifiques, éventuellement complété par les avis glanés ici ou là par le journaliste.
J'attends avec impatience le 2 février (date de publication de la version française du rapport), tout en sachant que le contenu du rapport sera discutable, peut-être au moins autant (à mon avis) par ce qu'il ne dira pas (j'en ai une idée) que par ce qu'il dira.

Alain
charles.muller
Citation (Alain Coustou @ 26/01/2007 - 12:36) *
(...)
J'attends avec impatience le 2 février (date de publication de la version française du rapport), tout en sachant que le contenu du rapport sera discutable, peut-être au moins autant (à mon avis) par ce qu'il ne dira pas (j'en ai une idée) que par ce qu'il dira.
(...)

Apparemment, c'est mai qu'il faut attendre pour le publication (anglaise) du rapport complet, et non du seul Résumé pour décideurs. On voit d'ailleurs que les choses sont confuses pour le moment en comparant la dépêche Reuters et le Second Draft (chapitre 10) : voir la page 10:3 pour ceux qui ont le draft, les valeurs avancées par Reuters sont celle de la sensibilité climatique, pas des estimations deltaT B1, A1B et A2 pour la fin du siècle. Ce serait un peu étrange que les runs des modèles aient été changés entre le Second Draft et la version finale.
Damien49
Juste pour info.

Le 3ème rapport du GIEC était sorti quand déjà ?

Merci...
meteor
Citation (Damien49 @ 26/01/2007 - 14:57) *
Juste pour info.

Le 3ème rapport du GIEC était sorti quand déjà ?

Merci...


c'était en 2001, mais je ne connais pas les dates exactes de sortie des différents résumés, traductions,...
charles.muller
Citation (Alain Coustou @ 26/01/2007 - 02:26) *
(...)
"Les émissions anthropiques (ndlr, d'origine humaine) de dioxyde de carbone au XXIe siècle vont contribuer au réchauffement et à l'élévation du niveau des mers pendant plus d'un millénaire, en raison des délais nécessaires à la dilution de ce gaz", est-il écrit dans le rapport, selon les mêmes sources scientifiques.
(...)

Au passage, qui comprend cette citation ?
meteor
Citation (charles.muller @ 27/01/2007 - 00:49) *
Au passage, qui comprend cette citation ?


ce que je comprends c'est :


les effets des émissions anthropiques de CO2 au XXI ème siècle vont perdurer pendant plus d'un millénaire , en raison de la durée de vie de ce gaz dans l'atmosphère .
charles.muller
Citation (meteor @ 27/01/2007 - 11:36) *
ce que je comprends c'est :
les effets des émissions anthropiques de CO2 au XXI ème siècle vont perdurer pendant plus d'un millénaire , en raison de la durée de vie de ce gaz dans l'atmosphère .

C'est aussi ce que je comprenais, mais c'est un peu mystérieux pour moi. Le temps de vie d'une molécule de CO2 dépend de la modélisation du cycle du carbone, c'est-à-dire de l'interaction entre le réservoir atmosphérique et les stocks sol-biosphère-océans. Dire que telle proportion des émissions 2000 sera encore effective à +1000 ans me paraît spéculatif - apparemment, cela revient d'après la citation à supposer que les océans continueront de se réchauffer (d'absorber relativement moins) pendant plusieurs siècles, voire plus. Et surtout de se réchauffer dans les premières centaines de mètres, puisque c'est là me semble-t-il que la solubilité est effective (que la couche profonde océanique se réchauffe de 1°C en 1000 ans aura sûrement un effet sur le niveau des mers, mais pas trop sur l'échange carbone dans la couche surface-thermocline, si ?). Or, si les GES atmosphériques commencent à se stabiliser, puis à décroître, le forçage radiatif suit, la couche supérieure des océans n'a pas de raison de se réchauffer encore, mais a plutôt tendance à refroidir, etc.

Mais bon, c'est déjà HS par rapport au thème choisi par Alain pour cette discussion, centrée sur la publication tant attendue de la semaine prochaine. On avait déjà parlé de cela, mais je ne retrouve plus la bonne discussion.
florent76
«La menace d'un changement climatique dangereux se confirme»



Edouard Bard climatologue, explique comment les outils scientifiques les plus performants font craindre une dérive climatique d'une ampleur et d'une rapidité dangereuses pour les sociétés humaines, dès la seconde moitié du siècle. Pour atténuer ce risque, une mutation technologique et économique s'impose.

Par Sylvestre HUET
QUOTIDIEN : samedi 27 janvier 2007

Professeur au Collège de France depuis 2001, Edouard Bard, 45 ans, y occupe la chaire d'évolution du climat et des océans. Océanographe, paléoclimatolo-gue et géochimiste, il dirige une équipe au Centre européen de recherche et d'enseignement en géosciences de l'environnement (Cerege), à Aix-en-Provence. Ses recherches ont donné lieu à plus de cent articles scientifiques. Multimédaillé par l'European Union of Geosciences, l'American Geophysical Union, French citation laureate (1981-1998) de l'Institute of Scientific Information, il vient de recevoir le premier prix Gérard Mégie du CNRS et de l'Académie des sciences.

Les scientifiques sont à l'origine de la convention des Nations unies sur le climat, signée en 1992. L'opinion publique a souvent l'impression qu'ils se répètent depuis lors. Est-ce le cas ?
C'est une impression vraie... et fausse ! Les scientifiques donnent le sentiment de se répéter, car, par une sorte d'ironie de la nature, l'estimation de l'ordre de grandeur de la perturbation du climat par l'homme a été bonne avant même que l'on puisse l'étudier de manière quantitative. On peut même remonter jusqu'aux travaux du chimiste suédois Svante Arrhenius : dès 1896, il prévoit l'augmentation de la température moyenne de la Terre comme conséquence de l'utilisation des combustibles fossiles. Arrhenius estimait qu'un doublement de la teneur en gaz carbonique de l'air se traduirait par un réchauffement de la planète de l'ordre de 5 à 6 °C. Il est assez stupéfiant de constater que cette prévision n'est pas très éloignée de celles publiées aujourd'hui. Cet accord est quasiment miraculeux, car Arrhenius ne disposait pas de données très fiables sur les gaz à effet de serre et n'avait pas envisagé la multitude de rétroactions climatiques. Le peu d'écart apparent entre les résultats des premières, et rudimentaires, simulations informatiques du climat futur dans les années 80 et celles d'aujourd'hui, beaucoup plus réalistes, s'explique de même. Cette apparente continuité cache un énorme effort de recherches et de nombreuses découvertes scientifiques.

L'alerte lancée à la fin des années 80 était fondée sur des simulations informatiques. Comment ont évolué ces simulations et leurs résultats ?
Il y a vingt ans, les modèles numériques ne prenaient en compte que la dynamique de l'atmosphère. De plus, les simulations se limitaient à un calcul du climat «à l'équilibre» pour un doublement de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (environ 550 parties par million). Aujourd'hui, les capacités des ordinateurs autorisent des représentations beaucoup plus complètes et ces modèles ont fait d'immenses progrès. L'océan mondial, avec sa circulation profonde, est mieux représenté. Des interactions plus réalistes s'instaurent entre l'atmosphère, l'océan, les glaces, les cycles géochimiques et la biosphère, qui constituent d'ailleurs de nouvelles sources d'incertitudes. Des points délicats, comme l'action multiple et complexe des aérosols et des nuages, ont fait l'objet d'intenses recherches. Notre compréhension des phénomènes physico-chimiques et biologiques ainsi que leur représentation mathématique ont aussi fait des progrès significatifs. Même s'il demeure des simplifications et l'impossibilité de représenter de manière explicite les processus se déroulant à petites échelles spatiales. En outre, de nombreuses équipes, notamment en France ou en Chine, ont réalisé des simulations complètes avec des modèles différents. Si l'ordre de grandeur du changement climatique prévu n'a pas changé ­ un réchauffement d'entre 2 et 6 °C en moyenne planétaire en fonction des scénarios d'émissions et de la sensibilité plus ou moins grande du climat à cette perturbation ­, cette conclusion est donc bien plus solide qu'à l'époque. La menace d'un bouleversement climatique, au cours de la seconde moitié du siècle, d'une ampleur et d'une rapidité dangereuses pour les sociétés humaines, a donc été confirmée.

L'évolution du climat mesurée depuis 1990 a-t-elle conforté ou réduit la confiance que vous placez dans les simulations informatiques ?
Il s'est passé plus de quinze ans depuis le premier rapport du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) qui a débouché sur la signature de la convention de l'ONU. C'est une durée significative. Durant cette période, la croissance des émissions de gaz carbonique issu du charbon, du pétrole et du gaz naturel a suivi les scénarios les plus élevés, avec plus de 3 % par an entre 2000 et 2005, contre moins de 1 % entre 1990 et 1999. Si l'on y ajoute la déforestation, on atteint 9 milliards de tonnes de carbone par an, contre moins de huit dans les années 90. En conséquence, la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère atteint aujourd'hui 383 parties par millions, mesurée à Hawaii, contre 280 avant la révolution industrielle, un niveau sans précédent depuis un million d'années. Les températures moyennes ont continué d'augmenter, sur un rythme proche de ce qui est prévu par les modèles, toutes les années 2000 sont nettement au-dessus de la moyenne 1960-1990. Le niveau marin global poursuit sa progression de 3,1 millimètres par an depuis 1993, selon les satellites, un phénomène lié à sa dilatation thermique et à la fonte des glaces continentales. La réponse de la flore et de la faune au changement climatique devient plus nette : allongement des durées de croissance végétale, déplacement des animaux sauvages. Si l'amplitude de ces changements reste encore petite par rapport à celle que nous craignons pour la seconde moitié du siècle, ils plaident tous en faveur de la fiabilité des modèles.

Des éléments naturels (volcans, Soleil) pourraient-ils compenser l'influence humaine ?
L'astronomie et la géologie nous renseignent sur la probabilité et l'ampleur des variations possibles de ces forçages. Une éruption majeure comme celle du Pinatubo (Philippines) en 1991 peut entraîner un refroidissement mondial de l'ordre d'un demi-degré. L'effet climatique ne dure que quelques années et il faudrait subir une éruption majeure presque tous les ans pour contrecarrer le réchauffement anthropique. Le forçage solaire peut fluctuer dans le temps. Les données des satellites montrent des variations très faibles depuis trente ans. Des séries plus longues, mais moins précises, permettent de conclure que le Soleil était moins actif qu'aujourd'hui, mais l'impact climatique de ces fluctuations semble limité. Néanmoins, ces variations irrégulières semblent responsables de tendances climatiques à l'échelle de quelques siècles. Si l'activité solaire augmentait à l'avenir, ceci viendrait amplifier, et non compenser, un réchauffement dominé par les gaz à effet de serre d'origine anthropique.

Faut-il craindre le risque de changements catastrophiques à brève échéance ?
Cette perception erronée est liée à deux événements médiatisés à l'échelle mondiale. Le film le Jour d'après, qui met en scène la survenue dramatique d'une glaciation. Et le rapport commandé par le Pentagone pour un wargame de généraux sur le thème d'une crise climatique provoquée par un arrêt du Gulf Stream. Dans les deux cas, l'ampleur et l'imminence des changements climatiques sont totalement exagérés. L'idée d'un coup de froid glaciaire sur l'Europe provient d'une déformation spectaculaire de nos résultats. Le réchauffement devrait intensifier le cycle de l'eau, augmenter les précipitations aux hautes latitudes, ainsi que les flux d'eau douce via les fleuves, la fonte des glaces continentales et du Groenland. Tout ceci diminuera la salinité et donc encore plus la densité des masses d'eau de l'Atlantique Nord, déstabilisant des zones de plongée d'eau de surface vers les fonds océaniques. Cette circulation profonde qui s'accompagne d'un réchauffement au-dessus et autour de l'Atlantique Nord devrait donc diminuer en intensité, de 10 à 50 % d'ici à 2150 selon les simulations climatiques. D'ici à 2100, l'effet sera un moindre réchauffement dans la région du nord de l'Atlantique. Au pire, si la perturbation passe un seuil, à un refroidissement localisé sur l'Atlantique Nord. Mais en aucun cas à une glaciation, même régionale.

Les événements météo (canicule de 2003, cyclones) sont souvent utilisés comme preuves du changement climatique, est-ce justifié ?
Il faut éviter d'entretenir une confusion entre la variabilité météorologique naturelle et le changement climatique. Et se garder de commentaires simplistes qui suivent chaque événement extrême, une tempête, un ouragan, une vague de chaleur estivale, une pluie intense suivie de crues et d'inondations. Indépendamment de l'action de l'homme, le climat peut se révéler cruel et destructeur. En outre, il est impossible d'évaluer l'influence du réchauffement en cours sur la genèse de ces événements singuliers, elle peut très bien ne pas être en cause. Toutefois, ces exemples illustrent la sensibilité des sociétés humaines aux aléas du climat. Par ailleurs, certains événements, qualifiés d'extrêmes actuellement en raison de leur rareté, pourraient ne plus l'être dans le climat que nous léguerons aux générations futures. La canicule de 2003 en Europe pourrait représenter un été moyen à la fin du siècle.

N'êtes-vous pas tenté de dramatiser la situation pour mieux financer vos labos ?
Le vocabulaire catastrophiste n'est généralement pas utilisé par les climatologues. Les slogans un peu simplistes ­ «sauvons la planète et les ours polaires» ­ sont plutôt le fait d'ONG, de militants dont la bonne foi est réelle et qui espèrent ainsi mobiliser l'opinion publique, mais sans toujours se soucier de l'exactitude ou de la rigueur du propos. On peut déjà noter que les recherches sur l'atmosphère, l'océan, les sédiments marins et les glaces polaires, qui ont mis en évidence la menace climatique, ont été financées à partir des années 70... avant que cette menace ne soit reconnue par les scientifiques. Votre question peut toutefois s'éclairer à l'aide d'un paradoxe qui provient de la comparaison des situations en Europe et aux Etats-Unis. En Europe, les scientifiques ont réussi à convaincre leur classe politique. A tel point que la recherche de la variabilité climatique naturelle ou l'amélioration des performances des modèles ne sont plus prioritaires, alors que des crédits importants sont attribués pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, prévoir l'impact local du réchauffement mondial et rechercher des solutions industrielles afin de s'y adapter. Outre-Atlantique, c'est presque l'inverse. Bien que les conclusions du rapport publié en 2001 par l'Académie des sciences des Etats-Unis soient similaires à celles du GIEC, la Maison Blanche refuse de s'engager dans la voie de la réduction des émissions. Pour tenir cette position, délicate au plan diplomatique, le gouvernement américain avance qu'il augmente le financement de la recherche, en prétendant qu'il faudrait d'abord mieux comprendre et réduire les sources d'incertitudes avant d'agir. La conséquence, paradoxale, est que le financement de la recherche fondamentale sur le climat se porte mieux aux Etats-Unis qu'en Europe.

Maintenez-vous votre recommandation de limiter les émissions de gaz à effet de serre ?
Bien sûr, mais il faudrait aller bien au-delà de la chasse au gaspi. Pour stabiliser avant la fin du siècle la concentration atmosphérique en gaz carbonique, nous devrions réduire notre consommation d'énergie fossile de façon drastique. Selon nos calculs, il faudrait diviser par deux les émissions mondiales d'ici 2050, pour les réduire au niveau de la capacité de pompage par les océans et la biosphère. Un tel objectif, s'il veut rester compatible avec l'objectif de conditions de vie meilleures pour les milliards d'êtres humains qui souffrent aujourd'hui d'une pauvreté inacceptable, et n'utilisent encore que très peu d'énergie fossile, suppose une action continue, de grande ampleur, coordonnée au plan international. Certes, économiser l'énergie fossile, comme l'exemple simple de l'isolation des bâtiments le montre. Mais aussi développer des technologies alternatives de production d'électricité et de transport. Décourager la division mondiale du travail fondée sur le transport massif à longue distance. Mettre en cause des modes de vie et de consommation fondés sur le pétrole bon marché. Revoir l'urbanisme extensif. Développer le stockage géologique du gaz carbonique issu de centrales électriques au charbon et au gaz... Ces pistes, parmi celles avancées par mes collègues des sciences humaines et sociales, suffisent pour prendre conscience du caractère volontariste de la mutation nécessaire, si nous voulons atténuer le risque climatique majeur que nous faisons courir à nos descendants.

Source : http://www.liberation.fr/transversales/weekend/231235.FR.php


Florent.
charles.muller
Je crois que je vais publier un Manuel de la langue de bois à usage des commentaires climatiques, indispensable en ces temps de publication des rapports GIEC. biggrin.gif

Il comprendra par exemple les phrases suivantes :

- Les mécanismes du climat sont désormais bien maîtrisés dans les grandes lignes, même s'il reste beaucoup de détails à améliorer.

- Les modèles progressent considérablement, bien que certains phénomènes soient très complexes à évaluer.

- Nos conclusions sont bien plus robustes aujourd'hui qu'hier.

Sinon, Bard est toujours assez mesuré dans ses déclarations. Ce qu'il signale sur le financement de la recherche fondamentale Europe / Etats-Unis est intéressant, ainsi que l'indifférence relative pour la variabilité naturelle du climat.

De même la continuité "quasi-miraculeuse" d'Arrhenius aux 19 modèles GIEC 2007. Mais là-dessus, il manque un peu de précision. Arrhenius était à 5-6°C pour un doublement CO2, le GIEC 1995 à 3,8°C (moyenne tous modèles), le GIEC 2001 à 3,5°C, le GIEC 2007 à 3,2°C. Donc, pour le moment, les progrès de la recherche sur un siècle / quinze ans amènent à réduire progressivement la sensibilité climatique. C'est tellement progressif que lorsqu'elle sera à 1,7°C dans 25 ans, Edouard Bard dira que le progrès des modèles a confirmé les intuitions initiales biggrin.gif
meteor
Citation (charles.muller @ 27/01/2007 - 15:16) *
C'est tellement progressif que lorsqu'elle sera à 1,7°C dans 25 ans, Edouard Bard dira que le progrès des modèles a confirmé les intuitions initiales biggrin.gif


pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

Je vais donc poursuivre ce raisonnement subtil:

dans 90 ans à raison de 0.3°C de moins tous les 6 ans on devrait être à une sensiblilité de 3.2-15*0.3 =-1.3°C

c'est pas beau çà? biggrin.gif
Alain Coustou
Citation (meteor @ 27/01/2007 - 15:30) *
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin?
Je vais donc poursuivre ce raisonnement subtil:
dans 90 ans à raison de 0.3°C de moins tous les 6 ans on devrait être à une sensiblilité de 3.2-15*0.3 =-1.3°C
C'est pas beau çà? biggrin.gif

Eh, charles ! Reconnais que tu l'as un peu cherché ! dry.gif
charles.muller
Citation (meteor @ 27/01/2007 - 15:30) *
pourquoi s'arrêter en si bon chemin?
(...)

Mais pour une raison très simple, cher Meteor : dans 90 ans, le GIEC n'existera plus biggrin.gif

Blague à part, cette sensibilité climatique 2xCO2 est quand le point nodal du débat, et cela ne progresse pas vraiment dans les fourchettes, malgré les assertions de Bard et autres. On est à 2-4,5°C, et voir ce que dit le GIEC-IPCC lui-même pour l'interprétation de la valeur médiane 3,2 °C (10-73, lignes 36-37).
meteor
Citation (Alain Coustou @ 27/01/2007 - 15:36) *
Eh, charles ! Reconnais que tu l'as un peu cherché ! dry.gif


Enfin mon but était de le charrier un peu, ce n'était pas très subtil non plus je dois dire mais disons que j'étais dans le même registre. biggrin.gif

plus sérieusement, on peut avoir une autre approche de l'évolution de cette sensibilité climatique.
Si je regarde les fourchettes, au lieu de valeurs médianes:

SAR: 1.9-5.2
TAR: 2.0-5.1
AR4: 2.0-4.5

Je constate une consolidation de la borne inférieure à 2°C pour des points médians qui baissent effectivement.
Il semble donc de plus en plus improbable d'avoir des sensibilités inférieures à 2°C.

Pour ceci:

Citation
cette sensibilité climatique 2xCO2 est quand le point nodal du débat, et cela ne progresse pas vraiment dans les fourchettes, malgré les assertions de Bard et autres. On est à 2-4,5°C, et voir ce que dit le GIEC-IPCC lui-même pour l'interprétation de la valeur médiane 3,2 °C (10-73, lignes 36-37).


oui ok pour la valeur médiane.

d'ailleurs honnêtement je finis par m'y perdre dans les explications emberlificotées de l'AR4 à ce sujet.

Si je reprends par contre les valeurs de fourchettes en supposant que c'est la même définition je constate également une diminution de leur "largeur", puisqu'on passe de 3.3 à 3.1 puis 2.5°C.
C'est aussi à considérer pour apprécier la progression des modèles, ne serait-ce que dans l'expression de leurs résultats, avec le fait que la borne inférieure semble d'avantage constante.
Si on ose faire une approche tendancielle on devrait avoir intersection des droites de tendance de borne inf et sup à 2.34°C.
Mais c'est sans tenir compte des probabilités.


Citation
Mais pour une raison très simple, cher Meteor : dans 90 ans, le GIEC n'existera plus


Pas sûr!
la mauvaise herbe est particulièrement résistante. smile.gif
charles.muller
Pas trop d'accord avec toi. Dans la référence que je donnais, l'AR4 dit que les modèles GCM sont équivalents (ne sont pas "plus probablement vrai" les uns que les autres) et que la valeur médiane de 3,2°C n'est apparemment pas une approche "ensembliste" (au sens où l'on ferait tourner tous les modèles dans une expérience commune avec strictement les mêmes variations de paramètres). Donc, un modèle qui donne sa probabilité maximale à 2°C pour 2xCO2 est aussi "probable" que celui qui la donne à 4,5°C. Mais celui qui donne son PDFmax à 2°C a lui-même une fourchette plus large (par exemple 1,3-4°C), laquelle est donc pour le moment équiprobable avec d'autres fourchettes. C'est le cas des modèles INM-CM 3.0 ou PCM (2,1°C). D'ailleurs, le GIEC conclut que les valeurs inférieures à 1,5°C sont très peu probables, ce qui signifie que la tranche 1,5-2°C reste envisageable (quoiqu'exclue de la fourchette et au même titre que les valeurs > à 4,5°C).

A noter : d'après le tableau 8-8-1, la valeur exacte de la fourchette GCMs est 2,1-4,4 °C.

A noter aussi : la réponse climatique transitoire va de 1,2 à 2,6°C pour 2xCO2, j'ignore en revanche le délai du transitoire vers l'équilibre.
meteor
Citation (charles.muller @ 27/01/2007 - 19:57) *
D'ailleurs, le GIEC conclut que les valeurs inférieures à 1,5°C sont très peu probables, ce qui signifie que la tranche 1,5-2°C reste envisageable (quoiqu'exclue de la fourchette et au même titre que les valeurs > à 4,5°C).

tu vois bien qu'on parle de probabilité puisqu'on parle de "probables".
Il est clair que l'on ne peut exclure 1.5 à 2°C ainsi d'ailleurs que ce qui est < 1.5 ou > 5°C.
Il ne s'agit pas d'écarter un modèle par rapport à un autre mais il faut considérer l'ensemble des modèles et l'ensemble des pdf de chacun des modèles.
Cet ensemble donne lui-même un pdf à partir du "mixage" pdf des 18 modèles.
Nous avons déjà eu une discussion de ce genre je crois.
charles.muller
Citation (meteor @ 27/01/2007 - 20:06) *
tu vois bien qu'on parle de probabilité puisqu'on parle de "probables".
Il est clair que l'on ne peut exclure 1.5 à 2°C ainsi d'ailleurs que ce qui est < 1.5 ou > 5°C.
Il ne s'agit pas d'écarter un modèle par rapport à un autre mais il faut considérer l'ensemble des modèles et l'ensemble des pdf de chacun des modèles.
Cet ensemble donne lui-même un pdf à partir du "mixage" pdf des 18 modèles.
Nous avons déjà eu une discussion de ce genre je crois.


Oui on en a parlé, mais j'en suis toujours au même point. Si les résultats des 19 modèles sont indépendants et équiprobables, extraire une valeur médiane n'a pas de sens à mes yeux et induit le lecteur en erreur sur la "précision accrue des modèles". 2 est aussi probable que 4,5, et la fourchette autour de 2 aussi probable que celle autour de 4,5. Sur FS, Yves m'avait dit que c'était plutôt des prévisions d'ensemble, mais il semble à lire la Box 10.2 que ce n'est pas le cas. Murphy 2004 et Pinai 2005 ont fait en revanche ce genre de travail, en faisant varier plusieurs dizaines de paramètres et en faisant tourner à chaque fois jusqu'à l'équilibre 2xCO2. Mais ils l'ont fait sur un seul modèle (version simplifiée de HadAM3 ou HadSM3).
meteor
Citation (charles.muller @ 27/01/2007 - 20:39) *
Oui on en a parlé, mais j'en suis toujours au même point. Si les résultats des 19 modèles sont indépendants et équiprobables, extraire une valeur médiane n'a pas de sens à mes yeux et induit le lecteur en erreur sur la "précision accrue des modèles". 2 est aussi probable que 4,5, et la fourchette autour de 2 aussi probable que celle autour de 4,5. Sur FS, Yves m'avait dit que c'était plutôt des prévisions d'ensemble, mais il semble à lire la Box 10.2 que ce n'est pas le cas. Murphy 2004 et Pinai 2005 ont fait en revanche ce genre de travail, en faisant varier plusieurs dizaines de paramètres et en faisant tourner à chaque fois jusqu'à l'équilibre 2xCO2. Mais ils l'ont fait sur un seul modèle (version simplifiée de HadAM3 ou HadSM3).

Je suis pas assez au fait du truc pour pouvoir m'exprimer bp plus loin sans dire de bêtises et je trouve les explications dans l'AR4 assez indigestes.
Pour le moment j'aurais tendance à considérer le domaine commun au plus grand nombre de modèles possible.
Ou alors à faire la moyenne des températures pondérées de leur probabilité (ou degré de confiance) données par chacun des modèles.
Voilà où j'en suis.
Mais je pense qu'on doit trouver une partie de la solution dans les fig 1 et 2 de la box 10.2.
en particulier le e/f de la fig 1 où manquent les points bleu représentant les résultats des AOGCM individuels.
Il ne semble pas qu'il y ait des pdf par modèle effectivement.
Je ne sais pas bien comment tout celà se calcule et s'articule.
Les "scientific basis" c'est bien, mais à condition de connaître les vrais bases théoriques.
C'est pareil pour la théorie de l'effet de serre, il n'y a rien.
Et ces rapports du GIEC sont tout à fait insuffisants pour aller au fond des choses.

En tous cas sur cette figure 1 on voit 3 figures qui représentent chacune des méthodes différentes d'évaluation de pdf global.
la première par les évènements passés style Pinatubo, la deuxième par la climatologie (?) et la troisième qui se réfère à ce dont on parle plus haut.
La valeur médiane se situe bien vers 3°C pour les différentes méthodes et c'est ce qui détermine le GIEC à se fixer là-dessus (voir la conclusion de la box 10.2)
Maintenant...
Alain Coustou
La discussion est engagée de manière très intéressante sur les modèles du GIEC. J'espére que la publication du 4ème rapport sera accompagnées de données scientifiques suffisamment précises à ce sujet.
En attendant, voici une autre dépêche d'agence, celle de l'AFP:

Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la bombe climatique
(AFP, 27 janvier 2007)
Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique": le réchauffement planétaire déjà à l'œuvre et, surtout, à venir.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), mandaté par l'ONU, va plancher 4 jours à l'Unesco pour publier vendredi 2 février le chapitre scientifique de son quatrième rapport, véritable "bible" des connaissances climatiques qui servira de référence pour les cinq prochaines années.
Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle": "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut.
Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par "rétroaction", jouer les accélérateurs du processus.
Les climatologues redoutent en effet qu'au delà "d'effets de seuil", ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu'il soit possible pour l'heure "de déterminer les limites à ne pas franchir", explique Edouard Bard du Collège de France.
La dernière livraison du GIEC, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l'évolution des sociétés et des économies, plus ou moins énergivores.
"Par rapport à 2001, l'exercice sera plus large et plus complet et fera l'effort de présenter les résultats sous forme probabiliste: c'est à dire le degré de confiance accordé aux termes d'une fourchette donnée", indique Serge Planton, qui dirige la recherche climatologique à Météo-France.
Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8°C en un siècle, pour moitié au cours des trente dernières années. "Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n'importe quelle année depuis plus de 140 ans", note le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du GIEC.
Et pour la communauté scientifique, cette accélération du réchauffement constaté dans les dernières décennies ne peut s'expliquer par la seule variation naturelle du climat. Une bonne part des gaz à effet de serre lâchés dans l'atmosphère le sont par les activités humaines, ce qui impose une réaction de la part des dirigeants du monde.
C'est à eux que s'adresse le "résumé à l'intention des décideurs" que leur concocteront les experts réunis à Paris. Un résumé en dix pages du rapport de synthèse, qui dira l'essentiel et le plus clairement possible, mais qui va nécessiter d'ardents débats et un marchandage "ligne par ligne", selon Jean Jouzel.
Ce résumé sert de socle à l'action internationale en faveur de la réduction des émissions de GES dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto.
"A l'heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l'ordre de +3°C en 2100. Mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES", qui varient selon les choix économiques, la démographie mais aussi la diplomatie, indique Edouard Bard.
L'Union européenne a déjà fait sienne la conviction d'experts réunis en 2005 à Exeter, au Royaume-Uni: au delà de 2°C supplémentaires, la planète aura du mal à s'adapter.
Marot
Citation (Alain Coustou @ 28/01/2007 - 13:16) *
...En attendant, voici une autre dépêche d'agence, celle de l'AFP:

Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la bombe climatique
(AFP, 27 janvier 2007)
Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique": le réchauffement planétaire déjà à l'œuvre et, surtout, à venir.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), mandaté par l'ONU, va plancher 4 jours à l'Unesco pour publier vendredi 2 février le chapitre scientifique de son quatrième rapport, véritable "bible" des connaissances climatiques qui servira de référence pour les cinq prochaines années.
Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle": "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut.
Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par "rétroaction", jouer les accélérateurs du processus.
Les climatologues redoutent en effet qu'au delà "d'effets de seuil", ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu'il soit possible pour l'heure "de déterminer les limites à ne pas franchir", explique Edouard Bard du Collège de France.
La dernière livraison du GIEC, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l'évolution des sociétés et des économies, plus ou moins énergivores.
"Par rapport à 2001, l'exercice sera plus large et plus complet et fera l'effort de présenter les résultats sous forme probabiliste: c'est à dire le degré de confiance accordé aux termes d'une fourchette donnée", indique Serge Planton, qui dirige la recherche climatologique à Météo-France.
Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8°C en un siècle, pour moitié au cours des trente dernières années. "Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n'importe quelle année depuis plus de 140 ans", note le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du GIEC.
Et pour la communauté scientifique, cette accélération du réchauffement constaté dans les dernières décennies ne peut s'expliquer par la seule variation naturelle du climat. Une bonne part des gaz à effet de serre lâchés dans l'atmosphère le sont par les activités humaines, ce qui impose une réaction de la part des dirigeants du monde.
C'est à eux que s'adresse le "résumé à l'intention des décideurs" que leur concocteront les experts réunis à Paris. Un résumé en dix pages du rapport de synthèse, qui dira l'essentiel et le plus clairement possible, mais qui va nécessiter d'ardents débats et un marchandage "ligne par ligne", selon Jean Jouzel.
Ce résumé sert de socle à l'action internationale en faveur de la réduction des émissions de GES dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto.
"A l'heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l'ordre de +3°C en 2100. Mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES", qui varient selon les choix économiques, la démographie mais aussi la diplomatie, indique Edouard Bard.
L'Union européenne a déjà fait sienne la conviction d'experts réunis en 2005 à Exeter, au Royaume-Uni: au delà de 2°C supplémentaires, la planète aura du mal à s'adapter.


Je sais bien que je ne vais pas faire beaucoup avancer le shmilblic mais tout de même...

Je m'interroge sur l'intérêt d'une d'une dépêche non factuelle.

Chacun sait que le ton général est celui du journaliste qui doit "vendre" son papier en concurrence avec les autres agences. Le journaliste est au final jugé sur la diffusion de ses papiers.

Il est donc normal de lire un mélange d'apparence de sérieux pour sopn renom et de ton catastrophiste pour la vente. Le reste importe peu.

Le ton est clairement affiché par la bombe climatique.

Les citations, nous le savons tous, sont tirées de contextes inconnus et sont parfois profondément modifiées.
Nombreux sont ceux qui disent ensuite : «Je n'ai pas dit cela».

Le texte lui-même est plus que sujet à caution.
publier vendredi 2 février le chapitre scientifique alors que C. M. dit explicitement que la partie scientifique ne sera publiée qu'en mai.

À l'heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l'ordre de +3°C en 2100.
Cette heure actuelle en 2100 suivi par est au lieu de sera est d'une plume qui dérape.

Enfin un marchandage "ligne par ligne" mérite à lui seul une mention spéciale.
charles.muller
Citation (Alain Coustou @ 28/01/2007 - 13:16) *
(...)
Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la bombe climatique
(AFP, 27 janvier 2007)

Une bombe... à retardement biggrin.gif


Citation
Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle": "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut.

Ah ? J'ai dû mal lire le Second Draft, je trouve que l'évacuation des valeurs hautes des scénarios irréalistes, la hausse limitée du niveau des mers ou l'incertitude sur la variabilité naturelle du dernier millénaire sont des "bonnes nouvelles".

Citation
Fonte des glaces de mer et des sols gelés en profondeur (permafrost ou pergélisol), diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers, dilatation des océans réchauffés, sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par "rétroaction", jouer les accélérateurs du processus.
Les climatologues redoutent en effet qu'au delà "d'effets de seuil", ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu'il soit possible pour l'heure "de déterminer les limites à ne pas franchir", explique Edouard Bard du Collège de France.

A nouveau, le Second Draft parle très peu de ces effets de seuil - et pour cause, ils n'apparaissent pas dans les 19 modèles GCM du GIEC dont le comportement est linéaire en 2000-2100. Donc, on redoute maintenant un phénomène que les modèles n'annoncent pas. On redoute en fait que les modèles soient médiocres, ce qui est ma foi assez légitime.

Citation
La dernière livraison du GIEC, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l'évolution des sociétés et des économies, plus ou moins énergivores.

Le grand classique journalistique (et parfois scientifique hélas) : on met l'amplitude de la fourchette sur le dos des seules émissions humaines, alors même qu'elle dépend tout autant de la sensibilité climatique (de l'incapacité des modèles à amélioer leur estimation sur ce sujet purement climatique, indépendant des émissions).
Exemple : la sensibilité climatique transitoire des modèles va de 0,32 à 0,70 K / W/m2. Le forçage moyen attendu en 2100 va de 4,19 W/m2 (B1) à 8,07 W/m2 (A2). Donc, le facteur d'incertitude de la sensibilité transitoire (2,19) est supérieur au facteur d'incertitude du forçage anthropique (1,93).

Citation
"Par rapport à 2001, l'exercice sera plus large et plus complet et fera l'effort de présenter les résultats sous forme probabiliste: c'est à dire le degré de confiance accordé aux termes d'une fourchette donnée", indique Serge Planton, qui dirige la recherche climatologique à Météo-France.

On a vu que ce n'était pas clair pour la sensibilité cimatique. Quant aux scénarios, l'impression que j'ai retirée de la lecture est que A1FI est discrètement relégué. (Scénarios qui sont tous déjà faux, rappelons-le, sur le CH4).

Citation
Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8°C en un siècle, pour moitié au cours des trente dernières années. "Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n'importe quelle année depuis plus de 140 ans", note le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du GIEC.

A ce sujet, un calcul de Steve McIntyre :
http://www.climateaudit.org/?p=1106#more-1106
Je ne sais pas comment les estimations sont passées de 0,6°C 1901-2000 à 0,8°C 1906-2005. Les 0,2°C ne se retrouvent pas dans la pente du réchauffement 2001-2005.

Citation
Et pour la communauté scientifique, cette accélération du réchauffement constaté dans les dernières décennies ne peut s'expliquer par la seule variation naturelle du climat. Une bonne part des gaz à effet de serre lâchés dans l'atmosphère le sont par les activités humaines, ce qui impose une réaction de la part des dirigeants du monde.

Il serait utile se savoir par quoi cette "accélération" s'explique exactement. Les cycles 21 et 22 du soleil ont été apparemment les 2e et 3e plus élevés du XXe siècle, les aérosols sulfatés anthropiques ont baissé entre 1979 et 2007, la nébulosité semble avoir évolué en faveur d'un réchauffement depuis une quinzaine d'années, l'humanité a gagné 2 milliards d'humains et modifié les usages des sols... les GES sont un co-facteur, mais l'estimation de leur poids exact sur les T régionales ou globales serait utile pour les "dirigeants du monde".

Citation
C'est à eux que s'adresse le "résumé à l'intention des décideurs" que leur concocteront les experts réunis à Paris. Un résumé en dix pages du rapport de synthèse, qui dira l'essentiel et le plus clairement possible, mais qui va nécessiter d'ardents débats et un marchandage "ligne par ligne", selon Jean Jouzel.
Ce résumé sert de socle à l'action internationale en faveur de la réduction des émissions de GES dans le monde, cadrée par le protocole de Kyoto.

Ce résumé est nul de l'avis de tout le monde : les uns se plaignent de la pression des politiques, les autres disent que les chercheurs minimisent leurs incertitudes, tout le monde reconnaît qu'il est stérile de passer trois heures à chipoter une virgule... Pourquoi donc centrer sa communication sur un texte aussi peu fiable? Pourquoi attendre mai pour mettre en ligne le rapport WG1 complet ? A ce sujet, je me permets de renvoyer vers une étrange précision de méthode dans les statuts du GIEC, où il apparaît que la partie I du rapport peut être légèrement modifiée pour se conformer au Résumé (et non l'inverse) :
http://www.climat-sceptique.com/article-5414655.html

Citation
"A l'heure actuelle, le réchauffement moyen tel que montré par les simulations est de l'ordre de +3°C en 2100. Mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES", qui varient selon les choix économiques, la démographie mais aussi la diplomatie, indique Edouard Bard. L'Union européenne a déjà fait sienne la conviction d'experts réunis en 2005 à Exeter, au Royaume-Uni: au delà de 2°C supplémentaires, la planète aura du mal à s'adapter.

Réchauffement moyen vide de sens, comme d'habitude, puisque ni les scénarios ni les sensibilités climatiques ne peuvent être tous vrais en même temps, et que les GCM du GIEC ne peuvent pas prendre en compte la variabilité naturelle soleil+volcan des décennies à venir.

Environ 70% des médias se contentent de recopier les dépêches AFP (ou AP ou Reuters) car ils n'ont pas de rédacteurs scientifiques spécialisés. Cela nous promet encore une couverture précise et objective des progrès des sciences climatiques...
Alain Coustou
Citation (charles.muller @ 28/01/2007 - 16:13) *
(...)
A nouveau, le Second Draft parle très peu de ces effets de seuil - et pour cause, ils n'apparaissent pas dans les 19 modèles GCM du GIEC dont le comportement est linéaire en 2000-2100. Donc, on redoute maintenant un phénomène que les modèles n'annoncent pas. On redoute en fait que les modèles soient médiocres, ce qui est ma foi assez légitime.
Le grand classique journalistique (et parfois scientifique hélas) : on met l'amplitude de la fourchette sur le dos des seules émissions humaines, alors même qu'elle dépend tout autant de la sensibilité climatique (de l'incapacité des modèles à amélioer leur estimation sur ce sujet purement climatique, indépendant des émissions).
Exemple : la sensibilité climatique transitoire des modèles va de 0,32 à 0,70 K / W/m2. Le forçage moyen attendu en 2100 va de 4,19 W/m2 (B1) à 8,07 W/m2 (A2). Donc, le facteur d'incertitude de la sensibilité transitoire (2,19) est supérieur au facteur d'incertitude du forçage anthropique (1,93).
On a vu que ce n'était pas clair pour la sensibilité cimatique. Quant aux scénarios, l'impression que j'ai retirée de la lecture est que A1FI est discrètement relégué. (Scénarios qui sont tous déjà faux, rappelons-le, sur le CH4).
Je ne sais pas comment les estimations sont passées de 0,6°C 1901-2000 à 0,8°C 1906-2005. Les 0,2°C ne se retrouvent pas dans la pente du réchauffement 2001-2005.
Il serait utile se savoir par quoi cette "accélération" s'explique exactement. Les cycles 21 et 22 du soleil ont été apparemment les 2e et 3e plus élevés du XXe siècle, les aérosols sulfatés anthropiques ont baissé entre 1979 et 2007, la nébulosité semble avoir évolué en faveur d'un réchauffement depuis une quinzaine d'années, l'humanité a gagné 2 milliards d'humains et modifié les usages des sols... les GES sont un co-facteur, mais l'estimation de leur poids exact sur les T régionales ou globales serait utile pour les "dirigeants du monde".
Réchauffement moyen vide de sens, comme d'habitude, puisque ni les scénarios ni les sensibilités climatiques ne peuvent être tous vrais en même temps, et que les GCM du GIEC ne peuvent pas prendre en compte la variabilité naturelle soleil+volcan des décennies à venir.

D'accord pour dire que calculer une moyenne entre des scénarios (dont au mieux un seul se vérifiera) n'a scientifiquement aucun sens . Mieux vaudrait en citer 3 (ou plus) en précisant leurs différences.
D'accord également pour dire qu'il n'y a pas que les GES à prendre en compte et que les incertitudes des prévisions (en admettant qu'elles soient vraisemblables) proviennent au moins autant des facteurs naturels (el Niño, volcans, activité solaire...) que des facteurs anthropiques.
D'accord aussi pour reprocher l'absence de prise en compte des possibles (probables selon moi) effets de seuil (Edouard Bard le remarque à juste titre).

Imagine une seconde que j'aie raison (ce que je ne souhaite pas, mais que je redoute) : après le 2ème seuil de 2005, marqué par l'accélération du dégel profond du permafrost sur de larges superficies, un nouveau seuil climatique apparaitrait avec la disparition estivale quasi compléte de la banquise dans deux décennies environ, après une accélération du processus au cours des années précédentes. Quelques années plus tard, un quatrième seuil découlerait du début de la déstabilisation massive des gisements de clathrates.

Ce n'est alors plus un accroissement de l'ordre de 3°C qu'il faudrait redouter pour la fin du siècle, mais beaucoup plus encore et bien plus rapidement. Les modèles 2007 de l'IPCC ne seraient alors plus que des exemples catastrophiques (c'est là que l'adjectif serait justifié) d'erreur par ommission...

Alain
miniTAX
Citation (Alain Coustou @ 28/01/2007 - 16:53) *
D'accord pour dire que calculer une moyenne entre des scénarios (dont au mieux un seul se vérifiera) n'a scientifiquement aucun sens . Mieux vaudrait en citer 3 (ou plus) en précisant leurs différences.
D'accord également pour dire qu'il n'y a pas que les GES à prendre en compte et que les incertitudes des prévisions (en admettant qu'elles soient vraisemblables) proviennent au moins autant des facteurs naturels (el Niño, volcans, activité solaire...) que des facteurs anthropiques.
D'accord aussi pour reprocher l'absence de prise en compte des possibles (probables selon moi) effets de seuil (Edouard Bard le remarque à juste titre).
Bonjour Alain,
Je pense que l'histoire des scénarios, c'est pour cacher les lacunes énormes des modèles en faisant croire que l'incertitude est due à l'imprévisibilité des émissions humaines.
En effet, si tu lis bien le rapport scientifique, voire même le Résumé pour Décideurs (mais pour le deuxième document il faut savoir décoder un langage totalement abscon destiné justement à noyer le poisson), tu verras que la fourchette de température, c'est pour un doublement de CO2 (passage de 280 ppm à 560 ppm). Si la fourchette large, c'est à cause du flou total dans le modèle, pas à cause de l'imprévisibilité des émissions humaines, volcans, el Nino ou autres.

D'ailleurs, je te rappelle que tu as toi même dit sur ce forum qu'El Nino fait partie de la variabilité interannuelle qui est "intégrée" dans la climatologie (sous entendu, ne devrait pas influer sur les prévisions climatologique à assez long terme). A moins que je t'ai mal compris, ça me semble en contradiction avec ce que tu affirmes ici.
miniTAX
Citation (Alain Coustou @ 28/01/2007 - 13:16) *
La discussion est engagée de manière très intéressante sur les modèles du GIEC. J'espére que la publication du 4ème rapport sera accompagnées de données scientifiques suffisamment précises à ce sujet.
En attendant, voici une autre dépêche d'agence, celle de l'AFP:

Les scientifiques mondiaux réunis à Paris sur la bombe climatique
(AFP, 27 janvier 2007)
Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique": le réchauffement planétaire déjà à l'œuvre et, surtout, à venir.


***modéré***

"Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle":... selon le climatologue français Hervé Le Treut."
M. Le Treut ***modéré*** oublie de dire qu'on va réviser à la baisse
1)la hausse des océans d'au moins 20%,
2)l'influence anthropique dans le RC de 25 à 50% et
3)l'ESTIMATION des dégâts d'une quantité inconnue qui se "discutée ligne à ligne" par des politiciens.



"La dernière livraison du GIEC, en 2001, estimait que les températures moyennes mondiales pourraient augmenter de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin du siècle par rapport à 1990. Une amplitude de fourchette qui traduit moins les incertitudes de la science que celles liées à l'évolution des sociétés"

Messieurs de l'AFP, la fourchette de températures annoncée correspond à un doublement du CO2 par rapport à l'ère préindustrielle (la fameuse "sensibilité", càd l'hypothèse du passage de 280ppm à 560ppm) et si elle est d'amplitude aussi monstrueusement "ample", ce n'est pas dû à l'incertitude sur l'évolution des émissions mais bien dû à l'abîme d'incertitude de la "science" climatique.
charles.muller
Citation (miniTAX @ 28/01/2007 - 17:39) *
(...)
Effectivement, on va dire que pour l'instant, c'est une ânerie de journaliste. Mais si jamais le 0,8°C se retrouve dans le 4AR, alors là, ça va c..ier blink.gif


Oui, sans doute une imprécision de l'AFP, la base Nasa Giss (malgré une année 2005 fort haute et les célèbres dernières années les plus chaudes du millénaire...) reste calée sur 0,62°C / siècle (avec un gros trou sur l'Antarctique, au passage).

charles.muller
Citation (miniTAX @ 28/01/2007 - 17:29) *
(...)
Messieurs de l'AFP, la fourchette de températures annoncée correspond à un doublement du CO2 par rapport à l'ère préindustrielle (la fameuse "sensibilité", càd l'hypothèse du passage de 280ppm à 560ppm) et si elle est d'amplitude aussi monstrueusement "ample", ce n'est pas dû à l'incertitude sur l'évolution des émissions mais bien dû à l'abîme d'incertitude de la "science" climatique.


Abîme plus frappant encore quand on prend les rétrovalidations (ie les simulation 1901-présent) permettant de clamer que les modèles estiment correctement le poids relatif des forçages et des rétroactions.

Par exemple, si l'on en croit Hatzianastassiou 2004, Roesch 2006, les modèles AR4 surestiment tous l'albedo terrestre au cours des dernières décennies d'approx. 1,5 à 3 W/m2 TOA par rapport aux différentes mesures (ISCCP, ERBE, TOBS, GADS, BSRN, etc.). Or, c'est l'ordre de grandeur du forçage GES cumulé 1750-2000 (et bien plus important que le forçage relatif GES réduit aux deux dernières décennies, bien sûr). L'albedo terrestre étant très difficile à estimer, ces résultats sont à prendre avec des pincettes. Mais comment peut-on sérieusement être "très confiants" dans la "part prépondérante" des GES dans le réchauffement récent, sur la base de modèles obligés de reconnaître de telles incertitudes (ne parlons pas la mesure de l'albedo avant les satellites, c'est du pifomètre)?

Le gros problème de la communication GIEC / IPCC, dans le Résumé ou les déclarations à la presse, est d'ailleurs là : minimiser ces incertitudes et leurs ordres de grandeur. Que les sciences climatiques progressent péniblement, c'est bien normal. Qu'elles survendent leurs progrès dans la perspective de choix politiques, c'est bien plus discutable. Et c'est bien le pb du GIEC depuis sa création.
meteor
J'ai l'impression que le tir de barrage est commencé. biggrin.gif

plus sérieusement je suis un peu surpris de ceci:

Ce nouveau rapport, en cours d'élaboration depuis deux ans, ne devrait réserver "aucune bonne nouvelle": "C'est une confirmation de tout ce qu'on a dit depuis longtemps, mais avec des risques supplémentaires", selon le climatologue français Hervé Le Treut.

Si je regarde le pré-rapport (bon je ne l'ai pas lu à fond car c'est plutôt assez barbant) je vois en effet une projection de température plus faible de 0.3°C (c'est pas rien), une réduction, légère certes, de l'augmentation du niveau de la mer, sans prise en compte des dernières observations au Groenland.
Et je n'ai pas détecté ni effet de seuil, ni rétroaction positive nouvelle, ni même une prise en compte d'une détérioration du cycle du carbone, quantifiée en tous les cas.
A moins que la version définitive n'apporte quelques surprises ce que l'on peut dire c'est, en gros, qu'il y a confirmation avec tendance à la baisse.
Je dois avouer que pour moi, qui ne suis pas parmi les plus sceptiques ( biggrin.gif ), ce rapport n'apporte quasiment rien de neuf, si ce n'est une légère touche d'optimisme.
Alain Coustou
Citation (miniTAX @ 28/01/2007 - 17:20) *
Je pense que l'histoire des scénarios, c'est pour cacher les lacunes énormes des modèles en faisant croire que l'incertitude est due à l'imprévisibilité des émissions humaines.
En effet, si tu lis bien le rapport scientifique, voire même le Résumé pour Décideurs (mais pour le deuxième document il faut savoir décoder un langage totalement abscon destiné justement à noyer le poisson), tu verras que la fourchette de température, c'est pour un doublement de CO2 (passage de 280 ppm à 560 ppm). Si la fourchette large, c'est à cause du flou total dans le modèle, pas à cause de l'imprévisibilité des émissions humaines, volcans, el Nino ou autres.
D'ailleurs, je te rappelle que tu as toi même dit sur ce forum qu'El Nino fait partie de la variabilité interannuelle qui est "intégrée" dans la climatologie (sous entendu, ne devrait pas influer sur les prévisions climatologique à assez long terme). A moins que je t'ai mal compris, ça me semble en contradiction avec ce que tu affirmes ici.

Il ne me semble pas qu'on puisse parler de "flou total dans le modèle". Si il y a une fourchette importante, c'est evidemment parce qu'il y a non pas un mais 18 modèles batis chacun sur des hypothéses différentes. Ce n'est pas pour autant que je les défend, car j'introduis moi-même d'autres hypothèses avec pour résultat des prévisions très différentes....
En ce qui concerne la prise en compte d'El Nino, il n'y a pas de contradiction chez moi : El Nino n'intervient absolument pas dans l'évolution tendancielle du climat, car il constitue un phénoméne plus ou moins cyclique à l'échelle de quelques années. Par contre, il me parait absolument justifié de tenir compte de son influence éventuelle pour déterminer la marge d'incertutude concernant une année donnée.

Alain
miniTAX
Citation (meteor @ 28/01/2007 - 18:26) *
Je dois avouer que pour moi, qui ne suis pas parmi les plus sceptiques ( biggrin.gif ), ce rapport n'apporte quasiment rien de neuf, si ce n'est une légère touche d'optimisme.
J'attends moins de ce rapport qu'il apporte du neuf que ce qu'il n'apporte pas du faux ancien, comme par exemple la crosse de hockey ou la prétendue inertie thermique de l'océan (à surveiller l'inclusion ou non des travaux de Lyman) ou la sensibilité de 0,75°C/W/m2.
Je n'oublie pas les discussions l'année dernière où on m'avait traité de tous les noms quand j'avais osé mettre en doute ce symbole de l'alarmisme, et ce bien avant que le NRC et le rapport Wegman ne le descendent en flamme.
meteor
Citation (miniTAX @ 28/01/2007 - 18:40) *
J'attends moins de ce rapport qu'il apporte du neuf que ce qu'il n'apporte pas du faux ancien, comme par exemple la crosse de hockey ou la prétendue inertie thermique de l'océan (à surveiller l'inclusion ou non des travaux de Lyman) ou la sensibilité de 0,75°C/W/m2.
Je n'oublie pas les discussions l'année dernière où on m'avait traité de tous les noms quand j'avais osé mettre en doute ce symbole de l'alarmisme, et ce bien avant que le NRC et le rapport Wegman ne le descendent en flamme.


C'est un peu confus tout çà.
Patricia Régnier
Citation (miniTAX @ 28/01/2007 - 17:20) *
Bonjour Alain,
Je pense que l'histoire des scénarios, c'est pour cacher les lacunes énormes des modèles en faisant croire que l'incertitude est due à l'imprévisibilité des émissions humaines.
En effet, si tu lis bien le rapport scientifique, voire même le Résumé pour Décideurs (mais pour le deuxième document il faut savoir décoder un langage totalement abscon destiné justement à noyer le poisson),


C'est un peu ce que l'on perçoit en lisant la page du monde reproduite dans le sujet de gbl ici.

En fait le commentateur reconnaît que le mérite d'un tel tapage médiatique de la part de l'ONU est de placer le sujet CLIMAT au premier rang des préoccupations internationales en obligeant les pays émergents et les pays riches à travailler ensemble pour trouver des solutions interactives communes.

Ce langage qui vise à noyer le poisson ne serait ni plus ni moins qu'une technique diplomatique qui fait grand bruit pour que les prises de conscience se fassent sur l'impératif des mesures à prendre pour suivre l'évolution du climat et comprendre que l'action humaine peut y interférer.

Mais pour toucher le plus grand nombre il faut y mettre les moyens. Ce que je comprends c'est qu'il faut aborder ces rapports avant tout comme un programme d'éducation "populaire" à la science du climat lequel interagit sur les activités humaines et vice-versa.

Amicalement
Patricia Régnier
charles.muller
Citation (meteor @ 28/01/2007 - 18:26) *
(...)
A moins que la version définitive n'apporte quelques surprises ce que l'on peut dire c'est, en gros, qu'il y a confirmation avec tendance à la baisse.
Je dois avouer que pour moi, qui ne suis pas parmi les plus sceptiques ( biggrin.gif ), ce rapport n'apporte quasiment rien de neuf, si ce n'est une légère touche d'optimisme.


En fait, il y avait eu pas mal de débats similaires en 2001, j'ai relu un peu les archives de Science et Nature. Certains avaient à l'époque suggéré que l'AR4 ne soit pas un nouveau rapport complet, mais une simple mise à jour sur ce qui a changé depuis l'AR3. D'autres qu'il fallait se limiter dans la discussion politique aux points importants pour les décideurs (quel réchauffement 2100, quel coût prévention/adaptation), mais en les détaillant beaucoup plus et en fournissant notamment des probabilités plus précises. Ils n'ont pas vraiment été écoutés.

L'impression qu'il n'y a rien de "très neuf" dans l'AR4 (que je partage) tient au moins à deux phénomènes :
- les progrès restent très lents et pas très concluants sur les principales incertitudes pointées dès les années 1980 (effets des aérosols, rétroactions positives, analyses régionales au-delà des moyennes globales) ;
- certaines perspectives nouvelles (biogéochimie, cycle du carbone et acidification, modèles glaciologiques par exemple) sont encore trop jeunes (et trop complexes) pour que les premiers résultats donnent lieu à des synthèses développées.

Je suppose qu'un chercheur dans sa spécialité trouvera au contraire qu'il y a beaucoup d'avancées très intéressantes. Mais ce "biais de spécialisation" ne répond pas à la question générale du grand public : fondamentalement, en quoi on est plus avancé sur nos (in)certitudes ? Là, la réponse revient souvent à des comparaisons statistiques intermodèles qui tournent un peu en rond...

Bref, le climat bouge lentement, les sciences du climat bougent lentement... et nous sommes tous pressés!
meteor
Citation (charles.muller @ 28/01/2007 - 19:42) *
Je suppose qu'un chercheur dans sa spécialité trouvera au contraire qu'il y a beaucoup d'avancées très intéressantes. Mais ce "biais de spécialisation" ne répond pas à la question générale du grand public : fondamentalement, en quoi on est plus avancé sur nos (in)certitudes ? Là, la réponse revient souvent à des comparaisons statistiques intermodèles qui tournent un peu en rond...

Bref, le climat bouge lentement, les sciences du climat bougent lentement... et nous sommes tous pressés!


Ce que je voudrais ajouter c'est que si le rapport n'apporte pas grand-chose de neuf quant aux conclusions, on sent bien que çà bouillonne pas mal dans le domaine de la recherche climatique, au sens large.
Mais je ne comprends ni le ramdam effectué autour de la publication, dont une présentation cérémoniale plutôt incongrue, ni les propos d'un HLT qui finalement s'avère décevant quant à sa communication médiatique.
david3
La version actuelle du rapport du GIEC est trop "rose" (!) pour de nombreux experts du climat car elle ne tient pas compte des données scientifiques récentes. L'évolution ultra-rapide au Groenland et en Antarctique a pris les scientifiques de cours et le rapport actuel ne tient pas compte de cette évolution. Allons-nous assister cette semaine à l'émergence d'une version actualisée et plus réaliste (et donc encore plus alarmante que l'actuelle) ?
Citation
Experts: Latest Climate Report Too Rosy
http://www.forbes.com/feeds/ap/2007/01/28/ap3369191.html (...) Early and changeable drafts of their upcoming authoritative report on climate change foresee smaller sea level rises than were projected in 2001 in the last report. Many top U.S. scientists reject these rosier numbers. Those calculations don't include the recent, and dramatic, melt-off of big ice sheets in two crucial locations : (...)


Stefan Rahmstorf, Professor of Physics of the Oceans Potsdam University. Member of the German Advisory Council on Global Change :

(...) The prediction being considered this week by the IPCC is "obviously not the full story because ice sheet decay is something we cannot model right now, but we know it's happening," said Stefan Rahmstorf, a climate panel lead author from Germany who made the larger prediction of up to 55 inches of sea level rise. "A document like that tends to underestimate the risk," he said. (...)
Nombreux articles sur le sujet dans la presse anglophone :
http://news.google.fr/news?hl=en&ie=UT...;ncl=1113116319

Citation
Le GIEC s’apprête à présenter son très attendu rapport 2007 sur l’évolution du climat
http://www.armees.com/Le-GIEC-s-apprete-a-...-sur,15548.html

(...) Des experts américains reprochent en effet au GIEC, organisme qui marche au consensus et présente donc une vision jugée par eux "conservatrice", de ne pas avoir tenu compte d’un facteur relativement récent : la fonte du permafrost (sol gelé en permanence) au Groenland et de la glace de mer dans l’Antarctique. Dans ses rapports précédents, le GIEC n’avait en effet pas prédit une fonte importante des glaces de l’ouest de l’Antarctique et du Groenland pour le XXIe siècle, et n’incluait pas ces paramètres dans ses analyses : ses prédictions de montée des eaux étaient principalement basées sur la fonte des glaciers et la dilatation des océans réchauffés.

Mais les choses s’accélèrent. En 2002, la plateforme de glace Larsen B dans l’Antarctique (3.250 km carrés) s’est détachée et a disparu, éclatée en multiples icebergs en à peine 35 jours. Les icebergs géants se multiplient dans les mers de l’Antarctique. Et des analyses récentes de la NASA montrent que le Groenland voit fondre ses ses glaces deux fois plus vite aujourd’hui qu’en 1996, perdant 221km2 par an...

Si certains estiment que le phénomène risque de déboucher sur une modification du tracé des côtes bien plus rapidement que prévu, d’autres jugent que cette fonte n’est que temporaire, et n’aura pas grande influence. Un facteur d’incertitude que devrait en tout cas souligner le rapport du GIEC, car les scientifiques, pris de court, n’ont pas encore réussi à modéliser cette fonte des glaces. Pour Bob Corell, président de l’Arctic Climate Impact Assessment, si le GIEC présente une projection "très inférieure à un mètre de montée des eaux (d’ici 2100), il y aura des gens au sein de la communauté scientifique qui jugeront que cela ne reflète pas ce que nous savons" . (...)

Bob Corell, Président de l'ACIA - http://www.acia.uaf.edu/


Dans tous les cas, c'est très clair : il est vraiment temps d'agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Fait rassurant et encourageant : la prise de conscience grandit très vite dans le monde face à la réalité du réchauffement et de ses conséquences, de la Chine aux USA en passant par l'Europe et l'Afrique. Une très large majorité de français l'a bien compris : nous sommes responsables individuellement et collectivement et il serait suicidaire d'attendre pour agir.

Citation
Significant Warming of the Antarctic Winter Troposphere
Science 31 March 2006:
Vol. 311. no. 5769, pp. 1914 - 1917
DOI: 10.1126/science.1121652
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/311/5769/1914
http://scienceblogs.com/stoat/upload/2006/...turner-2006.pdf
J. Turner,* T. A. Lachlan-Cope, S. Colwell, G. J. Marshall, W. M. Connolley
We report an undocumented major warming of the Antarctic winter troposphere that is larger than any previously identified regional tropospheric warming on Earth. This result has come to light through an analysis of recently digitized and rigorously quality controlled Antarctic radiosonde observations. The data show that regional midtropospheric temperatures have increased at a statistically significant rate of 0.5° to 0.7°Celsius per decade over the past 30 years. Analysis of the time series of radiosonde temperatures indicates that the data are temporally homogeneous. The available data do not allow us to unambiguously assign a cause to the tropospheric warming at this stage.

British Antarctic Survey, Natural Environment Research Council, Cambridge CB3 0ET, UK.


Citation

Lonnie Thompson, Ohio State University : "Ils ne tiennent pas compte des deux colosses : le Groenland et l'Antarctique (...) La fonte des glaces au Groenland et en Antarctique est assez récente et a pris les scientifiques par surprise. Ils ne savent pas comment prévoir ses effets dans leurs modèles informatiques (...)"
(...)
They "don't take into account the gorillas — Greenland and Antarctica," said Ohio State University earth sciences professor Lonnie Thompson, a polar ice specialist. "I think there are unpleasant surprises as we move into the 21st century." (...) The melting ice sheets in Greenland and Antarctica are a fairly recent development that has taken scientists by surprise. They don't know how to predict its effects in their computer models. But many fear it will mean the world's coastlines are swamped much earlier than most predict. (...)

http://www.myfoxdc.com/myfox/pages/News/De...mp;pageId=3.9.1
charles.muller
Intéressant de lire entièrement ce texte dont un extrait est donné par David.
http://www.boston.com/news/world/europe/ar...eport_too_rosy/

On voit que L. Thompson, S. Rahmstorf, B. Corell et quelques autres estiment que le futur chiffre de hausse des mers est trop faible, et que cette sous-estimation est principalement liée à une mauvaise prise en compte du Groenland et de l'Antarctique.

Or, qu'a-t-on comme données nouvelles depuis le TAR 2001 ?

> Les mesures GRACE du Groenland dont on a vu qu'elles sont courtes (depuis 2002) et encore mal calibrées (un facteur 2 de variation) sur une zone à variabilité annuelle forte (le Groenland) ayant sans doute connu des périodes plus chaudes dans la période récente (le Holocène).

> Les mêmes mesures GRACE pour l'Antarctique, auxquelles s'ajoute la dislocation de Larsen B en 2002 (impressionnante médiatiquement, mais dont la significativité climatique est une autre paire de manches : influences locales de la NAM et des courants circumpolaires, extension récentes des plateformes au PAG, fréquences des retraits de plateformes au cours du Holocène, etc).

> Pas de progrès significatifs des modèles glaciologiques.

Donc, la base purement objective de la critique est finalement assez faible. Il est de toute façon très probable que le SPM ajoutera une mention du genre "mais il subsiste des incertitudes importantes sur le comportement du Groendland et de l'Antarctique, dont le rythme de fonte influera de manière significative le niveau des mers au cours de ce siècle". Et il est fort possible que ces protestations arrivant au moment même de la réunion WGI à Paris aient pour objet de faire pression en vue d'ajouter une telle mention (très légitime d'ailleurs). On voit que les politiques ne sont pas les seuls protagonistes des fameuses batailles d'influence autour de l'approbation "ligne à ligne" du SPM...

PS : plus largement, c'est le signe parmi d'autres d'une intéressante fracture du consensus. La déclaration de Corell est sans appel (et pas étonnante pour qui a lu le rapport sur l'Arctique de l'ACIA). Les hommes étant ce qu'ils sont, chercheurs compris, je pense que le GIEC sera de plus en plus tiraillé par ce genre de querelles où certains voudront tirer très fort et très vite la sonnette d'alarme contre d'autres avis plus mesurés. Comme la pression va continuer de monter jusqu'en 2012 (renégociation de Kyoto), on peut faire d'intéressantes conjectures sur l'espérance de vie du consensus...
meteor
Citation (david3 @ 28/01/2007 - 20:33) *
La version actuelle du rapport du GIEC est trop "rose" (!) pour de nombreux experts du climat car elle ne tient pas compte des données scientifiques récentes. L'évolution ultra-rapide au Groenland et en Antarctique a pris les scientifiques de cours et le rapport actuel ne tient pas compte de cette évolution. Allons-nous assister cette semaine à l'émergence d'une version actualisée et plus réaliste (et donc encore plus alarmante que l'actuelle) ?

Oui David on verra bien mais si le rapport définitif est comme le draft et à moins que j'ai manqué quelque chose d'essentiel, il est plutôt moins sévère que le TAR.
En conséquence je ne comprends pas ce qu'on raconte dans les médias en général.
Il me semble également que le rajout d'un texte ou d'un alinéa du genre de ce qu'indique CM, à la dernière minute, après 6 ans d'études supplémentaires, décrédibiliserait pas mal l'institution et surtout son fonctionnement.
On peut se demander en effet l'intérêt d'une institution qui l'ouvre tous les 6 ans mais qui, entre deux, reste muette et pratique le secret sur l'évolution des études en son sein ou supervisées par elle-même.
david3
Citation
S. Rahmstorf :"D'une certaine façon, c'est la force du GIEC d'être très conservateur et précautionneux, et de n'exagèrer aucun risque climatique".

(...) S. Rahmstorf : "In a way, it is one of the strengths of the IPCC to be very conservative and cautious and not overstate any climate change risk." (...)

Other climate experts, including NASA's James Hansen, predict sea level rise that can be measured by feet more than inches. (...)

http://www.freep.com/apps/pbcs.dll/article...NEWS07/70128005


NB - Conversions feets et inches : http://www.simetric.co.uk/metres_to_feet.php
david3
Citation (meteor @ 28/01/2007 - 23:57) *
je ne comprends pas ce qu'on raconte dans les médias en général.
La situation climatique a beaucoup changé en 6 ans, en particulier au niveau des pôles. La question est : faut-il prendre en compte les données récentes ou se limiter aux données plus anciennes ?
Nous sommes tous pris de cours, y compris les experts : le réchauffement et ses conséquences sont ultra-rapides.

La réunion des plus grands experts de la question qui commence demain permettra de faire le point : c'est son objectif.
charles.muller
Nouvelles moissons de déclarations. Le prix d'honneur à Philippe Ciais pour l'imprécision de ses propos : "La teneur en gaz carbonique de l'air est passée de 280 parties par million (ppm) avant l'ère industrielle à 379 ppm en 2005. Cette augmentation est responsable à 70 % du réchauffement en cours." Ce n'est pas avec ce genre de déclarations qu'un auteur principal du GIEC va nous réconcilier avec son rapport... (Que le CO2 représente 70% des 3W/m2 de forçage GES, oui ; que cela soit 70% du réchauffement en cours, c'est parfaitement infondé et quand même inquiétant).


Les climatologues enfoncent le clou

Le groupe d'experts sur l'évolution du climat (Giec) se réunit cette semaine à Paris pour publier un rapport aux conclusions alarmantes. Avant-goût.


Par Sylvestre HUET

QUOTIDIEN : lundi 29 janvier 2007

Les scientifiques du Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (Giec) vont faire le point, pendant une semaine à Paris, de leurs connaissances sur les questions clés du réchauffement de la planète et autres sujets au coeur de leurs recherches. Sept chercheurs ont accepté de confier à Libération leurs conclusions sur sept problèmes essentiels.

L'évolution du climat depuis 150 ans est-elle due à nos émissions de gaz à effet de serre ?
Serge Planton, chercheur à Météo France. Editeur du Giec pour la compréhension et l'attribution du changement climatique.

«Nous savons que la teneur en gaz à effet de serre a augmenté dans l'atmosphère depuis 1750 à cause des activités humaines, passant de 280 à 383 parties par million pour le gaz carbonique en 2006. Les observations montrent que la température moyenne planétaire a augmenté de 0,4 à 0,8°C au XXe siècle. Il ne suffit pas de rapprocher ces deux mesures pour en déduire une relation de cause à effet. En 1990, le rapport du Giec ne concluait pas sur l'origine naturelle ­ variabilité solaire et volcanisme ­ ou humaine du réchauffement. La responsabilité de l'effet de serre additionnel lié à l'homme n'a été prouvée qu'à la fin des années 90, grâce aux progrès des simulations du climat confrontés aux observations. Le troisième rapport du Giec, en 2001, s'appuyait sur de nouvelles preuves, mieux étayées qu'auparavant, pour affirmer que l'essentiel du réchauffement des cinquante dernières années est attribuable à nos émissions. Depuis, cette conclusion prudente a été confirmée par des études nouvelles, qui portent notamment sur d'autres paramètres que la température moyenne de surface (indicateurs de températures océaniques et études régionales).»

Pourquoi le gaz carbonique est le principal coupable ?
Philippe Ciais, du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. Auteur principal du Giec pour les liens entre le système climatique et la biogéochimie.

«La teneur en gaz carbonique de l'air est passée de 280 parties par million (ppm) avant l'ère industrielle à 379 ppm en 2005. Cette augmentation est responsable à 70 % du réchauffement en cours. Elle provient directement de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel, qui représentent 80 % des sources d'énergie de nos sociétés. Nos émissions de gaz carbonique ont augmenté de plus de 3 % par an entre 2000 et 2005, contre moins de 1 % entre 1990 et 1999. Elles ont atteint 7,9 milliards de tonnes de carbone en 2005, 28 % de plus qu'en 1990. Cette croissance risque de se poursuivre durant plusieurs décennies, en raison des gigantesques réserves de charbon. Il faut y ajouter 1,5 milliard de tonnes de carbone par an, dues à la déforestation tropicale. Ce phénomène est cumulatif : le CO2 émis aujourd'hui ne sera pas totalement résorbé avant un siècle. En outre, si aujourd'hui près de 55 % des émissions sont stockées par les océans et la végétation, cette part pourrait baisser à cause d'une circulation océanique moins intense et d'une accélération de l'activité microbienne du sol. D'autres gaz émis par l'homme (méthane, CFC, protoxyde d'azote) contribuent à l'effet de serre, mais le CO2 constitue le principal facteur du changement climatique.»

Le niveau des océans monte-t-il ?
Anny Cazenave, directrice adjointe du laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales. Auteur principal du Giec pour les changements océaniques et le niveau marin.

«D'après les marégraphes, la mer s'est élevée de 15 à 20 cm au cours du XXe siècle. Depuis 1993, les satellites altimétriques (Topex-Poseidon et Jason ­ 1 son successeur) montrent que le niveau moyen global s'élève actuellement d'environ 3 millimètres par an. Cette hausse n'est pas uniforme. Dans certaines régions, la mer a monté plus vite que la moyenne (jusqu'à 20 millimètres par an). L'océan s'est réchauffé au cours des dernières décennies, provoquant une dilatation thermique. Pour les années récentes, ce réchauffement explique 50 % de la hausse de son niveau. Le réchauffement climatique entraîne la fonte des glaces continentales. La plupart des glaciers de montagne ont perdu une quantité considérable de leur volume et contribuent pour 30 % à la hausse actuelle du niveau de la mer. Le Groenland a perdu environ 150 gigatonnes de glaces par an depuis quinze ans, le phénomène semblant s'accélérer, en particulier dans les régions côtières du sud de la calotte. Sa contribution à la hausse actuelle du niveau de la mer est de l'ordre de 10 %. En Antarctique, les précipitations produisent une croissance de sa partie Est, alors que dans l'Ouest, la calotte perd une quantité à peu près équivalente par écoulement des glaciers vers la mer. De grandes incertitudes demeurent sur le comportement futur du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest qui pourraient contribuer de manière importante à la hausse du niveau marin, s'ajoutant à celle, inéluctable, due à la poursuite de sa dilatation thermique. De ce fait, les prévisions actuelles ­ entre 20 et 80 centimètres d'ici à 2100 ­ pourraient être dépassées.»

La réaction des nuages au réchauffement est-elle comprise ?
Sandrine Bony-Léna, du laboratoire de météorologie dynamique. Auteur principal du Giec pour les modèles climatiques et leur évaluation.

«Richard Lindzen (professeur au Massachusetts Institute of Technology) a émis des hypothèses différentes des premiers modèles sur le rôle des nuages et de la vapeur d'eau. Elles ont été publiées, testées puis réfutées pour l'essentiel par la communauté scientifique. On lui doit donc d'avoir ainsi fait progresser la recherche selon nos règles de la discussion qui ne censurent pas les idées ou résultats contradictoires, mais exigent que le débat se déroule en termes rigoureux. Le troisième rapport du Giec, en 2001, pointait des incohérences sur l'augmentation de la température déduite de différents types de mesures (surface, radiosondages et satellites). La recherche a permis de mieux interpréter les mesures, des erreurs ont été corrigées, et ces incohérences ont été éliminées. L'analyse et la synthèse de tous les travaux publiés par le Giec permettent d'identifier les points de consensus comme les controverses et ainsi de progresser dans la connaissance du système climatique.»

Les scénarios du Giec sont-ils réalistes ?
Patrick Criqui, du laboratoire d'économie de la production et de l'intégration internationale, Cnrs ­ Université Pierre-Mendès-France à Grenoble.

«Le rapport spécial du Giec pour les scénarios d'émission de CO2 a permis d'explorer le futur de la consommation d'énergie et des émissions associées, en jouant des principales incertitudes pour faire apparaître des images contrastées. Il s'agissait d'identifier les futurs possibles, sans se prononcer sur leur probabilité d'occurrence. Dans ce rapport, les scénarios sont construits "sans politiques" et conduisent en 2050 à une multiplication des émissions mondiales par deux dans le meilleur des cas, et par quatre dans le pire. Avec de tels niveaux d'émission, le changement climatique à attendre est considérable, au moins une augmentation de 4°C des températures à long terme. On a reproché à ces scénarios d'exagérer la croissance de l'économie et des émissions mondiales, afin de dramatiser la situation et de justifier des politiques fortes de réduction des émissions. Or, les prospectives conduites selon une autre démarche, qui consiste au contraire à tenter de construire un jeu d'hypothèses cohérentes pour un scénario "central", confirment l'importance du danger : si rien n'est fait, le développement du système énergétique mondial conduira à une raréfaction progressive du pétrole et du gaz et donc à un grand retour du charbon, qui soutiendra le doublement des émissions en 2050. Seules des politiques très vigoureuses de réduction des émissions permettront donc au système énergétique mondial d'éviter de tomber de Charybde en Scylla : du risque d'épuisement du pétrole dans le risque climatique massif.»

Peut-on prévoir le climat sur cent ans ?
Hervé Le Treut, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique. Auteur principal et coordinateur du Giec pour les sciences du changement climatique.

«La prévision météo ne dépasse pas dix jours et pourtant les climatologues prétendent simuler l'évolution du climat sur un siècle. La contradiction apparente vient de ce que la prévision climatique ne porte pas sur les fluctuations journalières du temps qu'il fait mais sur ses statistiques de températures, vents, précipitations. Or, ces dernières, à l'inverse du chaos atmosphérique à petite échelle de temps et d'espace, sont déterminées par les circulations à grande échelle de l'atmosphère et des océans, produites par l'énergie solaire, la rotation de la Terre, la disposition des continents, les calottes glaciaires, l'effet de serre naturel. C'est pour cette raison que les modèles peuvent simuler les traits principaux du climat terrestre à partir des lois de la physique. Dès la fin des années 80, malgré leur simplisme, ils ont donné l'ordre de grandeur des effets climatiques de nos émissions de gaz à effet de serre en terme de réchauffement planétaire moyen : plus 2 à 5 °C pour un doublement de la teneur en gaz carbonique. Les modèles récents mettent à profit les supercalculateurs les plus puissants pour mieux représenter océans, atmosphère et nuages, calottes glaciaires. Ils incluent la végétation, la biochimie océanique, la chimie atmosphérique dans les facteurs climatiques. Ils ont confirmé l'alerte lancée il y a vingt ans, celle d'un risque majeur, mais ils ne peuvent pas encore en fournir une vue détaillée des conséquences régionales ou de ses effets sur des phénomènes météo extrêmes.»

Les scénarios catastrophes sont-ils possibles ?
Jean-Louis Dufresne, du laboratoire de météorologie dynamique.

«Ces scénarios catastrophes prévoient que le réchauffement climatique nous fasse rentrer dans une période glaciaire à cause d'une modification de la circulation océanique. Le point de départ, une modification des courants océaniques dans l'Atlantique Nord à cause du réchauffement climatique, est réaliste, par contre le scénario catastrophe ne l'est pas. Ce phénomène est popularisé sous le nom d'"arrêt du Gulf Stream", appellation très incorrecte car le Gulf Stream lui-même ne s'arrêtera pas. Ces courants océaniques transportent beaucoup de chaleur vers le nord et une diminution de ces courants peut donc refroidir ces régions. C'est ce que simulent les modèles climatiques, mais ce refroidissement est limité à une partie de l'Atlantique Nord ou du nord de l'Europe. De façon plus générale, les changements de circulation atmosphérique et océanique font que le réchauffement climatique n'est pas uniforme sur tout le globe, mais une entrée en glaciation prochaine et brutale n'a pas aujourd'hui de base scientifique.»

http://www.liberation.fr/actualite/societe/231538.FR.php
charles.muller
PS : je n'avais pas vu non plus celle-là, d'Anny Cazenave :
"Le Groenland a perdu environ 150 gigatonnes de glaces par an depuis quinze ans, le phénomène semblant s'accélérer, en particulier dans les régions côtières du sud de la calotte."

Comme elle a écrit un récent comment dans Science à ce sujet, j'ose espérer que c'est une bourde du journaliste. Les 150 Gt/an représente la perte moyenne mesurée depuis 5 ans par le système GRACE (et Lutchke, que Cazenave commentait dans Science, est à 101 Gt/an après correction des données GRACE). Avant 2002, les mesures d'altimétrie concluaient à une perte bien moindre, voire à un bilan de masse positif (Zwally 2005). Pas très étonnant vu que le Groenland était en phase de refroidissement jusqu'au milieu des années 1990.

Et pourtant, Sylvestre Huet en a écrit des millions de signes sur le climat dans Libé... Si même les journalistes professionnels et spécialisés laissent passer des erreurs assez évidentes, cela va devenir effarant à mesure que la semaine avancera.

Cazenave, A. 2006. How fast are the ice sheets melting? Science 314: 1250-1252.

Luthcke, S.B., Zwally, H.J., Abdalati, W., Rowlands, D.D., Ray, R.D., Nerem, R.S., Lemoine, F.G., McCarthy, J.J. and Chinn, D.S. 2006. Recent Greenland ice mass loss by drainage system from satellite gravity observations. Science 314: 1286-1289.

Zwally, H.J., Giovinetto, M.B., Li, J., Cornejo, H.G., Beckley, M.A., Brenner, A.C., Saba, J.L. and Yi, D. 2005. Mass changes of the Greenland and Antarctic ice sheets and shelves and contributions to sea-level rise: 1992-2002. Journal of Glaciology 51: 509-527.
miniTAX
Philippe Ciais (qui a écrit un article dans Science affirmant qu'en 2003, à cause de la canicule, l'Europe a été source et non puits de carbone sick.gif ) dit ceci sur les émissions de GES anthropique: "Ce phénomène est cumulatif : le CO2 émis aujourd'hui ne sera pas totalement résorbé avant un siècle." Ce genre d'affirmation que je trouve curieuse est répété souvent et je me pose des questions sur sa véracité.
On émet 7 à 8 Gt de carbone/an, soit environ 2% de la "respiration" naturelle des continents et de l'océan. Sur ces 8 Gt, 33% est absorbé par la biosphère. J'aurais donc dit que le CO2 émis aujourd'hui est totalement résorbé "en 3 ans" au lieu de "pas avant un siècle".
Quelqu'un pourrait il m'éclairer sur ce point svp ?

D'ailleurs, j'ai remarqué dans le pot-pourri des réponses de scientifiques à S. Huet, nulle part n'est fait mention de la crosse de Hockey (genre "la hausse n'a jamais été aussi forte depuis 1000 ans"). En fait on en est revenu au second rapport de 1995. Sans la courbe de crosse de hockey, je me demande comment ils arrivent à contraindre les modèles pour justifier la majeure partie de la hausse actuelle par les gaz à effet de serre alors que dans le passé récent (OM, PAG) les fluctuations de températures étaient bien plus importantes par la seule variabilité naturelle.
Où serait donc la justification pour dire que les modèles "s'améliorent" puisqu'une des hypothèses centrales de la thèse anthropique a été invalidée ?
meteor
Citation (miniTAX @ 29/01/2007 - 09:36) *
Philippe Ciais (qui a écrit un article dans Science affirmant qu'en 2003, à cause de la canicule, l'Europe a été source et non puits de carbone sick.gif ) dit ceci sur les émissions de GES anthropique: "Ce phénomène est cumulatif : le CO2 émis aujourd'hui ne sera pas totalement résorbé avant un siècle." Ce genre d'affirmation que je trouve curieuse est répété souvent et je me pose des questions sur sa véracité.
On émet 7 à 8 Gt de carbone/an, soit environ 2% de la "respiration" naturelle des continents et de l'océan. Sur ces 8 Gt, 33% est absorbé par la biosphère. J'aurais donc dit que le CO2 émis aujourd'hui est totalement résorbé "en 3 ans" au lieu de "pas avant un siècle".
Quelqu'un pourrait il m'éclairer sur ce point svp ?


Non évidemment.
Ce qui est absorbé annuellement par la biosphère est une fraction de ce qui a été accumulé depuis que la teneur augmente dans l'atmosphère.
Ca m'étonne que tu poses ce genre de question qu'on comprend mieux d'ailleurs lorsque l'on prend la peine de la poser sous forme d'équations.
Comme tu sais parfaitement calculer l'influence du prix du pétrole sur le prix de la banane (acheminée par bâteau) je ne doute pas que tu vas y arriver. biggrin.gif
miniTAX
Je comprends ton explication Météor mais ça ne répond pas à ce qu'affirme P. Ciais à savoir " le CO2 émis aujourd'hui" . C'est le mot "aujourd'hui que je questionne.
meteor
Citation (miniTAX @ 29/01/2007 - 10:02) *
Je comprends ton explication Météor mais ça ne répond pas à ce qu'affirme P. Ciais à savoir " le CO2 émis aujourd'hui" . C'est le mot "aujourd'hui que je questionne.

oui d'accord c'est un abus de langage, je pense.
david3
Citation (miniTAX @ 29/01/2007 - 09:36) *
Philippe Ciais () a écrit un article dans Science affirmant qu'en 2003, à cause de la canicule, l'Europe a été source et non puits de carbone
"Ces résultats, décrit André Granier, de l'unité d'écologie et écophysiologie forestières de l'INRA à Nancy, ont été obtenus en combinant les approches et les données de deux communautés scientifiques."
- D'une part, des observateurs de terrain disposant, grâce au programme communautaire CarboEurope, d'un réseau d'une soixantaine de stations au sol. Représentatives des différents types de couverture végétale ­ forêts principalement, mais aussi cultures agricoles et prairies ­, elles mesurent en temps réel, à l'aide de capteurs, les flux de gaz carbonique absorbé ou libéré.
- D'autre part, des modélisateurs simulant, sur leurs supercalculateurs, les interactions entre climat, végétation et CO2.


Suite du compte rendu de cette étude associant une trentaine de chercheurs français, italiens, allemands, belges, espagnols, finnois, américains et danois dans le journal Le Monde :
Canicules et sécheresses menacent de "booster" l'effet de serre
http://cap21-rhone-alpes.over-blog.com/article-907793.html

L'étude dans Nature :
Heatwaves spell bad news for carbon sinks
Ciais P. et al. Nature, 437. 529 - 533 (2005).
http://www.nature.com/news/2005/050919/full/050919-5.html
http://www.bioedonline.org/news/news.cfm?art=2043