Citation
Allocution de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, prononcée à l'occasion de l'ouverture de la Conférence pour une gouvernance écologique mondiale "Citoyens de la terre". http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/fran...iale.70427.htmlMonseigneur,
Monsieur le président de la Commission européenne,
Madame la présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies,
Madame la présidente, chère Madame ROBINSON,
Monsieur le président, cher Abou DIOUF,
Messieurs les Premiers ministres,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et messieurs, mes chers amis,
La planète souffre : la multiplication de ses réactions extrêmes, ouragans, inondations, sécheresses, en est le meilleur symptôme, si j'ose dire. La nature souffre : les espèces s'éteignent à un rythme alarmant. Nous en avons la preuve, l'activité humaine engendre ces dérèglements. Le jour approche, où l'emballement climatique échappera à tout contrôle : nous sommes, en vérité, au seuil historique de l'irréversible.
Le développement de l'humanité dans son berceau africain comme l'a justement démontré le Professeur Yves COPPENS a été rendu possible par des changements climatiques : aujourd'hui, animés d'une rapidité sans précédent, ces changements pourraient nous conduire tout simplement à notre perte. Les civilisations sont mortelles, mais ce n'est pas toujours aux guerres qu'elles succombent : la surexploitation des ressources naturelles a décimé les Mayas, les Vikings du Groenland, les Polynésiens des Îles Pitcairn, les Indiens Anasazi. Chacune de ces sociétés, qui furent des sociétés brillantes, a vécu dans l'inconscience et l'aveuglement jusqu'à la fin. Chacune symbolise la fragilité de l'Homme et ce qui pourrait être le destin de l'humanité.
Depuis des années, au sein des instances européennes, au sein du G8, dans toutes les enceintes internationales, la France se bat. Elle se bat pour faire entendre l'urgence environnementale. De Rio à Kyoto et à Johannesburg, la communauté internationale n'est pas restée inactive, c'est vrai : elle s'est dotée d'instruments, de conventions, d'institutions. Mais il faut considérablement accélérer la prise de conscience, amplifier résolument notre action. C'est pour cela que j'ai voulu cette conférence de Paris sur une gouvernance écologique mondiale. C'est pour cela que je suis particulièrement heureux de votre présence aujourd'hui et que je vous en remercie de tout coeur.
Nous sommes, et à juste titre, fiers de notre intelligence et de nos prouesses techniques. Mais, en quelques siècles, nous avons brûlé des ressources accumulées durant des centaines de millions d'années. Nous détruisons des écosystèmes qui abritaient une biodiversité perdue à jamais, nous privant ainsi de clés indispensables pour le futur. Tout cela, nous le savons : alors, pourquoi tardons-nous à prendre les mesures qui s'imposent ? Parce que, dans un égoïsme coupable, nous refusons d'en tirer les conséquences. Parce que nous sommes incapables de nous affranchir de schémas de pensée obsolètes, d'une structure économique héritée du XIXe siècle. Parce que notre organisation politique internationale est inadaptée à l'enjeu vital du XXIe siècle, qui est l'enjeu écologique.
Face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures : le temps est à la révolution au sens authentique du terme. La révolution des consciences. La révolution de l'économie. La révolution de l'action politique.
La révolution des consciences. L'Homme ne doit plus se concevoir seulement comme "maître et possesseur de la nature". Cette ambition, nécessaire jadis pour faire triompher l'idée de progrès, nous conduit aujourd'hui au bord du gouffre. Il nous faut passer à un nouveau stade de la conscience humaine : notre intelligence doit se consacrer à la protection de la planète. Nous devons apprendre à cultiver un rapport harmonieux entre l'Homme et la nature. Un rapport nouveau et qui s'impose.
Notre responsabilité vis-à-vis de la Terre est inséparable de notre responsabilité vis-à-vis de l'humanité : l'exigence écologique ouvre un chapitre inédit des droits de l'homme. Il nous faut affirmer et faire respecter un nouveau droit fondamental : le droit de bénéficier d'un environnement sain et préservé. C'est cela, l'écologie humaniste.
C'est une révolution culturelle. Elle passe par l'éducation de tous, et notamment des plus jeunes, aux enjeux environnementaux. Pour que nous devenions tous des "citoyens de la Terre", adoptons aux Nations Unies une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux : elle sera l'expression d'une éthique écologique commune, dont s'imprégneront aussi bien l'action publique que nos actes individuels. La France a été le premier pays à adosser une Charte de l'environnement à sa Constitution : je souhaite que cette initiative inspire l'ONU, et que chaque État inscrive la préoccupation écologique dans ses textes fondamentaux.
La révolution des consciences rendra possible la révolution de l'économie. Dans un monde où plus de 800 millions d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de la faim, la réponse au défi écologique ne saurait être la "croissance zéro". L'aspiration des peuples à une vie meilleure est une inspiration légitime : elle doit guider nos politiques. Mais la planète ne pourra supporter longtemps le mode de croissance qui est actuellement le nôtre. Pour sortir de ce dilemme, nous devons inventer une autre croissance.
Une nouvelle révolution industrielle est devant nous, celle du développement durable. Elle passe par la transformation radicale de nos modes de production et de consommation : respect des ressources et des milieux naturels ; limitation des pollutions ; intégration de la qualité environnementale dans le calcul de notre richesse ; valorisation des ressources naturelles à leur juste prix. Il faut que les entreprises prennent la mesure de leur responsabilité environnementale. Et il faut susciter des ruptures technologiques : développer les énergies sans gaz à effet de serre, avec le chauffage et l'électricité solaires, avec les bioénergies pour la chaleur avec les carburants. Renforcer les économies d'énergie avec des bâtiments non plus consommateurs, mais producteurs d'énergie, avec les voitures et les camions propres. Avancer vers la capture et le stockage du CO² pour la production d'électricité, de ciment ou d'acier.
Cette ère nouvelle porte la promesse d'une vie meilleure pour tous. Les économies les plus innovantes et les plus respectueuses de l'environnement seront demain les économies les plus puissantes. Mais pour cela, nous avons besoin de règles de concurrence claires et loyales. Soit la communauté internationale s'y emploie, soit ce sera la "guerre écologique".
L'effort doit être équitablement réparti. Les pays du Nord ont, les premiers, bâti leur richesse sur l'exploitation massive des ressources naturelles : ils doivent assumer leurs responsabilités, en respectant, dans un cadre concerté, des règles de production et des normes environnementales. C'est tout l'enjeu des négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique, dans le cadre de la Convention des Nations Unies, pour décider de l'avenir du Protocole de Kyoto, et cela avant 2009. En s'engageant, à l'initiative de la France et du Royaume-Uni, avec l'encouragement total de la Commission, à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, l'Union européenne montre la voie.
Les pays émergents ont beaucoup d'atouts. Ils disposent d'un riche patrimoine naturel : ils doivent être incités à le protéger et à prendre la mesure de leurs responsabilités nouvelles. C'est l'autre enjeu de l'après-Kyoto. La disponibilité de technologies "vertes" leur permettra de passer plus vite que les anciennes nations industrielles à l'économie du développement durable.
Quant aux pays pauvres, nous devons les aider à se développer dans le respect de l'environnement et à se prémunir contre les conséquences catastrophiques d'un réchauffement climatique pour lesquels ils ne sont pour rien. Je pense aux îles menacées par l'augmentation du niveau de la mer, ou aux pays, comme ceux du Sahel, qui seront atteints par des sécheresses d'une ampleur dramatique.
Sachons allier lutte contre la pauvreté et révolution écologique, en repensant la notion de patrimoine commun de l'humanité. Des financements innovants, tels que la taxation internationale sur le carbone, permettraient d'apporter aux pays en développement qui s'y engagent les moyens de préserver, pour le bien de tous, les trésors écologiques qu'ils abritent, comme les forêts primaires, et d'accéder d'emblée aux technologies propres. Le succès de la contribution de solidarité sur les billets d'avion au bénéfice de la lutte contre les grandes pandémies nous montre l'exemple qui doit être suivi et nous donne une expérimentation de ce qui doit être fait.
La révolution des esprits resterait stérile, la révolution économique serait entravée, si elles ne s'accompagnaient pas d'une révolution politique. Elle est en marche : grâce aux associations, grâce à la participation des citoyens, grâce à la mobilisation croissante des élus, l'impératif environnemental inspire de plus en plus les politiques locales et nationales. Mais ce combat se joue à l'échelle mondiale : la crise écologique ignore les frontières. Or, nous agissons encore, trop souvent, en ordre dispersé.
Il faut construire une gouvernance mondiale de l'environnement. L'unilatéralisme, dans ce domaine aussi, mène à l'impasse. De même qu'il est la condition de la paix, le multilatéralisme constitue la clé pour un développement durable. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement est un programme et une organisation remarquables à laquelle je tiens à rendre hommage. Mais il ne dispose pas d'un pouvoir et d'un poids institutionnel suffisants. Notre objectif, ce doit être de le transformer en une Organisation des Nations unies à part entière. Cette organisation des Nations Unies pour l'Environnement portera la conscience écologique mondiale. Elle procèdera à l'évaluation impartiale et scientifique des menaces. Forte d'un mandat politique, elle aura la légitimité pour mettre en œuvre les actions décidées en commun. Elle donnera plus de force, plus de cohérence à notre action collective.
L'ambition de notre conférence, c'est de mobiliser tous les citoyens, tous les milieux, et de constituer un groupe de pays pionniers, prêts à porter ce projet d'Organisation des Nations unies pour l'Environnement, afin de convaincre ceux des pays qui hésitent encore.
Mesdames et Messieurs, mes chers amis,
Vous tous qui êtes ici, représentants des États et des organisations internationales, scientifiques éminents, responsables d'ONG, chefs d'entreprises, citoyens engagés, vous êtes les fers de lance d'un mouvement mondial de l'écologie. Vous saurez, par vos débats, par vos travaux, contribuer à la mobilisation responsable et la mobilisation des opinions publiques internationales, mobilisation plus que jamais urgente et nécessaire. À vous toutes, à vous tous, je veux, du fond du cœur, exprimer mon estime, mon respect et surtout ma reconnaissance.
Je vous remercie. Citation
Appel de Paris http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/fran...iale.70427.htmlSamedi 3 fevrier 2007
Nous, citoyens de tous les continents, responsables politiques, représentants d'organisations internationales ou non gouvernementales, scientifiques, chefs d'entreprises, nous lançons un appel solennel à une vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l'environnement.
1. Aujourd'hui, nous savons que l'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous prenons conscience que le devenir de la planète dans son ensemble est en jeu, que l'humanité tout entière est en cause dans son bien-être, dans sa santé, dans sa sécurité, et jusque dans sa survie.
Aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité. Savoir reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable. Admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers.
2. A Rio, à Johannesburg, à Montréal, à Kyoto, la communauté internationale s'est mobilisée. Mais il faut aller beaucoup plus loin : être plus efficaces, plus rapides, plus cohérents, plus ambitieux.
3. C'est pourquoi, conscients de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, conscients du coût de l'inaction, nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement. Nous nous engageons à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'Humanité, en particulier celui du changement climatique, dont le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat démontre avec force la gravité.
4. Nous nous engageons à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Pour promouvoir une éthique écologique, nous appelons à l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux. Cette charte commune garantira aux générations présentes et futures un nouveau droit de l'homme : le droit à un environnement sain et préservé.
5. Nous nous engageons à faire le choix d'une autre croissance, une croissance écologique, le choix d'une économie mise au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tous les peuples de tous les continents doivent pouvoir accéder au niveau de vie auquel ils aspirent légitimement. Mais nous récusons un modèle fondé sur le gaspillage effréné des ressources naturelles et la pollution toujours plus grave de la planète.
Nous nous engageons à promouvoir le développement de technologies, de modes d'organisation et de comportements plus économes en énergie, en eau, en ressources naturelles et à intégrer les coûts liés à la préservation de l'environnement dans nos systèmes économiques.
6. Dans cette responsabilité collective, l'effort doit être équitablement partagé entre les pays les plus riches, les pays émergents et les pays les moins avancés. Les transferts technologiques et financiers doivent être amplifiés. Il faut concevoir et mettre en œuvre des mécanismes de financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter.
7. Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement. Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle.
A l'image de l'Organisation mondiale de la santé, cette Organisation des Nations Unies pour l'Environnement sera une voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et comprendre comment y remédier; un instrument efficace pour promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes; un moyen pour soutenir la mise en œuvre des décisions environnementales à travers la planète.
8. Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d'accueillir la première réunion du groupe pionnier des "amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement" qui rassemble déjà plus de 40 pays.
9. Nous appelons tous les Etats à rejoindre ce combat.
C'est notre responsabilité à tous.
Il en va de l'avenir de l'humanité. Citation
Message from Mr. Al Gore
Monsieur le President,
My friends, distinguished guests,
I wish that I could be with you in person today, thank you for allowing me to participate by means of this video link. You have discussed many issues which are close to my heart—the climate crisis, biodiversity, health, and water availability—and I know that your time together has been fascinating and very sobering.
I would like to begin my remark by expressing thanks to you, President CHIRAC, for your outstanding personnal leadership on this issue of the climate crisis; you have been eloquent and forceful, and on countless occasions, behind the scenes, you have brought people together and moved this issue forward. The entire world owes you gratitude for your leadership.
I believe, very deeply, and know that many of you agree, that the earth is facing a planetarian emergency because of human-induced global warming. I know that the terms crisis and emergency sound shrill, but this week in Paris, we have been given yet another warning from the scientific community worldwide about the planetary danger we face. The Intergovernmental Panel on Climate Change has once again reaffirmed in ever stronger terms the scientific consensus that we must act, and act swiftly, if we are to stop the worst of what they expect will otherwise happen.
Isn’t it clear that we are at a tipping point ? It is up to people like us, and others around the world —in government, in business, leaders in every part of society, and average citizens to take the decisions that will either continue to take us down the path that brought us so close to destruction or take us in a new direction.
The climate crisis requires true generational leadership. It requires trans-Atlantic and worlwide global moral leadership that transcends any party, or national boundary, or any private interest. It stretches our imagination to think beyond ourselves in this moment in time and to think about what we want our world to be like for our children, and our children’s.
So, what must we do?
Mr. President, you and all of those assembled I humbly submit that you should call for immediate global action to address the climate crisis with a brand new sense of urgency. Global warming negatively impacts every single one of the problems your working groups were assigned to tackle. Such action requires strengthened international cooperation and the institutions to support it.
Your work here should be a beginning, not an end. The relationships and ideas that have developped here should ferment and take hold across a variety of forums, from the climate treaty talks to the ongoing United Nations dialogue on sustainable development.
Most importantly, we all must be leaders in ever facet of our lives, from the personal to the professional. Mohandas Gandhi once said, “be the change that you want to see in the world.”
We all should lead by example. And then we should all act boldly and quickly to deal with the underlying causes of global warming, Let’s embrace this generational mission, and unite behind this compelling moral purpose. Let us use this unprecedented opportunity to rise above any dispute and bickering to truly solve the climate crisis and gain the moral authority and vision in doing so, to solve our other problems succesfully as well.
Mr. President, thank you again for giving me the opportunity to speak today. To all of you, good luck !
Citation
Message de Mme Wangari MAATHAI, prix Nobel de la Paix
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Je vous prie de m’excuser de ne pas être avec vous aujourd’hui. J’aurais énormément aimé participer à ce débat très important. Car vous êtes en train d’essayer d’imaginer comment notre avenir pourrait être géré, avec la question de l’environnement. Depuis 1972, lorsque nous nous sommes réunis à Stockholm, nous parlons d’environnement humain. Des progrès ont été réalisés, mais un certain nombre de questions nous hantent toujours : la pauvreté, les maladies infectieuses qui peuvent être prévenues et ravagent l’Afrique, en particulier. Des questions comme le déboisement, la désertification, et une question qui occupe notre esprit à tous : le changement climatique. Nous sommes en train d’en voir les conséquences partout. Dans mon propre pays, j’ai vu les glaciers du Mont Kenya, et du Mont Kilimandjaro reculer plus vite que jamais par le passé. C’est la cause du tarissement de nos rivières. Nous avons des sécheresses prolongées qui transforment la vie des communautés pastorale, en particulier de mon pays, en un véritable calvaire.
Nous savons qu’il existe de nombreux systèmes au sein de la famille des Nations unies, des organisations qui s’occupent des différents aspects des problèmes, y compris en matière d’environnement, et nous avons, bien sûr, le Programme des Nations unies pour l’Environnement. Mais toutes ces entités ne se sont pas véritablement attaquées aux problèmes qui nous préoccupent et nous pensons que nous avons besoin d’un mécanisme qui soit plus efficace. Le fait de créer un Organisation des Nations unies pour l’Environnement, qui gérerait les questions de l’environnement de façon plus efficace, meilleure, qui engloberait tous les problèmes au niveau mondial, est quelque chose dont nous avons véritablement besoin. Nous en avons débattu et, bien sûr, certains ne sont pas totalement convaincus, d’autres ne sont pas totalement sûrs du type d’organisation que nous voulons. Mais il y a une chose dont nous sommes sûrs, c’est que nous avons besoin d’une façon nouvelle de gérer l’environnement. Nous avons besoin d’une nouvelle entité, d’une nouvelle organisation qui gérera l’environnement. Au terme de cette conférence, je voudrais vous lancer à tous un appel : il faut que nous puissions offrir une solution nouvelle et donner aux nations du monde le choix de mettre sur pied une autorité en matière d’environnement, qui traitera des questions qui menacent le plus notre époque.
Une fois de plus, je suis vraiment désolée de ne pas être parmi vous. Mais je suis partie intégrante à ce rêve que vous nous avez transmis, Monsieur le Président. Merci, M. CHIRAC d’être un leader dans ce domaine.
Citation
Discours de Sir Nicholas Stern
Monsieur le président,
C’est un grand honneur pour moi que d’être des vôtres aujourd’hui. Je vous remercie de me fournir ainsi l’occasion de prendre la parole dans le cadre d’une conférence aussi importante.
Le changement climatique, si nous ne le maîtrisons pas, transformera radicalement la géographie physique et, de ce fait, la géographie humaine de notre planète. Il risque sérieusement de perturber nos économies et nos sociétés, et de provoquer migrations et des conflits importants. Comment pouvons-nous réduire ces risques ?
Le retard pris fait que nous sommes mal partis. Nous ne pouvons pas modifier le stock des gaz déjà présents dans l’atmosphère, mais nous pouvons contrôler leurs flux à l’avenir. A problème mondial, il faut une réponse mondiale. Et la justice veut que les pays riches montrent l’exemple. Ils sont les principaux responsables du problème et ce sont les pays les moins favorisés qui en feront les frais.
Contrôler ces flux ne fera pas disparaître tous les risques de changement climatique, mais pourra considérablement les réduire. Nous avons montré dans notre rapport que le prix de notre intervention immédiate sera bien moindre que celui des dommages ainsi évités. C’est pourquoi il est vital de prendre des mesures énergiques et urgentes partout dans le monde. Plus nous tarderons à agir, plus grands seront les risques et les coûts.
Combien devrons-nous dépenser pour réduire ces risques de manière significative ? Nous avons évalué ce coût pour l’économie mondiale à environ 1 % de notre PIB, soit une augmentation ponctuelle de l’indice des prix, de la même grandeur que des coûts auxquels nous sommes habitués à faire face, par exemple en ce qui concerne les fluctuations des taux de change. Cela ne ralentirait nullement notre activité. C’est l’inaction qui mettrait en danger notre développement. L’économie du changement climatique est formelle : il est impératif d’agir tout de suite et vigoureusement.
Quels sont les principaux éléments d’une stratégie visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
Tout d’abord, nous devons nous attacher à corriger la plus grande défaillance du marché que le monde ait jamais connue et à appliquer le principe du « pollueur/payeur ». Nous devons tous assumer nos actes et payer dès aujourd’hui les dommages que nous causons à la planète. Fixer le prix du carbone, que ce soit au moyen d’impôts ou d’un système de permis, ou encore en ayant recours à des réglementations, constitue une des réponses essentielles. Compte tenu du caractère mondial de la défaillance du marché et de l’efficacité des instruments économiques dont nous disposons, il est important de fixer un prix mondial du carbone.
C’est pourquoi je salue le rôle primordial qu’est appelé à jouer le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’UE (c’est à dire l’ETS) dans la constitution d’un marché mondial des droits d’émission. Pour réussir à l’avenir, ce système européen doit se fixer des objectifs ambitieux, comme indiquait le Président Barroso, en ce qui concerne les plafonds d’émission de l’UE. Par ailleurs, il doit s’ouvrir aux échanges avec les pays en voie de développement et les autres marchés émetteurs de dioxyde de carbone. Il faut aussi convaincre les entreprises de la mise en place définitive d’une tarification du carbone pour les amener à investir dans les technologies propres. C’est pourquoi la mise en place de la troisième phase de l’ETS de l’Union européenne (2012/2020) avec des objectifs ambitieux revêt une telle importance.
Il nous faut ensuite investir dans les politiques énergétiques susceptibles de promouvoir les technologies propres. Nos dépenses de recherche dans le domaine de l’énergie ont diminué de moitié au niveau mondial au cours des trente dernières années. Nous devons donc les multiplier par deux et promouvoir le déploiement des technologies de pointe comme les énergies renouvelables, ainsi que la séquestration et le stockage du carbone. Ce qui nous ouvrirait de nouvelles opportunités de développement. Ainsi le marché des technologies propres devrait représenter 500 milliards de dollars à l’horizon 2050.
Il y a toutefois quantité de façons de réduire les émissions de gaz à effet de serre dès à présent, sans même recourir aux technologies nouvelles. L’efficacité énergétique et la lutte contre la déforestation sont aussi des moyens de réduire les émissions de dioxyde de carbone, des moyens qui nous permettent de faire des progrès rapides à l’échelle mondiale.
J’ai entendu trois sortes d’arguments en faveur de l’hypothèse selon laquelle il n’est pas nécessaire de lutter contre le réchauffement climatique. Aucun ne m’a convaincu.
Le premier consiste à dire que les scientifiques se sont trompés. Après le rapport du GIEC rendu public aujourd’hui, cette prise de position est intenable.
Le deuxième est que même si l’on accepte les conclusions des scientifiques, le genre humain peut s’adapter facilement à la hausse des températures. A cela, je réponds que cette prise de position est irresponsable car elle ne tient pas compte des risques réels que comporte une très forte augmentation des températures, par exemple dans le cas d’un monde où les températures seraient de 5 à 6° supérieures à celles que nous connaissons actuellement.
Le troisième argument enfin, invoque le caractère lointain des conséquences à attendre du réchauffement climatique. C’est : « Après moi, le déluge ». J’estime que cette attitude qui refuse de prendre en compte les conditions de vie de ceux qui viendront après nous est indéfendable du point de vue éthique.
Ne rien faire, c’est prendre un risque que nous ne pouvons pas nous permettre de courir au monde ! Nous sommes conscients de l’ampleur de la tâche à accomplir et nous savons quelles politiques économiques nous devons mettre en œuvre pour ce faire. Tant les Européens que la communauté internationale dans son ensemble nous demandent d’agir. C’est maintenant que nous devons le faire, de manière urgente, résolue et concertée, au niveau international.
Monsieur le président, je vous remercie.
Citation
Discours de M. Rajendra PACHAURI, Co-Président du Groupe 1 du GIEC
Excellence,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Président, comme vous l’avez dit fort justement, les co-présidents du groupe 1, Madame Suzanne SOLOMON et Monsieur Dahe QIN, viennent de terminer le travail du groupe 1 du GIEC, et le rapport est maintenant terminé. Il s’agit donc de la science physique des changements climatiques. Il y a de cela deux ans, vous aviez organisé une petite réunion, ici, au Palais de l’Elysée, sur le changement climatique et j’ai été très honoré de faire partie de ce petit aréopage. Nous avons eu deux heures de discussions, mais c’est vrai que votre passion, votre engagement à l’égard de ce sujet a fait que la réunion a duré trois heures ; j’ai toujours admiré le fait que le Président de la République française puisse consacrer trois heures de son temps à parler des problèmes du changement climatique. Je vous félicite, Monsieur le Président, d’avoir organisé cette réunion pour traiter d’un sujet qui est en fait essentiel pour la race humaine, mais aussi pour toutes les espèces vivantes de la planète.
Le nouveau rapport qui vient d’être publié par le GIEC aujourd’hui nous fournit donc des données avec un degré de fiabilité beaucoup plus grand sur ces changements climatiques. Je ne vais pas vous asséner des données scientifiques pointues, mais le rapport a été approuvé vers 1 heures 30 du matin, 300 délégués, représentant les différents pays avec 600 scientifiques qui ont participé à la rédaction des documents et qui ont aussi revu le texte. La concentration dans l’atmosphère de CO² en 2005 a dépassé les plages que nous avions connues au cours des 650 000 dernières années de la vie de la planète. Alors, on peut voir tout cela en tenant compte du fait que la Convention sur le changement climatique, la convention cadre, a été adoptée en 1992. Elle est représentée ici par son Président- mais le phénomène de forçage radioactif a augmenté de 20 % depuis 1995, jusqu’en 2005. C’est le changement le plus marqué, toutes décennies confondues, depuis 200 ans. Et nous avons en fait eu les douze années les plus chaudes qu’ait connu la planète. Il est très important de constater que les extrêmes, les vagues de chaleur, les canicules, les précipitations très importantes se multiplient. Nous disons que cela est très probable et c’est une probabilité dans ce cas là de 90 % dont nous parlons. Le débat qui existe de liens entre l’action humaine et le changement climatique est un débat dépassé maintenant. Nous devons maintenant parler de la suite comme l’a d’ailleurs très bien rappelé le Président de la commission européenne. Il faut maintenant agir et agir au niveau planétaire.
C’est la raison pour laquelle je pense qu’une structure de gouvernance planétaire qui s’attaque à ce dossier me paraît vital. Mais je dirais que toute structure doit être sous-tendue par de grands principes, de grands principes éthiques. La dimension de justice est essentielle, elle fait partie de tout dossier. Il y a de cela deux mois j’étais aux Maldives et, si vous parlez au Président des Maldives, vous vous rendez bien compte qu’il y a un très grand niveau d’angoisse dans son discours. Il y a des milliers d’îles dans les Maldives qui sont menacées de disparition. Certaines îles vont être abandonnées par la population. Naturellement ce n’est pas idéal pour l’avenir de l’humanité que de constater un tel phénomène et il est urgent que nous nous attaquions à ce dossier. Si nous ne commençons pas à travailler, toutes les espèces qui vivent à la surface de la planète vont subir des conséquences que nous ne souhaitons absolument pas.
Je voudrais aussi rappeler à l’assistance réunie, ici, qu’après que le rapport du groupe 1 sera publié, il y aura en avril le rapport du groupe 2 du GIEC, qui fera l’évaluation des possibilités d’adaptation à ce changement climatique. Et là, nous espérons que nous aurons un travail qui aura une dimension régionale plus forte. En effet, il est très important que toutes les communautés, que toutes les nations comprennent bien l’impact du changement climatique dans leur région, dans les zones où elles vivent. J’ajouterai à cela que personne ne va gagner à ce changement climatique : les effets seront négatifs pour tous, de façons différentes selon les cas.
Il y aura un troisième rapport d’évaluation qui nous donnera aussi les possibilités d’atténuation de ce phénomène. Là encore, c’est un rapport qui sera très intéressant, qui fera le constat entre ce que nous aurons si nous agissons, par rapport à l’inaction qui est la phase dans laquelle nous nous trouvons. Au mois de novembre, il y aura un rapport de synthèse de 30 pages à peine et j’espère que vous allez le lire ce rapport, il sera publié dans toutes les langues des Nations unies. Ce rapport sera la synthèse de toutes les facettes du changement climatique et je crois que ce document sera un document tout à fait pertinent pour tous les décideurs.
Une fois encore, je tiens à redire toute l’admiration que j’ai pour votre démarche, Monsieur le Président. Je pense qu’il est très important que vous et le gouvernement de la France, nous montriez comme vous l’avez fait, la voie. Il faut ensuite que tous ces efforts soient sous-tendus par des gens de votre calibre.
Je vous remercie.
Citation
Participants
Afrique du Sud
Mohammed Valli MOOSA, Président de l’Union mondiale pour la nature (UICN)
Algérie
Ahmed DJOGHLAF, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique
Cherif RAHMANI, Ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement
Allemagne
Sigmar GABRIEL, Ministre fédéral de l’environnement
Achim STEINER, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)
Gerd LEIPOLD, Président de Greenpeace international
Ulrich BECK, Sociologue
Andreas RECHKEMMER, Universitaire
Australie
Roger BEALE, Associé Allen consulting group
Autriche
Günter LIEBEL, Directeur général de la politique environnementale générale - Ministère fédéral pour l’agriculture, l’environnement, la forêt et la gestion des eaux
Bahrein
Cheika Haya Rashed Al KHALIFA, Présidente de la 61è session de l’AGNU
Belgique
Bruno TOBBACK, Ministre fédéral de l’environnement
Emile De SAEGER, Responsable du laboratoire de référence européen pour la qualité de l’air (ERLAP)
Bénin
Jean-Pierre BABATOUNDE, Ministre de l’environnement et de la protection de la nature
Bulgarie
Yordan DARDOV, Vice-Ministre de l’environnement et des eaux
Burkina-Faso
Laurent SEDOGO, Ministre de l’environnement et du cadre de vie
Burundi
Odette KAYITESI, Ministre de l’aménagement du territoire, du tourisme et de l’environnement
Cambodge
Mok MARETH, Ministre d’Etat, Ministre de l’environnement
Canada
John BAIRD, Ministre de l’environnement
Jean CHAREST, Premier ministre du Québec.
Claude LAVERDURE, Ambassadeur du Canada en France.
Daniel GAGNIER, Vice-Président principal de ALCAN Inc
Philippe LE PRESTRE , Université Laval au Québec, Directeur de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société, Professeur de Science politique.
Michel LOREAU, Co-Président du processus Imoseb, mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité - Président du conseil scientifique « DIVERSITAS ».
David RUNNALS, Président de l’International Institute for Sustainable Development (IISD)
Chili
Cristian MAQUIEIRA, Directeur de l’environnement au Ministère des Affaires étrangères
Chine
Zhenlin CHEN, Directeur adjoint de la coopération internationale de l’administration météo de la Chine
Dahe QIN, Président de l’Administration de météorologie
Jian SONG, Président de la « All China environmental federation »
Jun MA, Président de "Institute for public and environmental affairs". Journaliste.
Chypre
Photis PHOTIOU, Ministre de l’agriculture, de l’environnement et des ressources naturelles
Congo
Samy MANKOTO, Président du Réseau des Aires protégées d’Afrique Centrale
Congo-Brazzaville
Henri DJOMBO, Ministre de l’économie forestière et de l’environnement
Corée du Sud
BAN KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies
Costa Rica
Roberto DOBLES, Ministre de l’environnement et de l’énergie
Carlos M.RODRIGUEZ, Vice-Président de l’ONG "Conservation International" pour l’Amérique centrale et Directeur du "Center for Biodiversity Conservation"
Costa-Rica / Etats-Unis
Christian SAMPER, Directeur du "National museum of natural history". Fondateur du "Alexander von Humboldt Institute".
Danemark
Thomas BECKER, Directeur au Ministère de l’environnement
Equateur
Rosalia ARTEAGA SERRANO, Secrétaire générale de l’OTCA (Organisation du Traité de coopération amazonien)
Espagne
Cristina NARBONA-RUIZ, Ministre de l’environnement
Maria NEIRA, Directrice pour la protection de l’environnement humain à l’OMS
Estonie
Margus RAVA, Ambassadeur d’Estonie en France
Etats-Unis
Martin CHAVEZ, Maire d’Albuquerque
Dan ESTY, Directeur et enseignant au Yale Center for Environmental Law and Policy, consultant.
Al GORE, Ancien Vice-Président. Auteur et orateur du documentaire réalisé par Davis Guggenheim, "An Inconvenient Truth" (Une vérité qui dérange)
Peter M.HAAS, Enseignant au Département de science politique à l’Université du Massachusetts à Amherst
David JHIRAD, Vice-Président du « World Ressources Institute »
James LEAPE, Président de WWF (World Wild Fund - International)
Russel A. MITTERMEIER, Président de l’ONG "Conservation international"
Annie PETSONK, Conseillère à l’international de l’ONG "environmental defense"
Rick RIDGEWAY, Explorateur, alpiniste
Jeremy RIFKIN, Président de la « Fondation pour les tendances économiques »
Katherine SIERRA, Vice-Présidente de la Banque mondiale pour le développement durable
Suzanne SOLOMON, Co-présidente groupe 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
Daniel WARTENBERG, Président d’ISEE (International Society for environmental epidemiology)
Edward O. WILSON,Biologiste, entomologiste. Fondateur de la sociobiologie
Finlande
Stefan JOHANSSON, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’environnement
France
Thierry BRETON, Ministre de l’économie, des finances et de l’industrie.
Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des affaires étrangères
Nelly OLIN, Ministre de l’écologie et du développement durable
Brigitte GIRARDIN, Ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie
Laurent STEFANINI, Ambassadeur délégué à l’environnement
Alain JUPPE, Ancien Premier Ministre, Maire de Bordeaux. Président du comité d’honneur de la conférence
Bertrand COLLOMB, Président de Lafarge. Ancien Président du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD). Membre du comité d’honneur de la conférence
Hubert VEDRINE, Ancien Ministre des Affaires étrangères. Membre du comité d’honneur de la conférence
Nicolas HULOT, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. Membre du comité d’honneur de la conférence
Monique BARBUT, Présidente et Directrice du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM)
Christian de BOISSIEU, Président du Conseil d’analyse économique auprès du Premier Ministre - Président du groupe facteur 4
Michel CAMDESSUS, Membre du Conseil consultatif sur l’eau et l’assainissement auprès du Secrétaire général des Nations-unies
William DAB, Président du groupe européen santé-environnement de l’OMS, professeur au CNAM
Loïc FAUCHON, Président du Conseil mondial de l’eau
Sylvie LEMMET, Directrice de la division "technologie, industrie et économie" du PNUE
François LETOURNEUX, Président du Comité français de l’UICN
Laurence TUBIANA, Directrice de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDR)
Paul VERGES, Président de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique). Député européen
Jacques WEBER, Directeur de l’Institut français de la Biodiversité
Jean Pierre CLAMADIEU, Directeur général de Rhodia
Jean-François DEHECQ, Président de Sanofi-Aventis
Pierre GADONNEIX, Président d’EDF
Gérard MESTRALLET, PDG de Suez
Didier PINEAU, PDG d’Europlasma
Henri PROGLIO, Président du Directoire de Véolia
Pierre RICHARD, Président du directoire de DEXIA
Joel SECHE, Président de "Séché environnement"
Alain BAZOT, Président de l’Union fédérale des consommateurs - Que Choisir
Alain BOINET, Directeur général de l’ONG "Solidarités"
Jacky BONNEMAINS, Président de l’association "Robin des Bois"
Alain BOUGRAIN DUBOURG, Président de la LPO (Ligue de protection des oiseaux)
Sébastien GENEST, Président de France Nature Environnement
Axel FRICK, Association "Citoyens de la Terre" (Marseille)
Olivier KREISS, Président de "Eco-carbone"
Olivier LANGRAND, Vice-Président senior de "Conservation international"
Sandrine MATHY, Présidente du Réseau Action Climat France
Nicolas VANIER, Président de l’ Association "Taïga"
Dominique BELPOMME, Professeur de cancérologie, Président de l’ARTAC, à l’initiative de l’« Appel de Paris » sur la pollution chimique
Yves BERNHEIM, Président de "l’Institut de recherche hydrologique environnement " (IRH environnement)
Jacques BLONDEL, Directeur de recherche émérite au CNRS
Catherine CHABAUD, Navigatrice
Yves COPPENS, Professeur au Collège de France
Philippe DESCOLA, Directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale. Professeur au Collège de Jean-Pierre DUPUY, Philosophe, écrivain. Enseignant à Polytechnique
Jean-Louis ETIENNE, Explorateur
Alain GRIMFELD, Professeur de médecine. Président du conseil scientifique de l’AFSSAPS
Albert JACQUARD, Généticien
Marc JANCOVICI, Ingénieur, écrivain
Michel JARREAU, Président de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM)
Jean JOUZEL, Climatologue. Membre du comité d’honneur de la conférence
Philippe KOURILSKY, Professeur au Collège de France
Yvon LE MAHO, Directeur de Recherches au CNRS - Enseignant à l’Ecole nationale d’Administration
Hervé LE TREUT, Directeur de recherches au CNRS
Claude LORIUS, Physicien
Claude MANDIL, Directeur exécutif de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie)
André MENEZ, Biologiste - Président du Muséum National d’Histoire Naturelle
Edgar MORIN, Sociologue et philosophe. Membre du comité d’honneur de la conférence
Jean Marie PELT, Ancien président de l’Institut Européen d’Ecologie
Hubert REEVES , Astrophysicien
Jean-Jacques ANNAUD, Réalisateur
Yann ARTHUS-BERTRAND, Photographe, Président de l’association GoodPlanet
Luc BESSON, Réalisateur, producteur
Luc JACQUET, Réalisateur
Hubert SAUPER, Réalisateur
Gabon
Georgette KOKO, Vice Premier Ministre et Ministre de l’environnement
Ghana
Stephen ASAMOAH-BOATENG, Ministre du Gouvernement local, du développement rural et de l’environnement
Alfred OTENG YEBOAH, Spécialiste de la biodiversité. Co-président du processus Imoseb
Grèce
Stavros DIMAS, Commissaire européen à l’environnement
Stavros KALOYANNIS, Vice-Ministre de l’environnement
Hongrie
Miklos PERSANYI, Ministre de l’environnement et des eaux
Janos PASZTOR, Chef du Groupe de Gestion de l’Environnement (ONU) à partir du 1 mars
Inde
Dr. Ashok KHOSLA, Economiste
Sunita NARAIN, Directrice du Centre pour la science et l’environnement - Directrice de la Société pour les communications environnementales - Editrice du magazine « Down to earth »
Rajendra PACHAURI, Président du GIEC - directeur général du TERI, ONG indienne
Vandana SHIVA, Physicienne. Epistémologue. Fondatrice de l’ONG « Navdanya movement »
Iran
Massoumeh EBTEKAR, Présidente de l’ONG « Paix et environnement »
Irlande
Dick ROCHE, Ministre de l’environnement
Mary ROBINSON, Ancienne Présidente d’Irlande. Administratrice du Global Compact et Présidente de Realizing Rights-the ethical globalization initiative
Italie
Alfonso PECORARO SCANIO, Ministre de l’environnement
Japon
Shimako TSUCHIYA, Vice-Ministre parlementaire de l’environnement
Sachiko KUWABARA, Secrétaire Exécutive de la Convention Internationale de Bâle
Tadashi ARASHIMA, Président de Toyota Motor Europe
Kenya
Wangari MAATHAI, Prix Nobel de la Paix
Lettonie
Raimonds VEJONIS, Ministre de l’environnement
Liban
Jamal SAGHIR, Directeur eau, énergie et transports de la Banque mondiale.
Lituanie
Arunas KUNDROTAS, Ministre de l’environnement
Luxembourg
Lucien LUX, Ministre de l’environnement
Madagascar
Bernard KOTO, Ministre de l’environnement et des eaux et forêts
Mali
Nancoman KEITA, Ministre de l’environnement et de l’assainissement
Malte
George PULLICINO, Ministre des Affaires rurales et de l’environnement
Maroc
M’Hamed DOUIRI, Président de la Région Economique Fèz/Boulmane
Mohamed EL YAZGI, Ministre de l’aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement.
Houria TAZI SADEQ, Universitaire. Présidente de l’ONG Almae (alliance Maghreb-Mashrek pour l’eau)
Maurice
Anil BACHOO, Ministre de l’environnement
Mauritanie
Mohammed Salem OULD MERZOUG, Haut Commissaire de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (Dakar)
Mexique
Enrique BERRUGA, Co-Président des consultations informelles de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’ONUE
Angel GURRIA, Secrétaire général de l’OCDE
Mario MOLINA, Prix Nobel de chimie. Professeur MIT
Fernando Abad TUDELA, Vice-ministre de la planification et de la politique environnementale
Monaco
SAS Le Prince Albert II, Prince Souverain de Monaco
Nicaragua
Bianca JAGGER, Ambassadrice du Conseil de l’Europe contre la peine de mort. Militante environnement (forêts tropicales).
Norvège
Henriette WESTHRIN, Ministre déléguée pour l’environnement
Arild UNDERDAL, Président de l’Association des Juristes de l’Environnement
Pays-Bas
Pieter VAN GEEL, Secrétaire d’Etat pour l’environnement
Yvo DE BOER, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations-unies sur le changement climatique
Ad MELKERT, Administrateur Adjoint du PNUD
Bert METZ, Climatologue - vice Président du Groupe 3 du GIEC
Antony BURGMANS, Président de Unilever
Philippines
Olivia LA O’ CASTILLO, Présidente de la Table ronde Asie - Pacifique pour la consommation et la production durable
Pologne
Jan SZYSZKO, Ministre de l’environnement
Portugal
José Manuel BARROSO, Président de la Commission européenne
Francisco NUNES CORREIA, Ministre de l’environnement
République tchèque
Jan DUSIK, Vice-ministre de l’environnement
Bedrech MOLDAN, Président du CS de l’AEE, professeur à l’université de Prague
Roumanie
Sylvian IONESCU, Secrétaire d’Etat, Commissaire pour la garde de l’environnement
Royaume-Uni
Ian PEARSON, Secrétaire d’Etat à l’environnement
Jacqueline MC GLADE, Directrice de l’Agence européenne de l’environnement - AEE
Jane GOODALL, Primatologue
Jeremy HOBBS, Directeur exécutif d’Oxfam
James LOVELOCK, Biologiste
Alex MAC GILLIVRAY, Responsable des programmes de AccountAbility
Sir Nicholas STERN, Economiste
Russie
Andrei DENISOV, 1er Vice-Ministre des Affaires étrangères
Nikolai LAVEROV, Vice-président de l’académie des Sciences
Alexander LIKHOTAL, Président de la Croix Verte internationale
Sénégal
Abdou DIOUF, Ancien Président du Sénégal - Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)
Jacques DIOUF, Directeur général de l’OAA
Thierno LO, Ministre de l’environnement et de la protection de la nature
Seychelles
Rolph PAYET, Secrétaire principal au ministère de l’environnement
Singapour
Min GEH, Présidente de la Société "Nature"
Slovaquie
Jaroslav IZAK, Ministre de l’environnement
Slovénie
Janez PODOBNIK, Ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire
Suède
Asa-Britt KARLSSON, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’environnement
Mikael KARLSSON, Président du Bureau européen de l’environnement (BEE)
Bjorn STIGSON, Président du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD)
Suisse
Suren ERKMAN, Fondateur et Directeur de l’ICAST
Moritz LEUENBERGER, Ancien Président de la Confédération. Conseiller fédéral, Chef du Département fédéral de l’environnement
Peter MAURER, Co-Président des consultations informelles de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’ONUE
Julia MORTON-LEFEVRE, Directrice générale de l’UICN - Union mondiale pour la nature
SA Le Prince Karim AGA KHAN, Président de la Fondation Aga Khan
Tanzanie
Anne HAJUMOTO-TIBAIJUKA, Directrice exécutive ONU-Habitat
Thaïlande
Anand PANYARACHUN, Président du Thaïland Environment Institute
Tunisie
Nadhir HAMADA, Ministre de l’environnement et du développement durable
Sokona YOUBA, Secrétaire exécutif de l’observatoire du Sahara et du Sahel
Turquie
Sa Sainteté BARTHOLOMEE 1er, Archevêque de Constantinople nouvelle Rome, Patriarche œcuménique
Vanuatu
Maxime Korman CARLOT, Ministre des Terres, de l’environnement et des ressources naturelles
Plus d'infos :
http://www.citoyensdelaterre.fr/conference