L'énoncé de la controverse est le suivant :
pourquoi l'hémisphère Sud (HS) se réchauffe-t-il moins vite que l'hémisphère Nord (HN)?
L'explication habituellement avancée est :
l'HS compte beaucoup plus d'océans que l'HN, donc cela amortit l'effet du réchauffement (inertie thermique océanique).
Pour aller plus loin, on peut donc exclure à titre provisoire les océans de la réflexion. Il apparaît (mais je n'ai pas fait le calcul en détail) que les terres de l'HS se réchauffent également moins vite que les terres de l'HN. Sur les terres, l'inertie océanique ne joue pas par définition : c'est la composition de la colonne atmosphérique au-dessus de la surface qui va déterminer les flux radiatifs entrants et sortants.
Or :
- le forçage positif GES est uniformément réparti sur le globe (identique en HS et en HN)
- le forçage négatif aérosols est essentiellement concentré sur l'HN (pour les principaux d'entre eux en quantité et effets optiques, poussières industrielles et sulfates, dont l'effet est régional / continental et non pas global)
- depuis 1900, les terres de l'HS auraient donc dû connaître en moyenne un forçage anthropique intégré (GES minus aérosols) supérieur aux terres de l'HN, se traduisant par un réchauffement plus rapide en surface. C'est l'inverse que l'on constate, aux moyennes latitudes (Amérique latine, Afrique, Australie versus Amérique du Nord, Eurasie) comme aux pôles (Antarctique versus Arctique).
Précision par satellite (1979-2006) :
On observe le même différentiel en basse troposphère, avec la couverture plus complète des satellites. Ci-dessous, les données MSU RSS (jugées pourtant plus "conformes" aux modèles que l'UAH, c'est-à-dire trouvant plus de hausse depuis 28 ans) pour 1979-2006, sur la basse troposphère (canal TLT). On constate un très léger réchauffement, voire dans certaines zones un refroidissement. Ce dernier est encore plus marqué en moyenne troposphère (carte suivante, canal TMT) autour de l'Antarctique.


PS : Il serait intéressant de vérifier les SST et le contenu de chaleur de l'Océan pacifique (principal bassin océanique commun aux deux hémisphères) dans l'HS et dans l'HN. Là aussi, on devrait avoir une hausse plus soutenue en HS qu'en HN (moins de flux zonaux d'aérosols provenant des régions industrialisées américaines ou asiatiques). Mais j'ignore s'il existe des données facilement accessibles.




