Le communiqué de presse sur Eurekalert (un service de l'AAAS, qui "fait autorité" m'a-t-on appris récemment ici) commence ainsi :
New evidence that global warming fuels stronger Atlantic hurricanes
MADISON — Atmospheric scientists have uncovered fresh evidence to support the hotly debated theory that global warming has contributed to the emergence of stronger hurricanes in the Atlantic Ocean. (...)
La suite ici : http://www.eurekalert.org/bysubject/atmospheric.php
Celui de l'Université du Wisconsin :
Press Release 07-018
New Information Links Atlantic Ocean Warming to Stronger Hurricanes
Why the Atlantic reacts more than other oceans is still a mystery
New evidence supports the theory that global warming has contributed to stronger hurricanes.
(...)
La suite ici : http://www.nsf.gov/news/news_summ.jsp?cntn...F&from=news
*
Je trouve et lis l'article en question. Les auteurs partent du constat que les querelles entre chercheurs autour du lien cyclone-réchauffement commencent avec la médiocrité des mesures et leur inhomogénéité. Ils reprennent donc toutes les données satellites disponibles de juillet 1983 à décembre 2005, soit 23 ans.
Et je lis leur conclusion :
Using a homogeneous record, we were not able to corroborate the presence of upward trends in hurricane intensity over the past two decades in any basin other than the Atlantic. Since the Atlantic basin accounts for less than 15% of global hurricane activity, this result poses a challenge to hypotheses that directly relate globally increasing tropical SST to increases in long-term mean global hurricane intensity.
Donc, sur les bassins océaniques tropicaux représentant 85% des cyclones, la hausse récente des SST ne s'est pas traduite par une hausse d'intensité des cyclones. Mais c'est le cas sur l'Atlantique en revanche, qui représente 15% des cyclones. Cela remet en question l'hypothèse d'un lien "simple" réchauffement > hausse des SST > hausse d'intensité des cyclones. Les chercheurs n'apportent aucune autre explication, vu que leur seul objectif était de mettre au point une base de données la plus fiable possible.
Ramenée à l'échelle globale, le PDI (Power Dissipation Index) de cette nouvelle base homogénéisée trouve même une légère tendance à la baisse (UW-NCDC, courbe bleue).

J'en déduis que le service de presse de l'AAAS fait autorité dans le travestissement des études qu'il commente. Car l'information principale de cette nouvelle étude est que le réchauffement global ne s'est pas traduit par une hausse globale de l'intensité des cyclones, le bassin Atlantique faisant figure d'exception. Et une exception sur deux décennies, ce n'est finalement pas si rare pour le climat. Il sera amusant de voir si la presse recopie le communiqué ou prend le temps de lire l'étude...
Réf
GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 34, L04815, doi:10.1029/2006GL028836, 2007
A globally consistent reanalysis of hurricane variability and trends
J. P. Kossin
Cooperative Institute for Meteorological Satellite Studies, University of Wisconsin-Madison, Madison, Wisconsin, USA
K. R. Knapp
National Climatic Data Center, NOAA, Asheville, North Carolina, USA
D. J. Vimont
Department of Atmospheric and Oceanic Sciences, University of Wisconsin-Madison, Madison, Wisconsin, USA
R. J. Murnane
Risk Prediction Initiative, Bermuda Institute of Ocean Sciences, Garrett Park, Maryland, USA
B. A. Harper
Systems Engineering Australia Pty. Ltd., Bridgeman Downs, Queensland, Australia
Abstract - Recently documented trends in the existing records of hurricane intensity and their relationship to increasing sea surface temperatures suggest that hurricane intensity may be increasing due to global warming. However, it is presently being argued that the existing global hurricane records are too inconsistent to accurately measure trends. As a first step in addressing this debate, we constructed a more homogeneous global record of hurricane intensity and found that previously documented trends in some ocean basins are well supported, but in others the existing records contain trends that may be inflated or spurious.