ETUDE DE CAS - L'AUSTRALIEDepuis environ 10 ans, l'Australie fait face à une situation de sécheresse récurrente.
Aout 2006 fut le plus sec depuis le début des relevés météorologiques en 1900, et le plus chaud depuis 1950, d’après le service météo national.
L'absence de pluie vient prolonger une période très sèche que connaît la majeure partie du sud de l'Australie depuis 1996, et l'est de l'Australie depuis 2002. Un retour de la sécheresse durant cet été austral fait suite à la pire sécheresse qu'avait connue l'Australie depuis 100 ans en 2002, dévastant alors les récoltes. 
Mike Rann, le premier ministre d'Australie du Sud : "
On nous a expliqué à la réunion de la gestion du bassin Murray-Darling que ce qui nous attend à présent, ce n'est pas une sécheresse centenaire, mais une sécheresse millénaire. Nous sommes maintenant en territoire inconnu." Le mois dernier, Canberra a restreint la consommation d'eau du fait de l'épuisement de ses réserves.
Citation
Face à une sécheresse historique, les Australiens n'auront pas d'autre solution que de boire leurs eaux usées recyclées, a averti lundi le Premier ministre John Howard.
Commentant une décision de l'Etat australien du Queensland (nord-est) de faire boire des eaux usées traitées, le chef du gouvernement conservateur a déclaré: "Je suis tout à fait favorable au recyclage, je défends cette solution depuis longtemps".
M. Howard a félicité le Premier ministre du Queensland, Peter Beattie, qui a décidé de recycler les eaux usées dès l'année prochaine, malgré la controverse suscitée. M. Beattie a renoncé à tenir un référendum sur la question prévue en mars.
Peter Beattie a justifié sa décision par le fait que le niveau des barrages, d'une faiblesse jamais atteinte auparavant, ne laissait aucune alternative à son gouvernement.
"La réalité est que pour le moment, nous n'avons pas le choix", a-t-il déclaré, soulignant que les habitants de Singapour, Londres, Washington ou du sud de la Californie boivent déjà de l'eau recyclée.
L'Australie, continent déja le plus sec du globe, est touchée par une séchesse historique, qui a conduit la plupart des grandes villes à prendre des mesures de restriction d'eau.
Clive Berghofer, ancien maire de la ville de Toowoomba (sud-est), dont les administrés ont refusé en juillet par référendum de boire des eaux usées recyclées, a pour sa part estimé que cette initiative allait ruiner l'image propre et écologique de la région.
"Les politiciens se défilent parce que pendant des années, ils ont négligé les infrastructures de gestion de l'eau et maintenant ils paniquent", a-t-il déclaré.
Sécheresse. Piscines vidées, douches réduites... Face à la pénurie d'eau, les villes improvisent.
L'Australie au goutte-à-goutte
«En raison de la crise, les boissons peuvent être servies dans des gobelets en plastique. La direction et le personnel vous remercient de vos efforts pour économiser l'eau.» John et Jim ont lu le panneau, levé leur bière pression et fait c*l sec. Ils sont des habitués de ce bar de Goulburn où le patron a décidé de renoncer aux «vrais» verres pour ne plus avoir à les laver. John et Jim, qui ne sont pas de la première jeunesse, ont pourtant accepté sans rechigner cette grave entorse à la tradition, parce qu'ils ont compris que, cette fois, leur ville est exsangue.
Goulburn et ses 22 000 habitants sont installés sur une terre à moutons, ces derniers ayant fait l'histoire et la gloire de cette ville du bush, une des plus anciennes du pays, à une heure de voiture de la capitale fédérale, Canberra. Les gens d'ici sont des durs à cuire, habitués à un ciel qui n'en fait qu'à sa tête. Ils savent qu'un jour la terre peut se craqueler de soif et, l'autre, se noyer dans des déluges.
Mais depuis cinq ans, la sécheresse s'est installée à Goulburn comme si elle avait l'intention d'y boire jusqu'à la dernière goutte.
Quatorze mois de réserves. Il y a deux ans, le conseil municipal a instauré les restrictions d'eau les plus sévères possible, creusé de nouveaux puits, planté un tuyau d'urgence dans la rivière, vidé la piscine municipale, réduit l'eau et la durée des douches des 580 détenus de la prison...
Mais il ne reste plus que quatorze mois de réserves. Le principal bassin est presque vide et, déjà, les canalisations s'obstruent régulièrement parce qu'il n'y circule pas suffisamment d'eau. La plupart des terrains de jeu de la ville ont dû être fermés pour éviter que les enfants se blessent sur un sol aussi dur que du béton. Goulburn se tanne comme un vieux cuir.
L'ultime solution semble être le recyclage des eaux usées. C'est bien l'avis du maire de Goulburn, Paul Stephenson, qui a lancé une vaste opération de consultation populaire. D'ici cinq mois, il choisira entre la construction d'une usine de 40 millions de dollars australiens (23,8 millions d'euros) pour transformer les eaux usées en eau potable et l'alternative d'aller chercher de l'eau jusqu'à Sydney ou à Canberra (guère mieux lotis que Goulburn), ou bien d'approfondir les réservoirs existants, voire d'en ouvrir d'autres...
Stephenson veut éviter à sa ville la bataille rangée de Toowoomba, ville de l'Etat du Queensland qui, lors d'un référendum en juillet, a rejeté à 62 % l'idée de consommer ses eaux usées. Que le procédé de recyclage proposé soit l'un des plus performants n'a rien changé à l'affaire. Ses adversaires n'ont pas lésiné sur les moyens pour convaincre les habitants qu'il était hors de question d'avaler l'eau des toilettes ; ils ont utilisé toutes les ficelles, du dégoût à la fierté nationale en passant par la peur d'attraper d'étranges maladies. L'ironie de l'histoire est que beaucoup d'Australiens boivent déjà, sans le savoir, les eaux usées et recyclées de leurs voisins. Chaque ville qui traite ses eaux usées les rejette ensuite dans une rivière où, en aval, une autre agglomération va puiser de quoi alimenter ses réservoirs, avant de rejeter à son tour ses eaux usées et traitées dans la rivière.
Un matin, dans un futur pas si lointain, dans une des grandes villes que compte l'Australie, quelqu'un ouvrira un robinet, puis un autre. Mais à la place de l'eau qui coule, il n'y aura plus qu'un sifflement dans des canalisations vides. C'est le scientifique, environnementaliste et écrivain australien Tim Flannery qui fait cette prédiction et, si ses collègues ne sont pas aussi pessimistes dans leurs commentaires, ils ont presque tous noirci le tableau de leurs hypothèses. «
Je ne pense pas qu'aucun de nous s'attendait à voir le climat se modifier de cette manière au cours des cinq dernières années. Je pensais que le climat allait changer mais que cela prendrait une trentaine d'années, expliquait, il y a quelques jours, le Pr Peter Cullen, de la National Water Commission. Les gouvernements doivent considérer toutes les options disponibles comme le recyclage et la désalinisation. Je ne pense pas que nous ayons les moyens d'être doctrinaires et de rejeter quoi que ce soit. L'Australie se dessèche rapidement.» «En train de paniquer». «Comme le désert de Gobi», titrait, il y a trois mois, le Sydney Morning Herald, l'un des principaux quotidiens. «Comme les sables mouvants...
la sécheresse se rapproche des grandes villes australiennes.»
Sydney, Canberra, Melbourne, Brisbane, Adelaide et Perth subissent la crise de l'eau. Et tout le monde redoute, avec l'arrivée de l'été, le retour des incendies. Perth est la ville la plus mal en point.
Les précipitations sur la capitale de l'Australie de l'Ouest n'ont cessé de diminuer depuis 1970. Son usine de désalinisation n'est pas encore opérationnelle qu'elle envisage déjà d'en construire une deuxième, pour parer à l'effondrement de ses réserves, ou bien de tirer une immense conduite d'eau de plus de 2 000 km pour aller chercher de l'eau dans l'extrême nord du pays.
«Je pense que les gouvernements, les bureaucrates et les ingénieurs spécialistes de l'eau sont en train de paniquer. Ils proposent des réservoirs encore plus grands, des canalisations plus grosses, commente le Dr Stuart Blanch, du World Wildlife Fund (WWF). A quoi cela sert-il si ces réservoirs restent à moitié vides ?» L'Australie est le continent le plus vulnérable. Parce qu'il est le plus aride, il est particulièrement sensible à la sécheresse provoquée par un changement climatique dont le réchauffement de la planète semble être le principal responsable. Si elle n'a pas ratifié le protocole de Kyoto, l'Australie est par habitant un des pays qui produisent le plus de gaz responsables de l'effet de serre, un des plus polluants. Réduire les émissions de gaz serait sans doute la meilleure solution pour éviter que ce continent se transforme en un radeau de sable. Mais il faudra du temps. Une denrée devenue, en Australie, aussi rare que l'eau.
Citation
Depuis 1998, la pluviométrie annuelle de l'Australie n’a cessé de décroître. De ce fait, des états de sécheresse sont proclamés dans la plupart des zones urbaines et agricoles et sont accompagnés de restrictions de la consommation d’eau. Ainsi, en 2005, l’étiage du plus grand réservoir de stockage d'eau de Sydney, le barrage de Warragamba, est tombé en dessous de 40 % de sa capacité pour la première fois depuis sa construction. Par conséquent, le gouvernement australien ainsi que les gouvernements des huit Etats et Territoires travaillent conjointement pour planifier l’alimentation future en eau et pour inciter les Australiens à modérer leur consommation.
Prouvez donc moi que ce pays ne connait pas une réduction calamiteuse de ses réserves en eau. Une situation dont, curieusement, on entend fort peu parler en Europe en passant... Je propose donc à PE de faire un petit séjour à Melbourne ou Camberra et d'y reproduire son comportement en matière de consommation d'eau ou d'y prêcher sa bonne parole.
PS; le choix d'un pays riche est volontaire pour montrer que l'Afrique n'est pas la seule touchée et que les moyens techniques et financiers ne suffisent apparemment pas.