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Version complète : évolution climatique en France
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meteor
Suite à une discussion dans la rubrique climatologie concernant la sécheresse et les déficits hydriques, ci-joint une présentation de Dandin (MF) concernant l'évolution climatique du dernier siècle et du siècle actuel.

On notera particulièrement les évolutions saisonnières des températures et précipitations.

Ce que j'en conclus pour le moment est que l'on constate bien une diminution des précipitations estivales même si elle n'est pas très significative.

Il est donc bien clair que la sécheresse estivale, la plus importante à mon sens, s'est accrue au cours du siècle.
Les scénarii du futur sont particulièrement inquiétants pour la partie sud de la France.

DANDIN
grecale2b
Citation (meteor @ 12/04/2007 - 11:15) *
Les scénarii du futur sont particulièrement inquiétants pour la partie sud de la France.

mais non voyons, puisqu'on glisse doucement mais sûrement vers les normes du futur, c'est donc que c'est normal... rolleyes.gif
printemps
Attention au manque de recul.On constate une baisse actuellement mais dans les prochaines années rien ne dit que les pluies reviendront sur le bassin mediteranéen.Les épisodes de crues exceptionnels ne sont pas si loin...
meteor
Citation (grecale2b @ 12/04/2007 - 12:53) *
mais non voyons, puisqu'on glisse doucement mais sûrement vers les normes du futur, c'est donc que c'est normal... rolleyes.gif


Oui çà c'est l'avis de certains qui, à mon sens, disent des évidences.
Il est en effet évident que la "norme" doit évoluer par définition, puisque les paramètres climatiques de la période actuelle deviennent la norme.
Si on suivait ce genre de raisonnement pour apprécier l'évolution climatique, à savoir comparer les paramètres climatiques avec la norme la plus récente, cette évolution serait tout simplement quasi-inexistante.
On pourrait ainsi se retrouver, j'exagère, avec une température moyenne de 50°C en France et on trouverait celà "normal", ce qui le serait statistiquement parlant.
Cette méthode de comparaison, comme on le voit aisément, ne présente donc pas bp d'intérêt, sauf si on veut regarder le court terme, mais pas dans ce qui nous occupe dans ce topic.
Plus sérieusement, ce qui est important c'est l'évolution de ces mêmes paramètres climatiques sur une certaine durée (par exemple le siècle) et ce, à partir de n'importe quelle période de référence.
L'intérêt de choisir une période de référence unique, par exemple 1951-1980 ou 1961-1990, étant que nombre de reconstructions des températures du passé sont effectuées en tenant compte de ces périodes.
frc63
Citation (meteor @ 12/04/2007 - 11:15) *
Suite à une discussion dans la rubrique climatologie concernant la sécheresse et les déficits hydriques, ci-joint une présentation de Dandin (MF) concernant l'évolution climatique du dernier siècle et du siècle actuel.

On notera particulièrement les évolutions saisonnières des températures et précipitations.

Ce que j'en conclus pour le moment est que l'on constate bien une diminution des précipitations estivales même si elle n'est pas très significative.

Il est donc bien clair que la sécheresse estivale, la plus importante à mon sens, s'est accrue au cours du siècle.
Les scénarii du futur sont particulièrement inquiétants pour la partie sud de la France.

DANDIN


Presentation Powerpoint interessante.

Dire

"Ce que j'en conclus pour le moment est que l'on constate bien une diminution des précipitations estivales même si elle n'est pas très significative."

... Oui, mais pas seulement, c'est dommage de passer le reste sous silence.

Quelques titres, et phrases phares de ces ppt sur l'évolution constaté de la pluvio:

"Tendances des précipitations
annuelles (1901-2000) à la hausse…"

"Hausse de l’ordre de 10% au 20e s.
Hausses plus élevées au nord
Hausses quasi généralisées en hiver
En été, une majorité de baisses"

"Tous les indices vont dans le sens d’une pluviométrie en hausse
et une augmentation des sécheresses" (et pas de la baisse de la pluvio, ce dont je parle dans le fil évoqué par Météor)

"Les précipitations continentales des moyennes latitudes de
l’hémisphère Nord ont augmenté au cours du 20e siècle. Elles
ont augmenté en métropole mais avec un contraste saisonnier
et régional."

"Le nombre de jours chauds et de périodes sèches a
augmenté. Le nombre de fortes pluies également.
 Ces évolutions diffèrent suivant la saison et la région."

Pour les prevision, beaucoup de conditionel (normal).

"Paraissent très probables :

 plus de précipitations fortes sur de nombreuses régions

 augmentation de la sécheresse en été et en automne,
des crues en hiver et au printemps

 une limite nord-sud incertaine, avec augmentation du
nombre de dépressions au nord et risque de
préconditionnement d’inondations (sécheresses au sud)"

Voila, sinon je redonne le lien que j'avais donné dans l'autre fil sur l'evolution de la pluviométrie observée en France:

Dossier pluvio CNRS

On remarquera que les cartes d'évolution constaté de la pluvio sont les mêmes que celles de Dandin.

En conclusion les auteurs disent :

"Les précipitations présentent des tendances en bordure de significativité : plutôt à la hausse et plutôt sur les saisons déjà pluvieuses. Seul l'été présente une majorité de cumuls en baisse sur la période 1901-2000. En hiver, presque tous les cumuls sont à la hausse. Les autres saisons, les cumuls en baisse se situent plutôt au sud du territoire. La hausse des précipitations hivernales est le résultat le plus marquant. "

Ils insistent sur le manque de données longues et homogénéisées et donc du pb de significativité.
meteor
Citation (frc63 @ 12/04/2007 - 17:02) *
Presentation Powerpoint interessante.

Dire

"Ce que j'en conclus pour le moment est que l'on constate bien une diminution des précipitations estivales même si elle n'est pas très significative."

... Oui, mais pas seulement, c'est dommage de passer le reste sous silence.


Oui bien entendu j'ai cité ce qui me semblait intéressant pour la période la plus difficile que doivent traverser la végétation et les activités agricoles, entr'autres, à savoir la baisse des précipitations estivales passées et à venir.
Cette baisse conjuguée à une augmentation forte de la température en été aurait des conséquences assez désastreuses.
C'est celà qui me semble essentiel.
Le fait que les précipitations annuelles et hivernales augmentent est certes intéressant mais celà ne compense pas.

Il est important de bien avoir en tête ce vieil indice que je cite d'un texte de Moisselin:

Le plus populaire des indices de sécheresse est celui de De Martonne, dont la valeur annuelle s’écrit :
I = P/(T+10)
où P est le cumul annuel des précipitations en mm et T la température moyenne annuelle en °C. I s’exprime en mm/°C. Plus cet indice est élevé, plus le climat est humide.

Je crois qu'il est assez bien connu ici.

De Martonne propose une classification:


Valeur de l’indice /Type de climat
0 < I < 5 hyperaride
5 < I < 10 aride
10 < I < 20 semi-aride
20 < I < 30 semi-humide
30 < I < 55 humide


Il concerne la sécheresse annuelle mais pas la sécheresse saisonnière.
Toutefois si on l'extrapole à la saison estivale qui risque de se produire, si l'on ne fait rien, une augmentation de température de 5°C devrait être compensée par une augmentation des précipitations de 15.6% en été.
D'après les modèles quasiment unanimes, du moins à ma connaissance,c'est bien l'inverse qui risque de se passer.
Le modèle Arpège qui a servi à établir un certain graphe indiquait une baisse des précipitations de 0.5 à 1.0 mm/j soit sur l'ensemble des 3 mois en question de 45 à 90 mm en moins.
La pluvio normale pour ces mois et pour la région de Toulouse est de l'ordre de 155 mm.
Cela ferait donc une baisse de 30 à 58%.
Si on parle en terme d'indice cela ferait passer l'indice de 4.84 à 1.75 au pire.
La classification plus haut ne s'applique pas mais celà donne une idée du contenu en eau des sols superficiels en été dans le futur.
BTC
Très interressant en effet.
Je me permet de compléter cette étude à partir des infos que l'on possède à l'heure actuelle par le meilleurs témoin que l'on puisse avoir : la végétation. Disons plutôt, les étages climatiques de végétation en france :
- collinéen, montagnard, subalpin, alpin, nival.
- thermoméditerranéen, mésoméditerranée, supraméd, oro...

En effet, même si une variation de température et précipitation existe disons sur 20 années, il n'y aura qu'une faible incidence sur ces étages dans leur globalité.

Par contre, si une évolution persiste et signe, on assistera alors à un changement visible.

Pour exemple. Une cartographie des habitats a été réalisée il y a 5 années de ça dans le massif des Maures.
La personne qui a travaillé sur le sujet connait à la brindille près ce secteur. Or, elle a constaté depuis peu un changement notable. En effet, la végétation thermoméditerranéene (celle qui existe en bord de mer en france) est en ce moment en train de grimper certains versants exposés. Ce n'est plus une seul espèce qui s'étend mais tout un cortège.
paysdaix
Citation (meteor @ 12/04/2007 - 18:10) *
Cette baisse conjuguée à une augmentation forte de la température en été aurait des conséquences assez désastreuses.


En effet, voici une bien aimable réponse de notre ami Guy Plaut à une de mes interrogations quant au constat de la non-baisse de pluviosité sur le sud-est en faisant une moyenne sur les 10 ans précédents (1995-2005) :
"En gros ce que vous dites est juste SAUF QUE...
Oui, les simulations ne montrent pas de grands changements de pluviosite...
MAIS... (bien que les chiffres aient forcement des incertitudes), les simulations de temperatures montrent au dessus de notre belle France qu'un ete type 2003 au point de vue canicule serait, en gros, un ete dans la moyenne du point de vue canicule, certains subissant des canicules largement pires si l'on peut dire, et les etes les plus frais se situant au niveau des etes moyens de la fin du 20eme siecle.
Autant d'eau mais BEAUCOUP PLUS d'evaporation --> Des stess hydriques difficilement supportables pour les arbres...
Des series de nuits nettement plus chaudes qu'en 2003 --> des stress thermiques difficilement supportables pour la population.
Ceci vaut aussi pour la Bourgogne ou l'eloignement de la mer en regime de Sud anticyclonique acccentue la chaleur...
Voila comment cela se dessine pour la fin de notre jeune siecle.
Cordialement
"
meteor
Citation (BTC @ 12/04/2007 - 18:23) *
Pour exemple. Une cartographie des habitats a été réalisée il y a 5 années de ça dans le massif des Maures.
La personne qui a travaillé sur le sujet connait à la brindille près ce secteur. Or, elle a constaté depuis peu un changement notable. En effet, la végétation thermoméditerranéene (celle qui existe en bord de mer en france) est en ce moment en train de grimper certains versants exposés. Ce n'est plus une seul espèce qui s'étend mais tout un cortège.


OK mais celà veut dire quoi exactement?
Le fait pour la végétation de monter est-il un signe qu'elle "recherche" le plus frais et plus humide et donc qu'elle grimpe?
Cela veut-il dire que le climat devient trop chaud et sec ou est-ce autre chose?
Pourrais-tu donner des explications complémentaires?

J'en profite pour mettre l'accent sur la page 23 du document DANDIN qui indique l'évolution prévue (je suppose à partir d'un des modèles et scénarii) du contenu en eau des sols.
Lorsqu'on regarde le Sud-ouest, par exemple, on s'aperçoit que la baisse a lieu toute l'année avec un maxi en été bien sûr.
Cette baisse s'étage de 10 à 50%, ce qui est considérable et qui ne permet pas beaucoup de répit, même pas du tout, pendant la période de croissance et de maturation des végétaux.
Il est important de signaler que le reste de la France n'est guère mieux loti.
Ceci me semble assez problématique pour la forêt et donc pour le puits de carbone qu'elle constitue et ce, malgré le rôle fertilisant du CO2.
En général en effet les forêts des régions chaudes et sèches contiennent moins de carbone que les forêts de climat plus tempéré et humide.
Sans parler de la sensibilité accrue aux incendies et on peut frémir en voyant l''emplacement des grands massifs forestiers français.

Mon but n'est pas de faire du catastrophisme mais de souligner le résultat d'un des modèles publiés.
Ce résultat me semble en tous les cas très préoccupant.
Si quelqu'un a en sa possession un autre modèle, qu'il n'hésite pas.
doc
Bonjour,

j'ai asissté à une conférence là dessus à destination des enseignants SVT de l'académie de Montpellier (LR) et effectivement depuis quelques années les écosystèmes tempérés sont devenus des sources de carbone a cause des sécheresses, feedback positif... Il y a des réseaux de mesure de tout cela, avec des tours de flux, et des études de détail sur le fonctionnement d'une forêt méditerannéenne à Puechabon.
Si certains sont interessés ils peuvent me demander par MP le powerpoint présentant ces résultats, c'est très inquiétant. Il y a aussi les modèles météofrance pour le climat du midi de la france en 2050 ou 2100... et les comparaison entre 1920-1950 (par là) et 1970-2000 c'est déjà édifiant. C'est des gens du CNRS qui travaillent là dessus.

Sinon tout cela est évident pour les agriculteurs, on a complètement changé nos pratiques et nos dates en l'espace de 15 ans, surtout depuis 5 ans c'est assez ahurissant.

à+,

doc
BTC
Concernant le thermoméditerranéen (espèce thermiphile peut adapté au gel) qui s'étend, c'est tout simplement parce que les espèces liées à cet étage bio-climatique trouve des conditions climatiques adaptés à son développement sur des surfaces qui auparavant étaient occupé par le Mésoméditerranéen (étage moins adapté aux grosse chaleurs et capable de résister au gel temporaire).
meteor
Citation (BTC @ 13/04/2007 - 11:57) *
Concernant le thermoméditerranéen (espèce thermiphile peut adapté au gel) qui s'étend, c'est tout simplement parce que les espèces liées à cet étage bio-climatique trouve des conditions climatiques adaptés à son développement sur des surfaces qui auparavant étaient occupé par le Mésoméditerranéen (étage moins adapté aux grosse chaleurs et capable de résister au gel temporaire).


ok merci pour l'explication.
C'est lié donc au fait qu'il gèle moins en altitude.
frc63
Citation (paysdaix @ 12/04/2007 - 18:55) *
En effet, voici une bien aimable réponse de notre ami Guy Plaut à une de mes interrogations quant au constat de la non-baisse de pluviosité sur le sud-est en faisant une moyenne sur les 10 ans précédents (1995-2005) :
"En gros ce que vous dites est juste SAUF QUE...
Oui, les simulations ne montrent pas de grands changements de pluviosite...
MAIS... (bien que les chiffres aient forcement des incertitudes), les simulations de temperatures montrent au dessus de notre belle France qu'un ete type 2003 au point de vue canicule serait, en gros, un ete dans la moyenne du point de vue canicule, certains subissant des canicules largement pires si l'on peut dire, et les etes les plus frais se situant au niveau des etes moyens de la fin du 20eme siecle.
Autant d'eau mais BEAUCOUP PLUS d'evaporation --> Des stess hydriques difficilement supportables pour les arbres...
Des series de nuits nettement plus chaudes qu'en 2003 --> des stress thermiques difficilement supportables pour la population.
Ceci vaut aussi pour la Bourgogne ou l'eloignement de la mer en regime de Sud anticyclonique acccentue la chaleur...
Voila comment cela se dessine pour la fin de notre jeune siecle.
Cordialement
"


Oui !

Le gros pb avenir est bien là, explosion de l'evapostranspiration, donc pertes d'eau considérablement plus élevées, associée au RC, même si la pluvio ne change guère dans l'avenir. C'est bien cet argument que j'ai avancé le plus dans le fil sur la secheresse dans le sud dans le forum Climatologie.

Le région Med. risque d'etre une des régions les plus perdante dans le cortège de mefaits associés au RC.

En ce sens je suis aussi inquiet que Meteor ou Grecale2b sad.gif
grecale2b
Citation (frc63 @ 13/04/2007 - 12:05) *
Oui !

Le gros pb avenir est bien là, explosion de l'evapostranspiration, donc pertes d'eau considérablement plus élevées, associée au RC, même si la pluvio ne change guère dans l'avenir. C'est bien cet argument que j'ai avancé le plus dans le fil sur la secheresse dans le sud dans le forum Climatologie.

Le région Med. risque d'etre une des régions les plus perdante dans le cortège de mefaits associés au RC.

En ce sens je suis aussi inquiet que Meteor ou Grecale2b sad.gif

d'autant que l'extension de l'étage thermoméditerranéen augmentera encore un peu plus cette évapotranspiration. quand on se balade dans cette végétation, on ne peut pas dire que l'on ressent de la fraîcheur...

pour ceux qui ne maîtrisent pas trop les étages de végétation, voici par exemple celui de la corse:


edit:
Citation
Etage thermoméditerranéen
(De 1 à 100m d’altitude aux adrets)
Cet étage se caractérise par une température moyenne comprise entre 17 et 19°C, la température minimale étant égale à 5°C. La saison estivale sèche de deux à trois mois favorise l’olivier sauvage, l’asperge blanche, le lentisque, l’euphorbe arborescente, la clématite...
oec
BTC
Ha petite erreur, plus l'espèce est thermophile, moins elle évapotranspire. Le passage du méso au thermoméditerranéen sur une surface donnée va diminuer l'évapotranspiration.
De toute façon, mis à part éventuellement la chênaie pubescente (présente en ubac du mésoméditerranéen et sur l'ensemble du supra) on ne peut pas vraiment dire que les autres milieux de l'étage mésoméditerranéen soient franchement générateur d'humidité dans l'air.

Maintenant, de là à dire que ce sont les milieux méditerranéens qui vont le plus souffrir, ce n'est pas dit.
Une sécheresse en Lorraine crée nettement plus de dégats qu'en région méditerranéene (voir 2003). Autrement dit, à niveau égal, un changement climatique dans le milieu méditerranéen de par la présence d'espèces xérophiles adaptées aux variations climatiques récurentes créra moins de dégats que dans un milieu collinéen.

Bon pour finir, avec la capacité génétique des espèces présentes en France à supporter de grandes variations climatiques, il est raisonnable de dire qu'il n'y aura pas de catastrophe écologique à terme, quoiqu'on entende. C'est un avis que je ne partage pas seul.
chris68
C'est un peu HS mais juste pour vous dire que c'est bien agréable de vous lire. Enfin un topic sur l'évolution du climat dénué de polémiques stériles ou de confrontations avec les septiques. Beaucoup d'informations et d'études ici, continuez! flowers.gif
grecale2b
Citation (BTC @ 13/04/2007 - 13:53) *
Ha petite erreur, plus l'espèce est thermophile, moins elle évapotranspire. Le passage du méso au thermoméditerranéen sur une surface donnée va diminuer l'évapotranspiration.
De toute façon, mis à part éventuellement la chênaie pubescente (présente en ubac du mésoméditerranéen et sur l'ensemble du supra) on ne peut pas vraiment dire que les autres milieux de l'étage mésoméditerranéen soient franchement générateur d'humidité dans l'air.

Maintenant, de là à dire que ce sont les milieux méditerranéens qui vont le plus souffrir, ce n'est pas dit.
Une sécheresse en Lorraine crée nettement plus de dégats qu'en région méditerranéene (voir 2003). Autrement dit, à niveau égal, un changement climatique dans le milieu méditerranéen de par la présence d'espèces xérophiles adaptées aux variations climatiques récurentes créra moins de dégats que dans un milieu collinéen.

Bon pour finir, avec la capacité génétique des espèces présentes en France à supporter de grandes variations climatiques, il est raisonnable de dire qu'il n'y aura pas de catastrophe écologique à terme, quoiqu'on entende. C'est un avis que je ne partage pas seul.

petite confusion de ma part. je voulais dire que sous cette végétation le sol retient moins l'eau et qu'il fait plus chaud, donc que l'évaporation augmente.
david3
Citation (chris68 @ 13/04/2007 - 11:59) *
C'est un peu HS mais juste pour vous dire que c'est bien agréable de vous lire. Enfin un topic sur l'évolution du climat dénué de polémiques stériles ou de confrontations avec les septiques. Beaucoup d'informations et d'études ici, continuez! flowers.gif
Salut Chris,
J'ai eu exactement la meme impression que toi en lisant ce fil : un debat sur une thematique scientifique ne peut avoir lieu que dans ces conditions.
BTC
On ne parle pas d'évapotranspiration dans ce cas mais plutôt "d'effet amortisseur" (mrd, le vrai terme je l'ai au bout de la langue). L'évapotranspiration c'est l'échange Co2-eau du feuillage. Rien à voir avec le sol où il n'y a pas une corrélation systématique évapotranspiration-humidité du sol.

Un changement climatique en région méditerranéene (c'est le cas en ce moment) ne va pas forcément tout remettre en cause à moins d'un changement très conséquent. En effet, les chênaies vertes resteront des chênaies, même chose pour les pubescentes à la condition extrême de tout faire pour qu'elles ne brûlent pas en les gérant de manière intelligentes.

Pour les milieux atlantiques et continentaux français, nos génétitiens forestiers ont cependant constaté l'incroyable élasticité génétiques des essences forestières. En effet, de la vie d'un arbre ou d'une forêt, 10 000 ans c'est bien peu de chose. Vous êtes d'accord avec moi pour dire que certaines périodes durant ce lapse de temps ont été plus chaud qu'à l'heure actuel et que d'autres nettement plus froides avec de brutaux changements. En 10 000 ans le cortège floristique n'en a pas été détruit pour autant. Nous gardons même ici et là soit des reliques glaciaires soit des reliques désertiques. Nous avons cependant de gros problèmes avec le Grand Tétras, véritable espèce boréal qu'on verra certainement disparaître de nos montagnes de notre vivant quoiqu'on fasse.

Tout ça pour dire que d'un point de vu écologique avec le réchauffement estimé du moment, même si je ne prend que l'aspect hexagonal du problème, le catastrophisme n'est pas à l'heure du jour. Attention, je ne dis pas qu'il y aura des problèmes malgré tout.
meteor
Citation (BTC @ 16/04/2007 - 18:15) *
Pour les milieux atlantiques et continentaux français, nos génétitiens forestiers ont cependant constaté l'incroyable élasticité génétiques des essences forestières. En effet, de la vie d'un arbre ou d'une forêt, 10 000 ans c'est bien peu de chose. Vous êtes d'accord avec moi pour dire que certaines périodes durant ce lapse de temps ont été plus chaud qu'à l'heure actuel et que d'autres nettement plus froides avec de brutaux changements. En 10 000 ans le cortège floristique n'en a pas été détruit pour autant. Nous gardons même ici et là soit des reliques glaciaires soit des reliques désertiques. Nous avons cependant de gros problèmes avec le Grand Tétras, véritable espèce boréal qu'on verra certainement disparaître de nos montagnes de notre vivant quoiqu'on fasse.

Tout ça pour dire que d'un point de vu écologique avec le réchauffement estimé du moment, même si je ne prend que l'aspect hexagonal du problème, le catastrophisme n'est pas à l'heure du jour. Attention, je ne dis pas qu'il y aura des problèmes malgré tout.




C'est un discours optimiste qui tranche avec des discours peut-être un peu trop catastrophistes, mais il ne semble pas que cet optimisme soit partagé, loin s'en faut par tous les spécialistes.

Ceci dit, comme je n'en suis pas, je n'irai pas trop loin sur ce sujet.

Mais les études, semble t'il sérieuses, montrent bien un transfert prévu des aires de végétation vers le nord.
Ce qui semble tout à fait normal d'ailleurs.
D'autres spécialistes évoquent les attaques des arbres notamment par les insectes en recrudescence avec la diminution du nombre de jours de gel par exemple.

Il est clair qu'il y a eu des périodes plus froides ne serait-ce que pendant les ères glaciaires, mais pendant ces ères justement, la forêt française était plutôt sous forme de toundra, au mieux, ou de steppe, au pire.

Concernant les périodes chaudes il est assez contesté qu'il y ait eu une période plus chaude qu'actuellement.
On parle bien du milieu de l'Holocène mais il faudrait connaître la vitesse de variation de la température également.
En tous les cas aucune température de ces 10000 dernières années ne sera aussi chaude, loin s'en faut, que ce qui nous attend si les prévisions se réalisent.

Enfin sur un plan plus terre à terre je me demande comment fait une forêt tempérée pour résister sans adaptation possible (car pas assez de temps disponible pour l'évolution des espèces et leur migration) à des étés, qui se succèdent, où les températures maximales dépassent 42°C, où le nb de jours sans pluie augmente de façon considérable et où les quelques rares pluies qui se produisent sont violentes et ruissellent en ravinant les sols.

Ma petite expérience d'éleveur d'arbres amateur me fait fortement douter qu'il puisse y avoir adaptation en des temps si courts.
Au mieux si la forêt résiste aux chaleurs et sécheresses excessives, aux incendies qui découlent fort logiquement de cette situation, aux insectes et aux maladies, je ne la vois certainement pas prospérer mais plutôt stagner et en tous les cas, devenir, ainsi que les sols, plutôt une source de CO2 qu'un puits.
Attention je parle pour le futur pas pour la situation actuelle.
Pas mal de modèles prévoient que le bilan serait légèrement positif au-dessus de la Loire jusqu'en 2050 et deviendrait négatif ensuite pour la France entière.
Des observations, notamment pendant l'été 2003, prouveraient que la situation actuelle peut déjà le vérifier de façon exceptionnelle.

Alors bien sûr, on échappera, du moins si tout va bien, à un Sahara français. biggrin.gif

Mais je suis très loin de partager ton optimisme.
snowman49
Un forêt s'adapte fort bien, c'est même assez fou en ce qui concerne les mousses, les dernières années très peu de précipitations l'été ici, les mousses restaient toujours vertes, même s'il était tombé 5mm en 2 mois et qu'il avait fait plus de 35°C pendant une semaine.

Puis, y aura de nouvelles espèces qui vont apparaîtres si les modèles voient justes, d'autres vont disparaîtres (je pense au noisetier par exemple).

Très difficile de savoir comment la faune et la flore réagira (au cas où les modèles aient raisons), mais globalement, il ne devrait pas y avoir de gros problèmes chez nous vu que la pluspart de nos espèces s'adaptent très facilement (sinon elles seraient mortes depuis bien longtemps avec notre colonisation de l'espace, il y a eu d'ailleurs pas mal d'espèces à disparaître depuis les années 1900, surtout à cause de la pollution).

Les plus grandes menaces pour notre faune et notre flore ne sont pas (pour le moment en tout cas) les changements climatiques mais bien la pollution, le changement des milieux (humide surtout) et l'urbanisation gallopante.
grecale2b
personne ne remet en cause les capacités d'adaptation de la végétation. en général elle s'en sort plutôt bien.
mais comme l'a dit au passage meteor, je crois que le principal problème réside dans la rapidité annoncée du changement. des espèces vont disparaître (à échelle régionale, je parle) à cause du réchauffement, c'est certain. mais il est plus facile de quitter un écosystème que s'y installer. on risque donc plutôt d'aller vers une baisse de la biodiversité que garder l'actuelle, même en imaginant que les écosystèmes se contentent de se déplacer. qui dit perte de la biodiversité végétale dit obligatoirement perte de biodiversité animale. le problème est que l'on risque d'entrer dans une spirale où la disparition d'une ou plusieurs espèces entraînerait la disparition d'autres, et ainsi de suite.
il ne faut pas perdre de vue que l'équilibre est fragile. l'adaptation se fera à condition que l'on laisse la possibilité aux différentes espèces de s'adapter (se déplacer ou muter). c'est là que je suis moins optimiste que d'autres...
Pierre-Ernest
Je crois que si l'on veut faire des conjectures sur le futur concernant la végétation en général, il faut aussi tenir compte de l'effet anti-transpiration et fertilisant de l'augmentation du taux de CO2 atmosphérique, qui peut compenser, au moins en partie, l'augmentation de température.
Par ailleurs, une augmentation des précipitations hivernales aura pour effet de faire monter le niveau général des nappes phréatiques (les précipitations hivernales étant beaucoup plus efficaces que les précipitations estivales). Ce fait rendra l'irrigation plus facile.
grecale2b
Citation (Pierre-Ernest @ 17/04/2007 - 00:17) *
Je crois que si l'on veut faire des conjectures sur le futur concernant la végétation en général, il faut aussi tenir compte de l'effet anti-transpiration et fertilisant de l'augmentation du taux de CO2 atmosphérique, qui peut compenser, au moins en partie, l'augmentation de température.
Par ailleurs, une augmentation des précipitations hivernales aura pour effet de faire monter le niveau général des nappes phréatiques (les précipitations hivernales étant beaucoup plus efficaces que les précipitations estivales). Ce fait rendra l'irrigation plus facile.

tu parles de l'augmentation des précipitations hivernales comme si c'était une généralité. c'est peut-être le cas dans la moitié nord, ça l'est peut-être moins dans la moitié sud si l'on en croit la tendance actuelle.
meteor
Citation (grecale2b @ 17/04/2007 - 09:30) *
tu parles de l'augmentation des précipitations hivernales comme si c'était une généralité. c'est peut-être le cas dans la moitié nord, ça l'est peut-être moins dans la moitié sud si l'on en croit la tendance actuelle.


Cette augmentation peut à la rigueur servir à restaurer du moins partiellement des nappes phréatiques certainement bien vidées lors des saisons chaudes et donc permettre une utilisation humaine.
Par contre c'est d'une utilité nettement moins évidente pour la végétation sauvage et les forêts en particulier.
Pour ces dernières l'eau est surtout nécessaire, c'est une évidence, au moment où elles en ont le plus besoin.
En fait une grosse partie de l'eau retourne directement à l'océan en hiver-début du printemps (voir le débit élevé des cours d'eau, en général, en cette saison).
Damien49
Citation
Cette augmentation peut à la rigueur servir à restaurer du moins partiellement des nappes phréatiques certainement bien vidées lors des saisons chaudes et donc permettre une utilisation humaine.
Par contre c'est d'une utilité nettement moins évidente pour la végétation sauvage et les forêts en particulier.
Pour ces dernières l'eau est surtout nécessaire, c'est une évidence, au moment où elles en ont le plus besoin.
En fait une grosse partie de l'eau retourne directement à l'océan en hiver-début du printemps (voir le débit élevé des cours d'eau, en général, en cette saison).


Un lien intéréssant pour comprendre tout ça :

ftp://ftp.fao.org/FI/CDrom/FAO_Training/F...5f/x6705f01.htm
Alain Coustou
Citation (grecale2b @ 16/04/2007 - 22:24) *
personne ne remet en cause les capacités d'adaptation de la végétation. en général elle s'en sort plutôt bien.
mais comme l'a dit au passage meteor, je crois que le principal problème réside dans la rapidité annoncée du changement. des espèces vont disparaître (à échelle régionale, je parle) à cause du réchauffement, c'est certain. mais il est plus facile de quitter un écosystème que s'y installer. on risque donc plutôt d'aller vers une baisse de la biodiversité que garder l'actuelle, même en imaginant que les écosystèmes se contentent de se déplacer. qui dit perte de la biodiversité végétale dit obligatoirement perte de biodiversité animale. le problème est que l'on risque d'entrer dans une spirale où la disparition d'une ou plusieurs espèces entraînerait la disparition d'autres, et ainsi de suite.
il ne faut pas perdre de vue que l'équilibre est fragile. l'adaptation se fera à condition que l'on laisse la possibilité aux différentes espèces de s'adapter (se déplacer ou muter). c'est là que je suis moins optimiste que d'autres...

Tu as parfaitement raison d'être inquiet. En raison de leur fixité, les végétaux doivent compter sur la dispersion des semences à partir de zones qui ne sont plus favorables vers de nouvelles zones, d'où un déplacement progressif de leurs aires naturelles.
Certaines estimations font état du risque de voir disparaître à plus ou moins brève échéance de 20 à 30% des espèces animales et végétales dans le cas d'un réchauffement pourtant apparemment modéré de seulement 3% en moyenne au cours de ce siècle.
Durant les périodes glaciaires du Pléistocène, de nombreuses essences forestières ont disparu des forêts boréales et tempérées de l'Europe car elles étaient incapables de déplacer leurs aires vers le sud en raison de la présence des Alpes, des Pyrénées et d'autres chaînes de montagnes orientées principalement est-ouest, constituant des obstacles naturels à la migration des végétaux. Par conséquent, les forêts d'Europe du Nord contiennent beaucoup moins d'espèces que celles que l'on trouve à des latitudes équivalentes en Asie et en Amérique du Nord.
En général, les phytoécologues estiment que les espèces végétales ayant de vastes aires de répartition géographique et de nombreuses populations ont le plus de chances de survivre au changement climatique. Citons à titre d'exemple Pinus sylvestris qui est présent de l'Europe de l'Ouest à la Sibérie, Populus tremula et P. tremuloides, qui ont tous les deux des aires de répartition transcontinentales.
Les espèces rares ou occupant des zones géographiques limitées risqueraient davantage de disparaître. Cela est particulièrement vrai pour les espèces vivant exclusivement en haute altitude qui, en définitive, seraient incapables de déplacer leurs aires de répartition plus haut que la montagne si le réchauffement climatique dépasse un certain niveau. C'est le cas du sapin de Fraser, Abies fraseri, dont l'aire de répartition naturelle est limitée aux plus hautes altitudes dans six zones du Sud des Appalaches aux Etats-Unis. Il ne s'agit plus là d'une simple hypothèse. Déjà, en 2007 en France, les altitudes d'habitat optimales de nombreuses espèces ont augmenté de quelque deux cent mètres depuis le début du 20ème siècle et on a pu constater la tendance à la disparition des sapins dans le Mercantour au dessous d'une certaine altitude.

Une autre catégorie de plantes menacées d'extinction concerne celles à graines lourdes, donc à dispersion difficile.
Il y a quelques années, certains phytoécologues considéraient encore le risque d'extinction d'une espèce végétale et la perte consécutive de diversité biologique comme réduit en raison de la variabilité génétique des plantes. Cette variabilité pourrait selon eux leur permettre de s'adapter aux changements de conditions environnementales. Il est vrai que la variation génétique est une condition préalable nécessaire à l'évolution et un mécanisme puissant permettant aux animaux et aux plantes de changer et de s'adapter.

Mais en réalité, cette adaptation suppose des changements environnementaux suffisamment étalés dans le temps, ce qui ne sera absolument pas le cas avec le réchauffement climatique en cours. Ainsi, au Brésil, une montée en température de seulement 2 à 3 degrés d'ici à 2050 - le réchauffement réel pourrait être bien plus important - pourrait provoquer la conversion de 30 à 60% de la forêt tropicale humide amazonienne en savane sèche. Déjà, en 2006, après le franchissement du second seuil climatique (2005), le niveau du cours moyen du fleuve Amazone - le plus important du monde - a baissé de 7 mètres par rapport à la normale, provoquant l'assèchement et la disparition de très importantes zones humides, marécages et lacs.

Alain
jpaul
Bonjour,

Je vais apporter ma petite contribution en vous donnant quelques observations sur la période 16ème - 19e siècle. Celles du 16ème et 17ème siècle sont pas chiffrées puisqu'à l'époque personne ne se préoccupait de l'évolution possible du climat, et les instruments n'étaient pas ceux d'aujourd'hui. Ils se basent sur l'observation des phénomènes et de la végétation. Elles ont été réalisées par des observateurs de l'époque, dont j'en ai extrait le plus important. Les observations du 18 et 19ème siècle sont chiffrées, mais je n'ai pas fais de synthèse exploitable. Tout ceci se se passe en Lorraine.

- 1434 : la Moselle gèle en hivers et les charettes traversent sur la glace

Période chaude et sèche de 1471 à 1540 :

- entre 1471 et 1498 : les raisins sont mûres en fin juin et mi août
- 1493 : la Moselle n'est plus qu'un ruisseau (débit actuel ~ 120m3/s)
- 1540 : la moisson se fait en juin et les vendanges en août

Grandes innondations de 1631 à 1635

1646 : Eté caniculaire, 2 mois sans pluie et les paysans meurent dans les champs

1649 et 1709 : hivers rigoureux

1709 : L'été est si chaud que la terre desséchée est comme de la cendre, les grains brûlent sur pied, le vent dessèche tout ,

1757 : été très chaud et séchèresse extrème. Les arbres perdent leurs feuilles en juillet

Les années suivant se caractérisent par des printemps froids, avec des gelées ou de la neige en mai, ou en septembre, jusqu'en 1879.

Notons que le passages d'une période à l'autre sont courtes. Il ne s'agit pas là de milliers d'années.

Ma conclusion :

si nous étions dans les années 1470 - 1540, nous pourrions prédire l'arrivée imminente du désert en Lorraine.

Si nous étions en 1649 - 1709, nous pourrions prédire la venue de la calotte glacière.

Je pense que l'observation du climat ne peut se faire sur une période aussi courte que 100 ans. Bien que nous possèdions à l'heure actuelle nombre d'instruments pour mesurer les moindres fluctuactions des gaz composant l'admosphère, du niveau des océans, etc., l'histoire récente nous demande d'être un peu plus humble sur les conclusions que l'on peut apporter. Il ne s'agit pas seuleument de regarder l'avenir, car le passé est plein d'enseignements.

Il est peut être vrai que les activités humaines actuelles peuvent modifier le climat, mais quels phénomènes (naturels ceux là) ont modifié celui de ses époques ?
meteor
Citation (jpaul @ 23/04/2007 - 20:28) *
Il est peut être vrai que les activités humaines actuelles peuvent modifier le climat, mais quels phénomènes (naturels ceux là) ont modifié celui de ses époques ?


bonjour et bienvenue

je formule différemment:
Il est très probable (>90%) si l'on en croît les travaux de milliers de spécialistes du climat et des différents rapports y afférant, que les activités humaines ont perturbé le climat du siècle passé et qu'elles perturberont fortement le climat de notre siècle et des suivants.
Toute remise en cause de ce fait doit s'établir, non sur l'anecdote, mais sur des démonstrations scientifiques rigoureuses.
Ceci n'empêche nullement des causes naturelles d'être à l'origine de perturbations locales importantes du climat telles que racontées dans certains écrits dont il faudrait cependant vérifier l'authenticité.
L'Histoire n'est pas une science exacte mais il n'en reste pas moins qu'elle doit se traiter, comme les autres sciences, de façon rigoureuse.
Des récits du passé ne constituent pas des preuves scientifiques.
Un travail méthodique de recoupement est nécessaire pour que cela puisse commencer à devenir des indices sérieux de la survenue d'évènements passés.
grecale2b
Citation (Alain Coustou @ 22/04/2007 - 01:15) *
Tu as parfaitement raison d'être inquiet. En raison de leur fixité, les végétaux doivent compter sur la dispersion des semences à partir de zones qui ne sont plus favorables vers de nouvelles zones, d'où un déplacement progressif de leurs aires naturelles.
Certaines estimations font état du risque de voir disparaître à plus ou moins brève échéance de 20 à 30% des espèces animales et végétales dans le cas d'un réchauffement pourtant apparemment modéré de seulement 3% en moyenne au cours de ce siècle.
Durant les périodes glaciaires du Pléistocène, de nombreuses essences forestières ont disparu des forêts boréales et tempérées de l'Europe car elles étaient incapables de déplacer leurs aires vers le sud en raison de la présence des Alpes, des Pyrénées et d'autres chaînes de montagnes orientées principalement est-ouest, constituant des obstacles naturels à la migration des végétaux. Par conséquent, les forêts d'Europe du Nord contiennent beaucoup moins d'espèces que celles que l'on trouve à des latitudes équivalentes en Asie et en Amérique du Nord.
En général, les phytoécologues estiment que les espèces végétales ayant de vastes aires de répartition géographique et de nombreuses populations ont le plus de chances de survivre au changement climatique. Citons à titre d'exemple Pinus sylvestris qui est présent de l'Europe de l'Ouest à la Sibérie, Populus tremula et P. tremuloides, qui ont tous les deux des aires de répartition transcontinentales.
Les espèces rares ou occupant des zones géographiques limitées risqueraient davantage de disparaître. Cela est particulièrement vrai pour les espèces vivant exclusivement en haute altitude qui, en définitive, seraient incapables de déplacer leurs aires de répartition plus haut que la montagne si le réchauffement climatique dépasse un certain niveau. C'est le cas du sapin de Fraser, Abies fraseri, dont l'aire de répartition naturelle est limitée aux plus hautes altitudes dans six zones du Sud des Appalaches aux Etats-Unis. Il ne s'agit plus là d'une simple hypothèse. Déjà, en 2007 en France, les altitudes d'habitat optimales de nombreuses espèces ont augmenté de quelque deux cent mètres depuis le début du 20ème siècle et on a pu constater la tendance à la disparition des sapins dans le Mercantour au dessous d'une certaine altitude.

Une autre catégorie de plantes menacées d'extinction concerne celles à graines lourdes, donc à dispersion difficile.
Il y a quelques années, certains phytoécologues considéraient encore le risque d'extinction d'une espèce végétale et la perte consécutive de diversité biologique comme réduit en raison de la variabilité génétique des plantes. Cette variabilité pourrait selon eux leur permettre de s'adapter aux changements de conditions environnementales. Il est vrai que la variation génétique est une condition préalable nécessaire à l'évolution et un mécanisme puissant permettant aux animaux et aux plantes de changer et de s'adapter.

Mais en réalité, cette adaptation suppose des changements environnementaux suffisamment étalés dans le temps, ce qui ne sera absolument pas le cas avec le réchauffement climatique en cours. Ainsi, au Brésil, une montée en température de seulement 2 à 3 degrés d'ici à 2050 - le réchauffement réel pourrait être bien plus important - pourrait provoquer la conversion de 30 à 60% de la forêt tropicale humide amazonienne en savane sèche. Déjà, en 2006, après le franchissement du second seuil climatique (2005), le niveau du cours moyen du fleuve Amazone - le plus important du monde - a baissé de 7 mètres par rapport à la normale, provoquant l'assèchement et la disparition de très importantes zones humides, marécages et lacs.

Alain

merci pour ces précisions, Alain.

Citation (meteor @ 23/04/2007 - 20:53) *
bonjour et bienvenue

je formule différemment:
Il est très probable (>90%) si l'on en croît les travaux de milliers de spécialistes du climat et des différents rapports y afférant, que les activités humaines ont perturbé le climat du siècle passé et qu'elles perturberont fortement le climat de notre siècle et des suivants.
Toute remise en cause de ce fait doit s'établir, non sur l'anecdote, mais sur des démonstrations scientifiques rigoureuses.
Ceci n'empêche nullement des causes naturelles d'être à l'origine de perturbations locales importantes du climat telles que racontées dans certains écrits dont il faudrait cependant vérifier l'authenticité.
L'Histoire n'est pas une science exacte mais il n'en reste pas moins qu'elle doit se traiter, comme les autres sciences, de façon rigoureuse.
Des récits du passé ne constituent pas des preuves scientifiques.
Un travail méthodique de recoupement est nécessaire pour que cela puisse commencer à devenir des indices sérieux de la survenue d'évènements passés.

pour compléter ce que dit meteor, et en partant du postulat que les observations sont très objectives, de petites périodes très sèches, très chaudes, très humides, très je sais pas quoi, c'est arrivé et ça arrivera, personne n'en doute. la nature et l'homme s'adaptent à ce genre d'évènements (l'homme moins bien maintenant qu'avant). la question n'est pas de savoir si les écosystèmes résisteront ou développeront une stratégie suffisamment intéressante pour survivre pendant un cours laps de temps, mais de savoir si ils arriveront à le faire définitivement après un cours laps de temps. je veux dire par là que dans le premier contexte les écosystèmes arriveront la plupart du temps à repartir sur de bonnes bases car le stress, même si il paraître relativement long, ne durera pas indéfiniment. dans le deuxième contexte qui est (serait) celui du réchauffement climatique le stress devient une constante, et donc nous aboutissons à un changement de climat non plus à une échelle locale de lieu ou de temps, mais à une échelle bien supérieure de lieu et sur une durée indéterminée. dans ce cas là, les écosystèmes doivent subir eux-mêmes de fortes modifications pour résister, ce qui implique au minimum le déplacement dudit écosystème, ainsi que la disparition d'un bon nombre d'espèces. dans le pire des cas, l'écosystème ne survit pas.
Quentin75
Voici quelques précisions sur l'évolution du climat en France pour le siècle à venir :
(ces infos viennent du magazine "La Recherche" n° 399 de juillet-août 2006)

Au cours du 20ème siècle, la température moyenne de l'Hexagone s'est élevée de 0,9°C.
Pour ce qui concerne le changement climatique en France pour le siècle à venir, deux modèles (Arpège et LMDZ) dessinent une même tendance, même si les différences sont notables.
Ainsi vers 2050 :
- la température s'élevera de 2,3°C (par rapport à la normale 1960-1989) selon Arpège, mais de 1,9°C selon LMDZ.
- il pleuvra plus en hiver (+ 13% avec Arpège, + 2% avec LMDZ)
- il pleuvra moins en été (- 21 % avec Arpège, - 18% avec LMDZ)
- une baisse des précipitations est aussi prévu au printemps et en automne, même si elle est moindre.
Paulo
Citation (Quentin75 @ 25/04/2007 - 14:10) *
[Ainsi vers 2050 :
- la température s'élevera de 2,3°C (par rapport à la normale 1960-1989) selon Arpège, mais de 1,9°C selon LMDZ.


Va-t-on attendre 2050 pour cela !?
car cet écart par rapport à la moyenne de référence est déjà d'actualité
depuis septembre dernier !

Paulo
Nico89
quelqu'un va peut etre me répondre ici, est-ce que la Nina favoriserait pas les blocage anticyclonique sur l'europe de l'ouest?
Emma
Citation (Paulo @ 25/04/2007 - 22:19) *
Va-t-on attendre 2050 pour cela !?
car cet écart par rapport à la moyenne de référence est déjà d'actualité
depuis septembre dernier !

Paulo

cela n'est-il pas plutôt le cas depuis déjà avril 06 (sauf aout) ?
BTC
Court lapse de temps. Pourtant Jpaul parle de période de froides ou de chaudes dépassant la 50 ène d'années.
Ca fait beaucoup pour la végétation. C'est tout de même un cycle forestier et demi. Autrement dit, notre écologie avait largement de quoi être perturbée si on considère le postulat d'une faible souplesse de notre écologie.

Ce que précise Alain Coustou, je l'approuve en tout point. L'exemple type de la variété d'espèces forestières entre l'europe et l'amérique est flagrant ("the" cas d'école).

Maintenant, c'est une façon de voir les choses à savoir le verre à demi-plein ou le verre à demi-vide. Personnellement, je préfère le premier cas de figure à savoir prendre du recul sur tout ça pour se rendre compte que l'écologie française ne va pas fondamentalement évoluer.

Il est évident que les espèces en limite naturelle d'aire de répartition ne seront plus les bienvenues (j'avais donné l'exemple du grand tétras).

De mon côté, je constate que la forêt ne se porte aussi bien qu'avant avec des périodes fastes et d'autres moins glorieuses. Voir les rapports du Département Santé Forêt.

Nous sommes en train de suivre les effets de la sécheresse de 2003. Globalement, c'est préoccupant mais pas catastrophique. Pas de quoi se tirer une balle.

En vous lisant et dans le cadre de mon job, je constate avant tout que le catastrophisme, le pessimisme et l'autoflagéllation qu'on s'inflige ne mène nul part (surtout dans le domaine de l'écologie). En effet, nous allons finir par braquer tout le monde et nous retrouver avec l'effet totalement inverse de ce qui avait été souhaité : fichu pour fichu, je me fous de l'écologie et des économies, j'en profite à fond.
the fritz
Citation (BTC @ 26/04/2007 - 14:08) *
: fichu pour fichu, je me fous de l'écologie et des économies, j'en profite à fond.


C'est exactement ce qui va arriver lorsque les gens comprendront que du pétrole pour tout le monde et des vacances au bout du monde , il n'y en aura plus pour tout le monde; d'ailleurs, vu la chauffe boursière actuelle et la frénésie de consommation et de croissance, on est peut-être au début de la prise de conscience
BTC
Oui en effet c'est probable.
Désolé pour mes fautes d'orthographe, j'ai peu de temps pour me relire.
Je remercie par ailleurs les membres de ce forum pour leur sagesse en terme de recul scientifique. J'en ai besoin et vous êtes là quand parfois, je cède aux voies catastrophistes à deux balles des médias.

Je précise également que je saute au plafond quand ces média généralistes parlent de ma spécialité. Ca donne un peu une idée pour les autres spécialités liées au "changement global".
EnO
Débat intéressant.

Pouvez-vous me dire où trouver des cartes, précises si possible, des étages climatiques en France ?

Où mettez-vous la limite méso-méditerranéen en vallée du rhône ? Montélimar, Valence ? dépend des versants ? .. un peu les trois ? smile.gif

Ce qui est sûr, c'est qu'en plaine de Valence, le chêne vert est de plus en plus visible au dépend du chêne blanc.. et je ne parle même pas des autres espèces plus continentales qui souffrent depuis 15 ans.

EnO
BTC
Trouver des cartes sur le sujet :
- google "étages bioclimatique" "étage climatique mediterranéen"
- classeurs gestion forestière et diversités bioclimatiques
- les cahiers d'habitats natura 2000 ;
- les Flores forestières françaises (feu Rameau et al) ;
- diverses bouquins plus généralistes.

Le mésoméditerranéen est en limite à Valence dans la vallée du rhone. Dans la drôme dès que tu sorts de la vallée du Rhone, tu te retrouves très vite en mélange le supraméditerranéen dans les versants sud et intermédidaires et colinéen voir montagnard dans les versant nords.

Tu trouveras également du supraméditerranéen dans les versant sud en masse au dessus de Grenoble. Tu le trouveras également de façon fugace dans le nord Isère et quelques versants très protégés dans le Jura à deux pas de Besançon.

On trouve des influences meditérranéennes jusqu'à Dijon, stoppées par le plateau de Langre. Plus au nord on ne retrouve plus du tout cet influence si ce n'est les toutes récentes.

Nos naturalistes suivent ça de prêt en constatant le renforcement de ces milieux thermophiles. On retrouve maintenant des espèces méditerranéenes jusqu'en Lorraine mais ça reste encore très ponctuels.

Donc oui, le réchauffement est nettement constaté par les écologues, mais c'est difficile parfois de faire la part des choses entre les évolutions écologiques liées à la disparition anthropique de nos campagnes et le phénomène qui concerne ce forum.
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