Citation (meteor @ 21/08/2007 - 05:47)

D'un point de vue strictement physico-chimique une augmentation de température de 1°C augmente la pression de l'ordre de 13 microatm qui correspondent à 13 ppm.
0.3°C correspondent donc à 4 ppm environ en plus.
Mais bien entendu une fois que la pression est atteinte par définition elle n'augmente plus et pas question d'ajouter des ppm encore et encore.
nota:Je n'ai pas consolidé ces valeurs qui sont donc à prendre au conditionnel.
Je me permets d'apporter une "consolidation" à tes chiffres :
D'après mon module (Copin-Montégut et algorithme de Bryden) voici les chiffres précis :
Sensibilité CO2 (ppm/°C) en fonction de la température pour différentes pCO2 - Salinité : 35
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pCO2:--275--285---295---305---315---325---335---345---355----365---375---385---395
t °C
10,0 12,75 13,19 13,64 14,08 14,52 14,96 15,40 15,83 16,27 16,70 17,13 17,56 17,99
10,5 12,71 13,16 13,60 14,04 14,48 14,92 15,36 15,79 16,22 16,66 17,09 17,51 17,94
11,0 12,68 13,12 13,56 14,00 14,44 14,88 15,31 15,75 16,18 16,61 17,04 17,47 17,89
11,5 12,64 13,08 13,52 13,96 14,40 14,84 15,27 15,70 16,14 16,57 17,00 17,42 17,85
12,0 12,60 13,05 13,49 13,92 14,36 14,80 15,23 15,66 16,09 16,52 16,95 17,38 17,80
12,5 12,57 13,01 13,45 13,88 14,32 14,76 15,19 15,62 16,05 16,48 16,91 17,33 17,75
13,0 12,53 12,97 13,41 13,85 14,28 14,71 15,15 15,58 16,01 16,43 16,86 17,28 17,71
13,5 12,50 12,93 13,37 13,81 14,24 14,67 15,10 15,53 15,96 16,39 16,82 17,24 17,66
14,0 12,46 12,90 13,33 13,77 14,20 14,63 15,06 15,49 15,92 16,35 16,77 17,19 17,61
14,5 12,42 12,86 13,30 13,73 14,16 14,59 15,02 15,45 15,88 16,30 16,73 17,15 17,57
15,0 12,39 12,82 13,26 13,69 14,12 14,55 14,98 15,41 15,83 16,26 16,68 17,10 17,52
15,5 12,35 12,79 13,22 13,65 14,08 14,51 14,94 15,36 15,79 16,21 16,64 17,06 17,48
16,0 12,32 12,75 13,18 13,61 14,04 14,47 14,90 15,32 15,75 16,17 16,59 17,01 17,43
16,5 12,28 12,71 13,14 13,57 14,00 14,43 14,86 15,28 15,70 16,13 16,55 16,96 17,38
17,0 12,25 12,68 13,11 13,54 13,96 14,39 14,81 15,24 15,66 16,08 16,50 16,92 17,34
17,5 12,21 12,64 13,07 13,50 13,92 14,35 14,77 15,20 15,62 16,04 16,46 16,87 17,29
18,0 12,18 12,60 13,03 13,46 13,88 14,31 14,73 15,15 15,57 15,99 16,41 16,83 17,24
18,5 12,14 12,57 13,00 13,42 13,85 14,27 14,69 15,11 15,53 15,95 16,37 16,78 17,20
19,0 12,11 12,53 12,96 13,38 13,81 14,23 14,65 15,07 15,49 15,91 16,32 16,74 17,15
19,5 12,07 12,50 12,92 13,34 13,77 14,19 14,61 15,03 15,45 15,86 16,28 16,69 17,10
20,0 12,04 12,46 12,88 13,31 13,73 14,15 14,57 14,99 15,40 15,82 16,23 16,65 17,06
La sensibilité CO2 actuelle est donc d'à peu près 17 (et non pas 13). Elle est assez fortement dépendante de la pCO2.
Naturellement, ces chiffres ne prennent pas en compte la
sensibilité climatique qui relie (pour les tenant du réchauffement GES) le taux de CO2 et la température, ce qui conduit, comme je l'ai expliqué il y a quelques jours, à un chiffre totalement différent : (par exemple, si on admet qu'un doublement de [CO2] conduit à une augmentation de température de 3 °C, cela fait 380 ppm pour 3 °C, soit 126 ppm/°C).
Il s'agit cependant de chiffres théoriques. On constate en réalité :
- que l'équilibre met un certain temps à s'établir.
- qu'on observe souvent un
sursaturation nette des couches marines supérieures. Cette sursaturation est, semble-t-il, due à l'augmentation de solubilité du CO2, très importante lorsqu'on descend vers les couches plus profondes.
La mer constitue un réservoir énorme de CO2, Les couches profondes sont capables de garder en solution des quantités beaucoup plus grandes de CO2 que ce que n'indique les valeurs ci-dessus correspondant à un équilibre de surface. A titre d'exemple, la solubilité du CO2 à 1000 m de profondeur est 33 fois plus forte qu'à la surface (
référence). A cette profondeur, il n'y a pas d'équilibre entre l'atmosphère et la phase liquide, puisque les molécules de CO2 dissoutes ne "voient" jamais la surface. La capacité de stockage de l'océan est donc, en pratique, beaucoup plus grande que les 50 X indiquées dans l'article de base de ce fil. (En fait, l'examen du profil moyen du [CO2] en fonction de la température montre une diminution, puis une stabilisation vers les couches profondes).
"L'évacuation" du CO2 vers les couches profondes est essentiellement assurée par la circulation thermohaline. Or, la vitesse de celle-ci (ou plutôt la combinaison de la vitesse de dissolution et de la vitesse d'évacuation) est expérimentalement trop faible pour évacuer la totalité du CO2.
L'augmentation du taux de CO2 atmosphérique provoque une augmentation proportionnelle du taux de CO2 dissous dans l'eau de mer (loi de Henry). Malheureusement, le taux de CO2 contenu dans l'eau sous toutes ses formes ioniques qu'on désigne sous le nom de "carbone minéral total" et qui est finalement la valeur qui nous intéresse, n'augmente pas du tout proportionnellement (loi de Revelle).
A titre d'exemple, (toujours à l'aide de mon module de calcul) un doublement du taux de CO2 atmosphérique actuel (passant de 380 à 760 ppm) augmente bien le
CO2 dissout qui passe de 14,2 à 28,5. Mais le
carbone minéral total qui est la somme de toutes les formes de CO2 dans la solution passe, lui, de 2055 à 2137 (tout est exprimé en µmole / kg), soit une augmentation d'efficacité de seulement 4 % environ. Cette perte apparente d'efficacité est exprimée par le
facteur de Revelle.
Globalement cependant, l'augmentation de température conduit à des résultats d'avantage soumis à la loi de Henry qu'à la diminution de la solubilité. Il faut en effet augmenter la température de 15 à 31,8 °C pour retrouver la même valeur de carbone minéral total dissout (2055 µmole/kg) après doublement de la [CO2] atmosphérique.
Donc, à l'équilibre, et contrairement à ce qui est souvent affirmé,
une augmentation de température a pour conséquence une augmentation du taux global de dissolution du CO2 dans l'eau de mer.