Citation (valerie @ 11/09/2007 - 13:19)

La reconstruction de Mann figure dans le rapport de l'AR4 au côté de tous les autres efforts de quantification développés depuis le TAR.
La fameuse "crosse de hockey" y figure en effet, mais elle n'y tient plus la vedette comme dans le rapport de 2001. Après l'avoir autant mise en valeur dans l'AR3, il aurait été trop frappant de la passer sous silence, donc on écrit un passage laconique sur l'étude de Mann et on la mentionne bien plus discrêtement,
aux côtés d'autres efforts de quantification (pour reprendre votre expression.)
Ici un article éclairant au sujet de la saga de la crosse de Hockey:
http://skyfall.free.fr/?p=145(L'analyse de la crosse de Hockey proprement dite ne vient qu'après quelques paragraphes, donc si vous voulez, vous pouvez passez le début, qui retrace une perspective historique plus large sur la création du GIEC.)
Citation
Je pense que Mann a fait un travail pionnier à partir des données disponibles à la fin du 20ème siècle, et qu'il a fait un travail soigneux d'estimation de la barre d'erreur.
Le travail de Moberg est loin d'être abouti, c'est plutôt une tentative assez astucieuse de combiner des proxies qui n'ont pas une résolution annuelle mais pour lesquels on estime qu'ils préservent bien les varaitions lentes de la température (ex : données lacustres, paléocéanographiques) avec des proxies à résolution annuelle (ex : cernes). Le jeu de données utilisées dans son article de Nature est biaisé vers le secteur "Atlantique nord".
Mais pouvez-vous affirmer que l'étude de Mann n'est pas biaisée au moins de la même manière ?
Le dossier de vulgarisation réalisé par Monkton (indiquée par Xavdr plus haut) montre page 12 une remarquable synthèse de plusieurs études sur des reconstitutions de températures depuis plus ou moins un millénaire:
http://www.telegraph.co.uk/news/graphics/2....pdf;jsessionidMonkton note: " l'Optimum médéval et la période chaude contemporaine, ainsi que le petit âge glaciaire sont évidents. Dans 3 des études (Esper, Briffa et Moberg), l'optimum médéval apparaît avoir été aussi chaud, sinon plus chaud que notre période chaude contemporaine."
Ces études existent aussi et ont aussi été publiées dans des revues à comité de lecture de premier rang (de même d'ailleurs que les études critiques de la crosse de Hockey par Mcintyre et McKitrick).
Le sujet est sans doute excessivement complexe et il n'est pas question de le reprocher à l'ensemble de ces experts, quelque soient leurs conclusions. Ce qui est criticable en revanche, c'est qu'en 2001 le GIEC ait retenu de ne mettre en valeur qu'une seule source (MBH98 et 99) sans en préciser la fragilité, pour en quelque sorte forcer la démonstration (ce n'est qu'un sentiment personnel, mais je le donne) sur le schéma suivant:
- la courbe du taux de CO2 depuis un millénaire au moins montre une grande stabilité avant l'ère industrielle (de mémoire, 280 ppm +/-5 ppm environ), avant de monter rapidement ensuite. C'est donc une "crosse de hockey", et à ma connaissance elle n'est pas remise en cause, elle résulte de mesures sans équivoque.
- la courbe de Mann sur les températures est analogue, suggérant ainsi une très forte corrélation avec la courbe du CO2. Présentée ainsi, ce n'était pas encore une preuve formelle de cause à effet mais une coincidence troublante, et je pense que ce n'est donc pas innocemment qu'elle s'est retrouvée dans le "résumé pour les décideurs" de 2001. Seulement cette courbe des températures a été, comme on l'a vu, déconsidérée par plusieurs études et rétrogradée par le GIEC lui-même au rang d'études parmi les autres.
Or c'est justement la remarquable stabilité du taux de CO2 du Moyen-âge jusqu'à l'ère industrielle qui permet d'affirmer que le CO2 a joué un rôle très secondaire dans les variations de températures, puisque cette stabilité est décorrélée de ces variations, en particulier de l'optimum médiéval et du petit âge glaciaire.
Citation
Pour ma part, je pense qu'il faut obtenir de meilleures reconstructions climatiques locales, dans de grandes régions pour améliorer notre compréhension de l'amplitude des changements climatiques passés. Nous manquons de reconstructions quantitatives en région tempérée (où la dendrochronologie classique fonctionne mal car plusieurs facteurs affectent la croissance du bois), et surtout en région tropicale, pour le dernier millénaire. Le dernier rapport du GIEC illustre cela en montrant la carte des différentes archives utilisées pour le dernier millénaire pour différents intervalles de temps...
(...)
Plusieurs efforts de construction de nouvelles séries de forçages et de nouvelles séries de reconstructions sont en cours (voir par ex PAGES Newsletter sur les forçages, sur le climat en Amérique du sud par ex). En France J. Guiot (CEREGE) coordonne un gros projet ANR dans cette direction.
Je souhaite également qu'on se débarrasse une fois pour toutes des idées reçues "européo-centriques" sur le "Petit Age de Glace" ou "l'Optimum médiéval", car ces termes suggèrent que les changements sont similaires à toutes les latitudes ("global") ce qui n'est pas systématiquement le cas. On a ainsi détecté (dans la limite de nos proxies) une période chaude "médiévale" en Antarctique mais ~150 ans après la période chaude "médiévale" du secteur nord atlantique.
Toutes vos remarques confortent les (vrais) sceptiques: elles montrent que la question est encore bien loin d'être résolue, contrairement ce que les alarmistes et la quasi-totalité des médias français affirment...Par exemple, quand certains proclament que "1998 a été l'année la plus chaude du millénaire" alors que le GIEC lui-même a abandonné cette idée.
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En ce qui concerne la cause des variations climatiques au dernier millénaire, 3 facteurs se superposent :
- facteurs anthropiques (usage des sols, aérosols, gaz à effet de serre) qui deviennent dominants depuis qq décennies en terme de forçage radiatif, sans ambiguité;
Ce qui est encore remarquable ici, c'est que ce vous affirmez que ce sont les effets des facteurs anthropiques en général qui sont sans ambiguité, et non spécialement les gaz à effet de serre, qui se retrouvent "noyés" dans l'ensemble de ces facteurs. Plus d'un alarmiste n'a pas cette rigueur et emploie par exemple "facteurs humains" et "émissions de CO2" comme s'il s'agissait d'expressions parfaitement interchangeables.
Que les facteurs anthropiques deviennent dominants, ça paraît en effet sans ambiguité, ne serait-ce qu'en observant les effets d'îlots de chaleurs urbains, ou l'évolution de l'albedo résultant de l'évolution des surfaces forestières et agricoles.
Quant à l'impact quantitatif des seuls gaz à effet de serre, vous ne vous avancez pas ici. Y a t'il dans le dernier rapport du GIEC au moins un extrait qui apporte explicitement des éléments de preuve sur l'impact des GES, et du CO2 en particulier ?
Je parle bien de preuve, et non pas d'opinions relevant de "l'intime conviction" de certains auteurs, quelque soit leur nombre. De telles opinions ne sauraient avoir de valeur scientifique.
Que l'on donne les preuves, et critiquer les sceptiques sera alors complètement légitime. C'est aussi simple que ça.