Citation (th38 @ 22/09/2007 - 22:07)

Pour information, voici la liste des hivers depuis 1921 où l'on est passé au moins une fois au dessous de -12°C à la station de Lyon-Bron (station en dehors du pôle urbain):
Années 20: 1922, 1926, 1929
Années 30: 1933, 1934, 1938, 1939
Années 40: 1940, 1941, 1942, 1947, 1948
Années 50: 1952, 1954, 1956
Années 60: 1962, 1963, 1964, 1966, 1967
Années 70: 1970, 1971, 1979
Années 80: 1981, 1985, 1987
Années 90: aucune
Années 2000: aucune pour l'instant.
Pourquoi jusqu'au milieu des années 80, une grosse vague de froid était si facile à obtenir, et pourquoi cela devient si difficile aujourd'hui si l'on fait abstraction du RC ?
Plusieurs remarques:
1) "station en dehors du pôle urbain": je serais très étonné que l'environnement de la station de Lyon-Bron n'ait pas profondément été modifié depuis 1920. Pour autant, cela ne constitue certainement pas le seul élément pour répondre à la question soulevée.
2) La liste que tu donnes semble comporter beaucoup d'erreurs:
- pour les années 20, il faut rajouter 1920 (-12,4°C le 18/12/1920), 1925 (-14,9°C le 18/12/1925), 1927 (-14°C le 19/12/1927) et enlever 1926 (tn de l’année : -9,5°C) ;
- pour les années 30, il faut rajouter 1932 (-12,3°C le 12 février) ;
- pour les années 40, il faut enlever 1947 (tn de l’année : -11,8°C) et rajouter 1945 (-15,8°C le 14 janvier)
- pour les années 50, il faut enlever 1952 (tn de l’année : -11°C) et rajouter 1957 (-12°C le 20 janvier) ;
- pour les années 60, il faut enlever 1964 (tn de l’année : -11,6°C), rajouter 1960 (-16,5°C le 17 janvier) et 1968 (-16°C le 13 janvier)
- pour les années 70, il faut enlever 1970 (tn de l’année : -11,8°C) et 1979 (tn de l’année : -9,6°C) ;
- pour les années 80, il faut enlever 1981 (tn de l’année : -7,7°C) ;
- pour les années 2000, il faut sans doute ajouter 2003 : les -12°C ont été dépassés le 13 janvier 2003 d'après les données lameteo.org et ECA (-12,1°C), mais pas d'après les données de Meteociel (-11,8°C). J'ignore qui a raison. Si c’est ECA, on peut se réjouir de l’inversion de tendance !
Une fois ces nombreuses erreurs rectifiées, on observe que pour la requête choisie (« atteindre au moins une fois -12°C dans l’année »), la rupture s’opère au début des années 1970 et non au milieu des années 80 : on passe ainsi d’une décennie record (6 occurrences pour les 60’s) à une décennie très faible (1 occurrence), faiblesse qui se confirme par la suite (seulement 2 occurrences dans les 80’s, zéro dans les 90’s et une seule pour le moment dans les 2000’s).
3) Pourquoi choisir un seuil de -12°C et pas de -20°C ou -10°C ? Si on change le seuil, la rupture du début des années 70 semble se confirmer pour la station de Lyon-Bron:
- si on prend -20°C comme seuil : on observe alors une linéarité parfaite des années 20 aux années 70 inclues avec une occurrence par décennie (1929, 1938, 1942, 1956, 1963, 1971); avec ce seuil, la rupture se situerait donc au début des années 70 à nouveau ;
- si on prend -10°C comme seuil :
- années 20 : 6 occurrences ;
- années 30 : 6 occurrences ;
- années 40 : 6 occurrences ;
- années 50 : 5 occurrences ;
- années 60 : 8 occurrences !
- années 70 : 4 occurrences ;
- années 80 : 4 occurrences ;
- années 90 : 3 occurrences ;
- années 2000 : 3 occurrences jusqu’à aujourd’hui.
A nouveau une tendance à l’affaiblissement à partir du début des années 1970.
4) en conclusion, la bonne question serait plutôt : « Pourquoi jusqu'au début des années 70, descendre au-dessous de -10°C, -12°C ou -20°C à la station de Lyon-Bron était facile à obtenir, et pourquoi cela semble plus difficile depuis? ». Je doute que la réponse ait une portée universelle...
Pour aller plus loin, avec des seuils adaptés, on pourrait essayer de faire le même travail sur une station loin de toute influence urbaine (type l’Aigoual) pour voir si ce tournant de 1971 se confirme. C’est une autre histoire.