Pour essayer de répondre au sujet de ce post avec seulement des témoignages de l'époque, même durant la période de l'optimum climatique du Moyen Age, il y a eu des hivers très rigoureux, en voici quelques exemples ci-dessous :
974-975 : Dans les Gaules, l'hiver fut « long, sec et dur » ; il se prolongea du début de novembre au 20 mars : en mai, il tomba encore beaucoup de neige.
1073-1074 : Fortes gelées du début de novembre jusqu'au 15 avril, accompagnées d'un vent du Nord violent et desséchant. « Les moulins ne pouvant fonctionner par suite de la prise des fleuves et rivières, l'armée d'Henri IV, empereur d'Allemagne, souffrit cruellement du manque de farine et, par suite, de pain. »
1076-1077 : Un des hivers les plus rudes du XIe siècle, d'après les témoignages des contemporains. De très fortes gelées se produisirent du 1er novembre au 15 avril, et le Rhin, ainsi que le lac de Constance, furent pris par les glaces, de la Saint-Martin jusqu'à la fin de mars. « Cette année fut si étrangement froide que la plupart des arbres, vignes et fruitiers moururent, que les semences en furent intéressées et que la terre devint stérile pour les quelques années suivantes. »
1114-1115 : Hiver terrible en Bretagne de même qu'en Angleterre. « La mer gela dans la Manche à quelque distance des côtes, et les pierres les plus grosses se fendirent avec éclat. »
1124-1125 : Froids extraordinaires avec chutes de neige abondantes en France, en Allemagne et en Italie. « Dans les rivières, la glace était si épaisse et si solide qu'elle supportait les voitures chargées; les chevaux circulaient sur le Rhin comme sur la terre ferme. Ces intempéries se prolongèrent tellement que les arbres ne prirent leurs feuilles qu'en mai. »
1149-1150 : Hiver très rigoureux dans le Nord de la France, où, sur les côtes, les eaux de la mer étaient gelées jusqu'à trois milles du rivage. Dura du début de décembre à la fin de février.
1204-1205 : En Bretagne et dans le Nord-Ouest de la France, « grand hiver de la mi-janvier à la mi-mars ».
1218-1219 : Dans le Centre de la France, l'hiver fut si rude et si long que par trois fois la Seine, la Loire et la Vienne se trouvèrent suffisamment gelées pour qu'elles puissent être traversées sur la glace.
1224-1225 : Hiver rigoureux depuis la Saint-Denis (9 octobre) jusqu'à la Saint-Marc (25 avril), avec fortes tempêtes ayant abattu en Normandie plusieurs clochers d'églises.
1233-1234 : Hiver très rigoureux dans l'extrême Est de la France et en Italie. Le Rhône et le lac de Zurich furent congelés. Des voitures chargées purent arriver de la terre ferme jusqu'à Venise en passant par la glace.
1235-1236 : Toutes les rivières furent prises par les glaces, dont la débâcle entraîna la chute des ponts de Saumur et de Tours.
1275-1276 : Hiver très froid, mais de courte durée, avec chutes de neige abondantes dans l'Est. A Parme, le sol resta couvert de neige du mois de décembre 1275 au mois d'avril 1276.
1291-1292 : En Alsace, le mois de févier 1292 fut remarquablement froid. Le Rhin gela à Brisach, où les chevaux et les voitures pouvaient le traverser sur la glace.