Citation (sirius @ 23/10/2007 - 19:12)

Il y a des mesures systématiques des quantités d'aérosols au dessus des océans depuis une vingtaine d'années et audessus des continents depuis le lancement de Terra (voir le site de l'instriment MODIS à la NASA)(en 2000 ou 2001) et avant de façon sporadique avec POLDER (voir sur le site du CNES)
Je n'ai pas re regardé ces données avant de te répondre mais , globalement l'HS est, au contraire, très pauvre en aérosols. On observa d'ailleurs fort bien que, du coup, les particules des nuages sont plus grosses dans cet hemisphere.
Par contre, tu as raison de souligner cet aspect très hétérogène de la distribution des aérosols.
Mais en ce qui concerne la dissymétrie NS, le plus simple est sans doute encore de regarder la carte et de voir que l'HS, c'est essentiellement un océan.
En ce qui concernes les émissions de la Chine et de l'Inde, c'est effectivement criant sur les images reconstituées mais il y a aussi beaucoup de suies là dedans et, dans ce cas, l'effet n'est pas forcément de refroidir comme je le disais plus haut.
Merci
Un papier sur le sujet, avec modelisation d'évolution pour 2020/2050 :
http://www.atmos-chem-phys.net/6/3059/2006...6-3059-2006.pdfOn a bien un basculement anticipé et en cours, des émissions de SO2 des régions industrialisées de l'hémisphère nord vers les zones tropicales, et une migration des forts taux de sulfate vers le sud en parallèle.
J'ai vu par ailleurs (par exemple là :
http://www.arm.gov/publications/proceeding...s/kogan_zn.pdf) que les taux de sulfate, dans les années 90, était environ 2 fois plus élevés dans l'HN que dans l'HS, mais que c'est dans l'HS que l'accroissement est le plus fort depuis une trentaine d'année (je ne retrouve plus le papier).
D'autre part, la "cloud albedo susceptibility" (sensibilité de l'albédo des nuages au taux d'aérosols soufrés) est deux fois plus forte dans l'HS que dans l'HN, en lien avec la taille des particules des nuages comme tu l'as mentionné. Donc une augmentation relativement modeste du SO2 troposphérique dans des régions de l'HS qui en sont encore relativement pauvre aurait plus d'impact sur l'albédo et donc sur la baisse des T.
Et en ce moment, les émissions de SO2 dans le sud de la Chine battent tous les records (voir article du monde du 24 octobre sur la pollution à Hong-Kong, taux de SO2 recommandé par l'OMS 20µg/m3, mesuré en Europe 30µg, à Hong-Kong niveau de référence 350µg avec des pics autorisés à 800 !), pas étonnant avec une centrale électrique au charbon qui se construit par semaine en ce moment et pour les 20 ans à venir.
J'ai rencontré une délégation (administrative) chinoise au printemps à Bruxelles. Ils s'inquiètent un peu des effets de la pollution sur la santé, mais leur priorité reste d'assurer un approvisionnement et une indépendance énergétique compatible avec une croissance à 2 chiffres. Ils ont parfaitement pris en compte la hausse des cours du pétrole et axent tout sur le charbon, dont ils ont des réserves énormes (même si en ce moment leur production est insuffisante). L'environnement est très, très secondaire et le programme de captation et stockage de CO2 qu'on a essayé de leur vendre n'a eu que très très peu de succès. Les mesures de dépollution viendront avec les demandes de plus en plus pressantes des riches citadins chinois qui se plaignent de la qualité de l'air...
Pour les émissions de suies, a-t-on des données pour le bilan au dessus des mers tropicales ? Pas certain que l'albédo soit très modifié (mers tropicales sont souvent calmes, l'angle d'incidence moyen des rayons de soleil plus grand que dans les régions tempérées ou polaires donc moins de réflexion...). Et comme l'HS est essentiellement de l'océan...
Manque de recul bien sur, mais cette hypothèse d'une recrudescence du "dimming" me parait coller assez bien avec les évolutions des T depuis 10 ans en particulier les différences géographique : poursuite de l'augmentation des T sur les terres de l'HN, plafonnement dans l'HS et les océans.
Ce qui me fait penser à une chose : la stagnation, voir la baisse des SST doit avoir un effet sur le taux de CO2, puisque le taux de saturation des eaux froides est plus élevés que les eaux chaudes. On doit avoir plus de CO2 qui passe en solution. Et la très forte diminution de la surface couverte par la banquise nord cet été (et en tendance ces dernières années), découvrant une large zone d'eau froide, n'a-t-elle pas accru le phénomène aussi ?