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Version complète : Le GIEC se trompe !
Les Forums d'Infoclimat - Météo en temps réel > Climatologie > Evolution du climat
Pages : 1, 2
charles.muller
Bonjour

Une brève AFP est en train de circuler sur le net, on peut la lire ici notamment :
http://newsinfo.inquirer.net/breakingnews/...ticle_id=100087

En substance, alors que le GIEC se réunit à Valence pour mettre au point la synthèse finale de ses trois nouveaux rapports, des voix s'élèvent pour affirmer que ce rapport est déjà périmé avant même d'être imprimé*.

Principaux arguments : "But some experts are worried, fearing that the IPCC's ponderous machinery, which gives birth to a new review only every five or six years, is falling dangerously behind with what's happening to Earth's climate systems. The new report notably fails to take into account a batch of dramatic recent evidence, including the shrinkage of the Arctic ice cap, glacier loss in Greenland, a surge in levels of atmospheric carbon dioxide (CO2) and an apparent slowing of Earth's ability to absorb greenhouse gases, they say."

Ce qui donne en substance : le GIEC est une "machinerie" trop pondérée, dont les rapports tous les 5-6 ans ne prennent pas en compte la dynamique rapide du climat. Le GIEC n'a pas été capable d'intégrer des phénomènes récents comme la chute de la banquise arctique, les pertes du Groenland, l'élévation du CO2 atmosphérique due à la saturation des puits.

Sans grande surprise, on voit apparaître les noms de Hansen, Jouzel, Lovelock ou encore Canadell (tiens, tiens, le même qui sort en ce moment une étude assez bizarre dans les PNAS).

On peut faire plusieurs lectures de ce phénomène (un point intéressant serait de savoir s'il s'agit d'une synthèse personnelle du journaliste ou d'un tir groupé des chercheurs cités, en forme de conf' ou communiqué de presse).

- De la part d'experts en sciences du climat, critiquer la non-prise en compte de quelques années récentes est un non-sens. Cela traduit certainement leur état d'esprit subjectif, et c'est en cela révélateur, mais cela n'empêche que l'on ne peut rien statuer de définitif sur le Groenland à partir GRACE 2002-2007, sur l'Arctique à partir de l'été 2007, sur les puits de carbone à partir de... rien (l'accélération de la hausse de la concentration reste inférieure à celle des émissions, donc les puits fonctionnent toujours). Il y a plein d'autres indices qui vont dans l'autre sens (la stabilité des Ts et Ttropo depuis quelques années, la bonne santé de l'Antarctique hors péninsule et même péninsule incluse pour le bilan de masse global, le refroissement de certaines zones océaniques, etc.), cela ne permet pas plus de statuer. L'OMM fait des bilans annuels, et c'est là que l'on met en évidence les anomalies les plus marquantes de l'année.

- Pour le GIEC, c'est assez ennuyeux. Les personnes qui s'expriment ainsi sont reconnues et font ou ont fait partie du GIEC. Là, certaines d'entre elles remettent directement en cause l'institution, son processus de travail, son mode de communication. Il y avait déjà une critique sceptique soutenue et qui n'a pas désarmé depuis 15 ans. Il va falloir faire avec une critique "alarmiste" au sens non péjoratif (c'est-à-dire une critique qui ne remet pas en cause la base du consensus, comme les sceptiques, mais qui critique le GIEC sur sa lenteur, sa modération, son incapacité à tirer plus violemment sur la sonnette d'alarme).

- Ce genre d'anecdotes n'est pas tellement pertinent pour les sciences du climat. Mais ca l'est et le sera pour l'histoire de ces sciences, notamment dans leurs rapports à la politique et aux médias depuis les années 1990. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de penser que ces interventions intempestives révèlent des préjugés, et que ces préjugés influent la manière dont les chercheurs présentent leurs travaux.

(*) En fait, je crois qu'il est déjà imprimé depuis quelques jours (pour le WG I), chez Cambridge University Press, je le signale pour ceux dont les yeux sont fusillés par trop de lecture à l'écran... Mais il est très cher hélas.
sirius
En fgaitn cela rejoint la discussion qu'on a eue à propos des incertitudes sur la sensibilité climatique et sur le fait que ces incertitudes étaient les plus importantes du côté ds très fortes sensibilités.

Ca rejoint aussi une discussion sur FS à propos du caractère chaotique du climat.

Dans la mesure où on identifie des processus susceptibles de basculer comme les bordures de la calotte groenlandaise, (je ne sais plus où on en a parlé), il ya potentiellement un pb et pas un petit. Il est de la responsabilité des chercheurs de faire savoir que les conclusions du GIEC qui apparaissent déjà comme difficiles à accepter sousestiment peut être la rapidité du réchauffement et donc ses conséquences.

Ca, ca me semble parfaitement légitime, normal . Ils sont payés pour ça (et ma retraite itou laugh.gif).

Après, il est certain que se mêlent à ça, le besoin de renforcer l'image du consensus au sens où cela représente un comptomis du minimum acceptable par (pratiquement) tout le monde. Et la critique des "sceptiques" convaincus dénonçant à tour de bras ce consensus comme s'ils étaient les seuls à avoir accepté des compromis (ou refusé) amène aussi la réaction opposée.

Tout n'est pas blanc ou noir, c'est évident sauf pour les fanatiques.

Pour la calotte du Groenland, je t'avais fait remarquer que l'accroissement des précipi et donc de la neige sur la partie centrale n'était pas exclusive de la dislocation aux marges. Or c'est bien de ça qu'il est question me semble t il.

Il y a donc de bonnes raisons scientifiques à ce que Hansen, entre autres, met en avant.
Le pire n'est jamais certain, c'est vrai mais un coup de klaxon ne fait pas de mal si ce n'est aux oreilles (et aux cyclistes parfois grrr)
meteor
Citation (sirius @ 11/11/2007 - 23:01) *
mais un coup de klaxon ne fait pas de mal si ce n'est aux oreilles (et aux cyclistes parfois grrr)


c'est vrai mais même moi qui ne suis pas sceptique je trouve que c'est un peu, dans ce cas, un coup de klaxon à l'italienne. biggrin.gif
miniTAX
Citation (meteor @ 11/11/2007 - 23:08) *
c'est vrai mais même moi qui ne suis pas sceptique je trouve que c'est un peu, dans ce cas, un coup de klaxon à l'italienne. biggrin.gif
Hansen est celui qui a déclaré en 2003 dans le journal Natural Science *:
"Insister sur les scénarios extrêmes peut avoir été justifié à un moment où le public et les décideurs étaient relativement inconscient du problème du réchauffement global. Maintenant cependant, il est nécessaire d'avoir des scénarios climatiques démontrablement objectifs conformes à la réalité du moment."

Donc c'est quelqu'un qui justifie publiquement l'exagération au service de l'activisme, drôle de conception du rôle de la science. Et comme il ne cesse de se plaindre que rien n'est fait pour limiter les émissions, on peut raisonnablement croire qu'il est toujours en train d'exagérer en attendant un jour de se décider efin à fournir des scénarios "démontrablement objectifs".

D'ailleurs, sa sortie contre le GIEC avec l'argument force de la fonte accélérée du Groenland est assez drolastique : cette fonte est sensée faire monter le niveau des océans alors que depuis 1 ans, celui-ci a baissé !




*"Emphasis on extreme scenarios may have appropriate at one time, when the public and decision-makers were relatively unaware of the global warming issue. Now, however, the need is for demonstrably objective climate scenarios consistent with what is realistic under current conditions."
Gallad
Citation (meteor @ 11/11/2007 - 23:08) *
c'est vrai mais même moi qui ne suis pas sceptique je trouve que c'est un peu, dans ce cas, un coup de klaxon à l'italienne. biggrin.gif


Aujourd'hui, il n'y a toujours pas UNE étude capable de PROUVER les liens quantitatifs supposés entre par exemple CO2 et évolution du climat. Je parle de preuves scientifiques, c'est-à-dire au-delà de l'intime conviction. Il ne devrait donc y avoir que des sceptiques.

Maintenant, on peut parallèlement invoquer un "principe de précaution". Encore que ça mérite vraiment débat quand on considère les intérêts politiques et économiques en jeu. Mais dans l'absolu, il n'est pas interdit de militer pour des mesures préventives.

On peut donc très bien être sceptique (c'est à dire ignorant, mais ignorant qui s'assume), et militer PARALLELEMENT pour des mesures de précaution. Ca n'a rien de schyzophène. C'est même le contraire, l'inconnu devrait rendre prudent.

Là où ça devient malhonnête, c'est lorsque la volonté de militer se confond avec l'intention de faire croire que les thèses scientifiques sont maîtrisées. Il n'y a alors plus lieu d'être sceptique, PARCE QUE ça sert l'intérêt de l'idéologie ou des intérêts que l'on veut soutenir (bons ou mauvais, ce n'est pas la question.)

Le corollaire de cette idée, c'est qu'inversement si vous êtes sceptique, vous êtes forcément un ennemi de l'environnement, un bras des lobbies charbono-pétroliers, etc. L'alarmiste plaque volontiers sur le sceptique l'attitude qu'il pratique lui-même plus ou moins consciemment, il s'agit simplement d'inverser les arguments selon cette "logique".

Et malheureusement, l'évolution du climat est un domaine où les réponses sont fragmentaires et ne seront pas réellement connues avant quelques dizaines d'années. C'est donc un terrain de rêve pour les bonimenteurs. Et les considérations idéologiques interfèrent trop souvent avec le débat réellement scientifique, quand elles ne les remplacent pas tout simplement. Les alarmistes s'attachent moins à montrer comment on arrive à des résultats probants qu'à faire valoir leur capacité de braire les plus forts dans les médias.
Cotissois 31/22
Si je comprends bien, c'est plutôt "le GIEC sous-estime", parce quà la seule vue du titre, on se dit : ça y est, encore une thèse révolutionnaire. tongue.gif
Bon en tant qu'observateur, je dirai que ce serait encore plus inquiétant. Mais le consensus n'est quand même pas très optimiste, donc cette thèse plus alarmiste ne change pas l'attitude à adopter.
charles.muller
Citation (Cotissois 31/22 @ 12/11/2007 - 13:23) *
Si je comprends bien, c'est plutôt "le GIEC sous-estime", parce quà la seule vue du titre, on se dit : ça y est, encore une thèse révolutionnaire. tongue.gif
Bon en tant qu'observateur, je dirai que ce serait encore plus inquiétant. Mais le consensus n'est quand même pas très optimiste, donc cette thèse plus alarmiste ne change pas l'attitude à adopter.


Bien sûr, mais sous-estimer (critique de Hansen and co) ou sur-estimer (critique de Lindzen and co) sont deux manières de se tromper.

Pour le niveau des mers, l'AR4 2007 est plutôt optimiste au sens où la fourchette, même en scénario à forte émission, ne représente pas un changement dangereux à l'horizon 2100 et permet une adaptation en douceur. Comme c'est la marotte récente de Hansen (il a écrit plusieurs papiers sur ce sujet précis entre 2004 et 2006, en insistant sur la hausse des mers comme seul vrai changement dangereux), on comprend qu'il critique le GIEC. En outre, il semble que le bonhomme aime les déclarations fracassantes aux journalistes...
charles.muller
Citation (miniTAX @ 11/11/2007 - 23:52) *
(...)

D'ailleurs, sa sortie contre le GIEC avec l'argument force de la fonte accélérée du Groenland est assez drolastique : cette fonte est sensée faire monter le niveau des océans alors que depuis 1 ans, celui-ci a baissé !
(...)


C'est vrai que cela semble modéré depuis 2004. Cela montre peut-être que la part stérique (dilatation thermique, dilution saline) qui était forte au début des mesures J-T-P (50% au lieu de 25% pour le XXe siècle en moyenne) est en phase descendante. Cazenave, Lombard et quelques autres avaient prévenu qu'il existe des oscillations quasi-décennales dans la part stérique de la hausse, et il n'y a pas de raison que cela change je pense.

Y a-t-il une base de données numériques assez simple (ie déjà intégrée en global) pour voir le taux annuel ?
Alain Coustou
Eh bien, ce topic (merci à Charles Muller) rejoint ce que je martèle depuis des années: la possible sous-estimation du risque climatique par le GIEC, résultat essentiellement de la non-prise en considération de certaines variables majeures et des effets de seuil.
Les rapports du GIEC sont issus d'un consensus "a minima", au lieu d'être le fruit de la recherche de la probabilité d'évolution, même avec une marge d'incertitude et l'absence d'unanimité. C'est dit un peu abruptement, je sais. En tout cas, je partage globalement l'opinion (plus nuancée que la mienne) exprimée par Sirius.

Les prochaines années seront capitales pour les conclusions à tirer des évolutions récentes.

Mais attendre quelques dizaines d'années comme le suggére Gallad, lequel accuse ceux qu'il qualifie d'alarmistes de "braire" dans les médias (Que fait la modération devant des termes aussi gratuitement insultants ?), peut revenir à nous condamner au pire si les prévisions des réalistes (ceux qui tentent de tenir compte de toutes les variables en cause) se trouvent vérifiées, ainsi que je le crains si nous ne faisons pas plus qu'actuellement pour tenter de lutter contre la tendance au renforcement de l'ES.

Alain
Just1
Sans partie pris, je vais me mettre en mode sceptique en reprenant, si je peux me le permettre, ton post.

"Eh bien, ce topic (merci à Charles Muller) rejoint ce qu'un sceptique martèle depuis des années: la possible sur-estimation du risque climatique par le GIEC, résultat essentiellement de la non-prise en considération de certaines variables majeures. Les rapports du GIEC sont issus d'un consensus "a maxima", au lieu d'être le fruit de la recherche de la probabilité d'évolution, même avec une marge d'incertitude et l'absence d'unanimité.

Mais attendre quelques dizaines d'années peut revenir à nous condamner au pire si les prévisions des réalistes (ceux qui tentent de tenir compte de toutes les variables en cause) se trouvent vérifiées, ainsi que je le crains si nous ne faisons pas plus qu'actuellement pour tenter de lutter contre la tendance au renforcement de la pensée réchauffiste qui met en avant des théories voulant démontrer que le CO2 est responsable de l'augmentation des T°"
(on peut choisir d'autres arguments de sceptiques, bien sûr)

Tout çà encore pour dire que (dixit gallad) : "Aujourd'hui, il n'y a toujours pas UNE étude capable de PROUVER les liens quantitatifs supposés entre par exemple CO2 et évolution du climat. Je parle de preuves scientifiques, c'est-à-dire au-delà de l'intime conviction. Il ne devrait donc y avoir que des sceptiques."
th38
Citation (Alain Coustou @ 12/11/2007 - 18:14) *
Les prochaines années seront capitales pour les conclusions à tirer des évolutions récentes.


Alain



Je crois qu'effectivement, les 2 ou 3 années à venir vont être capitales:
-Au niveau de la banquise arctique : variabilité ou disparition à court terme
-Au niveau des températures mondiales : stabilisation relative ou accélération.

Dans 3 ans, nous n'aurons rien de définitif bien sûr, mais nous aurons suffisament de convergences pour savoir a qu'elle sauce nous allons être mangés...
charles.muller
Citation (Alain Coustou @ 12/11/2007 - 18:14) *
Eh bien, ce topic (merci à Charles Muller) rejoint ce que je martèle depuis des années: la possible sous-estimation du risque climatique par le GIEC, résultat essentiellement de la non-prise en considération de certaines variables majeures et des effets de seuil.
Les rapports du GIEC sont issus d'un consensus "a minima", au lieu d'être le fruit de la recherche de la probabilité d'évolution, même avec une marge d'incertitude et l'absence d'unanimité. C'est dit un peu abruptement, je sais. En tout cas, je partage globalement l'opinion (plus nuancée que la mienne) exprimée par Sirius.
(...)


Oui en le publiant, j'ai pensé à toi. Je ne dirais pas que cela fait plaisir, car l'expression serait très mal choisie, mais tu dois avoir une certaine satisfaction intellectuelle de constater que tes analyses déjà anciennes sont désormais envisagées comme des possibles à relativement court terme.

Il n'empêche bien sûr que je suis en quasi total quoique toujours cordial désaccord avec tes analyses (ou celles de Hansen et autres). Et toujours très irrité de voir que même les plus grands noms de la recherche climatique ont recours à des procédés quasi journalistiques consistant à sélectionner quelques données climatologiques récentes, à les isoler de leur contexte de compréhension et à les offrir en pâture à l'opinion publique, le tout sur le dos du GIEC. J'ai pas mal (peut-être trop) critiqué cette institution, mais je ne crois pas l'avoir fait (ou alors c'était une erreur) sur ce genre de base tape-à-l'oeil (les sceptiques insistent au contraire sur le long terme, qui permet généralement, mais pas toujours, de relativiser des évolutions récentes présentées comme inouies).

Et dans tous les cas, n'ayant pas eu l'honneur de collaborer à l'institution nobélisée, je ne crache pas dans la soupe où je me suis abondamment nourri...
sirius
Citation (charles.muller @ 12/11/2007 - 20:24) *
Oui en le publiant, j'ai pensé à toi. Je ne dirais pas que cela fait plaisir, car l'expression serait très mal choisie, mais tu dois avoir une certaine satisfaction intellectuelle de constater que tes analyses déjà anciennes sont désormais envisagées comme des possibles à relativement court terme.

Il n'empêche bien sûr que je suis en quasi total quoique toujours cordial désaccord avec tes analyses (ou celles de Hansen et autres). Et toujours très irrité de voir que même les plus grands noms de la recherche climatique ont recours à des procédés quasi journalistiques consistant à sélectionner quelques données climatologiques récentes, à les isoler de leur contexte de compréhension et à les offrir en pâture à l'opinion publique, le tout sur le dos du GIEC. J'ai pas mal (peut-être trop) critiqué cette institution, mais je ne crois pas l'avoir fait (ou alors c'était une erreur) sur ce genre de base tape-à-l'oeil (les sceptiques insistent au contraire sur le long terme, qui permet généralement, mais pas toujours, de relativiser des évolutions récentes présentées comme inouies).

Et dans tous les cas, n'ayant pas eu l'honneur de collaborer à l'institution nobélisée, je ne crache pas dans la soupe où je me suis abondamment nourri...


Euh, tu trouves pas que t'en fais un peu trop? laugh.gif


Si tu n'as pas critiqué le GIEC sur ces bases tape à l'oeil (je vais quand même pas vérifier), tu es sans doute le seul "sceptique" dans ce cas ..ou presque.


Bon, passons.
lorenz
Citation (Gallad @ 12/11/2007 - 12:34) *
Aujourd'hui, il n'y a toujours pas UNE étude capable de PROUVER les liens quantitatifs supposés entre par exemple CO2 et évolution du climat. Je parle de preuves scientifiques, c'est-à-dire au-delà de l'intime conviction.


Je rejoins parfaitement cette position...à ce jour, nous sommes face à un phénomène completement chaotique et rempli d'inconnues et qui nous depasse.
J'envie les "Jouzel and cie" qui ont à ce jour plein de certitudes à ce sujet en nous montrant des courbes miraculeusement symétriques dont les constructions et les interprétations sont plus que douteuses....à chacun ses croyance après tout... clover.gif
charles.muller
Citation (sirius @ 12/11/2007 - 23:33) *
Euh, tu trouves pas que t'en fais un peu trop? laugh.gif
Si tu n'as pas critiqué le GIEC sur ces bases tape à l'oeil (je vais quand même pas vérifier), tu es sans doute le seul "sceptique" dans ce cas ..ou presque.
Bon, passons.


C'est possible que j'ai eu la main lourde sur le GIEC, oui. En tout cas, j'ai toujours conseillé de lire ses rapports comme base préalable à la discussion. Et puis l'institution s'améliore : certains précédents facheux (la fameuse courbe de hockey et sa suite pas très fameuse pour la représentativité des résumés pour décideurs) ont conduit à plus de prudence dans les formulations. Certains ont d'ailleurs réussi à faire un "résumé pour décideurs" bis en ne citant que des extraits de l'AR4 et en montrant que la plupart des incertitudes majeures sont reconnues, mais discrètement.

J'ai vraiment du mal à supporter ce genre de saillies médiatiques - c'est d'ailleurs là mon problème, j'aime bien en général discuter posément et à fond des sujets pour comprendre ou échanger des infos, mais ce genre de c*nneries me fait vite sortir de mes gonds et me donne envie de revenir à un niveau plus polémique. Ce que je fais d'ailleurs, en perdant mon temps. En plus, c'est complètement improductif : toute personne ayant un peu d'esprit critique se dit, "ce n'est pas possible, ils n'en sont pas encore à tirer des ficelles aussi grossières pour faire une enième fois de la surenchère dans des médias dont c'est toute façon la spécialité". Bref, bravo Hansen and co, cela fait un peu plus de sceptiques, ou simplement un peu plus de recul vis à vis de gens qui n'arrivent visiblement pas à vivre sans vendre de la catastrophe imminente.

Bon mais arrêtons là, cela ne sert à rien.

PS : C'est comme sur Real Climate : j'apprécie quand ils font des articles pédagogiques (où ils défendent bien sûr le consensus, et parfois de manière convaincante) mais quand je les vois revenir à des questions subalternes ou à des attaques mesquines, ou bien encore ignorer ceratines questions dans les comments en choisissant souvent de répondre aux posts des sceptiques les plus d*biles, je n'arrive décidément pas à être convaincu de leur bonne foi, tout "climate scientist" qu'ils soient.
sirius
Citation (charles.muller @ 13/11/2007 - 01:08) *
C'est possible que j'ai eu la main lourde sur le GIEC, oui. En tout cas, j'ai toujours conseillé de lire ses rapports comme base préalable à la discussion. Et puis l'institution s'améliore : certains précédents facheux (la fameuse courbe de hockey et sa suite pas très fameuse pour la représentativité des résumés pour décideurs) ont conduit à plus de prudence dans les formulations. Certains ont d'ailleurs réussi à faire un "résumé pour décideurs" bis en ne citant que des extraits de l'AR4 et en montrant que la plupart des incertitudes majeures sont reconnues, mais discrètement.

J'ai vraiment du mal à supporter ce genre de saillies médiatiques - c'est d'ailleurs là mon problème, j'aime bien en général discuter posément et à fond des sujets pour comprendre ou échanger des infos, mais ce genre de c*nneries me fait vite sortir de mes gonds et me donne envie de revenir à un niveau plus polémique. Ce que je fais d'ailleurs, en perdant mon temps. En plus, c'est complètement improductif : toute personne ayant un peu d'esprit critique se dit, "ce n'est pas possible, ils n'en sont pas encore à tirer des ficelles aussi grossières pour faire une enième fois de la surenchère dans des médias dont c'est toute façon la spécialité". Bref, bravo Hansen and co, cela fait un peu plus de sceptiques, ou simplement un peu plus de recul vis à vis de gens qui n'arrivent visiblement pas à vivre sans vendre de la catastrophe imminente.

Bon mais arrêtons là, cela ne sert à rien.

PS : C'est comme sur Real Climate : j'apprécie quand ils font des articles pédagogiques (où ils défendent bien sûr le consensus, et parfois de manière convaincante) mais quand je les vois revenir à des questions subalternes ou à des attaques mesquines, ou bien encore ignorer ceratines questions dans les comments en choisissant souvent de répondre aux posts des sceptiques les plus d*biles, je n'arrive décidément pas à être convaincu de leur bonne foi, tout "climate scientist" qu'ils soient.



Ce coup ci, je suis d'accord.

Mais tout le monde est plus ou moins comme toi.

Quand je lis certaines déclarations tonitruantes d'untel ou untel souvent incompétent dans le domaine, j'ai aussi tendance à m'énerver.
Je n'interviens pas beaucoup dans les domaines qui ne sont pas de ma compétence, même sur ce site ci mais quand je lis certaines affirmations idiotes, j'ai tendance à bondir.

Quant aux posts d*biles que ce soit ici ou sur Real Climate (ou sans doute sur ton site), je ne suis pas toujours certain qu'il ne faille pas y répondre. Est ce toujours évident pour tout le monde? N'y a t il pas nécessité pédagogique à reprendre ces posts? Quand j'y réponds, je ne pense pas au type qui a pôsté mais aux autres lecteurs en général.

Dans un cours, les questions débiles permettent parfois de bien faire avancer les choses et en tout cas, c'est toujours mieux que pas de question du tout.

Pour en revenir à Hansen, je le connais et je connais son boulot depuis fort longtemps (35 ans à vrai dire) et j'ai beaucoup de respect pour ses capacités scientifiques ce qui n'empêche pas de garder un peu de recul mais c'est peut être moi qui ai tort. En tout cas, il est sincèrement inquiet et le fait savoir avec les moyens qu'il a. J'aurais tendance à penser que c'est respectable.

Ce qui me fait garder ce recul, ce n'est pas tellement les incertitudes scientifiques, c'est plus un souci d'efficacité: il me semble que si on laisse à penser que la catastrophe est très proche , la réaction la plus probable sera le refus d'accepter cette idée (c'est ce que vous faites) ou le découragement.

Quant aux incertitudes, elles sont inhérentes au pb. On ne s'en sortira qu'en évaluant les risques
or un risque, c'est le produit d'une probabilité d'occurrence par la gravité de l'événement.

Pour évaluer correctement les risques, on ne peut pas en rester aux valeurs moyennes: ce qui compte ce sont les évènements extêmes. En l'occurence, si la hausse du niveau de la mer reste dans la fourchette du GIEC, il faut déjà imaginer ce que donneront les tempêtes les plus fortes et ce n'est pas indolore mais si les marges des calottes se disloquent, on change d'échelle dans gravité des conséquences.

D'un côté une probabilité élevée et des conséquences pas trop graves (enfin, espérons)
de l'autre , une probabilité qu'on peut espérer nettement plus faible (???) mais des conséquences beaucoup plus graves

Quel risque est le plus grand?

Comme on n'a pas de chiffres à mettre vraiment , on peut refuser de regarder cet aspect des choses et se cacher derrière les incertitudes, c'est une tendance bien naturelle et bien compréhensible mais pas forcément la meilleure.

Il est bien clair qu'il faut continuer cette évaluation des risques en mesurant les conséquences des mesures à prendre (et leurs avantages aussi) . C'est à ce niveau que le débat est responsable
Nicolas 17/69
Citation (Gallad @ 12/11/2007 - 12:34) *
Maintenant, on peut parallèlement invoquer un "principe de précaution". Encore que ça mérite vraiment débat quand on considère les intérêts politiques et économiques en jeu. Mais dans l'absolu, il n'est pas interdit de militer pour des mesures préventives.

On peut donc très bien être sceptique (c'est à dire ignorant, mais ignorant qui s'assume), et militer PARALLELEMENT pour des mesures de précaution. Ca n'a rien de schyzophène. C'est même le contraire, l'inconnu devrait rendre prudent.

Là où ça devient malhonnête, c'est lorsque la volonté de militer se confond avec l'intention de faire croire que les thèses scientifiques sont maîtrisées. Il n'y a alors plus lieu d'être sceptique, PARCE QUE ça sert l'intérêt de l'idéologie ou des intérêts que l'on veut soutenir (bons ou mauvais, ce n'est pas la question.)

Le corollaire de cette idée, c'est qu'inversement si vous êtes sceptique, vous êtes forcément un ennemi de l'environnement, un bras des lobbies charbono-pétroliers, etc. L'alarmiste plaque volontiers sur le sceptique l'attitude qu'il pratique lui-même plus ou moins consciemment, il s'agit simplement d'inverser les arguments selon cette "logique".

Que ça fait donc plaisir de lire ça ! tongue.gif
ça fait belle lurette que j'ai cessé de poster sur ces topics climatologiques où sévissent trop souvent malhonnêteté intellectuelle et agressivité digne d'une cour de récré. Mais là ça valait le coup de signaler ce message : pour moi, tout y est dit ou presque, notamment le principe de précaution qui devrait prévaloir sur toutes les "réalités" économiques du monde, données scientifiques "concrètes" ou non.
Alain Coustou
Citation (sirius @ 13/11/2007 - 12:51) *
Ce coup ci, je suis d'accord.

Mais tout le monde est plus ou moins comme toi.

Quand je lis certaines déclarations tonitruantes d'untel ou untel souvent incompétent dans le domaine, j'ai aussi tendance à m'énerver.
Je n'interviens pas beaucoup dans les domaines qui ne sont pas de ma compétence, même sur ce site ci mais quand je lis certaines affirmations idiotes, j'ai tendance à bondir.

Quant aux posts d*biles que ce soit ici ou sur Real Climate (ou sans doute sur ton site), je ne suis pas toujours certain qu'il ne faille pas y répondre. Est ce toujours évident pour tout le monde? N'y a t il pas nécessité pédagogique à reprendre ces posts? Quand j'y réponds, je ne pense pas au type qui a pôsté mais aux autres lecteurs en général.

Dans un cours, les questions débiles permettent parfois de bien faire avancer les choses et en tout cas, c'est toujours mieux que pas de question du tout.

Pour en revenir à Hansen, je le connais et je connais son boulot depuis fort longtemps (35 ans à vrai dire) et j'ai beaucoup de respect pour ses capacités scientifiques ce qui n'empêche pas de garder un peu de recul mais c'est peut être moi qui ai tort. En tout cas, il est sincèrement inquiet et le fait savoir avec les moyens qu'il a. J'aurais tendance à penser que c'est respectable.

Ce qui me fait garder ce recul, ce n'est pas tellement les incertitudes scientifiques, c'est plus un souci d'efficacité: il me semble que si on laisse à penser que la catastrophe est très proche , la réaction la plus probable sera le refus d'accepter cette idée (c'est ce que vous faites) ou le découragement.

Quant aux incertitudes, elles sont inhérentes au pb. On ne s'en sortira qu'en évaluant les risques
or un risque, c'est le produit d'une probabilité d'occurrence par la gravité de l'événement.

Pour évaluer correctement les risques, on ne peut pas en rester aux valeurs moyennes: ce qui compte ce sont les évènements extêmes. En l'occurence, si la hausse du niveau de la mer reste dans la fourchette du GIEC, il faut déjà imaginer ce que donneront les tempêtes les plus fortes et ce n'est pas indolore mais si les marges des calottes se disloquent, on change d'échelle dans gravité des conséquences.

D'un côté une probabilité élevée et des conséquences pas trop graves (enfin, espérons)
de l'autre , une probabilité qu'on peut espérer nettement plus faible (???) mais des conséquences beaucoup plus graves

Quel risque est le plus grand?

Comme on n'a pas de chiffres à mettre vraiment , on peut refuser de regarder cet aspect des choses et se cacher derrière les incertitudes, c'est une tendance bien naturelle et bien compréhensible mais pas forcément la meilleure.

Il est bien clair qu'il faut continuer cette évaluation des risques en mesurant les conséquences des mesures à prendre (et leurs avantages aussi) . C'est à ce niveau que le débat est responsable

Comme toujours, un excellent post, Sirius. Bravo. Globalement, je suis le plus souvent d'accord avec toi et et je trouve tes posts toujours intéressants et fréquemment instructifs.
Seul bémol (à mon avis), mais je m'en suis déjà expliqué sur les forums d'IC, je crains que le risque de conséquences graves du réchauffement (disons à l'horizon 2050 et au delà) soit au moins aussi élevé que celui de conséquences supportables sans trop de dégats.
Sauf, bien sûr, si les hypothéses plutot optimistes sous-jacentes aux prévisions les plus modérées se trouvaient quasi miraculeusement vérifiées (pas d'accélération de la fonte de la banquise, maitrise progressive des émissions de CO2, pas de reprise de la diffusion de CH4 dans l'atmosphère, pas d'effet de seuil, etc..).

Quant à vitupérer comme le font certains contre l'énoncé des risques sous le prétexte que certaines données sont encore incertaines, c'est un comportement qui me sidére autant qu'il me désole.

Autant vitupérer contre l'interdiction de traverser une autoroute à pied, sous prétexte qu'on ne peut pas prévoir quel véhicule précis vous écrabouillera, ni sur quelle voie, ni à quelle seconde vous serez heurtés, et qu'il est possible qu'on y survive finalement ! Et que donc une simple recommandation de prudence pourrait suffire, sans avoir besoin d'évoquer un risque grave !
Bon, comparaison n'est pas raison. Mais c'est tout de même ainsi que je le ressens...

Alain
lolo44
Le GIEC ne va pas assez loin ? Dans un résumé rédigé " à l'attention des décideurs " voici une phrase qui a fait l'objet d'intenses discussions : les conséquences de ces changements ( climatiques ) risquent d'être " soudaines et irréversibles " .
Difficile pourtant de faire plus alarmiste ( si ce n'est de prédire la fin du monde tongue.gif )
D'ailleurs l'expression " irréversible " est contestée , certains considérant qu'elle est dénuée de contenu scientifique .

PS : Au passage complètement d'accord avec les posts précédents : de nombreuses expériences du passé ont montré que si le fameux " principe de précaution " avait été appliqué , on aurait pu éviter bien des problèmes dans beaucoup de domaines .
charles.muller
Citation (sirius @ 13/11/2007 - 11:51) *
(...)
Quant aux posts d*biles que ce soit ici ou sur Real Climate (ou sans doute sur ton site), je ne suis pas toujours certain qu'il ne faille pas y répondre. Est ce toujours évident pour tout le monde? N'y a t il pas nécessité pédagogique à reprendre ces posts? Quand j'y réponds, je ne pense pas au type qui a pôsté mais aux autres lecteurs en général.
Dans un cours, les questions débiles permettent parfois de bien faire avancer les choses et en tout cas, c'est toujours mieux que pas de question du tout.

Je suis d'accord avec toi, la pédagogie commence souvent avec les questions les plus simples, fussent-elles souvent répétées... mais il faudrait répondre aux deux, c'est-à-dire les post naïfs ou provocateurs, mais aussi les autres. Sinon, vu de l'extérieur, cela donne une impression de parti-pris.


Citation
Ce qui me fait garder ce recul, ce n'est pas tellement les incertitudes scientifiques, c'est plus un souci d'efficacité: il me semble que si on laisse à penser que la catastrophe est très proche , la réaction la plus probable sera le refus d'accepter cette idée (c'est ce que vous faites) ou le découragement.

Ce n'est pas tellement le déni ou le découragement que je vois comme effet pervers, mais tout simplement le constat que les catastrophes en question ne sont pas au RV. Avec l'effet multiplicateur des médias, qui est aussi un effet de mode, les gens finissent par s'habituer à l'idée que tout va très mal et que tout s'accélère. Mais si cela ne vas pas si mal et que l'accélération n'est pas au rendez-vous, ils vont bien se dire un jour qu'on les gruge, et mettre à tort les scientifiques dans le même sac que les médiatiques. Ce qui serai dommage, car quoi qu'on pense du climat en particulier, j'estime que l'on n'a jamais eu autant besoin d'une confiance de la société dans la science (et aussi de vocations, mais c'est un autre débat).

Citation
Quant aux incertitudes, elles sont inhérentes au pb. On ne s'en sortira qu'en évaluant les risques
or un risque, c'est le produit d'une probabilité d'occurrence par la gravité de l'événement.

Là aussi, d'accord avec toi. Mais un problème évident, c'est que l'on ne peut écarter aucun événement très grave en l'état de nos connaissances et qu'ils sont souvent non-prédictibles (au sens où l'on connaîtra sans doute jamais à l'avance les seuils de basculement, le fameux tipping points). Assigner une probabilité est donc dans une certaine mesure un procédé artificiel et la décision publique n'est pas très avancée.

PS : je n'oublie pas les autres débats de fond (rétroactions, ondes planétaires - merci d'ailleurs pour tes posts, que je vais lire attentivement) et j'y reviens dès que je peux, mais je suis trop pris en ce moment. Au passage, et pour faire rêver nos amis frigophiles biggrin.gif, je reviens de Stockholm où les campagnes environnantes commencent à se couvrir de neige, avec les toujours superbes paysages de fermes rouges ou jaunes se détachant dans la blancheur du sol et la noirceur des sapins ; hélas, pas d'appareil photo sous la main. Mais en revenant sur Paris, je vois que la fraîcheur est ici aussi).
Kronos
Citation (charles.muller @ 17/11/2007 - 01:05) *
[...]
Ce n'est pas tellement le déni ou le découragement que je vois comme effet pervers, mais tout simplement le constat que les catastrophes en question ne sont pas au RV. Avec l'effet multiplicateur des médias, qui est aussi un effet de mode, les gens finissent par s'habituer à l'idée que tout va très mal et que tout s'accélère. Mais si cela ne vas pas si mal et que l'accélération n'est pas au rendez-vous, ils vont bien se dire un jour qu'on les gruge, et mettre à tort les scientifiques dans le même sac que les médiatiques. Ce qui serai dommage, car quoi qu'on pense du climat en particulier, j'estime que l'on n'a jamais eu autant besoin d'une confiance de la société dans la science (et aussi de vocations, mais c'est un autre débat).
[...]
Mais un problème évident, c'est que l'on ne peut écarter aucun événement très grave en l'état de nos connaissances et qu'ils sont souvent non-prédictibles (au sens où l'on connaîtra sans doute jamais à l'avance les seuils de basculement, le fameux tipping points). Assigner une probabilité est donc dans une certaine mesure un procédé artificiel et la décision publique n'est pas très avancée.


Bonsoir!

Intéréssante analyse charles.muller.

Tout comme toi, j'observe beaucoup les réactions de mes contemporains, et comme tu le souligne, nombre d'entre eux sont fatalistes quant au réchauffement climatique et à tout ce qui concerne l'écologie et les pollutions humaines. Et il est vrai que le tableau dressé aussi bien par le Giec, que par les médias, ainsi que par les politiques n'est pas fait pour nous rassurer.

En revanche, là où je ne te rejoins pas, c'est concernant l'arrivée des catastrophes climatiques annoncées.
En effet, la météo mondiale est une source inépuisable de catastrophes diverses et variées que l'on peut imputer aux réchauffement climatique, et certains ne s'en privent pas d'ailleurs. Donc, Nous, le grand public, nous n'avons aucun moyen de savoir si ce qu'on nous raconte est vrai ou pas, certains y croient d'autres pas. (D'ailleurs, beaucoup manquent de rigueur scientifique, car, les éventuelles catastrophes prouveraient que le climat se réchauffe, cela ne prouveraient pas que c'est l'Homme qui est la cause de ce réchauffement.)
Mais en sciences, il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire, il s'agit de savoir!
Malheureusement le GIEC ne nous apporte aucune certitude, juste des scenarios, des risques.
Evidemment, il serait grave d'ignorer le risque d'une catastrophe majeure. Mais n'est-il pas tout aussi grave de la tenir pour acquise quand on sait les efforts colossaux qui seraient nécessaires à son atténuation et au gaspillage que cela représenterait s'il ne se passait rien?

Le poids de l'incertitude est décidement bien lourd à porter. Alors, il n'est guère surprenant que certains se résignent en espérant que tout ça se produira dans un futur très lointain, tandis que d'autres hausses les épaules, incrédules, persuadés que tout ça est une immense bourde comme l'Homme sait si bien les faire.

Voilà ou nous en sommes...
meteor
Citation (charles.muller @ 17/11/2007 - 01:05) *
Au passage, et pour faire rêver nos amis frigophiles biggrin.gif, je reviens de Stockholm où les campagnes environnantes commencent à se couvrir de neige, avec les toujours superbes paysages de fermes rouges ou jaunes se détachant dans la blancheur du sol et la noirceur des sapins ; hélas, pas d'appareil photo sous la main. Mais en revenant sur Paris, je vois que la fraîcheur est ici aussi).


toutes proportions gardées et de façon bp plus modeste je me suis baladé en début de semaine dans l'Aubrac (très belle région) et voici ce que j'ai trouvé:



pas si mal hein!

pour les connaisseurs il s'agit d'une piste de ski de fond et de promenade dans la forêt de Laguiole.
Nicolas 17/69
Citation
En revanche, là où je ne te rejoins pas, c'est concernant l'arrivée des catastrophes climatiques annoncées.
En effet, la météo mondiale est une source inépuisable de catastrophes diverses et variées que l'on peut imputer aux réchauffement climatique, et certains ne s'en privent pas d'ailleurs. Donc, Nous, le grand public, nous n'avons aucun moyen de savoir si ce qu'on nous raconte est vrai ou pas, certains y croient d'autres pas. (D'ailleurs, beaucoup manquent de rigueur scientifique, car, les éventuelles catastrophes prouveraient que le climat se réchauffe, cela ne prouveraient pas que c'est l'Homme qui est la cause de ce réchauffement.)
Mais en sciences, il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire, il s'agit de savoir!
Malheureusement le GIEC ne nous apporte aucune certitude, juste des scenarios, des risques.

ça c'est une question sur laquelle j'aimerais bien que l'un d'entre vous, parmi les spécialistes de la question, puisse nous faire un topo synthétique sur la situation.
Bien sûr il y a les catastrophes qu'on peut directement imputer au RC, comme celles liées à la montée du niveau des océans, qui commence déjà à faire ses effets.
Mais pour tout ce qui concerne les cyclones, tornades, tempêtes etc. , le problème de la connaissance de l'existant avec suffisamment de recul chronologique se pose avant tout. En effet, comment pourra-t-on connaître et évaluer précisément la modification des paramètres de fréquence et(ou) d'intensité, si on ne connaît pas d'abord la situation de départ... ? Quelle serait, en termes abordables, la position du GIEC là-dessus, au-delà des habituels "on ne sais pas trop, pas encore d'éléments etc. ". Si la chose n'est pas encore constatée de façon vraiment fiable, peut-on au moins la prévoir avec davantage de certitude ? Pour les cyclones ça semble assez évident puisqu'ils sont directement imputables à un certain niveau de température des océans, mais pour le reste ?...
Just1
Citation (Alain Coustou @ 13/11/2007 - 20:20) *
Comme toujours, un excellent post, Sirius. Bravo. Globalement, je suis le plus souvent d'accord avec toi et et je trouve tes posts toujours intéressants et fréquemment instructifs.
Seul bémol (à mon avis), mais je m'en suis déjà expliqué sur les forums d'IC, je crains que le risque de conséquences graves du réchauffement (disons à l'horizon 2050 et au delà) soit au moins aussi élevé que celui de conséquences supportables sans trop de dégats.
Sauf, bien sûr, si les hypothéses plutot optimistes sous-jacentes aux prévisions les plus modérées se trouvaient quasi miraculeusement vérifiées (pas d'accélération de la fonte de la banquise, maitrise progressive des émissions de CO2, pas de reprise de la diffusion de CH4 dans l'atmosphère, pas d'effet de seuil, etc..).

Quant à vitupérer comme le font certains contre l'énoncé des risques sous le prétexte que certaines données sont encore incertaines, c'est un comportement qui me sidére autant qu'il me désole.

Autant vitupérer contre l'interdiction de traverser une autoroute à pied, sous prétexte qu'on ne peut pas prévoir quel véhicule précis vous écrabouillera, ni sur quelle voie, ni à quelle seconde vous serez heurtés, et qu'il est possible qu'on y survive finalement ! Et que donc une simple recommandation de prudence pourrait suffire, sans avoir besoin d'évoquer un risque grave !
Bon, comparaison n'est pas raison. Mais c'est tout de même ainsi que je le ressens.


Je ne suis pas du genre à faire ce genre d'intervention, mais plusieurs de tes posts me font tout de même réagir. Je précise encore une fois que je ne suis pas un expert dans le domaine du RC. Je suis une personne lambda à qui on a fait croire au travers les médias que l'augmentation des températures est due exclusivement à l'activité humaine. La canicule de 2003, la corrélation entre CO2 et augmentation des températures sont autant d'exemples ressortis régulièrement... Et j'en passe... Comme sciences et vie qui nous pronostique une augmentation de 15°C dans 50 ans ou bien attribuer le prix nobel de la paix au GIEC...

Attention, je ne conteste pas le RC puisque toutes les études le démontrent en effet. Mais déjà 1ere chose qui me surprend, c'est que la situation actuelle s'est déjà produite dans le passé (notamment au moyen âge).

Alors depuis, après m'être intéressé au sujet, ma position a changé. Depuis plusieurs mois que je vous lis (en plus de mes modestes recherches personnelles), la seule chose que j'en ressors est que finalement, les scientifiques ne maitrisent pas tous les éléments qui font la complexité d'un RC. Les différents scénarios numériques proposés chaque année sont contestés voir même contredis. Les nouvelles recherches publiées chaque mois font apparaitre de nouveaux éléments que ces modèles de prévisions ne prennent pas en compte. De plus, quoi qu'on en dise, aucune étude n'est capable de faire le lien entre CO2 et RC. C'est même presque l'inverse, puisque rien n'exclu que l'augmentation du CO2 est la conséquence du RC...

Et si le RC était un phénomène naturel ? En 1998 (année la plus chaude dans le monde), on nous disait que le RC s'emballait. On pouvait le redouter. Finalement, il n'en est rien. Depuis, aucune année n'a été aussi chaude. 2007 devait être une année exceptionnellement chaude ! Ben non, çà sera pas cette année... Peut être 2008 ? Non, les prévisions disent que çà serait à partir de 2009... Ah oui, bien sur, il y a eu l'accélération de la fonte de la banquise en 2007 que les médias se sont empressés de relayer. Mais une chose est sûre, depuis les années 80, la tendance moyenne est à la hausse des températures. Mais toujours pas d'emballement.

Avec ce que l'on sait, ou plutôt ce que l'on ne sait pas, il vaudrait peut être mieux appliquer le principe de précaution tout en restant prudent sur les côtés pervers de ce terme philosophique.

Je précise encore une fois que je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants du RC car c'est un sujet très complexe. Mais je considère qu'au lieu de se focaliser sur la culpabilisation de la société (comme toi et les médias font), et d'investir des milliards dans des travaux scientifiques à visés politiques, je préfèrerais qu'on utilise toute cette énergie afin de faire des avancées pour sortir de la dépendance du pétrole (grand chantier de l'avenir!), pour trouver un mode d'agriculture productif tout en étant respectueuse de l'environnement, pour aider les NPVD à viser une croissance qui limiterait les risques de pollution etc... Parce que si on s'aperçoit que l'emballement RC est un mythe, c'est une partie de la science qui va être décrédibiliser aux yeux des gens.

Alors bien sûr, tu vas me considérer comme un inculte, comme encore ces personnes qui connaissent rien ou qui vitupèrent "contre l'énoncé des risques sous le prétexte que certaines données sont encore incertaines". On a compris depuis le temps que tes théories sont celles qu'on considère comme réchauffistes. Tu me diras que toi, tu te considères plutôt comme réaliste... Mais pourquoi tant d'arrogance ou de mépris contre les personnes qui ne vont pas dans ton sens ? Parce que tu avais "prévu" l'accélération de la banquise ? En effet, 2007 a été une année record. Je te félicite sur ce point mais inutile de le répéter régulièrement avec des phrases du type "Oui, c'est ce que j'avais prévu depuis des années". Et le comble, c'est que tu t'appuies sur cette prévision juste (du moins cette année) pour nous balancer tes autres théories qui bien sûr font partie d'un scénario bien huilé que tu avais prédit et dont les 1eres conséquences sont cette accélération de la fonte de la banquise en 2007. Extrait d'un autre post :

Citation (Alain Coustou @ 22/10/2007 - 22:55) *
Même en cas d'emballement thermique (dont je crains effectivement qu'il ne s'amorce à partir de la décennie 2020), il se produira un nouveau niveau d'équilibre tendanciel, plus ou moins provisoire et sur lequel les prévisionistes du climat ne s'accordent pas. Je prévois un risque de réchauffement de l'ordre de 12 à 15 °C vers 2050 dans l'HN, mais je suis presque le seul à aller jusque là (J'étais cependant aussi le seul voici 3 ans à pronostiquer une accélération du recul de la banquise arctique telle qu'elle pourrait disparaître en été vers 2017). Les prévisionnistes du GIEC ont proposé plusieurs modèles avec des réchauffements moyens globaux de 1 à un peu moins de 7 °C d'ici la fin du siècle. Quant aux scénarios du Centre Hadley, le plus pessimiste me rejoint presque avec un risque de voir la température moyenne du globe grimper de 11,7°C de 2000 à 2050.
Un réchauffement très supérieur est hautement improbable quoique non impossible en théorie.


Alors oui, tu as tes points de vue. Chacun est libre de penser ce qu'il veut mais change de discours, s'il te plait. Tu as peut être de la frustration parce que pas grand monde veut adhérer à tes théories, mais ta prévision juste sur la banquise en 2007 ne doit pas te permettre de sortir des phrases "Quant à vitupérer comme le font certains contre l'énoncé des risques sous le prétexte que certaines données sont encore incertaines, c'est un comportement qui me sidére autant qu'il me désole."

Alors peut être que ton discours alarmistes, beaucoup plus alarmiste que le reste de la communauté scientifique (tiens d'ailleurs, elle en pense quoi de tes travaux ?) sert d'avantage a faire vendre tes bouquins ou ton concept de tours aérogénératrices... Dans ce cas, je pourrais te féliciter de ta démarche non pas scientifique mais plutôt commerciale. wink.gif

PS : Comme le RC est admis par tout le monde, pourquoi son emballement et ses conséquences n'ont pas le même consensus ? C'est qu'il doit bien y avoir un loup.
PS 2 : Moi aussi, je vais faire une prévision d'avenir. Je prévois que les glaciers des Alpes vont malheureusement encore reculer... "Non sérieux ?" ... Tout ça aussi pour dire qu'il est plus facile de réaliser des scénarios qui vont dans le sens du RC...
charles.muller
Citation (Nicolas 17/69 @ 17/11/2007 - 15:06) *
(...)
Bien sûr il y a les catastrophes qu'on peut directement imputer au RC, comme celles liées à la montée du niveau des océans, qui commence déjà à faire ses effets.
Mais pour tout ce qui concerne les cyclones, tornades, tempêtes etc. , le problème de la connaissance de l'existant avec suffisamment de recul chronologique se pose avant tout. En effet, comment pourra-t-on connaître et évaluer précisément la modification des paramètres de fréquence et(ou) d'intensité, si on ne connaît pas d'abord la situation de départ... ? Quelle serait, en termes abordables, la position du GIEC là-dessus, au-delà des habituels "on ne sais pas trop, pas encore d'éléments etc. ". Si la chose n'est pas encore constatée de façon vraiment fiable, peut-on au moins la prévoir avec davantage de certitude ? Pour les cyclones ça semble assez évident puisqu'ils sont directement imputables à un certain niveau de température des océans, mais pour le reste ?...


Tu trouves cela dans le résumé pour décideur AR4 du GIEC :


La plupart des données sont assez incertaines, comme l'indiquent les niveaux de vraisemblance des observations ou des prédictions.

Même pour les cyclones, c'est encore très débattu. Il n'est pas certain que le RC ait une influence vraiment significative sur la fréquence et l'intensité à l'avenir. Et pour les trente dernières années en global, c'est encore douteux, il n'y a en fait que le bassin Atlantique où l'on a repéré une tendance nette.
charles.muller
Citation (Kronos @ 17/11/2007 - 06:06) *
(...)
Le poids de l'incertitude est décidement bien lourd à porter. Alors, il n'est guère surprenant que certains se résignent en espérant que tout ça se produira dans un futur très lointain, tandis que d'autres hausses les épaules, incrédules, persuadés que tout ça est une immense bourde comme l'Homme sait si bien les faire.
Voilà ou nous en sommes...


En fait, je ne trouve pas tellement que cela soit si difficile. Tout réside dans le temps que l'on s'accorde et la méthode que l'on emploie. Disons qu'il faut parvenir à un consensus minimum sur les points suivants :
- le RC peut avoir des conséquences catastrophiques
- il importe de continuer à améliorer notre compréhension et nos observations du climat
- les décisions doivent / devront être proportionnées au risque modélisé ou constaté.

Une fois cela établi, la seule chose qui pose vraiment problème, c'est l'ambiance artificielle d'état d'urgence créée par la frange la plus alarmiste (sans doute minoritaire, quoique très visible médiatiquement) des experts du climat. Cet état d'urgence exige en effet de prendre des décisions à la fois massives (en terme de réduction) et rapides (en terme de calendrier), cela dans la situation d'incertitude que l'on connaît.

Mais cela n'a pas lieu d'être, et c'est d'ailleurs contraire au fameux principe de précaution avancé comme justification (car toute mesure massive et rapide a elle aussi ses incertitudes, donc ses risques). Comme je l'avais écrit je ne sais plus où, cela devient du principe de précipitation : on prend une climatologie locale inquiétante qui passe dans l'actualité et on fait un communiqué pour dire qu'il faut réduire vite, vite, vite, et fort, fort, fort. Cette espèce d'agitation permanente devient contreproductive à force d'être répétitive - et aisément contredite par d'autres climatologies locales peu alarmantes. Que Greenpeace ou les Amis de la Terre fassent cela, ce n'est pas très dérangeant, c'est leur job de lobbyiste. Que les chercheurs s'y mettent, cela rompt quelque peu le présupposé d'objectivité et de pondération qui entoure leurs travaux.

Donc, pour en revenir au point discuté, la non-urgence de la décision tient du bon sens : contrairement à l'ozone et aux CFCs, nous ne sommes pas dans une logique du tout ou rien (interdire), mais dans une logique de progressivité (réduire l'intensité carbone au minimum, les émissions carbone au mieux). Or cette progressivité peut très bien être indexée en douceur sur la gravité des changements climatiques tels qu'ils sont observés et modélisés. En d'autres termes, on y verra tout bêtement plus clair en 2010, en 2015, en 2020, etc. Et il sera toujours temps de contraindre nos décisions dans un sens plus rigoureux car c'est à l'échelle du siècle - et non pas des quelques années au mieux et quelques mois au pire de l'actualité - que se joue l'enjeu climatique.

Enfin, la question climatique est étroitement associée à la question énergétique, qui possède ses propres logiques de décision. Quand la Commission européenne a fixé ses objectifs de réduction d'émission carbone dans son récent plan énergie 2000-2050, elle les a motivés par le réchauffement climatique, mais aussi bien par la nécessité d'indépendance énergétique et par l'incertitude sur l'évolution du fossile. On peut très bien approuver les deux derniers motifs sans cautionner le premier. Plus généralement, vu le temps d'implémentation des alternatives énergétiques, il vaut mieux se préparer dès maintenant à l'après-fossile, ce qui est d'ailleurs déjà fait un peu partout dans le monde et ce qui se fera de plus en plus si le fossile continue de perdre son avantage compétitif en terme de coût.

Bref, pour conclure, reconnaissons que nous avons du temps en cessant le chantage infondé à l'urgence, mettons au point une méthode souple susceptible d'avoir l'accord des poids lourds (Asie, Amérique) et incluant le principe de contraintes plus fortes en cas d'évolution grave : la dimension politique / économique du climat ne sera plus un vrai problème. Il restera la dimension scientifique, qui est bien sûr la plus intéressante.
Nicolas 17/69
Citation (charles.muller @ 17/11/2007 - 16:27) *
Tu trouves cela dans le résumé pour décideur AR4 du GIEC :


La plupart des données sont assez incertaines, comme l'indiquent les niveaux de vraisemblance des observations ou des prédictions.

Même pour les cyclones, c'est encore très débattu. Il n'est pas certain que le RC ait une influence vraiment significative sur la fréquence et l'intensité à l'avenir. Et pour les trente dernières années en global, c'est encore douteux, il n'y a en fait que le bassin Atlantique où l'on a repéré une tendance nette.


Ok merci pour la réponse. Beaucoup de "likely" en effet, qui montrent bien l'incertitude.
Just1
Alors voilà, le 20H de TF1 enfonce le clou dans l'alarmisme : la fonte de la banquise s'est accélérée en 2007, plus vite que les prévisions des modèles du GIEC. On aperçoit une dame membre du GIEC ainsi qu'une personne du CNRS qui confirment les dits...

L'argumentation est irréfutable, les raccourcis vite réalisés, et donc la conclusion du reportage est sans appel : " Les scénarios du GIEC sur le RC, issus d'un compromis entre les scientifiques, sont ils sous-estimés ? La majorité des scientifiques dit que OUI"

Merci, au revoir... A la prochaine, y'a plus rien à voir... pinch.gif
sirius
Citation (charles.muller @ 17/11/2007 - 17:04) *
Donc, pour en revenir au point discuté, la non-urgence de la décision tient du bon sens : contrairement à l'ozone et aux CFCs, nous ne sommes pas dans une logique du tout ou rien (interdire), mais dans une logique de progressivité (réduire l'intensité carbone au minimum, les émissions carbone au mieux). Or cette progressivité peut très bien être indexée en douceur sur la gravité des changements climatiques tels qu'ils sont observés et modélisés. En d'autres termes, on y verra tout bêtement plus clair en 2010, en 2015, en 2020, etc. Et il sera toujours temps de contraindre nos décisions dans un sens plus rigoureux car c'est à l'échelle du siècle - et non pas des quelques années au mieux et quelques mois au pire de l'actualité - que se joue l'enjeu climatique.

Enfin, la question climatique est étroitement associée à la question énergétique, qui possède ses propres logiques de décision. Quand la Commission européenne a fixé ses objectifs de réduction d'émission carbone dans son récent plan énergie 2000-2050, elle les a motivés par le réchauffement climatique, mais aussi bien par la nécessité d'indépendance énergétique et par l'incertitude sur l'évolution du fossile. On peut très bien approuver les deux derniers motifs sans cautionner le premier. Plus généralement, vu le temps d'implémentation des alternatives énergétiques, il vaut mieux se préparer dès maintenant à l'après-fossile, ce qui est d'ailleurs déjà fait un peu partout dans le monde et ce qui se fera de plus en plus si le fossile continue de perdre son avantage compétitif en terme de coût.

Bref, pour conclure, reconnaissons que nous avons du temps en cessant le chantage infondé à l'urgence, mettons au point une méthode souple susceptible d'avoir l'accord des poids lourds (Asie, Amérique) et incluant le principe de contraintes plus fortes en cas d'évolution grave : la dimension politique / économique du climat ne sera plus un vrai problème. Il restera la dimension scientifique, qui est bien sûr la plus intéressante.


J'ai mis en gras deux phrases qui sont quand même un peu contradictoires.

Je schématise un peu et ça donne ça:

Il faut beaucoup de temps pour implémenter des décisions en matière énergétique
donc, il faut se dépêcher de le faire pour des raisons économiques
et attendre pour les raisons climatiques.

Or s'il y a un risque climatique, l'efficacité des décisions énergétiqes sera la même que pour les raisons économiques (moins efficace fort probablement), conclusion qui me semblerait logique : vaut mieux s'y prendre à l'avance et ne pas trop attendre.

Il est vrai que moi, je ne suis pas un fanatique du scepticisme laugh.gif
meteor
Citation (charles.muller @ 17/11/2007 - 17:04) *
et incluant le principe de contraintes plus fortes en cas d'évolution grave


pourrais-tu expliciter?

1-comment se manifesterait, selon toi, cette "évolution grave"?
2-quelles seraient les contraintes à exercer en cas de constatation de cette "évolution grave"?
3-en quel laps de temps ces contraintes devraient être opérationnelles et comment pourrait-on résoudre le problème de façon moins "urgente" que maintenant?


si je peux me permettre, et en attendant que tu réfléchisses un peu à ta réponse, je pense que ce genre de "plan" est celui de quelqu'un qui ne croit guère à la possibilité d'une évolution climatique grave. smile.gif

pourtant dans le tableau du GIEC que tu présentes plus haut il n'y a pas que du "probable"( quoique "probable" c'est déjà une indication sérieuse même si ce n'est pas, évidemment, une certitude) mais du "virtuellement certain" et du "très probable" (le "virtuellement" résultant, je suppose, de la réalisation ou non des scénarii).
charles.muller
Citation (sirius @ 17/11/2007 - 21:00) *
J'ai mis en gras deux phrases qui sont quand même un peu contradictoires.
Je schématise un peu et ça donne ça:
Il faut beaucoup de temps pour implémenter des décisions en matière énergétique
donc, il faut se dépêcher de le faire pour des raisons économiques
et attendre pour les raisons climatiques.
Or s'il y a un risque climatique, l'efficacité des décisions énergétiqes sera la même que pour les raisons économiques (moins efficace fort probablement), conclusion qui me semblerait logique : vaut mieux s'y prendre à l'avance et ne pas trop attendre.
Il est vrai que moi, je ne suis pas un fanatique du scepticisme laugh.gif


Cela ne me semble pas tellement contradictoire : on a fait le nucléaire ou programmé ITER sans réelles contraintes climatiques, juste parce que l'après-fossile est un souci récurrent depuis un siècle (l'hydrogène, la fusion, le bioarburant, le solaire c'est finalement ancien comme idées), que ce souci est devenu bien plus actif après les premiers chocs pétroliers des années 1970, qu'il le devient plus encore aujourd'hui avec un baril à 100 $ sans cause précise, qu'il le sera sans doute plus encore en 2020, etc. Je le disais, les décisions énergétiques ont leur logique propre.

En effet, les contraints économiques sont aujourd'hui beaucoup plus réelles et immédiates que les contraintes climatiques : il est notoire qu'une crise économique se traduit vite par des troubles (inégalités, exclusions, extrémismes, guerres, etc.). Alors que des cyclones un peu plus intenses "more likely that not" en 2100, cela pèse peu pour le moment (et cela pèse peu objectivement quand on doit "gérer" une société en 2007). On peut le regretter, mais tout le monde (toi, moi, les autres) dépend de cette économie pour vivre : sans revenu ou retraite ou allocation, on vit très très mal, bien plus mal qu'avec deux degrés de plus ou de moins. Cela ne signifie pas qu'il faut sacrifier le long terme au court terme. Plutôt qu'il faut être progressif dans les changements économiques importants, sauf urgence manifeste.
charles.muller
Citation (meteor @ 17/11/2007 - 21:18) *
pourrais-tu expliciter?
1-comment se manifesterait, selon toi, cette "évolution grave"?
2-quelles seraient les contraintes à exercer en cas de constatation de cette "évolution grave"?
3-en quel laps de temps ces contraintes devraient être opérationnelles et comment pourrait-on résoudre le problème de façon moins "urgente" que maintenant?
si je peux me permettre, et en attendant que tu réfléchisses un peu à ta réponse, je pense que ce genre de "plan" est celui de quelqu'un qui ne croit guère à la possibilité d'une évolution climatique grave. smile.gif
(...)


Non, je ne peux pas tellement préciser : je me contentais de poser le "cahier des charges" politique/économique qui me semble le plus raisonnable. Mais concevoir les réformes ou mesures que cela demande, c'est un métier à part entière.

Je réponds quand même pour ne pas botter en touche :

1) c'est intéressant, chacun peut s'exprimer là-dessus : quelles évolutions du climat réel justifient selon vous des mesures urgentes ? Je vois deux indices assez simples : la pente du RC par rapport aux fourchettes des modèles (en fait, je suggère au préalable des modèles ad hoc qui se concentrent sur la prévi rapprochée 2000-2050, car les modèles projetant à 2100, 2200, etc. ne sont pas très efficaces en terme de décision... ni à mon avis de prévision !)* ou si la hausse du niveau des mers s'accélère durablement au-dessus d'un seuil annuel. Le tout révisable tous les 5 ou 10 ans.

2) les contraintes dépendent du mécanisme choisi à la base (si taxe : taxe plus importante ; si marché, droit d'émission inférieur donc obligation plus rapide de négocier les émissions supplémentaires).

3) le laps de temps dépend de la nature de la contrainte, du coût du fossile et des alternatives disponibles. Difficile de répondre ce qu'il en sera en 2010, 2020 ou 2030.

(*) Question au passage : pourquoi ne fait-on pas déjà des prévis plus rapprochées mais plus précises (avec plus de puissance de calcul, etc.) que 2100 ? Après tout, prévoir sur 50 ans c'est déjà un exercice climatique et non météorologique, c'est-à-dire supposé peu dépendant des conditions initiales.
meteor
Citation (charles.muller @ 18/11/2007 - 02:38) *
(*) Question au passage : pourquoi ne fait-on pas déjà des prévis plus rapprochées mais plus précises (avec plus de puissance de calcul, etc.) que 2100 ? Après tout, prévoir sur 50 ans c'est déjà un exercice climatique et non météorologique, c'est-à-dire supposé peu dépendant des conditions initiales.


A mon avis on ne peut que prévoir la tendance.
En ce sens 2050 est prévu actuellement de la même façon que 2100 ou 2150.
Vouloir prévoir avec plus de précision c'est, d'une certaine façon, rencontrer le même pb que la prévi météo à plus de 7-9 jours.
On a beau augmenter la puissance de calcul on n'arrive guère à franchir le "mur du chaos".
Peut-être aussi sommes nous en mal de théories scientifiques plus élaborées.
meteor
pour revenir au sujet je m'étonne tout de même de ce que je peux lire sur la page d'accueil de mon fournisseur d'accès, Orange:

je reproduis in extenso:


Climat: rapport alarmant du Giec à un mois des négociations de Bali


Les experts du Giec ont publié un rapport avertissant très clairement les dirigeants de la planète des risques du réchauffement climatique à l'approche d'une conférence cruciale sur le climat qui doit se tenir le mois prochain sous l'égide de l'ONU à Bali.

Dans un "résumé à l'intention des décideurs" de son 4e rapport adopté officiellement samedi à Valence (Espagne), le Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique, a mis en garde contre les conséquences "soudaines", voire "irréversibles" du réchauffement en cours.

Le Giec, récompensé cette année par le prix Nobel de la paix, prévoit une hausse de température moyenne de 1,8 à 4 degrés, pouvant aller jusqu'à 6,4 degrés en 2100 par rapport à 1990.

"Tous les pays" en subiront les conséquences - multiplication des canicules, sécheresses et inondations, fonte accélérée des glaces des pôles et montée du niveau de la mer - et les nations les plus pauvres seront les plus touchées.

Dans la foulée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à une véritable "percée" des négociations qui s'ouvriront le 3 décembre à Bali (Indonésie) sur les suites à donner à la première phase d'engagements du protocole de Kyoto, après 2012.

"Freiner et renverser ces menaces est le défi de notre temps", a déclaré Ban Ki-moon devant les experts du Giec à Valence. "Nous ne pouvons pas nous permettre de rater une percée réelle à Bali", a-t-il ajouté.

Pour le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas, "la communauté internationale doit répondre à cet appel scientifique à agir en acceptant de lancer à Bali des négociations pour un nouvel accord complet et ambitieux sur le climat".

Pour inquiétant qu'il soit, le rapport du Giec a été critiqué comme étant en retard sur les dernières études scientifiques.

Ainsi, l'institut australien du climat (Climate Institute - Sydney) a souligné cette semaine que "la récente et rapide diminution des glaces de mer en Arctique s'est produite beaucoup plus rapidement que ne le suggéraient les projections modélisées".

Au rythme actuel (+ 3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle, selon les chercheurs de cet institut.

euh, le calcul ou, en tous cas, la formulation me laissent songeur...

Du coup, dans le résumé approuvé à Valence, les experts du Giec renoncent à donner une valeur limite à la hausse prévisible du niveau des océans (0,18 m à 0,59 m à la fin du siècle par rapport à la période 1990 selon le projet de résumé initial).

Le président du Giec, Rajendra Pachauri, a insisté sur les conséquences dramatiques auxquelles sont exposées les Etats insulaires et les centaines de millions d'habitants des grands deltas - comme le Bangladesh, ravagé cette semaine par le cyclone Sidr.

Les organisations écologistes, qui craignaient un rapport édulcoré sous la pression de certaines délégations, ont salué un "résultat bien meilleur que ce qu'on pouvait escompter avant la réunion", selon Stephanie Tunmore de Greenpeace. La délégation américaine a notamment contesté le caractère "irréversible" des impacts, estimant qu'il n'était pas suffisamment étayé scientifiquement.

Les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto, refusent de prendre des engagements contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour réussir, un accord sur le climat devrait en outre enrôler les économies émergentes comme l'Inde et la Chine, qui doit ravir dès cette année la place du premier pollueur mondial aux Etats-Unis, selon l'Agence internationale de l'énergie.


bon mis à part le ton général de ce texte, quelqu'un aurait-il connaissance de l'original de ce "nouveau" rapport?

EDIT: suis-je bête, suffit d'aller voir à la source.
Gallad
Citation (Nicolas 17/69 @ 17/11/2007 - 15:06) *
ça c'est une question sur laquelle j'aimerais bien que l'un d'entre vous, parmi les spécialistes de la question, puisse nous faire un topo synthétique sur la situation.
Bien sûr il y a les catastrophes qu'on peut directement imputer au RC, comme celles liées à la montée du niveau des océans, qui commence déjà à faire ses effets.
Mais pour tout ce qui concerne les cyclones, tornades, tempêtes etc. , le problème de la connaissance de l'existant avec suffisamment de recul chronologique se pose avant tout. En effet, comment pourra-t-on connaître et évaluer précisément la modification des paramètres de fréquence et(ou) d'intensité, si on ne connaît pas d'abord la situation de départ... ? Quelle serait, en termes abordables, la position du GIEC là-dessus, au-delà des habituels "on ne sais pas trop, pas encore d'éléments etc. ". Si la chose n'est pas encore constatée de façon vraiment fiable, peut-on au moins la prévoir avec davantage de certitude ? Pour les cyclones ça semble assez évident puisqu'ils sont directement imputables à un certain niveau de température des océans, mais pour le reste ?...


En fait, le GIEC lui-même s'interroge sur la tendance des cyclones. La température de surface n'est pas le seul facteur. Extrait du SPM de février 2007:

"Multi-decadal variability and the quality of
the tropical cyclone records prior to routine satellite
observations in about 1970 complicate the detection
of long-term trends in tropical cyclone activity. There
is no clear trend in the annual numbers of tropical
cyclones."

Sinon, je suis d'accord en effet sur la nécessité de trouver des références communes et solides. En principe, c'est justement le rôle du GIEC, de faire une synthèse de l'état des connaissances scientifiques. Or ce n'est pas tout à fait vrai.

D'abord, le GIEC est avant tout de nature politique (le "i" de GIEC = "INTERGOUVERNEMENTAL"). Ensuite, le GIEC soutient moins la science qu'il privilégie UNE théorie scientifique, au détriment de toutes les autres. Cette théorie est la théorie de l'effet de serre anthropique, et il est normal que le GIEC la privilégie : c'est celle qui lui a donné naissance.

En effet, imaginons un instant, virtuellement, que l'on ait établi avec certitude que les variations solaires associées aux variations cosmiques sont responsables de 99% du changement climatique. Mais alors, il n'y aurait plus besoin d'accord INTERGOUVERNEMENTAL...Il n'y aurait plus besoin de GIEC.

Autrement dit, le GIEC est par essence destiné à considérer les facteurs anthropiques, nécessitant des accords internationaux. Et de la même manière que n'importe quel lobby met en avant les arguments qui sont favorables à sa prospérité, les instances du GIEC ne sont pas masochistes, elles n'ont aucune raison de saborder leur propre navire.

Et comme l'artillerie lourde visant les GES est sur les rails depuis au moins 10 ans (protocole de Kyoto, bourses d'échanges de CO2, budgets faramineux en communication...), on voit mal comment et pourquoi le GIEC irait maintenant changer d'avis, même à la lumière de nouveaux éléments scientifiques, même au nom de la vérité. Si les rapports du GIEC (groupe 1 au moins) restent malgré tout intéressants à consulter, la confiance dans ces travaux doit rester relative. Il y a nécessité de trouver des sources complémentaires.
sirius
Citation (meteor @ 18/11/2007 - 09:28) *
A mon avis on ne peut que prévoir la tendance.
En ce sens 2050 est prévu actuellement de la même façon que 2100 ou 2150.
Vouloir prévoir avec plus de précision c'est, d'une certaine façon, rencontrer le même pb que la prévi météo à plus de 7-9 jours.
On a beau augmenter la puissance de calcul on n'arrive guère à franchir le "mur du chaos".

D'accord avec ça
Citation
Peut-être aussi sommes nous en mal de théories scientifiques plus élaborées.


Beaucoup moins d'accord avec cette dernière phrase ou alors on change le sens du mot théorie.
Ce n'est pas une théorie qui viendra à bout du chaos ou alors c'est ce chaos n'était pas chaotique biggrin.gif

La question est surtout celle de la quantification de processus connus et ça, ça n'est pas simple.

Encore une fois je crois que charles comme beaucoup se réfugie derrière des incertitudes. Le fait central et la seule vraie question est
y a t il un effet thermostat salvateur?

sinon le réchauffement calculé par les modèles s'ajoutera à la variabilité et aux autres forçages.
Ce qui veut dire que si la variabilité est dans le bon sens on aura un peu plus de temps, si elle est dans le mauvais sens (ou le devient) on en aura moins et le réchauffement ne sera plus de 3°C par exempel mais de 3° plus la variabilité.

Tout le reste est secondaire.
meteor
oui bon je viens de lire en diagonale le "nouveau" rapport de synthèse (le résumé pour décideurs) et je n'y vois pas grand-chose de changé par rapport au rapport antérieur.
beaucoup de bruit pour pas grand-chose, à mon sens.

petits extraits:

"Rising sea level is consistent with warming (Figure SPM.1). Global average sea level has risen since 1961 at an average rate of 1.8 [1.3 to 2.3]mm/yr and since 1993 at 3.1 [2.4 to 3.8]mm/yr, with contributions from thermal expansion, melting glaciers and ice caps, and the polar ice sheets. Whether the faster rate for 1993 to 2003 reflects decadal variation or an increase in the longer-term trend is unclear. {1.1}"


niveau de la mer: la hausse depuis 1961 à 1.8mm/an est consistante avec le réchauffement mais on ne sait pas dire si l'accélération mesurée depuis 1993 relève du long terme ou d'une variation décennale.

"Because understanding of some important effects driving sea level rise is too limited, this report does not assess the likelihood, nor provide a best estimate or an upper bound for sea level rise. Table SPM.1 shows model-based projections of global average sea level rise for 2090-2099.10 The projections do not include uncertainties in climate-carbon cycle feedbacks nor the full effects of changes in ice sheet flow, therefore the upper values of the ranges are not to be considered upper bounds for sea level rise. They include a contribution from increased Greenland and Antarctic ice flow at the rates observed for 1993-2003, but this could increase or decrease in the future.11 {3.2.1}"

le GIEC accepte de ne plus mettre de limite haute à l'augmentation du niveau de la mer mais ne prend pas position sur le futur.
Selon lui la contribution du Groenland et de l'Antarctique pourrait augmenter ou décroître.

"Anthropogenic warming could lead to some impacts that are abrupt or irreversible, depending upon the rate and magnitude of the climate change. {3.4}

Partial loss of ice sheets on polar land could imply metres of sea level rise, major changes in coastlines and inundation of low-lying areas, with greatest effects in river deltas and low-lying islands. Such changes are projected to occur over millennial time scales, but more rapid sea level rise on century time scales cannot be excluded. {3.4}"


ceci constitue (enfin je n'ai rien vu d'autre) les impacts abrupts ou soudains à savoir le fait que le niveau de la mer pourrait monter de plusieurs m au cours d'échelles de temps de l'ordre du siècle plutôt que de l'ordre du millénaire.
Rien de très nouveau à ce sujet donc mis à part que l'on indique qu'une hausse plus rapide ne peut être exclue mais avec ce petit bémol difficile de prendre position définitivement (pour un décideur, s'entend)

"Climate change is likely to lead to some irreversible impacts. There is medium confidence that approximately 20-30% of species assessed so far are likely to be at increased risk of extinction if increases in global average warming exceed 1.5-2.5oC (relative to 1980-1999). As global average temperature increase exceeds about 3.5oC, model projections suggest significant extinctions (40-70% of species assessed) around the globe. {3.4}"

l'irréversibilité concerne principalement la disparition d'espèces vivantes.

"Based on current model simulations, the meridional overturning circulation (MOC) of the Atlantic Ocean will very likely slow down during the 21st century; nevertheless temperatures over the Atlantic and Europe are projected to increase. The MOC is very unlikely to undergo a large abrupt transition during the 21stcentury. Longer-term MOC changes cannot be assessed with confidence. Impacts of large-scale and persistent changes in the MOC are likely to include changes in marine ecosystem productivity, fisheries, ocean CO2 uptake, oceanic oxygen concentrations and terrestrial vegetation. Changes in terrestrial and ocean CO2 uptake may feed back on the climate system. {3.4}"

Il est très probable que la MOC ralentisse au cours du 21 ème siècle mais il reste très improbable qu'on assiste à une grande transition soudaine au cours de ce même siècle.
Les impacts de ce ralentissement de la MOC sont à attendre du côté de la productivité des écosystèmes marins, des pêches, du puits de CO2 océanique, des concentrations en oxygène dans l'océan et de la végétation terrestre.
Les changements dans les puits pouvant constituer des rétroactions sur le système climatique.
Gallad
Citation (Just1 @ 17/11/2007 - 15:56) *
Je ne suis pas du genre à faire ce genre d'intervention, mais plusieurs de tes posts me font tout de même réagir. Je précise encore une fois que je ne suis pas un expert dans le domaine du RC. Je suis une personne lambda à qui on a fait croire au travers les médias que l'augmentation des températures est due exclusivement à l'activité humaine. La canicule de 2003, la corrélation entre CO2 et augmentation des températures sont autant d'exemples ressortis régulièrement... Et j'en passe... Comme sciences et vie qui nous pronostique une augmentation de 15°C dans 50 ans ou bien attribuer le prix nobel de la paix au GIEC...

(...)

PS : Comme le RC est admis par tout le monde, pourquoi son emballement et ses conséquences n'ont pas le même consensus ? C'est qu'il doit bien y avoir un loup.
PS 2 : Moi aussi, je vais faire une prévision d'avenir. Je prévois que les glaciers des Alpes vont malheureusement encore reculer... "Non sérieux ?" ... Tout ça aussi pour dire qu'il est plus facile de réaliser des scénarios qui vont dans le sens du RC...


Bravo, excellent message.


Citation
(message 28)

L'argumentation est irréfutable, les raccourcis vite réalisés, et donc la conclusion du reportage est sans appel : " Les scénarios du GIEC sur le RC, issus d'un compromis entre les scientifiques, sont ils sous-estimés ? La majorité des scientifiques dit que OUI"


Et pourtant, que n'a-t'on pas répêté il y a quelques mois que le GIEC bénéficiait du "soutien écrasant de la majorité des scientifiques" ?...

J'espère que les téléspectateurs vont être de plus en plus nombreux à se réveiller.
Gallad
Citation (meteor @ 18/11/2007 - 09:41) *
Au rythme actuel (+ 3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle, selon les chercheurs de cet institut.

euh, le calcul ou, en tous cas, la formulation me laissent songeur...


les +3mm/an sont corrects d'après les satellites Jason/Poseidon. Il est possible que les auteurs aient voulu dire "jusqu'à 1.40 mètre": les 3 mm/an ne sont pas uniformes; dans certaines régions ça monte plus vite et dans d'autres, ça peut même baisser. Sinon, l'erreur est grossière en effet.

Mais le véritable problème n'est pas là, il est plutôt dans le jeu "au rythme actuel", jeu auquel adore se livrer plus d'un alarmiste (banquise, etc.)
Moi aussi d'ailleurs, quand je fais du vélo en Bretagne et que je me trouve dans une côte à 5%, je me dis: "au rythme actuel, dans 100 kms je tutoie le Mont Blanc..."

Citation
Du coup, dans le résumé approuvé à Valence, les experts du Giec renoncent à donner une valeur limite à la hausse prévisible du niveau des océans (0,18 m à 0,59 m à la fin du siècle par rapport à la période 1990 selon le projet de résumé initial).


...et pourtant cette fourchette était envisageable, au moins dans le jeu du "au rythme actuel". Seulement quand il s'agit de dramatiser, ça n'est pas suffisant. Dans un premier temps, le GIEC n'a pas su trouver un chiffre politiquement acceptable. Heureusement, il reprend ses esprits...
charles.muller
Citation (sirius @ 18/11/2007 - 10:58) *
(...)
Encore une fois je crois que charles comme beaucoup se réfugie derrière des incertitudes. Le fait central et la seule vraie question est
y a t il un effet thermostat salvateur?
(...)


En fait, tout le monde "se réfugie" d'un côté ou de l'autre des incertitudes - soit en disant que l'on en sait bien assez pour statuer sur la gravité de la situation, soit en disant le contraire.

La seule chose qui ne fait (presque) pas débat, ce sont les observations. Et elles ne sont pas alarmantes : à plus de 80% d'un doublement en équivalent CO2, on a gagné 0,7-0,9 °C en moyenne et en réponse transitoire. Cela pour 1850-2006, avec une activité solaire dont les spécialistes conviennent qu'elle a été plus forte au XXe siècle (y compris sa seconde moitié) que dans les siècles précédents. C'est finalement peu et le seul facteur permettant d'obtenir une sensibilité transitoire élevée, ce serait les aérosols autre que la suie. Or, tout le monde reconnaît à commencer par le rapport GIEC qu'il s'agit d'un domaine où l'on est en faible niveau de compréhension. Difficile de ne pas être sceptique quand la condition empirique d'une sensibilité forte est aussi celle qu'on connaît le moins.

A mon sens, le réel inverse la charge de la preuve : si l'on pense que le climat moderne a une forte sensibilité au CO2 (en transitoire et à l'équilibre), il faut le "démontrer" plus efficacement qu'on ne le fait aujourd'hui. Comme je doute que l'on y parvienne, je fais finalement confiance au réel pour départager les protagonistes sur 2007-2020. Vu les moyens d'observation désormais en place à l'échelle globale, ces années vont en effet permettre de comparer bien plus précisément la pente des T surface, T tropo et T océaniques avec l'ensemble des forçages susceptibles de l'expliquer. On verra donc si la pente assez forte 1977-2006 se poursuit, s'infléchit ou change de signe. Dans le premier cas, cela devrait faire taire les sceptiques. Dans le second, cela plaidera pour une sensibilité moyenne à élevée selon la pente, il y aura encore des débats. Dans le troisième, cela donnera raison aux sceptiques. Non ?

PS : je reviens dès la semaine prochaine sur le "thermostat" analysé plus en détail.
charles.muller
Citation (meteor @ 18/11/2007 - 11:33) *
(...)
l'exemple qui me "travaille" actuellement est celui de la relative stabilisation des températures globales depuis environ 5 ans avec un net refroidissement de l'océan.
Je n'ai toujours pas eu de réponses satisfaisantes à ce sujet.
Il y a bien un phénomène à l'origine de cette stabilisation.
Il peut être anecdotique (sans doute étant donné le peu d'intérêt qu'il suscite) ou plus révélateur d'un phénomène plus important pouvant influer sur le long terme.
Alors je conçois qu'on puisse ne pas s'intéresser à l'anecdote mais il se trouve que moi, ça m'intéresse. wink.gif


Cela m'intéresse aussi tu t'en doutes biggrin.gif

Il me semble que cette stabilisation comme le "bruit" auquel tu fais allusion plus haut renvoie à la variabilité intrinsèque du climat. Celle-ci s'inscrit dans des cycles (ENSO, AO, etc.) dont on a montré une quasi-périodicité, qui agissent apparemment comme des attracteurs de Lorenz, que l'on peut décrire de manière synoptique, que l'on a corrélés à des tas de choses (dont le soleil bien sûr, champion toute catégorie de la corrélation biggrin.gif), dont on observe les téléconnexions... mais dont on ne connaît finalement pas vraiment le mécanisme (à savoir les questions de base : pourquoi cette périodicité et quelle amplitude pour ces oscillations hors forçage ?). Les candidats favoris sont les océans et le soleil, mais à ma connaissance, on n'a pas en effet de "théorie unifiée" de la variabilité décennale ou pluridécennale.

PS : j'ignore même si l'on peut estimer aujourd'hui la part de cette variabilité dans la tendance des Ts. Par exemple, peut-on répondre à la question : quelle est la part (en fourchette) des ENSO dans le ∆T 1960-80 (Enso plutôt faibles) par rapport à 1980-2000 (ENSO plutôt forts) ? A moins que cela ne joue pas du tout et que ce soit un "jeu à somme nulle", je l'ignore en fait.
meteor
Citation (charles.muller @ 18/11/2007 - 15:21) *
Il me semble que cette stabilisation comme le "bruit" auquel tu fais allusion plus haut renvoie à la variabilité intrinsèque du climat. Celle-ci s'inscrit dans des cycles (ENSO, AO, etc.) dont on a montré une quasi-périodicité, qui agissent apparemment comme des attracteurs de Lorenz, que l'on peut décrire de manière synoptique, que l'on a corrélés à des tas de choses (dont le soleil bien sûr, champion toute catégorie de la corrélation biggrin.gif), dont on observe les téléconnexions... mais dont on ne connaît finalement pas vraiment le mécanisme (à savoir les questions de base : pourquoi cette périodicité et quelle amplitude pour ces oscillations hors forçage ?). Les candidats favoris sont les océans et le soleil, mais à ma connaissance, on n'a pas en effet de "théorie unifiée" de la variabilité décennale ou pluridécennale.


ouille!
c'est compliqué çà!

enfin, ça force à cogiter.
williams
Citation (charles.muller @ 18/11/2007 - 15:21) *
Cela m'intéresse aussi tu t'en doutes biggrin.gif

Il me semble que cette stabilisation comme le "bruit" auquel tu fais allusion plus haut renvoie à la variabilité intrinsèque du climat. Celle-ci s'inscrit dans des cycles (ENSO, AO, etc.) dont on a montré une quasi-périodicité, qui agissent apparemment comme des attracteurs de Lorenz, que l'on peut décrire de manière synoptique, que l'on a corrélés à des tas de choses (dont le soleil bien sûr, champion toute catégorie de la corrélation biggrin.gif), dont on observe les téléconnexions... mais dont on ne connaît finalement pas vraiment le mécanisme (à savoir les questions de base : pourquoi cette périodicité et quelle amplitude pour ces oscillations hors forçage ?). Les candidats favoris sont les océans et le soleil, mais à ma connaissance, on n'a pas en effet de "théorie unifiée" de la variabilité décennale ou pluridécennale.

PS : j'ignore même si l'on peut estimer aujourd'hui la part de cette variabilité dans la tendance des Ts. Par exemple, peut-on répondre à la question : quelle est la part (en fourchette) des ENSO dans le ∆T 1960-80 (Enso plutôt faibles) par rapport à 1980-2000 (ENSO plutôt forts) ? A moins que cela ne joue pas du tout et que ce soit un "jeu à somme nulle", je l'ignore en fait.


Je penses que oui on peut estimer aujourd'hui la part de cette variabilité comme le montre ce dont j'avais dis :

Concernant l'evolution du climat voici un bilan suivant l'evolution des principaux phenomenes climatique :

L'AMO (L'Oscillation Multidécennale de l'Atlantique) a beaucoup d'effets sur le climat de l'Hémiphère nord. Il a était montré qu'il est responsable d'environ 15% du réchauffement de 1°C sur la France au cours de ces 10-15 dernières années ! Ce qui dû à l'échanges d'energie entre l'océan et l'atmosphère. L'AMO a aussi des lien sur l'evolution du nombre des cyclones dans l Atlantique Nord.

Le PDO doit en avoir aussi bp d'effet sur l'evolution du climat comme l'AMO.

Si on compare l'evolution de ces 2 phenomenes climatique et du Soleil avec le l'evolution des temperatures on voit bp de liens :

EVOLUTION DE ( phase fraiche et chaude) :

- PDO -> phase fraiche de 1900-1930, phase chaude de 1930-1948, phase fraiche de 1948-1980, phase chaude 1980 a...

- AMO --> phase fraiche de 1900-1930, phase chaude de 1930-1960, phase fraiche de 1960-1995, phase chaude 1995 a...

- Soleil-> activité moyenne de 1900-1930, activité importante de 1930-1990, activité qui devient moyenne depuis 2000

Pour mieux voir aussi par rapport a l'evolution de la temperature comparez suivant que les phases qui sont montantes ou descendantes comme certaine evoluent l'opposé parfois :

- PDO -> phase descendante de 1900 à 1920, phase montante 1920 à 1942, phase descendante de 1942 à 1956, phase montante 1956 a 1990, phase entre stable et descende depuis 1990

- AMO --> phase montante 1856 à 1876, phase descendante de 1876 à 1913, phase montante 1913 à 1945, phase descendante de 1945 à 1975, phase montante 1975 a aujourd'hui

- Soleil-> activité montante de 1815 à 1837, activité descendante de 1837 à 1880, activité stable de 1880 à 1910, activité montante de 1910 à 1957, activité descendante depuis 1957

- Temperature -> en baisse de 1880 à 1905, en hausse de 1905 à 1945, legerement en baisse de 1945 à 1977, en forte hausse de 1977-2002 et voir moins rapidement en hausse de 2002 a maintenant

Si vous comparez ces evolutions on voit que la temperature est :

- En baisse a chaque fois a un AMO descendant, et est plus ou moins importante suivant le PDO et l'activite solaire comme celui-ci est en phase descendante ou entre les 2 lors de ces periodes.

- En augmentation a chaque fois que l'AMO est montant, et elle est plus ou moins importante suivant le PDO et le Soleil car la temperature augment le plus vite de 1977 a 2002 soit quand l'AMO et le PDO sont tout les 2 en phase montante et quand le soleil a un activite assez eleve encore.

Ce qui montre le lien des 3 facteurs naturels (AMO, PDO et le Soleil) sur le climat au cours de ces 100 voir plus dernieres annees.

Pour le futur on peut donc voir :

- Activite solaire en baisse depuis environ le dernier cycle solaire en 2000 avec un minimum prevu vers 2020-2030 du a la violation du G.O. en 2020 ;

- AMO ainsi que le Oscillation Nord Atlantique et surment l'AO qui suit la Oscillation Nord Atlantique ont des phases de 20 a 30 ans donc ils seront descendant d'environ de 2005 a 2025 ou 2035 vu la derniere periode de phase montante ;

- PDO a des phases de 20 a 30 ans et comme depuis environs ces phases sont entre stable et descendant depuis 1990 sont minimum sera aussi vers 2010-2020 ;

Tout ceci nous montre bien que les temperatures du climat Europeen voir mondial devrait dimininues si on prend en compte QUE l'effet de la nature au cour de ces 20 a 30 prochaines annees car pour que les temperatures evoluent dans le meme sens que ces 3 phenomenes naturels cela ne peut pas etre un effets de coeincidence surtout pendant plus de 100 ans. Biensur il faut voir l'effets de l'homme qui a du amplie le rechauffement ces dernieres annees.

Williams
charles.muller
Citation (williams @ 18/11/2007 - 16:23) *
Je penses que oui on peut estimer aujourd'hui la part de cette variabilité comme le montre ce dont j'avais dis :
(...)


Merci du rappel. Plusieurs points cependant.

Que les oscillations aient un effet local, je n'en doute pas (comme l'AMO et les 15% en Europe occidentale). J'ignore en revanche :

- si elles ont vraiment un effet global (par exemple, si une oscillation positive est associée à une oscillation négative, le bilan peut être nul, c'est juste une répartition spatiale différente du même contenu de chaleur océanique et dans ce cas, la contribution de la variabilité naturelle à la hausse des T est nulle) ;

- si l'on a contraire des phases positives cohérentes et trentenaires suivies de phase négatives cohérentes et trentenaires, ce que tu sembles suggérer (dans cette hypothèse, et par exemple sur 1950-2005 où l'on attribue actuellement aux GES l'essentiel du RC, on est peut-être passé d'une phase négative 1950-1980 à une phase positive 1980-2010, mais j'aimerais alors savoir si une quantification du ∆T global attribuable aux oscillations (-) > (+) est possible dans un modèle) ;

- si l'ensemble des oscillations habituellement citées sont associées, c'est-à-dire qu'elles co-varient de manière cohérente, quel est au juste le facteur de covariance, c'est-à-dire quel mécanisme physique précis de la circulation O-A est à l'origine de l'ensemble des oscillations ?

Ainsi, les corrélations que tu avances avec l'activité solaire ne donnent pas de mécanisme : pourquoi et surtout comment le soleil aurait-il une influence cyclique sut telle ou telle oscillation ? C'est peut-être lié aux échanges stratosphère-troposphère, qui sont pas mal étudiés depuis quelques temps et où le soleil est plus influent (à cause des variations UV fortes entre les cycles), mais je ne vois pas trop comment cela modifierait les échanges de chaleur à la surface entre océan et atmosphère (par le régime des vents et des courants ?). Il y a aussi l'effet du soleil sur le contenu de chaleur océanique, qui varie peut-être spatialement selon les cycles. Quoiqu'il en soit, je ne connais pas de théorie au sens fort de la variabilité, c'est-à