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Version complète : Océans : Variabilité annuele / décénnale
Les Forums d'Infoclimat - Météo en temps réel > Climatologie > Evolution du climat
jbaf
Pour ce qui est de la resistance des océans au réchauffement, elle est simplement dut a leur grandes inertie de reaction a l'environnement.Par contre, quand elle se mettra à se réchauffer,si on arretait d'emettre du GES, l'océan continuerait à se réchauffer pendant des siècles, donc rien de surprenant. C'est juste les modèles qui ont surévaluée la vitesse de réchauffement
Pour la dissymétrie, elle est ,comme tu le dis, la consequence de la différence du pourcentage continent/océan entre les deux hémisphères.
Sinon RC ne signifie pas augmentation sans frein,il y a toujours des phénomène cyclique ou acidentels qui entre en jeu.
Donc on ne peut pas parler comme tu le dis de reprise du réchauffement mais plutôt de variation dans un contexte de hausse des temperature global.
En clair,notre RC est normal dry.gif , on est pas entrain d'assister a un possible retournement (même si se serait sympa tongue.gif )
Gallad
Citation (jbaf @ 24/11/2007 - 15:43) *
Pour ce qui est de la resistance des océans au réchauffement, elle est simplement dut a leur grandes inertie de reaction a l'environnement.Par contre, quand elle se mettra à se réchauffer,si on arretait d'emettre du GES, l'océan continuerait à se réchauffer pendant des siècles, donc rien de surprenant. C'est juste les modèles qui ont surévaluée la vitesse de réchauffement


Soyons clairs: quand tu coupes le gaz sous une casserole d'eau chaude, c'est n'est pas l'inertie de l'eau qui continue à faire monter la température. L'inertie de l'eau, c'est-à-dire sa capacité calorifique importante, produit seulement un refroidissement relativement lent.

"l'océan continuerait à se réchauffer pendant des siècles"...Ca reste à démontrer.

Pour monter en température quelque soit le rythme et les inerties, il faudrait qu'il y ait des forçages positifs. Or le niveau global des gaz à effet de serre n'a visiblement pas cessé de monter:



http://www.esrl.noaa.gov/gmd/aggi/
GD
Citation (Gallad @ 25/11/2007 - 12:43) *
Soyons clairs: quand tu coupes le gaz sous une casserole d'eau chaude, c'est n'est pas l'inertie de l'eau qui continue à faire monter la température. L'inertie de l'eau, c'est-à-dire sa capacité calorifique importante, produit seulement un refroidissement relativement lent.

"l'océan continuerait à se réchauffer pendant des siècles"...Ca reste à démontrer.

pas besoin de démontrer , tu as raison, pas d'inertie, pour accumuler, il faut un forcage point.
sirius
Citation (Tomar @ 24/11/2007 - 13:38) *
Hello,

Il y a qqs semaines, on avait évoqué l'effet des aérosols (recrudescence possible / croissance chinoise), qui pourrait impacter d'avantage les océans et l'hémisphère sud que par le passé.
.

A ce propos, si je me souviens bien , tu évoquais l'influence des aérosols dans l'hémisphère sud.

Ci dessous, l'épaisseur optique mesurée (0,55 µm) par MODIS sur Terra. pour mai 2006
Clairement; l'HS est encore très clean.



Pour les données climatologiques issues de MODIS
http://modis-atmos.gsfc.nasa.gov/IMAGES/mod08m_menu.html
TreizeVents
Citation (GD @ 25/11/2007 - 14:40) *
pas besoin de démontrer , tu as raison, pas d'inertie, pour accumuler, il faut un forcage point.


Je pense que l'exemple de la casserole de Gallad est certes juste, mais il ne correspond pas à l'idée qui était exprimée. Je vais prendre cette casserole d'eau et la coller dans mon four que je fais chauffer à 300°. Imaginons que lorsque j'arrête le four, la température de l'air à l'intérieur de celui-ci est de 300°, tandis que l'eau de la casserole n'est encore qu'à 240°. Même si j'ai arrêté le four, la température de l'eau va continuer de monter (pendant une durée certes limitée), même si le forçage principal, ici le four, n'est plus la.
GD
Citation (TreizeVents @ 25/11/2007 - 16:56) *
Je pense que l'exemple de la casserole de Gallad est certes juste, mais il ne correspond pas à l'idée qui était exprimée. Je vais prendre cette casserole d'eau et la coller dans mon four que je fais chauffer à 300°. Imaginons que lorsque j'arrête le four, la température de l'air à l'intérieur de celui-ci est de 300°, tandis que l'eau de la casserole n'est encore qu'à 240°. Même si j'ai arrêté le four, la température de l'eau va continuer de monter (pendant une durée certes limitée), même si le forçage principal, ici le four, n'est plus la.


alors de combien va t'elle monter?
Quelle sera la température d'équilibre?
Comment compares-tu les "capacités" d'accumulation entre les deux fluides au repos ne compliquons pas les choses en faisant bouger un des deux fluides...
De plus, je ne discréditais pas la version de gallad mais celle de jbaf...
sirius
Citation (GD @ 25/11/2007 - 17:48) *
alors de combien va t'elle monter?
Quelle sera la température d'équilibre?
Comment compares-tu les "capacités" d'accumulation entre les deux fluides au repos ne compliquons pas les choses en faisant bouger un des deux fluides...
De plus, je ne discréditais pas la version de gallad mais celle de jbaf...


Ce que dit jbaf est plutôt à inverser:
en fait, si l'océan s'est réchauffé. Une fois les émissions de GES stoppées , l'océan continuera de fournir de la chaleur à l'atmosphère jusqu'à pseudo-équilibre.
Damien49
Ca marche dans les deux sens avec l'océan. Je vois pas ce qui pose problème là-dedans. Tout le monde a raison.
meteor
en fait je pense que le raisonnement de jbaf est très juste sauf peut-être en ce qui concerne la durée.

lorsque jbaf dit que lorsqu'on cesse d'émettre des GES les océans continuent à se réchauffer, il a raison.

En effet arrêter d'émettre des GES ne veut pas dire qu'il n'y a plus de GES dans l'atmosphère.

Si on met instantanément 3 W/m2 de forçage, le système climatique réagit en fonction de sa capacité calo jusqu'à l'équilibre thermique.

le forçage TOA est donc à t =0 égal à 3W/m2, puis il décroit en fonction du réchauffage du système.
charles.muller
Citation (sirius @ 25/11/2007 - 18:00) *
Ce que dit jbaf est plutôt à inverser:
en fait, si l'océan s'est réchauffé. Une fois les émissions de GES stoppées , l'océan continuera de fournir de la chaleur à l'atmosphère jusqu'à pseudo-équilibre.


Cette histoire d'océan, cela me turlupine toujours un peu. Suite au forçage, on a un certain contenu de chaleur suppl. par rapport à la normale. Aujourd'hui, est-ce que l'on sait grosso modo quelle part va s'échanger avec l'atmosphère et quelle part va se diffuser vers le fond ? Soit une quantité 100, un arrêt du forçage à t0, un pas de temps à 10 ans : à t1, t2... t10, que devient au juste le 100 de chaleur océanique ?
meteor
Citation (charles.muller @ 25/11/2007 - 18:44) *
Cette histoire d'océan, cela me turlupine toujours un peu. Suite au forçage, on a un certain contenu de chaleur suppl. par rapport à la normale. Aujourd'hui, est-ce que l'on sait grosso modo quelle part va s'échanger avec l'atmosphère et quelle part va se diffuser vers le fond ? Soit une quantité 100, un arrêt du forçage à t0, un pas de temps à 10 ans : à t1, t2... t10, que devient au juste le 100 de chaleur océanique ?


bon on peut pas arrêter un forçage comme ça mais admettons.

Si on fait forçage = 0 et bien il ne se passe rien de rien.

l'océan est certes plus chaud qu'auparavant mais c'est tout.

Par contre si on fait un forçage négatif l'océan cède sa chaleur dans l'espace en fonction de sa capacité calo et des échanges et l'atmosphère en profite.

Ca se passe en permanence d'ailleurs à l'échelle plus locale.
GD
Citation (meteor @ 25/11/2007 - 19:00) *
bon on peut pas arrêter un forçage comme ça mais admettons.

Si on fait forçage = 0 et bien il ne se passe rien de rien.

l'océan est certes plus chaud qu'auparavant mais c'est tout.

Par contre si on fait un forçage négatif l'océan cède sa chaleur dans l'espace en fonction de sa capacité calo et des échanges et l'atmosphère en profite.

Ca se passe en permanence d'ailleurs à l'échelle plus locale.

oui

par contre il me semble que je vais essayer de revenir poster de temps en temps...Enfin je ne promets rien mais peut être apporter un peu de temps en temps plutôt que couper comme je l'ai fait pour des raisons évidentes de lassitude wink.gif
Enfin un message comme cela en passant juste un peu perso...
Pierre-Ernest
Citation (TreizeVents @ 25/11/2007 - 16:56) *
Je pense que l'exemple de la casserole de Gallad est certes juste, mais il ne correspond pas à l'idée qui était exprimée. Je vais prendre cette casserole d'eau et la coller dans mon four que je fais chauffer à 300°. Imaginons que lorsque j'arrête le four, la température de l'air à l'intérieur de celui-ci est de 300°, tandis que l'eau de la casserole n'est encore qu'à 240°. Même si j'ai arrêté le four, la température de l'eau va continuer de monter (pendant une durée certes limitée), même si le forçage principal, ici le four, n'est plus la.


Le fait de supprimer les émissions de GES ne supprime pas le forçage, mais ne fait que l'empêcher de monter. (Il faudrait aussi supprimer les GES de l'atmosphère pour supprimer le forçage).
Il n'est pas non plus exact de dire que l'océan a accumulé des quantités de chaleur énormes qui vont se traduire par un réchauffement pendant plusieurs siècles.
L'océan n'a rien accumulé du tout, mais la température de la couche supérieure s'établit à un niveau qui correspond au forçage actuel (et tenant compte des GES existants). Comme cette couche est remplacée en permanence par de l'eau plus froide du fait de la circulation thermohaline, l'océan continue donc à se réchauffer, et l'équilibre ne sera atteint que lorsque l'équilibre thermique du système sera atteint. L'océan ne possède donc qu'un potentiel de réchauffement, c'est à dire qu'il n'est pas à l'équilibre.
Parallèlement, cependant, si on stoppe les émissions de GES, ceux-ci disparaissent petit à petit de l'atmosphère en réduisant cette fois le forçage lui-même.

Cependant, le fait que l'océan ne se réchauffe plus depuis bientôt 9 ans :


Source : University of Alabama at Huntsville - Logiciel SPLINE - VOSTOK


pourrait laisser penser que l'équilibre n'est pas si loin que ça, et peut-être même déjà atteint...
Il est à rapprocher de l'évolution du taux de méthane atmosphérique. Les 2 phénomènes sont peut-être dûs à une cause commune qui pourrait être une forte rétroaction négative inconnue aujourd'hui. (Rétroaction, car le CO2, lui n'est jamais monté aussi vite...)

Si la courbe de l'évolution des SST présentait une quelconque pente positive, on verrait certainement paraître toute une série d'articles pour la justifier. Sa tendance horizontale, alors qu'elle présente un intérêt scientifique évident, parce qu'elle est inédite, parait être à peu près ignoré par la "communauté scientifique".
Dans le même ordre d'idées, les communications récentes du Hadley Centre ("vous allez voir dans 2 ou 3 ans !") ou de Madame Le Queré ("attention, je distingue une faiblesse dans la capacité d'absorption de l'océan") apparaissent plus comme des subterfuges destinés à conserver le suspense à tout prix, que comme de véritables nouvelles...

Citation (TreizeVents @ 25/11/2007 - 16:56) *
Je pense que l'exemple de la casserole de Gallad est certes juste, mais il ne correspond pas à l'idée qui était exprimée. Je vais prendre cette casserole d'eau et la coller dans mon four que je fais chauffer à 300°. Imaginons que lorsque j'arrête le four, la température de l'air à l'intérieur de celui-ci est de 300°, tandis que l'eau de la casserole n'est encore qu'à 240°. Même si j'ai arrêté le four, la température de l'eau va continuer de monter (pendant une durée certes limitée), même si le forçage principal, ici le four, n'est plus la.


Sauf que de l'eau dans une casserole à 240° suppose une pression atmosphérique de 40 bars, et à 300° de 85 bars. On est presque sur Vénus... wink.gif
jbaf
Merci à ceux qui défendent mon point de vue avec des données(mes argument sont je sais très mauvais)
Mais je crois que le Giec a dit que même en arretant d'emettre du Ges, la Terre continuerai a se réchauffer, c'est a partir de la que j'ai construit mon raisonnement.
Mais sinon, ce n'est peut-être pas de l'inertie mais un effet d'enballement, et d'entraînement.
GD
Citation (jbaf @ 25/11/2007 - 20:07) *
Merci à ceux qui défendent mon point de vue avec des données(mes argument sont je sais très mauvais)
Mais je crois que le Giec a dit que même en arretant d'emettre du Ges, la Terre continuerai a se réchauffer, c'est a partir de la que j'ai construit mon raisonnement.
Mais sinon, ce n'est peut-être pas de l'inertie mais un effet d'enballement, et d'entraînement.

Ce serait plus correct en effet de ne pas parler d'effet d'inertie dans ce cas.
charles.muller
Citation (Pierre-Ernest @ 25/11/2007 - 19:56) *
Le fait de supprimer les émissions de GES ne supprime pas le forçage, mais ne fait que l'empêcher de monter. (Il faudrait aussi supprimer les GES de l'atmosphère pour supprimer le forçage).
Il n'est pas non plus exact de dire que l'océan a accumulé des quantités de chaleur énormes qui vont se traduire par un réchauffement pendant plusieurs siècles.
L'océan n'a rien accumulé du tout, mais la température de la couche supérieure s'établit à un niveau qui correspond au forçage actuel (et tenant compte des GES existants). Comme cette couche est remplacée en permanence par de l'eau plus froide du fait de la circulation thermohaline, l'océan continue donc à se réchauffer, et l'équilibre ne sera atteint que lorsque l'équilibre thermique du système sera atteint. L'océan ne possède donc qu'un potentiel de réchauffement, c'est à dire qu'il n'est pas à l'équilibre.
Parallèlement, cependant, si on stoppe les émissions de GES, ceux-ci disparaissent petit à petit de l'atmosphère en réduisant cette fois le forçage lui-même.
(...)


Oui mais cela change quoi pour la surface ? Quand on dit "le réchauffement va continuer pendant des décennies voire des siècles même si l'on arrête les émissions de GES" - ce qui est courant comme jbaf le rappelle -, on ne parle généralement pas du réchauffement des fonds océanique par la circulation thermohaline, on sous-entend que la surface va se réchauffer en raison du contenu de chaleur accumulé dans les océans. C'est cela que je ne comprends tjrs pas très bien malgré les explications ici. Si je suis Meteor, l'idée est que l'océan va rayonner plus que la surface s'il y a refroidissement, parce qu'il se refroidira lui-même moins vite. Ce que je conçois, mais cela ne signifie pas que le réchauffement continuerait (plutôt que le refroidissement serait atténué, non ?)
the fritz
Citation (charles.muller @ 25/11/2007 - 20:48) *
Oui mais cela change quoi pour la surface ? Quand on dit "le réchauffement va continuer pendant des décennies voire des siècles même si l'on arrête les émissions de GES" - ce qui est courant comme jbaf le rappelle -, on ne parle généralement pas du réchauffement des fonds océanique par la circulation thermohaline, on sous-entend que la surface va se réchauffer en raison du contenu de chaleur accumulé dans les océans. C'est cela que je ne comprends tjrs pas très bien malgré les explications ici. Si je suis Meteor, l'idée est que l'océan va rayonner plus que la surface s'il y a refroidissement, parce qu'il se refroidira lui-même moins vite. Ce que je conçois, mais cela ne signifie pas que le réchauffement continuerait (plutôt que le refroidissement serait atténué, non ?)

C'est bien PE :Sauf que de l'eau dans une casserole à 240° suppose une pression atmosphérique de 40 bars, et à 300° de 85 bars. On est presque sur VénusIl y a des choses comme cela qui passe au travers , ou alors les gens ne lisent pas
C'est comme:on ne parle généralement pas du réchauffement des fonds océanique par la circulation thermohaline,
Il me semble que les fonds océaniques se refroidissent via la THC et pas l'inverse; jusqu'à nouvel ordre ce sont des eaux plus froides que celles du fond qui plongent avant de se réchauffer via le flux géothermique.
Mais l'image du GIEC qui est en cause et que je n'arrive pas à importer comprend plus d'un mystère
*le temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère se compterait par milliers d'années
*on est tous d'accord pour dire que si la température de l'océan augmente c'est à cause de l'atmosphère et de son effet de serre grandissant; alors comment expliquer que la température de surface continue à grimper, et l'océan de se dilater lorsque le taux de CO2 sera stabilisé et donc son forçage également; et si l'on admet que l'océan chauffe l'atmosphère après la stabilisation , il se refroidirait et ne se dilaterait donc plus
* et quel forçage perdurerait pendant des millénaires pour faire fondre les calottes?
meteor
Citation (charles.muller @ 25/11/2007 - 20:48) *
Oui mais cela change quoi pour la surface ? Quand on dit "le réchauffement va continuer pendant des décennies voire des siècles même si l'on arrête les émissions de GES" - ce qui est courant comme jbaf le rappelle -, on ne parle généralement pas du réchauffement des fonds océanique par la circulation thermohaline, on sous-entend que la surface va se réchauffer en raison du contenu de chaleur accumulé dans les océans. C'est cela que je ne comprends tjrs pas très bien malgré les explications ici. Si je suis Meteor, l'idée est que l'océan va rayonner plus que la surface s'il y a refroidissement, parce qu'il se refroidira lui-même moins vite. Ce que je conçois, mais cela ne signifie pas que le réchauffement continuerait (plutôt que le refroidissement serait atténué, non ?)


Attention si on arrête le forçage, par un moyen inconnu, le réchauffement s'arrête de suite.

Si on dit actuellement que même en arrêtant les émissions le réchauffement continuerait, c'est parce qu'on suppose que l'équilibre n'est pas atteint.

Les GES en excès étant toujours là.

Ceci dit pendant des siècles, bien sûr non.

Pendant quelques dizaines d'années tout au plus.

Concernant le réchauffement de l'océan qui s'est arrêté depuis 9 ans dixit PE, c'est un fait.

C'est d'ailleurs un point sur lequel j'insiste régulièrement, sauf que je situe le point d'inflexion non pas en 1998, année El Nino qui fausse le "jeu", mais en 2003.

J'avoue que je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais je pense vraisemblable un changement de circulation océanique nous ramenant des eaux froides profondes en surface.
Pierre-Ernest
Citation (charles.muller @ 25/11/2007 - 20:48) *
Oui mais cela change quoi pour la surface ? Quand on dit "le réchauffement va continuer pendant des décennies voire des siècles même si l'on arrête les émissions de GES" - ce qui est courant comme jbaf le rappelle -, on ne parle généralement pas du réchauffement des fonds océanique par la circulation thermohaline, on sous-entend que la surface va se réchauffer en raison du contenu de chaleur accumulé dans les océans. C'est cela que je ne comprends tjrs pas très bien malgré les explications ici. Si je suis Meteor, l'idée est que l'océan va rayonner plus que la surface s'il y a refroidissement, parce qu'il se refroidira lui-même moins vite. Ce que je conçois, mais cela ne signifie pas que le réchauffement continuerait (plutôt que le refroidissement serait atténué, non ?)


Je répète qu'il n'y a pas de chaleur accumulée dans les océans. C'est une image simpliste qui a eu, un temps, une certaine popularité, mais qui est fausse.
Ce qui est exact, c'est que les forçages produisent un réchauffement de la couche superficielle de l'océan qui l'amène jusqu'à une température où la perte d'énergie par rayonnement, chaleur latente d'évaporation et chaleur sensible (par convection/conduction, mais très peu, la stratification des couches supérieures reste très importante), cette perte d'énergie, donc, est égale au gain d'énergie reçue par rayonnement depuis le soleil ou l'atmosphère ou par convection depuis l'atmosphère (vents).
L'équilibre est atteint très rapidement pour le rayonnement (pratiquement instantané) ou la convection liquide ou atmosphérique (vents, circuit court).
Par contre, les mouvements d'advection de la masse liquide (circulation thermohaline) se font suivant un circuit extrèmement long.
Ce phénomène conduit à l'établissement d'un déséquilibre énergétique :la mer est en déficit de chaleur et non pas en excès. Ce déficit constitue un potentiel de réchauffement (une quantité de chaleur à acquérir) avant d'atteindre l'équilibre.

Citation (meteor @ 25/11/2007 - 23:02) *
J'avoue que je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais je pense vraisemblable un changement de circulation océanique nous ramenant des eaux froides profondes en surface.

L'hypothèse "marine" est d'autant plus intéressante que le réchauffement terrestre, lui, a tendance à se poursuivre, même si son rythme s'est nettement réduit par rapport aux 10 années précédentes :


Origine : University of Alabama at Huntsville
Pierre-Ernest
Pour continuer sur l'hypothèse de Meteor, je pense qu'on peut considérer qu'une augmentation moyenne de la température de surface de l'océan (par exemple de l'Atlantique) a pour effet d'augmenter la vitesse de la circulation thermohaline.

En effet, la plongée des couches supérieures vers les grands fonds dans les zones circumpolaires est due à la différence de densité entre l'eau de mer présente et l'eau de mer arrivante.
Cette différence dépend elle-même de 2 facteurs contradictoires :

- l'augmentation de la salinité due à l'évaporation en surface pendant son "voyage" depuis les tropiques. Elle est d'autant plus importante que la température de surface est plus élevée, et elle augmente la densité de l'eau de mer.

- l'augmentation de la température elle-même qui a pour effet contraire de diminuer la densité.

A ces 2 phénomènes contradictoires s'en ajoute un troisième qui est la fonte des glaces polaires, elle-même accélérée par l'augmentation de la température, et qui provoque une dilution de l'eau locale, et donc une diminution de sa densité. Il s'en suit que la différence de densité avec l'eau "arrivante" est augmentée, ce qui amplifie le phénomène de plongée (1).

Si on applique les équations d'états de l'eau de mer (Feistel 2004) à quelques cas simples, on arrive aux chiffres suivants :

Une augmentation de 35 à 36 g/l de la salinité d'une eau de mer à 5°C à la pression atmosphérique amène la masse volumique de 1027,6756 kg / m3 à la valeur de 1028,4684 kg / m3. (0,0771 %) (2)

Un abaissement de la température de 5°C de la même eau de mer amène sa masse volumique à 1028,1071 kg / m3.(0,042 %)

Un calcul par itération indique que le fait de passer de 35,000 à 35,545 g/l en salinité a le même effet sur la masse volumique que le fait d'abaisser la température de 5°C.

Il semble donc que l'influence relative d'une variation de la salinité sur la masse volumique soit beaucoup plus importante que celle d'une variation de la température.
Je n'ai pas fait le calcul (compliqué) de l'évolution de la salinité en fonction de la température de surface pendant le voyage de l'eau de mer.
Il me paraît néanmoins intuitivement assez logique de penser qu'une variation de SST de 0,5 à 1 °C aura beaucoup plus d'influence sur la salinité finale (et donc sur l'augmentation de la masse volumique) du fait de l'évaporation, que n'en aura l'augmentation de température dans l'autre sens.

La "résistance au réchauffement" de la couche superficielle de l'océan pourrait donc être due, comme l'a suggéré Meteor, à une puissante rétroaction négative qui s'est mis en marche au cours de ces dernières années, due à l'augmentation de la circulation thermohaline , et qui aurait pour effet une remontée accélérée d'eau plus froide depuis les profondeurs abyssales.

A noter que cette rétroaction serait transitoire, puisque la capacité calorifique de l'océan n'est pas infinie. Elle doit cependant être très grande.

La fusion accélérée de la banquise arctique pourrait constituer un indice suggérant une accélération de la circulation thermohaline.

L'augmentation des anomalies de SST dans la région arctique au cours de ces 10 dernières années, compensée par une diminution dans les régions tropicales serait aussi un indice allant dans le même sens.



(1) Du moins dans les conditions actuelles. Mais bien sûr, si la partie nord-atlantique était brutalement envahie par de l'eau douce (événements Dansgaard-Oeschger), cette circulation serait stoppée en route.

(2) La manipulation des équation d'état de l'eau de mer se font avec beaucoup de chiffres significatifs, ce qui explique la précision des masses volumiques calculées.
meteor
Citation (Pierre-Ernest @ 25/11/2007 - 23:34) *
L'hypothèse "marine" est d'autant plus intéressante que le réchauffement terrestre, lui, a tendance à se poursuivre, même si son rythme s'est nettement réduit par rapport aux 10 années précédentes :


ben oui.

je vais pas me citer mais je ne résiste pas à remontrer ce petit graphe qui montre les évolutions très différentes, à partir de 2003, des terres de l'HN et des océans de l'HS.
source Hadley.

charles.muller
Citation (Pierre-Ernest @ 25/11/2007 - 23:34) *
(...)
Ce phénomène conduit à l'établissement d'un déséquilibre énergétique :la mer est en déficit de chaleur et non pas en excès. Ce déficit constitue un potentiel de réchauffement (une quantité de chaleur à acquérir) avant d'atteindre l'équilibre.
(...)

Merci d'avoir précisé cela, la notion de potentiel de réchauffement prête facilement à confusion.

Pour les océans, je crois me souvenir des discussions Lyman / Levitus où l'on constatait que des refroidissements de quelques années des premières couches 0-700 m s'étaient déjà produits dans le passé. Ce qui ne donne pas le mécanisme, ni son éventuelle périodicité.

A-t-on des données plus précises sur les bassins / les latitudes où le refroidissement océanique de surface est plus marqué ?
charles.muller
Cela devient complètement HS ici, mais je signale ce papier intéressant de Baines et Folland paru cette année dans le J Clim. Les auteurs mettent en évidence une rupture dans le climat global à la fin des années 1960 (à partir de nombreux indices régionaux) et la rapportent à une modification de la circulation thermohaline (peut-être due aux aérosols en HN des années 1950-70).


Journal of Climate, Volume 20, Issue 12 (June 2007), pp. 2721–2744

Evidence for a Rapid Global Climate Shift across the Late 1960s

Peter G. Baines
Department of Civil and Environmental Engineering, University of Melbourne, Melbourne, Australia, and QUEST, Department of Earth Sciences, University of Bristol, Bristol, United Kingdom

Chris K. Folland
Hadley Centre, Met Office, Exeter, United Kingdom

ABSTRACT - It is shown that a number of important characteristics of the global atmospheric circulation and climate changed in a near-monotonic fashion over the decade, or less, centered on the late 1960s. These changes were largest or commonest in tropical regions, the Southern Hemisphere, and the Atlantic sector of the Northern Hemisphere. Some, such as the decrease in rainfall in the African Sahel, are well known. Others appear to be new, but their combined extent is global and dynamical linkages between them are evident. The list of affected variables includes patterns of SST; tropical rainfall in the African Sahel and Sudan, the Amazon basin, and northeast Brazil; pressure and SST in the tropical North Atlantic and the west and central Pacific; various branches of the southern Hadley circulation and the southern subtropical jet stream; the summer North Atlantic Oscillation; south Greenland temperature; the Southern Hemisphere storm track; and, quite likely, the Antarctic sea ice boundary. These changes are often strongest in the June–August season; changes are also seen in December–February but are generally smaller. In Greenland, annual mean temperature seems to be affected strongly, reflecting similar changes in SST throughout the year in the higher latitudes of the North Atlantic. Possible causes for these coordinated changes are briefly evaluated. The most likely candidates appear to be a likely reduction in the northward oceanic heat flux associated with the North Atlantic thermohaline circulation in the 1950s to 1970s, which was nearly in phase with a rapid increase in anthropogenic aerosol emissions during the 1950s and 1960s, particularly over Europe and North America.


Lien pdf
http//:www.civenv.unimelb.edu.au/~baines/Baines&Folland_JClim2007.pdf
Pierre-Ernest
Citation (the fritz @ 25/11/2007 - 22:38) *
Il me semble que les fonds océaniques se refroidissent via la THC et pas l'inverse; jusqu'à nouvel ordre ce sont des eaux plus froides que celles du fond qui plongent avant de se réchauffer via le flux géothermique.

Ce n'est pas exact : le profil des eaux polaires (où se produit la plongée) est, en gros, le suivant :


(Attention : il s'agit d'une courbe didactique reconstruite)

La courbe jaune représente la température.

La même structure peut être représentée avec la salinité :


On voit, dans les 2 cas, une courbe blanche appelée courbe de stabilité. Cette courbe, construite en ordonnées arbitraires, représente le rapport de la densité de chacune des couches (de 10 cm d'épaisseur dans le cas présent) à la densité de la couche inférieure. Si ce rapport est supérieur à 1, la structure est stable c'est à dire que les couches sont en équilibre en ce point. mais si le rapport est inférieur à 1, la couche supérieure va traverser la couche intérieure et se placer au-dessous. La structure est dite instable. (La limite de stabilité est représentée, sur le graphique, par une fine horizontale blanche marquée "stab").
En examinant alternativement les 2 courbes, on voit qu'un certain nombre de conditions doivent être réunies pour que l'instabilité apparaisse.
Ces conditions sont précisément réunies dans le cas des régions polaires, (voir la forme des courbes).

Cette instabilité provoque la plongée des couches supérieures (qui ne sont pas forcément les plus froides, comme le montre le graphique) vers les abysses, jusqu'à ce que l'instabilité repasse au-dessus de 1.

La plongée est généralement adiabatique, c'est à dire sans pratiquement aucun échange de chaleur. Donc, une couche quelconque va se retrouver à son niveau d'équilibre à une profondeur donnée, mais toujours à sa température de départ. L'homogénéisation des couches se fait ensuite progressivement, et elle est accompagnée d'un nouveau réarrangement des couches. A l'équilibre, une zone (qui peut être relativement épaisse) des couches profondes va se retrouver à une température légèrement supérieure à sa température d'origine (quelques centièmes de °C), et cette masse d'eau va entreprendre un long voyage de retour vers les zones d'upwelling.

A noter que le phénomène de mélange s'accompagne d'une contraction globale des couches (2 couches de salinité et température différentes mais de même densité occupent ensemble un volume plus grand que le mélange homogène des 2 couches. Ce phénomène appelé "cabelling" complique encore les calculs d'équilibre.

Ces 2 courbes sont extraites d'un modèle dont j'avais parlé il y a a peu près 1 an sur ce site, et qui avait, si je me souviens bien, provoqué scepticisme et ricanements.. (j'ai oublié).

Citation (the fritz @ 25/11/2007 - 22:38) *
Mais l'image du GIEC qui est en cause et que je n'arrive pas à importer comprend plus d'un mystère
*le temps de résidence du CO2 dans l'atmosphère se compterait par milliers d'années

Le temps de résidence a fait l'objet ici de nombreuses discussions.
La définition du "temps de résidence" est normalement le temps moyen pendant lequel une molécule donnée reste dans un milieu. Mathématiquement, le temps de résidence est égal au rapport entre le nombre de molécules présentes et la vitesse à laquelle ces molécules disparaissent de ce milieu. (Son équation aux dimensions est un nombre divisé par un nombre par un temps, donc un temps).
Maintenant, si on "marque" artificiellement une partie de ces molécules (par exemple en décidant qu'on va mesurer le temps de résidence du CO2 "anthropique"), il est clair que la vitesse de disparition de ces molécules "marquées" va être beaucoup plus faible, puisque ces molécules se trouvent mélangées avec des molécules "normales" et que leur nombre, dans le flux des molécules s'échappant du milieu, est en proportion de leur concentration.
Cette définition est cependant complètement "politique", et ne peut conduire qu'à des discussions sans fin...
Gallad
Citation (Pierre-Ernest @ 26/11/2007 - 11:37) *
La plongée est généralement adiabatique, c'est à dire sans pratiquement aucun échange de chaleur. Donc, une couche quelconque va se retrouver à son niveau d'équilibre à une profondeur donnée, mais toujours à sa température de départ. L'homogénéisation des couches se fait ensuite progressivement, et elle est accompagnée d'un nouveau réarrangement des couches.


La plongée pratiquement adiabatique, c'est ce que j'ai toujours du mal à appréhender. La vitesse de la circulation thermohaline est de l'ordre du mm/s. Comment peut-on éviter les échanges de chaleur à une vitesse qui paraît quand même assez lente ?

Sinon, tes explications sont passionnantes, merci.
sirius
Citation (Pierre-Ernest @ 26/11/2007 - 11:37) *
Ce n'est pas exact : le profil des eaux polaires (où se produit la plongée) est, en gros, le suivant :


J'ai peine à imaginer que la circulation océanique s'arrête complètement et qu'il n'y ait plus du toit de remplacement des eaux profondes par des eaux de surface: les upwellings ont des causes dynamiques. Comme d'habitude, tout est bouclé .

Citation
La définition du "temps de résidence" est normalement le temps moyen pendant lequel une molécule donnée reste dans un milieu. Mathématiquement, le temps de résidence est égal au rapport entre le nombre de molécules présentes et la vitesse à laquelle ces molécules disparaissent de ce milieu. (Son équation aux dimensions est un nombre divisé par un nombre par un temps, donc un temps).
Maintenant, si on "marque" artificiellement une partie de ces molécules (par exemple en décidant qu'on va mesurer le temps de résidence du CO2 "anthropique"), il est clair que la vitesse de disparition de ces molécules "marquées" va être beaucoup plus faible, puisque ces molécules se trouvent mélangées avec des molécules "normales" et que leur nombre, dans le flux des molécules s'échappant du milieu, est en proportion de leur concentration.
Cette définition est cependant complètement "politique", et ne peut conduire qu'à des discussions sans fin...


Pour rappel, ch2 de l'AR4, p213 note de bas de page:

The CO2 response function used in this report is based on the revised version of the Bern Carbon cycle model used in Chapter 10 of this report (Bern2.5CC; Joos et
al. 2001) using a background CO2 concentration value of 378 ppm. The decay of a pulse of CO2 with time t is given by
a0+somme (i=1 à3)(ai*exp(-t/ti)
Where a0 = 0.217, a1 = 0.259, a2 = 0.338, a3 = 0.186, t1 = 172.9 years, t2 = 18.51 years, and t3 = 1.186 years.
Pierre-Ernest
Citation (sirius @ 26/11/2007 - 14:54) *
J'ai peine à imaginer que la circulation océanique s'arrête complètement et qu'il n'y ait plus du toit de remplacement des eaux profondes par des eaux de surface: les upwellings ont des causes dynamiques. Comme d'habitude, tout est bouclé .

Je n'ai pas dit ça, ou alors je me suis mal exprimé. Il est évident que la circulation thermohaline est bouclée et qu'elle n'a aucune raison de s'arrêter. (Lorsque j'ai dit "Cette instabilité provoque la plongée des couches supérieures (qui ne sont pas forcément les plus froides, comme le montre le graphique) vers les abysses, jusqu'à ce que l'instabilité repasse au-dessus de 1.", je voulais dire que si on examinait la situation depuis la surface vers le fond de la mer, (de gauche à droite sur le graphique) toute l'eau qui était en zone d'instabilité était sujette à plonger. Par contre, à partir d'une certaine profondeur, l'eau est en situation de stabilité, et il n'y a donc pas de plongée à partir de cette profondeur (Ce qui ne signifie d'ailleurs pas que les couches supérieures ne continuent pas leur descente au-delà de ce point). Le "jusqu'à ce que" était spatial, pas temporel. Est-ce plus clair ?

Citation (Gallad @ 26/11/2007 - 14:45) *
La plongée pratiquement adiabatique, c'est ce que j'ai toujours du mal à appréhender. La vitesse de la circulation thermohaline est de l'ordre du mm/s. Comment peut-on éviter les échanges de chaleur à une vitesse qui paraît quand même assez lente ?

Sinon, tes explications sont passionnantes, merci.


La vitesse du courant thermohalin est très variable selon les régions : en surface, dans l'Atlantique Nord, elle se mesure en km/h car elle intéresse seulement une faible couche. En profondeur, par contre, le circuit "retour" se fait à une vitesse de seulement quelques mm par seconde parce que la section concernée est beaucoup plus importante.
Je n'ai pas de chiffre concernant la vitesse de plongée, mais compte tenu des différences de densité en surface, elle doit être plutôt de l'ordre du mètre par minute.
jbaf
Si le RC ralentit,c'est peut-être dut a des phenomene de réequilibrage par d'autre evenement cyclique ( el nino...) ou mecanique comme des tempetes plus virulente, des pluies plus abondante ou encore la fonte des glaciers.
charles.muller
Merci à la modération pour ce reclassement plus cohérent. Et je suggère au passage que ceux qui veulent continuer la sous-sous discussion (!) sur le temps de résidence du CO2 le fassent dans un nouveau topic.

Avant de plonger avec PE dans la circulation thermohaline, je rappelle que les deux questions sous-jacentes étaient:

- la stagnation des Ts globales, observée depuis quelques années, a-t-elle une cause première océanique (sachant que les SST elles-mêmes stagnent ou baissent depuis 1998-PE ou 2003-Meteor)?

- si oui, quel est le mécanisme océanique susceptible de l'expliquer et en quoi s'inscrit-il éventuellement dans la variabilité normale/cyclique du climat?
Pierre-Ernest
Je suis en train d'essayer de verifier une de mes hypothèses de base, à savoir que l'océan absorbe ou relâche du méthane au cours de son voyage des tropiques vers le pôle nord, et celà en fonction de la température de surface absolue.
Pour vérifier çà, j'ai repéré 5 stations de mesure du méthane atmosphérique qui fonctionne depuis assez longtemps, et qui sont situées toutes les trois à peu près sur le trajet du Gulf Stream.
Ces stations sont les suivantes :
  • Key Biscayne près de la Floride (LATITUDE: 25,67°N, LONGITUDE: 80,2°W) CH4 depuis octobre 1983 jusqu'à décembre 2006.
  • Terceira Island (LATITUDE: 38,77°N, LONGITUDE: 27,37°W), CH4 depuis mai 1983 jusqu'à décembre 2006.
  • Tudor Hill (LATITUDE: 32.27°N, LONGITUDE: 64,87°W) CH4 depuis mai 1989 jusqu'à décembre 2006.
  • St David Head (LATITUDE: 32,37°N, LONGITUDE: 64,65°W), CH4 depuis février 1989 jusqu'à décembre 2006.
  • Heimaey, Islande (LATITUDE: 63,4°N, LONGITUDE: 20,28°W) CH4 depuis octobre 1992 jusqu'à décembre 2006.
Pour toutes ces stations, j'ai le taux de méthane hebdomadaire. Mon objectif est de comparer les SST absolues au voisinage de ces stations avec ce taux de méthane atmosphérique.

Les SST me causent souci. Les données du Hadley Centre au format ASCII sont mensuelles, et pour une zone de 5° x 5°. C'est à mon avis trop faible comme fréquence (il me faudrait 1 semaine) et trop peu précis. Il me faudrait 1° x 1°. De plus, elles sont données en anomalie par rapport à la période 1961 - 1990.

Si l'un de vous connaissait une source fiable de SST absolues selon une grille de 1° x 1° et avec une fréquence de 1 semaine, (et si possible en ASCII), j'apprécierais beaucoup... Sinon, il me faudra plusieurs jours pour transcrire les données à partir du format .nc qui, lui, donne bien des grilles de 1° x 1°, mais non exploitables en automatique pour autre chose que des cartes...

Merci d'avance.
Pierre-Ernest
J'ai trouvé à la NOAA exactement le fichier que je cherchais.
charles.muller
Sur le sujet océanique, cette riche page de C Wunsch, notamment le texte :
C. Wunsch, R. Ponte, P. Heimbach, 2007. Decadal trends in sea level patterns: 1993-2004 J. Clim., in press, (pdf)

La conclusion est assez "décevante", comme le disent les auteurs : les données que l'on a aujourd'hui sont insuffisantes en qualité (par rapport à la variabilité temporelle / spatiale du niveau des mers) pour que les moyennes globales du niveau des mers aient un sens.

Voir aussi et surtout cet autre texte, qui est une longue volée de bois vert sur la qualité des modèles actuels de l'océan et leur prétention à faire des projections / simulations correctes avec une physique rudimentaire ou incomplète :
C. Wunsch, 2007. The Past and Future Ocean Circulation from a Contemporary Perspective, in AGU Monograph, 173, A. Schmittner, J. Chiang and S. Hemming, Eds., 53-74, (pdf)

Je ne sais pas si c'est la proximité de la retraite, mais le célèbre océanographe du MIT n'y va pas vraiment avec le dos de la cuillère !

Site :
http://puddle.mit.edu/~cwunsch/
charles.muller
On avait une ancienne discussion sur le sujet, mais je ne l'ai pas retrouvée. Alors je poste ici : il s'agit de l'effet du rayonnement IR sur l'océan, le fait que le rayonnement IR ne pénètre que la peau de l'océan (couche de quelques microns) contrairement au rayonnement solaire. De mémoire, Sirius et d'autres m'avaient expliqué que cela ne change rien, que cette chaleur est transmise aux couches inférieures par diffusion turbulente et que le forçage IR a donc exactement le même effet qu'un forçage solaire sur le contenu de chaleur de l'océan.

J'ai trouvé récemment un texte de Douglas V. Hoyt à ce sujet, qui m'a à nouveau fait douter (comme je n'ai pas retrouvé nos échanges, je ne me souviens plus si ces arguments ont été envisagés).

En substance, il dit que l'océan se refroidit par rayonnement depuis la peau (interface avec l'atmosphère), que cette peau est un peu plus froide que la couche en dessous, que l'essentiel de l'IR absorbé par la peau va donc être directement ré-émis vers l'espace, car c'est le moyen le plus "simple et rapide" (thermodynamiquement et radiativement) pour retrouver l'équilibre sur cette couche (en gros, ré-émettre le photon IR va plus vite que le transfert par conduction ou convection, donc ce sera le mode privilégié), que le rayonnement solaire aura en revanche une signature différente en raison de sa pénétration sur plusieurs mètres.

(Attention, Hoyt mélange plusieurs choses, c'est juste ce point qui m'intéresse, surtout exprimé dans le paragraphe en gras en bas de l'extrait ci-dessous, ainsi qu'au début du même extrait).

Que faut-il penser de ces arguments ?

Texte complet :
http://www.warwickhughes.com/blog/?p=87

Extrait pertinent :
Comments on why the ocean isn’t absorbing thermal infrared energy

The absorption coefficient for liquid water as a function of wavelength is given at http://www.lsbu.ac.uk/water/vibrat.html (see the figure near the end). Thermal infrared in the Earth’s atmosphere is around 10 to 20 microns where the absorption coefficient (A) is about 1000 cm-1. For the transmission in liquid water (T), we have

T = exp(-A*L)

where L is the depth of penetration. For the case where 1/e or 27% of the incident photons remain unabsorbed and with A=1000 cm-1, then L= 1/1000 cm = 0.01 mm. 98% of the incident photons will be absorbed within 3 times this distance.

So one can see from the figure, than practically no infrared photons penetrate beyond 0.03 mm. A more precise estimate of A is 5000 cm-1 at 15 microns where carbon dioxide is emitting radiation, so 0.006 mm is a more accurate number for the depth of penetration of 98% of the photons arising from carbon dioxide forcing. For the sake of argument, we will say that all the 15 micron thermal radiation at 15 microns arising from increased carbon dioxide in the atmosphere is absorbed in the upper 15 microns of the ocean, based upon electromagnetic theory. Since the liquid water is such an effective absorber, it is a very effective emitter as well. The water will not heat up, it will just redirect the energy back up to the atmosphere much like a mirror, but not exactly a mirror, and this is an important point.

For A = 5000 cm-1 at 15 microns, the implied water emissivity is 0.9998 implying that, of the incident radiation, only 0.02% of it will ultimately be absorbed in the water. The emitted radiation will closely follow a blackbody emission curve whereas the incident flux from carbon dioxide is confined to a band centered at 15 microns. The implication of this is that much of the radiation emitted will escape directly to space through the IR windows, so it could be viewed as a negative feedback. About 40% of the energy will escape this way. Alternatively, this mechanism implies that climate will be less sensitive to greenhouse gas warming than it would be to an equal solar radiation forcing. In addition, there are many moist areas over land and clouds are also moist, so this negative feedback or reduction in climate sensitivity is also operable nearly everywhere.

The above mechanism works because the initially absorbed infrared energy cannot be transferred to the ocean depths by conduction (too slow), by convection (too small an absorption layer compared to the size of convective cells), or by radiation (too opaque). It must escape by the fastest way possible meaning upwards radiation away from the water. Also since the surface layer where the absorption occurs is cooler than the water just below it, there can be no net transfer of energy by conduction, convection, or radiation downwards because it would violate the laws of thermodynamics.
the fritz
Citation (charles.muller @ 8/12/2007 - 05:07) *
The above mechanism works because the initially absorbed infrared energy cannot be transferred to the ocean depths by conduction (too slow), by convection (too small an absorption layer compared to the size of convective cells), or by radiation (too opaque). It must escape by the fastest way possible meaning upwards radiation away from the water. Also since the surface layer where the absorption occurs is cooler than the water just below it, there can be no net transfer of energy by conduction, convection, or radiation downwards because it would violate the laws of thermodynamics.[/b]

Tout à fait d'accord ; mais pas uniquement "upwards radiation", mais aussi transfert de chaleur latente vers la troposphère par évaporation de l'eau.
Mais alors d'où l'océan tire-t-il sa chaleur , si ce n'est via le gradient géothermique au fond des océans?
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