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Les Forums d'Infoclimat - Météo en temps réel > Climatologie > Evolution du climat
Marot
Une prépublication de Ross R. McKitrick et Patrick J. Michaels à paraître dans Journal of geophysical research-atmospheres
est disponible ici : http://www.uoguelph.ca/%7Ermckitri/researc...;M.JGRDec07.pdf

Un sommaire non technique est lisible ici http://www.uoguelph.ca/%7Ermckitri/researc...-background.pdf

Le sujet principal porte sur l’influence des processus humains qui affectent les observations au sol.

Indirectement viennent en cause les ajustements et corrections apportés au séries de températures.

Les auteurs bâtissent une démonstration a contrario.

Hypothèse
Si les mesures sont complètement corrigées des biais soupçonnés ou montrés des processus humains de surface, alors la corrélation entre les données démographiques et économiques et les températures doit être nulle, preuve de la bonne correction.

Résultats
Cette hypothèse est selon leurs calculs rejetée car sa probabilité n’est que de 7.1 10-14,

Conclusion
Des signaux non climatiques contaminent les données corrigées des relevés au sol.

Cette contamination est décelée dans des contrées pauvres comme riches.
Elle est très largement moindre pour les données MSU de la basse troposphère.

Sur la tendance, les auteurs estiment que les effets non climatiques réduisent de moitié la tendance globale en températures entre 1980 et 2002 telle que publiée pour les données en cause.

Ce signalement vient en complément à certains posts du fil 6 stations de référence françaises pour le climat.

Note : Je ne fais pas de commentaire car je suis un amateur mal éclairé et mes compétences sont incomplètes.
meteor
Oui bof, pas tout compris et surtout pas l'utilité de cette note un peu vaseuse qui relate un réglement de compte entre Mac trucmuche et le GIEC.
On sait bien qu'il y a pollution humaine sur la mesure des températures de surface.

Sinon on peut comparer les relevés de surface tels que celui de la NOAA par exemple avec les relevés satellitaires et ballons sondes (850 hPa).



faut pas être expert pour constater une assez bonne corrélation entre les 4 mesures telles que présentées sur le graphe.
Seule la mesure UAH détonne un peu mais pas de façon excessive.
Ceci conforte, à mon sens, la justesse des relevés de surface et je m'étonne que l'on en soit toujours à les remettre en cause, de ci, de là.

Un peu rasoirs ces sceptiques tout de même, sans vouloir les offenser. biggrin.gif
Marot
Citation (meteor @ 8/12/2007 - 16:55) *
Oui bof, pas tout compris et surtout pas l'utilité de cette note un peu vaseuse qui relate un réglement de compte entre Mac trucmuche et le GIEC.
On sait bien qu'il y a pollution humaine sur la mesure des températures de surface.

Sinon on peut comparer les relevés de surface tels que celui de la NOAA par exemple avec les relevés satellitaires et ballons sondes (850 hPa).
...
faut pas être expert pour constater une assez bonne corrélation entre les 4 mesures telles que présentées sur le graphe.
Seule la mesure UAH détonne un peu mais pas de façon excessive.
Ceci conforte, à mon sens, la justesse des relevés de surface et je m'étonne que l'on en soit toujours à les remettre en cause, de ci, de là.

Un peu rasoirs ces sceptiques tout de même, sans vouloir les offenser. biggrin.gif

Rien compris à l'histoire de note, et très accessoire. L'essentiel n'est pas là.

Et puis, la corrélation entre séries n'a rien à voir avec un biais.

M'enfin si ça peut tranquilliser des inquiets... biggrin.gif
meteor
Citation (Marot @ 8/12/2007 - 17:48) *
L'essentiel n'est pas là....

Et puis, la corrélation entre séries n'a rien à voir avec un biais.


ton commentaire a l'air bien dépité, mais je comprends que les corrélations te gênent. wink.gif


L'essentiel est donc que les mesures de surface soient relativement bien corrélées par les mesures satellites et ballon-sondes.
Et pour détecter éventuellement un biais dans une série de mesures faire de la corrélation avec d'autres séries de paramètres liées au paramètre dont la mesure est éventuellement biaisée, me semble une bonne méthode.

c'est pas difficile à comprendre tout de même.

si on lit ceci:

Citation
Elle est très largement moindre pour les données MSU de la basse troposphère.


il semble bien que les auteurs parlent des données MSU de la basse tropo, c'est pourquoi, lorsqu'on les regarde
on ne comprend pas ce qui est écrit plus loin:

Citation
Sur la tendance, les auteurs estiment que les effets non climatiques réduisent de moitié la tendance globale en températures entre 1980 et 2002 telle que publiée pour les données en cause.


puisque les tendances sont les mêmes, d'après les graphes plus haut.

pourrais-tu expliquer, Marot?

EDIT:je précise ce qu'il faudrait expliquer à savoir pourquoi, si les données satellite sont peu susceptibles d'être biaisées, à contrario des mesures de surface, les trends sont-ils équivalents sur la période citée, entre les satellites et les données de surface?
Marot
Citation (meteor @ 8/12/2007 - 18:10) *
ton commentaire a l'air bien dépité, mais je comprends que les corrélations te gênent. wink.gif
L'essentiel est donc que les mesures de surface soient relativement bien corrélées par les mesures satellites et ballon-sondes.
Et pour détecter éventuellement un biais dans une série de mesures faire de la corrélation avec d'autres séries de paramètres liées au paramètre dont la mesure est éventuellement biaisée, me semble une bonne méthode.

c'est pas difficile à comprendre tout de même.

si on lit ceci:
il semble bien que les auteurs parlent des données MSU de la basse tropo, c'est pourquoi, lorsqu'on les regarde
on ne comprend pas ce qui est écrit plus loin:
puisque les tendances sont les mêmes, d'après les graphes plus haut.

pourrais-tu expliquer, Marot?

EDIT:je précise ce qu'il faudrait expliquer à savoir pourquoi, si les données satellite sont peu susceptibles d'être biaisées, à contrario des mesures de surface, les trends sont-ils équivalents sur la période citée, entre les satellites et les données de surface?


Dépité non, navré de lire cela, oui.

Dur, dur de s'intéresser au contenu ?

Une piste
Biais erreur systématique qui ne peut pas être corrigée par analyse statistique.
meteor
Citation (Marot @ 8/12/2007 - 19:25) *
Dur, dur de s'intéresser au contenu.


dur dur de s'intéresser au fond, surtout quand il dérange biggrin.gif

mais tu n'as toujours pas répondu à ma question.

pourtant elle reprenait tes propres citations.

relis-toi donc.

je répète cette citation:

Citation
Elle est très largement moindre pour les données MSU de la basse troposphère.

Sur la tendance, les auteurs estiment que les effets non climatiques réduisent de moitié la tendance globale en températures entre 1980 et 2002 telle que publiée pour les données en cause.


c'est très clair et cela concerne le contenu puisque tu le cites.

attendons donc .... biggrin.gif
meteor
Citation (Marot @ 8/12/2007 - 19:25) *
Dur, dur de s'intéresser au contenu ?

Une piste
Biais erreur systématique qui ne peut pas être corrigée par analyse statistique.


Nous en déduisons que Marot cite des phrases en dehors du contenu qu'il voudrait cependant qu'on examine.biggrin.gif

Mais sur le fond j'aimerais qu'on m'explique, pas Marot, qui plane trop haut mais quelqu'un de mon petit niveau wink.gif ,pourquoi on ne peut vérifier une mesure soit-disant biaisés avec une mesure qui ne l'est pas.

Y a là un profond mystère.
charles.muller
Merci de la référence, je vais lire cela avec intérêt.

Météor, ce serait plus intéressant d'avoir une comparaison des continents et surtout de l'HN, si cela existe. Parce que les océans (71% de la surface), personne n'y détecte d'influence urbaine, sauf si l'Atlantide n'est pas un mythe biggrin.gif

Sinon, quelle est ta base ballon-sonde ? J'avais lu (mais voici un certain temps) que l'UAH se félicitait de sa robuste convergence avec les ballons-sondes, justement, par rapport à RSS, et je suis étonné de voir que c'est l'inverse.

Si UAH a raison, la divergence observée dans ton graphique peut être justement une signature de certains biais d'enregistrement en surface.

La comparaison sur les terres serait pour cela plus éclairante (sauf si je dis une bêtise, elle devrait diverger encore plus si le biais concerne l'enregistrement, non ? Quoiqu'en y réfléchissant, la pollution des activités humaines modifie sans doute les T des basses couches (part absorbante des aérosols, modification des nuages de couche-limite, changement de flux d'évapotranspiration, etc.), donc que cela peut faire converger des courbes sans que l'ES soit le facteur de premier ordre (ou le seul facteur) de convergence. Néanmoins, cela devrait quand même être plus parlant sur les surfaces terrestres, dont une bonne part ne sont pas couvertes de villes)
meteor
Citation (charles.muller @ 8/12/2007 - 23:21) *
Merci de la référence, je vais lire cela avec intérêt.

Météor, ce serait plus intéressant d'avoir une comparaison des continents et surtout de l'HN, si cela existe. Parce que les océans (71% de la surface), personne n'y détecte d'influence urbaine, sauf si l'Atlantide n'est pas un mythe biggrin.gif

Sinon, quelle est ta base ballon-sonde ? J'avais lu (mais voici un certain temps) que l'UAH se félicitait de sa robuste convergence avec les ballons-sondes, justement, par rapport à RSS, et je suis étonné de voir que c'est l'inverse.

Si UAH a raison, la divergence observée dans ton graphique peut être justement une signature de certains biais d'enregistrement en surface.

La comparaison sur les terres serait pour cela plus éclairante (sauf si je dis une bêtise, elle devrait diverger encore plus si le biais concerne l'enregistrement, non ? Quoiqu'en y réfléchissant, la pollution des activités humaines modifie sans doute les T des basses couches (part absorbante des aérosols, modification des nuages de couche-limite, changement de flux d'évapotranspiration, etc.), donc que cela peut faire converger des courbes sans que l'ES soit le facteur de premier ordre (ou le seul facteur) de convergence. Néanmoins, cela devrait quand même être plus parlant sur les surfaces terrestres, dont une bonne part ne sont pas couvertes de villes)


ben je vois pas trop ce que tu veux dire en fait.

voyons j'ai 2 séries de mesures de la basse tropo à 0.143 et à 0.177°C/décennie.
désolé mais je n'ai pas de mesure de surface par satellite.
j'ai une série de BS (RATPAC-A) à 850 hPa soit la couche atmosphérique la plus proche de la surface.
la tendance est alors de 0.178°C.
Si je fais la moyenne de ces mesures autres que de surface j'obtiens 0.166°C/décennie pour 0.175°C pour la NOAA et encore plus proche pour Hadley.(0.171°C/décennie)
Je suis donc très proche pour ces 4 séries de mesures et c'est pas encore suffisant! biggrin.gif

je sais vraiment pas ce qui te faut!

moi ça me va très très bien et je pense que pour toute personne objective, c'est pareil.

et même en prenant UAH à 0.144 °C par rapport à 0.175 NOAA ou 0.171 pour Hadley, il n'y a pas de quoi pousser des cris d'orfraie non plus.
De plus je crois savoir qu'il y a une certaine erreur sur les mesures satellitaires aussi.

sinon aucune raison de penser qu'UAH soit meilleur que RSS, enfin selon mes bases de données.
la tendance globale RATPAC-A donne, de 850 à 300 hPa, 0.164°C/décennie.
Ca pencherait même un chouia pour RSS.

pour les terres on trouve bien une divergence plus grande pour UAH, 0.24 pour 0.34 soit 29% de moins contre 16% de moins pour le global, mais pour RSS, cette fois pour l'HN (terre et océan indissociables) la tendance est plus forte 0.288 que le tendance de surface 0.24°C/décennie en prenant cette fois Hadley, pour changer.
il faut dire que pour RSS l'HN c'est 20-82.5°N.
Nous rappellerons à toutes fins utiles qu'UAH nous donnait un refroidissement de l'atmosphère il n'y a pas si longtemps (je sais plus quelle couche) mais chacun a le droit à l'erreur.

Rien de nouveau sous le soleil donc et pas de raison de remettre, signicativement, les tendances en question.

Mais je ne doute pas que mes arguments seront pris en considération par les sceptiques, comme d'habitude. biggrin.gif
charles.muller
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 00:34) *
ben je vois pas trop ce que tu veux dire en fait.

voyons j'ai 2 séries de mesures de la basse tropo à 0.143 et à 0.177°C/décennie.
désolé mais je n'ai pas de mesure de surface par satellite.
j'ai une série de BS (RATPAC-A) à 850 hPa soit la couche atmosphérique la plus proche de la surface.
la tendance est alors de 0.178°C.
Si je fais la moyenne de ces mesures autres que de surface j'obtiens 0.166°C/décennie pour 0.175°C pour la NOAA et encore plus proche pour Hadley.(0.171°C/décennie)
Je suis donc très proche pour ces 4 séries de mesures et c'est pas encore suffisant! biggrin.gif
je sais vraiment pas ce qui te faut!
moi ça me va très très bien et je pense que pour toute personne objective, c'est pareil.
et même en prenant UAH à 0.144 °C par rapport à 0.175 NOAA ou 0.171 pour Hadley, il n'y a pas de quoi pousser des cris d'orfraie non plus.
De plus je crois savoir qu'il y a une certaine erreur sur les mesures satellitaires aussi.
sinon aucune raison de penser qu'UAH soit meilleur que RSS, enfin selon mes bases de données.
la tendance globale RATPAC-A donne, de 850 à 300 hPa, 0.164°C/décennie.
Ca pencherait même un chouia pour RSS.
pour les terres on trouve bien une divergence plus grande pour UAH, 0.24 pour 0.34 soit 29% de moins contre 16% de moins pour le global, mais pour RSS, cette fois pour l'HN (terre et océan indissociables) la tendance est plus forte 0.288 que le tendance de surface 0.24°C/décennie en prenant cette fois Hadley, pour changer.
il faut dire que pour RSS l'HN c'est 20-82.5°N.
Nous rappellerons à toutes fins utiles qu'UAH nous donnait un refroidissement de l'atmosphère il n'y a pas si longtemps (je sais plus quelle couche) mais chacun a le droit à l'erreur.
Rien de nouveau sous le soleil donc et pas de raison de remettre, signicativement, les tendances en question.
Mais je ne doute pas que mes arguments seront pris en considération par les sceptiques, comme d'habitude. biggrin.gif


En fait, je n'ai toujours pas lu l'article en question, donc je ne sais pas au juste si tu lui réponds ou si c'est lié à la discussion sur les stations ou si c'est plus général encore.

Pour la discussion sur les stations, tes données me suffisent largement : il y a 0,1 K /dec d'écart en tendance entre la moyenne des basses tropo et la NOAA surface, par exemple, c'est à peu près ce que j'imagine comme plausible pour l'effet local sur la mesure (cela me paraît même bien trop élevé pour le global, c'st ce que j'imagine comme plausible pour les terres de l'HN). Je peux surement faire varier cette valeur à la hausse ou à la baisse selon un choix ad hoc de bases de données, mais ce n'est pas mon but de toute façon.

J'ai une intuition peut-être fausse, mais claire : avec une humanité passée de 2 à 6 milliards d'êtres, avec une société passée de la paysannerie à l'industrie, avec des stations de référence qui sont le plus souvent située au coeur de ce processus historique ou à sa périphérie immédiate, je ne pense pas un seul instant que l'effet local de l'usage des sols et des modes de vie soit indifférent à la mesure des T surface sur les continents. Et je doute, mais de manière ouverte, que les procédures d'homogénéisation soient capables de déceler un signal très faible, mais constant depuis 1900.

Pour autant, je n'imagine évidemment pas que le réchauffement 1977-2006 s'explique principalement par cet effet local : il est de toute façon mineur... et comme tu le sais, j'ai d'autres idées pour ls causs principales de ce RC global depuis 1977 (GES, activité solaire forte, baisse d'aérosols, variabilité intrinsèque ENSO et AO, etc. pas besoin de m'ennuyer avec des stations pour penser que l'attribution-détection est pour l'instant un exercice peu robuste vu les faibles contraintes sur certains mécanismes ou le faible signal dans le bruit).

Mais je l'ai dit, mon intuition est peut-être fausse, j'ai simplement profité d'une discussion ouverte sur une autre thème pour y revenir et pour la confronter à la réalité, en l'occurrence aux fameuses stations de référence. Quant au papier que Marot nous a signalé... eh bien je vais le lire enfin ! biggrin.gif
Marot
Essai de recadrage

Sur la corrélation de deux séries, pour rester simple
Il n’est pas possible par analyse statistique de déceler si l’une ou l’autre a un biais systématique. Exemple chaque valeur de la 1ère est de 2 unités plus grande que celles de la seconde. Les moyennes diffèrent de 2. Ceci ne dit pas quelle est la bonne. La corrélation est parfaite. Ceci ne dit toujours pas quelle est la bonne.

Sur le travail des auteurs de la publication

Exemple de démarche sur un cas que j’imagine pour une meilleure compréhension
Prenons
1) une série de températures relevées à Marseille Marignane en bord de piste ;
2) la série du trafic de l’aéroport.
On peut dire raisonnablement que ces deux séries sont corrélées.

Prenons maintenant la même série de températures après la correction faite par un organisme quelconque et toujours la série du trafic de l’aéroport.
Si la correction est efficace, ces deux séries doivent être indépendantes, leur corrélation doit être nulle.
Si la corrélation reste significative, on dira que la correction n’est pas bonne mais on ne conclura rien sur la qualité du thermomètre,

Revenons à ce que j’ai compris de la publication

Les auteurs recueillent des séries représentatives de l’occupation humaine locale, produit brut, démographie et d’autres.

Ils prennent ensuite successivement les séries de températures locales au sol et en basse troposphère, après corrections. Ce sont les séries dont on dispose.

Au bout de leurs calculs ils concluent

Les températures locales au sol corrigées sont corrélées avec l’occupation humaine. Leur correction n’est donc pas efficace.

Les températures MSU corrigées sont très peu corrélées avec l’occupation humaine.

Le reste est affaire de conclusions de leur part.

Mon opinion est que les auteurs ont imaginé un moyen efficace de détection de la qualité des corrections mal connues ou inconnues apportées aux séries brutes.
meteor
Citation (Marot @ 9/12/2007 - 09:47) *
Essai de recadrage

....

Au bout de leurs calculs ils concluent

Les températures locales au sol corrigées sont corrélées avec l’occupation humaine. Leur correction n’est donc pas efficace.

Les températures MSU corrigées sont très peu corrélées avec l’occupation humaine.

Le reste est affaire de conclusions de leur part.

Mon opinion est que les auteurs ont imaginé un moyen efficace de détection de la qualité des corrections mal connues ou inconnues apportées aux séries brutes.


ben oui c'est pourtant bien ce que j'avais compris. ohmy.gif

Mais ce que j'avais retenu aussi c'était aussi le fait que les auteurs concluaient que la moitié du RC global n'était pas justifiée.
Or les données MSU, "très peu corrélées avec l'occupation humaine", présentent la même tendance, sur un plan global, qui est bien le plan étudié par les auteurs, que les Ts.

Nous admettrons donc que je suis un abruti complet, et basta!

terminé pour ma part.
charles.muller
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 10:01) *
(...)
Mais ce que j'avais retenu aussi c'était aussi le fait que les auteurs concluaient que la moitié du RC global n'était pas justifiée.
Or les données MSU, "très peu corrélées avec l'occupation humaine", présentent la même tendance, sur un plan global, qui est bien le plan étudié par les auteurs, que les Ts.
(...)


Non, en première lecture, je crois que le pb vient de là : les auteurs n'étudient que les surfaces terrestres sur une grille 5°x5°, avec à chaque fois Ts et Ttropo (UAH) comparées (corrélées) à deux indicateurs (un indicateur de croissance économique pour les usages de sols, un indicateur de qualité des stations pour les inhomogénéités des bases). Le fait que les anomalies positives / négatives Ts corrèlent bien avec la croissance (ou la décroissance) alors que ce n'est pas le cas des anomalies de Ttropo suggère un biais dans les premières (ce biais est établi si j'ai bien compris par la probabilité quasi-nulle que les Ts, Ttropo et indicateurs évoluent comme ils évoluent sans que l'indicateur influence l'un et pas l'autre).

Ce n'est donc pas "sur le plan global", les surfaces terrestres ne représentent que 29% de la planète. Une correction limitée aux continents (et aux grilles où il y a biais et à un biais qui ne représente pas la totalité de la pente bien sûr) peut donc donner la légère inflexion que tu observes dans ton graphique global pour UAH par rapport aux autres (en plus, je crois qu'ils ont pris Hadley et pas NOAA).

L'intérêt du papier à mon sens n'est pas d'essayer de calculer des dixièmes de degré dans les tendances décennales 1980-2005, mais surtout de montrer que la base Hadley (et sans doute les autres) n'est pas au point pour la correction des données brutes / usage des sols ou pour l'interpolation dans le zones à couverture médiocre.
meteor
Citation (charles.muller @ 9/12/2007 - 10:47) *
Non, en première lecture, je crois que le pb vient de là : les auteurs n'étudient que les surfaces terrestres sur une grille 5°x5°, avec à chaque fois Ts et Ttropo (UAH) comparées (corrélées) à deux indicateurs (un indicateur de croissance économique pour les usages de sols, un indicateur de qualité des stations pour les inhomogénéités des bases). Le fait que les anomalies positives / négatives Ts corrèlent bien avec la croissance (ou la décroissance) alors que ce n'est pas le cas des anomalies de Ttropo suggère un biais dans les premières (ce biais est établi si j'ai bien compris par la probabilité quasi-nulle que les Ts, Ttropo et indicateurs évoluent comme ils évoluent sans que l'indicateur influence l'un et pas l'autre).

Ce n'est donc pas "sur le plan global", les surfaces terrestres ne représentent que 29% de la planète. Une correction limitée aux continents (et aux grilles où il y a biais et à un biais qui ne représente pas la totalité de la pente bien sûr) peut donc donner la légère inflexion que tu observes dans ton graphique global pour UAH par rapport aux autres (en plus, je crois qu'ils ont pris Hadley et pas NOAA).

L'intérêt du papier à mon sens n'est pas d'essayer de calculer des dixièmes de degré dans les tendances décennales 1980-2005, mais surtout de montrer que la base Hadley (et sans doute les autres) n'est pas au point pour la correction des données brutes / usage des sols ou pour l'interpolation dans le zones à couverture médiocre.


mea culpa.

mauvaise compréhension du terme "global" de ma part, car si j'avais bien compris que les températures étudiées étaient les températures terrestres (relation avec l'activité socio-économique) je croyais qu'il s'agissait ensuite de leur prise en compte dans le "global" véritable cad terres+océans.
erreur qu'une simple règle de 3 aurait pu m'éviter donc.
j'ai "lu" trop vite.

Ceci dit et après je me sauve, promis, si je regarde l'exemple précis des séries des Ts des 48 stations US, des mesures toujours US tant par UAH que par RSS, j'aboutis pour le période 1979-2006 à respectivement: 0.30°C/décennie, 0.30°C/décennie et 0.29°C/décennie.
Ce ne sont que les US et je ne sais pas si les fameuses 48 stations font partie de la base étudiée.

mais je suis hors-sujet...
Marot
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 10:01) *
...les données MSU, "très peu corrélées avec l'occupation humaine", présentent la même tendance, sur un plan global, qui est bien le plan étudié par les auteurs, que les Ts....

Je redis que constater une corrélation même parfaite entre deux séries ne mène à rien en fait de biais.

Exemple de mon cru

Deux thermomètres sont fidèles et de même sensibilité

le premier est juste
le second est biaisé à +2

Leurs enregistrements seront corrélés parfaitement.

Sur le «plan global» tous les biais locaux sont lissés. Seule la tendance reste visible.

La tendance est la même, on la voit sur les deux.

Les auteurs disent simplement :
our analysis does suggest that nonclimatic effects are present in the gridded temperature data used by the IPCC and that they likely add up to a net warming bias at the global level that may explain as much as half the observed land-based warming trend.

et concluent non pas à une distorsion mais à une surévaluation "add up".
raymiss
Voici la référence d'un article de McKitrick un peu plus grand public où il débat aussi des contre-arguments opposés par l'IPCC à ses conclusions :
http://www.nationalpost.com/opinion/story.html?id=145245
meteor
simplement en passant on lira une critique du papier en question sur Realclimate.
Tout de même, ils sont quelquefois pénibles les gars de Realclimate, mais heureusement qu'ils sont là pour faire face aux offensives sceptiques dont nous voyons quelques radicelles ici-même.

La carte sur la variation de température est effectivement très révélatrice d'une corrélation avec l'économie biggrin.gif
enfin je ne ferai pas plus de commentaires n'étant pas plus compétent à ce niveau que les gens qui fréquentent habituellement ce forum.
charles.muller
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 16:58) *
simplement en passant on lira une critique du papier en question sur Realclimate.
Tout de même, ils sont quelquefois pénibles les gars de Realclimate, mais heureusement qu'ils sont là pour faire face aux offensives sceptiques dont nous voyons quelques radicelles ici-même.

La carte sur la variation de température est effectivement très révélatrice d'une corrélation avec l'économie biggrin.gif
enfin je ne ferai pas plus de commentaires n'étant pas plus compétent à ce niveau que les gens qui fréquentent habituellement ce forum.


En l'occurrence, je ne trouve pas le post de Rasmus très convaincant.

Si j'ai bien compris M&M 2007, la carte dont tu parles résume les deux biais supposés : l'activité anthropique en surface et l'inhomogénéité des mesures (difficultés d'observation). Je suppose que pour l'Arctique et le péri-Arctique, c'est le second biais qui domine : on sait que les bases météo interpolent au maximum au-dessus de 60-70°N, vu la rareté des stations. Cf Nasa Gistemp quand on lisse à 1200 km ou à 250 km, ce qui rend 2007 tantôt plus chaud tantôt plus frais que 1998.

Mais je me trompe peut-être, j'ai posé la question à RB.



*

Un autre point qui me vient ici en rédigeant : il est faux de penser que les bases au nord de l'HN sont épargnées de l'effet urbain. Il y avait justement eu un papier sur la petite ville de Barrow (Alaska), montrant des différence pouvant atteindre 6-9°C entre le centre et la périphérie (en moyenne plus de 2°C sur toute la période hivernale). Si la station est dans la ville, ce n'est pas forcément étonnant que cela diverge avec la troposphère.

Hinkel K.M. et al. (2003), The urban heat island in winter at Barrow, Alaska, International Journal of Climatology, 23, 1889-1905.
TreizeVents
Il y a quand même une chose que je ne comprends pas.

Dans ton exemple Marot, tu dis que :

Citation
Il n’est pas possible par analyse statistique de déceler si l’une ou l’autre a un biais systématique. Exemple chaque valeur de la 1ère est de 2 unités plus grande que celles de la seconde. Les moyennes diffèrent de 2. Ceci ne dit pas quelle est la bonne. La corrélation est parfaite. Ceci ne dit toujours pas quelle est la bonne.


Sur ce point, il n'y a aucun problème.
Si je reprends ton exemple avec un thermomètre juste et un autre biaisé, en effet on a des relevés différents mais une tendance similaire. Ici l'hypothèse, c'est que le thermomètre fiable c'est les données MSU, celui qui est biaisé ce sont les données au sol. Météor nous a démontré qu'ils ont cependant une tendance tout à fait correlée. Je n'ai pas de problème jusque la.

Cependant, je ne comprends pas comment d'ici, on passe à :
Citation
our analysis does suggest that nonclimatic effects are present in the gridded temperature data used by the IPCC and that they likely add up to a net warming bias at the global level that may explain as much as half the observed land-based warming trend.


Si j'ai un thermomètre biaisé à +2, et que lundi il relève 0°, mardi 1°, et mercredi 2° : j'ai une tendance au réchauffement de 1°/jour sur la période. Même si les valeurs brutes sont fausses (il a en réalité fait -2°, -1°, 0°), en quoi la tendance (+1°/jour) est-elle fausse ?
D'autant que si je reviens au débat initial, les températures relevées au sol (supposées biaisées) sont corrélées exactement avec les données MSU (supposées non biaisées), comment on en arrive à dire que la tendance de la première serait surévaluée de 50%, que la seconde semble juste, alors que les deux donnent une tendance identique ? huh.gif
charles.muller
Citation (TreizeVents @ 9/12/2007 - 20:24) *
(...)
D'autant que si je reviens au débat initial, les températures relevées au sol (supposées biaisées) sont corrélées exactement avec les données MSU (supposées non biaisées), comment on en arrive à dire que la tendance de la première serait surévaluée de 50%, que la seconde semble juste, alors que les deux donnent une tendance identique ? huh.gif


Je ne pense pas, justement. Si tu prends les données MSU sur les continents seulement, et les données surface, tu n'as pas une si bonne corrélation en grille à grille.

La tendance sur les terres de l'HN est par exemple de 0,24 K / dec pour UAH. Or, cette tendance s'établit à 0,33 K / dec pour CRu (0,34 K / dec pour NCDC, 0,29 K / dec pour Giss, cf AR4 tableau 3.2 p. 243)

Cela dit, cela ne fait pas 50%. Mais je suppose que ce chiffre (de 50%) inclut le fait que la troposphère est censée se réchauffer un peu plus que la surface dans les modèles. Mais je n'accorde pas d'importance à ce chiffrage.

http://www.atmos.uah.edu/data/msu/t2lt/uahncdc.lt
Marot
Citation (TreizeVents @ 9/12/2007 - 20:24) *
...
Cependant, je ne comprends pas comment d'ici, on passe à :
Si j'ai un thermomètre biaisé à +2, et que lundi il relève 0°, mardi 1°, et mercredi 2° : j'ai une tendance au réchauffement de 1°/jour sur la période. Même si les valeurs brutes sont fausses (il a en réalité fait -2°, -1°, 0°), en quoi la tendance (+1°/jour) est-elle fausse ?
D'autant que si je reviens au débat initial, les températures relevées au sol (supposées biaisées) sont corrélées exactement avec les données MSU (supposées non biaisées), comment on en arrive à dire que la tendance de la première serait surévaluée de 50%, que la seconde semble juste, alors que les deux donnent une tendance identique ? huh.gif

La pente du segment de droite de régression est rigoureusement la même mais le segment n'est pas placé au même endroit.

Tout vient de ce que le mot tendance est employé avec des sens différents.

Dans en quoi la tendance (+1°/jour) est-elle fausse ? c'est manifestement la pente.

Dans comment on en arrive à dire que la tendance de la première serait surévaluée de 50% ? , parce que ce n'est plus la pente mais la place du segment.

Est-ce la droite ? est-ce la pente de la droite ?

Selon le sens qu'on lui donne, le discours doit être modifié.
charles.muller
Citation (Marot @ 9/12/2007 - 20:57) *
La pente du segment de droite de régression est rigoureusement la même mais le segment n'est pas placé au même endroit.
Tout vient de ce que le mot tendance est employé avec des sens différents.
Dans en quoi la tendance (+1°/jour) est-elle fausse ? c'est manifestement la pente.
Dans comment on en arrive à dire que la tendance de la première serait surévaluée de 50% ? , parce que ce n'est plus la pente mais la place du segment.
Est-ce la droite ? est-ce la pente de la droite ?
Selon le sens qu'on lui donne, le discours doit être modifié.


Là, je ne suis pas très bien. Quand M&M2007 suggèrent que les Ts sont surévaluées, ils partent bien de ce que devrait être leur pente au regard des T tropo, non ?
meteor
Citation (charles.muller @ 9/12/2007 - 20:20) *
Si j'ai bien compris M&M 2007, la carte dont tu parles résume les deux biais supposés : l'activité anthropique en surface et l'inhomogénéité des mesures (difficultés d'observation). Je suppose que pour l'Arctique et le péri-Arctique, c'est le second biais qui domine : on sait que les bases météo interpolent au maximum au-dessus de 60-70°N, vu la rareté des stations. Cf Nasa Gistemp quand on lisse à 1200 km ou à 250 km, ce qui rend 2007 tantôt plus chaud tantôt plus frais que 1998.


je parle de cette carte :



accompagnée de ce commentaire de rasmus

"The map above shows a simple estimate of the temperature change over the 1979-2002 period (here taken as the differences in the mean over two sub-periods and the National Centers for Environmental Prediction (NCEP) re-analysis have been used instead of the CRU data), and it's easy to see that the warming varies smoothly from location to location. In other words, the trend estimates have significant spatial correlation."


Lorsque l'on regarde les régions péri-arctiques et péri-antarctiques il est tout de même difficile d'y déceler la marque d'une évolution socio-économique majeure apte à modifier l'évolution des températures.
A moins que les capteurs soient placés dans les cheminées des quelques abris. wink.gif
De plus on ne retrouve pas le smoothing radius dont tu parles, c'est bp plus précis.
On voit des zones concentriques de couleurs différentes.
Lorsqu'on regarde les US ou l'Europe il est difficile également d'y voir une empreinte socio-économique.
Bon la Chine peut-être , mais pourquoi pas l'Inde pourquoi la Suède plutôt que le Norvège.
C'est un peu pareil si on regarde ailleurs sur la planète et puis le commentaire de rasmus doit bien répondre à un point précis de l'argumentation de MM.
Lorsqu'on regarde les océans on constate aussi des variations non imputables à l'activité socio-économique.


Citation
Je ne pense pas, justement. Si tu prends les données MSU sur les continents seulement, et les données surface, tu n'as pas une si bonne corrélation en grille à grille.

La tendance sur les terres de l'HN est par exemple de 0,24 K / dec pour UAH. Or, cette tendance s'établit à 0,33 K / dec pour CRu (0,34 K / dec pour NCDC, 0,29 K / dec pour Giss, cf AR4 tableau 3.2 p. 243)


ça se discute tout ça.

comme le dit justement rasmus pourquoi ne prendre que la base UAH et pas par exemple la base RSS.
Bon l'argument des ballons-sondes, étant donnés les biais sur ces derniers et les nombreux réajustements sur RATPAC par exemple, a du mal à tenir la route pour privilégier une base par rapport à une autre.
La logique voudrait donc de ne pas en privilégier une base par rapport à l'autre.

RSS par exemple mesure 0.29°C/décennie aux US, alors que la base (USA48) nous donne 0.30°C/décennie pour la période 79-07.
Pour les régions hors tropiques je n'ai pas souvenance que les modèles aient prévu une baisse du gradient thermique.

Je n'ai malheureusement pas l'intégralité des mesures RSS sur les terres mais cela devait être accessible facilement à MM.

donc pourquoi ne prendre qu'une base?
Marot
Citation (charles.muller @ 9/12/2007 - 21:16) *
Là, je ne suis pas très bien. Quand M&M2007 suggèrent que les Ts sont surévaluées, ils partent bien de ce que devrait être leur pente au regard des T tropo, non ?

À mon avis non, ils parlent de la position du segment.

Sinon ils auraient donné une évolution de la pente.

À moins que je n'ai pas tout compris.
meteor
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 21:26) *
Je n'ai malheureusement pas l'intégralité des mesures RSS sur les terres mais cela devait être accessible facilement à MM.

donc pourquoi ne prendre qu'une base?


ben finalement je les ai quand-même, suis-je bête c'est sur le site RSS.

donc de 20 à 82.5 N on a 0.312°C/déc pour la base RSS et pour les terres donc.

Mais en toute logique je dois tenir compte de 0-20°N.
Là je n'ai que la ressource d'utiliser -20/+20

soit 0.156°C/décennie en considérant que les terres de l'HN entre 0 et 20 représentent 15% du total (bien payé) j'arrive à 0.29°C/décennie pour les terres de l'HN entre 1979 et 2007.

euh ça ne fait pas 50 % de moins ça non plus.

le Hadley trouve 0.34°C/décennie mais je suis un peu bluffé par le divergence sur ces dernières années entre les satellites et les Ts dans l'HN.
C'est toujours vers l'année 2003 que semble se produire cette divergence.

la tendance RSS HN (avec bémol 20-82.5N) est à 0.329 alors que Hadley est à 0.327, de 1979 à 2003.

on est bp plus proche, mais c'est un autre pb.
charles.muller
Citation (meteor @ 9/12/2007 - 21:26) *
je parle de cette carte :
accompagnée de ce commentaire de rasmus
"The map above shows a simple estimate of the temperature change over the 1979-2002 period (here taken as the differences in the mean over two sub-periods and the National Centers for Environmental Prediction (NCEP) re-analysis have been used instead of the CRU data), and it's easy to see that the warming varies smoothly from location to location. In other words, the trend estimates have significant spatial correlation."

Lorsque l'on regarde les régions péri-arctiques et péri-antarctiques il est tout de même difficile d'y déceler la marque d'une évolution socio-économique majeure apte à modifier l'évolution des températures.
A moins que les capteurs soient placés dans les cheminées des quelques abris. wink.gif
De plus on ne retrouve pas le smoothing radius dont tu parles, c'est bp plus précis.
On voit des zones concentriques de couleurs différentes.
Lorsqu'on regarde les US ou l'Europe il est difficile également d'y voir une empreinte socio-économique.
Bon la Chine peut-être , mais pourquoi pas l'Inde pourquoi la Suède plutôt que le Norvège.
C'est un peu pareil si on regarde ailleurs sur la planète et puis le commentaire de rasmus doit bien répondre à un point précis de l'argumentation de MM.
Lorsqu'on regarde les océans on constate aussi des variations non imputables à l'activité socio-économique.
ça se discute tout ça.
comme le dit justement rasmus pourquoi ne prendre que la base UAH et pas par exemple la base RSS.

En réfléchissant à tes remarques et celles de Rasmus, je pense qu'il y a une ambiguité dès le départ. Le propos de M&M n'est pas de dire : il n'y a pas de RC récent, c'est un artifice des stations. Car la base UAH elle-même, quoique la plus conservatrice, donne bel et bien un RC récent. De même, il n'y a pas de problème avec l'amplification polaire, qui semble de toute façon (en HN au moins) un trait de toute phase de réchauffement dans les climats du Quaternaire, quelle qu'en soit la cause. Dire : cela se réchauffe aux pôles, donc ce n'est pas un artifice d'activités humaines n'est pas de ce point de vue un contre-argument recevable. Il peut très bien y avoir des biais de mesure en surface avec fort réchauffement au pôle. Il faudrait regarder zone à zone voire base à base (mais ce n'est pas l'objet de M&M). Exemple pour les pôles : si une station de surface de donne +3,5 K depuis 1979, mais que les satellites donne +3,0 K, tu as à la fois a- un réchauffement fort ; b- une divergence de 0,5 K entre surface et basse tropo. Même si (ce qu'il faudrait démontrer) la surface est surestimée, cela ne change pas grand chose à la pente forte du réchauffement.

Autre point : la question n'est pas de savoir si toutes les bases de mesure de surface terrestre terrestre sont affectées soit par des inhomogénéités, soit par des effets anthropiques locaux, mais si c'est le cas en moyenne, sur l'ensemble des milliers de stations dont le CRU fait la compilation. De ce point de vue, les bases éparses des régions péri-polaires ne comptent ni plus ni moins que les autres (elles comptent en fonction de leur nombre dans l'ensemble, c'est-à-dire sans doute peu parce qu'elles sont nettement moins nombreuses que les zones à mesure dense des sociétés industrielles). Dans la carte grille à grille que j'ai postée, on voit d'ailleurs qu'il y a des biais négatifs aussi bien que positifs selon les grilles.



Citation
(...)
donc pourquoi ne prendre qu'une base?

Oui, sauf si M&M motive ce choix par une différence qualitative entre les bases, c'est arbitraire. L'exercice avec UAH et avec RSS n'aurait pas été compliqué a priori, et aurait permis d'analyser de manière plus fine la divergence entre ces bases satellites selon les grilles.

Mais attention, on retrouve là la nuance que Marot fait entre la pente et le segment (je crois voir à peu près ce qu'il veu dire) : que RSS donne une pente globale plus forte ne signifie pas que RSS va mieux coller que UAH aux Ts analysées grille à grille selon les indicateurs socio-économiques. Cela peut être le cas, mais l'inverse est aussi bien concevable (c'est-à-dire que malgré une pente globlement plus forte, la répartition spatiale de cette pente ne colle pas avec les bases Ts). On parle là au conditionnel, car l'exercice n'a pas été fait - et c'est bien dommage, car cela permet d'insinuer que le choix de la base UAH est ad hoc.
meteor
Citation (charles.muller @ 10/12/2007 - 13:39) *
Mais attention, on retrouve là la nuance que Marot fait entre la pente et le segment (je crois voir à peu près ce qu'il veu dire) : que RSS donne une pente globale plus forte ne signifie pas que RSS va mieux coller que UAH aux Ts analysées grille à grille selon les indicateurs socio-économiques. Cela peut être le cas, mais l'inverse est aussi bien concevable (c'est-à-dire que malgré une pente globlement plus forte, la répartition spatiale de cette pente ne colle pas avec les bases Ts). On parle là au conditionnel, car l'exercice n'a pas été fait - et c'est bien dommage, car cela permet d'insinuer que le choix de la base UAH est ad hoc.


ben pour moi, "le segment", ça ne veut rien dire.

Mais peu importe je dirais.


Il se trouve que MM utilisent les satellites, si j'ai bien compris, pour détecter un biais sur les mesures.

C'est bien ça?

Si oui c'est qu'ils jugent que la mesure satellite a une certaine validité et une certaine relation avec les TS.

Toujours d'accord?

Mon problème est donc: pourquoi ne pas considérer l'évolution globale mesurée par satellites pour avoir une bonne approche de l'évolution de surface?
Mais dans ce cas que fait-on si les évolutions satellite et mesures au sol de Ts sont très semblables?
N'y aurait-il pas un paradoxe?

Voilà je ne comprends rien de rien à ce truc.

Je dois être aussi bouché que certains pour comprendre l'ES. biggrin.gif
charles.muller
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 14:01) *
(...)
Mon problème est donc: pourquoi ne pas considérer l'évolution globale mesurée par satellites pour avoir une bonne approche de l'évolution de surface?
Mais dans ce cas que fait-on si les évolutions satellite et mesures au sol de Ts sont très semblables?
N'y aurait-il pas un paradoxe?
Voilà je ne comprends rien de rien à ce truc.
(...)


Ben, je ne comprends pas de mon côté : pourquoi se contenter de deux courbes globales sans aller voir les détails? En science en général et dans le climat en particulier, on essaie de comprendre toujours plus finement (en détail) les phénomènes que l'on observe. Donc la démarche M&M est assez classique de ce point de vue, exactement comme les nombreuses intercomparaisons simulation de modèles / réanalyses : on ne se contente pas de dire j'ai une bonne T moyenne ou une bonne précipitation moyenne à l'échelle globale, on regarde en détail où cela converge et où cela diverge. (Et on s'aperçoit souvent que l'on a une bonne moyenne avec plein d'erreurs de détail, ce qui est problématique et conduit à essayer d'améliorer le modèle pour avoir une bonne moyenne globale avec les bons mécanismes locaux pour y parvenir).

De plus, la question posée par M&M n'est pas "y a t-t-il bonne convergence entre Ts et Ttropo satellite?", mais "la comparaison Ts, Ttropo et activités humaines en surface permet-elle d'exclure un biais sur les mesures dû aux activités?". Et ils répondent non selon la méthodologie choisie. On doit donc les juger sur leur problématique précise et sur leur méthodologie précise (en montrant éventuellement soit que la problématique n'a aucun sens, soit que la méthodologie est inadaptée pour y répondre).
Marot
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 14:01) *
ben pour moi, "le segment", ça ne veut rien dire.

Mais peu importe je dirais...

Une droite est infinie, un segment de droite est une partie finie connexe d'une droite.

Entre 1980 et 2000, la régression produit un segment de droite.
Marot
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 14:01) *
Il se trouve que MM utilisent les satellites, si j'ai bien compris, pour détecter un biais sur les mesures.

C'est bien ça?...

Pas du tout, ils établissent qu'il y a un biais à partir de la corrélation entre les séries de températures et les séries relatives aux processus humains au sol.

C'est quand même pas la mer à boire laugh.gif

Les organismes nettoyeurs affirment que leurs corrections suppriment les facteurs relatifs à l'occupation du sol, l'effet urbain l'influence des nouveaux bâtiments, etc.

M&M calculent en chaque zone la corrélation entre l'occupation du sol et les séries nettoyées.
S'il reste une corrélation significative c'est que le nettoyage n'est pas bon.

Prière de ne pas mélanger les corrélations.
meteor
Citation (charles.muller @ 10/12/2007 - 14:39) *
Ben, je ne comprends pas de mon côté : pourquoi se contenter de deux courbes globales sans aller voir les détails?


oh moi je conçois tout à fait qu'on puisse aller voir dans le détail.

donc si je suis ce que dit Marot, les mesures satellites n'interviennent pas du tout dans l'étude de MM.

faut dire que j'ai un mal fou à télécharger l'étude en question et je ne l'ai toujours pas enregistrée.

Je conclus pour ma part de tout cela que le biais a été trouvé indépendamment de toute mesure satellitaire et sur le plan de la logique, cela me va très bien.

Sur le plan physique il reste à expliquer pourquoi Ts et TLT ne présentent pas la même tendance.
C'est à dire pourquoi la basse tropo se réchauffe plus que la surface.

Peut-être bien que MM vont montrer, indirectement, que les modèles ont raison? laugh.gif
raymiss
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 14:01) *
Il se trouve que MM utilisent les satellites, si j'ai bien compris, pour détecter un biais sur les mesures.

Non, pas de données possibles selon les pays et/ou les années. Il faut lire le rapport avant de l'évaluer biggrin.gif
Le propos de M&M est de réanalyser la courbe présentée par l'IPCC des températures de 1860 à 2000.



La thèse IPCC est d'en déduire une action des GES pour expliquer les tendances du réchauffement. M&M ont fait une analyse des évolutions socio-économiques, de l'historique des stations de mesure, des changements d'utilisation du sol, etc. pour contester cette courbe. Ils ont paramétré tout ce qui a pu faire évoluer les conditions locales de température autour des stations de mesure et introduire une "contamination" des données utilisées. Leur étude montre que les tendances au réchauffement qui ont été constatées sont liées étroitement aux conditions socio économiques et qu'elles doublent les valeurs présentées pour les températures. Autrement dit, l'effet de serre attribué aux GES à partir de 1980 par l'IPCC devrait être divisé par 2.

Our new paper presents a new, larger data set with a more complete set of socioeconomic indicators. We showed that the spatial pattern of warming trends is so tightly correlated with indicators of economic activity that the probability they are unrelated is less than one in 14 trillion. We applied a string of statistical tests to show that the correlation is not a fluke or the result of biased or inconsistent statistical modelling. We showed that the contamination patterns are largest in regions experiencing real economic growth. And we showed that the contamination patterns account for about half the surface warming measured over land since 1980.


Citation
Voilà je ne comprends rien de rien à ce truc.

Je dois être aussi bouché que certains pour comprendre l'ES. biggrin.gif
Bof ! Chacun son tour biggrin.gif
meteor
Euh je viens de regarder de plus près l'étude en question.

bon je l'avais pas encore fait à dire vrai. blushing.gif

je commence la lecture et voici ma première impression:

en gros on compare les températures observées avec une température de surface "reconstruite".

voici l'équation de cette Ts:



dans laquelle "trop i" veut dire température de basse tropo.

"press" c'est la SLP, "dry" c'est l'humidité etc. on verra tout ça dans l'étude.

donc pour le moment il me semble bien que la tendance certes locale "UAH" intervient dans la reconstruction de la température idéale...

Bon la démarche me plait bien mais faut lire la suite et ça devient plus compliqué.

à raymiss

bah je suis conscient de mes limites, pas de problème.
je vais pas en faire une affaire, depuis le temps.
Marot
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 15:48) *
...
Sur le plan physique il reste à expliquer pourquoi Ts et TLT ne présentent pas la même tendance.
C'est à dire pourquoi la basse tropo se réchauffe plus que la surface.

Peut-être bien que MM vont montrer, indirectement, que les modèles ont raison? laugh.gif

Pour une comparaison aux tropiques entre TLT mesurées et prédictions des modèles :

Un article de Douglass et alii dans IJC, publié le 5 décembre 2007 dans International journal of climatology.


Un communiqué de presse sur cette publication.

Selon les auteurs
David Douglass “The observed pattern of warming, comparing surface and atmospheric temperature trends, does not show the characteristic fingerprint associated with greenhouse warming.

John Christy “Satellite data and independent balloon data agree that atmospheric warming trends do not exceed those of the surface. Greenhouse models, on the other hand, demand that atmospheric trend values be 2-3 times greater. We have good reason, therefore, to believe that current climate models greatly overestimate the effects of greenhouse gases.

Fred Singer “Our research demonstrates that the ongoing rise of atmospheric CO2 has only a minor influence on climate change. We must conclude, therefore, that attempts to control CO2 emissions are ineffective and pointless. – but very costly.”
raymiss
Citation (Marot @ 10/12/2007 - 16:17) *
Pour une analyse de Ts vs. TLT aux tropiques :

Un article de Douglass et alii dans IJC, publié le 5 décembre 2007.

Voici l'abstract (l'article est payant)
David H. Douglass, John R. Christy, Benjamin D. Pearson, S. Fred Singer
We examine tropospheric temperature trends of 67 runs from 22 Climate of the 20th Century model simulations and try to reconcile them with the best available updated observations (in the tropics during the satellite era). Model results and observed temperature trends are in disagreement in most of the tropical troposphere, being separated by more than twice the uncertainty of the model mean. In layers near 5 km, the modelled trend is 100 to 300% higher than observed, and, above 8 km, modelled and observed trends have opposite signs. These conclusions contrast strongly with those of recent publications based on essentially the same data.

Donc c'est plutôt une comparaison modèles vs. TLT non ?
Marot
Citation (raymiss @ 10/12/2007 - 16:45) *
Voici l'abstract (l'article est payant)
David H. Douglass, John R. Christy, Benjamin D. Pearson, S. Fred Singer
We examine tropospheric temperature trends of 67 runs from 22 Climate of the 20th Century model simulations and try to reconcile them with the best available updated observations (in the tropics during the satellite era). Model results and observed temperature trends are in disagreement in most of the tropical troposphere, being separated by more than twice the uncertainty of the model mean. In layers near 5 km, the modelled trend is 100 to 300% higher than observed, and, above 8 km, modelled and observed trends have opposite signs. These conclusions contrast strongly with those of recent publications based on essentially the same data.

Donc c'est plutôt une comparaison modèles vs. TLT non ?

Oui, je viens de faire la correction, confus d'avoir écrit trop rapidement. blushing.gif
raymiss
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 15:48) *
Peut-être bien que MM vont montrer, indirectement, que les modèles ont raison? laugh.gif

Eh bien, si tu suis le post de Marot c'est plutôt l'inverse. Encore raté biggrin.gif !
Mais bon, c'est vrai que là ce n'est pas l'article de MM…
charles.muller
Citation (raymiss @ 10/12/2007 - 17:00) *
Eh bien, si tu suis le post de Marot c'est plutôt l'inverse. Encore raté biggrin.gif !
Mais bon, c'est vrai que là ce n'est pas l'article de MM…


En l'occurrence, non d'ailleurs. Autant les modèles prévoient effectivement un réchauffement important de la troposphère tropicale (plus important que la surface), autant ce n'est pas spécialement le cas aux autres latitudes. Donc les deux travaux ne sont pas superposables, et je pense que Douglass et al. est potentiellement plus important que M&M. Parce que les Tropiques représentent la moitié de l'atmosphère (compte tenu de l'élévation de la tropopause), la centrale énergétique du climat et l'élément-clé de la circulation générale OA, donc tant que cela ne colle pas là, ce n'est pas trop la peine de prévoir sur 100 ans : on ne fait que projeter des erreurs initiales, ce qui n'est pas réputé la bonne méthode pour arriver à un résultat correct au bout.
charles.muller
Pour info, Ross McKitrick vient d'arriver dans la discussion RC (commentaire 34). Toujours intéressant de voir les chercheurs débattre et mesurer leurs arguments, cela permet de se faire une idée. (Donc, merci RC pour cela).

Discussion en cours :
http://www.realclimate.org/index.php/archi...gswitch_lang/fr
meteor
Citation (charles.muller @ 10/12/2007 - 21:23) *
Pour info, Ross McKitrick vient d'arriver dans la discussion RC (commentaire 34). Toujours intéressant de voir les chercheurs débattre et mesurer leurs arguments, cela permet de se faire une idée. (Donc, merci RC pour cela).

Discussion en coure :
http://www.realclimate.org/index.php/archi...gswitch_lang/fr


Oui c'est bien mais on reste sur sa faim.

Quand certains font certaines études, bon, en 2 coups de cuillère à pot, les "études" en question sont démolies.
On a tous ce genre d'exemple en tête.
Concernant quelqu'un comme McKitrick c'est déjà plus difficile et il faut trouver une ou des personnes ayant le temps de reprendre l'étude point par point, éventuellement équation par équation, chiffre par chiffre etc.

Dans le cas de cette discussion rien de tel, on reste sur des principes généraux, de part et d'autre, d'ailleurs, c'est normal, plus côté critique que défense, l'auteur connaissant mieux son bébé.
On rejoint le principe de peer-reviewed, sorte de blanc-seing à la publication "officielle" mais qui n'a de "reviewed" que le nom (pas le "peer" par contre)
C'est cela qui fait que l'on navigue entre thèses contradictoires sans pouvoir se faire un avis définitif autre que subjectif.
C'est tout le drame de l'amateur scientifique à qui tout véritable scientifique ne pourrait que conseiller de se consacrer à l'étude des bases avant de flirter avec l'élite.
Dans cette étude, selon moi, on peut éprouver une véritable satisfaction, celle d'apprendre quelque chose de vraiment solide.
Et puis accessoirement ça permet de ne pas toujours raconter n'importe quoi sans l'éviter complètement bien sûr.
C'est dans cette optique que j'engueule des petits jeunes qui du coup se croient agressés alors que j'essaie, peut-être maladroitement, de les aider.
Enfin c'était ma dernière divagation de la soirée.

je l'espère en tous cas original.gif
charles.muller
Citation (meteor @ 10/12/2007 - 22:24) *
(...)
On rejoint le principe de peer-reviewed, sorte de blanc-seing à la publication "officielle" mais qui n'a de "reviewed" que le nom (pas le "peer" par contre)
C'est cela qui fait que l'on navigue entre thèses contradictoires sans pouvoir se faire un avis définitif autre que subjectif.
(...)


Hum, à ce rythme, les sciences du climat vont non seulement prétendre simuler les températures en 3100, mais aussi revoir de fond en comble les règles de la publication scientifique.

Il faut quand même prendre un peu de recul: si Real Climate se plaint des règles du peer-review quand ils sont confrontés à une étude dont les conclusions leur déplaisent (ce qui devient habituel chez certains, Pierrehumbert a encore fait le coup dans la précédente discussion sur Scafetta et West), c'est peut-être le problème de RC, pas celui du peer-review en soi. En tout cas, c'est la première hypothèse à envisager.

Accessoirement, si RC a raison, on peut généraliser la règle et supposer que Michael Mann et consorts ne franchissent le p-r avec leurs études bancales que grâce à un copinage fort peu scientifique. Je suppose que tu n'as pas été vérifié point à point leurs séries d'anneaux de croissance et leur méthode statistique ? Moi non plus. Mais dans ce cas, c'est la "loi de la jungle cognitive", tout le monde dit n'importe quoi, chacun trouve sa vérité où il veut.

La finalité du p-r n'est pas de produire des travaux parfaitement inattaquables (ce qui n'a guère de sens), mais des travaux correspondant aux critères minima de méthode et d'intérêt pour la discipline concernée. Ensuite, c'est le rôle des commentaires critiques de souligner telle ou telle erreur ou manque dans le papier, l'auteur devant soit les reconnaître, soit montrer que ses critiques eux-mêmes sont dans l'erreur. Enfin, sur un sujet précis, on trouve généralement des dizaines ou des centaines de papiers. Si l'on prend le temps de les lire, ou au moins de lire ceux qui ont le meilleur index de citation, cela donne quand même une idée des débats en cours sur ce sujet. Même sans bagage scientifique de chercheur pour une première approximation : si tu trouves 5 papiers affirmant que le gène PS1 est impliqué dans la forme courante de la maladie d'Alzheimer et 5 autres affirmant le contraire, tu n'as pas besoin d'être un as en biologie moléculaire pour conclure que le rôle de ce gène ne fait toujours pas l'objet d'un consensus biomédical. Si tu veux comprendre la nature et la portée exactes du désaccord, en revanche, il faudra bien sûr creuser plus avant.
meteor
Citation (charles.muller @ 10/12/2007 - 23:31) *
Hum, à ce rythme, les sciences du climat vont non seulement prétendre simuler les températures en 3100, mais aussi revoir de fond en comble les règles de la publication scientifique.


je croyais avoir été clair.

Sauf erreur grossière et apparente, un spécialiste ne peut "démonter" une étude sans la reprendre point par point.

C'est ensuite une question de temps qu'il n'a pas forcément puisque lui-même est soumis à d'autres contraintes.

Il n'est aucunement question de révolutionner les règles de la publication.
Marot
Bon, comme d'hab. meteor va me chercher des poux dans la tête mais je réponds tout de même.

meteor écrit :
Quand certains font certaines études, bon, en 2 coups de cuillère à pot, les "études" en question sont démolies.
Si l'étude est sérieusement faite et ne contient pas d'aberrations manifestes, il faut plus que quelques coups de cuillère à pot. La crosse de hockey a vécu longtemps en verra ci-dessous que l'"affaire de Salvbard n'est pas simple.

il faut trouver une ou des personnes ayant le temps de reprendre l'étude point par point, éventuellement équation par équation, chiffre par chiffre etc.
Je ne pense pas que ce soit toujours indispensable et pertinent car la critique peut être faite :
  • sur le fond, la méthode mise en œuvre;
  • sur la technique mathématique, statistique, etc.
  • sur les données;
  • sur l'interprétation des résultats.
Ici, le "reviewed" pouvait porter sur chacun des points puisque contrairement à d'autres les auteurs ont fourni données et programme de calcul.

Sur la ou les critiques, je pense pour ma part qu'une bonne culture scientifique permet au moins un premier tri entre celles qui portent sur un point de fond et celles qui portent sur des détails.

Déjà le ton général de l'étude ou de la critique ou l'accroche dit pas mal de choses sur l'état d'esprit. Par exemple, le début du papier de rasmus fait état de la coïncidence de la publication avec la conférence de Bali et le Nobel. Pour qui connaît les incertitudes sur les durées de lecture et les dates de livraison imposées par les éditeurs, si les auteurs ont visé cette date c'est qu'ils sont plus que très forts. Leur boule de dristal est de première qualité.

Sur le contenu de la critique, je vais essayer d'illustrer sa difficulté et son caractère incertain sur un exemple.
rasmus écrit : Not surprisingly, their analysis produces some strange results as a result of this shortcoming. They find that the greatest differences between measured and adjusted trends at Svalbard and other places in the Arctic and Antarctic.

Regardons Svalbard qui est un archipel.
Il est illustré dans RC par une image de Longyearbyen, tirée de Google earth.

De la neige, de la la neige...

Comme la corrélation cherchée par les auteurs dépend de l'emplacement précis de la station et de l'évolution de son environnement proche, regardons cela.

La ville (ou village) de Longyearbyen a été fondée en 1906. Elle n'est plus une ville minière. Aujourd'hui il y a une université polaire.. On est loin d'une terre désolée et inhabitée.

À cela on objectera qu'en creusant plus avant, on trouve que la station météo est très loin de la ville, à Rijpfjord, à plus de 200 km de l'endroit présenté par rasmus dans RC


Cette station météo est idéalement installée, regardez ces images d'un site parfait.
Pas de chance pour rasmus mais aussi pas de chance pour M&M car il n'y a pas de biais d'(ocupation humaine.

Creusons encore un peu et tout retombe dans l'inconnu. D'après le site de l'université, la station est plus que récente
«Historical met-data from Rijpfjorden (start january 2007)»

Alors où était-elle avant ?

Ma conclusion est que dans l'exemple cité, la critique de rasmus portait sur des résultats de détail contestables à première vue, mais extérieurs à la méthodologie de M&M.

meteor a raison de dire que ce n'est pas simple. Cette critique locale était présentée hélas comme quasiment décisive au vu d'une photo, argument exogène à la méthodologie des auteurs.
Fin de traitement de l'exemple

meteor poursuit :
Dans cette étude, selon moi, on peut éprouver une véritable satisfaction, celle d'apprendre quelque chose de vraiment solide.
Je suis parfaitement d'accord !

Mais pourquoi diable engueuler les petits jeunes ?
meteor
enfin si quelqu'un voit une différence, sur le fond et pas sur la forme, entre ceci:

Citation
* sur le fond, la méthode mise en oeuvre;
* sur la technique mathématique, statistique, etc.
* sur les données;
* sur l'interprétation des résultats.


et cela

Citation
reprendre l'étude point par point, éventuellement équation par équation, chiffre par chiffre etc.


qu'il me le dise, je suis preneur, car dans ma petite tête de chercheur de poux crying.gif "point par point" c'est suffisamment clair et cela inclut le fond comme les détails.

mais bref.
Marot
Annulé, doublon dû à une manipulation fautive de ma part.
Marot
Annulé.
C'était la reconnaissance du doublon.
meteor
Citation (Marot @ 11/12/2007 - 12:13) *
Mais pourquoi diable engueuler les petits jeunes ?



j'avais pourtant prévenu que je divaguais.

c'est pas bien de remuer le couteau comme çà, c'est pas charitable. innocent.gif
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