Pas d'internet chez moi, c'est donc sans être vraiment au courant de la situ que je pars de mon appart nîmois vers 19h30 (je sais juste que ça claque du Tarn à la Lozère et au delà et que ça commence à prendre sur l'Aude...).
Le ciel est prometteur avec des entrées maritimes moins denses que la veille mais qui bourgeonnent pas mal : une ligne de congestus vers la petite Camargue me laisse penser qu'il y a du potentiel... en tout cas question chaleur et humidité pas de souci !
Je profite du calme qui règne encore pour chercher des points de vues au Nord de Nîmes et je trouve d'ailleurs un super spot qui me servira bien pour la suite de la soirée, il fait 26°C et quelques cigales chantent encore. Ca change des chasses auvergnates
Puis c'est festival d'appels téléphoniques (merci les amis !
Dans un premier temps je vais me poster à Montagnac d'où on a une superbe vue vers l'Ouest, les collines du haut Vidourle et le Pic St Loup. Avec la nuit qui tombe je vois les premiers flashs, qui illuminent tout le ciel en raison des entrées maritimes... C'est très électrique. Après 15 mn d'observation, ayant peur que tout ça passe trop au Sud je décide de changer de point de vue : direction les hauteurs de Clarensac à l'Ouest de Nîmes, avec une superbe vue plongeante vers le Sud-Ouest sur la Vaunage, et le Lunellois au loin.
Là c'est le stroboscope sur l'Hérault, plusieurs décharges par seconde, beaucoup d'intras mais de temps en temps des crawlers (décharges rampantes) qui viennent jusqu'à mon zénith ! Ce spectacle dure plus de 30 mn puis les premiers coups de foudre apparaissent (enfin les photos me direz vous
Il est 22h0 et les premiers impacts relativement proches se manifestent à l'Ouest. L'atmosphère est trouble en raison de l'air saturé en humidité : l'orage va avoir un max de carburant !

Puis arrive une voiture et 4 jeunes qui me prennent pour un malade, dehors avec mon trépied avec plusieurs flashs à la seconde. Eux profitent du spectacle mais bien à l'abri dans leur voiture.
22h29 : double impact vers le Sud Ouest + un autre impact bien plus loin au fond

22h36 : le paysage commence à disparaître sous la pluie... Les bases sont bien basses.

22h37 : je me fais surprendre par cet impact bien plus proche quer les autres (moins de 5 km). Avec la pluie qui tombe la photo est complètement surexposée. Dommage !

Je rate deux ou trois coups de foudre du même acabit avec sphères rouges bien visibles... Puis un impact vient tomber à 200-300 mètres de la voiture dans un crépitement bien caractéristique
Je comprends alors mon erreur, du gros passe plus loin, derrière le relief. Je me dis "tiens je vais tenter des photos par l'arrière". Et hop direction le point de vue trouvé plus tôt dans la soirée, à la Rouvière à côté de la Calmette au Nord de Nîmes. La pluie cesse et durant le trajet je vois de magnifiques impacts mais pas possible de s'arrêter avec une vue bien dégagée... J'arrive sur mon point de vue à presque 360 degrés et le spectacle est fabuleux avec deux groupes d'orages :
- un sur l'Est Gard qui s'évacue vers les Bouches du Rhône
- l'autre sur l'extrême Nord du Gard et l'Ardèche.
Je shoote d'abord le premier qui est plus proche et qui donne beaucoup de foudre.
23h12 : coup de foudre dans les fortes précipitations. A gauche le château de la Rouvière

23h14 : les fractus bien déchiquettés donennt une ambiance du tonnerre

23h22 : toujours le même orage de l'E Gard

Place maintenant au magnifique multicellulaire du Nord du Gard. Spectacle fabuleux, l'atmosphère a été "lavée", l'humidité "aspirée" et la visibilité est excellente. Les flashs incessants illuminent la structure monstrueuse devant laquelle le Mont Bouquet (630 m) semble tout petit. Je suis heureux devant un tel spectacle
Il est 23h29 et des images oniriques apparaissent au gré des illuminations :

23h29 : au moins 6 impacts visibles pour cette pose de 18 secondes !

23h30 : avec un gros coup de foudre à l'arrière et deux autres impacts plus lointains

23h31 : pas de commentaire, juste à savourer...

23h36 : un immense internuageux et toujours ces ambiances d'apocalypse vers le Nord où je me dit que le bombardement céleste doit valoir le détour de près...

Voilà, le tout s'éloigne et continuant de flasher en permanence, il est temps de faire de 19 km qui me séparent de mon appartement, bien heureux du spectacle qui m'aura été offert. Vive les orages de fin d'été / automne en Languedoc, c'est toujours la grande classe même si c'est très dur à photographier correctement !
Rien de bien violent autour de Nîmes, contrairement à ce qui s'est produit dans l'Aude ou l'Hérault.
Allez on en redemande des orages comme ça !