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À propos de TreizeVents

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    Perturbation tempérée
  1. C'est depuis février que des masses d'air anormalement chaudes ont commencé à se constituer sur le Sahara occidental, atteignant ces dernières semaines un niveau inédit avec des records qui sont tombés en cascade en mai entre l'Algérie, le Mali et la Mauritanie. Les bilans mensuels d'avril montraient déjà que le risque de chalumeau en cas de flux méridional était sérieux cette année, ceux de mai nous disant que le moindre flux de sud pourrait très vite devenir impardonnable. Manque de chance sauf pour les adeptes de fortes chaleurs, c'est bel et bien vers l'Europe que la soupape est en train de se déverser en partie, les portes de l'Hispanie en sont d'ailleurs le témoin privilégié. La France a réussi jusqu'à présent à éviter dans l'ensemble de se récupérer des remontées véritablement franches et durables, même si quelques failles temporaires dans la brèche pyrénéenne ont vite eu pour sentence de voir tomber plusieurs records de chaleur (centre et nord-est il y a quelques jours, basse vallée du Rhône il y a quelques heures). Et pour le moment, rien n'indique de terme à cette période à risque, faute de voir la langue brûlante axée vers l'Ibérie se faire déloger. Avec à la clé, un risque franchement caniculaire qui reste(ra?) toujours bien présent à moyenne / longue échéance, même si jusqu'à présent on a toujours réussi à éviter le plus gros en descendant les échéances. On peut continuer à avoir de la chance .. ou pas. De toute façon, la marmite saharienne n'est pas prête à lâcher le morceau.
  2. Juste pour l'exemple ... Indéniablement, en plaine, décembre 2016 n'a pas grand chose à voir avec son triste prédécesseur direct. Les inversions, particulièrement durables et tenaces sur un large tiers est / nord-est, modèrent nettement le bilan thermique là où vivent la grande majorité des gens. Il n'empêche qu'en terme de dynamique d'altitude, décembre 2016 est un second OVNI consécutif dans le paysage climatique. Je souhaite bien du plaisir à ceux qui voudront s'amuser à calculer les probabilités d'occurrence d'une telle série et la durée de retour d'un duo pareil dans un climat stable. Plus sérieusement, je pense quand même que 2015 reste un peu au dessus de 2016 même si cela ne se voit pas sur ces trois exemples (cela se serait davantage vu sur des seuils plus élevés). Il n'empêche que cela démontre quand même l'absence au moins aussi exceptionnelle qu'en 2015 de vraies advections froides d'altitude, et le caractère complètement figé de la synoptique générale ces dernières semaines.
  3. J'ai préféré répondre dans ce topic. (edit, lien corrigé)
  4. Je vais répondre ici à ce message, car le fond du sujet est plus approprié à un thème saisonnier qu'à de la simple prévision long terme hebdomadaire. Une chose qu'il faut bien comprendre avec la question du couplage entre la stratosphère et la troposphère, c'est que l'on ne peut que raisonner sur des échelles de temps longues, de l'ordre de plusieurs semaines au moins, simplement car les mécanismes en question se rapportent à des évolutions qui mettent plusieurs semaines à se mettre en place. Dans les deux sens d'ailleurs, que l'on parle d'un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) qui va venir désorganiser le vortex, comme des séquences de refroidissement / renforcement de ce vortex. Prenons un exemple concret de réchauffement stratosphérique soudain (SSW), voici ce qu'il s'était passé en 2009 : On a observé cette année là un SSW particulièrement intense et brutal centré sur le 21 janvier. On peut suivre ensuite la propagation vers le bas qui s'est faite progressivement, et essentiellement sur le mois de février. Au niveau de l'indice arctique (AO) et donc de la troposphère, les effets ont atteint leur maximum en seconde décade de février, soit 20 à 30 jours après le réchauffement stratosphérique. 20 à 30 jours, c'est particulièrement long à l'échelle d'un simple hiver de 90 jours. Dans un sens inverse, prenons l'exemple de l'hiver 1996/1997 (j'ai coupé l'image pour coller les morceaux) : La fin 1996 avait été marquée par une désorganisation assez marquée du vortex stratosphérique en fin d'automne, désorganisation qui s'était propagée à la troposphère en décembre. Et justement en décembre, la stratosphère est rentrée dans une phase de renforcement marqué ; cela étant la bascule au niveau de l'indice AO ne s'est faite qu'en seconde décade de janvier (l'indice AO étant resté très négatif en décembre et début janvier), soit un mois après le début du renforcement stratosphérique. L'exemple de 1996/1997 n'est pas choisi par pur hasard, mais parce qu'il est finalement très proche du constat de cette année : vortex stratosphérique très faible en fin d'automne avec un certain niveau de désorganisation qui s'est propagé la troposphère sur novembre / décembre, mais très net renforcement désormais : Voyons désormais en coupe ce qu'il est en train de se produire justement avec le vent zonal : Cela fait désormais une quinzaine de jours que le vortex stratosphérique a entamé sa phase de renforcement, dont nous sommes d'ailleurs en plein pic. La propagation vers la troposphère est en train de se mettre en place, mais elle n'est pas encore arrivée à maturité : la prévision (FCST) montre que les pleins effets de ce renforcement stratosphérique n'arriveront au niveau de la troposphère que d'ici une dizaine de jours, soit début janvier. Par ailleurs, la phase de renforcement étant toujours en cours et devant persister en stratosphère, on peut supposer que ce couplage devrait continuer à forcer la troposphère au moins jusqu'au 20 janvier, probablement même jusqu'en fin de mois. Alors bien entendu, il n'existe pas de certitudes, jamais. Si vous voulez des certitudes, gagnez du temps, ne lisez que les forums d'observations et de climatologie. Mais, dans les topics de prévision, où l'objectif est (il me semble ?) d'analyser et d'identifier le champ des probabilités pour en faire ressortir le scénario le plus probable, une information comme celle-ci a une importance considérable. Et à titre personnel, je trouve que les messages de ce type ("non mais vous n'en savez rien, arrêtez de faire des mauvais plans sur la comète à aussi longue échéance, etc") témoignent d'un certain manque de respect à l'égard des prévisionnistes chevronnés qui s'essayent à tirer des tendances - je ne parle pas seulement de moi, mais également de Run, de Ciel d'Encre, de gugo qui progresse énormément, et de tous ceux que je ne peux pas citer. Parce que je pense qu'il n'est pas un seul prévisionniste qui ne sache pas déjà que les certitudes ça n'existe pas, et surtout à J+10 ; et parce que passer l'éponge sur leurs avis, dès lors qu'ils sont motivés et argumentés sous la seule (fausse !) excuse qu'ils seraient trop sûrs d'eux et qu'on en sait rien parce que c'est trop loin (sans blague !), c'est vraiment une triste manière de rendre hommage au temps qu'ils dépensent pour vous concocter des analyses de qualité. Je ne dis pas que vous devez forcément être d'accord avec eux ou moi, d'ailleurs même entre nous les prévisionnistes on n'est pas toujours d'accord, mais il y a un minimum d'arguments et de respect à avoir dans les débats. Vous pouvez ne pas être d'accord avec la dernière analyse de X parce que vous pensez que l'anticyclone atlantique va davantage remonter cf tel modèle ou tel indice, mais ne pas être d'accord avec X juste parce que ça ne vous plait pas donc on va dire que c'est trop loin pour que l'avis vaille quelque chose, il y a le topic des lamentations pour ça. Pour en revenir à notre prévision en tant que telle, on voit que le couplage stratosphère / troposphère de long terme va vraisemblablement jouer défavorablement sur une bonne partie du mois de janvier. J'avais déjà évoqué une porte probablement fermée jusqu'en première décade de janvier, je maintiens cet avis, mais dans le fond c'est déjà une concession de se limiter à cette date du 10 janvier alors qu'on devine clairement sur les schémas exposés ci-dessus que ce forçage défavorable devrait durer bien au delà de cette date. En mode pessimiste, on pourrait même supposer (?) que cela ira jusqu'en début février. Je dis bien supposer, ce n'est pas une vérité acquise. Donc, à ce stade, quels facteurs pourraient nous être plus favorables ? - A large échelle, une perte de contrôle du couplage entre la troposphère et la stratosphère (cf ce qu'il s'était passé en janvier 2015) - A petite échelle, la mise en place d'une situation synoptique favorable sur la France dans un contexte global défavorable. Au niveau de la large échelle, je renvoie au graphique posté plus haut : les prévisions indiquent une propagation continue du renforcement stratosphérique en direction de la troposphère dans les prochains jours. Donc pour le moment, faute de mieux (boule de cristal ?), on ne peut pas envisager à court terme cette porte de sortie. Reste à suivre ce qu'il pourrait se passer en Arctique ces prochains jours, avec une sacrée advection d'air humide et doux en troposphère dirigée en plein sur le bassin central. L'année dernière, à peu près aux mêmes dates d'ailleurs, c'est ce qui avait initié une très belle désorganisation de la troposphère malgré une stratosphère défavorable. Peut-on jouer le 2-0 ? Les modèles répondent par la négative pour le moment, mais cela ne coûte rien de continuer à surveiller. Au niveau de la petite échelle, c'est déjà plus ouvert. Dans ces situations de renouvellement de noyaux de hauts géopotentiels dirigés depuis les Açores vers l'Europe Occidentale, outre les phénomènes de basses couches qui peuvent sauver la situation en plaine (RIP la montagne par contre), on sait par expérience qu'il suffit d'un petit décalage vers le nord et/ou vers l'ouest pour se trouver du bon côté du flux. A ce stade, on est sur des jeux difficilement prévisibles au delà de J+8, et c'est a mon avis la meilleure porte de sortie que l'on ait à se mettre sous la dent pour les deux à trois prochains semaines. Et des signes tangibles, on n'en n'a pas vraiment en amont de ce seuil de J+8 ; on peut toujours tergiverser sur les signes au delà de ce seuil mais on rappellera qu'à J+8, on devait aussi se taper un bon zonal à compter du week-end prochain. Prudence est mère de sûreté... En tout état de cause, on en revient au postulat initial : c'est plutôt défavorable pour nous même en projetant à longue échéance. Défavorable ne veut pas dire fermé, et comme vous le voyez il y a toujours des éléments qui permettent d'exclure les certitudes. Mais le fait que l'on en soit réduits à évoquer un coup de chance en local (la petite échelle), c'est aussi la démonstration que l'on n'attend pas forcément grand chose du contexte global. CQFD.
  5. Pour l'image, voici l'animation des anomalies de géopotentiels prévues pour dimanche midi par les 20 derniers runs de GFS : C'est quand même assez impressionnant comment la prévision initiale d'un courant zonal modérément actif s'est transformée run après run en un bon gros AF qui continue d'être modélisé un peu plus massif à chaque sortie. EDIT : idem mais avec l'évolution des runs du CEP :
  6. Pour l'anecdote, même si cela se termine avec une patate chez nous, l'indice NAO devrait atteindre une valeur de +2 dans les prochains jours : Cela peut paraître peu, mais ce seuil du +2 n'a été atteint que 12 jours en décembre sur 66 ans de données, cela témoigne de la rareté de l’événement.
  7. Bon alors aux grands maux, les grands remèdes, parce que la ça peut plus durer. Viens mon gros, je t'attends, et crois moi que t'as bien fait de venir...
  8. Le Met'Office a publié sa prévision de l'anomalie à attendre pour 2017 : +0.75° +/- 0.12° par rapport à la moyenne 1961-1990, soit +0.44° +/- 0.12° par rapport à la moyenne 1981-2010. Le graphique associé : Lien vers l'intégralité de l'article : http://www.metoffice.gov.uk/news/releases/2016/global-forecast-2017
  9. Ça alors, le bon zonal qui a fini par se transformer runs après runs en bon gros momo ... quelle surprise inattendue (ironie) ... On n'a pas fini de bouffer de la patate, sans grand espoir que cela serve à quelque chose car à ce stade les hautes latitudes restent verrouillées.
  10. Il est surtout lucide sur le fait que tout se joue en ce moment et sur les prochains jours : on pourra un peu mieux respirer (du point de vue hivernophile) si la phase de renforcement du vortex stratosphérique devait rester éphémère, mais dans le cas contraire on pourrait bien hypothéquer une partie de nos chances pour le reste de l'hiver.
  11. Pour relativiser un peu sur les USA, ils tirent une belle séquence froide depuis quelques jours, mais il faudrait rappeler que cela fait suite à un automne extraordinairement doux qui aurait conduit au suicide la moitié des hivernophiles que nous sommes :
  12. C'est un peu ça l'idée... Par rapport aux éléments plutôt favorables qu'on pouvait avoir encore fin novembre, on a fermé les fenêtres des possibilités les unes après les autres, et maintenant on est en train de se barricader dans une ornière zonale auto-entretenue dont il sera peut-être difficile de sortir. La troposphère est en train de finir de se réorganiser dans un schéma connu qui verrouille quasiment la NAO+ avec une vaste zone de bas géopotentiels entre le Groenland et Svalbard ; il suffit d'ailleurs de regarder les ensemblistes qui donnent des valeurs moyennes de l'ordre de 980 hPa même au delà de H+200, ce qui n'est pas anodin : Admirez ce magnifique rail zonal de Terre Neuve jusqu'en Sibérie centrale, presque un cas d'école .. Du coup côté Eurasie les masses froides se font littéralement déporter jusqu'en Sibérie orientale, il faut aller au delà de l'Oural pour trouver une moyenne de -10° à 850 hPa : On notera aussi la vigueur de train froid tiré sur le flanc ouest de ce super complexe dépressionnaire, à savoir sur le nord-est canadien et jusqu'au Labrador, parfait pour bien réalimenter en permanence la fameuse couveuse à dépressions de Terre Neuve (déferlante d'AWB). Alors je ne suis certainement pas devin pour prétendre savoir combien de temps cela durera, mais d'expérience, ce n'est jamais facile de sortir d'une ornière pareille une fois qu'on s'est enlisés dedans. Avec un peu de chance on n'en n'aurait que pour une bonne semaine, avec un peu moins de chance on pourrait continuer de faire la grimace sur la première quinzaine de janvier. Après, au delà de ce grand schéma général, on peut toujours garder l'idée que la France et/ou certains pans de l'Europe occidentale pourront toujours à certains moments tirer une petite épingle du jeu dans un contexte défavorable. Un peu à l'image de la perturbation n°14 de GEFS ce matin, dans sa version je mets un grain de sable et comme le chante Bénabar, petites causes grandes conséquences : Mais bon, c'est bien parce que je ne voulais pas non plus tirer de conclusions paraissant trop certaines, il n'empêche que les probabilités ne sont pas en notre faveur (du point de vue hivernophile s'entend). En attendant, on profitera quand même du bon coup de frais qui se profile pour le début de semaine avec ce retour d'est qui devrait traverser le pays de part en part avec des gelées assez généralisées sauf au sud-ouest et des après-midi pas bien chaudes. Arpège modélise même un fugace risque neigeux depuis quelques runs quelque part entre la Bresse et les régions centrales en surplus du plâtrage cévenol et des Alpes du sud.
  13. A noter qu'à la verticale du pôle (90° nord), la température à 10 hPa a chuté jusqu'à -88°, un seuil qui n'avait jamais été atteint auparavant (début des données 1978) : Confirmation en corollaire d'un très net renforcement du vent zonal, on passe d'un quasi record bas en début de mois à un quasi record haut en fin de mois.
  14. D'après les réanalyses, les valeurs de géopotentiels à 500 hPa de cette première quinzaine de décembre sont dans les normes d'un mois de juin, et dépassent certains mois de plein été comme août 2015...