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4 résultats trouvés

  1. Bonjour, M'intéressant de près au climat et à son évolution, je suis tombé sur cet article de sciences.blogs.liberation.fr : http://sciences.blogs.liberation.fr/2012/03/19/le-climat-mediterraneen-grimpe-vers-lyon/ Cet article s'appuie sur une étude menée par des organismes supposés sérieux (INRA notamment) Elle conclut, graphiques à l'appui, que, du fait du réchauffement climatique, les villes suivantes auraient basculé dans le climat méditerranéen : Montélimar, Toulouse, Millau, Valence et même...Lyon ! Pour ma part, les résultats de cette étude me laissent très dubitatifs... Mettons d'emblée de côté Montélimar qui, de toute façon, a toujours plus ou moins appartenu à la zone méditerranéenne (en limite certes, dirons certains, mais bon) Pour ce qui est des autres villes, les affirmations me paraissent pour le moins exagérées. Il me semblait que ce qui caractérisait (en France) le climat méditerranéen était avant tout son niveau moyen d'ensoleillement, disons, au minimum , 2400 à 2500 h annuelles.(régulièrement) Si on se base sur ce critère , pour moi, aucune de ces villes (excepté Montélimar) n'a basculé dans le climat méditerranéen, on en est même encore bien loin (je pourrais m'appuyer sur les moyennes d'ensoleillement des 10 dernières années , mais j'imagine que vous les connaissez déjà) Que pensez-vous des arguments de cet article ? Avec le réchauffement, une mise à niveau progressive de l'ensoleillement vers les "standards" méditerranéens est de l'ordre du plausible ? du fantasque ? Sur quelle étendue géographique ? (bon, en tout cas, les Lyonnais qui auront lu cet article auront sûrement été heureux d'apprendre qu'ils jouissaient désormais du climat méditerranéen, je ne suis pas sûr qu'ils s'en étaient aperçus... )
  2. Bonjour à tous. Pensez-vous que les extrêmes climatiques ( excés de pluviométrie de mars à Juin) , sécheresse accablante en Juillet, août et qui perdure à l'heure actuelle , possède un lien avec un éventuel changement climatique? N'observe -t-on pas un début d'évolution climatique , une remontée du Climat "méditerranéen" vers le Nord?, un changement dans la répartition des pluies ? ou encore une récurrence de certaines situations atmosphériques (placement répétée et décalage vers le nord de l'anticyclone ibérique)? Faites part de vos impressions ou de vos analyses sur ce sujet très complexe et qui retient mon attention dans le sens ou il s'agit peut etre d'un simple "accident climatique" très temporaire, issu de la variabilité naturelle de notre climat?
  3. Salut à toute la communauté IC, depuis que j'ai découvert le forum il y a de cela 3 ans (merci à vous !), j'ai redécouvert ma passion pour la météorologie et la climatologie. Déjà inquiet à propos du RCA, à force de lire de plus en plus le forum, puis des blogs, ouvrages et autres ressources j'ai commencé à beaucoup mieux cerner l'ampleur inédite et catastrophique pour notre avenir et pour le reste du vivant du réchauffement climatique. Sur ma ferme, je tente depuis de sensibiliser les gens qui y passent à l'urgence et l'importance de lutter contre ce phénomène. Cela marche plus ou moins bien, car malheureusement pour mieux saisir l'ampleur du phénomène, il faut avoir un minimum de connaissances sur les climats de la planète, sur les phénomènes météorologiques, sur l'effet de serre, les différents cycles de l'énergie et de la matière, les rétroactions avec les écosystèmes, tampons essentiels au RCA, mais aussi gravement dégradés par l'homme, etc, ce que la majorité des gens n'ont pas... Je me suis alors demandé ce qui m'a déjà tout jeune sensibilisé à la nature, à la compréhension de cette dernière et à l'importance fondamentale qu'à le climat d'une région sur cette dernière, sur nos vies ; je me suis demandé ce qui m'a poussé à en savoir plus et ainsi à mieux cerner aujourd'hui les dégâts que nous causons. J'en suis venu au fait, qu'outre les journées à jouer sur la ferme de mes parents dans les arbres, à observer les oiseaux, à dévorer des livres, j'ai été fortement impacté par les images et surtout par les documentaires sur la vie de notre planète, sur les phénomènes météo et autres sujets qui ne me lâchent plus depuis. L'angoisse étant forte en moi depuis quelques années face au peu de réaction à un phénomène qui risque de complètement nous dépasser, me sentant impuissant, j'ai décidé il y a deux mois de créer un blog référençant justement tous les documentaires en streaming existant sur le sujet, de même que sur les problématiques qui y sont liées. J'espère ainsi, à ma très petite échelle, toucher le plus de gens possible, qu'ils souhaitent s'informer, qu'ils soient sensibilisés aux connaissances scientifiques indispensables pour cerner le sujet et ainsi "comprendre pour mieux agir" (ce qui est sous-titre de mon blog ). Ce blog est et restera purement bénévole, j'y ait déjà passé pas mal de temps et "bouffé" beaucoup de documentaires (je vous dis pas les angoisses la nuit ) mais depuis que j'ai commencé ce blog, je suis de plus en plus motivé par l'envie d'informer et de sensibiliser à ce sujet. J'ose, après moult hésitations sur le moment pour le faire, le soumettre aux critiques de la communauté IC (ce qui est l'équivalent pour moi de passer devant un jury d'experts en rendant mon mémoire, que je crains d'avoir bâclé ). Je suis donc ouvert à toutes les remarques, suggestions, critiques (constructives si possible) qui pourraient m'aider à améliorer, corriger et enrichir le blog : https://docuclimat.wordpress.com/ J'ai pour l'instant référencé environ 90 documentaires et reportages (j'ai ainsi visionné la majorité des docus, le reste en lecture fractionné pour au moins vérifier la qualité et la pertinence scientifique des données et thèses exposés), il m'en reste encore une quarantaine à visionner (et j'en trouverais surement d'autres). Ce blog n'a pas pour but d'être objectif (je ne crois d'ailleurs pas à l'objectivité pure, à par pour les données brutes), et est donc pleinement subjectif dans ses choix de docus et commentaires de ma part. Je refuse ainsi de référencer les docus climatosceptiques qui sont d'ailleurs malheureusement très bien indexés et référencés sur google et youtube... Par la suite, je souhaite aussi effectuer un référencement mensuel ou bimensuel des articles de qualité et études importantes sur le sujet du réchauffement climatique. Je souhaite aussi enrichir et améliorer les pages de mon blog pour que les personnes qui y accèdent aient un référencement le plus complet possible des blogs et sites internets à ce sujet, des ouvrages et documents techniques, etc... J'espère que la présentation de mon blog aura été la plus claire possible, que vous aurez envie de le parcourir et d'en discuter avec moi. Merci encore à vous pour vos posts de qualité qui m'ont nourri dans mon envie de mettre ma petite graine dans la lutte contre le RCA ! A bientôt sur mon blog, sur ce sujet ou ailleurs sur le forum, Yoann https://docuclimat.wordpress.com/ P.S : désolé, j'ai écrit un vrai pavé, déjà que dans la "vraie vie" je suis assez bavard
  4. Petit sujet que j'ai pris plaisir à traduire (voir source et références en bas du texte) et que j'ai pensé partager. J'avais hésité à poster à la suite d'un sujet cadre déjà existant : http://forums.infoclimat.fr/f/topic/35501-volcanisme-et-climat/ , mais je me suis dit que ça éviterait peut être que le post ne tombe trop vite dans l'oubli en cas de hausse d'activité du topic. Il est probable que des fautes se soient glissées dans la traduction, malgré plusieurs relectures. Enfin, le sujet aborde l'effet des grosses éruptions sur le climat. Cela dit, et comme évoqué dans le texte qui suit, ces effets sont à replacer dans un cadre plus large qui est celui d'un système physique régit par de multiples interactions. Les éléments présentés ici ne sont évidemment pas exhaustifs, et les références peuvent servir à aller plus loin. Introduction « Le soleil était sombre et son obscurité a duré dix-huit mois : chaque jour, il brillait pendant environ quatre heures, et encore cette lumière était comparable à une faible obscurité. Les fruits ne mûrissaient pas et le vin avait le gout des raisins verts ». Comme en témoigne cette citation syrienne concernant le temps en 536 après J-C, une perturbation climatique qui masque le soleil peut vraiment gâcher vos journées. Comme Procope de Césarée l’a fait remarquer : « Au cours de cette année [536 après J-C] un évènement très redouté a eu lieu. L’éclat du soleil s’est terni, cela ressemblait à une éclipse. » De nombreux documents entre 535 et 536 après J-C - à l'époque du roi Arthur en Grande-Bretagne - parlent du terrible « brouillard sec » ou nuage de poussière qui obscurcit le soleil, provoquant de mauvaises récoltes en Europe, des gelées en été, la sécheresse et la famine en Chine. Des études sur les anneaux d'arbres en Europe confirment plusieurs années de croissance très faible à cette époque, et les carottes de glace du Groenland et de l'Antarctique montrent des niveaux très élevés de poussières et d’acide sulfurique, témoignant de leur grande présence dans l’atmosphère à cette période. Bien que certains scientifiques pensent que la catastrophe climatique de 535-536 apr. J.-C. était due à une comète ou à un astéroïde percutant la Terre, il est largement admis que l'événement a été probablement causé par l'éruption volcanique la plus massive des 1500 dernières années. Cette éruption a projeté tellement de dioxyde de soufre (SO2) dans la stratosphère qu'un «hiver volcanique» a abouti. Le dioxyde de soufre réagit avec l'eau pour former des gouttelettes d'acide sulfurique qui sont hautement réfléchissantes et réduisent la quantité de lumière entrant dans le système climatique. L'éruption potentielle qui a conduit à la catastrophe durant la période 535-536 après J-C a probablement été un événement de magnitude 7 sur l'indice d’explosivité volcanique (VEI) - une éruption "super colossale" dont on peut attendre une durée de retour d’une fois tous les 1000 ans. L'indice d'explosivité volcanique est une échelle logarithmique, comme l'échelle de Richter utilisée pour évaluer l’intensité des tremblements de terre. Donc une éruption de magnitude 7 éjecte dix fois plus de matériaux et gaz que les deux plus grandes éruptions du siècle passé (VEI 6) - l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines (1991) et du Novarupta en Alaska (1912). Figure 1. Un panache volcanique de 18 kilomètres de haut dû à une série d'éruptions explosives du mont Pinatubo commençant le 12 Juin 1991, vu de Clark Air Base (environ 20 km à l'est du volcan). Trois jours plus tard, l'éruption la plus puissante a produit un panache qui s’est élevé à près de 40 km, pénétrant ainsi dans la stratosphère. Les émissions de soufre du Pinatubo ont refroidi la Terre d'environ 0,5 ° C pendant 1 - 2 ans. (Photo David H. Harlow, USGS). Éruptions Super-colossales Il n'y a eu qu’une seule autre éruption « super-colossale », donc de magnitude 7, sur les 1500 dernières années - l'éruption massive du volcan indonésien Tambora en 1815. Le soufre projeté par cette éruption dans la stratosphère a terni la lumière du soleil de façon prolongée, de telle sorte que les températures mondiales ont chuté d’environ 1 ° C pendant les 1 - 2 ans qui ont suivi. Cela a déclenché la célèbre année sans été en 1816. Les gelées et les tempêtes de neige en mai et Juin 1816 à l'Est du Canada et de la Nouvelle-Angleterre ont causé des mauvaises récoltes généralisées. L'éruption du Tambora était d'environ 40% moins forte que l’éruption en 535-536 après J-C, tel que mesuré par le nombre de particules d'aérosols de soufre déposées dans les carottes de glace du Groenland. Dans un article publié en 2008 dans l'American Geophysical Union Journal, le Dr Ken Verosub de l'Université de Californie, a estimé que les éruptions futures susceptibles de provoquer des effets de type "hivers volcaniques" assez marqués pour pouvoir abaisser les températures mondiales de 1 ° C et déclencher des mauvaises récoltes généralisées pendant 1 - 2 ans, devraient se produire environ une fois tous les 200 - 300 ans. Même une éruption de magnitude 6, telle que l’éruption du volcan péruvien Huaynaputina (en 1600), peut causer des changements climatiques capables de tuer des millions de personnes. L'éruption du Huaynaputina est blâmée pour avoir causé la famine russe de 1601 à 1603, qui a tué plus d'un demi-million de personnes et qui a conduit au renversement du tsar Boris Godounov (voir https://en.wikipedia.org/wiki/Russian_famine_of_1601%E2%80%9303 ). Heureusement, les impacts climatiques de ces éruptions historiques de magnitude 6 et 7 ont été de relativement courte durée. Après environ deux ans, les aérosols et les particules d’acide sulfurique se sont déplacées hors de la stratosphère, permettant un retour à la norme au niveau climatique. Eruptions Méga-colossales Des éruptions encore plus extrêmes ont eu lieu au cours de l’histoire de la terre – des éruptions au moins dix fois plus puissantes que l'éruption du Tambora, leur offrant un rang de 8 sur 8 sur l'indice d'explosivité volcanique (VEI). Ces éruptions «méga-colossales» se produisent avec une durée de retour supérieure à 10 000 ans, mais les effets climatiques sont beaucoup plus durables et sont donc une menace plus importante pour la civilisation humaine. Selon la théorie de la catastrophe du Toba (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_catastrophe_de_Toba ), une éruption méga-colossale a eut lieu à la caldera du Toba, à Sumatra, il y a environ 74 000 ans, et était 3500 fois plus importante que l'éruption du Tambora. Selon des simulations de modèles climatiques, une éruption de cette grandeur peut projeter tellement de dioxyde de soufre dans la stratosphère que l'atmosphère n'a pas la capacité d'oxyder tout le SO2 en acide sulfurique. L'atmosphère oxyde alors le SO2 comme elle le peut, en laissant un énorme réservoir de SO2 non oxydé dans la stratosphère. Ce SO2 réagit progressivement pour former de l'acide sulfurique, puisque les radicaux OH nécessaires pour cette réaction sont produits graduellement. Le résultat est un effet climatique beaucoup plus durable que les 1 - 2 ans suivant une éruption de magnitude 6 ou 7, comme celles de 535, 1600, 1815, et 1991. Une éruption de magnitude 8 comme l'événement du Toba peut refroidir la planète jusqu’à 6 - 10 ans (figure 3), ce qui peut être assez long pour déclencher une bascule vers un âge de glace - si le climat est déjà sur le point de basculer dans une ère glaciaire. Rampino et Self (1992) ont fait valoir que le voile d'aérosol de soufre du Toba était assez épais et persistant pour refroidir le globe de 3 - 5 ° C , poussant le système climatique – en supposant qu’il était déjà sur le point de basculer - vers un âge de glace à grande échelle. Ils ont suggéré que la réponse climatique à l’éruption, au niveau du Canada, a joué un rôle particulièrement important, simulant avec leur modèle une baisse de 12 ° C des températures d'été au Canada. Cela aurait favorisé la croissance de la calotte glaciaire Laurentide, augmentant la réflectivité (albédo) de la Terre, réfléchissant plus la lumière du soleil et réduisant les températures encore plus (rétroaction positive). La théorie de la catastrophe du Toba affirme que le changement climatique brusque résultant a réduit la population d’Hominidé de la Terre à seulement 1000 - 10 000 couples reproducteurs. Cependant, des recherches plus récentes ont mis un doute considérable sur l'idée que l'éruption du Toba a poussé le climat dans une ère glaciaire. Oppenheimer et al. (2002) ont avancé des preuves soutenant une réduction de seulement 1,1 ° C de la température à l’échelle du globe, pour les 1000 ans après l'éruption. Zielinski et al. (1996) ont fait valoir que l'éruption du Toba n'a pas déclenché une longue période glaciaire - l'éruption a simplement poussé le monde dans une période de refroidissement qui a duré ~200 ans. Timmereck et al. (2010) ont utilisé un modèle montrant que les particules de sulfate projetées dans la stratosphère se seraient agglutinées après l'éruption, ce qui limite l'effet de refroidissement à quatre ans, avec une réduction globale maximale de la température de 3,5 ° C. Fait intéressant, une super-éruption antérieure du Toba, il y a 788 000 ans, a coïncidé avec une transition d'un âge de glace vers une période chaude… ( voir par exemple : http://weiky.gl.ntu.edu.tw/introduction%20WKY/2004_Geology_LEE.pdf ). Ces résultats suggèrent que des facteurs autres que le volcanisme ont joué un rôle plus influent dans l’alternance de période glaciaire/interglaciaire au Quaternaire. Figure 2 : La Caldera du Toba est située dans le centre de Sumatra à environ 200 km au nord de l'équateur. Elle est comprise dans un alignement de 4 calderas au niveau de la chaîne volcanique de Sumatra. Des cataclysmes volcaniques répétés ont abouti à l’éruption prodigieuse du jeune Toba il y a environ 74.000 années. La superficie du lac est de 100 kilomètres carrés. L’île Samosir s’est formée à la suite d'un soulèvement ultérieur au-dessus du réservoir de magma se vidant. Ces dômes résurgents sont généralement considérés comme la phase finale d'une grande éruption. A quand la prochaine éruption méga-colossale ? Compte tenu de la fréquence observée des éruptions méga-colossales (magnitude 8) qui est d’environ 1 tous les 1,4 millions d'années, les chances qu’une d’elle se produise dans les 100 prochaines années est d'environ 0,014%, (voir Mason et al., 2004). Cela correspond à une probabilité de 1% au cours des 7200 prochaines années. Rampino (2002) met la fréquence moyenne de ces éruptions à une fois tous les ~50 000 ans. Un emplacement probable pour la prochaine éruption méga-colossale serait au Yellowstone, dans le Wyoming, qui a eu des éruptions de magnitude 7 ou 8 environs tous les 650.000 ans. La dernière éruption méga-colossale s’est produite il y a environ 640.000 années. Cependant, l'USGS précise que «le système volcanique du Yellowstone ne montre aucun signe laissant penser qu’il tend vers une nouvelle éruption. La probabilité d'une grande éruption dans le millier d'années à venir est extrêmement faible" ( voir : http://pubs.usgs.gov/fs/2005/3024/ ). Figure 3. Masse totale de dioxyde de soufre et d’aérosols de sulfate émise dans la stratosphère (traits pleins et pointillés, respectivement) modélisée pour une injection de 6 pétagramme de SO2 dans la stratosphère (niveau Toba). Le SO2 et la masse d'aérosol observé pour le Pinatubo sont présentés à titre de comparaison. La quantité beaucoup plus importante de SO2 dans la simulation du Toba absorbe tous les oxydants disponibles dans la stratosphère, conduisant à une durée de vie beaucoup plus longue du SO2 et, à son tour, ce qui prolonge la durée fabrication d'aérosols de sulfate. Qu'est-ce qui se passerait si une éruption de magnitude 8 devait se produire aujourd'hui? Si une éruption méga-colossale devait se produire aujourd'hui, elle ne serait probablement pas en mesure de pousser la Terre vers un âge de glace, selon des études effectuées, par exemple voir Jones et al. (2005). Dans cette étude, ils ont constaté qu'une éruption comme le Toba refroidirait la Terre d'environ 9,4 ° C après la première année (Figure 4), et la température se redresserait ensuite progressivement à 1,8 ° C sous la norme, dix ans après l'éruption. Ils ont constaté que l'éruption réduirait les précipitations de 50% au niveau mondial pour les deux premières années, et jusqu'à 90% par rapport à la norme en Amazonie, en Asie du Sud-Est et en Afrique centrale. Ce serait évidemment très mauvais pour la civilisation humaine, avec le manque de soleil et le froid, provoquant de mauvaises récoltes généralisées et la famine de millions de personnes. En outre, l'éruption pourrait détruire le paysage sur plusieurs centaines de kilomètres autour du point d’éruption et conduire à une perte partielle de la couche d'ozone de la Terre, ce qui permettrait à des quantités importantes d’UVs de pénétrer jusqu’en surface. Cela dit, pas même une éruption méga-colossale de cette ampleur ne pourrait arrêter le réchauffement climatique. Le niveau de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ne serait pas affecté par l'éruption volcanique. Le système climatique n’étant alors plus en équilibre avec les GES, le réchauffement reprendrait là où il s’été arrêté une fois les aérosols stratosphérique purgés (environs une dizaine d’années), en rattrapant « le temps perdu » (effet rebond). Avec une civilisation fortement perturbée par la catastrophe, les émissions de gaz à effet de serre seraient considérablement réduites (petite consolation!). Si nous voulions vraiment dire au revoir à la civilisation, un remake de la seule éruption de magnitude 9 connue dans l'histoire de la terre devrait faire l'affaire – l’éruption de magnitude 9.2 de La Garita, au Colorado il y a 27,8 millions d'années (Mason et al., 2004). Voir : http://www.livescience.com/11113-biggest-volcanic-eruption.html . Figure 4. Anomalie de température annuelle en surface pour l'année qui suivrait une éruption volcanique méga-colossale comme l'éruption du Toba il y’a 74.000 ans, si elle devait se produire aujourd'hui. La plupart des zones terrestres se refroidiraient de 12 ° C par rapport à la moyenne. Certaines régions, comme l'Afrique, encore plus. L’Europe de l’Ouest est plutôt protégée par un forçage atmosphérique de type AO+. Figure 5 : Carte mondiale des volcans de magnitude 7 et 8 sur l’échelle VEI connus à ce jour. Qu'est-ce qui se passerait si une éruption de magnitude 7 devait se produire aujourd'hui? Une éruption de magnitude 7 comme l’éruption de 1815 causerait de mauvaises récoltes à grande échelle pendant 1 - 2 ans après l'éruption. Avec une production alimentaire mondiale déjà sous tension via la surpopulation, la diminution de la disponibilité en eau etc. une éruption volcanique majeure créerait probablement une famine généralisée, menaçant la vie de millions de personnes. Des guerres pour des ressources rares pourraient en résulter. Cependant, la vulnérabilité de la société aux grandes éruptions volcaniques est inférieure à ce qu'elle était autrefois, car le monde s’est réchauffé de manière significative au cours des 200 dernières années. Les famines liées aux éruptions de 1600 et 1815 ont toutes les deux eu lieu au cours du petit âge de glace, lorsque les températures mondiales étaient environ 0,8 ° C plus froides qu’aujourd'hui. Les mauvaises récoltes ne seraient pas aussi répandues avec les températures mondiales d'aujourd'hui, si une éruption pareille devait se produire. Les volcans peuvent aussi réchauffer le climat Alors que les volcans refroidissent le climat sur des échelles de temps de quelques années, lors de périodes géologiques très actives ils ont tendance à réchauffer le climat sur des échelles de temps plus longues (de l'ordre de la dizaine de milliers à plusieurs centaines de milliers d'années), car ils sont une source importante de CO2 naturel pour l'atmosphère ( voir http://www.insu.cnrs.fr/terre-solide/lithosphere-continentale/que-sont-les-grandes-provinces-ignees ). Selon la littérature scientifique à ce sujet, on estime que les volcans émettent actuellement "seulement" entre 0.132 et 0.319 gigatonnes de CO2 dans l'atmosphère chaque année, ce qui est d'environ 100 à 300 fois moins que les 36 à 40 Gt émis par les Hommes dans l'atmosphère chaque année. Selon l'USGS, avec 50 - 60 volcans actifs sur la Terre à un moment donné, il faudrait environ 11.700 volcans supplémentaires comme le Kilauea à Hawaii pour amener les émissions volcaniques de CO2 à la hauteur de ce que font les humains. En dépit de la quantité relativement maigre de CO2 qu'ils injectent dans l'atmosphère, les volcans sont en grande partie responsables du CO2 naturel présent dans l'atmosphère, et ont contribué à rendre la vie possible sur Terre. Pourquoi, alors, les niveaux de CO2 n’ont pas constamment augmenté au fil du temps géologique, faisant de la terre une planète chaude et humide ? En fait, les niveaux de CO2 ont considérablement diminué depuis l'époque des dinosaures – pourquoi ? Eh bien, le CO2 émis par les volcans est éliminé de l'atmosphère par l'altération chimique. Cela se produit lorsque la pluie et les chutes de neige tombent sur des roches silicatées, entre autres. Les silicates réagissent avec le CO2 contenu dans l’eau et le supprime du réservoir atmosphérique. Le carbone retiré de l'air est ensuite transporté vers la mer, où il se retrouve dans les sédiments océaniques qui durcissent progressivement en roche. Le taux d'altération chimique sur la Terre s’est accéléré depuis l'époque des dinosaures, en grande partie en raison du soulèvement récent de l'Himalaya et des montagnes du plateau tibétain. Ces hautes terres subissent une énorme quantité d'altération, grâce à leurs hauteurs et aux pluies de la mousson asiatique qu'ils capturent. Malheureusement, l'altération chimique ne peut pas nous aider avec nos hauts niveaux actuels de gaz à effet de serre, car l'altération chimique prend des milliers d'années pour éliminer des quantités importantes de CO2 dans l'atmosphère. Il faudrait environ 100.000 années pour que l'altération des silicates parvienne à éliminer 63% du CO2 dans l'atmosphère. Ainsi, les modèles climatiques prédisent que l'altération chimique va résoudre notre problème de gaz à effet de serre dans environ 100.000 - 300.000 ans.. Les volcans tropicaux ont un plus grand impact sur le climat Examinons les éruptions volcaniques récentes qui ont eu un effet de refroidissement significatif sur le climat. Au cours des 200 dernières années, le Mt. Pinatubo aux Philippines (Juin 1991), El Chichon (Mexique, 1982), Mt. Agung (Indonésie, 1963), Santa Maria (Guatemala, 1902), le Krakatoa (Indonésie, 1883), et le Tambora (1815) ont tous créé un refroidissement notable. Vous remarquerez dans la liste des éruptions ci-dessus que tous ces événements climatiques étaient des volcans situés au niveau des tropiques. Au-dessus des tropiques, les caractéristiques de la circulation dans la stratosphère font que l’air y est ascendant, ce qui aspire les aérosols volcaniques contenant du soufre vers des niveaux élevés dans la stratosphère. Les vents en altitude ont ensuite tendance à s’écouler de l'équateur vers les pôles, donc les aérosols de soufre provenant des éruptions équatoriales se répartissent dans les deux hémisphères. Ces particules d'aérosol prennent un an ou deux pour revenir vers le sol, car il n'y a pas de pluie dans la stratosphère pour aider à les supprimer rapidement. Par contre, si une éruption volcanique majeure se produit dans les latitudes moyennes ou dans les régions polaires, la circulation de la stratosphère dans ces régions fait qu’elles sont situées sous un mouvement descendant en altitude, et les particules d'aérosols volcaniques ne sont pas en mesure de pénétrer haut dans la stratosphère et de se répandre tout autour du globe. L'éruption de 2009 du mont de l'Alaska, par exemple, situé à près de 59 ° de latitude nord, était trop au nord pour être en mesure d'injecter des quantités importantes d'aérosols de soufre dans la stratosphère. Cependant, des modèles indiquent que l'éruption peut avoir indirectement affaibli la mousson d'été en Inde, en produisant un été anormalement chaud et sec sur le nord de l'Inde. Des exceptions à cette règle existent, comme en témoigne l’éruption du Laki en Islande, que nous détaillerons plus bas. Figure 7 : Quantité de gaz soufrés émise par des éruptions volcaniques récentes. Donc, pour les éruptions tropicales, les effets durent à la fois plus longtemps et sont plus répandus que pour les éruptions de haute latitude. L'impact principal au niveau global est un refroidissement sur l’échelle de quelques années, mais des changements connexes dans la circulation atmosphérique peuvent provoquer des «réchauffements d'hiver» en Europe (forçage sur une circulation de type AO+/NAO+), des modifications des régimes de pluies et il existe des indices paléo-climatiques d'un impact sur les événements El Nino - la probabilité de ce dernier peut doubler après une grosse éruption tropicale (Adams et al, 2003). Il peut y avoir des exceptions à la règle des « impacts climatiques majeurs uniquement réservés aux volcans tropicaux », et au moins un volcan de haute latitude semble avoir eu des effets climatiques, moins globaux mais importants, malgré son caractère non-tropical; le Laki (Islande, en 1783-1784). Le facteur crucial est que l'éruption était presque continue pendant plus de 8 mois, ce qui conduisit à des concentrations élevées de sulfate en troposphère sur une grande partie des régions atlantiques et européennes, même si les concentrations stratosphériques n’étaient probablement pas particulièrement exceptionnelles. Références : Bekki, S., J.A. Pyle, W. Zhong, R. Toumi, J.D. Haigh and D.M. Pyle, 1996, "The role of microphysical and chemical processes in prolonging the climate forcing of the Toba eruption", Geophysical Research Letters 23 (1996), pp. 2669-2672. Jones, G.S., et al., 2005, "An AOGCM simulation of the climate response to a volcanic super-eruption", Climate Dynamics, 25, Numbers 7-8, pp 725-738, December, 2005. Kerrick, D.M., 2001, "Present and past nonanthropogenic CO2 degassing from the solid Earth," Reviews of Geophysics, v. 39, n. 4, p. 565-585. Rampino, M.R., and S. 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