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« Science » du lien entre pluviométrie et débit des cours d’eau


Alfeternale
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« Science » du lien entre pluviométrie et débit des cours d’eau

Demande d’explications

Introduction.

Bonjour,

Je ne sais pas si on peut appeler ça une science (du moins dans son sens commun), à cause du fait qu’elle ne soit peut-être pas assez vaste et complexe, mais ceci n’empêche pas que je n’arrive pas toujours à comprendre le lien entre la pluviométrie et le débit des cours d’eau.

Je ne suis qu’un simple amateur d’hydrométrie et pluviométrie non-qualifié (à part mon bac scientifique et mon année universitaire de géographie qui ne m’ont pas apporté grand-chose du point de vue du savoir climatologique). Ceci-dit, je m’intéresse de très près depuis 2003 (suite à la sécheresse) au débit des rivières de ma région et à la pluviométrie qui les accompagnent, et je n’arrive pas toujours à expliquer ce que je remarque. Je viens alors quérir de l’aide auprès des connaisseurs du forum pour espérer trouver des explications concrètes à mes questionnements.

I – Comprendre le fonctionnement et le lien entre pluviométrie et débit des cours d’eau.

Il pleut. Si je comprends bien : Une partie de l’eau précipitée est absorbée directement (?) par les végétaux, une autre partie s’infiltre dans les nappes phréatiques (lesquelles alimentent doucement les rivières (?), les végétaux (???) et les Hommes), encore une autre partie ruisselle et rejoint directement les cours d’eau, et une petite (?) dernière est évaporée avant d’avoir atteint quoi que ce soit. J’ai fait le calcul et environ 450l/m²/an de pluie est absorbée en moyenne (même si ce chiffre est curieusement à la hausse depuis les années 90) sur les 1150km² que représente la Drôme à l’exutoire de Saillans (26), et n’atteint pas la station hydrométrique. Le reste de la pluviométrie de l’année constitue ce qui est mesuré par la station. Comme il doit tomber en moyenne 1000mm/an sur ce bassin versant, disons qu’une petite moitié est pompée par le couvert végétal et les Hommes.

Le mois d’août est aussi pluvieux que le mois de janvier à Die (26 ; au cœur du BV) par exemple. Sans prendre en compte les conséquences saisonnières, il devrait y avoir la même quantité d’eau dans la Drôme en août qu’en janvier, or il y en 5X moins (et encore, une partie des précipitations de janvier restent stockées sous forme de neige sur les têtes de BV). Donc nous sommes forcés de constater qu’il y a tout un tas d’explications liées aux saisons. 1ère explication : l’évapotranspiration. Les couvert végétal en janvier est très réduit (les feuillus n’ont plus de feuille (donc aucune évapotranspiration ?), et l’herbe est rase), tandis qu’il est dense du 20 avril au 20 octobre (j’ai cru remarquer) ce qui expliquerait très bien qu’en août, une grande partie (ou la totalité) de la pluie est pompée par le couvert végétal tandis qu’en janvier, celle-ci s’infiltre plus librement dans les nappes et dans les cours d’eau. Il y a aussi les températures et la force du soleil qui jouent un rôle (certainement moindre comparé à la conséquence précédente) dans l’évaporation des eaux superficielles des cours d’eau et plans d’eau. Puis Il y a l’irrigation dont je n’ai aucune idée des chiffres, mais qui doit être très faible comparée au « potentiel hydrométrique » des pluies. Et enfin nous avons la forme des précipitations qui varie énormément entre janvier et août (intensité horaire, nombre de jours mensuel de précipitation) et c’est là que je ne comprends pas toujours où se retrouve l’eau des pluies…

II – Trop faible et trop forte intensité horaire.

J’ai remarqué, depuis que je suis la situation hydrométrique, quelque chose qui s’accorde tout-à-fait aux idées-reçues largement répandues : Les averses orageuses trop violentes ne profitent pas durablement aux rivières, l’eau n’y fait que passer en coup de vent. Mais j’ai remarqué également que les pluies de trop faible intensité semblaient ne pas profiter non-plus à la rivière (il était tombé par exemple plus de 30mm de pluie étalés sur 24h le 15 mai 2009, et le débit de la Drôme n’avait quasiment pas bougé le 15 et 16 mai et avait repris sa baisse (de plus, marquée) le lendemain !).

1). Trop forte intensité.

On entend souvent qu’une forte averse orageuse, surtout si elle succède une période sèche (la terre étant alors dure), ne fait que ruisseler sans s’infiltrer, gonflant ainsi le débit superficiel des cours d’eau pour une période limitée (l’eau est rapidement évacuée vers l’aval). Et là, ça trouble ma logique. Si l’eau de l’averse ne s’infiltre pas, et quelle n’est donc pas pompée par les végétaux, alors le rapport pour la rivière devrait être maximum : toute l’eau de l’averse se retrouverait donc dans la rivière (même si elle ne ferait qu’y passer brièvement) plutôt que de s’infiltrer et être pompée en grande partie par le couvert végétal. Or ce n’est pas du tout ce que j’observe.

Prenons un exemple abstrait dont les valeurs sont complètement approximatives : Une forte averse au 1er août de 50mm en 1h ou 2, et une pluie régulière au 1er octobre de 50mm en 10h, le tout sur le BV de la Drôme à l’exutoire de Luc-en-Diois (26 ; env. 200km²) (Les deux débits précédant les précipitations étant de 150l/s). En août, la Drôme va monter entre 5 et 10m3/s entre le 1er et 2 août (j’imagine) et redescendre très rapidement pour retrouver quelques jours plus tard son débit initial de 150l/s, pour finir à la fin du mois à 100l/s. Le débit mensuel sera donc autour de 200-250l/s. En octobre, la Drôme va monter entre 5 et 20m3/s entre le 1er et 2, et redescendre très progressivement tout au long du mois, pour finir aux alentours de 500l/s. Le débit mensuel serait donc plutôt de 1 à 2m3/s, soit 5 à 10X plus qu’août. Pourtant, les lames d’eau d’août ne pénètrent pas la terre d’après l’idée-reçue, et donc se retrouvent entièrement dans les cours d’eau tandis qu’en octobre, l’eau s’infiltre dans les nappes, qui sont pompées en partie par la végétation (?) et qui redistribuent la partie restante aux rivières (de manière plus régulière). Il devrait donc clairement y avoir un débit mensuel plus important en août qu’en octobre ! Car si l’eau ne fait que ruisseler en août, on devrait avoir un pic de crue très important (bien plus qu’en octobre), amenant le module du mois à un niveau supérieur à celui d’octobre grâce à 1 ou 2 débits journaliers très importants en août. Mais ce n’est pas du tout ce qu’on observe, les pics de crues estivaux sont moins importants (sauf quand l’épisode pluvieux est très important, comme à Vaison-la-Romaine en septembre 1992 par exemple) que ceux des autres saisons pour un cumul de précipitations équivalent, et sont si brefs, que le(s) débit(s) journalier(s) associé(s) n’/ne est/sont pas très important(s).

Alors où se retrouve la plupart des 50mm du mois d’août ???

2). Trop faible intensité.

Les giboulées, la bruine, les averses discontinues ou autres faibles intensités horaires, sont autant de formes de précipitation qui ne profitent pas bien à la rivière d’après mon observation, et ce, qu’importe la saison (même si certaines se prêtent plus que d’autres) et qu’importe que les cumuls journaliers ou décadaires soient importants. Mais alors où finissent ces lames d’eau ??? La végétation pompe certes une bonne proportion du cumul pluviométrique annuel, mais c’est une accumulation sur l’année, je ne pense pas que le couvert végétal puisse pomper la totalité des 50mm tombés à un jour x, même en été, celui-ci possède un taux de saturation journalier non ? Quelle est la quantité journalière maximale moyenne (en l/m²) que peut absorber les différents types de végétation que l’on retrouve sur le BV de la Drôme (champs cultivés, friches subméditerranéennes, forêt de pins noirs d’Autriche, forêt de hêtres) suivant les saisons ?

III – Le meilleur rapport du lien entre pluviométrie et débit, pour les cours d’eau.

Il m’apparaît évident, qu’afin que la pluie profite vraiment à la rivière, il faut que celle-ci soit continue, d’intensité moyenne (entre 5 et… 20mm/h ?) et de quantité suffisamment importante (il existe un seuil journalier (pour les pluies respectant les critères précédents) suivant les saisons et la situation hydrométrique dont je n’ai pas déterminé l’ampleur mais qui doit être autour de 20mm en hiver, 30-40mm au printemps et automne, et beaucoup plus en été) amenant à la crue (car sans crue, j’ai l’impression que les débits ne se maintiennent pas longtemps). C’est ainsi que nous aurons je crois, les modules mensuels et les débits minimums les plus importants.

Ma question est donc la suivante : quelle intensité pluviométrique est-elle la plus bénéfique pour les cours d’eau ?

IV – Durée de vie d’une rivière.

La pluie tombe, les eaux ruissellent et rejoignent des ruisseaux&rivières ou des nappes qui une fois remplies, débordent dans les cours d’eau (?) qui convergent entre eux jusqu’à atteindre la mer. Jusque là, c’est compréhensible. Ce qui l’est moins pour moi, c’est la durée de transit de cette eau. En effet, sans prendre en compte les nappes, quelques jours devraient suffire à évacuer toute l’eau précipitée à un jour donné sur une rivière de 50km de long, non ? Or, plusieurs mois sans pluies, même en été, ne viennent pas à bout d’une rivière de 20km² dans ma région. Comment de l’eau peut être retenue plusieurs mois (voir même peut-être demie ou année entière ?) dans le sol ? Combien de temps peut-elle y restée stockée ?

S’il ne pleut plus une goutte, combien de temps une rivière comme la Drôme mettra pour s’assécher complètement ?

Outroduction.

Il me reste encore beaucoup de questionnements sans réponse, mais je vais m’en tenir là pour l’instant.

Mes questions sont assez imprécises j’en ai conscience, je sais que le climat, la nature des roches, de la végétation, l’état des réseaux hydrauliques souterrains etc. déterminent énormément de choses propres à chaque cours d’eau. Ainsi il n’y aura certainement pas de réponse-type, mais peut-être aurez-vous tout de même des éléments de réponse me permettant de mieux appréhender le système hydrométrique naturel.

Pour plus de lisibilité, voici la liste des principales questions énoncées dans cet écrit :

  • Est-ce que « par définition », une nappe phréatique alimente les rivières ?
  • Est-ce que les végétaux consomment de l’eau des nappes phréatiques, ou celles-ci sont-elles trop profondes ?
  • Est-ce une fausse idée-reçue de penser qu’une averse de très forte intensité ne fait que ruisseler et ne profite pas bien à la végétation et aux nappes phréatiques ?
  • Que devient l’eau d’une averse de forte intensité ?
  • Que devient l’eau des averses discontinues ou de faible intensité ?
  • Quelles sont les différentes valeurs journalières de l’évapotranspiration des différents couverts végétaux des différentes saisons ? Quelles sont les valeurs moyennes journalières saisonnières du climat subméditerranéen ?
  • Quelle intensité pluviométrique est-elle la plus bénéfique pour les cours d’eau ?
  • Comment de l’eau peut être retenue plusieurs mois (voir même peut-être demie ou année entière ?) dans le sol ?
  • Combien de temps l’eau peut-elle restée stockée dans le sol ?
  • S’il ne pleut plus une goutte, combien de temps une rivière comme la Drôme mettra pour s’assécher complètement ?

Merci à toi, lecteur courageux. J’espère ne pas t’avoir ennuyé car j’écris trop dés qu’il s’agit d’hydrométrie default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">.

Et merci beaucoup à ceux qui prendront la peine d’essayer de me répondre (bien que j’ai conscience qu’il n’y en aura pas forcément vu que je touche un aspect de la climatologie moins connu).

N’hésitez pas à me demander des précisions, je serai a priori très disponible, au moins jusqu’en septembre.

Au plaisir de vous lire, ici ou ailleurs default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">,

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Altkirch 301m / Retzwiller 315m dans le Sundgau

Alors je vais essayer de répondre à une partie de tes interrogations et je remercie ceux qui me corrigerons pour d'éventuels erreurs.

Reprenons...

II)

Alors oui si il pleut autant en Janvier que en aout, il devrait y avoir autant de débit dans la rivière sauf que le mois de janvier et précédé des mois d'automne et ces mois sont les plus pluvieux dans l'arc méditerranéen tandis que le mois d'aout est précédé de mois sec.

De plus, et ça répondra à une autre de tes interrogations, si le cumul est le même, le type de pluie n'est pas le même.

Ta première explication est bonne, la végétation boit plus en été que en hiver, de plus le sol étant plus sec il a tendance à absorber plus qu'en janvier ou le seuil de saturation n'est pas loin.

III)

1) Il ne faut pas oublier que le BV de la Drôme est à dominance jurassique et crétacé. Ce sont donc des roches calcaires. Elles vont pouvoir absorber beaucoup plus d'eau que des roches imperméables.

Dans ce cas, il est normal que les orages qui provoquent un coefficient de ruissellement beaucoup plus important ne pénètrent pas la terre, n'alimentent pas les réseaux karstiques et donc provoquent un débit important immédiatement sans qu'il soit important dans la durée.

Tu nous parle de pluviométrie de 50mm en aout par orage et 50mm en octobre sous de pluie bien moins soutenues. Il ne faut pas oublier l'espace géographique. L'orage est localisé tandis que les passages pluvieux d'automne sont beaucoup plus étendu. Alors si une station recueillera autant de pluie dans un cas comme dans l'autre, l'ensemble des stations de ton BV ne recueillerons pas autant en Aout que en Octobre. La quantité de pluie tombé à l'échelle de ton BV est donc bien plus importante en octobre que en aout et fera donc bien plus réagir les rivières. (Même si il ne faut pas oublier dans les dates prises pour ton exemple, que les niveaux des réseaux karstiques sont en général faibles en octobre et que tes 50mm permettront de remplir ces réserves ; peu d'eau alimentera immédiatement les rivières). De plus, les pluies peu soutenues vont alimenter petit à petit ta rivière, le pic de crue sera donc plus faible mais le débit moyen mensuel sera plus important.

T'es 50mm très localisés seront donc passés dans tes 5 à 10m3/s et absorbés par le couvert végétal.

2) Pour cette partie je pense t'avoir répondu plus haut. Les pluies stratiformes sont stockés dans les nappes pour alimenter à long terme les rivières. Je ne connais pas par contre la capacité d'absorption de tels ou tels espèces.

IV) Ce n'est que mon avis mais je pense que la meilleure intensité pour les végétaux et pour le renouvellement des nappes doit se situer autour de 5mm/h

V) Je dirais plus que les nappes aliment les cours d'eau plutôt qu'elles débordent.

Sinon la Drôme ne s'assèche pas en été justement grâce aux réseaux karstiques qui l'empêche d'être rapidement à sec. Ils vont lui apporter de l'eau constamment même à débit faible, de plus dans nos régions les orages existent et apportent un peu plus d'eau. Sinon oui la Drôme peut théoriquement d'assécher. Le Sahara était bien verdoyant il y a de cela quelques années. Je ne peux par contre pas te répondre sur le temps qu'il faudrait car cela nécessiterait de connaitre parfaitement les réseaux karstiques et leurs fonctionnements.

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Je vais donner mon avis, car je m'intéresse aussi à l'hydrologie. Je te rejoins sur bien des points :

Je constate qu'un orage très violent avec précipitations torrentielles (>100mm/h) peuvent faire réagir les cours d'eaux de faible bassin versant (Cours d'eau avec débit inférieur a 5-10m3/sec) avec pointe de crue très prononcée (un pic /\ )mais peu durable. Mais ils n'auront qu'une conséquence très limitée saur les cours d'eaux secondaires et quasiment inexistants ou négligeable sur les fleuves à plusieurs centaines de m3/sec. Car un orage à crue torrentielle (>100mm/h) ne peut pas se maintenir des heures, il finira par baisser en intensité, même s'il persiste longtemps (Orage en V, épisodes cévenols).

Les faibles pluies mais durables (1-2mm/h) sont très lentes à faire réagir les cours d'eaux et généralement les pluies finissent par cesser avant que les cours d'eaux ne réagissent vraiment, sauf si elles durent vraiment longtemps (48-72h), dans ce cas, la pointe de crue sera peu prononcée, en vague (~) et n'atteignant pas de seuil de crue (bienale, décenal...etc.)

Comme tu le dis, ce sont des pluies fortes, ni faible, ni torrentielles qui contribuent aux fortes crues des rivières. Par exemple, les nombreuses situations enregistrées en Suisse lors d'évènements extrêmes (14-15 octobre 2000, 22-23 aout 2005, 7-8 aout 2007) ce sont des pluies comprises entre 6 et 10mm/h durant 12-24h qui ont contribuées aux pointes de crues des fleuves principaux (Aare, Rhône, Rhin...etc.) et fais déborder les lacs.

D'autres facteurs sont évidemment cruciales pour prévoir les pointes de crue :

- Limite pluie-neige (Seulement dans les Alpes)

- Capacité de rétention des ouvrages hydro-électriques (Barrages, lac, étangs...etc.)

- Humidité des sols et type de végetation

Exemple : Pour ce dernier paramètre, si un évènement à pluviométrie intense se produit après une sécheresse, les cours d'eaux seront plus à même d'absorber une forte pluviométrie, car les sols absorberont 20-30% des précipitations (Observation faite lors d'une sécheresse). Mais localement, l'effet inverse pourra se produire, évidemment.

Un sol humide à l'opposé, aura tendance à "vomir" l'eau supplémentaire, qui sera rapidement restitué aux rivières et fleuves locaux, aggravant l'épisode, même si localement là encore, l'effet inverse est toujours possible.

Dans le cas de l'évènement du 14-15 octobre dans mon canton, (300mm en 72h dans le Haut-Valais, localement 600mm au Simplon) l'effet a été aggravé par un flux d'Ouest actif du 11 au 13 octobre 2000 (20-30mm dans le Bas-Valais), et par un début d'évènement au Sud des Alpes à partir du 13 octobre 2000 8 (50-100mm durant ce laps de temps a ne pas compter dans le cumul ci-dessus). Bien sûr l'évènement fût classé supérieur à 500-1000 ans en terme de période de retour. Ceci démontre bien qu'un effet des sols humides aggrave un évènement déjà extrême à lui seul. Les pluies du 14-15 octobre 2000 dans la région du Simplon fut généralement interrompu avec intensité entre 6-10mm/h, a composante parfois orageuse, mais très isolé.

L'évènement du 7-8 aout 2007, qui a inondé la Suisse Centrale (120-150mm en 24h, 200-250mm localement en 48h), a été précédé par une composante orageuse, mais rapidement suivi par une pluie de 6-10mm/h durant 12-18h en Suisse Centrale. La encore, la composante orageuse n'a que très peu composé avec l'augmentation des débits des fleuves. C'est les pluies continues fortes et durable qui ont enregistrés les augmentations de débit sur les fleuves principaux.

Voilà mes observations, j'espère avoir contribué à t'aider dans ta recherche

PS : Continue à faire part des tes observations, toujours intéressant à suivre, et je reste à disposition si tu as besoin des débits en Suisse (Pointes de crue annuelle maximale, minimale, moyenne...etc.)

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Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Pour plus de lisibilité, voici la liste des principales questions énoncées dans cet écrit :

  • Est-ce que « par définition », une nappe phréatique alimente les rivières ?
  • Est-ce que les végétaux consomment de l’eau des nappes phréatiques, ou celles-ci sont-elles trop profondes ?
  • Est-ce une fausse idée-reçue de penser qu’une averse de très forte intensité ne fait que ruisseler et ne profite pas bien à la végétation et aux nappes phréatiques ?
  • Que devient l’eau d’une averse de forte intensité ?
  • Que devient l’eau des averses discontinues ou de faible intensité ?
  • Quelles sont les différentes valeurs journalières de l’évapotranspiration des différents couverts végétaux des différentes saisons ? Quelles sont les valeurs moyennes journalières saisonnières du climat subméditerranéen ?
  • Quelle intensité pluviométrique est-elle la plus bénéfique pour les cours d’eau ?
  • Comment de l’eau peut être retenue plusieurs mois (voir même peut-être demie ou année entière ?) dans le sol ?
  • Combien de temps l’eau peut-elle restée stockée dans le sol ?
  • S’il ne pleut plus une goutte, combien de temps une rivière comme la Drôme mettra pour s’assécher complètement ?

Merci à toi, lecteur courageux. J’espère ne pas t’avoir ennuyé car j’écris trop dés qu’il s’agit d’hydrométrie default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">.Et merci beaucoup à ceux qui prendront la peine d’essayer de me répondre (bien que j’ai conscience qu’il n’y en aura pas forcément vu que je touche un aspect de la climatologie moins connu).

N’hésitez pas à me demander des précisions, je serai a priori très disponible, au moins jusqu’en septembre.

Au plaisir de vous lire, ici ou ailleurs default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">,

Wahou, beaucoup de questions dis donc default_scared.gif.

Je vais essayer de les grouper par thèmes...

Est-ce que « par définition », une nappe phréatique alimente les rivières ?

  • Est-ce que les végétaux consomment de l’eau des nappes phréatiques, ou celles-ci sont-elles trop profondes ?
  • Est-ce une fausse idée-reçue de penser qu’une averse de très forte intensité ne fait que ruisseler et ne profite pas bien à la végétation et aux nappes phréatiques ?

En région de plaine, la relation rivière/nappe est très étroite.

C'est souvent moins vrai en montagne, et c'est ponctuellement vrai selon la morphologie de la vallée en moyenne montagne.

La rivière est souvent le reflet de l'état de la nappe phréatique Ex : La Garonne en aval de Toulouse. Seulement, les rivières qui sont des "goulots" d'écoulement réagissent souvent plus vite que les nappes phréatiques aux évènements climatiques.

Ainsi, on peut donc dire que la relation rivière/nappe phréatique n'est jamais si ténue que lors des périodes de temps calme et sec. Lorsque de forts orages ont lieu sur les massifs aux sources de nombreuses rivières en période estivale, le niveau des cours d'eau peut monter rapidement tandis que celui de la nappe ne variera que très peu (toujours dans mon exemple de Garonne).

Concernant les végétaux, seuls les ligneux, donc les arbres, peuvent atteindre les nappes phréatiques avec leur systèmes racinaires. Certaines espèces y sont plus habiles que d'autres, mais de manière globale, en période estivale et lors de fortes chaleurs la consommation végétale est loin d'être négligeable du fait de l'évapo-transpiration.

Ensuite, les fortes averses orageuses, en période estivales viont tout d'abord ruisseler, et l'eau ainsi tombée se concentrera dans les points bas.

Seulement, c'est en fonction de la nature des sols que l'influence sur les nappes sera plus ou moins grande. Mais s'il s'agit d'une averse massive et ponctuelle, elle ruissellera sans - de manière générale - apporter quoi que ce soit à la nappe phréatique. Cette dernière ne se rechargera que lors des longues pluies hivernales.

  • Que devient l’eau d’une averse de forte intensité ?
  • Que devient l’eau des averses discontinues ou de faible intensité ?
  • Quelles sont les différentes valeurs journalières de l’évapotranspiration des différents couverts végétaux des différentes saisons ? Quelles sont les valeurs moyennes journalières saisonnières du climat subméditerranéen ?

L'eau d'une averse de forte intensité sera toujours plus profitable en Hiver qu'en Eté, mais de manière globale c'est moins profitable qu'une pluie régulière et fine qui se prolonge sur plusieurs jours avec quelques coupures.

En Eté, l'eau des averses de faible intensité partira soit en évaporation au contact des sols, et ce qui en restera sera très vite absorbé par les sols en profitant aux végétaux avec par ordre de préséance sur ce coup "la strate herbacée" et dans un deuxième temps si plusieurs averses se succèdent, les ligneux.

Pour l'évapotranspiration, il me semble que des biogéographes se sont amusés à produire des graphiques en fonction de la saison, des sols et du couvert végétal, mais pour les retrouver c'est pas une mince affaire (soit appeler une Fac de géographie ou une de biologie avec une spécialité "Botanique" Ex : Strasbourg).

  • Quelle intensité pluviométrique est-elle la plus bénéfique pour les cours d’eau ?
  • Comment de l’eau peut être retenue plusieurs mois (voir même peut-être demie ou année entière ?) dans le sol ?
  • Combien de temps l’eau peut-elle restée stockée dans le sol ?
  • S’il ne pleut plus une goutte, combien de temps une rivière comme la Drôme mettra pour s’assécher complètement ?

Pour l’intensité la plus bénéfique aux cours d'eau, tout va dépendre de la saison, du BV dans sa dimension spatiale et sa nature géomorphologique.

Cependant, de manière générale, les pluies d'intensité modérées et répétées sont les plus profitables default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

En outre, l'eau peut être stockée dans les sols de longs moments et c'est là que la nature est bien faite. Sans tomber dans la "caricature" des reliefs karstiques, l'ensemble des reliefs sont constitués de strates géologiques de natures différentes, à pouvoirs de rétention bien différents également. Ainsi, l'eau va en partie s'infiltrer et percoller à travers ces différentes strates jusqu'à trouver une partie complètement imperméable qui sera une zone de source dans les secteurs géographiques où celle ci affleurera au sol. Par exemple, dans les reliefs de cotes (cuestas) du Bassin Parisien, cette zone de sources se trouve souvent à mi-pente des coteaux (endroit où se situe d'ailleurs le cœur historique de nos villages de cotes).

Bref, le cheminement sous terrain de l'eau peut être assez long, mais surtout la restitution des eaux aux milieux se fait progressivement... De ce fait, ça laisse le temps d'attendre bien souvent le retour des pluies, qui alimenteront les écoulements de surface dans un premier temps, et avec la durée des pluies finiront par réapprovisionner les ressources sous-terraines.

Enfin, à ta dernières questions, je serais tenté de répondre qu'une rivière comme la Drôme ne sera jamais à sec du moins dans sa partie inférieure, dans la mesure où il y aura toujours une résurgence qui permettra à un filet d’eau de passer... A moins que la sécheresse ne dure des années et des années default_ermm.gif

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  • 3 weeks later...

Bonjour,

Finalement je n’ai pas été si disponible que ça, je m’excuse de vous avoir induit en erreur quant à ma prétendue rapidité de réaction.

Encore merci à vous trois (Martini, Guigui et Lolox) pour avoir pris la peine et le temps d’essayer de répondre à mes questionnements default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">.

Tu nous parle de pluviométrie de 50mm en aout par orage et 50mm en octobre sous de pluie bien moins soutenues. Il ne faut pas oublier l'espace géographique. L'orage est localisé tandis que les passages pluvieux d'automne sont beaucoup plus étendu. Alors si une station recueillera autant de pluie dans un cas comme dans l'autre, l'ensemble des stations de ton BV ne recueillerons pas autant en Aout que en Octobre. La quantité de pluie tombé à l'échelle de ton BV est donc bien plus importante en octobre que en aout et fera donc bien plus réagir les rivières.

Non non, je parlais bien de 50mm moyens répartis sur tout le BV (voilà pourquoi j’avais pris le petit BV de la haute Drôme pour que cela soit plus crédible).
Même si il ne faut pas oublier dans les dates prises pour ton exemple, que les niveaux des réseaux karstiques sont en général faibles en octobre et que tes 50mm permettront de remplir ces réserves ; peu d'eau alimentera immédiatement les rivières.

Encore une raison pour dire que qu’en août, la rivière devrait voir passer plus d’eau qu’en octobre ! Ce qui est le contraire de ce qu’il se passe default_confused1.gif.
Les pluies stratiformes sont stockés dans les nappes pour alimenter à long terme les rivières

Ce n’est pourtant pas ce que j’ai observé (si j’ai bien compris ce que tu essayes de me dire). Reprenons l’exemple de la pluie discontinue de 33mm du 15 mai 2009 étalée sur 24h comparée aux 2 épisodes de pluie modérée du 9 et 11 mai 2010 avec respectivement 12mm et 23mm répartis sur quelques heures (ces trois épisodes pluvieux n’étant pas des phénomènes locales, et affectant tout le BV de la Drôme avec des cumuls relativement similaires). L’épisode du 15 mai 2009 ne provoqua pas de crue, pas plus qu’elle n’enraya la baisse hydrométrique de la Drôme. En mai 2010 en revanche, on observe une petite crue (et encore, si ces 35mm étaient tombés en une fois, la crue serait nettement plus importante j’en suis sûr), ainsi que des débits qui se maintiennent au dessus de leur niveau initial pendant 20 jours :La Drôme à Saillans (26) en mai 2009 :

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La Drôme à Saillans (26) en mai 2010 :

Pour%20InfoClimat%20-%20D%C3%A9bit%20Dr%C3%B4me%20%C3%A0%20Saillans%20-%20Mai%202010.gif

je pense que la meilleure intensité pour les végétaux et pour le renouvellement des nappes doit se situer autour de 5mm/h

Merci, j’en prends bonne note default_flowers.gif.
si un évènement à pluviométrie intense se produit après une sécheresse, les cours d'eaux seront plus à même d'absorber une forte pluviométrie, car les sols absorberont 20-30% des précipitations (Observation faite lors d'une sécheresse). Mais localement, l'effet inverse pourra se produire, évidemment.

Un sol humide à l'opposé, aura tendance à "vomir" l'eau supplémentaire, qui sera rapidement restitué aux rivières et fleuves locaux, aggravant l'épisode

Donc tu es partisan du fait que les lames d’eau tombées en été sous forte intensité sont quand-même absorbées par le sol et la végétation, contrairement aux idées reçues ?
s'il s'agit d'une averse massive et ponctuelle, elle ruissellera sans - de manière générale - apporter quoi que ce soit à la nappe phréatique

Donc tu es partisan du fait que les lames d’eau tombées en été sous forte intensité ne sont pas bien absorbées par le sol et la végétation, conformément aux idées reçues ?Je crois que c’est là la question la plus importante de mon post : Comment concilier l’idée reçue que les pluies estivales de très forte intensité ne font que ruisseler avec le fait que les rivières ne voient jamais passer toute cette eau ???

c'est moins profitable qu'une pluie régulière et fine qui se prolonge sur plusieurs jours avec quelques coupures.

Ah oui ? Les coupures sont bénéfiques ? Mieux vaut 2 X 30mm que 60mm d’un coup ?
Continue à faire part des tes observations, toujours intéressant à suivre, et je reste à disposition si tu as besoin des débits en Suisse

Merci beaucoup Guigui default_flowers.gif.Merci pour toutes vos explications. Si vous pouvez m’éclairez d’avantage sur la question en gras, je vous en serais très reconnaissant.

À plus,

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