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Goulven

Conférence sur le réchauffement climatique

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Bonjour à tous,

Heureux de trouver un forum qui parle de ce qui me passionne le plus en ce moment. default_zorro.gif

Je vais être amenés à faire des conférences sur le réchauffement climatique.

Etant parfaitement conscient default_flowers.gif que je ne connais pas assez le sujet, je viens faire appel à vous.

Pouvez vous me donner les éléments clés à rappeler lors de mes futur conférence. Je précise, qu'est ce qui vous paraît le plus important sur l'évolution du climat actuel ? Quels données avons nous pour prouver au Français que la machine est en route !

J'ai vu plusieurs fois le film d'Al Gore "Une vérité qui dérange", puis j'ai lu des livres sur le sujet, dont l'un "Mal de terre" de Hubert Reeves. Puis fais un exposé auprès de ma classe (à l'ASDER) sur le rapport du GIEC. (sur les conséquences, et les dérèglements à venir.)

Depuis je lis régulièrement l'actualités sur le climat, et j'ai retenu par exemple :

- L'océan Austral-Antarctique ne fais plus son travail de puits de stockage de carbone;

- La forêt n'est plus assez dense sur la planète pour faire son effet poumon;

- La Chine émet plus de GES que prévu;

- etc

J'aimeriez que vous m'aidez en m'informant sur des données importantes sur l'évolution du climat dans le milieu de la météo? Si possible, bien sur?

Pour info, j'ai 24 ans, et sensibilise les particuliers au sein de l'espace info énergie à Fréjus.

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Pouvez vous me donner les éléments clés à rappeler lors de mes futur conférence. Je précise, qu'est ce qui vous paraît le plus important sur l'évolution du climat actuel ? Quels données avons nous pour prouver au Français que la machine est en route !

Bienvenu !

Tu as de la chance : le sujet qui t'intéresse fait l'objet d'une synthèse très fouillée et rigoureuse par les chercheurs concernés. Ca s'appelle le GIEC, ou IPCC en anglais. Le dernier rapport est sorti en février cette année.

Autant que tu t'appuyes sur cette synthèse toute fraîche, ça t'évitera de récupérer les annonces parfois catastrophiques diffusées par les médias. La réalité est déjà suffisamment préoccupante pour ne pas avoir besoin d'en rajouter.

Pour récupérer le rapport, l'éplucher et bénéficier des figures qui vont bien, cliques ici : Quatrième rapport du GIEC

Bonne lecture et bonnes conf !

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Je te conseille également d'aller sur le site de l'ONERC où tu pourras télécharger toutes les publis. Je te conseille notamment le rapport au premier ministre de 2005 et la stratégie d'adaptation au réchauffement climatique de 2006. Il y a aussi une traduction du résumé aux décideurs du GIEC en français, etc.

Bonne chance.

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bonsoir

Pour ce qui est du rapport du GIEC: je ne te conseille pas de te lancer dans la lecture du rapport complet. Il est rédigé à l'attention des spécialistes : c'est ce qu'on appelle l'état de l'art , il est très complet mais bien trop complet pour les non spécialistes qui s'y perdent et mettent tout sur le même plan.

Le résumé pour les décideurs est certainement bien mieux adapté: il est concis et clair.

Tu parles du film d'Al Gore et du bouquin d'Hubert Reeves mais on ne fait pas de la sensibilisation en partant de sensibilisation. Il te faut remonter davantage aux sources pour te faire une idée plus claire. Ni l'un ni l'autre ne sont des documents scientifiques et ces auteurs ne sont pas, eux mêmes des spécialistes (c'est évident pour Al Gore, c'est vrai aussi de Reeves) Je te conseillerai davantage Le Terut et Jancovici par exemple (Janco n'est pas spécialiste mais Le Treut l'est )

Cordialement

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Merci à tous pour ces réponses.

J'ai déjà lu le 4e rapport du GIEC simplifié destiné au décideur. Mais je me suis le plus intéressé au WorkingGroup II . Que j'ai présenter suite à cette lecture devant ma classe de formation en EnR à Chambéry.

J'ai commandé le livre de Jancovici et de Hervé Le Treut : "L'Effet de serre : Allons-nous changer le climat ?"

Pour avoir une base plus concrète.

Et dès que j'arriverai à me poser, je lirai le rapport de Stern sur l'économie !

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Merci à tous pour ces réponses.

J'ai déjà lu le 4e rapport du GIEC simplifié destiné au décideur. Mais je me suis le plus intéressé au WorkingGroup II . Que j'ai présenter suite à cette lecture devant ma classe de formation en EnR à Chambéry.

J'ai commandé le livre de Jancovici et de Hervé Le Treut : "L'Effet de serre : Allons-nous changer le climat ?"

Pour avoir une base plus concrète.

Et dès que j'arriverai à me poser, je lirai le rapport de Stern sur l'économie !

Si ça peut t'être utile, voici le texte d'introduction d'une conférence-débat que j'ai animée au début de ce mois:La dérive climatique, un risque majeur

1 : Problématique générale

L'essentiel de la tendance au réchauffement climatique est du à l'accroissement de l'effet de serre. Il ne s'agit plus là d'une simple hypothèse, mais d'une certitude quasi-absolue. Par contre, il est vrai que la Terre a déjà connu dans les temps géologiques des périodes de réchauffement, parfois d'un niveau plus élevé que celui que nous connaissons actuellement. Ceci nous amène à formuler les questions suivantes :

- Les cycles naturels ont-ils, comme souvent dans le passé, une part importante de responsabilité dans les changements en cours ou ces derniers sont-ils essentiellement la conséquence des activités humaines ?

- Quel est le rythme du changement actuel et quels sont les risques d'évolution future ?

Si des variations climatiques importantes se sont déjà produites, y compris au cours des derniers 650 000 ans marqués par une succession quasi cyclique de longues périodes glaciaires et d'interglaciaires chauds plus courts, les changements imputables à ces seuls cycles naturels se sont réalisés beaucoup plus lentement que celui actuellement constaté. Au cours des 12 000 dernières années, les seules exceptions correspondent à des changements de relativement courte durée, de quelques années à quelques siècles. Ces changements ont été essentiellement reliés à des modifications plus ou moins durables de l'activité solaire ou à des événements concernant exceptionnellement les océans, tels que le déversement rapide d'eau de fonte de nappes glaciaires ou des modifications des grands courants océaniques. Aucun de ces mécanismes n'est cependant impliqué dans l'actuelle évolution climatique.

Il est fort probable qu'une nouvelle ère glaciaire finira par succéder à l'actuel interglaciaire, longtemps après que les hommes auront inconsidérément brûlée la majeure partie du carbone fossile au détriment de nos descendants. Nous aurons ainsi privé - ou laissé priver - ceux-ci de ce qui aurait dû constituer une part de leur héritage et dont la combustion serait alors nécessaire pour maintenir un taux de CO2 atmosphérique permettant d'éviter un refroidissement planétaire. Mais la prise en compte des paramètres dits de Milankovitch, qui rattachent la relative régularité du retour des ères glaciaires au cours de l'ère quaternaire aux variations cycliques de l'orbite terrestre et de son inclinaison, ne permettent guère de prévoir un tel événement avant plusieurs milliers d'années.

2. Responsabilité humaine et importance des enjeux

Par contre, une évolution climatique inverse et beaucoup plus rapide a commencé à se produire sous nos yeux depuis quelques décennies et il n'existe plus guère de doute au sujet de la responsabilité humaine en la matière. L'utilisation inconsidérée des combustibles fossiles, la déforestation et d'autres activités font augmenter les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz à effet de serre (GES) à un rythme sans précédent. Ces changements pourraient provoquer un réchauffement global entraînant de graves conséquences pour la biodiversité et les sociétés humaines.

En 2001, la plupart des Etats ont approuvé le protocole de Kyoto, destiné à réduire très légèrement (5,5% environ) l'émission de gaz à effet de serre dans les pays industriels et à compenser ainsi partiellement l'accroissement de ces mêmes émissions par les nouveaux pays industriels. Un objectif bien modeste face à l'enjeu que représente l'avenir de notre planète...

Toutefois, certaines incertitudes demeurent en ce qui concerne l'importance future des changements et leurs conséquences. Les divergences entre les prévisions des divers modèles du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution Climatique (GIEC) pour le 21ème siècle et, plus encore, entre ces prévisions et celles d'autres chercheurs comme l'Américain James Hansen ou moi-même en sont l'illustration.

Or un simple ralentissement de l'expansion des gaz à effet de serre, voire même la stabilisation de leurs émissions, risque d'être insuffisante pour nous épargner une dérive qui pourrait devenir bien plus sérieuse que ne le laissent prévoir les prévisions du GIEC. L'évolution climatique pourrait alors devenir incontrôlable et s'avérer finalement catastrophique à très brève échéance (vers 2050), deux générations tout au plus.

Résumons simplement l'essentiel de ce qui risquerait malheureusement d'advenir, à défaut d'une prise de conscience suffisante et de mesures adéquates. Il est en effet fort probable que la dérive climatique, d'abord lente et irrégulière, s'accélérera progressivement si rien de sérieux n'est entrepris pour réagir.

La banquise polaire arctique jusque là permanente a perdu plus de 40% de son épaisseur en 40 ans, de la décennie 1960 à la décennie 2000 [Rothrock, 1999, 2003, 2005 ; Coustou, 2005, p.50]. Ainsi réduite, amincie et fragmentée, elle n'a plus qu'à peine un peu plus de 1,5 mètre d’épaisseur en moyenne. Par ailleurs, en 2005, la superficie estivale de la banquise (area) s'est réduite d'environ 600 000km² par rapport à l'année précédente. La même situation s'est reproduite en 2006 et au début décembre 2006, la superficie de la banquise était encore inférieure d'environ 500 000 Km² à ce qu’elle était l'an passé à la même date. A la fin de l’été, la banquise ne couvrait alors plus que 5,5 millions de Km² contre 8,5 en moyenne avant l'an 2000. Malgré le rattrapage de superficie au premier semestre 2007, elle se trouve maintenant encore plus amincie et fragilisée sur une part non négligeable de sa surface.

Dans une vingtaine d'année, l'essentiel de la banquise pourrait ainsi avoir disparu en été.

Au cours de l'été 2005, on a simultanément constaté une considérable accélération du dégel du pergélisol en Sibérie et en Alaska. Pour la seule Sibérie occidentale, dont la température moyenne s'était accrue de 3°C en quarante ans, un million de km² de terres - considérées encore quelques années auparavant comme "éternellement" glacées - ont dégelé en profondeur, transformant la toundra en "fontaine de carbone", essentiellement sous la forme de méthane (CH4). Un phénomène qui avait commencé à prendre de l'ampleur voici 3 ou 4 ans et qui s’est trouvé fortement aggravé par la transmission en profondeur de calories par les eaux de dégel réchauffées par le soleil estival. La reprise de la fermentation bactérienne (réaction exothermique) qui s'ensuit sur des superficies considérables empêche maintenant ces sols de regeler en profondeur, même durant le glacial hiver sibérien.

Plus au sud, la température des eaux de surface de l'Atlantique, de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique augmentait en 2005 de 2°C par rapport à l'année précédente et la chaleur latente provoquait une arrivée précoce et un renforcement de la saison des cyclones... Une situation qui ne s’est pas renouvelée dans cette région en 2006 en raison du phénomène El Niño et de l'apport exceptionnel de sable et de poussière du Sahara par les vents, mais qui a alors touché le Pacifique occidental, de l'Australie aux Philippines.

Un second seuil de l'évolution climatique est donc probablement maintenant enclenché, caractérisé par l'importance des rétroactions positives de la nature au réchauffement en cours.

3. Les facteurs de changement climatique.

Les GES d'origine anthropique constituent la cause principale de l'actuelle tendance au réchauffement. Il n'en reste pas moins que des changements climatiques plus ou moins durables ont pu et peuvent encore provenir de facteurs extrêmement variés. Nous n’examinerons ici que les éléments actuellement en cause, en laissant de coté ceux qui ont pu exercer une influence même majeure au cours des temps géologiques : paramètres de Milankovitch, variations du barycentre du système solaire, dérive des continents, apparition des montagnes, chutes d'astéroïdes de taille kilométrique, éruptions volcaniques, etc.

Les grandes catégories de facteurs à prendre en compte sont essentiellement les suivantes.

3.1. Les variations plus ou moins récurrentes de l'activité du Soleil, notamment en fonction du cycle de 11 ans des taches solaires et du cycle de 22 ans du magnétisme solaire.

On estime que les variations de l'activité solaire ont des effets parfois notables sur le climat. La réduction de l'activité solaire pendant environ 80 ans au XVIIe siècle coïncide ainsi avec le point culminant du Petit Age Glaciaire, période de récoltes catastrophiques en Europe. La tendance au réchauffement qui suivit ce Petit Age Glaciaire coïncida avec une reprise de l'activité solaire. La hausse des températures constatée au cours des deux dernières décennies est partiellement associée à la forte activité solaire qui s'est manifestée à la fin des années 80 [Windelius, Tucker, 1990, p.15-20]. Cependant, l'accroissement mesuré de l'énergie reçue par notre planète pendant les pics d'activité du Soleil équivaut tout au plus à une fraction de watt par m² de surface terrestre et ne peut entraîner des changements importants dans le climat. La quasi-totalité des astronomes et des climatologues estiment donc que le forçage solaire explique moins de 20% et probablement à peine plus de 5% des changements climatiques mesurés au début du 21ème siècle. Pour le GIEC [2007, p.6], « les changements du rayonnement solaire depuis 1750 ont provoqué un forçage radiatif de (seulement) +0,12 Watts par mètre carré », soit moins de 7% de l'actuel forçage net de l'effet de serre (+1,81 W/m²). Ce forçage net est la différence entre +3,21 W/m² de forçage positif total et - 1,4 W/m² de forçage négatif total. Il a été calculé à partir des estimations médianes présentées dans le récent rapport d'évaluation du GIEC, bases scientifiques physiques [2007, p.6].

Quand à la variabilité liée au cycle d'activité solaire de 11 ans, son incidence semble désormais dépassée par la tendance globale au réchauffement. Ainsi, la faiblesse de l'activité solaire en 2006 n’a pas empêché cette année-là de battre des records de chaleur.

3.2. Les facteurs océaniques - Ces facteurs sont de quatre ordres :

3.2.1. Les grands courants et la circulation thermohaline.

Les océans jouent un rôle important dans le système climatique global, essentiellement en raison de leur inertie thermique, de leurs courants et de leur capacité d'absorption. Plus de la moitié du rayonnement solaire atteignant la surface de la Terre est absorbée par eux, puis stockée et redistribuée par les courants océaniques avant d'être libérée dans l'atmosphère.

Le courant le plus influent au niveau mondial est El Niño : un courant océanique chaud et non permanent apportant certaines années dans le Pacifique Est (au large du Chili) puis dans le Pacifique Nord des calories provenant des régions chaudes du Pacifique Sud (est de l'Australie). L'année 2006 a connu un El Niño particulièrement fort. L'activité cyclonique a cette année là été relativement modérée dans l'Atlantique occidental, alors que l'Australie a inversement connu le cyclone le plus violent jamais enregistré.

Un autre courant très influent est la Niña, un courant froid issu des profondeurs et affectant le Pacifique Nord en l'absence d’El Niño.

Plus globalement, la circulation thermohaline permanente, dont le Gulf Stream constitue un élément majeur dans l'Atlantique Nord, déplace des volumes d'eau considérables. Par son incidence climatique, le Gulf Stream est considéré comme le troisième grand courant océaniques. Après avoir pris naissance dans les Caraïbes, il véhicule des calories qui contribuent à assurer à l'Europe occidentale et septentrionale des hivers plus cléments qu'au Canada. Il n'est cependant pas exclu que le Gulf Stream s'affaiblisse dans les prochaines décennies en raison de la réduction de salinité de l'Océan Arctique et des mers de Norvège et de Barents, en liaison avec le recul de la banquise, la fonte des glaciers continentaux et groenlandais et le dégel du pergélisol sibérien. Cependant, le Gulf Stream est au moins autant entraîné par les vents dominants que par les différences de température et de salinité et il existe très peu de risques qu'il soit affecté par un arrêt total au cours de ce siècle. De plus, son rôle majeur dans la douceur des hivers de la façade maritime de l'Europe est de plus en plus discuté [saeger & al, 2002, p.2563-2002 ; 2006, p.40-46 ; Housszais, Mignot, 2006, p.45]. De toutes manières, le réchauffement climatique global en cours annulerait probablement le rafraîchissement qui pourrait découler d’un affaiblissement du Gulf Stream au niveau de l'Europe, ne nous assurant qu'un sursis de quelques années.

3.2.2. Le recul de la banquise arctique.

Les latitudes les plus élevées seront les régions de la planète les plus fortement touchées par le réchauffement. J'ai pu calculer que l'essentiel de la banquise arctique permanente pourrait disparaître vers 2025, à 5 ans près. La banquise a en effet déjà probablement perdu environ 50% de sa masse en une quarantaine d'années et il existe des raisons de penser que le phénomène est en passe de s'accélérer. Cette prévision, que j'ai été le premier à formuler [Coustou 2004, p.73-75], est maintenant considérée comme une possibilité par un nombre croissant de climatologues et de glaciologues.

Les experts réunis en 2006 à Tromsø, au nord de la Norvège, pour une conférence sur l'Arctique, ont tous dressé le même constat sur la rapidité du phénomène. "Le changement climatique dans l'Arctique n'est pas à venir. Il est là", a déclaré un chercheur canadien de l'université du Manitoba, prédisant que la glace de mer disparaîtra pendant les mois d'été entre 2030 et 2050. [barber, 2006, p.66-71]. Une prévision qui n'est plus guère éloignée de celle que j'avais avancée deux ans auparavant, alors qu'aucun autre climatologue n'envisageait encore de disparition de la banquise permanente avant le 22ème siècle.

Les autres participants à la conférence Arctic Frontiers ont présenté des données et des prévisions qui vont toutes dans le même sens que Barber et moi.

La fonte estivale de l'essentiel de la banquise arctique pourrait accélérer la montée en température des eaux, l'albédo (taux de réflexion des rayons solaires) des eaux libres étant de seulement 20% contre 80% pour la glace.

A la suite de cette disparition estivale, un réchauffement des eaux arctiques de seulement 1 à 3 degrés pourrait suffire à gazéifier progressivement les gisements de clathrates ou hydrates de méthane qui tapissent les contreforts des plateaux continentaux en bordure de cet océan. Et cela sans compter le CH4 et le CO2 libérés par le dégel du pergélisol. Une accélération du réchauffement, est donc envisageable.

S'ajouteraient la réduction de l'albédo des surfaces dégagées de glaces et, dans la pire des hypothèses, des remontées du CO2 des océans, entraîné par le méthane redevenu gazeux.

3.2.3. Les variations du niveau de la mer.

Celles-ci peuvent être considérables sur des intervalles de temps suffisamment longs et découlent essentiellement du volume des glaces continentales.

L'élévation générale du niveau de la mer est absolument certaine. Les données calculées à partir du bilan figurant dans le rapport 2007 du GIEC sont éloquentes. En 42 ans, de 1961 à 2003, le niveau des océans a cru en moyenne de 75,6 mm, soit 1,8 mm/an. De plus, cette hausse connaît une considérable accélération depuis quelques années. Alors que de 1961 à 1993, la hausse moyenne annuelle n’était encore que de 1,46 mm (+ 46,6 mm en 32 ans), elle a plus que doublé en passant à 3,1 mm/an pour la décennie 1993-2003 (+ 31 mm en 10 ans) et a atteint 3,8 mm en 2005.

Au cours du 21ème siècle, la progression dépendra en grande partie de la croissance des concentrations atmosphériques de GES et de l'évolution de l'albédo. Selon les principaux modèles du GIEC [2007], le niveau des océans s'élèvera de 18 cm à 59 cm d’ici à 2100, mais sans intégrer les rétroactions positives mettant en jeu le méthane, ni l'accélération de la fonte des glaciers, ni le dégel du pergélisol. Selon les modèles du Goddard Institute de la NASA [Hansen 2005] et mes propres prévisions qui tiennent compte de ces rétroactions positives et d'une tendance sensible à l'accélération du phénomène [Coustou, 2005, p.103-114], la hausse moyenne pourrait atteindre, voire dépasser, un mètre au milieu du 21ème siècle. Nous avons des raisons de considérer les prévisions de James Hansen comme plus réalistes à ce sujet que celles des modèles du GIEC, nos propres calculs les faisant apparaître comme constituant en fait un minimum (cf. infra 4.2.2.1. note 8).

Les effets de la montée des eaux seront sérieux pour les petits pays insulaires, pour les plaines côtières basses et pour les agglomérations situées dans les zones littorales. De plus, les conséquences de la montée des eaux risquent d'être aggravés par des phénomènes comme les tempêtes et les cyclones dont la violence pourrait s'accroître avec le réchauffement du climat.

La contribution de la fonte des glaciers à la hausse du niveau des océans tend à s'accélérer. Les glaciers de montagne ont généralement reculé depuis le début du 20ème siècle. Dans l'ensemble, ils ont perdu en moyenne 66 cm d'épaisseur en 2005 [World Glacier Monitoring Service, 2007], après avoir vu leur épaisseur réduite en moyenne de 10,5 mètres en 25 ans. De plus, leur rythme moyen de fonte s'est accru de 200 % par rapport à celui qui avait été mesuré au cours de la décennie 1980-1990. Simultanément, le Groenland affichait une accélération de ses pertes nettes de glace, estimées à 224 Km cubes en 2005, contre 138 en 2000 et 91 en 1996 [Rignot, Kanagaratnam, 2006, p.14].

De plus, il n'est pas impossible que l'infiltration d'eau de fonte sous les glaciers et les nappes polaires entraîne indirectement une accélération de la hausse du niveau des mers en facilitant le déplacement des glaces.

3.2.4. L'évolution de la biomasse océanique.

Les différences dans la pression partielle de CO2 dans les couches les plus basses de l'atmosphère et dans l'océan entraînent le transfert d'une partie du CO2 dans ce dernier. Le phytoplancton transforme une partie du CO2 ainsi dissous en un carbone particulaire qui pénètre dans l'eau profonde [Cubasch, Cess, 1990, p.75-98]. Le reste du CO2 peut entraîner une acidification sensible de la profondeur des océans.

Quant au zooplancton, il constitue après sa mort un des éléments à l'origine de la constitution de dépôts sous-marins d'hydrates de méthane (clathrates). Les contreforts océaniques des plateaux continentaux sont en effet fréquemment recouverts de gisements de clathrates, molécules de méthane issues de la fermentation des particules organiques riches en carbone et piégées dans de la glace d'eau maintenue au fond par les sédiments. Bien que certains climatologues ne soient pas convaincus de ce risque, ces gisements sont susceptibles de dégazer dangereusement en cas de léger réchauffement océanique [Coustou, 2005, p.58-71 ; Dorritie, 2007 ; Chappellaz, Foucher, Lambert, Ramstein, 2006].

L'inertie thermique des océans, leur capacité à absorber plus ou moins durablement le dioxyde de carbone et, de manière plus générale, l’importance de leur influence sur le climat obligent à en tenir compte dans une modélisation couplée atmosphère-océan.

3.3. Les facteurs intervenant à la surface de la Terre.

Nous avons choisi de ne les citer ici que pour mémoire. Il s'agit notamment des conséquences de la déforestation ou du recul des glaciers sur l'albédo de la surface et l'évapotranspiration. Les plans d'eau, l'irrigation et les poussières ont également des effets.

3.4. Les facteurs atmosphériques - Les gaz à effet de serre, les aérosols, les polluants, l'albédo de la couche nuageuse, les vents dominants et les interactions entre l'air, la terre et la mer sont fortement impliqués dans les changements climatiques en cours. Les deux dernières séries de facteurs sont généralement de plus en plus influencées par les activités humaines et on les qualifie souvent pour cela de facteurs anthropiques. Ils ont pris une place dominante depuis une trentaine d'année dans l'évolution du climat.

3.4.1. Les principaux gaz à effet de serre (GES).

Les concentrations atmosphériques de plusieurs GES se sont fortement et de plus en plus rapidement accrues depuis le début de l'ère industrielle. Le quatrième rapport du GIEC [2007] est sans ambiguïté à ce sujet.

Les principaux GES présents dans l'atmosphère terrestre sont la vapeur d'eau (H2O), le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O), les oxydes d'azote (NOx), l'ozone (O3), les chlorofluorocarbones (CFC) et les gaz fluorés (HFC, PFC et CF6). La concentration des GES naturels dans l'atmosphère terrestre a varié au cours des périodes géologiques, mais, après la dernière période glaciaire, elle étaient restée relativement constante jusqu'au début du 19ème siècle. Puis, à mesure que l'agriculture et l'élevage se développaient, que la population mondiale augmentait et que les sociétés s'industrialisaient, les niveaux de certains de ces gaz ont sensiblement grandi.

3.4.1.1.. La vapeur d'eau atmosphérique (H2O), existe en quantité très variable dans l'atmosphère. Elle équivaut actuellement en moyenne à 3 ou 4 % du volume de l'atmosphère terrestre et son bilan doit tenir compte de la réflexion des rayons solaires sur les nuages. En moyenne, la vapeur d'eau constitue le principal GES et, bien que l'accord entre les scientifiques ne soit pas total à ce sujet, on lui impute généralement de 60 à 66 % d'un effet de serre « normal » et bénéfique, sans lequel la Terre ne serait qu'une mortelle "boule de neige". La proportion de H2O dans l'atmosphère peut s'accroître avec la température (maxi 5 g/m3 à 0°C, 10 g/m3 à 10°, 30 g à 25°, 60 g à 40°, 420 g à 80°). Son bilan doit aussi tenir compte de l'albédo et des effets de l'évaporation (refroidissement) ou de la condensation (gain de calories).

En fait, et bien que la quantité de vapeur d'eau ne soit directement affectée que dans une faible mesure par les activités humaines comme l'irrigation, le drainage de zones humides ou les lacs de barrage, elle n'est pas présente partout dans les mêmes proportions. D'une part parce que la pression partielle de H2O atmosphérique correspondant au taux de saturation (point de condensation) varie plus que proportionnellement à la hausse de la température. D'autre part parce que l'on est plus ou moins proche de ce point selon les régions du globe, de moins de 20 % au Sahara à 100 % en zone intertropicale pendant la saison des pluies.

3.4.1.2. Le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2) actuellement responsable d'environ 69 % du forçage de l'effet de serre, dont 59 % pour l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel...) et 10 % pour les effets de la déforestation. En 2006, la teneur atmosphérique de ce gaz est égale à 380 ppm (parties par million) en moyenne annuelle. Ce taux fluctue avec les saisons, essentiellement en raison de la variation saisonnière de la capacité des plantes à fixer le carbone atmosphérique par photosynthèse.

En principe, la nature recycle le CO2 en un peu plus d'une centaine d'années. Mais si les puits de carbone - océans et végétation - perdaient de leur efficacité, cette durée s'allongerait dangereusement, alors qu'elle ne permet déjà tout au plus que la neutralisation de la moitié des excédents de CO2. Le dioxyde de carbone est le plus important des GES influencés par l'activité humaine, aussi bien en termes de quantité dans l'atmosphère que pour ses effets potentiels sur le réchauffement de la planète. Ce gaz provient de la respiration des animaux et des végétaux, de l'utilisation des combustibles fossiles, du brûlage ou de la décomposition des plantes et des arbres et de la carbonisation du calcaire dans les cimenteries [GIEC 2007, p.5].

L'utilisation de combustibles fossiles s'est continuellement et extrêmement développée depuis le début de la première révolution industrielle. Il faut ajouter à cela la déforestation et le brûlage des déchets. Ces activités et d'autres interventions humaines ont entraîné une hausse de plus de 35% de la présence du dioxyde de carbone dans l'atmosphère. Les données obtenues à la station du Mauna Loa (Hawaï) montrent clairement une augmentation annuelle sans précédent de la concentration moyenne de CO2, de 280 parties par million (ppm) à l’origine, à 380 ppm en 2006. Cette montée a surtout eu lieu depuis le milieu du 20ème siècle et n’a jamais été plus rapide qu'au cours de la dernière décennie. L'accroissement mesuré a en effet nettement tendance à s'accélérer : 1,4 ppm/an en moyenne pour 1960/2005, mais 1,9 ppm/an en 1995/2005 [GIEC, 2007, p.5].

La concentration actuelle du CO2 atmosphérique dépasse de loin tout ce qui a été mesuré pour les 650 000 dernières années à partir des carottes de glace prélevées dans l'épaisseur de la nappe polaire antarctique (variations de 180 à 300 ppm en fonction des cycles naturels). Il existe heureusement un certain effet de saturation de l'effet de serre imputable au CO2, finalement assez modeste. Si ce gaz était seul en cause, le réchauffement climatique ne devrait pas dépasser 2 à 3°C au cours de ce siècle. Mais le CO2 n'est pas seul en cause.

3.4.1.3. Le méthane (CH4), crédité de 18 % du réchauffement déjà constaté est 23 fois plus efficace que le CO2, à égalité de masse d'origine à l'échelle du siècle. Son potentiel de réchauffement global (PRG) est estimé à 62 à l'échelle d'une vingtaine d'année et encore 7 à l'échelle de 500 ans. La durée de vie du méthane dans l'atmosphère avant son élimination varie en fonction de divers paramètres. Il est généralement admis qu'elle est en moyenne de l'ordre d'une douzaine d’années dans les conditions atmosphériques actuelles. Très réactif, le CH4 finit par s'oxyder en donnant essentiellement du CO, du CO2, divers composés et de la vapeur d'eau.

La principale source de ce gaz est la décomposition anaérobie par des microorganismes en absence d'oxygène libre dans l'air. Actuellement, elle a essentiellement lieu dans les rizières et les marécages. Le méthane provient également des bovins et autres ruminants, dont la digestion est fondée sur la fermentation des végétaux ingérés. La combustion de la biomasse constitue également une source de méthane, les incendies de forêt dégageant une molécule de CH4 pour 100 molécules de CO2.

La proportion de méthane dans l'atmosphère, qui était de 715 parties par milliard (ppb) en 1800, atteint aujourd'hui 1774 ppb . La concentration actuelle de ce gaz est plus élevée qu'elle ne l'a jamais été au cours des 650 000 dernières années, au cours desquelles elle a varié de 320 à 790 ppb. Cependant, le taux de croissance du méthane a eu tendance à baisser depuis une vingtaine d’années, passant de 16 ppb/an en 1980 à environ 10 ppb/an en 2000. (IPCC, 2001). Ce ralentissement est probablement lié au recul des zones humides, notamment en régions intertropicales mais pourrait laisser place à une nouvelle accélération au cours des prochaines décennies en raison du dégel du pergélisol de Sibérie et d’Alaska. Dès 2004, la scientifique américaine Camille Parmesan affirmait que les sols de l'Alaska commencent à se comporter comme une fontaine de carbone. En 2005, à la fin de l'été suivant, un botaniste russe de l'Université de Tomsk [Kirpotin, 2005, p.1-24] et la Britannique Judith Marquand constataient qu'environ un million de Km² de pergélisol avaient dégelé en profondeur pour la seule Sibérie occidentale [New Scientist, 11-08-2005] et que la reprise à grande échelle de la fermentation bactérienne entraînait la généralisation du phénomène « fontaine de méthane » sur de vastes surfaces. Simultanément, une chercheuse de l'Université de Fairbanks faisait la même constatation en Sibérie orientale [Walter, 2006, p.71-75]. Seul, le recul des zones humides tropicales a jusqu'ici compensé ces émissions en provoquant une provisoire stabilisation de la concentration atmosphérique du CH4. Plus tard cependant, la généralisation du dégel du pergélisol et le possible dégazage des gisements sous-marins d'hydrates de méthane sont susceptibles d'accélérer le forçage de l'effet de serre et donc le réchauffement climatique.

3.4.1.4. Le protoxyde d'azote (N2O) est dû à l'utilisation des combustibles fossiles, notamment par le transport routier et par certaines industries, et des engrais azotés par l'agriculture intensive. Il est également dégagé par la pratique des brûlis forestiers, la combustion de la biomasse et l'intensification des processus de nitrification et de dénitrification du sol dans les zones semi humides. A masse initiale égale, ce gaz est 320 fois plus nocif que le CO2 pour l'effet de serre à l'échelle du siècle, pour un temps moyen de séjour atmosphérique de 114 ans.

La concentration atmosphérique en protoxyde d’azote a crû de la valeur préindustrielle de 270 ppb à 320 ppb en 2006 [GIEC, 2007, p.6], soit une augmentation totale de 18 %. Plus d'un tiers des émissions est d'origine anthropique et est principalement imputable à l'agriculture (utilisation d'engrais azotés, rizières, élevage de ruminants...). Le N2O est responsable d'à peu près 5 % du réchauffement climatique. Sa concentration s'accroît de plus de 0,3 % par an et les taux de libération de ce gaz par les sols pourraient croître dans certains des écosystèmes naturels perturbés par le réchauffement.

Le forçage radiatif cumulé dû à l'augmentation de la concentration des gaz considérés actuellement comme les trois principaux responsables du forçage de l'effet de serre - CO2, CH4 et N2O - atteint déjà +2,30 W/m². Son taux d'accroissement au cours de l’ère industrielle est très vraisemblablement sans équivalent depuis plus de 10 000 ans [GIEC, 2007, p. 6] et sa valeur absolue est supérieure à tout ce que la Terre a connu depuis au moins 650 000 ans.

3.4.1.5. Le monoxyde de carbone (CO) - Le monoxyde de carbone n'est pas à proprement parler un gaz à effet de serre, mais il agit sur le pouvoir d'oxydation de l'atmosphère terrestre et peut influer sur les concentrations de CH4 et de N2O. Les combustions lentes et incomplètes souvent à loeuvre dans les feux de savanes dégagent de notables quantités de CO.

3.4.1.6. Les oxydes d’azote (NOx), l'anhydride sulfureux (SO2), les chlorofluorocarbones (CFC-11 et CFC-12) et les halocarbures ou gaz fluorés (HFC, PFC, CF6). Ces GES proviennent, pour les uns, de l'utilisation de combustibles fossiles et, pour les autres, des dispositifs de refroidissement (congélateurs, réfrigérateurs, climatiseurs), de l'industrie de l'aluminium et de la chimie

Les CFC, jadis utilisés comme propulseurs d'aérosols, ont été accusés de favoriser la destruction de l'ozone stratosphérique, après avoir longtemps servi pour la réfrigération, la climatisation et diverses applications industrielles,. Un trou d'ozone apparaît effectivement en hiver au-dessus des régions polaires, mais ce phénomène avait déjà été observé avant le début de l'usage des CFC.

Les halocarbures ou gaz fluorés (HFC, PFC) et le SF6 proviennent également exclusivement des activités humaines. Ils ont succédé aux CFC et ne sont présents que depuis peu dans l'atmosphère. Mais leur contribution au forçage climatique est déjà sensible (de +0,31 à +0,37 W/m²). A masse égale et à l'échelle du siècle, les plus usités de ces gaz exercent un effet de serre1300 à 23 900 fois plus efficace que le CO2. Les différentes variétés de HFC ont une dangerosité allant de 140 (le HFC-152a) à 11 700 fois celle du CO2 (le HFC-23). L'halocarbure encore actuellement le plus utilisé en réfrigération - le HFC-134a - atteint l'indice 1300. «L'efficacité» des PFC employés dans l'électrolyse de l'aluminium et l'industrie électronique varie de 5100 à 9200. Le SF6, utilisé en métallurgie, équipements électriques et électroniques, est le plus nocif avec un potentiel de réchauffement égal à 23 900 fois celui du CO2. En dépit de la très faible concentration atmosphérique de ces gaz fluorés et des efforts destinés à en réduire la diffusion, leur participation au forçage de l'effet de serre est de l'ordre de 8 %. Ils constituent un danger potentiel, d'autant plus que leur durée moyenne de présence dans l'atmosphère est supérieure à celle des autres GES, pouvant même dépasser 50 000 ans dans le cas du CF4 utilisé dans le cadre de la production d'aluminium. Elle est encore de 13,8 ans pour le plus courant d’entre eux (le HFC-134a). Leur utilisation risque de se multiplier dans l'avenir, sauf à les remplacer par des gaz à moindre PRG, tels l'isobutane, ou à abandonner l'actuelle technologie des systèmes qui les utilisent pour une autre.

3.4.1.7. L'ozone (O3) est présent en proportion variable dans l'atmosphère. Il n'est utile que dans la stratosphère où il constitue un écran protecteur et empêche les rayons ultraviolets nocifs d'atteindre la surface de la Terre. Dans la basse troposphère (couche inférieure de l'atmosphère), O3 se forme soit à partir des oxydes d'azotes (NOx) principalement dus à la circulation automobile, soit sous l'effet de la foudre. L'exposition à des niveaux élevés d'ozone troposphérique nuit à la santé humaine ou animale (notamment en attaquant les muqueuses et les poumons) et à la végétation (en réduisant plus ou moins la capacité de photosynthèse des plantes). Contrairement aux autres polluants provoqués par la circulation automobile, la concentration de l'ozone augmente souvent dangereusement dans la basse atmosphère, notamment en zone urbaine et périurbaine. En France, la concentration moyenne est ainsi passée de 32 microgrammes par mètre cube en 1994 à 50 en 2005.

4. Problèmes et perspectives.

4.1. La responsabilité des GES dans la tendance au réchauffement.

Les experts du GIEC ont estimé en 2007 [p. 7] à un peu moins de + 0,8°C la hausse moyenne des températures sur la Terre depuis le début du 20ème siècle (+1,1°C sur les continents, + 0,7°C au dessus des océans). Il s'agit d'une hausse somme toute modérée, mais qui tend à s'accélérer depuis quelques années.

D’après l'OMM, la progression annuelle de la température au cours des années 1976-2000 a été trois fois plus rapide que pendant les 75 premières années du vingtième siècle. Et l'on sait que onze des douze années 1995-2006 ont été en moyenne les plus chaudes depuis au moins 150 ans et probablement beaucoup plus. La tendance est sans aucun doute à la hausse des températures et tous les experts sérieux en attribuent l'accélération actuelle aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Quant à l'influence de la variabilité cyclique de l'activité solaire, souvent influente dans le passé, elle est probablement devenue minoritaire - et même très minoritaire - depuis le milieu des années 70 (premier seuil climatique).

Outre ces éléments, il faut aussi prendre en compte l'évolution de l'albédo (imputable à la réduction de la banquise, au recul de la majorité des glaciers, à l'évolution de la nébulosité, aux changements dans la couverture végétale, etc.), les GES non anthropiques (CH4 issu du pergélisol dégelé et plus tard des clathrates), les aérosols, les effets de synergie, de rétroaction et de seuil, l'évolution des océans (acidité, température, courants...) etc.

4.1.1. Les GES ne présentent pas tous le même potentiel de réchauffement.

Les GES diffèrent non seulement par leur durée de présence dans l'atmosphère avant de se décomposer (temps de vie), mais aussi par leur effet réchauffant confronté à celui du CO2. Les scientifiques ont choisi ce dernier comme référentiel pour mesurer les propriétés de tous les autres GES. Pour comparer ces gaz, on calcule leur potentiel relatif de réchauffement global (PRG) en tenant compte de leurs écarts de temps de vie et d'effet radiatif. Le méthane est par exemple un gaz à durée de vie relativement courte. Par conséquent, les émissions de ce gaz manifestent leurs effets les plus forts pendant les premières décennies suivant leur libération, avant que l'oxydation des molécules de CH4 ne se traduise par l'apparition de CO2, beaucoup moins efficace comme GES. L'oxyde nitreux, les CFC et certains gaz fluorés, d'autre part, contribuent à l'effet de serre pendant des centaines d'années car ils sont plus stables et se décomposent très lentement dans l'atmosphère [GIEC, 2007].

Tableau 2 : Potentiel de réchauffement global (PRG) à l’horizon 100 ans

et durée moyenne de séjour dans l’atmosphère des principaux gaz à effet de serre (Source: GIEC)

gaz à effet de serre (GES): formule, PRG & durée de séjour (ans)

- dioxyde de carbone CO2 PRG1 120-200 ans (variable)

- méthane CH4 PRG22-23 12,2 ans ±3

- protoxyde d'azote N2O PRG310-320 120 ans

- dichlorodifluorométhane (CFC-12) CCl2F2 PRG6 200-7 100 102 ans

- chlorodifluorométhane (HCFC-22) CHClF2 PRG1300-1400 12,1 ans

- tétrafluorure de carbone CF4 PRG6 500 50 000 ans

- hexafluorure de soufre SF6 PRG23 900 3 200 ans

4.1.2.. La contribution des activités humaines aux émissions de GES.

Les activités humaines sont responsables de la croissance des émissions atmosphériques de certains GES, essentiellement dues aux industries et au transport et dans une moindre mesure à la déforestation, aux modes d'utilisation des terres, à la riziculture et à l'élevage de ruminants.

La quasi-totalité des scientifiques soutiennent que cette situation affecte le bilan radiatif de l'atmosphère et a commencé à entraîner une élévation sensible et durable de la température du globe. Pour employer le prudent vocabulaire du GIEC, avec une probabilité supérieure à 90%, il existe très grande vraisemblance de la validité de cette conclusion [GIEC, 2007, p.6 et 12]. Depuis 1975, l’influence des GES d'origine anthropique sur le forçage de l'effet de serre domine nettement l'ensemble des autres facteurs, signe probable du franchissement d'un premier seuil climatique.

Dans l'Union Européenne, le total des émissions de gaz à effet de serre a progressé de 1,5% par an entre 2000 et 2005. La raison principale en est l'accroissement de l'utilisation de combustibles fossiles pour la production d'électricité. En cause : l'abandon du nucléaire dans plusieurs pays et l'incapacité de certaines solutions mises en avant (les éoliennes) à assurer la continuité de la fourniture de courant.

Ce n'est pas le cas de la France, essentiellement en raison du choix du nucléaire et du quasi-abandon des centrales thermiques classiques. Ainsi le nucléaire représente 78% de toute l'électricité produite dans notre pays et 17% de toutes les énergies primaires comprenant également les carburants destinés à la propulsion des véhicules, les sources d'énergie non électrique utilisées pour le chauffage des locaux, etc.

Par contre, nous avons beaucoup de progrès à accomplir dans nos comportements, car les seuls secteurs dont les émissions ont connu une hausse de 1990 à 2004 sont liés à notre genre de vie : transports (+ 22,7%), résidentiel et tertiaire (+22,3%). Tous les autres ont réduit leurs émissions de GES au cours de la même période : Industrie (-21,6%), agriculture et sylviculture (-10,5%), énergie (-12,8%), gestion des déchets (-2,6%). Au total, en 2004, les transports ont été à l'origine de 26,5% des émissions de gaz à effet de serre, l'industrie de 19,9%, le résidentiel et le tertiaire de 19,3%, l'agriculture et la sylviculture de 18,8%, l'énergie de 12,8% et la gestion des déchets de 2,6%.

4.1.3. Les pays qui contribuent le plus à l'élévation du niveau de CO2 et des autres GES.

Les pays de l'Union Européenne ont collectivement émis 3683 millions de tonnes de CO2 en 2002. L’UE occupait ainsi le deuxième rang mondial pour l'émission de ce gaz, après les USA (5 872 Mt en 2002, soit 25 % du total d'après le service statistique des Nations Unies) et juste devant la Chine (3 550 Mt), Un classement basé sur les émissions totales de GES serait peu différent.

Cependant, les choses évoluent rapidement. Pour s'en tenir aux seuls pays industriels, entre 1990 et 2003, les émissions totales de GES, mesurées en équivalent CO2, ont diminué dans les pays d'Europe de l'Est et dans certains Etats d’Europe occidentale (Allemagne : 19,2 %, Royaume-Uni : 13,5 %, France : 5,7 %, Suède ; 5,5 %...) mais elles ont augmenté de 24 % en Grèce, de 20,3 % aux Etats-Unis, de 8,3 % en Italie…

La Chine pourrait supplanter les Etats-Unis dès 2007 comme premier pays émetteur de CO2, tandis que l'Inde dépasserait la Russie l'année suivante.

Si on considère enfin les émissions de CO2 par habitant, les pays les plus polluants au monde sont actuellement, dans l'ordre : Les USA, le Canada, l'Australie et le Danemark.

4.2. Les autres facteurs de forçage du climat.

D'autres facteurs d'origine anthropique exercent également un effet de forçage positif (+0,36 W/m²) ou négatif (-1,40 W/m², dont -0,70 pour une augmentation de l'albédo des nuages qui serait provoquée par les aérosols) sur l'effet de serre [GIEC, 2007, p.6]. Mais leur incidence est actuellement inférieure à celle de l'ensemble des éléments déjà cités.

Quand aux causes non anthropiques de variation, leur effet relatif est maintenant secondaire par rapport aux causes anthropiques (de l'ordre de 6 à 25 % de celles-ci, au maximum) et ne peut agir qu'en donnant de manière plus ou moins cyclique de légers coups de frein ou d'accélérateur au changement climatique. Mais il pourrait en être tout autrement à l'avenir, en raison des rétroactions positives nettes de la nature, notamment en ce qui concerne le méthane

4.2.1. Les aérosols.

Les aérosols sont constitués de particules minuscules et de fines gouttelettes en suspension dans l'air. Certains d'entre eux agissent comme noyaux de condensation des gouttelettes d'eau qui constituent les nuages.

Il existe de nombreuses sources naturelles et humaines d'aérosols. Les poussières provenant des volcans et des tempêtes dans le désert sont des exemples de particules d'origine naturelles. Les fumées produites par les feux de forêts et de savanes sont d'origine soit naturelle, soit anthropique selon la cause de l'incendie.

Parmi les divers aérosols d’origine anthropique, les plus notables sont les aérosols de sulfates, tels le dioxyde de soufre SO2 et ses dérivés. Le SO2 provient en général de la combustion de combustibles fossiles soufrés ainsi que de certaines activités industrielles et des volcans. Les aérosols de SO2 accroissent un peu l'albédo en dispersant la lumière solaire, ce qui contrecarre légèrement l’effet de serre. Leur participation directe au forçage radiatif est donc négative : de l'ordre de -0,5 W/m², contre -0,2 pour les aérosols provenant de la combustion de la biomasse et +0,2% pour les fumées provenant de la combustion des combustibles fossiles.

A cela s'ajoute une influence indirecte des aérosols par accroissement de l'albédo des nuages, un forçage négatif estimé à environ 0,7 W/m² [GIEC, 2007, p.6 et 35].

La diffusion des aérosols de SO2 a pris de l'importance depuis la fin du 19ème siècle pour culminer au début des années 1970. Leur présence dans l'air a ensuite été réduite d'environ un quart, de même que leur effet de refroidissement atmosphérique. En France, leur niveau d'émission a sensiblement diminué grâce à l'utilisation de fuels et de gazoles non soufrés et à l'abandon des centrales thermiques au profit du nucléaire.

Pourquoi cette réduction programmée de la diffusion de ces aérosols ? Tout simplement parce que leurs effets nocifs sur l'environnement l'emportent sur leurs avantages. Les pluies acides qu'ils provoquent ont en effet contribué à la dégradation des forêts, particulièrement dans les pays tempérés. Or, qui dit dégradation de la couverture forestière dit réduction de la photosynthèse et perte d'efficacité du puits de carbone constitué par les arbres.

Quant aux autres aérosols - carbone organique, carbone noir (suie) et poussières minérales -, ils ont un effet net de refroidissement pratiquement négligeable. De plus, ils résultent souvent de la combustion de combustibles fossiles et de la biomasse, combustion également génératrice de CO2 [GIEC, 2007, p.9].

Il n'est donc en aucune manière possible de compter sur quelque aérosol que ce soit pour limiter plus qu'actuellement les conséquences de l'effet de serre [Coustou, 2005, pp86-87].

4.2.2. Quelques aspects des changements climatiques en cours ou prévisibles.

4.2.2.1. L'évolution des températures.

La poursuite de l'augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 et autres GES aura de très sérieuses conséquences. La première d'entre elles sera une élévation des températures moyennes, déjà constatée depuis une centaine d'années : près de + 0,8 °C en moyenne mondiale au cours du 20éme siècle, + 1,5°C en France . Cette hausse est plus rapide depuis une trentaine d'année et est susceptible de s'accélérer encore sauf réduction considérable des émissions de GES. L'élévation des températures s'est déjà accompagnée d'un recul du nombre de jours de gel. Par ailleurs, une élévation du niveau des océans est absolument certaine avec la poursuite du réchauffement, en raison de la fonte des glaciers, du dégel du pergélisol et, surtout, de la dilatation des eaux provoquée par la hausse de leur température.

A l'horizon 2050, la synthèse des effets analysés par les modèles du GIEC, de la probable disparition estivale de la banquise arctique entre 2025 et 2030, du dégel du pergélisol, de la déstabilisation possible de certains gisements de clathrates et de l'ensemble des effets de seuil, de synergie et de rétroaction pourrait entraîner un réchauffement incontrôlable et bien plus grave que prévu . Notre propre modélisation montre qu'un réchauffement moyen de 12°C, voire plus, n'est en effet pas impossible. Une telle évolution signifierait l'apparition d'un climat désertique à la latitude de la France.

Il ne s'agit cependant pas d'une fatalité, car il est encore possible d'agir pour redresser la situation et fortement limiter les dégâts en réduisant drastiquement les émissions de GES. Un véritable défi pour les politiques et pour les industriels [Coustou, 2005, p.123-175]…

4.2.2.2. Les végétaux et la biosphère.

Les plantes utilisent le CO2 au cours de la photosynthèse et sont sensibles à la présence de certains autres gaz, tels que l’ozone (O3). Par conséquent, une concentration accrue en GES aura d'importants effets sur la croissance et la survie des végétaux, notamment les arbres. De plus, le changement climatique pourrait affecter, d'une part, la répartition territoriale des animaux - y compris celle des nuisibles et des microorganismes - et des végétaux et, d'autre part, les processus participant à la formation de l'humus et du sol. Ces effets auraient à l'avenir de graves conséquences, non seulement sur l'agriculture, la pêche et la foresterie, mais aussi sur les conditions de vie et la santé des hommes.

4.2.2.3. L'évolution de la pluviométrie et des ressources en eau.

D'après le rapport 2007 du GIEC, de 1900 à 2005, des précipitations significativement accrues ont été observées à l’est des deux Amériques, au nord de l’Europe, en Asie du Nord et en Asie centrale. Un assèchement a été observé dans le Sahel, en Méditerranée, au sud de l'Afrique et dans certaines parties du sud de l'Asie [GIEC, 2007, p.9].

En liaison avec ces évolutions, les épisodes de sécheresse ont tendu à s'aggraver dans les régions tropicales. Inversement, le GIEC note que « la fréquence des événements de fortes précipitations a crû sur la plupart des zones terrestres, en cohérence avec le réchauffement et les accroissements observés de la vapeur d'eau atmosphérique ». Même les pays situés en zone tempérée, comme la France, ne sont pas épargnés par cette situation.

En ce qui concerne les océans, « des changements dans les précipitations et l'évaporation sont suggérées par l'adoucissement des eaux de moyenne et haute latitude, ainsi que par la salinité accrue des eaux de basse latitude » [GIEC, 2007, p.9]. Mais en fait, d'autres éléments peuvent largement contribuer à expliquer ces modifications de salinité. En particulier l'accélération de la fonte de la banquise arctique, le recul des glaciers, le dégel du pergélisol et des changements importants dans le débit des fleuves. Ainsi le débit de l'Amazone a été fortement réduit en raison de la réduction de l'évapotranspiration et donc des pluies sur le bassin amazonien, alors que celui des grands fleuves qui se jettent dans l'Arctique s’est accru significativement (de 7 à 10%) en une trentaine d’années.

A l'avenir, on peut redouter une aggravation des tendances observées ainsi qu'un renforcement de la violence des précipitations, des orages et des évènements météorologiques violents, tels les tempêtes et les cyclones tropicaux.

4.2.2.4. La disparité géographique des changements climatiques.

Tous les modèles climatiques concordent sur le fait que le climat pourrait réagir de façon très différente selon les latitudes à une augmentation de l'effet de serre.

Les régions tropicales devraient subir des augmentations de température relativement moins élevées mais pourraient être affectées par une sécheresse désastreuse. Il est également possible que les pluies de mousson soient plus abondantes, mais que les périodes de sécheresse soient simultanément plus longues, une tendance déjà observée depuis le début du 21ème siècle, particulièrement en Asie.

Pour les latitudes tempérées, les estimations du changement climatique futur par région sont encore incertaines. La comparaison des prévisions de plusieurs modèles climatiques laisse envisager une réduction de la pluviométrie et une évaporation accrue conduisant à une intensification de la sécheresse en été dans de nombreuses zones intérieures des continents aux latitudes moyennes, au détriment des activités agricoles de ces régions.

Alain Coustou

Si tu le souhaites, je peux te faire passer des données plus récentes (que je réserve pour l'instant pour un article à paraître en fin d'année)

Je te rappelle aussi que je suis l'auteur d'un ouvrage récent sur le réchauffement climatique : "Terre, fin de partie ?", dont voici le lien vers l'éditeur: http://www.eons.fr//main.php?rubrique=Cata...&idlivre=38

Alain

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Si ça peut t'être utile, voici le texte que j'ai diffusé lors d'une conférence débat au début de ce mois:

1 Alain

C'est un peu long , j'ai donc coupé la citation.

Je n'ai évidemment pas lu tout ça de façon détaillée mais j'ai noté que tu parlais d'El Nino et de la Nina comme de courants océaniques. C'est bien ça?

Ce n'est pas rigoureusement exact : en fait il s'agit de la propagation d'une onde au travers du bassin et cette onde a pour résultat pour El Nino le réchauffement des eaux de surface par remontée de la thermocline.

J'ai aussi vu aérosols et j'ai sauté dessus: les aérosols volcaniques ne sont pas des poussières. Celles ci ont une durée de vie bien trop courte pour avoir la moindre efficacité , il s'agit de transformations de SO2 par oxydation comme pour les aérosols anthropiques.

Détail: ta formulation laisse à penser que Hansen ne participe pas au GIEC alors qu'il y participe comme tous les modélisateurs. Ce que le GIEC n'a pas inclus, ce sont les rétroactions positives brutales comme le fluage des glaciers et la dislocation des calottes ou d'une partie d'entre elles et les clathrates. J'ai compris que tu y tenais mais la position du GIEC est très raisonnable là dessus: trop peu de données encore . Si je compare le niveau de connaissance à celui de l'effet indirect des aérosols au moment où on s'y est engoufré, il y a une grosse différence: le mécanisme était connu et marchait, on en avit des vérifications expérimentales.

Goulven désire mener une action de sensibilisation: il suffit d'en rester au certain (l'effet de serre et son augmentation, le forçage résultant, le réchauffement) et au très probable (le réchauffement à venir selon le GIEC) , il me semble que ça suffit largement pour sensibiliser.

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C'est un peu long , j'ai donc coupé la citation.

Je n'ai évidemment pas lu tout ça de façon détaillée mais j'ai noté que tu parlais d'El Nino et de la Nina comme de courants océaniques. C'est bien ça?

Ce n'est pas rigoureusement exact : en fait il s'agit de la propagation d'une onde au travers du bassin et cette onde a pour résultat pour El Nino le réchauffement des eaux de surface par remontée de la thermocline.

J'ai aussi vu aérosols et j'ai sauté dessus: les aérosols volcaniques ne sont pas des poussières. Celles ci ont une durée de vie bien trop courte pour avoir la moindre efficacité , il s'agit de transformations de SO2 par oxydation comme pour les aérosols anthropiques.

Détail: ta formulation laisse à penser que Hansen ne participe pas au GIEC alors qu'il y participe comme tous les modélisateurs. Ce que le GIEC n'a pas inclus, ce sont les rétroactions positives brutales comme le fluage des glaciers et la dislocation des calottes ou d'une partie d'entre elles et les clathrates. J'ai compris que tu y tenais mais la position du GIEC est très raisonnable là dessus: trop peu de données encore . Si je compare le niveau de connaissance à celui de l'effet indirect des aérosols au moment où on s'y est engoufré, il y a une grosse différence: le mécanisme était connu et marchait, on en avit des vérifications expérimentales.

Goulven désire mener une action de sensibilisation: il suffit d'en rester au certain (l'effet de serre et son augmentation, le forçage résultant, le réchauffement) et au très probable (le réchauffement à venir selon le GIEC) , il me semble que ça suffit largement pour sensibiliser.

J'ai effectivement simplifié la présentation. Même si El Nino et la Nina ne sont pas à proprement parler des courants inclus dans la circulatioin thermohaline, je les ai qualifiés de courants car ils aboutissent à des déplacements importants de calories ou à des remontées d'eau froide océanique.

Pareil pour les émissions volcaniques. Trop de distinguos pour une conférence-débat qui a duré seulement quelques heures n'aurait rien apporté de plus.

Pour le fluage des calottes glaciaires, j'ai eu tout de même une formulation prudente et, lors du débat, j'ai indiqué que j'avais personnellement des doutes à leur sujet.

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J'ai effectivement simplifié la présentation. Même si El Nino et la Nina ne sont pas à proprement parler des courants inclus dans la circulatioin thermohaline, je les ai qualifiés de courants car ils aboutissent à des déplacements importants de calories ou à des remontées d'eau froide océanique.

Pareil pour les émissions volcaniques. Trop de distinguos pour une conférence-débat qui a duré seulement quelques heures n'aurait rien apporté de plus.

Pour le fluage des calottes glaciaires, j'ai eu tout de même une formulation prudente et, lors du débat, j'ai indiqué que j'avais personnellement des doutes à leur sujet.

Je suis d'accord sur le fait de ne pas alourdir, on pourrait quand m^me discuter des aérosols volcaniques car c'est une erreur trop courant pour y donner prise.

Non, c'est dans le contexte de la question de goulven: s'il veut faire de la sensibilisation, il est important qu'il soit correctement informé, c'est la raison pour laquelle, je lui conseille de retourner aux sources, cad aux ouvrages des scientifiques.

D'approximation en approximation (à chaque étape de la vulgarisation) on finit par dire un peu n'importe quoi.

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***Post modéré car hors sujet : ce topic traite de l'élaboration d'une conférence sur le réchauffement climatique, et non d'une nouvelle confrontation entre théories sceptiques et théories sur le réchauffement. Pour ce genre de débat, merci de vous reporter sur les topics dédiés***

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Cette synthèse faite par Alain est tellement bonne que je me suis permis de refaire la mise en page pour la diffuser (en citant bien sûr l'auteur) aux personnes actuellement en charge des grenelles de l'environnement.

En effet, en ce moment, ça part un peu dans tous les sens et une telle synthèse (enfin) permet de resituer les enjeux.

Un énorme merci à Alain pour cette superbe synthèse qui j'espère servira à des décideurs pressés de comprendre l'essentiel.

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Pour continuer à affirmer que l'effort réalisé par les forumeurs n'est pas vain, la synthèse faite par Alain est en train de faire le tour très rapidement avec des remontés très positives. En effet, c'est important que ces personnes là aient une infos dépassant les brèves du 20 h.

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Merci à vous tous,

et en particulier à Alain Coustou et Yves Fouquart. Qui m'ont tous deux transmis une synthèse très pratique et simple à comprendre.

Je lis en parallèle le livre : Atlas du réchauffement climatique de Frédéric Denhez aux éditions : autrement.

Après lecture de ce livre et des votre. Je vais enfin pouvoir éclaircir mon exposé et le monter.

Je débute par un débat suite à la diffusion du film d'Al Gorre, à la salle de l'environnement à Nice ce 3 août à 19h.

J'espère acquérir suffisamment de connaissance, pour être capable de répondre aux questions?

Si par hasard il y en a 1 parmi vous qui peut être présent, je serai heureux de le rencontrer.

Merci encore pour votre aide.

Et je reviendrai volontiers sur ce forum pour acquérir de nouvelles connaissances.

Goulven

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***Post modéré car hors sujet : ce topic traite de l'élaboration d'une conférence sur le réchauffement climatique, et non d'une nouvelle confrontation entre théories sceptiques et théories sur le réchauffement. Pour ce genre de débat, merci de vous reporter sur les topics dédiés***

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