Jump to content
Les Forums d'Infoclimat

Ce tchat, hébergé sur une plateforme indépendante d'Infoclimat, est géré et modéré par une équipe autonome, sans lien avec l'Association.
Un compte séparé du site et du forum d'Infoclimat est nécessaire pour s'y connecter.

Yoann44

Déforestation et réchauffement climatique

Recommended Posts

Posted

Location : Chauvé (44)

Un nouveau sujet sur les rétroactions entre climat et écosystèmes forestiers. Il y aurait de nombreuses choses à dire à ce sujet : avec l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, les forêts sont depuis plusieurs décennies des puits de carbone. Mais jusqu'à quand ? De nombreuses études montrent aujourd'hui que nous devons compter de moins en moins sur les forêts pour atténuer le RC, du fait que le RC augmente les stress hydriques et l'impact du parasitisme, ce qui atténue la croissance des arbres et donc leur capacité à fixer le CO2, voire même entraîne une forte mortalité de certains massifs forestiers, avec de plus un bilan photosynthèse/respiration qui penche plutôt vers une part plus importante de respiration des arbres que de photosynthèse (cf été 2003 en Europe par exemple).

On sait également que les pratiques forestières intensives atténuent grandement le rôle des forêts dans leur capacité à fixer le CO2, notamment avec l'extension des coupes rases et des taillis à courte rotation (l'humus et la matière organique fraîche du sol sont alors souvent exposés à la chaleur, ce qui accélère la minéralisation de ce dernier et augmente ainsi le relâchement de CO2. On sait également que la déforestation n’entraîne pas que du relâchement supplémentaire de C02 dans l'atmosphère, mais également une modification du climat à l'échelle régionale, voire à l'échelle mondiale : ce que montrent par exemple de nombreuses études sur l'Amazonie.

Bref, un topic pour parler ici du lien entre évolution des forêts et évolution du climat et ainsi de leurs rétroactions.

 

Pour commencer, voici un article intéressant d'une équipe de recherches qui alerte sur l'impact de la déforestation en Amazonie et le point de non-retour avec son impact majeur sur la climatologie de l'Amérique du Sud (et par là-même dans une boucle de rétroaction négative sur la végétation) si rien n'est fait pour la stopper :

 

La forêt amazonienne atteindra un point de non-retour si la déforestation dépasse 20% de sa superficie d'origine "

 

http://advances.sciencemag.org/content/4/2/eaat2340

 

  • J'aime 2

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted

Location : Chauvé (44)

On sait que la mangrove peut stocker en moyenne jusqu'à 10 fois plus de CO2 que les forêts continentales, et elle aujourd'hui considérée par les organismes internationaux comme une des priorités en terme de "technologies à émissions négatives" (qui plus est naturel et sans risque contrairement à la géoingénierie). Cependant, elle continue à être déforesté massivement, entre autre pour l'appétit mondial en crevettes roses (aquaculture) et pour l'instant peu de programmes nationaux ou régionaux existent pour la protéger.

Outre l'importance de ces écosystèmes riches en biodiversité pour limiter les impacts des ouragans et tempêtes, de la montée du niveau des océans et de l'érosion, les mangroves mériteraient d'être protégés de notre appétit pour une crevette dont on pourrait se passer !

 

Une mangrove au Kenya

 

https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/climat-les-mangroves-s-averent-de-loin-l-ecosysteme-qui-stocke-le-plus-de-carbone-7697

 

https://dailygeekshow.com/mangrove-danger-nature/

 

https://www.letemps.ch/sciences/lappetit-crevettes-detruit-mangroves-indonesiennes

 

file6tlkqreek6g1e7fhvc0q.jpg?itok=86J4O91b

 

  • J'aime 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

je l'avais évoqué déjà mais des chercheurs pensent que certaines populations d'Amérique centrale avaient pas mal déboisé et que suite à l'arrivée des espagnols et le cortège d'épidémies qui ont suivi, la forêt a progressé entrainant un refroidissement du climat.

la déforestation du pourtours méditerranéen est aussi intéressante mais son interprétation  délicate, il  n'y a pas de consensus au niveau des spécialistes, dès le néolithique le  taux de CO2 et le méthane a  augmenté dans l'atmosphère, besoin de défricher pour l'agriculture, l'énergie pour fondre les minerais ensuite, on estime que la production d'une tonne de fer nécessitait 65 m cube de combustible et à ce jour des KM linéaires d'anciennes  galeries  ne cessent d' être découverts. Ensuite les romains et grecs pour les chantiers navals.  On peut s'appuyer sur les carottes glacières, l'analyse des pollens et les sciences sociales. Un des arguments qui n'est pas favorables à cette idée de réchauffement par déboisement se trouve dans l' hétérogénéité des cultures du bassin méditerranéen qui ont pourtant connu le même réchauffement.

sujet intéressant avec beaucoup d'inconnues; déboisement ayant conduit à un réchauffement ou modification climatique ayant conduit à une érosion des sols et formation du maquis et garrigue?

Share this post


Link to post
Share on other sites

Marcel BOUCHE est le dernier spécialiste en France du vers de terre pour ceux comme Yoann44 et d'autres s'intéressent à la relation climat et les  écosystèmes ça peut être sympa, à la minute 47 il parle du GIEC.

 

 

 

  • J'aime 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted

Location : Chauvé (44)

@vardracenie Marcel Bouché est quelqu'un que j'admire énormément pour ces travaux agronomiques, notamment sur les vers de terre. Malheureusement, il tombe dans les travers de certains scientifiques qui ne travaillent pas directement dans le domaine du climat et qui ne connaissent pas vraiment le domaine. 

Ainsi le GIEC ne publie pas d'études. Il compile, analyse, synthétise les milliers d'études scientifiques publiés dans l'intervalle des rapports du GIEC.

Quand il affirme qu'il n'y a pas d'écologues au GIEC, il se trompe déjà puisque des centaines d'études ont déjà été publiés par des écologues, botanistes, océanographes, etc... qui travaillent depuis des décennies sur les interactions entre sol, végétation et climat et qui sont étudiées et prises en compte par le GIEC.

Marcel Bouché connait bien son domaine, mais malheureusement se permet de dire des choses fausses par rapport aux études sur le lien entre écosystèmes et climat. On en connait déjà beaucoup sur le domaine.

Quelques études en vrac qui contredisent les affirmations sans preuve de Marcel Bouché (tu en trouveras un paquet publiés dans les revues scientifiques à révision par des pairs, ex : Nature, Science, PNAS, revues scécialisées sur le climat (avec également des études sur les écosystèmes : ex : Atmosphere-ocean)

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/deforestation-les-forets-emettent-plus-de-co2-qu-elles-n-en-absorbent_116938

https://www.nature.com/articles/s41467-017-02412-4

https://robertscribbler.com/2016/12/02/beyond-the-point-of-no-return-imminent-carbon-feedbacks-just-made-the-stakes-for-global-warming-a-hell-of-a-lot-higher/

Je n'ai pas le temps d'en chercher plus, mais il n'y a pas besoin d'aller loin :) 

 

Des articles sur des études en Français dans l'excellente revue "La Météorologie" qui contredisent également Marcel Bouché :

http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/62152

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

merci, il  met souvent l'accent sur la contradiction comme conditions nécessaire à la rigueur scientifique, donc acte

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted

Location : Tours

Communiqué de presse de Météo France renvoyant à une étude sur l'utilisation des cultures intermédiaires pour atténuer les effets du changement climatique:

http://www.meteofrance.fr/espace-presse/61292293-agriculture-attenuer-le-changement-climatique-en-utilisant-des-cultures-intermediaires

 

lien vers l'étude réalisée par des chercheurs français, publiée le 12 avril (en anglais):

http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aab650/meta

 

  • J'aime 2

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted (edited)

Sur RMC découverte, on voit l'exploitation de l'or en pleine jungle avec renversement sauvage des arbres pour creuser dans l'espoir de trouver des pépites d'or...🤨

Et l'environnement dans tout  ça ?

Après l'émission est intéressante mais ça fait un peu mal au coeur pour la forêt. 

Edited by Nico41

Share this post


Link to post
Share on other sites

On devrait donc privilégier les types d'arbres et de plantes à forte assimilation de CO2 ? çà se dit çà ? Qui va financer ensuite ?

Share this post


Link to post
Share on other sites
Posted

Location : Dijon

Parce que le topic est intéressant, parce que le GIEC a sorti un rapport sur l'utilisation des sols et parce qu'aujourd'hui je suis tombé sur une étude (top confidentielle car il semble que le " truc" ne soit pas validé), je vous propose un petit extrait de l'analyse environnementale de la gestion sylvicole.. utile pour comprendre les difficultés qui se dressent devant nous quand bien même nous voudrions refaire de nos forêts des "puits de carbone" :

 

Extrait : " La biomasse et les sols forestiers stockent du carbone et contribuent ainsi à la lutte contre le changement climatique ; les zones humides présentes en forêt assurent également cette fonction de stockage. La productivité de l’écosystème permet de fixer le carbone dans la matière végétale et le stockage est d’autant plus important que cette matière ne se décompose pas ou peu. C’est le cas des sols froids en altitudes ou des matières végétales immergées des zones humides, notamment dans les tourbières : aussi le maintien et la conservation de ces entités en tant que stocks de carbone sont primordiaux. Naturellement le stock de carbone varie en fonction du type de forêt : plusieurs études ont montré que la quantité de carbone stockée dans le sol diminue drastiquement après une coupe rase du fait notamment de la minéralisation de la matière organique du sol. Le mode de gestion des peuplements est le premier facteur de variation du stock de carbone par hectare, qui peut varier de quelques tonnes par hectare en début du cycle sylvicole, à plusieurs centaines en fin de révolution. Avec un traitement régulier, lorsqu’un peuplement est arrivé en fin de révolution l’essentiel du stock de carbone de la biomasse aérienne est prélevé et le stock dans le sol s’effondre. Si les résineux montrent un accroissement du stock beaucoup plus rapide que les feuillus dans les jeunes peuplements, cette différence dans la vitesse de stockage s’amenuise à partir de 70 ans pour finalement s’inverser dans les futaies âgées. Au-delà de 140 ans, les futaies feuillues stockent plus de carbone que les futaies résineuses. Les régions de plus fort stock à l’hectare sont celles du Nord-Est de la France, notamment l’ex région Franche-Comté (83 tC/ha), en raison de leur maturité et de leur type de peuplement (futaies ou taillis sous futaies) . En moyenne sur la France, les peuplements à plus fort stock par unité de surface sont les sapinières (87 tC/ha) et les hêtraies (84 tC/ha), les plus faibles étant les peuplements de Douglas (45 tC/ha), du fait de leur âge le plus souvent peu élevé́, et de feuillus ou résineux divers (42 tC/ha).

La capacité de stockage du carbone des forêts dépend de nombreux paramètres tels que l’âge du peuplement et la durée du cycle sylvicole, l’essence, la structure du peuplement, le type de coupe, l’intensité et la fréquence des éclaircies, le travail du sol et la fertilisation, la gestion des rémanents mais aussi la texture du sol… Le stock de carbone étant proportionnel au volume (sur pied et souterrain car la biomasse souterraine suit le même profil que la biomasse aérienne), il augmente avec l’âge du peuplement. La forte capacité de stockage des forêts âgées s’explique par l’important volume sur pied de ces dernières. Dans ces forêts, la densité de gros bois par rapport aux petits bois et bois moyens est très importante : ils contribuent à 76% de la biomasse totale (43% du nombre de tiges). Le stock de carbone est le plus important dans les forêts non gérées qui n’ont pas subi de perturbation majeure (incendie par exemple). D’après la littérature, dans les peuplements gérés, si la coupe intervient à un âge proche de l’accroissement courant maximal, le stock de carbone ne représente qu’à peine 1/3 du stock maximal que ce peuplement aurait pu atteindre à maturité. Dans des hêtraies fertiles par exemple, on accroît le stock de bois sur pied de plus de 50% en allongeant de 100 à 140 ans la durée du cycle. La majorité des études tendent à montrer un impact négatif de la substitution d’une essence dominante feuillue par une essence dominante résineuse sur le stock de carbone, à la fois dans la biomasse et dans le sol. La substitution de feuillus par des résineux permet de stocker plus de carbone uniquement dans des contextes très particuliers (stations de faible fertilité et terrain convenant au développement de peuplements résineux), si les feuillus sont gérés de manière très intensive, et les résineux avec des rotations longues. La complexité structurale d’un peuplement favorise le stockage de carbone dans la biomasse aérienne : les peuplements multi stratifiés (taillis sous futaie, futaie irrégulière) maximisent le stockage du carbone.... Au-delà du type de forêt et de gestion, le bilan carbone de la forêt dépend par ailleurs de l’usage du bois prélevé : ainsi le bois d’œuvre permet de stocker du carbone alors que le bois énergie, brulé, en relargue. Cependant, cette énergie peut venir en substitution d’énergies fossiles et ainsi globalement améliorer le bilan carbone régional ""

 

  • J'aime 2
  • Merci 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now

  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

×
×
  • Create New...