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Quel avenir pour l'agriculture en France?


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OK pour l'élevage et l'agroforesterie, @boubou07 cela leur donne de l'ombre et est donc beaucoup moins néfaste qu'en grandes cultures. D'ailleurs de plus en plus d'arboriculteurs bio n'hésitent plus à lâcher des volailles aux pieds des pommiers ou cerisiers, cela forme bon ménage, puisque les fientes de poules apportent un excellent engrais et en retour elles détruisent tous les vers, chenilles... préjudiciables aux vergers.

Mais en grandes cultures et en maraichage, par ma propre expérience et de celle de tous ceux que je cotoie, c'est à proscrire.

 

Après si ça fonctionne pour ceux que tu cites @Babarskaja tant mieux pour eux (au pire les aides et subventions qu'ils ont certainement reçus pour ce projet au départ, compensent en partie d'autres inconvénients) mais depuis 20 ans qu'ils ont planter ces haies, est-ce que tous les voisins autour ont fait pareil depuis? Est-ce que tout ceci s'est développé dans la Somme ou départements alentours? Si non, soit il y a vraiment des inconvénients à cette méthode, soit les agriculteurs sont vraiment les rois des c*** :D

Même si bien sûr je préfère voir des parcelles avec des haies (hauteur maxi 2m et entretenues) dans la campagne, plutôt que des plaines immenses comme la Beauce sans aucun arbre à des kilomètres, tant pour la beauté du paysage que pour son utilité!

 

Pour reprendre les propos de @David25300 je dirai que si seulement demain on pouvait éduquer les gens à bien manger, bien vivre, tout en leur rappelant le calendrier des productions, à consommer local et de saison, on aurait fait un pas gigantesque!

En ce moment au boulot (grande chaine alimentaire de marché du frais en fruits et légumes), on reçoit plein pot des oranges et des mangues alors que la saison est plutôt à l'abricot et bientôt aux raisins! Pourquoi cette manie de toujours vouloir avoir tout plus tôt?

Je ne parle même pas des tomates cerises qui viennent de Hollande, des courgettes d'Espagne et des pommes de terre d'Italie...

Remarquez, des tomates produites en France avec le joli label Haute Valeur Environnementale, qui transitent par Rungis, puis par une plateforme du côté de Lyon, puis par la notre en Région Centre avant de repartir dans les 4 coins de l'Hexagone, tout ça en camion, au final je ne sais pas si c'est beaucoup mieux!

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Tout à fait d'accord avec toi, @boubou07 . Moi aussi je ressens parfaitement le fait que nous sommes qu'une simple attraction parfois, en plus de nous accuser d'être des pollueurs, bien sûr, et que no

Hey   Je ne suis pas agriculteur, je suis un jardinier très amateur.   Je fais un petit potager, qui va s'agrandir dans les années à venir. J'essaie la fameuse technique de ne plu

Et il faudrait aussi que TOUT le monde agricole soit solidaire entre nous, mais ça, c'est une autre paire de manches! C'est souvent les gros contre les petits, les éleveurs contre les céréaliers, les

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Pontarlier centre-ville 820 m, doubs

Bofix, en effet même sur une production Française nous arrivons à faire 3 fois le tour de la France avant de livrer le produit au consommateur. Ce que je trouve aberrant est aussi le fait que des fruits ou des légumes qui viennent du bout du monde soit moins chère que ceux qui poussent chez nous malgré le trajet (bien entendu le coût du travail en France y est pour beaucoup). Pourquoi dans une grande surface les produits Bio sont emballés dans du plastique, alors que le conventionnel non ? c'est un non sens avec le principe du Bio qui se veut moins polluant pour la planète et respecte la terre. Malgré tout la part de l'agriculture Bio en France prend de plus en plus de poids, je crois que nous en sommes aujourd'hui à environ 10 % de la production totale. Aussi il faudrait uniformiser les normes entre les différents pays européens, l'Europe est très forte pour restreindre les libertés ou ponctionner un peu plus de pognon à chacun d'entre nous de manière conjointe, en revanche quand il s'agit de bon sens il n'y a pas grand monde, merci les lobbys (un nom inventé par l'occident pour légaliser la corruption), on peut prendre en exemple le glyphosate, le nutriscore…. Là on est tranquille, la terre peut continuer de se dégrader, les gens peuvent continuer à manger de la merde, ça ne pose pas de problèmes, par contre quand il faut taxer l'automobile parce que les gens ne veulent pas faire 50 kilomètres à vélo pour aller au boulot, les 27 pays sont d'accord. C'est en effet à chacun d'entre nous de boycotter tout ce système, manger local, de saison, faire attention au plastique, ne pas jeter ses détritus dans la nature, et là on pourra se dire que l'agriculture en générale en France à un avenir radieux, des paysans qui travaillent pour gagner leur vie et non plus pour 500 € par mois, une amélioration de la santé de tous, une baisse du nombre de cancer...etc. Mais pour cela il faut de l'éducation, et ne pas se poser la question de savoir si on peut écrire oignon ou ognon parce que c'est trop compliqué pour la nouvelle génération. J'espère un jour que l'on comprendra que nous avons qu'une planète et qu'il faut agir très vite avant qu'il soit trop tard et que ce n'est pas en supprimant les voitures d'un centre ville que cela changera quelque chose.

Edited by David25300
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Pontarlier centre-ville 820 m, doubs

Bofix, le label HVE est une belle arnaque, comment continuer à produire en conventionnel en faisant croire que c'est presque du Bio et qu'on fait attention à la planète.

Ne soyons pas dupes, un produit estampillé HVE n'est pas la garantie d'un produit exempt de pesticides ou d'OGM. Le consommateur averti qui recherche un vin "naturel" se détournera très certainement de ce nouveau sticker apposé sur les bouteilles de vin, ce label n'étant qu'un "intermédiaire" entre les vins issus de la viticulture conventionnelle, dans laquelle l'industrie phytosanitaire est permise, et les vins issus de la viticulture bio AB ou biodynamique recherchant à mettre en valeur l'authenticité d'un terroir en limitant davantage ou même en interdisant l'apport d'intrants issus de l’industrie dans le vignoble. https://www.domaine-biodynamie.com/post-quest-ce-que-le-label-hve-viticulture,62.html

Ceci est un exemple pour le vin.

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il y a 28 minutes, Bofix a dit :

est-ce que tous les voisins autour ont fait pareil depuis?

 

Non,pour les raisons que j'ai invoquées : 

 

- le manque de débouché facilement identifiable,

- l'adaptation que cela nécessite.

 

C'est la même chose pour le miscanthus : les agriculteurs qui en ont planté sur des parcelles difficilement cultivables (affleurements de craie,pentes,sols appauvris) ne sont qu'une poignée alors que les rhizomes étaient intégralement subventionnés.

Certains en ont installé il y a 3 ans et malgré 3 étés très très difficiles,les pieds sont toujours en vie,globalement en retard de croissance mais en bon état (je rappelle que le miscanthus n'est ni traité,ni irrigué).

 

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Qui va acheter le miscanthus ?

Pas les particuliers (paillage,animaux domestiques) qui ne joueront pas le jeu en cherchant toujours le moins cher.

Pas les chaufferies des entreprises : alimentation en miscanthus encore trop ponctuelle et chaufferies inadaptées.

Ça limite vite les velléités de reconversion face au poids de la filière betterave qui a récemment fait montre de toute ses capacités de lobbying,rassurantes pour les agris,forcément.

 

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Pontarlier centre-ville 820 m, doubs

Aussi nous pouvons nous intéresser à l'alimentation du bétail, la production  d'OGM est interdite en France, par contre cela ne pose pas de problème d'en importer d'Argentine (soja et colza), tout comme signer des accords commerciaux avec l'amérique du nord pour importer de la viande engraissée aux hormones, nourrit aux OGM à des prix défiant toute concurrence et de l'autre imposer toute sorte de normes plus idiotes les unes que les autres à notre agriculture. Si l'Europe voulait qu'on dépende encore plus des importations c'est excactement comme ça qu'il fallait s'y prendre, ceux qui ne savent pas vont se jeter sur ce bœuf pas chère chez Carrefour, Géant...etc et apprendront dans 30 ans qu'ils sont gravement malade à cause de le leur alimentation, parce qu'une étude sera sortie dans les médias pour leur expliquer, que les dirigeants de l'époque le savait mais qu'ils n'ont rien fait.

Le problème vient malheureusement du pouvoir d'achat, le bien mangé, bien boire coûte chère, tout le monde ne peut pas se permettre d'acheter des légumes, des fruits, du chocolat noir (et pas du Milka plein de sucre avec seulement 10% de cacao), les produits ultra transformés ne coûtent rien, un paquet de gâteau apéro doit valoir moins d'un euro quand 250g de tomate cerise vaut 2.5€, le choix, pour certain, est vite fait et la question vite répondu :).

Edited by David25300
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il y a 28 minutes, David25300 a dit :

le label HVE est une belle arnaque, comment continuer à produire en conventionnel en faisant croire que c'est presque du Bio et qu'on fait attention à la planète.

 

Si,l'agriculture raisonnée ! 

Pour oser une comparaison avec le vin je dirai que c'est proche de la mentalité de nombre d'IGP : s'affranchir des contraintes du bio,renoncer à l'AOC,et laisser s'exprimer pleinement de nouvelles saveurs en composant avec les outils à disposition.

Généralement les agris en raisonné ont un vrai respect de leur terroir qui les détournent du tout phyto.

 

Par ailleurs je suis d'accord avec toi : le bio (et par extension le raisonné et le local) c'est plus cher.

Mais c'est aussi meilleur et plus juste : ne dit on pas que tout travail mérite salaire ? 

C'est une réflexion à mener à petite échelle.

Edited by Babarskaja
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Torfou, à la jonction 44-49-85

Donc, si je fais un court résumé des différents arguments proposés (la majorité d'entre eux étant tout à fait sensés même s'ils sont parfois contradictoires), la gestion d'une nouvelle agriculture met celle-ci au pluriel. 

Les nouvelles agricultures. 

A travers vos dialogues, je crois qu'on se rend bien compte qu'une seule et unique solution pour tous les types de sol, de climats locaux, de biodiversités et de population n'est pas envisageable. 

Imaginer alors qu'une centralisation européenne permettrait un meilleur état des lieux que celui fourni par les communes me semble tenir de la chimère et a prouvé déjà son absurdité via des directives totalement ineptes dans beaucoup de territoires. 

Finalement, au-delà du rêve "decarboné", c'est surtout dans la relocalisation de la production et de la distribution que cela se joue. Passer d'un système global à un système en confettis présente des enjeux majeurs en terme de positions de pouvoir, centralisé depuis 70 ans, de mentalités à changer et à re-responsabiliser,  de réseaux à recréer, etc... 

Sans paraître fataliste, je veux aussi souligner que l'humain, comme les autres êtres vivants, ne réagit en profondeur qu'à deux lois: celle du hasard et de la nécessité. Je doute que quoi que ce soit ne change tant que la majorité de la population y trouve son compte et n'est pas "en crise". 

Maintenant, nous avons tous de quoi faire levier dans nos localités, via les créations d'associations et même de syndicats. 

Petit NB à ce propos... la FNSEA, comme tous les autres syndicats, n'a qu'une seule peur. C'est d'être mis en concurrence avec un nouveau syndicat. À force de ne plus être correctement représenté, faut peut être plus hésiter...

 

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Oui ici aussi le miscanthus avait été une mode il y a une petite dizaine d'années, mais là encore, faute de débouchés, je ne suis pas certain qu'il soit encore récolté, mais plutôt broyé et laissé sur le terrain...

Pourtant nous avons deux chaudières biomasse à proximité qui alimentent plusieurs quartiers d'Orléans. Seulement voilà, on les alimentent surtout avec d'autres résidus (d'industriels notamment) qui arrivent par camion, dans un rayon de 150km... Il y a quelques années, la métropole recherchait des terres pour y faire pousser du miscanthus, mais le projet est retombé aussi vite qu'il est arrivé...

 

Pour clore le sujet de l'agroforesterie (dont je ne nie pas les effets positifs sur la faune) elle ne peut pas non plus être réalisée partout. Je vais prendre l'exemple d'un collègue qui exploite 40ha de céréales et maraichage, répartis sur 23 parcelles : si on commence à faire des rangées d'arbres, il ne va pas rester grand chose du champ, alors que chaque m² est important pour assurer une meilleure rentabilité au producteur (et oui, car travailler bien et pour faire joli sans gagner sa vie, ce n'est pas viable).

Admettons qu'on trouve une belle parcelle. La végétation plantée va devoir résister aux assauts des nombreux lièvres et chevreuils qui nous causent tant de dégâts sur nos cultures! Puis qu'elles résistent encore à la sécheresse, aux tempêtes, aux maladies elles aussi... Il faut aussi lui trouver une bonne orientation dans la parcelle, en plantant par exemple au nord, afin d'avoir moins d'ombre sur notre terrain (mais davantage chez le voisin!).

Vient la phase de leur entretien: jouer de la tronçonneuse durant des jours pour entretenir tous ces arbres, il y a du temps à y passer. Mais cela est nécessaire si on veut s'approcher avec les engins, sans risquer de la casse matériel qui coûterait certainement plus cher que la rentabilité d'une telle plantation! N'oublions pas non plus les racines qui risquent de divaguer un peu dans le terrain.

Une bande d'arbres, c'est aussi entretenir cette bande enherbée aux pieds de ceux-là: si ce problème ne se pose quasiment pas avec de l'élevage, avec des cultures c'est bien différent. Montée à graines des adventices, chardons et autres si l'on intervient pas à temps, que l'on retrouvera donc à l'intérieur de nos parcelles cultivées (dédicace spéciale au Département au passage, censé entretenir le bord des routes départementales...).

Vient enfin le moment où, possiblement, on peut profiter de la vente des arbres. Soit entre 20 et 30ans après la plantation, si on a la chance d'y arriver, si les terres en location sont toujours tenues par le même locataire, si... et là il faut encore débarder tout ce bois, en massacrant et tassant les parcelles pour le sortir. Sans oublier qu'un arbre planté seul sera moins tenté de monter pour trouver de la lumière, comme en forêt, donc des grumes exploitables bien moins intéressantes.

 

Et quand bien même que tous ces arbres attireront des prédateurs naturels aux pucerons par exemple, ils ne permettront pas de remplacer toutes les méthodes actuelles de luttes phytosanitaires contre les insectes et les maladies! La preuve, sur les 40ha de mon collègue, elles sont toutes en zone péri-urbaine, avec des arbres, des haies, des arbustes tout autour. Et nous avons autant de problématiques insectes et maladies aujourd'hui qu'en Beauce!

 

Comme en Beauce ou ailleurs, il intervient avec raison et professionnalisme, juste quand il faut et jamais par plaisir, souvent à la moitié de la dose homologuée des produits phytosanitaires, souvent de nuit (non pas par peur d'être vu mais pour que les produits agissent mieux avec l'hygrométrie), avec du matériel équipé de buses anti-dérives, contrôlé tous les 3ans, après avoir lui-même passé le Certiphyto et j'en passe. Et le traitement phytosanitaire est toujours utilisé en dernier recours, il fait tout pour s'en passer, malheureusement s'il veut encore tirer un maigre revenu de ses activités, il n'a pas le choix... et malgré les arbres qui l'entourent!

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Aubagne (Les Passons, à l'est) (13400)
Citation

je dirai que si seulement demain on pouvait éduquer les gens à bien manger, bien vivre, tout en leur rappelant le calendrier des productions, à consommer local et de saison, on aurait fait un pas gigantesque!

 

Vous êtes plusieurs à le dire. Je trouve que c'est le B.A-BA.

On achète les légumes et les fruits à la ferme située à une dizaine de kms, ce n'est pas tellement plus cher (parfois même moins !). Ce ne sont que leurs propres produits. Je ne parle même pas des goûts, textures, couleurs bien plus attrayants à l'œil que des produits calibrés qui se ressemblent tous.

Un réflexe appris : avoir tout au même endroit (centralisation à l'hypermarché et sa galerie marchande) pour de la consommation compulsive et, ensuite, s'affaler sur son canapé devant des émissions ou séries TV. L'objectif est d'en faire le moins possible. Tant que ce réflexe-objectif perdurera, je ne donne pas cher de toutes les initiatives louables qui naîtront. :/

(Ré) apprendre ce qui se produit localement, le calendrier des productions, être curieux, c'est à la base d'une fonction de base (se nourrir), ce doit donc être possible de (ré) éduquer.

Puis, ça remettrait un peu les agriculteurs au centre, plutôt que l'image de pollueurs voire d'empoisonneurs, revaloriser ces métiers (sans agriculteurs, bonjour le soleil vert).

Bon, ma vision est citadine idéalise sans doute l'agriculture mais quand même...

Edited by _sb
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Pontarlier centre-ville 820 m, doubs
il y a 15 minutes, _sb a dit :

 

Vous êtes plusieurs à le dire. Je trouve que c'est le B.A-BA.

On achète les légumes et les fruits à la ferme située à une dizaine de kms, ce n'est pas tellement plus cher (parfois même moins !). Ce ne sont que leurs propres produits. Je ne parle même pas des goûts, textures, couleurs bien plus attrayants à l'œil que des produits calibrés qui se ressemblent tous.

Un réflexe appris : avoir tout au même endroit (centralisation à l'hypermarché et sa galerie marchande) pour de la consommation compulsive et, ensuite, s'affaler sur son canapé devant des émissions ou séries TV. L'objectif est d'en faire le moins possible. Tant que ce réflexe-objectif perdurera, je ne donne pas cher de toutes les initiatives louables qui naîtront. :/

(Ré) apprendre ce qui se produit localement, le calendrier des productions, être curieux, c'est à la base d'une fonction de base (se nourrir), ce doit donc être possible de (ré) éduquer.

Puis, ça remettrait un peu les agriculteurs au centre, plutôt que l'image de pollueurs voire d'empoisonneurs, revaloriser ces métiers (sans agriculteurs, bonjour le soleil vert).

Bon, ma vision est citadine...

Il faudrait instaurer des cours à l'école pour apprendre aux enfants (qui l'apprendraient aussi à leurs parents) ce qu'est un plat équilibré (c'est pas des pâtes trop cuites avec un steak haché premier prix avec 30% de matière grasse). Après, c'est vrai que ce serait encore à l'état de se substituer à l'incompétence de certains parents incapables d'éduquer leurs enfants comme ils le devraient, mais ça c'est encore un autre débat.

Pour revenir au sujet, les agriculteurs devraient, autant qu'ils le peuvent créer des coopératives afin de valoriser leurs produits et de s'assurer un meilleur salaire, par exemple la filière comté le fait très bien avec son lait (il y a une coopérative presque dans tous les villages), un lait que les paysans vendent 600 € la tonne, à comparer avec les 240 € d'un producteur breton, la différence est très importante. C'est un système qui marcherait très bien avec les fruits, les légumes, la viande...etc, je pense que l'avenir est là, les consommateurs sont de plus en plus attentif à ça, et si on attends sur nos dirigeants pour faire quelque chose, on a pas finit d'attendre. L'union fait la force et sera le moyen de valoriser notre terroir ainsi que les différents métiers qui le valorise.

Edited by David25300
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56800 Taupont, 61170 Marchemaisons
Il y a 2 heures, Flora a dit :

Donc, si je fais un court résumé des différents arguments proposés (la majorité d'entre eux étant tout à fait sensés même s'ils sont parfois contradictoires), la gestion d'une nouvelle agriculture met celle-ci au pluriel. 

Les nouvelles agricultures. 

A travers vos dialogues, je crois qu'on se rend bien compte qu'une seule et unique solution pour tous les types de sol, de climats locaux, de biodiversités et de population n'est pas envisageable. 

Imaginer alors qu'une centralisation européenne permettrait un meilleur état des lieux que celui fourni par les communes me semble tenir de la chimère et a prouvé déjà son absurdité via des directives totalement ineptes dans beaucoup de territoires. 

Finalement, au-delà du rêve "decarboné", c'est surtout dans la relocalisation de la production et de la distribution que cela se joue. Passer d'un système global à un système en confettis présente des enjeux majeurs en terme de positions de pouvoir, centralisé depuis 70 ans, de mentalités à changer et à re-responsabiliser,  de réseaux à recréer, etc... 

Sans paraître fataliste, je veux aussi souligner que l'humain, comme les autres êtres vivants, ne réagit en profondeur qu'à deux lois: celle du hasard et de la nécessité. Je doute que quoi que ce soit ne change tant que la majorité de la population y trouve son compte et n'est pas "en crise". 

Maintenant, nous avons tous de quoi faire levier dans nos localités, via les créations d'associations et même de syndicats. 

Petit NB à ce propos... la FNSEA, comme tous les autres syndicats, n'a qu'une seule peur. C'est d'être mis en concurrence avec un nouveau syndicat. À force de ne plus être correctement représenté, faut peut être plus hésiter...

 

Alors là-dessus elle ne se fait aucun souci tellement elle se sent puissante,  et qu'elle fait peur à tous les politiques, mettant tout ministre de l'agriculture ou ministre de l'écologie sur un siège éjectable !

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Torfou, à la jonction 44-49-85

Tout à fait d'accord. D'où l'urgence de créer un syndicat représentatif et non plus continuer de suivre une organisation qui se fait épingler

- sur leur sur-représentation dans les chambres agricoles et leur gestion (rapport 2017 de la Cour des Comptes)

17-chambres-agriculture-Tome-1.pdf

(Le chapitre sur leur financement hors régionalisation est particulièrement interessant).  

- sur le salaire de leurs dirigeants 

https://www.google.com/amp/s/www.ladepeche.fr/amp/2020/02/21/des-salaires-trop-eleves-a-la-fnsea-tout-ce-quil-faut-savoir-sur-le-dossier,8746695.php

 

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Touraine (37) et Plateau des Bornes (74) 950m
Il y a 3 heures, David25300 a dit :

Pour revenir au sujet, les agriculteurs devraient, autant qu'ils le peuvent créer des coopératives afin de valoriser leurs produits et de s'assurer un meilleur salaire, par exemple la filière comté le fait très bien avec son lait (il y a une coopérative presque dans tous les villages), un lait que les paysans vendent 600 € la tonne, à comparer avec les 240 € d'un producteur breton, la différence est très importante


Cet écart de prix n’est pas dû à proprement parler aux coopératives de production de comté. Elle est due au fait qu’il s’agit d’un fromage en AOP qui permet de valoriser la production laitière. En Bretagne la coopération s’est développée depuis longtemps, mais à la différence des petites coopératives fruitières (rien à voir avec les fruits, elles produisent et affinent le fromage), elle s’est transformé dans l’Ouest en une filière agroalimentaire puissante qui ne défend plus vraiment les intérêts des agriculteurs. D’accord pour créer des coopératives à conditions de commercialiser des produits avec une meilleure valeur ajoutée. 

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bonsoir

il n'y a pratiquement plus de coopérative qui va dans ce sens.

Je suis bien placé pour le dire, on vois la dérive de ce système

qui tend vers l'entreprise au détriment du producteur.

Pourtant la définition d'une coopérative reste la même mais

l'état en donne une toute autre qui n'est pas normale.

Il faudra trouver un autre système qui m'est plus le producteur

en première ligne.    

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Après des agriculteurs siègent au sein du conseil d'administration des coopératives, les dirigeants syndicaux sont élus, notamment par les chefs exploitations qui vont bien et sont visiblement majoritaires, et qui rachètent progressivement de nouvelles terres. 

 

Un bon moyen d'augmenter la rentabilité, c'est donc l'économie d'échelle, c'est tentant pour beaucoup de s'agrandir, à condition de gérer le niveau d'endettement. Dans le coin, on est plutôt sur ce créneau, quand quelqu'un part à la retraite, ceux des alentours lui rachète ses terres. 

Dans l'idée, ça évite d'avoir besoin d'un taux de marge aussi élevé pour être rentable, tu fais le même produit, mais en moins cher, d'autant qu'en devenant plus gros, la coopérative devient plus intéressante, avec ses prix lissés, ses achats groupés, ses intérêts sur les dépôts etc...

Le problème, c'est que ça ne s'arrête jamais, on finira par n'avoir plus qu'un ou deux agriculteurs par commune dans le bocage à ce rythme, le bio à grande échelle est quand même beaucoup plus facile à vendre.

 

Entre 2.50€ le kg de pomme bio, et 3.99€ la même pomme, le taux d'adhésion n'est pas le même.

 

 

 

 

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Il y a 10 heures, marco44 a dit :

bonsoir

il n'y a pratiquement plus de coopérative qui va dans ce sens.

Je suis bien placé pour le dire, on vois la dérive de ce système

qui tend vers l'entreprise au détriment du producteur.

Pourtant la définition d'une coopérative reste la même mais

l'état en donne une toute autre qui n'est pas normale.

Il faudra trouver un autre système qui m'est plus le producteur

en première ligne.    

Oh que oui! Dans les coopératives d'aujourd'hui, le producteur n'est plus du tout mis en avant comme cela a pû être le cas au tout début de la création de ce système.

On l'a bien vu: des petites coopératives locales qui se sont faites bouffées par des départementales, puis par des régionales... tout ça sous prétexte d'économie. Puis après se sont créer des groupes, qui rachètent des entreprises, qui multiplient les filiales... Alors le petit producteur du départ n'est plus qu'un pion, qui ne pèse pas bien lourd et qui n'a pas grand chose à dire, sauf suivre le troupeau sans broncher ou bien le quitter, mais à quel prix!

 

Nous avons eu le cas ici il y a une quinzaine d'années: une coopérative fruitière créée en 1930, qui petit à petit, s'éloignait de plus en plus de sa mission principale. Vient enfin des problème de gérance, une fuite sur une cuve d'alcool entraînant des pertes phénoménales. Au final des dettes, que les producteurs ont dû payer, en ne récupérant ni l'argent de leurs parts sociales, encore moins la vente de leurs produits de la dernière année... Certains n'ont pas remonter la pente.

 

Le système qui met le producteur en première ligne est encore celui où le chemin est le plus court entre le producteur et le consommateur. Moins il y a d'intermédiaires, mieux c'est! Mais aujourd'hui, travailler seul dans son coin est devenu quasiment mission impossible. Nous avons tout intérêt à posséder du matériel en commun, travailler à plusieurs, ne serait-ce que pour disposer d'une main d'oeuvre difficilement recrutable!

Les magasins de producteurs sont une bonne chose, où dans un même lieu, on vend de la viande, des légumes, des fruits... avec la présence permanente des producteurs.

 

Nous l'avons vécu cette année avec la COVID: il ne faut pas avoir tous ses oeufs dans le même panier, en ce qui concerne la vente. Ceux qui fonctionnaient uniquement avec la grande distribution ou la restauration collective (écoles, restaurants d'entreprises...) s'en sont mordus les doigts. Il me semble important de diversifier ses méthodes de vente, et notamment par les marchés et le magasin sur l'exploitation (pour le contact producteur-consommateur et pour plus de rentabilité), par la vente "internet" sous la forme de paniers (qui touche une clientèle plus jeune et plus pressée), par la grande distribution également (qui permet d'écouler de gros stocks arrivant à maturité à des prix certes moins rémunérateurs) mais aussi à la restauration collective (qui permet souvent d'écouler des produits moins beaux visuellement mais tout aussi bons).   

 

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Il y a 10 heures, sebb a dit :

Un bon moyen d'augmenter la rentabilité, c'est donc l'économie d'échelle, c'est tentant pour beaucoup de s'agrandir, à condition de gérer le niveau d'endettement. Dans le coin, on est plutôt sur ce créneau, quand quelqu'un part à la retraite, ceux des alentours lui rachète ses terres. 

 

C'est à peu près le même schéma partout en France : les exploitations tendent à s'agrandir.

 

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676823?sommaire=3696937

 

63 ha en moyenne en 2016 contre 43 ha en 2000 ! 

 

Effectivement quand un agriculteur part à la retraite et qu'il n'est pas en mesure de trannsmettre son exploitation il fait comme tout le monde : plutôt que de vendre des confettis à droite à gauche il préfère tout vendre d'un seul tenant,c'est plus facile.

Par ailleurs pour acheter de telles surfaces il faut avoir de quoi investir et de quoi les exploiter ! 

Dans la boucle,les SAFER sont censées apporter leur aide voire établir des projets cohérents d'autant qu'elles bénéficient de droits de préemption.

Dans les faits elles ne font qu'ajouter de l'huile sur des mécanismes bien en place.

 

il y a 34 minutes, Bofix a dit :

Il me semble important de diversifier ses méthodes de vente, et notamment par les marchés et le magasin sur l'exploitation (pour le contact producteur-consommateur et pour plus de rentabilité)

 

C'est un modèle d'avenir c'est clair.

Mais ça demande un sacré investissement ! 

Heureusement les jeunes générations qui ont souhaité suivre un autre parcours que leurs parents reviennent avec les outils pour mettre en oeuvre ces projets.

C'est le cas par exemple avec un magasin de producteurs associés qui a ouvert à Amiens : 

 

https://espritfermier.com/

Edited by Babarskaja
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Il y a encore beaucoup de moyen a mettre en place pour développer la

vente direct, a commencer par nos élus car c'est devenu un argument de

campagne qui revient souvent mais  dans les faits ensuite y'a pas grand chose.

Un exemple flagrant c'est les abattoirs qui ont fermés les uns après  les autres

dans les communes et cela devient de plus en plus problématique.

Pour le moment on en est encore a mettre le paquet d'investissement principalement

sur le développement touristique et cela même dans des zones fragiles telles que les zones humides.

Autre chose aussi qui me semble important, on parle souvent du revenu d'un agriculteur, mais on parle

très peu de tout ces organismes qui gravitent autour et qui nous taxes outrageusement et je ne parle

pas que de la MSA. On nous impose des taxes de partout pour faire fonctionner des organismes qui ne

nous apporte plus ou presque de service en retour et ça représente une bonne partie manquante sur nos revenus.

Sans parler des contrôles a répétition (même si il en faut un peu) ou on nous demande du temps gratuitement alors

que on en a déjà pas beaucoup.

On se demande tout les jours si on arrivera a tenir le coup financièrement et moralement pour arriver

jusqu’à notre ridicule retraite.  

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Aubenas en Ardèche méridionale

entièrement d'accord, le vente directe c'est l'avenir !

je travail en magasins de producteurs et ça marche très bien, les clients sont au rendez-vous et bien contents de pouvoir s'approvisionner auprès des producteurs locaux. 

en Ardèche il y en a maintenant un certain nombre et tous marche fort, d'ailleurs il y a très souvent des soucis de d'approvisionnement ! du genre "vous n'avez plus de saucisson ? ben non désolé tout est déjà vendu" 😋

la restauration collective est aussi un très bon débouché, régulier et rémunérateur.

mais il y a une chose dont on parle peu et qui me semble important, voire décisif (je parle pour les petites exploitation...) c'est la transformation ou transfo' comme on dit dans le jargon.

ça permet de largement augmenter la valeur ajoutée de la production, vendre des compotes et des jus est plus rémunérateur que de vendre des fruits par exemple.

sur la viande et le lait c'est encore plus vrai.

parmi les collègues que je connais bien, ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui transforment la totalité de leur production et qui font de la vente directe de ces produits. 

certains ont même beaucoup de mal à répondre à la demande, même après avoir augmenté leurs prix (pâtés, saucissons,fromages affinés, sorbets, jus de fruits...)  

de même avec des légumes on peut faire des soupes, des conserves, des pestos, etc... ça attire les clients sur les marchés et ça part comme des petits pains en magasin de producteurs !

bien sur ça demande d'être équipé mais avec des cuma (coopérative de matériel) et les ateliers collectifs ça peut très bien se faire.

le plus gros inconvénient c'est le temps que ça demande, souvent il faut produire la journée et transformer pendant la soirée (voire parfois jusqu'à la nuit...) donc ce n'est pas facile mais on a rien sans rien... ça vaux mieux il me semble que de brader sa production et de gagner des queues de cerises.

alors souvent on fait ça en famille, en gaec, on s'entraide, c'est le maître mot.

il faut maitriser son business de bout en bout : la production, la transformation, le conditionnement et la vente au client final. ça permet de dégager un revenu acceptable (quand tout va bien...) et surtout ça permet de bosser pour sois, sans engraisser d'intermédiaire.

 

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Isèrois, mais proche de Lyon (Sud) : Chuzelles - 260m
Il y a 4 heures, Babarskaja a dit :

C'est le cas par exemple avec un magasin de producteurs associés qui a ouvert à Amiens : 

 

https://espritfermier.com/

 

Tous les magasins de ce type que j'ai vu ouvrir n'ont fait que de s'agrandir. Ça a toujours marché.

Peut être le pionnier en France (en tout cas c'est ce qu'il se dit) : https://www.uniferme.fr/historique

Ouvert en 1978 (dans le Rhône)! Il n'a cessé de s'agrandir et est connu 50km à la ronde.

Je l'ai toujours connu car je suis originaire de pas loin (et je connais 2-3 exploitants) et même avec la concurrence qui est arrivée, il ne fait que s'accroitre.

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Aubagne (Les Passons, à l'est) (13400)

La mutualisation peut être efficace, c'est ce que vous semblez dire.

Ici, ce sont des agriculteurs péri-urbains comme ils sont appelés dans les plaquettes de la Métropole ou de la Région, c'est peut-être différent car l'approvisionnement est partout disponible pour les clients (grandes distributions de toutes tailles, marchés a minima tous les 2 jours, boutiques en tout genre, etc).

La « ferme » où on va nous disait dernièrement que, lors du confinement, ils ont eu beaucoup de nouveaux clients tous plus enthousiasmés les uns que les autres. Et depuis juin, il n'y a plus grand monde de ces « anciens nouveaux clients ». Certes,  quelques magasins vendent leurs produits au milieu d'autres produits mais c'est très localisé, ils étaient quelque peu déçus / amers de s'être décarcassés durant deux bons mois bien qu'ils se doutaient que la manne allait diminuer avec le déconfinement mais ils sont brusquement revenus au niveau d'avant.

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Il y a 3 heures, _sb a dit :

La « ferme » où on va nous disait dernièrement que, lors du confinement, ils ont eu beaucoup de nouveaux clients tous plus enthousiasmés les uns que les autres. Et depuis juin, il n'y a plus grand monde de ces « anciens nouveaux clients ».

 

Nous avons exactement vécus la même chose par ici: au moment du confinement, les gens faisaient la queue devant la porte de l'exploitation du collègue, parfois une demie-heure avant l'ouverture, par peur de ne plus rien avoir. Que des nouveaux clients, qui se disaient enchantés d'avoir la chance de trouver des producteurs locaux et promettaient de revenir. Ils sont tous revenus... jusqu'au moment du déconfinement. On s'en doutait bien, que ça ne durerait pas!

C'est un peu pareil pour les "sportifs" du mois de mai: on ne voit plus toute cette procession de coureurs et marcheurs dans nos chemins depuis bien longtemps :D

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  • 1 month later...

Vous connaissez le projet de loi ASAP pour "Accélération et Simplification de l'Action Publique"?

 

On en parle sur ce blog, notamment dans le cadre de la protection de l'environnement.

 

Si l'objectif premier est louable, simplifier les démarches administratives pour le citoyen et les entreprises, des intérêts contraires se sont très vite immiscés dans le débat (jusque là, rien que du classique de la vie politique française).

 

Lors des discussions à l'Assemblée Nationale, des amendements sont donc déposés, par exemple pour limiter fortement la possibilité de recours contre les projets controversés de retenues d'eau ou encore pour limiter le délai durant lequel il est possible de demander une concertation préalable!

 

En l'espèce, l'exposé de l'amendement n°410 est une caricature d'une vision totalement has been et biaisée par des intérêts annexes.

 

Si vous avez le courage de lire, voici le texte.

 

EXPOSÉ SOMMAIRE

 

Face aux épisodes de sécheresse et de canicule extrêmes qui frappent notre pays, la résilience des exploitations agricole face aux conséquences du changement climatique, passera inévitablement par une meilleure gestion de la ressource en eau.

A ce titre, le retard pris par la France en matière d’irrigation est inquiétant. Entre 2003 et 2013, la surface équipée pour l’irrigation dans notre pays a stagné tandis que la moyenne européenne a progressé de 13,4 %. Avec seulement 6 % de la surface agricole utile irriguée, notre pays se classe désormais au 9ème rang européen, derrière les pays méditerranéens, mais aussi des pays du Nord comme le Danemark et les Pays Bas. Pourtant, nos besoins n’ont jamais été aussi importants. Les agriculteurs sont conscients des efforts à réaliser pour rendre plus efficiente et économe l’utilisation en eau. Preuve en est, l’agriculture est parvenue à une augmentation de 30 % de la productivité de l’eau, en 20 ans, grâce aux progrès techniques et matériels et aux sélections variétales.

La question de la mobilisation de la ressource en eau, via notamment le stockage de l’eau et la construction d’ouvrages, est l’une des réponses essentielles pour combler nos faiblesses et faire face aux défis climatiques tout en préservant les équilibres hydrogéologiques de nos territoires. La bonne gestion de l’eau est la première assurance des agriculteurs, avec derrière la sécurité alimentaire, développement économique de nos territoires, mais aussi à la possibilité de contribuer à l’étiage des cours d’eau aux périodes les plus sèches de l’année.

Malheureusement, force est de constater que si le climat se réchauffe, la question de la gestion de l’eau reste une source de conflits.

A la date du 1er septembre 2020, on dénombre 21 contentieux concernant des retenues sur les 34 du bassin Loire Bretagne, ainsi que 41 contentieux toujours sur des retenues sur les 60 en projet dans le bassin Adour Garonne dont 14 ont fait d’ores et déjà l’objet d’une annulation d’autorisation. Il en est de même pour les autorisations uniques pluriannuelles portées accordées aux Organismes Uniques de Gestion Collective de l’eau (OUGC) qui autorisent les prélèvements d’eau d’irrigation agricole sur leur territoire de gestion. 3 autorisations uniques ont d’ores et déjà été annulées et 3 autres sont en attente d’un jugement.

Ces contentieux se caractérisent par de très longues procédures puisque les décisions de 1ère instance font l’objet d’appels. Ces appels successifs empêchent la tenue des travaux, l’accès aux prélèvements.

L’exemple des retenues d’eau portées au contentieux est très symptomatique de la difficulté aujourd’hui de construire des projets partagés. En effet, il convient de souligner que parmi les retenues d’eau en contentieux, la plupart avait bénéficié de la mise en place de médiations, conduisant à la définition d’un protocole d’accord sur les réserves signés par l’ensemble des acteurs d’un territoire (État, Elus de collectivités, Associations intéressées, Agriculteurs, Chambre d’agriculture, Filières agricoles…). Ainsi la mise en place d’une concertation et d’un accord ne suffit pas à créer un climat de confiance suffisant pour limiter les recours juridiques, qui traduisent l’hostilité de certains collectifs contre ces projets.

De plus, ces contentieux agissent comme un repoussoir sur les autres territoires qui n’osent plus se lancer dans des projets relevant de la sphère hydraulique. Actuellement, les tiers peuvent saisir les tribunaux à compter de la mise en service du projet autorisé, aux seules fins de contester l’insuffisance des autorisations administratives d’installations, d’ouvrages, de travaux et d’activité.

Pour que le recours soit recevable, les requérants devront justifier que le projet qu’ils contestent est de nature à affecter de manière grave et irréversible les intérêts mentionnés à l’article L. 211‑1 du code de l’environnement. Ce faisant, cette simplification du droit permettra d’alléger l’encombrement des tribunaux administratifs et redonnera de la confiance aux porteurs de projet, tout en incitant au déploiement d’accords de territoire et le respect des engagements pris de manière concertées dans les médiations.

 

 

 

 

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Aubagne (Les Passons, à l'est) (13400)
Il y a 9 heures, Babarskaja a dit :

une augmentation de 30 % de la productivité de l’eau,

 

Je ne l'avais encore jamais lue celle-là ...!

 

Sinon, en gros, c'est : ne venez pas mettre votre nez dans nos affaires.

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