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Tendances hiver 2021-2022


gugo
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Bonjour,              Après un hiver 2020-2021 qui a été assez mouvementé en condition hivernale humide dans la moitié est mais qui a aussi été marqué par la très faible présence de tempêtes

Depuis le temps, t'as dû fonder une abbaye. 

Nous entrons dans l’hiver météorologique d’ici quelques jours et les incertitudes se réduisent logiquement par rapport aux précédentes mises à jour. Après de moultes incertitudes sur le type de Nina,

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il y a une heure, gugo a dit :

 L'hiver contrairement à l'été est très difficile à appréhender car le nombre de paramètres influents se multiplient ce qui réduit vite les fiabilités, ajoutons à ça un dérèglement climatique (DC) qui remet en cause certains paramètres et logiques générales, cela va rapidement causer du tort aux tendances. L'hiver dernier le DC a faussé la QBO, il y a 2 ans il avait faussé l'ENSO avec un Nino travestit, il peut aussi avoir tendance à fausser d'autres indices qui se basent sur les anomalies des océans comme la PDO ou encore la TNA.

 

Bonsoir Gugo et merci pour ton intervention. J'ai quelques interrogations sur ce paragraphe, peux-tu apporter quelques précisions ?

Pour le terme en gras, d'après MF, la fiabilité des prévisions saisonnières (pour la température en tout cas) est plus grande en hiver qu'en été.

Comment le changement climatique "fausse" un indice comme la QBO sur un hiver  ? Je ne comprends pas.

 

Edited by Cers
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Merci Gugo.

 

 

Du très très lourd pour cet Hiver 2021 2022. Tout les indices sont au verts, ou plutôt ou bleu pour un hiver froid et humide avec blocages nordiques et vortex très déconcentré.

 

On aura en effet un combo d'indice negatif ensemble au même moment, a l'opposé total de l'Hiver 2019/2020, et presque comme l hiver précèdent mais avec la grosse nuance du QBO franchement négatif cette fois ci, raté l'année dernière en raison du puissant el nino de 2015 et de l'absence de compensation Nina, +  du PDOopositif des années précédentes.

 

Qbo - , PDo - Nina, activité solaire encore faible, Iod neutre et structure des stt en fer a cheval dans l'Atlantique + forte activité des ouragans dans l'Atlantique. Ces indices ne sont négatif ensemble qu'une fois tout les 10 a 15 ans. Pas non plus de volcan puissants pour renforcer le vortex comme en 2019 (le Sarichev et un autre qui engendrerent des couchés de soleil flamboyants tout l été 2019).

 

Si avec l'ensemble de ses éléments détonants reunis ensemble l Hiver est doux, je me fais moine définitivement.

 

Edited by Avallon89
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Avallon89, j'ai peur que tu ne te concentres que sur les indices que tu imagines favorables (la plupart de l'autre côté du globe ou sur les tropiques et avec un effet marginal à l'ordre le plus bas pour les régimes de temps en Europe de l'ouest), pour occulter totalement ce qui est problablement le plus important par chez nous : la NAO.

 

J'avais moi aussi une question sur ces notions de "QBO faussée". Pour faire court, qu'est-ce que ça veut dire?? Est-ce que cela signifie que le RC (ou DC) modifie la QBO (le phénomène atmosphérique) et que ça se manifeste par une signature particulière sur la série temporelle? Et dans quel sens? Modification de la période? De l'amplitude? Augmentation? Ou réduction? Et pour quelles raisons? Est-ce parce que dans le cadre du RC/DC, il y a modification des forçages troposhériques? Ou modification du filtrage des ondes par les vents?

 

L'autre question c'est : qu'est-ce qu'un "Nino travesti"?

Edited by Pansa
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Frontonas (230 m)

G. Séchet rejoint gugo (merci pour la conclusion au passage lol) avec un début d'hiver plutôt froid et humide, je ne sais plus si c'est bon signe 😗

Edited by sebinnis
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Chambéry (Savoie, 73), 280m
Il y a 17 heures, Cers a dit :

 

Bonsoir Gugo et merci pour ton intervention. J'ai quelques interrogations sur ce paragraphe, peux-tu apporter quelques précisions ?

Pour le terme en gras, d'après MF, la fiabilité des prévisions saisonnières (pour la température en tout cas) est plus grande en hiver qu'en été.

 

Comment le changement climatique "fausse" un indice comme la QBO sur un hiver  ? Je ne comprends pas. 

Bonjour,

 

Cette affirmation pour le coup est très personnelle et subjective. A mes yeux la multiplication des facteurs pour la tendance saisonnière hivernale met plus à contribution l'appréhension de la saison car plusieurs choses peuvent faire dévier la prévision, mais faire une tendance de l'été est plus dur à réaliser car tu as beaucoup moins d'indice qui peuvent influencer et donner des indications (même si on a quelques facteurs spécifique à l'été comme l'anticipation des récurrences possible : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00557949/document ). En été les modèles saisonniers (je trouve) anticipent bien plus facilement les tendances car il y a moins de BPs à gérer dans l'hémisphère, après ça reste qu'une impression, surtout que je n'ai jamais pris le temps de réaliser une tendance pour un été contrairement aux autres saisons. Donc purement subjectif mon affirmation et MF à sans nul doute raison, je pense aussi qu'il y a une nuance entre appréhension globale/fiabilité/difficulté à réaliser. ;) 

 

Il y a 3 heures, Pansa a dit :

J'avais moi aussi une question sur ces notions de "QBO faussée". Pour faire court, qu'est-ce que ça veut dire?? Est-ce que cela signifie que le RC (ou DC) modifie la QBO (le phénomène atmosphérique) et que ça se manifeste par une signature particulière sur la série temporelle? Et dans quel sens? Modification de la période? De l'amplitude? Augmentation? Ou réduction? Et pour quelles raisons? Est-ce parce que dans le cadre du RC/DC, il y a modification des forçages troposhériques? Ou modification du filtrage des ondes par les vents?

 

L'autre question c'est : qu'est-ce qu'un "Nino travesti"?

Une QBO "faussé" c'est que le cycle classique phase Est/Ouest est perturbé, on le voit sur les moments surlignés en rouge :

 

 

2010  -16.02  -16.98  -19.68  -23.57  -26.28  -25.05   -9.84    1.45    6.58   10.83   12.16   10.97
2011    9.18   10.05   10.44   10.71   10.02    3.90    0.44   -0.49   -2.30   -3.05   -9.09  -16.25
2012  -16.07  -15.25  -16.74  -17.62  -22.04  -25.89  -27.82  -27.93  -26.60  -24.51  -18.95  -10.02
2013   -6.07   -1.23    2.85    8.39   12.64   13.38   14.27   14.66   13.12   11.69   12.45   12.55
2014   13.13   12.68   11.72    7.15   -2.81  -13.98  -19.29  -21.64  -23.24  -23.86  -23.65  -25.38
2015  -26.70  -28.62  -28.15  -24.38  -12.33    2.18    7.45   10.97   12.07   13.38   12.79   11.39
2016    9.34    6.77    3.16    0.64    2.37    3.86    6.25   10.07   10.48   12.83   14.16   15.09
2017   14.92   14.78   14.35   13.88    8.01   -3.18  -10.48  -14.42  -15.28  -16.79  -17.20  -18.12
2018  -19.02  -19.37  -19.77  -21.41  -24.23  -28.45  -29.10  -20.41   -9.91   -2.79    3.36    8.05
2019    9.02    9.25   11.82   13.36   14.59   14.36   10.96    9.97    8.25    7.27    5.07    1.66
2020   -2.51   -3.20   -4.36   -5.03   -4.86   -2.78    0.34    4.78    7.95   10.80   11.15   10.37
2021   10.19    8.92    9.75    5.25    0.31   -6.93  -13.17 

sngg.jpg

 

 

L'anomalie de 2016 était bien plus flagrante qu'en 2020 mais on a bien aussi une chute que partielle de la QBO en 2020. Jusqu'à 2016, ce constat n'a jamais été réalisé depuis 1948. 

Les personnes qui se sont penchés sur le sujet ont expliqué que ces déviations peuvent survenir mais pas à cette intensité et que le DC l'exacerbe. Il y a une étude récente également intéressante sur les projections de la QBO dans l'avenir avec le DC disponible ( https://climatemodeling.science.energy.gov/research-highlights/response-quasi‐biennial-oscillation-warming-climate-global-climate-models). 

 

Pour le Nino travesti je te renvoie vers ce post de 13V qui avait tout bien expliqué

https://forums.infoclimat.fr/f/topic/53312-tendance-hiver-2018-19/?do=findComment&comment=3032778

 

Il y a 2 heures, sebinnis a dit :

G. Séchet rejoint gugo (merci pour la conclusion au passage lol) avec un début d'hiver plutôt froid et humide, je ne sais plus si c'est bon signe 😗

On s'est téléphoné normal :ph34r::P

Edited by gugo
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Entrelacs/Albens73410 400M tout rond

En effet sur le site de la climatologie, on nous parle des anomalies de SST de fin d'été qui donnerai une indication sur la dominante de l'hiver pour l'indice NAO, mais d'autres sites tel que le site Meteone indique plutôt que la dominante NAO de l'hiver qui suit serait liée aux SST du mois de mai.

Alors qui a raison ou qui a tord?Peut-être les deux selon les années.

En tout cas espérons(pour ma part) un vrai hiver pas vu  depuis 2012/13 avec du mouvement, des périodes douces(pas trop), de vrai périodes froides, et surtout pas de périodes anticycloniques durables.

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Chambéry (Savoie, 73), 280m
Il y a 14 heures, Antoine73 a dit :

En effet sur le site de la climatologie, on nous parle des anomalies de SST de fin d'été qui donnerai une indication sur la dominante de l'hiver pour l'indice NAO, mais d'autres sites tel que le site Meteone indique plutôt que la dominante NAO de l'hiver qui suit serait liée aux SST du mois de mai.

Alors qui a raison ou qui a tord?Peut-être les deux selon les années.

En tout cas espérons(pour ma part) un vrai hiver pas vu  depuis 2012/13 avec du mouvement, des périodes douces(pas trop), de vrai périodes froides, et surtout pas de périodes anticycloniques durables.

L'étude de Cassou de 2004 (qui est pour le coup une vraie étude scientifique) dit bien fin été donc personnellement je me base sur ça. J'avoue pas très bien comprendre ces quelques sites qui disent que ça se joue fin mai. 

 

Citation

Une structure océanique de fin d’été est extraite pour le régime NAO- en

sélectionnant dans l’historique observé les hivers dominés par le régime

NAO- (le critère de sélection est d’avoir au minimum deux mois sur les

trois mois d’hiver occupés par le régime NAO-) et en moyennant les ano-

malies océaniques des fins d’été précédentes correspondantes (mois de

juillet, août et septembre). On répète l’exercice pour le régime NAO+.

• La structure océanique associée au régime NAO- est dite « en fer à

cheval » et se caractérise par un noyau froid au sud-est de Terre-Neuve

ceinturé par des SST plus chaudes dans les subtropiques et l’est du bas-

sin atlantique (fig. 11a) [Czaja et Frankignoul, 1999].

• La structure océanique associée au régime NAO+ se caractérise par

une sorte de « tripôle » en latitude, avec des anomalies froides au sud du

Groenland et dans le bassin subtropical ouest et des anomalies chaudes

le long du Gulf Stream (fig. 11b).

 

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Il y a 13 heures, gugo a dit :

J'avoue pas très bien comprendre ces quelques sites qui disent que ça se joue fin mai. 

 

Bonne question, j'ai travaillé personnellement sur la question il y a quelques mois (je faisais une analyse sur l'influence des SSTA Atlantiques de Mai sur l'hiver suivant ainsi que les modulations possibles par les facteurs internes, mais je n'ai pas eu le temps de finir la dernière partie) et il semble exister un réel lien entre les SSTA de mai et la NAO de l'hiver suivant. Des études (https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2005JD006339#jgrd12424-bib-0006https://crudata.uea.ac.uk/projects/emulate/DAVID_FEREDAY_D7_REPORTV3.pdf, j'en avais vu d'autres que je ne retrouve plus) ont démontré un lien entre le printemps précédent et l'hiver suivant par réémergence des anomalies océaniques (mémoire océanique). Le met-office utilisait cette méthode jusqu'à environ 2013.

 

Cette réémergence est visible au travers de la corrélation entre les SSTA de mai et de l'hiver suivant (image montrant la corrélation décalée entre le tripôle de mai et les SST 6 mois plus tard) 

 

92.152.154.124.245.4.35.22.gif

 

Cela est aussi valide à M+7/+8. Comme je l'ai dit au début, j'ai travaillé sur cette question il y a quelques mois, et il ressort des résultats que la signification statistique de la réponse est plus forte lorsque les anomalies sont plus marquées (relation plus ou moins linéaire) :

 

image.png.f0e22c7477368afc1fc469daa8275602.png

 

On remarque qu'il existe de fortes corrélations pour les anomalies négatives <-0.6°C et positives >1°C. 

 

J'en avais conclu que "Nous remarquons une certaine logique allant dans le sens d’un NAO- plus fréquente lors des hivers suivant des SSTA au sein du SPG en mai supérieures à +0.4°C par rapport à 1854-2020, et inversement à partir de -0.6°C et ce de façon croissante. Aucune occurrence de SSTA entre +0.8 et +1°C n’est trouvée, tandis que d’importantes disparités sont trouvées lors de la tranche +0.6 à +0.8°C, +0.2 à +0.4°C, +0 à +0.2°C entre la NAO- et l’AR, de même pour 0 à -0.2°C et de -0.4 à -0.6°C entre la NAO+ et l’AL/BL.S, à noter que parmi les 5 occurrences d’AL ou BL. S. durant cette tranche, 3 font partie de la catégorie AL, et 2 BL. S. Ainsi, des SST plus chaudes en mai sur le SPGNA a tendance à favoriser un régime NAO- durant l’hiver suivant, et inversement (le signal est plus ou moins marqué en fonction de l’ampleur de l’anomalie)."

 

Le mécanisme menant à cela se base sur un mécanisme de mémoire océanique (l'océan garde en mémoire via le contenu de chaleur l'état de ce dernier jusqu'à l'hiver suivant) bien connu (c'est d'ailleurs ce dernier qui a provoqué la réémergence des anomalies fin 2010 et poussé la NAO dans un état record (https://www.researchgate.net/publication/262983696_Impact_of_a_30_reduction_in_Atlantic_meridional_overturning_during_2009-2010), et cela était particulièrement prévisible dès le début de l'anomalie durant l'hiver 2009-2010, d'autres cas ont eu lieu par le passé). 

 

Il existe 2 mécanismes possibles à cette interaction décalée, à savoir des interactions directes et indirectes (de quelques mois à plusieurs années) se basant sur des transfert de chaleur sous la surface de l'océan. J'ai retenu ces mécanismes (À court-terme) : 

 

1. La NAO de l’hiver précédant les SSTA de mai au sein du SPGNA a été positive/négative, induisant une chute/augmentation du contenu de chaleur dans la couche sous-jacente de l’océan, entre 0 et 300m, peut-être plus profond.

 

2. L’OHC (Ocean Heat Content) diminue/augmente donc, en réponse à un mixage moins profond/plus profond de l’océan, ainsi qu’une chute/augmentation de la convection au sein du SPGNA. La saison avançant, l’anomalie en surface diminue (downwelling, ou SST plus chaudes superficiellement), puis refait surface vers le milieu ou la fin de l’automne, de manière plus faible ou plus forte (réémergence), et force ensuite une NAO plus positive/négative au cours de l’hiver, avec un paroxysme vers décembre-janvier (?).

 

Le mécanisme de long-terme (appuyé par cette étude : https://os.copernicus.org/articles/15/809/2019/) :

 

1. La NAO du 5 à 6 ème hiver précédant les SSTA de mai est positive/négative, induisant un renforcement/affaiblissement de l’AMOC à 45°N.

 

2. L’anomalie au sein de l’AMOC à 45°N arrive à 50-65°N et 60-20°W, soit dans le SPGNA, 5 à 6 ans plus tard, induisant un réchauffement/refroidissement de ce dernier au sein de l’OHC entre 0 et 700m de profondeur, ce qui va induire un réchauffement/refroidissement en surface quelques mois plus tard, en mai, se couplant à la NAO de l’hiver précédant ce dernier (le mois de mai), ce qui va avoir un effet amplificateur ou réducteur de l’anomalie au sein de l’OHC forcé par l’AMOC en retard.

 

3. Si la NAO de l’hiver précédant les SSTA de mai a été positive, alors que la NAO de l’hiver précédant le mois de mai 5 à 6 ans auparavant a été négative, alors le refroidissement de la couche sous-jacente de l’océan est intensifié (même chose pour NAO-/NAO+), tandis que si la NAO de l’hiver d’il y a 5 à 6 ans est négative, mais que la NAO de l’hiver précédant le mois de mai a été négative, le réchauffement de la couche sous-jacente de l’océan est affaibli (la NAO négative 5 à 6 ans auparavant force un refroidissement, et la NAO négative de l’hiver précédent force un réchauffement). De la même manière, un NAO+ 5 à 6 ans auparavant et un NAO+ l’hiver précédant force un affaiblissement du réchauffement. Seul un NAO+/NAO- 5-6 ans auparavant et l’hiver précédant force un renforcement du réchauffement de l’OHC.

 

4. En fonction du réchauffement/refroidissement affaibli ou intensifié, l’anomalie se constitue rapidement sous l’océan (vers 300-700m), et réémerge l’hiver suivant, forçant un NAO-/NAO+ en fonction de l’état de l’OHC du printemps précédent.

 

Ainsi, on explore 2 pistes possibles pouvant expliquer la corrélation constatée entre les SST de mai et la NAO de l'hiver suivant, une piste de rétroactions à court-terme et une piste de rétroaction à long-terme. Je ne sais pas si cela est clair dis comme cela, c'est assez complexe.

 

Même chose pour la TNA avec une corrélation plus forte pour les extremums positifs 

 

image.png.d2191c3aef0565fdf5308262abc2224b.png

 

La TNA couplé au SPG (défini sur la zone 50-65°N, 60-20°W, tandis que la TNA est définie sur 5-25°N, 5-55°W) de mai offre donc un certain potentiel prédictif, en particulier lors des extrêmes. Mécanisme différent que précédemment pour expliquer la relation, se basant cette fois sur le principe du forçage de la TNA sur le mode de variabilité tripolaire des SSTA Atlantiques.

 

Le mécanisme présentant des interactions à court-terme se résume ainsi :

 

1. Une anomalie au sein de la circulation océanique locale et atmosphérique en mai induit une chute/augmentation de la TNA, qui se propage ensuite en quelques mois aux latitudes moyennes via le MOC et une modification de la circulation atmosphérique, forçant ensuite une modification du schéma des SSTA de l’Atlantique Nord (aussi bien le SPGNA que la TNA) durant l’hiver suivant, forçant la NAO à être dans un état positif/négatif.

 

Ainsi que le mécanisme à plus long-terme :

 

1. Une anomalie au sein de la circulation océanique se forme plusieurs années auparavant à proximité de l’Atlantique tropical, ou dans l’Atlantique sud, et remonte en quelques années sur la zone de la TNA puis émerge en mai sur cette dernière, forçant un pattern atmosphérique à court-terme, puis une réémergence plus forte par propagation vers le nord se produit durant l’hiver suivant forçant un état NAO positif ou négatif.

 

Pour résumer ces 2 parties, on trouve une relation entre les SST Atlantiques de la fin du printemps et l'hiver suivant dépendant de la force de l'anomalie en mai.

Cette piste n'est donc pas à exclure, et à prendre en considération en plus des SST de la fin de l'été. Ce mois de mai 2021, les anomalies étaient respectivement de +0.5 et +0.45°C sur la TNA et le SPG par rapport à 1854-2020 selon ERRST.

 

Cela serait donc favorable à une NAO- au cours de l'hiver à venir à hauteur de 47.05% pour le SPG et 40% pour la TNA pour un NAO+. Cela semble contradictoire, mais la plage 0.4-0.6°C sur la TNA présente une forte dispersion (8 occurrences de NAO+ et 7 de NAO-), rendant l'incertitude plus forte. Je pencherais personnellement sur une NAO- favorisée à la vue de l'évolution actuelle sur la profondeur 0-700m et du mode tripolaire positif de mai (chaud-froid-chaud).

 

En effet, les anomalies sur les 700 premiers mètres de profondeur montrent actuellement un mode chaud-froid-chaud depuis quelques mois se renforçant ponctuellement, pouvant induire une NAO- si cela se propageait en surface au cours de la fin de l'automne/début de l'hiver. Cela pourrait d'autre part trahir un affaiblissement du MOC Atlantique (probable quelque part entre 2021 et 2025) dont j'ai démontré les impacts sur ce topic : 

 

 

rtofs_natl_temp_anom_n024_700.png

 

 

Ici, nous observons ce mode tripolaire ainsi qu'un début potentiel de transfert de chaleur dans le SPG depuis l'année dernière que j'expliquerais plus en détail lors de la publication de ma tendance vers mi septembre. Image issue de RTOFS.

 

En bref, quelques études ont démontré un lien possible entre l'état de l'océan atlantique nord en mai et la NAO de l'hiver suivant. Cela dépendrait de la force des anomalies en Mai et le processus pouvant induire ce lien retardé se base sur la mémoire océanique.

 

Le 01/09/2021 à 00:52, Avallon89 a dit :

raté l'année dernière en raison du puissant el nino de 2015 et de l'absence de compensation Nina, +  du PDOopositif des années précédentes.

 

L'hiver dernier était très incertain et partait dans une tendance assez douce. Il existait néanmoins un potentiel hivernal en novembre-décembre mis en avant par les modèles et quelques indices, mais cela n'a pas raté à cause du Nino de 2015 ni de l'absence de compensation Nina. Le potentiel a été réduit à néant car l'atmosphère s'est brusquement bloqué en mode El Nino (AAM positif) de novembre à janvier, forçant alors tout l'inverse de ce qui aurait dû avoir lieu. Nous sommes repassé en mode Nina en janvier mais il était trop tard pour obtenir une influence allant dans le sens de dorsales atlantiques. Plutôt que cela, le mode Nino était favorable à du zonal/dorsales aplatis en nov-dec et le mode Nina à du zonal à partir de janvier/février. 

 

On a en revanche observé une circulation atmosphérique favorable à un affaiblissement du vortex polaire en janvier, au cours du mois de décembre avec un blocage dans l'Oural, des basses pressions près de Béring et en Sibérie. Ainsi, le mode Nino aurait contribué au froid de janvier, bien que cela n'ait pas suffi pour réussir à obtenir un bon potentiel au cours de la seconde partie de l'hiver (février, hormis le froid mi-février au nord). Un hiver chamboulé de bout en bout par le détraquement de la fin de l'automne.

 

Le 01/09/2021 à 00:52, Avallon89 a dit :

Qbo - , PDo - Nina, activité solaire encore faible, Iod neutre et structure des stt en fer a cheval dans l'Atlantique + forte activité des ouragans dans l'Atlantique. Ces indices ne sont négatif ensemble qu'une fois tout les 10 a 15 ans. Pas non plus de volcan puissants pour renforcer le vortex comme en 2019 (le Sarichev et un autre qui engendrerent des couchés de soleil flamboyants tout l été 2019).

 

Il existe en effet une bonne combinaison d'indice à ce jour allant dans le sens d'un hiver froid, mais je resterais prudent à ta place car nous avons vu que cela peut vite disparaître à cause d'un ou plusieurs facteurs faussés ou perturbés, ce qui est souvent fatal (QBO perturbé en 2019 -> impact sur le QBO de 2020/2021 + ENSO de 2019 faussé, destruction de l'influence Nina fin 2020).

 

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J'interviens quand meme a propos d'un hiver 'froid'.

 

Comme on l'a vu avec notre été 2021 et le débat sur le topic qui lui est consacré a propos de s'il a été chaud ou frais, pour un trio juin-juillet-aout au dessus des normes malgré un ressenti maussade et une situation atmosphérique pas propice a la chaleur, d'un point de vue purement mathématique, la probabilité d'avoir une saison entière en dessous des normes des 30 années précédentes est relativement faible dans le contexte du RC. D'après un post dans l'autre topic, la dernière fois en France c'était au printemps 2016... 

 

Donc si la question est réellement de determiner si DJF 2021-22 sera plus froid que la norme 1991-2020, quelque soit les previsions des modèles ou de différents indices, c'est statistiquement bien plus probable que l'hiver sera au dessus des normes qu'en dessous. 

 

Pour retirer le biais émotionnel de ce que nous souhaitons individuellement, on peut utiliser la technique 'économie' (ou ce qu'on fait dans la finance): si on était obligé de parier quelques milliers d'euros sur un hiver au dessus ou en dessous des normes, qui choisirait on? Et je pense qu'on serait presque tous d'accord pour parier sur un hiver doux.

 

D'autre part, Un DJF un peu plus doux que la normale ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de belles périodes hivernales. L'hiver dernier en est la preuve, avec un beau coup de froid en Fevrier et une periode froide en Janvier. Meme chose pour nos voisins Allemands qui ont connut un hiver plus doux que la normale mais une superbe VDF en Fevrier. En Allemagne, 2017/2018 et 2013/2014 avaient également étés doux mais avec des episodes hivernaux consequents (fin février 2018 et en Fevrier 2014). 

 

La question ne se pose pas pour moi puisque je ne suis plus en Europe mais si j'y étais, en tant qu'hivernophile, je préférerai un hiver au dessus des normes avec une ou deux VDF neigeuses durant 8-15 jours et le reste en douceur océanique, plutôt qu'un hiver froid un peu morne comme celui donc je me souviens en 2005-2006 a Londres (froid, interminable de mi Novembre a mi Mars, gris, pas de neige).

 

Les previsions saisonnières peuvent dire ce qu'elles veulent, elle ne peuvent pas prévoir un blocage de deux semaines, ou une période de deux semaines de flux d'ouest dynamique qui peut donner 3-4 tempêtes en peu de temps... et ce sont de tels événements qui laissent de bons souvenirs pour les passionnés (previsions et ressenti!)

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Il y a 14 heures, Hugo_HK a dit :

J'interviens quand meme a propos d'un hiver 'froid'.

 

Comme on l'a vu avec notre été 2021 et le débat sur le topic qui lui est consacré a propos de s'il a été chaud ou frais, pour un trio juin-juillet-aout au dessus des normes malgré un ressenti maussade et une situation atmosphérique pas propice a la chaleur, d'un point de vue purement mathématique, la probabilité d'avoir une saison entière en dessous des normes des 30 années précédentes est relativement faible dans le contexte du RC. D'après un post dans l'autre topic, la dernière fois en France c'était au printemps 2016... 

 

Je suis d’accord avec ton post cependant la dernières fois qu’on a eu une saison entière sous les normales de saison en France et je parle même par rapport à la normale 1981/2010, c’était très récemment durant le printemps 2021, qui a connut un déficit de température.  Si on se réfère à la normale 1991/2020 le déficit de température était plus important logiquement, avec les 3 mois de la saison printanière en dessous de la normale côté température.

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6 hours ago, Nono1212 said:

Je suis d’accord avec ton post cependant la dernières fois qu’on a eu une saison entière sous les normales de saison en France et je parle même par rapport à la normale 1981/2010, c’était très récemment durant le printemps 2021, qui a connut un déficit de température.  Si on se réfère à la normale 1991/2020 le déficit de température était plus important logiquement, avec les 3 mois de la saison printanière en dessous de la normale côté température.

oui effectivement je l'avais oublie celui la

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Torfou, à la jonction 44-49-85

C'est ça, le truc... l'exception confirme-t-elle bien la règle?? 😆

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Montreuil (93) ou Ciran (37)
Il y a 5 heures, meteomettra a dit :

MétéoSuisse parle du prochain hiver dans son blog et y met en lien ce topic du forum infoclimat !

https://www.meteosuisse.admin.ch/home/actualite/meteosuisse-blog.subpage.html/fr/data/blogs/2021/9/que-nous-reserve-lhiver--.html

 

Et MétéoSuisse n'arrive pas à la même conclusion que ce que j'ai pu lire ici...

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56800 Taupont, 61170 Marchemaisons
il y a 32 minutes, Sebaas a dit :

 

Et MétéoSuisse n'arrive pas à la même conclusion que ce que j'ai pu lire ici...

 

Et moi j'ai lu aussi une autre conclusion ailleurs qu'ici; mais je n'ai pas envie de lui faire de la pub !

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Saint-Nizier du Moucherotte (Vercors) - 1170m
Il y a 20 heures, Sebaas a dit :

 

Et MétéoSuisse n'arrive pas à la même conclusion que ce que j'ai pu lire ici...


Mais ils ont aussi Avallon :
 

Citation


Vos tendances sont complètement à côté de la plaque. Il y'a tout les signaux qui vont plutôt vers un hiver exceptionnellement froid. A commencé par le QBO en phase est, couplé a une Nina et un PDO négatif modéré et une activité solaire encore faible. Ces éléments sont favorables a un vortex très déconcentré et donc un hiver avec des blocages récurrents sur l'Europe de l'ouest. Il est dommage que météo suisse sombre dans le dogme du réchauffement climatique et feigne d'ignorer les records de froids de 1 siècle au texas en février 2021. Ce qui est possible là bas est encore possible en Suisse et en Europe !


Edit : Merci cependant aux autres intervenants pour le réel effort de recherche/synthèse ;).

Edited by Kyrion
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Montreuil (93) ou Ciran (37)
Il y a 3 heures, Kyrion a dit :


Mais ils ont aussi Avallon :

 

 

Qui s'est ramassé une bien belle réponse 👍

 

Citation
  • MétéoSuisse, 17.09.2021, 10:01

    Il n’est pas question ici de dogme mais de science. Les records de froid du Texas sont des événements météorologiques qui ne s’inscrivent pas dans une tendance climatique, qui elle, se mesure sur plusieurs décennies. Il convient de noter aussi que la configuration de l'Amérique du nord n'est absolument pas la même que celle de l'Europe. Les échanges thermiques entre le pôle et l'équateur y sont favorisés par l'orientation méridienne de la chaîne des Rocheuses, ce qui explique ces brutales descentes d'air glacé jusqu'à des latitudes quasi tropicales. Quant aux tendances pour l'hiver 2021-2022, nous saurons si elles sont à côté de la plaque au printemps 2022. Il convient de souligner que ces prévisions d'hivers rigoureux "du siècle", certains sites nous les reproposent chaque automne, sur la base de l'interprétation simpliste d’éléments de téléconnexions, dont les interactions entre les différentes anomalies/oscillations ne sont pas toujours très claires et bien comprises. Ces prévisions d'hivers glacés tiennent plus du "wishcasting" que d'une réelle prévision. A force de prévoir chaque année un hiver rigoureux, ils finiront bien par tomber sur un hiver rigoureux et à cette occasion, ils ne manqueront pas de souligner la justesse de leur « prévision ».

 

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il y a 7 minutes, Sebaas a dit :

Il convient de souligner que ces prévisions d'hivers rigoureux "du siècle", certains sites nous les reproposent chaque automne, sur la base de l'interprétation simpliste d’éléments de téléconnexions, dont les interactions entre les différentes anomalies/oscillations ne sont pas toujours très claires et bien comprises. Ces prévisions d'hivers glacés tiennent plus du "wishcasting" que d'une réelle prévision. A force de prévoir chaque année un hiver rigoureux, ils finiront bien par tomber sur un hiver rigoureux et à cette occasion, ils ne manqueront pas de souligner la justesse de leur « prévision ».

 

J'aime particulièrement ce passage 😛 😄

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Dans la foulée de ce commentaire qui m'avait consterné (et qui m'avait fait réagir ici : https://forums.infoclimat.fr/f/topic/9222-médias-exagération-désinformations-sur-la-météo/?page=117&tab=comments#comment-3455855), j'avais répondu sur leur blog à peu de choses près ce qu'ils ont répondu depuis (l'impertinence de comparer les continents européen et américain et le sempiternel hiver du siècle promis chaque année par des charlatans qui s'en féliciteront quand ça arrivera en oubliant leurs innombrables échecs précédents), et je constate avec amertume que mon post n'a jamais été validé par la modération. J'ose espérer qu'ils avaient une bonne raison de le retenir plutôt que d'en piller le contenu, même si je ne doute pas une seconde qu'ils auraient trouvé d'eux-mêmes ces deux contre-arguments. 

 

Edited by A.M.
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Haute Joux, Les Fourgs 1140m
Le 17/09/2021 à 20:31, Sebaas a dit :

 

Qui s'est ramassé une bien belle réponse 👍

 

 

Un topic d'amateurs pour faire, de toute façon, des prévisions TLT aléatoires, doit pouvoir laisser la contradiction des intervenants. C'est défendable!

amicalement

ps: Avallon, attention aux déceptions, les indices ne sont que des indices. On s'en est déjà pris des râteaux, faut attendre octobre😄

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L’hiver approche à grands pas. Allons-nous poursuivre la récurrence d’hivers doux entamé en 2014 ou allons-nous la quitter ? Divers facteurs vont ce jour dans le sens d’un hiver nettement plus froid que les précédents, notamment en première partie

 

Nous observons des changements majeurs par rapport aux dernières années dans l’Atlantique Nord avec la mise en place probable d’une nouvelle phase chaude dans le Gyre Subpolaire Nord-Atlantique (entre le Labrador et l’Islande au-dessus de 50°N) dont les implications et mécanismes seront largement discutés dans la partie dédiée à l’indice.


 

Il existe effectivement des preuves robustes que le SPGNA (Subpolar Gyre in North Atlantic) bascule actuellement dans une nouvelle phase chaude avec la mise en place d’un transfert de chaleur océanique rapide depuis cet hiver dans ce dernier en provenance de la branche de l’AMOC située aux latitudes moyennes (40-50°N), dont les impacts en profondeur (en particulier vers 300m) commencent à devenir visible.


 

La bulle froide dominante depuis 2014 semble donc sérieusement mise à mal, et cela pourrait favoriser des hivers futurs dominés par une NAO- plus récurrente en raison d’une diminution du gradient de température lié au réchauffement du SPGNA. En parallèle, nous observons de fortes similitudes avec le processus de basculement de 1995-1996-1997 où le SPGNA avait brutalement basculé d’une phase froide à une phase chaude en réponse à un déblocage du transfert par la NAO- durant l’hiver 1996 après plusieurs hivers sous NAO+ ayant renforcé le transfert de chaleur océanique vers le nord (5 à 6 ans de décalage pour un impact sur le SPG).


 

Cela semble donc le changement majeur à suivre pour l’hiver 2022, associé à l’Activité Solaire particulièrement favorable à une NAO- récurrente, en plus du fort QBO- et du PDO- ainsi qu’une Nina faible à modérée. Un hiver potentiellement plus intéressant que ces 8 derniers se profile.

 

Par ailleurs, je tient à préciser que ce travail est l'équivalent de 80 pages en format PDF. J'ai particulièrement poussé l'analyse cette fois-ci dans le but de fournir des résultats plus précis et fiables.

 

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Les principales sources permettant d’illustrer ces tendances sont issues des sites suivants :

  1. https://crudata.uea.ac.uk/cru/data/nao/viz.htm (NAO)

  2. https://www.star.nesdis.noaa.gov/smcd/emb/snow/HTML/snow_extent_monitor.html, https://ccin.ca/index.php/ccw/snow/current (Enneigement)

  3. http://www.sidc.be/silso/ssngraphics (Activité solaire)

  4. https://climatereanalyzer.org/, https://cyclonicwx.com/sst/  (SST Atlantique et TNA, ENSO, Évolution de la T°C)

  5. https://acd-ext.gsfc.nasa.gov/Data_services/met/qbo/ (QBO)

  6. https://s2s.worldclimateservice.com/climatepanel/ (PDO)

  7. http://www.bom.gov.au/climate/enso/ (ENSO)

  8. https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/precip/CWlink/pna/pna.sprd2.gif (PNA)

  9. https://nsidc.org/data/seaice_index (Glace Arctique)

  10. https://www.stratobserve.com/anom_ts_diags (Stratosphère)

  11. https://spaceweather.com/ (Thermosphère)

  12. https://climate.copernicus.eu/charts/c3s_seasonal/ (Ensemble des modèles saisonniers)

 

D’autres sources pouvant être utilisées, ces dernières seront alors mentionnées en temps utile.

 

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Les indices utilisés au sein de la présente tendance se comptent au nombre de 13 (modèles inclus, voir table des matières) et sont les suivants :

 

  • NAO/AO, représentant l’oscillation nord-atlantique ainsi que l’oscillation arctique respectivement, la première se situant dans l’atlantique nord, la seconde dans l’arctique respectivement à leur nom.

Ces deux indices comprennent deux phases, l’une positive, l’autre négative. 

Lorsque la NAO est en phase positive, un temps doux et humide prédomine en Europe (présence de zonal atlantique - basses pressions circulant d’ouest en est) et inversement avec la phase négative où un temps froid et généralement humide (parfois sec si continental) est favorisé en Europe du Sud, mais plus doux et sec en Europe du Nord en raison de hautes pressions aux hautes latitudes (en automne). 

 

Concernant l’AO, cette dernière est similaire, une phase AO+ se caractérise par un Vortex polaire troposphérique (vortex de basses pressions tournant d’ouest en est en hiver) renforcé, apportant généralement un temps doux à travers l’hémisphère nord, et inversement avec un AO- (Vortex Polaire Troposphérique (VPT) affaiblis) favorisant un temps froid en Sibérie, Amérique du nord, Eurasie principalement, l’Europe dépendant surtout de la NAO

 

 

  • Enneigement en Sibérie, indice représentant l’enneigement sur la Sibérie et pouvant servir à établir des liens entre son état (plus ou moins d’enneigement) et l’état des réserves froides à travers la Sibérie en automne (pouvant servir à faire ressortir des choses comme un risque de froid tardif, ou inversement), mais aussi les perturbations potentielles du vortex polaire stratosphérique en Hiver (vortex tourbillonnant classiquement d’ouest en est à 30km d’altitude en hiver, excepté perturbation majeure).

 

  • Activité solaire, influençant potentiellement la météo à l’échelle locale¹²³ (par exemple, l’Europe, l’Amérique du nord, ou encore l’Arctique) en fonction de son état (fort, en baisse, faible, en hausse, au pic), mesuré avec le nombre de taches solaires à la surface du soleil, suivant un cycle de 11 ans durant lequel un pic maximum et un pic minimum sont atteints tous les 6 ans environ, d’autres cycles de 22, 33, … ans existant également.

Les impacts seront abordés lors du chapitre dédié. 

 

 

  • SST Atlantique Nord, MOC, qui comme leur nom l’indique, se situent dans l’Atlantique nord et permettent d’anticiper les évolutions (réactions) possibles en réponse à leur état, dans une zone sensible en particulier : le Gyre Subpolaire de l’Atlantique nord (se situant au sud du Groenland, entre 50-65°N et 25-60°W), qui semble être un grand influenceur de la synoptique (lors d’une phase plus chaude, un régime NAO- ressort plus souvent, et inversement, notamment en hiver mais également valable en automne).

Quant au MOC, ce dernier est l’abréviation de “Meridional overturning circulation” et se situe à 26°N, observé par le réseau RAPID qui mesure sa force ainsi que d’autres paramètres relatifs à ce dernier.

 

Un MOC affaibli peut entraîner plusieurs extrêmes comme un froid intense en Europe Occidentale, USA en hiver ainsi qu’une douceur extrême au Groenland, Canada, Québec, mais aussi une chaleur extrême en Afrique (cas de 2010) avec résurgence potentielle l’hiver suivant, pouvant conférer un bon potentiel de prévision en tendance saisonnière.

En revanche, lors d’un MOC renforcé, des canicules plus fréquentes en été sont possibles, ainsi que des hivers particulièrement doux en Europe, USA et plus froid au Groenland, Canada principalement (c’est le cas depuis 2015, hormis sur l’hiver 2020-2021 plutôt doux sur le Canada, les USA et plus froid en Europe, Sibérie)

 

 

  • TNA, abréviation de “Tropical north atlantic” et se situant au nord de l’Atlantique tropical

Cet indice va de pair avec les SST Nord-atlantiques, vu qu’il existe des formations en Fer à cheval ou tripôle entre ces deux zones (SST - Sea surface temperature - plus chaude dans le SPG et sur la TNA, plus froides sur la zone du MOC, ainsi que plus froides dans le SPG et sur la zone de la TNA, plus chaudes sur la zone du MOC respectivement) en fonction de sa phase (positive ou négative), un régime NAO- ou NAO+ va être favorisé. 

 

  • QBO, représentant l’oscillation quasi-biennale (Quasi-biennal oscillation en anglais) aux tropiques, situé en stratosphère et possédant deux phases (positives et négatives) se succédant tous les 14 mois environ.

Une phase positive va, en fonction d’autres indices favoriser ou non un régime NAO+, et inversement. 

Cependant, depuis 2016 des perturbations sont apparues au sein du présent indice, rendant plus aléatoire l’anticipation des impacts potentiels. 

 

  • PDO, abréviation de Pacific decennal oscillation représenté par un tripôle froid-chaud-froid dans le Pacifique nord sur les SST lors de sa phase négative, et inversement lors de la phase positive.

En fonction de la phase de l’ENSO, du QBO, le PDO peut favoriser certaines choses, allant jusqu’à une modification potentielle des SST nord-atlantiques¹ 

 

 

  • ENSO, SOI, abréviation de El nino southern oscillation et Southern oscillation index, comportant 3 phases pour l’un, 2 pour l’autre : El Nino, Nada, La Nina (située aux tropiques) pouvant influencer l’atmosphère sur diverses parties du monde, jusqu’en Europe.

Le SOI, lui, comprend les phases négatives (caractérisant un épisode El nino), et positives (épisode La nina). La phase neutre pourrait être attribuée. Cet indice représente la différence de pression entre Tahiti et Darwin.

 

  • PNA, qui comme son nom l’indique (Pacific/North American pattern) se situe dans le Pacifique nord, à cheval avec l’Amérique du nord.

Il comprend deux phases (positives et négatives) qui peuvent favoriser un régime NAO-/NAO+ respectivement. 

En fonction de la phase de l’ENSO, la réponse peut être modifiée (par exemple, pendant El nino et PNA+, les dorsales nord-américaines sont diminuées entraînant un NAO-, tandis que La Nina va favoriser un NAO+ lors d’une PNA-, et par inversion un NAO- lors du PNA+) en renforçant le régime favorisé.

Il est à noter qu’un PNA+ favorise de la douceur sur l’ouest de l’Amérique du Nord et du froid sur la partie est, inversement lors de la phase négative.

 

  • Stratosphère, étant un indice concentré sur la stratosphère (vers 30km d’altitude), cette dernière abritant un vortex polaire puissant tout au long de l’hiver jusqu’en mars/avril environ avant une perturbation finale qui tue ce vortex jusqu’au milieu de l’automne suivant.

La stratosphère présente un potentiel de prévisibilité plus lointain que la troposphère, et est donc particulièrement utile.

Lors de perturbations majeures, le vortex peut s'éclater en 2 parties et favoriser du froid sur les latitudes moyennes de l’hémisphère nord, sans garantie de réussite toutefois (ce n’est pas automatique !!) 

 

 

  • Thermosphère, pouvant favoriser certains régimes (décalage possible +/- 1 an) en fonction du stade dans le cycle, d’une durée de 11 ans. Il devrait favoriser une NAO- et des conditions humides et froides au cours de l’hiver 2022 en Europe Occidentale et présente un taux de réussite de 70 à 80% de décembre 2020 à août 2021 à l’échelle de l’hémisphère nord (moins en juin).

 

  • Glace Arctique, qui comme son nom l’indique est un indice en relation avec l’englacement Arctique, en diminution depuis 1980.

Certaines zones du bassin Arctiques sont particulièrement intéressantes vis-à-vis de la tendance saisonnière, à savoir Barents-Kara et Barents en particulier. 

 

L’état d’englacement de ces zones peut favoriser/modifier la circulation atmosphérique à l’échelle de l’AO, mais aussi de la NAO¹²³

Un englacement plus faible va favoriser un afflux de chaleur en hiver sur la zone, pouvant monter jusqu’en stratosphère et perturber le VPS, de plus en plus d’études vont en ce sens. 

Les conséquences peuvent donc passer par des extrêmes froids plus fréquents aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord, associé à des extrêmes doux/chauds plus importants sur l’Arctique, et inversement lors d’un plus fort englacement

 

  • Modèles saisonniers, qui sont un ensemble de 7 modèles saisonniers mondiaux et permettent de faire ressortir une tendance pour la saison à venir, basé sur l’ensemble du système climatique à partir des conditions initiales. 

L’ensemble des indices utilisés ainsi que leur explication ayant été présenté, nous allons à présent nous pencher sur la méthode permettant de tirer une tendance mensuelle.

 

La méthode consiste à rassembler tous les indices en fonction de leur poids afin de faire ressortir une tendance globale la plus précise possible (et en prenant compte du forçage induit par le RCA si possible).

Certains indices favorisant des variations intra-saisonnières sont particulièrement utiles dans la tendance mensuelle

Les indices sont regroupés en 3 groupes: indices favorisant un temps frais, neutre, doux par rapport aux normes mais aussi humide, normal, ou sec pour la saison.

 

La méthode présente néanmoins certaines limites, que nous verrons dans la section suivante.

 

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Comme toute méthode de prévision ou tendance, la présente méthode présente des limites, qui sont les suivantes :

 

  • Le regroupement des indices permet de dégager une tendance globale, mais en raison d’éventuel facteur non pris en compte ou du réchauffement climatique, la fiabilité peut se retrouver limitée et fausser les tendances.

 

  • La tendance dégagée à l’échelle mensuelle est globale, et des épisodes de douceur importants, ou de fraîcheur peuvent être ratée, faussant en partie ou totalement la tendance.

 

  • Les anomalies prévues peuvent être trop ou pas assez fortes en raison du caractère parfois incertain des indices où rien ne ressort de façon significative, mais aussi et principalement du réchauffement climatique.

 

Il convient donc de rester prudent face aux présentes tendances qui ne sont que des tendances globales pour x mois, et pas précises au jour près, ainsi, des erreurs sont possibles.

 

Nous allons à présent voir les indices un par un, afin de voir leurs évolutions récentes ainsi que les impacts futurs pour notre hiver 2022.

 

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La NAO a tendance à être constituée de clusters d’une durée de 3 à 4 ans pour une récurrence d’environ 5 ans. L’hiver 2020-2021 a marqué la fin du cluster de NAO+ ayant commencé durant l’hiver 2013-2014, soit 7 ans consécutifs, marquant potentiellement le début d’une série d’hiver sous NAO-. La fig.1 montre l’évolution temporelle de la NAO hivernale depuis 1659 :


 

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(Fig.1 - Évolution de la NAO hivernale depuis 1659)

 

Nous remarquons 5 périodes importantes, à savoir 3 renforcements linéaires et 2 chutes. Un crash de la NAO est constaté de 1930 à 1980 avant une reprise. Ce crash sort de la variabilité constatée jusqu’alors, et pourrait être attribué à une modification durable des SST Atlantiques (soit une persistance d’une anomalie au sein du MOC Atlantique) se caractérisant par un schéma de MOC Atlantique durablement affaibli. La fig.2 montre la différence des SST Atlantiques hivernales de 1951 à 1980 par rapport à 1981-2010.

 

 

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(Fig.2- Représentation schématique du schéma ayant potentiellement entraîné le crash de la NAO hivernale)


 

La fig.2 met en évidence un schéma propice à l’installation durable de la NAO- avec une réduction significative du gradient de SST se reflétant probablement en surface. D’autre part, cela était couplé à une phase PDO- durable ayant probablement motivé et renouvelé le processus.

 

 

Ce schéma a probablement contribué à l’initialisation du renforcement N°3 avec des processus océaniques retardés et enclenchés par un basculement de phase de la NAO (voir mon travail sur les influences du MOC Atlantique sur les hivers européens). Ainsi, l’océan Atlantique semble être à l’origine de ce décrochage.
 

L’évolution de la T°C hivernale montre un réchauffement différent en fonction des mois. Le mois de janvier est le mois présentant le plus fort réchauffement tandis que février se réchauffe très lentement et reste dominé par la forte variabilité naturelle. Décembre est le mois se réchauffant le moins derrière février. Les figs.3, 4 et 5 représentent l’évolution de l’anomalie de la température hivernale par rapport à 1981-2010 de façon mensuelle depuis 1900.

 

 

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(Fig.3 - Évolution de la température en Décembre depuis 1900 par rapport à 1981-2010)


 

Nous remarquons plusieurs choses au cours du mois de Décembre. Premièrement, l’impression d’avoir connu un fort réchauffement en Décembre sur la période 2011-2021 associé au réchauffement de fond n’est pas forcément vraie. D’autres réchauffements abrupts ont eu lieu par le passé mais d’ampleur moindre, le dernier étant sans doute amplifié par le réchauffement climatique.

 

Néanmoins, la nuance importante est que le réchauffement climatologique n’a pas été particulièrement fort sur la période (tendance mobile climatologique stable à légèrement plus haute). Il ne faut pas tomber dans le piège selon lequel on a l’impression que le fort réchauffement de Décembre sur 2011-2021 est exclusivement dû au réchauffement, bien que sans doute amplifié par ce dernier.

 

Ce réchauffement brutal pourrait en partie s’expliquer par une persistance remarquable d’une NAO+ durant toute la période, moins en 2021, de même pour les réchauffements brutaux précédents. Nous remarquons par ailleurs des similitudes avec le réchauffement de la période 1910-1923.

 

Deuxièmement, nous remarquons qu’un refroidissement marqué se produit de façon quasi-systématique à l’issue des réchauffements brutaux, excepté lors de l’avant-dernier ce dernier semble très raccourci, probablement à cause du RC. Les réchauffements abrupts durant environ 5 à 9 ans, cela indique qu’un refroidissement marqué et temporaire des mois de décembre est possible prochainement. Ceux-ci ont systématiquement été marqués par une anomalie proche de -2°C lors de la première année, suggérant qu’une anomalie vers -1/-1.5°C semble possible en ajoutant le réchauffement de fond, mais que l’on ne sait pas précisément quand cela se produira. 

 

Dernièrement, on observe une récurrence cyclique dans l’émergence des réchauffements abrupts en Décembre d’environ 23 ans en moyenne (cycle solaire de Hale) pour un écart-type allant de 18 à 30 ans. La fin du dernier réchauffement s’étant produit vers 1990, nous sommes à 21 d’intervalle pour le début du réchauffement en 2011, ce qui est dans les clous. La fig.4 montre le même graphique pour Janvier.

 

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(Fig.4 - Évolution de la température en Janvier depuis 1900 par rapport à 1981-2010)

 

Le mois de janvier présente un schéma fondamentalement différent du précédent au sein duquel 2 réchauffements brutaux probablement naturels sont identifiables tandis qu’un réchauffement persistant depuis 1987 est visible, associé au réchauffement de fond. Ce réchauffement limite considérablement la variabilité interannuelle avec une seule période véritablement froide en 2009-2010, trahissant potentiellement un pseudo-arrêt dans la phase douce tel qu’observé après les périodes douces de 1920 et 1970 marquées par un refroidissement brutal de court-terme (à haute fréquence).

 

 

Nous remarquons par ailleurs un refroidissement ponctuel très fort d’une récurrence moyenne d’environ 20 ans ne s’étant jamais arrêté. Il est possible que les mois de Janvier 2009 et 2010 appartiennent à ce cycle, mais de toute évidence, le froid a été minoré. 
 

En outre, les réchauffements brutaux semblent posséder une durée allant de 10 à 15 ans, ce qui semble cohérent avec l’arrêt temporaire de celle-ci en 2009, avec, néanmoins, une période beaucoup plus longue de 22 ans. En Janvier 2022, cela fera donc 12 ans, ce qui suggère la possibilité de la survenue d’un mois de janvier plus froid quelque part ces prochaines années, si l’on excepte Janvier 2017.
 

Enfin, la fig.5 met en évidence une lente évolution au cours du mois de Février  restant très chaotique :

 

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(Fig.5 - Évolution de la température en Février depuis 1900 par rapport à 1981-2010)

 

Plusieurs cycles et périodes intéressantes sont identifiables au sein de la fig.5, à savoir deux réchauffements abrupts d’une durée assez longue (15 à 20 ans environ) systématiquement suivis de conditions plus froides durant plusieurs années ainsi que des schémas cycliques d’une récurrence de 20 à 30 ans se caractérisant par un premier creux suivi quelques années après d’un double creux graduellement plus doux parfois précédé par un mois de février doux à très doux d’ampleur variable. Un 3ème rebond est même visible mais ne nous intéresse pas ici.

 

 

La fig.5 met en évidence que le premier creux froid se situe vers -4°C d’anomalie excepté en 2012 où ce dernier était vers -3°C (mais -4°C selon les données de MF), tandis que le rebond connaît une anomalie variable allant de -2 à -3°C, et le second creux se situe entre -1.5 et -3.5°C avec une préférence vers -1.5/-2°C lors des derniers schémas. Ceci indique que l’anomalie diminue graduellement en avançant dans les rebonds. L’inverse est aussi vrai avec la présence d’un schéma allant dans le sens d’un refroidissement graduel en février qui ne sera pas abordé dans cette première tendance hivernale.

 

L’intervalle entre les rebonds est généralement de 3 ans mais peut aller jusqu’à 5 ans. Cela tombe donc entre février 2021 (qui n’a pas été froid) et février 2023 pour une médiane tombant sur 2022. Ceci converge donc vers la possibilité d’un mois de février assez froid à court-terme
 

Dans l’ensemble, les statistiques convergent vers un hiver plus froid à court-terme dont l’année d’occurrence est difficile à évaluer précisément. L’intégralité des 3 mois hivernaux pourrait être plus froids à court-terme selon les récurrences cycliques, tandis que la NAO hivernale est peut-être rentrée dans un nouveau cluster de NAO-.

 

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L’enneigement Eurasien peut contribuer à favoriser des perturbations au sein du Vortex Polaire Stratosphérique, notamment en fin d’hiver, si celui-ci est plus fort que la normale en début d’hiver/fin d’automne. Les modélisations actuelles vont dans le sens d’un VPS précocement affaibli favorable à l’AO- et donc à l’enneigement en Eurasie/Sibérie. La fig.6 montre ce schéma.


 

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(Fig.6 - Moyenne C3S de l’anomalie des Géopotentiels à 500hpa pour le trimestre OND)

 

Ce type de circulation très méridienne est favorable à un enneigement conséquent en Eurasie/Sibérie. La fig.7 montre l’anomalie des Géopotentiels à 500hpa après un mois de novembre particulièrement enneigé en Eurasie (> 1 million de km² d’anomalie).

 

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Fig.7 - Anomalie des Géopotentiels à 500hpa en hiver après un mois de novembre présentant une anomalie supérieure à 1 millions de km² d’enneigement sur l’Eurasie)

 

 

Nous remarquons la mise en place d’un affaiblissement du Vortex Polaire Troposphérique en Janvier aboutissant à un NAO- après un mois de Décembre zonal, tandis que Février se démarque par un régime de dorsales Atlantiques et par un changement de régime dans le Pacifique passant des dorsales aux dépressions. Dans l’ensemble, la seconde partie partie de l’hiver est plus froide sur l’Europe Occidentale lors d’un enneigement excédentaire en Novembre sur l’Eurasie.


 

La fig.8 montre l’anomalie des Géopotentiels en Stratosphère.

 

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(Fig.8 - Anomalie des Géopotentiels à 30hpa en hiver après un mois de novembre présentant une anomalie supérieure à 1 millions de km² d’enneigement sur l’Eurasie)


 

Un affaiblissement majeur du Vortex Polaire Stratosphérique (SSW) est observé en Janvier conformément aux observations en troposphère, suivi d’un lent renforcement du VPS en Février. Ce schéma va dans le sens d’un mois de Janvier plus propice au froid, il en va de même pour Février, tandis que le placement de la déstabilisation du VPS en Décembre est propice à la douceur en Europe Occidentale


 

Dans l’ensemble, l’indice va dans le sens d’une seconde partie d’hiver plus froide soutenue par certains indices que nous verrons plus tard.

 

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Le minimum de l’activité solaire a eu lieu durant l’hiver 2019/2020 et nous sommes maintenant 2 ans après ce minimum pour l’hiver 2021/2022, au sein duquel un fort signal de NAO- ressort d’après certaines études. La fig.9 met en avant l’impact de l’Activité Solaire 2 ans après le minimum sur les hivers au travers de la planète


 

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(Fig.9 - Anomalie de la pression au niveau du sol 2 ans après le minimum solaire - Source)

 

 

La fig.9 montre que les hivers 2 ans après le minimum solaire se caractérisent par des conditions hivernales en tout point de l’Hémisphère Nord sauf sur l’extrême nord du Québec, au Groenland et sur l’Arctique dominé par un VPT affaibli. La présence d’un “Pacific Ridge” (PR) centré relativement à l’ouest de la côte ouest de l’Amérique du Nord favorise une circulation méridionale avec des talwegs puissants sur ce dernier continent motivant des dorsales Atlantiques et un schéma AO-/NAO- récurrent.

 

Par ailleurs, mes recherches montrent qu’un affaiblissement précoce du VPS (en Décembre) est probable cette année, favorisant des conditions hivernales en Décembre-Janvier, moins en Février. J’y reviendrai sur l’indice “Thermosphère”.

 

En outre, le statut de l’Activité Solaire favorise la même chose que lors de l’hiver 2010/2011 dominé également par le lag+9 (9 ans après le maximum solaire). Finalement, l’indice va plutôt dans le sens d’un hiver assez froid en Europe.

 

La fig.10 montre par ailleurs une forte similitude avec l’hiver 2010-2011 en raison du déroulement très similaire à la reprise de l’activité solaire de 2010 avec un décalage de quelques mois.

 

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(Fig.10 - Nombre mensuel de taches solaires depuis 2009 - SILSO)


 

L’activité solaire part donc analogiquement sur l’hiver 2010-2011. Les indices semblent par ailleurs favoriser un déroulement proche de l’hiver 2010-2011 dans l’ensemble.

 

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Les SST Nord-Atlantiques vont jouer un rôle central dans notre hiver avec le basculement potentiel en cours dans une nouvelle phase chaude comme cela a été souligné dans l’introduction. La bulle froide alors prédominante depuis l’hiver 2013/2014 devrait être considérablement affaiblie cet hiver ayant pour conséquence une NAO- plus probable et plus durable en fonction de l’état de l'avancée du transfert de chaleur océanique au début de l’hiver.

 

La fig.11 montre la progression du transfert de chaleur océanique entre 1995 et 1997 lors du basculement abrupt du Gyre Subpolaire Nord-Atlantique (situé entre le Labrador et l’Islande de 50 à 65°N) de la phase froide à chaude.


 

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(Fig.11 - Évolution de l’OHC (Ocean Heat Content) lors du basculement du SPG de 1996 - NCEI)

 

 

Nous remarquons qu’une extension progressive de la chaleur contenue sur la côte est de l’Amérique du Nord a précédé le transfert, s’étant ensuite rapidement propagé au sein du SPG avant de l'envahir complètement. Il ressort en outre que le transfert à commencer à l’est du SPG avant de se propager vers l’ouest (non représenté ici), la circulation océanique tournant dans un sens antihoraire dans ce Gyre.

 

Le transfert s’est terminé moins de 2 ans après. L’hiver 1996-1997 a par ailleurs été dominé par des conditions froides en première partie (décembre-janvier) avant de renouer avec des conditions plus douces, faisant ainsi de 1997 un analogue intéressant pour l’hiver 2022. Les indices étaient plus ou moins cohérents avec ce dernier. La fig.12 démontre que l’évolution de la situation depuis 2020 est très similaire au transfert de 1996.


 

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(Fig.12 - Évolution de l’OHC (Ocean Heat Content) lors du basculement du SPG de 2021 - NCEI)

 

Nous remarquons une extension vers le nord-est précédant une intrusion plus massive de la chaleur dans le Gyre, comme en 1996. Cela s’est véritablement débloqué à partir de l’hiver 2020-2021 probablement en raison de la NAO- persistante ayant débloqué le transfert, à l’image de l’hiver 1996 ayant enclenché le processus.
 

Au printemps 2021, nous étions à la moitié du processus (hiver-été 1996), mais les données journalières d’ORA5 (réanalyse d’ECMWF) suggèrent que le transfert a bien progressé et est désormais au niveau de l’automne 1996 soit finalisé à environ 75%. Une nouvelle phase chaude dans le SPG semble donc imminente si rien ne vient contrarier la suite du processus tel qu’un zonal durable.

 

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(Fig.13 - Évolution de l’OHC à 300m depuis le 13 août - ORA5)

 

 

D’autres preuves plus indirectes mettent également en évidence ce réchauffement. La fig.14 illustre cela :
 

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(Fig.14 - Évolution temporelle de l’OHC sur 0-700m sur la branche ouest et nord de l’AMOC (Labrador et SPG) - NCEI)

 

 

Le schéma ayant précédé le réchauffement brutal du SPG en 1996 se caractérise par 2 réchauffements importants de la branche ouest de l’AMOC entrecoupés d’un refroidissement. Un refroidissement final a lieu à l’issue des 2 réchauffements, marquant le début du réchauffement abrupt du domaine avec un transfert massif de chaleur vers le nord. 
 

Le graphique de droite montre la situation actuelle, ressemblant fortement à 1996 avec la présence de 2 réchauffements entrecoupés d’un refroidissement. Cela suggère qu’un refroidissement final à court-terme est possible sur la branche ouest de l’AMOC se soldant par un réchauffement brutal du SPG, comme cela semble le cas actuellement.

 

En outre, la fig.15 montre l’évolution temporelle de la NAO hivernale pendant et avant le basculement. Au sein de celle-ci est discernable un basculement en NAO- enclenchant le processus de basculement de phase au sein du SPG après une longue phase de NAO+

 

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(Fig.15 - Évolution temporelle de la NAO avant et pendant le basculement abrupt du SPG)

 

Nous allons à présent voir les conditions de surface ainsi que les impacts possibles sur notre hiver d’une nouvelle phase chaude. La fig.16 montre l’anomalie des SST du 14 septembre.

 

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(Fig.16 - SSTA de l’Atlantique Nord au 14 septembre)

 

 

Un schéma tripolaire de type chaud-froid-chaud ressort de manière assez faible, par manque d’anomalies froides allant du Golf du Mexique au Labrador. Les SST sont globalement cohérentes avec l’anomalie observée sous la surface. Ce type de schéma va probablement favoriser une NAO- s’il persiste. D’autre part, les SST de mai révèlent une signature tripolaire chaud-froid-chaud pouvant signifier la réémergence de cette anomalie en début d’hiver favorisant une NAO-
 

Le Golf du mexique semble plus frais ces derniers temps, pouvant être un précurseur de changements à venir plus à l’est. La relation linéaire ainsi que l’évolution temporelle entre la différence des anomalies de SST sur la côte est des USA et l’Islande en hiver et les températures en France est mise en avant sur la fig.17.
 

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(Fig.17 - Relation entre le gradient de SST et la Température hivernale en France métropolitaine)

 

La fig.17 expose une forte sensibilité de la température Française à l’océan en Décembre (R=0.42 et 59.97% de la variance totale moyenne explicable par le gradient de SST) diminuant en Janvier avant de devenir négligeable en Février (R=0.22 et variance explicable de 35.94%). Ainsi, le gradient de SST a un plus fort impact sur le début de l’hiver que sur la fin.

 

 

Nous pouvons dire que la température française est sensible à l’état des SST Atlantiques en Décembre et Janvier tandis qu’elle y est significativement moins sensible en Février, mois très chaotique et probablement très influencé par l’état du VPS très chaotique en Février.

 

L’est du SPG Atlantique entrant lentement dans une nouvelle phase chaude, cela devrait contribuer à favoriser une diminution du gradient entre la côte est des USA et l’Islande, ce qui devrait contribuer à un mois de Décembre plutôt normal à légèrement plus frais.

 

La fig.18 montre l’anomalie des Géopotentiels à 500hpa ainsi que l’anomalie de température en Décembre lors d’un gradient neutre à légèrement négatif (intervalle +0.3 ; -0.5). Le reste de l’hiver étant plus incertain, il est moins facile de comparer. Dans l’ensemble, DJF devrait observer un gradient proche du neutre à légèrement positif, propice à un hiver classique en termes d’anomalies de température. Plus de précisions sur les autres mois dans la prochaine mise à jour.

 

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(Fig.18 - Anomalie des géopotentiels à 500hpa, température et humidité)

 

Dans l’ensemble, les SST Atlantiques ainsi que le MOC devraient aller dans le sens d’un hiver classique à légèrement plus doux avec la réduction du gradient de SST entre la côte est des USA et l’Islande, réduisant le zonal en raison d’une nouvelle phase chaude en cours d’installation
 

Il a été parallèlement mis en évidence une sensibilité graduellement décroissante de la température française au gradient de SST méridional de l’Atlantique Nord. Les mois de Décembre et Janvier y sont très sensibles, tandis que Février n’y est pas significativement sensible (R=0.22 et variable explicable de 35.94%).
 

Environ 60% de la variabilité observée en Décembre et Janvier s’explique par ce gradient, laissant 30% de variabilité externe à ce dernier pour influencer ces mois, conférant un potentiel de prévisibilité élevée en début d’hiver si les SST sont correctement prévus. En outre, la moyenne des modèles montre une réduction de ce dernier par rapport aux autres hivers avec le réchauffement du SPGNA confirmant les observations montrant le début d’une nouvelle phase chaude
 

L’intensité des anomalies demeure néanmoins incertaine en raison de l’incertitude liée à la vitesse du transfert de chaleur et de son déroulement (sera-t-il ralentit ou non?).

 

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La TNA est également un grand influenceur du climat Européen en raison de ces variations associées à l’état des SST Atlantiques plus au nord par transfert de chaleur océanique retardée. Une TNA+ favorise une NAO- en forçant un tripôle chaud-froid-chaud tandis que la TNA- favorise l’inverse. La figure ci-contre montre l’évolution temporelle de l’état de la TNA depuis 1982 ainsi que ces principales évolutions.

 

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(Fig.19 - Évolution temporelle de la TNA - OOPC)

 

 

Nous distinguons une phase froide s’étendant des années 1983 à 1995 et une phase chaude allant de 1996 à aujourd’hui. Le basculement de 1996 est sans doute lié au basculement enregistré au même moment dans le SPG comme nous l’avons vu ci-dessus. Nous remarquons plusieurs pics froids non significatifs au sein de la phase chaude suivis d’un retour aux conditions ultérieures 5 à 6 mois plus tard

 

Un pic extrême est clairement différentiable du reste de la série chronologique associé à un ralentissement extrême et abrupt du MOC Atlantique à 26°N relativement bien documenté dans la littérature scientifique. En outre, ce pic a été associé à un hiver particulièrement froid et a précédé un mois de décembre 2010 exceptionnellement froid en Europe. 
 

Les prévisions actuelles vont globalement dans le sens d’une TNA neutre sur le trimestre hivernal avec la possibilité d’une TNA légèrement positive en Décembre. Ainsi, cet indice ne devrait pas favoriser grand-chose pour l’hiver 2022.

 

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(Fig.20 - Modélisation de l’état de la TNA par C3S pour DJF)

 

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Le QBO devrait être fortement négatif cet hiver, favorisant des perturbations au sein du Vortex Polaire Stratosphérique. La fig.21 montre l’évolution du QBO depuis fin 2018. Nous y observons les différentes phases du QBO ainsi qu’une perturbation majeure de la phase est fin 2019

 

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(Fig.21 - Évolution temporelle du QBO depuis fin 2018 - Vent zonal)
 

Le QBO- a soudainement sauté sa phase au cours de l’hiver 2019/2020, entraînant une phase ouest précoce et plus basse que d’habitude. Par conséquent, la phase est n’a pas été complètement coupée et celle-ci semble particulièrement faible. Cette mauvaise rupture dans la phase pourrait avoir de multiples implications sur la phase est actuelle, notamment sur la température se comportant de façon anormale actuellement. 

 

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(Fig.22 - Évolution temporelle du QBO depuis fin 2018 - Température)

 

La fig.22 montre une évolution anormale de la température sur la zone du QBO depuis début 2020 avec la mise en place d’anomalies chaudes très rapidement, se propageant quasi instantanément en surface sans anomalies froides pour ralentir cela, ce qui est très inhabituel, pour ne pas dire inédit.
 

On associe d’habitude les anomalies de température à la phase du QBO (voir fig.23), ce qui ne semble plus du être le cas depuis début 2020. En parallèle de cela, une anomalie négative s’est propagée instantanément en surface en Février 2020, ce qui est très inhabituel. Des anomalies chaudes sont ensuite apparues entre 50 et 100hpa et 10 à 25hpa, ce qui n’est pas du tout la structure habituelle du QBO-

 

 

Cela pourrait trahir que la phase est a échoué à se mettre en place début 2020 en raison de la mauvaise rupture de celle-ci. Ainsi, nous pourrions être actuellement dans un faible QBO-, ou pire, dans un QBO+ caché. La fig.23 montre le caractère exceptionnel du schéma actuel.
 

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(Fig.23 - Évolution du QBO depuis 1980 - Température)

 

 

On observe au sein de la figure ci-contre une absence de jonction lors de l'établissement de la phase est, l’affaiblissant considérablement. Cela est par ailleurs inédit, et ressemble à l’inverse de 2016-2017
 

La température semble trahir une structure de QBO+ descendant avec les restes d’un faible QBO- plutôt qu’une phase QBO- descendante. L’indice est donc incertain, et rien n’en ressort étant donné la contradiction entre les vents zonaux et la température. Un QBO+ associé à La Nina ne serait pas favorable à un ralentissement du VPS alors qu’un QBO- y est favorable, ce qui a des implications considérables.

 

Néanmoins, si jamais le QBO- s’imposait malgré ce schéma, un hiver dominé par une alternance entre NAO+ et son opposé ne serait pas à exclure, ce que montre la fig.24 montrant la moyenne mensuelle hivernale de l’anomalie des géopotentiels à 500hpa lors d’un fort QBO-.

 

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(Fig.24 - Évolution mensuelle de l’anomalie des Géopotentiels à 500hpa en hiver lors d’un fort QBO-)

 

 

Un hiver alternant ressort lors d’un fort QBO- avec les plus forts signaux en Décembre et Février tandis que Janvier se démarque par une plus nette incertitude sur l’Atlantique. Un signal de flux de nord-ouest sur l’Europe Occidentale associé à de faibles dorsales Atlantiques ressort en Décembre alors que Janvier est plus flou mais apparaît comme un signal de flux de Nord/Nord-ouest plus ou moins doux, tandis que Février se caractérise par un signal d’AS propice au froid continental, propulsé par des talwegs récurrents sur l’Atlantique

 

La France semble se situer en marge du flux continental en Février avec de fréquents conflits de masse d’air. Un VPT faible ressort en Décembre et Janvier tandis qu’il semble plus fort en Février. En revanche, il ne ressort rien sur la moyenne trimestrielle DJF du côté de l’Atlantique rendant l’influence de l’indice plutôt aléatoire sur le trimestre

 

Associé à d’autres indices tels que l’ENSO, le PDO ou encore la Thermosphère, l’indice renforce son signal en faveur d’un VPT nettement affaibli et d’une NAO-, ce que nous analyserons plus loin.

 

Somme toute, nous aboutissons à la constatation suivante : une phase QBO- forte se met actuellement en place mais est contrariée par la température remettant en question la validité de celle-ci, présentant plutôt un schéma de QBO+ descendant associé au QBO- demeurant faible. Cela a des implications considérables sur l’interprétation de la résultante possible pour notre hiver, une QBO- favorisant un affaiblissement du VPS tandis que son opposé le renforce. L’indice demeure donc incertain pour l’heure.

 

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Le PDO constitue une importante source de prévisibilité pour le climat Européen quand ce dernier est couplé à l’ENSO. Une phase négative s’est mise en place début 2020 se renforçant graduellement depuis lors, favorisant des dorsales Atlantiques couplées à l’ENSO en état Nina. En acquittant La Nina de son type et en ignorant le positionnement de la bulle chaude au sein du Pacifique Nord (nous y reviendrons plus tard), la fig.25 souligne les implications possibles d’un PDO- couplé à celle-ci en hiver.
 

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(Fig.25 - Évolution mensuelle de l’anomalie des Géopotentiels à 500hpa en hiver lors d’un PDO- modéré et d’une faible Nina)

 

Nous décelons au sein de la fig.23 un hiver caractérisé par de fortes alternances avec un flux de nord à nord-ouest en Décembre favorisant la fraîcheur, voire le froid, tandis que le mois de Janvier se démarque par des impacts diamétralement opposé (zonal dominant, doux et humide) et Février par des conditions froides dominantes en Europe Occidentale.
 

Dans l’ensemble, le PDO favorise un hiver frais à normal avec deux mois potentiellement assez froids et un doux. Cependant, cette réponse peut être profondément impactée par le type de Nina et par la bulle chaude Nord-Pacifique. La fig.26 montre la réponse de la NAO au type de Nina et de PDO combiné.

 

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(Fig.26 - Précurseurs et impacts des différents types de Nina en fonction de la phase respective du PDO)

 

La fig.26 expose les précurseurs et impacts de La Nina couplé au PDO-. Nous observons une NAO+ en Septembre/Octobre avant une Nina de type EP lors de l’hiver suivant, avec le plus fort signal en Septembre (confiance de 90%), tandis qu’une Nina CP se caractérise par une NAO neutre à légèrement négative en Novembre
 

Les implications d’une Nina EP passent par une forte NAO-, notamment en Janvier/Février tandis que celle-ci est moindre en Décembre. La Nina CP se caractérise par des impacts opposés atteignant leurs paroxysmes en Janvier/Février

 

Le mois de Septembre devrait être dominé par un zonal majoritaire, sauf éventuellement à la fin selon les modélisations actuelles (16 septembre). Cela pourrait être un précurseur d’une Nina de type EP à venir.
 

En parallèle de cela, la majorité des modèles voient une Nina EP en début d’hiver jusqu’à Janvier a minima. Seuls 2 modèles voient une Nina CP (ECMWF et MFS8), tandis que les autres voient une EP (Met-Office, CFS, NMME, BOM en particulier). Ce classement exclut les modèles ne voyant pas de Nina sur le trimestre DJF (CMCC, DWD, …).
 

L’indice semble donc particulièrement favorable à un début d’hiver dominé par la NAO-, en particulier en Décembre, voire Janvier si La Nina EP persiste. Néanmoins, une bulle chaude récurrente depuis 2014 dans le Pacifique Nord pourrait compliquer la tâche.

 

Une étude à mise en évidence une relation entre la bulle chaude Nord-Pacifique et le zonal sur l’Atlantique, et même entre cela et la bulle froide Nord-Atlantique. Il en ressort que la bulle chaude Nord-Pacifique peut influencer les SST ainsi que les régimes de temps sur l’Atlantique avec 4 mois de décalage. Cela implique que la bulle chaude de Septembre va influencer Janvier voire Décembre, tandis que son état d’Août va plutôt influencer Novembre-Décembre.
 

Mais ce n’est pas tout : le type d’impact dépend du positionnement de cette bulle. La fig.27 montre l’impact sur les SST et les Géopotentiels à 500hpa.

 

 

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(Fig.27 - Impact du “hot blob” Pacifique en fonction de son positionnement)

 

Nous observons que quand le blob est placé à proximité de la côte est des USA, un hiver globalement zonal ressort, tandis que quand ce dernier est plus à l’est et plus étendu, une forte dorsale sur le Pacifique-Nord Central ressort, favorable aux échanges méridiens marqués dans l’Hémisphère Nord, et entre autres à la NAO- sur l’Atlantique. Alors, qu’en est-il de la situation d’Août et de Septembre
 

La situation moyenne du mois d’Août par rapport à 1991-2020 ressemble à un entre-deux entre la situation (a, e) et (c, g), favorable à une alternance entre NAO+ et NAO-, avec une légère préférence pour la NAO+ car la bulle chaude n’était pas non plus très à l’ouest comme sur (c ,g). Cette dernière semble se recentrer en cette mi-septembre comme sur (c, g), probablement plus propice à une NAO- fin décembre et durant le mois de Janvier. La fig. suivante illustre cela :


 

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(Fig.28 - Évolution du blob chaud Nord-Pacifique entre août et septembre)

 

 

Notons en outre qu’il n'existe pas de relations entre le PDO et la bulle chaude. Cela a été inclus ici de par la proximité spatiale au PDO, mais sera peut-être séparé en 2 indices lors de la prochaine tendance (PDO et SST Pacifiques).
 

Au final, le PDO couplé à l’ENSO devrait être favorable à un hiver plutôt froid avec un accent sur Décembre-Janvier, tandis que la préférence tombe sur Décembre et Février si l’on exclut son type. La bulle chaude du Pacifique va dans le sens d’un mois Décembre alternant et sans doute un peu plus doux que la normale tandis que Janvier serait plus froid.

 

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L’influence de l’ENSO sur la météo Européenne dépend de son type et du PDO, comme cela a été mis en exergue plus tôt. Les modèles les plus performants pour la prévision de l’ENSO voient une Nina EP (CFS, le BOM et Glosea6, qui est le Met-Office), notamment en début d’hiver, ce qui renforce ce constat. D’une façon générale, une Nina favorise un début d’hiver plus froid (dorsales) et une fin d’hiver plus douce (zonal), tandis qu’El Nino favorise l’inverse.

 

Associé au PDO ou encore au QBO et l’IOD, l’ENSO renforce son signal de fond comme le montre la figure suivante. Au sein de celle-ci est discernable l’influence du QBO sur la réponse atmosphérique associée à l’ENSO au travers d’une sélection d’années au sein desquelles La Nina est associée à un fort QBO-, en supposant que ce soit bien le cas actuellement.

 

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(Fig.29 - Hivers dominés par une Nina associée au QBO-)

 

Nous y décelons un signal de dorsales Atlantiques en première partie d’hiver suivi d’un signal de froid continental en seconde partie (Février). Dans l’ensemble, un hiver associé à une Nina couplée au QBO- se caractérise par des conditions froides récurrentes. Associé à  l’IOD-, le constat est similaire avec la présence de dorsales Atlantiques marquées en Décembre, une NAO- en Janvier propice au flux continental en Europe Occidentale et un flux zonal incliné en Février.

 

 

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(Fig.30 - Hivers dominés par une IOD- en Novembre et une Nina faible à modérée)
 

De surcroît, nous sommes dans une Nina de seconde année, ce qui n’est pas négligeable car les influences de celles-ci sont différentes des influences d’une Nina de première année. Les hivers dominés par une Nina de seconde année se définissent par des conditions zonales en Décembre, tandis qu’un signal d’Anticyclone Scandinave (AS) ressort en Janvier ainsi qu’un zonal en bout de course sur l’Europe en Février potentiellement associé à un froid de basse couche sur lEurope Occidentale qu’illustre la fig.31.

 

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(Fig.31 - Hivers dominés par une Nina de seconde année)

 

 

En fin de compte, l’indice sera favorable à des dorsales parfois marquées en Décembre-Janvier pouvant tourner en NAO- tandis que Février demeure plus incertain avec des divergences entre la résultante associée aux indices cités (La Nina de seconde année va dans le sens d’un zonal en bout de course tandis que l’IOD- favorise un zonal incliné, et le QBO- un flux continental marqué).

 

Notons cependant que l’influence de l’IOD- devrait graduellement diminuer au fil de l’hiver et que son niveau d’intensité en Novembre (déterminant pour Décembre-Janvier) est incertain et se situe entre -0.8 et -0.2°C. La figure ci-contre illustre l’incertitude.

 

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(Fig.32 - Modélisation et représentation de l’incertitude de la prévision de l’IOD)

 

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La PNA va être négative cet hiver en réponse à l’ENSO, favorisant une NAO+. Néanmoins, comme nous l’avons vu plus haut, cela dépend du placement de l’Anticyclone caractérisant la PNA-. Si celui-ci est plus à l’ouest (vers Béring), alors d’importants flux méridiens sont excités tandis que si ce dernier est plus à l’est (vers la côte est de l’Amérique du Nord), alors le zonal est favorisé.
 

Le placement de l’Anticyclone dépend, comme nous l’avons vu précédemment, du placement du “Hot blobNord-Pacifique et du type de Nina associé au PDO. La majorité des modèles performants modélisant une Nina EP au moins jusqu’en Janvier, cela va dans le sens d’une PNA favorable à une première partie d’hiver particulièrement froide, tandis que la fin demeure plus incertaine et probablement plus douce d’après l’indice. 

 

Les modèles saisonniers réagissent particulièrement bien à ce signal avec la présence d’un fort Anticyclone au centre du Pacifique produisant de fort flux méridiens au travers de l’Hémisphère Nord découlant en de fortes dorsales Atlantiques favorables à de fréquents décrochages polaires sur l’Europe Occidentale qu’expose la figure ci-jointe. Somme toute, l’indice devrait être favorable à une première partie d’hiver plus froide et une seconde partie plus douce (à confirmer).

 

 

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(Fig.33 - Modélisation de l’ensemble C3S pour le trimestre NDJ - Anomalies des Géopotentiels à 500hpa)

 

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L’englacement Arctique s’est révélé globalement meilleur que ces dernières années cet été tandis que l’épaisseur est restée très basse. L’englacement sur Barents-Kara en fin d’automne peut être un indicateur de l’état du VPS au cours de l’hiver suivant. Les modélisations actuelles mettant en avant un VPT affaibli vont dans le sens d’un englacement déficitaire sur B-K en Novembre et durant le reste de l’hiver. Une étude a quantifié la réponse atmosphérique en fonction du niveau de la perte de la glace, ce qu’expose la figure 34.

 

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(Fig.34 - Réponse de la pression au niveau de la mer en Janvier-Février  à la concentration de glace sur Barents-Kara)

 

 

Nous apprécions une réponse atmosphérique semblable sur l’intégralité des scénarios de concentration d’englacement, à l’exclusion du C20 présentant une anomalie anticyclonique plus étendue. En outre, les scénarios C60 etC80 sont les plus froids pour l’Europe Occidentale en raison d’un blocage spatialement restreint.
 

Ainsi, une concentration de glace médiocre mais satisfaisante (60-80%) favorise un froid plus marqué qu’une concentration moindre (20-40%) en raison de l’extension spatiale de la réponse atmosphérique à la perte de glace Arctique.

 

Les modélisations de CFSv2 mettent actuellement en avant un englacement légèrement déficitaire en Janvier-Février sur les mers de Barents-Kara tandis que ce dernier est excédentaire côté Pacifique (réponse au PDO- ?) et au Groenland, ce qui est particulièrement propice pour perturber le VPS (l’excédent de glace sur le Groenland réduit le transfert de chaleur vers l’atmosphère, renforçant les dépressions tandis que le déficit sur Barents-Kara l’augmente, ce qui accroît la probabilité d’un blocage Anticyclonique sur la zone, associé aux dépressions sur Béring en réponse à l’excédent d’englacement, cela crée un tripôle hémisphérique excitant les ondes perturbant le VPS).
 

La fig.35 illustre les modélisations de CFS pour Janvier-Février ainsi que Novembre. Celle-ci expose par ailleurs la concentration moyenne ∆C sur Barents-Kara.

 

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(Fig.35 - Modélisation de l’anomalie du SIC (Sea Ice Concentration) et de son total par CFSv2 pour Novembre-Janvier-Février)

 

Un tripôle persistant se distingue des modélisations de CFSv2 pour la seconde partie de l’hiver (Janvier-Février) favorisant un affaiblissement du VPS pouvant s’achever en conditions plus froides au travers de l’Hémisphère Nord. L’anomalie négative sur le Groenland et le Labrador en Novembre pourrait trahir un blocage anticyclonique sur le Groenland.
 

Le SIC moyen est proche de 70-80% sur Janvier-Février (approximatif faute de données en open-data concernant la modélisation de l’englacement), nous classant sur un scénario plutôt favorable au froid en Europe. L’étude mentionnée précédemment explicite par ailleurs que la réponse atmosphérique à l’englacement pourrait être influencée par les SST et les autres indices. Des SST chaudes sur l’Atlantique en forme de tripole chaud-froid-chaud auraient tendance à favoriser une réponse atmosphérique plus favorable pour l’Europe (pour le froid) que dans le cas de SST froides, ce qui fut le cas de 2014 à 2021.

Somme toute, l’indice est plutôt favorable au froid en Europe Occidentale.

 

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La Stratosphère impose une influence parfois déterminante sur la troposphère et présente généralement une prévisibilité plus longue qu’en Troposphère en raison de sa stabilité plus forte que cette dernière.

 

Les principaux indices (Activité Solaire, ENSO, PDO, QBO, mais aussi Thermosphère) vont dans le sens d’un affaiblissement possiblement précoce du VPS cette année avec des caractéristiques propices à son affaiblissement. Nous pouvons également citer l’Englacement Arctique, l’Enneigement Sibérien/Eurasien, la PNA ainsi que les SST au sein du Pacifique comme indices secondaires favorables à un affaiblissement de ce dernier.
 

Les modèles penchent également sur un affaiblissement précoce du VPS depuis de nombreux mois. La figure ci-après explicite l’évolution prévue du Vortex Polaire Stratosphérique par l’ensemble des principaux modèles constituant C3S.
 

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(Fig.36 - Modélisation de l’évolution du VPS jusqu’en mars par les 6 principaux modèles de C3S)

 

 

La figure ci-jointe représente l’ensemble des modèles concernant la Stratosphère au sein desquels un ralentissement du VPS est mis en avant entre Novembre et Janvier avec une période pré-impacts située entre mi-octobre et début novembre principalement, tandis que les impacts potentiels les plus forts tombent principalement en Novembre (66% des modèles). L’extension des impacts associés à la poursuite du ralentissement (d’une durée moyenne de 2 mois et demi, ce qui est très inhabituel) est variable et va de décembre à fin février.

 

Il existe par conséquent un signal non négligeable de ralentissement (entrevu par l’ensemble des modèles