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Suivi du temps à Ziniaré, Burkina Faso


Youri
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La Tronche (260 m)

Merci à toi, Youri pour toutes ces infos !

Très intéressant, je vois que sur certaines photos, les arbres sont verts alors que nous sommes en fin de saison sèche, donc le moment le plus sec de l'année si j'ai bien compris. Je me demande quel est le rythme de végétation des arbres ? Avant de voir ces photos, je pensai que les arbres verdissaient en début de saison humide et perdaient leurs feuilles au cours de la saison sèche, un peu comme en hiver dans les climats tempérés. En fait, j'ai bien l'impression que ce n'est pas comme ça que ça se passe. A moins que ce soient des arbres non indigènes plantés et qui conservent le rythme de végétation de leur région d'origine, donc déconnectés du climat local.

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Bonjour et bon dimanche à tous !   Nous avons eu tôt ce matin notre première ligne de grains pluvieuse de l'année. La tempête de poussière qui l'a accompagnée a été d'une intensité remarquab

Bonjour à tous !    Juste une petite comparaison de paysage. Il ne s'agit plus de remarquer la taille des ombres mais plutôt de comparer l'état de la nature entre août et avril,  deux mois o

Je tenais à vous exprimer à tous, ma gratitude, car je me rends compte que ça fait 6 années que je poste ici, 6 années que vous me suivez, que vous me donnez des conseils. Spécial dédicace à @dann17,

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Il y a 6 heures, dann17 a dit :

En fait, on doit sentir que le Sahara est tout près durant la saison sèche, et au contraire, on doit se sentir appartenir au monde de la forêt tropicale en pleine saison des pluies. C'est ce que tu ressens ?

 

Oui, c'est exactement ce qu'on ressent, même si ambiance saharienne prévaut largement sur l'ambiance forêt tropicale, qui elle se ressent presque uniquement en août et septembre quand le sol est humide en permanence, que tout est bien vert et que le ciel est plus souvent nuageux que dégagé.

Il y a aussi une ambiance qui n'appartient pas vraiment à l'un des deux mondes, c'est l'ambiance actuelle ou l'air est humide mais très chaud (alors qu'au Sahara c'est souvent plus chaud mais presque toujours assez sec, et en forêt tropicale très humide mais bien moins chaud). 

 

Il y a 6 heures, dann17 a dit :

Dis-moi, le néon qu'on  voit sur la 3ème photo, c'est bien celui qu'on voit sur la 4ème ?  C'est ton école ?

 

Non, le néon de la troisième photo est dans une cour voisine. C'est la dernière photo qui est prise depuis l'intérieur de ma classe. 

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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
Il y a 5 heures, Yves38 a dit :

Merci à toi, Youri pour toutes ces infos !

Très intéressant, je vois que sur certaines photos, les arbres sont verts alors que nous sommes en fin de saison sèche, donc le moment le plus sec de l'année si j'ai bien compris. Je me demande quel est le rythme de végétation des arbres ? Avant de voir ces photos, je pensai que les arbres verdissaient en début de saison humide et perdaient leurs feuilles au cours de la saison sèche, un peu comme en hiver dans les climats tempérés. En fait, j'ai bien l'impression que ce n'est pas comme ça que ça se passe. A moins que ce soient des arbres non indigènes plantés et qui conservent le rythme de végétation de leur région d'origine, donc déconnectés du climat local.

Bonjour Yves,

Si Youri me le permet, je vais tenter d'apporter quelques éléments de réponse.

On aperçoit beaucoup d'acacias sur ses photos : ce sont vraisemblablement des acacias albida (en fait, des faidherbia albida)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Faidherbia_albida

https://hort.purdue.edu/newcrop/duke_energy/Acacia_albida.html

 

Ces arbres sont originaires du Transvaal, en Afrique du Sud, càd dans un écosystème subtropical. C'est la raison pour laquelle ils conservent leurs feuilles pendant la saison sèche. En effet, les arbres provenant des régions subtropicales ont des racines très profondes et ils vont donc chercher l'eau très profondément. Or, pendant la saison sèche, l'eau tombée pendant la saison des pluies finit par atteindre les couches profondes : l'acacia albida va donc s'en servir. Alors que pendant la saison des pluies, le sol profond a fini à son tour de s'assécher, ce qui fait que l'arbre ne prélève que l'eau de surface. Mais cela le rend plus vulnérable aux caprices du temps : c'est la raison pour laquelle il perd parfois ses feuilles en saison des pluies.

Les autres arbres fonctionnent soient avec le même principe, ou alors ce sont des arbres de la région tropicale humide et équatoriale, mais ils auraient besoin d'être arrosés... question à Youri...?

 

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Il y a 5 heures, Yves38 a dit :

Merci à toi, Youri pour toutes ces infos !

Très intéressant, je vois que sur certaines photos, les arbres sont verts alors que nous sommes en fin de saison sèche, donc le moment le plus sec de l'année si j'ai bien compris. Je me demande quel est le rythme de végétation des arbres ? Avant de voir ces photos, je pensai que les arbres verdissaient en début de saison humide et perdaient leurs feuilles au cours de la saison sèche, un peu comme en hiver dans les climats tempérés. En fait, j'ai bien l'impression que ce n'est pas comme ça que ça se passe. A moins que ce soient des arbres non indigènes plantés et qui conservent le rythme de végétation de leur région d'origine, donc déconnectés du climat local.

 

Alors, j'en avais justement parlé l'année dernière à mon retour de Bobo-Dioulasso. Le fait est que les arbres sont bel et bien calqués sur le rythme saison sèche / saison humide, mais pas comme on le croit. Un peu de la même façon que les arbres des latitudes tempérées n'attendent pas après la baisse des températures pour se mettre en dormance en automne, mais on toutefois besoin de la hausse des températures printanières pour redémarrer, eh bien ici c'est pareil mais dans le sens contraire. 

Il faut en effet qu'il ait fait sec pendant déjà un bon mois avant que certains arbres ne commencent à perdre leurs feuilles, les autres finissent par les perdre au fur et à mesure de la saison sèche, ou ne les perdent pas toutes... Tout dépend du sol sur lesquels ils sont enracinés... Si le sol est peu profond et rocailleux, les raisiniers (par exemple) perdent leurs feuilles dès novembre. Mais ces mêmes raisiniers plantés sur un sol plus fertiles ne les perdent qu'en janvier ! 

Mais pour ce qui est de la reprise c'est là que ça devient intéressant, ils n'attendent pas les premières pluies conséquentes, qui ne surviennent généralement qu'à partir de mai voir juin... Ils attendent les fortes chaleurs et les premiers souffles de mousson, qui eux surviennent en avril. Comme s'ils avaient un thermo-hygromètre intégré qui leur signalait que ce type de temps annonçait l'approche de la saison favorable. Et c'est pareil pour un bon nombre d'arbres. Même le manguier fructifie avant les premières pluies bien qu'il ne perde pas ses feuilles. 

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Bonjour à tous !

 

01/05: 30.7°C / 38.3°C

02/05: 32.3°C / 36.1°C

03/05: 31.3°C / 35.5°C

04/05: 24.0°C / 38.4°C PP: 2.4 mm

05/05: 27.3°C / 39.9°C

06/05: 27.4°C / 40.6°C PP: 0.2 mm

07/05: 26.7°C / 36.3°C

08/05: 27.8°C / 39.3°C

 

La chaleur semble vouloir petit à petit abandonner la place, par petits à coups, d'avance/recul... Au gré des systèmes convectifs qui se forment de plus en plus régulièrement et passent en marge sud de notre position. Comme vous pouvez le noter, le 2 et le 3, l'amplitude thermique a été faible (même si les valeurs sont haut perchées), à cause d'une couverture nuageuse et de la poussière en suspension qui empêchait à la fois la température de descendre la nuit et de monter la journée. 

Les systèmes convectifs qui nous frôlent de plus en plus souvent s'accompagnent presque toujours de coups de vent qui se propagent parfois très loin de là où il pleut, et ont tout de même le mérite de nous faire sentir le parfum de la pluie (enfin de la terre mouillée plus exactement) même si elle ne tombe pas là où nous sommes et de diminuer les températures nocturnes (car ces systèmes ne se sont formés qu'en soirée et début de nuit pour le moment).

 

Pour ma part, je suis assez sensible aux parfums de la nature, et ce que je peux affirmer, c'est que la mousson a un parfum caractéristique que l'on sent dès qu'elle se lève en fin de saison sèche. Dès ses premières manifestations et même sans station météo, le parfum apporté par ce vent est si caractéristique que nul ne s'y trompe. Comme souvent le basculement Harmattan / Mousson se fait dans la nuit, et que l'on dort souvent à l'extérieur, le fait de se réveiller au milieu de la nuit et de sentir une puissante odeur qui est dure à décrire mais qui fait penser à un mélange de paille ou foin humide avec celle de la terre humide ou de l'argile humide d'un pot qu'on viendrait tout juste de façonner... ne trompe jamais. Et cela sans qu'il y ait le moindre nuage où la moindre goutte. Je me suis souvent demandé d'où venait exactement cette odeur. Est-ce que l'humidification de l'air et le contact de cet air plus humide sur la terre et sur les résidus végétaux de la saison précédente sans qu'il ait plu pourrait à elle seule l'expliquer? Où serait-ce plus lointain, issu des +/- 1000 km de terre que cet air traverse pour venir jusqu'à nous, en passant au dessus des forêts tropicales côtières et des savanes arborées déjà humides? A mon avis un peu des deux.

Et cette senteur est exclusive aux premiers jours / premières semaines de mousson. Après il y a deux phénomènes, le fait que l'odorat s'habitue et ne le sente plus, et ensuite, avec les pluies et la repousse de la végétation, les odeurs de verdure, des céréales qui poussent, de la boue et par endroit des moisissures (surtout en août) vont s'ajouter et faire disparaître celle des herbes sèches.

Parallèlement, il y a aussi le puissant parfum apporté par les vents d'orage qui passent à côté, et le moment où tout le monde hume l'air en disant "il a plu quelque part". Celui-là est autrement plus puissant que le premier.

Notre cher @newtonis va sans doute le confirmer...

 

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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
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Le 05/05/2021 à 16:23, Youri a dit :

les arbres des latitudes tempérées n'attendent pas après la baisse des températures pour se mettre en dormance en automne

Si, quand même ! Les arbres des latitudes tempérées commencent à jaunir avec la diminution de la lumière, mais ce jaunissement/rougeoiement s'accentue nettement avec la baisse des températures.

 

Le 05/05/2021 à 16:23, Youri a dit :

Il faut en effet qu'il ait fait sec pendant déjà un bon mois avant que certains arbres ne commencent à perdre leurs feuilles, les autres finissent par les perdre au fur et à mesure de la saison sèche, ou ne les perdent pas toutes...

Oui, ceci est dû au fait que les ressources en eau (en profondeur, là où les racines vont trouver l'eau) diminuent progressivement, mais avec un décalage (ce décalage étant plus marqué pour des plus grandes profondeurs) avec la fin de la saison des pluies.

 

Le 05/05/2021 à 16:23, Youri a dit :

Même le manguier fructifie avant les premières pluies bien qu'il ne perde pas ses feuilles. 

En zone tropicale, la plupart des arbres fruitiers doivent entrer en floraison puis fructifier juste avant la saison des pluies. En effet, la fructification requiert de la chaleur et de la lumière (plus que de l'eau) et, pour germer, les graines issues des fruits arrivés à maturation (ces derniers finissant par tomber au sol) doivent « s'assurer » de bénéficier d'une bonne quantité d'eau (dans un sol chaud). Ainsi la germination en début de saison des pluies est-elle la meilleure garante de bons résultats.

Edited by dann17
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@dann17 cela semble en effet être logique du point de vue d'une maximisation des chances de reproduction réussie.

Toutefois j'ai pas mal d'interrogations sur les mécanismes qui entrent en jeu, et je vais, pour m'expliquer, mettre plusieurs exemples en scène.

 

-Les raisiniers (arbres du genre Lannea), comme je l'avais déjà évoqué, perdent leurs feuilles dès novembre pour ceux qui sont enracinés sur des sols rocailleux et aussi tard que janvier pour ceux qui sont sur des sols plus fertiles. Jusque là, aucun problème, tout dépend de la disponibilité en eau du sol.

Mais cela dit, quel est donc le signal qui leur permet de reprendre une activité végétative à peu près au même moment, en fin de saison sèche (et non en début de saison des pluies, c'est là qu'est toute l'importance de la nuance) AVANT même la première pluie de l'année. J'imagine que c'est l'association chaleur + arrivée de la mousson (en tant que vent humide mais stérile en terme de pluie). Je penche plus pour la mousson car la chaleur, qui parfois est précoce, ne semble pas déclencher la reprise de la végétation. Mais comment l'arbre "sent" il la variation de l'hygrométrie lorsqu'elle est dépourvue de feuilles? Là est ma grande question. Les bourgeons sont-ils sensibles à ce genre de paramètre?

 

-Le pommier cannelle (annona reticulata). J'en ai un chez moi et je dois dire que j'ai observé que QUOIQU'IL ARRIVE, il perd ses feuilles en février / mars, quel que soit le traitement auquel on le soumet. L'année passée je l'ai arrosé trois fois par semaine pendant la saison sèche, il a tout de même perdu ses feuilles en février. Cette année je ne l'ai pas arrosé une seule fois depuis la dernière pluie, eh bien il a quand même perdu ses feuilles à la même période. Ni plus tôt ni plus tard. Ce qui me fait douter, pour cette espèce, de la question de la disponibilité de l'eau au niveau des racines. Je penche plus pour une réaction à la forte évapo-transpiration dûe à la conjugaison de la chaleur + de l'air très sec, qui le pousse à se mettre en "économie d'eau" en prévision qu'elle puisse manquer, au rythme ou les feuilles transpirent... ce qui déclencherait donc le mécanisme qui les pousse à leur chute.

C'est en effet en février et mars que le couple température et humidité est le plus desséchant. Novembre est assez chaud mais les points de rosée ne descendent pas trop bas, décembre et janvier il fait plus sec mais beaucoup moins chaud (enfin, en principe), tandis qu'en février les températures s'envolent tandis que le point de rosée s'effondre, et... j'allais oublier de mentionner que c'est aussi l'un des mois les plus venteux de l'année, ce qui forme le plus beau cocktail desséchant.

Mais en Avril, arrosage ou pas, les bourgeons éclosent, lorsque les premiers coups de mousson de sud-ouest apparaissent. Encore une fois avant qu'il pleuve la moindre goutte.

 

-J'en dirais autant pour les caïlcédrats (khaya senegalensis) qui ne perdent pas toutes leur feuilles (mais en perdent, à vue de nez, une petite moitié au plus fort de la saison sèche, leur ombre devient moins efficace mais toujours présente) mais connaissant aussi un "reverdissement" en avril, avant les premières pluies.

Ces derniers sont en plus susceptibles d'être "trompés" par une pluie ou advection d'air humide hors-saison, comme on peut le voir certaines années pendant une courte période en janvier ou février. J'en ai déjà été témoin lorsque nous avons eu, un certain mois de janvier, quelques millimètres de pluie tombés lors d'une journée atypique, grise, humide et finement pluvieuse due à une situation synoptique particulière (talweg venu s'isoler bas en latitude assez près des côtes ouest-africaines et advectant de l'air océanique humide). Eh bien une semaine après, les caïlcédrats se rembourraient d'une magnifique épaisseur de jeunes feuilles vert tendre... Et ce n'est pas les un ou deux millimètres d'eau qui ont atteint les racines, à mon avis c'est tout simplement dû au changement de l'humidité atmosphérique (qui est restée anormale pendant plusieurs jours). Inutile de préciser qu'un mois après, ils faisaient une sacrée gueule, les caïlcédrats, mais bon... Ca ne les a pas tués, ils sont toujours là, en "bonne santé"

 

-Et pour revenir au manguier, son cas m'intéresse et m'intrigue plus, car c'est un arbre généralisé à toutes les régions tropicales, pas seulement en Afrique.

Comme on le sait, la saison sèche au Sahel et dans les régions avoisinantes se caractérise par l'Harmattan, et il est clair que l'alternance Harmattan/Mousson est un signal clair pour toutes les espèces d'arbres concernant l'arrivée de la saison des pluies ou de la saison sèche, tant la variation de l'hygrométrie est forte. Mais dans les régions tropicales insulaires, maritimes, bref, non concernées par ce genre de vent sec, la saison sèche, bien que tout de même marquée, ne se caractérise pas par une variation de l'hygrométrie importante. Du coup, qu'est-ce qui "signale" au manguier que c'est bientôt la saison des pluies et qu'il faut commencer à fleurir / fructifier?

Il y a de plus certaines espèces de manguiers qui offrent une seconde production (en fin de saison des pluies et début de saison sèche) même ici, au Burkina Faso. Ce qui fait que même s'il est clair qu'il y a une préférence très nette pour une production de fruits en fin de saison sèche, cela ne semble pas absolu dans le cas du manguier... Il a aussi un rythme de croissance que j'ai bien noté. Aucune nouvelle feuille pendant la saison des pluies, grosse masse de nouvelles feuilles et branches en début de saison sèche, puis encore deux ou trois "à coups" de croissance au cours de la saison sèche, et un ultime juste avant le début de la saison des pluies, en même temps que la fructification.

Certes il faut de la chaleur et de la lumière pour fructifier, mais il faut tout de même se dire la vérité: ni l'une ni l'autre ne manque pendant notre saison pluvieuse, qui reste quand même très bien ensoleillée et assez chaude (le va-et-vient diurne tes températures tropicales, le classique couple de Tn/Tx du style 22°C/31°C ou éventuellement 24°C / 33°C est à peu près le même aux Antilles en toute saison, par exemple, tandis qu'il n'existe ici qu'en saison pluvieuse). Ici en fin de saison sèche il règne les conditions qu'on connaît, chaleur terrible, vent encore sec... pas très favorables, la plupart des plantes fermeraient leurs stomates par ces conditions mais pourtant, non... Nouvelles feuilles, fructification... Le mystère reste entier pour moi.

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Il y a 6 heures, Youri a dit :

Bonjour à tous !

 

01/05: 30.7°C / 38.3°C

02/05: 32.3°C / 36.1°C

03/05: 31.3°C / 35.5°C

04/05: 24.0°C / 38.4°C PP: 2.4 mm

05/05: 27.3°C / 39.9°C

06/05: 27.4°C / 40.6°C PP: 0.2 mm

07/05: 26.7°C / 36.3°C

08/05: 27.8°C / 39.3°C

 

La chaleur semble vouloir petit à petit abandonner la place, par petits à coups, d'avance/recul... Au gré des systèmes convectifs qui se forment de plus en plus régulièrement et passent en marge sud de notre position. Comme vous pouvez le noter, le 2 et le 3, l'amplitude thermique a été faible (même si les valeurs sont haut perchées), à cause d'une couverture nuageuse et de la poussière en suspension qui empêchait à la fois la température de descendre la nuit et de monter la journée. 

Les systèmes convectifs qui nous frôlent de plus en plus souvent s'accompagnent presque toujours de coups de vent qui se propagent parfois très loin de là où il pleut, et ont tout de même le mérite de nous faire sentir le parfum de la pluie (enfin de la terre mouillée plus exactement) même si elle ne tombe pas là où nous sommes et de diminuer les températures nocturnes (car ces systèmes ne se sont formés qu'en soirée et début de nuit pour le moment).

 

Pour ma part, je suis assez sensible aux parfums de la nature, et ce que je peux affirmer, c'est que la mousson a un parfum caractéristique que l'on sent dès qu'elle se lève en fin de saison sèche. Dès ses premières manifestations et même sans station météo, le parfum apporté par ce vent est si caractéristique que nul ne s'y trompe. Comme souvent le basculement Harmattan / Mousson se fait dans la nuit, et que l'on dort souvent à l'extérieur, le fait de se réveiller au milieu de la nuit et de sentir une puissante odeur qui est dure à décrire mais qui fait penser à un mélange de paille ou foin humide avec celle de la terre humide ou de l'argile humide d'un pot qu'on viendrait tout juste de façonner... ne trompe jamais. Et cela sans qu'il y ait le moindre nuage où la moindre goutte. Je me suis souvent demandé d'où venait exactement cette odeur. Est-ce que l'humidification de l'air et le contact de cet air plus humide sur la terre et sur les résidus végétaux de la saison précédente sans qu'il ait plu pourrait à elle seule l'expliquer? Où serait-ce plus lointain, issu des +/- 1000 km de terre que cet air traverse pour venir jusqu'à nous, en passant au dessus des forêts tropicales côtières et des savanes arborées déjà humides? A mon avis un peu des deux.

Et cette senteur est exclusive aux premiers jours / premières semaines de mousson. Après il y a deux phénomènes, le fait que l'odorat s'habitue et ne le sente plus, et ensuite, avec les pluies et la repousse de la végétation, les odeurs de verdure, des céréales qui poussent, de la boue et par endroit des moisissures (surtout en août) vont s'ajouter et faire disparaître celle des herbes sèches.

Parallèlement, il y a aussi le puissant parfum apporté par les vents d'orage qui passent à côté, et le moment où tout le monde hume l'air en disant "il a plu quelque part". Celui-là est autrement plus puissant que le premier.

Notre cher @newtonis va sans doute le confirmer...

 

 

Bonjour Youri bonjour à tous,

 

Effectivement, je confirme c'est une odeur si particulière et caracteristique de la mousson dans cette région. Ce parfum m'a aussi toujours fasciné depuis mon enfance là-bas.
On la sent dès mi mars selon les années dans la région de Bobo Dioulasso et elle donne le sourire directement aux gens car on sait que la mousson n'est pas loin et que les "pluies des mangues" vont arriver dans les prochains jours (pluies éparses avant la vraie saison des pluies correspondant à la maturation des mangues sur les manguiers). A noter que le manguier a un fonctionnement cyclique dont la floraison est déclenchée "automatiquement" au bout de 3-4 mois consécutifs de saison sèche. C'est une plante qui a "besoin" de la sécheresse pour s'activer et qui n'aime pas une quantité excessive d'eau. En saison des pluies elle se met en sommeil car les pluies abondantes contrarient sa floraison et son fonctionnement optimal. D'ailleurs les manguiers poussent difficilement dans les régions équatoriales sans saison sèche marquée ; la répartition annuelle des pluies est plus importante que la quantité pour le manguier.
Tu as bien résumé les causes de cette odeur si particulière ; c'est un vaste mélange. L' épaisseur de la mousson étant très faible à cette époque, elle nous arrive directement de régions dans le voisinage sud immédiat dont les sols sont encore légèrement humidifiés (premières pluies) avec de l'herbe sèche et un sol mouillée en surface (sols argileux) d'où très probablement cette odeur.

Et je confirme encore une fois, l'odeur apportée par les vents d'un orage tombé au loin est très satisfaisant et indescriptible. Il faut dire que dans l'imaginaire collectif de chaque burkinabé, ces odeurs sont liées aussi à la fin de l'année scolaire et au début des vacances scolaires, à la période des semis et au revedissement de la végétation. Donc tout burkinabé grandit avec cela donc cette odeur est vraiment ancrée comme quelque chose qui parle à tous et qui redonne un sentiment de joie.
 

 

Edited by newtonis
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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
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Salut @Youri,

Tout d'abord, merci beaucoup pour toutes ces explications et ce suivi très complet, et très précieux !

En fait, je me trompe peut-être, mais je pense qu'il y a un paramètre que tu oublies, ou bien que tu as trop rapidement mis de côté : la lumière.

Oui, je pense très sincèrement que, lorsqu'ils ont encore des feuilles, les arbres (quelle que soit leur écozone d'origine, à savoir paléarctique, néarctique, afrotropicale, néotropicale, indomalaise ou australasienne) réagissent très majoritairement à l'intensité lumineuse. Il semblerait que tu aies écarté la pertinence de ce paramètre à cause de ta perception de la variation de l'intensité lumineuse : pour toi, à la latitude à laquelle tu te trouves, il n'y a quasiment aucune différence entre l'intensité lumineuse en février et celle de mars-avril. Et pourtant, passer de 900 à 1000 W/m² en radiation directe doit être détecté par la plante.

Cela dit, comme tu le dis bien, un autre facteur doit effectivement jouer, notamment dans les zones tropicales : l'évapotranspiration. Lorsque l'évaporation est marquée au niveau des feuilles, l'arbre pompe de l'eau par le biais de son système racinaire. Mais dès que l'HR devient suffisamment élevée, cela doit correspondre à un signal pour certains arbres, qui se mettent ainsi à fleurir, puis entamer le processus de fructification.

Peut-être aussi existe t-il un effet combiné entre les variations franches en terme de luminosité et la hausse marquée de l'HR.

Il ne faut pas oublier une chose, les arbres d'origine taxonomique tropicale de région humide connaissent un accroissement de leur métabolisme grâce au soleil, et non pas grâce à l'eau. Il est reconnu que la forêt ombrophile verdoie nettement lors de la saison sèche : lorsque la saison sèche est moins lumineuse, l'activité chlorophyllienne est moins marquée.

Le cas du manguier (qui est un arbre tropical par excellence) en est une illustration parfaite : la situation que tu décris sous un climat tropical humide insulaire semble confirmer l'importance capitale de la variation de l'intensité lumineuse. Et visiblement, ce n'est pas à la saison des pluies que leurs feuilles poussent. Les feuilles poussent fortement lorsque l'intensité lumineuse augmente nettement à la fin de la saison des pluies, et aussi grâce à l'eau qui a commencé à s'accumuler dans le sol. Tu dis que votre saison des pluie reste suffisamment chaude et ensoleillée : eh bien apparemment non, elle ne l'est pas systématiquement pour ces plantes !

Ensuite, si certains manguiers donnent parfois deux fructifications (la seconde en fin de saison des pluies/début de saison sèche), c'est sans doute parce que cet arbre n'est pas un arbre endémique à la région de Ouagadougou, beaucoup trop sèche. Cet arbre est un arbre de région tropicale humide qui a donc - comme je le disais - besoin de beaucoup de chaleur et de lumière pour fructifier, et non pas de pluie ! Or, à la fin de votre saison des pluies, les conditions redeviennent parfois très vite très chaudes et très lumineuses : le manguier redémarre donc son activité, mais en vain : la germination se fera beaucoup plus difficilement, voire pas du tout, car pour germer, ces arbres ont besoin d'eau et de chaleur.

 

Tout ceci est complexe et passionnant !

 

ps : merci à @newtonis dont les propos semblent bien appuyer mes explications.

Edited by dann17
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il y a une heure, dann17 a dit :

En fait, je me trompe peut-être, mais je pense qu'il y a un paramètre que tu oublies, ou bien que tu as trop rapidement mis de côté : la lumière.

Oui, je pense très sincèrement que, lorsqu'ils ont encore des feuilles, les arbres (quelle que soit leur écozone d'origine, à savoir paléarctique, néarctique, afrotropicale, néotropicale, indomalaise ou australasienne) réagissent très majoritairement à l'intensité lumineuse. Il semblerait que tu aies écarté la pertinence de ce paramètre à cause de ta perception de la variation de l'intensité lumineuse : pour toi, à la latitude à laquelle tu te trouves, il n'y a quasiment aucune différence entre l'intensité lumineuse en février et celle de mars-avril. Et pourtant, passer de 900 à 1000 W/m² en radiation directe doit être détecté par la plante.

Re-bonsoir! :) 

 

Tu as vu juste lorsque tu as dit que je n'estime pas beaucoup la variation lumineuse comme valable pour expliquer le comportement de la végétation. Mais en effet, ça doit faire partie des paramètres qui jouent. Et effectivement pour les forêts ombrophiles il est clair qu'elles connaissent un vrai coup de reverdissement en saison sèche, ce qui doit là vraiment être très lié au meilleur ensoleillement. Logique, car en climat équatorial, il n'est pas rare qu'il pleuve des journées entières ou que le ciel reste gris plus de la moitié de la journée pendant des semaines, durant les saisons pluvieuses. Et l'arrivée de la saison sèche fait nettement augmenter l'ensoleillement, donc l'intensité lumineuse... Et l'on part du principe qu'autour de l'équateur, la variation du rayonnement solaire reçu de l'espace est faible (au plus bas 67° au dessus de l'horizon à midi, aux solstices, et au plus haut 90° aux équinoxes et la variation de la durée du jour nulle ou quasi-nulle.

 

Pourquoi suis-je dubitatif pour ici ? Parce que je n'ai pas l'impression que la "chronologie" des variations lumineuses correspond vraiment à la façon dont les arbres "devraient" réagir si ce paramètre était si important. Je m'explique. Nous sommes à 12° de latitude Nord. La saison sèche débute quand le soleil commence à décliner, à monter à moins de 65° à midi jusqu'à descendre à 53° au solstice de décembre. Pendant cette première partie de la saison sèche, l'intensité lumineuse reste forte grâce à l'absence de nuages bien qu'elle baisse régulièrement (et la durée du jour avec, même si ce n'est pas très marqué, il y a quand même un raccourcissement des jours, environ 11h30 de jour au solstice d'hiver). Mais tout cela se complique quand la brume de poussière, aléatoirement, apparaît. Je ne sais pas dans quelle mesure ça baisse le rayonnement, mais ça doit y aller bon train!

Cette brume de poussière se fait plus fréquente en deuxième partie de saison sèche, les cieux "bleu azur" sont assez rares (mais là encore tout dépend des années, c'est aléatoire), alors que les jours rallongent tout doucement, le soleil remonte et finit par atteindre le plein zénith 90° fin avril. Nous avons donc bien un maximum de lumière solaire, mais souvent avec un ciel blanchâtre.

Ensuite vient la saison des pluies, qui reste, à ses débuts (très) bien ensoleillée, les épisodes pluvieux étant très espacés, souvent même nocturnes... avec le solstice de juin les journées sont plus longues et la lumière du jour dure 12h30 environ, bien que le soleil atteigne un deuxième minimum de hauteur (78° négligeable, je pense, en terme de perte de W/m²)

Puis au coeur de la saison, en juillet et août, le soleil remonte et rejoint le zénith, et je peux vous garantir que, malgré le fait que les nuages soient plus présents, le ciel est si pur que le soleil paraît extrêmement brillant, il vous bousille littéralement les yeux, et paraît plus vaillant encore qu'en saison sèche... D'ailleurs, la chaleur de ses rayons semble encore plus accablante bien qu'en réalité il fasse beaucoup moins chaud...

Du coup pour moi, l'intensité lumineuse "utile" de la saison sèche n'est pas vraiment plus importante vu que le soleil est plus bas sur l'horizon (et les jours un peu plus courts) et qu'il y a souvent de la brume sèche, et à l'occasion des passages nuageux et mêmes des jours sans soleil (rare, je vouas l'accorde) alors qu'en saison des pluies certes il y a des nuages, mais pas tous les jours et pas toute la journée non plus (sauf certains jours et les jours vraiment sans soleil sont rares, mais encore une fois cela dépend des années), mais le soleil est plus brillant et les jours un peu plus longs.

 

Bon... Je peux avoir tort sur cette comparaison de l'intensité lumineuse entre les saisons. Je le conçois. C'est plus un ressenti personnel. Il faudrait mesurer. Je n'ai pas de luxmètre...

 

Mais maintenant... Il y a les fameuses températures ! Je veux bien qu'en climat tropical humide insulaire, les arbres soient plus "à l'aise" pour profiter de la saison sèche pour renouveler leur feuillage, fleurir et fructifier, vu que les températures sont globalement "parfaites" pour un bon fonctionnement de la machine. (presque toujours entre 20 et 35°C)

Mais ici, force est de constater que, la chaleur dépasse largement les bornes dans lesquelles un arbre peut s'épanouir sans fermer ses stomates à une certaines heures de la journée (voire la plus grande partie de la journée, surtout en fin de saison sèche), on parle tout de même de 37°C au minimum et jusqu'à 43°C! Comment cela pourrait-il être plus favorable que les températures tropicales qui dominent en saison pluvieuse?

 

Il y a 1 heure, dann17 a dit :

Peut-être aussi existe t-il un effet combiné entre les variations franches en terme de luminosité et la hausse marquée de l'HR.

 

Oui, pour les arbres qui gardent leurs feuilles c'est plausible, mais pense à ceux qui n'en ont pas... Je me permet d'insister, les bourgeons sont ils sensibles aux niveaux d'hygrométrie (j'imagine que oui mais je demande toujours...) ? Mais à la lumière ? Pour les arbres en véritable repos sans feuilles je ne crois pas. D'autant plus que selon moi, il n'y a pas de variations "franches" de luminosité réglée sur les saisons. Des variations brutales, et aléatoires en fonction du temps sensible, le niveau de brume sèche ou de nébulosité diurne pouvant varier du simple au triple d'une année sur l'autre ou survenir à des périodes différentes. Pas assez régulières pour dresser efficacement un calendrier de "réveil" pour la végétation.

Mais souviens-toi de mon exemple avec les caïlcédrats qui se laissent tromper et peuvent reverdir en pleine saison sèche à cause d'un épisode de temps humide ponctuel ! Ca met plus d'eau au moulin de l'importance de l'hygrométrie !

 

La finalité de ce débat est comme tu dis très complexe, mais je pense que tu as parfaitement raison sur le fait que certains arbres (comme le manguier) soient plutôt axés sur le cycle de lumière, mais en revanche d'autres (je pense même que c'est la majorité) réagissent plus à l'humidité de l'air (caïlcédrat, pommier cannelle aussi appelé attier), et d'autre aux deux...

Car je ne vois pas comment un arbre qui perd toutes ses feuilles pourrait détecter une hausse ou une baisse de luminosité, d'autant plus que ces variations sont selon moi trop irrégulières et infimes pour tout expliquer (car nous ne sommes pas en climat équatorial qui lui, a réellement des périodes où le soleil brille très peu)... Mais pour le manguier c'est plausible car il ne perd pas ses feuilles et, comme tu le dis, il n'est pas originaire d'ici... Bien qu'on ne puisse pas pour autant dire qu'il ne se plaise pas ici...

 

Il y a 1 heure, dann17 a dit :

Ensuite, si certains manguiers donnent parfois deux fructifications (la seconde en fin de saison des pluies/début de saison sèche), c'est sans doute parce que cet arbre n'est pas un arbre endémique à la région de Ouagadougou, beaucoup trop sèche.

 

Je dirais un peu trop sec... Car en effet, Ziniaré est un peu une zone limite pour le manguier: il ne pourrait pousser à l'état naturel en pleine brousse, SAUF dans les bas-fonds. Autrement il a besoin d'un "coup de starter" les premières années avec un arrosage régulier en saison sèche. Mais ensuite, à moins d'être planté dans un sol trop sec par nature, plus besoin d'arroser.

Mais dès qu'on quitte Ouagadougou pour aller vers le sud du pays, on voit rapidement des manguiers un peu partout, et on devine que certains poussent ou ont poussé presque sans intervention humaine, surtout vers Pô (pluviométrie de 900 mm environ). Donc oui ici c'est trop sec, mais il s'en faut de peu. Comme le dit @newtonis c'est plutôt la répartition que la quantité qui nous fait défaut ici... Les pires années, on peut enchaîner jusqu'à 7 mois sans aucune pluie, ce qui tue invariablement les jeunes arbres peu adaptés à la sécheresse qui s'adaptaient tant bien que mal jusque là. Les meilleures années en revanche on ne fait que 6 mois sans pluie voire moins quand il y a des épisodes hors-saison.

 

A titre d'exemple cette année nous avons totalisé 6 mois et deux semaines consécutifs sans pluie (la dernière pluie a eu lieu le 20 octobre et la première le 4 mai, et les deux n'ont pas été très significatives, donc si on souhaite parler des pluies vraiment utiles au sol et à la végétation il faudrait même qu'on ignore ces pipis de chat...

 

La région de Bobo dépasse rarement 5 mois sans pluie, et atteint 1 000 mm/an donc il n'y a même pas à comparer avec Ziniaré :D.

 

 

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Chicoutimi (QC)

Juste un petit message pour dire merci à @Youripour ce suivi complet et détaillé et aussi @dann17 qui agrémente le tout d'une discussion fort intéressante et enrichissante avec Youri !

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  • 3 weeks later...

Bonsoir à tous ! 

 

Si vous vous demandez pour quelle raison mes relevés tardent à venir, sachez que WU à égaré une dizaine de jours de données entre le 11 et le 21 mai. Comme c'est pareil pour toutes les stations du réseau dans le monde. J'ose espérer que le tout sera récupéré et que ce n'est pas irréversible. 

Heureusement, les cumuls de pluie sont enregistrés et gardés en mémoire sur la console de la station. 

 

En attendant les relevés, je partage avec vous ma joie de voir que cette fin mai se montre mouvementée côté orages, pluie et vent. 

 

Nous avons eu la semaine dernière un orage accompagné d'un gros coup de vent et de grêle, et 8 mm de pluie. Vendredi soir une bonne ligne de grains avec 15 mm de pluie. Et aujourd'hui, un orage très pluvieux avec déjà 32 mm (provisoires) en moins d'une heure ! 

La moyenne pluviométrique de mai se voit donc atteinte voire dépassée 🙂.

 

L'installation de la saison semble très prometteuse... Mais prudence, on connaît tous ce que l'on connaît... 🤔

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Bonsoir à tous !

 

Faisons un peu le point: WU n'a pas l'air de vouloir boucher le trou de 10 jours de données... Je vais alors partager avec vous le cumul pluviométrique que nous avons eu pour le mois de mai, ici à Ziniaré: 76.4 mm. La moyenne de mai se situe à 64.4 mm, ce qui fait que cette fois, nous l'avons largement dépassée... Ca fait plaisir quand on voit que ces dernières années, les mois de mai sur Ziniaré ont été plutôt chiches côté pluviométrie. 

Je ne pourrai malheureusement pas faire de bilan sur le côté thermique en raison du fameux trou de données... A moins de faire un mélange entre mes données et celles de Ouaga (on aurait alors une bonne approximation mais ce n'est pas dans les règles de l'art...)

 

Les grandes pluies sont déjà au rendez-vous, car fin mai nous avons eu un épisode de 36 mm, et là aujourd'hui 6 juin, tard dans la nuit (ou très tôt le matin, en fait ça a commencé un peu avant 4h du matin pour se prolonger jusqu'à 7h), nous avons eu un bon gros mastodonte de ligne de grains bien typique comme il faut: grosses rafales de vent, atteignant encore une fois plus de 80 km/h, j'estime (car si l'anémo arrive a enregistrer des rafales à 65 km/h et plus, vu son pas de mesure plutôt espacé, je ne doute pas que les pointes aient été nettement plus élevées), suivi de très fortes pluies pendant un bon moment et deux bonnes heures de pluies stratiformes modérées, résultat 44.4 mm.

 

Les prévisions pour les prochains jours sont très prometteuses pour d'autres épisodes pluvieux. A voir les cartes de GFS, particulièrement en ce qui concerne le point de rosée, on remarque que le front inter-tropical va très bientôt se faire repousser très loin au nord, en plein Sahara central, comme si le saut de mousson (dont la date est coutumièrement fixée au 21 juin en moyenne dans la plupart des documents qui portent sur la mousson africaine) était déjà en train de se produire donc avec deux semaines d'avance.

 

Si l'on continue sur cette tendance, nous aurons vraiment un début de saison bien en fanfare (c'est déjà le cas d'ailleurs, car l'année passée, à la même époque, les herbes n'avaient même pas commencé à pousser du tout dans de nombreux endroits, alors que là, c'est en train de bien verdir de partout, surtout depuis le gros coup du 30 mai)...

 

Je m'arrangerai pour consigner mes relevés sur ordinateur tous les deux jours pour éviter ces pertes tragiques de données...

 

Commençons donc ceux de juin:

 

01/06: 25.8°C / 36.5°C

02/06: 27.3°C / 38.8°C

03/06: 24.1°C / 33°C  PP: 6.0 mm

04/06: 25.6°C / 36.9°C

05/06: 28.5°C / 38.2°C

06/06: 19.9°C / 37.1°C  PP: 44.4 mm

 

 

 

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  • 2 weeks later...

Bonjour à tous !

 

Un début de saison décidément très satisfaisant !!!

 

07/06: 26.7°C / 36.6°C

08/06: 23.6°C / 37.8°C  PP: 4.4 mm

09/06: 24.1°C / 36.6°C

10/06: 24.9°C / 37.9°C  PP: 1.6 mm

11/06: 25.0°C / 32.3°C

12/06: 25.6°C / 36.4°C

13/06: 20.7°C / 36.0°C  PP: 24.0 mm

14/06: 26.2°C / 37.5°C

15/06: 25.7°C / 37.4°C

16/06: 21.9°C / 31.7°C  PP: 10.8 mm

17/06: 24.0°C / 35.1°C

18/06: 25.6°C / 36.1°C

 

Et 21 mm aujourd'hui, sous une ligne de grains dont la partie arrière a été nettement plus active que ce à quoi on pourrait s'attendre, des cellules convectives supplémentaires s'étant développées dans la masse nuageuse (normalement majoritairement stratiforme) nous ayant gratifié de pluies modérées pendant plusieurs heures, ces dernières ont représenté la majorité du cumul pluviométrique. Une fois n'est pas coutume, car sinon c'est la partie avant de la ligne de grains qui se montre la plus pluvieuse.

Aujourd'hui, au passage du front de rafales vers 6h nous avons eu comme d'habitude une belle petite tempête de poussière, qui n'a cependant pas été immédiatement suivie de fortes pluies, mais plutôt d'une courte averse d'à peine 3 mm, suivie de faibles pluies continues jusqu'à 8h... habituellement quand ça se passe comme ça on considère l'affaire comme un flop, et le cumul final ne dépasse pas quelques millimètres, sauf que là après une heure ou deux de pluies faibles ça s'est brutalement renforcé et on a eu quelques beaux coups de tonnerre... et c'est cela qui nous a apporté 18 mm supplémentaires en quelques heures.

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  • 2 weeks later...

Chez les voisins maliens, deuxième session de formation du programme CREWS, RainCell Mali, intitulée « Renforcement des capacités pour les meilleures pratiques et les innovations en matière de gestion des inondations » :

https://www.ird.fr/la-deuxieme-session-de-formation-du-projet-raincell-crews-au-mali

https://www.youtube.com/watch?v=Yw5uLfEIQ3Q

 

Chez vous :

https://www.crews-initiative.org/fr/projects/burkina-faso-renforcer-les-capacités-nationales-à-fournir-des-services-d’alerte-précoce

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Merci @Thundik81 pour ces articles.

Il y a en effet bien du travail en la matière, car le service météo du pays est, malgré ce que l'on peut entendre de certaines bouches, très lacunaire, et d'ailleurs très impopulaire car la plupart des gens à qui on parle (et qui ne sont bien entendu pas initiés au difficultés de cette science) disent toutes la même chose "la météo dit n'importe quoi, ils n'ont jamais été capable de prévoir qu'une pluie allait tomber à un point A ou B, ou qu'un coup de vent allait faire des dégâts à tel ou tel endroit... ils informent les gens qu'une nappe de poussière recouvre le Burkina mais la veille personne n'a entendu que cette nappe de poussière allait justement nous recouvrir".

 

Je ne fais que citer, et je suis conscient du fait que vu la situation générale du pays et de ses habitants (surtout en ce moment dans certaines régions), l'amélioration du service météo apparaît logiquement comme la dernière des priorités. Quant à l'impopularité du service et de ses prévisions, il est évident que le citoyen lambda ne connaît pas forcément la notion de risque, d'incertitude, de réseau d'observation peu dense et autres... seuls les initiés savent qu'on ne peut que très difficilement prévoir avec précision l'endroit où un orage pourra éclore dans certaines situations, et quel sera son potentiel pluvieux ou venteux à un point A ou B. La prévision des orages s'améliore dans le monde, mais il est connu que certains paramètres menant à leur formation dans cette partie du monde sont encore imparfaitement compris, malgré plusieurs programmes d'étude concernant la mousson africaine.

Le citoyen lambda ne se rend pas compte qu'il est dans l'une des régions du monde où il est le plus difficile de prévoir les précipitations (en saison sèche, tout est plus facile, entendons-nous, vu que le paramètre précipitation disparaît totalement des préoccupations du prévisionniste).

Comme ici, presque toutes les précipitations sont orageuses, et que la saison est en définitive plutôt courte, et que par-dessus tout, plus de la moitié de la population du pays dépend de ces orages pour leurs cultures vivrières... on comprend vite le problème de prévision... et la déception des populations.

On ne peut pas jeter la pierre au service météo national, qui ne fait que composer avec la technologie disponible, et on ne peut pas non plus jeter la pierre aux populations qui critiquent le service météo car, partout dans le monde, le citoyen lambda non passionné de météo s'attend à ce qu'une prévision "bien faite" dise "il pleuvra dans votre ville tel jour de telle à telle heure...", même si nous savons tous sur ce forum que c'est déjà utopique par chez nous, surtout lorsqu'il s'agit d'orages, mais alors ici... 🙄

 

Ici, les intempéries ont toujours surpris tout le monde, je suis bien placé pour le savoir, chaque jour est une surprise en saison des pluies... on ne sait jamais à l'avance qu'il y aura réellement. Surtout aux deux extrémités de la saison (début/fin) ou même sur l'image satellite, la formation des gros paquets orageux paraît totalement aléatoire (alors qu'au milieu de la saison, elle suit plus souvent les ondes tropicales qui sont assez visibles sur les images satellite, ce qui fait qu'il est un peu moins difficile d'estimer le moment où la probabilité de pluie est la plus forte).

 

Le 1er septembre 2009, l'orage stationnaire qui a déversé 260 mm sur une grande partie de Ouaga a été une totale surprise pour les populations. Même si certains services "hors Burkina" comme la NOAA avaient peut-être sorti des cartes avec un zonage des régions à risque de fortes précipitations, jamais la population n'a pu avoir accès au moindre spot télévisé ou radio-diffusé du style "attention il y a un risque accru d'inondations ces prochains jours".

Tout service d'alerte météo est totalement inexistant ici, et même si je comprends que les priorités du pays sont en ce moment beaucoup plus existentielles, il n'empêche que les intempéries font parfois de gros dégâts, avec beaucoup de sinistrés, et éventuellement des blessures et décès...

 

Une meilleure approche serait donc une bonne chose, mais à mon avis, sans vouloir être pessimiste, ce n'est pas pour demain... :( 

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Re-bonjour !

 

Passons maintenant à la situation sur le terrain.

Le mois de juin s'est montré très bien arrosé, avec un total de 145 mm, ce qui est bien supérieur à la moyenne, et il y a eu 10 jours avec des précipitations.

Malheureusement, depuis la dernière pluie du 25 juin, nous subissons une poche de sécheresse: depuis cette date, nous n'avons plus eu la moindre goutte et cela fait maintenant le 9e jour. J'ai bon espoir que cela reprenne sans tarder mais une nouvelle fois, vu la façon dont la saison avait commencé, rien ne pouvait laisser entrevoir une telle coupure (certains agriculteurs devront sans doute recommencer leurs semis).

Dans beaucoup d'endroits, les herbes et plantes basses dépérissent déjà sérieusement, certaines ayant fermé leurs stomates depuis déjà 4-5 jours, surtout là où les sols sont peu profonds.

 

19/06: 20.9°C / 30.2°C  PP: 21.2 mm

20/06: 23.4°C / 34.9°C

21/06: 24.0°C / 35.2°C  PP: 1.6 mm

22/06: 23.8°C / 32.9°C

23/06: 23.2°C / 36.1°C  PP: 2.4 mm

24/06: 25.1°C / 35.0°C

25/06: 19.7°C / 28.3°C  PP: 28.0 mm

26/06: 23.7°C / 34.5°C

27/06: 23.2°C / 35.9°C

28/06: 24.8°C / 35.8°C

29/06: 24.5°C / 36.2°C

30/06: 24.4°C / 35.9°C

 

--

 

01/07: 26.4°C / 38.3°C

02/07: 26.3°C / 35.0°C

03/07: 26.1°C / 36.0°C

 

Actuellement il fait 37.2°C. Une chaleur bien forte pour la saison, et les minimales sont également bien élevées. Je ne m'imaginais pas qu'on pouvait encore atteindre de tels sommets après qu'il est déjà tant plu... Encore une énième illustration que tout est possible ici et que bien malin serait celui qui pourrait prévoir quoi que ce soit avec précision...

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  • 3 weeks later...

Bonjour à tous !

 

Il est (plus que) temps de tirer le bilan du mois de juin 2020, avant d'attaquer la suite des observations de juillet.

 

Tnm: 24.2°C au lieu d'une moyenne de 25.4°C (-1.2°C)

Txm: 35.4°C au lieu d'une moyenne de 35.5°C (-0.1°C)

 

Tm: 29.8°C au lieu d'une moyenne de 30.1°C (-0.3°C)

 

Précipitations: 144 mm (en 10 jours avec pluie, ayant chacun totalisé plus d'1 mm) au lieu d'une moyenne de 94.2 mm (en 7 à 9 jours avec pluie selon que l'on considère respectivement les précipitation supérieures à 1 mm ou celles supérieures à 0.1 mm)

 

Nous avons donc, pour la première fois depuis quelques années, un mois de juin un peu plus frais et par contre nettement plus humide que la normale.

Mai et juin ont tous les deux été humides, alors que ces dernières années, c'était plutôt le contraire.

Ma modeste expérience m'a montré que, le plus souvent, plus la saison pluvieuse est hâtive (beaucoup de pluie en mai et juin), plus elle connaît de longues séquences sèches en cours de saison et une fin précoce (septembre et octobre souvent plus secs que la normale), alors que lorsqu'elle est tardive (peu de pluie en mai et juin), plus les épisodes pluvieux en juillet-août-septembre sont nombreux et intenses et plus la fin est, elle aussi, tardive (on l'a vu ces dernières années avec des mois de septembre et octobre bien arrosés, alors que mai et juin avaient été très secs).

Cela n'a probablement pas de fondement scientifique, mais plus je reste ici, et plus ça semble se révéler vrai.

 

Actuellement, nous connaissons d'intenses épisodes pluvieux suivis... d'intenses séquences sèches (ça fait déjà 2 fois dans ce mois de juillet que nous connaissons une séquence sèche suffisamment longue pour causer un flétrissement de la végétation herbacée, par endroits...)

 

Cela démontre aussi ce que @mottothet @dann17 ont déjà souligné dans la partie "climats du monde" sur les climats du Sahel, et de la zone soudano-sahélienne et soudanienne.

Des zones comme Niamey, qui sont plutôt sahéliennes, peuvent connaître régulièrement des séquences sèches parfois longues, même au coeur de la saison humide, tandis que les zones soudaniennes comme Bamako (même latitude que Ouaga mais plus à l'ouest) n'en connaissent que très rarement voire jamais.

Et, le c*l entre deux chaises, il y a Ouagadougou et sa région, qui est en zone soudano-sahélienne, et ce n'est pas pour rien, car elle possède des caractéristiques mixtes: souvent des saisons pluvieuses bien intenses, avec peu de séquences sèches, mais, à peu près aussi souvent, des saisons moins intenses, avec des séquences sèches suffisant à mettre à l'évidence une sécheresse de surface dont la strate herbacée souffre parfois pendant plusieurs jours avant le retour de la pluie... seul le mois d'août semble complètement épargné par ce risque par ici (quoique parfois c'est limite, quand la pluie fait 5 ou 6 jours à jouer avec nous en passant une fois trop au nord, une fois trop au sud, mais en raison d'une couverture nuageuse beaucoup plus importante, il est rare que les herbes en arrive à faner, ou alors seulement pendant une journée ou deux dans les sols les plus arides).

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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
Il y a 3 heures, Youri a dit :

Cela n'a probablement pas de fondement scientifique, mais plus je reste ici, et plus ça semble se révéler vrai.

Tu vas finir par te rendre superstitieux, Youri !   :D

 

Il y a 3 heures, Youri a dit :

Des zones comme Niamey, qui sont plutôt sahéliennes, peuvent connaître régulièrement des séquences sèches parfois longues, même au coeur de la saison humide, tandis que les zones soudaniennes comme Bamako (même latitude que Ouaga mais plus à l'ouest) n'en connaissent que très rarement voire jamais.

Et, le c*l entre deux chaises, il y a Ouagadougou et sa région, qui est en zone soudano-sahélienne

Il y a quelques années, j'ai produit un indice hydrique (qui semble très bien fonctionner) permettant de déterminer le niveau d'aridité de façon plus précise il me semble que celles de Köppen, de De Martonne, de Gaussen, ou même encore que celle de Holdridge. J'utilise pour cela plusieurs paramètres : températures, précipitations, nombre de jours de préc, humidité relative, ensoleillement, latitude, vitesse moyenne du vent. 

Voici les valeurs que j'avais trouvées pour quelques villes : 

 

Niamey :

-  Ihe (indice hydrique en saison humide) = 31,8 => une saison humide certes courte, mais suffisamment humide pour empêcher toute (ou presque) sécheresse écologique durant ce bref moment de répit.

-  Ihsec (en saison sèche) = -56,3 => une saison sèche évidemment longue et très intense.

-  IhA (indice annuel) = -33,4 =>  le climat est xérique (car IhA < 0), mais il n'est pas semi-aride (il aurait fallu que IhA < -45). En d'autres termes, la forêt (tropicale sèche) est possible.

 

Bamako :

-  Ihe = 91,8 => une saison des pluies hyper humide ne connaissant absolument aucune sécheresse.

-  Ihsec = -48,2 => une sécheresse un tout petit peu moins intense qu'à Niamey,  mais moins longue.

-  IhA = +13,1 => le climat est sub-xérique, donc il n'est pas xérique. Il n'y a donc pas, en théorie, d'éléments xérophiles dans la forêt qui règne ici. Une forêt tropicale tropophile, dans ce qu'on appelle un climat tropical humide et sec.

 

Ouagadougou

-  Ihe = 75,2 => saison des pluies normalement très humide ne connaissant pas de sécheresse. On parle ici évidemment de sécheresse écologique. Pas de sécheresse de surface (les herbes peuvent effectivement roussir un peu par périodes).

-  Ihsec = -44,6 =>  saison sèche intense

-  IhA = -18,1 => comme pour Niamey, le climat est xérique, mais en moins marqué. On reste dans le même domaine de la forêt tropicale sèche. Autrement dit, Niamey et Ouagadougou sont toutes les deux dans la zone dite soudano-sahélienne.

 

Tamale (Ghana)

-  Ihe = 84,5

-  Ihsec = -43,4

-  IhA = +8,9 => comme Bamako.

 

Sikasso (Mali) :

-  Ihe = 107,0 => saison des pluies extrêmement humide

-  Ihsec = -40,8 => saison sèche un peu moins extrême

-  IhA = +34,2 => un climat sub-humide, favorable à une grande forêt tropicale humide et sèche.

 

Ceci correspond bien aux différentes zones répertoriées sur cette carte qui confirme la présence de Ouagadougou et Niamey dans la même zone : 

 

k3be.jpg

 

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Merci @dann17! Pas d'inquiétude, je ne suis pas superstitieux. C'est juste une remarque que j'ai pu faire après 9 années (donc 9 saisons des pluies consécutives), enfin 8 saisons entières... Ces dernières années nous avons presque pris l'habitude de ne presque rien avoir en mai et en juin, jusqu'au fameux "saut" de mousson fin juin, mais d'avoir septembre et octobre bien arrosés. 

Mais il m'a aussi semblé que les quelques années connaissant des pluies régulières en mai et juin ont eu beaucoup plus de poches de sécheresse au coeur de la saison... Et un mois de septembre particulièrement secs ou aux pluies très mal réparties... En tous cas ici à Ziniaré. 

Je n'en ferai bien sûr pas une règle d'or mais je ne peux m'empêcher de le noter. 

 

Effectivement je me rappelle de la carte et de tes indices. Très bien faits au passage 🙂.

 

Sur la carte, on voit quand même que le climat de Niamey est proche de la limite avec le climat de steppe, par rapport à celui de Ouagadougou. D'autres villes plus à l'ouest et plus méridionales comme Boromo à 200 km d'ici appartiennent aussi au même domaine, mais sont nettement plus humides, et le paysage n'a rien à voir entre Niamey et Ouaga, pas plus qu'entre Ouaga et Boromo (beaucoup plus proche de la zone sub-humide)... bien que ces villes soient classées dans la même zone.

 

Que ce soit à Niamey, ou à Ouagadougou, le paysage ne ressemble pas vraiment à celui d'une forêt, même sèche... C'est clairement une savane, avec de l'herbe et des arbres plus ou moins espacés... Mais il y a effectivement des zones d'arbres (enfin je dirais plutôt arbustes voire buissons) très serrés qui pourraient effectivement se référer à cette fameuse "forêt tropicale sèche". Mais ces zones ne sont pas généralisées. Elles alternent avec des zones purement herbeuses, et d'autres totalement arides avec peu d'herbe et quelques épineux chétifs... Ce classement dépend en fait aussi de la nature du sol et des éventuels fleuves et autres zones humides créant un milieu favorable à certains écosystèmes qui seraient autrement difficiles à supporter uniquement grâce à la pluviométrie (par exemple le parc bangr weeogo à Ouaga !) 

 

Mais il est vrai qu'il y a aussi la modification des paysages par l'homme qui fausse souvent le tout: même ici, à Ziniaré, les quelques zones clôturées laissées à l'abandon mais protégées des coupes sauvages de bois montrent TRES clairement un écosystème beaucoup plus riche, plus boisé... qu'il ne l'est en dehors... Et ces zones sont le vrai reflet de ce que serait le paysage si on le laissait un peu respirer... 

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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
il y a 16 minutes, Youri a dit :

Mais il est vrai qu'il y a aussi la modification des paysages par l'homme qui fausse souvent le tout: même ici, à Ziniaré, les quelques zones clôturées laissées à l'abandon mais protégées des coupes sauvages de bois montrent TRES clairement un écosystème beaucoup plus riche, plus boisé... qu'il ne l'est en dehors... Et ces zones sont le vrai reflet de ce que serait le paysage si on le laissait un peu respirer... 

C'est ce que je sous-entends. 

En effet, tu l'as très bien compris, lorsque je parle d'un climat de la forêt tropicale sèche, cela signifie bel et bien que si les activité humaines cessaient, c'est ce genre d'écosystème qu'on trouverait dans ta région.

L'indice que j'ai créé est relatif à la végétation potentielle, ou naturelle. Bref, à un climax.

Evidemment qu'en l'état actuel des choses, vous êtes dans un paysage de savane boisée et de brousse.

Et bien sûr que le type de sol peut jouer (dans un sens, comme dans l'autre).

L'indice hydrique donne des valeurs pour le type de sol le plus neutre possible, et donc le plus massivement présent dans la région concernée.

 

il y a 19 minutes, Youri a dit :

Sur la carte, on voit quand même que le climat de Niamey est proche de la limite avec le climat de steppe, par rapport à celui de Ouagadougou. D'autres villes plus à l'ouest et plus méridionales comme Boromo à 200 km d'ici appartiennent aussi au même domaine, mais sont nettement plus humides, et le paysage n'a rien à voir entre Niamey et Ouaga, pas plus qu'entre Ouaga et Boromo (beaucoup plus proche de la zone sub-humide)... bien que ces villes soient classées dans la même zone.

Bien sûr que Niamey est plus proche du climat semi-aride (mais attention, le climat sahélien n'a rien à voir avec les climats de steppe tel que c'est écrit sur la carte ! Abus de langage, mais on se comprend... ;) ) que ne l'est celui de Ouagadougou : l'indice hydrique va également dans ce sens : -33,4 est beaucoup plus près de -45 que ne le sont les -18,1 de Ouagadougou.

Cela dit, je crois - si tu me permets - que tu exagères un peu (beaucoup, même ? :P ) la différence de végétation entre Niamey et Ouagadougou.

Regarde ici une photo qui représente les environ de Niamey (j'ai choisi une photo qui permette de voir loin, et pas en ville).

 

33134135.jpg

 

Et ici une photo prise vers Gando, pourtant située à 120 km à l'est-sud-est de Ouagadougou, donc censée être très légèrement moins sèche que Ouagadougou... (idem pour le choix de photo)

Gando_village.jpg

 

Tu dis que le paysage « n'a rien à voir ». Moi, sincèrement, je ne dirais pas qu'il s'agisse du jour et de la nuit !

Donc pour moi, ces deux villes appartiennent clairement à la même zone biogéographique, même si, bien évidemment, Niamey se rapproche plus du domaine semi-aride. 

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Posted (edited)

@dann17 après il faut regarder le type de végétation, et le terrain. Sur la première photo on voit clairement qu'entre les arbres, il n'y a pas grand chose à tirer de la terre, sauf dans certaines parcelles... Sur la deuxième c'est clair que comme de l'eau de roche, ce sont des terres cultivables même si elle ne payent pas de mine en pleine saison sèche.

Les mêmes en saison des pluie seraient nettement plus tranchées je pense... Si, vers Gando, l'homme n'intervenait pas, ce serait presque partout couvert d'herbes sèches et cette couleur ocre du sol ne serait pas dominante (sauf en fin de saison sèche, ce qui est peut-être le cas, lorsque les termites ont "rongé par la racine" la plupart des herbes sèches.

Dans la photo des environs de Niamey comme tu dis, je vois bien les zones pourvues en arbustes, en herbes sèches... et aussi les nombreuses zones complètement stériles où j'en mettrai ma main au feu que même en saison des pluies, il n'y aura presque rien dessus, le couvert herbacé ne sera pas uniforme.

 

Bon, je comprends ton ressenti, mais moi je vais maintenant parler du mien... Après tout l'essence d'un débat, ce sont bien les opinions divergentes :)

 

Je vais maintenant poster 2 photos pour chacun des 3 lieux suivants : Pô (pluvio environ 900 mm), région de l'Oubritenga donc là où je suis (pluvio environ 750 mm) et route Tougouri-Dori (pluviométrie environ 500 mm), que j'ai pu prendre au cours de mes quelques escapades dans le pays...

Ces photos ont le mérite, comme les tiennes, d'avoir été toutes prises en saison sèche.

 

Et ces trois zones sont dans la même zone climatique.

 

Allons-y pour les environs de Pô (900 mm):

 

1236585491_P2.thumb.JPG.cecde2be7645d556eea1d47da2e563a9.JPG1525245329_P.thumb.JPG.59f5ee7b8fe15c460c177dad4fe0e3e9.JPG

 

Allons-y maintenant pour notre cher Oubritenga... Watinoma, Boudtenga... bref des environs de villages (750 mm):

Watinoma

Wati.thumb.jpg.d19396319ff45589f70e131d680c43dc.jpg

 

et celle-là prise d'une colline à Boudtenga

Boudtenga.thumb.JPG.e8a1e0271d53fdb7a8104c30027960cc.JPG

 

Maintenant passons à la route Tougouri-Dori (500 mm)

 

1455692833_Dori2.thumb.JPG.ce78fb073230699221c9ed0ffe2ef712.JPG

Dori.thumb.JPG.5e22fd79c140a1cbffd9668b9dc542f8.JPG

 

Eh bien... Tu ne m'ôteras pas de l'idée que la différence est flagrante surtout d'un extrême à l'autre, et bien qu'elles soient toutes dans la zone "vert clair" de la carte avec un climat xérique...

Vu de la terre, c'est autre chose ;)

 

Je préfère les classifications suivantes, qui elles, ont le mérite de montrer clairement les différences climatiques que tu juges "exagérées", et dans lesquelles Niamey et Ouaga ne font pas partie du même domaine, ni même Pô qui est clairement à la frontière avec la zone soudanienne. Entre Dori et Pô, je ne pense pas me tromper en affirmant que le nombre d'espèce végétales varie au moins du simple au quadruple...

 

R.gif.32676998d5873b8b0d35538709af88ec.gif

 

Cela dit, je suis toujours ouvert aux arguments, ça me passionne... Et je pense aussi que les lecteurs doivent aimer suivre ce débat :)

 

N'oublie pas que mêmes les grands climatologues dont les classifications climatiques sont restées ont du mal à tomber d'accord sur la limite du Sahel à proprement parler... nous n'avons donc pas fini de débattre !!!

 

Edited by Youri
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Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada

Salut Youri,

Je comprends tout à fait que tu veuilles clairement insister sur les différences (qui sont bel et bien réelles, jamais je ne dirai le contraire) qui existent entre ces régions. Et tu as parfaitement raison de le faire.

Loin de moi l'idée de vouloir prétendre que l'aspect du paysage à Niamey serait le même que celui de Ouagadougou, ou encore moins celui de Pô.

Il est normal que, puisque tu vis là-bas, tu sois plus sensible aux nuances que nous, d'ici, ne pouvons percevoir.

Cela dit, lorsqu'on effectue une classification bioclimatique, plutôt que de s'attarder sur les différences inévitables (et encore une fois, palpables et bien réelles), on va surtout considérer les grands ensembles, et les éléments principaux en commun.

La zone que je classifie de « tropicale xérique » ou « tropicale sèche » (également dénommée soudano-sahélienne) correspond à la région (tropicale) dans laquelle la forêt peut (pourrait) se développer si les activités humaines ne l'en empêchaient pas.

Evidemment, il s'agit d'une forêt dite sèche comprenant des éléments xérophiles. Et, au sens de la FAO, la limite basse de la définition d'une forêt consiste en la présence d'arbres d'une hauteur minimale de 5 mètres, et sur une proportion d'au moins 10% seulement de la surface du sol vue d'avion. C'est ce qu'on appelle des forêts claires.

Bref, Niamey, avec ses 540 mm de pluie par an (à moins que les précipitations là-bas ne se soient raréfiées de façon radicale au cours de ces 2 ou 3 dernières décennies) fait bien partie de la zone soudano-sahélienne visiblement délimitée par l'isohyète 500 mm. Et la valeur de l'indice hydrique confirme ce point. Evidemment, c'est de peu : il n'y a qu'un pas pour passer de IhA = -33,5 à IhA = -45 !

Donc tu comprends peut-être que le fait de dire que Niamey et Ouagadougou « font partie de la même zone climatique » ne signifie pas que l'aspect de paysage soit le même. Il s'agit du même type physionomique, mais bien évidemment, la diversité floristique est clairement à l'avantage de la capitale burkinabé. 

 

Ensuite, si l'on regarde bien les photos que tu as postées, hormis la toute première, très sincèrement, on y voit bien le même type physionomique de peuplement. Et notamment, les différences semblent vraiment minimes entre la photo de Boudtenga (750 mm) et l'avant-dernière (env. 500 mm)...

 

Tiens, je vais te poster deux photos (pas de moi, de Google Earth) : 

8yix.jpg

3p7c.jpg

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ces deux photos représentent une même zone biogéographique : la zone tempérée xérique à été long, ou encore dite méditerranéenne. Dans le 1er cas, nous sommes vers Barcelone (IhA = -9), et la seconde en Crète (IhA = -39 à Héraklion). Les différences en termes de peuplement et d'aridité sont flagrantes (et encore, j'aurais pu prendre une forêt beaucoup plus fournie et haute encore pour la zone faiblement xérique !).

Tout ça pour dire que la zone de climats xériques représente un spectre d'aridité relativement étendu. Mais à travers toutes leurs différences, ces régions ont un point en commun essentiel : la forêt sèche est possible.

 

Tiens, voici un lien très intéressant (provenant d'un mémoire de recherche) indiquant les différents types de peuplements forestiers en fonction des différentes zones bioclimatiques de la région : 

http://www.acrida.info/div/Veg.htm

Edited by dann17
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Bonsoir !

 

@dann17 oui je comprends très bien ce que tu veux dire :)

Il est logique que les grandes classifications climatiques se préoccupent plus des grands traits communs, comme tu le dis, qu'aux différences "de maillage fin".

C'est pourquoi il y a ce que j'appellerais des sous-classes climatiques, que chaque pays/région a tendance à utiliser pour subdiviser un climat d'ensemble en un certains nombre de sous-climats si j'ose dire.

Il est aussi vrai que Köppen classifie (pour reprendre les mêmes exemples) Niamey et Ouaga comme Bsh (semi-aride chaud) contrairement à Bobo-Dioulasso, Sikasso et Bamako qui sont Aw (climat de savane sec/humide) bien qu'une classification plus "pointilleuse" comme celle que tu établis avec ton indice hydrique ne classerait ni Niamey ni Ouaga en zone semi-aride.

 

De même pour les notions de climat sahélien, soudano-sahélien, soudanien... J'ai pu lire de nombreuses subdivisions issues de ces climats (qui sont en fait déjà des subdivisions :D ) comportant, entre autre, de subtiles nuances telles que (du plus sec au plus humide)

Sahélien, sahélo-soudanien, soudano-sahélien, soudanien, soudano-guinéen, guinéen et j'en ai peut-être sauté...

 

Avant je pensais que sahélo-soudanien et soudano-sahélien revenaient au même, jusqu'à ce que je me rende compte que le climat dit sahélo-soudanien avait en fait plus de caractéristiques sahéliennes que soudaniennes, et vice versa pour le climat dit soudano-sahélien...

 

Sans compter les climats "nord soudanien et sud soudanien"... Bref, de quoi s'arracher les cheveux en termes de classifications quand on sait que tout cela revient en fait globalement au même climat, si on le prend "en gros".

 

Un climat dit "sahélien", selon certains auteurs, se termine à l'isohyète 600 mm, mais selon ta classification, Niamey qui reçoit 540 mm n'en fait pourtant pas partie car tu le classifies dans le domaine soudano-sahélien, en fait si j'ai bien compris ton point de vue, tu ne parlerais de climat sahélien que si ton IhA tombait sous les -45 donc en semi-aridité...

 

Ce que je retiens c'est que tout cela est surtout décelable par l'étude du couvert végétal... Effectivement comme tu le dis, la forêt sèche dans le sens où tu la décris est possible dès Niamey tout comme sur Ouaga ; à la nuance près que sa composition ne serait pas la même.

Sur Niamey (qui semble recevoir à peu près la même pluviométrie que la zone entre Tougouri et Dori dans laquelle j'ai pris les dernières photos) on aurait une bien plus grosse proportions d'épineux, des arbres généralement plus petits, un couvert herbacé assez ras et discontinu en saison des pluies, ponctué, dans les zones creuses, dites de bas-fond, de zones plus boisées, plus riches en espèces d'arbres, de plus grands spécimens et d'un couvert herbacé plus fourni, et, dans les zones les plus élevés, d'une quasi-absence de végétation.

Sur Ouaga, on retrouve plus d'espèces d'arbres, plus grands, moins d'épineux (mais tout de même encore beaucoup car j'en conviens, ils dominent encore nettement le paysage), plus de grands arbres moins adaptées à la sécheresse... un couvert herbacé en saison pluvieuse plus dense, plus haut... Mais là encore, on retrouve un couvert bien plus dense dans les creux (bas-fond) où on y retrouve quasiment le paysage des environs de Pô, et, sur les hauteurs, une désolation avec presque que des épineux chétifs et peu d'herbe, même en saison pluvieuse, autour et sur les collines... (Tu as déjà remarqué que la photo que j'ai prise du haut du mont de Boudtenga sens le... sec!)

 

Donc effectivement, selon la nature du sol et le relief, on peut en effet trouver des zones au paysage identique aussi bien à Niamey qu'à Ouaga (par exemple), mais ce que l'on trouve en plaine à Niamey ressemblera à ce qu'on trouve dans les zones plus élevées sur Ouaga, et ce que l'on trouvera dans les creux à Niamey ressemblera plus à ce qu'on trouvera en plaine sur ouaga...

 

Ces faits rendent la transition "très" douce lorsqu'on parcourt la route du sud-ouest au nord-est, au point qu'il est difficile de dire à quel moment tel écosystème commence ou se termine, il y a beaucoup de chevauchement, de fragmentation, on retrouve en effet des zones boisées partout, (mais de moins en moins en allant vers le nord-est) et des zones arides aussi partout (mais de moins en moins en allant vers le sud-ouest). Mais en revanche lorsqu'on prend d'un seul coup les deux extrêmes la différence est suffisamment claire.

 

Merci pour les deux photos, effectivement c'est un exemple qui illustre ce que tu dis, car à les voir comme ça, de mes propres yeux, je ne devinerais pas facilement qu'il s'agisse de la même zone biogéographique... Mais je suis sûr qu'il existe des subdivisions pour différencier le climat de cette partie de l'Espagne de la Crète !

 

Et merci pour le lien que je m'emploierai à lire avec passion dès que j'aurai un moment.

 

Excellente soirée ! :) 

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Aubenas en Ardèche méridionale
Il y a 8 heures, Youri a dit :

Donc effectivement, selon la nature du sol et le relief,

 

C'est ce que j'avais justement envie de dire à la lecture de vos derniers échanges. 

ayant vécu quelques années au Mali, j'ai pu observer, en parcourant le pays et en allant justement jusqu'au Burkina, que le couvert végétal ne varie pas 

que dans un sens nord/sud.

par exemple, en partant de Bamako vers l'ouest (trajet que j'ai fait de nombreuses fois en toutes saisons) on assiste à un assèchement de la végétation.

la nature du sol mais aussi les T° maximales atteintes (qui sont plus élevées à l'ouest dans le district de Kayes qu'à Bamako) font changer le paysage. 

puis, à certains endroits où la nature du sol est plus favorable, et à la faveur de quelques reliefs qui "accrochent" les précipitations de juillet/aout, on retrouve des zones plus vertes, avec les manguiers, des karités et une densité d'arbres plus importante.

De même, du coté de Mopti, pourtant nettement plus au nord que Bamako, on retrouve une forêt sèche (et une belle verdure en saison humide) qu'on ne trouve pas, à latitude égale, directement au nord de Bamako. 

La distinction est effectivement très difficile à faire entre les différents étages climatiques lorsqu'on voyage sur un axe nord/sud. Les forêt sèches entremélées de savanes herbeuses se succèdent au grès des différences de reliefs, de la présence ou non de nappes phréatiques, des sols plus ou moins chargés en cailloux. les choses ne deviennent claires que sur de longues distances, entre la sahel sans arbres et les paysages boisés de Sikasso. 

Autre chose : ne pas oublier que les saisons des pluies sont très irrégulières. parfois, les précipitations sont plus faibles et disparates. le "reverdissement" n'est pas forcément équivalent tout les ans. certains coins situés en limite de la zone touché par les pluies, peuvent avoir un aspect totalement désertique lorsqu'ils "sautent" une saison des pluies. tandis que l'année suivante, ils peuvent recevoir de bonnes pluies et se couvrir alors très vite d'un couvert végétal. 

Là où j'ai passé le plus de temps, dans la région de Kita au sud-ouest du Mali, les saisons des pluies étaient régulières avec des cultures de sorgho et de coton pérennes. mais plus au nord, les choses étaient bien moins régulières, les pluies montant plus ou moins jusque là selon les années, modifiant en profondeur le paysage.

Ceci dit, je suis d'accord pour dire que dans l'ensemble, on a affaire à un même type climatique sur toute la région.

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