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    Prévision saisonnière de l’hiver 2018-2019 Bon… Je me lance . C’est parti pour la prévision saisonnière de l’hiver 2018-2019, qui j’espère sera riche en émotions... Petit remake de l’hiver dernier: L’hiver dernier a été rythmé par des situations auxquelles on pouvait s’attendre par rapport aux prévisions saisonnières de base (dès septembre). Exemple ici début décembre avec une situation d’ondulation à la limite de dorsale récurrente: Mais l’hiver a aussi été rythmé par des difficultés de prévisions comme fin décembre où seulement 2 semaines avant on a pu distinguer une tendance plus dépressionnaire et tempétueuse. Celle-ci nous suivra jusqu’à la fin de seconde décade de janvier: A partir de la troisième décade de janvier et surtout février, nous nous sommes retrouvés dans une situation de blocage hivernal. Lors des premières tendances saisonnières février avait du mal à être perçu, mais à partir de décembre les tendances se sont petit à petit affirmé grâce à différents facteurs. C’est ce qui était visible en décembre qui s’est bel et bien confirmé avec des blocages hivernaux. Mais comme on le sait les blocages auront été mou et auront principalement concerné le nord pour le froid et le quart nord-ouest pour la neige : Quand on voit l’hiver dernier on observe que l’on peut dégager des tendances saisonnières qui sont à première vue plaisante selon les goûts de chacun, mais qu’en définitif la situation n’est pas plaisante sur les 4 coins de la France (si la tendance se valide) à l’image de février pour les grands fans de la neige. Car la prévision saisonnière donne une tendance sur l’échelle du continent-océan, au mieux sur une moitié du continent (Europe de l’ouest pour nous), mais elle ne peut aller dans le détail en prévoyant la météo de chaque région du pays. Prendre la prévision saisonnière au pied de la lettre est une erreur, il faut avoir un certain recul quand on la lit. De plus, quand on récapitule l’hiver dernier, on voit que la validité de la prévision n’est jamais sûr (exemple la surprise de fin décembre) et que la prévision peut bouger selon les nouveaux paramètres qui entrent en compte. A la fin de la tendance que je vais vous proposer, il ne faudra pas oublier que la prévision peut encore bouger car des indices ne sont pas encore déterminé, d’autres peuvent encore bouger. Sans oublier que certains indices ne marchent pas à tous les coups. Et surtout la tendance est globale à grande échelle… Bon assez blablaté et place à la prévision. Je me doute que certains ne voudront pas tout le détail de la prévision et préfèrent connaître la tendance tout de suite (les autres passez direct au I/ si vous voulez la surprise) sans se prendre la tête à tout comprendre. C’est très simple on tend vers un hiver sous récurrence de blocage nord-atlantique mais il faudra se méfier de l’activité dépressionnaire. Si vous voulez en savoir plus lisez la suite, et mois par mois c’est en conclusion. I/Situation solaire similaire à l’année passée ? Comme nous le savons depuis quelques années maintenant, l’activité solaire influence le climat mondial et donc a un rôle sérieux dans la prévision saisonnière. Pour rappel, nous avons deux types d’influences solaires, la première influence est la réception des flux de particule dans l’atmosphère des éruptions solaires et la seconde influence est l’année dans laquelle nous sommes depuis le pic solaire, car selon l’année, nous avons des tendances de temps à l’échelle mondiale qui se dégagent. 1) La réception des particules Il existe des cycles solaires qui nous amènent à des pics d’éruptions solaires (des pics de taches), ces pics d’éruptions provoquent un envoie de flux de particules. Une partie de ces particules sont envoyé en direction de la Terre par les vents solaires, une majeur partie sont repoussé par la magnétosphère terrestre et un nombre limité rentre dans l’atmosphère, cependant, il en rentre suffisamment pour qu'il y est une influence sur notre climat: L’accumulation (et donc l’entrée dans l’atmosphère) est plus où moins prononcé selon les périodes de pics solaires. Effectivement, il y a un décalage entre les périodes de minimum/maximum de taches solaires et la réception des flux de particules dans l’atmosphère. Ce décalage est dû à la difficulté de passage de la magnétosphère, des champs magnétiques ect. En noir l'envoi des particules, en rouge la réception des particules: Mais qu’est-ce que cela apporte à la prévision ? Des études ont prouvé que plus on recevait de particules dans notre atmosphères plus la tendance au niveau de l’Europe-Atlantique était une tendance NAO+ (douceur marqué pour la saison, humide possiblement sec selon le rail dépressionnaire...). Mais inversement plus la réception de particules est basse plus la tendance tend vers un NAO- (froid pour la saison, possiblement neigeux …). Donc où en est la réception des particules ? Cette année nous sommes sur le point d’atteindre le minimum de taches solaire comme le montre les relevés de la NOAA : Mais ceci n’influencera pas l’hiver à venir dans un sens NAO-/BL (froid) contrairement à ce que disent de nombreux site météo, car il va falloir attendre la période de 4-5 ans pour avoir les répercussions de ce minimum. Par contre, on peut regarder 4-5 ans en arrière pour ce qui est de notre hiver. On observe qu’en 2014 et surtout 2015 la diminution du nombre de taches solaires était en cours. L’hiver dernier nous étions dans la période de fin de pic ce qui nous favorisait un NAO+. Mais cette fois-ci nous sommes dans le milieu entre le maximum et le minimum de taches solaires, ce qui nous permet de déduire que cet indice sera dans la neutralité. Donc la réception de particules favorise une tendance neutre pour notre hiver avec un hiver dans les normes. 2) Année suivant le pic solaire Des études ont prouvé qu’après l’année du pic solaire des types de récurrence de temps peuvent apparaître. L’année lag0-year est l’année où le pic solaire a lieu, les 11 années qui suivent sont les années en attendant le nouveau pic solaire. Cette étude montre une certaine fiabilité quand on regarde les derniers hivers (de 2006 à 2017) et leurs anomalies de géopotentiel, on constate de réelles similarités. On a 6 hivers sur 10 de 2006 à 2017 qui sont semblable aux prédictions de 60 à 100%, 3/10 de 40 à 60% et 2/10 étaient peu ressemblant aux prédictions. (Plus d’info sur le poste page 1 du topic hiver 2017-2018). L’hiver dernier nous étions en année lag 5-year. Quand on regarde les anomalies, on a une ressemblance marquante sur l’océan atlantique-nord européen avec la forte présence de géopotentiel, l’anomalie basse sur le détroit de Bering est bien présente. On a juste la forte présence de basse pression sur l’Europe qui n’est pas présente sur les prédictions. Mais c’est quand même ressemblant à 70 % environ. Une année de plus qui montre une certaines fiabilité de ces études. Donc cet hiver nous passerons en année lag 6-year. On observe qu’elle est très ressemblante à l’année passée en Amérique. En Atlantique-Europe également mais avec des anomalies en haute latitude moins marqué hormis sur le nord de l’atlantique ou une forte anomalie anticyclonique est présente. On semble donc encore tendre vers un hiver sous situation de blocage selon cet indice. Mais cette année surtout sur des blocages nord atlantique et moins sur la Scandinavie (même s’ils restent possible) si l’on suit l’indice au pied de la lettre. Peut-être un hiver avec des Omégas atlantique ? Un indice qui tend en tout cas vers une tendance froide mais plutôt sèche, tout dépend de la position du blocage en réalité (s‘il y a blocage) et ça ce n’est pas l’indice qui nous le dira. Bilan donc des deux sous parties: -Un premier indice sur la réception des particules qui ne dégage pas de tendance et donc va vers le neutre. -Un second indice sur les années suivant le pic solaire qui lui tend vers un hiver à tendance de blocage. Un blocage favorise en général des tendances froides mais plutôt sèches, mais il faut rester prudent selon la position de celui-ci. On peut vite passer à un blocage favorisant la douceur chez nous s’il se situe sur l’Europe de l’ouest, ou bien à un blocage favorisant du froid et de la neige si sa position sur l’atlantique est au nord et bien au centre de l’atlantique. II/QBO Le QBO est un indice qui favorise diverses conditions sur le vortex polaire stratosphérique. Celui-ci a une phase positive (flux d’ouest) et une phase négative (flux d’est). La phase positive favorise un vortex stratosphérique solide, très peu perturbable par des réchauffements stratosphériques (ralentissement des vents zonaux en stratosphère). Alors qu’une phase négative favorise un vortex plus sensible et plus perturbable à des réchauffements stratosphériques. Ces réchauffements (s’il y en a) du vortex stratosphérique favorisent environ une quinzaine de jours après le réchauffement une déstabilisation du vortex troposphérique. Ces déstabilisations provoquent une tendance NAO- et donc des prévisions plutôt tourné vers le froid. A l’opposé un QBO+ favorise un vortex stratosphérique solide, ce qui provoque en troposphère un vortex polaire également plus consistant et une tendance NAO+, plus douce et humide. A l’heure actuelle nous sommes en phase négative. Compte tenu de la chute des valeurs négatives qui semble bien s'entamer, on peut déduire que nous risquons clairement d'avoir un mois de décembre avec des valeurs plutôt neutre (entre -8 et 5), un mois de février plutôt positif. Il reste janvier qui est plus incertain, tout dépendra de la vitesse d'arrivée de la phase positive. (Mesure à 30hPa) 2015 -26.70 -28.62 -28.15 -24.38 -12.33 2.18 7.45 10.97 12.07 13.38 12.79 11.39 2016 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 -14.42 -15.28 -16.79 -17.20 -18.12 2018 -19.02 -19.37 -19.77 -21.41 -24.23 -28.45 -29.10 -20.41 -999.00 -999.00 -999.00 -999.00 Pour novembre et décembre il sera intéressant de surveiller la formation du vortex stratosphérique, il peut arriver qu'il y est des difficultés de formation de celui ci en phase négative (même si on approcherait de la fin de celle ci), ce qui favorise également la perturbation du vortex troposphérique. A première vue pour janvier-février la tendance d’un QBO neutre/positif semble logique, donc compliqué de savoir si nous aurons des mouvements en stratosphère ou pas… Et même dans le cas de valeurs positives plutôt pas... Mais en réalité, j'ai réalisé une petite observation personnelle où j’ai pris les 10 hivers depuis 1969 qui avaient un indice QBO en janvier compris entre -10 et 7 qui était en train de revenir au neutre ou légèrement positif (pour copier la situation). Ensuite, j’ai pris l’anomalie globale à 10 hPa (stratosphère, à gauche) et 500 hPa (troposphère, à droite) du 1 janvier au 28 février de chacune de ces années. Voici le résultat : 1969 : 1973: 1978: 1985: 1990: 1997: 1999: 2002: 2004: 2013: On observe donc que malgré une certaine neutralité/début de phase positive du QBO, on a 80% du temps (j’ai compté 2013 car janvier a été marqué par un SSW avant une reformation en février) un réchauffement en stratosphère allant d’un SSW fort à un split. De plus on constate que sur les 8 fois où il y a eu un réchauffement, on a eu 7 fois une situation de blocage ou du NAO-. Et une fois où l’on avait un régime AR, humide frais mais juste pour de pur condition hivernal. Les deux fois où l’on a une situation sous NAO+ et anticyclonique c’est les 20% où il n'y a pas eu réchauffement. Pour décembre j’ai regardé les anomalies à 500hPa des décembres de chaque année que l’on a vu plus haut, bilan 6 situations de blocage dont 5 nord atlantique et 4 situation NAO+. Autant dire c’est du tout ou rien. Alors pourquoi ces résultats alors que ça devrait au contraire défavoriser des mouvements en stratosphère? C'est très simple des études ont montré (13V avait évoqué le sujet il y a 2 ans) que les réchauffements stratosphériques sont très présent lors d'une transition vent d'est (négatif) à vent d'ouest (positif) en stratosphère. Ceci s'explique probablement par un effet d'inertie. Ce que l’on peut conclure c’est que la transition négatif-positif pourrait bien favoriser des mouvements en stratosphère à l'image des exemples plus haut. Si ces mouvements se produisent on aurait une situation favorable à des conditions hivernales (NAO-/Blocage) en troposphère quelques jours après les mouvements en stratosphère. Ça c’est pour janvier-février… Pour décembre deux extrêmes se dégagent NAO+ ou blocage nord atlantique…. III/Vers un hiver sous El Nino ? On semble bel et bien tendre vers un léger épisode Nino dans le Pacifique durant cet hiver. Les modèles semblent plutôt unanimes même si des incertitudes persistent. On voit qu’actuellement la situation en zone 3.4 (la plus importante pour définir l’ENSO) est plutôt dans la neutralité, signe d’une difficulté à la formation par rapport aux prédictions. De plus les zones 3 et 1+2 (zones qui sont énonciateur de la future situation en 3.4) ne montrent pas de véritables réchauffements intenses. Indication des zones : Situation au 30 août: On devrait normalement voir un réchauffement apparaître durant le mois de septembre. Mais quel sera l’intensité du réchauffement nous dirigeant vers un potentiel Nino ? Là est la question, on observe que les modèles sont partagés, surtout avec le changement brusque qui a eu lieu en août. En effet, durant juin-juillet le début du réchauffement était vu en août (sauf pour BOM). Mais comme on l’observe actuellement le réchauffement est absent dans la zone 3.4 et les modèles ont dû se réajuster. Cette erreur au niveau de la prévision remet en question d’ailleurs le potentiel d’apparition réel de ce Nino: CFS est l’un des plus intenses de la bande, tournant environ à 1.5°C tout l’hiver: BOM pour sa part voit un Nino tournant autour des 1.2°C. Il a d’ailleurs pris un coup dans sa fiabilité car jusqu’à début août il ne voyait pas de Nino et il a vite changé de bord: Puis on a un CEP qui lui aussi virevolte un peu comme BOM, après avoir été franc avec des prévisions à 1.5°C, il fait machine arrière avec la prédiction de septembre où il voit un Nino présent fin automne mais qui disparaîtrait quasiment en février avec une moyenne à +0.6°C environ. Sachant que +0.5 est la zone de neutralité totale: On voit quand on regarde le panel multi-modèle que l’on tend bien vers un léger Nino tournant autour des 0.9-1°C, on voit aussi une augmentation des modèles neutre (2 en juillet, 5 en août). Cette augmentation de scénarios neutre remet en question la possibilité d’un EL Nino en seconde partie d’hiver où l’on voit aussi les autres modèles diminuer l’anomalie chaude : Donc on peut dire à l’heure actuelle que l’on tend vers un léger Nino qui s’affaiblirait en février, mais quel sera l’influence de celui-ci sur l’Europe ? Les études ont montré qu’un El Nino sur la Pacifique favorisait durant l’automne et décembre une situation à tendance anticyclonique, plus humide en méditerranée. Une situation sèche, anticyclonique et de la douceur primerait avec peu de neige en montagne. En janvier- février El Nino favorise une situation NAO+ très dépressionnaire avec des possibilités de tempête. De la neige en quantité en haute voir moyenne montage selon le flux. Cependant on restera méfiant sur le potentiel de l’influence d’EL Nino en février car déjà il faudrait qu’il soit encore actif (Les doutes sont de mise avec CEP) : IV/PDO Le PDO chère à notre @mike, est un indice qui se situe au nord du Pacifique. Comme l’avait énoncé Mike en mars dernier sur le dernier topic hiver, il devrait être dans une phase négative pour notre hiver. Il est vrai que ces derniers mois nous avons eu un PDO au-delà des -0.5°C ce qui met bien en avant un PDO en phase négative. Même si en juillet on observe un réchauffement (-0.10, ce qui se rapproche neutre), mais en août ça semble reprendre (-0.33) ce qui affirme le PDO- fort possible: Partons sur l'idée que le PDO- est bien lieu cet hiver, je pense personnellement que l'on aura un léger PDO-. Quel sera les impacts sur le temps en Europe? Des études ont bien montré que le raccourcis (qui a souvent été emprunté par certains ici par le passé…) PDO- égale tendance hivernale et PDO+ égale tendance chaude pour l’hiver n’est pas réellement vrai… En effet, tout d’abord les études sur le PDO sont toujours faites en lien avec l’ENSO (El Nino, La Nina). Le PDO influence sur le monde selon sa tendance et en fonction de l’ENSO. Des recherches pour les mois de décembre-janvier-février ont été faites par rapport au type d’ENSO et PDO. Des résultats ont été obtenus au niveau des flux dominants, l’intensité d’humidité et les anomalies 500hPa. Disons qu’El Nino et le PDO- se produisent bel et bien pour cet hiver, ce qui semble plutôt bien partis. En termes d’anomalie 500hPa, on observe une forte anomalie anticyclonique sur le nord de l’atlantique débordant sur le Groenland et l’est Canadien. Alors que sur le sud de l’atlantique des anomalies dépressionnaire sont présente. Signe d’une situation typique de blocage nord atlantique avec des coulées dépressionnaires froides sur l’Europe : La carte des flux confirme bien la tendance qu’on observe à 500hPa, avec des flux d’est et nord-est sur le nord Royaume-Unis et sur la mer entre le RU et l’Islande montrant une présence anticyclonique. On a aussi un flux ouest-sud-ouest sur les Açores et l’Espagne-Portugal, bel et bien signe d’anomalie dépressionnaire qui aiderait à propulser les hautes pressions en haute l’attitude. Je montre la carte surtout pour le flux en France qu’on observe plutôt neutre tout comme sur l’Europe centrale. Ceci s’explique par l’évolution des blocages. Par exemple en France si la pulsion anticyclonique alimentant le blocage déborde chez nous le flux de sud-est est garanti. Mais si les pulsions sont suffisamment à l’ouest alors là on aura des coulées froides avec un flux de nord, ceci explique la neutralité dans le flux car ça dépend du placement du blocage : En termes d’humidité on observe une tendance à la neutralité en plaine avec ce blocage nord atlantique. Une humidité légèrement au-dessus des normes sur les massifs, situation typique d’un flux de nord… Ce que dégage donc le PDO couplé au El Nino est donc une tendance nette au blocage nord atlantique et donc des tendances plutôt froide avec NAO-/BL. C’est totalement contradictoire avec ce que dégage l’indice EL Nino seul à première vue. Mais en réalité, il y a bien l’effet El Nino dans ce que dégage cet indice avec une activité dépressionnaire qui semble intense. En effet, quand on regarde la carte d’anomalie 500hPa, on a de fortes anomalies dépressionnaires sur le sud atlantique signe d’une activité dépressionnaire intense dû probablement à El Nino. Si cet indice se valide, l’enjeu sera lors des prévisions long terme de savoir si les anomalies dépressionnaires propulsant un anticyclone en haute latitude (indice PDO-/Nino) ne déborderont pas de trop en avalant tout sur leur passage (Indice Nino seul) brisant les situations hivernales en vue sur les modèles. V/TNA Après un printemps-été négatif la TNA semble revenir dans une phase neutre. On le voit par la situation actuelle (le rectangle est la zone de la TNA, pas comme l’hiver dernier et pour cet automne où j’avais encadré la TSA et non la TNA... ) Les prédictions semblent bien tendre vers la neutralité, quand on voit la prédiction du modèle UKMO pour les prochains mois : C’est donc une absence de l’influence sur l’Europe de la TNA qui devrait bien se produire. VI/Modèles saisoniers Les modèles saisonniers (bien que les échéances sont lointaine surtout pour janvier-février) peuvent dégager par moment des premières tendances. Même si j’avoue que je me fierai plus aux indices qu’aux modèles à ces échéances mais il est intéressant de regarder si on observe des tendances des modèles qui se relient aux tendances des indices. Pour le modèle saisonnier CFS : Pour décembre on observe un zonal anticyclonique marqué, condition douce, sèche au sud, un peu humide au nord: Pour janvier on observe un blocage nord-atlantique (voir arctique) très marqué favorisant potentiellement des situations froide en Europe de l'ouest, on a une anomalie dépressionnaire forte sur le sud atlantique, qui pourrait venir perturber les racines des blocages. Assez ressemblant ua schèmes PDO- couplé au Nino: Pour février situation de blocage mais pour l'est de l'Europe, la France serait sous un fort anticyclonique permettant de faire couler le froid l'est de l'Europe: Il faut rester très prudent avec ce que met en avant CFS, ça pet assez vite bouger, mais on voit bien un potentiel de blocage assez marqué en janvier-février. Alors que décembre serait plus anticyclonique. ECMWF: Pour ECMWF décembre serait dans les normes autant au niveau de l’humidité que des températures signent d’une situation classique hivernale. C’est- à-dire qu’il ne met pas en avant une situation anticyclonique comme CFS mais plutôt d’alternance froide-douce avec plus ou moins d’humidité, dû aux dépressions qui briseraient les potentiels blocages (fort anomalies sur l’ouest et sur les Iles Svalbard, signe de blocage) : VII/Situations encore indeterminé Même si on semble dégager de nombreuses tendances grâce à divers indices, il reste un bon nombre d’indices non étudié qui viendront au fur et à mesure permettant d’affiner les tendances. Nous avons : -La température de la mer du Nord, la Manche et de l’océan nord atlantique. Selon leurs températures en cas de coulée froide elles favoriseront le froid à se préserver ou non. -Le vortex polaire troposphérique où l’inconnu est encore là au niveau des réserves de froid et l’intensité du vortex. -L’indice d’enneigement sur la Russie. -La PNA qui selon son signe PNA-/PNA+ peu avoir une certaine influence sur l’Europe (voir dans les sources, dans la partie situation encore indéterminé) -Le MJO qui peut influencer un type de régime dans les semaines qui suivent ces phases. Sans oublier les nombreuses incertitudes : -El Nino même si on semble s’y diriger des doutes sur sa force et sa durée subsistent. -Le PDO avec le réchauffement brutal en juillet. - Et les modèles saisonniers qui vont beaucoup bouger. Conclusion : Nous y sommes ! C’est vrai qu’il y avait un peu de lecture xD… Au fur et à mesure des parties vous avez bien dû remarquer qu’un régime se dégageait, mais, récapitulons. Sans oublier que certains indices peuvent encore bouger… Dans le sens hivernal (NAO-/blocage--> tendance froide, selon positionnement des centres d’actions possibilités d’humidité surtout en blocage nord-atlantique): -Un indice solaire neutre pour la réception de particule, l’autre indice des années suivant le pic solaire lui end vers des blocages anticyclonique nord atlantique. -Un QBO progressivement neutre/positif favorisant encore des mouvements en stratosphère qui eux-mêmes favorisent en troposphère des mouvements type blocage et NAO- selon les coups. -Un couplage PDO-/Nino qui favorise une tendance au blocage nord-atlantique Dans le sens hiver doux (NAO+ (humide et doux)/ Anticyclone Français (sec possible flux de sud-ouest ou inversions) : -El Nino -Modèle CFS (sauf pour janvier) Dans le sens hiver neutre alternance : - Modèle ECMWF - TNA (neutre ne favorise rien) Donc la prévision ne tient qu’à moi et on peut ne pas y croire, mais on tend vers un hiver légèrement (modérément ?) sous les normes et possiblement neigeux avec une probabilité au blocage nord-atlantique qui se dégage largement. Tout ça malgré El Nino. El Nino à mes yeux perd clairement de son poids quand on connait l’influence du PDO couplé au Nino, surtout que cet El Nino ne devrait pas être extrêmes. Sans compter les autres indices favorables à un hiver froid. Actuellement je me fie à cette idée. Mais pour les plus gourmands, on a déjà quelques petites tendances qui se dégagent clairement mois par mois (il faut rester très prudent pour ce détail mois par mois on est début septembre, la fiabilité est limité! Je ne garantis pas que cette tendance se valide...) : Décembre : Temps sec, anticyclonique, doux en montagne, doux en plaine sauf si inversion pour les deux premières décades. Ceci à causes d'un zonal anticyclonique et des blocages qui auraient dû mal à prendre sur l'est Atlantique, quelques intermèdes plus humide restent possible si de légère ondulation prennent forme. La fin de mois serait marquée par une transition avec un temps plus humide et plus frais (tempétueux?). Janvier : Les deux premières décades de janvier seraient marqué par l’apparition des blocages nord atlantique mais cette fois ci avec racine le centre de l’atlantique nous apportant des coulées froide, possiblement neigeuse. L’activité dépressionnaire sur le sud de l’Atlantique serait forte faisant écraser les blocages sur l’Europe provoquant des redoux marqués sur quelques jours. A partir de fin janvier les blocages seraient plus solides mais encore fébrile. On surveillera vers le milieu de mois la stratosphère qui pourrait bien s’agiter. Février : Les deux premières décades seraient marquées par des blocages nord-atlantique très solides avec un ralentissement de l’activité dépressionnaire flagrant. Possible gros décrochage sur l’Europe, mais aussi possibilité de continentalisation. La dernière décade serait marqué par le retour du zonal. Voilà, voilà à débattre maintenant et à voir l’évolution des tendances. En tout cas pas mal d’ingrédient sont réunis pour un bel hiver mais on se méfiera de l’épice Nino qui risque de bien perturber le régime de blocage. En espérant que l’hiver se passe aussi bien voir mieux que l’année passée autant niveau temps que sur le forum. Merci de m’avoir lu. Remerciement spécial à @Dark** qui m’a aidé pour certaines formes de phrases et quelques points orthographes et à @Higurashi pour quelques éléments et avis sur des parties. Bon hiver ;) Gugo Sources images/connaissance : Archives hiver dernier : https://www.meteociel.fr/modeles/archives/archives.php?type=era Partie solaire : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2013JD020062 https://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression http://www.encyclopedie-environnement.org/air/la-magnetosphere/ Partie QBO : https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/correlation/qbo.data http://www.geo.fu-berlin.de/en/met/ag/strat/produkte/qbo/index.html -Anomalie passé : https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/composites/day/ Partie ENSO : https://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ http://www.bom.gov.au/climate/enso/index.shtml#tabs=Outlooks https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2006RG000199 http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/CFSv2seasonal.shtml Partie PDO : https://www.ncdc.noaa.gov/teleconnections/pdo/ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4200402/ Partie modèle saisonnier : https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cfs-mon&region=eu&pkg=z500aMean&runtime=2018072518&fh=0 https://www.ecmwf.int/en/forecasts/charts/catalogue/?f[0]=im_field_chart_type%3A483&facets=Type,Forecasts Partie situation encore indéterminée : http://www.meteo.fr/cic/meetings/2013/AMA/resumes/pres_025.pdf
  2. 114 points
    Tendance saisonnière hiver 2018-2019 mise à jour Introduction : Tout d’abord je tiens à vous remercier pour vos nombreux retours très positifs par rapport à la première tendance que j’avais émise. Cependant, je tiens à rappeler que je n’ai pas la science infuse et que je ne garantis pas qu’elle soit bonne (de même pour cette réactualisation en novembre). Dans tous les cas il est difficile de valider une tendance mois par mois (j’avais émis de grosses réserves), une tendance sur l’hiver (les 3 mois réunis) reste plus accessible en début automne. Donc je remets en avant cette réserve qu’il faut avoir vis-à-vis de la tendance saisonnière (surtout mois par mois, même si actuellement à quelques semaines de l’hiver ça devient plus fiable). Ce n’est pas parce qu’un site a eu bon une année qu’il aura bon l’année suivante. Certes certains sites statistiquement sont meilleurs que d’autres car ils étudient probablement mieux les potentiels et les indices, mais les indices n’ont pas la clé totale de la prévision. Plusieurs variations peuvent remettre en question la tendance et parfois c’est seulement 15 jours avant la période concerné qu’on se rend compte de ceci. Revenons à nos moutons, en septembre, j’avais évoqué un hiver qui serait potentiellement sous la dynamique de pulsion en haute latitude sur le nord de l’océan atlantique. Avec des anomalies anticycloniques sur le nord-atlantique assez fortes alors qu’en dessous des anomalies de basses pressions pourraient apparaitre. On tendait donc à des situations de potentiels hivernaux sous polaire maritime assez sérieux. Mois par mois on tendait vers un mois de décembre plutôt doux-sec avec des pulsions trop sur l’Europe de l’ouest. Janvier plus froid avec un décalage des pulsions sur l’atlantique, mais les dépressions circulant au sud perturberaient les mécanismes hivernaux. En février une tendance très hivernale se dégageait avec des pulsions anticycloniques en haute latitude assez solide. (Plus d’info ici : https://forums.infoclimat.fr/f/topic/53312-tendance-hiver-2018-19/?tab=comments#comment-2990472) Des indices supplémentaires sont entrées dans la danse et d’autres ont bougés en 2 mois. Où en est la tendance actuellement ? I/Rappel des indices fixés Le tour des facteurs déjà fixés va être assez rapide, ceux qui veulent plus de détails vont voir le post de septembre en première page merci . J’invite ceux qui ont déjà lu en septembre de relire notamment le 2) car des modifications ont eu lieu. 1) Solaire L’indice solaire se décompose en deux parties. Une première par rapport à la réception de particules. Une seconde par rapport aux années qui suivent le pic solaire. Pour ce qui est de la réception de particule on voit par le graphique de la NOAA que nous sommes au plus bas en termes d’envoi de particules (car faible quantité de tache solaire). Cependant, il ne faut pas oublier qu’il y a un décalage de 4-5 ans entre l’envoi et la réception des particules (dû à différents facteurs, c’est expliqué dans le poste de septembre), de ce fait si on regarde il y a 4-5 ans on constate que nous étions en cours de déclin du nombre de tâches et donc d’envoi de particules. De ce fait l’indice est neutre, un indice à fort envoie aurait été synonyme de NAO+ (doux, humide) et un indice à faible envoie de particule aurait été synonyme de NAO- (froid, potentiellement neigeux). Mais la neutralité nous mène donc à rien en terme de tendance, c’est souvent synonyme de léger régime AR (légère ondulation atlantique et donc alternance de situation douce et fraiche avec un temps plutôt pluvieux). Pour ce qui est des années suivant le pic du nombre de tâche solaire, nous sommes dans la 6ème année suivant le dernier pic. Les études ont dégagés année par année des tendances mondiales qui se dégageaient. Ici on observe que l’année 6 continue dans le sens de l’année 5 avec une situation où les blocages prédominent (on l’a vu cette année avec la grande domination du régime BL). On voit que cette année l’anomalie de hautes pressions est moins présente sur la Scandinavie mais surtout au niveau de l’ouest Russie et du nord atlantique. Cet indice nous dégage donc clairement une situation où les blocages devraient être assez présents sur le Nord atlantique combiné à l’anticyclone Russe (régime NAO-/BLà Froid et plutôt neigeux). On a donc un indice plutôt neutre qui favoriserait plus un régime AR assez faiblard, et un autre bien prononcé qui favoriserait un régime BL/NAO- assez prononcé ce qui tend l’indice global clairement au froid. 2) QBO Pour le QBO, sa chute devrait nous amener vers un hiver neutre (décembre) à léger QBO+ (Janvier février). 2016 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 -14.42 -15.28 -16.79 -17.20 -18.12 2018 -19.02 -19.37 -19.77 -21.41 -24.23 -28.45 -29.10 -20.41 -9.91 -2.79 On avait vu par une comparaison des 10 fois où le QBO passait du négatif au positif durant l’hiver depuis 1945, que 8 fois sur 10 on se retrouvait avec un SSW (pour beaucoup majeur) en stratosphère. Et que ces SSW amenaient en troposphère 7 fois sur les 8 (les 8 SSW) des situations de blocages/NAO- assez conséquent. Dans ces blocages une majorité étaient nord-atlantique (donc des blocages froid-humide et non sec-froid). Pour rappel attention que le blocage ne se trouve pas sur notre tête avec une pulsion sur l’Europe de l’ouest… C’est le risque… On a donc un QBO qui favorise également un hiver froid et potentiellement neigeux si le blocage est bien placé. A condition que l’on est bien un SSW en janvier/février, statistiquement dans la situation du QBO on a 80% de chances d’avoir un SSW. Bien que les réchauffements stratosphériques ont plutôt tendance à avoir lieu en janvier-février, des perturbations stratosphériques pourraient bien avoir lieu dès décembre favorisant fin décembre et début janvier des potentiels blocages (donc froid s’ils se situent en atlantique). Comme il l’avait été évoqué il y a quelques jours, CFS semble bien dégager de potentielles perturbations en stratosphère : Actuellement les dernières runs du CFS restent assez divergent avec des scénarios avec des réchauffements (anomalie chaude), d’autre avec des scénarios avec un VP consistant (anomalie froide). Ceci peut donc amener des interrogations sur la prévision que l’on pouvait dégager en septembre ? Le plan mois par mois n’aurait-il par un cran d’avance par rapport à ce qui était évoqué en septembre ? C’est possible des réponses à ces questions auront lieu plus bas. II/El Nino oui! Mais léger et contré par le PDO En effet, ces dernières semaines un réchauffement rapide a eu lieu en zone 3.4. On a atteint les 1.1°C de moyenne. Nous sommes donc bien entrés dans l’épisode Nino. La zone 3 (à l’est de la 3.4) est particulièrement chaude également c’est donc bien le signe que l’épisode Nino devrait s’installer : Les modèles semblent convergents de manière globale vers une montée autour des 1.3°C puis une stagnation en décembre et une chute progressive mais lente en janvier-février : Ici BOM qui est le seul à voir une légère augmentation continue : Ici CEP qui voit la logique énoncé plus haut : Ici CFS, de même que CEP : Le panel multmodèle est un peu plus bas avec une moyenne sur l’hiver autour de 1°C mais cette moyenne est faussé par des modèles qui sont déjà dans le faux et qui ne voient pas de Nino, pour les autres modèles globalement ça suit la logique des autres : Nous allons donc vers un hiver de type faible Nino, logiquement un hiver Nino en Europe de l’ouest favorise un temps plutôt anticyclonique et doux en décembre puis très zonal en janvier-février (doux et humide). Mais en réalité les choses sont bien différentes quand on lie ENSO-PDO (je redéveloppe l’axe mais plus d’informations sur le post page 1). En effet, le PDO (Indice situé au nord du Pacifique) est vu négatif cet hiver, les choses se confirment d’ailleurs avec des valeurs assez négatives depuis quelques temps (malgré une remontée cet été) : Des études ont montré qu’un PDO- lié à un El Nino favorisait en réalité par chez nous des conditions hivernales. Effectivement on voit ci-dessous par la carte d’anomalie z500 que l’on a une anomalie de hautes pressions très forte sur le Groenland et le nord de l’atlantique, en dessous on a une circulation de basse pression. Ceci est synonyme de blocage nord atlantique avec des montées de hautes pressions en haute latitude, ces blocages sont propulsés par les dépressions dans le sud de l’atlantique nord. On aurait donc bien l’influence de El-Nino sur cette carte avec comme on le voit sur le sud de l’atlantique nord une circulation dépressionnaire assez présente. Si l’indice se valide, l’enjeu sera lors des prévisions long terme de savoir si les anomalies dépressionnaires propulsant un anticyclone en haute latitude (indice PDO-/Nino) ne déborderont pas de trop en avalant tout sur leur passage (Indice Nino seul) brisant les situations hivernales en vue sur les modèles. Mais aussi que les basses pressions coulant en Europe ne se lient pas aux basses pressions sur le sud de l’atlantique comme en février dernier : III/TNA C’est l’un des indices qui a bien changé depuis le début de l’automne… En effet, en septembre la TNA était négative et on semblait revenir vers une tendance neutre durant l’hiver (proche de 0°C d’anomalie). Mais les choses ont changé. Tout d’abord, actuellement on observe qu’elle est globalement neutre avec des zones plus fraîches que d’autres par rapport aux normes : Mais les prévisions vont dans le sens d’une TNA positive (sans gros excédant) qui semble s’affirmer (avec une moyenne autour des 0.4°C). Rien de transcendant mais il sera intéressant de suivre la mise à jour mi-novembre. Actuellement cela favoriserait donc une légère TNA+. Une légère TNA+ favorise des conditions NAO- en atlantique-Europe et donc un temps plutôt froid et sec ou humide selon l’évolution. Un indice de plus dans le sens hivernal. Mais on va rester prudent car la situation actuelle de correspond pas aux prévisions. IV/ Etats des mers L’état des anomalies des mers et de l’océan atlantique sont des facteurs primordiaux pour les coulées maritimes froides durant l’hiver. Plus la mer est au-dessus des normes, moins la coulée sera froide une fois arrivée à nos latitudes et inversement. C’est donc un facteur important notamment dans le contexte de blocages atlantique ou le froid vient par une surface maritime. La situation est assez contrasté, en effet, on observe un large excèdent dans la Manche et dans la mer du Nord, ce sont les dernières mers avant l’arrivée des potentiels coulées froide sur notre pays, elles sont très importantes pour la préservation du froid avant l’entrée sur le continent. Logiquement ces anomalies chaudes ne sont donc pas une bonne nouvelle pour tout flux type polaire maritime. Mais ceci est compensé par un océan nord atlantique globalement sous les normes, avec du Royaume-Unis jusqu’à l’Islande des températures sous les normes, ces anomalies négatives s’étendent jusqu’à la moitié ouest de la Scandinavie. Les anomalies très chaudes au bord de l’Arctique sont dues principalement au retard de la prise de glace et c’est donc un peu plus négligeable (bien que ce soit embêtant) que les deux facteurs évoqué précédemment. Cet indice est évidement à surveiller tout novembre et même durant l’hiver. La grosse poussée anticyclonique en Europe de l’est ces prochains jours pourrait provoquer un étalement des anomalies positives déjà présentes sur l’est Scandinavie. A surveiller. V/Vortex polaire et réserve froide L’état du vortex polaire est très important pour l’hiver. En effet, pas de réserve froide pas de froid assez puissant pour des conditions hivernales sur l’Europe de l’ouest. La constitution du vortex polaire à une importante également, son développement plus ou moins en avance à une influence également sur le mois de décembre. On a une situation avec un VP qui est plutôt bien développé comparé aux dernières années, sachant que l’on a une relative présence des hautes pressions en ce début novembre. Cependant, ce n’est pas aussi développé que d’autres années plus anciennes, mais ça l’est aussi plus que d’autres on est à peu près dans un développement normal si on se fixe depuis les années 90 : Sur les réserves froides c’est quand même assez contrasté, avec les quelques coulées de ce début de mois, des anomalies chaudes sont assez présentes en haute latitude même si en moyenne latitude on a une présence d’anomalie froide. C’est relativement contrasté là encore, on n’a rien d’exceptionnel en réserve de froid donc (assez logique dans le contexte du RC, c’est déjà bien d’avoir un peu de bleu…) il faudra suivre la suite du mois. Donc pas grand-chose à dégager, assez contrasté fort logiquement dans le contexte du RC, novembre sera important pour la création de réelle réserve de froid, si une agitation d’HP (haute pression) en haute latitude durant le mois (ce qui semble possible en seconde partie de mois) ne devrait pas aider à la création de ces réserves. La situation à l’échelle Atlantique-Europe ces prochains jours ne devraient pas être très bénéfique, en effet le gros système dépressionnaire sur l’Atlantique favoriserait une remontée de la douceur massive sur le nord atlantique. Ce n’est pas très positif il faudra une ou deux coulées froides sur ce secteur avant d’avoir une constitution froide à peu près normal sur ces zones VI/ Indice Sibérien Bien que les études divergent sur le fait que l’enneigement en Sibérie a une influence plus ou moins importante sur l’Europe, je reste à l’idée qu’il a une influence importante dans ce qui est de la constitution de drain froid et également le fait de favoriser la formation d’anticyclone Russe puissant qui peuvent avoir une grande importance selon la situation en Europe-Atlantique. Pour les drains froids il faut d’abord avoir la synoptique pour, certes à la vue des indices précédent on part sur une synoptique de blocage mais plus atlantique que scandinave. Cependant, sur divers évolutions un blocage peut vite passer d’un blocage atlantique à un blocage plus scandinave et donc avoir des drains continentaux qui viennent jusque chez nous. Pour ce qui est de favoriser les anticyclones Russes puissant, ceci peut avoir une influence importante chez nous. Quand on a une situation de blocage sur l’Atlantique, l’AR peut permettre de favoriser les coulées en direction de l’Europe, car la coulée n’a pas de place pour s’étendre vers la Russie, par la suite en général on a une interaction de l’anticyclone atlantique et russe : Mais il peut aussi favoriser un blocage dépressionnaire type zonal, avec des dépressions qui passent en Europe, remontent vers le VP vers la Scandinavie, puis de nouveau une dépression qui redescend vers l’Europe… tout ceci bloqué par l’anticyclone Russe : Mais quand est-il donc de l’enneigement ? L’indice compte principalement en dessous du trait rouge, au-dessus ça influence peu. On constate qu’il y a déjà des zones plutôt bien enneigé sur certaines régions sous la latitude 55. A cette période de l’année l’enneigement devrait être environ au niveau du trait et pas en dessous, on part donc sur une avance par rapport aux normes sur la moitié centre-est. La moitié ouest est assez en retrait compte tenu de la masse anticyclonique chaude actuelle : Il sera important de surveiller ces prochaines semaines l’évolution de cette zone, pour savoir, si quand on rentre en décembre on aura une situation avec des potentiels d’AR qui peuvent se former plus facilement et des drains qui seraient particulièrement froid en cas de blocage scandinave. Pour ça il faudra un développement neigeux sur l’ouest Russie, ce qui n’est actuellement pas le cas. VII/ Modèle et dynamique actuelle Les modèles sont assez dispersés, même si on a des rapprochements. Je vais utiliser 3 modèles, le modèle de tendance Canadien, le modèle ECMWF (qui regroupe les 3 mois) et CFS en essayant de les décrypter : Décembre : Le modèle canadien met en avant un mois de décembre en deux temps, avec un AI (anticyclone Islandais) léger (signe d’une période de blocage) et une zone dépressionnaire très étendu (zonal+ coulée dû à la période de blocage). Donc un mois sans doute séparé en deux temps, zonal (humide +doux) puis coulée de blocage (froid + humide). CFS lui aussi semble être dégradé, avec des HPs assez haut sur l’ouest atlantique signe sans doute de période de blocage (froid, humide) mais aussi d’une présence dépressionnaire assez linéaire (zonal). Ceci met la France dans une zone de conflit : Janvier : Alors que CFS met clairement un blocage massif type continental (froid et sec) avec un léger affaiblissement nord atlantique (petit coulée maritime ?). Le modèle canadien table sur un AI bien plus présent (on en déduit que fin décembre donc dans le sens d’un développement d’un AI alors que l’autre parti serait plus zonal) : Février : Les modèles sont assez extrêmes dans leurs idées, je pense qu’ils ont dû mal à percevoir février encore. CFS lui est sur du zonal très puissant (doux + humide), et le modèle Canadien voit des blocages massifs en haute latitude (combiné au RC je pense) alors qu’on aurait des anomalies extrêmement froide en Europe de l’ouest (une carte qui fait penser au terrible février 1962…). ECMWF sur les 3 mois : A l’image des deux autres sur les 3 mois ECMWF semble partagé avec une France sur une zone de conflit (ceci explique la prévision de MF qui ne dégage pas de scénario. On devrait avoir des périodes zonal dû aux BPs (basse pressions) atlantique et d’autres plus anticycloniques avec des HPs en haute latitude (Scandinavie+ Nord RU): Des modèles donc qui dégagent un hiver avec des phases contrasté, janvier semble aller dans un accord sur le potentiel hivernal. Ceci semble logique dans le cas où un réchauffement stratosphérique aurait lieu mi-décembre. Février est encore assez incertain et décembre donc assez contrasté. On peut prendre en compte les tendances de novembre qui semblent relativement dépressionnaire, on semble à LT tourné vers une situation plus ondulante qui serait idéale pour les montagnes. Cette situation pourrait bien être une nouvelle synoptique générale bloqué jusqu’à début décembre. Conclusion : Nous y voilà donc dans un premier temps je vous propose un bilan des points à caractère hivernaux et des points à caractère non hivernaux Tendance hivernale : -QBO -Indice solaire -PDO-/ENSO (Nino) -TNA -Janvier pour les modèles -Enneigement en Sibérie (en avance mais attention à ne pas prendre du retard sur la moitié ouest) Tendance douce : -Le Réchauffement climatique -ENSO seul Tendance neutre : -Modèle décembre-février. -VP/Reserve plutôt dans les normes. Ça semble donc clair on tend de manière globale sur une tendance d’un hiver qui serait bien hivernal, avec un beau potentiel de blocage en haute latitude (Nord atlantique virant potentiellement en AS donc froid humide puis possiblement froid sec). Cependant des variations sont à attendre selon les mois. Je vous propose mois par mois une tendance (qui ne tient qu’à moi), on observe que ça n’a pas tant bougé depuis septembre, on a juste un décalage dans les tendances de 15 jours environ, ceci est dû au potentiel réchauffement stratosphérique mais aussi à la situation actuelle en novembre. Il est tout à fait possible que la tendance se re-décal de manière globale de 15 jours également. Décembre : Un mois qui serait influencé par des situations d’alternances radicales. Les ondulations en atlantique de fin novembre perduraient en première décade de mois avec des phases humide et douce ou fraîche selon le flux. Deuxième décade un passage plus anticyclonique (doux/sec) semble possible. Fin décembre des blocages en hautes latitude au niveau de l’Islande se mettraient en place mais ils peineraient à tenir et des retours plus doux et dépressionnaire apparaîtront souvent après des phases de polaire maritime plus ou moins conséquent. Milieu de mois on surveillera la potentielle activité en stratosphère. Janvier : Début de mois les blocages se font plus résistant avec des potentiels coulés maritime plus fringante, la possibilité d’évolution en AS est assez grande. Cependant l’activité dépressionnaire réussira à prendre la main sur les blocages. Dans la seconde partie de mois des blocages massifs, avec une réduction de l’activité dépressionnaire s’imposeraient. Les potentiels hivernaux seront très grands. Si on a une absence de réchauffement en stratosphère en décembre, il semble possible qu’un réchauffement est plus lieu courant janvier. Et tout ce qui vient d’être dit au niveau de la troposphère pour janvier serait décaler de 10/15 jours environ, et donc un prolongement des situations bancales de fin décembre, début janvier. Février : Ce potentiel hivernal avec des blocages massifs se prolongerait jusqu’à la fin de la première décade de février (fin de seconde si réchauffement stratosphérique en janvier). A partir de la deuxième décade un retour plus dépressionnaire et zonal devrait s’imposer. Voilà voilà, ce qu’il faut retenir c’est surtout décembre sous alternance, janvier très hivernal surtout à partir du 15, février à partir du 10 dépressionnaire mais avant très hivernal. Là où j’ai une grosse interrogation c’est sur la stratosphère, je suis personnellement convaincu qu’on aura des réchauffements cet hiver, mais la période pourrait influencer grandement la prévision. Vous pouvez donc lire aussi la prévision ci-dessus avec une possibilité de décalage de 15 jours à partir de janvier. Même si je table plus sur une idée sans le décalage de 15 jours actuellement. Merci de m’avoir lu ! Gugo Sources images/connaissance : Partie solaire : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2013JD020062 https://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression http://www.encyclopedie-environnement.org/air/la-magnetosphere/ Partie QBO : https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/correlation/qbo.data http://www.geo.fu-berlin.de/en/met/ag/strat/produkte/qbo/index.html -Anomalie passé : https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/composites/day/ https://twitter.com/WorldClimateSvc/status/1056894162828701697 Partie ENSO : https://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ http://www.bom.gov.au/climate/enso/index.shtml#tabs=Outlooks https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2006RG000199 http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/CFSv2seasonal.shtml Partie PDO : https://www.ncdc.noaa.gov/teleconnections/pdo/ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4200402/ Partie modèle saisonnier : https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cfs-mon&region=eu&pkg=z500aMean&runtime=2018072518&fh=0 https://www.ecmwf.int/en/forecasts/charts/catalogue/?f[0]=im_field_chart_type%3A483&facets=Type,Forecasts https://twitter.com/WorldClimateSvc/status/1058053704635564032
  3. 100 points
    Tendance saisonnière hiver 2018-2019 mise à jour Malgré un emploi du temps chargé (ça va se calmer à partir de cette semaine jusqu'au 1 février c'est parfait ) je vais essayer de vous proposer une nouvelle mise à jour de mon avis sur la tendances saisonnière après celle de septembre et de novembre Introduction: Encore une fois je tiens à vous remercier pour les nombreux retour que j'ai pu avoir autant sur la publication de ma tendance en septembre que celle de novembre. On peut commencer à mettre en avant un premier bilan. Voilà ce que l'on avait pu dégager pour décembre: Le fait de l'alternance sur ce mois de décembre se valide bel et bien, une erreur cependant sur la situation de seconde décade qui reste sur des alternances de flux et non doux/sec uniquement. Pour fin décembre on semble bien aller vers des possibilités de dorsale et de montée de hautes pressions (HP) avec des blocages qui peineraient à se mettre en place à cause d'une persistance dépressionnaire (j'en reparle dans le I/), donc le mois est quand même globalement validé. Nous sommes au milieu de mois et on observe bel et bien les modèles s'activer pour la stratosphère. On a donc une validation plutôt bonne du mois. Mais attention ce n'est pas parce que ce mois se valide que les autres seront bons... même si de voir qu'il n'y a pas trop d'erreurs en décembre peut donner un bon espoir notamment en janvier.... ce que j'avais dégagé pour les autres mois: La situation est intéressante car en stratosphère on a un mixte des deux possibilités que l'on avait mis en avant (j'y reviendrais en II/) avec un réchauffement stratosphérique qui dans un premier temps est en décembre mais déborde sur janvier pour une probable évolution. De ce fait on est dans une période d'entre deux des deux possibilités que l'on avait pu évoquer. Mais ceci reste dans la dynamique globale que l'on avait pu dégager, donc on part sur des rectifications d'échéances sur cette tendance.... et peut être plus . Voilà, voilà que la fête commence mais pour être franc et pour avoir comparé avec ces dernières années... on est sur le plus gros potentiel depuis 9-10 ans.... Si vous voulez comprendre pourquoi... bonne lecture (petite conclusion à la fin de chaque partie pour les flemmards du détail, lisez au moins ça c'est le plus important) Je rappelle deux aspects que je ne vais pas réévoquer car il sont déjà acquis (j'invite à aller voir le post de décembre si vous voulez les explications détaillé-justifié), l'indice solaire est favorable à un régime de blocage atlantique nord sur cet hiver et la dynamique de transition du QBO de la phase - à la phase + favorise de grands mouvement en stratosphère (ça se confirme bien.....). Et je tiens à préciser que la TNA ne devrait pas en définitif pas avoir d'influence car elle resterait sous les +0.5°C. De même pour la PNA qui va revenir au neutre ces prochains temps, il faudra surveiller en janvier-février si elle repasse au positif (favorise NAO- dans le cadre d'el Nino) ou pas. I/La dynamique actuelle C'est un aspect qui semble banal à première vu mais qui est important pour les semaines à venir. En effet, il est impossible d'avoir en Europe de l'ouest-Atlantique 2 et surtout 3 mois de même dynamique (Exemple: blocage scandinave, BL atlantique, dorsale, zonal, AF....), donc imaginons nous aurions eu un mois de décembre sous régime de blocage en haute latitude tout en sachant que novembre a connu en partie cette dynamique, il aurait été difficile de laisser penser que l'on aurait janvier et surtout février dans cette dynamique. Les régimes changent en permanence mais on des moments de dominances, on le voit bien ci dessous avec les régimes dominants depuis 100 jours. Attention il faut en partie relativiser, certains régimes qui apparaissent ne donnent pas toujours ce qu'ils sont censés favoriser. Attention je ne mets pas ici une théorie de la compensation mais surtout que l'on observe que l'on sort globalement d'un régime NAO+ dominant et que là nous entrons dans un mixte NAO-/BL mais qui est en réalité fortement influencé par la dynamique NAO+ quand on regarde les synoptiques (bien qu'on a eu le droit à 2 petits jours bien frais la semaine dernière). On peut donc imaginer que ce début d'apparition du BL/NAO- est peut être le prémisse d'un nouveau cycle de rémige? Oui et non selon moi. Je pense que ça va se faire très progressivement à l'image des modèles pour la fin de mois. Et encore le chemin pourrait ne pas être de tout repos. En effet, on voit quand même une situation relativement NAO+, dépressionnaire plus ou moins douce encore ce dimanche dernier: Mais les choses pourraient bien évoluer à partir de Noël avec une possible première ondulation plus ou moins sérieuse, on a encore du mal à savoir sa force et son placement: Ceci pourrait favoriser au passage un basculement des blocs dépressionnaires du vortex polaire et des reverses froides (j'y reviendrai en VI). Par la suite ça reste relativement incertain surtout qu'une influence assez dépressionnaire pourrait reprendre à cause de la stratosphère (j'y reviens en II). Conclusion I/: Vous l'avez bien compris, pour cette fin décembre on devrait donc avoir une réelle situation d'alternance avec des hautes pression qui essayeraient de monter en haute latitude mais qui auraient du mal à cause de la trop grande présence des basses pressions. Donc oui de très légers blocages (le 25?) mais très relatif et qui ne tiendraient pas. Il se pourrait même qu'en toute fin de mois le NAO+ se réimpose temporairement (je serai peu étonné en tout cas je vais m'expliquer dans le II-VI). II/ La stratosphère nous amène vers des folies C'est une conséquence directe du fameux QBO- qui passe au plus + en ce mois de décembre. En effet, en stratosphère (situé au dessus de la troposphère) c'est le bazar très clairement. Les conséquences de la stratosphère vers la troposphère peuvent être importantes. En effet, si on a un ralentissement voir un inversement des vents zonaux en stratosphère, si ce ralentissement descend bien en troposphère, les conséquences peuvent être lourdes avec une situation favorable à un AO- (cet à dire un vortex polaire attaqué de toute part par les hautes pressions--> soit un temps potentiellement très hivernal en Europe de l'ouest si les pulsions sont en atlantique; sauf si ces pulsions sont en Europe de l'ouest ça serait plutôt un temps doux et sec). Inversement, si on a une accélération des vents zonaux, on a une tendance à l'AO+ (un vortex polaire intense favorisant un temps zonal (humide et doux)). Alors à quoi devons-nous nous attendre? Ces prochains jours nous allons connaitre une première légère diminution de la vitesse des vents, par la suite on aurait la mise en place d'un réel inversement qui est bien marqué: La question qui vient par la suite c'est allons nous vers un simple SSW majeur ou un SSW majeur qui évoluerait en split? Dimanche des prémices sur les extrêmes échéances mettaient en avant une tournure en split à partir du 1er janvier. Actuellement c'est moins le cas, le réchauffement n'arriverait pas à séparer en deux le VPS (vortex polaire stratosphérique) : De même chez l'ensemble: Le SSW majeur est donc acquis mais l'évolution en split est loin de l'être surtout à l'heure actuelle, cependant les échéances lointaines peuvent encore provoquer des modifications de l'évolution. Pour rappel on peut se permettre d'aller beaucoup plus loin dans les échéances en stratosphère qu'en troposphère car la dynamique est beaucoup plus stable. Quels conséquences à attendre? Tout d'abord il faut que les ralentissements-inversement en stratosphère s'imposent en troposphère, je vais vous proposer une petite animation ci-dessous. Ce graphique représente l'altitude sur les ordonnées et la latitude sur les abscisses, la couleur est la force des vents zonaux, quand on passe dans le négatif il y a un inversement. Ici ce qui nous intéresse ce sont les hautes latitudes, car c’est ici que l'on trouve les vortex polaires. Comme on le voit jusqu'au 24-25 il ne se passe rien de bien exceptionnel avec un VPS actif et un VPT (vortex polaire troposphérique) qui subit quelques variations. A partir du 25 on a une descentes des vents intenses de la stratosphère (en rouge), quelques conséquences sont à attendre en troposphère avec une accélération visible en fin de mois à 500hPa notamment à la latitude 70. C'est pour cela qu'un retour d'un temps dépressionnaire fin décembre après noël ne m'étonnerait guère. Dans le même temps et par la suite on aurait un inversement qui s'imposerait, c'est la période où le SSW majeur s'imposerait, en troposphère après environ 4 jours on revient dans une situation normale et surtout très rapidement on perçoit un début de ralentissement (en orange) à partir de janvier, ceci reste à confirmer. Zonal u - Google Chrome 17_12_2018 11_12_07_Trim (2).mp4 Notons qu'en février le VPS aurait bien de mal à se reformer avec même de possibles nouvelles attaques quand on regarde la moyenne CFS pour février: Conclusion II/: Il faudra suivre ce prochains jours régulièrement ce schéma mais on peut donc conclure que après noël une dominance dépressionnaire pourrait de nouveau s'imposer, mais assez rapidement à partir du premier janvier, on semble percevoir un début de ralentissement. Mais les plus grosses conséquences en troposphère devraient probablement se voir vers le 5-10 janvier, si on a une évolution en split vers le 1er janvier, ou du moins un VPS qui a du mal à se réactiver, il est fort possible que l'on observe des conséquences aussi vers le 15-20 janvier. Donc très clairement la stratosphère est fortement favorable à des potentiels hivernaux, pour janvier mais il faut rester prudent, une pulsion anticyclonique sur l’Europe et non sur l'atlantique peut vite arriver, mais les parties suivantes pourraient bien donner des indices là dessus... III/El Nino faible, affirmation du PDO Oui, El Nino est faible il peine à s'imposer, avec des variations allant de +0.5°C à 1°C depuis quelques jours: Et on part très probablement une une situation qui perdure à ce niveau, voir une légère diminution en février: Ceci est donc une assez bonne nouvelle pour les amoureux du temps hivernal car une diminution de El Nino notamment en février et une valeur assez faible en janvier(0.5-1 faible) est plutôt favorable pour éviter une trop forte activité dépressionnaire et une tournure zonal. Et c'est même très très intéressant dans le cas où nous nous trouvons avec un PDO-, en effet pour rappel (plus d'information sur le post de septembre), un PDO- corrélé avec un El Nino favorise des blocages en haute latitude sur l'Islande (favorable au froid potentiellement neigeux): Valeur PDO en novembre (ça devrait perdurer tout l'hiver): Corrélation PDO-/Nino à z500 (on voit une fort bloc anticyclonique en haute latitude sur l'atlantique (Nino/PDO-) alors qu'au sud de l'atlantique nord on a une circulation de basse pression qui pulsent ces hautes pressions (Nino seul)): Conclusion III: On le savait déjà depuis un moment cette corrélation allait dans le sens d'un temps hivernal, mais les choses s'affirment encore plus dans le cas ou El Nino est faible car ça pourrait permettre de limiter l'activité dépressionnaire en basse latitude sur l'atlantique nord et donc favoriser des blocages atlantiques solides. Un indice très nettement favorable donc pour nos deux mois (surtout février avec une baisse possible de l'ENSO). IV/La Sibérie enneigé Bien que les avis divergent sur le fait que l’enneigement en Sibérie a une influence plus ou moins importante sur l’Europe, je reste à l’idée qu’il a une influence importante dans ce qui est de la constitution de drain froid et également le fait de favoriser la formation d’anticyclone Russe puissant qui peuvent avoir une grande importance selon la situation en Europe-Atlantique (plus d'explication sur le post de novembre). On observe que l'enneigement sous la latitude 55 (barre rouge, l'indice rentre en jeu sous la latitude 60) est vraiment bon avec une Russie qui a un enneigemet conséquent jusqu'à l'ouest sous la latitude 50, les pays les plus à l'est de l'Europe jusqu'à la Pologne sont assez enneigé. La situation est donc favorable pour de bon drains continentaux bien froid, dans le cas ou les potentiels blocages atlantiques tourneraient au scandinave, cependant les conditions de neige peuvent encore bouger mais comme on le voit ci dessous les pays à l'est de la Pologne ont suffisamment de quantités pour résister aux radoucissements, donc une couverture solide et intéressante: Ceci est donc aussi favorable à la formation d'anticyclone Russe, on le voit d'ailleurs sur les modèles depuis quelques temps. A voir donc l'évolution de ceci. Conclusion IV/: On a donc un indice d'enneigement en Sibérie qui est fort intéressant avec un enneigement conséquent, on peut donc s'attendre à des drains puissants si on a des continentalisations et des influences d'un anticyclone Russe sur les pulsions anticycloniques en Atlantique. V/Des réserves froides en basculement et qui s'intensifient CEP-GFS voient bien un basculement de ses réserves mais divergent clairement sur la manière et les ensembles suivent clairement leur déterministe et on a un CFS qui partagent les deux. En effet actuellement la concentration du vortex polaire se trouve de l'autre côté du globe en est Sibérie: Cette dynamique est assez présente depuis quelques semaines, mais les choses devraient fortement bouger prochainement. Effectivement comme on le voit sur les animations ensCEP-GEFS on devrait avoir un déplacement des pôles forts du vortex polaire plus de notre côté du globe: CEP voit un déplacement du noyau de basses pressions en partie vers le Canada et un autre vers la Scandinavie: Jusqu'à 192h GEFS suit l'ensemble CEP mais après il diverge, il voit une très large partie du noyau fort aller vers le Canada et quasiment rien vers la Scandinavie, cette divergence s'explique par une fort bloc anticyclonique par chez nous qui se dégage, mais il faut rester prudent face à ceci compte tenu des échéances, en quelques runs ce bloc pourrait vite disparaître pour voir GEFS revenir vers ensCEP: µ CFS semble suivre GFS sur l'idée TLT, mais quand on regarde un peu plus loin encore, on voit un nouveau basculement du noyau vers la Scandinavie première partie de mois de janvier (on voit qu'en attendant on irait vers du zonal chez nous): Conclusion V: Il est clair que le plus gros du vortex ne sera plus à l'est de la Russie en fin de mois, mais la question importante qui n'est pas résolu à l'heure actuelle c'est où va-t-il aller. Il va forcément se séparer en partie entre l’Amérique nord et la Scandinavie, mais on voit qu'un secteur devrait plus en profiter qu'un autre, ceci sera à suivre prochainement. Dans tous les cas ça va déplacer le bloc dépressionnaire dans un premier temps puis créer amener de nouveau des réserves froides plus proche de chez nous ce qui favoriserait l'arrivée de froid lors de dynamique hivernale, maintenant il reste à savoir où pour savoir la quantité et les répercussions chez nous (car un noyau du VP en Amérique provoque des choses radicalement différente qu'ne Scandinavie). Ce déplacement pourrait bien favoriser un temps plus dépressionnaire en fin de mois (corrélation avec la strato et le MJO) Pour répondre à @sastrugis ce changement de place noyau fort du vortex s'explique possiblement par la stratosphère, en effet, nous avons connu ces derniers jours un petit SSW mineur qui a favorisé un déplacement du VPS, ce déplacement était vers la Scandinavie, ceci peut expliquer le déplacement en fin de mois du noyau fort du vortex polaire vers la Scandinavie-Amérique du Nord. VI/ Le MJO ça en est où? Actuellement le MJO est en phase 4 ce qui favoriserait un NAO+ ces prochains temps, le passage en phase 5 va favoriser toujours le NAO+ mais à un degré plus limité et avec des tentatives de pulsions en haute latitude, c'est ce que l'on semble bien voir à partir de noël mais divers facteurs tel que la stratosphère-basculement du VP, pourraient favoriser le côté NAO+ assez nettement en fin d'année. On voit ici qu'à partir du 1 janvier on pourrait passer en phase 6: Et la version BOM confirme ce que l'on pouvait préssentir en janvier on passe en MJO 6 puis probablement 7 durant janvier, il faudra suivre si l'évolution se confirme: Ce passage en phase 6-7 est clairement favorable à la mise en place d'un régime de dorsale assez rapidement virant au régime NAO-/BL. On peut s’attendre donc à partir du 5-10 janvier (encore) à un MJO qui favoriserait un régime hivernal. Conclusion VI/: Un MJO qui favorise au début un temps dépressionnaire, mais en janvier les choses changent avec un MJO qui favoriserait un temps hivernal. VII/Des mers chaudes Clairement il n'y a pas grand chose à dire, les anomalies sont marqués partout, ceci n'est clairement pas favorable au froid, dans le cas de coulée de polaire maritime car la douceur des mers favoriserait un réchauffement des masses d'airs. C'est réellement un facteur important qui n'est pas favorable au temps hivernal, car c’est bien d'avoir les synoptiques, mais s'il n'y a pas de réserve ou bien que les coulées de ces réserves sont réchauffés par les mers ça ne ferait pas grand chose d'hivernal... : VIII/Les modèles Les modèles sont intéressants car ils vont dans le sens des tendances que l'on peut dégager grâce aux indices: CANsip, le modèle canadien voit un mois de janvier plutôt zonal, doux et humide, c'est assez surprenant car rien ne tend vers ceci mais ça reste possible notamment dans le cas où tout le vortex polaire permuterait vers l’Amérique du nord fin décembre: Février reste sous une dynamique de blocage plus marqué: CEP lui voit sur 3 mois de forts blocages en haute latitude, avec probablement à certains moments des basses pressions continentales (bleu) qui se relient aux basses pressions atlantique (violet) qui pulsent les hautes pressions(rouge), donc une dynamique froide avec des blocages mais assez dépressionnaire, n'oublions pas c'est une moyenne sur 3 mois ce qui explique peut être cette situation : CFS (ce n'est pas un run mais bien la moyenne des 15 derniers et c'est comme ça depuis plusieurs jours...) lui est une dinguerie hivernophilement parlant, on aurait le droit à tout jusqu'à mars: Conclusion VII: un accord des modèles notamment sur février pour de réel potentiel hivernaux, janvier reste ouvert même si CANSip met des doutes. Conclusion générale: Clairement comme je le disais en introduction on est sur le plus grand potentiel depuis 9-10 ans... On a une corrélation des événements qui est quand même très intéressante. En effet, alors que la stratosphère devrait s'agiter, pendant ce temps les blocs froids reviendraient de notre côté du globe et le MJO commencerait à favoriser un NAO-/BL quand les répercussions de la stratosphère se verraient, dans le même temps l'enso/pdo continuent à favoriser des blocages en plus de l'indice solaire, l'enneigement en Sibérie laisse de belle perspective en cas de continentalisation... seul les mers sont chaudes et le risque que le VP qui va trop vers l’Amérique du nord sont les voyants rouges. Il ne manquerait plus qu'une PNA qui revient dans le positif en janvier et c'est un réel feu d'artifice. Les zones d'ombres importantes à savoir ces prochains jours seront l'évolution en split ou pas de la stratosphère et où va migrer le noyau fort du vortex polaire troposphérique. Donc voilà ce que l'on peut dégager pour les prochaines périodes: Seconde moitié de décembre: Cette seconde moitié de mois devrait être marqué par une situation très dépendantes de l'évolution dépressionnaire avec une influence du NAO+ assez présente. Des ondulations restent possible à l'image de celle que l'on commence à dégager pour Noël mais il sera compliqué d'avoir quelque chose de réellement hivernal. Pendant ce temps en stratosphère le SSW majeur s'imposerait et on aurait peut être un split en formation. En troposphère on aurait une migration de noyau fort du VP. Janvier: Une première décade où l'on verrait le début d'une installation plus marqué en haute latitude des hautes pressions mais elles auraient quelques difficultés à s'imposer. Ça sera en tout cas plus ondulant en atlantique voir sous forme de dorsale. A partir de la deuxième décade on aurait une réelle élévation des hautes pressions (qui pourrait partiellement se produire chez nous, donc un possible période douce fin première décade) avec l'apparition de blocages solides en nord-atlantique, en troisième décade ce blocage se développe avec des possibles permutations en blocage scandinave avec l'influence de l'anticyclone Russe. Les deux dernières décades verraient donc une réelle installation hivernale nettement sous les normes, plutôt froide neigeuse puis très froides et sec selon moi. Février: C'est un pari risqué mais pour moi la première quinzaine de février continuerait dans la dynamique de janvier avec une réalimentation récurrente de blocage (avec lors des réalimentations des petits décrochages dépressionnaire amenant de la neige avant de fort froid continentaux) et un réel potentiel hivernal durable peu vu depuis décembre 2010. A partir du 20 environ on verrait un retour d'un temps plus doux mais pas extrêmement humide, potentiellement un anticyclone français marqué. Un redoux général marquant la fin de la dynamique mais pas un retour du zonal réel. Mars: Durant la première quinzaine un dernier potentiel hivernal pourrait se dégager avec ce bloc de hautes pressions plus situé sur l’Europe de l'ouest qui réussirait à s'élever amenant un potentiel de continentalisation. La seconde quinzaine irait dans le sens d'un temps type zonal, dépressionnaire et doux. Peut être que je me trompe complètement, mais je suis prêt à parier que l'on aura quelque chose de minimum 20jours (en comptant la mise en place sinon plus 15) de sérieusement hivernal. Allé qui sait.... On peut toujours espérer ça (et l'évolution ensuite que je vous laisse aller voir): Je suis ouvert à tout débat ici ou sur le tchat météo dont je vous invite à nous rejoindre notamment pour débattre sur des sujets plus en mode tchat et éviter un flood ici, ou encore suivre en live les sorties des modèles (pour ne pas flood le LT lors des grands potentiels) avec une communauté de plus en plus grande chaque jour! Le lien est en bannière du forum mais je vous les mets aussi ici (ATTENTION: il y a une vérification avec un modérateur qui prend 3-4minutes qui vous empêche de parler sur les salons) : https://discord.gg/VpvTYqr Merci de m'avoir lu. Bonne fête de fin d'année Gugo Source: Partie strato: http://www.atmos.albany.edu/student/hattard/realtime.php Partie ENSO/¨PDO : https://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ http://www.bom.gov.au/climate/enso/index.shtml#tabs=Outlooks https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2006RG000199 http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/CFSv2seasonal.shtml https://www.ncdc.noaa.gov/teleconnections/pdo/ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4200402/ Partie modèle saisonnier : https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cfs-mon&region=eu&pkg=z500aMean&runtime=2018072518&fh=0 https://www.ecmwf.int/en/forecasts/charts/catalogue/?f[0]=im_field_chart_type%3A483&facets=Type,Forecasts https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cansips&region=eu&pkg=z500a&runtime=2018120100&fh=1 Partie Sibérie: https://climatereanalyzer.org/wx/DailySummary/#seaice-snowc-topo MJO: http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/precip/CWlink/MJO/CLIVAR/clivar_wh.shtml#for +connaissances générales des divers topics infoclimats
  4. 89 points
    (bon eh bien il est temps de lancer le pavé...) Petite remarque préalable à ce qui va suivre : je ne prétends pas vous donner dès a présent une prévision fiable et robuste de l'hiver à venir. Je sais que ce topic fait tous les ans l'objet d'espérances passionnées, dont les miennes d'ailleurs, et à la sortie de trois hivers qui nous ont plus que laissé sur notre soif d'épisodes hivernaux celui de cette année va probablement cristalliser bien des attentes. Comme tous les ans, je m'efforce de présenter une vision aussi objective et complète que possible, et cela n'est pas toujours facile. D'une part car on a tous une partie humaine instinctive qui tantôt par optimisme nous conduit à minimiser les arguments que l'on juge défavorables, tantôt par dépit a tendance à nous faire voir un tableau plus sombre qui ne l'est (et je reconnais pêcher plus souvent dans ce second sens). D'autre part, car on ne saurait être complets et exhaustifs à nos niveaux d'amateurs, bien loin du niveau de spécialistes qui eux-mêmes se savent humbles malgré des années et des années d'étude et de travaux. Par ailleurs, quand je m'intéresse à la prévision saisonnière, ce sont bien davantage les méthodes, les arguments, et les explications qui permettent d'arriver à cette prévision qui me passionnent. Bien plus que le résultat. J'ai conscience que la majorité des lecteurs, peut-être aussi des simples membres, viennent ici davantage pour un résultat, qu'ils aient conscience ou non du plus ou moins maigre niveau de fiabilité de ce résultat. Je ne juge pas, je suis le premier à ne pas forcément m'intéresser à autre chose qu'aux résultats dans les domaines qui ne me passionnent pas, et je pense que vous êtes pareil que moi. Ce que je veux simplement vous dire, c'est que ce post a pour objectif principal non pas de simplement vous donner une prévision, mais de vous donner les moyens de comprendre des arguments que je juge fiables et scientifiquement établis qui ont permis d'arriver à cette prévision. Cette petite précision étant faite, et pour éviter une lecture peut-être un peu complexe à ceux qui souhaitent uniquement avoir un résultat : les indices précoces de la future saison hivernale penchent vers le scénario d'un hiver globalement doux et humide, avec des conditions zonales (flux d'ouest dominant). Oui je sais ça casse un peu l'ambiance pour la plupart d'entre nous, cela ne me fait pas exactement plaisir à titre personnel non plus du reste, et on a surtout envie de râler un bon coup en disant « m… pas encore ». Allons désormais nous intéresser un peu plus au fond des choses, en analysant un peu plus dans le détail les raisons de ce constat. I – L'hiver 2016/2017 n'est pas né sous une bonne étoile Le premier argument sur lequel je vous propose de nous pencher, c'est tout simplement le rôle du soleil. De longue date, il a été reconnu que l'activité solaire jouait un rôle important sur la variabilité hivernale, et certaines études scientifiques ont réussi ces dernières années à préciser et à comprendre ce rôle. Souvent, quand on évoque l'activité solaire, on pense avant tout à ses indicateurs habituels, que sont le nombre de tâches, ou bien le flux radio, et on cherche des corrélations assez directes entre ces indicateurs et les conditions atmosphériques. D'ailleurs, c'est ce que font nombre de prévisions saisonnières que vous pouvez consulter sur d'autres sites, dont les arguments vont ressembler à « l'activité solaire est actuellement forte/faible donc ... ». Je ne veux pas me prétendre forcément meilleur que les autres, il faut savoir se montrer humble avec l'art de la prévision saisonnière car on tombe souvent. Mais je trouve dommage que finalement peu de prévisionnistes tiennent compte d'enseignements scientifiques clairs : l'activité solaire joue un rôle fondamental, mais ce rôle est différé dans le temps. En clair, pour étudier l'hiver à venir, il faut regarder l'activité solaire d'il y a plusieurs années en arrière. On peut l'expliquer de manière assez simple (enfin non ce n'est pas aussi simple, mais à notre niveau c'est déjà une bonne approximation du mécanisme à l'oeuvre) : ce sont surtout les flux de particules énergétiques qui semblent interagir avec notre atmosphère. Et ces flux de particules, ils atteignent leur paroxysme plusieurs années après le pic du cycle solaire, et ils restent à des niveaux très faibles plusieurs années après la reprise d'un nouveau cycle. Cette situation résulte de la manière dont s'articulent les cycles solaires. En début de cycle solaire, les perturbations magnétiques se manifestent essentiellement aux alentours de 30° de latitude sur le soleil, et elles vont peu à peu se rapprocher de l'équateur en fin de cycle, le pic étant atteint quand les perturbations se situent à environ 15° de latitude. Du coup, quand on représente le timing d'un cycle solaire en fonction de la latitude, on obtient des papillons : Or, la Terre se trouvant à peu alignée avec l'équateur solaire, elle est en ligne de mire des perturbations qui se trouvent au plus près de cet équateur. Plus la perturbation va être proche de l'équateur, plus elle va être susceptible d'émettre des particules dans notre direction. Implicitement, cela signifie que c'est en fin de cycle solaire qu'on est le plus en phase avec ces flux de particules : il y a moins de perturbations (tâches) qu'au maximum du cycle mais elles sont mieux placées pour nous affecter. Vous pouvez voir sur ce graphique une démonstration de ce décalage : la courbe noire indique le nombre de tâches solaire (nombre de Wolf) qui est le marqueur traditionnel des cycles solaires, et la courbe rouge indique le niveau du flux de particules reçu par la haute atmosphère : Le décalage entre les deux est assez net : il y a un délai d'environ 4 ans entre le maximum ou le minimum du nombre de tâches, et le maximum / minimum du flux de particules. Il n'existe pas à ma connaissance de site qui permet de visualiser en données journalières ou mensuelles le flux de particules, mais si on considère le nombre de tâches, on se rend compte que nous sommes actuellement en cette fin 2016 en phase de déclin entamée depuis quelques années : Ce qui, en toute logique, indique que nous sommes actuellement plus au moins au cœur du pic cyclique de réception de particules énergétiques. Pour précision, parce que la question est légitime, les niveaux des cycles de flux de particules sont indépendants des niveaux des cycles solaire eux-mêmes en nombre de tâches. Je sais que le graphique au dessus pourrait laisser penser le contraire, mais des observations sur des séries bien plus longues indiquent clairement que même les cycles très faibles (en nombre de tâches) du début du siècle dernier ont donné des pics de particules équivalents à ceux des grands cycles de la seconde moitié du XXè siècle. Bon, d'accord, on a un flux de particules élevés, et donc ? Eh bien et donc, de manière assez nette, les conditions zonales (vent d'ouest et pluie chez nous) ont tendance à être nettement plus présentes quand le flux de particules est élevé, et c'est l'inverse quand le flux de particules est faible. Cette situation se traduit par une corrélation assez claire entre ce flux de particules et l'indice NAO : On peut aussi faire des corrélations géographiques entre le flux de particules et les anomalies de températures relevées en hiver, ce qui nous emmène, ce n'est pas un hasard, à retrouver le schéma type de la NAO : On distingue nettement la corrélation bien positive sur l'Europe occidentale et du nord, indiquant des conditions majoritairement douces (et humides vu le type de flux) dans nos régions lorsque le flux de particules solaires est élevé. Ce qui est donc le cas cette année. Tempérons tout de même : les niveaux de corrélation ne sont pas non plus fantastiques, et ils démontrent bien que ce seul indice, même s'il nous apprend indéniablement quelque chose, n'est pas suffisant pour élaborer une prévision fiable et définitive. Mais disons qu'on vient quand même de mettre un premier tour de vis. Passée la découverte initiale de ce rôle des particules énergétiques et donc d'un effet solaire existant mais retardé par rapport au cycle solaire traditionnel, d'autres chercheurs ont enfoncé le clou en étudiant plus en avant encore la manière dont l'atmosphère réagissait en hiver les années suivant le pic solaire en nombre de tâches. Voici les résultats sous forme de corrélation avec les géopotentiels, de l'année du pic jusqu'à an+4 après ce pic : Au sens où les chercheurs ont classé les dates des pics de cycles solaires, nous serions cette année au dernier tableau, « lag 4 years ». Pour se donner une idée de la capacité de ces corrélations, voici les anomalies de géopotentiels de l'hiver dernier, à comparer donc au tableau « lag 3 years » : ce n'est pas parfait bien évidemment, mais c'est tout de même assez surprenant de ressemblance : Mis à part le très gros noyau de hauts géopotentiels en Sibérie (essentiellement une résultante de l'éclatement brutal de l'organisation troposphérique de l'hémisphère en janvier), il faut tout de même reconnaître que les ressemblances sont frappantes. Si l'hiver prochain venait à avoir autant de points communs avec le dernier tableau, autant dire qu'on vient de mettre un second coup de vis à notre prévision d'un hiver plutôt zonal avec conditions dépressionnaires bien présentes au nord de notre pays. J'en profite pour faire une référence à un autre élément qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, et qu'on a longuement évoqué l'hiver dernier. Je veux parler de la piscine d'eau froide en Atlantique nord. Vous le savez, on a eu durant plus d'un an une anomalie froide marquée en surface dans l'Atlantique nord ; cette anomalie s'est assez sensiblement résorbée ces dernières semaines mais il reste toujours un potentiel froid significatif sous la surface. Voici, dans les données de la NOAA, une analyse en coupe des anomalies thermiques de l'Atlantique nord depuis 2012 : On avait encore fin 2012 de très fortes anomalies positives en surface et/ou à faible profondeur dans l'Atlantique nord. Cette répartition des anomalies s'est renversée fin 2013 avec l'installation de conditions au contraire plus fraîches en surface, tandis que les anomalies chaudes devenaient prédominantes en profondeur. Alors mettez votre ceinture pour un nouvel effet « wow », mais voici le comportement habituel des anomalies de chaleur de l'Atlantique nord en fonction du cycle solaire qui a été mis en évidence par les chercheurs : La ressemblance entre le schéma théorique et les observations de ces dernières années est tout simplement sidérante. On a bien eu en 2010 / 2011 un pic d'anomalies chaudes dans l'Atlantique nord, ce qui correspond aux années qui ont précédé le dernier pic solaire. Ce qu'il s'est passé depuis colle à la perfection au schéma attendu d'après le pic solaire. Si on reste sur le même déroulé des choses, le certain affaissement des anomalies froides de surface de ces dernières semaines ne serait que temporaire (et il était limite prévisible en fait…), avec un retour attendu de ces conditions fraîches même si ce serait d'ampleur moindre que ce que l'on a vu l'hiver dernier. Cela tombe à pic : plusieurs études ont démontré qu'un Atlantique nord frais en surface, semblait jouer un précurseur de conditions zonales, encore que la liaison sur cet aspect est particulièrement faible et sujette à caution. On va dire que cela compte pour un quart de tour de vis supplémentaire. Une dernière petite chose avant de clore le chapitre solaire, on va parler de la QBO. Ce n'est pas forcément attendu qu'elle soit évoquée ici, mais tout simplement les chercheurs qui ont développé tous les éléments que nous venons de voir se sont rendu compte que ces corrélations avec le flux de particules étaient beaucoup plus claires quand la QBO est en phase négative (flux d'est) qu'en phase positive (flux d'ouest). En clair, et je vais vous épargner les explications, un flux de particules élevés est clairement synonyme de conditions NAO+ en hiver, et c'est encore plus vrai quand la QBO est négative. Or, il se trouve que si on se réfère à son calendrier habituel, la QBO réalise un cycle complet sur une période d'un tout petit peu plus de deux ans (d'où son nom, l'oscillation quasi-biennale). Et d'après ce calendrier, l'hiver prochain serait clairement placé en cycle négatif, ce qui va donc dans le sens d'une meilleure fiabilité de la prévision de NAO+. Bémol, j'utilise le conditionnel. Tout simplement parce que la QBO a fait une sortie de route magistrale qui est inédite depuis sa découverte dans les années 1950, et personne n'est capable de dire ni ce qu'il s'est passé, ni les conséquences à venir. Cela aurait donc pu être un argument défavorable de plus pour une prévision d'hiver froid, mais en l'état des choses je ne me risquerais plus à dire s'il compte véritablement ou non. II – La Niña, oui … mais Modoki (et ça craint) Pour ceux qui suivent le topic concernant l'ENSO et les cycles El Niño / La Niña, vous avez pu suivre le déclin printanier de l'épisode El Niño de l'automne / hiver dernier. Cet été, les prévisions qui voyaient s'installer une belle Niña ont été sévèrement malmenées par des conditions restant nettement défavorables à l'émergence d'un tel épisode. Alizés régulièrement en panne, maintien de poches anormalement chaudes en surface dans plusieurs secteurs clés, rien n'a semblé véritablement bien se dérouler. Depuis le début de ce mois d'août, on observe enfin l'installation de conditions atmosphériques plutôt favorables à l'instauration d'un épisode Niña. Cela se manifeste surtout par l'installation durable de régimes d'alizés renforcés au niveau de l'équateur et la quasi disparition de coups de vent d'ouest dans le Pacifique central : Du coup, le contenu de fraîcheur dans le Pacifique central repart quelque peu à la baisse alors qu'il était en net déclin, et cela correspond à la réaction océanique face à ce renforcement des alizés dans cette région. Partons de l'hypothèse que nous devrions avoir un hiver placé sous le signe d'un épisode Niña dans le Pacifique. Hypothèse car ce n'est pas fondamentalement acquis, mais en tout état de cause même s'il n'y a pas de Niña on est assurés à minima de conditions neutres à tendance négative. Quelles conséquences pouvons-nous attendre ? Si on se réfère aux études réalisées sur la question, la réponse c'est que mis à part en décembre où des régimes de blocages sont plus fréquents (conditions propices à des épisodes hivernaux), en janvier et février deux régimes de temps semblent nettement favorisés : On retrouve .. ah bah des conditions plutôt zonales, tantôt assez pures (flux d'ouest / sud-ouest), tantôt plutôt en « toboggan » (flux d'ouest / nord-ouest). Alors bien entendu on parle de régimes devenant plus courants, cela ne signifie pas dominants du 1er janvier au 28 février. Mais il n'empêche qu'on vient encore de mettre un tour de vis. La encore, creusons un peu plus le sujet, tout comme on l'a fait avec le thème solaire. Depuis deux bonnes années maintenant, la notion d 'épisodes Niño « Modoki » a dû vous devenir familière (je me souvient encore de la première fois que j'en ai parlé, j'avais pas eu un accueil formidable avec ce truc dont peu de monde avait déjà entendu parler:D). Peut-être vous vous en doutiez, peut-être pas, mais il existe aussi des épisodes de Niña « Modoki ». Ils sont moins connus, cela ne fait que quelques années qu'on en a véritablement compris le mécanisme, d'autant que les différences entre la Niña normale et la Niña Modoki sont beaucoup plus subtiles que pour les épisodes Niño. Et bien évidemment, vous vous doutez que si je vous parle de l'existence de ce type d'épisodes, c'est parce que cette année nous sommes justement plutôt sur un schéma de développement de Niña Modoki. Outre plusieurs marqueurs d'ordre atmosphérique, au plan océanique l'indice qui ne trompe pas c'est qu'on observe un renforcement de l'anomalie froide qui se fait en plein Pacifique : Dans une Niña traditionnelle, l'anomalie froide d'origine doit se développer beaucoup plus à l'est, en général vers 100 à 120° ouest. L'instauration d'une Niña par le centre Pacifique (140 à 160° ouest), c'est le signe précurseur clair d'un épisode Modoki. Pour vous donner une vision plus nette des différences entre les deux, voici les schémas typiques des températures de surface (plages de couleur) et des régimes de vent (flèches) lors des Niña traditionnelles (en haut) et des Niña Modoki (en bas) : Au niveau du Pacifique, dans un régime Modoki, les anomalies froides sont davantage décalées sur le centre Pacifique, et sont en quelque sorte prises en étau à l'ouest par un fer à cheval d'anomalies chaudes marquées. Notez la ressemblance avec le schéma qui est en train de se mettre en place en l'état actuel des choses : Si votre œil a été aiguisé par la curiosité, vous avez du glisser sur le coin en haut à droite du schéma précédent : on y voit un petit bout de nos contrées, et surtout on y voit une anomalie de vents d'est à nord-est (conditions hivernales favorisées) en Niña traditionnelle, alors que ce sont plutôt des anomalies de vents d'ouest sur le nord du pays (conditions zonales douces et humides) qui sont favorisées en Niña Modoki. Vous n'avez malheureusement pas la berlue. Voici les anomalies de pression au niveau de la mer (gauche) et de géopotentiels à 300 hPa (droite) qui sont observées en général lors d'un hiver en Niña Modoki : Et je vous rajoute même si je ne suis pas sûr que c'était nécessaire les anomalies de température au sol (gauche) et de précipitations (droite) : Du vrai bon zonal des familles en mode NAO+. L'échelle qui apparaît sur la droite, c'est le niveau de significativité de la corrélation : à 90/95 %, autant dire que c'est du lourd, des fois qu'on douterait de la fiabilité de l'argument. Encore un gros tour de vis en faveur d'un hiver plutôt zonal et bien doux. On le voit donc assez clairement, les premiers indices que nous avons pour cet hiver ne sont pas du tout favorables à des conditions globalement froides dominantes. C'est l'exact inverse. On notera toutefois deux raisons de relativiser ce constat. Déjà, même si ces indices sont quand même particulièrement solides et ne peuvent être ignorés, nous sommes assez loin de l'hiver et d'autres arguments viendront se greffer à tout ça dans les prochains mois. Outre les modèles (en général je ne commence à les consulter que vers octobre / novembre, auparavant c'est encore trop tôt et leurs résultats ne sont guère exploitables), je pense notamment à d'autres précurseurs intéressants et fiables, tels que le niveau d'enneigement en Sibérie ou de reconstitution de la banquise en automne. Même si on a déjà encaissé une série de mauvais buts, le match est loin d'être terminé. D'autre part, revenons au fait que nous parlons de prévision saisonnière, ce qui implique avant tout la recherche des grands traits de la saison hivernale à venir. On n'en n'est pas aux détails. Une prévision saisonnière a pour objectif d'appréhender une tendance de fond, mais une tendance de fond dure rarement la totalité des 90 jours d'un hiver. En 2011/2012, les prévisions saisonnières appréhendaient une domination des conditions zonales : on a eu six décades sur neuf qui ont été véritablement zonales (prévision confirmée), il n'empêche que sur deux autres décades on s'en est sortis avec une sévère vague de froid. Prévoir un hiver globalement doux et humide, ne revient pas à exclure le potentiel de quelques séquences froides ici ou là – mais il revient à dire que dans l'ensemble elles devraient être peu nombreuses. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, voici en vrac les sources principales (études scientifiques) de tous les éléments que vous avez pu consulter dans ce message : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/joc.890/epdf http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract http://link.springer.com/article/10.1007/s00382-014-2155-z http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JCLI3523.1 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RG000199/full http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://link.springer.com/article/10.1007/s11434-012-5423-5
  5. 86 points
    Le nouveau feuilleton de 20 heures : les aventures de la famille "Modèles" (épisode 2)
  6. 79 points
    Bonjour, Je vous propose un résumé des modèles ce matin détaillé. Le week tombe bien j'ai accès au PC Je vous propose un résumé comparaison échéance par échéance . J’essayerai de faire des cartes commenter pour un poste rapide et détaille. Je ferai à chaque fois par échéance le meilleure au moins bon (selon mon avis perso, je ferai en sorte que ma localisation joue pas dans le choix ) Lundi mardi un temps plutôt doux et humide sera à attendre avec un flux d'ouest. I/102h (96h) une coulée pas totalement maîtrisé encore mais de plus en plus bleu: Mercredi serait la journée de transition avec un temps assez sec au nord quelques entrées maritimes qui pourrait donner un peu de pluie (neige) sur les côtes de la manche. Dans le sud la pluie qui tomberait au nord la veille tomberait en quantité au sud avec un super enneigement pour les montagnes: - Description avec ARPEGE: (A noter que sur le 6z à 72h l'activité est plus reculé sur la labrador, une bonne nouvelle pour l'évolution): UKMO voit une pulsion un peu moins haute et un flux plus de NO à cause d'une dorsale légèrement plyus à l'est. L'activité dépressionnaire sur le labrador semblable à ARPEGE. Pulsion la plus puissante de modèles chez CEP avec une coulée un peu en retard : Flux NNO sur GEM: GFS: FIm est le seul à voir une coulée vite envelopper par le système dépressionnaire groenlandais ce qui provoquerait une coulée assez à l'est: II/ 144h l'échéance qui rend fou les hivernophiles actuellement: Alors que jeudi connaîtrait une journée plutôt calme avec de la neige encore en montagne. L'après-midi-soir une réalimentation (un peu un front froid) de la coulée aurait lieu et favoriserait de la nuit de jeudi à vendredi et vendredi environ un fort potentiel neigeux sur les régions du nord dans un premier temps mais aussi du sud... en gros la France entière!!! GFS: Comme on le voit l'activité dépressionnaire serait très contenu (trait jaune), juste une goutte froide (rouge) qui aiderait à alimenter la pulsion d'HPs (pour une fois qu'elle nous aide ), pendant ce temps la pulsion virait à l'AS (anticyclone scandinave) avec le décrochement de la réalimentation (marron) qui viendrait en plein sur nous. Le flux nord (NO au sud) humide et froid donnerait de la neige en quantité fort intéressante: C'est bleu de bleu: Sur GEM scénario similaire à GFS mais avec une activité dépressionnaire plus marqué sur le labrador, la masse froide un peu plus à l'est mais ce qui n’empêchera pas une grande quantité de froid avec même plus d’humidement dans ce cas sous flux NO froid: UKMO ressemble comme deux gouttes d'eau à GEM juste l'activité dépressionnaire un peu plus développé : CEP pour sa part ne voit pas d'évolution en AS mais la joue à une 3ème réalimentation, avec une dorsale anticyclonique qui reste raide comme un piquet peu perturbé par l'activité dépressionnaire, par chez nous hormis l'extrême sud c'est flux de nord humide et froid, le sud ou on aurait un flux d'ouest ça serait tout aussi froid: FIM se rapproche de CEP mais avec une dorsale bien moins solide et donc pas de 3ème alimentation, rien que la deuxième aurait bien de mal à coulé. C'est le moins bon scénario avec un flux NO qui ne serait pas aussi froid que les autres: III/ 192h l'échéance charnière: GEM serait l'évolution parfaite, avec une activité dépressionnaire très reculé, une réalimentation des Hps pour l'AS avec un bloc froid humide qui persiste, l'évolution ensuite est rêvée: CEP a aussi une évolution intéressante, la 3ème coulée aurait u mal à vernir mais la seconde favoriserait un flux NNE humide et encore froid.... (de la neige possible jusqu'au week? ...). On aurait un AA (anticyclone des acores) puissant qui serait alimenté par une GF. L'AA aurait tendance à s'étaler nettement mais le ralentissement conséquent de l'activité dépressionnaire reprendrait et laisserait place à une nouvelle pulsion non négligeable qui favoriserait une nouvelle coulée magnifique mais bon c'est un peu loin..; On aurait un petit redoux avant ça. Chez GFS ça tourne bien jusqu'en fin de topic avec un AS très léger car le rail dépressionnaire redescendrait trop. Chez nous ça serait flux NNE humide et assez froid. En début de topic suivant l'AA se décalerait à l'ouest progressivement à cause d'un cyclone. J'avoue que la dernière phrase que j'ai employé est étonnante et me fait dire personnellement que GFs est un peu perdu pour le topic suivant quand on voit ce type de scénario début décembre... Un autre qui semble un perdu c'est FIm , on serait en plein milieu d'un scénario ultra mou: Les ensembles peuvent nous donner quelques indications. Je vais essayer les 4 coins de la France avec les graphs GFS mais avec CEP je ne pourrais que l'est ça donne cependant la dynamique. CEP à l'est: Nice: Colmar: GFS à l'ouest Laval (Mayenne): Montauban: On voit bien que jusqu'à la fin de topic c'est assez froid dans le nord, ça se radoucit un peu plus dans le sud mais ça resterait assez froid. Un blocage solide semble bien s'affirmer au moins jusqu'à la fin de topic. C'est plus sur la suite que ça diverge maintenant. GEFS semble ouvert avec cette masse anticyclonique en atlantique: g Bilan: Une première coulée qui apporterait de la pluie et de la neige à moyenne altitude pas totalement maîtriser mais dans les grandes lignes ça l'est Une réalimentation visible sur l'ensemble des modèles de jeudi à vendredi, ceci favoriserait de la neige en plaine sur une bonne partie du pays. Quelques divergences encore dont il faut être prudent à l'image de FIm mais c’est quand même très très bien partis. A noter le dynamisme du bleu qui devient plus bleu qui continue! Un blocage qui favoriserait des possibilités neigeuses jusqu'à la fin de topic est présente, jusqu'à la fin de topic ça semble tenir même si c'est encore un peu limite sur certains modèles. On a deux grands types de blocage qui se dégagent, la formation d'un anticyclone scandinave favorisant un temps très froid mais sec ou un anticyclones des acores très puissant favorisant un flux humide et froid. C’est sur le début de topic suivant ou ça diverge beaucoup pour savoir s'il y aura maintien de blocage ou pas. Merci de m'avoir lu Merci à toute les interventions qui sont de bonne qualité et tout ça avec une super ambiance pas tendu comme dans le passé. Ic est une super famille! Gugo. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- j'étais vraiment comme ça en plus J'ouvre mon portable je tombe sur météociel avec mes petits yeux et là pwouahhhhhhhh feu d'artifice . Une pensée à Sky blue qui devait rire de la tête des modèles au début et après il a fini comme ça: désolé @Sebaas si mon poste est un peu lourd
  7. 78 points
    Bonjour, Bilan à la fin de chaque partis pour ceux qui veulent une simple prévision (sauf le I/) I/La patate Le début de semaine est assez facile à résumer avec un anticyclone français sur nous qui favorisera un temps sec et froid. Pendant ce temps-là en Atlantique deux gouttes froides (qui ont quand même bien perdu en intensité depuis le début de semaine dans les prévisions on est passé de creusement à 970hPa à 995...) se baladeraient une resterait assez au sud de l'atlantique nord, une autre viendrait se joindre au rail dépressionnaire: II/Une première coulée acquise mais sur la forme ça diverge encore En effet les modèles voient tous cette coulée mais sous des formes différentes. Comme on disait hier soir on avait deux camps, GFS-FIM et CEP-GEM, ces deux derniers se sont quand même nettement rapprochés des deux autres. Tout d'abord on a UKMO (et FIM qui est bloqué à 120h mais ressemble à UKMO comme deux gouttes d'eau à 120h) qui fait son apparition et qui va clairement dans le sens de GFS. Une très forte pulsion avec un gros décrochement, avec le sens de rotation (rouge) ça apporterait du froid de très haute latitude (flèche jaune): GFS lui très esthétique mais une petite anomalie un peu trop développée viderait couper l’alimentation plus ou moins temporairement (ça pulserait de nouveau derrière elle), il faut la surveiller comme on va le voir après elle donnerait de belles choses, mais pas sûr quand dans 3-4 jours ça soit toujours le acas, es anomalies sont très dur à gérer ect. De plus GFS n'est pas le seul à voir cette anomalie comme on va le voir : CEP et surtout GEM restent plus limité avec une pulsion bien plus à l'est, cependant la froid coulerait quand même en bonne quantité surtout chez CEP. Ils se sont rapproché par rapport à hier de GFS (très solide dans son scénario) mais ce n’est pas encore une coulée énorme comme le trio FIM-UKMo-GFS Les ensembles font chacun un pas vers le camp opposé. En effet GEFS est très intéressant à l'image de son déterministe mais voit la pulsion un peu plus à l'est à la CEP même s'il est déjà impressionnant. A noter le petit débordement de l'anomalie bien présent sur le sud du Groenland: Ens CEP lui va vers son déterministe avec une pulsion encore plus de manière "diagonale" à cause de l'activité dépressionnaire sur l'ouest Groenland bien plus présente: Bilan première coulée: Elle est clairement acquise, ce matin les deux camps sont toujours présent mais avantage au camp GFS-UKMO-FIM qui avec un rapprochement de CEP-GEM-ensCEp vers eux, GEFS montre quand même que le scénario un peu plus limité d'entre deux reste possible. Cela n'enlève rien au potentiel cependant! Même chez CEP-GEM après le passage de front chaud avec de la pluie et de la neige en moyenne montagne, on aurait le front froid qui arriverait et ça serait le jackpot (surtout dans le cas GFS c'est vrai) avec un froid conséquent et des PPS plus présente que dans le cas de la semaine que nous venons de vivre. Un vrai nouveau potentiel neigeux et bien là! Le froid sera bien là!: Pour se rendre compte du potentiel sur Paris déjà 80% de chance de neige à J+6 après le front chaud (trop tôt pour regarder les quantités les grosses mailles gèrent mal les fronts) en un peu moins de deux ans j'ai jamais vu ça et je pense pas qu'on le voit souvent: III/On remet ça? (je risque de déborder un peu désolé @Sebaas faudrait créer le nouveau exceptionnellement plus tôt sinon XD) En effet, avec cette première pulsion acquise (plus que la forme et intensité à trouver) on peut s’intéresser à la suite et comme on l'a vu pendant la première coulée il se passe des choses en atlantique... En effet la situation première coulée devrait quand même pas mal influencer celle ci, plus elle serait bonne plus celle du début de topic suivant pourrait être bonne. Dans le cas, GEM- CEP on tend au "toboggan" avec un AA puissant, encerclé par les dépressions qui donnerait un flux de NO un gavage rêvé pour les montagnes, en plaine surtout de la pluie même si dans les fronts froid de la neige pourrait être attendu: L'échéance 240h exprime parfaitement la situation avec 3 dépressions autour de l'anticyclone, des HPs au-dessus de la dépression au niveau de l’Islande mais l'AA ne pourrait monter à cause de celle-ci, c'est l'effet "toboggan". C'est un peu un retour du zonal de manière indirecte: GEm est plus ondulant avec un flux NNO fort intéressant hivernophilement parlant : Puis après on a GFS (FIM-UKMO de manière indirecte qui sont dans son camp à plus courte échéance) qui est une folie au niveau du potentiel hivernal. En effet le ralentissement de l'activité dépressionnaire se fait ressentir (même si elle est là et risque de bien titiller la prévision) et on aurait un super conflit de masse d'air sur le 6z ( pour le nord grosses quantités de neige) sur le 0z on avait une petite dépression qui se glissait dans la marrée froide (un peu à la 2012 mais en plus intense, l'ouest et aussi pas mal l'est aurait eu de belles quantités neigeuses). Description du 6z: Elle est un peu fouillis cette carte mais normal vu que c'est un conflit de masse d'air En effet la petite anomalie (bleu) qui apporte un peu de douceur à l'avant (petite flèche noire) viendrait vers l'énorme décrochement (marron) qui apporterait du froid (flèche marron- jaune), pendant qu'une nouvelle pulsion prendrait (grande flèche noire avec l'activité rouge), de ce fait énorme conflit de masse d'aire neigeux): En image la suite: Les ensembles sont encore prudent (logiquement vu l'échéance) avec un anticyclone sur ensCEP bien ancré et qui tend au toboggan comme le déterministe, pour l'est cette histoire est très intéressant avec un ensCEp toujours près des -3.5°C sur Colmar : On voit bien sur le graphs que des scénarios à la GFS sont largement présent, d'autre plus limité au toboggan sont là, je pense ça explique la moyenne très lisse sur la carte ci -dessus (pas toujours un avantage 50 scénarios^^): GEFS 6z lui signe un net cran vers son déterministe contrairement au 0z, même si ce n’est pas au point du déterministe, avec uà 192h la petite anomalie un peu visible de manière indirecte et 2 pulsions présentes, c'est quand même un peu plus actif sur le sud du Groenland: Et plus loin on sent que ça essaye de tenir, à noter quand même le net ralentissement de l'activité à coté du 0z. En orange on a jusqu’où les bas géopotentiels étaient, sur le 6z en rouge ou ils sont: Bilan de la suite : On a un vrai potentiel de seconde coulée froide neigeuse quand on voit la tournure du 6z déterministe et ensemble. Cependant, on doit rester prudent quand on voit la réserve de CEP-GEM avec un effet toboggan vu plutôt (ce qui reste un joli potentiel surtout chez GEM avec le flux NNO), l'ensemble CEP montre quand même que les scénarios à la GFS sont fort possibles, mais que le toboggan peut être là. GEFS voit aussi des toboggans dans son panel mais de manière limité. Le potentiel est largement là en tout cas! Affaire à suivre. C'est un plaisir ce début d'hiver passé avec vous Gugo! Les hivernophiles en ce moment
  8. 74 points
    Quand on dit que le français est un râleur né... prenez de la hauteur sur les cartes que vous pouvez observer encore ce matin et dites vous (peu importe que vous habitiez Lille ou Toulouse) que c'est bien rare d'observer ce genre de synoptique et encore plus une fin février ! C'est la situation qui peut en faire rêver plus d'un entre froid glacial, humidité par le sud, neiges par conflits dantesques (variation de la zone de conflit) et à l'heure actuelle rien ne dit que Toulouse ne sera pas dans le conflit ! Nous sommes à des échéances raisonnables pour estimer qu'une vague de froid va avoir lieu. Nous sommes dans une échéance déraisonnable pour estimer son caractère alors par pitié arrêtez de vous plaindre, les modèles vous sortent actuellement sur un plateau d'argent ce que vous attendiez depuis des lustres (pour la plupart qui sont sur ce forum). Et je me répète mais actuellement on ne peut qu'apprécier la synoptique, pas les détails et qu'est ce qu'il y a de quoi apprécier !!! Bref, dommage ces plaintes successives alors que ça n'a absolument pas lieu d'être...
  9. 74 points
    Bonjour à tous, On m'a devancé dans l'ouverture du topic bien joué . Comme chaque année je pense il est bon de rappeler que les tendances saisonnières sont des prévisions délicates et qu’il faut toujours avoir une certaine prudence en les lisant car l’on peut vite tomber de haut. Il y aura toujours une part de la tendance qui aura un risque d’erreur surtout quand on aborde les premières tendances avec les indices de début d'automne. Donc les fiabilités à 50 voir 60% d'une prévision j'y crois pas trop @AXEL26 Il suffit de se faire un petit bilan de l’hiver dernier. Au début on s’attendait un hiver globalement doux et humide, puis l’on tendait petit à petit vers du doux mais sec avec les indices qui apparaissaient en fin d’automne. Résultat on a eu un décembre pile dans les normes et très sec, un janvier avec une VDF (vague de froid) mais très sec aussi et un mois de février encore une fois sec mais ce coup si très doux. Un hiver donc dans les normes de température mais très sec ce n’est pas trop ce qui était prévu au tout départ. Et pourtant quand on regarde de plus près, en décembre à 2M oui les températures étaient dans les normes mais à 850hPa (1500m d’altitude) on battait des records de douceur, on pouvait donc dire merci aux inversions de basse couche grâce à l’anticyclone. En janvier oui on a eu une VDF d’une dizaine de jour, mais c’était un vrai coup de chance en réalité. Quand on regarde les cartes le VP (vortex polaire) était très solide et aucune haute pression venait l’embêter, mais sur un mal entendu nous avons eu la chance qu’un anticyclone ce cale rapidement au nord de l’Europe nous favorisant une VDF. Mais sans ça les tendances se seraient validé car rien ne favorisait à une VDF. Ci-dessous image de la VDF de janvier : Comme on peut l’observer les tendances qui vont être exposé à ce jour peuvent être modifié au cours de l’automne et peuvent ne pas être validé durant l’hiver. Car des facteurs imprévisibles peuvent vite apparaître comme on l’a observé en décembre 2016 et janvier 2017. Il ne faut pas oublier non plus que chacun de nous avons du mal à garder notre part d’objectivité pour cette saison, tellement elle est aimé ou détesté. On en a eu la preuve dans le topic Nina il y a quelques jours. En espérant que chacun de nous soit capable de faire de son mieux pour se contrôler et quand l’un dérape l’autre l’aide à se relever au lieu de l’enfoncer. Dans ce poste j’essayerai de faire mon maximum pour être le plus objectif possible malgré ma tendance saisonophiles (qui aime particulièrement l'hiver) et j’espère que chacun de nous arriverons à l’être le plus possible durant cet hiver, après un hiver 2016-2017 très bon en qualité de poste. Il n’y avait même pas eu à ouvrir le topic « Analyse des possibilités hivernales à très long terme », malgré quelques débordements sur certains topic comme chaque hiver ^^. Ceci étant dit certains veulent peut être éviter tout le charabia à venir et veulent directement le résultat des tendances observer à l’heure actuelle. Cette tendance ne tient qu’à moi! D’ailleurs dans la suite de mon poste il y aura sans doute des désaccords et ça sera avec plaisir d’en débattre. Il serait mieux de tout lire pour comprendre (j’essayerai de bien expliquer chaque chose pour que chaque personne de niveau différent comprenne) pourquoi je propose cette tendance, mais je comprends que certains membres sont juste impatients de la conclusion. Donc à l’heure actuelle la tendance que l’on a : est une tendance favorable à des conditions hivernales, janvier pourrait être un mois où les conditions seraient moins favorable au froid. Mais pour décembre-février l’hiver pourrait être bien là. Pour ceux intéressé d’explications: I/Le retour du QBO- qui peut donner quelques couleurs à notre hiver Pour faire simple l’oscillation quasi-biennale (QBO) est un changement de direction des vents en stratosphère au niveau de l’équateur, les cycles de cette oscillation durent environ 28 mois en moyenne. Les changements des vents se propagent vers le bas de la stratosphère à une vitesse d’environ 1km par mois. Le QBO est en phase négative en flux d'est et en phase positive en flux d'ouest. L’année dernière une anomalie (dû probablement au réchauffement climatique même si rien n’a réellement été affirmé) c’était produite, comme on le voit ci-dessous. Les parties grises sont les moments ou le QBO est en phase positive et les parties blanches les moments où il est en phase négative. Comme on le voit les phases négatives sont toutes normales cycle après cycle sauf l’année passée, où le cycle n’a pas réellement eu lieu. On a presque totalement zappé la phase négative. Ceci a provoqué l’hiver dernier un QBO+ alors que nous aurions dû être en QBO-. Cette année le QBO semble avoir repris son rythme malgré cette perturbation, comme si de rien n’était : 2013 : -6.07 -1.23 2.85 8.39 12.64 13.38 14.27 14.66 13.12 11.69 12.45 12.55 2014 : 13.13 12.68 11.72 7.15 -2.81 -13.98 -19.29 -21.64 -23.24 -23.86 -23.65 -25.38 2015 : -26.70 -28.62 -28.15 -24.38 -12.33 2.18 7.45 10.97 12.07 13.38 12.79 11.39 2016 : 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 : 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 Nous sommes donc de retour en phase négative et forcément c’est une bonne nouvelle pour notre hiver. En effet le QBO a une influence sur la stratosphère et provoque des conditions favorables par la suite à des blocages en troposphère, si, en stratosphère il se passe ce qu’il faut. Pour faire plus simple c’est un peu comme si un QBO- favorisait à onduler le Jet Stream en troposphère à condition d'un bon déroulement en stratosphère) et donc à provoquer un NAO- (oscillation nord atlantique, NAO- favorise les conditions hivernales, NAO+ douceur et souvent humidité). Quand le QBO est positif, le Jet se tend et provoque un NAO. Ci-dessous exemples de répercussions QBO- -> Jet -> synoptique froide lors de décembre 2009 : Indice QBO décembre 2009 : -15.57 Jet stream extrêmement ondulé : Synoptique météo favorable au froid : Alors attention le QBO- ne veut pas dire NAO- assuré et surtout conditions froide assuré surtout à la style décembre 2009. Comme rappelé dans l’intro les indices qui donnent des tendances n’assurent pas les choses à 100%. Loin de là. Mais cet indice dans le negatif est un bon point pour un hiver de régime NAO- et donc à tendance hivernale. Donc on ne va pas cracher dessus. II/La bonne année pour l’activité solaire ?: Comme nous le savons le soleil à des cycles. On a le moment des éruptions provoquant les taches solaires et le moment où les particules de ses éruptions sont reçu en haute atmosphère de la Terre. Il y a un décalage entre les éruptions et le moment ou les particules sont reçu dans l'atmosphère. Je remets le graphique de @TreizeVents de l’hiver dernier qui permet d’observer ce décalage, la courbe noire indique le nombre de tâches solaire qui montre les cycles solaires et la courbe rouge indique le flux de particules reçu par la haute atmosphère : Comme l’avait expliqué 13V l’automne dernier et comme on le voit sur le graphique ci-dessus, il y a un délai d'environ 4-5 ans entre le minimum ou maximum du nombre de tâches (courbe noire), et le minimum ou maximum du flux de particules (courbe rouge). En juillet la NOAA a publié la réactualisation du graphique de l’évolution du nombre de tache solaire par mois. La courbe continue de descendre et elle est même plus basse que les prédictions : L’année dernière nous étions au pic de réception de particules. Et comme nous l’avait expliqué 13V des études avaient démontré que les pics de particules arrivant dans l’atmosphère favorisaient la tendance à un NAO+ Mais contrairement à l’année dernière nous ne sommes plus au cœur du pic de réception de particules. En effet le cycle fait que nous sommes sur le déclin ceci ne favorisant plus le NAO+ mais pas plus un NAO-. Des conditions plutôt neutre tendant vers un léger NAO+ sachant qu'on est en début de rechute. Mais, des études (sur une base de 1870–2010, j'ai repris le même site que 13V avait pris mais un autre article) ont permis de donner les tendances des hivers sur chacune des 11 années suivant le pic solaire (le lag yr 0 étant l'année du pic solaire) en nombre de tâches. Ci-dessous on a les anomalies géopotentiels des 10 derniers hiver : On les compare aux résultats des études sachant que 2006-2007 était une année lag yr 6: Résultats : 2006-2007 (6yr) : En partie validé 2007-2008 (7yr): Non validé 2008-2009 (8yr): Validé 2009-2010 (9yr):Validé 2010-2011 (10yr) :Validé 2011-2012 (11yr): Validé 2012-2013 (0yr): Validé 2013-2014 (1yr): Validé 2014-2015 (2yr): Non validé 2015-2016 (3yr): En partie validé 2016-2017 (4yr):En partie validé Les termes validés sont où l’on a environ de 60 à 100% de la carte semblable à l’étude. Le terme en partie validé c’est de 40 à 60% environ de similarité. Et non validé c’est 40% et moins. On voit donc quand même 6/10 des hivers sont semblable aux prédictions de 60 à 100% et 3/10 de 40 à 60%. Ce qui donne vraiment du poids à cette étude et cela prouve bien que même si le dernier hiver n’était pas totalement semblable aux prédictions, on a quand même des chances d’avoir un hiver ressemblant au « lag yr 5 ». Si l’on suit donc les prédictions on tendrait pour notre hiver à une année « lag 5 yr »: On observe des HPs en haute latitude très prononcé, autant sur l’Atlantique (favorisant un schémas NAO-) que en Scandinavie/Europe de l'est, favorisant les gros blocages pour une VDF du genre janvier dernier. Alors attention car on voit que ces anomalies sont assez proche de l’Europe de l'ouest. Ce qui fait une piqûre de rappel au fait qu'on peut avoir un NAO- et avoir des conditions particulièrement douce à cause de hautes pressions pile sur nos têtes. Mais quand on regarde on à des anomalies surtout prononcé en atlantique et Scandinavie favorisante donc les possibles situations de dorsale virant à l'AS (anticyclone scandinave). L'année passé c'était une situation semblable et quand on y pense en janvier lors de la VDF c'était exactement le schéma qu'il c'était produit. III/Une banquise et un vortex polaire qui reprennent un peu de poil de la bête. Favorable où pas? Alors oui comme on l’observe depuis quelques temps la banquise va mieux (attention rien de transcendant mais quand même). Et pas besoin d’en dire des tonnes pour s’en rendre compte il suffit de regarder le graphique de l’étendu de glace, le replat à bel et bien commencé depuis environ le 15 aout alors il faut rester méfiant à un retournement de situation mais ça semble bon. Malgré ces derniers jours un peu moins bon ça semble plus favorable par la suite avec un début de replat depuis avant-hier: En effet ces derniers jours et prochains on observe que la banquise n’a pas eu de tempête cela lui a permis de garder sa glace, mais à côté de ça on a eu un VP qui a grossit progressivement prenant une réelle belle avance. Les températures sont certes toujours un peu au-dessus des normes sur l’arctique quand on regarde les T2M chaque jour, mais le fait qu’il n’y est pas de tempête comme d’autres années et que le VP grossit doucement sans brutalité permet de ne pas brusquer la glace très fragile en cette fin de débâcle, d’où la stagnation observé: GFS6z du 24 aout anomalie 500hPa : Carte actuelle (l’anticyclone sur le bassin est une très bonne chose favorisant les inversions et peu de vent) : GFS qui prévoit les 7 prochains jours assez favorable... : Et CFS pour septembre semble favorable aussi anomalie 500hPa prévu: Comme on le voit ça semble continuer dans le bon sens et c’est une bonne chose. Pour revenir au sujet de ce qui nous intéresse surtout pour l’hiver c'est: -En premier c’est le vortex polaire. Il semble partir sur de bonne base pour un début d’automne. Il faudra voir pendant l’automne la tournure qu’il va prendre mais si l’on se fie à la situation actuelle on pourrait avoir un VP plus solide en fin d'automne que ces dernières années. Il faut savoir que plus un VP est puissant plus cela favorise à une tendance zonal et donc un schéma NAO+. Et oui, première fois que la tendance NAO- vient être contestée. Mais par contre un VP puissant favorise certes une tendance zonale car il balaye tout sur son passage, mais si des facteurs externes viennent semer le trouble et favorisent des ondulations comme un MJO (oscillation de Madden-Julian) favorable où bien d’autres facteurs saisonniers qui favorisent un régime NAO-, alors le VP ayant une grosse réserve si on a un blocage qui se forme la coulée froide sera puissante. Donc oui un VP en meilleure forme favorise plus un NAO+ mais si les conditions autour sont défavorables, au schéma NAO+, alors l’on peut vite passer sous régime NAO-. - La seconde chose qui peut avoir une action importante c’est la température des mers (bien sûr je parle de celle proches de la banquise, au nord de l’Europe ect). C’est un facteur que l’on voit plus courant automne comme le VP. Mais si la situation d’un VP et une banquise plus en forme que ces derniers hiver se confirme, les mers pourraient être un peu plus fraîches que ces derniers hivers. Des mers qui sont plus froide favorisent le maintien du froid dans les coulées de polaire maritime (celles qui donnent de la neige facilement mais où c’est souvent limite à cause du manque de froid dans la coulée ces dernières années, donc on ne crache pas sûr des mers plus fraîches. Coulée qui est fréquente en… NAO-). En tout cas à l’heure actuelle ce n’est pas encore fameux. Les eaux restent au-dessus des normes surtout dans l’axe du RU même si l'on observe une petite diminution des anomalies depuis deux semaines, on note au nord de la Scandinavie une amélioration surtout au bord de la banquise ou l'on a déjà des eaux sous les normes (c'est favorable pour la glace) : A voir donc courant automne l’évolution de ceci et aussi du VP s’il continue à prendre du poil de la bête. IV/ La Nina là ou pas là ? Un cadeau parfait ou empoisonné ? Alors cette fameuse Nina l’un des sujets délicats pour notre hiver ! Tout d’abord la première chose c’est qu’il serait bien de savoir s’il elle viendra ou pas et ça ce n’est pas fait mais pas du tout : En effet c’est partagé, en premier on a les prédictions qui ne croient pas en une Nina : On le voit bien et c’est clair, c’est neutre sur la moyenne de ces prédictions. Mais la chose qui fait que ces tendances peuvent être contredites est la situation actuelle. Comme vous le voyez sur les graphiques la zone 3.4 est la zone importante elle se situe ici dans le pacifique : En ce début de mois de septembre on devrait donc avoir sur la zone 3.4 environ +0.1°C (pour le premier) et -0.1°C (pour le second) si l'on prend la moyenne des scénarios des graphiques. Résultat: On est sous la norme de -0.35°C environ avec la forte anomalie (-2°C) proche de la -120ème le reste n’est pas extrême on est sur un centre de 0 à -1°C et des contours allant de 0 à +2°C. A noter que sur le secteur 1+2 une anomalie froide s’accumule et pourrait jouer un rôle sur le secteur 3.4. Et le secteur 3 qui est hors du 3.4 l’eau c’est refroidit depuis mi-août. Bilan on est quand même dans une situation plus froide que prévu par les deux modèles. Alors est ce que cette anomalie va stagner avant de remonter progressivement au neutre total comme certains scénarios des graphes ci dessus? Tel est la question Deux autres modèles important c’est CFS et celui du bureau australien. Sont eux plus favorable à une Nina, sans grande ampleur, de -0.5°C (CEP) à -0.9°C (Bureau Australien) en prenant les moyennes des deux graphiques. Mais avec une Nina en vu donc: Si l’on se fie à la moyenne CFS on devrait être en septembre à -0.20°C environ, nous sommes déjà à -0.35°C environ. Mais par contre chez le bureau australien en début septembre on devrait déjà être à -0.7°C et c'est pas du tout le cas. Alors il sont tout deux dans l’erreur... comme ceux qui ne voient pas de Nina. On peut donc le dire cette Nina est très difficile à prévoir si elle aura lieu le graphique qui est le plus dans le jeu actuellement c’est CFS pour 0.15°C d'erreur. Alors à voir si elle a lieu ou pas car des choses contredises mais d’autre affirmes… La chose que l’on peut affirmer c’est que si elle a lieu elle ne sera pas extrême à part un coup de magie. Mais nous n’avons pas suffisamment de base solide pour un début septembre pour une Nina intense. On a trop d’alternance de vent d’est-ouest sur la zone pour une Nina forte. Le risque qu'on termine dans le neutre est donc autant possible (voir plus) qu'une faible Nina. Personnellement je reste sur l'idée que nous aurons une faible Nina (de -0.5 à -0.8 pas plus). Donc deux possibilités, cette Nina n’a pas lieu et on va dans le « Nada » et dans ce cas le pacifique n’aura aucun effet sur nous pour cet hiver. Ou bien elle a lieu et là… Les dernières études confirment bien les tendances observées depuis quelques années. Comme on le voit sur l'image ci-dessous une Nina est favorable pour un mois de décembre (mais aussi en octobre-novembre) favorisant des conditions plus facilement hivernales avec des centres d’actions plus faiblard. Une activité dépressionnaire réduite au niveau du Groenland, un anticyclone des acôres qui ne prend pas toute la place. Situation favorable à des conditions de NAO-. Mais par un contre une Nina n’est pas le bon Saint Maritain tout l’hiver comme certains le laissent entendent sur le forum… En effet une Nina n’est favorable pour des conditions hivernal qu’en automne et décembre, comme on le voit sur la représentation Nina de janvier à mars ce n’est pas favorable. Le VP serait actif et garderait sa réserve de froid, deuxièmement car l’activité dépressionnaire groenlandaise et l’anticyclone de acôres seraient beaucoup trop actif. Ce genre de situation favorise plutôt un jet stream assez haut en latitude, comme on le voit sur la France « dry » pour sec, niveau des températures ça ne serait pas fameux avec une patate sur nous…. Donc bien sûr se ne sont que des résultats de tendance en Europe quand on a une Nina, ça ne veut pas dire que forcément tout le mois de décembre par exemple sera sous NAO- avec des conditions hivernales… mais ça fait un point supplémentaire pour le NAO-. La chose qui fait qu’on peut se dire qu’elle tombe pile au bon moment pour les hivernophiles si elle a lieu ; c’est que cette Nina atteindrait principalement son pic d’intensité en décembre (voir janvier) quand on voit les prédictions. En janvier elle disparaîtrait progressivement avant qu’en février elle est disparue. Donc si les prédictions favorables à une Nina se produisent on aurait une Nina plutôt bien placé pour notre hiver car elle aurait lieu au bon moment hormis janvier ou elle pourrait désavantager les tendances froides. Attention au bureau Australien qui voit une Nina se prolonger jusqu'à février, mais sinon CFS et les scénarios CEP favorable à une Nina, eux voient bien une disparition en février en général. V/ La TNA (tropical nord atlantique) va-t-elle jouer aussi un rôle? Bien sûr que oui elle un rôle, très important même. Cassou l’a bien expliqué dans l’un de ces articles. Comme 13V l’a expliqué sur le topic automne les eaux tropical de l’atlantique se sont réchauffé on le voit bien sur cette carte : D’après les études on observe que des eaux tropicales chaudes favorisent un NAO-, plus de 5% d’écart par rapport à des eaux froides. 5% ça peut paraitre peu mais en réalité c’est quand même un écart non négligeable selon l’étude (il y aura le lien de l’étude dans les sources) : VI/On a déjà pas mal d’indice mais il en reste… On a donc fait plutôt bien le tour de tous les indices que l’on peut déjà mettre en avant en ce début d’automne. Mais beaucoup ne sont pas encore arrivé et n’arriveront que bien plus tard. On a prochainement l’enneigement sibérien que l’on pourra suivre, mais également à plus long terme la stratosphère et le MJO. Et l’on doit encore suivre la situation dans le pacifique avec cette Nina loin d’être fixé tout comme le VP et les mers. Donc on a peut être marqué des points pour les passionnées de la neige et du froid en ce début d’automne mais il faut garder une part de réserve. On a peut être gagné une bataille mais pas la guerre comme on dit! Conclusions : Alors nous y voilà enfin à cette conclusion, je vais la faire avec une Nina qui selon mon avis personnel aura bien lieu mais sous forme légère Nina. Aussi avec l’idée que le VP va continuer à bien s’améliorer ces prochains temps. En gros dans la continuité des tendances actuelles. Avant de dire exactement ma tendance je vais vous exposer mon raisonnement: On a en premier un QBO négatif qui peut jouer sur la stratosphère favorisant les tendances au NAO-. On a une activité solaire en diminution favorisant un NAO+ au niveau de la réception des particules mais au niveau du pic du nombre de tache on a un schémas qui favorise plutôt un NAO- en France. On a un VP qui pourrait devenir plus puissant que ces derniers hiver ce qui a tendance à favorise un NAO+ sauf si facteur externe apparaissent. Et donc des eaux au nord de l’Europe qui pourraient se refroidir. On a une Nina qui favoriserait un régime NAO- en décembre avec un régime de dorsale, mais plutôt un NAO+ en janvier, février virera dans le neutre(?). On a une TNA plutôt favorable à du NAO- également. Donc c’est avec plaisir, que je vous ai expliqué tout au long de ce poste et donc je vous dis maintenant clairement mais vous l’avez sans doute compris, que les premières tendances de cet hiver sont plutôt favorables à un hiver sous régime NAO- donc favorable aux blocages et pour faire simple à de vrais conditions hivernales. Les corrélations sont clairement là tout se rejoint. Et je pense il est difficile de le nier. Pour plus de détail ça semble encore tôt, mais je pense qu’il faudra se méfier de janvier qui pourrait être le « mauvais mois » pour les passionnées du froid. En effet, la Nina aura tendances à le défavoriser, la strato à moins souvent tendance à s’agiter en décembre ou tout début janvier (mais avec un bon QBO- il vaut mieux rester prudent) et que si le VP a déjà été attaqué en décembre logiquement la « réserve » pourrait être moins bonne en janvier. Mais donc comme rappeler dans l’introduction ces premières tendances ne font pas tout! Une prévision saisonnière a pour objectif de prévoir une tendance générale, mais une tendance générale dure rarement la totalité des 90 jours de l’hiver. Mais en attendant on peut se permettre de rêver : https://media.giphy.com/media/l2JIaYp6P3WT5Ybu0/giphy.gif Merci de m’avoir lu, c’était un plaisir de faire ce poste. J’espère que vous êtes globalement d’accord, si « non » j’attends de débattre avec impatience! Je remercie particulièrement @Higurashi qui m’a permis de découvrir certains sites et me donner des explications sur 2-3 choses me permettant de réaliser ce poste . Sources : Poste de 13V topic hiver 2016-2017 (http://forums.infoclimat.fr/f/topic/50746-tendances-hiver-2016-2017/?do=findComment&comment=2634295) Partie QBO : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/correlation/qbo.data http://www.geo.fu-berlin.de/en/met/ag/strat/produkte/qbo/index.html http://www.metoffice.gov.uk/learning/quasi-biennial-oscillation Partie solaire : http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2013JD020062/full Partie banquise/VP/mer : http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#SST_anom http://nsidc.org/arcticseaicenews/charctic-interactive-sea-ice-graph/ https://nsidc.org/arcticseaicenews/2017/08/cooler-conditions-slow-melt Partie Nina : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RCG000199/full http://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ Partie TNA : http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/36039/meteo_2004_45_21.pdf ‘(excellent article en français pour une fois ^^ qui résume beaucoup de choses sur le climat)
  10. 72 points
    Bon, je vais carrément sortir (sans non plus complètement couper les liens) avec le sujet central de ce topic, à savoir les perspectives à venir par chez nous l'hiver prochain. Mais je pense que le constat que je vais partager ici est assez fondamental dans les prévisions de nos hivers, et des hivers au sens large de l'hémisphère, à moyen et long terme. On parle régulièrement dans les topics de prévision saisonnière hivernale des réserves de froid, et de la vitesse à laquelle elles se constituent chaque automne. Ne rentrons pas dans l'éternel débat de savoir si cette année elles se mettent en place plus vite ou pas, si c'est intéressant ou pas de le savoir, et si c'est utile pour l'Europe occidentale ou pas en terme de conséquences. Car ce que je vais vous expliquer ici, dans les grandes lignes, c'est comment on a de toute façon probablement perdu une grosse partie du réfrigérateur qui sert à les fabriquer. L'une des particularités de l'Arctique, c'est que la base de son climat hivernal repose sur une inversion thermique marquée quasiment permanente. Pendant plusieurs mois le sol ne reçoit aucun rayonnement solaire du fait de la nuit polaire, au contraire il se refroidit par rayonnement particulièrement lors des nuits claires et calmes, qui sont particulièrement fréquentes en plein hiver aux hautes latitudes. L'air au contact de ce sol va aussi se refroidir fortement, refroidissement qui ne touche pas les couches supérieures de l'atmosphère. A l'image de ce que l'on observe souvent en hiver chez nous, particulièrement lorsque le sol est enneigé : c'est le bon vieux -5° que l'on va relever le matin au fond de la vallée vosgienne ou du Limousin, alors qu'il ne gèle pas à 850 hPa. Pour l'image, voici le profil de température relevé à Eureka (Canada) le 2 mars 2013 (bleu) et le 30 août 2012 (rouge) : Ce 2 mars 2013, on a relevé quasiment -50° au sol, pour une température de l'ordre de -32° à quelque chose comme 450 mètres d'altitude (ça c'est de l'inversion de luxe). Les conditions ne sont pas aussi intenses en permanence partout dans l'Arctique, mais c'était pour la démonstration. Bon, eh bien ça, on peut quasiment dire que c'était avant. Le réchauffement climatique, avec toutes les conséquences qui deviennent désormais très puissantes sur le sommet du globe, est en train de briser le cycle. Ne rentrons pas dans des considérations profondes pour lister toutes les causes en chiffrant leur part respective de contribution à ce bouleversement en cours. On se limitera au postulat que le recul de la banquise, le réchauffement des océans environnants et de l'océan Arctique (mers satellites incluses) lui-même, et la hausse de la teneur de vapeur d'eau dans l'atmosphère, en sont les causes principales. Dans l'Arctique réchauffé d'aujourd'hui, déjà le sol ce n'est plus forcément plusieurs mètres d'épaisseur de banquise refroidissant l'air par rayonnement. De plus en plus longtemps dans la saison, c'est de l'océan, de l'océan qui relâche au contraire énormément de chaleur et d'humidité dans les basses couches. Qui plus est, ce refroidissement par rayonnement est optimal, on l'a dit, sous un ciel clair - on observe d'ailleurs la même chose chez nous en hiver, il fait plus froid le matin quand la nuit a été dégagée que l'inverse. Or, l'afflux d'humidité implique une augmentation de la couverture nuageuse, ce qui brise ce potentiel de refroidissement du sol par rayonnement. Histoire de finir la boucle, le tout s'auto-entretien dans une rétro-action positive : le réchauffement des basses couches génère une augmentation du rayonnement dirigé vers le bas remplaçant celui qui est dirigé vers l'espace (refroidissement), avec en conséquence un réchauffement qui s'amplifie de lui-même. Donc, voici ce qu'il se passe quand on analyse la différence entre la température quasiment au niveau du sol (1000 hPa) et celle à 850 hPa au dessus de 70° de latitude nord depuis les années 1950 dans les réanalyses : J'ai inclus les données de l'hiver tel qu'on l'entend (décembre - janvier - février), et celles de l'hiver arctique qui inclus le mois de mars. Des années 1950 jusqu'à la fin des années 1990, on observe bien l'inversion systématique en hiver : la température près du sol (1000 hPa) était en moyenne systématiquement plus froide que celle à 850 hPa, de l'ordre de 3°. Cet écart étant en lente tendance à la réduction. Premier gros seuil à la fin des années 1990 et jusqu'en 2015, l'inversion a tenu le coup, mais s'est brutalement réduite. Il y a un certain plateau entre 1998 et 2015, mais jamais nous ne sommes revenus à des valeurs antérieures. Deuxième seul il y a deux ans, celui qui a brisé toute la climatologie de l'hiver en Arctique : l'inversion a volé en éclat. Sur 2015-2016, il n'y a pas eu d'inversion en incluant le mois de mars, on l'a sauvée de justesse sur DJF (-0.04°). 2016-2017 a achevé les choses : cet hiver (DJF) a été probablement été le premier (depuis des millénaires ?) sans inversion thermique en Arctique. Petite observation au passage : le fait d'avoir eu un seuil en 1998 et un autre en 2016, à la suite de deux gros épisodes El-Niño, n'est potentiellement pas un hasard. Je n'ai rien lu la dessus et je ne ferais donc aucune affirmation sur ce point, mais il ne paraîtrait pas incongru qu'il y ait un rapport de cause à effet vu la capacité des épisodes El-Niño à relarguer des quantités astronomiques de vapeur d'eau dans l'atmosphère, et qu'une partie non négligeable de cette vapeur soit allée se recaser en Arctique. Seconde petite observation : il n'y a jamais eu de retour aux "valeurs d'avant" après le choc de 1998. Avis placide aux potentiels amateurs de "ça va s'arranger" après celui de 2016. En résumé, on est en train de perdre le réfrigérateur Arctique. Ce n'est pas un effet de seuil en tant que tel, mais cette perte de l'inversion thermique hivernale est quand même un signal particulièrement fort de l'ampleur des changements qui s'effectuent la haut. Car quelque part, tout cela nous dit que l'on a largement entamé la capacité de l'Arctique a générer du froid de basses couches - et la, on retombe quelque peu sur le point de départ évoqué en début de message : pour les "réserves froides", c'est une sacrée baffe. Cela ne sert à rien d'espérer chez nous le grand flux de nord en provenance directe d'au delà de Svalbard, s'il nous draine en sortie d'Arctique du -10° humide au lieu d'un -40° sec. Un exemple assez concret, c'est le mois de janvier 2017. Durant ce mois, on a réussi à consolider un fort vortex troposphérique sur l'Arctique, avec un cœur froid particulièrement dense et compact en altitude. Sur les données à 850 hPa, il en résulte une valeur particulièrement basse pour un mois de janvier : Sauf que, indépendamment du refroidissement d'altitude, les basses couches sont restées empêtrées dans l'humidité douce, sortant avec la troisième valeur la plus élevée pour un mois de janvier : Au passage, avant 2017, jamais en janvier les basses couches (1000 hPa) n'avaient été plus douces que les moyennes couches (850 hPa) en Arctique, conséquence logique de l'inversion normale du climat arctique en hiver. L'inversion a explosé en janvier 2017, avec des basses couches plus chaudes de rien de moins qu'un demi-degré, c'est monumental. En conséquence, on a beau avoir réussi à se tirer des conditions extrêmement favorables pour le maintien de conditions froides sur l'Arctique avec un vortex troposphérique au taquet (AO quasiment à +1) et un refroidissement conséquent des moyennes couches, l'Arctique est quand même sorti en brun sur les anomalies de température de surface (ici GISS) : Illustration aussi avec les relevés quotidiens au sol de la station russe de Острове Визе (Ostrov Vize), qui a longuement plané 10 à 20° au dessus des normales de saison en pleine séquence de forte concentration du vortex troposphérique, conséquence de la "panne de frigo" : Comme le dit le proverbe, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Le potentiel de refroidissement de surface par rayonnement dans le grand nord reste bien présent et très puissant dans le nord canadien et surtout en Sibérie. Les conditions continentales garantissant que le risque de bouleversement de l'inversion thermique hivernale, dans ces régions, ne devrait pas être menacé de sitôt. Il continuera longtemps de faire très froid au sol à Irkoutsk. Mais n'empêche, on devine bien que le climat de notre hémisphère en général ne peut qu'être touché par la perte du moteur Arctique. Même si les moteurs canadiens et sibériens tiennent encore bien le coup, et garantissent que ce n'est pas de sitôt que le potentiel de vague de froid disparaîtra en Europe, on devine bien qu'il y aura des implications. Lesquelles, que ce soit pour cet hiver comme pour les prochaines années ? Je n'ai guère lu d'études répondant à cette question. Le message que je voudrais faire passer, c'est plutôt une interrogation sur la validité à continuer d'essayer de dresser des tendances qui se basent sur la climatologie des années passées, et la manière dont elle a réagi à un grand nombre d'indices particuliers tels que par exemple la QBO. J'ai fait pas mal d'analyses sur le forum ces dernières années pour toutes les saisons, en me basant en grande partie sur tous ces indices et leurs implications potentielles, en me posant chaque fois un peu plus cette question. Aujourd'hui, je ne suis que d'autant plus convaincu que le climat d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier, et que cela rend ces perspectives beaucoup plus fragiles, peut-être même à la limite dépassées ou obsolètes. Gugo a fait un excellent travail quelques pages plus haut. Mais quand on s'interroge : peut-on véritablement aujourd'hui, en 2017, essayer d'établir une correspondance par rapport à ce qu'il a pu se passer en (au hasard) 1972 ou en 1984 quand on avait tels ou tels indices similaires ? Certes, quand on avait la QBO comme ça et le soleil comme ça il y a exactement X années on a eu ça. Mais en 2017, avec une QBO qui a loupé un virage (ce qu'on ne pensait même pas possible il y a encore trois ans, rappelons-le !), un Arctique qui a débranché le frigo, et toutes autres joyeusetés de ce genre, la comparaison a t-elle un sens ? Je ne le crois plus aujourd'hui. Mais c'est un simple avis personnel.
  11. 71 points
    On comprendra facilement en tout cas, pourquoi les analyses ne pleuvent pas à la suite de la mise à jour du CEP 12z : Je crois qu'il est difficile de faire plus laid et affligeant ! Pardon pour l'écart de conduite, mais j'ai failli avaler ma banane de travers en voyant ça...
  12. 71 points
    ALERTE MODÉRATION : Sebaas a trouvé son antenne relais au fin fond de l’Ubaye, il est a l’affut ! Attention à la préview
  13. 71 points
  14. 68 points
    Pour se convaincre que l'hiver approche... un seul moyen :
  15. 67 points
    Si seulement ce chien pouvait nous pisser un peu dessus au lieu de regarder en arrière ^^
  16. 66 points
    Tu pousses le bouchon un peu trop loin maurice régis ! https://www.youtube.com/watch?v=ASc40_mpZjU "... smiley à l'égard d'un certain pseudo "Cirus", amateur météo dont l'ego semble surdimensionné" Ce n’est certainement pas à moi d’en juger vis-à-vis de ma propre personne. Cependant, c’est étrange de lire ceci de la part de quelqu’un qui me connaît très peu voire pas du tout. En termes de remarque constructive, c’est un zéro pointé. Quant à la morale de fin de publication, il convient également de l’appliquer à soi-même et pas uniquement aux autres. "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." De quels SSWs parles-tu ?! Je veux bien admettre que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère est mobile et peut se renouveler à plusieurs reprises au sein d'un même événement stratosphérique. Il est notamment possible de l'observer sur les cartes de modèle numérique ou sur les réanalyses de SSW passés. Cela dit, pour l'hiver actuel, on parle bien d'un seul SSW ayant pour date le 1er janvier 2019 (premier jour du renversement du vent zonal à 10 hpa et à 60°N selon les réanalyses MERRA-2). Ce SSW est le plus précoce (à 1 jour près) depuis décembre 2001. C'est la définition la plus communément utilisée dans la communauté scientifique... exemple: Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "We employ the following simple, commonly used definition for major warmings (Charlton and Polvani 2007; hereafter CP07): the central date or event date of a SSW occurs when the daily-mean zonal-mean zonal winds at 10 hPa and 60°N first change from westerly to easterly between November and March. The winds must return to westerly for 20 consecutive days between events (to avoid counting the same event twice, roughly equivalent to the thermal damping timescale at 10 hPa; Newman and Rosenfield, 1997). If the winds do not return to westerly for at least 10 consecutive days before 30 April, the warming is a final warming and is not included." "Il faut qu'ils soient situés de façon opportune." "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." Tu me sembles convaincu que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère puisse permettre de déterminer la localisation des vagues de froid ou des décrochages polaires en troposphère. Seulement, est-tu dans la capacité de me fournir un ou des article(s) scientifique(s) sérieux qui avancent tes dires ? Je souhaiterais bien te mettre au défi mais je sais d’avance qu’il y en a tout simplement pas ! Pour te convaincre du contraire, je vais poster ici une figure très intéressante de la même étude (Butler et al.). Il s'agit d'une comparaison entre les SSW de janvier 1985 et de janvier 2009. Bien que le SSW de janvier 2009 ait été un peu plus violent que celui de janvier 1985, la "signature thermique" à 10 hpa est presque identique. Et pourtant, les conséquences n'ont pas été similaires dans la troposphère... Il suffit d'observer le champ d'anomalies de température (et surtout les plages bleues) en troposphère pour s'en rendre compte ! Parmi les SSW récents, l'exemple du SSW mineur de janvier 2012 peut également s'avérer être une très belle illustration (rien du tout n'est identique à la verticale) qui puisse te contredire Régis. En moyenne stratosphère, le vortex polaire était centré non loin de la Scandinavie (et le réchauffement n'était pas du tout localisé à cet endroit). Pourtant, juste après ce SSW, on a eu un bel anticyclone scandinave en troposphère et une belle vague de froid en France !! Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "Figure 6 illustrates the differences in the tropospheric climate following two similar split-type SSWs, one in January 1985 and the other in January 2009. In both events, the polar vortex split into two lobes: the one associated with the greatest warming anomalies centered over Canada and the other centered over northern Europe and Asia (Fig. 6a, b). The 2009 split SSW had a larger lobe that extended over most of Eurasia, but otherwise the stratospheric evolution was quite similar. However, the subsequent surface and tropospheric responses in the weeks following the events differed in several ways. The 500 hPa height anomaly pattern following the 1985 event projects strongly onto the negative NAO pattern (Fig. 6c), with positive height anomalies over Greenland and negative height anomalies over the North Atlantic. This pattern is associated with much lower surface temperature anomalies over much of Europe and Asia. However, the height anomalies in the 2 months following the 2009 split-type event do not look like the negative NAO phase, though there are weakly positive height anomalies over the Arctic and two centers of low height anomalies over Europe and Asia (Fig. 6d)." "On voit que les fameux réchauffements stratosphériques ne sont pas aussi automatiques qu'on le croit pour prévoir des vagues de froid" Je ne crois pas avoir vu le terme "vague de froid" employé sur ce topic. Quant au fait que les réchauffements stratosphériques ne soient pas aussi automatiques vis-à-vis de la circulation générale, il faut être complètement aveugle pour ne pas se rendre compte que c'est le sujet de notre discussion, ici, sur ce topic depuis plusieurs semaines, mais aussi depuis le premier post de TreizeVents de ce topic, mais aussi depuis 2011 sur les topics de tendances saisonnières (c'est rabaché et du surrabaché vu le nombre de fois qu'on a mentionné cet aspect non automatique des SSW sur ce forum) ! Il suffit simplement de regarder les pages précédentes et de scroller à l'aide de ta molette et surtout de lire ! En conclusion, je ne doute pas que tu sois un bon présentateur, mais de là à te faire passer pour un pro ou pour un homme d’expérience en matière de prévisions stratosphériques à moyen & long termes, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !
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    Voici une série sur le voyage que j'ai eu l'occasion d'effectuer fin février dans une destination scandinave qui me trottait dans la tête depuis un moment : les Îles Lofoten. S'il est encore besoin de les présenter, les Lofoten c'est à la fois la montagne, la mer, les influences hyperocéaniques et subarctiques : prenez un peu du Finistère, de Haute-Savoie, mettez les au nord du cercle polaire et saupoudrez d'aurores boréales, vous avez à peu près une idée des lieux. Pour pimenter un peu notre parcours, nous avons choisi d'y arriver par la Suède, histoire de varier un peu les ambiances et se donner un peu plus de choix possibles dans les conditions météo. Là dessus on peut dire qu'on a été servis : en une dizaine de jours, nous avons eu à peu près tous les types de temps hivernaux possibles, du temps calme et lumineux, du froid sec et vif, des bourrasques de neige tendant vers le blizzard ! D'autant que nous avons eu pas mal de chance sur ce point, le climat hivernal de l'archipel étant très changeant et parfois remarquablement doux pour la latitude, avec un enneigement assez aléatoire à basse altitude. Quelques jours avant notre arrivée, la neige n'était présente que sur les sommets, mais grâce à un flux de nord instable et persistant, la couche est montée pendant notre séjour jusqu'à 20 à 30 cm en bord de mer. Samedi 18 février, nous voilà donc partis, @edd et moi-même, en direction de Kiruna, petite bourgade de Laponie suédoise où j'avais déjà mis les pieds quelques mois plus tôt pour randonner. Après avoir quitté Toulouse 2 jours plus tôt en T-shirt par 17°C, profitant des premiers beaux jours, le contraste est assez saisissant ! Nous apercevons notre première aurore boréale depuis le hublot de l'avion, juste au moment d'amorcer la descente. La sortie de l'avion se fait sans transition, en marchant sur la neige du tarmac par -13°C. Premier contact hivernal ... Le lendemain se fait en grande partie sous une petite neige par température stable vers les -11°C. Le soir, le ciel se dégage et la température plonge rapidement. Nous avons été fascinés de voir à quel point les contrastes peuvent être importants entre les creux de terrain, les villages, la forêt les lacs avec parfois des variations de plus de 10°C en quelques kilomètres à peine. Nous enfilons toutes les épaisseurs à disposition, et nous installons au bord du lac à côté de Jukkasjärvi. Le thermomètre de la voiture indique un petit -22°C ! Quelques aurores apparaissent vers le nord : Cependant, les choses ne démarrent pas vraiment et, au bout de deux heures passées dehors, pour être honnêtes, on commence à se refroidir un peu. On prend le chemin du retour alors que la voiture affiche un joli -25°C. Il faut quand même préciser que c'est une température tout à fait banale pour une nuit d'hiver dans le coin. Le lundi, le temps reste nettement plus favorable sur la Suède que la Norvège, nous rallongeons donc d'un jour dans le secteur, en allant même passer une nuit à Junosuando, petit village perdu entre le fleuve et la forêt, à une centaine de kilomètres à l'est de Kiruna. Sur la route, ambiance crépusculaire sur un des nombreux lacs et tourbières recouverts par la couche de neige accumulée au fil de l'hiver, un peu plus de 50 cm : Ce soir-là, les conditions sont assez semblables, la température oscille entre -15 et -25°C selon la topographie, et côté aurores après un bref pic très précoce, c'est assez calme. Malgré tout, de nuit, avec ce ciel étoilé parcouru des pâles lueurs aurorales au dessus de la forêt glacée et totalement calme, l'ambiance a quelque chose de vertigineux ... De jour, certains recoins de forêt sont également fabuleux ! Mardi 21, nous reprenons la route vers le nord-ouest pour basculer cette fois en Norvège. La frontière se passe par un col assez étalé au niveau de la ligne de partage des eaux entre Mer Baltique et Mer de Norvège, dont l'altitude dépasse à peine 500 m, mais où l'ambiance est digne de la haute montagne ! L'endroit étant copieusement servi par le flux maritime, l'épaisseur y atteint quasiment les 150 cm de neige. De l'autre côté, l'ambiance est toute autre : le relief marqué des fjords, la mer qui n'est gelée qu'aux endroits les plus reculés, et des températures nettement plus "clémentes" : on frôle les -5°C, c'est dire ! Avant de prendre la direction des Lofoten, on fait un petit détour par le sud de Narvik pour voir quelques sommets pittoresques de cette partie de la côte. Petit matin du 22 à côté de Ballangen, la vallée au premier plan est à moins de 100 m d'altitude, la mer est à quelques kilomètres à peine : La mer, la voici justement avec l'Efjord partiellement gelé, devant le Stortind et le Rundtind : Drôle d'ambiance avec le pont de la route nationale qui évoque un petit Golden Gate version nordique : Un peu plus loin se dresse la montagne que nous étions venus voir : le Stetind, improbable lame de roche verticale de 1400 m de haut ! Nous nous approchons ensuite des Lofoten après avoir fait tout le tour du fjord de Narvik pour passer la nuit à Lødingen. Lumière du soir irréelle sur Tjeldøya : Et lumière crépusculaire sur les sommets très géométriques au fond du Tjelsund : Nous observerons quelques aurores tranquillement depuis la petite presqu'île au large du port de Lødingen. Les températures sont bien plus clémentes qu'en Suède, environ -4°C, mais avec un vent désagréable en pleine face, et l'humidité maritime : le ressenti est très différent. L'activité sera esthétique par moments, mais dans l'ensemble timide : Le lendemain, nous continuons notre progression vers l'ouest, et les choses sérieuses commencent côté météo. Une descente polaire déboule en effet avec -45°C à 500 hPa, amenant son lot de giboulées ! Neige à gros flocons au fond du Gullesfjord : Nous traversons ensuite Hinnøya à travers les montagnes, pour gagner Austvågøya grâce à un pont sur le Raftsund, qui marque l'entrée dans les Lofoten à proprement parler. Peu d'images vu les conditions, mais pour donner une idée, nous sommes temporairement côte nord, face au large, prenant de plein fouet les averses de neige bien actives, sous un ciel continuellement chargé. Nous arrivons en fin de journée à Vestpollen, au milieu du grandiose Austnesfjord. Ouvert au sud, il est un peu plus protégé, ce qui donne une sensation étrangement contrastée entre le ciel bleu pâle de l'horizon sud, et le ciel d'encre au nord à l'arrivée d'une nouvelle averse : Ce soir-là, les caractéristiques du vent solaire semblent intéressantes pour une activité nettement plus marquée. Je suis aux portes de la ville de Svolvær pour tenter d'optimiser l'effet d'abri. Une belle éclaircie s'annonce après 21h, et les aurores commencent à s'organiser au zénith. Au bout d'une vingtaine de minutes, le ciel s'allume franchement, et c'est enfin le spectacle des grands soirs, avec des arcs très lumineux, quelques liserés colorés, impossible de s'en lasser ! A l'approche de minuit, l'activité marque une pose, et ça tombe bien car de nouvelles averses arrivent et chargeront le ciel pendant une bon moment. Le lendemain, le ciel se montre tout aussi changeant, mais la nouveauté c'est le vent qui se renforce en lien avec un minimum secondaire qui nous arrive du nord. Après avoir passé Svolvær, nous sommes en vue de Vestvågøya dans une ambiance bien tourmentée : A l'approche du pont pour passer sur cette nouvelle île, ça commence à bien souffler. Il faut imaginer que la route est une surface lisse et bien glacée, et donc assez inconfortable à pied, poussé par les rafales de vent. Le panneau lumineux à l'entrée du pont qui retransmet les données d'un bel anémomètre sonique situé à son sommet indique 19 m/s (vitesse moyenne ?). Le long de la côte sud, on alterne entre phases de grosse poudrerie avec visibilité quasiment nulle, et périodes de calme relatif avec lumières de traîne : Nous repassons ensuite au nord, au petit port de Tangvåg, au bord du Steinsfjord, où l'ambiance est carrément lugubre. On n'était probablement pas loin d'avoir quelques grondements de tonnerre. Ce jour-là, quelques impacts de foudre ont été détectés un peu plus vers la pointe de l'archipel. Enfin, on termine la journée vers Kvalnes, face au large qui nous envoie ses grains encore et encore. Le pic de ce temps instable est atteint dans la nuit, avec des rafales de nord à plus de 90 km/h à Leknes, ville principale de l'île pourtant peu exposée à cette direction de vent. En raison des congères, nous serons forcés de garer la voiture à l'entrée du camping et de traîner nos affaires dans des conditions dantesques ! Pas question d'aurores bien sûr, on reste bien au chaud à regarder les fenêtres du chalet se faire plâtrer de neige. Le lendemain, après quelques bourrasques résiduelles, le temps se calme progressivement avec des lumières magnifiques. Fin de matinée sur le Jellvollstind : A la mi-journée, nous sommes au bord du Vareidsund, sur l'île suivante, Flakstadøya : En quelques dizaines de minutes, nouveau changement radical d'ambiance : Ce coin incite vraiment à s'y attarder, chaque détour offre une vue différente : en quelques kilomètres et quelques instants d'écart, on passe de la rudesse de la côte rocheuse battue par les vagues ... ... à la sérénité des fjords intérieurs : En fin de journée, l'instabilité se résorbe définitivement, et laisse admirer les dernières couleurs depuis Sandbotnen : Cette petite baie nous charme assez pour que nous revenions y observer les aurores à la nuit tombée. L'activité met du temps à démarrer, mais nous gratifie d'un pic aussi bref que remarquable. Les aurores commencent à s'allumer sur les sommets du nord de Flakstadøya : Une dizaine de minutes plus tard, le ciel est traversé par une structure fabuleuse, rayonnant sur l'horizon nord : Avant de se séparer en une multitude de rideaux puis de s’atténuer doucement : Nous passons la nuit pratiquement au point le plus occidental de notre voyage, sur l'île de Moskenesøya, qui est probablement un des coins les plus courus de l'archipel. Je ne résiste pas à un lever de soleil sur le Kjerkfjord et ses célèbres montagnes, situées juste en vue du village de Reine : Nous passons à Å (oui, c'est le nom d'un village), terminus de la route E10 qui nous suivons depuis Kiruna, et quasiment à la pointe de la dernière grande île des Lofoten. La visibilité sur le continent à plus de 80 km à l'est est exceptionnelle. Le chemin du retour nous fait repasser par certains coins vus à l'aller, dans une ambiance apaisée tranchant complètement avec la première impression. Le Steinsfjord à nouveau : Heure bleue sur Lyngværfjellet : Retour à l'Austnesfjord également, sous un ciel limpide mais ambiance localement bien ventée, qui donne une impression de lac de montagne alors que nous sommes en bord de mer ! Un détour par Straumnes nous fait découvrir quelques perles comme le Grunnførfjord : On peut aussi apercevoir les Îles Vesterålen voisines : Sans compter les sommets escarpés de l'intérieur d'Austvågøya, dans la lumière déclinante : Pas d'aurore ce soir-là tout comme la veille, pour des raisons diamétralement opposées : après une nuit précédente entièrement dégagée mais totalement calme sur le plan magnétique, nous aurons une nuit active mais bien bouchée. Rageant, mais c'est le jeu ! Et le pire, c'est que le temps est superbement clair dès le lendemain matin. De quoi en revanche se régaler encore des nombreux sommets, alors que nous sommes déjà de retour sur le continent. Vue sur le Novatind : On reprend ensuite la route vers la Suède, et ce ne sera pas de tout repos. Les grosses accumulations de neige le long de la frontière combinées à un vent assez présent là-bas obligent la circulation à être restreinte à des convois périodiques et à sens unique derrière le chasse-neige, sur plus de 10 kilomètres, ce qui implique facilement 1/2 heure d'attente entre chaque voyage. N'empêche, l'ambiance est fabuleuse, entre la lumière rasante, et les sommets plâtrés entourés par des écharpes de neige soufflée. La température baisse à chaque kilomètre vers l'est, pour atteindre -15°C à la frontière. Côté Suède, même histoire : longue attente et convoi jusqu'à Björkliden. Avec toutes ces histoires, la journée s'achève quand nous faisons une petite pose à Abisko. On renoue avec le froid lapon, sur la glace épaisse du Lac Torneträsk : Malheureusement, le voile s'est nettement épaissi, nous n'apercevrons ce soir-là qu'une aurore brouillée par les nuages d'altitude, avant de reprendre la route vers Kiruna, où nous retrouvons une neige qui tombe finement par -11°C. Nous décollons le lendemain de bonne heure, après 10 jours passés dans ces régions nordiques, des étoiles plein les yeux. Petit bonus, avec une carte approximative de l'itinéraire pour visualiser dans les grandes lignes les endroits parcourus :
  19. 65 points
    Bonsoir, Puisque mes propos ont été l'objet d'un débat, je me permets d'apporter ici des précisions suite au débat récent sur la qualification de l'épisode froid à venir (vague de froid ou pas ?). Tout d'abord, une vague de froid, ce n'est pas forcément "un épisode plus froid que les normales pendant 2/3 jours". Avec cette définition, on aurait des VDF en été. Une vague de froid, c'est intimement lié à un épisode de froid absolu et non relatif. Pour connaître une vague de froid, il y a trois conditions simultanées à respecter : intensité, durée, étendue. Météo-France utilise l'indicateur thermique national (ITN) pour les discriminer. Sans rentrer dans les détails techniques, il faut que l'ITN soit inférieur à une valeur seuil basse (ITN1), reste inférieure à une valeur seuil haute (ITN2), pendant 5 jours à partir d'une valeur seuil de déclenchement (ITN3). Sur le graphique à bulle bien connu, par exemple pour la VDF de février 2012 (cf plus bas), l'ITN est descendu le 1er février en dessous de ITN3, est remonté le 14 au-dessus de ITN2 et la valeur la plus basse, -5°C, était bien inférieure à ITN1. La taille des bulles correspond à la sévérité, c'est proportionnel à l'aire sous la courbe moyenne glissante de l'anomalie de l'ITN. Dans mon tweet hier, j'évoquais le fait qu'il n'y a eu que 3 VDF passée la mi-février : 1948, 1956 et 1971. En réalité, l'épisode de fin février - début mars 2005 remplit également (de justesse) les 3 critères pour être qualifié de VDF. Je suppose qu'il n'apparaît pas sur le graphique par souci de lisibilité, mais si c'était le cas, il serait bien en bas à gauche. C'est le cas d'autres épisodes, en fait ce graphique n'est pas exhaustif (il manque de nombreuses bulles en bas à gauche). Quant à l'épisode du début de semaine prochaine, hier encore on ne pouvait pas vraiment parler de VDF à la lumière des ensembles. Est-ce que ça veut dire que ça ne sera pas le cas ? Pour le moment, la dispersion reste trop importante pour que la probabilité de VDF avec les critères de MF devienne significative. Et même avec un scénario du type GFS12 particulièrement glacial dans son ensemble, ce n'est pas certain que cela soit une véritable VDF, pour plusieurs raisons : - le coeur le plus froid d'altitude (jusqu'à -18°C à 850hPa) ne traverse que la moitié nord du pays, assez rapidement - peu ou pas de neige au sol pour faire plonger les tn de manière généralisée, limitées également par le vent - tx restant positives ou à peine négatives malgré les t850, en raison des sondages avec pied convectif sous le coeur froid d'altitude Pour ces raisons, ne vous étonnez pas si MF garde dans les jours à venir une communication "timide" à ce sujet. D'autant qu'au-delà de J+5, les températures proviennent d'adaptations statistiques de l'EPS.. avec un lissage des événements extrêmes et une certaine inertie. Les observations a posteriori permettront d'affirmer ou non si cet épisode froid aura été une vague de froid au sens statistique. Cela dit, même sans parler de VDF plusieurs jours à l'avance, l'option durablement froide pour la période gagne nettement en probabilité. Peu de doutes qu'une masse d'air glacial envahira l'Europe centrale ; reste encore à savoir comment et où elle évoluera. Cela dépend d'acteurs aux contours relativement flous ; ensuite, si c'est le cas, l'interaction entre cette masse d'air continental très froid avec les bas géopotentiels sur le sud-ouest de l'Europe pourrait apporter son lot de surprises neigeuses dans la moitié sud, en particulier près du Golfe du Lion.. avant un redoux et possible évolution en zonal sous blocage ?
  20. 63 points
    En attendant, @Virgile a attaqué la déco de sa chambre : Un grand merci pour ce suivi, c'est passionnant à suivre !
  21. 63 points
    Bonsoir à tous, On a des différences qui semblent banal qui sont cependant lourde ce soir. Et qui semblent d'ailleurs créer un peu de tension de ce soir, mais au lieu de traiter le fond ça se tape dessus plus qu'autre chose... Bref. En fait chaque modèles ont leur particularité et explication sur leur run. Je vous propose une comparaison de chaque modèle entre chaque échéance avec à la fin un bilant: 144h (les flèches noires, sont la suite du run un peu avec le temps que les BPS mettent à s'allier à un point il faut prendre en compte que la petite dépression glisse sur les HPs) GFS: Avec une coulée qui reste assez séparé des BPs Scandinave à 144h: Chez GEM c'est plus marqué cet écart petite dépression et BPs Scandinave mais avec des BPs Scandinave moins creusé On notera juste au passage que ARPEGE ressemble comme deux gouttes d'eaux à GEM ce soir avec un retard du décrochement de la petite dépression à 114h contrairement aux autres modèles. Donc ARPEGE est avec GEM on peut dire, et ce sont le seul à voir une telle ondulation le week: Ensuite CEP où la petite dépression est bien plus tôt relié aux BPs scandinave (qui sont très à l'ouest à coté des autres modèles), elle est quasi invisible : UKMO lui est bien plus séparé que CEP mais pas au point de GEM, sa dépression est un peu plus intense. Dur à dire l'évolution qu'il aurait eu mais il ressemble pas mal à GFS avec juste une pulsion anticyclonique bien plus marquer qui tend à encercler les BPS (un blocage apparent dès 144h). Semblable à GFS donc avec peut être plus de froid advecté sachant que les BPs scandinave sont plus à l'ouest: FIM lui ressemble très nettement à GEM avec une pulsion qui tend à aller vers les Svaldbards... Conséquences: à 192h: GFS est le seul à ne pas voir de blocage durable ce soir, mais a cependant un scénario bien sympathique: GEM, est vraiment le rêve pour ce soir: FIm le suit seul duo qui se dégage ce soir: Et CEP en effet à z500 il est magnifique c'est le rêve, mais le centre dépressionnaire est un peu trop à l'ouest ça se joue à peu mais ça fait toute la différence et c'est ce qui provoque des températures qui touchent à peine -4°C à 850HPa. Mais dans le fond c'est fort intéressant, avec un énorme blocage polaire maritime, pour ce qui est de l’histoire de ce placement ça pourrait pas mal bouger encore. Il vaut mieux retenir le général que le fond compte tenu de l'échéance, on va voir encore pas mal de run moyen et très bon. Mais c'est une possibilité finale qu'il faut garder dans un coin de sa tête: Conséquences à 240h: Chez GFS l'activité dépressionnaire reprendrait de l'ampleur et signerait bien la fin du scénario: Sur GEM l'AS ne prend pas faute à une nouvelle advection froide de BPs grâce au blocage solide et net en atlantique, flux de N/NNE humide et froid... Rêvé.. Chez FIM l'AS prend: Un AS qui prend forme aussi sur CEP avec un blocage solide, le nord verrait l'arrivée du froid avec l'humidité. Mais le placement mauvais à 144h fait encore des siennes pour le sud: Les ensembles: Chez GEFS on tend à une pulsion solide: Mais les possibilités d'écrasement sont toujours plutôt présente, même si on sent maintenant un maintien et donc une tendance sur certains scénarios au maintien du blocage: Quand on regarde le panel ça se confirme on a bon nombres de scénarios de blocages durables qui tiennent le choix, le scénario GFS étant donc assez isolé: Chez l'ensemble GEM, c'est exactement comme GEFS à 192h et au delà. Juste la pulsion qui a tendance à être un peu plus à l'est: Chez CEP ensemble c'est équivalent à GEFS-GEM mais avec plus de froid présent à 216-240h sur la France: Bilan général: On a donc: -Un CEP magnifique dans les grandes lignes mais un petit détail à 144h fait que ce n'est pas si beau à l’échelle de la France, comme sur le GFS0z ce matin. -UN GEM(/ARPEGE)pour sa part qui évolue de A à Z dans le sens du froid-humide garantissant de belles sensations hivernales. -Un FIM dans le même sens que GEM mais qui tend à un AS en fin de run plus qu'un maintenant du polaire maritime. -Un GFS (je compte pas UKMO car on ne peut savoir comment il aurait prévu l'activité dépressionnaire sur le labrador) qui est bien sur la coulée mais qui ne voit pas le maintient du blocage. -Sur les ensembles ils sont unanimes sur la coulée et donc montre une forte fiabilité, c'est plus du détail comme on peut le décrire sur les DET, mais par contre sur la présence d'un vrai blocage à la CEP-GEM-FIM(-ARPEGE) c'est encore divergent même si les moyennes ont tendance à garder une dorsale plus formé ce soir ce qui fait tendre les ensembles un peu plus vers un blocage solide. Un facteur clé qui sera à surveiller sera le comportement de cette petite dépression à 144h qui glisse vers la France. Pour le maintien du blocage ça sera surtout l'activité dépressionnaire sur le labrador. Bonne soirée Gugo.
  22. 61 points
    Ces dernières années il est vrai que nous avons été très gâtés questions situations hivernales magnifiques... mais toujours à plus de 240H ! Cette année on fait beaucoup mieux car on peut y croire jusqu'à 120H
  23. 60 points
  24. 59 points
    Bonsoir à tous, Au lieu de faire du post par post en mode tchat et faire sortie par sortie, pourquoi ne pas faire un bon vieux résumé global? C'est parti Après un week-end qui pourrait-être plus ou moins hivernal avec une petite coulée humide fraîche (apportant même quelques potentiels neigeux faiblard au nord), les choses devraient s'emballer hivernophilement parlant. En effet, comment se faire un avis sur la situation quand on voit de telles divergences entre CEP et ICON (les deux opposés en qualité de coulée)?: Pas facile à première vue mais en réalité il y a des choses qui se mettent en place qui pourraient nous laisser très optimistes pour une semaine bien hivernale.... Je prendrai les modèles de seconde zone en plus des autres. Pour les flemmards il y a une conclusion et aussi un bilan au II très important. I/Lundi mise en place d'une pulsion hivernale Modèle par modèle on observe des similarités dans les comportements et les premières sérieuses divergences. On va voir donc les premiers écarts, mais dans la majorité des cas nous verrons seulement dans le II les conséquences de ces écarts: Voilà le premier modèle qui est sans doute le moins bon dans l’évolution ensuite, ICON (la légende sera la même pour toutes les cartes). A première vu sur ICON tout va bien, c'est même le mieux pour ce qui est de l'espace de la pulsion à cette échéance, c'est aussi le meilleur pour faire monter grandement les hautes pressions de l'ancienne pulsion en haute latitude (flèche orange). Ceci favoriserait une vraie bonne petite continentalisation, mais c'est ceci qui lui porte défaut par la suite (Plus d'explication à venir en II) : GFS lui voit une pulsion avec peu d’espace, mais surtout une absence de montée de haute pression en haute latitude de l'ancienne pulsion GFS// lui voit peu d'espace entre les deux dépressions (rouge-jaune) mais on sent que ça veut quand même monter, on voit que les hautes pressions de l'ancienne pulsion montent plus facilement que son frère GFS en haute latitude : GEM lui voit un écart plus conséquent que le // mais par contre limite plus la montée des hautes pressions en haute latitude: JMA lui voit un bel écart pour la pulsion mais on a une dépression qui pulse (en rouge) qui est assez active par rapport à d'autres modèles, on voit une forte montée des hautes pressions de l'ancienne pulsion (j'aurai du même mettre une flèche de plus) : NAVGEM lui voit un écart encore plus grand, mais une montée un peu moins haute: CEP lui voit un écart correct et voit une belle montée des hautes pressions de l'ancienne pulsion UKMO lui est très surprenant avec un bloc dépressionnaire (jaune) beaucoup plus gros, des pulsion sur l'Amérique qui arrivent plus forte (flèche noire en haut à gauche, présent mais moins fortement sur d'autres cartes), il pulse beaucoup les hautes pressions de l'ancienne pulsion vers les hautes latitudes et surtout il a une dépression qui pulse bien moins forte (en rouge, comme chez ARPEGE à 120h). Dans la forme il est assez ressemblant à CEP, mais probablement avec un temps de retard avec la difficulté du développement de cette pompe à pulsion, je pense il aurait bien tournée hivernophilement parlant, surtout avec des réalimentations qui seraient arrivés plus vite du continent américain et une coulée massive chez nous, mais on est sûr de rien: II/ Mis en place de la coulée et divergences de l'évolution: C'est là que ça devient intéressant avec les conséquences des divergences vu juste avant. Sur ICON comme on le voit cette mini continentalisation tourne mal et à de lourdes conséquences ensuite, en effet la forte pseudo pulsion vers la Scandinavie bloc la dépression qui devrait coulée chez nous (celle entouré en jaune sur les cartes d'avant), de ce fait on a un ralliement des deux dépression sur l'atlantique, l'AA qui reste bas et une pseudo coulées sur l'extrême ouest amenant pas tant de froid (au contraire) et un temps pas très humide. Sur le papier il est assez isolé mais on a deux scénarios qui GEFS qui le suivent donc prudence : GFS lui l'autre soucis c'est l'absence total de hautes pression au nord-est du RU qui pause soucis. En effet, il n'y a aucune hautes pressions de l'ancienne pulsion qui provoquent la coulée dépressionnaire, de ce fait la dépression coule (jaune) qu'en partie chez nous et une bonne partie s'en va vers les Iles Svalbard. La cerise sur le gâteau c'est le développement extrême de l’activité dépressionnaire (rouge). C'est un cran plus hivernal que ICON mais c'est encore assez limite, à l'ouest avec le flux de nord et la coulée en plein sur le secteur c'est potable, à l'est c'est très très limite: Le petit frère dans une logique similaire mais différente, la présence de hautes pressions au-dessus du RU (contrairement à GFS, à 168h) permet une coulée froide plus conséquente, mais une partie se joint à l'activité de la pulsion (rouge) qui se décuple comme sur le grand frère: GEM lui, voit une coulée progressive sur flux NO, bien plus marquée avec des dam bien plus bas ce qui rend les choses plus intéressantes pour tout le pays, ça essaye de couler progressivement. Ceci s'explique par deux choses, un pulsion assez bonne et surtout des hautes pressions de l'ancienne pulsion qui bloquent bien plus la coulée, mais l'emballement dépressionnaire sur l'ouest atlantique rend les choses limitées : JMA on passe dans une autre catégorie, les hautes pressions de l'ancienne bloquent parfaitement la coulée en notre direction et la dorsale se développe bien avec une activité dépressionnaire qui est assez limité, même si c'est encore un peu trop intense. On a une belle ouverture à blocage. Pour chez nous la situation serait parfaite les dams très bas favoriseraient un sérieux polaire maritime hivernal: Et avec NAVGEM c'est encore autre chose l’activité dépressionnaire ne déborde pas à sur l'ouest atlantique, la pulsion devient une dorsale très solide qui monte vers le Groenland, le nord atlantique est dégagé. La coulée est assez à l'ouest mais plutôt bien placé, on aurait un très gros potentiel notamment à l'ouest: CEP lui est dans l'idée de NAVGEM, mais avec une coulée en flux NO puis NNO et non nord, avec la mini continentalisation avant il y aurait quasiment pas de redoux et surtout à partir de mercredi on a un mélange de masse d'air continental et maritime qui entre en jeu grâce à la dorsale qui s’étend en nord-atlantique. A partir de là on ne joue plus aux petits chevaux....: Petit bilan on distingue quelques grands éléments importants pour cette coulée : L'activité ouest atlantique, elle se décuple sur GFS-GFS//-GEM, c'est elle qui est responsable en bonne partie de l'évolution moyenne hivernophilement parlant notamment pour les deux derniers. Sur JMA elle est plus limitée mais c'est fort possible qu'elle aurait fini par déborder. L'écart entre la déprenions qui pulse et la dépression qui coule. On le voit sur ICOn ça se lie (c'est du aussi à l'élément suivant) et sur GEM c'est limite. La qualité de la montée des hautes pressions de l'ancienne pulsion (de la minicontinentalisation). Ca ne parait mais c'est un facteur déterminant, selon le placement ça provoque une divergence sur la façon dont coule la coulée, c'est une sorte de "bouclier" pour que la coulée n'aille pas vers la Scandinavie. Plusieurs placements, plusieurs conséquences : Si trop d'HPs qui montent vite, ça bloque trop la coulée --> ICON Si les HPs montent pas assez ça laisse glisser la coulée-->GFS Si les HPs montent mais très à l'ouest (plus proche du RU que de la Scandinavie) ça bloque en partie la coulée (GFS//-GEM) Si les HPs montent vers le vente de la mer du nord (Plus proche de la Scandinavie que RU) ça laisse la coulée descendre bien et ensuite on a un développement de ces HPs (car la coulée ferait remonter des HPs par l’Europe centrale) sur le nord atlantique--> CEP-NAVGEM-JMA Rien est fait mais on distingue donc quelques camps par ces 3 éléments de divergences: ARPEGE-UKMO ---> Grosse interrogation sur leur évolution, mais l'arrivée en avance de réalimentation et la similarité à CEP avec juste un temps de retard peu laisser penser une belle évolution (Avis perso). ICON---> Isolé mais qui sait? GFS---> Plus ou moins suivi par son ensemble mais seul dans l'idée GFS//-GEM ---> Partiellement bloqué, pas parfait et très dépressionnaire à l'ouest JMA---> Nouveau pallié belle coulée mais ça se développe à l'ouest en fin d'échéance NAVGEM-CEP---> Folie, suivi par ensCEP On pourrait lier GFS-GFS//-GEM et NAVGEM-CEP-JMA dans ce qui est purement de la coulée. III/Une envie de mise en place de blocage? En effet, les conséquences de divers indices saisonniers semblent bien vouloir s'imposer sur les modèles. Ça se voit autant sur GFS que sur CEP et de même sur les ensembles il est clairement trop loin pour aller dans le détail même si CEP se passe de mot (maritime-continental, folie hivernale): GFS tente bien malgré cette activité folle au nord de l'Europe avec un léger AS, puis après une coulée dépressionnaire atlantique fin de topic il met quelques chose de plus solide en place sur l'atlantique: Son ensemble c'est toutou dans l'idée: CEP lui n'a pas le temps et avec cet atlantique nord libre on a la mise en place de blocage solide directement: Son ensemble le suit aussi comme un bon toutou On va pas se le cacher, les ensembles ne vont guère nous aider pour le coup... Conclusion: Clairement, c'est assez ouvert. Personnellement si je devais donner mon avis le scénario GFS je n'y crois pas une seconde avec l'absence d'HP qui bloquent, ICON pareil je ne pense pas que dans les prochains runs les hautes pressions de l'ancienne pulsion vont se décupler. GFS// et GEM sont plus réalisables et si ça devait à évoluer moyennement ils seraient possible, on aurait un beau épisode mais rien de transcendant. JMA non je ne pense pas, à mes yeux l'effet d'un Atlantique nord dégagé (a 192h) et le décuplement de l'activité dépressionnaire ou pas sont étroitement liés. Donc voir l'activité se décupler progressivement mais qu'il y ait de l'espace en atlantique nord, je n'y crois, à l'heure actuelle en tout cas, même si quand on regarde ensCEP c'est indirectement ce que fait la moyenne (mais je pense c'est plus dû à une divergence scénario type GFS//-GEM et CEP-NAVGEM. Pour les deux derniers NAVGEM-CEP tout à fait réalisable. Pas d'avis car on n'a pas l'évolution sur UKMO-ARPEGE mais à surveiller. Pour le LT-TLT, clairement le scénario anarchique de GFS qu'on voit à 240h je n'y crois pas une seconde personnellement. Après la suite pourquoi pas. A mes yeux, soit on ira directement dans une situation type CEP si l'atlantique nord est dégagé, soit on aura un blocage qui se mettra en place toute fin de topic à la GFS après une période transition après la coulée. Allé je miserai quand même une pièce sur CEP-NAVGEM mais sur une pulsion un peu plus à l'est (je prends compte cette dynamique classique---> ceci favoriserait un coulée en plein sur la France) et surtout car ça va dans le sens des tendances saiso et que le comportement de CEP me rappel celui de janvier 2017 il avait mené la danse 3 jours, les autres s'étaient rallié. Bien qu'après le ralliement global on a eu une évolution un peu moins bonne. Merci de m'avoir lu. J'espère c'était compréhensible car j'ai suivi France-Allemagne en hand en même temps C'est pour ceci qu'il y a un tchat partenaire (lien en bannière de la version web, il y a une verif rapide quand vous arrivez avant d'être membre) . Par contre les cumul RR à 192h, souhaits, on en veut pas non plus on prévient tout de suite . Bon 18z ! Gugo
  25. 58 points
    ! Bien le bonjour peuple météophile ! Bien longtemps que je n'avais pas rédigé un petit topic photographique, mais vu ce que nous a fait l'idyllique ville de Montpellier, il était nécessaire d'en garder une trace Pour beaucoup, le ressenti de cet hiver 2017-2018 a été une nouvelle fois médiocre, pour ma part il était jusqu'ici plutôt correct sur le pourtour méditerranéen : - Le 4 novembre, un épisode cévenol/méditerranéen concerne l'Hérault et offre de puissants orages principalement dans les garrigues Montpelliéraines. On relève aux alentours de 140 mm à Saint-Martin-de-Londres ; - Entre le 5 et le 10 novembre, une offensive hivernale relativement marquée concerne les Cévennes où neige et givre prennent leurs quartiers sur l'Aigoual ; - Le reste du mois de novembre est très calme et ensoleillé, laissant profiter des dernières douces journées (20 °C) mais également de goûter aux premières gelées dans les garrigues ; - Le 2 décembre, un épisode neigeux exceptionnel concerne principalement le Var où l'on relève plus de 40 cm de neige du côté de Brignoles. Les flocons atteignent Montpellier ; - Le reste du mois de décembre est relativement frais, autorisant de belles sorties photos dans les Cévennes plâtrées ; - Le 3 janvier, une douceur exceptionnelle concerne le Montpelliérain, il fait 21 °C sur les plages ! Dans le même temps, la tempête se déchaîne, des rafales à plus de 140 km/h sont enregistrées à Saint-Martin-de-Londres, tandis que l'on mesure 180 km/h au sommet du mont Saint-Baudille ; - Les 7 et 8 janvier, un épisode orageux exceptionnel pour la saison affecte le secteur de Montpellier. Pendant plus de 16h consécutives, des cellules aussi électriques qu'en plein été ont défilé ! Je relève plus de 130 mm d'eau à Carnon ; - Le reste du mois de janvier est plus calme mais agréable, le thermomètre dépasse régulièrement les 15 °C et titille parfois les 20 °C ; - Les 5 et 6 février, un épisode pluvieux concerne le Montpelliérain. Avec le refroidissement, la neige s'invite, elle blanchit les garrigues de quelques centimètres, saupoudre certains quartiers de Montpellier et virevolte à la lumière des lampadaires sur les plages ; - Le 10 février, le beau temps revenu permet d'effectuer une sortie photo dans les Cévennes où la couche dépasse allègrement le mètre au-dessus de 1 000 m ; - A partir du 21 février, le froid revient en force et les gelées se font de plus en plus fortes. On relève jusqu'à -12 °C à Saint-Martin-de-Londres et - 6 °C à Fréjorgues le matin du 27 ; Dans ce récapitulatif il manque un petit quelque chose pour parfaire le tableau, juste un tout petit truc .............. PUIS .............. P U I S .............. P U I S .............. P U I S .............. P U I S .............. P U I S.............. P U I S Mardi 27 février, vers midi : Il fait froid mais il fait grand beau, je suis au boulot et ça fait maintenant plus de 10 jours que je bassine les collègues sur le fait qu'un probable épisode neigeux intéressant toucherait Montpellier pour ce milieu de semaine. Bien évidemment, personne ne me croit et je passe pour un taré . J'ai le droit à des répliques classiques du genre "Il fait super beau, impossible qu'il neige" "T'façon il neige jamais à Montpellier, c'est la Méditerranée !" Pour les plus réalistes : "Au pire, ça ne tiendra pas". Mardi 27 février, 16 h : Passage de l'Hérault en vigilance orange pour neige. J'informe les collègues mais les avis n'évoluent guère : "Ca ne tiendra pas en ville", "Au pire ça aura fondu le soir et il n'y aura pas de soucis sur les routes"... Cela dit, à leur décharge, il est vrai qu'à ce moment Météo-France ne prévoit que quelques centimètres en ville ainsi que sur la côte pour la matinée avant qu'un redoux pluvieux se produise en cours d'après-midi, la neige faisant un possible retour jusqu'aux côtes le soir. Tout le monde quitte le boulot sereinement. Mercredi 28 février, 8 h : Je débarque au boulot plus tôt afin de pouvoir prendre une large pause sur le midi et aller photographier l'épisode neigeux qui devrait être à son paroxysme à la mi-journée sur les plages. A 8h, le ciel est simplement gris, il fait -3 °C et les grands axes sont saupoudrés de sel. Les collègues débarquent peu à peu avec un petit sourire du style "Alors, bien ta neige ?" Mercredi 28 février, 9 h : Les premiers fins flocons débarquent sur la ville, l'intensité reste faible. Les avis changent peu à peu et on commence à me demander des informations sur la suite des événements... Mercredi 28 février, 11h30 : La neige tombe modérément à fortement depuis près de deux heures, l'ensemble du paysage est recouvert de plusieurs centimètres de poudre, il fait près de -4 °C sur la ville ! Les collègues admirent le spectacle de la fenêtre mais ne prennent pas vraiment conscience des conséquences à venir. Pour ma part, je prend donc ma "pause" et part en direction de chez moi. J'ai environ 2 heures pour effectuer l'aller-retour entre le quartier Millénaire et les plages, normalement en 10 minutes c'est plié... Avec ma fidèle Fiesta roues de caddies pneus été usés, je roule tranquillement pour rejoindre les rampes d'accès à la 2*2 voies des plages. La couche approche des 10 cm mais reste soufflée et froide, ça roule donc plutôt bien. Hélas, mon enthousiasme est rapidement mis à mal quand j'arrive à hauteur des voies d'insertion de la voie rapide. Au niveau d'Odysseum elles sont toutes en pente sur quelques dizaines de mètres et là pas de miracle, camions et voitures déjà bloqués, rendant l'accès inaccessible. Connaissant la topographie du secteur, je décide de faire un détour et de passer par Port-Marianne et la route de Lattes, une route qui ne présente pas de pente jusqu'à la 2*2 voies. Une petite capture vidéo de la Gopro pour illustrer l'ambiance peu commune à midi dans le récent (en plein développement) et joli, à mon goût, quartier de Port-Marianne : Beaucoup de voitures s'arrêtent alors pour monter des chaussettes ou chainer... Mais même avec leurs équipements, les gens sont incapables de rouler à plus de 20 km/h en pleine ligne droite, je suis obliger de les humilier Après un slalome entre les voitures, je parviens enfin à la 2*2 voies de Carnon, dans une ambiance toujours irréelle ! La route est encore "praticable" bien que l'épaisseur commence à se faire sentir et qu'il ne vaut mieux pas faire d'écart ou s'arrêter. Une autre capture Gopro pour illustrer l'ambiance : Mercredi 28 février, 12h30 : J'arrive chez moi, soit près d'une heure après le départ. La neige continue de tomber fortement, il fait -2.5 °C et la couche atteint 13 cm sur ma terrasse. Les prévisions sont déjà largement dépassées. Dans le même temps, je reçois un sms de collègues m'avertissant que tout le monde devait quitter le boulot à la mi-journée... Parfait ! Je file donc sur la plage et... Tout est immaculé, l'ambiance est juste indescriptible ! La Méditerranée se prend pour l'océan Arctique... Puis, au loin dans la tourmente, une silhouette colorée débarque avec des bâtons... Un skieur se promène sur la plage, scène assez irréaliste : Mercredi 28 février, 13h30 : Les conditions deviennent dantesque sur la plage ! Il fait encore - 2°C mais le redoux pointe son nez en altitude et c'est un mélange de neige forte, de grésil et même de pluie forte par moment qui balayent le paysage poussées par de bonnes rafales. La couche dépasse les 15 cm. Dans le même temps, la mer se fait de plus en plus agitée (creux de 4 m relevés au large du Grau du Roi) et les vagues se mélangent à la neige, offrant un spectacle une nouvelle fois étrange : Des "vagues" de neige se forment également sur la plage, les perspectives se perdent : Tandis que celles venant de la mer grossissent encore : Les conditions de prises de vue sont à ce moment vraiment terribles. Le mélange incessant des hydrométéores, des rafales de plus en plus fortes et des embruns me mettent à mal ainsi que le matériel. Vivre ce genre de sensation à cet endroit, jamais je n'y aurait cru ! Une dernière prise dans ma rue, parallèle à la plage ou la neige forte mêlée au grésil reprend le dessus : Mercredi 28 février, 16 h : Cette fois le redoux gagne la partie sur la côte et le dégel se manifeste. La pluie prend définitivement le dessus et de puissantes rafales d'est atteignant 80 km/h se produisent. Le thermomètre affiche 4 °C et la couche de neige se transforme rapidement. Pendant ce temps, la neige continue de tomber sur Montpellier. Mercredi 28 février, 18h00 : Ayant dans l'optique de faire des photos dans Montpellier, je profite du bref redoux pour tenter de rejoindre la ville, sachant que la température rechute déjà et que la neige revient (au final, la ville n'aura quasiment pas vu le redoux). Les conditions de circulation sont très mauvaises avec cet épais mélange de neige, de glace et d'eau. Néanmoins, je parvient à atteindre la 2*2 voies malgré mon absence d'équipement, l'expérience de conduite sur ce genre de terrain fait parfois toute la différence. Sur la route, c'est un (lent) slalome pour éviter les divers véhicules échoués (photos téléphone) : Cependant, pour ceux qui connaissent, la montée (côté Corum) pour accéder au parking de la Comédie m'a presque été fatale ! Mercredi 28 février, 19 h : J'arrive enfin à bon port pour la session urbaine, la neige fine tombe modérément. La place de la Comédie est transformée en une immense et agréable piscine composée d'un mélange d'eau glacée et de neige sur 20 cm d'épaisseur, le tout sur des pavés lustrés... Je ne vous raconte pas la difficulté pour marcher, on aurait dit que toute la population avait 90 ans La "slush" est présente partout et pour ceux qui connaissent le centre de Montpellier, c'est beaucoup de pentes sur des pavés... Illustration de la rue de la Loge : La place Jean-Jaurès, d'habitude blindée de monde : Mercredi 28 février, 20 h : Météo-France lance une vigilance rouge neige pour l'Hérault, la deuxième après celle de la... Normandie en mars 2013 ! L'événement prend une tournure vraiment exceptionnelle. Quoi ? Il ne se passe jamais rien en Méditerranée ? Je continue ma balade photographique, toujours dans des conditions délicates, neige modérée à forte mêlée de grésil. Puis, remontée jusqu'au parc du Peyrou ou je croise parfois des personnes à ski, en luge, en snow. Mercredi 28 février, 23 h : Il tombe toujours un mélange de neige modérée et de grésil sur la ville, la couche devient vraiment épaisse, je poursuit ma balade, cette fois ci du côté d'Antigone : Cette architecture type Grèce antique, que j'apprécie énormément, avec la neige, offre une ambiance une nouvelle fois assez irréaliste et plaisante. Mais, dans un tel décors, les dégâts sont inévitables, notamment sur la végétation. Les pins se brisent les uns après les autres, c'est impressionnant (photos téléphone) : Petit tour du côté des rives du Lez et de l'hôtel de région pour clôturer cette promenade, toujours dans des conditions exécrables pour la prise de vue. Il est temps de se mettre à l'abri, de se reposer un peu et de faire sécher le matos. Le redoux intervient qu'en deuxième partie de nuit et la pluie accompagne le lever du jour sur une ville engourdie. Jeudi 1er mars, 8h30 : La pluie tombe faiblement par une température à peine positive sur la ville. Les conditions de circulation restent très délicates et tous les transports sont suspendus. Passage au-dessus de l'A9 à hauteur d'Odysseum, où le chaos règne ! Pas besoin d'en dire plus, les différents médias ont largement évoqué ce sujet. Illustration (photo téléphone) : A Carnon, la neige a également laissé place à la pluie, la couche est également très épaisse et atteint les 20 cm. La vigilance rouge est levée, mais la vigilance orange pour submersions marine est toujours maintenue. J'assiste donc à un mélange des phénomènes météorologiques qui rend l'événement encore plus extraordinaire ! Sur ma plage, la mer prend le pas sur les étendues enneigées et arrive jusqu'aux bâtis (photos téléphone) : Une illustration avec cette vidéo que j'ai posté sur Facebook (visible pour tous) : Jeudi 1er mars, 14h30 : Le redoux est bien en place, la neige fond sur la côte mais assez lentement, vu l'épaisseur de la couche et il ne fait que 3 °C. Les routes deviennent plus ou moins praticables, j'en profite donc pour passer aux inondations ! A Palavas, certains sont secteurs sont noyés sous plusieurs dizaines de centimètres d'eau (submersion marine, débordement des étangs, fortes pluies, fonte de la neige). De nombreuses routes sont fermées à la circulation, dont celle ci-dessous. Le toponyme est plutôt de circonstance : Un mélange d'eau et de glace dans les rues de la ville, assez insolite une nouvelle fois (photo téléphone) : Allez, changement de décors. Je décide de filer à quelques kilomètres plus au sud, du côté de Frontignan, notre commune d'étude de mon master GCRN. Contraste incroyable puisqu'en moins de 2 km, à hauteur des Aresquiers, on passe d'un paysage enneigé au néant absolu ! Arrivé à Frontignan plage, il fait presque trop chaud avec 9 °C, et la ville est inondée : Jeudi 1er mars, 16 h : J'arrive à Sète et c'est encore une autre ambiance. Le vent d'est souffle à 90 km/h, il fait 9 °C et la mer soulève des creux de 8 m ! Le spectacle est au rendez-vous : Je termine une nouvelle fois trempé, mais par la mer cette fois ! Vendredi 2 mars, 5h : L'événement prend fin après une soirée tempêtueuse et... un orage accompagné de très fortes pluies et de grésil, incroyable. Samedi 3 mars, 12h : Plein soleil, 17 °C sur la plage, t-shirt, c'est bluffant. Quelques illustrations évoquant l'érosion engendrée par cet épisode exceptionnel (photos téléphone) : Au total, cet épisode aura apporté près de 170 mm de précipitations à Carnon, le cumul annuel dépasse les 400 mm sur ce début d'année 2018, éclatant déjà l'ensemble de l'année 2017 ! Un épisode qui fera date dans ma mémoire, à l'image de celui de mars 2013 vécu en Normandie, quoique en plus incroyable celui-ci ! Vivre un tel événement ici, c'était du domaine de la fiction pour moi. Montpellier fait fort, très fort en ce début d'année 2018, en espérant qu'elle poursuive sur sa lancée Ps : C'est bon, le tableau est parfait pour cet hiver ! Ps 2 : Les collègues vont bien, certains ont du dormir à l'hôtel mercredi soir Bien à vous.
  26. 58 points
    Bonsoir, Tu peux lire les analyses des intervenants pour t'apercevoir de la rareté du phénomène à venir (et presque de son incongruité, tant ECMWF est extrême ! Mais la bienséance, on peut y asseoir son séant de temps en temps...). Pourquoi ? D'abord parce que nous analysons les cartes synoptiques. Un regard surplombant de notre part sur les modèles englobe en quelques secondes des milliers de km2. Nous voyageons à la vitesse de la pensée et de notre lecture du pôle aux tropiques, de la Sibérie aux Açores... Ces cartes sont loin d'être stéréotypées mais, au fil des années, nous reconnaissons et repérons des situations-types. C'est un phénomène que je pourrais rapprocher de l'habituation en psychologie. Le stimulus perdant de sa vigueur, nous ne nous extasions pas toujours...Or, je peux te garantir que ce genre de projections qui tapissent la chambre de Virgile depuis 3 jours, représentent des stimuli qui font sortir de leur torpeur n'importe quel forumeur d'IC un tant soit peu hivernophile. Même l'animal Loonesque qui s'est retiré lentement de la vie du forum, au fil des années, regardant passer les messages, comme les ruminants regardent passer des trains, a pu être sorti de son hibernation ! Ces cartes, on ne compte plus les dénominations depuis 3 jours, qui les qualifient : "dantesques" pour les amateurs du 14è siècle, "exceptionnelles" pour les amateurs d'inédit, "de ouf" pour les "djeunes", " de malade" pour les futurs ou actuels professionnels de santé... Effectivement, observe bien tout ce qui est posté, observe les archives et tu comprendras que de tels centres d'action ainsi projetés, de tels déplacements de masses d'air (on dit aussi "advections", ça fait chébran, cablé ou trop dare), ce n'est pas souvent que l'on en voit ou que l'on en a vu ! Ensuite parce que les intensités envisagées ainsi que l'ampleur géographique sont hors normes. Sur cette carte d'échéance à peu près raisonnable (qui n'est pas la plus extrême, les jours suivants réservant mieux, hivernophilement parlant, ou pire pour les estivophiles et autres chasseurs d'orages...), tu verras que de telles gelées du fin fond de la Lorraine jusqu'aux côtes atlantiques, en passant par la Beauce et ses hauts plateaux , on n'en voit pas souvent : Après, je te parlerai de la date : fin février. Certes, il est possible de connaître des épisodes remarquables, mais la probabilité de voir débouler une masse d'air d'un froid aussi intense décroît singulièrement au fur et à mesure que l'on s'approche du mois de mars, printemps météorologique, rappelons-le. En outre, toujours d'après un run parmi d'autre, et juste à titre d'illustration d'un de ces "états accessibles de l'atmosphère", on pourrait connaître des situations peu communes, avec des contrastes de "ouf" (ça c'est mon accès de jeunesse quotidien, qui m'éloigne un temps du "Sonotone" cher à MC dont le "Solaar" aura bien du mal à réchauffer nos oreilles dans quelques jours !) : tu remarqueras que 16 degrés de gradient horizontal, on en avait connu le 8 décembre 2010, mais ce n'est pas fréquent (c'est juste un exemple de ce qui pourrAIT arriver, n'est-ce pas ? Mais cela souligne le potentiel de situations inouïes...) Et enfin, la durée ? On ne peut pas se prononcer, mais tu pourras remarquer que les spéculations commencent à aller bon train et que sur le marché des devises, des obligations, des nouvelles technologies ou de n'importe quoi d'autres du monde de la finance, si les analyses d'IC étaient monayables, on aurait bien un analyste financier pour dire en ce moment que c'est la flambée, la folie inflationniste, le moment d'acheter, d'investir, de faire gonfler la bulle ! En effet, les indices tendent à s'accumuler, qui laissent penser à une durée de plus en plus longue...Là encore, c'est un potentiel. Mais les modèles avancent à petits pas, chaque jour apportant son lot de nouvelles certitudes... Donc, un ancien forumeur dont les analyses prédisaient parfois un "terrible hiver", il y a seulement quelques années (5 ? 10 ? Mince que le temps passe vite !) aurait dit : "Wait and see !" Bonne soirée, en espérant que ces quelques éléments t'auront un peu éclairé...
  27. 57 points
    Bonjour, Bonne année à tous, en espérant plein de bonnes choses dans les prévisions! Et en espérant être plus présent personnellement sur ce topic car par un manque de temps à des moments et d'envie à d'autres... Depuis la fin d'été pas trop là.... Les choses sont particulièrement intéressantes et complexe à suivre. En effet, on a des divergences assez dingue entre les modèles à des échéances assez courtes qui ont des conséquences assez forte. On arrive pour chaque modèle à voir une trame logique mais en fonction de l'évolution des anomalies atlantique on a des situations radicalement différentes. Les anomalies évoluent plus ou moins comme elles veulent à l'heure actuelle sur les modèles, ils ne les gèrent pas bien. Le plus intéressant actuellement pour amener quelques conclusions reste l'échéance par échéance: Conclusion en fin de partie. I/ Dynamique première/seconde anomalie Tout commence à 120h avec les premières divergences sur l'anomalie atlantique, en effet en comparant sans doute les deux plus opposés, ARPEGE-ICON on observe que des différences assez flagrantes pour des échéances courtes sont présentes. Alors qu'ARPEGE voit une dépression (noire) très développé, ICON l'a voit quasiment pas développé. De plus des différences sur la seconde anomalie qui va arriver est déjà présente (vert foncé) ou sur ce qui est du basculement du noyau fort du VP (en rouge, j'y reviens en fin de post) se démarquent assez fortement: C'est à partir de ces différences que tout commence. Deux éléments influences évolutions ensuite et sépare une première fois les modèles. La première c'est la distance entre la première dépression et la seconde (la force de la coupure d'hautes pressions entre ces deux anomalies), plus la coupure est faible plus les dépressions vont facilement se lier alors que pour les autres elles vont se séparer plus difficilement. Lié à ceci on a la présence ou pas d'un détachement de la première dépression ou pas (en violet sur ICON ci-dessus), elle est présente sur ICON, et elle est très proche de se former sur GEM, sur UKMO compte tenu des grosses mailles elle n'est pas visible. Ces deux éléments provoquent un gros écart dans la période de glissement de la première anomalie (noir). Sur GFS dans un premier temps on a un ralliement des deux anomalies car elles sont particulièrement proche l'un de l'autre: Il faut attendre 192h pour observer le glissement de celle ci (et encore cette anomalie a laissé des plumes, elle a laissé une partie de ces basses pressions à l'autre anomalie (la verte) ce qui l'a rend plus puissante, ceci influence fortement la suite): GEM lui écartant plus l'écart entre les dépressions à 120h que GFS finit par se dépatouiller plus rapidement que GFS de cette première anomalie, à 192h là ou GFS commence seulement à la faire glisser le long de l'anticyclone, GEM lui a fini de la faire glisser, mais cette dépression laisse aussi des plumes(Des basses pressions) à la seconde anomalie et on le voit à 192h une seconde anomalie (indirectement de ces plumes) veut également glisser du côté de l'Europe... (C'est là que vous pouvez vous dire que le post va être interminable car il y a plein de '"mais" et d'évolutions) UKMO-CEP eux ont une première dépression très développé, mais on voit que les dépressions de CEP sont proches contrairement à UKMO: Et ça se sent ensuite car en réalité CEP tourne dans une situation type GFS avec un ralliement des BPs des deux dépressions : UKMO lui provoque bien une séparation type ICON mais avec une activité plus forte. Dur de savoir donc son évolution car il ressemble à aucun autre modèle: ICON lui arrive à faire glisser cette première anomalie très rapidement, à 168h elle c'est relié au bloc scandinave et fait même office de pompe pour le bloc froid scandinave car à l'arrière la dorsale prend parfaitement: GFS// très proche de ICON dans l'idée c'est pareil, la différence se marque par le fait que le bloc anticyclonique ets plus haut car le glissement en très haute latitude du vortex polaire se fait plus haut que ICON: ConclusionI/: Ce que l'on constate ici c'est qu'on a une première grosse influence c'est le comportement de la première et seconde anomalie sur l'atlantique. Selon leur écart à 120h, soit elles se lient et mettent du temps à se détacher (GFS/GEM/CEP), soit elles ne se lient pas et c'est le jackpot dès 170h hivernophilement parlant (UKMO/ICON/GFS//). II/ Dans le cas ou ça ne tourne pas au jackpot Sur GEM qui était plus dans un entre-deux on sent qu'on est à la limite d'un scénario qui tourne au blocage à 192h, mais on a une troisième anomalie qui se forme pendant que la deuxième commence à glisser, ceci provoque un effondrement du blocage qui se mettait en place progressivement: GFS c'est tout bête mais c'est la même logique que GEM mais avec 48 bonnes heures de décalage et un blocage qui tient un peu mieux mais très temporairement: CEP lui évolue quand même d'une manière intéressante avec des HPs qui s'imposent en haute latitude. On sent une mise en place progressive d'un blocage. Le glissement de la perturbation atlantique auraient probablement permis de faire appel au VP scandinave, alors qu'à l'arrière une nouvelle pulsion se formerait pour se joindre à l'AI: ConclusionII/: Ce que l'on peut dire c'est que même quand ça tourne mal au début, après l'évolution vers un blocage temporaire reste possible. Mais assez peu solide à cause d'un déferlement dépressionnaire. III/Dans le cas où ça tourne bien Et bien ça ne tourne pas bien à tous les cas en réalité.... En effet, on le voit ICON semble partir avec un probable creusement en méditerranée (rouge) un beau blocage avec une activité en sortie d'Amérique stable et l'arctique assez dégagé, de ce fait la coulée derrière pourrait nous concerner avec une bien belle évolution: Mais on le voit ça ne tourne pas parfaitement à tous les coups, avec GFS// qui décale les choses massivement à côté du 6z, tout s'explique par rapport au fait que le bloc de haute pressions est plus haut à 144h environ, vu qu'il est plus haut ceci amène une jonction de la première anomalie au bloc scandinave bien plus en haute altitude sur GFS// que sur ICON. De ce fait le bloc reste plus sur place et empêche une coulée par chez nous, mais ceci s'explique aussi qu'à 170h GFS// commence à décaler l'activité dépressionnaire vers l'est alors que ICOn la laisse sur le labrador. A TLT il reste intéressant avec une tentative de mise en place d'un blocage massif (par l'aide du reste de ce blocage) avec un vortex polaire sur la Scandinavie qui concernerait toute l'Europe. Une option à ne pas oublier: IV/ Le basculement du VP J'aurai pu l’évoquer en intro mais en fait ce basculement à un rôle important certes pour ce que nous avons vu précédent mais aussi pour le TLT. En effet, on le voit par les ensembles et évidemment sur les déterministes, le bloc fort américain va s'affaiblir pour basculer du côté Scandinave: Il faudra surveiller qu'il n'y ait pas un lien entre les deux blocs comme la moyenne +240h de ensCEP le laisse entendre, car ça fermerait les portes en atlantique... GEFS est quand même assez optimiste avec soit des scénarios type ICON, ou des scénarios avec un blocage qui se met en place progressivement (CEP) et quelques scénarios qui restent mou ou avec des pseudos blocages (GFS). On voit bien le VP sur la Scandinavie et les HPs sur le nord atlantique:: L'écart est encore plus marquer quand on va à la fin de topic : Cette bascule a une importance forte sur ce topic. Car c'est ce basculement qui explique les divergences assez fortes sur les anomalies qui suivent ce basculement. De plus l'enjeu en seconde partie de topic (TLT) est très grande également car selon la qualité du basculement la porte l’arctique pour une pulsion est plus ou moins ouverte, elle peut vite devenir fermer comme on le voit sur l'ensemble GEFS. Je tiens également à préciser les situations type CEP, ou bien avec un gros VP sur l'Europe et un blocage au porte de la France en général n'est pas ultra favorable au sud. Mais ça reste du détail. Quand on voit les hésitations d'avant. On peut également prendre en compte le MJO qui devrait basculer en phase 6 et 7 favorisant des possibilités de pulsions en haute latitude sur l'atlantique avec une situation de blocage/NAO- pendant ce topic, les débuts de répercussions de la phase 6 pourraient se faire ressentir, s'il y a répercussion: Pour conclure, on a donc un début de topic influencé par la jonction ou non de deux anomalies, dans le cas de la jonction, on aurait une réelle difficulté à la mise en place d'un blocage alors que dans le cas inverse on aurait un blocage qui se mettrait facilement en place avec une évolution potentiellement très intéressante. Dans le cas où ça ne se met en pas en place, soit on arrive mais quelques jours plus tard à avoir un blocage qui se met en route et de manière très fragile qui chuterait à la moindre activité, ou bien d'un blocage massif qui se mettrait petit à petit en place avec de très beau potentiels à TLT.... On entend quand même pas mal de points positifs mais ça reste ouvert, tout se joue sur des détails fins pour une évolution positive ou non. Bonne soirée ! Gugo
  28. 57 points
    Bonjour à tous, Tout d'abord merci pour tout vos retours durant la semaine et merci @TreizeVents pour ton apport constructif. Des choses ont bien changé en l'espace de quelques jours par rapport à la dernière fois. Mais globalement on tient toujours quand même un joli potentiel. Point par point: On commence par les voyants verts: Tout d'abord le MJO avec un passage en phase 6 qui devrait s'affirmer en fin de mois, ceci favoriserait potentiellement le régime NAO- à partir du 10 janvier environ: La PNA+ qui s'affirme avec qui dans le cadre de El Nino favoriserait aussi un régime NAO- à partir de janvier, à suive si elle reste positive (Pour le fait qu'on soit en El Nino ou pas j'y reviendrai 13V) Bien sûr il y a les indices actés qu'on ne cite plus, indice solaire, PDO-/Nino, enneigement en Sibérie... Voyant orange: Il n'y a pas de voyant rouge mais des orangés qui peuvent virer au rouge ou au vert selon comme les choses vont évoluer: La stratosphère, on a encore des doutes qui subsistent. Tout d'abord sur la finalité du SSW majeur qui a actuellement lieu: Les premières conséquences de ce réchauffement qui a commencé depuis hier pourraient se voir en début d'année avec un possible ralentissement du système dépressionnaire groenlandais qui se décalerait vers la Scandinavie. Par la suite des incertitudes apparaissent, en effet on le voit c'est assez hésitant sur l'évolution entre un nouveau réchauffement amenant à un split, un split tout court ou une restructuration tout court du VPS. En l'espace d'un run GEFS/GFS ce matin on est passé d'une tendance à la restructuration à partir du 1er janvier (0z) à une tendance au split (6z). La situation après ce 6z pour après le 1er janvier: -Tournure vers un split avec un nouveau réchauffement: Déterministe, P12 -Tournure au split avec le premier réchauffement: P4 -Tournure split avec le premier réchauffement et nouveau réchauffement qui prend place: P2, P3, P6, P13, P15, P16, P17 -Restructuration qui se met en place: P7, P8, P10, P11, P19 -Restructuration mais mise en place d'un nouveau réchauffement: GFS //, P18, P20 -Restructuration avec un léger split dans un premier temps : contrôle, P1, P5, P9, P14 Bien malin celui qui trouvera le bon scénario . 10 scénarios sur 23 qui voient une restructuration, 10 scénarios sur 23 qui voient un split et 3 voient un mixe des deux avec une possibilité de finalité en split compte tenu qu'un nouveau réchauffement se met en place malgré la restructuration. Il y a un intérêt important de l'évolution de la stratosphère car une persistance de l'anarchie et une tournure à la finalité du SSW majeur (le split) favoriserait donc par la suite en troposphère des mouvements durant janvier. A condition que les répercussions strato-tropo aient bien lieu. Si l'on a une restructuration ça pourrait bien favoriser autres choses par la suite en tropo.... Affaire à suivre donc. Maintenant le noyau fort du fort du vortex polaire troposphérique. En effet, il devrait bien dans un premier temps aller vers le nord du Groenland et nord-ouest canadien (entre deux de GEFS et ensCEP d'il y a quelques jours, c'était l'ensGEM qui avait raison en réalité donc, je ne l'avais pas cité) ce qui n'est clairement pas favorable pour un temps hivernal par chez nous : Cette situation favoriserait une dynamique dépressionnaire sur l'atlantique provoquant l'apport d'un AF par chez nous en cette fin d'année. Mais par la suite une dynamique de déplacement vers l'ouest de ce blocage français pourrait bien avoir lieu avec le ralentissement de l'activité dépressionnaire (probable conséquence du SSW majeur qui a lieu actuellement) qui permettrait ce décalage. Ce décalage favoriserait surtout un déplacement du noyau fort dépressionnaire vers la Scandinavie: Le décalage anticyclonique est très flagrant au niveau des anomalies: A noter quand on prend l'ensCEP de 192 à 240 on part sur la même dynamique. Le dernier GFS dans la forme de l'idée (du décalage vers la Scandinavie par ralentissement) pas forcément la finalité (je vois déjà les mauvaises langues arriver "gnagna t'as vu les échéances pour un DET" ) est parfaitement symbole de ce ralentissement dépressionnaire et du décalage vers la Scandinavie du noyau fort, après est-ce que ça finira comme ça c'est autre chose... Phase de ralentissement: Phase de basculement en Scandinavie: Ce décalage vers la Scandinavie laisserait place à partir du 5 janvier des possibilités de pulsion en atlantique avec la diminution de la présence dépressionnaire en atlantique. On le sent depuis quelques runs à TLT les graphiques GEFS baissent, c'est de même sur le graph de Colmar pour ensCEP: Ici Paris sur GEFS mais c’est de même dans le sud 12z GEFS hier: 6z aujourd'hui: EnsCEP 0z: Ça reste frais et ça va encore pas mal bouger. Pour aller plus loin on le voit bien avec CFS weekly on observe bien la bascule du blocage anticyclone français à un blocage groenlandais qui perdurait dans le mois avec sans doute une corrélation des indices (MJO-strato-Pdo/nino-PNa/nino... qui amènerait à cette persistance): Du 29 au 5 janvier on voit le bloc anticyclonique sur l'Europe de l'ouest: Une montée du blocage vers le groenland du 5 au 12 avec une interaction des BPs atlantique-continentale: Du 12 au 2 février une persistance du blocage groenlandais avec des coulées froides de Scandinavie en interaction avec une circulation dépressionnaire en dessous du blocage groenlandais (Ce que projette météo France avec des températures dans les normes et un temps humide, c'est une situation semblable à décembre 2010 d'ailleurs): Aura-t-il bon on ne peut le dire, mais ça fait déjà quelques jours qu'il insiste la dessus. Dans ce genre de situation le jeu délicat est clairement les basses pressions qui circulent sous le blocage, selon leur comportement qui sont des réglages très fin on peut se retrouver avec quelque chose de très hivernal comme très doux ou avec un fort dégradé nord-sud. On l'a vu début mars dernier avec un blocage un peu dans cette configuration. Affaire à suivre aussi, déjà il faut que la bascule du bloc dépressionnaire est bien lieu, car si ce n'est pas le cas on part possiblement sur quelque chose de bien moins hivernal, mais bon les modèles y tendent donc normalement ça devrait le faire. Ensuite à voir...... Voyant rouge: En fait si il y en a un que j'avais cité en début de semaine c'est les mers au dessus des normes au nord, même si les anomalies ont partiellement diminué Quand on fait un petit bilan on observe que le passage par une phase anticyclonique pour la suite semble importante, à noter d'ailleurs que souvent les grands épisodes hivernaux sont marqués par un temps anticyclonique par chez nous dans un premier temps. On semble bien parti pour voir les modèles bouger autour du 7-10 janvier avec un début d'évolutions. Si une circulation sous blocage s'impose des détails se joueront jusqu'à des échéances très courte. La stratosphère sera importante à suivre pour la suite du mois et février. ---------------------------------- Désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt 13V, tout d'abord je n'ai pas lu forcément un pessimisme aux prévisions que nus émettions Cirus et moi mais plutôt des limites à ce que nous avançons. Ensuite comme l'a bien rappelé Bernard ce que j'ai mis en avant dans mes prévisions ce n'est pas pour faire rêver, c'est juste la réalité, on a une corrélation des indices qui nous font tendre vers un réel potentiel. Cependant, la tendance saisonnière on ne cesse de le répéter, ça reste une tendance divers facteurs peuvent faire que ça ne correspondra pas ou que partiellement. Bien que plus on accumule les indices dans un sens plus les chances que la chose se produise (ici un potentiel hivernal sur un bon mois) sont grandes. Mais à l'heure actuelle il reste des facteurs déterminants à cerner qui sont le basculement du noyau fort du vortex en troposphère (c'est bien parti) et l'évolution de la strato (c'est le flou complet). C'est comme si on faisait une raclette, actuellement on a toute la charcuterie et le matériel (indices au vert) mais il manque le fromage (indice important dans le doute). Tout d'abord je parlais dans le cas si on se fiait à CFS sur ces deux mois de manière bête... Mais si on parle de manière globale, il est clair que jouer avec 2009-2010 va être compliqué compte tenu de notre mois de décembre et même je pense d'une dernière décade de février plus dépressionnaire. Cependant je reste de l'avis que sur l'hiver sur sa globalité (sans compter l'AO car toi même tu le dis souvent l'AO ne fait pas tout.....) 2009-2010 est sans doute intouchable. Mais en terme d’épisode, de force d’épisode clairement on peut largement mieux faire si ce n'est pas déjà le cas avec février 2012... Effectivement 2009-2010 avait surtout été marqué par la répétition d'épisodes hivernaux mais qui n'avaient pas forcément des durées affolantes. En France en décembre on a eu 14 jours réellement hivernaux, dont 2 qui ne sont pas à l'affilé des 12 premiers, les 2 autres vont avec 10 jours début janvier puis on en a 5 autres fin janvier qui vont avec une quinzaine de jours début février. En gros on a eu la moitié de l'hiver sous condition réellement hivernale, ce qui est un ovni pour la France en terme de quantité. mais par contre la durée de ses épisodes n'allait pas au delà des 15 jours. C'est là ou le potentiel actuel (et on le voit par CFS weekly) est très intéressant, car on un potentiel d'environ 1 mois hivernal qui pourrait ne pas s'arrêter comme on l'a vu certains hivers par le passé qui sont un peu plus ancien. Donc oui sur la quantité totale (si on a bien quelque chose car ce n'est pas fait) ça serait moins bien, sur la quantité en un coup ça pourrait être mieux... Enfin bref c'est un peu un jeu sur les mots tout ça. J'avais lu effectivement ce bulletin de la NOAA que tu mets dans la suite de ton post, c’est un peu comme le bureau Australien qui met en avant une situation EL Nino Alerte. On est un peu à la limite du neutre et du Nino. Pour ma part j'ai fait le choix d'aller dans le sens d'une situation Nino car peut être qu'en décembre comme l'explique la NOAA on a un système-globale océan atmosphère qui est resté plutôt neutre, mais on est loin d'être sûr que se sera le cas en janvier-février. Tout d'abord car on a des prévisions qui voient une persistances de El Nino autour des 1°C qui sont déjà actuellement atteint. La situation pourrait favoriser une mise en marche du système. Et ce qui me conforte dans mon choix de prendre en compte El Nino pour influencer le système atmo-océan, c'est l'évolution de deux indices qui se voient sur les modèles... quand on fait un raisonnement inverse on distingue bien l'influence fort possible de El Nino en janvier: -Tout d'abord la PNA, comme dit plus haut elle devrait passer positive, on observe ceci depuis 2-3 jours avec une prévision qui monte vers le positif progressivement. Comme par hasard, au moment ou la PNA positive s'affirme, on a depuis 2jours à TLT sur GEFS un décalage du bloc de hautes pressions (basé en fin d'année sur l’Europe de l'ouest) vers l'atlantique (en début d'année). Comme on a pu le voir plus haut avec les animations. Aurait-il un lien avec la PNA? C'est fort possible, car elle favorise un régime NAO- quand la PNA+ est couplé à El Nino. Mais donc... si on a juste une PNA+ ça peut pas marcher? C'est à peu près ça, donc il est fort probable qu’un couplage NIno/PNA+ est bien lieu, de ce fait El Nino marcherait vraiment... Alors on peut très bien dire que c’est d'autres facteurs qui favorisent ceci. C'est possible. Mais... il y a un autre indice qui si il est couplé à El Nino favorise des blocages en atlantique.... -Le PDO! Pour rappel un PDO- couplé à El Nino ça favorise ceci: Un bon gros blocage Groenlandais débordant un peu en Islande avec une circulation dépressionnaire sous celui ci. OUPS, c'est bizarrement ce que voit CFS weekly et aussi d'ailleurs MF dans leurs tendances saisonnière (avec une forte humidité chez nous, une situation dans les normes alors que vers l’Islande-Groenland on aurait un temps sec). Et clairement cet indice sans El Nino il ne marche pas car un PDO- seul avec un ENSO neutre ça ne donne pas un anticyclone groenlandais-islandais avec une circulation sous le blocage... Donc un indice ça peut être une coïncidence mais deux.... Donc par un raisonnement par l'inverse on peut dire que oui il y a de réelles risques que El Nino influence l’atmosphère en janvier-février. Après tu peux ne pas être d'accord mais là dessus mon avis ne changera pas. L'hiver dernier en octobre tu m'avais fait la même remarque pour la Nina. Au final on avait bien observé des influences de la Nina durant l'hiver et en toute fin novembre. Après pour le coup d'autres facteurs avaient peut-être bien influencé.... Merci tout d'abord. Ensuite je suis bien d'accord sur le fait que l'on a atteint une limite à la qualité de la tendance saisonnière. On ne pourra aller plus loin dans le cadre du RC, mais par contre de là à dire que l'on va régresser je ne suis pas d'accord, les prochains progrès permettront d'expliquer et de mieux interpréter les indices en fonction du RC et donc de permettre de garder une stabilité dans la qualité/fiabilité des tendances que l'on peut émettre de nos jours. Ce n'est que mon avis. A mes yeux la prévision saisonnière ne peut pas être toute blanche ou toute noire. On ne peut pas tout faire bêtement avec les indices ou tout faire bêtement au feeling. Personnellement je me fie à 60/70% des indices et je rajoute du piment du ressenti ou en comparant avec des années par le passé.... Ça a plutôt bien marché l'hiver dernier avec environ 2 mois sur 3 de bon en se fiant à la prévis de novembre, et la sur ce décembre en se fiant à la prévis de novembre je suis sur du 40% surtout en comptant la mise à jour du début de semaine ou j'ai annoncé un temps dépressionnaire pour la fin d'année alors qu'on part sur de l'anticyclonique (la concentration dépressionnaire en atlantique ouest a favorisé l'AF donc à moitié faux), mais ça peut remonter avec la suite de l'hiver. De plus certains sites montrent quand même un fiabilité plutôt intéressante (hors MF car eux ils font par trimestre) et prouvent que l'on peut vraiment faire de bonnes choses. Je pense notamment à lameteo.org. Enfin bref vu que c'est que de la roulette russe ce que l'on fait après tout à quoi ça sert de perdre notre temps à ça... Merci à @tao pour l'aide apporté dans la construction de ce post. Gugo
  29. 57 points
    Oui t'as raison. Ce soir le cep est anthologique de bout en bout et on peut extrapoler qu'avec ce scénario, ce n'est pas la fin avec un flux de nord humide glacial par la suite. Ce week end, j'écrivais qu'il fallait imprimer et poster dans sa chambre le scénario du cep . Ce soir, je n'ai plus de place sur mes murs depuis 3 jours.
  30. 57 points
    Bonjour, Vous en avez sans doutes tous entendu parler et tous vu circuler des photos de l'épisode de givre qui vient de se terminer dans la moitié nord du pays. Cet épisode fut remarquable en plusieurs points: sa survenue soudaine, son étendue, sa durée et son intensité. En effet, Noël fut très doux sur ces régions à l'approche de l'anticyclone Yorn qui en profita pour déverser un flux subtropical anticyclonique sur le pays. La température a du mal à passer sous les +5°C en cours de nuit, les stratus et les bruines sont monnaie courante. Temps d'hiver banal et médiocre... Le 28 décembre, l'anticyclone pivote vers le nord puis l'est du pays. La pression en son centre est colossale! Jusqu'à 1048hPa relevés! Pour la suite des évènements, les modèles sont unanimes: l'anticyclone va (légèrement faiblir) et drainer un flux de S/SE plus continental mais pas forcément plus froid. En effet, les températures à 850hPa sont prévues à +6°C environ, il se pourrait bien que, comme en décembre 2015, cela se traduise par de très douces journées presque printanières. Mais... c'est tout sauf le cas. La nuit du 28 au 29 décembre est étoilée, peu venteuse et l'air sec favorise un rayonnement intense. Une puissante inversion se met en place et les nuages bas puis le brouillard envahissent le ciel. Ainsi, le 29, certains secteurs enregistrent leur première journée sans dégel! En général sur une bande allant de la Sologne aux Flandres. Le 30, rebelotte. Nouvelle journée sans dégel et passée dans le brouillard givrant. Cette masse d'air froid plaquée au sol s'écrase sur elle-même et s'étend chaque nuit un peu plus. Elle épouse presque à la perfection le Bassin Parisien géologique, en s'évacuant par la Loire. Pourquoi cette correspondance zone géologique/température? L'épaisseur de l'inversion est très faible. Les terrains sur ce secteur sont en moyenne situés à 100m d'altitude avec de rares points >200m. L'inversion ne faisant qu'une centaine de mètres d'épaisseur et n'étant absolument pas brassée, elle est contenue par les petites surrélévations du terrain aux alentours du Bassin Parisien. Le satellite est éloquent, le moindre relief est visible par transparence au travers de la fine couche de stratus. Image satellite HD: http://www.infoclimat.fr/cartes/modis/2016/12/30-16_HD.jpg Quelques annotations: (Les points visibles le long de la Loire ne sont autres que les panaches des centrales nucléaires) Le 31 décembre, l'inversion s'étend encore et fusionne avec l'inversion Lorraine. Un léger flux de sud/sud-est dirige le tout vers le nord mais la configuration reste la même que la veille, les estuaires (baie du Mont Saint-Michel, estuaire de la Loire, Seine et Somme...) laissent s'échapper l'air froid tandis qu'il est contenu par les petits reliefs (Massif Armoricain, Collines Normandes, Boulonnais, Morvan, Plateau de Brie...). Seule exception pour le pays de Caux qui, sous le flux et avec ses altitudes encore plus faibles (140m en moyenne sur le plateau) est concerné par les gelées. Au 1er janvier, les zones concernées par les gelées du 29 entament leur 4ème journée sans dégel plongées dans le brouillard givrant! Entre temps, le givre s'est déposé sur des épaisseurs peu communes en plaine avec en moyenne 2 à 3cm. Mais, sur les zones exposées, l'épaisseur atteint les 5cm! Comme ce phénomène me concerne directement, je choisirais de rester dans mon secteur, à savoir le plateau d'Yvelines. Compte tenu du contexte (léger flux de sud), ce plateau, en plus d'être proche, possède plusieurs avantages. Sa surface est réhaussée vers le nord via le contrecoup alpin et quelques failles rémanentes du soulèvement du Massif Armoricain forment des lignes de petites collines sur un axe SE-NE. Il y a donc plusieurs bandes rapprochées favorables à l'accumulation du givre. Je sais donc tout à fait quels secteurs viser pour rencontrer le maximum de l'épisode. Le long de ces bandes exposées, des épaisseurs de 5cm furent relevées. Je commencerais par une vallée afin d'apprécier l'état de la couche la plus faible. Pour ce faire, je monte sur un chaos rocheux dominant les Vaux de Cernay. Ici, le plateau est entaillée de façon étroite et profonde. Cela va donc servir de référence pour l'épaisseur de givre dans un milieu avec un minimum de flux après 4 jours de brouillard givrant. L'épaisseur rencontrée varie entre 0.5cm (tout en bas) et 2cm en moyenne (haut de côte). Hors un magnifique paysage, la forêt ne prend pas un aspect alourdi par le givre. 1] 2] Je pars ensuite aux Bréviaires (grand trait bleu central juste à gauche de la nationale sur la carte des zones exposées). L'altitude approche 180m sur le petit bombement, elle fait partie des plus hautes zones du plateau d'Yvelines. Bien que ridicule, cette altitude et cette position changent du tout au tout l'intensité de l'épisode de givre... Constatez par vous même! Ici, l'épaisseur de givre atteint facilement entre 4 et 5cm. 3] Vue rapprochée: 4] Un banal buisson d'aubépine transformé en cristallisoir... 5] L'épaisseur sur les câbles électriques est impressionnante! 6] 7] A côté de Thoiry, le village de Goupillières est situé sur l'une de ces lignes de collines axées SE/NO. Il s'agit de la bande bleue la plus au nord ouest de la carte des zones exposées. Relativement à l'abri du plateau, l'épaisseur de givre moyenne est à peine moins élevée mais reste honorable: 4cm en général, 5 à vue d'oeil sur les grands arbres. 8] Cap au sud à présent, sur une ligne de collines située au sud-ouest du plateau, toujours avec cette même orientation SE/NO donc favorable. Ici, la colline est en première ligne face à la vallée de l'Eure située plus à l'ouest. Il n'y a donc aucun abri. Les épaisseurs de givre devraient donc y être maximales! Il s'agit de la petite ligne bleue la plus au sud-ouest sur la carte des zones exposées. Sans surprises, arrivé en haut, c'est le plâtrage intégral... Certainement un peu plus de 5cm sur le haut des arbres mais impossible de mesurer. On s'en tiendra donc "officiellement" à 5cm généralisés. 9] Quelques buissons et arbres situés sur le haut de la colline... Première fois que j'observe un tel encroutement dans mon secteur! 10] 11] Bien que résistant, on sent que ce chêne commence à peiner à supporter tout ce poids supplémentaire. 12] 13] Sur le versant nord, l'épaisseur de givre est plus fine et le brouillard largement moins épais permettant de voir à plus de 200m (chose rare ces derniers jours). L'humidité captée par la végétation au sommet altère tout de suite le brouillard et son dépôt. 14] Végétation chargée lors de la redescente vers Dancourt... 15] Et la neige dans tout ça? Eh oui, un brouillard givrant sans neige "industrielle" n'est pas un vrai épisode. Attention cependant aux confusions, le stratus donne naturellement des bruines, et donc de la neige si il fait moins de 0° -la fameuse bruineige-, néologisme inventé sur le forum (ou bruine verglaçante dans certains cas). Une neige "industrielle" doit répondre à plusieurs critères pour être classée comme tel: -surface très restreinte (située en général aux environs immédiats de la source) -épaisseur significative (une source continue de polluant ou d'humidité génèrera de la neige aussi longtemps que les conditions sont réunies. Dans le cas d'une activité humaine, cela durera en général plus d'une heure sur cette même zone localisée). -corrélation entre un zone d'activité humaine polluante et/ou émettant de l'humidité et la zone d'enneigement. Et... Ce fut le cas à Epernon! La neige est tombée entre le 30 et le 31 décembre, pendant la période d'activités précédent le jour férié du Nouvel-An. Ayant parcouru principalement les routes oranges et rouges sur la carte, j'ai pu extrapoler une surface approximative d'enneigement. Celle-ci est située au nord immédiat de la zone d'activités et de la gare d'Epernon (tombe bien par un léger flux de sud) mais ne concernait pas la moitié sud de la zone d'activités. le maximum était relevé au nord du centre-ville avec une trainée bien plus longue remontant vers le NNO. Il est intéressant de noter que la couche diminuait de façon très rapide côté est mais beaucoup plus lente du côté ouest. Léger basculement du vent du SE au S en cours d'épisode? Probable. Trêve de blablas, voici les photos! En montant sur le plateau nord dominant Epernon. Vous pouvez remarquer l'absence quasi totale de neige au fond. 16] Vue depuis le panorama situé en bordure du plateau. (étoile rouge du bas) 17] Drôle d'ambiance aux portes de la Beauce! 18] 19] 20] 21] Passage dans la zone pavillonnaire située sur le petit plateau... Il s'agit de la zone la plus touchée par l'épisode. Désolé pour ces photos de banlieusard mais je ne choisis pas l'endroit où tombe la neige! (étoile rouge du haut) Certains jardins ont comme des airs d'erreur géographique... 22] D'autres sont plus adaptés à ce jour blanc. ... Mais sont moins chargés en neige. (est de la zone pavillonnaire) 23] Redescente sur la pente est... Le clocher est en vue, magnifique au travers de la forêt enneigée. 24] Pour comparaison des hauteurs de neige par rapport à la 2ème étoile rouge, photo prise au niveau de l'étoile jaune. Pour rappel, l'épaisseur diminue très rapidement côté est et la carte est approximative. 25] En fin de journée, je reprends la route vers Saint-Arnoult, après plusieurs heures de brouillard givrant à nouveau cumulées. L'épaisseur de givre a donc significativement augmenté et la zone traversée, située au confins sud du plateau est favorable (légère pente en hausse vers le nord). L'endroit est situé au niveau du croisement entre la N10 et la grande bande bleue la plus au sud de la carte des zones exposées. Rapidement, le givre refait parler de lui en priorité! 26] Et, plus j'avance, plus les arbres sont en souffrance. Les photos sont sans équivoque, je ne pouvais pas mesurer la couche là haut mais elle doit certainement atteindre 6cm avec la croissance du jour. Le givre étant plus lourd que la neige, cette couche suffit à mettre à mal la plupart des arbres et à briser de nombreuses branches... 27] 28] 29] Quand les branches cassent, une partie du givre tombe sous l'effet de la secousse... Mais l'arbre n'en reste pas moins défiguré! 30] Certains, au bord de la rupture, prennent l'allure de grands palmiers blancs. 31] Une dernière pour la route! 32]
  31. 56 points
    un hivernophile qui attendait la stabilitè des modeles
  32. 56 points
    Bonsoir, Suite à la photo smartphone publiée toute à l'heure, voici la suite La neige apparaît vers 1000m sur la chaîne des puys ET sur le Sancy, quel dépaysement toujours de quitter Clermont et de passer de la morne plaine à la montagne en 10km... vraiment je ne m'en lasse pas, même au bout de 20ans (déjà). Les roches, vue du Belvédère du col du Guéry. Les nuances de blanc et de verts sont absolument dingues! Une 10aine de centimètres probable ce matin, arrivant vers 13h, la fonte avait déjà bien amochée le manteau ici. Puis direction le Sancy, via le MD et la spectacle , des contrastes de dinguos, une végétation méconnaissable, très rare de voir ceci (belle couche sur végétation en pleine croissance), [j'avais l'impression d'être dans des films catastrophes bidon ou il neige en Amazonie^^] Chamois à la dérive dans l'immensité blanche, notez bien l'épaisseur de neige au niveau de ses jambes. L'enneigement "frais" explose et grimpe crescendo autour des 1300m, 20 à 25cm de neige à partir de 1500m. Dernière info, le 1er mai 2016 il était tombé une 15aine de centimètres, ce coup ci c'est supérieur et 15jours plus tard s'il vous plait! Ne faîtes pas trop péter les likes pour trop de notifications :o, de toute facon j'ai entendu dire que certains avez déjà épuisé leur quota! Bonne soirée!
  33. 56 points
    Déjà un bon petit coup de gueule ce matin sur ce forum où j'ai l'impression que ceux qui faisaient tout pour minimiser le froid ou alors favoriser les scénarios les + doux s'en donnent à cœur joie pour remuer le couteau dans la plaie en allant jusqu'à déformer la vérité du style "avec le cep, maintenant, c'est juste un coup de froid et non une vague de froid". Bien sur , se payer du -15 à -20 degrés à 850 hpa sur une bonne partie du pays pendant 3-4 jours, c'est juste un coup de fraicheur, non? et ce sont toujours les mêmes pseudos. A contraire, la situation reste passionnante et on est parti de plus en plus pour la 2ème partie de la semaine à des zones de conflits. Je pense quand même que la majorité ici préfère avoir de la neige un moment ou un autre avec des températures moins froides que des températures glaciales sous un ciel bleu. Je vais prendre l'ensemble des modèles même les plus petits pour faire le point. Je vais regrouper les modèles dans des groupes et des sous groupes. On a les modèles qui font une interaction entre le vortex polaire et les basses pressions atlantiques. (GFS, cep, nogaps, cma, Icon). Mais il y a des grosses différences dans ces modèles où l'on peut passer du quasi flop au jack pot selon la position des centres d'action. Si on classe les modèles déterministes du moins bon au meilleur, on a 1) GFS qui est le moins bon de tous en voyant le vortex passer très au nord, les basses pressions atlantiques rapporter rapidement de la douceur en flux de sud sur la France. 2) Le cep/icon : Là aussi les basses pressions açoriennes gagnent du terrain et remontent sur notre pays mais cela se fait bien + lentement avec un retard du redoux. On est quand même dans une pleine zone de conflit entre jeudi et vendredi prochain. 3) Nogaps et CMA qui proposent un scénario parfait à la cep d'hier avec ces basses pressions qui coulissent très au sud entre l'Espagne et l'Afrique du nord limitant le redoux aux régions les + au sud avant que le froid s'engouffre de nouveau. GEM est particulier car lui, il ne voit aucune interaction avec les basses pressions atlantiques et continue à propager son énorme vortes polaire sur l'ensemble du continent européen voir même sur une partie de l'océan. Ukmo est différent dans le sens que je n'avais pas vu ce scénario depuis un bout de temps, c'est à dire que le blocage reste accroché à la Scandinavie et il arrive à isoler et à couper le vortex polaire de sa base Si on regarde les ensemblistes. Ceux qui affirment que celui de GFS suit son déterministe devraient se méfier car c'est bien + compliqué que cela et la moyenne ne veut pas dire grand chose. C'est du 50/50 avec la moitié des scénarios qui suit le déterministe mais une autre moitié voit ses basses pressions glisser très au sud sur l'afrique (scénario nogaps). exemple: Pour l'ensembliste du cep, on voit que l'écart type de température est important jeudi sur le sud ouest du pays et vendredi sur tout le pays, redoux ou pas, c'est toute la question avec cette zone de conflit. La moyenne de températures sur cet ensembliste est + elevé entre jeudi et vendredi que pour le week end d'après, ce qui n'est pas courant. Cela signifie qu'une majorité des modèles voit cette dépression passer au centre du pays et qu'à l'arrière , de l'air froid pourrait de nouveau revenir.
  34. 56 points
  35. 55 points
    Grosse avancée de GEFS ce soir qui jusqu'à ce midi proposait encore des scénarios de mise en place rapide d'un flux d'ouest sans aucun déferlement Arctique sur nous, rappelons-le. Pour être un peu basique et faire des raccourcis, ça donnait ça sur le plancher des vaches en données brutes (T2M) sur Paris avec des scénarios doux voire très doux: Ce soir exit ces scenarios! le T2M a pris une bonne claque avec un moyenne sous les 0°C pour 2 à 3 jours (à ne pas prendre au pied de la lettre, hein) La descente Arctique devrait donc nous atteindre c'est quasi inévitable. Sa trajectoire sera déterminante pour savoir quelle régions seront concernées par un épisode hivernal. Pour l'instant, il est clairement trop tôt pour se prononcer mais toutes les régions sont potentiellement concernées. La question de la durée de cet épisode froid ce pose également. De ce point de vue, on remarque encore une fois que la puissance et la trajectoire du déferlement sont importantes par rapport à cette situation. Les 3 derniers runs GFS sont riches d'enseignement quant à l'importance de sa puissance et de sa vitesse lorsqu'on se focalise sur le jet de NNO qui en serait à l'origine. On remarque au fil des runs qu'il devient plus puissant et surtout que le max de puissance a tendance à s'étendre vers le sud de runs en runs à 156 h (par exemple). Sud GB ce matin (0z GFS), du sud Islande à sud GB ce midi (GFS0z) et Sud Islande et Ouest Bretagne ce soir: L'autre élément déterminant concernant ce talweg Groenlandais concerne sa trajectoire, en fonction de celle-ci sa capacité sera plus ou moins grande à soulever des anomalies positives de tourbillon subtropical vers la Mer de Norvège. Cet isolement ouvrirait les horizons pour que l'ondulation à l'arrière s'amplifie par la suite dans ce secteur. Le CEP est un des modèles les plus prometteurs en ce sens: Pour autant, l'amplification n'est pas parfaite ensuite puisque le blocage naissant a tendance à partir haut en latitude sur la fin du run mais c'est anecdotique pour le moment. On remarque d'ailleurs à nouveau que le talweg Groenlandais rompt avec le vortex polaire, ce qui a aussi son importance quant à la mise en place d'un éventuel blocage. En tous cas, on flirte souvent avec un blocage hivernal sur pas mal de modélisations ce soir avec un caractère atypique sur les éléments qui en seraient à l'origine. Effectivement, l'ondulation initiale pourrait être assez modeste au moment du déferlement d'où une importance accrue des éléments aval de ce phénomène. Le scénario 4 GEFS est un des scénarios les plus hivernaux du panel (le jaune qui descend à -10°C sur les T2M de Paris au-dessus ), il propose lui aussi une ondulation initiale faible mais un isolement important en Mer de Norvège, un jet de NO qui descend jusqu'en méditerranée et une rupture franche du talweg Groenlandais: Ce type de scénario est minoritaire pour le moment mais il est à garder à l'esprit car plusieurs modèles se rapprochent de cette projection .
  36. 55 points
    A partir de minuit si tout va bien...
  37. 55 points
  38. 55 points
    Mardi devrait être la journée la plus orageuse de la semaine, je dirais même de l'année pour l'instant. Profond talweg en approche dans le Golfe de Gascogne en journée. Flux de SO fortement divergent et cyclonique en altitude sur la totalité du pays. Réaction très importante au sol avec creusement d'un minimum dépressionnaire très marqué pour la saison (-10hpa en 24h) En basse couche, la masse d'air restera dans la continuité des derniers jours bien chaude (entre 10 et 20° à 850hpa du NO au SE) avec la progression d'une onde théta du SO à la Belgique. Par ailleurs le contenue en eau précipitable sera bien élevé sur la majeur partie du territoire. Deroulé de l'épisode : 2 foyers orageux distincts seront à surveiller durant cette journée: + Sur tout une moitié nord de la Normandie aux Ardennes, la colonne vertical sera dejà modérément instable dés la mi-journée. La forte convergence de basse couche induite par le minimum dépressionaire déclenchera une convection profonde probablement avant midi. Des orages peu mobiles, par conséquent générateur de gros cumul se succéderont toute la journée jusqu'en début de nuit prochaine, tout autour de la petite dépression de surface. Généralement monocellulaires, ces cellules pourraient s'organiser en petit amas monocellulaire là où les cisaillements seront plus marqué notamment entre Normandie et Picardie. Une supercelulle isolé n'est pas exclu sur ce secteur. + Sur tout une moitié sud, de l'Aquitaine aux Alpes en passant par le Massif-Central, dans un premier temps l'activité orageuse restera timoré sur cette zone sous l'effet d'une convergence de surface de grande échelle moins marqué. Cependant tout va s'accélerer en milieu d'après-midi à l'arrivé de notre talweg d'altitude surplombé par une anomalie de tropo qui induira un soulèvement dynamique très marqué sur son bord d'attaque. L'anomalie de basse tropo pénetrera alors les plaines du SO. Des orages se développeront alors en l'Aquitaine et s'organiseront rapidement en un MCS qui se décalera en soirée vers le Midi-Pyrennés et le Massif Central alimenté par une forte instabilité (MUCAPE sup à 2000J/Kg). De plus une cassure du jet viendra renforçer la divergence en altitude positionnant la zone visée en entrée droite-sortie gauche du jet. Dans ces conditions, la constitution d'un complexe convectif de méso-échelle (MCC) semble probable avec possibilité de bonne chute de grele et surtout de violents rafales. Cette intense activité gagnera ensuite le Languedoc et la Vallée du Rhone en fin de soirée / début de nuit sans faiblir. Pour synthétiser tout ça, voilà :
  39. 54 points
    Bonsoir, Je souhaite vous proposer une approche un peu différente ce soir. La méthode "classique" qui consiste à regarder des vignettes Z500 en mode déterministe ou ensembliste, en regardant en particulier l'écart-type, brouille un peu les idées. On reste focalisé sur cette grosse tâche bleue / violette qui arrive de l'est, au bout d'un moment, l'écart-type sur les îles britanniques augmente sans qu'on comprenne trop pourquoi. En début d'échéance, l'idée générale commence à être bien cernée, il y a cette forte anomalie de géopotentiels à tous niveaux qui progresse rapidement depuis l'Europe centrale. La différence entre les modèles réside dans la chronologie de l'arrivée de ce cœur froid d'altitude. C'est là que ça fera toute la différence ultérieurement, mais il est encore impossible de savoir comment ça va évoluer dans le détail. C'est là toute la beauté de la science météorologique. "Un battement d'aile de papillons, etc". CEP et GFS, pour ne citer qu'eux, divergent sensiblement à J+7, cela se ressent bien sûr sur les diagrammes, les champs d'écart-type. Je me place donc lundi à 00H. On regarde ensemble le géopotentiel à 700hPa. Il représentera assez fidèlement la situation. Plus haut, et notre regard se focalise sur cette énorme anomalie, et on ne regarde qu'elle. Plus bas, on perd de l'information sur la dynamique d'altitude. Bien sûr, dans l'ensemble, les structures sont proches. L'élément clé de l'évolution synoptique, c'est ce col en Z700 présent sur l'ouest de la péninsule ibérique. Il est plus bas sur le déterministe américain du coup l'interaction entre le cœur cyclonique glacial sur l'Europe et le système complexe de bas géopotentiels vers les Açores est renforcée, et là, toute une dynamique atmosphérique complexe s'enclenche. Je n'entre pas dans les détails car c'est inutile. Libre à vous de vous amuser à faire évoluer ces champs pour voir à quel point ils finissent par ne plus se ressembler au bout de quelques heures. Ce qui me semble important à noter par ailleurs : - la mécanique à vague de froid sera plus ou moins contrariée par cette interaction - laquelle sera influencée par la chronologie de l'arrivée des masses d'air glacial par l'est (GFS det plus rapide, interaction plus précoce, cyclogénèse, etc) - mais aussi par la structure interne du système complexe de bas géopotentiels sur l'extrême sud-ouest de l'Europe Pour résumer : - à l'échelle supra-synoptique, on sait à peu près ce qu'il va se passer, avec comme régime de temps du blocage scandinave évoluant en NAO- - à l'échelle synoptique, c'est le grand flou en raison de détails qui nous semblent insignifiants à l'échelle hémisphérique, mais aussi par le biais de rétroactions des systèmes sous-synoptiques - pour le temps sensible, on ne peut donner qu'une tendance très très vague : début de semaine très froid voire glacial mais généralement sec, tendance au redoux de la masse d'air par le sud. Je vois souvent apparaître le diagramme EPS de De Bilt. On peut aussi regarder un diagramme GEFS pour Madrid, et on a un bon signal de redoux humide..Pour le milieu et fin de semaine, il y a trop d'incertitudes, car cela dépend des acteurs synoptiques qui sont relativement inconnus pour le moment. - la France et l'Europe de l'ouest en général sera au carrefour d'influences variées ; on aura probablement droit à des événements remarquables, et c'est absolument passionnant
  40. 53 points
    Un petit résumé de la situation synoptique pour illustrer les peurs et les espoirs (des hivernophiles)
  41. 52 points
    Chères adhérentes, chers adhérents, Chères passionnées, chers passionnés, 2018 se termine sur un record C’est l’occasion pour moi et pour toute l'équipe de remercier l’ensemble des adhérentes et adhérents qui nous ont soutenu tout au long de cette année particulière. Particulière, oui ! Pour la première fois, le seuil symbolique du millier d’adhérents a été franchi ! 1123 adhérents exactement, un record ! De quoi renforcer un peu plus la notoriété d’Infoclimat au sein des différentes instances météo. La Compagnie Nationale du Rhône ne s’y est pas trompée en renouvelant pour trois ans minimum son mécénat qui va nous permettre de dégager un budget pour l’amélioration, l’entretien et le développement du réseau. Ce cap symbolique, c’est aussi bien sûr une satisfaction pour toute l’équipe et un levier de motivation supplémentaire pour nous. Dès à présent, je tiens à vous féliciter pour avoir relevé ce défi. Renouvellement du mécénat avec la Compagnie Nationale du Rhône, le 30 novembre 2018 Aujourd'hui, Infoclimat c'est 489 stations sur le réseau StatIC Dont 18 financées par l’association et 18 dataloggers prêtés. Au total sur notre base climato, plus de trois milliards de données sont stockées et, pour gérer l’ensemble du site, huit serveurs sont nécessaires pour un coût de 15.000€/an. Comme depuis ses débuts en 2003, infoclimat.fr reste et restera dénué de toute publicité, fenêtres intempestives et autres messages à la recherche du buzz et du clic. Cela devient de plus en plus rare sur Internet, et je suis fier qu’Infoclimat vive uniquement grâce à la passion de ses adhérents. Afin de garantir notre complète indépendance, ce sont vos cotisations et vos dons qui font vivre Infoclimat ! Adhérer pour 2019 ! Cette année, l'accent a justement été mis sur l'entretien du réseau associatif Neuf stations ont fait l’objet de visites, afin d’être nettoyées et vérifiées, avec un répéteur installé à Chapelle-des-Bois dans le Haut-Doubs (grâce à l’intervention d’adhérents locaux que je remercie une nouvelle fois). L’anémomètre sonique de notre emblématique station du sommet du Mont Ventoux a été remplacé, permettant de fiabiliser la mesure des vents tempétueux qui y soufflent régulièrement. Une station a été installée à Maljasset à 1900 m en haute vallée de l’Ubaye exposée aux retours d’Est et aux orages d’été. Station météo installée à Maljasset (04) L’activité des passionnés et adhérents a également été intense en 2018 Parallèlement, 65 stations financées par vous, passionnés et adhérents, ont intégré le réseau StatIC pour un meilleur maillage du territoire, et 12 stations ont rejoint le réseau amateur. Aujourd’hui, Infoclimat, c’est donc 489 StatIC, 249 stations Météo-France, 42 stations de l’INRA, 8 stations de l’association régionale ROMMA et 7 stations de l’association régionale Météo-Bretagne qui reportent sur les mêmes cartes dans les mêmes conditions de mesures et de précisions. Toujours dans un esprit de mutualisation de nos réseaux, pour fédérer et partager notre passion et nos connaissances, nous avons tissé un partenariat avec l’association régionale Météo06 qui partageait déjà avec nous 6 de ses stations de la région niçoise. A l’étranger, notre partenaire MeteoNetwork nous fournit 736 stations italiennes. Nous sommes fiers de vous mettre à disposition gratuitement aujourd’hui le plus grand réseau d’observations météo de qualité et en temps réel en France ! La climatologie devient de plus en plus fiable et accessible Par ailleurs, un important programme de fiabilisation a été fait en climatologie avec contrôle, correction et valorisation des données sous forme de nouvelles cartes et graphiques. Celui-ci devrait se continuer en 2019. L’intégration des normales climatologiques 1981-2010des stations secondaires de Météo-France associées à l’interpolation du relief nous permet de vous offrir des cartes d’une finesse jusqu'à encore inégalée; nous nous attachons actuellement à combler les vides sur les pays frontaliers. Nouvelles cartes et moteur de recherche interactif des normales 1981-2010 Infoclimat continue de mener des actions à but pédagogique Infoclimat a également pour vocation de promouvoir la météorologie auprès du grand public en général et des jeunes en particulier. C’est donc avec un grand plaisir que nous avons participé, une fois encore, à la Fête du Vent de Marseille, aux Rencontres Météo et Espace et à la Nuit des Chercheurs à Toulouse. Suivant cette même logique, Infoclimat a ouvert au printemps une rubrique “Pédagogie” en partenariat avec le programme “Météo à l’école”, piloté par “Sciences à l’école” et l’Observatoire de Paris. Elle permet de mettre à disposition les données enregistrées par la soixantaine de stations météorologiques installées au sein de collèges et de lycées, ainsi que les ressources scientifiques et pédagogiques produites par et pour les enseignants sur des questions relatives à la météorologie. D’autres partenariats sont à l’étude sur le territoire avec des organismes de veille agrométéorologiques, et notre association, en tant que référente dans le monde météo, a également été contactée pour un projet associatif de plus vaste envergure au niveau européen. Quoi de prévu en 2019 ? Pour 2019, les idées ne manquent pas ! A commencer par le déploiement du réseau avec des projets en Bretagne (que nous mènerons avec Météo-Bretagne), en Normandie, dans la Meuse, les Alpes du Nord, le Cirque de Navacelles, la Côte d’Azur (que nous mènerons avec Météo06), la Corse et le Sud-Ouest. L’observation visuelle et humaine est tout aussi importante et complémentaire de cette observation instrumentale. Le site et l’information météo n’en seront que plus complets grâce à la participation active de tous pour signaler l’ensemble des phénomènes météo comme la grêle, la neige, les orages, le brouillard… et pour communiquer sur l’état du ciel, depuis le site comme depuis l’appli mobile. Alors n’hésitez pas à user le plus souvent possible de cette fonctionnalité en reportant sur MétéoAlerte. Au-delà du numérique, rencontrons-nous ! Infoclimat, c’est un site, mais aussi une fabuleuse aventure humaine avec des centaines de passionnés qui se sont connus et qui ont tissé de véritables liens d’amitiés grâce aux rencontres nationales et régionales. L’occasion pour moi de souligner l’investissement de tous ceux qui, souvent dans l’ombre, initient ces rencontres régionales et en font un vrai succès. Cette année, nous vous proposons de nous rencontrer du 23 au 26 février sur les hauts plateaux du Mézenc et en juillet près du Mont Saint Michel ! Vous le voyez, si Infoclimat s’est faite la place qu’elle occupe dans le paysage météo, c’est grâce à vous tous ! Adhérents et passionnés qui faites vivre le site et l’association, qui en assurez le fonctionnement et le déploiement et qui permettez au site de fonctionner dans la fluidité et le confort en l’absence de publicité (une exception aujourd’hui dans le monde du web) À vous administrateurs, contributeurs et modérateurs qui ne comptez pas votre temps passé pour faire vivre notre passion et nous fédérer. Je vous remercie pour l’œuvre que vous accomplissez au jour le jour au profit de notre passion et de notre association. À toutes et tous, je vous souhaite une très belle année 2019 et une météo captivante. Amitiés météorologiques. Le président Laurent Garcelon
  42. 51 points
    Le fait est que la QBO a un comportement très anormal, mais on peut au moins essayer tant bien que mal de remettre cette problématique à dans quelques mois au motif simple qu'elle n'a finalement pas beaucoup d'influence sur la saison automnale à nos latitudes - son impact est autrement plus important dans l'étude des synoptiques hivernales de large échelle via le jeu stratosphérique. Il semble de plus en plus évident qu'on a tout simplement "sauté" la phase négative (est) et qu'un nouveau cycle positif (ouest) est en train de confortablement s'installer. Ca va sûrement titiller pas mal de spécialistes, on aura probablement de la belle lecture d'ici l'hiver prochain sur ce sujet. En attenant, vu qu'ici c'est l'automne qui nous intéresse, on peut faire un petit point que j'ai axé sur les forçages océaniques. En effet en automne, les indicateurs qui présentent la fiabilité la moins mauvaise (à défaut de dire la plus bonne) au niveau européen, cela reste encore ceux qui sont basés sur les observations de l'Atlantique. On va donc faire un petit point sur l'AMO et la TNA, et on regardera ensuite les tendances que cela pourrait avoir sur nos trois mois d'automne. Pour commencer dans les observations, on notera tout simplement que la TNA est dans une phase très positive, avec une tendance stable. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un indice basé sur les températures de surface de l'Atlantique, à des latitudes allant grosso modo de l'équateur au Sénégal, d'où le fait qu'on parle de l'indice Tropical North Atlantic Index. La valeur de juin atteignait ainsi +0.37, ce qui n'est pas exceptionnel mais correspond tout de même à la plus haute valeur observée en juin depuis 2010. En données provisoires, juillet resterait au niveau de +0,35 +/- 0.05°, ce qui confirme la stabilité de l'indice. En ce qui concerne l'AMO, qui avait été positive sans excès ces derniers mois, elle est depuis deux mois en très forte hausse. Cette hausse est concomitante à un réchauffement très significatif de l'Atlantique nord, avec la disparition ces dernières semaines de la grande piscine d'eau froide qui stagnait dans cette région depuis un peu plus d'un an et qui avait fait couler beaucoup d'encre : Dans la mesure où les autres régions de l'Atlantique qui servent de base au calcul de l'indice n'ont pas évolué significativement, l'AMO est mathématiquement en plein envol, frôlant d'ailleurs des valeurs record pour la saison. Juin a fini à +0.42° (plus haute valeur depuis 2010, troisième plus haute valeur pour un mois de juin), et les données provisoires de juillet indiquent que la valeur de +0.5° pourrait avoir été dépassée, ce qui constituerait un nouveau record pour ce mois. Alors bien entendu, les valeurs de TNA et de l'AMO pourront évoluer un peu d'ici l'automne, mais un renversement brutal est improbable vu la très faible inertie de ces deux indices. On peut donc résumer la situation ainsi pour l'automne : TNA fortement positive, AMO fortement positive. Qu'est-ce que cela pourrait nous dire pour l'automne ? J'ai fait un peu tourner les serveurs de la NOAA (profitons, c'est le contribuable de l'Oncle Sam qui finance ) histoire de regarder un peu les corrélations des 35 dernières années, et voici ce que cela donne avec la TNA (colonne de gauche) et l'AMO (colonne de droite) pour (de haut en bas) les mois d'août à novembre : Première remarque préalable à toute analyse : les deux ont des corrélations quasiment symétriques. Ce n'est pas totalement illogique : ces deux indices sont tous les deux basés sur les températures de surface de l'Atlantique, simplement la TNA est sur une plus petite zone, et il est peu courant que l'Atlantique tropical et l'Atlantique nord fassent jeu contraire - mais cela arrive, cf les derniers mois avec la grande piscine froide du nord Atlantique. Cette remarque préalable étant, passons à l'analyse mois par mois : - En août, les corrélations semblent favoriser des conditions globalement anticycloniques (hauts géopotentiels) sur l'Atlantique et en Russie, avec l'apparition plus fréquente d'AG (anticyclones groenlandais) et d'AR (anticyclones russes). Forcément, les bas géopotentiels devant bien passer quelque part, c'est souvent sur l'Europe, qui joue le rôle de brèche entre les deux sus-nommés, que le tout vient s'écouler. Si vous avez fréquenté ces derniers jours les topics de prévisions long terme, hasard ou non, ce schéma synoptique ne doit pas vous paraître totalement inconnu. - En septembre, TNA+/AMO+ semble concorder avec davantage de régimes de blocages européens, entre un pôle anticyclonique scandinave (AS) des conditions régulièrement dépressionnaires en Méditerranée, surtout centrale d'ailleurs. Concrètement, chez nous, cela pourrait se traduire par des conditions souvent ensoleillées et sèches par flux d'est, aux matinées un peu fraîches (les nuits rallongent) et aux après-midi fort agréables. Cela peut donner un temps plus perturbé en Méditerranée, surtout Côte d'Azur et Corse et moins Languedoc Roussillon, selon le positionnement des gouttes froides. Les dépressions méditerranéennes devant forcément être alimentées en air froid, on peut supposer qu'on ne serait pas à l'abri, entre ces séquences sèches de flux d'est, de plusieurs décrochages froids d'altitude en flux de nord-ouest - c'est la traditionnelle goutte froide qui fait le trajet Cornouailles --> Golfe de Gênes avec pas forcément beaucoup de pluie mais pas mal de fraîcheur et de nébulosité lente à se résorber. - En octobre, et c'est plus intéressant, TNA+/AMO+ concorderait avec des isolements dépressionnaires importants au large du Portugal, et avec des remontées en flux de sud / sud-ouest sur la France. Outre l'aspect que c'est parfait pour quelques (trop?) copieux arrosages en Languedoc / Cévennes, cela peut aussi donner une alternance de belles séquences d'été indien un peu partout, et de bonnes dégradations pluvio-orageuses assez généralisées. Après, tout peut dépendre des réglages fins : des isolements dépressionnaires trop à l'ouest favoriseraient davantage les séquences d'été indien sèches durables, et des isolements régulièrement plus à l'est pourraient nous donner à l'inverse un temps durablement maussade et pluvieux. - En novembre, nouveau changement significatif, et on notera au passage que la TNA semble forcer bien davantage que l'AMO, même si la direction est la même : des probabilités d'occurrence largement accrue de régimes de dorsale Atlantique voire d'anticyclones groenlandais, et en balance des décrochages dépressionnaires potentiellement massifs vu l'avancement de la saison sur l'Europe. Au niveau de la France, cela pourrait concorder avec des séquences de flux de nord-ouest à nord régulières, apportant un temps froid (et même potentiellement déjà hivernal sur les reliefs exposés), pas forcément très humide en pluviométrie, mais souvent bien nébuleux. Davantage de lumière en Méditerranée, mais au prix d'un couple Mistral / Tramontane en belle forme. Alors bien entendu cela reste de simples perspectives saisonnières avec tout leur lot d'incertitudes et d'approximations pifométriques, mais cela fait déjà un bon socle de départ (on n'a pas grand chose d'autre de toute façon). Reste que je voulais en profiter pour faire une remarque intéressante : je me suis livré, quitte à regarder les corrélations avec la TNA et l'AMO, à aussi comparer les corrélations entre la distribution des anomalies de géopotentiel en automne et les valeurs d'anomalie globale de température. Vous allez peut-être vous demander quel est l'intérêt de la démarche : quel rapport il y aurait-il entre le thermostat planétaire et le temps qu'il fait à Marseille ? Eh bien étonnamment, le résultat est pourtant parlant. Voici donc les corrélations entre les températures globales et les géopotentiels en août (1), septembre (2), octobre (3) et novembre (4) : Je ne vais pas rentrer dans une analyse commentée de ces résultats, car le seul commentaire que l'on pourrait faire, c'est qu'ils correspondent exactement aux schémas du couple TNA+/AMO+. Plus il fait chaud sur la planète, plus la France sert de réceptacle aux isolements de goutte froide en août, plus on a des anticyclones scandinaves et des dépressions méditerranéennes en septembre, plus on a des dépressions au large du Portugal en octobre, et plus on a des blocages atlantiques et des coulées froides sur la France en novembre. Et comme les valeurs d'anomalie globale, bien qu'en lent recul avec la fin d'El-Niño, restent sur des seuils exceptionnellement élevés, c'est toujours un élément à mettre dans la balance. Alors ici aussi cela reste des corrélations approximatives, pas forcément des règles climatologiques inviolables (on en est loin), mais on reconnaîtra que le résultat est pour le moins étonnant.
  43. 50 points
    Bon alors comme l'équipe de modération commence à en avoir marre de refuser/supprimer un message sur 2 en mode t'chat, interventions sans intérêt, cumuls RR et T2m à 192h et autres joyeusetés, merci de conserver la qualité des débats en ne tombant pas dans la série de posts de 3 mots pour s'exclamer, sans aucune analyse, sans aucune interprétation et avec absolument aucune prise de recul bien nécessaire compte tenue de l'échéance. On se passera également des souhaits, notamment les phrases commençant par "j'espère que...". Notez bien que ça n'interdit en rien quelques blagues, publications un peu "décalées" (comme vient de le faire Ciel d'Encre ou comme je l'ai fait hier en sollicitant le "Cortex" polaire, froid et calculateur, qui ce soir, comme tous les soirs "veut conquérir le monde "), le but n'étant pas d'anesthésier complètement le topic mais simplement d'en préserver la lisibilité. Jusqu'ici, les messages des topics long terme se montrent d'une qualité rédactionnelle et d'un effort d'argumentation et de pédagogie évident (et l'équipe de modération remercie tous les contributeurs pour cela!) aussi serait il souhaitable de continuer sur la même lancée. -
  44. 50 points
    Sachez-le, je vais rester pessimiste pour nous donner le maximum de chances. On ne parle jamais assez de cette petite perle de la météorologie mondiale qu'est le modèle Indien CPTEC. Point de blocage d'après celui-ci pour la période visée : un courant zonal océanique perturbé jusqu'à Varsovie. Tout cela est très décourageant. MODÉRATION : Si cette carte se réalise, le CA sera disposé à t'offrir l'immunité diplomatique. Un statut aux privilèges multiples, réservé aux plus grands dieux d'Infoclimat. Même Sebaas n'est actuellement qu'au rang inférieur
  45. 49 points
    Bien vu ! Cela ne m'a pas du tout traversé l'esprit sur le moment et je n'ai pas distingué les SSW qui "marchent" de ceux qui "ne marchent pas" (d'un point de vue hivernophile). Pour répondre à ta suggestion, on va passer en revue différents schémas de propagation dans la stratosphère, suite aux SSW majeurs de la période 1979-2018. Ceci va s'avérer plutôt utile pour la suite de cette analyse, mais également pour appréhender les possibles "fenêtres météorologiques" (pourquoi pas) à l'issue du SSW à venir. Ensuite, bien que Noël approche à très très très très grands pas, il n'est jamais trop tard pour commander ses cadeaux ou pour faire une liste à petit papa Noël Pour imager le tout, je vous présente ici le catalogue infoclimat Noël 2018 : Un filet d'huile de foie de morue Besoin de soulager votre gosier? Riche en oméga 3, en vitamines A&D et connue pour ses bienfaits pour la santé, l'huile de foie de morue ne vous fera pas de mal, loin de là, et vous donnera beaucoup de tonus pour l'hiver ! Faites bien votre choix car une désagréable surprise gustative vous est réservée en bouche. SSW majeur "très ponctuel" suivi d'une propagation vers le bas "en filet" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Un tire-fesses Levé du mauvais pied? Marre du réchauffement climatique? Marre de patator? Ce tire-fesses permettra de vous rendre au Mont-Blanc, et même plus encore ! ... en Laponie au pays du Père Noël! SSW majeur suivi d'une propagation difficile "en escalier" ou en "tire-fesses" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Un réchaud défectueux Dans la panoplie du parfait hivernophile, cet outil est un incontournable pour vos ballades enneigées en traineau avec petit papa noël à vos côtés et vous ira à ravir. Et pour cramer notre ami, le vortex polaire, ce réchaud pourrait s'avérer utile, quoique ... à l'ère de l'obsolescence programmée, on n'est pas à l'abri de certaines mésaventures... SSW majeur marqué en altitude avec peu d'impacts en surface (propagation difficile des conditions AO- intenses vers le bas et limitée essentiellement à la moyenne stratosphère) Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Une cascade de chocolat Vous aimez le chocolat ? Parfait ! Moi aussi ! Il est temps de s'éclater le foie !!! Et les Kouign Amann? Vous aimez les Kouign Amann? Et les galettes saucisses ? SSW majeur suivi d'une propagation "en cascade" des conditions AO- en direction de la troposphère Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Une crosse de hockey Excellent pour faire joujou avec le vortex polaire, mais aussi pour faire une partie stratosphérique de Hockey. Ce cadeau émerveillera chaque hivernophile digne de ce nom. Il est temps de lui donner une bonne raclée à ce bon vieux tourbillon glacé . SSW majeur suivi d'une propagation "en crosse de hockey" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur A présent revenons à ta suggestion @pablo25. Pour répondre à ta question, il a fallu que je me replonge dans la littérature scientifique, et plus précisément dans l'article "Absorbing and reflecting sudden stratospheric warming events and their relationship with tropospheric circulation" de Kodera et al. J'en avais fait un résumé succinct il y a 1 an. En tant que critère distinctif, les auteurs de cette étude ont considéré le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 à 100 hpa (basse stratosphère) sur la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa (au-dessus du pôle) pour chaque SSW majeur depuis 1979. Si le nombre de jours accompagnés d'un flux de chaleur négatif est supérieur ou égal à 2, le SSW est considéré comme étant de type R (reflecting sudden stratospheric warming event). Dans le cas contraire, il est considéré comme étant de type A (absorbing sudden stratospheric warming events). Ici, on utilisera les notations "A" et "R" pour simplifier la lecture de ce post. Cela dit, il a fallu que je réadapte la méthode exposée dans l'article scientifique. En effet, le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 n'étant pas disponible comme paramètre dans les réanalyses MERRA2, je me suis appuyé sur le flux de chaleur total à 100 hpa (toutes les configurations d'ondes sont prises en compte). Par ailleurs, au lieu de prendre en compte la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa, j'ai considéré les 2 semaines qui ont suivi le premier jour du renversement du zonal stratosphérique (U60_10hpa) dans la moyenne stratosphère (critère relativement admis par la communauté scientifique pour définir un SSW majeur). Sur le graphique ci-dessous, pour une bulle considérée, la valeur correspondante sur l'axe des abscisses équivaut au minimum de flux de chaleur à 100 hpa sur la période de 2 semaines, ultérieure à la date du début du renversement du zonal stratosphérique à 10 hpa. Quant à la valeur reportée sur l'axe des ordonnées, il s'agit de l'anomalie négative la plus forte en termes de vents zonal à 10 hpa associée au SSW majeur. La taille des bulles est représentative de la durée du renversement. Plus la bulle est grande, plus cette durée a été importante. Sur ce graphique, les SSW majeurs situés à gauche de l'axe des ordonnées peuvent être considérés de façon approximative (puisque la méthode n'est pas strictement similaire à celle de l'article) comme étant des SSW de type R (SSW qui ne marchent pas vraiment hivernophilement parlant, malgré quelques exceptions). A droite de l'axe des ordonnées, pour des plages positives de flux de chaleur, les SSW majeurs sont de type A (SSW qui marchent plutôt bien hivernophilement parlant malgré quelques exceptions là aussi). En violet : filet d'huile de foie de morue (propagation unique de courte durée des conditions AO- vers la troposphère) --> SSW plutôt de type R En bleu foncé : tire-fesses (propagation difficile et "en escalier" des conditions AO- vers le bas) --> SSW plutôt de type R En bleu clair : réchaud défectueux (conditions AO- marquées en altitude mais propagation vers le bas pas très efficace inférieure à 1 mois) --> SSW plutôt de type A En orange : cascade de chocolat (propagation "en cascade" et plutôt assez directe vers la troposphère) --> SSW plutôt de type A En rouge : crosse de hockey (propagation en "crosse de hockey" et conditions AO- persistantes en basse stratosphère) --> SSW plutôt de type A En vert : GFS0z et la moyenne FNMOC0z d'aujourd'hui Au regard du code couleur, je vous avoue que c'est très qualitatif. J'ai regardé les profils verticaux d'AO pour chaque SSW majeur et je les ai catégorisé "à l'oeil". Néanmoins, ceci peut être une piste de classification à exploiter (avec néanmoins une méthode à suivre plus quantitative ou autre ... chose que je n'ai effectuée ici).
  46. 49 points
  47. 48 points
    Bon hormis les décalages est/ouest de dernière minute qui donnent plus le mal de mer qu'ils ne donneront d'effet sur le terrain, la semaine peut se résumer en 3 temps. Demain lundi a l'avant de la dorsale Atlantique et avant le déboulé des BP polaires le ciel conservera son gris sur la moitié nord du pays accompagné de quelques précipitations éparses, floconnade possible dans le nord-est, le sud hors domaine méditerranéen plus ventilé sera encore sous les inversions, nuit froide et brouillards souvent givrants au lever du jour, le reste de la journée dépendra de leur évolution. La nuit suivante un front occlus humide va se former a la marge d'une anomalie circulant en mer du nord et détachée du complexe dépressionnaire scandinave, il devrait précipiter sur le nord du pays, moins en se dirigeant vers le nord-ouest, dans la foulée le nord des massifs montagneux hors pyrénées devrait par blocage orographique voir aussi apparaitre de petites RR, neigeuses sans doutes, tout comme dans le nord-est au dessus des 400m (probablement). En journée de mardi et de mercredi a l'échelle synoptique la dorsale devrait continuer a se propager vers le nord-est tout en prenant une forme d'oméga mais "aplati"par le courant zonal déboulant du groenland, l'air froid initialement drainé par l'anomalie polaire devrait basculer sur le pays en glissant sous sa partie la plus orientale des hautes-pressions. En fin de journée de mercredi l'air froid d'altitude aura gagné tout le pays, froid mais aussi humide principalement dans l'est avec neige sur les massifs bien sur mais aussi des plaines du nord-est a Rhones-Alpes ou de petits fronts successifs devraient blanchir les premières hauteurs, ailleurs sur le pays la grisaille devrait dominer dans une relative froidure, quelques floconnades sont possibles du centre au sud-ouest, moins évidentes en se dirigeant vers l'Atlantique et la Bretagne. A compter de jeudi et surtout vendredi la dorsale devrait progressivement se rabattre, dans le mouvement le flux deviendrait plus continental temporairement de la façade est au sud-ouest avec donc un assèchement progressif , plus d'éclaircies et donc a priori moins de précipitations(sous réserve), mais aussi un froid certainement plus piquant, le nord-ouest serait sous la bruine mais avec un thermomètre moins déficient. A compter du week-end c'est un presque retour a la case départ, dorsale(ou ce qu'il en reste) anémiée a l'ouest immédiat ou sur le pays, un peu moins froid mais les inversions pourraient reprendre temporairement du service dans le sud, grisaille au nord possiblement plus humide des hauts de France au nord-est.. Cette situation pourrait ne pas durer, les choses semblent vouloir bouger pour l'échéance suivante avec un tassement des conditions anticycloniques vers le sud grâce a une activité dépressionnaire nord-atlantique plus vigoureuse, a voir, a suivre, a commenter voire a disserter... Edit: veuillez m'excuser par avance du manque de détails ou du "zapping" de certaines régions ou secteurs, dur d'être parfaitement concis pour tout le monde et partout, les topics CT devraient suffire a pallier mes insuffisances rédactionnelles.
  48. 48 points
    De tout façon, quand on a du -15 °C généralisé en début de semaine, on peut affirmer sans prendre trop de risque qu'il y aura un redoux dans les jours qui suivent ^^
  49. 47 points
    Nasa c'est aussi fiable que les prévisions 365 jours de LCM
  50. 47 points
    Une "rupture... par étapes" de la récurrence ? Derrière cet oxymore c'est un peu la question qu'on peut se poser ce matin quand on voit à quel point la situation nord hémisphérique semble évoluer (positivement) sans que pour autant la rupture soit si nette que cela à l'échelle de notre cadran ouest européen. Un bref instantané sur la récurrence actuelle et la situation du jour, pas de long discours on sait tous à quoi correspond le schéma préférentiel des derniers mois avec un vortex polaire concentré, une tendance à la plongée des basses pressions sur le bassin Atlantique avec redressement du flux chez nous (de gauche à droite : 15 octobre / 15 novembre / anomalies de géopotentiels sur la période) : La synoptique qui est actuellement en train de se mettre en place est dans la continuité de cette récurrence avec toujours des basses pressions atlantiques sauf que cette fois-ci des anomalies basses ont réussi à s'infiltrer sous ce dôme de hauts géopotentiels. C'est un détail sur le plan synoptique mais en terme de temps sensible, ça va nous rappeler ce que signifie avoir froid, au moins à partir d'aujourd'hui et jusqu'à mercredi, avec temporairement un véritable Moscou-Paris avec son cocktail de fraicheur et de bise mordante : - Fraicheur lumineuse ce week-end grâce à la proximité des hautes pressions et d'un flux continental en basse couche. - Fraicheur nébuleuse et faiblement humide à partir de lundi en lien avec la goutte froide qui va nous arriver des confins de la Russie. De lundi à mercredi l'amplitude thermique devrait être plutôt faible avec de faibles gelées et des maximas qui peineront à dépasser les 5°. La plaine verra peut-être probablement les premiers flocons voltiger dans cet intervalle. Anecdotique dans un premier temps, on surveillera tout de même les journées de mercredi/jeudi où, à mesure que la goutte froide s'évacuera vers l'ouest, la mise en place du flux de sud humide pourrait buter sur l'air froid continental et permettre la mise en place de fronts plus structurés. ----- Au-delà de cette échéance et sur un plan synoptique j'en reviens au titre de ce message : "rupture par étapes". Rupture parce que c'est la première fois de la saison que le vortex polaire va véritablement se déplacer. Dans une vision très schématique, il va basculer d'un axe est/ouest à un axe nord/sud : Schéma d'ensemble nettement plus favorable à la mise en place de synoptique froide sur notre cadran européen mais... et j'en arrive au second terme de mon oxymore, c'est n'est qu'une rupture partielle, par étape puisqu'on retrouve une fois de plus ce qui est le marqueur des derniers mois, à savoir ces fameuses basses pressions atlantiques : Evoluant en goutte froide sans conserver leur alimentation polaire elles n'ont plus le même dynamisme que ces derniers mois mais elles sont tout de même suffisamment présentes pour empêcher la mise en place d'un véritable flux polaire ou polaire maritime. Comme mentionné précédemment, on semble donc devoir se retrouver durablement entre une influence subtropicale (flèche rouge) et polaire (flèche bleue) se traduisant par la mise en place d'un vaste marais barométrique sur l'Europe occidentale A long terme, on semble être à une période charnière puisque se jouera probablement le match entre : - une rupture définitive de la récurrence grâce à la brêche ouverte ces derniers jours avec évacuation de la cyclo Atlantique vers l'est et dorsale Atlantique (gauche) - ou à une reprise de la récurrence via reconstitution du thalweg Atlantique qui grillera probablement une bonne partie de décembre (2) : En conclusion, le gros oeuvre est fait avec le positionnement favorable du vortex polaire mais la finition reste bâclée avec la persistance de cette cyclo Atlantique.
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