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  1. 89 points
    (bon eh bien il est temps de lancer le pavé...) Petite remarque préalable à ce qui va suivre : je ne prétends pas vous donner dès a présent une prévision fiable et robuste de l'hiver à venir. Je sais que ce topic fait tous les ans l'objet d'espérances passionnées, dont les miennes d'ailleurs, et à la sortie de trois hivers qui nous ont plus que laissé sur notre soif d'épisodes hivernaux celui de cette année va probablement cristalliser bien des attentes. Comme tous les ans, je m'efforce de présenter une vision aussi objective et complète que possible, et cela n'est pas toujours facile. D'une part car on a tous une partie humaine instinctive qui tantôt par optimisme nous conduit à minimiser les arguments que l'on juge défavorables, tantôt par dépit a tendance à nous faire voir un tableau plus sombre qui ne l'est (et je reconnais pêcher plus souvent dans ce second sens). D'autre part, car on ne saurait être complets et exhaustifs à nos niveaux d'amateurs, bien loin du niveau de spécialistes qui eux-mêmes se savent humbles malgré des années et des années d'étude et de travaux. Par ailleurs, quand je m'intéresse à la prévision saisonnière, ce sont bien davantage les méthodes, les arguments, et les explications qui permettent d'arriver à cette prévision qui me passionnent. Bien plus que le résultat. J'ai conscience que la majorité des lecteurs, peut-être aussi des simples membres, viennent ici davantage pour un résultat, qu'ils aient conscience ou non du plus ou moins maigre niveau de fiabilité de ce résultat. Je ne juge pas, je suis le premier à ne pas forcément m'intéresser à autre chose qu'aux résultats dans les domaines qui ne me passionnent pas, et je pense que vous êtes pareil que moi. Ce que je veux simplement vous dire, c'est que ce post a pour objectif principal non pas de simplement vous donner une prévision, mais de vous donner les moyens de comprendre des arguments que je juge fiables et scientifiquement établis qui ont permis d'arriver à cette prévision. Cette petite précision étant faite, et pour éviter une lecture peut-être un peu complexe à ceux qui souhaitent uniquement avoir un résultat : les indices précoces de la future saison hivernale penchent vers le scénario d'un hiver globalement doux et humide, avec des conditions zonales (flux d'ouest dominant). Oui je sais ça casse un peu l'ambiance pour la plupart d'entre nous, cela ne me fait pas exactement plaisir à titre personnel non plus du reste, et on a surtout envie de râler un bon coup en disant « m… pas encore ». Allons désormais nous intéresser un peu plus au fond des choses, en analysant un peu plus dans le détail les raisons de ce constat. I – L'hiver 2016/2017 n'est pas né sous une bonne étoile Le premier argument sur lequel je vous propose de nous pencher, c'est tout simplement le rôle du soleil. De longue date, il a été reconnu que l'activité solaire jouait un rôle important sur la variabilité hivernale, et certaines études scientifiques ont réussi ces dernières années à préciser et à comprendre ce rôle. Souvent, quand on évoque l'activité solaire, on pense avant tout à ses indicateurs habituels, que sont le nombre de tâches, ou bien le flux radio, et on cherche des corrélations assez directes entre ces indicateurs et les conditions atmosphériques. D'ailleurs, c'est ce que font nombre de prévisions saisonnières que vous pouvez consulter sur d'autres sites, dont les arguments vont ressembler à « l'activité solaire est actuellement forte/faible donc ... ». Je ne veux pas me prétendre forcément meilleur que les autres, il faut savoir se montrer humble avec l'art de la prévision saisonnière car on tombe souvent. Mais je trouve dommage que finalement peu de prévisionnistes tiennent compte d'enseignements scientifiques clairs : l'activité solaire joue un rôle fondamental, mais ce rôle est différé dans le temps. En clair, pour étudier l'hiver à venir, il faut regarder l'activité solaire d'il y a plusieurs années en arrière. On peut l'expliquer de manière assez simple (enfin non ce n'est pas aussi simple, mais à notre niveau c'est déjà une bonne approximation du mécanisme à l'oeuvre) : ce sont surtout les flux de particules énergétiques qui semblent interagir avec notre atmosphère. Et ces flux de particules, ils atteignent leur paroxysme plusieurs années après le pic du cycle solaire, et ils restent à des niveaux très faibles plusieurs années après la reprise d'un nouveau cycle. Cette situation résulte de la manière dont s'articulent les cycles solaires. En début de cycle solaire, les perturbations magnétiques se manifestent essentiellement aux alentours de 30° de latitude sur le soleil, et elles vont peu à peu se rapprocher de l'équateur en fin de cycle, le pic étant atteint quand les perturbations se situent à environ 15° de latitude. Du coup, quand on représente le timing d'un cycle solaire en fonction de la latitude, on obtient des papillons : Or, la Terre se trouvant à peu alignée avec l'équateur solaire, elle est en ligne de mire des perturbations qui se trouvent au plus près de cet équateur. Plus la perturbation va être proche de l'équateur, plus elle va être susceptible d'émettre des particules dans notre direction. Implicitement, cela signifie que c'est en fin de cycle solaire qu'on est le plus en phase avec ces flux de particules : il y a moins de perturbations (tâches) qu'au maximum du cycle mais elles sont mieux placées pour nous affecter. Vous pouvez voir sur ce graphique une démonstration de ce décalage : la courbe noire indique le nombre de tâches solaire (nombre de Wolf) qui est le marqueur traditionnel des cycles solaires, et la courbe rouge indique le niveau du flux de particules reçu par la haute atmosphère : Le décalage entre les deux est assez net : il y a un délai d'environ 4 ans entre le maximum ou le minimum du nombre de tâches, et le maximum / minimum du flux de particules. Il n'existe pas à ma connaissance de site qui permet de visualiser en données journalières ou mensuelles le flux de particules, mais si on considère le nombre de tâches, on se rend compte que nous sommes actuellement en cette fin 2016 en phase de déclin entamée depuis quelques années : Ce qui, en toute logique, indique que nous sommes actuellement plus au moins au cœur du pic cyclique de réception de particules énergétiques. Pour précision, parce que la question est légitime, les niveaux des cycles de flux de particules sont indépendants des niveaux des cycles solaire eux-mêmes en nombre de tâches. Je sais que le graphique au dessus pourrait laisser penser le contraire, mais des observations sur des séries bien plus longues indiquent clairement que même les cycles très faibles (en nombre de tâches) du début du siècle dernier ont donné des pics de particules équivalents à ceux des grands cycles de la seconde moitié du XXè siècle. Bon, d'accord, on a un flux de particules élevés, et donc ? Eh bien et donc, de manière assez nette, les conditions zonales (vent d'ouest et pluie chez nous) ont tendance à être nettement plus présentes quand le flux de particules est élevé, et c'est l'inverse quand le flux de particules est faible. Cette situation se traduit par une corrélation assez claire entre ce flux de particules et l'indice NAO : On peut aussi faire des corrélations géographiques entre le flux de particules et les anomalies de températures relevées en hiver, ce qui nous emmène, ce n'est pas un hasard, à retrouver le schéma type de la NAO : On distingue nettement la corrélation bien positive sur l'Europe occidentale et du nord, indiquant des conditions majoritairement douces (et humides vu le type de flux) dans nos régions lorsque le flux de particules solaires est élevé. Ce qui est donc le cas cette année. Tempérons tout de même : les niveaux de corrélation ne sont pas non plus fantastiques, et ils démontrent bien que ce seul indice, même s'il nous apprend indéniablement quelque chose, n'est pas suffisant pour élaborer une prévision fiable et définitive. Mais disons qu'on vient quand même de mettre un premier tour de vis. Passée la découverte initiale de ce rôle des particules énergétiques et donc d'un effet solaire existant mais retardé par rapport au cycle solaire traditionnel, d'autres chercheurs ont enfoncé le clou en étudiant plus en avant encore la manière dont l'atmosphère réagissait en hiver les années suivant le pic solaire en nombre de tâches. Voici les résultats sous forme de corrélation avec les géopotentiels, de l'année du pic jusqu'à an+4 après ce pic : Au sens où les chercheurs ont classé les dates des pics de cycles solaires, nous serions cette année au dernier tableau, « lag 4 years ». Pour se donner une idée de la capacité de ces corrélations, voici les anomalies de géopotentiels de l'hiver dernier, à comparer donc au tableau « lag 3 years » : ce n'est pas parfait bien évidemment, mais c'est tout de même assez surprenant de ressemblance : Mis à part le très gros noyau de hauts géopotentiels en Sibérie (essentiellement une résultante de l'éclatement brutal de l'organisation troposphérique de l'hémisphère en janvier), il faut tout de même reconnaître que les ressemblances sont frappantes. Si l'hiver prochain venait à avoir autant de points communs avec le dernier tableau, autant dire qu'on vient de mettre un second coup de vis à notre prévision d'un hiver plutôt zonal avec conditions dépressionnaires bien présentes au nord de notre pays. J'en profite pour faire une référence à un autre élément qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, et qu'on a longuement évoqué l'hiver dernier. Je veux parler de la piscine d'eau froide en Atlantique nord. Vous le savez, on a eu durant plus d'un an une anomalie froide marquée en surface dans l'Atlantique nord ; cette anomalie s'est assez sensiblement résorbée ces dernières semaines mais il reste toujours un potentiel froid significatif sous la surface. Voici, dans les données de la NOAA, une analyse en coupe des anomalies thermiques de l'Atlantique nord depuis 2012 : On avait encore fin 2012 de très fortes anomalies positives en surface et/ou à faible profondeur dans l'Atlantique nord. Cette répartition des anomalies s'est renversée fin 2013 avec l'installation de conditions au contraire plus fraîches en surface, tandis que les anomalies chaudes devenaient prédominantes en profondeur. Alors mettez votre ceinture pour un nouvel effet « wow », mais voici le comportement habituel des anomalies de chaleur de l'Atlantique nord en fonction du cycle solaire qui a été mis en évidence par les chercheurs : La ressemblance entre le schéma théorique et les observations de ces dernières années est tout simplement sidérante. On a bien eu en 2010 / 2011 un pic d'anomalies chaudes dans l'Atlantique nord, ce qui correspond aux années qui ont précédé le dernier pic solaire. Ce qu'il s'est passé depuis colle à la perfection au schéma attendu d'après le pic solaire. Si on reste sur le même déroulé des choses, le certain affaissement des anomalies froides de surface de ces dernières semaines ne serait que temporaire (et il était limite prévisible en fait…), avec un retour attendu de ces conditions fraîches même si ce serait d'ampleur moindre que ce que l'on a vu l'hiver dernier. Cela tombe à pic : plusieurs études ont démontré qu'un Atlantique nord frais en surface, semblait jouer un précurseur de conditions zonales, encore que la liaison sur cet aspect est particulièrement faible et sujette à caution. On va dire que cela compte pour un quart de tour de vis supplémentaire. Une dernière petite chose avant de clore le chapitre solaire, on va parler de la QBO. Ce n'est pas forcément attendu qu'elle soit évoquée ici, mais tout simplement les chercheurs qui ont développé tous les éléments que nous venons de voir se sont rendu compte que ces corrélations avec le flux de particules étaient beaucoup plus claires quand la QBO est en phase négative (flux d'est) qu'en phase positive (flux d'ouest). En clair, et je vais vous épargner les explications, un flux de particules élevés est clairement synonyme de conditions NAO+ en hiver, et c'est encore plus vrai quand la QBO est négative. Or, il se trouve que si on se réfère à son calendrier habituel, la QBO réalise un cycle complet sur une période d'un tout petit peu plus de deux ans (d'où son nom, l'oscillation quasi-biennale). Et d'après ce calendrier, l'hiver prochain serait clairement placé en cycle négatif, ce qui va donc dans le sens d'une meilleure fiabilité de la prévision de NAO+. Bémol, j'utilise le conditionnel. Tout simplement parce que la QBO a fait une sortie de route magistrale qui est inédite depuis sa découverte dans les années 1950, et personne n'est capable de dire ni ce qu'il s'est passé, ni les conséquences à venir. Cela aurait donc pu être un argument défavorable de plus pour une prévision d'hiver froid, mais en l'état des choses je ne me risquerais plus à dire s'il compte véritablement ou non. II – La Niña, oui … mais Modoki (et ça craint) Pour ceux qui suivent le topic concernant l'ENSO et les cycles El Niño / La Niña, vous avez pu suivre le déclin printanier de l'épisode El Niño de l'automne / hiver dernier. Cet été, les prévisions qui voyaient s'installer une belle Niña ont été sévèrement malmenées par des conditions restant nettement défavorables à l'émergence d'un tel épisode. Alizés régulièrement en panne, maintien de poches anormalement chaudes en surface dans plusieurs secteurs clés, rien n'a semblé véritablement bien se dérouler. Depuis le début de ce mois d'août, on observe enfin l'installation de conditions atmosphériques plutôt favorables à l'instauration d'un épisode Niña. Cela se manifeste surtout par l'installation durable de régimes d'alizés renforcés au niveau de l'équateur et la quasi disparition de coups de vent d'ouest dans le Pacifique central : Du coup, le contenu de fraîcheur dans le Pacifique central repart quelque peu à la baisse alors qu'il était en net déclin, et cela correspond à la réaction océanique face à ce renforcement des alizés dans cette région. Partons de l'hypothèse que nous devrions avoir un hiver placé sous le signe d'un épisode Niña dans le Pacifique. Hypothèse car ce n'est pas fondamentalement acquis, mais en tout état de cause même s'il n'y a pas de Niña on est assurés à minima de conditions neutres à tendance négative. Quelles conséquences pouvons-nous attendre ? Si on se réfère aux études réalisées sur la question, la réponse c'est que mis à part en décembre où des régimes de blocages sont plus fréquents (conditions propices à des épisodes hivernaux), en janvier et février deux régimes de temps semblent nettement favorisés : On retrouve .. ah bah des conditions plutôt zonales, tantôt assez pures (flux d'ouest / sud-ouest), tantôt plutôt en « toboggan » (flux d'ouest / nord-ouest). Alors bien entendu on parle de régimes devenant plus courants, cela ne signifie pas dominants du 1er janvier au 28 février. Mais il n'empêche qu'on vient encore de mettre un tour de vis. La encore, creusons un peu plus le sujet, tout comme on l'a fait avec le thème solaire. Depuis deux bonnes années maintenant, la notion d 'épisodes Niño « Modoki » a dû vous devenir familière (je me souvient encore de la première fois que j'en ai parlé, j'avais pas eu un accueil formidable avec ce truc dont peu de monde avait déjà entendu parler:D). Peut-être vous vous en doutiez, peut-être pas, mais il existe aussi des épisodes de Niña « Modoki ». Ils sont moins connus, cela ne fait que quelques années qu'on en a véritablement compris le mécanisme, d'autant que les différences entre la Niña normale et la Niña Modoki sont beaucoup plus subtiles que pour les épisodes Niño. Et bien évidemment, vous vous doutez que si je vous parle de l'existence de ce type d'épisodes, c'est parce que cette année nous sommes justement plutôt sur un schéma de développement de Niña Modoki. Outre plusieurs marqueurs d'ordre atmosphérique, au plan océanique l'indice qui ne trompe pas c'est qu'on observe un renforcement de l'anomalie froide qui se fait en plein Pacifique : Dans une Niña traditionnelle, l'anomalie froide d'origine doit se développer beaucoup plus à l'est, en général vers 100 à 120° ouest. L'instauration d'une Niña par le centre Pacifique (140 à 160° ouest), c'est le signe précurseur clair d'un épisode Modoki. Pour vous donner une vision plus nette des différences entre les deux, voici les schémas typiques des températures de surface (plages de couleur) et des régimes de vent (flèches) lors des Niña traditionnelles (en haut) et des Niña Modoki (en bas) : Au niveau du Pacifique, dans un régime Modoki, les anomalies froides sont davantage décalées sur le centre Pacifique, et sont en quelque sorte prises en étau à l'ouest par un fer à cheval d'anomalies chaudes marquées. Notez la ressemblance avec le schéma qui est en train de se mettre en place en l'état actuel des choses : Si votre œil a été aiguisé par la curiosité, vous avez du glisser sur le coin en haut à droite du schéma précédent : on y voit un petit bout de nos contrées, et surtout on y voit une anomalie de vents d'est à nord-est (conditions hivernales favorisées) en Niña traditionnelle, alors que ce sont plutôt des anomalies de vents d'ouest sur le nord du pays (conditions zonales douces et humides) qui sont favorisées en Niña Modoki. Vous n'avez malheureusement pas la berlue. Voici les anomalies de pression au niveau de la mer (gauche) et de géopotentiels à 300 hPa (droite) qui sont observées en général lors d'un hiver en Niña Modoki : Et je vous rajoute même si je ne suis pas sûr que c'était nécessaire les anomalies de température au sol (gauche) et de précipitations (droite) : Du vrai bon zonal des familles en mode NAO+. L'échelle qui apparaît sur la droite, c'est le niveau de significativité de la corrélation : à 90/95 %, autant dire que c'est du lourd, des fois qu'on douterait de la fiabilité de l'argument. Encore un gros tour de vis en faveur d'un hiver plutôt zonal et bien doux. On le voit donc assez clairement, les premiers indices que nous avons pour cet hiver ne sont pas du tout favorables à des conditions globalement froides dominantes. C'est l'exact inverse. On notera toutefois deux raisons de relativiser ce constat. Déjà, même si ces indices sont quand même particulièrement solides et ne peuvent être ignorés, nous sommes assez loin de l'hiver et d'autres arguments viendront se greffer à tout ça dans les prochains mois. Outre les modèles (en général je ne commence à les consulter que vers octobre / novembre, auparavant c'est encore trop tôt et leurs résultats ne sont guère exploitables), je pense notamment à d'autres précurseurs intéressants et fiables, tels que le niveau d'enneigement en Sibérie ou de reconstitution de la banquise en automne. Même si on a déjà encaissé une série de mauvais buts, le match est loin d'être terminé. D'autre part, revenons au fait que nous parlons de prévision saisonnière, ce qui implique avant tout la recherche des grands traits de la saison hivernale à venir. On n'en n'est pas aux détails. Une prévision saisonnière a pour objectif d'appréhender une tendance de fond, mais une tendance de fond dure rarement la totalité des 90 jours d'un hiver. En 2011/2012, les prévisions saisonnières appréhendaient une domination des conditions zonales : on a eu six décades sur neuf qui ont été véritablement zonales (prévision confirmée), il n'empêche que sur deux autres décades on s'en est sortis avec une sévère vague de froid. Prévoir un hiver globalement doux et humide, ne revient pas à exclure le potentiel de quelques séquences froides ici ou là – mais il revient à dire que dans l'ensemble elles devraient être peu nombreuses. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, voici en vrac les sources principales (études scientifiques) de tous les éléments que vous avez pu consulter dans ce message : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/joc.890/epdf http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract http://link.springer.com/article/10.1007/s00382-014-2155-z http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JCLI3523.1 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RG000199/full http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://link.springer.com/article/10.1007/s11434-012-5423-5
  2. 86 points
    Le nouveau feuilleton de 20 heures : les aventures de la famille "Modèles" (épisode 2)
  3. 79 points
    Bonjour, Je vous propose un résumé des modèles ce matin détaillé. Le week tombe bien j'ai accès au PC Je vous propose un résumé comparaison échéance par échéance . J’essayerai de faire des cartes commenter pour un poste rapide et détaille. Je ferai à chaque fois par échéance le meilleure au moins bon (selon mon avis perso, je ferai en sorte que ma localisation joue pas dans le choix ) Lundi mardi un temps plutôt doux et humide sera à attendre avec un flux d'ouest. I/102h (96h) une coulée pas totalement maîtrisé encore mais de plus en plus bleu: Mercredi serait la journée de transition avec un temps assez sec au nord quelques entrées maritimes qui pourrait donner un peu de pluie (neige) sur les côtes de la manche. Dans le sud la pluie qui tomberait au nord la veille tomberait en quantité au sud avec un super enneigement pour les montagnes: - Description avec ARPEGE: (A noter que sur le 6z à 72h l'activité est plus reculé sur la labrador, une bonne nouvelle pour l'évolution): UKMO voit une pulsion un peu moins haute et un flux plus de NO à cause d'une dorsale légèrement plyus à l'est. L'activité dépressionnaire sur le labrador semblable à ARPEGE. Pulsion la plus puissante de modèles chez CEP avec une coulée un peu en retard : Flux NNO sur GEM: GFS: FIm est le seul à voir une coulée vite envelopper par le système dépressionnaire groenlandais ce qui provoquerait une coulée assez à l'est: II/ 144h l'échéance qui rend fou les hivernophiles actuellement: Alors que jeudi connaîtrait une journée plutôt calme avec de la neige encore en montagne. L'après-midi-soir une réalimentation (un peu un front froid) de la coulée aurait lieu et favoriserait de la nuit de jeudi à vendredi et vendredi environ un fort potentiel neigeux sur les régions du nord dans un premier temps mais aussi du sud... en gros la France entière!!! GFS: Comme on le voit l'activité dépressionnaire serait très contenu (trait jaune), juste une goutte froide (rouge) qui aiderait à alimenter la pulsion d'HPs (pour une fois qu'elle nous aide ), pendant ce temps la pulsion virait à l'AS (anticyclone scandinave) avec le décrochement de la réalimentation (marron) qui viendrait en plein sur nous. Le flux nord (NO au sud) humide et froid donnerait de la neige en quantité fort intéressante: C'est bleu de bleu: Sur GEM scénario similaire à GFS mais avec une activité dépressionnaire plus marqué sur le labrador, la masse froide un peu plus à l'est mais ce qui n’empêchera pas une grande quantité de froid avec même plus d’humidement dans ce cas sous flux NO froid: UKMO ressemble comme deux gouttes d'eau à GEM juste l'activité dépressionnaire un peu plus développé : CEP pour sa part ne voit pas d'évolution en AS mais la joue à une 3ème réalimentation, avec une dorsale anticyclonique qui reste raide comme un piquet peu perturbé par l'activité dépressionnaire, par chez nous hormis l'extrême sud c'est flux de nord humide et froid, le sud ou on aurait un flux d'ouest ça serait tout aussi froid: FIM se rapproche de CEP mais avec une dorsale bien moins solide et donc pas de 3ème alimentation, rien que la deuxième aurait bien de mal à coulé. C'est le moins bon scénario avec un flux NO qui ne serait pas aussi froid que les autres: III/ 192h l'échéance charnière: GEM serait l'évolution parfaite, avec une activité dépressionnaire très reculé, une réalimentation des Hps pour l'AS avec un bloc froid humide qui persiste, l'évolution ensuite est rêvée: CEP a aussi une évolution intéressante, la 3ème coulée aurait u mal à vernir mais la seconde favoriserait un flux NNE humide et encore froid.... (de la neige possible jusqu'au week? ...). On aurait un AA (anticyclone des acores) puissant qui serait alimenté par une GF. L'AA aurait tendance à s'étaler nettement mais le ralentissement conséquent de l'activité dépressionnaire reprendrait et laisserait place à une nouvelle pulsion non négligeable qui favoriserait une nouvelle coulée magnifique mais bon c'est un peu loin..; On aurait un petit redoux avant ça. Chez GFS ça tourne bien jusqu'en fin de topic avec un AS très léger car le rail dépressionnaire redescendrait trop. Chez nous ça serait flux NNE humide et assez froid. En début de topic suivant l'AA se décalerait à l'ouest progressivement à cause d'un cyclone. J'avoue que la dernière phrase que j'ai employé est étonnante et me fait dire personnellement que GFs est un peu perdu pour le topic suivant quand on voit ce type de scénario début décembre... Un autre qui semble un perdu c'est FIm , on serait en plein milieu d'un scénario ultra mou: Les ensembles peuvent nous donner quelques indications. Je vais essayer les 4 coins de la France avec les graphs GFS mais avec CEP je ne pourrais que l'est ça donne cependant la dynamique. CEP à l'est: Nice: Colmar: GFS à l'ouest Laval (Mayenne): Montauban: On voit bien que jusqu'à la fin de topic c'est assez froid dans le nord, ça se radoucit un peu plus dans le sud mais ça resterait assez froid. Un blocage solide semble bien s'affirmer au moins jusqu'à la fin de topic. C'est plus sur la suite que ça diverge maintenant. GEFS semble ouvert avec cette masse anticyclonique en atlantique: g Bilan: Une première coulée qui apporterait de la pluie et de la neige à moyenne altitude pas totalement maîtriser mais dans les grandes lignes ça l'est Une réalimentation visible sur l'ensemble des modèles de jeudi à vendredi, ceci favoriserait de la neige en plaine sur une bonne partie du pays. Quelques divergences encore dont il faut être prudent à l'image de FIm mais c’est quand même très très bien partis. A noter le dynamisme du bleu qui devient plus bleu qui continue! Un blocage qui favoriserait des possibilités neigeuses jusqu'à la fin de topic est présente, jusqu'à la fin de topic ça semble tenir même si c'est encore un peu limite sur certains modèles. On a deux grands types de blocage qui se dégagent, la formation d'un anticyclone scandinave favorisant un temps très froid mais sec ou un anticyclones des acores très puissant favorisant un flux humide et froid. C’est sur le début de topic suivant ou ça diverge beaucoup pour savoir s'il y aura maintien de blocage ou pas. Merci de m'avoir lu Merci à toute les interventions qui sont de bonne qualité et tout ça avec une super ambiance pas tendu comme dans le passé. Ic est une super famille! Gugo. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- j'étais vraiment comme ça en plus J'ouvre mon portable je tombe sur météociel avec mes petits yeux et là pwouahhhhhhhh feu d'artifice . Une pensée à Sky blue qui devait rire de la tête des modèles au début et après il a fini comme ça: désolé @Sebaas si mon poste est un peu lourd
  4. 78 points
    Bonjour, Bilan à la fin de chaque partis pour ceux qui veulent une simple prévision (sauf le I/) I/La patate Le début de semaine est assez facile à résumer avec un anticyclone français sur nous qui favorisera un temps sec et froid. Pendant ce temps-là en Atlantique deux gouttes froides (qui ont quand même bien perdu en intensité depuis le début de semaine dans les prévisions on est passé de creusement à 970hPa à 995...) se baladeraient une resterait assez au sud de l'atlantique nord, une autre viendrait se joindre au rail dépressionnaire: II/Une première coulée acquise mais sur la forme ça diverge encore En effet les modèles voient tous cette coulée mais sous des formes différentes. Comme on disait hier soir on avait deux camps, GFS-FIM et CEP-GEM, ces deux derniers se sont quand même nettement rapprochés des deux autres. Tout d'abord on a UKMO (et FIM qui est bloqué à 120h mais ressemble à UKMO comme deux gouttes d'eau à 120h) qui fait son apparition et qui va clairement dans le sens de GFS. Une très forte pulsion avec un gros décrochement, avec le sens de rotation (rouge) ça apporterait du froid de très haute latitude (flèche jaune): GFS lui très esthétique mais une petite anomalie un peu trop développée viderait couper l’alimentation plus ou moins temporairement (ça pulserait de nouveau derrière elle), il faut la surveiller comme on va le voir après elle donnerait de belles choses, mais pas sûr quand dans 3-4 jours ça soit toujours le acas, es anomalies sont très dur à gérer ect. De plus GFS n'est pas le seul à voir cette anomalie comme on va le voir : CEP et surtout GEM restent plus limité avec une pulsion bien plus à l'est, cependant la froid coulerait quand même en bonne quantité surtout chez CEP. Ils se sont rapproché par rapport à hier de GFS (très solide dans son scénario) mais ce n’est pas encore une coulée énorme comme le trio FIM-UKMo-GFS Les ensembles font chacun un pas vers le camp opposé. En effet GEFS est très intéressant à l'image de son déterministe mais voit la pulsion un peu plus à l'est à la CEP même s'il est déjà impressionnant. A noter le petit débordement de l'anomalie bien présent sur le sud du Groenland: Ens CEP lui va vers son déterministe avec une pulsion encore plus de manière "diagonale" à cause de l'activité dépressionnaire sur l'ouest Groenland bien plus présente: Bilan première coulée: Elle est clairement acquise, ce matin les deux camps sont toujours présent mais avantage au camp GFS-UKMO-FIM qui avec un rapprochement de CEP-GEM-ensCEp vers eux, GEFS montre quand même que le scénario un peu plus limité d'entre deux reste possible. Cela n'enlève rien au potentiel cependant! Même chez CEP-GEM après le passage de front chaud avec de la pluie et de la neige en moyenne montagne, on aurait le front froid qui arriverait et ça serait le jackpot (surtout dans le cas GFS c'est vrai) avec un froid conséquent et des PPS plus présente que dans le cas de la semaine que nous venons de vivre. Un vrai nouveau potentiel neigeux et bien là! Le froid sera bien là!: Pour se rendre compte du potentiel sur Paris déjà 80% de chance de neige à J+6 après le front chaud (trop tôt pour regarder les quantités les grosses mailles gèrent mal les fronts) en un peu moins de deux ans j'ai jamais vu ça et je pense pas qu'on le voit souvent: III/On remet ça? (je risque de déborder un peu désolé @Sebaas faudrait créer le nouveau exceptionnellement plus tôt sinon XD) En effet, avec cette première pulsion acquise (plus que la forme et intensité à trouver) on peut s’intéresser à la suite et comme on l'a vu pendant la première coulée il se passe des choses en atlantique... En effet la situation première coulée devrait quand même pas mal influencer celle ci, plus elle serait bonne plus celle du début de topic suivant pourrait être bonne. Dans le cas, GEM- CEP on tend au "toboggan" avec un AA puissant, encerclé par les dépressions qui donnerait un flux de NO un gavage rêvé pour les montagnes, en plaine surtout de la pluie même si dans les fronts froid de la neige pourrait être attendu: L'échéance 240h exprime parfaitement la situation avec 3 dépressions autour de l'anticyclone, des HPs au-dessus de la dépression au niveau de l’Islande mais l'AA ne pourrait monter à cause de celle-ci, c'est l'effet "toboggan". C'est un peu un retour du zonal de manière indirecte: GEm est plus ondulant avec un flux NNO fort intéressant hivernophilement parlant : Puis après on a GFS (FIM-UKMO de manière indirecte qui sont dans son camp à plus courte échéance) qui est une folie au niveau du potentiel hivernal. En effet le ralentissement de l'activité dépressionnaire se fait ressentir (même si elle est là et risque de bien titiller la prévision) et on aurait un super conflit de masse d'air sur le 6z ( pour le nord grosses quantités de neige) sur le 0z on avait une petite dépression qui se glissait dans la marrée froide (un peu à la 2012 mais en plus intense, l'ouest et aussi pas mal l'est aurait eu de belles quantités neigeuses). Description du 6z: Elle est un peu fouillis cette carte mais normal vu que c'est un conflit de masse d'air En effet la petite anomalie (bleu) qui apporte un peu de douceur à l'avant (petite flèche noire) viendrait vers l'énorme décrochement (marron) qui apporterait du froid (flèche marron- jaune), pendant qu'une nouvelle pulsion prendrait (grande flèche noire avec l'activité rouge), de ce fait énorme conflit de masse d'aire neigeux): En image la suite: Les ensembles sont encore prudent (logiquement vu l'échéance) avec un anticyclone sur ensCEP bien ancré et qui tend au toboggan comme le déterministe, pour l'est cette histoire est très intéressant avec un ensCEp toujours près des -3.5°C sur Colmar : On voit bien sur le graphs que des scénarios à la GFS sont largement présent, d'autre plus limité au toboggan sont là, je pense ça explique la moyenne très lisse sur la carte ci -dessus (pas toujours un avantage 50 scénarios^^): GEFS 6z lui signe un net cran vers son déterministe contrairement au 0z, même si ce n’est pas au point du déterministe, avec uà 192h la petite anomalie un peu visible de manière indirecte et 2 pulsions présentes, c'est quand même un peu plus actif sur le sud du Groenland: Et plus loin on sent que ça essaye de tenir, à noter quand même le net ralentissement de l'activité à coté du 0z. En orange on a jusqu’où les bas géopotentiels étaient, sur le 6z en rouge ou ils sont: Bilan de la suite : On a un vrai potentiel de seconde coulée froide neigeuse quand on voit la tournure du 6z déterministe et ensemble. Cependant, on doit rester prudent quand on voit la réserve de CEP-GEM avec un effet toboggan vu plutôt (ce qui reste un joli potentiel surtout chez GEM avec le flux NNO), l'ensemble CEP montre quand même que les scénarios à la GFS sont fort possibles, mais que le toboggan peut être là. GEFS voit aussi des toboggans dans son panel mais de manière limité. Le potentiel est largement là en tout cas! Affaire à suivre. C'est un plaisir ce début d'hiver passé avec vous Gugo! Les hivernophiles en ce moment
  5. 74 points
    Quand on dit que le français est un râleur né... prenez de la hauteur sur les cartes que vous pouvez observer encore ce matin et dites vous (peu importe que vous habitiez Lille ou Toulouse) que c'est bien rare d'observer ce genre de synoptique et encore plus une fin février ! C'est la situation qui peut en faire rêver plus d'un entre froid glacial, humidité par le sud, neiges par conflits dantesques (variation de la zone de conflit) et à l'heure actuelle rien ne dit que Toulouse ne sera pas dans le conflit ! Nous sommes à des échéances raisonnables pour estimer qu'une vague de froid va avoir lieu. Nous sommes dans une échéance déraisonnable pour estimer son caractère alors par pitié arrêtez de vous plaindre, les modèles vous sortent actuellement sur un plateau d'argent ce que vous attendiez depuis des lustres (pour la plupart qui sont sur ce forum). Et je me répète mais actuellement on ne peut qu'apprécier la synoptique, pas les détails et qu'est ce qu'il y a de quoi apprécier !!! Bref, dommage ces plaintes successives alors que ça n'a absolument pas lieu d'être...
  6. 74 points
    Bonjour à tous, On m'a devancé dans l'ouverture du topic bien joué . Comme chaque année je pense il est bon de rappeler que les tendances saisonnières sont des prévisions délicates et qu’il faut toujours avoir une certaine prudence en les lisant car l’on peut vite tomber de haut. Il y aura toujours une part de la tendance qui aura un risque d’erreur surtout quand on aborde les premières tendances avec les indices de début d'automne. Donc les fiabilités à 50 voir 60% d'une prévision j'y crois pas trop @AXEL26 Il suffit de se faire un petit bilan de l’hiver dernier. Au début on s’attendait un hiver globalement doux et humide, puis l’on tendait petit à petit vers du doux mais sec avec les indices qui apparaissaient en fin d’automne. Résultat on a eu un décembre pile dans les normes et très sec, un janvier avec une VDF (vague de froid) mais très sec aussi et un mois de février encore une fois sec mais ce coup si très doux. Un hiver donc dans les normes de température mais très sec ce n’est pas trop ce qui était prévu au tout départ. Et pourtant quand on regarde de plus près, en décembre à 2M oui les températures étaient dans les normes mais à 850hPa (1500m d’altitude) on battait des records de douceur, on pouvait donc dire merci aux inversions de basse couche grâce à l’anticyclone. En janvier oui on a eu une VDF d’une dizaine de jour, mais c’était un vrai coup de chance en réalité. Quand on regarde les cartes le VP (vortex polaire) était très solide et aucune haute pression venait l’embêter, mais sur un mal entendu nous avons eu la chance qu’un anticyclone ce cale rapidement au nord de l’Europe nous favorisant une VDF. Mais sans ça les tendances se seraient validé car rien ne favorisait à une VDF. Ci-dessous image de la VDF de janvier : Comme on peut l’observer les tendances qui vont être exposé à ce jour peuvent être modifié au cours de l’automne et peuvent ne pas être validé durant l’hiver. Car des facteurs imprévisibles peuvent vite apparaître comme on l’a observé en décembre 2016 et janvier 2017. Il ne faut pas oublier non plus que chacun de nous avons du mal à garder notre part d’objectivité pour cette saison, tellement elle est aimé ou détesté. On en a eu la preuve dans le topic Nina il y a quelques jours. En espérant que chacun de nous soit capable de faire de son mieux pour se contrôler et quand l’un dérape l’autre l’aide à se relever au lieu de l’enfoncer. Dans ce poste j’essayerai de faire mon maximum pour être le plus objectif possible malgré ma tendance saisonophiles (qui aime particulièrement l'hiver) et j’espère que chacun de nous arriverons à l’être le plus possible durant cet hiver, après un hiver 2016-2017 très bon en qualité de poste. Il n’y avait même pas eu à ouvrir le topic « Analyse des possibilités hivernales à très long terme », malgré quelques débordements sur certains topic comme chaque hiver ^^. Ceci étant dit certains veulent peut être éviter tout le charabia à venir et veulent directement le résultat des tendances observer à l’heure actuelle. Cette tendance ne tient qu’à moi! D’ailleurs dans la suite de mon poste il y aura sans doute des désaccords et ça sera avec plaisir d’en débattre. Il serait mieux de tout lire pour comprendre (j’essayerai de bien expliquer chaque chose pour que chaque personne de niveau différent comprenne) pourquoi je propose cette tendance, mais je comprends que certains membres sont juste impatients de la conclusion. Donc à l’heure actuelle la tendance que l’on a : est une tendance favorable à des conditions hivernales, janvier pourrait être un mois où les conditions seraient moins favorable au froid. Mais pour décembre-février l’hiver pourrait être bien là. Pour ceux intéressé d’explications: I/Le retour du QBO- qui peut donner quelques couleurs à notre hiver Pour faire simple l’oscillation quasi-biennale (QBO) est un changement de direction des vents en stratosphère au niveau de l’équateur, les cycles de cette oscillation durent environ 28 mois en moyenne. Les changements des vents se propagent vers le bas de la stratosphère à une vitesse d’environ 1km par mois. Le QBO est en phase négative en flux d'est et en phase positive en flux d'ouest. L’année dernière une anomalie (dû probablement au réchauffement climatique même si rien n’a réellement été affirmé) c’était produite, comme on le voit ci-dessous. Les parties grises sont les moments ou le QBO est en phase positive et les parties blanches les moments où il est en phase négative. Comme on le voit les phases négatives sont toutes normales cycle après cycle sauf l’année passée, où le cycle n’a pas réellement eu lieu. On a presque totalement zappé la phase négative. Ceci a provoqué l’hiver dernier un QBO+ alors que nous aurions dû être en QBO-. Cette année le QBO semble avoir repris son rythme malgré cette perturbation, comme si de rien n’était : 2013 : -6.07 -1.23 2.85 8.39 12.64 13.38 14.27 14.66 13.12 11.69 12.45 12.55 2014 : 13.13 12.68 11.72 7.15 -2.81 -13.98 -19.29 -21.64 -23.24 -23.86 -23.65 -25.38 2015 : -26.70 -28.62 -28.15 -24.38 -12.33 2.18 7.45 10.97 12.07 13.38 12.79 11.39 2016 : 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 : 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 Nous sommes donc de retour en phase négative et forcément c’est une bonne nouvelle pour notre hiver. En effet le QBO a une influence sur la stratosphère et provoque des conditions favorables par la suite à des blocages en troposphère, si, en stratosphère il se passe ce qu’il faut. Pour faire plus simple c’est un peu comme si un QBO- favorisait à onduler le Jet Stream en troposphère à condition d'un bon déroulement en stratosphère) et donc à provoquer un NAO- (oscillation nord atlantique, NAO- favorise les conditions hivernales, NAO+ douceur et souvent humidité). Quand le QBO est positif, le Jet se tend et provoque un NAO. Ci-dessous exemples de répercussions QBO- -> Jet -> synoptique froide lors de décembre 2009 : Indice QBO décembre 2009 : -15.57 Jet stream extrêmement ondulé : Synoptique météo favorable au froid : Alors attention le QBO- ne veut pas dire NAO- assuré et surtout conditions froide assuré surtout à la style décembre 2009. Comme rappelé dans l’intro les indices qui donnent des tendances n’assurent pas les choses à 100%. Loin de là. Mais cet indice dans le negatif est un bon point pour un hiver de régime NAO- et donc à tendance hivernale. Donc on ne va pas cracher dessus. II/La bonne année pour l’activité solaire ?: Comme nous le savons le soleil à des cycles. On a le moment des éruptions provoquant les taches solaires et le moment où les particules de ses éruptions sont reçu en haute atmosphère de la Terre. Il y a un décalage entre les éruptions et le moment ou les particules sont reçu dans l'atmosphère. Je remets le graphique de @TreizeVents de l’hiver dernier qui permet d’observer ce décalage, la courbe noire indique le nombre de tâches solaire qui montre les cycles solaires et la courbe rouge indique le flux de particules reçu par la haute atmosphère : Comme l’avait expliqué 13V l’automne dernier et comme on le voit sur le graphique ci-dessus, il y a un délai d'environ 4-5 ans entre le minimum ou maximum du nombre de tâches (courbe noire), et le minimum ou maximum du flux de particules (courbe rouge). En juillet la NOAA a publié la réactualisation du graphique de l’évolution du nombre de tache solaire par mois. La courbe continue de descendre et elle est même plus basse que les prédictions : L’année dernière nous étions au pic de réception de particules. Et comme nous l’avait expliqué 13V des études avaient démontré que les pics de particules arrivant dans l’atmosphère favorisaient la tendance à un NAO+ Mais contrairement à l’année dernière nous ne sommes plus au cœur du pic de réception de particules. En effet le cycle fait que nous sommes sur le déclin ceci ne favorisant plus le NAO+ mais pas plus un NAO-. Des conditions plutôt neutre tendant vers un léger NAO+ sachant qu'on est en début de rechute. Mais, des études (sur une base de 1870–2010, j'ai repris le même site que 13V avait pris mais un autre article) ont permis de donner les tendances des hivers sur chacune des 11 années suivant le pic solaire (le lag yr 0 étant l'année du pic solaire) en nombre de tâches. Ci-dessous on a les anomalies géopotentiels des 10 derniers hiver : On les compare aux résultats des études sachant que 2006-2007 était une année lag yr 6: Résultats : 2006-2007 (6yr) : En partie validé 2007-2008 (7yr): Non validé 2008-2009 (8yr): Validé 2009-2010 (9yr):Validé 2010-2011 (10yr) :Validé 2011-2012 (11yr): Validé 2012-2013 (0yr): Validé 2013-2014 (1yr): Validé 2014-2015 (2yr): Non validé 2015-2016 (3yr): En partie validé 2016-2017 (4yr):En partie validé Les termes validés sont où l’on a environ de 60 à 100% de la carte semblable à l’étude. Le terme en partie validé c’est de 40 à 60% environ de similarité. Et non validé c’est 40% et moins. On voit donc quand même 6/10 des hivers sont semblable aux prédictions de 60 à 100% et 3/10 de 40 à 60%. Ce qui donne vraiment du poids à cette étude et cela prouve bien que même si le dernier hiver n’était pas totalement semblable aux prédictions, on a quand même des chances d’avoir un hiver ressemblant au « lag yr 5 ». Si l’on suit donc les prédictions on tendrait pour notre hiver à une année « lag 5 yr »: On observe des HPs en haute latitude très prononcé, autant sur l’Atlantique (favorisant un schémas NAO-) que en Scandinavie/Europe de l'est, favorisant les gros blocages pour une VDF du genre janvier dernier. Alors attention car on voit que ces anomalies sont assez proche de l’Europe de l'ouest. Ce qui fait une piqûre de rappel au fait qu'on peut avoir un NAO- et avoir des conditions particulièrement douce à cause de hautes pressions pile sur nos têtes. Mais quand on regarde on à des anomalies surtout prononcé en atlantique et Scandinavie favorisante donc les possibles situations de dorsale virant à l'AS (anticyclone scandinave). L'année passé c'était une situation semblable et quand on y pense en janvier lors de la VDF c'était exactement le schéma qu'il c'était produit. III/Une banquise et un vortex polaire qui reprennent un peu de poil de la bête. Favorable où pas? Alors oui comme on l’observe depuis quelques temps la banquise va mieux (attention rien de transcendant mais quand même). Et pas besoin d’en dire des tonnes pour s’en rendre compte il suffit de regarder le graphique de l’étendu de glace, le replat à bel et bien commencé depuis environ le 15 aout alors il faut rester méfiant à un retournement de situation mais ça semble bon. Malgré ces derniers jours un peu moins bon ça semble plus favorable par la suite avec un début de replat depuis avant-hier: En effet ces derniers jours et prochains on observe que la banquise n’a pas eu de tempête cela lui a permis de garder sa glace, mais à côté de ça on a eu un VP qui a grossit progressivement prenant une réelle belle avance. Les températures sont certes toujours un peu au-dessus des normes sur l’arctique quand on regarde les T2M chaque jour, mais le fait qu’il n’y est pas de tempête comme d’autres années et que le VP grossit doucement sans brutalité permet de ne pas brusquer la glace très fragile en cette fin de débâcle, d’où la stagnation observé: GFS6z du 24 aout anomalie 500hPa : Carte actuelle (l’anticyclone sur le bassin est une très bonne chose favorisant les inversions et peu de vent) : GFS qui prévoit les 7 prochains jours assez favorable... : Et CFS pour septembre semble favorable aussi anomalie 500hPa prévu: Comme on le voit ça semble continuer dans le bon sens et c’est une bonne chose. Pour revenir au sujet de ce qui nous intéresse surtout pour l’hiver c'est: -En premier c’est le vortex polaire. Il semble partir sur de bonne base pour un début d’automne. Il faudra voir pendant l’automne la tournure qu’il va prendre mais si l’on se fie à la situation actuelle on pourrait avoir un VP plus solide en fin d'automne que ces dernières années. Il faut savoir que plus un VP est puissant plus cela favorise à une tendance zonal et donc un schéma NAO+. Et oui, première fois que la tendance NAO- vient être contestée. Mais par contre un VP puissant favorise certes une tendance zonale car il balaye tout sur son passage, mais si des facteurs externes viennent semer le trouble et favorisent des ondulations comme un MJO (oscillation de Madden-Julian) favorable où bien d’autres facteurs saisonniers qui favorisent un régime NAO-, alors le VP ayant une grosse réserve si on a un blocage qui se forme la coulée froide sera puissante. Donc oui un VP en meilleure forme favorise plus un NAO+ mais si les conditions autour sont défavorables, au schéma NAO+, alors l’on peut vite passer sous régime NAO-. - La seconde chose qui peut avoir une action importante c’est la température des mers (bien sûr je parle de celle proches de la banquise, au nord de l’Europe ect). C’est un facteur que l’on voit plus courant automne comme le VP. Mais si la situation d’un VP et une banquise plus en forme que ces derniers hiver se confirme, les mers pourraient être un peu plus fraîches que ces derniers hivers. Des mers qui sont plus froide favorisent le maintien du froid dans les coulées de polaire maritime (celles qui donnent de la neige facilement mais où c’est souvent limite à cause du manque de froid dans la coulée ces dernières années, donc on ne crache pas sûr des mers plus fraîches. Coulée qui est fréquente en… NAO-). En tout cas à l’heure actuelle ce n’est pas encore fameux. Les eaux restent au-dessus des normes surtout dans l’axe du RU même si l'on observe une petite diminution des anomalies depuis deux semaines, on note au nord de la Scandinavie une amélioration surtout au bord de la banquise ou l'on a déjà des eaux sous les normes (c'est favorable pour la glace) : A voir donc courant automne l’évolution de ceci et aussi du VP s’il continue à prendre du poil de la bête. IV/ La Nina là ou pas là ? Un cadeau parfait ou empoisonné ? Alors cette fameuse Nina l’un des sujets délicats pour notre hiver ! Tout d’abord la première chose c’est qu’il serait bien de savoir s’il elle viendra ou pas et ça ce n’est pas fait mais pas du tout : En effet c’est partagé, en premier on a les prédictions qui ne croient pas en une Nina : On le voit bien et c’est clair, c’est neutre sur la moyenne de ces prédictions. Mais la chose qui fait que ces tendances peuvent être contredites est la situation actuelle. Comme vous le voyez sur les graphiques la zone 3.4 est la zone importante elle se situe ici dans le pacifique : En ce début de mois de septembre on devrait donc avoir sur la zone 3.4 environ +0.1°C (pour le premier) et -0.1°C (pour le second) si l'on prend la moyenne des scénarios des graphiques. Résultat: On est sous la norme de -0.35°C environ avec la forte anomalie (-2°C) proche de la -120ème le reste n’est pas extrême on est sur un centre de 0 à -1°C et des contours allant de 0 à +2°C. A noter que sur le secteur 1+2 une anomalie froide s’accumule et pourrait jouer un rôle sur le secteur 3.4. Et le secteur 3 qui est hors du 3.4 l’eau c’est refroidit depuis mi-août. Bilan on est quand même dans une situation plus froide que prévu par les deux modèles. Alors est ce que cette anomalie va stagner avant de remonter progressivement au neutre total comme certains scénarios des graphes ci dessus? Tel est la question Deux autres modèles important c’est CFS et celui du bureau australien. Sont eux plus favorable à une Nina, sans grande ampleur, de -0.5°C (CEP) à -0.9°C (Bureau Australien) en prenant les moyennes des deux graphiques. Mais avec une Nina en vu donc: Si l’on se fie à la moyenne CFS on devrait être en septembre à -0.20°C environ, nous sommes déjà à -0.35°C environ. Mais par contre chez le bureau australien en début septembre on devrait déjà être à -0.7°C et c'est pas du tout le cas. Alors il sont tout deux dans l’erreur... comme ceux qui ne voient pas de Nina. On peut donc le dire cette Nina est très difficile à prévoir si elle aura lieu le graphique qui est le plus dans le jeu actuellement c’est CFS pour 0.15°C d'erreur. Alors à voir si elle a lieu ou pas car des choses contredises mais d’autre affirmes… La chose que l’on peut affirmer c’est que si elle a lieu elle ne sera pas extrême à part un coup de magie. Mais nous n’avons pas suffisamment de base solide pour un début septembre pour une Nina intense. On a trop d’alternance de vent d’est-ouest sur la zone pour une Nina forte. Le risque qu'on termine dans le neutre est donc autant possible (voir plus) qu'une faible Nina. Personnellement je reste sur l'idée que nous aurons une faible Nina (de -0.5 à -0.8 pas plus). Donc deux possibilités, cette Nina n’a pas lieu et on va dans le « Nada » et dans ce cas le pacifique n’aura aucun effet sur nous pour cet hiver. Ou bien elle a lieu et là… Les dernières études confirment bien les tendances observées depuis quelques années. Comme on le voit sur l'image ci-dessous une Nina est favorable pour un mois de décembre (mais aussi en octobre-novembre) favorisant des conditions plus facilement hivernales avec des centres d’actions plus faiblard. Une activité dépressionnaire réduite au niveau du Groenland, un anticyclone des acôres qui ne prend pas toute la place. Situation favorable à des conditions de NAO-. Mais par un contre une Nina n’est pas le bon Saint Maritain tout l’hiver comme certains le laissent entendent sur le forum… En effet une Nina n’est favorable pour des conditions hivernal qu’en automne et décembre, comme on le voit sur la représentation Nina de janvier à mars ce n’est pas favorable. Le VP serait actif et garderait sa réserve de froid, deuxièmement car l’activité dépressionnaire groenlandaise et l’anticyclone de acôres seraient beaucoup trop actif. Ce genre de situation favorise plutôt un jet stream assez haut en latitude, comme on le voit sur la France « dry » pour sec, niveau des températures ça ne serait pas fameux avec une patate sur nous…. Donc bien sûr se ne sont que des résultats de tendance en Europe quand on a une Nina, ça ne veut pas dire que forcément tout le mois de décembre par exemple sera sous NAO- avec des conditions hivernales… mais ça fait un point supplémentaire pour le NAO-. La chose qui fait qu’on peut se dire qu’elle tombe pile au bon moment pour les hivernophiles si elle a lieu ; c’est que cette Nina atteindrait principalement son pic d’intensité en décembre (voir janvier) quand on voit les prédictions. En janvier elle disparaîtrait progressivement avant qu’en février elle est disparue. Donc si les prédictions favorables à une Nina se produisent on aurait une Nina plutôt bien placé pour notre hiver car elle aurait lieu au bon moment hormis janvier ou elle pourrait désavantager les tendances froides. Attention au bureau Australien qui voit une Nina se prolonger jusqu'à février, mais sinon CFS et les scénarios CEP favorable à une Nina, eux voient bien une disparition en février en général. V/ La TNA (tropical nord atlantique) va-t-elle jouer aussi un rôle? Bien sûr que oui elle un rôle, très important même. Cassou l’a bien expliqué dans l’un de ces articles. Comme 13V l’a expliqué sur le topic automne les eaux tropical de l’atlantique se sont réchauffé on le voit bien sur cette carte : D’après les études on observe que des eaux tropicales chaudes favorisent un NAO-, plus de 5% d’écart par rapport à des eaux froides. 5% ça peut paraitre peu mais en réalité c’est quand même un écart non négligeable selon l’étude (il y aura le lien de l’étude dans les sources) : VI/On a déjà pas mal d’indice mais il en reste… On a donc fait plutôt bien le tour de tous les indices que l’on peut déjà mettre en avant en ce début d’automne. Mais beaucoup ne sont pas encore arrivé et n’arriveront que bien plus tard. On a prochainement l’enneigement sibérien que l’on pourra suivre, mais également à plus long terme la stratosphère et le MJO. Et l’on doit encore suivre la situation dans le pacifique avec cette Nina loin d’être fixé tout comme le VP et les mers. Donc on a peut être marqué des points pour les passionnées de la neige et du froid en ce début d’automne mais il faut garder une part de réserve. On a peut être gagné une bataille mais pas la guerre comme on dit! Conclusions : Alors nous y voilà enfin à cette conclusion, je vais la faire avec une Nina qui selon mon avis personnel aura bien lieu mais sous forme légère Nina. Aussi avec l’idée que le VP va continuer à bien s’améliorer ces prochains temps. En gros dans la continuité des tendances actuelles. Avant de dire exactement ma tendance je vais vous exposer mon raisonnement: On a en premier un QBO négatif qui peut jouer sur la stratosphère favorisant les tendances au NAO-. On a une activité solaire en diminution favorisant un NAO+ au niveau de la réception des particules mais au niveau du pic du nombre de tache on a un schémas qui favorise plutôt un NAO- en France. On a un VP qui pourrait devenir plus puissant que ces derniers hiver ce qui a tendance à favorise un NAO+ sauf si facteur externe apparaissent. Et donc des eaux au nord de l’Europe qui pourraient se refroidir. On a une Nina qui favoriserait un régime NAO- en décembre avec un régime de dorsale, mais plutôt un NAO+ en janvier, février virera dans le neutre(?). On a une TNA plutôt favorable à du NAO- également. Donc c’est avec plaisir, que je vous ai expliqué tout au long de ce poste et donc je vous dis maintenant clairement mais vous l’avez sans doute compris, que les premières tendances de cet hiver sont plutôt favorables à un hiver sous régime NAO- donc favorable aux blocages et pour faire simple à de vrais conditions hivernales. Les corrélations sont clairement là tout se rejoint. Et je pense il est difficile de le nier. Pour plus de détail ça semble encore tôt, mais je pense qu’il faudra se méfier de janvier qui pourrait être le « mauvais mois » pour les passionnées du froid. En effet, la Nina aura tendances à le défavoriser, la strato à moins souvent tendance à s’agiter en décembre ou tout début janvier (mais avec un bon QBO- il vaut mieux rester prudent) et que si le VP a déjà été attaqué en décembre logiquement la « réserve » pourrait être moins bonne en janvier. Mais donc comme rappeler dans l’introduction ces premières tendances ne font pas tout! Une prévision saisonnière a pour objectif de prévoir une tendance générale, mais une tendance générale dure rarement la totalité des 90 jours de l’hiver. Mais en attendant on peut se permettre de rêver : https://media.giphy.com/media/l2JIaYp6P3WT5Ybu0/giphy.gif Merci de m’avoir lu, c’était un plaisir de faire ce poste. J’espère que vous êtes globalement d’accord, si « non » j’attends de débattre avec impatience! Je remercie particulièrement @Higurashi qui m’a permis de découvrir certains sites et me donner des explications sur 2-3 choses me permettant de réaliser ce poste . Sources : Poste de 13V topic hiver 2016-2017 (http://forums.infoclimat.fr/f/topic/50746-tendances-hiver-2016-2017/?do=findComment&comment=2634295) Partie QBO : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/correlation/qbo.data http://www.geo.fu-berlin.de/en/met/ag/strat/produkte/qbo/index.html http://www.metoffice.gov.uk/learning/quasi-biennial-oscillation Partie solaire : http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2013JD020062/full Partie banquise/VP/mer : http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#SST_anom http://nsidc.org/arcticseaicenews/charctic-interactive-sea-ice-graph/ https://nsidc.org/arcticseaicenews/2017/08/cooler-conditions-slow-melt Partie Nina : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RCG000199/full http://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ Partie TNA : http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/36039/meteo_2004_45_21.pdf ‘(excellent article en français pour une fois ^^ qui résume beaucoup de choses sur le climat)
  7. 72 points
    Bon, je vais carrément sortir (sans non plus complètement couper les liens) avec le sujet central de ce topic, à savoir les perspectives à venir par chez nous l'hiver prochain. Mais je pense que le constat que je vais partager ici est assez fondamental dans les prévisions de nos hivers, et des hivers au sens large de l'hémisphère, à moyen et long terme. On parle régulièrement dans les topics de prévision saisonnière hivernale des réserves de froid, et de la vitesse à laquelle elles se constituent chaque automne. Ne rentrons pas dans l'éternel débat de savoir si cette année elles se mettent en place plus vite ou pas, si c'est intéressant ou pas de le savoir, et si c'est utile pour l'Europe occidentale ou pas en terme de conséquences. Car ce que je vais vous expliquer ici, dans les grandes lignes, c'est comment on a de toute façon probablement perdu une grosse partie du réfrigérateur qui sert à les fabriquer. L'une des particularités de l'Arctique, c'est que la base de son climat hivernal repose sur une inversion thermique marquée quasiment permanente. Pendant plusieurs mois le sol ne reçoit aucun rayonnement solaire du fait de la nuit polaire, au contraire il se refroidit par rayonnement particulièrement lors des nuits claires et calmes, qui sont particulièrement fréquentes en plein hiver aux hautes latitudes. L'air au contact de ce sol va aussi se refroidir fortement, refroidissement qui ne touche pas les couches supérieures de l'atmosphère. A l'image de ce que l'on observe souvent en hiver chez nous, particulièrement lorsque le sol est enneigé : c'est le bon vieux -5° que l'on va relever le matin au fond de la vallée vosgienne ou du Limousin, alors qu'il ne gèle pas à 850 hPa. Pour l'image, voici le profil de température relevé à Eureka (Canada) le 2 mars 2013 (bleu) et le 30 août 2012 (rouge) : Ce 2 mars 2013, on a relevé quasiment -50° au sol, pour une température de l'ordre de -32° à quelque chose comme 450 mètres d'altitude (ça c'est de l'inversion de luxe). Les conditions ne sont pas aussi intenses en permanence partout dans l'Arctique, mais c'était pour la démonstration. Bon, eh bien ça, on peut quasiment dire que c'était avant. Le réchauffement climatique, avec toutes les conséquences qui deviennent désormais très puissantes sur le sommet du globe, est en train de briser le cycle. Ne rentrons pas dans des considérations profondes pour lister toutes les causes en chiffrant leur part respective de contribution à ce bouleversement en cours. On se limitera au postulat que le recul de la banquise, le réchauffement des océans environnants et de l'océan Arctique (mers satellites incluses) lui-même, et la hausse de la teneur de vapeur d'eau dans l'atmosphère, en sont les causes principales. Dans l'Arctique réchauffé d'aujourd'hui, déjà le sol ce n'est plus forcément plusieurs mètres d'épaisseur de banquise refroidissant l'air par rayonnement. De plus en plus longtemps dans la saison, c'est de l'océan, de l'océan qui relâche au contraire énormément de chaleur et d'humidité dans les basses couches. Qui plus est, ce refroidissement par rayonnement est optimal, on l'a dit, sous un ciel clair - on observe d'ailleurs la même chose chez nous en hiver, il fait plus froid le matin quand la nuit a été dégagée que l'inverse. Or, l'afflux d'humidité implique une augmentation de la couverture nuageuse, ce qui brise ce potentiel de refroidissement du sol par rayonnement. Histoire de finir la boucle, le tout s'auto-entretien dans une rétro-action positive : le réchauffement des basses couches génère une augmentation du rayonnement dirigé vers le bas remplaçant celui qui est dirigé vers l'espace (refroidissement), avec en conséquence un réchauffement qui s'amplifie de lui-même. Donc, voici ce qu'il se passe quand on analyse la différence entre la température quasiment au niveau du sol (1000 hPa) et celle à 850 hPa au dessus de 70° de latitude nord depuis les années 1950 dans les réanalyses : J'ai inclus les données de l'hiver tel qu'on l'entend (décembre - janvier - février), et celles de l'hiver arctique qui inclus le mois de mars. Des années 1950 jusqu'à la fin des années 1990, on observe bien l'inversion systématique en hiver : la température près du sol (1000 hPa) était en moyenne systématiquement plus froide que celle à 850 hPa, de l'ordre de 3°. Cet écart étant en lente tendance à la réduction. Premier gros seuil à la fin des années 1990 et jusqu'en 2015, l'inversion a tenu le coup, mais s'est brutalement réduite. Il y a un certain plateau entre 1998 et 2015, mais jamais nous ne sommes revenus à des valeurs antérieures. Deuxième seul il y a deux ans, celui qui a brisé toute la climatologie de l'hiver en Arctique : l'inversion a volé en éclat. Sur 2015-2016, il n'y a pas eu d'inversion en incluant le mois de mars, on l'a sauvée de justesse sur DJF (-0.04°). 2016-2017 a achevé les choses : cet hiver (DJF) a été probablement été le premier (depuis des millénaires ?) sans inversion thermique en Arctique. Petite observation au passage : le fait d'avoir eu un seuil en 1998 et un autre en 2016, à la suite de deux gros épisodes El-Niño, n'est potentiellement pas un hasard. Je n'ai rien lu la dessus et je ne ferais donc aucune affirmation sur ce point, mais il ne paraîtrait pas incongru qu'il y ait un rapport de cause à effet vu la capacité des épisodes El-Niño à relarguer des quantités astronomiques de vapeur d'eau dans l'atmosphère, et qu'une partie non négligeable de cette vapeur soit allée se recaser en Arctique. Seconde petite observation : il n'y a jamais eu de retour aux "valeurs d'avant" après le choc de 1998. Avis placide aux potentiels amateurs de "ça va s'arranger" après celui de 2016. En résumé, on est en train de perdre le réfrigérateur Arctique. Ce n'est pas un effet de seuil en tant que tel, mais cette perte de l'inversion thermique hivernale est quand même un signal particulièrement fort de l'ampleur des changements qui s'effectuent la haut. Car quelque part, tout cela nous dit que l'on a largement entamé la capacité de l'Arctique a générer du froid de basses couches - et la, on retombe quelque peu sur le point de départ évoqué en début de message : pour les "réserves froides", c'est une sacrée baffe. Cela ne sert à rien d'espérer chez nous le grand flux de nord en provenance directe d'au delà de Svalbard, s'il nous draine en sortie d'Arctique du -10° humide au lieu d'un -40° sec. Un exemple assez concret, c'est le mois de janvier 2017. Durant ce mois, on a réussi à consolider un fort vortex troposphérique sur l'Arctique, avec un cœur froid particulièrement dense et compact en altitude. Sur les données à 850 hPa, il en résulte une valeur particulièrement basse pour un mois de janvier : Sauf que, indépendamment du refroidissement d'altitude, les basses couches sont restées empêtrées dans l'humidité douce, sortant avec la troisième valeur la plus élevée pour un mois de janvier : Au passage, avant 2017, jamais en janvier les basses couches (1000 hPa) n'avaient été plus douces que les moyennes couches (850 hPa) en Arctique, conséquence logique de l'inversion normale du climat arctique en hiver. L'inversion a explosé en janvier 2017, avec des basses couches plus chaudes de rien de moins qu'un demi-degré, c'est monumental. En conséquence, on a beau avoir réussi à se tirer des conditions extrêmement favorables pour le maintien de conditions froides sur l'Arctique avec un vortex troposphérique au taquet (AO quasiment à +1) et un refroidissement conséquent des moyennes couches, l'Arctique est quand même sorti en brun sur les anomalies de température de surface (ici GISS) : Illustration aussi avec les relevés quotidiens au sol de la station russe de Острове Визе (Ostrov Vize), qui a longuement plané 10 à 20° au dessus des normales de saison en pleine séquence de forte concentration du vortex troposphérique, conséquence de la "panne de frigo" : Comme le dit le proverbe, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Le potentiel de refroidissement de surface par rayonnement dans le grand nord reste bien présent et très puissant dans le nord canadien et surtout en Sibérie. Les conditions continentales garantissant que le risque de bouleversement de l'inversion thermique hivernale, dans ces régions, ne devrait pas être menacé de sitôt. Il continuera longtemps de faire très froid au sol à Irkoutsk. Mais n'empêche, on devine bien que le climat de notre hémisphère en général ne peut qu'être touché par la perte du moteur Arctique. Même si les moteurs canadiens et sibériens tiennent encore bien le coup, et garantissent que ce n'est pas de sitôt que le potentiel de vague de froid disparaîtra en Europe, on devine bien qu'il y aura des implications. Lesquelles, que ce soit pour cet hiver comme pour les prochaines années ? Je n'ai guère lu d'études répondant à cette question. Le message que je voudrais faire passer, c'est plutôt une interrogation sur la validité à continuer d'essayer de dresser des tendances qui se basent sur la climatologie des années passées, et la manière dont elle a réagi à un grand nombre d'indices particuliers tels que par exemple la QBO. J'ai fait pas mal d'analyses sur le forum ces dernières années pour toutes les saisons, en me basant en grande partie sur tous ces indices et leurs implications potentielles, en me posant chaque fois un peu plus cette question. Aujourd'hui, je ne suis que d'autant plus convaincu que le climat d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier, et que cela rend ces perspectives beaucoup plus fragiles, peut-être même à la limite dépassées ou obsolètes. Gugo a fait un excellent travail quelques pages plus haut. Mais quand on s'interroge : peut-on véritablement aujourd'hui, en 2017, essayer d'établir une correspondance par rapport à ce qu'il a pu se passer en (au hasard) 1972 ou en 1984 quand on avait tels ou tels indices similaires ? Certes, quand on avait la QBO comme ça et le soleil comme ça il y a exactement X années on a eu ça. Mais en 2017, avec une QBO qui a loupé un virage (ce qu'on ne pensait même pas possible il y a encore trois ans, rappelons-le !), un Arctique qui a débranché le frigo, et toutes autres joyeusetés de ce genre, la comparaison a t-elle un sens ? Je ne le crois plus aujourd'hui. Mais c'est un simple avis personnel.
  8. 71 points
  9. 67 points
    Si seulement ce chien pouvait nous pisser un peu dessus au lieu de regarder en arrière ^^
  10. 66 points
    Voici une série sur le voyage que j'ai eu l'occasion d'effectuer fin février dans une destination scandinave qui me trottait dans la tête depuis un moment : les Îles Lofoten. S'il est encore besoin de les présenter, les Lofoten c'est à la fois la montagne, la mer, les influences hyperocéaniques et subarctiques : prenez un peu du Finistère, de Haute-Savoie, mettez les au nord du cercle polaire et saupoudrez d'aurores boréales, vous avez à peu près une idée des lieux. Pour pimenter un peu notre parcours, nous avons choisi d'y arriver par la Suède, histoire de varier un peu les ambiances et se donner un peu plus de choix possibles dans les conditions météo. Là dessus on peut dire qu'on a été servis : en une dizaine de jours, nous avons eu à peu près tous les types de temps hivernaux possibles, du temps calme et lumineux, du froid sec et vif, des bourrasques de neige tendant vers le blizzard ! D'autant que nous avons eu pas mal de chance sur ce point, le climat hivernal de l'archipel étant très changeant et parfois remarquablement doux pour la latitude, avec un enneigement assez aléatoire à basse altitude. Quelques jours avant notre arrivée, la neige n'était présente que sur les sommets, mais grâce à un flux de nord instable et persistant, la couche est montée pendant notre séjour jusqu'à 20 à 30 cm en bord de mer. Samedi 18 février, nous voilà donc partis, @edd et moi-même, en direction de Kiruna, petite bourgade de Laponie suédoise où j'avais déjà mis les pieds quelques mois plus tôt pour randonner. Après avoir quitté Toulouse 2 jours plus tôt en T-shirt par 17°C, profitant des premiers beaux jours, le contraste est assez saisissant ! Nous apercevons notre première aurore boréale depuis le hublot de l'avion, juste au moment d'amorcer la descente. La sortie de l'avion se fait sans transition, en marchant sur la neige du tarmac par -13°C. Premier contact hivernal ... Le lendemain se fait en grande partie sous une petite neige par température stable vers les -11°C. Le soir, le ciel se dégage et la température plonge rapidement. Nous avons été fascinés de voir à quel point les contrastes peuvent être importants entre les creux de terrain, les villages, la forêt les lacs avec parfois des variations de plus de 10°C en quelques kilomètres à peine. Nous enfilons toutes les épaisseurs à disposition, et nous installons au bord du lac à côté de Jukkasjärvi. Le thermomètre de la voiture indique un petit -22°C ! Quelques aurores apparaissent vers le nord : Cependant, les choses ne démarrent pas vraiment et, au bout de deux heures passées dehors, pour être honnêtes, on commence à se refroidir un peu. On prend le chemin du retour alors que la voiture affiche un joli -25°C. Il faut quand même préciser que c'est une température tout à fait banale pour une nuit d'hiver dans le coin. Le lundi, le temps reste nettement plus favorable sur la Suède que la Norvège, nous rallongeons donc d'un jour dans le secteur, en allant même passer une nuit à Junosuando, petit village perdu entre le fleuve et la forêt, à une centaine de kilomètres à l'est de Kiruna. Sur la route, ambiance crépusculaire sur un des nombreux lacs et tourbières recouverts par la couche de neige accumulée au fil de l'hiver, un peu plus de 50 cm : Ce soir-là, les conditions sont assez semblables, la température oscille entre -15 et -25°C selon la topographie, et côté aurores après un bref pic très précoce, c'est assez calme. Malgré tout, de nuit, avec ce ciel étoilé parcouru des pâles lueurs aurorales au dessus de la forêt glacée et totalement calme, l'ambiance a quelque chose de vertigineux ... De jour, certains recoins de forêt sont également fabuleux ! Mardi 21, nous reprenons la route vers le nord-ouest pour basculer cette fois en Norvège. La frontière se passe par un col assez étalé au niveau de la ligne de partage des eaux entre Mer Baltique et Mer de Norvège, dont l'altitude dépasse à peine 500 m, mais où l'ambiance est digne de la haute montagne ! L'endroit étant copieusement servi par le flux maritime, l'épaisseur y atteint quasiment les 150 cm de neige. De l'autre côté, l'ambiance est toute autre : le relief marqué des fjords, la mer qui n'est gelée qu'aux endroits les plus reculés, et des températures nettement plus "clémentes" : on frôle les -5°C, c'est dire ! Avant de prendre la direction des Lofoten, on fait un petit détour par le sud de Narvik pour voir quelques sommets pittoresques de cette partie de la côte. Petit matin du 22 à côté de Ballangen, la vallée au premier plan est à moins de 100 m d'altitude, la mer est à quelques kilomètres à peine : La mer, la voici justement avec l'Efjord partiellement gelé, devant le Stortind et le Rundtind : Drôle d'ambiance avec le pont de la route nationale qui évoque un petit Golden Gate version nordique : Un peu plus loin se dresse la montagne que nous étions venus voir : le Stetind, improbable lame de roche verticale de 1400 m de haut ! Nous nous approchons ensuite des Lofoten après avoir fait tout le tour du fjord de Narvik pour passer la nuit à Lødingen. Lumière du soir irréelle sur Tjeldøya : Et lumière crépusculaire sur les sommets très géométriques au fond du Tjelsund : Nous observerons quelques aurores tranquillement depuis la petite presqu'île au large du port de Lødingen. Les températures sont bien plus clémentes qu'en Suède, environ -4°C, mais avec un vent désagréable en pleine face, et l'humidité maritime : le ressenti est très différent. L'activité sera esthétique par moments, mais dans l'ensemble timide : Le lendemain, nous continuons notre progression vers l'ouest, et les choses sérieuses commencent côté météo. Une descente polaire déboule en effet avec -45°C à 500 hPa, amenant son lot de giboulées ! Neige à gros flocons au fond du Gullesfjord : Nous traversons ensuite Hinnøya à travers les montagnes, pour gagner Austvågøya grâce à un pont sur le Raftsund, qui marque l'entrée dans les Lofoten à proprement parler. Peu d'images vu les conditions, mais pour donner une idée, nous sommes temporairement côte nord, face au large, prenant de plein fouet les averses de neige bien actives, sous un ciel continuellement chargé. Nous arrivons en fin de journée à Vestpollen, au milieu du grandiose Austnesfjord. Ouvert au sud, il est un peu plus protégé, ce qui donne une sensation étrangement contrastée entre le ciel bleu pâle de l'horizon sud, et le ciel d'encre au nord à l'arrivée d'une nouvelle averse : Ce soir-là, les caractéristiques du vent solaire semblent intéressantes pour une activité nettement plus marquée. Je suis aux portes de la ville de Svolvær pour tenter d'optimiser l'effet d'abri. Une belle éclaircie s'annonce après 21h, et les aurores commencent à s'organiser au zénith. Au bout d'une vingtaine de minutes, le ciel s'allume franchement, et c'est enfin le spectacle des grands soirs, avec des arcs très lumineux, quelques liserés colorés, impossible de s'en lasser ! A l'approche de minuit, l'activité marque une pose, et ça tombe bien car de nouvelles averses arrivent et chargeront le ciel pendant une bon moment. Le lendemain, le ciel se montre tout aussi changeant, mais la nouveauté c'est le vent qui se renforce en lien avec un minimum secondaire qui nous arrive du nord. Après avoir passé Svolvær, nous sommes en vue de Vestvågøya dans une ambiance bien tourmentée : A l'approche du pont pour passer sur cette nouvelle île, ça commence à bien souffler. Il faut imaginer que la route est une surface lisse et bien glacée, et donc assez inconfortable à pied, poussé par les rafales de vent. Le panneau lumineux à l'entrée du pont qui retransmet les données d'un bel anémomètre sonique situé à son sommet indique 19 m/s (vitesse moyenne ?). Le long de la côte sud, on alterne entre phases de grosse poudrerie avec visibilité quasiment nulle, et périodes de calme relatif avec lumières de traîne : Nous repassons ensuite au nord, au petit port de Tangvåg, au bord du Steinsfjord, où l'ambiance est carrément lugubre. On n'était probablement pas loin d'avoir quelques grondements de tonnerre. Ce jour-là, quelques impacts de foudre ont été détectés un peu plus vers la pointe de l'archipel. Enfin, on termine la journée vers Kvalnes, face au large qui nous envoie ses grains encore et encore. Le pic de ce temps instable est atteint dans la nuit, avec des rafales de nord à plus de 90 km/h à Leknes, ville principale de l'île pourtant peu exposée à cette direction de vent. En raison des congères, nous serons forcés de garer la voiture à l'entrée du camping et de traîner nos affaires dans des conditions dantesques ! Pas question d'aurores bien sûr, on reste bien au chaud à regarder les fenêtres du chalet se faire plâtrer de neige. Le lendemain, après quelques bourrasques résiduelles, le temps se calme progressivement avec des lumières magnifiques. Fin de matinée sur le Jellvollstind : A la mi-journée, nous sommes au bord du Vareidsund, sur l'île suivante, Flakstadøya : En quelques dizaines de minutes, nouveau changement radical d'ambiance : Ce coin incite vraiment à s'y attarder, chaque détour offre une vue différente : en quelques kilomètres et quelques instants d'écart, on passe de la rudesse de la côte rocheuse battue par les vagues ... ... à la sérénité des fjords intérieurs : En fin de journée, l'instabilité se résorbe définitivement, et laisse admirer les dernières couleurs depuis Sandbotnen : Cette petite baie nous charme assez pour que nous revenions y observer les aurores à la nuit tombée. L'activité met du temps à démarrer, mais nous gratifie d'un pic aussi bref que remarquable. Les aurores commencent à s'allumer sur les sommets du nord de Flakstadøya : Une dizaine de minutes plus tard, le ciel est traversé par une structure fabuleuse, rayonnant sur l'horizon nord : Avant de se séparer en une multitude de rideaux puis de s’atténuer doucement : Nous passons la nuit pratiquement au point le plus occidental de notre voyage, sur l'île de Moskenesøya, qui est probablement un des coins les plus courus de l'archipel. Je ne résiste pas à un lever de soleil sur le Kjerkfjord et ses célèbres montagnes, situées juste en vue du village de Reine : Nous passons à Å (oui, c'est le nom d'un village), terminus de la route E10 qui nous suivons depuis Kiruna, et quasiment à la pointe de la dernière grande île des Lofoten. La visibilité sur le continent à plus de 80 km à l'est est exceptionnelle. Le chemin du retour nous fait repasser par certains coins vus à l'aller, dans une ambiance apaisée tranchant complètement avec la première impression. Le Steinsfjord à nouveau : Heure bleue sur Lyngværfjellet : Retour à l'Austnesfjord également, sous un ciel limpide mais ambiance localement bien ventée, qui donne une impression de lac de montagne alors que nous sommes en bord de mer ! Un détour par Straumnes nous fait découvrir quelques perles comme le Grunnførfjord : On peut aussi apercevoir les Îles Vesterålen voisines : Sans compter les sommets escarpés de l'intérieur d'Austvågøya, dans la lumière déclinante : Pas d'aurore ce soir-là tout comme la veille, pour des raisons diamétralement opposées : après une nuit précédente entièrement dégagée mais totalement calme sur le plan magnétique, nous aurons une nuit active mais bien bouchée. Rageant, mais c'est le jeu ! Et le pire, c'est que le temps est superbement clair dès le lendemain matin. De quoi en revanche se régaler encore des nombreux sommets, alors que nous sommes déjà de retour sur le continent. Vue sur le Novatind : On reprend ensuite la route vers la Suède, et ce ne sera pas de tout repos. Les grosses accumulations de neige le long de la frontière combinées à un vent assez présent là-bas obligent la circulation à être restreinte à des convois périodiques et à sens unique derrière le chasse-neige, sur plus de 10 kilomètres, ce qui implique facilement 1/2 heure d'attente entre chaque voyage. N'empêche, l'ambiance est fabuleuse, entre la lumière rasante, et les sommets plâtrés entourés par des écharpes de neige soufflée. La température baisse à chaque kilomètre vers l'est, pour atteindre -15°C à la frontière. Côté Suède, même histoire : longue attente et convoi jusqu'à Björkliden. Avec toutes ces histoires, la journée s'achève quand nous faisons une petite pose à Abisko. On renoue avec le froid lapon, sur la glace épaisse du Lac Torneträsk : Malheureusement, le voile s'est nettement épaissi, nous n'apercevrons ce soir-là qu'une aurore brouillée par les nuages d'altitude, avant de reprendre la route vers Kiruna, où nous retrouvons une neige qui tombe finement par -11°C. Nous décollons le lendemain de bonne heure, après 10 jours passés dans ces régions nordiques, des étoiles plein les yeux. Petit bonus, avec une carte approximative de l'itinéraire pour visualiser dans les grandes lignes les endroits parcourus :
  11. 65 points
    Bonsoir, Puisque mes propos ont été l'objet d'un débat, je me permets d'apporter ici des précisions suite au débat récent sur la qualification de l'épisode froid à venir (vague de froid ou pas ?). Tout d'abord, une vague de froid, ce n'est pas forcément "un épisode plus froid que les normales pendant 2/3 jours". Avec cette définition, on aurait des VDF en été. Une vague de froid, c'est intimement lié à un épisode de froid absolu et non relatif. Pour connaître une vague de froid, il y a trois conditions simultanées à respecter : intensité, durée, étendue. Météo-France utilise l'indicateur thermique national (ITN) pour les discriminer. Sans rentrer dans les détails techniques, il faut que l'ITN soit inférieur à une valeur seuil basse (ITN1), reste inférieure à une valeur seuil haute (ITN2), pendant 5 jours à partir d'une valeur seuil de déclenchement (ITN3). Sur le graphique à bulle bien connu, par exemple pour la VDF de février 2012 (cf plus bas), l'ITN est descendu le 1er février en dessous de ITN3, est remonté le 14 au-dessus de ITN2 et la valeur la plus basse, -5°C, était bien inférieure à ITN1. La taille des bulles correspond à la sévérité, c'est proportionnel à l'aire sous la courbe moyenne glissante de l'anomalie de l'ITN. Dans mon tweet hier, j'évoquais le fait qu'il n'y a eu que 3 VDF passée la mi-février : 1948, 1956 et 1971. En réalité, l'épisode de fin février - début mars 2005 remplit également (de justesse) les 3 critères pour être qualifié de VDF. Je suppose qu'il n'apparaît pas sur le graphique par souci de lisibilité, mais si c'était le cas, il serait bien en bas à gauche. C'est le cas d'autres épisodes, en fait ce graphique n'est pas exhaustif (il manque de nombreuses bulles en bas à gauche). Quant à l'épisode du début de semaine prochaine, hier encore on ne pouvait pas vraiment parler de VDF à la lumière des ensembles. Est-ce que ça veut dire que ça ne sera pas le cas ? Pour le moment, la dispersion reste trop importante pour que la probabilité de VDF avec les critères de MF devienne significative. Et même avec un scénario du type GFS12 particulièrement glacial dans son ensemble, ce n'est pas certain que cela soit une véritable VDF, pour plusieurs raisons : - le coeur le plus froid d'altitude (jusqu'à -18°C à 850hPa) ne traverse que la moitié nord du pays, assez rapidement - peu ou pas de neige au sol pour faire plonger les tn de manière généralisée, limitées également par le vent - tx restant positives ou à peine négatives malgré les t850, en raison des sondages avec pied convectif sous le coeur froid d'altitude Pour ces raisons, ne vous étonnez pas si MF garde dans les jours à venir une communication "timide" à ce sujet. D'autant qu'au-delà de J+5, les températures proviennent d'adaptations statistiques de l'EPS.. avec un lissage des événements extrêmes et une certaine inertie. Les observations a posteriori permettront d'affirmer ou non si cet épisode froid aura été une vague de froid au sens statistique. Cela dit, même sans parler de VDF plusieurs jours à l'avance, l'option durablement froide pour la période gagne nettement en probabilité. Peu de doutes qu'une masse d'air glacial envahira l'Europe centrale ; reste encore à savoir comment et où elle évoluera. Cela dépend d'acteurs aux contours relativement flous ; ensuite, si c'est le cas, l'interaction entre cette masse d'air continental très froid avec les bas géopotentiels sur le sud-ouest de l'Europe pourrait apporter son lot de surprises neigeuses dans la moitié sud, en particulier près du Golfe du Lion.. avant un redoux et possible évolution en zonal sous blocage ?
  12. 63 points
    En attendant, @Virgile a attaqué la déco de sa chambre : Un grand merci pour ce suivi, c'est passionnant à suivre !
  13. 63 points
    Bonsoir à tous, On a des différences qui semblent banal qui sont cependant lourde ce soir. Et qui semblent d'ailleurs créer un peu de tension de ce soir, mais au lieu de traiter le fond ça se tape dessus plus qu'autre chose... Bref. En fait chaque modèles ont leur particularité et explication sur leur run. Je vous propose une comparaison de chaque modèle entre chaque échéance avec à la fin un bilant: 144h (les flèches noires, sont la suite du run un peu avec le temps que les BPS mettent à s'allier à un point il faut prendre en compte que la petite dépression glisse sur les HPs) GFS: Avec une coulée qui reste assez séparé des BPs Scandinave à 144h: Chez GEM c'est plus marqué cet écart petite dépression et BPs Scandinave mais avec des BPs Scandinave moins creusé On notera juste au passage que ARPEGE ressemble comme deux gouttes d'eaux à GEM ce soir avec un retard du décrochement de la petite dépression à 114h contrairement aux autres modèles. Donc ARPEGE est avec GEM on peut dire, et ce sont le seul à voir une telle ondulation le week: Ensuite CEP où la petite dépression est bien plus tôt relié aux BPs scandinave (qui sont très à l'ouest à coté des autres modèles), elle est quasi invisible : UKMO lui est bien plus séparé que CEP mais pas au point de GEM, sa dépression est un peu plus intense. Dur à dire l'évolution qu'il aurait eu mais il ressemble pas mal à GFS avec juste une pulsion anticyclonique bien plus marquer qui tend à encercler les BPS (un blocage apparent dès 144h). Semblable à GFS donc avec peut être plus de froid advecté sachant que les BPs scandinave sont plus à l'ouest: FIM lui ressemble très nettement à GEM avec une pulsion qui tend à aller vers les Svaldbards... Conséquences: à 192h: GFS est le seul à ne pas voir de blocage durable ce soir, mais a cependant un scénario bien sympathique: GEM, est vraiment le rêve pour ce soir: FIm le suit seul duo qui se dégage ce soir: Et CEP en effet à z500 il est magnifique c'est le rêve, mais le centre dépressionnaire est un peu trop à l'ouest ça se joue à peu mais ça fait toute la différence et c'est ce qui provoque des températures qui touchent à peine -4°C à 850HPa. Mais dans le fond c'est fort intéressant, avec un énorme blocage polaire maritime, pour ce qui est de l’histoire de ce placement ça pourrait pas mal bouger encore. Il vaut mieux retenir le général que le fond compte tenu de l'échéance, on va voir encore pas mal de run moyen et très bon. Mais c'est une possibilité finale qu'il faut garder dans un coin de sa tête: Conséquences à 240h: Chez GFS l'activité dépressionnaire reprendrait de l'ampleur et signerait bien la fin du scénario: Sur GEM l'AS ne prend pas faute à une nouvelle advection froide de BPs grâce au blocage solide et net en atlantique, flux de N/NNE humide et froid... Rêvé.. Chez FIM l'AS prend: Un AS qui prend forme aussi sur CEP avec un blocage solide, le nord verrait l'arrivée du froid avec l'humidité. Mais le placement mauvais à 144h fait encore des siennes pour le sud: Les ensembles: Chez GEFS on tend à une pulsion solide: Mais les possibilités d'écrasement sont toujours plutôt présente, même si on sent maintenant un maintien et donc une tendance sur certains scénarios au maintien du blocage: Quand on regarde le panel ça se confirme on a bon nombres de scénarios de blocages durables qui tiennent le choix, le scénario GFS étant donc assez isolé: Chez l'ensemble GEM, c'est exactement comme GEFS à 192h et au delà. Juste la pulsion qui a tendance à être un peu plus à l'est: Chez CEP ensemble c'est équivalent à GEFS-GEM mais avec plus de froid présent à 216-240h sur la France: Bilan général: On a donc: -Un CEP magnifique dans les grandes lignes mais un petit détail à 144h fait que ce n'est pas si beau à l’échelle de la France, comme sur le GFS0z ce matin. -UN GEM(/ARPEGE)pour sa part qui évolue de A à Z dans le sens du froid-humide garantissant de belles sensations hivernales. -Un FIM dans le même sens que GEM mais qui tend à un AS en fin de run plus qu'un maintenant du polaire maritime. -Un GFS (je compte pas UKMO car on ne peut savoir comment il aurait prévu l'activité dépressionnaire sur le labrador) qui est bien sur la coulée mais qui ne voit pas le maintient du blocage. -Sur les ensembles ils sont unanimes sur la coulée et donc montre une forte fiabilité, c'est plus du détail comme on peut le décrire sur les DET, mais par contre sur la présence d'un vrai blocage à la CEP-GEM-FIM(-ARPEGE) c'est encore divergent même si les moyennes ont tendance à garder une dorsale plus formé ce soir ce qui fait tendre les ensembles un peu plus vers un blocage solide. Un facteur clé qui sera à surveiller sera le comportement de cette petite dépression à 144h qui glisse vers la France. Pour le maintien du blocage ça sera surtout l'activité dépressionnaire sur le labrador. Bonne soirée Gugo.
  14. 60 points
  15. 58 points
    Bonsoir, Tu peux lire les analyses des intervenants pour t'apercevoir de la rareté du phénomène à venir (et presque de son incongruité, tant ECMWF est extrême ! Mais la bienséance, on peut y asseoir son séant de temps en temps...). Pourquoi ? D'abord parce que nous analysons les cartes synoptiques. Un regard surplombant de notre part sur les modèles englobe en quelques secondes des milliers de km2. Nous voyageons à la vitesse de la pensée et de notre lecture du pôle aux tropiques, de la Sibérie aux Açores... Ces cartes sont loin d'être stéréotypées mais, au fil des années, nous reconnaissons et repérons des situations-types. C'est un phénomène que je pourrais rapprocher de l'habituation en psychologie. Le stimulus perdant de sa vigueur, nous ne nous extasions pas toujours...Or, je peux te garantir que ce genre de projections qui tapissent la chambre de Virgile depuis 3 jours, représentent des stimuli qui font sortir de leur torpeur n'importe quel forumeur d'IC un tant soit peu hivernophile. Même l'animal Loonesque qui s'est retiré lentement de la vie du forum, au fil des années, regardant passer les messages, comme les ruminants regardent passer des trains, a pu être sorti de son hibernation ! Ces cartes, on ne compte plus les dénominations depuis 3 jours, qui les qualifient : "dantesques" pour les amateurs du 14è siècle, "exceptionnelles" pour les amateurs d'inédit, "de ouf" pour les "djeunes", " de malade" pour les futurs ou actuels professionnels de santé... Effectivement, observe bien tout ce qui est posté, observe les archives et tu comprendras que de tels centres d'action ainsi projetés, de tels déplacements de masses d'air (on dit aussi "advections", ça fait chébran, cablé ou trop dare), ce n'est pas souvent que l'on en voit ou que l'on en a vu ! Ensuite parce que les intensités envisagées ainsi que l'ampleur géographique sont hors normes. Sur cette carte d'échéance à peu près raisonnable (qui n'est pas la plus extrême, les jours suivants réservant mieux, hivernophilement parlant, ou pire pour les estivophiles et autres chasseurs d'orages...), tu verras que de telles gelées du fin fond de la Lorraine jusqu'aux côtes atlantiques, en passant par la Beauce et ses hauts plateaux , on n'en voit pas souvent : Après, je te parlerai de la date : fin février. Certes, il est possible de connaître des épisodes remarquables, mais la probabilité de voir débouler une masse d'air d'un froid aussi intense décroît singulièrement au fur et à mesure que l'on s'approche du mois de mars, printemps météorologique, rappelons-le. En outre, toujours d'après un run parmi d'autre, et juste à titre d'illustration d'un de ces "états accessibles de l'atmosphère", on pourrait connaître des situations peu communes, avec des contrastes de "ouf" (ça c'est mon accès de jeunesse quotidien, qui m'éloigne un temps du "Sonotone" cher à MC dont le "Solaar" aura bien du mal à réchauffer nos oreilles dans quelques jours !) : tu remarqueras que 16 degrés de gradient horizontal, on en avait connu le 8 décembre 2010, mais ce n'est pas fréquent (c'est juste un exemple de ce qui pourrAIT arriver, n'est-ce pas ? Mais cela souligne le potentiel de situations inouïes...) Et enfin, la durée ? On ne peut pas se prononcer, mais tu pourras remarquer que les spéculations commencent à aller bon train et que sur le marché des devises, des obligations, des nouvelles technologies ou de n'importe quoi d'autres du monde de la finance, si les analyses d'IC étaient monayables, on aurait bien un analyste financier pour dire en ce moment que c'est la flambée, la folie inflationniste, le moment d'acheter, d'investir, de faire gonfler la bulle ! En effet, les indices tendent à s'accumuler, qui laissent penser à une durée de plus en plus longue...Là encore, c'est un potentiel. Mais les modèles avancent à petits pas, chaque jour apportant son lot de nouvelles certitudes... Donc, un ancien forumeur dont les analyses prédisaient parfois un "terrible hiver", il y a seulement quelques années (5 ? 10 ? Mince que le temps passe vite !) aurait dit : "Wait and see !" Bonne soirée, en espérant que ces quelques éléments t'auront un peu éclairé...
  16. 57 points
    Oui t'as raison. Ce soir le cep est anthologique de bout en bout et on peut extrapoler qu'avec ce scénario, ce n'est pas la fin avec un flux de nord humide glacial par la suite. Ce week end, j'écrivais qu'il fallait imprimer et poster dans sa chambre le scénario du cep . Ce soir, je n'ai plus de place sur mes murs depuis 3 jours.
  17. 57 points
    Bonjour, Vous en avez sans doutes tous entendu parler et tous vu circuler des photos de l'épisode de givre qui vient de se terminer dans la moitié nord du pays. Cet épisode fut remarquable en plusieurs points: sa survenue soudaine, son étendue, sa durée et son intensité. En effet, Noël fut très doux sur ces régions à l'approche de l'anticyclone Yorn qui en profita pour déverser un flux subtropical anticyclonique sur le pays. La température a du mal à passer sous les +5°C en cours de nuit, les stratus et les bruines sont monnaie courante. Temps d'hiver banal et médiocre... Le 28 décembre, l'anticyclone pivote vers le nord puis l'est du pays. La pression en son centre est colossale! Jusqu'à 1048hPa relevés! Pour la suite des évènements, les modèles sont unanimes: l'anticyclone va (légèrement faiblir) et drainer un flux de S/SE plus continental mais pas forcément plus froid. En effet, les températures à 850hPa sont prévues à +6°C environ, il se pourrait bien que, comme en décembre 2015, cela se traduise par de très douces journées presque printanières. Mais... c'est tout sauf le cas. La nuit du 28 au 29 décembre est étoilée, peu venteuse et l'air sec favorise un rayonnement intense. Une puissante inversion se met en place et les nuages bas puis le brouillard envahissent le ciel. Ainsi, le 29, certains secteurs enregistrent leur première journée sans dégel! En général sur une bande allant de la Sologne aux Flandres. Le 30, rebelotte. Nouvelle journée sans dégel et passée dans le brouillard givrant. Cette masse d'air froid plaquée au sol s'écrase sur elle-même et s'étend chaque nuit un peu plus. Elle épouse presque à la perfection le Bassin Parisien géologique, en s'évacuant par la Loire. Pourquoi cette correspondance zone géologique/température? L'épaisseur de l'inversion est très faible. Les terrains sur ce secteur sont en moyenne situés à 100m d'altitude avec de rares points >200m. L'inversion ne faisant qu'une centaine de mètres d'épaisseur et n'étant absolument pas brassée, elle est contenue par les petites surrélévations du terrain aux alentours du Bassin Parisien. Le satellite est éloquent, le moindre relief est visible par transparence au travers de la fine couche de stratus. Image satellite HD: http://www.infoclimat.fr/cartes/modis/2016/12/30-16_HD.jpg Quelques annotations: (Les points visibles le long de la Loire ne sont autres que les panaches des centrales nucléaires) Le 31 décembre, l'inversion s'étend encore et fusionne avec l'inversion Lorraine. Un léger flux de sud/sud-est dirige le tout vers le nord mais la configuration reste la même que la veille, les estuaires (baie du Mont Saint-Michel, estuaire de la Loire, Seine et Somme...) laissent s'échapper l'air froid tandis qu'il est contenu par les petits reliefs (Massif Armoricain, Collines Normandes, Boulonnais, Morvan, Plateau de Brie...). Seule exception pour le pays de Caux qui, sous le flux et avec ses altitudes encore plus faibles (140m en moyenne sur le plateau) est concerné par les gelées. Au 1er janvier, les zones concernées par les gelées du 29 entament leur 4ème journée sans dégel plongées dans le brouillard givrant! Entre temps, le givre s'est déposé sur des épaisseurs peu communes en plaine avec en moyenne 2 à 3cm. Mais, sur les zones exposées, l'épaisseur atteint les 5cm! Comme ce phénomène me concerne directement, je choisirais de rester dans mon secteur, à savoir le plateau d'Yvelines. Compte tenu du contexte (léger flux de sud), ce plateau, en plus d'être proche, possède plusieurs avantages. Sa surface est réhaussée vers le nord via le contrecoup alpin et quelques failles rémanentes du soulèvement du Massif Armoricain forment des lignes de petites collines sur un axe SE-NE. Il y a donc plusieurs bandes rapprochées favorables à l'accumulation du givre. Je sais donc tout à fait quels secteurs viser pour rencontrer le maximum de l'épisode. Le long de ces bandes exposées, des épaisseurs de 5cm furent relevées. Je commencerais par une vallée afin d'apprécier l'état de la couche la plus faible. Pour ce faire, je monte sur un chaos rocheux dominant les Vaux de Cernay. Ici, le plateau est entaillée de façon étroite et profonde. Cela va donc servir de référence pour l'épaisseur de givre dans un milieu avec un minimum de flux après 4 jours de brouillard givrant. L'épaisseur rencontrée varie entre 0.5cm (tout en bas) et 2cm en moyenne (haut de côte). Hors un magnifique paysage, la forêt ne prend pas un aspect alourdi par le givre. 1] 2] Je pars ensuite aux Bréviaires (grand trait bleu central juste à gauche de la nationale sur la carte des zones exposées). L'altitude approche 180m sur le petit bombement, elle fait partie des plus hautes zones du plateau d'Yvelines. Bien que ridicule, cette altitude et cette position changent du tout au tout l'intensité de l'épisode de givre... Constatez par vous même! Ici, l'épaisseur de givre atteint facilement entre 4 et 5cm. 3] Vue rapprochée: 4] Un banal buisson d'aubépine transformé en cristallisoir... 5] L'épaisseur sur les câbles électriques est impressionnante! 6] 7] A côté de Thoiry, le village de Goupillières est situé sur l'une de ces lignes de collines axées SE/NO. Il s'agit de la bande bleue la plus au nord ouest de la carte des zones exposées. Relativement à l'abri du plateau, l'épaisseur de givre moyenne est à peine moins élevée mais reste honorable: 4cm en général, 5 à vue d'oeil sur les grands arbres. 8] Cap au sud à présent, sur une ligne de collines située au sud-ouest du plateau, toujours avec cette même orientation SE/NO donc favorable. Ici, la colline est en première ligne face à la vallée de l'Eure située plus à l'ouest. Il n'y a donc aucun abri. Les épaisseurs de givre devraient donc y être maximales! Il s'agit de la petite ligne bleue la plus au sud-ouest sur la carte des zones exposées. Sans surprises, arrivé en haut, c'est le plâtrage intégral... Certainement un peu plus de 5cm sur le haut des arbres mais impossible de mesurer. On s'en tiendra donc "officiellement" à 5cm généralisés. 9] Quelques buissons et arbres situés sur le haut de la colline... Première fois que j'observe un tel encroutement dans mon secteur! 10] 11] Bien que résistant, on sent que ce chêne commence à peiner à supporter tout ce poids supplémentaire. 12] 13] Sur le versant nord, l'épaisseur de givre est plus fine et le brouillard largement moins épais permettant de voir à plus de 200m (chose rare ces derniers jours). L'humidité captée par la végétation au sommet altère tout de suite le brouillard et son dépôt. 14] Végétation chargée lors de la redescente vers Dancourt... 15] Et la neige dans tout ça? Eh oui, un brouillard givrant sans neige "industrielle" n'est pas un vrai épisode. Attention cependant aux confusions, le stratus donne naturellement des bruines, et donc de la neige si il fait moins de 0° -la fameuse bruineige-, néologisme inventé sur le forum (ou bruine verglaçante dans certains cas). Une neige "industrielle" doit répondre à plusieurs critères pour être classée comme tel: -surface très restreinte (située en général aux environs immédiats de la source) -épaisseur significative (une source continue de polluant ou d'humidité génèrera de la neige aussi longtemps que les conditions sont réunies. Dans le cas d'une activité humaine, cela durera en général plus d'une heure sur cette même zone localisée). -corrélation entre un zone d'activité humaine polluante et/ou émettant de l'humidité et la zone d'enneigement. Et... Ce fut le cas à Epernon! La neige est tombée entre le 30 et le 31 décembre, pendant la période d'activités précédent le jour férié du Nouvel-An. Ayant parcouru principalement les routes oranges et rouges sur la carte, j'ai pu extrapoler une surface approximative d'enneigement. Celle-ci est située au nord immédiat de la zone d'activités et de la gare d'Epernon (tombe bien par un léger flux de sud) mais ne concernait pas la moitié sud de la zone d'activités. le maximum était relevé au nord du centre-ville avec une trainée bien plus longue remontant vers le NNO. Il est intéressant de noter que la couche diminuait de façon très rapide côté est mais beaucoup plus lente du côté ouest. Léger basculement du vent du SE au S en cours d'épisode? Probable. Trêve de blablas, voici les photos! En montant sur le plateau nord dominant Epernon. Vous pouvez remarquer l'absence quasi totale de neige au fond. 16] Vue depuis le panorama situé en bordure du plateau. (étoile rouge du bas) 17] Drôle d'ambiance aux portes de la Beauce! 18] 19] 20] 21] Passage dans la zone pavillonnaire située sur le petit plateau... Il s'agit de la zone la plus touchée par l'épisode. Désolé pour ces photos de banlieusard mais je ne choisis pas l'endroit où tombe la neige! (étoile rouge du haut) Certains jardins ont comme des airs d'erreur géographique... 22] D'autres sont plus adaptés à ce jour blanc. ... Mais sont moins chargés en neige. (est de la zone pavillonnaire) 23] Redescente sur la pente est... Le clocher est en vue, magnifique au travers de la forêt enneigée. 24] Pour comparaison des hauteurs de neige par rapport à la 2ème étoile rouge, photo prise au niveau de l'étoile jaune. Pour rappel, l'épaisseur diminue très rapidement côté est et la carte est approximative. 25] En fin de journée, je reprends la route vers Saint-Arnoult, après plusieurs heures de brouillard givrant à nouveau cumulées. L'épaisseur de givre a donc significativement augmenté et la zone traversée, située au confins sud du plateau est favorable (légère pente en hausse vers le nord). L'endroit est situé au niveau du croisement entre la N10 et la grande bande bleue la plus au sud de la carte des zones exposées. Rapidement, le givre refait parler de lui en priorité! 26] Et, plus j'avance, plus les arbres sont en souffrance. Les photos sont sans équivoque, je ne pouvais pas mesurer la couche là haut mais elle doit certainement atteindre 6cm avec la croissance du jour. Le givre étant plus lourd que la neige, cette couche suffit à mettre à mal la plupart des arbres et à briser de nombreuses branches... 27] 28] 29] Quand les branches cassent, une partie du givre tombe sous l'effet de la secousse... Mais l'arbre n'en reste pas moins défiguré! 30] Certains, au bord de la rupture, prennent l'allure de grands palmiers blancs. 31] Une dernière pour la route! 32]
  18. 56 points
  19. 55 points
  20. 55 points
    Mardi devrait être la journée la plus orageuse de la semaine, je dirais même de l'année pour l'instant. Profond talweg en approche dans le Golfe de Gascogne en journée. Flux de SO fortement divergent et cyclonique en altitude sur la totalité du pays. Réaction très importante au sol avec creusement d'un minimum dépressionnaire très marqué pour la saison (-10hpa en 24h) En basse couche, la masse d'air restera dans la continuité des derniers jours bien chaude (entre 10 et 20° à 850hpa du NO au SE) avec la progression d'une onde théta du SO à la Belgique. Par ailleurs le contenue en eau précipitable sera bien élevé sur la majeur partie du territoire. Deroulé de l'épisode : 2 foyers orageux distincts seront à surveiller durant cette journée: + Sur tout une moitié nord de la Normandie aux Ardennes, la colonne vertical sera dejà modérément instable dés la mi-journée. La forte convergence de basse couche induite par le minimum dépressionaire déclenchera une convection profonde probablement avant midi. Des orages peu mobiles, par conséquent générateur de gros cumul se succéderont toute la journée jusqu'en début de nuit prochaine, tout autour de la petite dépression de surface. Généralement monocellulaires, ces cellules pourraient s'organiser en petit amas monocellulaire là où les cisaillements seront plus marqué notamment entre Normandie et Picardie. Une supercelulle isolé n'est pas exclu sur ce secteur. + Sur tout une moitié sud, de l'Aquitaine aux Alpes en passant par le Massif-Central, dans un premier temps l'activité orageuse restera timoré sur cette zone sous l'effet d'une convergence de surface de grande échelle moins marqué. Cependant tout va s'accélerer en milieu d'après-midi à l'arrivé de notre talweg d'altitude surplombé par une anomalie de tropo qui induira un soulèvement dynamique très marqué sur son bord d'attaque. L'anomalie de basse tropo pénetrera alors les plaines du SO. Des orages se développeront alors en l'Aquitaine et s'organiseront rapidement en un MCS qui se décalera en soirée vers le Midi-Pyrennés et le Massif Central alimenté par une forte instabilité (MUCAPE sup à 2000J/Kg). De plus une cassure du jet viendra renforçer la divergence en altitude positionnant la zone visée en entrée droite-sortie gauche du jet. Dans ces conditions, la constitution d'un complexe convectif de méso-échelle (MCC) semble probable avec possibilité de bonne chute de grele et surtout de violents rafales. Cette intense activité gagnera ensuite le Languedoc et la Vallée du Rhone en fin de soirée / début de nuit sans faiblir. Pour synthétiser tout ça, voilà :
  21. 54 points
    Bonsoir, Je souhaite vous proposer une approche un peu différente ce soir. La méthode "classique" qui consiste à regarder des vignettes Z500 en mode déterministe ou ensembliste, en regardant en particulier l'écart-type, brouille un peu les idées. On reste focalisé sur cette grosse tâche bleue / violette qui arrive de l'est, au bout d'un moment, l'écart-type sur les îles britanniques augmente sans qu'on comprenne trop pourquoi. En début d'échéance, l'idée générale commence à être bien cernée, il y a cette forte anomalie de géopotentiels à tous niveaux qui progresse rapidement depuis l'Europe centrale. La différence entre les modèles réside dans la chronologie de l'arrivée de ce cœur froid d'altitude. C'est là que ça fera toute la différence ultérieurement, mais il est encore impossible de savoir comment ça va évoluer dans le détail. C'est là toute la beauté de la science météorologique. "Un battement d'aile de papillons, etc". CEP et GFS, pour ne citer qu'eux, divergent sensiblement à J+7, cela se ressent bien sûr sur les diagrammes, les champs d'écart-type. Je me place donc lundi à 00H. On regarde ensemble le géopotentiel à 700hPa. Il représentera assez fidèlement la situation. Plus haut, et notre regard se focalise sur cette énorme anomalie, et on ne regarde qu'elle. Plus bas, on perd de l'information sur la dynamique d'altitude. Bien sûr, dans l'ensemble, les structures sont proches. L'élément clé de l'évolution synoptique, c'est ce col en Z700 présent sur l'ouest de la péninsule ibérique. Il est plus bas sur le déterministe américain du coup l'interaction entre le cœur cyclonique glacial sur l'Europe et le système complexe de bas géopotentiels vers les Açores est renforcée, et là, toute une dynamique atmosphérique complexe s'enclenche. Je n'entre pas dans les détails car c'est inutile. Libre à vous de vous amuser à faire évoluer ces champs pour voir à quel point ils finissent par ne plus se ressembler au bout de quelques heures. Ce qui me semble important à noter par ailleurs : - la mécanique à vague de froid sera plus ou moins contrariée par cette interaction - laquelle sera influencée par la chronologie de l'arrivée des masses d'air glacial par l'est (GFS det plus rapide, interaction plus précoce, cyclogénèse, etc) - mais aussi par la structure interne du système complexe de bas géopotentiels sur l'extrême sud-ouest de l'Europe Pour résumer : - à l'échelle supra-synoptique, on sait à peu près ce qu'il va se passer, avec comme régime de temps du blocage scandinave évoluant en NAO- - à l'échelle synoptique, c'est le grand flou en raison de détails qui nous semblent insignifiants à l'échelle hémisphérique, mais aussi par le biais de rétroactions des systèmes sous-synoptiques - pour le temps sensible, on ne peut donner qu'une tendance très très vague : début de semaine très froid voire glacial mais généralement sec, tendance au redoux de la masse d'air par le sud. Je vois souvent apparaître le diagramme EPS de De Bilt. On peut aussi regarder un diagramme GEFS pour Madrid, et on a un bon signal de redoux humide..Pour le milieu et fin de semaine, il y a trop d'incertitudes, car cela dépend des acteurs synoptiques qui sont relativement inconnus pour le moment. - la France et l'Europe de l'ouest en général sera au carrefour d'influences variées ; on aura probablement droit à des événements remarquables, et c'est absolument passionnant
  22. 53 points
    Un petit résumé de la situation synoptique pour illustrer les peurs et les espoirs (des hivernophiles)
  23. 51 points
    Le fait est que la QBO a un comportement très anormal, mais on peut au moins essayer tant bien que mal de remettre cette problématique à dans quelques mois au motif simple qu'elle n'a finalement pas beaucoup d'influence sur la saison automnale à nos latitudes - son impact est autrement plus important dans l'étude des synoptiques hivernales de large échelle via le jeu stratosphérique. Il semble de plus en plus évident qu'on a tout simplement "sauté" la phase négative (est) et qu'un nouveau cycle positif (ouest) est en train de confortablement s'installer. Ca va sûrement titiller pas mal de spécialistes, on aura probablement de la belle lecture d'ici l'hiver prochain sur ce sujet. En attenant, vu qu'ici c'est l'automne qui nous intéresse, on peut faire un petit point que j'ai axé sur les forçages océaniques. En effet en automne, les indicateurs qui présentent la fiabilité la moins mauvaise (à défaut de dire la plus bonne) au niveau européen, cela reste encore ceux qui sont basés sur les observations de l'Atlantique. On va donc faire un petit point sur l'AMO et la TNA, et on regardera ensuite les tendances que cela pourrait avoir sur nos trois mois d'automne. Pour commencer dans les observations, on notera tout simplement que la TNA est dans une phase très positive, avec une tendance stable. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un indice basé sur les températures de surface de l'Atlantique, à des latitudes allant grosso modo de l'équateur au Sénégal, d'où le fait qu'on parle de l'indice Tropical North Atlantic Index. La valeur de juin atteignait ainsi +0.37, ce qui n'est pas exceptionnel mais correspond tout de même à la plus haute valeur observée en juin depuis 2010. En données provisoires, juillet resterait au niveau de +0,35 +/- 0.05°, ce qui confirme la stabilité de l'indice. En ce qui concerne l'AMO, qui avait été positive sans excès ces derniers mois, elle est depuis deux mois en très forte hausse. Cette hausse est concomitante à un réchauffement très significatif de l'Atlantique nord, avec la disparition ces dernières semaines de la grande piscine d'eau froide qui stagnait dans cette région depuis un peu plus d'un an et qui avait fait couler beaucoup d'encre : Dans la mesure où les autres régions de l'Atlantique qui servent de base au calcul de l'indice n'ont pas évolué significativement, l'AMO est mathématiquement en plein envol, frôlant d'ailleurs des valeurs record pour la saison. Juin a fini à +0.42° (plus haute valeur depuis 2010, troisième plus haute valeur pour un mois de juin), et les données provisoires de juillet indiquent que la valeur de +0.5° pourrait avoir été dépassée, ce qui constituerait un nouveau record pour ce mois. Alors bien entendu, les valeurs de TNA et de l'AMO pourront évoluer un peu d'ici l'automne, mais un renversement brutal est improbable vu la très faible inertie de ces deux indices. On peut donc résumer la situation ainsi pour l'automne : TNA fortement positive, AMO fortement positive. Qu'est-ce que cela pourrait nous dire pour l'automne ? J'ai fait un peu tourner les serveurs de la NOAA (profitons, c'est le contribuable de l'Oncle Sam qui finance ) histoire de regarder un peu les corrélations des 35 dernières années, et voici ce que cela donne avec la TNA (colonne de gauche) et l'AMO (colonne de droite) pour (de haut en bas) les mois d'août à novembre : Première remarque préalable à toute analyse : les deux ont des corrélations quasiment symétriques. Ce n'est pas totalement illogique : ces deux indices sont tous les deux basés sur les températures de surface de l'Atlantique, simplement la TNA est sur une plus petite zone, et il est peu courant que l'Atlantique tropical et l'Atlantique nord fassent jeu contraire - mais cela arrive, cf les derniers mois avec la grande piscine froide du nord Atlantique. Cette remarque préalable étant, passons à l'analyse mois par mois : - En août, les corrélations semblent favoriser des conditions globalement anticycloniques (hauts géopotentiels) sur l'Atlantique et en Russie, avec l'apparition plus fréquente d'AG (anticyclones groenlandais) et d'AR (anticyclones russes). Forcément, les bas géopotentiels devant bien passer quelque part, c'est souvent sur l'Europe, qui joue le rôle de brèche entre les deux sus-nommés, que le tout vient s'écouler. Si vous avez fréquenté ces derniers jours les topics de prévisions long terme, hasard ou non, ce schéma synoptique ne doit pas vous paraître totalement inconnu. - En septembre, TNA+/AMO+ semble concorder avec davantage de régimes de blocages européens, entre un pôle anticyclonique scandinave (AS) des conditions régulièrement dépressionnaires en Méditerranée, surtout centrale d'ailleurs. Concrètement, chez nous, cela pourrait se traduire par des conditions souvent ensoleillées et sèches par flux d'est, aux matinées un peu fraîches (les nuits rallongent) et aux après-midi fort agréables. Cela peut donner un temps plus perturbé en Méditerranée, surtout Côte d'Azur et Corse et moins Languedoc Roussillon, selon le positionnement des gouttes froides. Les dépressions méditerranéennes devant forcément être alimentées en air froid, on peut supposer qu'on ne serait pas à l'abri, entre ces séquences sèches de flux d'est, de plusieurs décrochages froids d'altitude en flux de nord-ouest - c'est la traditionnelle goutte froide qui fait le trajet Cornouailles --> Golfe de Gênes avec pas forcément beaucoup de pluie mais pas mal de fraîcheur et de nébulosité lente à se résorber. - En octobre, et c'est plus intéressant, TNA+/AMO+ concorderait avec des isolements dépressionnaires importants au large du Portugal, et avec des remontées en flux de sud / sud-ouest sur la France. Outre l'aspect que c'est parfait pour quelques (trop?) copieux arrosages en Languedoc / Cévennes, cela peut aussi donner une alternance de belles séquences d'été indien un peu partout, et de bonnes dégradations pluvio-orageuses assez généralisées. Après, tout peut dépendre des réglages fins : des isolements dépressionnaires trop à l'ouest favoriseraient davantage les séquences d'été indien sèches durables, et des isolements régulièrement plus à l'est pourraient nous donner à l'inverse un temps durablement maussade et pluvieux. - En novembre, nouveau changement significatif, et on notera au passage que la TNA semble forcer bien davantage que l'AMO, même si la direction est la même : des probabilités d'occurrence largement accrue de régimes de dorsale Atlantique voire d'anticyclones groenlandais, et en balance des décrochages dépressionnaires potentiellement massifs vu l'avancement de la saison sur l'Europe. Au niveau de la France, cela pourrait concorder avec des séquences de flux de nord-ouest à nord régulières, apportant un temps froid (et même potentiellement déjà hivernal sur les reliefs exposés), pas forcément très humide en pluviométrie, mais souvent bien nébuleux. Davantage de lumière en Méditerranée, mais au prix d'un couple Mistral / Tramontane en belle forme. Alors bien entendu cela reste de simples perspectives saisonnières avec tout leur lot d'incertitudes et d'approximations pifométriques, mais cela fait déjà un bon socle de départ (on n'a pas grand chose d'autre de toute façon). Reste que je voulais en profiter pour faire une remarque intéressante : je me suis livré, quitte à regarder les corrélations avec la TNA et l'AMO, à aussi comparer les corrélations entre la distribution des anomalies de géopotentiel en automne et les valeurs d'anomalie globale de température. Vous allez peut-être vous demander quel est l'intérêt de la démarche : quel rapport il y aurait-il entre le thermostat planétaire et le temps qu'il fait à Marseille ? Eh bien étonnamment, le résultat est pourtant parlant. Voici donc les corrélations entre les températures globales et les géopotentiels en août (1), septembre (2), octobre (3) et novembre (4) : Je ne vais pas rentrer dans une analyse commentée de ces résultats, car le seul commentaire que l'on pourrait faire, c'est qu'ils correspondent exactement aux schémas du couple TNA+/AMO+. Plus il fait chaud sur la planète, plus la France sert de réceptacle aux isolements de goutte froide en août, plus on a des anticyclones scandinaves et des dépressions méditerranéennes en septembre, plus on a des dépressions au large du Portugal en octobre, et plus on a des blocages atlantiques et des coulées froides sur la France en novembre. Et comme les valeurs d'anomalie globale, bien qu'en lent recul avec la fin d'El-Niño, restent sur des seuils exceptionnellement élevés, c'est toujours un élément à mettre dans la balance. Alors ici aussi cela reste des corrélations approximatives, pas forcément des règles climatologiques inviolables (on en est loin), mais on reconnaîtra que le résultat est pour le moins étonnant.
  24. 49 points
  25. 47 points
    Bonjour à tous, J'ai eu l'occasion de partir plus de 3000kms tout autour de ce magnifique pays qu'est l'Islande. Ce périple nous a amené jusqu'aux confins du pays : dans les fjords reculés du nord-ouest, sur la péninsule du Snaefell, sur la côté sud déchirée entre glaciers et sable noir, dans les plaines fertiles du cercle dor ou encore dans les contrées reculées du Landmannalaugar ou des highlands. Voici à travers un certain nombre de photos le récit de mes aventures. L'arrivée s'est faite à Reykjavik notre point de départ et d'arrivée. Une ville sympathique mais qui ne m'a pas laissé un souvenir transcendant au niveau architecture. On notera malgré tout une certaine douceur de vivre plutôt bienvenue avec les 10C et le crachin qui nous accueille. Voici la statue de Leifur Eriksson face à la cathédrale de style très particulier. Après 2j sur place nous partons vers le cercle d'or avec différents arrêts tous aussi différents les uns que les autres. On commença par Thingvellir où la faille qui parcourt le paysage est incroyable ! C'est ici que les plaques américaine et eurasienne se séparent laissant un spectacle incroyable ! Suivant cette route à travers des paysages très variés et assez fertiles, et avec une météo qui va enfin en s'améliorant (on voit enfin le soleil !!!), nous nous arrêtons successivement aux Bruarfoss puis Geysir et Gullfoss. Les premières citées sont des chutes d'eau à la couleur incroyable qui surgissent au milieu de la bruyère. Geysir est un espace géologique très impressionnant avec ses geysers, ses fumerolles de souffre et ses hordes de touristes. En photo voici le geyser Strokkur envoyant son jet à 20m de hauteur toutes les 10min. Enfin Gulfoss est une des cascades les plus connus d'islande avec un débit très fort et une vapeur d'eau pulvérisée à des hauteurs faramineuses ! Cette journée nous amènera jusqu'au Landmannalaugar. Une route défoncée de 30kms nous amène au camping au milieu de nulle part. Je n'avais jamais vu des paysages aussi lunaires qui contrastent fort avec les paysages verdoyants du cercle d'or. Nous y avons passé 3j et avons pu profiter des paysages dignes de peintures : névés, couleurs variées, champs de lave, plaines d'alluvions, champs de cendres, cratères de souffre, lac volcanique... Un paradis pour tout amateur de nature. La route nous mène après cette étape fort enrichissante vers la partie sud de l'île. Comment ne pas être saisi à la vue des paysages qui s'offrent à nous ! Des cascades magiques, des landes battues par les vents, des plages de sable noir, des langues glaciaires tous les 5kms, des icebergs... Bref la liste est longue. Voici ici le fameux Eyfjallajökull sous son dôme de nuages. Comme vous le voyez le ciel était encore d'un bleu éclatant et les températures correctes à défaut d'être douces mais c'était sans compter sur la tempête qui s'annonçait. Arrivés vers Dyrholaey je voyais une bande de nuage qui n'annonçait rien de bon. Et diable que c'était vrai ! Un vent en rafales à 130km/h toute la nuit, ce fût du sport pour monter la tente... Voici l'arche de Dyrholaey et une vue sur la plaine qui balaye le bas de l'Eyfjallajökull. Le lendemain le vent soufflait toujours très fort aussi nous décidions de faire un bon peu de voiture pour dormir 100kms plus loin que prévu car le vent devait basculer de l'est au NE et ainsi nous envoyer encore des salves peu agréables toute la nuit. Sur la route impossible de manque le Jokulsarlon et la Diamond beach. Un lieu hautement inspirant et des lumières extraordinaires. Je n'ai pas de mots pour décrire ce lieu les images parlent d'elles mêmes : Quelques huttes typiques sur la route : Et enfin à peine la tente posée à Djupivogur à l'entrée des fjords de l'est que le ciel nous offre un coucher de soleil à couper le souffle. Les lumières arctiques n'ont pas finies de me fasciner. A chaque saison elles sont différentes mais les couleurs sont toujours tellement incroyables. Malheureusement le lendemain le temps était très maussade. Une visibilité quasi nulle, beaucoup de brouillard, pas plus de 10C mais au moins le vent nous avait lâché ! Quel régal quand même lorsque j'ai enfin sorti la tête du brouillard au bout de plusieurs heures de route et que j'ai aperçu cela devant moi : Mais toujours des cascades sorties de nulle part, ici les Dettifoss au débit gargantuesque de 200m3/s : Des lieux inhospitaliers, un désert de pierres et de cendres, des volcans et pas un seul arbre (vous me direz cela ne change pas du reste du pays) ; j'admire les gens qui habitent ici à l'année même si ces lieux sont majoritairement dépeuplés. Les routes nous mènent ensuite aux abords du lac Myvatn. Les photos sont hautement réprésentatives de cette région : des champs de géothermie avec marmites de boues, fontaines de souffre, grottes à l'eau bouillante (celle de Game of Thrones pour les connaisseurs ) et champs de lave. Le temps n'étant pas terrible sur ces quelques jours on décide de filer rapidement vers les fjords du Nord-Ouest pour devancer le mauvais temps et profiter d'un peu de soleil. Sur la route nous faisons une halte vivifiante dans la péninsule du Vatnsnes. Un lieu très océanique avec ses colonies d'oiseaux et de phoques, ses plages et ses marées et ses landes battues par les vents. Au milieu de tout ça un rocher qui trône ici : le Hvitserkur, reste d'une ancienne coulée de lave. Les fjords du Nord-ouest s'offrent enfin à nous pour 4j. Des paysages de bout du monde avec des routes en assez piteux état par endroits, beaucoup de poussières et des fjords qui contrastent fortement entre la couleur de l'eau et de la roche. Ces plages caribéennes se partagent la mise avec des criques abritant de nombreuses sources chaudes forts agréables lorsque le soleil tombe... Des cascades majestueuses comme celles du Dynjandi (100m de haut pour la plus grosse) : Des plages de sable rosé... Avant de repartir plus vers le sud nous faisons une dernière excursion au Latrabjarg, vastes falaises abruptes tout à la pointe occidentale de l'europe. Ici des colonies de sterns arctiques, de goélands, de mouettes tridactyles et de macareux nichent sur les versants des falaises. Le fameux macareux moine que voici : Pour finir une photo prise au bout de la péninsule du Snaefellsnes au coucher de soleil (23h30 quand même à cette période de l'année, fin juillet) et les falaises d'Arnastarpi au sud du Snaefelljökull le fameux volcan qui inspira Jules Verne (pas celui qu'on voit sur la photo mais celui beaucoup plus gros qui se cache derrière dans les nuages ). En espérant que ces photos vous auront plu ! Ce pays est fantastique, quoique rude, mais je souhaite à chacun de pouvoir un jour s'émerveiller devant ses splendeurs.
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+01:00
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