Classement


Contenu populaire

Affichage du contenu le plus aimé depuis le 04/07/2016 dans toutes les zones

  1. 89 points
    (bon eh bien il est temps de lancer le pavé...) Petite remarque préalable à ce qui va suivre : je ne prétends pas vous donner dès a présent une prévision fiable et robuste de l'hiver à venir. Je sais que ce topic fait tous les ans l'objet d'espérances passionnées, dont les miennes d'ailleurs, et à la sortie de trois hivers qui nous ont plus que laissé sur notre soif d'épisodes hivernaux celui de cette année va probablement cristalliser bien des attentes. Comme tous les ans, je m'efforce de présenter une vision aussi objective et complète que possible, et cela n'est pas toujours facile. D'une part car on a tous une partie humaine instinctive qui tantôt par optimisme nous conduit à minimiser les arguments que l'on juge défavorables, tantôt par dépit a tendance à nous faire voir un tableau plus sombre qui ne l'est (et je reconnais pêcher plus souvent dans ce second sens). D'autre part, car on ne saurait être complets et exhaustifs à nos niveaux d'amateurs, bien loin du niveau de spécialistes qui eux-mêmes se savent humbles malgré des années et des années d'étude et de travaux. Par ailleurs, quand je m'intéresse à la prévision saisonnière, ce sont bien davantage les méthodes, les arguments, et les explications qui permettent d'arriver à cette prévision qui me passionnent. Bien plus que le résultat. J'ai conscience que la majorité des lecteurs, peut-être aussi des simples membres, viennent ici davantage pour un résultat, qu'ils aient conscience ou non du plus ou moins maigre niveau de fiabilité de ce résultat. Je ne juge pas, je suis le premier à ne pas forcément m'intéresser à autre chose qu'aux résultats dans les domaines qui ne me passionnent pas, et je pense que vous êtes pareil que moi. Ce que je veux simplement vous dire, c'est que ce post a pour objectif principal non pas de simplement vous donner une prévision, mais de vous donner les moyens de comprendre des arguments que je juge fiables et scientifiquement établis qui ont permis d'arriver à cette prévision. Cette petite précision étant faite, et pour éviter une lecture peut-être un peu complexe à ceux qui souhaitent uniquement avoir un résultat : les indices précoces de la future saison hivernale penchent vers le scénario d'un hiver globalement doux et humide, avec des conditions zonales (flux d'ouest dominant). Oui je sais ça casse un peu l'ambiance pour la plupart d'entre nous, cela ne me fait pas exactement plaisir à titre personnel non plus du reste, et on a surtout envie de râler un bon coup en disant « m… pas encore ». Allons désormais nous intéresser un peu plus au fond des choses, en analysant un peu plus dans le détail les raisons de ce constat. I – L'hiver 2016/2017 n'est pas né sous une bonne étoile Le premier argument sur lequel je vous propose de nous pencher, c'est tout simplement le rôle du soleil. De longue date, il a été reconnu que l'activité solaire jouait un rôle important sur la variabilité hivernale, et certaines études scientifiques ont réussi ces dernières années à préciser et à comprendre ce rôle. Souvent, quand on évoque l'activité solaire, on pense avant tout à ses indicateurs habituels, que sont le nombre de tâches, ou bien le flux radio, et on cherche des corrélations assez directes entre ces indicateurs et les conditions atmosphériques. D'ailleurs, c'est ce que font nombre de prévisions saisonnières que vous pouvez consulter sur d'autres sites, dont les arguments vont ressembler à « l'activité solaire est actuellement forte/faible donc ... ». Je ne veux pas me prétendre forcément meilleur que les autres, il faut savoir se montrer humble avec l'art de la prévision saisonnière car on tombe souvent. Mais je trouve dommage que finalement peu de prévisionnistes tiennent compte d'enseignements scientifiques clairs : l'activité solaire joue un rôle fondamental, mais ce rôle est différé dans le temps. En clair, pour étudier l'hiver à venir, il faut regarder l'activité solaire d'il y a plusieurs années en arrière. On peut l'expliquer de manière assez simple (enfin non ce n'est pas aussi simple, mais à notre niveau c'est déjà une bonne approximation du mécanisme à l'oeuvre) : ce sont surtout les flux de particules énergétiques qui semblent interagir avec notre atmosphère. Et ces flux de particules, ils atteignent leur paroxysme plusieurs années après le pic du cycle solaire, et ils restent à des niveaux très faibles plusieurs années après la reprise d'un nouveau cycle. Cette situation résulte de la manière dont s'articulent les cycles solaires. En début de cycle solaire, les perturbations magnétiques se manifestent essentiellement aux alentours de 30° de latitude sur le soleil, et elles vont peu à peu se rapprocher de l'équateur en fin de cycle, le pic étant atteint quand les perturbations se situent à environ 15° de latitude. Du coup, quand on représente le timing d'un cycle solaire en fonction de la latitude, on obtient des papillons : Or, la Terre se trouvant à peu alignée avec l'équateur solaire, elle est en ligne de mire des perturbations qui se trouvent au plus près de cet équateur. Plus la perturbation va être proche de l'équateur, plus elle va être susceptible d'émettre des particules dans notre direction. Implicitement, cela signifie que c'est en fin de cycle solaire qu'on est le plus en phase avec ces flux de particules : il y a moins de perturbations (tâches) qu'au maximum du cycle mais elles sont mieux placées pour nous affecter. Vous pouvez voir sur ce graphique une démonstration de ce décalage : la courbe noire indique le nombre de tâches solaire (nombre de Wolf) qui est le marqueur traditionnel des cycles solaires, et la courbe rouge indique le niveau du flux de particules reçu par la haute atmosphère : Le décalage entre les deux est assez net : il y a un délai d'environ 4 ans entre le maximum ou le minimum du nombre de tâches, et le maximum / minimum du flux de particules. Il n'existe pas à ma connaissance de site qui permet de visualiser en données journalières ou mensuelles le flux de particules, mais si on considère le nombre de tâches, on se rend compte que nous sommes actuellement en cette fin 2016 en phase de déclin entamée depuis quelques années : Ce qui, en toute logique, indique que nous sommes actuellement plus au moins au cœur du pic cyclique de réception de particules énergétiques. Pour précision, parce que la question est légitime, les niveaux des cycles de flux de particules sont indépendants des niveaux des cycles solaire eux-mêmes en nombre de tâches. Je sais que le graphique au dessus pourrait laisser penser le contraire, mais des observations sur des séries bien plus longues indiquent clairement que même les cycles très faibles (en nombre de tâches) du début du siècle dernier ont donné des pics de particules équivalents à ceux des grands cycles de la seconde moitié du XXè siècle. Bon, d'accord, on a un flux de particules élevés, et donc ? Eh bien et donc, de manière assez nette, les conditions zonales (vent d'ouest et pluie chez nous) ont tendance à être nettement plus présentes quand le flux de particules est élevé, et c'est l'inverse quand le flux de particules est faible. Cette situation se traduit par une corrélation assez claire entre ce flux de particules et l'indice NAO : On peut aussi faire des corrélations géographiques entre le flux de particules et les anomalies de températures relevées en hiver, ce qui nous emmène, ce n'est pas un hasard, à retrouver le schéma type de la NAO : On distingue nettement la corrélation bien positive sur l'Europe occidentale et du nord, indiquant des conditions majoritairement douces (et humides vu le type de flux) dans nos régions lorsque le flux de particules solaires est élevé. Ce qui est donc le cas cette année. Tempérons tout de même : les niveaux de corrélation ne sont pas non plus fantastiques, et ils démontrent bien que ce seul indice, même s'il nous apprend indéniablement quelque chose, n'est pas suffisant pour élaborer une prévision fiable et définitive. Mais disons qu'on vient quand même de mettre un premier tour de vis. Passée la découverte initiale de ce rôle des particules énergétiques et donc d'un effet solaire existant mais retardé par rapport au cycle solaire traditionnel, d'autres chercheurs ont enfoncé le clou en étudiant plus en avant encore la manière dont l'atmosphère réagissait en hiver les années suivant le pic solaire en nombre de tâches. Voici les résultats sous forme de corrélation avec les géopotentiels, de l'année du pic jusqu'à an+4 après ce pic : Au sens où les chercheurs ont classé les dates des pics de cycles solaires, nous serions cette année au dernier tableau, « lag 4 years ». Pour se donner une idée de la capacité de ces corrélations, voici les anomalies de géopotentiels de l'hiver dernier, à comparer donc au tableau « lag 3 years » : ce n'est pas parfait bien évidemment, mais c'est tout de même assez surprenant de ressemblance : Mis à part le très gros noyau de hauts géopotentiels en Sibérie (essentiellement une résultante de l'éclatement brutal de l'organisation troposphérique de l'hémisphère en janvier), il faut tout de même reconnaître que les ressemblances sont frappantes. Si l'hiver prochain venait à avoir autant de points communs avec le dernier tableau, autant dire qu'on vient de mettre un second coup de vis à notre prévision d'un hiver plutôt zonal avec conditions dépressionnaires bien présentes au nord de notre pays. J'en profite pour faire une référence à un autre élément qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois, et qu'on a longuement évoqué l'hiver dernier. Je veux parler de la piscine d'eau froide en Atlantique nord. Vous le savez, on a eu durant plus d'un an une anomalie froide marquée en surface dans l'Atlantique nord ; cette anomalie s'est assez sensiblement résorbée ces dernières semaines mais il reste toujours un potentiel froid significatif sous la surface. Voici, dans les données de la NOAA, une analyse en coupe des anomalies thermiques de l'Atlantique nord depuis 2012 : On avait encore fin 2012 de très fortes anomalies positives en surface et/ou à faible profondeur dans l'Atlantique nord. Cette répartition des anomalies s'est renversée fin 2013 avec l'installation de conditions au contraire plus fraîches en surface, tandis que les anomalies chaudes devenaient prédominantes en profondeur. Alors mettez votre ceinture pour un nouvel effet « wow », mais voici le comportement habituel des anomalies de chaleur de l'Atlantique nord en fonction du cycle solaire qui a été mis en évidence par les chercheurs : La ressemblance entre le schéma théorique et les observations de ces dernières années est tout simplement sidérante. On a bien eu en 2010 / 2011 un pic d'anomalies chaudes dans l'Atlantique nord, ce qui correspond aux années qui ont précédé le dernier pic solaire. Ce qu'il s'est passé depuis colle à la perfection au schéma attendu d'après le pic solaire. Si on reste sur le même déroulé des choses, le certain affaissement des anomalies froides de surface de ces dernières semaines ne serait que temporaire (et il était limite prévisible en fait…), avec un retour attendu de ces conditions fraîches même si ce serait d'ampleur moindre que ce que l'on a vu l'hiver dernier. Cela tombe à pic : plusieurs études ont démontré qu'un Atlantique nord frais en surface, semblait jouer un précurseur de conditions zonales, encore que la liaison sur cet aspect est particulièrement faible et sujette à caution. On va dire que cela compte pour un quart de tour de vis supplémentaire. Une dernière petite chose avant de clore le chapitre solaire, on va parler de la QBO. Ce n'est pas forcément attendu qu'elle soit évoquée ici, mais tout simplement les chercheurs qui ont développé tous les éléments que nous venons de voir se sont rendu compte que ces corrélations avec le flux de particules étaient beaucoup plus claires quand la QBO est en phase négative (flux d'est) qu'en phase positive (flux d'ouest). En clair, et je vais vous épargner les explications, un flux de particules élevés est clairement synonyme de conditions NAO+ en hiver, et c'est encore plus vrai quand la QBO est négative. Or, il se trouve que si on se réfère à son calendrier habituel, la QBO réalise un cycle complet sur une période d'un tout petit peu plus de deux ans (d'où son nom, l'oscillation quasi-biennale). Et d'après ce calendrier, l'hiver prochain serait clairement placé en cycle négatif, ce qui va donc dans le sens d'une meilleure fiabilité de la prévision de NAO+. Bémol, j'utilise le conditionnel. Tout simplement parce que la QBO a fait une sortie de route magistrale qui est inédite depuis sa découverte dans les années 1950, et personne n'est capable de dire ni ce qu'il s'est passé, ni les conséquences à venir. Cela aurait donc pu être un argument défavorable de plus pour une prévision d'hiver froid, mais en l'état des choses je ne me risquerais plus à dire s'il compte véritablement ou non. II – La Niña, oui … mais Modoki (et ça craint) Pour ceux qui suivent le topic concernant l'ENSO et les cycles El Niño / La Niña, vous avez pu suivre le déclin printanier de l'épisode El Niño de l'automne / hiver dernier. Cet été, les prévisions qui voyaient s'installer une belle Niña ont été sévèrement malmenées par des conditions restant nettement défavorables à l'émergence d'un tel épisode. Alizés régulièrement en panne, maintien de poches anormalement chaudes en surface dans plusieurs secteurs clés, rien n'a semblé véritablement bien se dérouler. Depuis le début de ce mois d'août, on observe enfin l'installation de conditions atmosphériques plutôt favorables à l'instauration d'un épisode Niña. Cela se manifeste surtout par l'installation durable de régimes d'alizés renforcés au niveau de l'équateur et la quasi disparition de coups de vent d'ouest dans le Pacifique central : Du coup, le contenu de fraîcheur dans le Pacifique central repart quelque peu à la baisse alors qu'il était en net déclin, et cela correspond à la réaction océanique face à ce renforcement des alizés dans cette région. Partons de l'hypothèse que nous devrions avoir un hiver placé sous le signe d'un épisode Niña dans le Pacifique. Hypothèse car ce n'est pas fondamentalement acquis, mais en tout état de cause même s'il n'y a pas de Niña on est assurés à minima de conditions neutres à tendance négative. Quelles conséquences pouvons-nous attendre ? Si on se réfère aux études réalisées sur la question, la réponse c'est que mis à part en décembre où des régimes de blocages sont plus fréquents (conditions propices à des épisodes hivernaux), en janvier et février deux régimes de temps semblent nettement favorisés : On retrouve .. ah bah des conditions plutôt zonales, tantôt assez pures (flux d'ouest / sud-ouest), tantôt plutôt en « toboggan » (flux d'ouest / nord-ouest). Alors bien entendu on parle de régimes devenant plus courants, cela ne signifie pas dominants du 1er janvier au 28 février. Mais il n'empêche qu'on vient encore de mettre un tour de vis. La encore, creusons un peu plus le sujet, tout comme on l'a fait avec le thème solaire. Depuis deux bonnes années maintenant, la notion d 'épisodes Niño « Modoki » a dû vous devenir familière (je me souvient encore de la première fois que j'en ai parlé, j'avais pas eu un accueil formidable avec ce truc dont peu de monde avait déjà entendu parler:D). Peut-être vous vous en doutiez, peut-être pas, mais il existe aussi des épisodes de Niña « Modoki ». Ils sont moins connus, cela ne fait que quelques années qu'on en a véritablement compris le mécanisme, d'autant que les différences entre la Niña normale et la Niña Modoki sont beaucoup plus subtiles que pour les épisodes Niño. Et bien évidemment, vous vous doutez que si je vous parle de l'existence de ce type d'épisodes, c'est parce que cette année nous sommes justement plutôt sur un schéma de développement de Niña Modoki. Outre plusieurs marqueurs d'ordre atmosphérique, au plan océanique l'indice qui ne trompe pas c'est qu'on observe un renforcement de l'anomalie froide qui se fait en plein Pacifique : Dans une Niña traditionnelle, l'anomalie froide d'origine doit se développer beaucoup plus à l'est, en général vers 100 à 120° ouest. L'instauration d'une Niña par le centre Pacifique (140 à 160° ouest), c'est le signe précurseur clair d'un épisode Modoki. Pour vous donner une vision plus nette des différences entre les deux, voici les schémas typiques des températures de surface (plages de couleur) et des régimes de vent (flèches) lors des Niña traditionnelles (en haut) et des Niña Modoki (en bas) : Au niveau du Pacifique, dans un régime Modoki, les anomalies froides sont davantage décalées sur le centre Pacifique, et sont en quelque sorte prises en étau à l'ouest par un fer à cheval d'anomalies chaudes marquées. Notez la ressemblance avec le schéma qui est en train de se mettre en place en l'état actuel des choses : Si votre œil a été aiguisé par la curiosité, vous avez du glisser sur le coin en haut à droite du schéma précédent : on y voit un petit bout de nos contrées, et surtout on y voit une anomalie de vents d'est à nord-est (conditions hivernales favorisées) en Niña traditionnelle, alors que ce sont plutôt des anomalies de vents d'ouest sur le nord du pays (conditions zonales douces et humides) qui sont favorisées en Niña Modoki. Vous n'avez malheureusement pas la berlue. Voici les anomalies de pression au niveau de la mer (gauche) et de géopotentiels à 300 hPa (droite) qui sont observées en général lors d'un hiver en Niña Modoki : Et je vous rajoute même si je ne suis pas sûr que c'était nécessaire les anomalies de température au sol (gauche) et de précipitations (droite) : Du vrai bon zonal des familles en mode NAO+. L'échelle qui apparaît sur la droite, c'est le niveau de significativité de la corrélation : à 90/95 %, autant dire que c'est du lourd, des fois qu'on douterait de la fiabilité de l'argument. Encore un gros tour de vis en faveur d'un hiver plutôt zonal et bien doux. On le voit donc assez clairement, les premiers indices que nous avons pour cet hiver ne sont pas du tout favorables à des conditions globalement froides dominantes. C'est l'exact inverse. On notera toutefois deux raisons de relativiser ce constat. Déjà, même si ces indices sont quand même particulièrement solides et ne peuvent être ignorés, nous sommes assez loin de l'hiver et d'autres arguments viendront se greffer à tout ça dans les prochains mois. Outre les modèles (en général je ne commence à les consulter que vers octobre / novembre, auparavant c'est encore trop tôt et leurs résultats ne sont guère exploitables), je pense notamment à d'autres précurseurs intéressants et fiables, tels que le niveau d'enneigement en Sibérie ou de reconstitution de la banquise en automne. Même si on a déjà encaissé une série de mauvais buts, le match est loin d'être terminé. D'autre part, revenons au fait que nous parlons de prévision saisonnière, ce qui implique avant tout la recherche des grands traits de la saison hivernale à venir. On n'en n'est pas aux détails. Une prévision saisonnière a pour objectif d'appréhender une tendance de fond, mais une tendance de fond dure rarement la totalité des 90 jours d'un hiver. En 2011/2012, les prévisions saisonnières appréhendaient une domination des conditions zonales : on a eu six décades sur neuf qui ont été véritablement zonales (prévision confirmée), il n'empêche que sur deux autres décades on s'en est sortis avec une sévère vague de froid. Prévoir un hiver globalement doux et humide, ne revient pas à exclure le potentiel de quelques séquences froides ici ou là – mais il revient à dire que dans l'ensemble elles devraient être peu nombreuses. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, voici en vrac les sources principales (études scientifiques) de tous les éléments que vous avez pu consulter dans ce message : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/joc.890/epdf http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract http://link.springer.com/article/10.1007/s00382-014-2155-z http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JCLI3523.1 http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RG000199/full http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://link.springer.com/article/10.1007/s11434-012-5423-5
  2. 72 points
    Bon, je vais carrément sortir (sans non plus complètement couper les liens) avec le sujet central de ce topic, à savoir les perspectives à venir par chez nous l'hiver prochain. Mais je pense que le constat que je vais partager ici est assez fondamental dans les prévisions de nos hivers, et des hivers au sens large de l'hémisphère, à moyen et long terme. On parle régulièrement dans les topics de prévision saisonnière hivernale des réserves de froid, et de la vitesse à laquelle elles se constituent chaque automne. Ne rentrons pas dans l'éternel débat de savoir si cette année elles se mettent en place plus vite ou pas, si c'est intéressant ou pas de le savoir, et si c'est utile pour l'Europe occidentale ou pas en terme de conséquences. Car ce que je vais vous expliquer ici, dans les grandes lignes, c'est comment on a de toute façon probablement perdu une grosse partie du réfrigérateur qui sert à les fabriquer. L'une des particularités de l'Arctique, c'est que la base de son climat hivernal repose sur une inversion thermique marquée quasiment permanente. Pendant plusieurs mois le sol ne reçoit aucun rayonnement solaire du fait de la nuit polaire, au contraire il se refroidit par rayonnement particulièrement lors des nuits claires et calmes, qui sont particulièrement fréquentes en plein hiver aux hautes latitudes. L'air au contact de ce sol va aussi se refroidir fortement, refroidissement qui ne touche pas les couches supérieures de l'atmosphère. A l'image de ce que l'on observe souvent en hiver chez nous, particulièrement lorsque le sol est enneigé : c'est le bon vieux -5° que l'on va relever le matin au fond de la vallée vosgienne ou du Limousin, alors qu'il ne gèle pas à 850 hPa. Pour l'image, voici le profil de température relevé à Eureka (Canada) le 2 mars 2013 (bleu) et le 30 août 2012 (rouge) : Ce 2 mars 2013, on a relevé quasiment -50° au sol, pour une température de l'ordre de -32° à quelque chose comme 450 mètres d'altitude (ça c'est de l'inversion de luxe). Les conditions ne sont pas aussi intenses en permanence partout dans l'Arctique, mais c'était pour la démonstration. Bon, eh bien ça, on peut quasiment dire que c'était avant. Le réchauffement climatique, avec toutes les conséquences qui deviennent désormais très puissantes sur le sommet du globe, est en train de briser le cycle. Ne rentrons pas dans des considérations profondes pour lister toutes les causes en chiffrant leur part respective de contribution à ce bouleversement en cours. On se limitera au postulat que le recul de la banquise, le réchauffement des océans environnants et de l'océan Arctique (mers satellites incluses) lui-même, et la hausse de la teneur de vapeur d'eau dans l'atmosphère, en sont les causes principales. Dans l'Arctique réchauffé d'aujourd'hui, déjà le sol ce n'est plus forcément plusieurs mètres d'épaisseur de banquise refroidissant l'air par rayonnement. De plus en plus longtemps dans la saison, c'est de l'océan, de l'océan qui relâche au contraire énormément de chaleur et d'humidité dans les basses couches. Qui plus est, ce refroidissement par rayonnement est optimal, on l'a dit, sous un ciel clair - on observe d'ailleurs la même chose chez nous en hiver, il fait plus froid le matin quand la nuit a été dégagée que l'inverse. Or, l'afflux d'humidité implique une augmentation de la couverture nuageuse, ce qui brise ce potentiel de refroidissement du sol par rayonnement. Histoire de finir la boucle, le tout s'auto-entretien dans une rétro-action positive : le réchauffement des basses couches génère une augmentation du rayonnement dirigé vers le bas remplaçant celui qui est dirigé vers l'espace (refroidissement), avec en conséquence un réchauffement qui s'amplifie de lui-même. Donc, voici ce qu'il se passe quand on analyse la différence entre la température quasiment au niveau du sol (1000 hPa) et celle à 850 hPa au dessus de 70° de latitude nord depuis les années 1950 dans les réanalyses : J'ai inclus les données de l'hiver tel qu'on l'entend (décembre - janvier - février), et celles de l'hiver arctique qui inclus le mois de mars. Des années 1950 jusqu'à la fin des années 1990, on observe bien l'inversion systématique en hiver : la température près du sol (1000 hPa) était en moyenne systématiquement plus froide que celle à 850 hPa, de l'ordre de 3°. Cet écart étant en lente tendance à la réduction. Premier gros seuil à la fin des années 1990 et jusqu'en 2015, l'inversion a tenu le coup, mais s'est brutalement réduite. Il y a un certain plateau entre 1998 et 2015, mais jamais nous ne sommes revenus à des valeurs antérieures. Deuxième seul il y a deux ans, celui qui a brisé toute la climatologie de l'hiver en Arctique : l'inversion a volé en éclat. Sur 2015-2016, il n'y a pas eu d'inversion en incluant le mois de mars, on l'a sauvée de justesse sur DJF (-0.04°). 2016-2017 a achevé les choses : cet hiver (DJF) a été probablement été le premier (depuis des millénaires ?) sans inversion thermique en Arctique. Petite observation au passage : le fait d'avoir eu un seuil en 1998 et un autre en 2016, à la suite de deux gros épisodes El-Niño, n'est potentiellement pas un hasard. Je n'ai rien lu la dessus et je ne ferais donc aucune affirmation sur ce point, mais il ne paraîtrait pas incongru qu'il y ait un rapport de cause à effet vu la capacité des épisodes El-Niño à relarguer des quantités astronomiques de vapeur d'eau dans l'atmosphère, et qu'une partie non négligeable de cette vapeur soit allée se recaser en Arctique. Seconde petite observation : il n'y a jamais eu de retour aux "valeurs d'avant" après le choc de 1998. Avis placide aux potentiels amateurs de "ça va s'arranger" après celui de 2016. En résumé, on est en train de perdre le réfrigérateur Arctique. Ce n'est pas un effet de seuil en tant que tel, mais cette perte de l'inversion thermique hivernale est quand même un signal particulièrement fort de l'ampleur des changements qui s'effectuent la haut. Car quelque part, tout cela nous dit que l'on a largement entamé la capacité de l'Arctique a générer du froid de basses couches - et la, on retombe quelque peu sur le point de départ évoqué en début de message : pour les "réserves froides", c'est une sacrée baffe. Cela ne sert à rien d'espérer chez nous le grand flux de nord en provenance directe d'au delà de Svalbard, s'il nous draine en sortie d'Arctique du -10° humide au lieu d'un -40° sec. Un exemple assez concret, c'est le mois de janvier 2017. Durant ce mois, on a réussi à consolider un fort vortex troposphérique sur l'Arctique, avec un cœur froid particulièrement dense et compact en altitude. Sur les données à 850 hPa, il en résulte une valeur particulièrement basse pour un mois de janvier : Sauf que, indépendamment du refroidissement d'altitude, les basses couches sont restées empêtrées dans l'humidité douce, sortant avec la troisième valeur la plus élevée pour un mois de janvier : Au passage, avant 2017, jamais en janvier les basses couches (1000 hPa) n'avaient été plus douces que les moyennes couches (850 hPa) en Arctique, conséquence logique de l'inversion normale du climat arctique en hiver. L'inversion a explosé en janvier 2017, avec des basses couches plus chaudes de rien de moins qu'un demi-degré, c'est monumental. En conséquence, on a beau avoir réussi à se tirer des conditions extrêmement favorables pour le maintien de conditions froides sur l'Arctique avec un vortex troposphérique au taquet (AO quasiment à +1) et un refroidissement conséquent des moyennes couches, l'Arctique est quand même sorti en brun sur les anomalies de température de surface (ici GISS) : Illustration aussi avec les relevés quotidiens au sol de la station russe de Острове Визе (Ostrov Vize), qui a longuement plané 10 à 20° au dessus des normales de saison en pleine séquence de forte concentration du vortex troposphérique, conséquence de la "panne de frigo" : Comme le dit le proverbe, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Le potentiel de refroidissement de surface par rayonnement dans le grand nord reste bien présent et très puissant dans le nord canadien et surtout en Sibérie. Les conditions continentales garantissant que le risque de bouleversement de l'inversion thermique hivernale, dans ces régions, ne devrait pas être menacé de sitôt. Il continuera longtemps de faire très froid au sol à Irkoutsk. Mais n'empêche, on devine bien que le climat de notre hémisphère en général ne peut qu'être touché par la perte du moteur Arctique. Même si les moteurs canadiens et sibériens tiennent encore bien le coup, et garantissent que ce n'est pas de sitôt que le potentiel de vague de froid disparaîtra en Europe, on devine bien qu'il y aura des implications. Lesquelles, que ce soit pour cet hiver comme pour les prochaines années ? Je n'ai guère lu d'études répondant à cette question. Le message que je voudrais faire passer, c'est plutôt une interrogation sur la validité à continuer d'essayer de dresser des tendances qui se basent sur la climatologie des années passées, et la manière dont elle a réagi à un grand nombre d'indices particuliers tels que par exemple la QBO. J'ai fait pas mal d'analyses sur le forum ces dernières années pour toutes les saisons, en me basant en grande partie sur tous ces indices et leurs implications potentielles, en me posant chaque fois un peu plus cette question. Aujourd'hui, je ne suis que d'autant plus convaincu que le climat d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier, et que cela rend ces perspectives beaucoup plus fragiles, peut-être même à la limite dépassées ou obsolètes. Gugo a fait un excellent travail quelques pages plus haut. Mais quand on s'interroge : peut-on véritablement aujourd'hui, en 2017, essayer d'établir une correspondance par rapport à ce qu'il a pu se passer en (au hasard) 1972 ou en 1984 quand on avait tels ou tels indices similaires ? Certes, quand on avait la QBO comme ça et le soleil comme ça il y a exactement X années on a eu ça. Mais en 2017, avec une QBO qui a loupé un virage (ce qu'on ne pensait même pas possible il y a encore trois ans, rappelons-le !), un Arctique qui a débranché le frigo, et toutes autres joyeusetés de ce genre, la comparaison a t-elle un sens ? Je ne le crois plus aujourd'hui. Mais c'est un simple avis personnel.
  3. 72 points
    Bonjour à tous, On ma devancé dans l'ouverture du topic bien joué . Comme chaque année je pense il est bon de rappeler que les tendances saisonnières sont des prévisions délicates et qu’il faut toujours avoir une certaine prudence en les lisant car l’on peut vite tomber de haut. Il y aura toujours une part de la tendance qui aura un risque d’erreur surtout quand on aborde les premières tendances avec les indices de début d'automne. Donc les fiabilités à 50 voir 60% d'une prévision j'y crois pas trop @AXEL26 Il suffit de se faire un petit bilan de l’hiver dernier. Au début on s’attendait un hiver globalement doux et humide, puis l’on tendait petit à petit vers du doux mais sec avec les indices qui apparaissaient en fin d’automne. Résultat on a eu un décembre pile dans les normes et très sec, un janvier avec une VDF (vague de froid) mais très sec aussi et un mois de février encore une fois sec mais ce coup si très doux. Un hiver donc dans les normes de température mais très sec ce n’est pas trop ce qui était prévu au tout départ. Et pourtant quand on regarde de plus près, en décembre à 2M oui les températures étaient dans les normes mais à 850hPa (1500m d’altitude) on battait des records de douceur, on pouvait donc dire merci aux inversions de basse couche grâce à l’anticyclone. En janvier oui on a eu une VDF d’une dizaine de jour, mais c’était un vrai coup de chance en réalité. Quand on regarde les cartes le VP (vortex polaire) était très solide et aucune haute pression venait l’embêter, mais sur un mal entendu nous avons eu la chance qu’un anticyclone ce cale rapidement au nord de l’Europe nous favorisant une VDF. Mais sans ça les tendances se seraient validé car rien ne favorisait à une VDF. Ci-dessous image de la VDF de janvier : Comme on peut l’observer les tendances qui vont être exposé à ce jour peuvent être modifié au cours de l’automne et peuvent ne pas être validé durant l’hiver. Car des facteurs imprévisibles peuvent vite apparaître comme on l’a observé en décembre 2016 et janvier 2017. Il ne faut pas oublier non plus que chacun de nous avons du mal à garder notre part d’objectivité pour cette saison, tellement elle est aimé ou détesté. On en a eu la preuve dans le topic Nina il y a quelques jours. En espérant que chacun de nous soit capable de faire de son mieux pour se contrôler et quand l’un dérape l’autre l’aide à se relever au lieu de l’enfoncer. Dans ce poste j’essayerai de faire mon maximum pour être le plus objectif possible malgré ma tendance saisonophiles (qui aime particulièrement l'hiver) et j’espère que chacun de nous arriverons à l’être le plus possible durant cet hiver, après un hiver 2016-2017 très bon en qualité de poste. Il n’y avait même pas eu à ouvrir le topic « Analyse des possibilités hivernales à très long terme », malgré quelques débordements sur certains topic comme chaque hiver ^^. Ceci étant dit certains veulent peut être éviter tout le charabia à venir et veulent directement le résultat des tendances observer à l’heure actuelle. Cette tendance ne tient qu’à moi! D’ailleurs dans la suite de mon poste il y aura sans doute des désaccords et ça sera avec plaisir d’en débattre. Il serait mieux de tout lire pour comprendre (j’essayerai de bien expliquer chaque chose pour que chaque personne de niveau différent comprenne) pourquoi je propose cette tendance, mais je comprends que certains membres sont juste impatients de la conclusion. Donc à l’heure actuelle la tendance que l’on a : est une tendance favorable à des conditions hivernales, janvier pourrait être un mois où les conditions seraient moins favorable au froid. Mais pour décembre-février l’hiver pourrait être bien là. Pour ceux intéressé d’explications: I/Le retour du QBO- qui peut donner quelques couleurs à notre hiver Pour faire simple l’oscillation quasi-biennale (QBO) est un changement de direction des vents en stratosphère au niveau de l’équateur, les cycles de cette oscillation durent environ 28 mois en moyenne. Les changements des vents se propagent vers le bas de la stratosphère à une vitesse d’environ 1km par mois. Le QBO est en phase négative en flux d'est et en phase positive en flux d'ouest. L’année dernière une anomalie (dû probablement au réchauffement climatique même si rien n’a réellement été affirmé) c’était produite, comme on le voit ci-dessous. Les parties grises sont les moments ou le QBO est en phase positive et les parties blanches les moments où il est en phase négative. Comme on le voit les phases négatives sont toutes normales cycle après cycle sauf l’année passée, où le cycle n’a pas réellement eu lieu. On a presque totalement zappé la phase négative. Ceci a provoqué l’hiver dernier un QBO+ alors que nous aurions dû être en QBO-. Cette année le QBO semble avoir repris son rythme malgré cette perturbation, comme si de rien n’était : 2013 : -6.07 -1.23 2.85 8.39 12.64 13.38 14.27 14.66 13.12 11.69 12.45 12.55 2014 : 13.13 12.68 11.72 7.15 -2.81 -13.98 -19.29 -21.64 -23.24 -23.86 -23.65 -25.38 2015 : -26.70 -28.62 -28.15 -24.38 -12.33 2.18 7.45 10.97 12.07 13.38 12.79 11.39 2016 : 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 : 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 Nous sommes donc de retour en phase négative et forcément c’est une bonne nouvelle pour notre hiver. En effet le QBO a une influence sur la stratosphère et provoque des conditions favorables par la suite à des blocages en troposphère, si, en stratosphère il se passe ce qu’il faut. Pour faire plus simple c’est un peu comme si un QBO- favorisait à onduler le Jet Stream en troposphère à condition d'un bon déroulement en stratosphère) et donc à provoquer un NAO- (oscillation nord atlantique, NAO- favorise les conditions hivernales, NAO+ douceur et souvent humidité). Quand le QBO est positif, le Jet se tend et provoque un NAO. Ci-dessous exemples de répercussions QBO- -> Jet -> synoptique froide lors de décembre 2009 : Indice QBO décembre 2009 : -15.57 Jet stream extrêmement ondulé : Synoptique météo favorable au froid : Alors attention le QBO- ne veut pas dire NAO- assuré et surtout conditions froide assuré surtout à la style décembre 2009. Comme rappelé dans l’intro les indices qui donnent des tendances n’assurent pas les choses à 100%. Loin de là. Mais cet indice dans le negatif est un bon point pour un hiver de régime NAO- et donc à tendance hivernale. Donc on ne va pas cracher dessus. II/La bonne année pour l’activité solaire ?: Comme nous le savons le soleil à des cycles. On a le moment des éruptions provoquant les taches solaires et le moment où les particules de ses éruptions sont reçu en haute atmosphère de la Terre. Il y a un décalage entre les éruptions et le moment ou les particules sont reçu dans l'atmosphère. Je remets le graphique de @TreizeVents de l’hiver dernier qui permet d’observer ce décalage, la courbe noire indique le nombre de tâches solaire qui montre les cycles solaires et la courbe rouge indique le flux de particules reçu par la haute atmosphère : Comme l’avait expliqué 13V l’automne dernier et comme on le voit sur le graphique ci-dessus, il y a un délai d'environ 4-5 ans entre le minimum ou maximum du nombre de tâches (courbe noire), et le minimum ou maximum du flux de particules (courbe rouge). En juillet la NOAA a publié la réactualisation du graphique de l’évolution du nombre de tache solaire par mois. La courbe continue de descendre et elle est même plus basse que les prédictions : L’année dernière nous étions au pic de réception de particules. Et comme nous l’avait expliqué 13V des études avaient démontré que les pics de particules arrivant dans l’atmosphère favorisaient la tendance à un NAO+ Mais contrairement à l’année dernière nous ne sommes plus au cœur du pic de réception de particules. En effet le cycle fait que nous sommes sur le déclin ceci ne favorisant plus le NAO+ mais pas plus un NAO-. Des conditions plutôt neutre tendant vers un léger NAO+ sachant qu'on est en début de rechute. Mais, des études (sur une base de 1870–2010, j'ai repris le même site que 13V avait pris mais un autre article) ont permis de donner les tendances des hivers sur chacune des 11 années suivant le pic solaire (le lag yr 0 étant l'année du pic solaire) en nombre de tâches. Ci-dessous on a les anomalies géopotentiels des 10 derniers hiver : On les compare aux résultats des études sachant que 2006-2007 était une année lag yr 6: Résultats : 2006-2007 (6yr) : En partie validé 2007-2008 (7yr): Non validé 2008-2009 (8yr): Validé 2009-2010 (9yr):Validé 2010-2011 (10yr) :Validé 2011-2012 (11yr): Validé 2012-2013 (0yr): Validé 2013-2014 (1yr): Validé 2014-2015 (2yr): Non validé 2015-2016 (3yr): En partie validé 2016-2017 (4yr):En partie validé Les termes validés sont où l’on a environ de 60 à 100% de la carte semblable à l’étude. Le terme en partie validé c’est de 40 à 60% environ de similarité. Et non validé c’est 40% et moins. On voit donc quand même 6/10 des hivers sont semblable aux prédictions de 60 à 100% et 3/10 de 40 à 60%. Ce qui donne vraiment du poids à cette étude et cela prouve bien que même si le dernier hiver n’était pas totalement semblable aux prédictions, on a quand même des chances d’avoir un hiver ressemblant au « lag yr 5 ». Si l’on suit donc les prédictions on tendrait pour notre hiver à une année « lag 5 yr »: On observe des HPs en haute latitude très prononcé, autant sur l’Atlantique (favorisant un schémas NAO-) que en Scandinavie/Europe de l'est, favorisant les gros blocages pour une VDF du genre janvier dernier. Alors attention car on voit que ces anomalies sont assez proche de l’Europe de l'ouest. Ce qui fait une piqûre de rappel au fait qu'on peut avoir un NAO- et avoir des conditions particulièrement douce à cause de hautes pressions pile sur nos têtes. Mais quand on regarde on à des anomalies surtout prononcé en atlantique et Scandinavie favorisante donc les possibles situations de dorsale virant à l'AS (anticyclone scandinave). L'année passé c'était une situation semblable et quand on y pense en janvier lors de la VDF c'était exactement le schéma qu'il c'était produit. III/Une banquise et un vortex polaire qui reprennent un peu de poil de la bête. Favorable où pas? Alors oui comme on l’observe depuis quelques temps la banquise va mieux (attention rien de transcendant mais quand même). Et pas besoin d’en dire des tonnes pour s’en rendre compte il suffit de regarder le graphique de l’étendu de glace, le replat à bel et bien commencé depuis environ le 15 aout alors il faut rester méfiant à un retournement de situation mais ça semble bon. Malgré ces derniers jours un peu moins bon ça semble plus favorable par la suite avec un début de replat depuis avant-hier: En effet ces derniers jours et prochains on observe que la banquise n’a pas eu de tempête cela lui a permis de garder sa glace, mais à côté de ça on a eu un VP qui a grossit progressivement prenant une réelle belle avance. Les températures sont certes toujours un peu au-dessus des normes sur l’arctique quand on regarde les T2M chaque jour, mais le fait qu’il n’y est pas de tempête comme d’autres années et que le VP grossit doucement sans brutalité permet de ne pas brusquer la glace très fragile en cette fin de débâcle, d’où la stagnation observé: GFS6z du 24 aout anomalie 500hPa : Carte actuelle (l’anticyclone sur le bassin est une très bonne chose favorisant les inversions et peu de vent) : GFS qui prévoit les 7 prochains jours assez favorable... : Et CFS pour septembre semble favorable aussi anomalie 500hPa prévu: Comme on le voit ça semble continuer dans le bon sens et c’est une bonne chose. Pour revenir au sujet de ce qui nous intéresse surtout pour l’hiver c'est: -En premier c’est le vortex polaire. Il semble partir sur de bonne base pour un début d’automne. Il faudra voir pendant l’automne la tournure qu’il va prendre mais si l’on se fie à la situation actuelle on pourrait avoir un VP plus solide en fin d'automne que ces dernières années. Il faut savoir que plus un VP est puissant plus cela favorise à une tendance zonal et donc un schéma NAO+. Et oui, première fois que la tendance NAO- vient être contestée. Mais par contre un VP puissant favorise certes une tendance zonale car il balaye tout sur son passage, mais si des facteurs externes viennent semer le trouble et favorisent des ondulations comme un MJO (oscillation de Madden-Julian) favorable où bien d’autres facteurs saisonniers qui favorisent un régime NAO-, alors le VP ayant une grosse réserve si on a un blocage qui se forme la coulée froide sera puissante. Donc oui un VP en meilleure forme favorise plus un NAO+ mais si les conditions autour sont défavorables, au schéma NAO+, alors l’on peut vite passer sous régime NAO-. - La seconde chose qui peut avoir une action importante c’est la température des mers (bien sûr je parle de celle proches de la banquise, au nord de l’Europe ect). C’est un facteur que l’on voit plus courant automne comme le VP. Mais si la situation d’un VP et une banquise plus en forme que ces derniers hiver se confirme, les mers pourraient être un peu plus fraîches que ces derniers hivers. Des mers qui sont plus froide favorisent le maintien du froid dans les coulées de polaire maritime (celles qui donnent de la neige facilement mais où c’est souvent limite à cause du manque de froid dans la coulée ces dernières années, donc on ne crache pas sûr des mers plus fraîches. Coulée qui est fréquente en… NAO-). En tout cas à l’heure actuelle ce n’est pas encore fameux. Les eaux restent au-dessus des normes surtout dans l’axe du RU même si l'on observe une petite diminution des anomalies depuis deux semaines, on note au nord de la Scandinavie une amélioration surtout au bord de la banquise ou l'on a déjà des eaux sous les normes (c'est favorable pour la glace) : A voir donc courant automne l’évolution de ceci et aussi du VP s’il continue à prendre du poil de la bête. IV/ La Nina là ou pas là ? Un cadeau parfait ou empoisonné ? Alors cette fameuse Nina l’un des sujets délicats pour notre hiver ! Tout d’abord la première chose c’est qu’il serait bien de savoir s’il elle viendra ou pas et ça ce n’est pas fait mais pas du tout : En effet c’est partagé, en premier on a les prédictions qui ne croient pas en une Nina : On le voit bien et c’est clair, c’est neutre sur la moyenne de ces prédictions. Mais la chose qui fait que ces tendances peuvent être contredites est la situation actuelle. Comme vous le voyez sur les graphiques la zone 3.4 est la zone importante elle se situe ici dans le pacifique : En ce début de mois de septembre on devrait donc avoir sur la zone 3.4 environ +0.1°C (pour le premier) et -0.1°C (pour le second) si l'on prend la moyenne des scénarios des graphiques. Résultat: On est sous la norme de -0.35°C environ avec la forte anomalie (-2°C) proche de la -120ème le reste n’est pas extrême on est sur un centre de 0 à -1°C et des contours allant de 0 à +2°C. A noter que sur le secteur 1+2 une anomalie froide s’accumule et pourrait jouer un rôle sur le secteur 3.4. Et le secteur 3 qui est hors du 3.4 l’eau c’est refroidit depuis mi-août. Bilan on est quand même dans une situation plus froide que prévu par les deux modèles. Alors est ce que cette anomalie va stagner avant de remonter progressivement au neutre total comme certains scénarios des graphes ci dessus? Tel est la question Deux autres modèles important c’est CFS et celui du bureau australien. Sont eux plus favorable à une Nina, sans grande ampleur, de -0.5°C (CEP) à -0.9°C (Bureau Australien) en prenant les moyennes des deux graphiques. Mais avec une Nina en vu donc: Si l’on se fie à la moyenne CFS on devrait être en septembre à -0.20°C environ, nous sommes déjà à -0.35°C environ. Mais par contre chez le bureau australien en début septembre on devrait déjà être à -0.7°C et c'est pas du tout le cas. Alors il sont tout deux dans l’erreur... comme ceux qui ne voient pas de Nina. On peut donc le dire cette Nina est très difficile à prévoir si elle aura lieu le graphique qui est le plus dans le jeu actuellement c’est CFS pour 0.15°C d'erreur. Alors à voir si elle a lieu ou pas car des choses contredises mais d’autre affirmes… La chose que l’on peut affirmer c’est que si elle a lieu elle ne sera pas extrême à part un coup de magie. Mais nous n’avons pas suffisamment de base solide pour un début septembre pour une Nina intense. On a trop d’alternance de vent d’est-ouest sur la zone pour une Nina forte. Le risque qu'on termine dans le neutre est donc autant possible (voir plus) qu'une faible Nina. Personnellement je reste sur l'idée que nous aurons une faible Nina (de -0.5 à -0.8 pas plus). Donc deux possibilités, cette Nina n’a pas lieu et on va dans le « Nada » et dans ce cas le pacifique n’aura aucun effet sur nous pour cet hiver. Ou bien elle a lieu et là… Les dernières études confirment bien les tendances observées depuis quelques années. Comme on le voit sur l'image ci-dessous une Nina est favorable pour un mois de décembre (mais aussi en octobre-novembre) favorisant des conditions plus facilement hivernales avec des centres d’actions plus faiblard. Une activité dépressionnaire réduite au niveau du Groenland, un anticyclone des acôres qui ne prend pas toute la place. Situation favorable à des conditions de NAO-. Mais par un contre une Nina n’est pas le bon Saint Maritain tout l’hiver comme certains le laissent entendent sur le forum… En effet une Nina n’est favorable pour des conditions hivernal qu’en automne et décembre, comme on le voit sur la représentation Nina de janvier à mars ce n’est pas favorable. Le VP serait actif et garderait sa réserve de froid, deuxièmement car l’activité dépressionnaire groenlandaise et l’anticyclone de acôres seraient beaucoup trop actif. Ce genre de situation favorise plutôt un jet stream assez haut en latitude, comme on le voit sur la France « dry » pour sec, niveau des températures ça ne serait pas fameux avec une patate sur nous…. Donc bien sûr se ne sont que des résultats de tendance en Europe quand on a une Nina, ça ne veut pas dire que forcément tout le mois de décembre par exemple sera sous NAO- avec des conditions hivernales… mais ça fait un point supplémentaire pour le NAO-. La chose qui fait qu’on peut se dire qu’elle tombe pile au bon moment pour les hivernophiles si elle a lieu ; c’est que cette Nina atteindrait principalement son pic d’intensité en décembre (voir janvier) quand on voit les prédictions. En janvier elle disparaîtrait progressivement avant qu’en février elle est disparue. Donc si les prédictions favorables à une Nina se produisent on aurait une Nina plutôt bien placé pour notre hiver car elle aurait lieu au bon moment hormis janvier ou elle pourrait désavantager les tendances froides. Attention au bureau Australien qui voit une Nina se prolonger jusqu'à février, mais sinon CFS et les scénarios CEP favorable à une Nina, eux voient bien une disparition en février en général. V/ La TNA (tropical nord atlantique) va-t-elle jouer aussi un rôle? Bien sûr que oui elle un rôle, très important même. Cassou l’a bien expliqué dans l’un de ces articles. Comme 13V l’a expliqué sur le topic automne les eaux tropical de l’atlantique se sont réchauffé on le voit bien sur cette carte : D’après les études on observe que des eaux tropicales chaudes favorisent un NAO-, plus de 5% d’écart par rapport à des eaux froides. 5% ça peut paraitre peu mais en réalité c’est quand même un écart non négligeable selon l’étude (il y aura le lien de l’étude dans les sources) : VI/On a déjà pas mal d’indice mais il en reste… On a donc fait plutôt bien le tour de tous les indices que l’on peut déjà mettre en avant en ce début d’automne. Mais beaucoup ne sont pas encore arrivé et n’arriveront que bien plus tard. On a prochainement l’enneigement sibérien que l’on pourra suivre, mais également à plus long terme la stratosphère et le MJO. Et l’on doit encore suivre la situation dans le pacifique avec cette Nina loin d’être fixé tout comme le VP et les mers. Donc on a peut être marqué des points pour les passionnées de la neige et du froid en ce début d’automne mais il faut garder une part de réserve. On a peut être gagné une bataille mais pas la guerre comme on dit! Conclusions : Alors nous y voilà enfin à cette conclusion, je vais la faire avec une Nina qui selon mon avis personnel aura bien lieu mais sous forme légère Nina. Aussi avec l’idée que le VP va continuer à bien s’améliorer ces prochains temps. En gros dans la continuité des tendances actuelles. Avant de dire exactement ma tendance je vais vous exposer mon raisonnement: On a en premier un QBO négatif qui peut jouer sur la stratosphère favorisant les tendances au NAO-. On a une activité solaire en diminution favorisant un NAO+ au niveau de la réception des particules mais au niveau du pic du nombre de tache on a un schémas qui favorise plutôt un NAO- en France. On a un VP qui pourrait devenir plus puissant que ces derniers hiver ce qui a tendance à favorise un NAO+ sauf si facteur externe apparaissent. Et donc des eaux au nord de l’Europe qui pourraient se refroidir. On a une Nina qui favoriserait un régime NAO- en décembre avec un régime de dorsale, mais plutôt un NAO+ en janvier, février virera dans le neutre(?). On a une TNA plutôt favorable à du NAO- également. Donc c’est avec plaisir, que je vous ai expliqué tout au long de ce poste et donc je vous dis maintenant clairement mais vous l’avez sans doute compris, que les premières tendances de cet hiver sont plutôt favorables à un hiver sous régime NAO- donc favorable aux blocages et pour faire simple à de vrais conditions hivernales. Les corrélations sont clairement là tout se rejoint. Et je pense il est difficile de le nier. Pour plus de détail ça semble encore tôt, mais je pense qu’il faudra se méfier de janvier qui pourrait être le « mauvais mois » pour les passionnées du froid. En effet, la Nina aura tendances à le défavoriser, la strato à moins souvent tendance à s’agiter en décembre ou tout début janvier (mais avec un bon QBO- il vaut mieux rester prudent) et que si le VP a déjà été attaqué en décembre logiquement la « réserve » pourrait être moins bonne en janvier. Mais donc comme rappeler dans l’introduction ces premières tendances ne font pas tout! Une prévision saisonnière a pour objectif de prévoir une tendance générale, mais une tendance générale dure rarement la totalité des 90 jours de l’hiver. Mais en attendant on peut se permettre de rêver : https://media.giphy.com/media/l2JIaYp6P3WT5Ybu0/giphy.gif Merci de m’avoir lu, c’était un plaisir de faire ce poste. J’espère que vous êtes globalement d’accord, si « non » j’attends de débattre avec impatience! Je remercie particulièrement @Higurashi qui m’a permis de découvrir certains sites et me donner des explications sur 2-3 choses me permettant de réaliser ce poste . Sources : Poste de 13V topic hiver 2016-2017 (http://forums.infoclimat.fr/f/topic/50746-tendances-hiver-2016-2017/?do=findComment&comment=2634295) Partie QBO : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070373/abstract https://www.esrl.noaa.gov/psd/data/correlation/qbo.data http://www.geo.fu-berlin.de/en/met/ag/strat/produkte/qbo/index.html http://www.metoffice.gov.uk/learning/quasi-biennial-oscillation Partie solaire : http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/10/5/054022/pdf http://www.issibern.ch/teams/interplanetarydisturb/wp-content/uploads/2014/04/Mursula_03_2014.pdf http://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2013JD020062/full Partie banquise/VP/mer : http://cci-reanalyzer.org/wx/DailySummary/#SST_anom http://nsidc.org/arcticseaicenews/charctic-interactive-sea-ice-graph/ https://nsidc.org/arcticseaicenews/2017/08/cooler-conditions-slow-melt Partie Nina : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2006RCG000199/full http://www.ospo.noaa.gov/Products/ocean/sst/anomaly/ Partie TNA : http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/36039/meteo_2004_45_21.pdf ‘(excellent article en français pour une fois ^^ qui résume beaucoup de choses sur le climat)
  4. 68 points
    Si seulement ce chien pouvait nous pisser un peu dessus au lieu de regarder en arrière ^^
  5. 67 points
    Voici une série sur le voyage que j'ai eu l'occasion d'effectuer fin février dans une destination scandinave qui me trottait dans la tête depuis un moment : les Îles Lofoten. S'il est encore besoin de les présenter, les Lofoten c'est à la fois la montagne, la mer, les influences hyperocéaniques et subarctiques : prenez un peu du Finistère, de Haute-Savoie, mettez les au nord du cercle polaire et saupoudrez d'aurores boréales, vous avez à peu près une idée des lieux. Pour pimenter un peu notre parcours, nous avons choisi d'y arriver par la Suède, histoire de varier un peu les ambiances et se donner un peu plus de choix possibles dans les conditions météo. Là dessus on peut dire qu'on a été servis : en une dizaine de jours, nous avons eu à peu près tous les types de temps hivernaux possibles, du temps calme et lumineux, du froid sec et vif, des bourrasques de neige tendant vers le blizzard ! D'autant que nous avons eu pas mal de chance sur ce point, le climat hivernal de l'archipel étant très changeant et parfois remarquablement doux pour la latitude, avec un enneigement assez aléatoire à basse altitude. Quelques jours avant notre arrivée, la neige n'était présente que sur les sommets, mais grâce à un flux de nord instable et persistant, la couche est montée pendant notre séjour jusqu'à 20 à 30 cm en bord de mer. Samedi 18 février, nous voilà donc partis, @edd et moi-même, en direction de Kiruna, petite bourgade de Laponie suédoise où j'avais déjà mis les pieds quelques mois plus tôt pour randonner. Après avoir quitté Toulouse 2 jours plus tôt en T-shirt par 17°C, profitant des premiers beaux jours, le contraste est assez saisissant ! Nous apercevons notre première aurore boréale depuis le hublot de l'avion, juste au moment d'amorcer la descente. La sortie de l'avion se fait sans transition, en marchant sur la neige du tarmac par -13°C. Premier contact hivernal ... Le lendemain se fait en grande partie sous une petite neige par température stable vers les -11°C. Le soir, le ciel se dégage et la température plonge rapidement. Nous avons été fascinés de voir à quel point les contrastes peuvent être importants entre les creux de terrain, les villages, la forêt les lacs avec parfois des variations de plus de 10°C en quelques kilomètres à peine. Nous enfilons toutes les épaisseurs à disposition, et nous installons au bord du lac à côté de Jukkasjärvi. Le thermomètre de la voiture indique un petit -22°C ! Quelques aurores apparaissent vers le nord : Cependant, les choses ne démarrent pas vraiment et, au bout de deux heures passées dehors, pour être honnêtes, on commence à se refroidir un peu. On prend le chemin du retour alors que la voiture affiche un joli -25°C. Il faut quand même préciser que c'est une température tout à fait banale pour une nuit d'hiver dans le coin. Le lundi, le temps reste nettement plus favorable sur la Suède que la Norvège, nous rallongeons donc d'un jour dans le secteur, en allant même passer une nuit à Junosuando, petit village perdu entre le fleuve et la forêt, à une centaine de kilomètres à l'est de Kiruna. Sur la route, ambiance crépusculaire sur un des nombreux lacs et tourbières recouverts par la couche de neige accumulée au fil de l'hiver, un peu plus de 50 cm : Ce soir-là, les conditions sont assez semblables, la température oscille entre -15 et -25°C selon la topographie, et côté aurores après un bref pic très précoce, c'est assez calme. Malgré tout, de nuit, avec ce ciel étoilé parcouru des pâles lueurs aurorales au dessus de la forêt glacée et totalement calme, l'ambiance a quelque chose de vertigineux ... De jour, certains recoins de forêt sont également fabuleux ! Mardi 21, nous reprenons la route vers le nord-ouest pour basculer cette fois en Norvège. La frontière se passe par un col assez étalé au niveau de la ligne de partage des eaux entre Mer Baltique et Mer de Norvège, dont l'altitude dépasse à peine 500 m, mais où l'ambiance est digne de la haute montagne ! L'endroit étant copieusement servi par le flux maritime, l'épaisseur y atteint quasiment les 150 cm de neige. De l'autre côté, l'ambiance est toute autre : le relief marqué des fjords, la mer qui n'est gelée qu'aux endroits les plus reculés, et des températures nettement plus "clémentes" : on frôle les -5°C, c'est dire ! Avant de prendre la direction des Lofoten, on fait un petit détour par le sud de Narvik pour voir quelques sommets pittoresques de cette partie de la côte. Petit matin du 22 à côté de Ballangen, la vallée au premier plan est à moins de 100 m d'altitude, la mer est à quelques kilomètres à peine : La mer, la voici justement avec l'Efjord partiellement gelé, devant le Stortind et le Rundtind : Drôle d'ambiance avec le pont de la route nationale qui évoque un petit Golden Gate version nordique : Un peu plus loin se dresse la montagne que nous étions venus voir : le Stetind, improbable lame de roche verticale de 1400 m de haut ! Nous nous approchons ensuite des Lofoten après avoir fait tout le tour du fjord de Narvik pour passer la nuit à Lødingen. Lumière du soir irréelle sur Tjeldøya : Et lumière crépusculaire sur les sommets très géométriques au fond du Tjelsund : Nous observerons quelques aurores tranquillement depuis la petite presqu'île au large du port de Lødingen. Les températures sont bien plus clémentes qu'en Suède, environ -4°C, mais avec un vent désagréable en pleine face, et l'humidité maritime : le ressenti est très différent. L'activité sera esthétique par moments, mais dans l'ensemble timide : Le lendemain, nous continuons notre progression vers l'ouest, et les choses sérieuses commencent côté météo. Une descente polaire déboule en effet avec -45°C à 500 hPa, amenant son lot de giboulées ! Neige à gros flocons au fond du Gullesfjord : Nous traversons ensuite Hinnøya à travers les montagnes, pour gagner Austvågøya grâce à un pont sur le Raftsund, qui marque l'entrée dans les Lofoten à proprement parler. Peu d'images vu les conditions, mais pour donner une idée, nous sommes temporairement côte nord, face au large, prenant de plein fouet les averses de neige bien actives, sous un ciel continuellement chargé. Nous arrivons en fin de journée à Vestpollen, au milieu du grandiose Austnesfjord. Ouvert au sud, il est un peu plus protégé, ce qui donne une sensation étrangement contrastée entre le ciel bleu pâle de l'horizon sud, et le ciel d'encre au nord à l'arrivée d'une nouvelle averse : Ce soir-là, les caractéristiques du vent solaire semblent intéressantes pour une activité nettement plus marquée. Je suis aux portes de la ville de Svolvær pour tenter d'optimiser l'effet d'abri. Une belle éclaircie s'annonce après 21h, et les aurores commencent à s'organiser au zénith. Au bout d'une vingtaine de minutes, le ciel s'allume franchement, et c'est enfin le spectacle des grands soirs, avec des arcs très lumineux, quelques liserés colorés, impossible de s'en lasser ! A l'approche de minuit, l'activité marque une pose, et ça tombe bien car de nouvelles averses arrivent et chargeront le ciel pendant une bon moment. Le lendemain, le ciel se montre tout aussi changeant, mais la nouveauté c'est le vent qui se renforce en lien avec un minimum secondaire qui nous arrive du nord. Après avoir passé Svolvær, nous sommes en vue de Vestvågøya dans une ambiance bien tourmentée : A l'approche du pont pour passer sur cette nouvelle île, ça commence à bien souffler. Il faut imaginer que la route est une surface lisse et bien glacée, et donc assez inconfortable à pied, poussé par les rafales de vent. Le panneau lumineux à l'entrée du pont qui retransmet les données d'un bel anémomètre sonique situé à son sommet indique 19 m/s (vitesse moyenne ?). Le long de la côte sud, on alterne entre phases de grosse poudrerie avec visibilité quasiment nulle, et périodes de calme relatif avec lumières de traîne : Nous repassons ensuite au nord, au petit port de Tangvåg, au bord du Steinsfjord, où l'ambiance est carrément lugubre. On n'était probablement pas loin d'avoir quelques grondements de tonnerre. Ce jour-là, quelques impacts de foudre ont été détectés un peu plus vers la pointe de l'archipel. Enfin, on termine la journée vers Kvalnes, face au large qui nous envoie ses grains encore et encore. Le pic de ce temps instable est atteint dans la nuit, avec des rafales de nord à plus de 90 km/h à Leknes, ville principale de l'île pourtant peu exposée à cette direction de vent. En raison des congères, nous serons forcés de garer la voiture à l'entrée du camping et de traîner nos affaires dans des conditions dantesques ! Pas question d'aurores bien sûr, on reste bien au chaud à regarder les fenêtres du chalet se faire plâtrer de neige. Le lendemain, après quelques bourrasques résiduelles, le temps se calme progressivement avec des lumières magnifiques. Fin de matinée sur le Jellvollstind : A la mi-journée, nous sommes au bord du Vareidsund, sur l'île suivante, Flakstadøya : En quelques dizaines de minutes, nouveau changement radical d'ambiance : Ce coin incite vraiment à s'y attarder, chaque détour offre une vue différente : en quelques kilomètres et quelques instants d'écart, on passe de la rudesse de la côte rocheuse battue par les vagues ... ... à la sérénité des fjords intérieurs : En fin de journée, l'instabilité se résorbe définitivement, et laisse admirer les dernières couleurs depuis Sandbotnen : Cette petite baie nous charme assez pour que nous revenions y observer les aurores à la nuit tombée. L'activité met du temps à démarrer, mais nous gratifie d'un pic aussi bref que remarquable. Les aurores commencent à s'allumer sur les sommets du nord de Flakstadøya : Une dizaine de minutes plus tard, le ciel est traversé par une structure fabuleuse, rayonnant sur l'horizon nord : Avant de se séparer en une multitude de rideaux puis de s’atténuer doucement : Nous passons la nuit pratiquement au point le plus occidental de notre voyage, sur l'île de Moskenesøya, qui est probablement un des coins les plus courus de l'archipel. Je ne résiste pas à un lever de soleil sur le Kjerkfjord et ses célèbres montagnes, situées juste en vue du village de Reine : Nous passons à Å (oui, c'est le nom d'un village), terminus de la route E10 qui nous suivons depuis Kiruna, et quasiment à la pointe de la dernière grande île des Lofoten. La visibilité sur le continent à plus de 80 km à l'est est exceptionnelle. Le chemin du retour nous fait repasser par certains coins vus à l'aller, dans une ambiance apaisée tranchant complètement avec la première impression. Le Steinsfjord à nouveau : Heure bleue sur Lyngværfjellet : Retour à l'Austnesfjord également, sous un ciel limpide mais ambiance localement bien ventée, qui donne une impression de lac de montagne alors que nous sommes en bord de mer ! Un détour par Straumnes nous fait découvrir quelques perles comme le Grunnførfjord : On peut aussi apercevoir les Îles Vesterålen voisines : Sans compter les sommets escarpés de l'intérieur d'Austvågøya, dans la lumière déclinante : Pas d'aurore ce soir-là tout comme la veille, pour des raisons diamétralement opposées : après une nuit précédente entièrement dégagée mais totalement calme sur le plan magnétique, nous aurons une nuit active mais bien bouchée. Rageant, mais c'est le jeu ! Et le pire, c'est que le temps est superbement clair dès le lendemain matin. De quoi en revanche se régaler encore des nombreux sommets, alors que nous sommes déjà de retour sur le continent. Vue sur le Novatind : On reprend ensuite la route vers la Suède, et ce ne sera pas de tout repos. Les grosses accumulations de neige le long de la frontière combinées à un vent assez présent là-bas obligent la circulation à être restreinte à des convois périodiques et à sens unique derrière le chasse-neige, sur plus de 10 kilomètres, ce qui implique facilement 1/2 heure d'attente entre chaque voyage. N'empêche, l'ambiance est fabuleuse, entre la lumière rasante, et les sommets plâtrés entourés par des écharpes de neige soufflée. La température baisse à chaque kilomètre vers l'est, pour atteindre -15°C à la frontière. Côté Suède, même histoire : longue attente et convoi jusqu'à Björkliden. Avec toutes ces histoires, la journée s'achève quand nous faisons une petite pose à Abisko. On renoue avec le froid lapon, sur la glace épaisse du Lac Torneträsk : Malheureusement, le voile s'est nettement épaissi, nous n'apercevrons ce soir-là qu'une aurore brouillée par les nuages d'altitude, avant de reprendre la route vers Kiruna, où nous retrouvons une neige qui tombe finement par -11°C. Nous décollons le lendemain de bonne heure, après 10 jours passés dans ces régions nordiques, des étoiles plein les yeux. Petit bonus, avec une carte approximative de l'itinéraire pour visualiser dans les grandes lignes les endroits parcourus :
  6. 58 points
    Bonjour, Vous en avez sans doutes tous entendu parler et tous vu circuler des photos de l'épisode de givre qui vient de se terminer dans la moitié nord du pays. Cet épisode fut remarquable en plusieurs points: sa survenue soudaine, son étendue, sa durée et son intensité. En effet, Noël fut très doux sur ces régions à l'approche de l'anticyclone Yorn qui en profita pour déverser un flux subtropical anticyclonique sur le pays. La température a du mal à passer sous les +5°C en cours de nuit, les stratus et les bruines sont monnaie courante. Temps d'hiver banal et médiocre... Le 28 décembre, l'anticyclone pivote vers le nord puis l'est du pays. La pression en son centre est colossale! Jusqu'à 1048hPa relevés! Pour la suite des évènements, les modèles sont unanimes: l'anticyclone va (légèrement faiblir) et drainer un flux de S/SE plus continental mais pas forcément plus froid. En effet, les températures à 850hPa sont prévues à +6°C environ, il se pourrait bien que, comme en décembre 2015, cela se traduise par de très douces journées presque printanières. Mais... c'est tout sauf le cas. La nuit du 28 au 29 décembre est étoilée, peu venteuse et l'air sec favorise un rayonnement intense. Une puissante inversion se met en place et les nuages bas puis le brouillard envahissent le ciel. Ainsi, le 29, certains secteurs enregistrent leur première journée sans dégel! En général sur une bande allant de la Sologne aux Flandres. Le 30, rebelotte. Nouvelle journée sans dégel et passée dans le brouillard givrant. Cette masse d'air froid plaquée au sol s'écrase sur elle-même et s'étend chaque nuit un peu plus. Elle épouse presque à la perfection le Bassin Parisien géologique, en s'évacuant par la Loire. Pourquoi cette correspondance zone géologique/température? L'épaisseur de l'inversion est très faible. Les terrains sur ce secteur sont en moyenne situés à 100m d'altitude avec de rares points >200m. L'inversion ne faisant qu'une centaine de mètres d'épaisseur et n'étant absolument pas brassée, elle est contenue par les petites surrélévations du terrain aux alentours du Bassin Parisien. Le satellite est éloquent, le moindre relief est visible par transparence au travers de la fine couche de stratus. Image satellite HD: http://www.infoclimat.fr/cartes/modis/2016/12/30-16_HD.jpg Quelques annotations: (Les points visibles le long de la Loire ne sont autres que les panaches des centrales nucléaires) Le 31 décembre, l'inversion s'étend encore et fusionne avec l'inversion Lorraine. Un léger flux de sud/sud-est dirige le tout vers le nord mais la configuration reste la même que la veille, les estuaires (baie du Mont Saint-Michel, estuaire de la Loire, Seine et Somme...) laissent s'échapper l'air froid tandis qu'il est contenu par les petits reliefs (Massif Armoricain, Collines Normandes, Boulonnais, Morvan, Plateau de Brie...). Seule exception pour le pays de Caux qui, sous le flux et avec ses altitudes encore plus faibles (140m en moyenne sur le plateau) est concerné par les gelées. Au 1er janvier, les zones concernées par les gelées du 29 entament leur 4ème journée sans dégel plongées dans le brouillard givrant! Entre temps, le givre s'est déposé sur des épaisseurs peu communes en plaine avec en moyenne 2 à 3cm. Mais, sur les zones exposées, l'épaisseur atteint les 5cm! Comme ce phénomène me concerne directement, je choisirais de rester dans mon secteur, à savoir le plateau d'Yvelines. Compte tenu du contexte (léger flux de sud), ce plateau, en plus d'être proche, possède plusieurs avantages. Sa surface est réhaussée vers le nord via le contrecoup alpin et quelques failles rémanentes du soulèvement du Massif Armoricain forment des lignes de petites collines sur un axe SE-NE. Il y a donc plusieurs bandes rapprochées favorables à l'accumulation du givre. Je sais donc tout à fait quels secteurs viser pour rencontrer le maximum de l'épisode. Le long de ces bandes exposées, des épaisseurs de 5cm furent relevées. Je commencerais par une vallée afin d'apprécier l'état de la couche la plus faible. Pour ce faire, je monte sur un chaos rocheux dominant les Vaux de Cernay. Ici, le plateau est entaillée de façon étroite et profonde. Cela va donc servir de référence pour l'épaisseur de givre dans un milieu avec un minimum de flux après 4 jours de brouillard givrant. L'épaisseur rencontrée varie entre 0.5cm (tout en bas) et 2cm en moyenne (haut de côte). Hors un magnifique paysage, la forêt ne prend pas un aspect alourdi par le givre. 1] 2] Je pars ensuite aux Bréviaires (grand trait bleu central juste à gauche de la nationale sur la carte des zones exposées). L'altitude approche 180m sur le petit bombement, elle fait partie des plus hautes zones du plateau d'Yvelines. Bien que ridicule, cette altitude et cette position changent du tout au tout l'intensité de l'épisode de givre... Constatez par vous même! Ici, l'épaisseur de givre atteint facilement entre 4 et 5cm. 3] Vue rapprochée: 4] Un banal buisson d'aubépine transformé en cristallisoir... 5] L'épaisseur sur les câbles électriques est impressionnante! 6] 7] A côté de Thoiry, le village de Goupillières est situé sur l'une de ces lignes de collines axées SE/NO. Il s'agit de la bande bleue la plus au nord ouest de la carte des zones exposées. Relativement à l'abri du plateau, l'épaisseur de givre moyenne est à peine moins élevée mais reste honorable: 4cm en général, 5 à vue d'oeil sur les grands arbres. 8] Cap au sud à présent, sur une ligne de collines située au sud-ouest du plateau, toujours avec cette même orientation SE/NO donc favorable. Ici, la colline est en première ligne face à la vallée de l'Eure située plus à l'ouest. Il n'y a donc aucun abri. Les épaisseurs de givre devraient donc y être maximales! Il s'agit de la petite ligne bleue la plus au sud-ouest sur la carte des zones exposées. Sans surprises, arrivé en haut, c'est le plâtrage intégral... Certainement un peu plus de 5cm sur le haut des arbres mais impossible de mesurer. On s'en tiendra donc "officiellement" à 5cm généralisés. 9] Quelques buissons et arbres situés sur le haut de la colline... Première fois que j'observe un tel encroutement dans mon secteur! 10] 11] Bien que résistant, on sent que ce chêne commence à peiner à supporter tout ce poids supplémentaire. 12] 13] Sur le versant nord, l'épaisseur de givre est plus fine et le brouillard largement moins épais permettant de voir à plus de 200m (chose rare ces derniers jours). L'humidité captée par la végétation au sommet altère tout de suite le brouillard et son dépôt. 14] Végétation chargée lors de la redescente vers Dancourt... 15] Et la neige dans tout ça? Eh oui, un brouillard givrant sans neige "industrielle" n'est pas un vrai épisode. Attention cependant aux confusions, le stratus donne naturellement des bruines, et donc de la neige si il fait moins de 0° -la fameuse bruineige-, néologisme inventé sur le forum (ou bruine verglaçante dans certains cas). Une neige "industrielle" doit répondre à plusieurs critères pour être classée comme tel: -surface très restreinte (située en général aux environs immédiats de la source) -épaisseur significative (une source continue de polluant ou d'humidité génèrera de la neige aussi longtemps que les conditions sont réunies. Dans le cas d'une activité humaine, cela durera en général plus d'une heure sur cette même zone localisée). -corrélation entre un zone d'activité humaine polluante et/ou émettant de l'humidité et la zone d'enneigement. Et... Ce fut le cas à Epernon! La neige est tombée entre le 30 et le 31 décembre, pendant la période d'activités précédent le jour férié du Nouvel-An. Ayant parcouru principalement les routes oranges et rouges sur la carte, j'ai pu extrapoler une surface approximative d'enneigement. Celle-ci est située au nord immédiat de la zone d'activités et de la gare d'Epernon (tombe bien par un léger flux de sud) mais ne concernait pas la moitié sud de la zone d'activités. le maximum était relevé au nord du centre-ville avec une trainée bien plus longue remontant vers le NNO. Il est intéressant de noter que la couche diminuait de façon très rapide côté est mais beaucoup plus lente du côté ouest. Léger basculement du vent du SE au S en cours d'épisode? Probable. Trêve de blablas, voici les photos! En montant sur le plateau nord dominant Epernon. Vous pouvez remarquer l'absence quasi totale de neige au fond. 16] Vue depuis le panorama situé en bordure du plateau. (étoile rouge du bas) 17] Drôle d'ambiance aux portes de la Beauce! 18] 19] 20] 21] Passage dans la zone pavillonnaire située sur le petit plateau... Il s'agit de la zone la plus touchée par l'épisode. Désolé pour ces photos de banlieusard mais je ne choisis pas l'endroit où tombe la neige! (étoile rouge du haut) Certains jardins ont comme des airs d'erreur géographique... 22] D'autres sont plus adaptés à ce jour blanc. ... Mais sont moins chargés en neige. (est de la zone pavillonnaire) 23] Redescente sur la pente est... Le clocher est en vue, magnifique au travers de la forêt enneigée. 24] Pour comparaison des hauteurs de neige par rapport à la 2ème étoile rouge, photo prise au niveau de l'étoile jaune. Pour rappel, l'épaisseur diminue très rapidement côté est et la carte est approximative. 25] En fin de journée, je reprends la route vers Saint-Arnoult, après plusieurs heures de brouillard givrant à nouveau cumulées. L'épaisseur de givre a donc significativement augmenté et la zone traversée, située au confins sud du plateau est favorable (légère pente en hausse vers le nord). L'endroit est situé au niveau du croisement entre la N10 et la grande bande bleue la plus au sud de la carte des zones exposées. Rapidement, le givre refait parler de lui en priorité! 26] Et, plus j'avance, plus les arbres sont en souffrance. Les photos sont sans équivoque, je ne pouvais pas mesurer la couche là haut mais elle doit certainement atteindre 6cm avec la croissance du jour. Le givre étant plus lourd que la neige, cette couche suffit à mettre à mal la plupart des arbres et à briser de nombreuses branches... 27] 28] 29] Quand les branches cassent, une partie du givre tombe sous l'effet de la secousse... Mais l'arbre n'en reste pas moins défiguré! 30] Certains, au bord de la rupture, prennent l'allure de grands palmiers blancs. 31] Une dernière pour la route! 32]
  7. 55 points
    Mardi devrait être la journée la plus orageuse de la semaine, je dirais même de l'année pour l'instant. Profond talweg en approche dans le Golfe de Gascogne en journée. Flux de SO fortement divergent et cyclonique en altitude sur la totalité du pays. Réaction très importante au sol avec creusement d'un minimum dépressionnaire très marqué pour la saison (-10hpa en 24h) En basse couche, la masse d'air restera dans la continuité des derniers jours bien chaude (entre 10 et 20° à 850hpa du NO au SE) avec la progression d'une onde théta du SO à la Belgique. Par ailleurs le contenue en eau précipitable sera bien élevé sur la majeur partie du territoire. Deroulé de l'épisode : 2 foyers orageux distincts seront à surveiller durant cette journée: + Sur tout une moitié nord de la Normandie aux Ardennes, la colonne vertical sera dejà modérément instable dés la mi-journée. La forte convergence de basse couche induite par le minimum dépressionaire déclenchera une convection profonde probablement avant midi. Des orages peu mobiles, par conséquent générateur de gros cumul se succéderont toute la journée jusqu'en début de nuit prochaine, tout autour de la petite dépression de surface. Généralement monocellulaires, ces cellules pourraient s'organiser en petit amas monocellulaire là où les cisaillements seront plus marqué notamment entre Normandie et Picardie. Une supercelulle isolé n'est pas exclu sur ce secteur. + Sur tout une moitié sud, de l'Aquitaine aux Alpes en passant par le Massif-Central, dans un premier temps l'activité orageuse restera timoré sur cette zone sous l'effet d'une convergence de surface de grande échelle moins marqué. Cependant tout va s'accélerer en milieu d'après-midi à l'arrivé de notre talweg d'altitude surplombé par une anomalie de tropo qui induira un soulèvement dynamique très marqué sur son bord d'attaque. L'anomalie de basse tropo pénetrera alors les plaines du SO. Des orages se développeront alors en l'Aquitaine et s'organiseront rapidement en un MCS qui se décalera en soirée vers le Midi-Pyrennés et le Massif Central alimenté par une forte instabilité (MUCAPE sup à 2000J/Kg). De plus une cassure du jet viendra renforçer la divergence en altitude positionnant la zone visée en entrée droite-sortie gauche du jet. Dans ces conditions, la constitution d'un complexe convectif de méso-échelle (MCC) semble probable avec possibilité de bonne chute de grele et surtout de violents rafales. Cette intense activité gagnera ensuite le Languedoc et la Vallée du Rhone en fin de soirée / début de nuit sans faiblir. Pour synthétiser tout ça, voilà :
  8. 54 points
  9. 52 points
    C'est pour ça que le forum est sage, mon cher Run666h...Ce run déçoit car, justement, il est trop beau. Il soulève le coeur comme un amour impossible. Nous sommes comme des laidrons devant un parfait mannequin. ^^ Non, je plaisante ^^ le potentiel est terrible, mais il n'est pour l'instant soutenu formellement que par un seul modèle. Et puis, autre facteur de modération : le CEP nous a fait un coup foireux en janvier. Je pense que tout le monde s'en souvient. Alors même si la tendance à venir présente des particularités inédites par rapport à il y a 3 semaines, la prudence générale est marque de sagesse et de maturité. Il y a 10 ans, le forum en aurait fait 10 pages. Le serveur aurait planté. Florent76 aurait auto-proclamé sa gloire. Ses groupies l'auraient vénéré. Virgile se serait énervé. Sébaas aurait distribué 20 préviews.
  10. 51 points
    Le fait est que la QBO a un comportement très anormal, mais on peut au moins essayer tant bien que mal de remettre cette problématique à dans quelques mois au motif simple qu'elle n'a finalement pas beaucoup d'influence sur la saison automnale à nos latitudes - son impact est autrement plus important dans l'étude des synoptiques hivernales de large échelle via le jeu stratosphérique. Il semble de plus en plus évident qu'on a tout simplement "sauté" la phase négative (est) et qu'un nouveau cycle positif (ouest) est en train de confortablement s'installer. Ca va sûrement titiller pas mal de spécialistes, on aura probablement de la belle lecture d'ici l'hiver prochain sur ce sujet. En attenant, vu qu'ici c'est l'automne qui nous intéresse, on peut faire un petit point que j'ai axé sur les forçages océaniques. En effet en automne, les indicateurs qui présentent la fiabilité la moins mauvaise (à défaut de dire la plus bonne) au niveau européen, cela reste encore ceux qui sont basés sur les observations de l'Atlantique. On va donc faire un petit point sur l'AMO et la TNA, et on regardera ensuite les tendances que cela pourrait avoir sur nos trois mois d'automne. Pour commencer dans les observations, on notera tout simplement que la TNA est dans une phase très positive, avec une tendance stable. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un indice basé sur les températures de surface de l'Atlantique, à des latitudes allant grosso modo de l'équateur au Sénégal, d'où le fait qu'on parle de l'indice Tropical North Atlantic Index. La valeur de juin atteignait ainsi +0.37, ce qui n'est pas exceptionnel mais correspond tout de même à la plus haute valeur observée en juin depuis 2010. En données provisoires, juillet resterait au niveau de +0,35 +/- 0.05°, ce qui confirme la stabilité de l'indice. En ce qui concerne l'AMO, qui avait été positive sans excès ces derniers mois, elle est depuis deux mois en très forte hausse. Cette hausse est concomitante à un réchauffement très significatif de l'Atlantique nord, avec la disparition ces dernières semaines de la grande piscine d'eau froide qui stagnait dans cette région depuis un peu plus d'un an et qui avait fait couler beaucoup d'encre : Dans la mesure où les autres régions de l'Atlantique qui servent de base au calcul de l'indice n'ont pas évolué significativement, l'AMO est mathématiquement en plein envol, frôlant d'ailleurs des valeurs record pour la saison. Juin a fini à +0.42° (plus haute valeur depuis 2010, troisième plus haute valeur pour un mois de juin), et les données provisoires de juillet indiquent que la valeur de +0.5° pourrait avoir été dépassée, ce qui constituerait un nouveau record pour ce mois. Alors bien entendu, les valeurs de TNA et de l'AMO pourront évoluer un peu d'ici l'automne, mais un renversement brutal est improbable vu la très faible inertie de ces deux indices. On peut donc résumer la situation ainsi pour l'automne : TNA fortement positive, AMO fortement positive. Qu'est-ce que cela pourrait nous dire pour l'automne ? J'ai fait un peu tourner les serveurs de la NOAA (profitons, c'est le contribuable de l'Oncle Sam qui finance ) histoire de regarder un peu les corrélations des 35 dernières années, et voici ce que cela donne avec la TNA (colonne de gauche) et l'AMO (colonne de droite) pour (de haut en bas) les mois d'août à novembre : Première remarque préalable à toute analyse : les deux ont des corrélations quasiment symétriques. Ce n'est pas totalement illogique : ces deux indices sont tous les deux basés sur les températures de surface de l'Atlantique, simplement la TNA est sur une plus petite zone, et il est peu courant que l'Atlantique tropical et l'Atlantique nord fassent jeu contraire - mais cela arrive, cf les derniers mois avec la grande piscine froide du nord Atlantique. Cette remarque préalable étant, passons à l'analyse mois par mois : - En août, les corrélations semblent favoriser des conditions globalement anticycloniques (hauts géopotentiels) sur l'Atlantique et en Russie, avec l'apparition plus fréquente d'AG (anticyclones groenlandais) et d'AR (anticyclones russes). Forcément, les bas géopotentiels devant bien passer quelque part, c'est souvent sur l'Europe, qui joue le rôle de brèche entre les deux sus-nommés, que le tout vient s'écouler. Si vous avez fréquenté ces derniers jours les topics de prévisions long terme, hasard ou non, ce schéma synoptique ne doit pas vous paraître totalement inconnu. - En septembre, TNA+/AMO+ semble concorder avec davantage de régimes de blocages européens, entre un pôle anticyclonique scandinave (AS) des conditions régulièrement dépressionnaires en Méditerranée, surtout centrale d'ailleurs. Concrètement, chez nous, cela pourrait se traduire par des conditions souvent ensoleillées et sèches par flux d'est, aux matinées un peu fraîches (les nuits rallongent) et aux après-midi fort agréables. Cela peut donner un temps plus perturbé en Méditerranée, surtout Côte d'Azur et Corse et moins Languedoc Roussillon, selon le positionnement des gouttes froides. Les dépressions méditerranéennes devant forcément être alimentées en air froid, on peut supposer qu'on ne serait pas à l'abri, entre ces séquences sèches de flux d'est, de plusieurs décrochages froids d'altitude en flux de nord-ouest - c'est la traditionnelle goutte froide qui fait le trajet Cornouailles --> Golfe de Gênes avec pas forcément beaucoup de pluie mais pas mal de fraîcheur et de nébulosité lente à se résorber. - En octobre, et c'est plus intéressant, TNA+/AMO+ concorderait avec des isolements dépressionnaires importants au large du Portugal, et avec des remontées en flux de sud / sud-ouest sur la France. Outre l'aspect que c'est parfait pour quelques (trop?) copieux arrosages en Languedoc / Cévennes, cela peut aussi donner une alternance de belles séquences d'été indien un peu partout, et de bonnes dégradations pluvio-orageuses assez généralisées. Après, tout peut dépendre des réglages fins : des isolements dépressionnaires trop à l'ouest favoriseraient davantage les séquences d'été indien sèches durables, et des isolements régulièrement plus à l'est pourraient nous donner à l'inverse un temps durablement maussade et pluvieux. - En novembre, nouveau changement significatif, et on notera au passage que la TNA semble forcer bien davantage que l'AMO, même si la direction est la même : des probabilités d'occurrence largement accrue de régimes de dorsale Atlantique voire d'anticyclones groenlandais, et en balance des décrochages dépressionnaires potentiellement massifs vu l'avancement de la saison sur l'Europe. Au niveau de la France, cela pourrait concorder avec des séquences de flux de nord-ouest à nord régulières, apportant un temps froid (et même potentiellement déjà hivernal sur les reliefs exposés), pas forcément très humide en pluviométrie, mais souvent bien nébuleux. Davantage de lumière en Méditerranée, mais au prix d'un couple Mistral / Tramontane en belle forme. Alors bien entendu cela reste de simples perspectives saisonnières avec tout leur lot d'incertitudes et d'approximations pifométriques, mais cela fait déjà un bon socle de départ (on n'a pas grand chose d'autre de toute façon). Reste que je voulais en profiter pour faire une remarque intéressante : je me suis livré, quitte à regarder les corrélations avec la TNA et l'AMO, à aussi comparer les corrélations entre la distribution des anomalies de géopotentiel en automne et les valeurs d'anomalie globale de température. Vous allez peut-être vous demander quel est l'intérêt de la démarche : quel rapport il y aurait-il entre le thermostat planétaire et le temps qu'il fait à Marseille ? Eh bien étonnamment, le résultat est pourtant parlant. Voici donc les corrélations entre les températures globales et les géopotentiels en août (1), septembre (2), octobre (3) et novembre (4) : Je ne vais pas rentrer dans une analyse commentée de ces résultats, car le seul commentaire que l'on pourrait faire, c'est qu'ils correspondent exactement aux schémas du couple TNA+/AMO+. Plus il fait chaud sur la planète, plus la France sert de réceptacle aux isolements de goutte froide en août, plus on a des anticyclones scandinaves et des dépressions méditerranéennes en septembre, plus on a des dépressions au large du Portugal en octobre, et plus on a des blocages atlantiques et des coulées froides sur la France en novembre. Et comme les valeurs d'anomalie globale, bien qu'en lent recul avec la fin d'El-Niño, restent sur des seuils exceptionnellement élevés, c'est toujours un élément à mettre dans la balance. Alors ici aussi cela reste des corrélations approximatives, pas forcément des règles climatologiques inviolables (on en est loin), mais on reconnaîtra que le résultat est pour le moins étonnant.
  11. 50 points
  12. 47 points
    Bonjour à tous, J'ai eu l'occasion de partir plus de 3000kms tout autour de ce magnifique pays qu'est l'Islande. Ce périple nous a amené jusqu'aux confins du pays : dans les fjords reculés du nord-ouest, sur la péninsule du Snaefell, sur la côté sud déchirée entre glaciers et sable noir, dans les plaines fertiles du cercle dor ou encore dans les contrées reculées du Landmannalaugar ou des highlands. Voici à travers un certain nombre de photos le récit de mes aventures. L'arrivée s'est faite à Reykjavik notre point de départ et d'arrivée. Une ville sympathique mais qui ne m'a pas laissé un souvenir transcendant au niveau architecture. On notera malgré tout une certaine douceur de vivre plutôt bienvenue avec les 10C et le crachin qui nous accueille. Voici la statue de Leifur Eriksson face à la cathédrale de style très particulier. Après 2j sur place nous partons vers le cercle d'or avec différents arrêts tous aussi différents les uns que les autres. On commença par Thingvellir où la faille qui parcourt le paysage est incroyable ! C'est ici que les plaques américaine et eurasienne se séparent laissant un spectacle incroyable ! Suivant cette route à travers des paysages très variés et assez fertiles, et avec une météo qui va enfin en s'améliorant (on voit enfin le soleil !!!), nous nous arrêtons successivement aux Bruarfoss puis Geysir et Gullfoss. Les premières citées sont des chutes d'eau à la couleur incroyable qui surgissent au milieu de la bruyère. Geysir est un espace géologique très impressionnant avec ses geysers, ses fumerolles de souffre et ses hordes de touristes. En photo voici le geyser Strokkur envoyant son jet à 20m de hauteur toutes les 10min. Enfin Gulfoss est une des cascades les plus connus d'islande avec un débit très fort et une vapeur d'eau pulvérisée à des hauteurs faramineuses ! Cette journée nous amènera jusqu'au Landmannalaugar. Une route défoncée de 30kms nous amène au camping au milieu de nulle part. Je n'avais jamais vu des paysages aussi lunaires qui contrastent fort avec les paysages verdoyants du cercle d'or. Nous y avons passé 3j et avons pu profiter des paysages dignes de peintures : névés, couleurs variées, champs de lave, plaines d'alluvions, champs de cendres, cratères de souffre, lac volcanique... Un paradis pour tout amateur de nature. La route nous mène après cette étape fort enrichissante vers la partie sud de l'île. Comment ne pas être saisi à la vue des paysages qui s'offrent à nous ! Des cascades magiques, des landes battues par les vents, des plages de sable noir, des langues glaciaires tous les 5kms, des icebergs... Bref la liste est longue. Voici ici le fameux Eyfjallajökull sous son dôme de nuages. Comme vous le voyez le ciel était encore d'un bleu éclatant et les températures correctes à défaut d'être douces mais c'était sans compter sur la tempête qui s'annonçait. Arrivés vers Dyrholaey je voyais une bande de nuage qui n'annonçait rien de bon. Et diable que c'était vrai ! Un vent en rafales à 130km/h toute la nuit, ce fût du sport pour monter la tente... Voici l'arche de Dyrholaey et une vue sur la plaine qui balaye le bas de l'Eyfjallajökull. Le lendemain le vent soufflait toujours très fort aussi nous décidions de faire un bon peu de voiture pour dormir 100kms plus loin que prévu car le vent devait basculer de l'est au NE et ainsi nous envoyer encore des salves peu agréables toute la nuit. Sur la route impossible de manque le Jokulsarlon et la Diamond beach. Un lieu hautement inspirant et des lumières extraordinaires. Je n'ai pas de mots pour décrire ce lieu les images parlent d'elles mêmes : Quelques huttes typiques sur la route : Et enfin à peine la tente posée à Djupivogur à l'entrée des fjords de l'est que le ciel nous offre un coucher de soleil à couper le souffle. Les lumières arctiques n'ont pas finies de me fasciner. A chaque saison elles sont différentes mais les couleurs sont toujours tellement incroyables. Malheureusement le lendemain le temps était très maussade. Une visibilité quasi nulle, beaucoup de brouillard, pas plus de 10C mais au moins le vent nous avait lâché ! Quel régal quand même lorsque j'ai enfin sorti la tête du brouillard au bout de plusieurs heures de route et que j'ai aperçu cela devant moi : Mais toujours des cascades sorties de nulle part, ici les Dettifoss au débit gargantuesque de 200m3/s : Des lieux inhospitaliers, un désert de pierres et de cendres, des volcans et pas un seul arbre (vous me direz cela ne change pas du reste du pays) ; j'admire les gens qui habitent ici à l'année même si ces lieux sont majoritairement dépeuplés. Les routes nous mènent ensuite aux abords du lac Myvatn. Les photos sont hautement réprésentatives de cette région : des champs de géothermie avec marmites de boues, fontaines de souffre, grottes à l'eau bouillante (celle de Game of Thrones pour les connaisseurs ) et champs de lave. Le temps n'étant pas terrible sur ces quelques jours on décide de filer rapidement vers les fjords du Nord-Ouest pour devancer le mauvais temps et profiter d'un peu de soleil. Sur la route nous faisons une halte vivifiante dans la péninsule du Vatnsnes. Un lieu très océanique avec ses colonies d'oiseaux et de phoques, ses plages et ses marées et ses landes battues par les vents. Au milieu de tout ça un rocher qui trône ici : le Hvitserkur, reste d'une ancienne coulée de lave. Les fjords du Nord-ouest s'offrent enfin à nous pour 4j. Des paysages de bout du monde avec des routes en assez piteux état par endroits, beaucoup de poussières et des fjords qui contrastent fortement entre la couleur de l'eau et de la roche. Ces plages caribéennes se partagent la mise avec des criques abritant de nombreuses sources chaudes forts agréables lorsque le soleil tombe... Des cascades majestueuses comme celles du Dynjandi (100m de haut pour la plus grosse) : Des plages de sable rosé... Avant de repartir plus vers le sud nous faisons une dernière excursion au Latrabjarg, vastes falaises abruptes tout à la pointe occidentale de l'europe. Ici des colonies de sterns arctiques, de goélands, de mouettes tridactyles et de macareux nichent sur les versants des falaises. Le fameux macareux moine que voici : Pour finir une photo prise au bout de la péninsule du Snaefellsnes au coucher de soleil (23h30 quand même à cette période de l'année, fin juillet) et les falaises d'Arnastarpi au sud du Snaefelljökull le fameux volcan qui inspira Jules Verne (pas celui qu'on voit sur la photo mais celui beaucoup plus gros qui se cache derrière dans les nuages ). En espérant que ces photos vous auront plu ! Ce pays est fantastique, quoique rude, mais je souhaite à chacun de pouvoir un jour s'émerveiller devant ses splendeurs.
  13. 46 points
    Bon pour détendre (que j'ai tendu le premier, mais comme trugll j'avais mal interprété t'es postes ces derniers jours @Virgile désolé comme je te l'ai dit en MP ) un petit résumé de la semaine jour par jour, pour la nostalgie . Et surtout se rendre compte de l'évolution... Avec le résumé des prévisions actuelles. Dimanche: Rien ne semblait exceptionnel avec un accord global des modèles et ensemble GFS-CEP, très ressemblant: Et là... les premiers espoirs apparaissent:. A noter c'est ressemblent aux previs actuelles Ca réveil les gros du forum et donnent quelques espoirs: Avec quelques pré sentiments de la part de ciel d'encre et virgile notamment. On préparait donc le pop-corn: Lundi: Citation de oragejuice: Les choses sérieuses commençaient, tout le monde était dans les starting-block d'une semaine de folie: Puis un premier CEP12z assez "dantesque" mais ce n'était que le début: Cependant le doute restait avec GFS et JMA et comme disait Toaz: Alors on surveillait... Sebb avait déjà des prés sentiments avec GEFS....: Personne ne réagit à son poste (il s'en alla 2 jours sans rien dire avant de revenir) et pourtant il avait bien raison: Mardi: Mardi matin ça évoluait plutôt bien à l'image du poste de oragejuice. Mais s'emballait-il trop vite? (comme bon nombre d'entre nous): UKMO évoluait bien aussi ça sentait bon on commençait à se réjouir: Le soir le doute toujours là à l'image du poste de nicolass, même si ça sentait bon: On se demandait donc si nous rêvions: Mercredi: Ecatombe! UKMO/GEM reviennent vers GFS. Et là... dans la logique du siècle GFS6z rejoint CEP: Et là c'est l'effervescence: Au point que les débats de la VDF 85 apparaissent. Sebaas comme ça: Comme je le dis dans l'un de mes postes (désolé de l’ego en mode auto citation ^^ c'est pas voulu) "la synoptique est trouvée. Mais d'énormes divergences apparaissent dès 96h". (On surveillera l'évolution du redoux du lundi qui aura été très dur à percevoir) Sans parler de l'ensCEP tournant autour des -10°C. Tout le monde était comme ça: Mais le soir les débuts d'un doute apparaissaient, avec AF sur UKMO/CEP. Tout le monde sous la peur: Et pourtant GFS 18z toujours aussi exceptionnel avec de la neige dans l'ouest le week comme CEP: Jeudi: Et le jeudi matin n est tous aux anges avec l'accord parfait des modèles! Juste un leger décalage à l'est à cause des péripéties précédentes exemple ARPEGE. CEP toujours énorme: Tout le monde est sur excité: Pendant que sky blue s’étouffe: Et le soir c'est le drame. Comme dit Giah. Même si ce n'était pas les seuls raisons: Mais tout le monde commence à avoir très peur: La VDF n'est pas remis en question heureusement mais c'est son intensité. CEP insiste: Vendredi: Citation de orage juice: CEP insiste en mode j'ai bon depuis le début, en mode OKLM (au calme): Alors que certains trollaient à mort par peur que ça se produise, au point d'un petit poste de sebaas: Mais le soir.... Comme disait Barth: Ou encore keke même s'il vient un peu rassurer: Sur le 18z des prémices de prolongement de la VDF apparaissent: On est un peu tous perturbé par tout ça: Samedi: Journée ou tout stagne un coup mieux un coup moins bien... Certains sont comme ça: D'autres pense que CEP est un diable car sur les 12z il devient le pire de tous: Puis les douceurophiles se réjouissent: Dimanche: On aurait pu penser que les modèles étaient à deux doigts d'en finir avec nous: Mais non quelques ouvertures à LT et des améliorations à CT. Donc qui sait: Même si certains comme sebb n'y croient pas une seconde: Toutes ces modélisations apportent quelques tensions mais rien de bien méchant dans le fond : Alors on verra bien ce que ça donne ce soir et peut être que: On verra la suite de GFS mais sur le CT il stagne un peu. Et ensuite on observe la fameuse dépression qui fou le bazar moins active et s'étend pas sur le flanc haut de la dorsale. A suivre... Ca semble bien compliqué quand même. Dur de savoir à quelle sauce on sera servi: Gugo.
  14. 45 points
    Bonjour, Semaine un peu plus douce et humide en vue globalement ! A grande échelle, on va se trouver dans un régime de dorsale atlantique. Les passages de talwegs froid d'altitude seront suivis d'autant de renouvellement de hauts géopotentiels sur l'Atlantique. Le premier talweg que l'on suit est pour la journée de mardi, il va réussir à franchir la zone de hauts géopotentiels se l'Atlantique aux pays baltes. Plus au sud, le bloc froid d'altitude sur l'Europe du sud-est continue de tournicoter, isolé, mais sans conséquences pour notre bout d'Europe occidentale. Après ce talweg, la dorsale atlantique s'affirme, un peu collante pour ceux de la façade ouest, mais en aucun cas on ne peut parler d'AF, cette bulle de fortes épaisseurs étant coupée de ses racines subtropicales. De ce fait, elle est mobile et "poreuse", et un deuxième talweg d'altitude va réussir à s'enfoncer sans peine sur le pays. Ce deuxième talweg est beaucoup plus dynamique que le premier, car associé à de l'air beaucoup plus froid en altitude. On devine l'esquisse de formation d'un vaste bloc froid d'altitude sur toute l'Europe centrale et orientale en fin de semaine prochaine, tandis que l'Hexagone resterait à la marge autant de ce bloc froid que de l'anticyclone atlantique. Dans ce contexte, un flux de nord-ouest bien perturbé devrait s'installer pour (au moins) quelques jours. En images, quelques vignettes commentées des anomalies Z500 de l'EPS à 72, 96, 120, 144, 168 et 216H. En terme de temps sensible, voilà ce que cela pourrait donner jour par jour: -Lundi : temps calme, modérément froid et souvent gris, avec de petites précipitations éparses sous la grisaille. Averses, de neige à basse altitude, entre Corse et Alpes du Sud. En soirée, une perturbation peu active aborde les côtes de la Manche avec un net redoux - Mardi : la perturbation se désagrège en progressant vers le sud et l'est, laissant place à un régime de traîne inactif. Les cumuls sont faibles à modérés. Avant l'arrivée du front chaud des phénomènes glissants sont à craindre sur un bon gros tiers nord-est du pays. Avant le front froid (soit au plus haut), LPN de 800 à 1800m des Vosges au Jura, jusqu'en fond de vallées là où la pellicule d'air froid aura résisté (Alpes intérieures par exemple). Après, des flocons sont possibles jusqu'à très basse altitude mais la traîne est inactive en plaine, un peu plus en montagne - Mercredi : nouvelle onde perturbée par la Bretagne en cours de journée, sous forme d'un vaste secteur chaud peu précipitant mais très doux. Ce serait la journée la plus douce de la semaine dans la moitié nord. - Jeudi : un peu moins doux que la veille au nord, le "pic" de douceur se décale au sud avec les restes du secteur chaud précédent -Vendredi : passage d'un front froid bien actif avec précipitations enfin copieuses, et limite pluie/neige en chute. - Week-end : perturbé, frais, humide, neige à basse altitude. A noter que le GFS redevient bien anticyclonique dans un flux d'ouest mou, alors que sur l'EPS, on reste en flux de nord
  15. 45 points
    J'ai toujours eu une certaine attirance pour les espaces sauvages des contrées nordiques, mais ce sont probablement les quelques séjours passés en fin d'hiver pour les aurores boréales qui auront attisé ma curiosité, au point de vouloir me lancer dans une exploration plus poussée. Après de longues recherches virtuelles par cartes, photos, vues aériennes, récits, j'ai jeté mon dévolu sur le massif du Kebnekaise, à l'extrême nord du pays. La choix de l'automne s'est imposée naturellement, étant la saison idéale pour offrir à la fois des couleurs magnifiques, des lumières douces, le retour des nuits avec l'espoir d'observer à nouveau ces fameuses "lumières du nord", des conditions météo encore raisonnables, et bien d'autres avantages. Bien entendu, automne dans ces endroits n'a pas tout à fait le même sens qu'en France. Là-bas, les couleurs arrivent dès la fin août, tandis qu'à la fin septembre, les feuilles sont déjà toutes tombées, et octobre marque l'arrivée de la neige et du froid. J'y aurais été pour cette fois du 6 au 15 septembre. Pour situer un peu le contexte géographique, le Kebnekaise est le point culminant de la Suède, et même si les altitudes ne sont pas extravagantes (2100m au plus), le massif étant situé à 68°N environ, soit juste au delà du cercle polaire, la latitude donne aux paysages un aspect résolument alpin et une belle diversité d'ambiances, des forêts boréales de fond de vallée jusqu'aux petits glaciers qui ornent la plupart des sommets. Le secteur jouit d'une notoriété relative, suffisante pour le rendre facile d'accès, mais assez limitée pour le laisser essentiellement sauvage. Sur des dizaines de kilomètres, il n'y aucune route, aucune habitation permanente. Les Samis, peuple autochtone de Laponie y ont encore un peu d'activité en été notamment avec l'élevage des rennes, et le tourisme est apparu progressivement à partir du XIXème siècle avec la création de quelques sentiers de randonnées, accompagnés de quelques passerelles et cabanes pour s'abriter. L'itinéraire le plus connu, la "Kungsleden" qui signifie "Voie Royale" en suédois, traverse le massif et va bien au delà, en étant largement balisé et aménagé. C'est d'ailleurs à partir de ce chemin que j'ai tracé mon itinéraire, en partant d'Abisko pour atteindre Nikkaluokta, un grand classique, mais en empruntant une large variante pour rentrer encore plus au cœur du massif. Voici une petite carte de l'itinéraire : Les plus curieux pourront également le consulter directement sur Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=6597546 Ou encore voir des cartes plus détaillées sur le géoportail suédois, en choisissant la couche "Fjällkartan" (qui signifie "Cartes de montagne") : https://kso.etjanster.lantmateriet.se/ Atteindre la Laponie depuis Toulouse ne se fait pas de manière très directe puisqu'il faut au minimum 3 vols différents, mais les presque 3000 km sont quand même franchis dans la journée. Grâce à l'anticyclone vissé sur une grande partie de l'Europe, le voyage offre de magnifiques vues sur les Alpes, l'Allemagne, la Baltique qui prend presque un air de Pacifique avec l'île de Bornholm : Si les températures restent encore tout à fait clémentes jusqu'à Stockholm, avec une belle soirée ensoleillée par plus de 20°C, le choc thermique est sensible à l'arrivée à 23h à Kiruna par un temps couvert et humide, et pas plus de 9°C. Après une courte nuit et les dernières emplettes de ravitaillement, j'embarque pour le train qui m'amènera à Abisko en un peu plus d'une heure. Ce petit village situé au bord de l'immense Lac Torneträsk a la particularité de posséder deux gares très proches, l'une qui dessert le "centre" et l'autre la station touristique, située en pleine nature au sein du parc national d'Abisko. Je descend à cette dernière qui permet d'accéder directement au début de la Kungsleden, marquée symboliquement par un portail en bois. On est immédiatement immergé dans la nature, en commençant à remonter le long du torrent, l'Abiskojåkka, situé dans une petite gorge au milieu de la forêt de bouleaux, entièrement en couleur d'or. La météo est pour l'instant bien maussade avec des petites gouttes, mais l'ambiance est déjà prenante alors que la gare se situe encore à quelques centaines de mètres à peine : Le sentier remonte le long du torrent qui est marqué par des rapides tumultueux, et à mesure que la journée avance, quelques éclaircies percent entre les faibles averses, laissant passer quelques rayons de lumière dans une ambiance contrastée : A ce stade, j'hésite encore entre continuer à remonter la vallée si les sommets restent trop bouchés, ou au contraire en sortir et prendre la direction des montagnes si le temps s'améliore un peu. Mais la faible hauteur du soleil dans le ciel tout au long de la journée fait oublier que l'heure tourne et j'opte pour la deuxième option afin de gagner un peu de vue. Un petit sentier secondaire me fait rapidement atteindre quelques replats où la forêt devient déjà clairsemée. Je m'installe pour une première nuit au milieu de "nulle part" avec aussi loin que porte la vue, uniquement des montagnes, de la forêt, et le grand lac situé au début du parcours. Le soleil se couche lentement et offre quelques couleurs entre les bandes de nuages bas : L'équinoxe approchant, les horaires des levers et couchers de soleil sont assez similaires à ceux de la France mais en revanche, le crépuscule dure une éternité, et il faut attendre plusieurs heures pour que le ciel s'obscurcisse réellement : de quoi m'installer tranquillement, prendre un bon repas chaud et réfléchir à la suite de l'itinéraire. A presque 23h, je jette un coup d’œil dehors ... et magie, elles sont là ! Timidement, je distingue quelques bandes pâles d'aurores boréales dans la trouée offerte par la vallée entre les nuages. Je me dis que le séjour ne démarre pas si mal. Ça n'ira cependant pas plus loin cette nuit, de nouvelles averses finissent par passer et le sommeil m'emporte. Le départ du lendemain se fera sans empressement, le rythme et la logistique ayant besoin d'un peu de rodage, mais j'ai la bonne surprise de constater que le plafond nuageux est remonté et m'évitera le brouillard pour la suite de l'itinéraire. Je continue de m'élever par une pente douce alors que quelques rideaux d'averses permettent de voir un bel arc-en-ciel à la mi-journée, chose que seule une telle latitude permet ! Un peu plus haut, la vallée de Ballinvággi que j'emprunte se ferme et prend des allures montagnardes avec une ambiance plus minérale, quelques prairies humides et déjà un petit glacier au fond, à seulement 1400m d'altitude. Le relief est très marqué par l'érosion glaciaire et permet une progression facile dans une vallée peu pentue, malgré l'absence de tout sentier depuis déjà plusieurs kilomètres. La météo continue d'aller dans le bon sens, et libère les sommets environnants qui ont une sympathique allure. La plupart des toponymes dans cette région viennent des Samis et sont donc tout à fait exotiques même pour les suédois. Il y a généralement deux transcriptions, l'une en suédois et l'autre en langue sami mais dans tout les cas la prononciation n'est pas très intuitive, comme pour le Tjåmuhas visible sur la photo : La journée se termine par le passage d'un col peu marqué entre le Hongá (gauche) et le Šiellacohkka (droite) dans un paysage encore un peu plus minéral, avec quelques mousses qui offrent des couleurs surprenantes : Juste après, la vue s'ouvre sur la vallée d'Alisvággi et les sommets situés en face, dont l'esthétique Kåtotjåkka reblanchi ces derniers jours. La fin de journée fut néanmoins longue, et le duvet chaud m'appelle sitôt la tente montée et la soupe avalée. Je m'éveille en milieu de nuit, alors que le ciel s'est pratiquement dégagé, et est traversé par une bande aurorale. C'est à nouveau assez faible, mais suffisant pour quelques images. Je reste une bonne heure dehors en attendant que ça démarre mais l'heure avance déjà bien, la grosse activité ne sera pas non plus pour cette nuit. J'ai aussi besoin de quelques heures de sommeil supplémentaires avant les précoces couleurs de l'aube qui sont magnifiques ce matin là ! Lentement, le soleil finit par émerger en laissant tout le loisir des contempler les sommets s'éclairer. Je plie bagage alors qu'un fin voile d'altitude gagne le ciel, et entame la descente dans la vallée qui dévoile toute son immensité. Il n'y a aucune trace d'activité humaine aussi loin que porte le regard. Un simple sentier invisible au fond, peut-être une ou deux cabanes perdues dans le lointain, voilà les ambiances dont j'avais rêvé, à présent j'y suis ! Une fois en bas je rejoins le sentier qui descend la vallée sur quelques kilomètres pour atteindre une passerelle. Il est d'ailleurs assez mauvais, traversant souvent des zones marécageuses, et fréquemment obstrué par une végétation arbustive dense à mesure que l'on perd de l'altitude. Une fois tout au fond, ce sont les ambiances typiques de la forêt boréale : bouleaux clairsemés, prêles, ... Ensuite, le sentier se perd presque complètement au passage d'une tourbière, il faut deviner où les herbes sont couchées et éviter de trop s'enfoncer dans l'eau. Mais finalement je finis par déboucher sur la passerelle, qui est elle de très bonne facture. Quand on se déplace dans ces secteurs, ces passages sont cruciaux car les cours d'eau forment vite des obstacle délicats dès que l'on s'éloigne des sources, et même infranchissables au delà d'une certaine distance. Il faut juste ne pas avoir le vertige car on se trouve plusieurs mètres au dessus de l'eau rugissante sur une structure souple qui ondule au rythme des pas ... Toujours ces eaux limpides et puissantes, également très fraîches ! Le sentier continue en face et s'engage dans la longue vallée de Mårma, rectiligne et régulière. Le voile s'épaissit lentement mais sûrement, puis quelques gouttes commencent à tomber très progressivement, une pluie qui semble partie pour durer. Ça n'empêche pas de profiter des touches colorées de la végétation qui se disperse beaucoup plus vite en flanc nord qu'elle n'était apparue en flanc sud. La fin de journée est assez monotone dans une ambiance de plus en plus sombre et minérale à nouveau, mais permet de bien avancer. Après un torrent, j'ai tout de même l'impression qu'il commence à être tard, et comme je tombe sur un beau replat d'herbe qui semble bien solitaire, je n'en demande pas plus pour le moment. La simple toile en tissu de la tente qui sépare le monde extérieur froid et humide de mon cocon chaud et sec paraît être à ce moment là un luxe fabuleux, mais je n'y songe pas bien longtemps avant de m'endormir car une grosse journée s'annonce pour le lendemain. Heureusement, au petit matin la pluie a cessé, et les lambeaux de brume se déchirent un peu pour laisser apparaître la vallée. Derniers préparatifs avant de lever le camp : Je passe la cabane de Mårmastuga, sympathique abri en bois de deux places où je parcours un peu le registre des visiteurs. Un randonneur me précède d'une journée, ce que j'avais deviné aux traces de pas fraîches dans la montée, sinon le coin semble peu fréquenté : tout au plus 2 ou 3 personnes par semaine ... Pas question de traîner toutefois, car le plus dur reste à faire : le passage du col de Mårmapasset ! Cette fois, ce n'est pas un simple "col plat" dans le prolongement d'une vallée glaciaire, car il faut entièrement s'extirper de la vallée pour redescendre de l'autre côté. Les 1600m d'altitude du passage le plus haut ne m'inquiètent quand même pas trop, mais le terrain s'avère plus difficile que je ne le pensais. Tout d'abord le flanc nord par lequel se fait la montée est assez raide, entièrement caillouteux, mais aussi entièrement humide avec de nombreuses mousses et lichens rendant l'ensemble tout à fait glissant. D'autre part je me retrouve vite durablement enfermé dans le brouillard, avec très peu de repères, le sentier n'étant plus présent à ce stade, les quelques cairns dispersés étant autant propices à se perdre qu'à s'orienter. Du glacier assez imposant que je côtoie, je ne verrai rien d'autre qu'une grande moraine et entendrai seulement quelques craquement sourds. Après quelques bons efforts, je parviens en haut dans une ambiance totalement lugubre et bien sûr toujours bouchée. Heureusement, la météo se contente du brouillard, et m'évite le froid et le vent, c'est déjà ça. Après le bref répit du col et son terrain plat, le pente bascule de l'autre côté et redevient totalement minérale. Je ne le vois pas encore, et le manque de détail de la carte ne me permet pas de l'anticiper, mais c'est un immense champ de blocs qui s'ouvre devant mes pieds, dans lequel la progression est lente et éreintante. Pendant des heures, j'erre littéralement sans repères et sans voir la fin de cet enfer qui commence à me rendre dingue ! Je parviens finalement à un petit lac et m'autorise une pause déjeuner très tardive en supposant avoir laissé derrière moi le plus dur. C'est à peu près exact, car peu de temps après réapparaissent des touches de terre et d'herbe, mais je ne suis pas pour autant au bout de mes peines car à présent l'orientation devient très périlleuse : il faut contourner de vastes crêtes peu prononcées qui auront raison de mon cap, et me décideront à sortir le GPS, que j'avais pris soin de préparer pour ce cas précis. Après toutes ces péripéties, je parviens à ma destination du jour, le lac Vássaloamijávri, qui par miracle m'apparaît tout juste sous le plafond des stratus. Quel soulagement ! J'aperçois brièvement la vallée qui se dessine en contrebas avant que la masse cotonneuse ne s'abaisse et noie à nouveau les environs. Mais après une telle journée, le bivouac ne pourrait pas être plus agréable. Quelques rennes intrigués par ma présence apparaissent près du torrent tels des êtres fantomatiques ... Le lendemain matin, dès les premières lueurs, je me précipite dehors à la vue du paysage débouché, et pour cause : le lac où je me situe constitue un balcon sur l'imposante vallée de Visttasvággi 400m en contrebas, offrant une vue qui me laisse bouche bée. Je grimpe sur le petit sommet qui domine le lac pour gagner encore plus d'horizon, et de l'autre côté, cette même vallée couverte de "moquette" végétale dorée, et dominée par les sommets enneigés de la vallée d'Unna Räita ... Le timide soleil joue avec les nuages de l'étage moyen tandis que les nappes de brumes vont et viennent en contrebas. Ce sera une des plus belles ambiances du séjour. Passé l'émerveillement du début de journée, retour à l'implacable réalité météorologique : les sommets voisins se coiffent tous un à un de nuages de plus en plus épais, à l'instar du Påssustjåkka : Je n'ai plus de prévisions à jour depuis le début, mais de toute évidence, ça n'évolue pas dans le bon sens. Les heures qui suivent ne feront que confirmer ce sentiment, avec un vent qui se lèvera assez rapidement et des nuages qui continueront à gagner du terrain à tous les étages, s'assombrissant dans une ambiance dramatique ! De l'autre côté du lac, une surprise m'attend car je découvre une tente : il s'agit du randonneur qui m'avait précédé au Mårmarstuga et qui a prolongé son trajet par un détour sur les crêtes quand elles n'étaient pas bouchées. Ça fait toujours quelque chose de voir quelqu'un après avoir été entièrement seul pendant presque 4 jours, d'autant que nous avons beaucoup à échanger, ce suédois étant un photographe passionné par le massif, et y est venu plus d'une dizaine de fois à toutes les saisons. Prenant la même direction, c'est l'occasion de faire un bout de chemin ensemble, où nous croiserons 2 autres randonneurs, donnant l'impression que c'est presque le retour à la civilisation ! Eux nous confirmeront définitivement le changement de temps, ayant eu des nouvelles fraîches, et même plutôt préoccupantes : une perturbation est prévue amener de la pluie de l'après-midi jusqu'au lendemain matin pour un cumul de 40mm, et surtout du vent très fort avec des pointes à 25m/s dans la nuit. Diantre ... N'ayant pas envie de tester cette fois la résistance de ma petite tente, j'avise un refuge qui se trouve à peu près sur mon trajet. En attendant, l'ambiance qui enveloppe à présent la vallée est délicieusement chaotique : des bandes nuageuses défilent rapidement d'aval en amont, on semble presque pouvoir les toucher, sous un plafond toujours plus sombre ! Je termine la descente et traverse sans trainer le Visttasjohka pour m'engager dans la vallée de Stuor Reaiddávággi, en ayant à peine le temps de manger avant le début de la pluie promise. Rien à voir avec la petite pluie légère de l'avant-veille, cette fois c'est une pluie beaucoup plus déterminée ... Mais la végétation humide n'en est que plus colorée, avec quelques rennes peu dérangés par cette agitation atmosphérique. Le sentier est cette fois tout à fait bon (c'est donc réellement plus civilisé !), et permet finalement de progresser assez vite en ayant l'avantage du vent dans le dos, qui pousse et garde le visage au sec. Avec ces conditions, la vue bien sûr n'est pas extraordinaire, mais pourtant, un pic surgit comme par enchantement des furieuses nappes de brumes qui remontent à toute allure : il s'agit du Nállu, sommet emblématique de cette vallée, dont le nom signifie logiquement "aiguille". A cet instant je réalise finalement que l'ambiance n'aurait pas pu être meilleure pour un tel endroit ! Je gagne ensuite facilement le refuge visé, le Nallostugan, qui est encore gardé pour la dernière nuit avant la fermeture de début d'hiver. J'y suis accueilli chaleureusement par la gardienne qui a du passer pas mal de saisons ici, et 4 randonneurs aguerris, 2 suédois et 2 danois avec lesquels on ne voit pas la soirée passer, attablés près d'un bon poêle chaud et éclairés par les bougies, pendant que la météo se déchaîne dehors. C'est l'occasion de glaner plein d'infos pour la suite de mon trajet ! De toute évidence, je dois modifier me plans car non seulement la météo m'a retardé, mais de plus l'un des cols que je comptais emprunter est bloqué par une plaque de glace. Je choisis donc de rejoindre la Kungsleden plus à l'ouest, ce qui rallonge la distance mais permet d'avancer de manière sûre et rapide. Après une nuit qui ne me fait en rien regretter le choix du refuge, dont toute la structure en bois craque sous l'assaut des rafales, le départ du matin n'est pas évident alors que l’amélioration est timide. Mais il y a du chemin, je finis dont par me lancer dans la pluie intermittente et sous quelques assauts venteux résiduels. Les sommets sont bien bouchés mais le temps s'est rafraîchi et la neige est descendue vers 1400m pendant la nuit. Finalement le temps devient progressivement plus sec à mesure que j'approche de Sälka, et le paysage n'est pas non plus inintéressant dans cette ambiance nuageuse : Après Sälka, je retrouve comme attendu la Kungsleden qui fait figure de vraie "autoroute" à randonneurs, non pas par la fréquentation, même s'il est vrai que j'y croise un peu plus de monde, mais surtout par les aménagements : du balisage régulier, aux nombreuses passerelles et planches de bois pour franchir les zones trop humides. La vallée est nettement plus large ici mais offre encore de belles vues, avec la rivière qui se perd souvent dans de nombreux bras. En fin de journée, je prends un raccourci qui me met déjà dans la direction de Nikkaluokta et me fait remonter un peu, tandis que le soleil offre sur la toundra un des rares rayons de la journée : La soirée restera malheureusement un peu trop grise pour espérer apercevoir des aurores boréales, le froid vent de nord-ouest rabattant les nuages venus de la mer contre les montagnes. Au matin, les nuages d'étage moyen remplacent les nuages bas, mais sans prendre d'allure menaçante cette fois. La vue porte sur le Rusjka avant de continuer plus à l'ouest. Le paysage devient temporairement plus encaissé, alors que le sentier change de versant : Il débouche ensuite sur la vallée qui se trouve au pied du Kebnekaise, et sa montagne emblématique, le Tolpagorni. Je passe la station touristique du Kebnekaise qui marque pour le coup un vrai premier retour à la civilisation, avec plusieurs bâtiments, du monde, la ligne électrique, l'hélico, mais les paysages sauvages n'ont pas encore dit leur dernier mot. Pour la dernière nuit, je remonte de 600m sur la crête qui domine la vallée de Darfálvággi, afin d'avoir une vue sur ce fameux "toit" de la Suède et ses différents glaciers. L'effort est récompensé par quelques belles couleurs au couchant. Pendant la nuit, j'aperçois quelques lueurs aurorales mais trop faibles et basses sur l'horizon, d'autant qu'un voile persiste dans le ciel, ça ne vaut pas le coup de sortir l'appareil photo. Au petit matin, un bref pinceau de lumière rouge éclaire tout de même les sommets : On aperçoit bien le fond de vallée avec le lac glaciaire, le refuge et également la station scientifique. Une station météo est d'ailleurs implantée à cet endroit, dont on a la chance d'avoir les relevés en temps quasi réel (http://www.infoclimat.fr/observations-meteo/temps-reel/tarfala/02029.html). Le coin est réputé pour ses vents tempétueux, probablement liés au déferlement des vents d'ouest sur les crêtes, peut-être amplifiés par la présence des glaciers. Après ces premiers rayons, il est temps de plier bagage rapidement car il y a du chemin avant le bus en fin d'après-midi. Ça n'empêche pas de profiter des belles ambiances calmes de fond de vallée, avec de nombreux lacs qui bordent la rivière. L'air est parfaitement calme en bas alors qu'un vent s'était levé au bivouac, et j'ai également perdu plusieurs degrés dans la descente. Cette petite inversion d'automne me laisse deviner l'intensité des puissantes inversions hivernales dans cette grande vallée plate, dans la nuit polaire et lorsque tout est couvert de neige. Dans le village de Nikkaluokta situé quelques kilomètres plus loin où mon trajet se termine, il y a également une station météo (http://www.infoclimat.fr/observations-meteo/temps-reel/nikkaluokta/02036.html) qui relève chaque hiver une Tnn aux alentours de -40°C. Le record y est de -50°C ! On en est très loin à ce moment-là puisque c'est plutôt la douceur pré-frontale qui domine, et une Tx de +16°C qui me semble vraiment agréable. De quoi jeter un dernier regard vers les montagnes, alors que le chemin est à nouveau entouré de ces forêts dorées. A 15h, j’atteins le village, fatigué mais heureux, après ce périple de 7 jours et 125 km ! Le retour en bus vers Kiruna se fait sous le front froid, dans un paysage bien plus plat, de lacs, forêts et tourbières entièrement en parure d'automne mais pourtant bien lugubres sous la pluie battante. Une fois à Kiruna, le front passe finalement assez vite et le ciel devient limpide et peu nuageux alors que la nuit tombe, et par chance l'activité aurorale s'annonce un peu plus marquée que les derniers jours. Je ne peux pas quitter la ville, mais une très belle aurore passera dans le ciel pendant une petite dizaine de minutes, très bien visible depuis le parvis de l'église malgré la pleine lune et les lumières urbaines tout autour. Un magnifique bonus de fin ! Après une courte nuit, et un frisquet 2°C sur le tarmac, l'avion s'élève au dessus de la Laponie baignée par la lumière rose du petit matin. Au loin, je reconnais une dernière fois les sommets où j'étais la veille, au-delà les longs alignements de la route de Nikkaluokta ... Ainsi s'achève ce séjour qui m'aura vraiment marqué, à la fois exigeant physiquement, certains passages étant plus difficiles que ce que j'avais imaginé, mais dans des paysages encore plus prenants que ce que je pensais. J'invite vivement tous les passionés de grands espaces sauvages à considérer un tour dans la région, un des derniers secteurs d'Europe presque intact, pourtant dans un des pays les plus modernes, un des endroits les plus reculés et inhospitaliers, et pourtant si facile d'accès !
  16. 42 points
    Si on t'écoute, au fil des posts, on va finir par atteindre 50°c sous abri ^^... Il faudrait essayer d'étayer tes propos de cartes, d'illustrations, d'un argumentaire. Sinon, ça reste au stade de l'exclamation.
  17. 42 points
    Je trouve le forum particulièrement sage après la sortie du CEP ! Alors même s'il est complètement utopique de croire directement en sa sortie, il a quand même son pesant de cacahouètes ce CEP ce soir ! D'ailleurs sur cette sortie il y en a vraiment pour tous les gouts... - les douceureuphiles pour le tout début de son échéance. - les tempêtophiles pour la toute fin de semaine - les pluviophiles car c'est une séquence bien perturbée qu'il propose là ! - les hivernophiles en fin de période tellement il est glacial - les neigophiles en toute fin de run entre dépression Atlantique creuse et air glacial continental - les cartophiles pour archiver sa dernière échéance tellement elle est esthétique, encore plus qu'en 2012 J'ai rarement vu un run aussi parfait et donc pour cela, on ne peut s'attendre qu'à pire parce-que mieux, c'est vraiment compliqué à obtenir ! Une sortie splendide mais ô combien idéaliste !
  18. 42 points
    Bonjour à tous, Comme vous le savez certainement ici, l'hiver a frappé assez fort pour un premier coup. Outre les quelques flocons apportant un soupoudrage anecdotique donc je ne vous ferais pas l'offense de montrer, ce sont les montagnes jusqu'à moyenne altitude qui ont été le plus sévèrement touchées avec des hauteurs de neige supérieures à 30cm dès 1000/1200m sur la plupart des massifs de l'Est. Profitant d'un week-end de trois jours tombant pile sur le plus fort de la dégradation, je prends la route des Vosges vendredi, alors qu'un front froid suivi d'une traîne active plâtre copieusement le massif... -cliquez sur les photos pour une résolution optimisée- La LPN est particulièrement stable et donc bien délimitée, rien à 850m, plus de 20cm à 1000m! L'arrivée au col de la Schlucht vers 16h30 se fait dans des conditions épiques: vent, brouillard et neige soutenue sont au rendez-vous, la neige et le givre recouvrent tout, même les fenêtres... Quelle entrée en la matière! 1] La couche de neige avoisine facilement les 35cm. 2] ...Et la végétation croule sous le poids de la neige! 3] Tout cela est de bon augure pour le lendemain. La nuit tombe vite et m'empêche de continuer ma petite balade. Le lendemain donc, le ciel se dégage plus ou moins dans une ambiance bien hivernale. Direction la route des crêtes! Petit arrêt au niveau des chalets du Haut Chitelet, 1240m. Le paysage est juste somptueux. 4] Un peu plus loin, j'arrive aux chalets du Pâquis des Fées (appelés maintenant "pied du Hohneck"). Le paysage est toujours aussi beau et hivernal, la vue porte sur la vallée de la Vologne 5] L'ascension prévue est courte (à peine 118m, ce qui n'est pas énorme même pour un habitant des plaines tel que moi ) mais le paysage y change radicalement du fait de l'exposition et de l'isolement des sommets. Dès les premières dizaines de mètres, les arbres se raréfient et la neige devient brossée. La couche de givre augmente significativement. 6] Col du Wormspel (1263m), l'impression est déjà beaucoup plus montagnarde sur le versant Alsacien. Une mer de nuages recouvre la plaine d'Alsace (oserais-je dire comme d'habitude? ). 7] Cette petite moquerie m'aura coûté cher. D'un coup, les cumulus poussent sur la crête et envahissent tout! 8] Le sommet du hohneck est proche et encore dégagé. Le givre s'épaissit encore et atteint entre 5 et 10cm d'épaisseur. 9] L'espoir est futile car le ciel se bouchera définitivement quelques minutes plus tard. D'un point de vue photographique, cela reste très intéressant avec de belles ambiances fantomatiques aux teintes métalliques. 10] Givrage conséquent sur les rochers. 11] Un peu plus loin, la fameuse corniche Vosgienne se dévoile. 12] Au sommet, l'ambiance est quasi-polaire avec un brouillard à couper au couteau mais le ciel bleu jamais bien loin. La neige soufflée décore le sol tandis que le refuge est gainé d'une coque de givre et de neige. 13] Version plus nuageuse. 14] Vue de la face nord et ouest. 15] Après cette excursion assez dépaysante malgré la faible distance, je redescends, toujours accompagné de cette ambiance bien particulière. 16] Direction la face est des crêtes, bien plus abrupte et permettant à la neige de se déposer sans vent... L'occasion de fouler une bonne poudreuse! Il fait -2°C mais la fraîcheur est insensible grâce à l'absence de vent. Ici, le Lac Blanc (environ 1050m) surplombé par le Rocher du Château Hans (environ 1220m) 17] Ces premières neiges d'automne à moyenne altitude ont un avantage: les lacs ne sont pas gelés et permettent des photos que l'on ne pourrait pas réaliser en hiver faute de reflets. 18] A l'opposé du lac, un chemin de rando hivernale se perd dans la forêt et invite à l'évasion... Tout à fait ce que je recherchais! 19] A cette altitude, les dernières couleurs d'automne sont encore présentes offrant de beaux mélanges de couleurs. 20] Les sapins restent bien droits tandis que les feuillus retardataires ploient sous la neige pourtant légère. 21] Une dernière prise entre les sapins. 22] Le lendemain matin, le redoux est présent avec +2°C de la vallée de la Vologne jusqu'au sommet du hohneck, la température est particulièrement homogène sur cette tranche d'atmosphère... Donc le redoux se fait sentir! Je monte une dernière fois au sommet avant de rentrer pour profiter du panorama qui sera nettement plus dégagé que la veille malgré le ciel couvert. Banc d'altostratus sombre et menaçant sur un paysage de neige très clair. L'ambiance est assez oppressante. 23] Grâce au front chaud, l'air est très sec à moyenne altitude et la visibilité porte loin. Depuis le col, la Forêt Noire semble à portée de main... La plaine d'Alsace baigne encore dans le stratus. 24] Givre en drapeau d'une dizaine de centimètres d'épaisseur. 25] Voire même la quinzaine sur les poteaux proches du sommet. 26] Vue de la corniche. 27] Depuis le sommet, la limite d'enneigement et les couleurs d'automne sont cette fois bien visibles. Les contrastes sont magnifiques! 28] Je finirais sur la route des crêtes avec ces drôles d'escargots de neige. Ils se forment avec les paquets de neige tombant des arbres et roulant sur la pente. Leur formation est relativement peu courante car elle nécessite une neige à la fois humide pour que l'adhésion soit efficace mais aussi légère pour qu'elle puisse s'enrouler sans retenir le paquet dans le manteau neigeux. Il semble qu'une couche sous-jacente de poudreuse soit aussi importante, l'épaisseur de neige humide correspondant à l'épaisseur de l'enroulement. 29] 30]
  19. 41 points
    Puisque tout le monde en parle et beaucoup y reportent leurs espoirs, il est temps d'ouvrir ce topic hebdomadaire. J'en profite pour vous souhaiter à tous une très bonne année 2017 (on croise les doigts pour qu'elle ait + d'intérêt météo que la précédente!), et vous remercie de la qualité des échanges lus depuis le début de cette "période hivernale" - ne changez rien, vous êtes au top! Et puis je vous invite également à jeter un œil à la Newsletter éditée par l'Association en ce 1er janvier, début de la campagne d'adhésion pour 2017: on compte sur vous pour rejoindre les petits hommes verts, ceux qui par leur cotisation annuelle de 19€ (déductible au 2/3 des impôts!) permettent au site et au forum d'exister, le tout sans publicité: http://forums.infoclimat.fr/f/topic/51188-lettre-dinformations-et-vœux-2017/
  20. 41 points
    Petit HS Je tiens à remercier et à féliciter Gugo pour ces interventions imagées et pédagogiques, c'est un régal. J'ai beau parcourir le forum depuis plus de 10 ans, j'ai toujours autant de difficulté à appréhender l'art de la prévision. Mais là je dois avouer que tout est plus clair, du moins pour les grandes lignes. Les autres ne sont pas en reste bien-sûr, la qualité est là, mais à un autre niveau de compréhension, un niveau qui m'échappe (pour le moment) En tout cas, continuez comme ça, c'est un vrai plaisir.
  21. 39 points
    Bonsoir, Semaine atypique d'un point de vue synoptique, et passionnante. Après le coup de vent de la nuit de samedi à dimanche, on va se retrouver dans une situation de fort flux de sud à l'avant d'un profond talweg, qui évoluera rapidement en cut-off sur la péninsule ibérique. Au lieu de s'évacuer vers l'est ou de se combler sur place, il va persister toute la semaine en maintenant un profond cyclonisme à l'étage moyen. Pour illustrer, les anomalies de Z500 pour lundi, jeudi et dimanche selon ECMWF. A noter qu'il y a assez peu de dispersion sur le centroïde de bas géopotentiels sur la péninsule ibérique, c'est même un des endroits où il y en a le moins, signe d'une bonne fiabilité à grande échelle. L'écart-type plus important sur le nord de l'Atlantique sur l'IFS en fin d'échéance (non montré) concerne l'évolution d'un morceau de vortex troposphérique, ce qui n'a, pour la semaine en question, aucune influence en France à l'échelle synoptique. On est donc dans une situation NAO- du point de vue des régimes de temps, avec des bas géopotentiels durables sur le Portugal et de plus fortes épaisseurs que la normale au voisinage de l'Islande. Ce régime est favorable à la mise en place de conditions perturbées sur le pourtour méditerranéen, d'autant plus à cette période de l'année où l'apport en eau précipitable depuis la mer est important. Par la suite je vais illustrer avec GFS (notamment en ZT 500 et thetaE/Pmer), proche de CEP, mais ce n'est pas un scénario à prendre au pied de la lettre. On part donc sur un temps perturbé en flux de sud rapide sur l'ensemble du pays en début de semaine. La cyclogénèse proche de la Bretagne ne devrait pas causer trop de problèmes en terme de rafales, l'interaction entre la tête d'onde en thetaE et le jet n'est pas optimale. En revanche, elle s'accompagnera d'un potentiel pluvieux important, et ce sur tous les secteurs privilégiés en flux de SW d'altitude, à savoir Cévennes bien entendu, mais une grande partie du sud-est en général, ainsi que sur les crêtes des Pyrénées. Le Roussillon et l'ouest du Languedoc étant un peu plus à l'écart. A l'ouest, l'air froid d'altitude gagne, mais avec la persistance d'air plutôt doux au niveau du sol, quantités d'eau importantes à prévoir également au plus près de l'occlusion de surface (à noter d'ailleurs que ARPEGE modélise de la neige en plaine sur la face nord de l'occlusion entre le sud-ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles, non ce n'est pas un bug). Avec le comblement de la dépression sur les îles britanniques, la situation est un peu moins agitée sur le nord-ouest du pays mardi, en revanche la façade est reste soumise aux remontées douces et humides depuis la Méditerranée. On notera une déformation du jet, ce qui conduira à une cyclogénèse modérée entre le bassin méditerranéen et le nord du pays. L'air doux de basses couches étant repris par l'enroulement, c'est une situation favorable à la neige à basse altitude sur le quadrant nord-ouest de cet enroulement, où l'air froid de basses couches se maintient, cf T850 proche de 0. La petite dépression de surface remonte en pivotant vers le nord du pays. Pluies à nouveau modérées en vue dans son sillage, en particulier sur son bord est, et bien entendu sur les Cévennes et la vallée du Rhône, ainsi que sur la plaine du Languedoc, avant cela un peu épargnée par les fortes pluies. Chose atypique, l'anomalie de surface en question est ensuite rejetée vers l'ouest au large de la Bretagne, puis refait le tour du minimum de hauts géopotentiels. GFS n'a pas la berlue avec ce scénario, esquissé aussi avec le CEP. La dépression au large de la Bretagne, c'est bien la même que celle 24h avant près du Golfe du Lion Près de la Méditerranée, on note un important refroidissement d'altitude depuis l'Espagne, qui gagne vers les Pyrénées et toutes les régions au sud de la Loire. Dans le même temps, les advections douces se poursuivent avec un flux pivotant à l'est, les fortes plages de ThetaE sont alors rabattues sur le Roussillon pour le week-end. La situation devient alors un cas d'école des fameux "aïgats" catalans, avec ici comme cadre particulier une LPN assez basse vu la résistance probable de l'air froid. Si la situation reste en l'état, les cumuls en fin de semaine sur les PO seront autant voire plus à surveiller que ceux de l'Ardèche. Vu le "ficelage" à l'échelle synoptique, ce n'est pas pour rien que j'ai utilisé le qualificatif "passionnant" pour la semaine à venir, j'ai un faible pour les excès climatiques des PO (désolé pour le régionalisme). Pour résumer cette semaine: - peu d'endroits en Méditerranée ne devraient être épargnés par les forts cumuls - persistance d'un gradient ouest/est inversé, les effluves d'air doux gagnant souvent la moitié est - cela a des conséquences pour l'enneigement en montagne, puisque les Alpes du Nord intérieures seront soumises au foehn en début de période, les AS et éventuellement les préalpes dans le même temps à des pluies abondantes avec une LPN élevée. Les Pyrénées semblent tirer leur épingle du jeu, à affiner car ça pourrait franchement être du très lourd en fin de semaine sur l'est de cette chaîne. Quant aux autres massifs de moyenne montagne, le Massif Central devrait être plus chanceux que le Jura et les Vosges où ça sent le lessivage à plein nez. - en ce qui concerne les sensations hivernales et en particulier la neige en plaine, la situation n'est à première vue pas favorable. On se méfiera des averses de grésil/neige roulée dans la traîne lundi sur le nord-ouest, sachant que les chutes temporaires de neige au nord de l'occlusion ne seraient pas très loin au nord. Deuxième situation à surveiller, c'est la remontée de l'anomalie de Pmer jeudi, avec possible neige à (très) basse altitude du Limousin à la Basse Normandie.
  22. 39 points
    Bonjour bonjour, Il y a quelques semaines, j’ai eu l’idée de m’occuper un peu (en attendant l’hiver) en faisant quelque chose d’humoristique pour le forum avec des GIFs. Aussi ne pensez pas à une reprise d'idée à 13V, on m'a avertit de son post d'il y a quelques années, je l'ai prévenu en MP, il est totalement ok! J’espère que cela vous plaira (second degré ). Au passage un merci au deux personnes qui m'ont un peu donné leurs avis mais qui ne veulent pas être cité : Les modèles : La rivalité GFS-CEP: GEM lui fait bande à part … …Et UKMO lui fait l’arbitre : Le temps en général et nos réactions au temps: Quand les hivernophiles repensent à l’hiver décembre 2010 - février 2012…. Quand on a la première gelée de l’hiver : Quand une dorsale pointe le bout de son nez en atlantique Puis quand elle s’écroule aussi tôt sur la France Quand il y a un épisode extrême sur le forum (je vous laisse identifier qui est qui ) : Quand la chaîne météo parle du futur petit Age glacière et tout et tout Les membres du forum : @Sky Blue quand il fait chaud l’hiver : Quand @cédric du Lot est content de son post sur le forum LT et qui l’exprime sur le tchat …Ah j’avais oublié en vérité ce n’est pas cedric qui fait les postes mais… Quand @ggdu19 et moi ont voyait le moindre symptôme de froid l’hiver dernier…. Les hivernophiles quand il y a une VDF …par contre @fonkytiempo… Quand on essaye de comprendre le @Nanuq Quand on cherche un post de @gugo sans fautes d’orthographes Quand @zonal 45 revient l’hiver après l’été @Sebaas en hiver : Quand Sebaas te site sur le topic LT: Quand Sebass n'est pas d'accord avec un post orienté de Gugo... (je vous laisse deviner qui est qui ) Quand j’ai vu la longueur du premier poste de @TreizeVents sur le topic hiver 2016-2017… …Après l’avoir lu Si @Run999H n’est fortement pas d’accord avec quelqu’un sur le LT : Quand @hermouparis arrive sur le tchat une fois que j’y suis #lesdeuxpremeirs Si @OrageJuice33/40 est fâché envers quelqu’un ça peut se termine comme ça : Quand @momo4850 post des cartes qu’il n’a pas le droit de poster sur le forum: Quand @34280 arrive à trouver un micro endroit avec des températures à 30°C sur des cartes de températures 2M à +192h IC après avoir vu ce post de gugo J'espère que ça vous a plu. J'ai pas pu faire tout le monde désolé pour faute de post trop lourd Gugo. Merci à @Elurra qui m'a donné la solution pour citer les gens dans les phrases car sur PC je ne réussissais pas.
  23. 38 points
    Quelle superbe journée ! Randonnée du col des Annes jusqu'au refuge du Gramusset dans et sous la neige, un vrai plaisir ! Départ du col des Annes à 1720 m ce matin avec un peu de neige : Dès 1900 m la couche est plus épaisse et quel plaisir de faire ma trace sur le sentier recouvert d'or blanc : A la faveur d'une trouée, une partie de la chaîne des Aravis se dévoile : Et voici l'autre partie : La pointe percée où je n'irais pas vu les conditions : Peu avant l'arrivée au refuge sous la neige, j'en profite car rien ne nous dit que l'on en verra en région parisienne cet hiver ! Après une bonne journée de randonnée, il faut se restaurer, départ vers la Clusaz et de belles couleurs au coucher du soleil :
  24. 38 points
  25. 38 points
    "NE LISEZ PAS CE TOPIC" que je transformerais en "LISEZ CE TOPIC CORRECTEMENT" chose que tu n'as pas su faire et que tu ne sais à priori toujours pas faire. Je te trouve bien présomptueux de penser que tu rallies tout le monde à ta cause mais justement il serait bon de te relire très cher puisque tu te trahis. Oui tu es hivernophiles, oui tu n'es venu ici que pour te réconforter sur des prévisions hivernales et tres certainement OUI tu n'as lu que ce qui t'intéressait. Forcément on tombe de haut. Bref, c'est bien le message complètement cretin qui n'a pas de sens, n'a pas d'intérêt, est juste là pour vexer parce-que oui tu es venu uniquement là avec ce seul but et qu'en effet je me demande bien ce que tu viens foutre ici tout simplement.
  26. 37 points
    Situation début octobre pour l’hiver Où en sommes-nous début octobre ? C’est LA question qui tourmente tous les hivernophiles qui réapparaissent de plus en plus. Nous avions une situation assez favorable tout début septembre quand on prenait les indices mais en sommes-nous toujours là ? Les derniers postes plus ou moins sceptiques ont-ils déjà commencé à enterrer notre hiver ? Ou bien gardons- nous dans nos tête trop le négatif ? Voilà toutes les questions que bon nombre d’entre nous, nous nous posons. Un mois après un premier bilan de tendance, je vous propose un nouveau bilan. Malgré que le réchauffement climatique détraque le climat et donc les indices (comme l’avait démontré 13V il y a une semaine) qui sont pour rappel basé sur des statistiques du climat, ce n’est pas pour autant qu’il faut arrêter la prévision saisonnière et penser que tout est faussé. C’est surtout la progression de la fiabilité qui a bien augmenté ces dernières années, qui a maintenant plus de mal à augmenter à cause de ce facteur externe qui est le réchauffement. Alors malgré ça nous allons voir ensemble où en sont les choses dans la prévision de notre hiver tout en gardant une part de réserve comme toujours sur les prévisions des indices. I/ Les acquis déjà présent il y a un mois : On va tout d’abord faire un tour rapide de tous les acquis que nous avions, car on en parle peu vu qu’ils sont acquis alors que pourtant ils ont tout autant leur importance (voir plus) que les points non acquis. 1°) Le QBO : Nous allons passer notre hiver sous un QBO- sauf si l’on a une grosse surprise : 2014 : 13.13 12.68 11.72 7.15 -2.81 -13.98 -19.29 -21.64 -23.24 -23.86 -23.65 -25.38 2015 : -26.70 -28.62 -28.15 -24.38 -12.33 2.18 7.45 10.97 12.07 13.38 12.79 11.39 2016 : 9.34 6.77 3.16 0.64 2.37 3.86 6.25 10.07 10.48 12.83 14.16 15.09 2017 : 14.92 14.78 14.35 13.88 8.01 -3.18 -10.48 -14.42 Et pour rappel le QBO- revient à la tendance de NAO-, donc indice favorable pour notre hiver. Même si pour rappel, ce n’est pas un gage automatique comme pour tout indice il y a une part d’échec surtout en Europe de l’ouest à l’exemple de l’hiver 2014-2015, QBO- fort et pourtant l’hiver n’a pas été si joli…. Mais cet indice est favorable et on ne crache pas dessus ! 2°) Activité solaire : On a une activité solaire en diminution mais encore haute favorisant une tendance au NAO+ au niveau de la réception des particules. Mais au niveau du pic du nombre de tache on a un schéma qui favorise plutôt un NAO- en France étant en année lag5- yr 3°) La TNA : Cette année nous sommes sous TNA+ ce qui donne un secteur tropical dans l’atlantique chaud et la TNA+ a tendance à favoriser les schémas NAO- : Pour plus de détail je vous invite à aller voir des postes anciens de membres du forum qui expliquent tous ces indices où en page 1 où j’explique plus en détail les prédictions. Quand on fait le bilan c’est clair et net 4 indices (4 car il y en a deux dans le solaire) et l’on a 3 de ces 4 indices favorables à un NAO- contre un au NAO+. Avantage au NAO- et donc aux conditions froides et possiblement neigeuse en France donc. II/ la Nina c’est presque acquis ! Semaines après semaines et réactualisation après réactualisation. On tend vers au moins une légère Nina de -0.8°C/-0.9°C vers novembre décembre. En effet quand on regarde les modèles de prévisions on se retrouve vers cette tendance : CEP (en noir moyenne des scénarios que j’ai réalisé) : Panel multi modèle avec le modèle MF qui voit une Nina à -1°C : BOM qui voit également une Nina à -0.8°C Et enfin CFS qui est le plus intense de tous les modèles: On a donc bien la tendance à une Nina en novembre-décembre mais qui devrait se prolonger jusqu’à janvier. En février la Nina devrait disparaître et revenir dans le neutre. C’est exactement les premières tendances que l’on pouvait donner il y a un mois. On observe donc pour rappel qu’une Nina est favorable en Europe à un NAO- d’octobre à décembre. A partir de janvier ceci devient défavorable : Donc encore un facteur favorable au NAO-, hormis en janvier (février n’étant pas touché par cet épisode selon les prédictions) et pourrait favoriser aussi les tendances à un hiver précoce avec un novembre sous Nina. Un voyant de plus au vert pour ceux qui ont peur de la patate en décembre… III/Le vortex polaire : On ne se la cachera pas le VP va mieux que nos dernières années petite comparaison : VP prévu le 7 octobre : VP le 7 octobre il y a un an : La différence est visible. Cependant cela n’empêche pas que l’on reste quand même au-dessus des normes sur l’arctique à z500 mais c’est bien moins grand que ces dernières années : Mais quand on regarde à TLT on voit bien qu’il aurait tendance à s’intensifier correctement sur plus des ¾ des scénarios, même sur les scénarios où il y aurait un anticyclone qui viendrait se poser en plein centre du VP (qui favorise les inversions en basse couche, ce qui est positif). Sur la rotation autour les BPs seraient particulièrement basse à côté des dernières années : L’année passée on avait ça, un VP bien plus faible: On va pas aller jusqu’à dire qu’on retrouve des schémas du passé mais on a une amélioration cette année et on ne crachera pas dessus, donc on pourrait quand même bien avoir une réserve de froid et un VP plus consistant à côté des dernières années… ce qui est un avantage de plus. Mais attention, si rien ne provoque des pulsions anticycloniques alors un VP consistant favorisera un NAO+. Mais dans le cas contraire où il y a du mouvement au niveau des HPs, un VP intense sera donc plus favorable pour nous. IV/ Mais le risque c’est que les dernières années sont favorable au zonal…. Comme l’a démontré 13V (voir en page 4), notre hiver semble favorable à une dynamique zonal quand on suit les tendances des dernières années : Donc avec un VP plus fort-cycle zonal fort, celà pourrait bien favoriser un NAO+. On peut mettre une nuance cependant, on voit que les pics ne sont que rarement long et on arrive sans doute en bout de course de ce pic d’intensité, à moins qu’il monte encore dans les années à venir…. Mais dans l’autre cas il pourrait entamer sa chute et on le voit que régulièrement les chutes sont particulièrement rapides. Mais ce n’est qu’une pure hypothèse. Il pourrait très bien continuer à monter. Il vaut mieux donc garder la conclusion avant ce paragraphe n’étant sûr de rien, tout en sachant que septembre aura été particulièrement zonal : V/ L’enneigement en Sibérie On observe que l’enneigement semble effectivement en avance sur l’est de la Russie. L’indice d’enneigement en Sibérie marche à partir du moment où la neige est sous la ligne rouge: Pour un tout début octobre c’est quand même assez notable d’avoir des secteurs enneigé comme ceci. Un facteur de plus donc favorable même s’il n’est pas encore validé. VI/Les statistiques de septembre : Pour rappel quand on fait les statistiques climatiques des températures de septembre puis des hivers (80-10) : - On a 9 situations où l'on passe d'une anomalie négative en septembre à une anomalie positive l'hiver -On a 8 situations où l'on passe d'une anomalie positive en septembre à une anomalie négative l'hiver -On a 5 situations où l'on passe d'une anomalie positive en septembre à une anomalie positive l'hiver -On a 6 situations où l'on passe d'une anomalie négative en septembre à une anomalie négative l'hiver Donc quand septembre est négatif on a 60% de chance que l'hiver soit au-dessus des normes et 40% de chances que l'hiver soit en dessous des normes. On aura eu un mois de septembre 1°C en dessous des normales ce qui est notable. Et on note que très souvent quand septembre atteint les -1°C d’anomalie, quand l’hiver est au-dessus des normes c’est très souvent de +1°C au-dessus des normales. Donc clairement une situation qui n’avantage pas vraiment un hiver froid. VII/ Le vortex polaire stratosphérique On observe depuis de nombreuses modélisation CFS un VP stratosphérique particulièrement faible par rapport à la normale en novembre c’est clairement non négligeable. Et le QBO- d’ailleurs n’y est surement pas pour rien. On va prendre l’exemple des 3 dernières années au 15 novembre le milieu de mois, qui représente un peu la moyenne du mois. 15 Novembre 2014, -80°C au centre : 15 novembre 2015, -76°C au centre : 15 novembre 2016, -80°C au centre : On tourne donc vers les -78°C en général en novembre. Et puis pour notre novembre 2017, voici les modélisations CFS sur la moyenne du mois : On atteindrait même pas les -70°C et on tournerait autour des -66°C au centre du VPS et selon les runs (sachant que la moyenne de cette carte se fait sur 12 runs) on tourne autour des -64°C. Soit 14/16°C de plus que la normale! Et de plus on notera la dynamique assez chaude à l’est de la Russie-Chine, alors que en dessous sur le nord pacifique jusqu’au Japon les températures seraient plus froide. Cette situation est particulièrement intéressante, il ne faut pas faire de conclusion trop hâtive sur ce qu’il pourrait se passer. Mais un VPS moins intense sous QBO- ce sont de drôle de coïncidence et on pourrait mettre ça dans la case favorable pour des tendances NAO-/AO- particulièrement en décembre. Même si l’on doit encore garder une grande prudence et voir l’évolution de ces prédictions dans les semaines à venir. Conclusion : On note donc plusieurs facteurs favorables au schéma NAO- : -L’indice solaire au niveau du nombre de tache - Le QBO- -La TNA+ -Le VP à condition qu’il y est du mouvement chez les HPs. -L’enneigement en Sibérie Cas particulier : -La Nina très favorable en Novembre-Décembre. -Ce VP plus faible que la normale possiblement favorable en décembre. Mais des facteurs favorables au schéma NAO+ semblent apparaître : -L’activité solaire au niveau des réceptions des particules - La tendance zonal intense ces dernières années - La statistique de septembre clairement défavorable Cas particulier : -La Nina défavorable en janvier, elle sera normalement encore active au moins la première moitié de janvier. Donc ma tendance ne tient qu’à moi. Mais je continue de penser que décembre sera sans doute le mois le plus favorable de notre hiver hivernophilement parlant, ou si ce n’est pas lui ça sera la deuxième partie de novembre. C’est vrai que ça peut être risqué quand on voit la dynamique de nos 3 derniers décembres. Mais je continue à prendre le risque surtout quand on voit les prédictions CFS par rapport au VPS en novembre... Je reste également sur l’idée que janvier risques d’être moins favorable à des conditions froides et neigeuses. Pour février j’avoue être plus sceptique que début septembre, même si je trouve qu’il reste compliqué à prévoir. Car le mois de février est toujours ce mois un peu spécial de l’hiver. Des facteurs favorables sont là mais d’autres défavorables sont là. Je pense que ça se jouera pas mal sur l’activité stratosphérique ce mois de février, si elle est présente une corrélation avec les autres facteurs positifs pourront donner quelque chose d’intéressant. Mais s’il n’y a rien je tendrais plus vers du zonal sur ce mois de février. Merci de m’avoir lu. Gugo.
  27. 37 points
    Parce que tu voyais une Vague de Froid sur le run matinal de GEM ??? Tu étais bien le seul alors ! Sur le run du matin, on ne passait que très brièvement en dessous de -8 à 850 hPa et encore sur la moitié Est du Pays. Bref... En ce moment, ce topic vire à la désinformation, ni plus ni moins ! On commente du run par run, et on laisse supposer qu'il n'y a plus rien à attendre alors même que sur GEFS les écart-types se réduisent par rapport à ce matin, et plutôt dans le sens d'une accentuation du froid en première partie de semaine. Même UKMO qui n'est pas aussi idyllique que ses comparses assurerait une bonne vague de froid des familles sans que toutefois celle-ci n'atteigne des valeurs historiques. A trop vous astiquer sur des projections numériques, vous en perdez le sens de ce que vous commentez... On dirait qu'ici certains voudraient, le beurre, l'argent du beurre, et le luc de la crémière (comprenez une VdF, un blizzard quotidien pendant 15 jours, et des records historiques de froid)
  28. 36 points
    Titre légèrement provocateur, mais bien que le froid soit bien installé sur toute la moitié Nord (et même Sud) cet épisode hivernal me laisse un gout amer... Oui il était prévu depuis longtemps que cette VDF serait sèche, mais quand même ... l'hiver n'est-il pas synonyme de paysages enneigés même en plaine ? La frustration fut d'autant plus grande alors que le week-end dernier fut rythmé de désillusions quant à des possibilités neigeuses en plaine, au mieux nous avons eu droit à un pauvre demi centimètre qui a fondu aussi vite qu'il s'est amené sur la métropole Lilloise... C'en était trop, je décide de m'aventurer vers des contrées moins hostiles à l'or blanc. Cependant en habitant à Lille on se rend vite compte qu'il faut un minimum de 2h15 de route pour atteindre des "hauteurs" qui deviennent un minimum intéressantes (càd au moins >400m, vers Saint Hubert en particulier). Mais il existe un endroit encore plus haut dans cet océan de plat nécessitant 2h45 de route et quasi aux portes de l'Allemagne... le Mont Rigi culminant à près de 700m au sein du parc naturel des Hautes Fagnes ! Je me suis longtemps refusé à cette possibilité: trop loin, pas assez de neige ou alors un ciel peu favorable photographiquement... Mais c'était sans compter les précipitations neigeuses de ces derniers jours qui ont apportés près de 50cm de neige là haut, le tout magnifié par une puissante lumière solaire quasi polarisée par ce flux de NE vigoureux. En gros c'était maintenant où jamais, une telle combinaison ne s'observe pas tous les ans, c'est décidé: réveil à 5h30 ce mardi et départ pour le Mont Rigi en vue d'assister au premières lueurs solaires. Sur la route le contraste est saisissant, départ de Lille avec -1.5°C au thermomètre voiture et un pare-brise bien gelé, le thermomètre se stabilise autour des -3°C vers Charleroi et Namur puis entame une baisse progressive vers -5°C aux abords de Liège et Verviers où la neige commence à être bien présente sur les bas côtés. La grande dégringolade s'amorce alors en direction de Jalhay, -6 -7 -8 -9 -10 ... la couche de neige deviens massive et les champs plâtrés fument littéralement jusqu'à ce que j'atteigne un -11°C qui me suivra jusqu'en haut du Mont Rigi Arrivé en haut le froid est glacial, je n'avais plus l'habitude de telles températures, le vent souffle mais reste modéré ce qui limite la casse. Le lever de soleil en soit est décevant, il restait quelques stratus résiduels qui ont masqué le disque solaire et l'orientation vers l'E n'est pas optimale sur ce site. Je décide de m'enfoncer en forêt, l'heure dorée a tenue ses promesses avec un dégradé orangé subtile à travers la forêt et les nombreuses rangées de sapins et conifères L'ambiance est magique, je me délecte de ce platrage abondant et de cette douce lumière orangée de début de journée. L'heure tourne, la lumière deviens certes moins orangée et plus forte mais l'ambiance générale n'en demeure pas moins féerique, les sapins croulent sous la neige et il m'arrive même de m'enfoncer jusqu'à la taille sur certaines accumulations (soit un bon mètre de neige). Mes jambes sont bien gelées et les -10.1°C indiqués par mon skywatch xplorer4 au bout de ma main ne m'enchantent guère (on ne m'appelle pas Coldman pour rien) mais pas grave le spectacle mérite quelques grelotements Puis je me dirige vers le signal de Botrange et son fameux escalier conçu pour s'élever à 700m d'altitude une fois en haut (c'est une histoire Belge ce truc ), pas de chance aujourd'hui il était difficilement praticable Je décide ensuite d'aller faire un petit tour vers la station météo automatique du Mont Rigi, ce bon vieux Metar relève près de 50cm à la règle de mesure, chose intéressante il est même possible de consulter la T° de l'abri (arrondie au degré près) grâce à un petit écran sur le côté, la station affiche à ce moment -7°C. Je comptais à la base suivre le sentier didactique de la Poleur, seulement celui-ci n'était pas du tout dégagé, impossible donc d'y accéder. J'ai tout de même pu réaliser quelques photos en amont, bien entendu le platrage est toujours aussi abondant et la neige effleure même les branches de certains arbres. L'heure tourne, il est bientôt 12h30 et j'ai les crocs, je me décide donc d'aller en direction de Malmedy afin de gouter une bonne spécialité locale (non en fait je me suis avalé un bon Big Bacon à Quick ). La route pour y aller fait vraiment penser à un petit coin de montagne malgré l'altitude modeste Et même en centre ville de Malmedy l'épaisseur est importante, à la louche il y avait au moins 20cm quasi uniformes. Une fois le ventre rassasié je me décide d'observer le lac de Robertville qui est en fait un lac de barrage. C'est plutôt surpris que j'ai pu constater que celui-ci était entièrement gelé ! (aucune idée de la profondeur du dit lac cependant ?), ici depuis le Pont d'Haelen. Vous constaterez que des stratocumulus ont eu la joyeuse idée de se joindre à la fête, heureusement ceux ci n'ont pas fait long feu et ont vite déguerpi en cours d'après-midi. Ici depuis les hauteurs du barrage, assez sympa avec ce contraste gauche/droite au niveau des arbres et le soleil qui reviens à nouveau. La fin de journée approche et je retourne direction le Mont Rigi afin de finaliser cette session photo avec un coucher de soleil. Le froid est toujours mordant avec environ -6°C en haut, la lumière redevient des plus plaisantes Quelques cumulus rappliquent sans grande conséquence Douce lumière orangée sur fond de manteau poudreux Les teintes varient rapidement, tantôt orangée puis rosées comme ici Photolive: http://www.infoclimat.fr/photolive-photos-meteo-215458-neige-d-or.html?&start=40 Le soleil décline, toujours un beau spectacle Puis celui-ci s'évanoui à travers l'horizon, le froid redouble d'intensité et la pénombre tombe, sur le chemin du retour l'ambiance est spéciale et me donne l'impression de voir en N&B, cela n'a plus rien à voir comparé aux lueurs d'il y a encore quelques minutes Il est temps de rentrer avant que la lumière ne manque vraiment... Le retour en direction du bitume Lillois mis fin à cette escapade hivernale, pleine de souvenirs et d'images en tête !
  29. 36 points
    Je ne peux pas m’empêcher de ressentir un certain malaise lorsque je vois la tournure qu’ont pris les modèles au fil des actualisations de la semaine. Et la remarque que je faisais il y a quelques jours me paraît vraiment d’actualité : Rappelons que le type de configuration qui nous est proposée est remarquable. Nous allons connaître des poussées méridiennes intenses en direction de la mer de Norvège et de la Scandinavie dans les jours à venir. Ces poussées en plus d’être intenses vont être quasi continues pendant plusieurs jours. La modélisation des anomalies z500 à 108 heures par exemple le démontrent: Elle l’est toujours à 160 heures : Ce type de configuration est normalement très favorable à la mise en place d’un blocage nordique capable d’apporter des vagues de froid intenses et durables jusqu’en Europe occidentale. Or lorsqu’on regarde la carte des anomalies Z850 après que les principaux échanges méridiens aient eu lieu, on ne peut que ressentir un malaise: D’un côté, les effets des effluves douces méridiennes vers les hautes latitudes font se généraliser les anomalies positives au nord. De l’autre côté, le VP continental décroché apparaît comme peau de chagrin sur l’Europe. On remarque que le vortex se fait littéralement exploser par les poussées méridiennes qui finissent par prendre presque toute la place: Devant tous ces éléments, on en vient à perdre nos repères : une situation potentiellement très prometteuse d’un point de vue hivernal devient en fait vite très aléatoire. Je suis persuadé que de telles poussées méridiennes auraient, par le passé (même assez récent), provoqué des décrochages polaires autrement plus massifs et des situations hivernales autrement plus intenses pour nous. Certes, il se peut qu’il y ait un coup d’hiver mais les décrochages polaires opérés sont tellement minimes que ça devient la grande loterie pour prévoir les atterrissages les plus méridionaux. Tout le jeu de la prévision se résume à savoir où va tomber ce petit bout de vortex: Alors effectivement, le RC favorise les échanges méridiens et nous permet de lorgner sur des cartes très esthétiques à long terme mais dès que les échéances se rapprochent, les modèles ajustent et minorent l'ampleur des décrochages arctiques tout en conservant un dynamisme méridien comparable.
  30. 36 points
    Alors ça va rester mon avis et je sais qu'il ser a contesté mais je trouve quand même UKMO et GFS différents. Sur plein de petits points qui ont leurs importances ensuite. Pour justifier mes propos point par point en décryptant les cartes à 144h. Ensuite je dirai donc clairement ce que je pense comme évolution: Donc en premier on a peut -être la chose qui a le plus d'importance c'est l'activité dépressionnaire sur le labrador/sud Groenland. En effet sur UKMO c'est bien plus timoré que GFS sur cette activité: Cela favorise en conséquence une montée des HPs plus net sur le sud du Groenland sur UKMO, contrairement à GFS ou c'est plus plat: On également le placement de la dépression qui est déterminante à cette échéance pour la suite. Car si ça monte en atlantique il ne faut pas qu'elle soit trop à l'est comme GFS: De plus on a un gros décalage sur l'Europe centrale au niveau de la masse d'air (je prends en exemple, les parties allant du jaune clair au bleu clair sur la carte). On aurait donc "plus de place" pour cette coulée vers l’Allemagne. Donc à mes yeux ça donne des changements conséquents dans l'évolution du week-end, plusieurs facteurs jouent, l'activité dépressionnaire sur le labrador, l'intensité de la première coulée et le comportement de la dépression en haute latitude avant qu'elle descende: Quelques petits arguments en plus c'est que ARPEGE suit l'option GEM en tout cas à 114h avec une coulée plus à l'ouest à 96h. Cette petite différence à une grande importance d'ailleurs sur GFS 12z, il voit cette coulée légèrement plus à l'ouest quand on compare avec le 6z. Pour appuyer mes dires encore plus on a l'exemple de l'écart type GEFS qui prouve qu'il y a de l'incertitude sur les secteurs cité ci dessus. Quand on regarde le panel des scénarios GEFS sont présent: On verra ce que nous dit CEP qui va peser lourd dans la balance. Peut-être un entre deux? EDIT: Et ça semble bien le cas sur tous les modèles CEP semble l'entre deux Je dépasse un peu pour qu'on voit la tournure. Donc c'est simple UKMO vous l'imaginez avec la coulée sur l'Allemagne environ. : On a donc ce soir ARPEGE-UKMO contre GFS-GEM et CEP en arbitre Donc oui mes dires peuvent être contredits, mais au moins j'aurai exposé mes arguments . A vous d'exposez les vôtres. Et pour finir, merci pour cette merveilleuse année passée avec vous, qui m'aura fait grandir, fait encore plus aimer ma passion et progresser dedans. Quand je regarde mes postes de janvier dernier je me fais peur (c'est pas pour rien si j'ai rasé le ban mérité) . Un grand merci également à la modération qui fait un travail remarquable (malgré que se soit pas drôle tous les jours) tout ça bénévolement. Aller champagne: Tentative de résolution qui sera sans doute dur à tenir pas de fautes d'orthographe sur le forum en 2017. Bonne année, bonne santé, bonne année météorologique. Gugo.
  31. 35 points
    J'ignore s'il est en lien avec le gros orage que vous évoquez sur la Haute Loire, mais voici le nuage que j'ai eu la chance de photographier vers 18h à Lorlanges.
  32. 35 points
    mont lozère aujourd'hui avec une couche de neige de 80cm à 95cm en station et de 1.5m à 1.75m vers le col de finiels. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 9. 10. 11. 12. 13. voilà pour ce mois de janvier 207. bonne soiré à tous
  33. 35 points
    La rando du jour du côté des crêtes surplombant la haute vallée de l'Ardèche, les 3 cols: on part du col du Pendu, direction le col d'Abraham puis retour par le col de Bauzon. Une belle couche de neige,trop de photos mais je suis certain que cela fera plaisir à ceux qui n'ont pas eu la chance de monter sur les crêtes cévenoles! Voilà ça fait beaucoup de photos mais c'est une vraiment une belle rando avec aujourd'hui des conditions d'enneigement exceptionnelles!
  34. 35 points
    Bonjour, Pas de gelée cette nuit, Tn de 2.9°C. Ta de 7.9°C, ciel bien couvert. Le redoux d'hier et d'aujourd'hui a charrié beaucoup de glace dans le ruisseau qui traverse le village ( l'Ailloux ), celle ci vient se bloquer au pont romain. En image : C'est assez impressionnant à voir, certain bloc doivent faire entre 10 et 15cm d’épaisseur
  35. 35 points
    Bonjour, Je vous propose qu'on résume un peu les choses. I/Une première pulsion en première partie de semaine plus ou moins intense selon l’anticyclone en atlantique? En effet dès le dimanche du topic précédent on voit les premières grosses incertitudes. Comme nous le voyons sur les cartes ci-dessous on a de grosses divergences sur le placement de l’anticyclone/dorsale. Sur UKMO on a le droit à une dorsale bien solide et verticale partant à l'est de l'atlantique allant jusqu'au Groenland. Ensuite on a CEP avec un bel anticyclone en plein milieu de l'atlantique. Puis on a GFS plus en entre deux de UKMO et CEP avec un anticyclone à l'ouest de l’Islande limite sous forme de dorsale. Ça se joue de peu entre le placement de la petite anomalie des acores, l'activité dépressionnaire au niveau du labrador, du comportement du système dépressionnaire en Scandinavie: On remarque d'ailleurs toute ces incertitudes par le panel GEFS, ou chaques scénarios se dégagent: II/ Une durée de la fraîcheur plus ou moins longue selon les scénarios puis une seconde pulsion? En effet, un redoux plus ou moins rapide semble se dégager selon les scénarios. On notera que certains scénarios dans GEFS ne voient pas ce redoux ou à l'image de GFS pas de redoux en basse couche. On peut commencer par GFS en effet on aurait une incursion du froid en France sous un puissant flux de NE grâce à la dépression en atlantique qui ferait effet pompe à froid: Mais très vite l’anticyclone viendrait tomber sur la France, à cause d'une dépression à son flanc ouest qui viendrait se former et se joindre à l'autre dépression au niveau des acores pour faire un système dépressionnaire qui pousserait l’anticyclone vers la France mais également un autre système dépressionnaire en plus haute latitude qui descendrait petit à petit également, sous cet AF on aurait le droit à un flux d'est assez rigoureux qui maintiendrait le froid en basse couche: Dans le même temps on observe la montée d'un anticyclone sur le Groenland, par la suite ça ne évoluerait pas très bien avec pour cause le système dépressionnaire sur le labrador qui s'étendrait provoquant une jonction dépression labrador/système dépressionnaire des acores (venant progressivement vers la France sous flux de SO)/ basses pressions Europe du nord. Ce scénario est un parmi d'autres quand on regarde le panel GEFS on a de tout, mais je parle de ceci car ça prouve que la pulsion qu'on devrait avoir en début de topic ne sera pas un coup de "rébellion" de l'hiver. En effet après un court redoux en altitude d'après plusieurs scénarios, en fin de topic, une nouvelle pulsion de haute pression semble possible en atlantique et peut être bien plus forte quand on regarde ça de près. Ci-dessous le panel GEFS illustrant les différentes possibilités du milieu de topic avec la date du redoux d'altitude ou pas encore totalement présent, également les signes de première pulsion: Et ci-dessous à plus long terme la preuve qu'une possibilité d'une seconde dorsale bien plus puissante apparaisse: Pour CEP (ça reste mon avis) mais je pense je vais décevoir les douceurophiles. Ce qu'il nous fait à plus long terme est quand même assez isolé. On n’a pratiquement aucun des scénarios du panel ci-dessus qui ont une situation similaire. En effet, l’anticyclone très puissant modélisé viendrait assez vite s'écraser également et dès 216h on a l'une des deux dépressions des acores qui viendraient s’échapper par le nord au-dessus de l'anticyclone. Et ça reste bouché autour de lui de basse pression avec un flux ouest pour nous. Bref j'avoue ne pas trop y croire, même si cette situation reste a surveiller avec un anticyclone bien plus à l’ouest que sur les précédentes modélisations et une activité dépressionnaire active. On signalera juste également que CEP est toujours divergent par rapport à GFS avec un flux de nord bien présent contrairement à GFS plus NE ou E.: Pour conclure, la semaine semble actuellement se dégager en 3 phases avec une première pulsion de haute pression en atlantique laissant le froid plus ou moins bien arriver sur nous, on surveillera cependant les scénarios solide du style UKMO ou autre du panel GEFS qui laisseraient une possibilité de froid durable et assez puissant. Ensuite une situation d'AF semble se dégager avec un flux en basse couche pas encore bien interprété. Puis on surveillera la seconde pulsion (par GEFS car longue échéance) vu en atlantique qui pourrait nous emmener si des conditions favorables à des conditions hivernales. Début 2017 premier run de la rébellion face à l'AF?
  36. 34 points
    Petit point sur les deux principaux risques méteo de la semaine. Tout d'abord la chaleur : Alors que la canicule est bien installé sur la péninsule ibérique, un creux barométrique va s'installer sur le Proche Atlantique. Le flux devenant bien cyclonique en altitude va provoquer la formation d'un minimum de surface dans le Golfe de Gascogne. Ce dernier va redresser le flux en basses couche advectant une masse d'air brûlante en provenance d'Ibérie qui envahira ensuite tout le SO lundi puis s'étendra sur l'ensemble du territoire mardi. +Quand aux orages, ils seront très nombreux en début de semaine. En effet ce coup de chaleur sera accompagné d'une onde théta assez impressionnante, humidifiant les basses couches de l'atmosphère. Le ressenti pendant ce coup de chaleur sera alors très lourd. Dans le même temps un creux barométrique va se dessiner sur le proche atlantique et un tawleg en approche dans le Golfe de Gascogne accompagné d'une cassure du jet devrait rendre le contexte très divergent en altitude sur tout une moitié ouest du pays là ou la masse d'air sera la plus instable. Tous les ingrédients seront alors réunis sur une grande moitié ouest pour une dégradation orageuse majeure. La disponibilité en humidité sera très importante tout comme l'instabilité. Enfin aucune crète d'altitude ne viendra inhiber la convection comme souvent en période de fortes chaleurs estivales. +Mercredi les forçages gagneront tout le pays alors que la masse d'air restera encore quasi tropicale. Le risque d'orages violents se géneralisera alors à l'ensemble du territoire. Il faudra attendre Jeudi pour voir de l'air plus stable gagner du terrain par l'ouest.
  37. 34 points
    Bonsoir, Si on tente un résumé global pour la semaine du topic, avec toutes les réserves d'usages, ça donne : - Un lundi : signant le retour des hautes pressions, favorisant ainsi un temps généralement calme et la plupart du temps sec, sur la plupart de nos régions, mais en comptant sur d'assez nombreux phénomènes de basse couche notamment en matinée, résultant de toute l'humidité accumulée cette semaine. Des grisailles sous la forme de nuages bas, qui ne devraient a priori pas concerné un grand quart Sud-est. A noter pour le détail, que quelques gouttes ou bruines faibles très éparses, pourront très localement être libérées sous cette vaste couche nuageuse, plus ou moins épaisse, ici et là. Puis, le soleil reprendra peu à peu l'avantage quasiment partout dans l'après-midi, avec de belles éclaircies généralisées, sauf peut-être au plus près des littoraux atlantiques, ou ces strates nuageuses résiduelles, auront un peu plus de mal à se dissiper (sans certitudes). T°c minimales moyennes au Nord : 11 à 15°c au gré des secteurs. T°c minimales moyennes au Sud : 10 à 18°c, des zones de reliefs aux plaines. T°c maximales moyennes au Nord : 18 à 26°c, des littoraux à l'intérieur des terres. T°c maximales moyennes au Sud : 19 à 27°c, des zones de reliefs aux plaines (27 à 29 ou 30°c vers le pourtour méditerranéen). - Mardi : petite baisse générale des champs de pression, avec un contexte restant quand même relativement anticyclonique sur notre pays, mais tendant vers le marais barométrique, avec l'approche plus ou moins rapide d'un talweg prenant forme sur le proche atlantique, qui pourrait s'enfoncer en direction du Nord du Portugal selon les modélisations. Mais, malgré le court terme, on observe encore des divergences de taille, sur l'avenir de ce front froid, sur son positionnement, sur la direction qu'il prendra et sur ses réels effets sensibles pour le pays. En gros, il semble, pour le moment, assez mal appréhendé... même si on sent que ça pourrait déboucher sur une éventuelle tendance orageuse. Côté temps donc, généralement encore calme sur tout le pays, avec possiblement de l'évolution diurne principalement sur le relief des Pyrénées et une partie des Alpes (averses et orages locaux). Le soleil pourrait donc briller sur pas mal de régions, avec cependant un risque de débordement nuageux plus ou moins conséquent, au plus près des côtes de la Manche, et vers le quart Nord-est, sans précipitations a priori (à confirmer). La nuit suivante, une éventuelle bouffée pluvio-orageuse pourrait déborder sur une partie du Sud-Ouest, mais compte tenu des divergences actuelles, on peut laisser ça de côté, pour le moment. T°c minimales moyennes au Nord : 12 à 15°c au gré des secteurs. T°c minimales moyennes au Sud : 11 à 19°c, des zones de reliefs aux plaines. T°c maximales moyennes au Nord : 19 à 27°c, des littoraux à l'intérieur des terres. T°c maximales moyennes au Sud : 26 à 33°c, des zones de reliefs et des côtes, aux plaines (peut-être légèrement plus dans le Sud-ouest et le Sud-est). - Mercredi : ce n'est pas encore bien clair, mais au passage ou en amont du talweg plus ou moins dynamique, le temps pourrait devenir orageux au cours de la journée (GFS) ou plus tardivement (CEP), peut-être sur l'axe habituel, allant du Sud-ouest au Nord-est, tout en passant par le Massif Central et éventuellement par débordements, dans d'autres régions (avec un grand quart Nord-ouest, restant possiblement à l'abri compte tenu de la synoptique)... mais tant que les modélisations resteront divergentes entre elles sur le scénario final de ce front froid qui donne visiblement pas mal de fil à retordre, je pense qu'il est inutile de plus rentrer dans les détails et d'être affirmatif sur cette journée. T°c minimales moyennes au Nord : 12 à 17°c au gré des secteurs. T°c minimales moyennes au Sud : 15 à 20°c, des zones de reliefs aux plaines. T°c maximales moyennes au Nord : 18 à 25°c, des littoraux à l'intérieur des terres. T°c maximales moyennes au Sud : 24 à 30°c, des zones de reliefs aux plaines (peut-être 2 ou 3°c de plus ici et là, dans certaines régions de la moitié Sud). --> Gros bémol cependant sur la tendance mise en avant et les températures, puisque ça risque sans doute être plus ou moins, différent au final... - Jeudi : le talweg (difficile de dire ce qu'il en restera et de quelle manière il traversa la France), devrait nettement stabiliser l’atmosphère sur l'ensemble du pays et faire baisser transitoirement les températures (sans excès dans la baisse, a priori) sur la plupart de nos régions (avec un mercure retrouvant quasiment partout, des niveaux réellement de saison). Le ciel sera certainement assez nuageux selon les zones, mais avec des secteurs plus ou moins favorisées par d'assez belles éclaircies et un risque très limité a priori, de précipitations (si c'est le cas, il s'agira localement de quelques pluies ou ondées résiduelles ponctuelles). T°c minimales moyennes au Nord : 11 à 14°c au gré des secteurs. T°c minimales moyennes au Sud : 14 à 20°c, des zones de reliefs aux plaines. T°c maximales moyennes au Nord : 18 à 24°c, des littoraux à l'intérieur des terres. T°c maximales moyennes au Sud : 23 à 28°c, des zones de reliefs (ou nuageuses) aux plaines (pas loin des 30°c dans le Sud-ouest et un peu au-delà, dans le quart Sud-est). - Vendredi : l’anticyclone sous réserve d'un changement (ou évolution plus ou moins différente), devrait regonfler sur notre pays par le Sud-ouest, avec un ciel devenant de moins en moins nuageux sur la plupart des régions, un risque de précipitations probablement très proche du néant et des températures qui à 1 ou 2°c près, pourraient s'avérer du même niveau que jeudi. Compte tenu de l'échéance et des quelques divergences présentes, je pense que c'est totalement inutile de plus développer cette journée. Pour le week-end du 8 et 9 juillet : la tendance est très incertaine pour le moment, avec plusieurs scénarios visiblement possibles, allant de l'arrivée nette d'un front froid en plein sur le pays, amenant sans doute nébulosités, quelques pluies et des températures en-dessous des normes (version CEP) et un temps probablement chaud et de plus en plus orageux (version GFS et dans une certaine mesure, GEM). Tout ceci, restant à affiner et à confirmer, au fil des jours. Bonne fin de soirée.
  38. 34 points
    C'est depuis février que des masses d'air anormalement chaudes ont commencé à se constituer sur le Sahara occidental, atteignant ces dernières semaines un niveau inédit avec des records qui sont tombés en cascade en mai entre l'Algérie, le Mali et la Mauritanie. Les bilans mensuels d'avril montraient déjà que le risque de chalumeau en cas de flux méridional était sérieux cette année, ceux de mai nous disant que le moindre flux de sud pourrait très vite devenir impardonnable. Manque de chance sauf pour les adeptes de fortes chaleurs, c'est bel et bien vers l'Europe que la soupape est en train de se déverser en partie, les portes de l'Hispanie en sont d'ailleurs le témoin privilégié. La France a réussi jusqu'à présent à éviter dans l'ensemble de se récupérer des remontées véritablement franches et durables, même si quelques failles temporaires dans la brèche pyrénéenne ont vite eu pour sentence de voir tomber plusieurs records de chaleur (centre et nord-est il y a quelques jours, basse vallée du Rhône il y a quelques heures). Et pour le moment, rien n'indique de terme à cette période à risque, faute de voir la langue brûlante axée vers l'Ibérie se faire déloger. Avec à la clé, un risque franchement caniculaire qui reste(ra?) toujours bien présent à moyenne / longue échéance, même si jusqu'à présent on a toujours réussi à éviter le plus gros en descendant les échéances. On peut continuer à avoir de la chance .. ou pas. De toute façon, la marmite saharienne n'est pas prête à lâcher le morceau.
  39. 34 points
    Bonjour, Le modèle du centre européen aura été très pertinent pour anticiper la synoptique globale de la semaine prochaine, contrairement à l'américain. Ce dernier a fait un rapproché vers l'européen, mais il reste des différences assez flagrantes même à court/moyen terme à la vision des seuls déterministes. Cela concerne la chronologie de la dégradation neigeuse de dimanche qui devrait toucher une grande partie du pays. GFS la fait déborder la nuit suivante tandis que sur CEP la masse d'air glacial et plus sec gagne plus rapidement. La semaine s'annonce très froide voire glaciale sur les sols enneigés, qui devraient être nombreux après le passage du front dimanche. Dans cette masse d'air continentale avec des pressions à la hausse, les précipitations devraient être assez rares sur la moitié nord, plutôt balisées à partir de pseudo-limites revenant de la mer du Nord. L'inconnue majeure réside dans l'interaction entre la cyclogénèse méditerranéenne et l'air froid continental, mais c'est un signal fort d'épisode de neige majeur près de la Méditerranée. Pour l'instant, les déterministes ne prévoient pas d'advection douce relative en basses couches et donc plutôt de la neige sur les reliefs exposés au quadrant NE (Corse, Alpes du Sud, Massif Central, est Pyrénées), mais le signal existe sur les ensembles. Il y a moins d'inconnue concernant l'éventualité d'une vague de froid. Les tn devraient tomber entre -16 et -4°C en général, localement -20 sur sol enneigé, 0/-5 près du littoral, et des tx au plus froid comprises entre -8 et +2 au nord, -5 et +6 au sud, le tout accentué par un vent de nord-est sensible. Paradoxalement, pour les régions concernées par une longue série sans dégel et de brouillards givrants autour du nouvel an, les tx pourraient ne pas descendre aussi bas. Beaucoup d'incertitudes pour la fin de semaine, mais pour l'instant on ne détecte pas de signal de seconde advection glaciale.
  40. 34 points
    Bonjour, Une fin de topic palpitante en vue. Mais reprenons la semaine en entier. Lundi à jeudi: De lundi à jeudi nous connaîtrons une mise en place progressive de l'AF (anticyclone Français) qui sera de plus en plus costaud. Tout d'abord, la mise en place de l'AF favorise un temps anticyclonique en France et donc très peu de précipitation en vue. Nous aurons un temps sec mais plutôt froid, sous les normes à la vue des prévisions. Pour le détail : Lundi: Comme nous le voyons ci-dessous la situation de lundi avec l’anticyclone assez haut en latitude par rapport aux jours suivant favoriserait une plus belle entré du froid avec des vents d'est plus puissant ce jour-là: Forcément à 2M on obtient, des gelés quasi généralisé sur le nord de la France. Avec notamment jusqu'à -5°c sur le Nord pas de Calais, de même dans le NE où des -6°C en Alsace sont à attendre, également -3°c à attendre sur la Normandie le nord des PDLL et l'est Bretagne. Les gelés seront également présente dans le centre de la France. Seul le sud-ouest serait plus tranquille avec des températures d'environ 4-5°C. L'après-midi des conditions très fraîches avec des températures autour de 2°C dans le NE et 4-5°C dans le NO. Pour la méditerranée et le sud-ouest le thermomètre dépassera les 10°C. Mardi: Un désaccord entre le run 6z GFS et 0Z de ARPEGE sème le doute pour les températures matinal. Avec un GFS bien plus uniforme pour la moitié nord contrairement à ARPEGE très froid dans le NE (-6°C environ sur une bonne partie du NE, IDF inclue) mais beaucoup moins de le NO. Voyant que le 6z de ARPEGE c'est intensifié pour la journée de lundi je préfère me tourner vers GFS. Une matinée donc plus uniforme niveau température avec le flux d'est moins intense du à la descente de l’anticyclone sur la France. On serait sur pratiquement tout le nord de la France sur des T2M de -2/-3°C même si le NE et surtout département frontalier dépasseront sans doute les -4°C. Dans le sud les températures tourneraient plus autour des 2°C. A signaler que comme pour la veille le SO risque de ne pas connaitre de gelé à cause d'un ciel probablement couvert les nuits. L'après-midi serait toujours avec des températures autour des 3°C dans le NE avec pourquoi pas du 1°C sur la Picardie et le NPDC, sauf que l'on peut rajouter le NO contrairement à la veille avec des températures tournant plus régulièrement autour des 3°C. Quand on s'approche du centre de la France le thermomètre monte un peu et on tourne autour des 5 à 7°C et pour le sud toujours de 10 à 12°C même si certains secteurs dans le SE seraient plus froid que la veille. Mercredi-jeudi: Deux jours globalement ressemblant avec le renforcement de l'anticyclone et donc des conditions moins fraîches principalement dans le NO de la France. Mercredi-jeudi matin des gelés sur tout l'est de la France. Le NO connaîtra un jour de gel mercredi mais jeudi le risque diminuera nettement. On surveillera quand même les possibilités de brouillard sur ces jours-là et donc possiblement givrant. Les après-midi plus douces sur l'ensemble de la France, avec 12-13°C pour le SO, 9-10°C pour le NO et plus autour des 5-6°C sur l'est. Donc un net dégradé Ouest-Est en vue. Niveau précipitation voilà ce que nous obtenons après cette première partie de semaine. Un temps sec sur l'ensemble de la France hormis la méditerranée qui connaîtrait quelques averses: Il reste encore pas mal de détail fin à régler pour les prévisions de ce début de semaine avec comme il a été dit de possibles couverture nuageuse dans l'ouest principalement ou bien des brouillards certains jours. Fin de topic: Là on ne peut pas rentrer dans les détails à la vue de l’incertitude. Après le passage de l’anticyclone il irait se réfugier ailleurs laissant un coup de froid venir par l'est. Mais plusieurs facteurs ne sont pas bien maîtrise on va le voir par cette comparaison GEM/GFS/CEP. Tout d'abord GEM qui aurait une activité dépressionnaire forte sur l’Atlantique favorisant les pulsions de hautes pressions sur la France Ensuite on a GFS différent qui laisserait partir l’anticyclone vers la Scandinavie et favoriserait donc une coulée d'air frais par l'est. Cependant sur du plus long terme ça ne pousserait pas assez et l'anticyclone retomberait sur la France laissant en définitif un schéma similaire à celui de début de topic avec un AF qui donnerait des températures assez basses mais aucune PP en vue. A signaler que GFS lui aussi à une activité dépressionnaire sur l'atlantique mais elle contribuait à la montée de l'anticyclone Puis on a CEP, qui lui ne voit pas d’anticyclone qui irai vers la Scandinavie sur ce topic (car le suivant ...). Avec un système dépressionnaire et une dépression au niveau des acores il favoriserait l’anticyclone à monter en atlantique, ceci laisserait le froid entrer par flux de NE sur la France. Niveau ensemble on a quand même une nette diminution de la moyenne en fin de topic, vers un dégagement d'un synoptique type GFS-CEP? En tout cas sur le panel l'idée est présente. A mes yeux la situation GEM est fausse on connait son talent à trop creuser les DEP même si FIM en est proche. Pour moi le scénario GFS se dégage, je ne crois pas encore au scénario CEP très isolé (sur la partie hors topic) de son ensemble en plus, même si sa solution est possible. Je vois plus un schéma ressemblant à ce qui va nous arriver ce week et lundi. La major partie de la situation va se jour au niveau du sud du Groenland et du labrador où le placement et l'intensité des dépressions seront déterminantes. C'est sûr sky à raison " Bien moins simple à prévoir que l'an passé à la même époque. " Plouf plouf se sera ici que je me poserai Bonne après-midi. Gugo.
  41. 34 points
    Avant l'hiver, opération Jura pour Infoclimat :-) Avec l'aide de @pablo25 et de @Guillaume71, nous ( @Laurent15 et moi-même) venons de mettre en service la petite dernière de la famille StatIC, dans un site superbe et TRES prometteur. Nous sommes à Chapelle-des-Bois (ne pas dire "La Chapelle" au passage...), à 1072 m d'altitude, aux confins du Doubs au dessus de Mouthe. Bref, THE TAF! Ce soir, il y fait déjà -2,2°C... http://www.infoclimat.fr/observations-meteo/temps-reel/chapelle-des-bois/000FD.html
  42. 34 points
    Bonjour, Semaine difficile à appréhender en raison de la versatilité des modèles sur l'évolution du cut-off ibérique qui n'était pas vu aussi méridional lors des précédentes sorties. Sur les réseaux de ce matin, l'incertitude devient critique à partir de vendredi et il devient très compliqué de s'aventurer à faire des prévisions pour le week-end prochain, d'autant plus que les PE sont également assez instables et dispersées. Le fait que les moyennes des champs échantillonnés soit assez proche entre IFS et GEFS ne nous est pas d'une grande indication, cela indique le centroïde approximatif des acteurs météorologiques qui vont nous concerner dans la semaine. L'incertitude sur le Z500 est maximale sur le proche Atlantique; en fait, tout semble se jouer sur la chronologie du talweg d'altitude en approche à interagir avec le centre de bas géo en France. Sur les réseaux de 12, ARP et GFS sont très proches en bout d'échéance du modèle français. Le det européen de ce matin semble donc un peu trop rapide et ce soir, le flux de sud à tous niveaux qu'il proposait pour la fin de semaine devrait avoir pris du plomb de l'aile. Du coup j'ai fait ma prévi en me basant sur ARP/CEP jusqu'à mercredi (peu d'incertitudes synoptiques) puis GFS12 à partir de jeudi (CEP00 rejeté, CEP12 pas encore sorti, GFS12 proche ARP12 qui est trop court) Rapide résumé en terme de temps sensible de la semaine à venir (pas eu le temps de vous proposer des cartes pour illustrer, désolé ) Lundi: flux de nord en altitude, l'air le plus froid centré sur la mer du Nord devrait organiser une légère déstabilisation avec Cb d'air froid sur les côtes. Les basses couches sont fraîches et sèches ailleurs (tpw basses) sauf dans le Golfe de Gênes où grâce à la TSM, il devrait y avoir quelques averses côtières sur Côte d'Azur / Corse. Ailleurs temps automnal avec une masse d'air continentale soit des gelées fréquentes, une nébulosité parfois récalcitrante. En cours d'après-midi, le ciel se voile par le sud-ouest en marge d'une dépression sur le lointain atlantique. Mardi: journée de transition, encore une masse d'air continentale en basses couches avec des températures encore un peu justes pour la saison (à peine moins de gelées, tx 12/16 au nord, 13/19 au sud), surplombées d'air également froid en altitude, le dynamisme glisse vers l'Italie réactivant l'air doux dans le Golfe de Gênes. Dégradation pluvio/orageuse à prévoir dans les parages, plus forte que la veille et sur peu ou prou les mêmes secteurs. Près de l'Atlantique, dorsale mobile d'altitude accompagnée d'un lent échauffement et petite humidification, le ciel se couvre sans RR en soirée dans le sud-ouest. Mercredi: l'air froid et le dynamisme associé s'évacuent vers l'est et ne concernent donc plus l'extrême sud-est. Sur l'Atlantique, un talweg d'altitude bien froid vient s'isoler en cut-off et interagir avec l'air doux en places. Il s'ensuit donc une cyclogénèse, qui a pour effet d'accélérer le flux d'est sur le pays. L'autan et le marin se réveillent. En plongeant très au sud, le talweg d'altitude vient également interagir avec l'air doux de surface méditerranéen. Il s'ensuit une deuxième cyclogénèse secondaire vers les Baléares. Dépression principale sur le Golfe de Gascogne, dépression secondaire sur les Baléares remontant vers le Golfe du Lion en étant piloté par le talweg d'altitude, voilà le scénario d'école pour un épisode cévenol. Je dis bien cévenol car il me paraît évident que les crêtes cévenoles seront bien arrosées vue la configuration générale. Maintenant, pour savoir si plaine/piémont seront également arrosés et si oui sur Roussillon/Languedoc/PACA/Corse, cela dépendra du comportement en surface, néanmoins il y a un signal de RR assez important à partir de la soirée sur le Languedoc et plus tardivement (de jeudi à vendredi) sur l'est de la Corse. A affiner, j'aurais peut-être l'occasion d'y revenir sur le topic concerné. De manière générale le temps va se dégrader sur toute la moitié sud, cependant en dehors des régions méditerranéennes, les pluies seront faibles, a priori plus abondantes sur l'Aquitaine, les Pyrénées, et peut-être le sud l'Auvergne et l'ouest de Rhône-ALpes. Au nord, toujours la masse d'air continentale, même type de temps que mardi. Jeudi/vendredi: le cut-off d'altitude tournicote à même le pays. L'air continental ne résiste qu'au nord de la Seine puis est aspiré vers la façade atlantique. Maintien d'air doux et humide sur près de la Méditerranée, avec un épisode pluvio-orageux actif probable et à surveiller entre Cévennes, PACA, Corse en se décalant vers l'est. Traîne dans le sud-ouest avec blocage orographique sur les Pyrénées. Il devrait pleuvoir sur Rhône Alpes Bourgogne voire Centre IDF Alsace Lorraine (à affiner) dans l'air doux. samedi/dimanche: beaucoup d'incertitudes sur l'évacuation ou non du temps perturbé vers l'Italie ou au contraire une nouvelle salve qui commencerait à nouveau sur les régions cévenoles. Incertitudes également sur l'air froid d'altitude au nord, les modèles semblent converger vers un bloc froid d'altitude sur les îles britanniques mais qui pourrait rester en marge du pays, redressant peu à peu le flux au SW (la fiabilité est très moyenne), là-dessus le dernier GEM est assez proche du scénario récurrent des derniers jours du CEP. Semaine intéressante d'un point de vue du retournement de veste des modèles, mais également en raison du contraste nord/sud: encore de fréquentes gelées jusqu'à mercredi puis ça se radoucit au moins au sud avec des épisodes pluvieux à suivre et éventuellement répétés, alors que certaines zones comme le Centre, le Poitou Charentes et les Pays de Loire pourraient ne pas voir la moindre goutte ou alors quelques mm.
  43. 33 points
    Perso j'ai rien compris à votre histoire d'onde rétrograde @gugoet @Ciel d'encre Ce n'est pas comme ça que j'envisage la prévi sur la France, vous vous faites des noeuds au cerveau pour rien j'ai bien peur. CEP12 vient d'ailleurs calmer le délire de GFS et son écrasement de dorsale. Il est stable et sa moyenne d'ensemble assez peu dispersée.
  44. 33 points
    Je ne peux que souscrire à ce message de Lolox. C'est un forum de passionnés de météo ici, pas un self-service où les gens viennent chercher gratos leur prévision météo personnalisée à J+10. Je dis ça parce que j'en vois bcp (de + en +) qui considèrent le forum IC comme un prestataire de service, où l'on vient récupérer l'info et au mieux on la prend argent comptant pour ensuite se plaindre des erreurs de prévisions (ah bon, la prévision météo est une affaire de probabilité, ça veut dire qu'il y a des chances de se tromper?!?) au pire la refourguer sur leur page FB ou, pire encore, l'utiliser sur des sites "pro" et récupérer au passage les recettes issues de la publicité... Si le forum IC est ouvert à tous, le fait est que son public cible n'est pas le grand public justement, venu consommer de la prévi météo; ce qu'on en attend de ce forum, c'est que derrière la passion s'exprime le soucis de la pédagogie et de l'apprentissage réciproque, au sein de notre communauté. Les pros "météo-dépendants" par leur activité s'ils sont les bienvenus pour apprendre et contribuer doivent aussi accepter le fait que ce qui est écrit ici n'est que de la prospection, rédigé par des amateurs, éclairés certes, mais dont c'est très rarement le métier et dont il est juste inadmissible d'en attendre une obligation de résultats ni même de moyens. Si le lecteur n'est pas en mesure de prendre le recul nécessaire, alors désolé, mais il n'a rien à faire ici... Par rapport à ces dernières années, le forum a grandement mûri dans l'approche de ces situations hivernales (allez voir les topics d'il y a 10 ans pour rigoler...) - et on ne peut que s'en féliciter. Mais il est hors de question de totalement l'aseptiser et y interdire tous commentaires dès lors que la prévisibilité est mauvaise: c'est justement ça qui est passionnant (par le suspens, les revirements, les "grains de sable", les mécaniques bien huilées foirant à quelques jours ou à l'inverse se révélant sans prévenir), et dans ces situations où l'on apprend le plus! Bon, ceci étant dit, et afin que mes vœux lançant ce topic ne soient pas vains, peut-on en revenir simplement à la prévision pour la semaine concernée?
  45. 33 points
    Pour la partie Italique: Tout d'abord je crois que tu n’as pas compris le fond de mon dernier poste. Déjà sur ce poste je parle de la situation du topic précédent ou on a un décalage de plus en plus à l'ouest, ce décalage à des conséquences visible. Tout d'abord c'est la différence à l'échéance du mercredi-jeudi qui vient: ARPEGE 12z du 31 décembre: ARPEGE 0z du jour. Pour le topic précédent les conséquences sont plus de PP et plus de froid persistant. Donc non c'est pas "faux" comme tu le dis tous les modèles sont en accord dessus, tous les modèle font venir la perturbation d’Europe centrale de plus en plus à l'ouest. Pour ce topic la conséquence? Tout simplement que la place est plus présente pour une coulée en début de topic et également un anticyclone plus à l'ouest dans l'atlantique=plus de risque de polaire maritime pour nous: Exemple par le GFS18z du 31 (qui voyait une coulée bien plus à l'est de l'Europe pour le mercredi-jeudi de notre topic précédent), fasse au dernier GFS: Désolé si mon dernier poste manque donc de justification. Pour la partie grasse: je le reconnais, je ferai peut être plus attention. Même si je pense que je ne suis pas le seul et certains le font en plus sans argumenter. Du coup attaque personnelle? Pour la partie rouge: Alors je te propose un super topic qui est le topic des lamentations, son mélange de tristesse, de nostalgie, de larme te conviendra: Ce que tu dis correspond un peu à ça: On est sur le topic LT. Alors autant le fermer si c'est pour attendre que ce soit fiable et qu'on aille sur le topic CT en suite. Si on a 24 pages d'écrites sur le topic précédent c'est pas pour rien, c’est qu'on est passé par des choses intéressante qu'on a vécu avec passion. Alors tu as le droit de mal le prendre que ça tombe à l'eau. Mais ne dis pas qu'on ne doit plus rien dire parce que c'est tombé à l'eau. Ici tu as des tas de passionnés qui font d’excellente prévision, trouvent dégagent des tendances ect ( je pense à Run, vrigile, lolox, ciel d'encre, cedric du lot, jack, sebb, tao, 13V, lame2 et j'en passe) c'est irrespectueux envers eu ce que tu dis. Quand on a une tendance qui se dégage, on l'a dit on l'a partagé, on en débat mais on ne dit pas ce que tu dis (en mode ça sert à rien d'en parler ça va disparaître) si tu es vraiment passionné Alors tu vois la tension à l'image des derniers postes c'est toi qui en rajoute là. Ce qui se passe sur ce LT depuis ce matin c'est n’importe quoi, ce n’est pas parce que sebaas nous a félicité de ce début d'hiver plutôt sérieux (la preuve que ce que tu dis est faux), que deux trois personnes (tu es donc dedans) ont le droit de venir titiller tout le monde pour mettre une tension alimenter les HS ect. Le but actuel est de dégager une tendance, tout en surveillant les changements du topic précédent qui pourraient avoir une importance. Donc les détails du topic précédent c'est dit. Alors pour une tendance du topic il y en a une et tu ne fermeras pas les yeux dessus après avoir lu ce poste (même tu vas penser qu'elle va disparaître). Alors je vais te mettre les derniers runs GFS: Et de 1 : De2: De3: De4: De5: De6: / De7: De8: / Panel GEFS on voit bien les scénarios ou ça commence à pulser, après une première dorsale (qui est visible sur les derniers GFS bizarrement depuis les décalages à l'ouest de plsu en plus fort) vite balayé, ou bien le maintien de cette première pulsion : Ensuite on a GEM aussi avec une dorsqle plus à l'est de l'atlantique mais une belle coulée: Puis on a CEP et son ensemble qui démontre que les risques sont là avec une dorsale sur la France: Alors si tu ne vois pas de tendances général chapeaux. On a clairement des pulsions anticycloniques qui se dégagent. Alors en effet CEP met le doute sur la position et ça a été suffisamment dit. Mais est ce que à chaque poste fréquent de certains d'entre nous, on doit rappeler constamment telle ou telle tendance ce n’est pas fait ect, ect, ect? Les gens ne sont aps dupe on sait qu'un grain de sable est vite arrivé on sait que c'est compliqué. Mais mince quoi on peut plus parler des possibilités ect, on doit chercher que le bon? Que le vrai? On ne peut pas parler des possibilités (à condition que ce soit argumenté)? C'est la dictature? Non ce n’est pas le but du forum je crois. C'est facile de dire quand on ne poste pas et qu'on attend le résultat... Et au pire si tu en as marre ne consulte plus ce topic. Ce qui me déplaît c'est pas que "tu m'attaques", car c'est normal j'avais pas trop justifier mon poste précédent. Mais c'est plutôt que tu attaques tout la communauté des personnes qui font des prévisions ici c'est irrespectueux. Et aussi de dire qu'on a rien en vu. Vu tes derniers postes ton but à l'air de foutre le bazar. J'invite donc les gens à l'ignorer et puis c'est tout. Laissons la science infuse marcher. Donc merci de m'avoir lu. Cordialement. Gugo.
  46. 33 points
    Même les perturbations se posent la question !!! À quand la fin de cette récurrence ? 😆
  47. 33 points
    Pour mémoire, une jonction AA-AP à la mode de 2010 à la même période, c'était ça : Je ne sais pas trop où vous trouvez des similitudes avec le GFS de ce soir, même en regardant à des échéances déraisonnables... Je vais vous livrer une réflexion d'ordre plus général ce soir, mais qui n'est pas sans rapport avec la prévision du temps pour la semaine considérée par ce topic. Actuellement, nous sommes toujours dans le schéma particulièrement atypique qui persiste depuis plusieurs semaines, et qui au niveau des anomalies de température se matérialise avant tout par une énorme piscine d'air froid plaquée en Sibérie, et une surchauffe inédite du bassin arctique : Et si c'est intéressant d'en parler, c'est parce que ce schéma vit probablement ses derniers jours, avec une synoptique qui serait plus ou moins sur la voie d'une certaine normalisation. La où touche du doigt les failles du calcul de l'AO (et les gros risques que l'on peut prendre à vouloir faire de la prévision en regardant cet indice), c'est que dans les prévisions actuelles l'indice est vu rester globalement bien négatif : Cela étant, comparons la situation actuelle en ce qui concerne la répartition des masses d'air, et la prévision (lissée par ensembliste) à J+5 et J+10 : J'ai utilisé l'ensembliste du CEP pour cette illustration, mais celui de GFS est clairement de la même veine : on est, sauf grand retournement de dernière minute, sur le point de recentrer l'essentiel des masses froides de l'hémisphère à une position plus normale, c'est à dire en Arctique. Et partant, de revenir sur un schéma de répartition des masses d'air beaucoup plus habituel, proche de ce que l'on attend traditionnellement de conditions AO+. Illustration, voici les anomalies de température entrevues à l'échéance du 27 novembre, juste avant de rentrer dans la semaine concernée par ce topic : Le ballon d'air froid sibérien a été percé et ses restes sont en train de se diffuser un peu partout en perdant peu à peu de leur vigueur. L'Arctique surchauffe toujours, mais il est sur la voie d'un net refroidissement sur la semaine à venir - et au passage, cela devrait mettre un coup de fouet à une embâcle de la banquise actuellement en pleine déroute. Notez au passage le rebond logique de l'anomalie de l'hémisphère dans son ensemble, de près d'un demi-degré. Des bonds très importants de ce genre ne sont pas inhabituels, mais celui-ci est tout de même particulièrement marqué. Bon sinon, quelles conséquences concrètes de tout cela ? La première, c'est qu'avec une reconcentration des masses froides sur l'Arctique, on va probablement assister à un certain renforcement du vortex troposphérique, l'Arctique devenant un peu plus solide et résistant face aux tentatives de remontées douces. Cela ne verrouille rien avec certitude, bien entendu, mais cela signifie quand même que la probabilité de voir se mettre en place un blocage nordique (suffisamment pour drainer un froid conséquent) sur la semaine considérée dans ce topic va être un peu amoindrie. Ce signal est visible sur les ensemblistes, qui dans l'ensemble rechignent à entrevoir de véritables ouvertures de notre côté de l'hémisphère : les bas géopotentiels restent largement favorisés du Groenland au nord de la Scandinavie. Même si on se méfiera du caractère lissé des ensemblistes à J+10 qui a tendance à louper la mise en place de séquences méridiennes significatives, ce n'est pas toujours à tort qu'ils envoient des signaux comme celui-ci. GEFS continue d'envoyer un signal de NAO restant toutefois plus ou moins négative (incertitudes nettes à compter du 28) .. mais vu que depuis septembre il sous estime systématiquement cet indice, on va garder les gants avec cette option. Un certain maintien d'une circulation zonale, même si elle se fait à assez haute latitude, me semble (avis personnel) une option bien plus robuste. La seconde, c'est que régulièrement lorsque l'on observe l'effondrement d'une vaste dynamique qui durait depuis plusieurs semaines (ici, la dichotomie entre l'Arctique et la Sibérie), c'est qu'on est sur le point de marquer un profond changement de circulation à l'échelle de l'hémisphère. Il n'est pas impossible que cette semaine marque un début de transition vers un autre schéma d'ensemble (?), mais bien malin qui pourrait dire vers quoi. Avis personnel, le schéma de ces dernières semaines, avec ses tentatives à répétition de remontées anticycloniques foireuses en Atlantique ne me manquerait pas s'il venait à passer à la main à autre chose, peut importe cet autre chose.
  48. 33 points
    Allez, ma dernière fournée, qui date de cet après-midi. Tx remarquable de 20,8 °C chez moi (record mensuel : 21,2 °C). J'ai pas pris mon après-midi pour rien... Je pense que ce sont les plus belles couleurs depuis que je suis au Québec (2008).
  49. 32 points
    Bonjour à toutes et à tous ! Dans le cadre de mes études j'ai eu la chance de partir une semaine en Ardèche du 18 au 24 septembre. L'occasion pour moi d'apprendre de nombreuses choses sur la géologie de la région. Je vous partage ici quelques photos prises durant mon séjour. 19 septembre : En ce premier jour nous partons à Jaujac afin d'observer l'impressionnante coulée de la Coupe de Jaujac âgée d'à peine 12 000 ans. 1) La coulée avec notamment de belles orgues basaltiques sur la partie inférieure : 2) La différence de roche est très nette ici : le Lignon marque la frontière entre la coulée (à droite) et le socle beaucoup plus âgé (environ 400 Ma) à gauche de l'image. 3) Les orgues basaltiques et leur forme hexagonale si caractéristique : 4) Une salamandre pointe le bout de son nez ! C'était la première fois que j'en voyais une. 5) Dans l'après-midi, le soleil décide de se montrer. Certains arbres ont déjà de belles couleurs : 6) Vue sur le volcan la Coupe de Jaujac (au centre droit de la photo où il y a les sapins) depuis le flanc du Grand Bois 20 septembre : Pour ce deuxième jour, excursion à pied autour de Jaujac et de Fabras à la découverte des roches que l'on rencontre là-bas. 7) Depuis le hameau de Plantemel la vue est sympa d'autant plus que le soleil est revenu ! 8) Pause pique-nique avant d'arriver à Fabras 9) Une jolie roche : de la migmatite en l’occurrence. Si vous voulez plus d'infos il suffit de demander mais je ne rentre pas dans les détails ici 10) Vu de plus près c'est encore plus beau : 21 septembre : Aujourd'hui, nous partons pour une visite de l'Aven d'Orgnac qui est un bel exemple de karst. 11) De jolies piles d'assiettes (ou de crêpes pour les plus gourmands ) 12) L'emblématique "pomme de pin" de l'aven d'Orgnac : 13) On trouve aussi d'impressionnantes draperies : 14) L'après-midi, nous allons à Thueyts afin d'observer là encore une imposante coulée de lave. 15) La vue est sympa depuis le panorama de la gueule d'enfer (la coulée n'est pas visible sur la photo et se situe plus à droite) 23 septembre : Pour ce dernier jour sur place nous retournons à Jaujac afin de réaliser une carte géologique. 16) Une dernière photo qui montre bien l'actuelle sécheresse qui touche toute la région. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! En espérant que ce petit reportage vous aura plu
  50. 32 points
    Pareil. Je te présente mes excuses. Je me suis emporté également. C'est, hélas, aussi mon caractère très...euh entier...
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+02:00