Yoann44

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À propos de Yoann44

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  1. Statistiques et anomalies climatiques globales

    Article intéressant qui résume de nombreuses études publiées ces dernières années sur l'échéance de l'approche des +1,5°c de réchauffement et des conséquences potentielles pour le globe : http://leclimatoblogue.blogspot.fr/2018/04/15-c-de-rechauffement-dans-seulement.html
  2. Températures des océans et courants océaniques

    Intéressant ce graphique (trouvé ici : https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2278.msg147080.html#new). Il montre bien l'accumulation de chaleur océanique qui a repris en 2017 en annulant la libération de chaleur dû au super el nino de 2016 (quelqu'un saurait où trouver ce même tableur mais sur une plus longue période, il serait ainsi intéressant de comparer l'accumulation annuelle récente en comparaison des décennies précédentes, et de les mettre en relation avec les phases la nina/el nino pour voir si l'effet d'accumulation/libération a changé lors des derniers épisodes par rapport aux épisodes passés) :
  3. Suivi de l'englacement au pôle nord

    Si cela se confirme on est parti pour un sacré début de saison de fonte... Je suis de plus en plus le forum Arctic sea ice qui est passionnant dans les échanges entre les membres : https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2278.0.html Selon ces passionnés on est parti pour une saison de fonte record ou proche du record, on verra ce que cela donnera mais au des vu des projections du modèle CFSV2 (à prendre avec de grosses pincettes), l'Arctique aurait droit à de bonnes bouffées de chaleur durant l'été : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/htmls/glbT2me3Mon.html A voir la résistance de la banquise, notamment avec l'épaisseur plus prononcée qu'en 2017, année que l'on avait jugé à fort potentiel de record de fonte (et l'on sait finalement le résultat). Sinon, on relève également ces derniers temps des anomalies de température océaniques prononcées aux abords de la banquise :
  4. Déforestation et réchauffement climatique

    @vardracenie Marcel Bouché est quelqu'un que j'admire énormément pour ces travaux agronomiques, notamment sur les vers de terre. Malheureusement, il tombe dans les travers de certains scientifiques qui ne travaillent pas directement dans le domaine du climat et qui ne connaissent pas vraiment le domaine. Ainsi le GIEC ne publie pas d'études. Il compile, analyse, synthétise les milliers d'études scientifiques publiés dans l'intervalle des rapports du GIEC. Quand il affirme qu'il n'y a pas d'écologues au GIEC, il se trompe déjà puisque des centaines d'études ont déjà été publiés par des écologues, botanistes, océanographes, etc... qui travaillent depuis des décennies sur les interactions entre sol, végétation et climat et qui sont étudiées et prises en compte par le GIEC. Marcel Bouché connait bien son domaine, mais malheureusement se permet de dire des choses fausses par rapport aux études sur le lien entre écosystèmes et climat. On en connait déjà beaucoup sur le domaine. Quelques études en vrac qui contredisent les affirmations sans preuve de Marcel Bouché (tu en trouveras un paquet publiés dans les revues scientifiques à révision par des pairs, ex : Nature, Science, PNAS, revues scécialisées sur le climat (avec également des études sur les écosystèmes : ex : Atmosphere-ocean) https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/deforestation-les-forets-emettent-plus-de-co2-qu-elles-n-en-absorbent_116938 https://www.nature.com/articles/s41467-017-02412-4 https://robertscribbler.com/2016/12/02/beyond-the-point-of-no-return-imminent-carbon-feedbacks-just-made-the-stakes-for-global-warming-a-hell-of-a-lot-higher/ Je n'ai pas le temps d'en chercher plus, mais il n'y a pas besoin d'aller loin Des articles sur des études en Français dans l'excellente revue "La Météorologie" qui contredisent également Marcel Bouché : http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/62152
  5. Statistiques et anomalies climatiques globales

    L'écart entre les publications mensuelles de la NOAA et la NASA concernant l'anomalie de température mondiale moyenne pose quand même, à mon sens, un problème de plus en plus sérieux avec l'amplification polaire qui devient grandissante... La NOAA classant Février à +0,65 ° C d'anomalie tandis que la NASA à +0,78°C. Un écart de plus d'un dixième quand même. On voit bien sur les cartes d'anomalies que la différence principale entre les instituts se situe au niveau du cercle Arctique (non pris en compte par la NOAA). Alors oui la NOAA préfère par prudence ne pas extrapoler à partir des quelques stations météo disséminées dans le cercle Arctique les anomalies de températures là-bas, tandis que la NASA a fait ce pari qui peut paraître risqué ou biaisé même selon certains. Mais lorsque ces quelques stations météo relèvent quand même des anomalies assez énormes (comme celle relevées au Nord du Groenland fin Février, cf topic suivi de l'englacement au pôle nord et topic suivi de la température en Arctique/Antarctique), on se dit que la NASA n'extrapole pas trop avec le gros rouge foncé affiché dans sa carte d'anomalie... Je ne sais pas si au sein de la NOAA il y a une discussion en ce sens, sur le fait de devoir prendre en compte un jour ou l'autre les anomalies de températures relevées en Arctique (mais dans ce cas là aussi en Antarctique, et d'ailleurs à ce propos la NASA a relevé des anomalies négatives là bas mais qui ne compensent pas l'énorme anomalie du cercle Arctique), mais je pense que cela devient vraiment important. Que ce soit en terme de communication auprès du grand public, qu'en terme de communication auprès des institutions et des décideurs. Un tel écart entre la NASA et la NOAA peut vraiment poser question à des néophytes du climat et du RC, et instiller le doute... En attendant, ce graphique et les deux animations de Zack Labe montre bien l'enjeu de prendre en compte les anomalies de température de plus en plus importantes relevées en Arctique (par rapport au reste du globe) : Edit : Savez-vous si il existe un programme visant à implanter davantage de stations météorologiques dans le cercle Arctique et dans le cercle Antarctique ?
  6. Changement climatique en France

    Il y a 8 ans lors qu’avec mon père nous avons planté de l'agroforesterie intra-parcellaire et des haies, le technicien agroforesterie de la chambre d'agriculture nous avait dit que des collègues du Nord-ouest ainsi que des techniciens forestiers remarquaient un dépérissement de plus en plus prononcé des chênes pédonculés, notamment des "vieux" sujets, ce qui est logique au vu de leur plus faible résistance au sécheresses estivales (par rapport aux chênes sessiles) qui se sont accrues ces dernières années. Lors de ma formation, les techniciens agroforestiers intervenants nous ont confirmé ce fait. Après il est vrai que je ne m'appuyais pas sur des études quand j'ai posté ce message. Mais sur mes observations personnelles et les dires de professionnels, j'ai donc fouillé et trouvé cela : http://crpf-paysdelaloire.fr/content/canicule-et-secheresse-les-chenes-resistent (état des lieux datant de 2010, il faudrait en trouver un plus récent) Donc pour l'instant, pas de mortalité massive mais une sensibilité qui s’accroît et devient significative. Merci @dann17 pour votre réponse. Vous travaillez dans le secteur forestier, en tant que chercheur ? (vous pourrez me répondre en MP si vous voulez). En tout cas, si cela ne vous dérange pas vos travaux m'intéressent effectivement pour la région du Nord-Ouest. Je travaille en ce moment sur un tableur de choix d'essences d'arbres et d'arbustes pour mon activité et pour l'asso que l'on va monter. Données issues principalement de la "Flore forestière" et de "Tela Botanica". La difficulté est effectivement de prendre en compte les multiples facteurs qui vont rentrer en relation avec l'évolution des zones climatiques (tel que superbement décrits dans "Ecologie forestière" de Hans Jurgen Otto). Et du coup je veux essayer de trouver de figurer dans ce tableur l'évolution de l'autoécologie possible des essences dans le futur et des perturbations que pourrait rencontrer les stations (quand on sait qu'un chêne pédonculé qui soit intéressant pour du beau bois d'oeuvre doit avoir au minimum 120 ans, on a intérêt à tenter d'anticiper au mieux les futures stations les plus adaptées à l'essence dans le futur, en prenant ainsi en compte l'évolution aussi du régime hydrique de la station, de la balance qui sera différente au niveau des sols entre capacité de rétention en eau/évapotranspiration, etc...). Bref, cela va pas être du gâteau Au plaisir d'échanger avec vous en MP en tout cas ! Yoann Edit ; un mémoire d'études qui a l'air intéressant sur la fragilité du chêne pédonculé face au RCA, je n'ai pour l'instant pas le temps de le lire mais je le mets ici : https://infodoc.agroparistech.fr/doc_num.php?explnum_id=3417
  7. Changement climatique en France

    Super boulot @zonal 45 ! Cela va m'aider pour mon activité de technicien agroforestier ! Je me demandais, est-ce que je peux transmettre les deux cartes à des collègues (on est en train de monter une asso pour promouvoir l'arbre dans les campagnes) ? Je me dis que ce serait également intéressant de relier ton travail à une étude sur l'évolution de la population forestière et du bocage, mais bon ce serait un sacré taf, et leur sensibilité s'exprime sur un plus long terme que les herbacées par exemple. A moins que l'on prenne en compte des essences qui étaient à la limite de leurs frontières autoécologiques dans les années 70 et qu'on étudie leur dépérissement actuel dans ces zones limites (tel que le hêtre ou le chêne pédonculé dans certains coins du Nord-Ouest), de même que l'avancée de certaines essences tel que l'argousier et le chêne vert par chez moi. A bon entendeur si certain-ne-s sont intéressés par ce taf. Cela me motive en tout cas. (je suis parfois déprimé de savoir que les chênes pédonculés multicentenaires présents sur la ferme familiale vont disparaître petit à petit, et c'est pourquoi je pense qu'on a un gros taf dans tous les territoires pour tenter d'anticiper au mieux l'évolution des zones climatiques et ainsi aider à l'avancée de certaines essences pour remplacer la végétation ligneuse, mais pas d'exotiques invasives comme on voit trop souvent dans les plans de plantation...)
  8. Déforestation et réchauffement climatique

    On sait que la mangrove peut stocker en moyenne jusqu'à 10 fois plus de CO2 que les forêts continentales, et elle aujourd'hui considérée par les organismes internationaux comme une des priorités en terme de "technologies à émissions négatives" (qui plus est naturel et sans risque contrairement à la géoingénierie). Cependant, elle continue à être déforesté massivement, entre autre pour l'appétit mondial en crevettes roses (aquaculture) et pour l'instant peu de programmes nationaux ou régionaux existent pour la protéger. Outre l'importance de ces écosystèmes riches en biodiversité pour limiter les impacts des ouragans et tempêtes, de la montée du niveau des océans et de l'érosion, les mangroves mériteraient d'être protégés de notre appétit pour une crevette dont on pourrait se passer ! https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/climat-les-mangroves-s-averent-de-loin-l-ecosysteme-qui-stocke-le-plus-de-carbone-7697 https://dailygeekshow.com/mangrove-danger-nature/ https://www.letemps.ch/sciences/lappetit-crevettes-detruit-mangroves-indonesiennes
  9. Suivi de l'évolution de l'Inlandsis Groenlandais

    Etude très intéressante, mais qui fait aussi froid dans le dos. Pour l'instant on n'a pas eu d'été tel que 2012, mais lorsque les phénomènes de fonte globaux et importants de la surface de l'inlandsis deviendront récurrents... : http://sciencepost.fr/2018/03/le-groenland-se-fissure-et-risque-dinonder-le-monde/ " En 2006, des glaciologues observaient pour la première fois un lac de glace de 5,6 kilomètres carrés s’écouler en moins de deux heures. De tels événements sont aujourd’hui plus réguliers, comme une sorte de routine estivale à mesure que le Groenland se réchauffe. Et le phénomène inquiète. Chaque année au Groenland, des milliers de lacs temporaires surgissent à mesure que la glace environnante fond, et restent pendant quelques semaines ou quelques mois. Puis ils s’écoulent soudainement à travers les fissures de la couche de glace située en dessous. Une récente expédition a cependant mis en lumière un nouveau schéma alarmant derrière ces mystérieux lacs disparus du Groenland : ils se retrouvent drainés plus loin à l’intérieur des terres. Selon un nouveau document publié le 14 mars dans la revue Nature Communications, les lacs d’été du Groenland créent en effet une réaction en chaîne, permise par un vaste réseau interconnecté de fissures sous la glace. " Même la hausse des précipitations neigeuses l'hiver ne pourra compenser le relargage massif d'eau de fonte dû à ce phénomène... La découverte de ce phénomène pourrait aussi expliquer en partie les découvertes de ces deux études paléoclimatologiques sur un Groenland qui était quasiment entièrement découvert de glace lors de phases interglaciaires, et quand on fait le lien entre ces deux faits, on ne peut qu'exprimer un fort doute sur les projections d'élévation actuelle du niveau de la mer... : Pour rappel, le Groenland n'est pas vraiment une île mais plutôt un gigantesque atoll au vu de sa géographie, avec notamment de grands canyons communiquant de l'intérieur des terres jusqu'à l'océan. Un ami avait d'ailleurs réalisé une carte des risques de débâcle majeures de l'inlandsis à partir de données géographiques et glaciologiques :
  10. Suivi de l'englacement au pôle nord

    En lien avec la discussion ci-dessus , voici un commentaire intéressant (google traduction, voici ici le commentaire d'origine en anglais : https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2141.msg143969.html#msg143969 ) L'atmosphère au-dessus de l'océan Arctique a été si forte cet hiver qu'il y a eu une grande anomalie de rayonnement à ondes longues (OLR). Des intrusions répétées d'air chaud à des niveaux allant de 850 mb à 200 mb ont émis des niveaux anormaux de chaleur dans l'espace et vers le bas en direction de la glace.Sur les océans dépourvus de glace, une OLR plus élevée que la normale indique des zones de nébulosité inférieure à la normale et des zones de zones de faible visibilité OLR qui ont été plus nuageuses et plus orageuses que la normale. Je regarde les cartes de l'OLR depuis des années pour suivre les modèles de convection tropicale et de chaleur océanique, mais je n'ai jamais vu plus qu'une petite anomalie de l'OLR sur l'océan Arctique lorsqu'il était couvert de glace. Février 2013, quand il y avait un énorme dôme haute pression sur l'océan Arctique pour tout le mois était la situation la plus favorable pour l'épaississement de la glace par la perte de chaleur dans l'espace, mais il n'a pas créé une anomalie OLR comme celle-ci l'air n'était pas chaud comme il l'a été cette année. Au passage, j'en profite pour relayer une étude qui n'est pas très rassurante. En effet, il est montré que la sédimentation accrue dans les fonds marins serait corrélée à une déstabilisation massive des hydrates de méthane à une profondeur entre 600 et 800m notamment (si j'ai bien compris l'étude). Or avec le réchauffement de l'Arctique et l'occurrence de plus en plus importantes de pluies au lieu de neige corrélée à la fonte du permafrost terrestre, il est à redouter une augmentation notable du taux de sédimentation dans l'océan Arctique (si quelqu'un a des liens vers le taux de sédimentation actuel?). https://www.nature.com/articles/s41467-018-03043-z?WT.ec_id=NCOMMS-20180214&spMailingID=55983380&spUserID=NjA4ODQzNzEzMTMS1&spJobID=1342054107&spReportId=MTM0MjA1NDEwNwS2 " Large amounts of methane are stored in continental margins as gas hydrates. They are stable under high pressure and low, but react sensitively to environmental changes. Bottom water temperature and sea level changes were considered as main contributors to gas hydrate dynamics after the last glaciation. However, here we show with numerical simulations that pulses of increased sedimentation dominantly controlled hydrate stability during the end of the last glaciation offshore mid-Norway. Sedimentation pulses triggered widespread gas hydrate dissociation and explains the formation of ubiquitous blowout pipes in water depths of 600 to 800 m. Maximum gas hydrate dissociation correlates spatially and temporally with the formation or reactivation of pockmarks, which is constrained by radiocarbon dating of Isorropodon nyeggaensis bivalve shells. Our results highlight that rapid changes of sedimentation can have a strong impact on gas hydrate systems affecting fluid flow and gas seepage activity, slope stability and the carbon cycle. " " Nos simulations indiquent que la sédimentation à elle seule est capable de provoquer une dissociation importante des hydrates indépendamment du réchauffement de la température de l'eau de fond ou de la fluctuation du niveau de la mer. "
  11. Suivi de l'englacement au pôle nord

    @Higurashi et @meteor cela commence à être plus clair, bien que si vous avez le lien vers des études sur les conséquences à l'échelle locale et globale de ces remontées majeures et récentes en Arctique de masses d'air chaud, je suis preneur Sinon, juste pour remarque, the guardian a fait de sa une en Angleterre ce qui se passe en Arctique en ce moment, article qui indique bien d'ailleurs la stupéfaction de nombre de climatologues face à ces transferts de chaleur historiques (courants d'ailleurs depuis 2015) (et au passage cela change des médias français qui titrent en une sur "la plus grande vague de froid de toute l'histoire du pays"... J'exagère un peu mais on en est pas loin ) : https://www.theguardian.com/environment/2018/feb/27/arctic-warming-scientists-alarmed-by-crazy-temperature-rises Extrait et conclusion de l'article : “This is too short-term an excursion to say whether or not it changes the overall projections for Arctic warming,” says Mann. “But it suggests that we may be underestimating the tendency for short-term extreme warming events in the Arctic. And those initial warming events can trigger even greater warming because of the ‘feedback loops’ associated with the melting of ice and the potential release of methane (a very strong greenhouse gas).” Contributions vraiment intéressantes sinon sur un autre topic du forum Arctic sea ice, où certains, sans tempérer la portée de cet événement, montrent qu'il faut rester prudent sur son incidence concrète sur l'extent de la banquise, en tout cas à très court terme (il faudra cependant surveiller de près la reconstitution de la banquise aux portes de l'Atlantique et du Pacifique qui a été bien mise à mal et est importante pour la résistance de la banquise au début de la période de fonte). https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2223.200.html Et sinon, au vu du peu de chances que le vortex polaire se reconstitue d'ici peu, quels en seraient les conséquences potentielles sur la reconstitution de la banquise au mois de Mars ?
  12. Suivi de l'englacement au pôle nord

    Merci Higurashi Même si je suis loin du suivi commenté que faisais @TreizeVents à une époque (et j'en oublie d'autres). Concernant la question, Sebb a a peu près bien résumé : Même si je n'aurais pas dit que le système climatique est conscient (bien que je ne pense pas Sebb que c'est ce que tu voulais dire ), mais oui c'est bien résumé. En fait je me demandais si le transfert de chaleur massif que l'on observe de plus en plus fréquemment en hiver des latitudes subtropicales aux latitudes tempérées, dû entre autre à un moindre différentiel de températures entre le pôle nord et les plus basses latitudes qui provoque une plus forte ondulation du jet stream, ne créait pas un effet de soupape au niveau du réchauffement climatique (comme une sorte de boucle de rétroaction négative). Mais comme je ne m'y connais pas assez en transfert d'énergie entre la troposphère et les autres couches de l'atmosphère, notamment en condition dégagé et nocturne (en condition nuageuse l'hiver j'ai lu que cela permettait au contraire de garder la chaleur), je voulais savoir si il y avait bien dissipation de cette énergie massive venant en Arctique vers les couches supérieures de l'atmosphère par la suite (et pour finir vers l'espace) ? Et si au niveau du bilan radiatif cela permettait d'atténuer la quantité globale d'énergie contenue dans l'atmosphère ?
  13. Suivi de l'englacement au pôle nord

    Le retour à la "normale" pour l'Arctique se confirme d'ici quelques jours, espérons que cela permettra un recongélation d'une partie du pack, notamment du côté de Béring. Il faut aussi noter que paradoxalement cette masse d'air chaude pulsé par de forts vents entraîne un épaississement du pack au nord de la polynie qui s'est ouverte au nord du Groenland, et que la recongélation de la polynie va par la suite augmenter le volume du pack. Nous n'avons pas assisté à de fortes exportations de la banquise vers le Pacifique et l'Atlantique avec ces masses d'air chaudes mais bien à une forte fonte et sublimation de la glace heureusement à une époque où un retour à la normale des températures peut (normalement) recongeler assez rapidement la glace (cela se serait passé fin Mars ou en Avril, au moment où le soleil pointe également son nez près du Pôle Nord, les conséquences auraient par contre là été beaucoup plus redoutables à long terme). Du coup, l'épaisseur moyenne de la banquise n'est pas à un niveau record et tant que nous n'aurons pas de conditions synoptiques favorisant l'exportation de l'épais pack de glace actuellement concentré au nord-ouest du Groenland, on peut se rassurer un peu sur l'impact de l’événement actuel (j'ai bien dit un peu ). Ce n'est donc pas tant sur les conséquences pour cette année que cet évènement est redoutable, mais sur ce qu'il indique (avec les autres remontées dantesques de masses d'air chaudes depuis 2015) sur de possibles nouveaux changements profonds du climat en Arctique (notamment en hiver). Et les conséquences, si le phénomène s'accentue, est assez redoutable pour l'écosystème Arctique ainsi que pour une accélération de la fonte de l'Arctique passé un certain seuil. Les climatologues en sont ainsi à tenter encore de comprendre pourquoi l'Arctique est ainsi soumis à ces vagues de "chaleur" majeures depuis 2015 (bien qu'il existe déjà plusieurs recherches sérieuses qui se croisent souvent d'ailleurs, cf cet article :http://leclimatoblogue.blogspot.fr/2017/01/science-en-direct-un-nouveau-feedback.html , quelles en sont les conséquences à plus ou moins long terme et si cela va perdurer... Rien de bien rassurant en tout cas. Au passage, avis aux spécialistes : est-ce que ces remontées de masse d'air chaudes en Arctique en hiver ne participent en même temps à atténuer temporairement le réchauffement climatique, notamment en conditions non-nuageuses ? Une sorte de soupape de la planète en quelque sorte Ma question est peut-être bête, je suis encore bien novice par rapport à certains en physique et climatologie. En attendant, il est surprenant (et en même temps non ) que les médias ne communiquent quasiment pas sur cet événement historique et révélateur des changements profonds à venir pour la région Arctique et ainsi pour l'ensemble de la planète. En attendant, je vous laisse profiter des deux derniers excellents articles de Neven et Robert Scribbler sur la situation (les commentaires aux articles sont également bien intéressants) : https://robertscribbler.com/2018/02/26/a-large-area-of-open-water-forms-in-the-melting-sea-ice-north-of-greenland-during-february/ http://neven1.typepad.com/blog/2018/02/talk-about-unprecedented.html
  14. Suivi de l'englacement au pôle nord

    Ce qui se passe actuellement en Arctique est juste impressionnant, historique et inquiétant... Heureusement que les anomalies de températures en été ne sont pas du tout du même ordre dû entre autre à des étés en Arctique plutôt nuageux et à un vortex polaire qui ne part pas en lambeaux, avec de plus une humidité atmosphérique accentué au printemps (dû entre autre à la pus grande zone de surface océanique découverte de banquise) qui accentue les chutes de neige sur le pack de glace, limitant ainsi la fonte de ce dernier lors de la saison de fonte... Si nous n'avions pas cet effet rétroactif négatif . Mais un jour, cela ne durera pas. En attendant sur le forum Arctic sea ice c'est l'emballement, de même que sur les sites parlant du climat et sur les tweets des glaciologues et climatologues. https://robertscribbler.com/2018/02/25/a-hole-in-winters-heart-temperatures-rise-to-above-freezing-at-the-north-pole-in-february/ Impressionnant de voir à quel point la déformation du Jet Stream est marqué à ce point et remonte directement de la côte Nord-Ouest de l'Afrique jusqu'au Groenland (entraînant ainsi une remarquable masse d'air chaud), ce qui a déjà pour effet d’entraîner un phénomène dantesque pour un mois de Février (et inédit ? Les spécialistes diront si c'est le cas) de dislocation majeure du pack au nord de l'île ! La banquise se fracture d'ailleurs dans de nombreux autres endroits. Heureusement nous ne sommes pas encore à la fin de la saison de congélation du pack, mais malgré cela, et malgré un retour à des températures plus "normales" d'ici quelques jours dans la région, le pack va avoir du mal à se reconstituer avant le début de la saison de fonte... Source de l'image : https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2141.1100.html Et que dire de l'étendue de glace en Mer de Béring suite aux assauts répétés de masse d'air chauds de ces dernières semaines... Et voici ce que cela donne sur l'extent global de la banquise : Source : https://forum.arctic-sea-ice.net/index.php/topic,2223.200.html
  15. Un nouveau sujet sur les rétroactions entre climat et écosystèmes forestiers. Il y aurait de nombreuses choses à dire à ce sujet : avec l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, les forêts sont depuis plusieurs décennies des puits de carbone. Mais jusqu'à quand ? De nombreuses études montrent aujourd'hui que nous devons compter de moins en moins sur les forêts pour atténuer le RC, du fait que le RC augmente les stress hydriques et l'impact du parasitisme, ce qui atténue la croissance des arbres et donc leur capacité à fixer le CO2, voire même entraîne une forte mortalité de certains massifs forestiers, avec de plus un bilan photosynthèse/respiration qui penche plutôt vers une part plus importante de respiration des arbres que de photosynthèse (cf été 2003 en Europe par exemple). On sait également que les pratiques forestières intensives atténuent grandement le rôle des forêts dans leur capacité à fixer le CO2, notamment avec l'extension des coupes rases et des taillis à courte rotation (l'humus et la matière organique fraîche du sol sont alors souvent exposés à la chaleur, ce qui accélère la minéralisation de ce dernier et augmente ainsi le relâchement de CO2. On sait également que la déforestation n’entraîne pas que du relâchement supplémentaire de C02 dans l'atmosphère, mais également une modification du climat à l'échelle régionale, voire à l'échelle mondiale : ce que montrent par exemple de nombreuses études sur l'Amazonie. Bref, un topic pour parler ici du lien entre évolution des forêts et évolution du climat et ainsi de leurs rétroactions. Pour commencer, voici un article intéressant d'une équipe de recherches qui alerte sur l'impact de la déforestation en Amazonie et le point de non-retour avec son impact majeur sur la climatologie de l'Amérique du Sud (et par là-même dans une boucle de rétroaction négative sur la végétation) si rien n'est fait pour la stopper : " La forêt amazonienne atteindra un point de non-retour si la déforestation dépasse 20% de sa superficie d'origine " http://advances.sciencemag.org/content/4/2/eaat2340