Jump to content
Les Forums d'Infoclimat

Ce tchat, hébergé sur une plateforme indépendante d'Infoclimat, est géré et modéré par une équipe autonome, sans lien avec l'Association.
Un compte séparé du site et du forum d'Infoclimat est nécessaire pour s'y connecter.

Henri bubuf

Membres
  • Content Count

    2408
  • Joined

  • Last visited

About Henri bubuf

  • Rank
    Cumulus congestus
  • Birthday 04/29/1987

Personal Information

  • Location
    Versailles
  • Site web
    www.henri-buffetaut.com

Recent Profile Visitors

The recent visitors block is disabled and is not being shown to other users.

  1. coucou madame. Excellent reportage et superbes photos. Quelle chance! Je ne sais pas si nous pouvons réellement qualifier cette explosion de Plinienne en revanche. Vulcanienne sans aucun doutes ou sub-plinienne.
  2. Hello Christophe. Merci pour ce carnet de bord bien agréable à lire. Il est plaisant à l'heure des réseaux sociaux de voir de belles photos mises dans leur contexte avec un beau récit. On redemande une chose... Encore!
  3. Après un mois de mai digne d'un mois de mars, une nouvelle dynamique semblait vouloir se mettre en place en ce début juin. Des pulsions chaudes drainées par une dépression positionnée sur le proche Atlantique remontèrent assez largement sur nos contrées et interagirent avec l'air océanique positionné en embuscade sur une large moitié ouest. Le conflit de masse d'air était pour le moins remarquable ce jour. Si nous enregistrions près de 31 degrés à Reims la température peinait à dépasser les 20 degrés sur une ligne qui s'étendait depuis La Rochelle jusqu'à Lille. Cette transition entre ces deux masses d'air de densité et de nature différente ne pouvait évidemment se faire sans une certaine agitation. Pour cette raison météo France plaça un très large quart Nord-est sous le coup d'une vigilance orange pour un risque d'orages violents. Partis en tout début d'après-midi en compagnie de Basile Ducournau nous nous positionnâmes au sud-ouest de la Montagne de Reims un peu avant 17h. Nous eûmes tout le loisir de contempler les vastes enclumes des systèmes orageux qui sévissaient alors sur la région parisienne. Ces dernières très étirées par les forts vents d'altitude recouvraient une grande partir de nos horizons tout en se propageant rapidement sur la Champagne. Bien loin de se rafraîchir, l'atmosphère demeura pensante et lourde à mesure que les systèmes orageux se développaient. Trahissant une masse d'air assez sèche en altitude, quelques mammas vinrent festonner les enclumes en formation. L'atmosphère resta ainsi suspendu pendant un temps. Un léger souffle chaud et continu bruissait vers l'orage encore lointain tandis que, dopés par le soleil de ce début d'été, mille insectes vibrillonants chantaient en cadences dans les herbes folles. Au loin sur l'horizon une masse plus sombre se dessina soudain. Un ourlet nuageux semblable à une vague apparu et se renforça subitement pour rapidement ressembler à une lame de fond sortie du fond des cieux. L'activité électrique bien que présente se montra assez discrète et ne se manifesta que sous la forme de vibrantes lueur violacées que diffusait le rideau de précipitation en approche. Les insectes se turent et le vent cessa soudain. Un ronronnement orageux à peine troublé de lointains coups de canons trahissait la complexe machinerie orageuse qui peu à peu se teintait de vert. Le radar nous confirma un orage extrêmement bien structuré qui progressait vers notre position à grande vitesse. l'Arcus s'approcha encore et le ciel se renversa totalement, nous offrant un spectacle d'une dimension autre. Tout n'était que mouvement, vapeurs verdâtres qui naviguaient anarchiquement au gré des puissants courants aériens. Quelques grosses gouttes s'écrasèrent ça et là tandis qu'une rafale plus fraîche nous enveloppa. Le paysage devant nous disparu par pans entiers dans le noyau de précipitations et nous partîmes en hâte nous replacer sur une éminence située un peu à l'écart de toute cette agitation. Commença alors une folle poursuite avec l'arcus, courant à travers champs entre les gouttes, enveloppés par les poussières soulevées par le puissant souffle de l'orage nous partîmes en trombe nous replacer une vingtaine de kilomètres plus à l'est. Chemin-faisant nous ne pûmes que constater les importants dégâts dont les soudaines rafales furent à l'origine. Branches cassées, troncs coupés à mi-hauteur. Il est certain que la croissance des feuilles parvenues à maturité offrent une importante prose au vent qui fragilise les grands arbres séculaires en cas de rafales soudaines. Nous slalomâmes une vingtaine de minutes entre les différentes cellules orageuses avant d'arriver sur une molle ondulation qui dominait d'une courte tête le paysage environnant. Le vent plus frais, des petits orages situés en éclaireurs soulevés par la lame d'air frais du corps orageux principal s'agglutinait autour de notre position. De temps à autre un coup de foudre très bref déchirait les précipitations mais nous nous aperçûmes rapidement que le plus gros était passé. Ces avortons instables dissipaient les dernières parcelles d'air chaud dans un environnement devenu subitement beaucoup moins favorable. Les dernières cellules achevèrent de noyer leur bases dans un magma liquide de précipitations que transperçait un soleil rafraîchit. Un bref arc en ciel salua la renaissance de l'astre du jour tandis que l'air plus frais achevait de déstructurer les structures orageuses devenues bien vaporeuses. L'orage est à l'instar de toute vie une machinerie bien éphémère. A peine le cumulonibus a t-il étalé sa corolle de glace sous la voute céleste que ce dernier porte en lui les germes de sa propre déchéance. C'est l'organisation des vents au sein de l'atmosphère qui déterminera en définitive sa nature, son identité, sa longévité.
  4. cette ambiance à Valensole. Je vois très bien ou tu étais situé. Nous n'étions pas si loin. Les captures de foudre sont extraordinaires et illustrent à merveille les ambiances qui prévalaient alors. C'est superbe. Je redescends en tout cas dès que les conditions (et mon emploi du temps) me le permette. Un big up.
  5. C'est magnifique. Le premier Cb cévenol me fait penser à une photo de notre PPF qui présentait une structure de ce genre assez incroyable. J'adore aussi les ambiances nocturnes et que dire de ce micro-orage matinal...
  6. Wow, cette série de ramifiés est incroyable. J'aime beaucoup aussi cette ambiance de mini orages alsaciens. C'est extra ces ambiances.
  7. Ouiiii, merci. Ecoute un plaisir tout à fait partagé. J'adore ces rencontres de chasse inopinées. Ce sont toujours de riches et jolis moments. Je prépare le récit oui.
  8. Le printemps de cette année 2019 est depuis quelques semaines dominé par un temps frais, océanique, humide et peu propice à la formation d'orages. Ho, il y a bien de temps en temps quelques manifestations, mais celles-ci par trop éphémères sont souvent balayées par des changements de masse d'air prompts à venir exagérément tempérer les timides tiédeurs méridiennes. En ce début du mois de juin, les choses semblent toutefois vouloir évoluer quelque peu. Les premiers flux de sud dopés par un soleil parvenu au fait de sa puissance semble vouloir faire tourner les choses à l'avantage des orages... Enfin, en théorie. Si les éléments semblent bel et bien décidés à s'aligner de manière plus favorable pour notre activité, les modèles de prévisions ont encore du mal à s'accorder sur le développement des orages espérés. C'est avec toutes ces interrogations que nous partîmes avec Jérémie Gaillard, d'un pas mal assuré, en direction du nord-est. Après une première étape agréable au sud de la Montagne de Reims, nous partîmes pour un promontoire situé sur un lourd relief Ardennais. Le point de vu, bien que superbe, perché en plein milieu d'une majestueuse forêt nous apparaissait plus comme un piège à chasseur d'orages que comme un lieu d'observation. Le soleil déclinant, l'architecture un peu triste bordant la Meuse.... Nous décidâmes complètement démoralisés de rentrer, persuadé qu'en ces froides contrées la survenue d'orages relevaient du miracle. Au loin de beaux cumulonimbus situés très au nord de notre position entre Belgique et Pays Bas achevaient de se consumer dans la lumière d'été. De guerre lasse nous fîmes un arrêt sur une éminence située non loin de Rethel afin d'observer le système avant de repartir... Alors perchés sur notre promontoire un petit banc d'altocumulus attira notre attention. Ce dernier ne payait pas de mine, composé de nuages un peu ébouriffés ils ne présentaient aucune menace particulière. Toutefois nous décidâmes d'attendre quelques instants afin de suivre l'évolution de ce banc de nuage un peu intriguant. Le soleil se coucha totalement sur la campagne encore alanguie dans la douce tiédeur de cette longue soirée. Nos nuages s'animèrent dès lors de mouvements convectifs et quelques timides échos radars trahirent rapidement la présence de petites averses. Les multiples tourelles crènelées disposées en escaliers, les mouvement ascensionnels brefs mais multiples qui poussaient les nuages toujours plus hauts dissipèrent nos doutes et nous nous mîmes à espérer un départ orageux bien plus franc que prévus. Les cumulus désormais parvenus au stade de congestus s'individualisèrent en un ensemble de petites cellules. Ces dernières peu épaisses, moyennement structurées étaient déjà le siège de bonnes averses. Nous décidâmes de lancer quelques poses sans conviction au cas ou une activité orageuse déciderait de se manifester. Le soir continuait à décliner lentement, les cumulus de se développer en produisant quelques petites enclumes cirriformes quand soudain... Une lueur suivie d'un léger roulement de tonnerre anima ce très modeste nuage. De telles manifestations ne sont guère fréquentes sous nos contrées et se rencontrent davantage lors de petits orages survenant dans des zones arides. Toutefois cette illumination fut la seule que ce spécimen nous offrit avant de se résoudre en une simple averse. Très vite d'autres cumulus prirent le dessus et s'élevèrent toujours plus en restant tout à fait muets. Ce n'est qu'une fois la nuit parfaitement installée que les nuages prirent une dimension nouvelle et que l'activité orageuse se déclara tout à fait. Sporadique d'abord, elle se se déchaîna soudain alors que portés par le puissant flux de sud les cellules filaient se perdre sur les contrées wallonnes. Minuit sonna un brusque déclin de l'activité orageuse. Les dernières lueurs vibrantes illuminèrent encore l'horizon quelques instants et les ténèbres nous enveloppèrent totalement. La nuit noire, sans lune se consuma ainsi pendant près de deux heures. Nous nous assoupîmes quelques instants bercés par les stridulations des insectes nocturnes. Vers les deux heures du matin, le radar s'éveilla soudain. Quelques timides échos apparurent brusquement sur la Seine et Marne et semblaient se diriger vers notre direction. Un premier flash lointain confirma cette impression. De modestes cellules orageuses prises dans le flux rapide s'illuminaient par intermittence. L'impression de violence de ces photographies est trompeuse. En effet bien souvent ces éclairs -majoritairement composés de coups de foudre- étaient espacés de plusieurs minutes. De telles manifestations électriques dites "d'activité lente" se rencontrent assez souvent au sein de masse d'air chaudes et uniformes. Le foudroiement assez rares et essentiellement composé de spectaculaires coups de foudre. Ces cellules n'étaient pas très facile à appréhender en raison de leur courte durée de vie qui n'excédaient pas les vingt minutes. Néanmoins dès que l'une d'entre elle se délitaient, d'autres prenaient aussitôt le relais. La nuit s'étiola ainsi ponctuée de loin en loin par de rares éclairs. Les premières lueurs de l'aube diluaient leur camaïeu indigo quand une brève averse suivie d'un puissant flash palpita au dessus de notre position. Une petite cellule se forma à notre zénith de manière (presque) inattendue. Nous espérâmes un coup de foudre proche qui ne vint jamais quand de puissants flash assez fréquents éclatèrent dans notre dos. Un orage bien plus puissant que les précédents fit vibrer les paysage tout entier. L'activité électrique changea de nature et demeura essentiellement intra nuageuse tandis que de petits grêlons frappèrent le paysage en cadence. Notre position devint délicate et nous décidâmes d'échapper à cette tourmente soudaine en nous décalant de quelques kilomètres afin de jouir d'une vue plus globale de cet orage insolant. Emporté par le flux rapide et dans le jour naissant un petit système orageux bien structuré nous dévoila un joli spectacle matinal avant de se décaler en direction des Ardennes.
  9. excellent, sacré travail de prise de vue. Timelapse saisonnier, voilà qui serait sympa.
  10. On ne contre pas réellement, on subit et on attend. Peut-être un léger flou?
×
×
  • Create New...