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mottoth

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  1. #670. Zyryanka. Voici un village de 2800h de la République de Sakha. Oymyakon est à 460kms, Omolon 450kms, Chersky 565kms, Chokurdakh 560kms, Verkhoyansk 795kms et Moscou 5410kms. Zyryanka est dans la partie sud de la plaine de la Kolyma, et au bord du fleuve du même nom. A l'est les reliefs indiqués font partie des Monts Yukaghir, à l'ouest la chaine de la Moma peut être rattachée aux Monts Chersky qui séparent la plaine de la Kolyma des bassins bien connu d'Oymyakon et de la Yana (Verkhoyansk). La seule véritable ouverture du relief se fait donc vers le nord et la lointaine mer de Sibérie Orientale (575kms). La station étudiée est à 1km au nord du village et 215m du fleuve. Une photo prise par une froide journée neigeuse de mars 2018: C'est un climat subarctique hypercontinental pur, avec un hiver digne de la République de Sakha et un été parfois assez chaud. On remarque l'influence légère des mers arctiques par le nord avec un automne plus humide que ce que l'on attend d'un climat hypercontinental. L'ensoleillement est vraiment bon pour la latitude, c'est le point commun de tous les climats vus récemment depuis le Tchoukotka qui sont suffisamment coupés de la grisaille de la mer d'Okhotsk ou de la mer de Béring. Le vent s'engouffre parfois en hiver dans la plaine, et cela explique les extrêmes bas pas si extrêmes: il peut faire bien plus froid dans la vallée fermée d'Omolon. On a évidemment une orientation des vents bien contrainte par le reliefs, on peut définir les vents de sud comme "continentaux", et les vent de nord comme "maritimes" (même si la mer est loin). Le temps est majoritairement calme en hiver, avec un froid intense. Des coups de vents de nord accompagnent le temps perturbé, avec des redoux très relatifs. L'hiver n'est pas particulièrement extravagant ici, mais le grand froid est tenace. On retrouve au printemps un temps commun à une grande partie de la Sibérie Centrale et Orientale, à savoir qu'on enchaine en mars et avril de très belles journées avec beaucoup de soleil et de fortes amplitudes thermiques. Passé mi-avril le dégel devient fréquent en journée et la neige fini par disparaitre début mai... mais pas définitivement: on est quasi assuré d'une dernière bordée neigeuse mi-mai voire un peu après. L'été est particulièrement contrasté ici, et les coups de chaleurs parfois remarquables. C'est exemple de l'été 2006 est bien représentatif en dehors des précipitations copieuses du mois d'aout (aout 2006 était ce mois si gris présenté hier à Chokurdakh). BONUS: juillet 2010, mois le plus chaud de l'histoire de cette station, avec le record absolu de chaleur. On peut noter le retour de ce fléau des fumées d'incendies , que l'on avait nettement moins rencontré dans le Tchoukotka. A l'exception de conditions de neige et poudrerie fréquentes en novembre, cet automne 2017 fut très normal. Notamment les températures dont la chute régulière est presque un cas d'école. Septembre est le dernier mois de l'année avec des journées agréables, dès le mois d'octobre le gel ne lâche plus son emprise et l'enneigement continu démarre pour plus de 7 mois. BONUS: février 2013, mois le plus froid de ma période d'étude et également le plus froid des mois de février de l'histoire de cette station. C'est le stéréotype de l'hiver Yakoute, avec ce ciel bleu, cet air immobile et des t° qui évolue autour de -40°c. Voilà, j'ai terminé le quadrillage méthodique de la Sibérie entamé début avril, avec il me semble 47 fiches ajoutées au compteur. J'ai prévu 3 fiches supplémentaires, non nécessaires mais je pense intéressantes pour préciser certains phénomènes locaux ou transitions rapides, dont Agzu dans le Primorié qui a été réclamée il y a quelques temps. Ensuite il sera temps de retourner vers plus de chaleur.
  2. Ca commence à faire loin de la Sibérie, mais quand même: plusieurs tx à plus de 40°c aujourd'hui au Kazakhstan, dont 42.3°c à Turysh (ancienne txx de mai: 39.6°c sur la climato 2000-2019).
  3. Oui bien sur, mon raisonnement ne portais que sur l'aléatoire pur. Par rapport aux normales 1981-2010 les dés sont déjà pipés, si on reprend l'analogie de pile ou face on doit avoir aujourd'hui 60% ou 70% de chance d'avoir pile et seulement 30% ou 40% d'avoir face. Et on peut discuter aussi de l'indépendance des "tirages" d'un mois sur l'autre: avec des anomalies prolongées dans l'atmosphère il se forme par exemple des anomalies de SST qui peuvent d'une manière où d'une autre rétroagir sur l'atmosphère et finalement favoriser le status quo ou une bascule vers un autre régime. La surveillance de ces anomalies matérialisées par des indices, atmosphériques ou océanique (ENSO, PDO, MJO, QBO, etc...), est d'ailleurs bien au coeur de l'art de la prévis saisonnière.
  4. Aujourd'hui 26/05: 33.5°c à Novosibirsk, 33.9°c à Omsk, 35.5°c à Barnaul, 37.1°c à Slavgorod... la prochaine salve est en route pour le grand nord.
  5. D'un point de vue purement aléatoire: non, cette série n'a pas plus de chances de s'arrêter maintenant qu'avant. Si l'on considère que le bilan thermique d'un mois peut être rapporté à un lancé de dé, chaque lancé de dé est un événement indépendant dont les probabilités ne dépendent pas des précédents tirages. Ou si tu préfères, après avoir obtenu 12 fois pile en jouant à pile ou face et bien la proba d'avoir pile au 13e tirage est toujours de 50%, comme à chaque tirage.
  6. Oui, on est à la limite de leur milieu naturel qui est la toundra !
  7. La valeur du 25/05 qui me semble la plus extraordinaire: 30.1°c à Zhigansk, battant le record mensuel de mai 1990 (28.5°c).
  8. #669. Chokurdakh. Chokurdakh est un village de 2100h en République de Sakha. Chersky est à 560kms, Verkhoyansk 665kms, Yakutsk 1250kms et Moscou 4940kms. Le nord-est de la république de Sakha est essentiellement occupé par des plaines, nous avons vu hier la plaine de la Kolyma avec Chersky, et aujourd'hui voici la plaine de Yana-Indigirka, deux fleuves qui se jettent dans les mers arctiques: la Yana passe à Verkhoyansk pour se jeter dans la mer des Laptev, et l'Indigirka passe à Oymyakon pour se jeter dans la mer de Sibérie Orientale. L'ensemble de collines du plateau de Kondakov sépare ces deux plaines. Encore une fois les altitudes quasi nulles de ces plaines aux abords de la mer faussent un peu cette carte, la mer de Sibérie orientale est en fait à 135kms de Chokurdakh. On voit clairement la différence de milieu entre la plaine avec ses innombrables lacs et étangs de thermokarst, et les collines beaucoup moins humides. La station étudiée est sur l'aéroport du village, à 780m du fleuve. Ce climat est à la limite du climat polaire, avec une Tm à peine supérieure à 10°c en juillet. Malgré les faibles précipitations la chaleur est trop juste en été pour que des conditions de sécheresse se développent, dans un milieu qui plus est très humide. Les deux degrés gagnés en latitude par rapport à Chersky expliquent la fraicheur estivale accrue et la perte d'ensoleillement, même si l'on reste avec 1700h annuelles à un niveau honorable pour un climat si rude. Le froid hivernal est lui aussi légèrement accru, surtout en raison des redoux qui ne peuvent plus être ici aussi marqués qu'à Chersky où des advections douces de la mer d'Okhotsk peuvent donner des dégels même en janvier: ici aucun dégel n'a jamais été observé de novembre à mars inclus, et les redoux hivernaux excèdent rarement -20°c. Nous sommes dans cette zone de la République de Sakha qui n'est atteinte ni par les redoux de la mer d'Okhotsk ni par ceux d'origine atlantique et/ou européenne. Le vent est bien plus fort que dans les zones plus continentales et plus enclavées au centre et au sud de la République de Sakha, mais pas encore aussi fort qu'en arctique. Curieusement c'est en été qu'il souffle le plus fort, avec notamment un vent d'ONO bien rafraichi en provenance de la mer des Laptev. En hiver c'est un courant continental froid qui souffle essentiellement du sud-ouest. La nuit polaire dure du 23 novembre au 20 janvier, le jour continu du 14 mai au 29 juillet. Voici l'une des région de Sibérie où les températures hivernales sont les plus régulières (avec les abords de la mer d'Okhotsk), avec cette absence de forts redoux déjà évoquée. Le froid peut être vraiment sévère mais sans aucune mesure avec les pôles de froid situés plus au sud. Des conditions de poudrerie voire du blizzard s'installent parfois pour deux ou trois jours, mais sans comparaison non plus avec les vrais climats polaires. Bref ce climat c'est vraiment un entre deux, entre le climat polaire mouvementé et les grands calmes très froids continentaux. Le printemps est en fait une prolongation de l'hiver moins désagréable, sous le soleil, et ici les premiers dégels sont très longs à arriver: il faut souvent attendre mai, le mois d'avril n'affichant qu'une txx mensuelle médiane de seulement 0.2°c. Par rapport à Chersky le nombre moyen annuel de jours de chaleur est divisé par deux (4.3 contre 9.5), et par rapport à Verkhoyansk (21 jours) le ratio est d'environ un à 5. La chaleur est donc rare mais peut être marquée, avec notamment des tn étonnamment hautes grâce au vent nocturne. En dehors de ces épisodes la fraicheur peut être comparable à un mois de janvier en France, avec des gelées possibles tout l'été même si elles évitent habituellement juillet. BONUS: parfois le flux marin ou le flux continental prend nettement l'avantage sur l'autre en été, donnant des bilans mensuels radicalement différents d'une année sur l'autre. Voici donc deux mois d'aout extrêmes, l'un dans la "chaleur" et le soleil, l'autre dans la fraicheur et la grisaille: L'automne est une saison grise durant laquelle la t° évolue lentement à la baisse avec aucun retour en arrière durable. Il neige ou neigeote presque quotidiennement en octobre et novembre. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  9. #668. Chersky. Chersky est un village de 2500h, qui a connu un déclin fulgurant après la chute de l'URSS: on y dénombrait plus de 11 000h en 1989. Nous sommes ici à l'extrémité nord-est de la République de Sakha. Omolon est à 390kms, Markovo 605kms, Anadyr 840kms, Yakutsk 1620kms et Moscou 5450kms. Nous sommes à la limite entre des reliefs du Tchoukotka et la plaine de la Kolyma qui occupe le nord-est de la République de Sakha. La chaine de Tainykot est l'extrémité nord-ouest des Monts d'Anadyr. La mer de Sibérie Orientale est à 99kms au nord de Cherski, plus loin que ce que laisse paraître cette carte altimétrique où de nombreuses zones de faible altitude se confondent avec la mer. On voit effet mieux sur cette vue ces zones humides très marécageuses où l'eau stagne au dessus su permafrost. La station étudiée est dans les bois un peu à l'écart du village. Photo prise en décembre, pendant la "nuit polaire" où l'on observe en fait en journée une clarté durant laquelle l'aube et le crépuscule se confondent. C'est un climat subarctique fortement continental, mais pas hypercontinental comme dans les vallées de l'intérieur: l'hiver y est un peu moins froid car un peu plus venté (mais pas autant que dans la zone des climats polaires de la côte). L'été est lui plus frais, on n'atteint même pas 20°c en Txm en juillet. Pour un climat de cette latitude l'ensoleillement est très bon, 1930h annuelles alors qu'à des latitudes voisines même Olenyok en Sibérie centrale - bien plus éloigné des froides mers arctiques - ne fait pas aussi bien (1900h). Les vents dominants tangentent les reliefs situés à l'est de Cherski, en hiver on a un flux thermique continental à peu près constant, et en été c'est bien plus partagé avec un flux thermique marin bien présent. En hiver la nuit polaire dure du 3 décembre au 9 janvier, en été le jour continu dure du 22 mai au 20 juillet. En hiver les températures évoluent le plus souvent entre -40°c et -20°c, et les redoux viennent généralement de l'arctique avec des neiges faibles persistantes. Plus rarement on peut avoir des redoux bien plus prononcés qui proviennent de la mer d'Okhotsk, et le dégel est alors possible même en janvier. Durant les périodes froides la t° se stabilise souvent autour de -40°c, mais descendent rarement plus bas en raison de ce petit courant d'air constant de sud-est. Le printemps est là aussi la saison qui reçoit la meilleure fraction d'insolation: mars et avril sont des beaux mois avec vraiment peu de neige; mai est plus variable et voit la couche de neige disparaitre habituellement en milieu de mois. Attention aux coups de froids tardifs, le froid rôde encore sur la mer de Sibérie Orientale qui est encore gelée. Voici un exemple d'été basé sur les années 2013 et 2017. Les températures varient fortement, selon que la situation synoptique dirige un flux continental chaud ou rabat de l'air maritime froid. Des vagues de chaleur qui semblent très estivales pour cette latitude comme ici autour du 10/07/2013 ne sont pas exceptionnelles. Cette saison profite aussi d'un bon ensoleillement, même en aout où pourtant l'automne est déjà là. Le gel revient régulièrement en septembre, avec aussi les premiers flocons, puis l'hiver s'installe en octobre: c'est d'abord très gris avec des t° qui évoluent lentement, puis en novembre on a un régime hivernal classique; novembre peut être considéré comme un mois d'hiver à part entière comme souvent en Sibérie. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Et n'oubliez pas de jeter un coup d'oeil au suivi du temps en Sibérie sur ce forum, depuis le mois d'avril une chaleur précoce fait l'actu et l'on y cite pas mal de lieux qui ont fait l'objet d'une fiche durant cette méga-serie de confinement sur la Sibérie.
  10. Parles tu bien du MEI ? Le site de la NOAA a changé d'adresse, et l'on ici un indice mis à jour récemment (7 mai 2020): https://psl.noaa.gov/enso/mei/ https://psl.noaa.gov/enso/mei/data/meiv2.data Moi même j'utilise bien plus le MEI que les "simples" indicateurs de l'ENSO, notamment dans le fil "climat du monde" pour le choix des exemples de saison en zone tropicale asie / pacifique / pérou.
  11. Finalement j'ai rencontré moins de problèmes sur cette fiche que sur Markovo: #667. Omolon. Omolon est un village de 800h, essentiellement de peuples natifs, qui vit paisiblement de l’élevage du renne. Nous sommes à l'extrémité sud-ouest du Tchoukotka, à 470kms de Markovo, 800kms d'Anadyr, 805kms de Magadan, 870kms de Oymyakon et 5740kms de Moscou. Omolon est dans une portion plus large de la vallée de la rivière du même nom, qui forme à cet endroit une plaine entourée de reliefs. Ces reliefs font tous partie d'un ensemble plus grand nommé Monts de la Kolyma. Cet enclavement promet une bonne dose de continentalité. Nous sommes dans la domaine de la taïga, qui laisse place à la toundra de montagne dès 700 à 800m d'altitude. La station étudiée est dans le village à 261m d'altitude, à 3kms et 15m au dessus de la rivière. C'est assez nettement un climat subarctique hypercontinental (ICA=1.91). Nous sommes à peu près à la même latitude que Markovo (ICA=1.55), mais l'enclavement accru et l'éloignement supplémentaire depuis la mer de Béring donne ici un climat nettement plus froid en hiver (10°c de perdus !) et une répartition annuelle des précipitations purement continentale (c'est un régime bien plus hybride à Markovo). Les précipitations hivernales sont donc moins abondantes ici, et la couche de neige est en moyenne 30cms plus fine ici qu'à Markovo en fin d'hiver. Le vent hivernal est extrêmement faible ici, 1.6km/h de vent moyen contre 6.4km/h à Markovo en janvier, et cet air souvent immobile favorise un froid radiatif intense: le record absolu est de -61.1°c, en février 2002... mais les synops ne sont dispos que depuis septembre 2003, la période d'étude est donc plus courte que d'habitude pour cette fiche et n'inclus malheureusement pas l'hiver exceptionnel 2001-2002. L'ensoleillement est lui très comparable à celui de Markovo, avec un honorable cumul de presque 2000h annuelles, et le niveau de chaleur estival est lui aussi identique, avec une douzaine de jours de chaleur par été mais aussi des gelées qui reviennent trop régulièrement pour pouvoir définir une période hors-gel (et déjà une tnn de quasi -8°c en aout, uniquement sur ma période d'étude). Les vents dominants sont évidemment canalisés par la vallée de l'Omolon. Au 21 décembre le jour dure 3h25, au 21 juin il dure 22h22. En hiver les redoux sont bien plus modérés qu'à Markovo, ici on dépasse rarement -15°c même si ponctuellement ils peuvent êtres bien plus spectaculaires. Le mauvais temps est généralement donc bien atténué, avec un peu de vent, un peu de neige et un froid "modéré". Les périodes de grands froids sont fréquentes: avec un ciel dégagé, un air parfaitement immobile pendant des jours et des t° proches de -50°c elles sont dignes des célèbres pôles du froid de la République de Sakha, simplement ce froid est plus discontinu ici avec ces redoux plus intenses et plus fréquents qu'à Oymyakon ou Verkhoyansk.. BONUS: janvier 2017. Un mois d'hiver plutôt froid, mais marqué par un redoux fulgurant (+42°c en 36h). Voici le détail des obs tri-horaires durant ce redoux, c'est l'occasion de revoir en détail comment sont évaluées les tn/tx. Les heures indiquées sont en TU, il faut ajouter ici 12h pour avoir l'heure locale. Pour cette région de la Russie (est de 155°E) les intervalles que j'ai défini pour l'affectation des tn et tx pour un jour J sont les suivants: 6hTU J-1 à 6hTU pour les TN (18h J-1 à 18h en heure locale), 18hTU J-1 à 18hTU pour les TX (6h à 6h J+1 en heure locale). - Affectées au 05 janvier: tn de -49.3°c vers 18hTU le 4. Tx de -24.4°c le 5 à 18hTU (après une tx diurne et provisoire de -41.7°c). - Affectées au 06 janvier: tn de -44.1°c le 5 à 6hTU. Tx de -1.7°c le 6 à 15hTU (après une tx diurne et provisoire de -1.9°c). Cette tx est une approximation mais vu la stagnation de la t° autour de cette valeur la vraie tx n'a probablement pas été supérieure à -1.5°c, donc la marge d'erreur est très faible. La journée du 5 a donc été une journée de grand froid classique, avec une tx diurne de -41.7°c, puis le redoux est arrivé la nuit suivante avec une tx définitive de -24.4°c à 6h le lendemain matin. La journée du 6 a été une journée de transition, avec une tn de -44°c la veille à 18h avant l'arrivée des nuages, dans les -20°c en matinée sous une neige faible, puis une tx de -1.9°c en soirée (-2°c à 21h) après l'arrêt de la neige et l'arrivée d'un vent de sud-est sensible, puis finalement une tx définitive autour de -1.7°c durant la nuit suivante. Voici un printemps tout à fait normal, avec beaucoup de soleil en mars et avril et souvent de fortes amplitudes thermiques diurnes. Mai est un peu plus gris durant la fonte des neiges, celle ci disparait habituellement autour du 15 mai. L'été est vraiment variable, on hésite entre chaleur agréable et fraicheur automnale parfois suivie de petites gelées. C'est vraiment la même chose qu'à Markovo. BONUS: juillet 2010, mois le plus chaud de l'histoire de cette station. C'est également l'année du record absolu de 34°c, qui finalement dépasse celui de Markovo et fait de cette vallée le meilleur candidat pour le record de chaleur du Tchoukokta. Gros ensoleillement également et bonne petite sécheresse pour ce mois exceptionnel. Enfin on termine avec l'automne et cette chute rapide du thermomètre typique des climats hypercontinentaux de cette latitude: on n'attend généralement même pas les premières neiges pour connaitre des tn entre -10°c et -15°c dès fin septembre ou début octobre, puis ensuite le grand froid s'installe rapidement une fois que la neige recouvre le sol. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  12. #666. Markovo. Encore un village au déclin rapide (1170h en 2003, 580h en 2018), sans autre ressource que la pêche et l'élevage du renne. Nous sommes toujours dans le district autonome de Tchoukotka, mais cette fois dans une partie très continentale qui va nous changer des nombreux climats maritimes vus dernièrement. Anadyr est à 340kms, Apuka 470kms, Magadan 1165kms et Moscou 6050kms. Markovo est situé dans une plaine inondable traversée par le fleuve Anadyr, qui est cernée de reliefs qui l’éloigne des influences maritimes. Au nord et à l'ouest les différentes chaines font partie du vaste ensemble des Monts d'Anadyr, tandis qu'au sud-est nous avons les reliefs les plus nordiques des Monts Koryaks. Cette plaine très marécageuse subit les débordements épisodiques du fleuve Anadyr, qui de temps en temps inondent aussi le village. La station étudiée est isolée du village, au sein de la taïga. Voici donc un climat subarctique continental marqué, mais je suis un peu surpris par l'ICA (1.55) que j'imaginais nettement plus élevé. De fait les mers ne sont pas si loin, et la relative proximité du minimum de pression des aléoutiennes donne un temps hivernal plus perturbé que dans les bassins hypercontinentaux de la République de Sakha. La pression moyenne hivernale est d'ailleurs à peine anticyclonique, et l'enneigement bien plus abondant que dans nos trous à froid bien connus de Verkhoyansk et Oymyakon. Après la répétition de climats très gris et maritimes ces derniers jours, celui de Markovo semble tout de même nettement plus vivable malgré les coups de froid hivernaux qui peuvent atteindre -50°c: l'ensoleillement atteint 2000h/an, et l'été connait de véritables chaleurs. Avec un record de 33°c Markovo l'un des endroits du Tchoukotka où il peut faire le plus chaud. Cependant l'été subarctique est plus que jamais précaire ici, avec des gelées régulières en aout, voire même en juillet. Enfin le vent est bien sur nettement plus faible que vers les côte, ce qui laisse libre court à de fortes amplitudes thermiques diurnes lorsque le soleil est suffisamment haut, de février à octobre, et que l'état du ciel le permet. L'orientation des vents au NNE durant une bonne partie de l'année et notamment en hiver est cohérente avec le placement de la dépression des aléoutiennes au sud-est et de l'anticyclone Sibérien à l'ouest. Le jour ne dure que 3h49 le 21 décembre, et 21h38 le 21 juin. Voici l'hiver dernier (2019-2020), qui fut bien normal: l'enneigement a commencé fort en décembre puis le ralentissement des précipitations a rapproché la couche des valeurs normales en février. L'hiver est marqué par de fortes variations de températures: le froid peut être très intense sous des conditions calmes et anticycloniques qui débordent des régions hypercontinentales plus à l'ouest. Mais l'on a également de forts redoux depuis la mer de Béring, avec des températures qui peuvent redevenir positives même au cœur de l'hiver. BONUS: décembre 2012, un mois où les contrastes ont été poussé à leur paroxysme. Durant le redoux fulgurant du 20 décembre la température a gagné presque 40°c en 36 heures ! Notez également la pluie, 2 jours après une tn de -47°c ! Le fin de l'hiver est comme souvent en Sibérie continentale bien ensoleillée et marquée par des amplitudes thermiques souvent fortes. Cette tendance débute en février et se poursuit ici jusqu'en avril où l'hiver joue les prolongation et le dégel reste rare. Le printemps n'arrive donc qu'en mai - le mois où le pente thermique est la plus forte de l'année -, où les températures enfin positives viennent à bout de la couche de neige durant la dernière décade. BONUS: avant d'enchaîner sur un exemple d'été normal, voici le mois de juin le plus chaud de l'histoire de la station, et probablement le mois le plus ensoleillé tout mois confondus (443 heures !!!). On remarque aussi des fortes amplitudes thermiques diurnes, souvent supérieures à 20°c. Difficile de trouver un été complet vraiment normal, voici un collage entre juin 2002 et juillet/aout 2019. Le temps est assez variable en été: la chaleur semble se développer facilement sur place lorsqu'il fait beau, mais la fraicheur humide revient très vite depuis l'arctique lorsque le flux de nord reprend. Arrivé le mois d'aout la chaleur devient bien plus rare qu'en juin et juillet, et les gelées deviennent fréquentes en deuxième quinzaine. Difficile de trouver également un bon exemple d'automne, voici un collage entre l'année 2015 et l'année 2010. C'est la saison la plus grise, et le mauvais temps à parfois du mal à s'évacuer en septembre et octobre. La neige s'installe habituellement mi-octobre (un peu plus tard sur cet exemple), et ensuite la plongée vers l'hiver est très rapide, à la manière des climats hypercontinentaux. Remarquez cependant un exemple de redoux très rapide le 16/11/2010, avec une amplitude de 30°c ce jour là (sur 36h, la période de prise de tx étant décalée de 12h par rapport à celle des tn). BONUS: février 2002, le mois de février le plus froid de l'histoire de cette station (à égalité avec 1984). C'est également le mois le plus froid de ma période d'étude, tous mois confondus. Et l'hiver 2001-2002 fut très nettement le plus froid depuis au moins 2000, avec une anomalie sur DJF de -8.8°c ! Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. La prochaine fiche mettra probablement deux jours à arriver elle aussi: les Russes ont volontairement omis les tx dans les synops des stations de cette région pour une bonne moitié de ma période d'étude, je dois les importer d'un autre site (c'est automatisé et assez rapide) et ensuite les vérifier car leur période de prise en compte est décalée de 12h par rapport à la mienne... et ça c'est fastidieux.
  13. Et c'est comme ça que l'on trouve des fraises en supermarché au mois de décembre. Il est temps que cela cesse, c'est clair. A moins que ce ne soit des serres de cannabis, il faut bien au moins ça pour tous les ptits frenchies qui viennent s'enfumer le cornet à Amsterdam
  14. #665bis. Complément photo de l'ile de Wrangel et d'Ushakovskoye. J'ai été parfois bien frustré de ne pas trouver de photos bien exploitables des dernières étapes, mais pour l'ile de Wrangel j'en ai trouvé tellement, et des belles, que je n'ai finalement pas voulu choisir. Voici donc un florilège de photos trouvées sur la page wiki ou sur Google Earth Viewer, pour les amoureux de la toundra, des grands espaces... et des barils rouillés. L'ancienne base scientifique, sur la bande de sable, avec le radar météo bien visible. La station synoptique était derrière le bâtiment jauni jusqu'en 2012, on peut deviner le mat anémométrique derrière l'extrémité gauche de cette construction. Une autre photo similaire à la précédente. Notez au fond le brouillard marin qui est discernable, comme sur la première photo d'ailleurs. Les ruines d'Ushakovskoye. Idem, avec encore du brouillard marin en arrière plan. Ushakovskoye et la toundra. Ambiance du bout du monde. Une cabane isolée, et la toundra en fleur. Une autre cabane, sur la côte ouest, et toujours le brouillard jamais loin. Dans l'intérieur de l'ile. C'est la dernière photo avec ces barils rouillés, promis. Scène automnale. Dans l'ouest de l'ile les falaises tombent directement dans la mer. Cette série de photos d'hélicoptère a été prise au moment des premières neiges, le 7 octobre 2010. La côte sud. La côte sud. Très belle lumière rasante, un bonheur de photographe. La côte sud, suite et fin.
  15. #665. Ushakovskoye / L'ile Wrangel L'ile de Wrangel mesure 7600 km², soit la superficie d'un département français, et est dans son intégralité une réserve naturelle inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. On estime que c'est ici que les derniers mammouths ont vécu (il y a 4500 ans), et la toundra de l'ile est à priori un vestige de celle qui prévalait durant la dernière glaciation. On dénombre également la plus forte concentration d'ours polaires de l'arctique. Ushakovskoye était le seul village de l'ile, jusqu'à ce que sa dernière habitante soit tuée en 2003 par un ours. Puis la base scientifique attenante au village a subsisté seule, jusqu'au milieu des années 2010 où les russes ont installé à quelques centaines de mètres une base militaire flambant neuve avec une installation radar similaire à celle de l'ile Kotelny. Uelen est à 640kms, Anadyr 710kms, Utqiagvik 780kms, et Moscou 5650kms. Le méridien 180° coupe l'ile en deux, ce qui explique l'aspect un peu inhabituel de ma carte (j'ai du faire un collage). Ushakovskoye est sur la rive sud, près des plus hautes montagnes de l'ile (qui culminent à 1096m). L'ile mesure 143kms dans sa plus grande largeur, et le continent est à 205kms de la station. Selon le wiki les vallées de l'intérieur auraient un climat suffisamment réchauffé en été pour permettre le développement de certaines espèces végétales de prairie subarctique. La station étudiée a déménagé d'environ 450m fin 2012, depuis la bande de sable vers l'emplacement de l'ancien village. Elle est désormais à 280m de l'eau. Je n'ai constaté aucune cassure sur le vent ou les t°. A l'ENE on peut voir la nouvelle base militaire avec une structure en forme de trèfle aux couleurs du drapeau russe qui rappelle celle de l'ile Kotelny. C'est un climat polaire faiblement continental, avec 8 mois de neige au sol par an. On retrouve des similitudes avec Uelen, comme ce début d'été plutôt lumineux avant le retour en force de la grisaille en aout. Les plus gros coups de froids hivernaux ne sont pas plus intenses qu'à Uelen, même un peu moins (Tnn/Txn annuelles médianes de -33°c/-29°c contre -36°c/-30°c à Uelen), c'est probablement du au fait que les vents hivernaux viennent presque toujours du nord, avec une légère compression adiabatique due au relief. Le vent, justement, est bien sur souvent fort en hiver avec du blizzard fréquent, mais les étés sont plus cléments que pour la plupart des climats polaires de l'arctique. Durant les mois de soleil bas (voire de nuit polaire) ils sont généralement au nord, durant le reste de l'année on trouve une composante plus maritime avec des vents d'est. La nuit polaire dure du 20 novembre au 21 janvier, le jour continu du 12 mai au 30 juillet. A nouveau les exemples de saisons sont décalés d'un mois, en raison de l'hiver centré sur février. Voici l'hiver 2020, au bilan de t° et de RR normal mais souvent peu venté. La faiblesse des précipitations et le vent empêchent la couche de neige de croitre fortement, elle ne dépasse généralement pas les 20cms d'épaisseur. Mars est un mois d'hiver à part entière, presque aussi froid que janvier, mais avec du soleil. BONUS: janvier 2013, un exemple d'hiver bien plus venté, avec des conditions de blizzard souvent prolongées. Le gel ne lâche pas prise avant courant mai. Avril est un beau mois avec la meilleure fraction d'ensoleillement annuelle, ensuite le dégel se fait dans la grisaille, puis juin est à nouveau assez lumineux. Juin peut être considéré comme un mois d'été, c-à-d un mois sans neige. On y trouve d'ailleurs des brumes et brouillards marins typiques de l'été polaire maritime. En été le gel faible et de petites neiges - qui ne tiennent généralement pas au sol - reviennent de temps en temps. La douceur est timide, peu de journées dépassent 10°c, et de pas beaucoup. La neige s'installe généralement autour du 9 octobre, c'est une saison très grise où l'on ne voit presque plus le soleil avant le retour de la nuit polaire. Novembre et décembre sont les mois les plus ventés, même si cet exemple de 2010 n'est pas très parlant. Voilà, c'est à priori le dernier climat polaire de cette série, le prochaine étape sera moins déprimante.
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