mottoth

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À propos de mottoth

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    Cumulus congestus
  • Date de naissance 02/05/1975

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    Villeurbanne (69), Aeroport St Exupery (69), St Genis les Ollières (69)
  1. Climats du monde

    #496. Gaoua. Dernière étape au Burkina Faso avec Gaoua, une ville d'environ 30 000h au sud du pays. Sikasso est à 295kms, Ouaga 280kms, Bamako 575kms. Cette région du sud du Burkina ("Red earth, green hills") est parsemée de petite collines et d'un dense réseau de rivières souvent presque à sec à la fin de la saison sèche. La Ghana n'est pas loin, avec notamment la ville de Wa à 80kms. Bobo Dioulassso, la 2e plus grande ville du Burkina, est à 150kms de distance. Il m'a fallu une bonne semaine pour localiser la station étudiée, qui n'est pas à Gaoua même mais 7kms plus au nord à côté de l'aérodrome local, dans le village de Tonkar. On est plutôt en fond de vallée (290m d'altitude), certains quartiers de Gaoua sont à 350m en haut de colline. Encore une fois je suis surpris: je m'attendait à trouver une pluviométrie comparable à celle de Sikasso, et finalement malgré la perte d'un degré en latitude ce climat se révèle plus sec: 1069mm/an en 72j de RR significatives, contre 1211mm/an en 82j à Sikasso... on est plus proche des valeurs de Bamako que de Sikasso. En plus d'un assèchement de la saison des pluies en allant vers l'est, la topographie joue certainement un rôle avec probablement un surplus de nature orographique à Sikasso (et probablement à Bobo Dioulasso). En revanche la descente en latitude (ici 10°N) provoque bien un allongement de la saison des pluies par un démarrage plus précoce: mars et avril sont ici plus arrosés qu'à Sikasso, et le maximum thermique est un peu plus précoce ici si l'on ne considère que les Txm: le 7/03 ici (Txm 38.4°c) contre le 30/03 à Sikasso (Txm 38.5°c). Contrairement à Sikasso le vent de mousson est déjà dominant en mars ici, et le Td est en moyenne 4°c plus haut durant ce même mois. Donc, pour résumer, une saison des pluies qui démarre logiquement un peu plus tôt, mais plus irrégulière. Continuons la comparaison entre Sikasso et Gaoua: ici les tn "hivernales" sont plus basses, ce qui est à première vue surprenant vue l'abaissement en altitude et en latitude mais au final logique considérant la topographie: fond de vallée ici, sommet d'une colline à Sikasso. L'opposition entre vallée/cuvettes et crêtes/collines se retrouve même sous ces latitudes et s'exprime très bien durant le beau temps calme de la saison sèche. Ainsi l'amplitude thermique moyenne diurne de janvier est de 17.5°c dans cette vallée, 14.7°c sur la colline de Sikasso. Les roses des vents ne sont pas très belles en raison du manque de résolution des mesure de direction, mais on retrouve nettement la saison sous l'harmattan et celle sous la mousson, ainsi que les transitions en début mars et novembre. La saison sèche est marquée même à cette latitude, avec des HR moyennes comprises entre 10% et 15% durant les après-midis de décembre à février. Voici un "hiver" classique, après un dernier coup de mousson début décembre. Lorsque le vent est faible - et c'est souvent -, l'amplitude thermique avoisine facilement les 20°c. Voici la première partie de la saison chaude: pas mal de poussière sur cet exemple, qui finit par être balayée par la mousson fin février/début mars. L'harmattan cède assez tôt face à la mousson, passé le 10/03 il reviendra peu. Le réveil de la mousson apporte des tn particulièrement hautes en plus d'un forte hygrométrie. BONUS: mars 2018. Marqué comme ailleurs dans la région par la domination précoce de la mousson, puis par un fort coup d'harmattan en dernière décade (et une transition diluvienne). Cependant ici l'hygrométrie n'est pas retombée très bas, avec un Td moyen de 12°c autour des 24 et 25/03 alors que Ouaga ou Bamako sont tombés à -15°c en moyenne (et -25°c à -30°c en pointe). Impossible de trouver un exemple de fin de saison chaude vraiment normal, j'en ai donc bricolé un à partir de 3 années différentes: - Avril est le mois au ressenti le plus chaud, même si les plus hautes Tx sont plutôt vécues en mars. Le Td évolue déjà quasiment à son niveau maximal annuel, et le vent de mousson nocturne ainsi que les nuages élevés bien présents garantissent de hautes tn. - La baisse des tx et de tn est graduelle et irrégulière en mai et juin, avec de fréquents retours de la chaleur. On constate que les orages restent assez discrets malgré l'avancement de la saison, ce début de période pluvieuse est bien irrégulier. Cet exemple de juillet certes plus sec que la normale montre encore le caractère pas très bien établi de la saison des pluies, avec parfois 1 semaine sans pluie. Tout rentre dans l'ordre en aout, avec un rythme plus régulier de deux à trois bons arrosages par semaines. La chaleur revient en octobre, mois forte qu'en mars ou avril, et les orages deviennent plus secs. Novembre est un mois de transition qui connait des alternances entre harmattan et mousson, avec pas mal d’hésitations: c'est en fait le mois le moins venté de l'année, et lorsque l'hygrométrie est faible cela conduit parfois à de fortes amplitudes thermiques diurnes. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Il semble que le mécanisme de mousson soit un peu moins fort, moins régulier, moins bien installé ici et sur le reste du Burkina que plus à l'ouest au Mali ou au Sénégal (ou en Guinée, souvenez vous la fiche de Conakry et ses pluies diluviennes). Cette fiche est prête depuis lundi mais j'ai pris mon temps pour la poster: en effet je rencontre pas mal de déconvenues pour la suite, j'avais prévu un programme sympa en Côte d'Ivoire pour continuer à voir en détail la transition des climats de la région en allant vers le sud, mais au final il s'avère que toutes les stations retenues disposent de nettement moins de données qu'initialement envisagé... J'ai bien peur de devoir passer direct à Abidjan, à moins de poster des fiches avec moins de 10 ans de données... je réfléchis encore un peu.
  2. Suivi du temps aux Etats-Unis.

    C'est pas de moi, mais quelques chiffres ici dans le blog Cat6.
  3. Et tu aurais pu ajouter: "et désormais, vu qu'on rentre dans le moneytime, place au live !"
  4. Climats du monde

    Oui bien sur, je parlais de la t° mesurée, pas de la t° ressentie qui est maximale en avril et jusqu'à début mai.
  5. Climats du monde

    #495. Sikasso. On progresse vers le sud et des climats de plus en plus humides. Sikasso est la deuxième plus grande ville du Mali, avec 225 000h. Bamako est à 280kms, Mopti 395kms, Ouagadougou 470kms. Une zone de hautes terres s'étend de Sikasso (Alt 410m) jusqu'à la ville Burkinabé de Bobo Dioulasso, deuxième ville de ce pays, à environ 450m d'altitude et 150kms de distance. La station étudiée est à environ 3kms du centre et 60m plus haut que le lit de la rivière. La ville de dispose pas d'aéroport mais on distingue au nord-est de la station une longue piste rectiligne orientée ENE-OSO qui doit servir de piste d'atterrissage de temps en temps, une pratique commune en Afrique. C'est un climat tropical humide et sec, avec des saisons bien équilibrées: 6 mois de saison sèche, 6 mois de saison humide. Par rapport à Bamako on gagne 17% de RR annuelles et 15 jours (+22%) de précipitations significatives. Le minimum thermique d'hivernage, en aout, est aussi prononcé que celui de janvier, avec une Tm de 25.0°c. La saison chaude est atténuée par rapport au nord du pays, ici les 40°c sont plus rares (5 à 6 jours par an seulement). Ce climat est au final beaucoup moins spectaculaire que ceux du centre et du nord de Mali mais nettement plus vivable, avec moins de chaleurs écrasantes, moins de poussière et de conditions hygrométrie extrêmement basses, et une saison des pluies confortable pour l'agriculture. La transition entre la domination de l'Harmattan et celle de la mousson se fait en mars et en novembre, et au final on passe plus de temps sous l'influence plus ou moins constante de la mousson (7 mois). En mars, mois de transition, il est toujours intéressant d'observer les fortes variations du Td selon que souffle l'Harmattan (secteurs 10° à 100°) ou la mousson (secteurs 190° à 250°). Les exemples de saisons présentés ne sont pas toujours complets, n'ayant pas de METARs pour compléter les trous de données des synops. "L'hiver" (décembre-janvier) est déjà chaud mais sec. Les nombreuses fumées reportées sont peut-être dues au pratiques d'écobuage, mais je n'en suis pas sur. Voici la première moitié de la saison chaude, que l'on peut considérer débuter dès le mois de février: jusqu'en mars l'Harmattan reste majoritaire, mais dès février la mousson fait déjà quelques incursions. Fin mars le pic de chaleur annuel est déjà atteint, il ne fera pas plus chaud en avril. Voici la deuxième partie de la saison chaude, en avril et mai, dominée par le vent de mousson et déjà ponctuée par des orages assez fréquents. Sur cet exemple la chaleur fait de la résistance, avec une txx annuelle tardive début mai, puis des chaleurs record début juin. Juin est un mois de transition entre les chaleurs et le gros de la saison des pluies. Les pluies tombent régulièrement et parfois abondamment durant 3 mois, du juillet à septembre. Cette saison n'est pas si désagréable: le Td est élevé (22°c en moyenne) mais pas excessif, et les températures pas trop chaudes, notamment les nuits souvent confortables (tnm 22°c); il faut attendre fin septembre pour retrouver des Tx voisines ou supérieures à 35°c. De plus le soleil est assez présent, aout étant le mois le plus gris avec quand même plus de 190h d’ensoleillement moyen. Enfin en octobre les pluies s'espacent mais la mousson et une humidité élevée perdurent, puis novembre est un mois de transition avec en courant de mois un retour rapide et quasi-définitif de l’Harmattan pour l'hiver. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  6. Climats du monde

    Je suis un lecteur silencieux mais assidu de ton suivi depuis plusieurs années, et j'ai largement pioché dans celui-ci pour décrire au mieux les climats d'Afrique de l'Ouest que nous sommes en train de passer en revue. Évidemment, plus on est proche de la source de poussière plus celle ci sera présente, mais tout de même une augmentation aussi rapide est inattendue pour moi. La bande sahélienne est effectivement pas tout à fait orienté exactement est-ouest, elle descend en latitude en allant vers l'est, avec une extension des domaines arides et semi-arides vers le sud; et donc des zones sujettes à la poussière. Une remarque sur la carte que tu as postée: la bande Sahélienne me semble trop étroite, d'après les définitions les plus communes elle englobe Niamey et descend quasiment jusqu'à Ouaga où l'on trouve l'isohyète 800mm/an. Merci à @dann17 pour les précisions, je ne m'attendais pas à autant de différences entre Ouaga et Bamako.
  7. Climats du monde

    #494. Ouagadougou. La capitale du Burkina Faso compte environ 2.2 millions d'habitants. Mopti est à 365kms, Niamey 420kms, Bamako 700kms et Tombouctou 505kms. Pas vraiment de relief à signaler, la zone est à une altitude moyenne de 300m. J'ai noté la position de l'ami @Youri , à Ziniaré (environ 35 - 40kms de Ouaga). La station étudiée est celle de l'aéroport, en plein centre de l'agglomération. Climat quasi identique à celui de Bamako, avec pour principale différence la lame d'eau annuelle, qui autour de 800mm place l'agglomération de Ouaga à la limite entre le Sahel et le domaine Soudanien. Avec 11 jours de précipitations significatives de moins par an, Ouaga est donc un peu plus sèche de Bamako, malgré la latitude identique (Ouaga est même 11' plus au sud, soit 19kms). Cet assèchement en allant vers l'est semble se confirmer à Niamey (540 mm/an), bien que cette ville soit plus nord d'un degré. Le pic de chaleur un peu plus fort à Ouaga qu'à Bamako peut facilement s'expliquer par l'altitude un peu plus basse (60m) et surtout par la localisation de l'aéroport de Ouaga en plein centre de l'ICU de cette agglomération, alors que celui de Bamako est en bordure de la ville dans une zone pas entièrement urbanisée. Durant la transition ouest-est le long autour de 13°N j'ai remarqué une augmentation sensible des épisodes de poussière durant la saison sèche, ainsi en mars lorsque ce phénomène est le plus fréquent les mauvaises visibilités (5kms ou moins) se produisent deux fois plus souvent à Ouaga qu'à Bamako, et encore deux fois plus à Niamey qu'à Ouaga: On retrouve encore des roses des vents parfaitement partagées entre l'harmattan de nord-est et la mousson de sud-ouest, c'est limpide: En avril, mois de transition, on arrive à voir sur les stats horaires de vent moyen la fluctuation diurne du front de mousson: la mousson domine la nuit (secteur 180° à 240°), puis après une phase de vents variable l'harmattan souffle habituellement un peu en fin d'après midi (18hTU, secteur 30°). Voici "l'hiver", soit décembre et janvier. J'ai déjà tout dit sur les précédentes fiches (Nioro, Mopti, Bamako, mais aussi Niamey), cette fois ci je ne rentre pas dans les détails: Le "printemps" (février-mars), avec sa poussière et ses chaleurs déjà écrasantes en mars. Les toutes premières apparitions de la mousson arrivent le 12/03 sur cet exemple, avant un nouvel épisode fin mars: BONUS: mars 2018, dominé par une mousson précoce mais marqué par un coup d'harmattan extrêmement sec et inhabituellement "frais" en dernière décade: Le pic de chaleur d'avril puis l'arrivée des orages, de plus en plus fréquents à partir de mi-mai, et toujours potentiellement destructeurs avec fortes rafales et murs de poussière: Le coeur de la saison des pluies et ses orages épars qui laissent des bonnes lames d'eau dans le pluviomètre deux ou trois fois par semaine. Sans le 01/09 cet exemple serait un parfait exemple de saison moyenne. Mais j'ai voulu vous montrer ce formidable orage du 1/09/2009, avec plus de 260mm en quelques heures qui ont marqué le pays. Enfin les dernière pluies et le retour de la chaleur en octobre, puis le retour de l'Harmattan en novembre avec une rapide transition vers l'hiver. C'est en cette saison que le vent est le plus faible. Voilà, c'est tout pour aujourd’hui. L'hébergeur d'image que j'ai le plus utilisé dans ce fil (postimage) fait à nouveau des siennes aujourd’hui : En conséquence je pense que 99% du contenu de ce fil est invisible pour vous aujourd'hui, à moins que les images soient dans votre cache. J'espère qu'ils trouverons une solution, parque modifier les url (.org -> .cc) des 5700 images présentes dans ce fil ne va pas me faire rire. Pour l'instant, wait and see...
  8. Climats du monde

    #493. Bamako. La capitale du Mali compte environ 2 millions d'habitants, probablement en peu plus même. Nioro du Sahel est à 345kms, Mopti 470kms, Ouagadougou 700kms, Tambacounda 635kms et Conakry 700kms. La région n'est pas si plate, avec les monts Mandingues à l'ouest de la ville qui dominent la plaine de quelques centaines de mètres. Le fleuve Niger traverse Bamako à une altitude de 315m. La station étudiée est celle de l'aéroport, à 380m d'altitude (+65m par rapport au fleuve) et 13kms du centre ville, sur l'autre rive. Afin de pallier aux trous de données dans les synops les METARs de l'aéroport ont été incorporés à cette fiche, avec un important travail d'harmonisation afin de corriger les écarts constatés entre synoptique et METARs: les valeurs de Td ont été nivelés par le bas, notamment en saison sèche avec l'espoir d'avoir des valeurs les plus réalistes possibles dans des conditions de sécheresse de l'air qui dégradent la fiabilité des mesures d'hygrométrie. On progresse vers le sud, Bamako est 2° plus bas que Mopti, soit 220km plus proche de l'équateur: une distance relativement courte, mais qui change beaucoup de choses dans cette région: - le pic de chaleur pré-mousson est plus précoce et moins prononcé, ici les Txm du mois le plus chaud n'atteignent même pas 40°c, et en Tm on perd plus de 2°c: 32.3°c en avril contre 34.6°c en mai à Mopti. - "l'hiver" est lui un peu plus chaud que dans le nord, on gagne 1.3°c par rapport à Mopti en janvier. - l'hivernage est lui aussi prononcé qu'à Mopti, avec une baisse de Tm d'environ 6.5°c/7°c entre le maximum thermique de printemps et le mois d'aout. Celui ci est assez proche de janvier en Tm, mais janvier reste le mois le moins chaud de l'année. Il ne s'agit bien entendu pas du tout de la même chaleur: celle d'aout est humide, avec des amplitudes thermiques modérées, celle de janvier est sèche avec des amplitudes thermiques diurnes fortes. - les précipitations sont pas loin d'être doublées par rapport à Mopti (+87%), avec une saison humide plus longue de 1 mois et demi à 2 mois (67 jours/an avec RR>1mm contre 40 jours/an à Mopti). Ce dernier point est le plus important, puisque que l'on sort de la zone sahélienne pour rentrer dans le domaine Soudanien, une bande de savane qui s'étend du Sénégal jusqu'au sud de Soudan. Ces précipitation plus abondantes et plus régulières évitent normalement les sécheresses catastrophiques, hors accident climatique. L'isohyète 800mm/an délimite habituellement le Sahel du domaine Soudanien. La mécanique d'alternance entre l'Harmattan sec la mousson humide fonctionne toujours ici, c'est vraiment limpide sur les roses des vents avec avril et octobre en mois de transition. Je ne m'attarde pas, j'ai présenté ces deux vents et les oscillations du front de mousson (saisonnières ou diurnes) en détail dans les fiches de Mopti et Nioro. On va passer en revue une année type complète en partant du mois de décembre. Comme ailleurs au Sahel ou dans la bande Soudanienne décembre et janvier sont les deux seuls mois où l'on peut parler "d'hiver", c'est le minimum thermique. L'harmattan domine, il donne un beau temps sec et parfois poussiéreux. En février les températures amorcent leur hausse, il n'est pas rare de frôler les 40°c en deuxième partie de mois. En mars les températures tendent déjà vers le maximum annuel, les hautes tx observée dès fin février sont "rejointes" par de hautes tn. Le front de mousson peut déjà pousser jusqu'ici, et dans l'agitation du combat harmattan/mousson on connait en cette période les plus gros épisodes de poussière. BONUS: mars 2018, atypique avec une chaleur concentrée sur la première quinzaine et un remarquable coup d'harmattan en dernière décade. Avril est le pic thermique annuel, et le mois où les amplitudes du Td sont les plus fortes, avec des épisodes sec et humides bien partagés. Regardez comme chaque renversement du vent apporte une nette variation du Td. Mai est marqué par les premiers gros orages de la saison des pluies, ils peuvent être très violents avec des rafales destructrices. L'hygrométrie et la chaleur sont pénibles, et les dernières journées d'harmattan ne voient plus le Td beaucoup baisser. En juin cohabitent les dernières grosses chaleurs et un rythme de mousson plus régulier avec des nuits très orageuses, voire même des journées de pluie sans soleil et sans réelle chaleur (le 27/06). Juillet et Aout sont vraiment le cœur de la saison des pluies, il pleut copieusement 2 à 3 fois par semaine et l'on ne connait normalement plus de canicule. Le Td est constamment élevé, quasi tropical avec des valeurs moyennes entre 22°c et 23°c. Septembre voit les premières pauses dans la saison des pluies, puis octobre renoue avec la sécheresse. Malgré la raréfaction des pluies orageuses l'humidité reste assez forte, et les chaleurs de ce deuxième pic thermique annuel peuvent être pénible. Ce n'est que fin octobre et en novembre que l'harmattan revient, d'abord timidement: c'est la saison la moins ventée de l'année, ce qui retarde bien le retour de la poussière et donne au mois de novembre les plus fortes amplitudes thermiques diurnes annuelles. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  9. Climats du monde

    #492. Mopti. Mopti est une ville malienne qui compte environ 115 000h. Tombouctou est à 270kms, Ouagadougou 365kms, Bamako 465kms, Nioro du Sahel 595kms. Mopti est située au sein du delta intérieur du Niger, une zone écologique unique au sein de la bande sahélienne où le fleuve Niger et son affluent le Bani se perdent dans de multiples méandres sur 60 000 km²: durant la saison sèche l'évaporation fait perdre jusqu'à la moitié des eaux de ces deux fleuves. Mais le bénéfice est immense pour la région avec des terres agricoles à profusion, et d'autres ressources comme le poisson. A l'est de Mopti on trouve en revanche les reliefs les plus imposant du Mali, dont les monts du Hombori, point culminant du pays (1155m), à environ 160kms de distance. La station étudiée est sur l'aéroport, un peu en retrait des zones humides et de la ville de Mopti (12kms). Peu de différences avec Nioro, 0°45' plus au nord: on gagne dans les 50mm de RR annuelles mais le gros de la saison pluvieuse est toujours de seulement 3 mois, de juillet à septembre, et la chaleur pré-mousson est à peine moins intolérable avec 34.6°c de Tm en mai contre 35.9°c à Nioro. En revanche avec Tombouctou, plus proche mais bien plus au nord (2°15' de différence), on a déjà un gouffre: là bas il ne tombe en RR annuelles que 34% du cumul de Mopti, et la baisse de température durant l'hivernage (saison des pluies) est beaucoup plus modérée qu'à Mopti: en aout il fait encore 31.1°c de Tm (-4.2°c par rapport au maximum thermique de mai), alors qu'à Mopti on a 27.9°c (-6.7°c par rapport un maximum de mai). On retrouve bien sur nos deux vents habituels: l'Harmattan vient ici du NNE (il est un peu dévié vers le nord par le relief des falaises de Bandiagara), et la mousson du SO. C'est en avril, mai et octobre, là où les roses des vents sont les plus partagées, que les passages du front de mousson concernent le plus la zone, avec d'importantes variations d'hygrométrie à la clé. Durant certains mois le cycle de progression/régression diurne du front de mousson engendre de fortes variations du Td, notamment en mai mais aussi en novembre où ce phénomène est la plus marqué: on a en moyenne 10°c d'écart entre le Td de mi-journée (3.9°c à 12hTU) et celui de la soirée (13.6°c à 21hTU). Comme à Nioro nous allons passer en revue une année type complète, en commençant par décembre et le minimum thermique: L'hiver, en décembre et janvier, connait un beau temps quasi permanent et de fortes amplitudes thermiques diurnes. L'hygrométrie est très faible et l'Harmattan domine, de temps en temps il draine de la poussière du Sahara qui peut ensuite stagner durant plusieurs semaines (11 au 25/12, 3 au 17/01). J'appellerais "printemps" la rapide hausse du mercure en février et mars. L'hygrométrie est toujours aussi basse, mais dès février les tx peuvent atteindre ou dépasser 40°c et la chaleur devient déjà accablante. Sans tourner franchement à la mousson l'Harmattan connait quelques nuances de sud-est qui peuvent faire monter un peu l'hygrométrie. Ce vent fait vraiment la loi: s'il ne tombe pas la nuit on peut connaitre des tn torrides (proches de 30°c) dès le mois de mars, et de temps en temps il continue d'apporter des nuages de poussière parfois très épais (21 au 25/03, avec des jours d’insolation nulle). BONUS: mars dernier (2018), d'abord marqué par des conditions chaudes et légèrement moins sèches que d'habitude, puis par un formidable coup d'Harmattan en dernière décade avec poussière, hygrométrie abyssale et quelques jours de fraicheur inhabituelle pour une fin mars (et oui, @Youri , on approche de chez toi ). Notez aussi la journée de mousson (sans pluie) le 31/03, avec une rapide hausse du td et une basse tx. Voici le pic de chaleur, centré sur mai. Au début de cette période les tn varient bien plus que les tx, généralement constamment caniculaires. Puis en mai, avec le présence plus régulière de la mousson, les tn sont souvent très chaudes, proches de 30°c. Début juin la chaleur reste accablante, souvent combinée à une forte hygrométrie, puis vers mi-juin de puissants orages marquent le début de la saison des pluies, précédés par de fortes rafales soulevant des haboobs, puis suivis par de salutaires coups de fraicheur. Je vous laisse observer les variations du Td de début avril à mi-juin, avec des phases humides de mousson de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues au fur et à mesure que la saison de déroule. La saison des pluies, ou hivernage, est centrée sur aout. La chaleur est parfois encore infernale en juillet, mais en aout la routine de la mousson est bien installée, avec des t° plus sages, un Td quasi tropical (23°c en moyenne), et cette loterie quotidienne des pluies orageuses. Malgré l'apparente abondance et régularité des pluies orageuses cette saison reste stressante pour homme et cultures: un bon cumul mal réparti dans la saison (avec par exemple une pause sèche un peu trop longue comme ici du 7 au 20/07) peut donner une mauvaise récolte. Cet exemple a été choisi parce qu'il est bien dans les moyennes, certaines années sont nettement plus compliquées. Voici enfin le pic thermique secondaire d'octobre, puis le court "automne" en novembre. Sur cet exemple l'hygrométrie est particulièrement accablante en octobre, un mois où l'harmattan est normalement un peu plus présent. Il est résulte le retour de conditions de chaleur pénibles à supporter. Puis en novembre tout s'arrange, mais là encore l'exemple est loin d'être vraiment bon avec un exemple un retour précoce de la poussière à une période où le ciel est censé être complètement "lavé" de ses impuretés par les pluies des mois précédents. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  10. Suivi du temps dans l'Est de la Gaspésie (Québec/Canada)

    Faut aimer le blanc !
  11. Inondations aux Canaries

    Un déluge de quelques heures a donné 198mm à l'aéroport de Ténérife Norte durant la nuit du 28/02 au 01/03, à la conclusion d'un mois bien maussade. Par contre Ténérife Sud, à 53kms de là, n'a pas eu de pluie cette nuit là.
  12. Climats du monde

    C'est diffcile de faire dans le détail dans cette zone: le Népal n'est pas un bon élève pour son réseau synoptique (aucune donnée aujourd'hui, par exemple), et les stations indiennes "secondaires" (Gangtok, Darjeeling, Tcherrapundji, Manali, Mukestwar Kumaon, etc...) que l'on trouve ça et là dans la zone n'émettent que 4 ou 5 synops dans la journée (elles ferment la nuit), et de plus elles ne sont actives sur le réseau synoptique international que depuis quelques années. J'ai déjà fait le piedmont (Derhradun, au climat sensiblement different de New Delhi) et la vallée du Cashmire (Srinagar), et côté Tibet j'ai fait Nyingchi qui présente un surplus de RR et de nébulosité du à la trouée de la vallée du Brahmapoutre dans l'Himalaya. A l'avenir il me reste quelques stations tibétaines, et notamment Pagri très proche de la ligne de crête Himalayenne. Et côté Pakistan probablement Islamabad (en piedmont ?) et quelques villes montagneuses (Gilgit, et/ou Chitral), mais cela concerne plus l'Indou-Kouch que l'Himalaya.
  13. Voici un résumé du mois de mars 2018 pour quelques villes Marocaines. Beaucoup de pluie dans le nord, et aussi du froid parfois remarquable au milieu du mois. Tanger: sur ma période d'étude (2000-2018), mars 2018 est le 2e mois le plus arrosé, derrière novembre 2016 (278mm). La première quinzaine a été quasiment du mauvais temps continu. Fès: là aussi, 2e mois le plus pluvieux de ma période d'étude, derrière mai 2011 (216mm). Casablanca / Nouasseur: un mois bien pluvieux, mais rien d'exceptionnel. La fraicheur autour du 22 et 23 est assez rare, mais pas exceptionnelle (2.4°c le 26/03/2017, 1.0°c le 22/03/2012). Marrakech: frais, mais normalement arrosé. Le défilé de perturbations de la première quinzaine a donc surtout concerné le nord du pays. Agadir: même bilan qu'à Marrakech, plutôt frais et normalement arrosé. Et les premiers 30°c de l'année en fin de mois, bien tardifs: Agadir compte en moyenne 5.5 jours avec forte chaleur (30°c ou +) en mars, et depuis 2000 le record de haute tx est de 39.0°c. On termine avec Ouarzazate, côté Sahara: Pas de pluie, mais un bilan thermique parfaitement normal. Cependant ce bilan neutre cache un forte variabilité: les tnx et tnn de mars ma période d'étude ont été atteintes à environ deux semaines d'intervalle: tnx de 17.7°c (valeur estimée) le 10/03 durant une nuit ventée, tnn de -0.4°c (valeur estimée) le 23/03, qui constituent avec celle du 22/03 les seules gelées de ma période d'étude en mars. BONUS: retour sur le mois de janvier à Ouarzazate, avec l'épisode neigeux du 29/01. Pas de neige au sol reporté dans les synops mais on sait qu'elle était bien là, on a vu les photos dans ce sujet.
  14. Suivi pour les pays d'Asie Centrale

    Suite à cet article de MF, retour sur le mois de mars pour quelques localités du sud de l'Asie Centrale: Un mois chaud mais gris à Ashgabat, la capitale du Turkménistan. Cependant le record de txx de mars appartient toujours au 16/03/2010 avec 38.6°c !!! Plus au sud à Serhetabat, près de la frontière Afghane, record de mars pulvérisé avec 37.6°c le 30 (AR: 34.5°c le 15/03/1971). C'est le mois de mars le plus chaud jamais connu dans cette localité. Même chose à Termez (Ouzbékistan, vers la frontière Afghane) avec le mois de mars le plus chaud de son histoire et une txx pulvérisée: 37.3°c le 31, AR 34.4°c le 19/03/2010.
  15. Climats du monde

    #491. Nioro du Sahel. Début d'une nouvelle série en Afrique de l'Ouest, on va reprendre les choses là où je les avait laissé l'automne dernier. C'est un continent compliqué à travailler en raison de la grande irrégularité de disponibilité des données: certaines fiches de cette série n'auront qu'une douzaine d'année de données, et pour la plupart des pourcentage de complétude largement inférieurs aux valeurs habituelles. Les raisons je les ai déjà données, en revoici quelques unes: pauvreté des Etats, coupures d'electricité récurrentes, instabilité politique... par exemple pour la dernière catégorie le nord du Mali (Tombouctou, Gao...) a disparu du réseau synoptique depuis 2011 ou 2012 en raison d'Aqmi. On commence au Mali, avec Nioro du Sahel qui selon les source compte entre 30 000 et 70 000 habitants. Bamako est à 330kms, Tambacounda 465kms, Tombouctou 720kms. Comme son nom l'indique, Nioro est au coeur de la bande Sahélienne: Sahel signifie terre plate en arabe, et en effet à part quelques escarpements dans la zone de Fanga (100kms plus à l'ouest) c'est assez plat. La station étudiée est sur l'aéroport, mais assez proche de la ville (1.5kms). Au premier abord la région semble assez aride. Seulement 12 années de données disponibles, avec un gros trou de 2002 à 2008. Heureusement la faible variabilité interannuelle des t° fait que cet échantillon suffit à donner de belles courbes. Le régime de RR ne montre pas non plus d'aberration, mais la variabilité est plus forte : la saison des pluies est irrégulière, et le spectre de la sécheresse plane en permanence sur la région. Ce climat sahélien typique, avec un 2e maximum thermique en octobre, se distingue par une Tm particulièrement forte en mai: presque 36°c de moyenne ! Bien sur on retrouve sur les roses des vents les deux vents qui vont alterner durant l'année, je les présente à nouveau en détail pour ce retour dans la région: - L'harmattan est un alizé terrestre qui souffle généralement du nord-est, il est dirigé par la ceinture du hautes pressions subtropicale (cellule dite de Hadley). Venant d'un zone de subsidence, il est sec - voire même extrêmement sec. Il est également généralement chargé de poussière Saharienne. Ce vent domine largement en hiver, et livre un combat permanent contre le vent de mousson aux intersaisons avec des renversement fréquents (mai et octobre surtout). - La mousson est un vent thermique, depuis l'océan vers l'intérieur du continent surchauffé: elle est aspiré par la dépression thermique de surface qui se forme dans les zones les plus chaudes du Sahel et du Sahara. C'est donc en saison de soleil haut qu'elle domine, apportant humidité et instabilité. Elle souffle généralement du sud-ouest. Sur le tableau ci-dessus l'exemple du mois de mai montre bien l'opposition entre l'harmattan sec et chaud (30° à 90°) et la mousson humide et un peu moins chaude (150° à 210°), avec une variation de Td parfois proche de 10°c en moyenne selon l'orientation du vent. Sur certains mois (mai et septembre/octobre) on arrive a voir un peu le combat mousson/harmattan sur les tableaux horaires: en cette saison la mousson progresse souvent la nuit et l'harmattan regagne du terrain en journées, avec à la clé un net creux de Td durant l'après midi. La saison fraiche n'est vraiment pas longue et est centrée sur décembre/janvier. C'est la période la moins désagréable de l'année avec des chaleurs sèches et pas trop fortes, et une poussière pas trop envahissante. Généralement on respire bien la nuit avec de fortes amplitudes thermiques, les matinées les fraiches de l'année approchent habituellement les 10°c. Dès le mois de février la hausse des t° est sensible, et le mois de mars présente les premières chaleurs infernales sans réel refroidissement nocturne. La poussière est plus fréquente lors de renforcements de l'harmattan, et ceux-ci font parfois plonger l'hygrométrie vers des niveaux incroyables, en fait elle peut même tendre vers le 0% ! J'ai du bricoler cet exemple avec deux années différentes (2015 et 2011), n'ayant pas d'exemple satisfaisant. Voici maintenant le pic de chaleur, centré sur mai. A partir du mois d'avril la mousson fait des apparitions qui vont devenir de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues au fur et à mesure que l'on progresse dans la saison: Elle est visible par les basculement du vent au sud ou au sud-ouest, et par la hausse du Td. Les tx sont le plus souvent entre 40°c et 45°c, sauf lors des premières journées vraiment orageuses qui arrivent surtout en juin. Les tn sont plus variables en avril, avec pas mal de nuits suffocantes, que ce soit à cause du vent constant ou d'un couvercle de nuages élevés. Mais à partir du mois de mai il ne faut plus compter que sur les orages pour avoir des tn agréables. Voici une saison des pluies, centrée sur le mois d'aout. Durant cette saison le vent de mousson domine, et maintient une humidité élevée (Td moyen 22°c à 23°c). On trouve encore des journées bien chaudes (37°c à 40°c) début juillet, puis celles ci reviennent fin septembre à l'approche du pic thermique secondaire. Les précipitations tombent presque totalement sous de puissants amas orageux, avec un aspect loterie non négligeable: il peut tomber 50mm sous un orage ici et rien 30kms plus loin, et la réussite ou non d'une saison des pluies tient parfois à ce hasard. Pour finir voici le deuxième pic thermique annuel, qui coïncide avec la fin de la saison des pluies. La chaleur redevient assez constante en octobre et durant la première moitié de novembre, avec souvent entre 38°c et 40°c. Quelques averses peuvent encore se produire en octobre, puis durant quelques semaines on assiste a un combat entre mousson et harmattan avec des condition d'humidité très variables, et finalement l'harmattan l'emporte définitivement en novembre avec le retour de conditions stables (quoique sur cet exemple la mousson connait un dernier baroud d'honneur du 20 au 23/11). Remarquez l'absence de poussière et la bonne visibilité: la poussière attend généralement décembre ou janvier avant de revenir. Voilà, c'est tout pour Nioro !