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mottoth

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  1. #599. Hyderabad. Hyderabad, Sindh, est une ville de 1.8 million d'habitants. Karachi est à 130kms, Jaisalmer 310kms, Jacobabad 330kms, et Islamabad 1030kms. Nous sommes dans la plaine du Sindh, c'est donc assez plat autour de la ville. La station étudiée est sur l'aéroport, sur une dune de sable d'environ 20kms de long au sud de la ville. A l'ouest on trouve des chaines de montagnes orientées nord-sud, qui malgré leur altitude modeste vont beaucoup contribuer à canaliser les vents dans le sens nord-sud sur leur flanc est, là où se trouve Hyderabad. La station est à 6.5kms du centre ville, et 30m au dessus du fleuve Indus. Dans les grandes lignes c'est un climat semblable à celui de Karachi, tropical (ou quasi-tropical) aride de mousson, avec un régime et des lames de précipitation quasi identiques. Cependant l'éloignement de la mer et de ses brises permet de retrouver un pic de chaleur très marqué, similaire à ce que l'on a déjà vu le long le long de l'Indus dans cette partie de la plaine indo-gangétique: la Txm de mai (41.6°c) est 5.7°c supérieure à celle de Karachi (35.9°c), et d'une manière générale les amplitudes thermiques diurnes de la saison de soleil haut sous le courant de sud sont nettement plus fortes ici. Le vent est très fort durant la saison de soleil haut, ce qui m'a vraiment surpris: certes tout les éléments sont présents pour avoir un courant de sud fort (différence de t° mer / terre, effet venturi du au relief) mais tout de même un vent moyen de 30km/h c'est une valeur rarement atteinte ailleurs que dans le domaine des climats polaires. Ce station est la seule de toutes celles étudiées au Pakistan à détailler les observations de vents plus précisément: la résolution angulaire est de 20° contre 45° habituellement, et j'ai donc pu - une fois n'est pas coutume - en tirer des roses des vents. On constate donc une mousson d'hiver sèche de nord de novembre à février, et une mousson humide de sud ouest de avril à octobre. Mars est assez partagé entre ces deux flux, tandis qu'en automne la transition semble se faire à cheval entre octobre et novembre. Le régime de Td montre un creux diurne en toutes saisons, qui est parfois très marqué: le fort vent favorise bien le brassage des différente couches de l'atmosphère, et empêche l'humidité de rester piégée en basse couche. J'ai repris le découpage en 5 saisons qui était pertinent pour les autres fiches de la plaine indo-gangétique. Ici l'hiver "brumeux" n'est plus vraiment marqué par les brumes et brouillards, ce sont plutôt les fumées de pollution qui réduisent la visibilité. C'est une saison très agréable, où les perturbations d'ouest sont rares et peu actives. Le printemps commence en février, la température monte assez vite pour être souvent déjà trop chaude fin mars. Fin mars le vent de sud humide est déjà dominant, heureusement le creux de Td durant les heures les plus chaudes maintient le niveau de chaleur à des niveaux pas trop élevés. Voici le pic de chaleur annuel. On a encore quelques périodes à l'hygrométrie bien basse en avril, puis dès le mois de mai la chaleur est constamment humide. Le vent se renforce chaque mois, et en juin il souffle souvent très fort, et avec lui le sable est bien présent. La "saison des pluies" est centrée sur aout: dans cette plaine la plupart du temps en marge de la mousson indienne, la plupart des pluies tombent durant une poignées d'épisodes peu durables (souvent juste un orage). L'hygrométrie est constamment tropicale, et elle se combine avec les hautes températures pour maintenir une ambiance souvent suffocante. Le vent est à son apogée en juillet, sa souffle souvent fort et pendant longtemps. Il faut attendre septembre pour connaître les premières baisses notables d'hygrométrie. L'automne présente un deuxième léger pic thermique sur les tx, elles approchent alors à nouveau régulièrement les 40°c. La chaleur devient vraiment agréable en novembre lorsque le vent bascule durablement au nord, avec une ambiance vraiment sèche. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  2. Ici aussi a St Genis les Ollieres nous sommes sous la ligne depuis 21h20, orage et pluie intemittents.
  3. Le live commence et pour l’instant la ligne de convergence est pile sur nous dans l’ouest lyonnais: orage et pluie parfois moderee a forte depuis 1h.
  4. #598. Karachi. Karachi est la plus grande ville du Pakistan, avec environ 16 millions d'habitants, elle n'est plus la capitale du pays depuis l’édification d'Islamabad mais elle est toujours la capitale de la province du Sindh. Pasni est à 375kms, Mascate 910kms, Nok Kundi 615kms, Jacobabad 400kms, Islamabad 1130kms, Delhi 1080kms et Bombay 870kms. Karachi est situé sur la côte de la mer d'Arabie, dans une zone plutôt plane. Au sud est commence la zone humide du delta d'Indus, avec de nombreux bras morts du fleuve. Au plus large le delta de l'Indus mesure 180kms, des faubourgs sud de Karachi jusqu'au delà de la frontière indienne. La ville de Hyderabad, à seulement 130kms de distance mais bien moins maritime que Karachi, sera la prochaine et dernière étape de cette série Pakistanaise. La station étudiée est sur l'aéroport international, à 14kms du centre ville, 11.5kms du delta, et 16kms de la mer. Dans sa plus grande dimension (d'est en ouest) cette agglomération mesure environ 40kms. Voici un climat quand même assez différent de celui de Pasni et de la côte de Makran: si la proximité de la mer modère bien le pic de chaleur de mai et juin (au prix d'une hygrométrie bien plus forte au printemps), on a une indéniable saison des pluies ici en été, avec même un mois d'aout plutôt humide. Alors bien sur ces timides précipitations estivales en marge de la mousson indo-pakistanaises ne permettent pas de sortir cette zone de l'aridité, et les seules surfaces vertes sont celles de la zone humide du delta. On doit pouvoir parler d'un climat tropical aride de mousson. Puisque l'on parle de mousson parlons des vents: la mousson d'hiver est peu présente ici, elle souffle du nord est (60° sur les tableaux horaires) et peut être confondues avec une brise de terre. La mousson d'été est de sud ouest (240°) et souffle bien plus durablement durant l'année, c'est un pur vent thermique depuis la mer vers le continent surchauffé, et la présence des reliefs au nord canalise ce flux vers la plaine du Sindh. C'est aux intersaisons que l'on voit mieux le caractère opposé de ces deux vents: sec de nord est humide de sud ouest. En hiver des perturbations d'ouest apportent des pluies irrégulières et... du vent d'ouest. L'hiver est la saison la plus agréable de l'année: il fait le plus souvent très beau et la chaleur n'est jamais vraiment forte. L'hygrométrie n'est pas aussi forte que dans les zones humides de l'Indus, brumes et brouillards ne sont donc pas souvent observés, et le sable est rarement gênant. Les perturbations d'ouest sont rares à descendre aussi bas en latitude, cependant elles peuvent être occasionnellement bien pluvieuses en se nourrissant de l'humidité de la mer d'Arabie. Notez les baisses importantes d'humidité sous certains épisodes de vent de terre. Au printemps le thermomètre monte très vite, et fin mars on frôle déjà souvent les 40°c. Dès le mois d'avril la mousson de sud ouest devient majoritaire, avec une forte hygrométrie et des amplitudes thermiques réduites. On dépasse 40°c et atteint les txx annuelles (typiquement 42°c) à l'occasion de quelques renversements éphémères du vent entre avril et juin. A l'exception d'une éventuelle dernière perturbation d'ouest en mars aucune précipitation n'est habituellement observée durant cette période de mars à mai. BONUS: juin 2007. Avant d'enchainer sur un été normal, voici ce mois marqué par le cyclone Yemyin: le basculement du vent à l'approche de celui ci à fait monter le thermomètre à un niveau pas si souvent atteint ici (44.3°c, cette journée du 23/06 se concluant par un orage aux vents très violents). La saison des pluies est évidemment très irrégulière: nous sommes vraiment à la marge des ondes de mousson qui circulent plus à l'est en Inde, et l'on peut donc connaitre plusieurs semaines sans précipitations significatives. Passé le mois de juin, qui est assez similaire au mois de mai et donc plutôt ensoleillé, juillet et aout sont vraiment gris, encore plus qu'à Pasni, avec un ciel le plus souvent encombré de stratocumulus marins. Malgré le manque de soleil et la forte humidité tropicale c'est quand même plus vivable que l'étuve de Multan ou Jacobabad. NB: il m'a fallu arriver quasiment à la fin de cette série pour me rendre compte d'un problème dans l’encodage des vents au Pakistan entre le 01/08/2016 et début septembre 2016, la date du 1er aout marquant le passage du format SYNOP au format BUFR. J'ai donc supprimé la direction des vents pour aout 2016, car ceux ci ont été invariablement encodés de la même façon pour toutes les stations Pakistanaise: direction 20°, en totale contradiction avec le flux de mousson de sud ouest dominant en cette saison. Ne trouvant pas d'exemple satisfaisant d'automne, j'ai encore du en fabriquer un à partir de plusieurs années. Voici donc un mix entre 2006 et 2008. Courant septembre le flux de mousson de sud ouest se calme, et en deuxième partie de mois commence le second pic de chaleur annuel, qui culmine en octobre avec des tx qui approchent à nouveau régulièrement les 40°c. Heureusement l'hygrométrie commence à bien baisser durant ces chaleurs, et cette baisse est définitivement confirmée en novembre avec l'établissement du régime de temps "hivernal", très agréable ici. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'avais un à priori bien plus "infernal" sur le climat de cette ville, en fait les mois de novembre à mars sont vraiment agréables (mi-mars pour ceux qui craignent la chaleur même sèche), et le cœur de l'été connait une chaleur très modérée par rapport au reste du pays. Cette ville reste cependant très invivable en raison de son développement trop rapide et anarchique, avec des infrastructures très en retard par rapport aux autres grandes villes Pakistanaises: transport en commun, eau potable, égouts, gestion des déchets... beaucoup reste à faire.
  5. Pfff... c'est ni la première ni la dernière fois hélas, faut que je fasse plus attention à mon début de dyslexie ! 597. Pasni. Pasni est une ville côtière de 33 000h, située sur la côte de Makran, baignée par la mer d'Arabie. Panjgur est à 200kms, Nok Kundi 400kms, Karachi 370kms, Jacobabad 600kms, Quetta 650ms, Islamabad 1315kms, et Mascate 555kms. Voici une vue d'ensemble de la série de chaines parallèles à la côte, depuis les modestes chaines côtières de Makran à la chaine de Siahan en passant par les chaines centrales. Ces plissements, dus à la remontée vers le nord de la plaque Indienne, contribuent à donner des climats très différents entre le nord du Baloutchistan très sec (cf Nok Kundi dans le désert de Kharan) et le sud côtier étudié aujourd'hui. Gwadar est à 115kms à l'ouest. La station étudiée est à 2kms au nord ouest du centre ville, la mer est à 2.5kms. C'est une variante côtière d'un climat désertique tropical, avec des conditions d'hygrométrie très variables en fonction des vents. L'hiver est ici aussi parfois concerné par les perturbations d'ouest, j'ai même observé un certain regain d'activité au contact de la mer chaude avec des lames d'eau inattendues. Cette saison hivernale est concernée par des flux d'origine variable, tantôt sec de terre et tantôt assez humide maritime. L'été est lui entièrement sous le vent de mer, c'est une saison à l'hygrométrie accablante et aux amplitudes thermiques réduites, cependant il ne pleut normalement pas. Le maximum thermique de juin ressemble à un bel accident: il est uniquement du à 3 cyclones (2 en 2007, 1 en 2010). Comme à Oman on peut désormais compter sur les cyclones pour influer lourdement sur les moyennes climatologiques avec l'apparition depuis le début de notre siècle d'un "nouveau" pic de RR en juin. Mais les pluies tombent de manière plus "sure" (et moins destructrice) en hiver. Les tableaux horaires montrent une domination des vents marins de sud ouest en été, avec une nette tendance à la grisaille matinale en juillet et aout (bancs de stratocumulus marins). En saison de soleil bas c'est plus complexe, avec un régime de brise qui a tendance à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre sur 24h, entre brise de terre (nord) et brises marines (est ou sud / sud ouest). Le régime de Td est alors typique des côtes soumises à cette alternance, avec un Td qui remonte toute la journée sous le vent marin. Voici l'hiver 2009-2010. Cette saison est souvent très agréable: malgré les oscillations du vent et de l'hygrométrie la chaleur et l'humidité ne sont jamais trop fortes, et le mauvais temps apporté par les perturbations d'ouest très peu durable. Notez certaines journées très sèches, en lien avec des gonflements anticycloniques sur l'Asie Centrale qui déclenchent des vents catabatiques des montagnes vers la côte de Makran. Les vent catabatiques secs qui causent ces journées très sèches expulsent généralement du sable vers la mer, et parfois assez loin. On compte normalement quelques épisodes de ce type chaque année, je pense que tout le monde ici à déjà vu ce genre d'image: BONUS: l'hiver 2008, cet hiver si particulier, aux anomalies froides prononcées sur toute l'Asie et avec une circulation des perturbations d'ouest très au sud: voyez la vigueur de certains épisodes, avec par exemple 76mm le 7/01. Je trouve la fraicheur de début février tout à fait remarquable, je n'ai aucun autre épisode avec des tx si franchement inférieures à 20°c sur ma période d'étude. Remarquez enfin les épisodes de vents catabatiques particulièrement forts cet année là (c'est logique), avec des Td très bas et beaucoup de sable. Au printemps les épisodes de vent du nord sont de plus en plus rares: au fur et à mesure que l'intérieur montagneux se réchauffe un courant marin de sud-ouest se met en place. L'humidité est donc déjà presque constamment forte dès le mois d'avril, et les amplitudes thermiques se réduisent. Cependant les rares bascules temporaires du vent offrent alors des chaleurs très intenses, avec quelques pointes peuvent dépasser largement 45°c durant quelques jours en mai ou juin. La txx de ma période d'étude est de 49.5°c, j'ai lu ça et là que la même valeur a déjà été observée à Gwadar et c'est probablement la même chose à peu près partout le long de cette côte. BONUS: revoici juin 2007 avec notamment le cyclone Yemyin en fin de mois. Ce cyclone fut responsable d'un dernier épisode de vent de terre en approchant par le sud-est, avec une tx de 42.5°c le 23/06. Puis il déversa 90mm de précipitations en 3 jours: Voici un exemple d'été qui commence avec une anomalie prononcée de Td en juin, probablement en rapport avec des SST particulièrement hautes cette année là (2018). Puis on glisse lentement vers des valeurs plus normales, pour finir avec un mois d'aout très standard. Le temps est très monotone durant cette saison avec un temps souvent brumeux et un soleil contrarié par des bancs de nuages bas. Septembre garde ce régime monotone de vent marin, puis celui ci lâche son emprise en octobre avec un second maximum thermique (sur les tx) permis par le retour de vents de terres secs et chauds. Il faut attendre novembre pour retrouver un temps très agréable, ni trop chaud ni trop humide. Voilà, c'est tout pour aoujourd'hui !
  6. On se croirait un peu sur une autre planète avec ce genre d'endroit, en travaillant sur cette fiche j'avais plein d'images de SF en tête (Tatooine, Dune...). #596. Panjgur. Panjgur est dans les régions montagneuses et désertiques du Baloutchistan Pakistanais. Nok Kundi est à 245kms, Quetta 455kms, Mascate 695kms, Islamabad 1135kms. Panjgur est à environ 1000m d'altitude dans une vallée assez plate, qui remonte en pente douce vers l'est. Au nord on trouve la chaine de Siahan et plus loin le bassin du désert de Kharan. Au sud se trouve la chaine centrale du Makran, composée de 3 crêtes plus ou moins parallèles. Cet ensemble de reliefs orientés globalement est-ouest forme des barrières successives contre l'humidité de la côte de Makran et de la mer d'Arabie. Nous avons vu avec la fiche de Nok Kundi (au nord ouest du désert de Kharan) que la sécheresse est totale au nord de ces reliefs, ici à Panjgur nous allons voir un régime d'humidité un peu plus contrasté, notamment en été lorsque le courant marin de sud-ouest s'enfonce loin dans les terres. La ville s'étend sur une douzaine de kms le long d'une rivière qui semble le plupart du temps à sec. C'est un climat désertique continental chaud probablement d'affinité tropicale. Ce climat est moins extrême que celui de Nok Kundi: l'altitude modère un peu la chaleur même si une txx de 46°c reste remarquable à près de 1000m d'altitude, l'hygrométrie n'est plus constamment aussi basse que dans le désert de Kharan, et les précipitations, à défaut d'être généreuses, sont deux fois plus fortes. Juin est dans le trio de tête des mois les plus "arrosés" de la l'année sur la climato 2000-2019, c'est comme à Nok Kundi un accident statistique du uniquement aux cyclones de juin 2007. Juin est presque aussi chaud que juillet, et sensiblement plus qu'aout: un trait assez tropical, du à la latitude plus basse que Nok Kundi. Ces deux mois les plus chauds sont également les plus ventés, et la fréquence des épisodes de poussière/sable est maximale (celui ci provient surtout du désert de Kharan). Les vents ont tendance à être canalisés par le relief, donc essentiellement sud ouest / OSO et nord est / ENE. Bien sur il s'agit souvent de brises, notamment en hiver: brise de vallée d'OSO en journées, brise de montagne d'ENE la nuit. En été la convection thermique sur les différentes chaines de montagne active un courant de sud-ouest de plus grande échelle depuis la mer d'Arabie, et un courant de nord ouest depuis le désert de Kharan: ces deux courants s'alternent selon des phases plus ou moins longues durant la saison de soleil haut (quelques jours à quelques semaines). Voyez en juillet la différence d'hygrométrie entre le courant de SO / OSO (240°) de lointaine provenance marine et celui, continental, d'ONO / NO (300°). L'alternance des brises est visible sur les stats horaires des mois de soleil bas. Comme à Nok Kundi l'hiver est court et février n'en fait déjà plus trop partie. Janvier concentre la plupart des faible gelées nocturnes, moins d'une dizaine par an en moyenne. En cette saison les (rares) précipitations proviennent de perturbations d'ouest. C'est vraiment une saison agréable, moins tumultueuse qu'à Nok Kundi. L'exemple de printemps fait directement suite à celui pour l'hiver puisque l'on reste en 2015. Le mois de mars présenté est un peu frais et perturbé, cela s'arrange bien en avril et l'été est pleinement lancé en mai. A partir d'avril les précipitations prennent un caractère convectifs, des orages occasionnels parvenant à se former sur les relief en étant alimentés par l'humidité provenant du sud ouest. On pourra occasionnellement retrouver de telles averses durant l'été. Voyez aussi comme dès le mois d'avril les deux flux antagonistes de nord ouest et de sud ouest s'alternent et apportent des condition d'humidité sensiblement différentes. Lorsque le flux est d'origine maritime la chaleur est assez lourde avec des td souvent compris entre 15°c et 20°c. BONUS: avant d'enchainer vers l'été, voici juin 2007 avec des cyclones Gonu (6/06) et Yemyin (26 et 27/06), et aussi une instabilité déjà latente les 21 et 22/06. Un mois très atypique donc, responsable de presque 80% des pluies enregistrées en juin durant ma période d'étude, et bien sur vraiment "frais" au final. Voici cette fois ci un exemple d'été normal, avec même un mois de juin assez chaud. A part 2 averses durant tout l'été c'est assez monotone, il faut surtout observer l'alternance des phases sèches de nord ouest avec celle des phases plus humides de ce flux de sud ouest que je n'ose pas non plus appeler "mousson" car les pluies ne suivent pas derrière. Voici enfin un exemple très beau et sec d'automne, c'est comme partout ailleurs au Pakistan une saison particulièrement paisible et agréable. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  7. J'ai reconnu l'une des photo du wiki anglais de Islamabad: celui ci insiste pas mal sur le fait que cette ville est la plus verte du pays (verte dans le sens de la végétation, pas de l'écologie - quoique peut-être aussi).
  8. Grosse différence de t° ce matin entre ouest lyonnais et est lyonnais: 9°c à Tassin vers 3h30, 16.5°c à 17.5°c entre Lyon et St Ex avec un vent de sud sensible.
  9. Il est presque 5h du mat à tokyo, la journée commence à l'aéroport d'Haneda avec de nombreux vols de repositionnement des avions d'ANA vers des lieux plus surs (Sapporo, et Naha).
  10. #595. Nok Kundi. Nous voici dans une zone vraiment reculée du Baloutchistan, Nok Kundi est un bourg du désert construit le long de la Trans–Baluchistan Railway, qui relie Quetta à l'Iran (Zahedan). Quetta est à 435kms, Jacobabad 560kms, Serhetabat 715kms, Islamabad 1125kms. Nous sommes à 680m d'altitude, au nord de la dépression du désert de Kharan. A 45kms au nord ouest une ligne de crête peu accidentée fait la séparation avec le bassin du Sistan (Afghanistan). Au sud une série de chaines parallèles à la côte de la mer d'Arabie (non visibles ici) bloque complètement l'humidité de celle ci, nous verrons ces reliefs plus en détail dans les deux prochaines fiches. On trouve quelques volcans dans la région, comme au nord de la ville (à 35kms et 40kms), et comme le Taftan (4030m) en Iran. Vue vers le NNE, avec ces vieux volcans en arrière plan à gauche. Je n'ai pas de certitude sur l'emplacement de la station, le repère ne marque qu'une localisation probable. C'est un climat désertique continental chaud, extrême à bien des égards: - la chaleur estivale est remarquable malgré l'altitude, la Tm de juillet atteint le seuil de 37°c qui pour moi marque l'entrée dans le club des spots chauds de la planète. - la sécheresse de l'air est extrême, en moyenne annuelle seule In Guezzam (Algérie) fait pire (16% contre 18% ici) parmi les lieux déjà étudiés ici. - le vent et le sable rendent la saison estivale particulièrement pénible, et ils réduisent aussi les amplitudes thermiques diurnes en maintenant des tn souvent élevées. La plupart des maigres précipitations annuelles tombent en début d'année grâce aux perturbation d'ouest. Juin est "normalement" sec, du moins d'après les vieilles normales 1961-1990 (0mm). La valeur moyenne de 6mm calculée sur ma période d'étude vient d'un accident que l'on verra plus en détail plus loin dans cette présentation. Les tableaux horaires montrent un rebond anormal du Td en journée, alors qu'il n'y aucun cycle de rosée ici: malgré la bonne tenue des mesures de Td la plupart du temps, on a encore des relevés souvent trop hauts ici, trop corrélés à la t° vraie. Il faut dire que les conditions sont souvent extrêmes avec des HR < 10% sont sont légion et les sondes sont vraiment poussées trop souvent en limite de leur plage d'utilisation recommandée. Avec un matériel encore plus au top les moyennes de Td et d'HR plongeraient probablement encore plus bas, donc on peut vraiment considérer cette partie de désert comme un candidat sérieux au titre de lieu le plus sec de la planète. En hiver le vent montre un régime de brises lié à la pente douce de cette plaine qui descend vers le sud est: brises de "montagne" nocturnes de nord ouest, brises de "vallée" diurnes de sud est. En été un courant sec et souvent sableux en provenance du bassin du Sistan souffle en quasi permanence. L'hiver est court, de mi-décembre à fin janvier, ce qui correspond à peu près à la période habituelle d'observation des gelées (9/an en moyenne). Les perturbations pluvieuses sont rares, mais les perturbations sèches sont courantes avec des coups de vent et de larges variations de température. Entre deux de ces épisodes le temps est le plus souvent très beau et très calme, avec une humidité déjà vraiment basse. Dès le mois de février les températures remontent déjà vite, c'est un mois de printemps. BONUS: janvier 2008. J'en ai déjà parlé, l'hiver 2007-2008 (surtout janvier et février) fut exceptionnellement froid dans toute l'Asie Centrale et l'Asie du Sud (au sens large, de la péninsule Arabique à la Chine). Beaucoup de records de froid (tnn en particulier) des fiches Pakistanaises déjà postées datent de cet hiver. Pour Quetta et Nok Kundi les tnn sont elles à mettre au crédit de l'hiver 2005-2006, mais cependant 2008 fut remarquable également, ainsi ce mois de janvier fut le plus froid de ma période d'étude (tous mois confondus), avec une anomalie de presque -8°c sur les tx et beaucoup de pluie en milieu de mois: Mars et avril sont des mois de printemps où la chaleur est encore bien supportable, mai est déjà accablé par des chaleurs de plein été. J'ai fabriqué cet exemple de printemps à partir de deux années, 2016 et 2010, avec heureusement une jonction assez crédible fin avril / début mai. Le vent se réveille progressivement durant cette saison, et les épisodes de sable sont de plus en plus fréquents et de plus en plus longs. Passé une dernière pluie en mars et/ou avril, la saison complétement sèche débute ensuite pour ne se terminer souvent qu'en toute fin d'année. BONUS: mars 2012. L'exemple de 2016 si dessus était un peu trop sage, le printemps est normalement plus contrasté. Voici donc un mois de mars vraiment agité, sans pluie mais avec de larges variations de températures, et bien sur pas mal de vent et de sable. Cet exemple montre aussi que la disponibilité des données n'est pas toujours optimale pour le Pakistan, avec pas mal de trous début 2012: Vous avez remarqué la baisse de tx de 22°c en 24h le 19/03 ? Voici le détail, avec une journée de tempête de sable durant le refroidissement: J'ai remarqué une importante cassure d'homogénéité des mesures de vent entre 2012 et 2013: depuis 2013 la vitesse du vent moyen est de 14.4 km/h en juillet, contre 24.2 km/h avant. C'est énorme, la station a du déménager dans un endroit plus cloisonné fin 2012. Cet exemple d'été date de 2014, et les niveaux de vents moyens sont conformes aux moyennes 2013-présent. Il montre bien les alternances entre séquences ventée et sableuses, et séquences plus calmes avec un air plus propre. Les amplitudes thermiques diurnes sont également tributaires du vent, et l'on remarque qu'elle atteignent bien plus facilement des valeurs fortes (proche de 20°c) lorsque le vent est faible. L'humidité est généralement cantonnée à une valeur plancher correspondant à un Td proche de 0°c, sauf épisodes très temporaires comme ici début juin. BONUS: juillet 2008, l'un des plus chauds de ma période d'étude, avec du sable en permanence et des tn parfois remarquables. BONUS 2: juin 2007. C'est de ce mois que viennent les 6mm de RR moyennes en juin sur ma période d'étude, aucune autre n'ayant reçu de précipitations mesurable. Le 66mm du 27/06/2007 est évidemment le record de RR24h de ma période d'étude, et probablement sur une période bien plus longue. C'est le cyclone Yemyin qui est responsable de cette anomalie: un cyclone à la vie bien atypique qui vint mourir pile poil au dessus de Nok Kundi, apportant aussi des Td tropicaux observés uniquement à cette occasion sur ma période d'étude (une pointe à 25.3°c observée le 26/06). Et comme si cela ne suffisait pas, la séquence grise et humide (mais sans pluie) autour du 7/06 est aussi due à un cyclone, c'est le fameux Gonu qui alla semer la destruction le même jour en Oman. On termine calmement avec l'automne, souvent paisible dans ces régions. Malgré le vent qui se calme on a encore quelques épisodes de sable et quelques variations assez larges de température, ce qui souligne la très grande continentalité du lieu. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  11. La mousson 2019 fut un grand cru pour la côte de la mer d'Arabie, du moins sa partie nord: Bombay: 3645 mm de juin à septembre, pour une moyenne 2000-2019 de 2637mm (+44% !) Goa: 3668 mm pour une moyenne de 2637mm (+39%). C'est la plus forte mousson depuis au moins 2000 pour ces deux villes, qui avaient pourtant toutes les deux connu un démarrage assez tardif (aucune précipitation en mai pour Goa). Ce sont juillet et surtout septembre qui sont responsables de ces excédents, en septembre cette prolongation anormale d'une forte mousson d'ouest est probablement à mettre en rapport avec une chaleur anormale plus au nord: Jacobabad, Jaisalmer, Multan, Lahore mais aussi Delhi ont toutes connu le plus chaud mois de septembre depuis le début de ma période d'étude (2000 pour l'Inde, 2005 pour le Pakistan).
  12. A la même altitude Denver fait aussi bien. Si on reprend le gradient de txx de 0.8°c/100m qui semblait bien marcher au Sahara, en partant de 41°c à 1600m on extrapole à 52.7°c à 130m, l'altitude de Sibi, pas loin de son record qui serait de 52°c d'apres wikipedia (et pour rappel 52.5°c à Jacobabad).
  13. #594. Quetta Cette fiche et les quelques suivantes vont s'intéresser à une province un peu à part du reste du Pakistan, mais stratégique: le Balouchistan. Quetta en est la plus grande ville, avec environ 1 million d'habitants. Jacobabad est à 260kms, Multan 430kms, Jaisalmer 535kms, Lahore 725kms, Islamabad 695kms et Serhetabat 705kms. Nous sommes à 1600m d'altitude, dans la chaine centrale Brahui, ou plutôt sur son flanc ouest: nous allons voir à quel point cette chaine est une barrière climatique, avec des saisons complètement différentes de celles de la plaine de l'Indus. Cette zone n'est plus vraiment sous l'influence de la mousson indo-pakistanaise, c'est plutôt ce qu'il se passe en Asie Centrale qui intéresse cette ville, et surtout ce qui vient d'Afghanistan et du désert voisin du Régistan. Vue vers le sud-est et les monts Brahui. La station étudiée est sur l'aéroport, à 10kms du centre ville. Nous sommes donc sur un plateau d'altitude moyenne 1600m, les reliefs les plus hauts dépassent 3000m avant de plonger vers la plaine de l'Indus à environ 70kms de distance. On retrouve ici un espèce de climat pseudo-méditerranéen sec, un peu comme à Chitral. Pas de maximum thermique en mai / juin comme dans les plaines, pas de maximum pluvio (fut-il secondaire et très atténué) en juillet et aout: de légères hausses de la nébulosité et du Td en juillet et aout sont les seuls indices de la mousson humide de la plaine indo-gangétique pourtant pas si éloignée. Le maximum de précipitation de fin d'hiver / début de printemps, après une fin d'année sèche, nous rattache pleinement à l'Asie Centrale, ainsi que la sécheresse estivale sous un bouclier de hautes pression subtropicales. C'est un climat assez venté, et notamment en été: c'est commun à toute cette zone autour et dans le bassin du Sistan qui occupe le sud de l'Afghanistan. A ce propos n'ayez aucun espoir de fiches sur l'Afghanistan "prochainement", les données synoptiques sont trop rares et de mauvaises qualité; le climat de Quetta vu aujourd'hui est une approximation assez bonne de celui de Kandahar, avec quelques degrés de moins en été (Kandahar est 600m plus basse). Pas de roses des vents, on peut voir dans les tableaux horaires que les vents dominants viennent du nord-ouest ou du sud est: - le vent de nord ouest est soit une brise de vallée diurne, soit le courant d'ouest apportant les perturbations d'ouest hivernales ou de l'air sec en été, ces deux vents se superposent souvent, lui conférant un caractère vigoureux en journée. - le vent de sud est est essentiellement une brise de montagne nocturne, et parfois un vent synoptique à l'avant des perturbations (en hiver) ou le courant de mousson estival lorsque celui est assez fort pour passer les montagnes. En hiver les nuits sont froides, nous sommes quand même à 1600m d'altitude. Les gelées sont donc fréquentes, parfois fortes, mais les journées sont agréables. Parfois la neige s'invite à la place de la pluie sous les perturbations hivernales d'ouest, c'est cependant plus rare que ce que le wiki laisse entendre, et la ville est rarement enneigée. Le déroulement de l'hiver est typique d'une bonne partie de l'Asie Centrale, avec un début stable et ensoleillé puis du mauvais temps de plus en plus fréquent à mesure que l'on progresse vers l'hiver, avec une diminution graduelle des amplitudes thermiques diurnes. La sécheresse de l'air est assez marquée durant les périodes de beau temps, que le vent vienne du désert du Régistan ou des montagnes il est sec. Au printemps il faut encore se méfier de mars, avec potentiellement des journées encore froides, et un temps qui peut être franchement mauvais: début mars 2019 un épisode de perturbations d'ouest d'intensité exceptionnelle a touché une vaste zone centrée sur le bassin du Sistan, avec notamment 237mm de précipitations à Quetta en deux jours (pluie surtout, avec un peu de neige mêlée). D'ailleurs la synoptique a cessé d’émettre jusqu'en avril suite à ces intempéries, j'ai été cherché ce cumul sur internet pour compléter mes données. Voici une très bonne carte qui résume cet épisode, voyez notamment l'impressionnante bande de RR > 50mm de Zahedan à Kandahar, en plein désert: Rien d'aussi extrême sur cet exemple du printemps 2015, mais encore quelques pluies marquées et de beaux coups de fraicheur en mars. Cela s’arrange rapidement en avril, avec un temps qui devient bien plus stable après la moitié du mois. On peut considérer que l'été démarre courant mai, avec déjà des températures souvent proches de 35°c. Notez le vent, bien sensible, et le sable souvent présent. L'été est d'une grande régularité pour les t°: il n'y a que 4°c d'écart entre la txx de ma période d'étude et la txm de juillet ! Le vent de nord ouest ramène souvent du sable du désert du Régistan, et le vent de sud est moussonique s'active parfois pour apporter quelques journées plus humides et nébuleuses, mais sans jamais vraiment de pluies. NB: tous les exemples de saisons présentés ici sont récents, et postérieurs à un probable changement de sonde d'HR vers 2015 avec depuis des HR reportées sensiblement plus basses qu'avant. Les anomalies de Td sont donc la plupart de temps négatives dans ces exemples, parfois largement, mais ces Td reflètent je pense mieux les conditions réelles. Je n'ai pas beaucoup d'exemple de saison très complets à ma disposition, et celui que j'ai choisi pour l'automne n'est pas idéal: il est trop caricatural de cette saison hyper stable, la moins ventée de l'année, avec les plus fortes amplitudes thermiques diurnes annuelles et un ciel constamment bleu. On devrait normalement s'attendre à une voire deux épisodes faiblement perturbés de plus. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  14. #593. Islamabad. Suite à l'ouverture d'un nouvel aéroport loin de la ville, j'avais craint que la station étudiée aujourd'hui ne ferme définitivement car elle est située sur l'ancien aéroport: depuis fin février 2019 les données de cette station n'étaient plus disponibles. Mais elles le sont à nouveau depuis la fin de ce mois d'aout, et d'après l'imagerie satellitaire récente il s'avère que cet "ancien" aéroport ait conversé une activité, à priori militaire. Donc grâce à la suggestion de Gaël je suis revenu sur ma décision de zapper cette ville: Islamabad est la capitale du Pakistan, c'est une agglomération très atypique car construite sur plan à partir de rien, comme Brasilia ou Naypidiaw. La ville voisine de Rawalpindi, plus peuplée, montre un développement cependant bien plus organique (voire anarchique) et typique de cette région. L'agglomération de ces deux villes compte 4 million d'habitants. Chitral est à 280kms, Srinagar 165kms, Lahore 255kms, Multan 405kms, Jacobabad 735kms, et Delhi 680kms. Nous sommes à environ 500m d'altitude, sur le plateau de Pothohar. Cette altitude, bien que modérée, et la proximité de reliefs comme les collines de Margalla ou la chaîne du Pir Panchal, va modérer la pointe de chaleur estivale et renforcer la fréquence et la vigueur des précipitations, un peu comme on avait constaté dans le Piedmont Himalayen à Dehradun, moins chaude et nettement plus humide que Delhi pourtant assez proche. A part la chaîne de Sel (Salt Range) peu imposante, aucun relief au sud et au sud est ne vient vraiment contrarier la remontée de la mousson d'été indo-pakistanaise: cette saison sera donc très arrosée, contrairement à la Vallée de Peshawar qui elle est nettement plus à l'abri. La station étudiée est donc sur l'ancien aéroport, bien urbanisé dans les faubourgs de Rawalpindi (5kms du centre). Islamabad est à environ 12kms au nord, le long des collines de Margalla. C'est probablement la région la plus arrosée du Pakistan, et contrairement aux autres fiches déjà présentées ici sur ce pays il ne sera jamais question d'aridité ou même de semi-aridité. Seuls trois mois sont sec, et encore pas de manière absolue. Le mois le moins pluvieux, novembre, correspond au début de la saison des brumes et des brouillards et on trouve souvent une humidité assez forte. Les pics pluviométriques correspondent à la saison des perturbations d'ouest (février et mars) et à la mousson d'été indo-pakistanaise (mi-juin à septembre). C'est globalement la même chose qu'à Lahore, Multan ou même Jacobabad, mais en bien plus arrosé ici. De même ce qu'on appelle l'été ici (le pic de chaleur pré-mousson) se déroule avant le cœur de l'été astronomique, ici il est un peu décalé par rapport au reste du pays (mai - début juillet au lieu de 15 avril - juin) et c'est du la la position plus septentrionale. Pas de belles roses des vents à présenter, d'après ce que j'ai compris on peut distinguer: - des brises de montagne de nord-est la nuit, des brises de vallée de sud-ouest en journée, ceci un peu toute l'année (cf tableaux horaires ci-dessous) - un flux hivernal de nord-ouest associé à la circulation d'ouest, et un flux de mousson d'été au sud-est, qui prennent le pas sur les brises quand il sont plus dynamiques. J'ai gardé le découpage en cinq saisons, même si elles ne se superposent pas toujours très bien avec des mois calendaires. Voici donc l'hiver, brumeux et pas très perturbé. Il fait la plupart de temps beau mais avec une importante grisaille le nuit et le matin. De temps en temps une perturbation d'ouest s'invite pour un jour ou deux, laissant des lames d'eau non négligeables par effet orographique contre les reliefs voisins. Souvenez vous, à Chitral on a en hiver des épisodes de vents catabatiques secs et plutôt doux qui descendent de l'Hindou Kouch: ces vents poursuivent leur route via la vallée de Peshawar et s'invitent parfois jusqu'ici. Leur caractère sec est oublié ici, mais on remarque ces journées plutôt ventées et assez douces sur cet exemple (7 et 8/01, 27/01). On a à contrario des journées trop calmes où la grisaille à plus de mal à se dissiper, des inversions de température se forment alors avec des nuit presque froides et des tx qui parfois peinent à vraiment dépasser 10°c ou 12°c (quelques exemples entre le 15 et le 22/01). Voici la fin d'hiver, début de printemps. Les saisons sont un peu décalées ici par rapport à la plaine indo-gangétique, février est parfois ici un vrai mois d'hiver et on devrait plutôt considérer surtout mars et avril pour le printemps. Mais bon voici donc un exemple centré sur février et mars, ce qui correspond au maximum pluvio secondaire. Et pour le coup cet exemple de 2016 montre un mois de février très printanier, avec des tx déjà chaudes et un petit déficit de t°. Puis mars rattrape le coup avec des pluies abondantes et plus de fraicheur. Cette saison est vraiment variable et souvent bien perturbée, et notez le vent souvent fort. BONUS: mars 2015, le plus arrosé de ma période d'étude, avec un très gros épisode pluvieux en début de mois. Cette saison est souvent délicate en montagne, c'est le genre d'épisode qui pose 30cms de neige lourde dans la vallée du Cashmire et plus d'un mètre dans le Pir Panchal. Comme à chaque fois avec ce pays, impossible de trouver un bon exemple d'été avec les données disponibles. En voici donc un fictif, où j'ai mélangé 2013, 2010 et 2011. C'est bien plus agité que dans les plaines: voyez la valse des tx, les orages fréquents, et comme le vent souffle souvent. En avril et mai c'est de plus en plus chaud et les orages produisent de moins en moins d'eau, mais le temps n'arrive pas vraiment à se stabiliser. c'est seulement en juin que l'on trouve des vagues de chaleur plus durables avant l'arrivée de la mousson. Et comme tout est un peu décalé dans le calendrier par rapport aux plaines, les td élevés accompagnant la mousson de sud-est n'arrivent que courant juin: c'est donc quand même plus supportable que dans la plaine à Lahore ou Delhi. Voici la saison des pluies de mousson 2018: comme souvent on trouve encore de grosses chaleurs (parfois les plus fortes de l'année) durant la première décade de juillet avant que la saison des pluies ne démarre vraiment. De gros orages grêligènes assurent un arrosage abondant et parfois diluvien: ainsi on a eu 163mm en quelques heures dans la nuit du 6 au 7/08, pas si loin de la RR24h annuelle maxi médiane (123mm). La chaleur descend graduellement jusqu'à mi-septembre, puis ensuite on retrouve des chaleurs plus supportables et des précipitations beaucoup moins fréquentes à partir du 15 ou 20/09: c'est le début de l'automne. BONUS: septembre 2014, pour son épisode de pluie extrême du 4/09. C'est à priori encore loin du record de précipitations sur 24h, qui serait de 620mm le 23/07/2001 d'après wikipedia (pas assez de données synoptiques disponibles pour confirmer hélas). Enfin un exemple de "bel automne", cette saison la moins perturbée de l'année, à la chaleur agréable et sans trop de grisaille matinale. Les rares perturbations permettent de franchir un palier de t° vers le bas et ainsi d'atteindre un nouvel équilibre en principe stable pour plusieurs semaines (si vous revenez en arrière sur l'exemple d'hiver, on peut voir que le dernier palier automnal est franchi avec la perturbation du 10/12). Vraiment, c'est cette saison qu'il faut choisir pour aller voyager dans ces régions (OK le Pakistan c'est un peu difficile niveau tourisme, pas très "safe", mais cette saison est également fabuleuse dans le nord de l'Inde). Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. La prochaine étape reprendra le cours prévu après Jacobabad.
  15. Voici un exemple en juillet 2012: http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=41715&lang=en&decoded=yes&ndays=12&ano=2012&mes=7&day=20&hora=18 Pas mal de valeurs proches de 30°c, quelques une manifestement erronées à 32°c ou 33°c par des t° de 42°c. Pour Sibi les exemples délirants sont légions, je n'ai pas eu à chercher loin pour en trouver, par exemple ici début juin 2013: http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=41697&lang=en&decoded=yes&ndays=12&ano=2013&mes=6&day=12&hora=18 Je veux bien que le relief piège encore plus d'humidité de basse couche au sol, mais là quand même faut pas déconner: les relevés de Sibi sont vraiment inexploitables. Concrètement pour corriger ce genre de dérive j'efface les Td des heures les plus chaudes et je garde les Td nocturnes, puis j'interpole pour compléter les trous et retrouver un régime diurne conforme à ce qui est observé en moyenne, c-à-d un Td à peu près constant sur 24h durant les moins les plus humides. Et même avec cela je me retrouve avec des couples t°/td du genre 42/28, de quoi bien exploser les indices de t° ressenties ! Peut être qu'en effet je me retrouve au final avec des moyennes de Td bien plus proches de la réalité que je que je veux bien croire, il est vrai que les zones irriguées le long du fleuve peuvent fournir un surplus d'humidité de basse couche et le vent généralement faible n'aide pas à la disperser dans des couches plus hautes de l'atmosphère. Pour Islamabad faut que je revois ça en détail... Peshawar aurait vraiment été idéale, il manque vraiment une étape de plaine pour montrer la transition entre Chitral et Lahore.
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