Cirus

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  • Date de naissance 04/03/1994

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  1. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    A part 1 ou 2 scénarios extrêmes du GEFS12z d'hier, aucun SSW majeur n'est modélisé, même à des échéances déraisonnables. Comme tu le dis et de manière générale, il faut vraiment inciter, et pas qu'un peu, à la prudence, devant des modélisations "extrêmes" ou sortant de l'ordinaire à +384h. Je préfère le répéter, car tous les ans au milieu de l'hiver, les modélisations nous miroitent parfois en bout de course, sur un ou plusieurs runs, des cartes alléchantes avec parfois un SSW majeur à la clé. Pourtant, depuis maintenant 4 ans, on n'a pas eu un seul SSW majeur (hors SSW final). En considérant la définition CP07 d'un SSW majeur (U60 inférieur à 0 m/s à 10hpa), le dernier en date remonte au 7 janvier 2013. Il ne faut donc pas prendre pour acquis les projections numériques, au-delà d'une échéance de 10 jours. L'usage du conditionnel est de rigueur. Pour le reste, il semblerait que nous nous orientons vers une baisse de régime des vents zonaux à 10 hpa sur la seconde décade de janvier. Le retour à des conditions proches des normales serait possible aux alentours de la mi-janvier et des jours qui suivent. Au-delà du 18/19 janvier, ça devient trop loin et il est encore difficile de dresser une tendance claire, sur les modèles. Ce n'est pas une règle générale. Les effets (hivernophilement parlant) peuvent survenir directement, ou avec un retard plus ou moins important (par exemple 7 jours, 15 jours plus tard ...) après un SSW. Dans d'autres cas, ces effets ne font pas irruption. Tout dépend de la profondeur de l'affaiblissement des vents zonaux. Si cet affaiblissement parvient à bien se propager vers la basse stratosphère, ces effets peuvent apparaître rapidement au-dessus de notre partie de l'hémisphère nord, dans la troposphère.
  2. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Le contexte global n'est pas favorable à une mise en déroute de l'activité dépressionnaire au-dessus de l'Atlantique, et plus particulièrement sur l'ouest de l'Atlantique et dans les parages de la mer du Labrador. Tout d'abord, le courant circumpolaire d'ouest est relativement puissant (bien au-dessus des normes) dans la moyenne stratosphère. D'ici la fin de la première décade de janvier, on pourrait dépasser la barre des 55 m/s de vents zonaux à 10 hpa le long du 60e parallèle, selon CEP et GFS. Le vortex polaire est donc particulièrement puissant. Quant à l'Oscillation Madden-Julian, le pôle de convection tropicale se trouve actuellement au-dessus de l'océan indien (phase 2/3 de l'Oscillation Madden-Julian ou MJO). Cette position n'est pas favorable à l'installation des hauts géopotentiels autour de la Mer du Labrador, ou au-dessus du nord de l'Atlantique. Je poste ici une figure d'une étude qui avait été présentée par TreizeVents dans le topic des tendances saisonnières. Si vous voulez consulter par curiosité cette étude, vous la trouverez ici. Cette figure est subdivisée en 3 cartes et présente la fréquence d'apparition d'un blocage atlantique, 5 jours (à gauche), 10 jours (au milieu) et 15 jours (à droite) après une MJO de phase 3. On peut vite s'apercevoir sur cette figure que cette fréquence est faible entre 50° et 70° de latitude nord et entre 90° et 30° de longitude ouest, surtout 10 jours après une MJO de phase 3. Sur ces prochaines semaines, les conditions dépressionnaires pourraient donc continuer à rester omnipotentes sur l'Atlantique, avec des chances assez faibles de blocage sur le Groenland ou sur la mer du Labrador. Cela dit, ce contexte global défavorable ne peut pas empêcher à lui seul l'ouverture de fenêtres hivernales (avec un blocage scandinave ou un blocage sur la mer de Norvège par exemple....), que ce soit à l'échelle synoptique, ou supra synoptique au sein de la région euro-atlantique. La brèche occasionnée dans le courant zonal au-dessus de l'Atlantique (entrevue pour demain et après-demain sur les modèles) est avant tout provoquée par une cyclogenèse très puissante le long de la côté est américaine... interaction entre une anomalie de surface située à proximité de la Floride et une anomalie d'altitude associée au décrochage polaire responsable de la vague de froid sur une bonne partie du continent américain. De part sa position assez méridionale et de sa puissance, cette dernière est capable de soulever une puissante advection douce méridienne, qui est capable elle aussi de créer une discontinuité au sein du courant zonal et de décrocher des anomalies basses de géopotentiel sur sa marge orientale (et donc en direction de l'Europe du sud-ouest). Ce drain d'anomalies basses permettra de maintenir quelques temps le bulle tiède rabattue sur l'Europe par l'activité dépressionnaire atlantique, mais cela ne pourrait pas être suffisant. Sur les modèles numériques, une partie du devenir du blocage (élévation vers l'Europe du Nord/mer de Norvège ou non) se joue aux alentours du 8 janvier. Sur les derniers runs de GFS par exemple, un axe de talweg près des côtes ouest européennes n'a pas assez de "profondeur" et force la crête d'altitude à se rabattre vers des latitudes plus méridionales, tandis que sur CEP et GEM, un "grain de sable" fait que le talweg tend à s'immiscer, à s'incruster au niveau des racines du blocage ce qui a pour effet de soulever davantage le blocage en direction des latitudes septentrionales. Un rien peut donc faire basculer ce blocage projeté pour ces prochains jours et tout se joue sur des petits détails. En guise de conclusion générale, pour ce mois de janvier, je ne suis pas optimiste quant à la survenue d'un blocage dans le secteur atlantique, en particulier autour du Groenland ou de la mer du Labrador. L'activité dépressionnaire pourrait donc rester de la partie au-dessus de l'océan, ou dans une moindre mesure au-dessus du Groenland et du Canada, tout en pilotant pourquoi pas des ondulations depuis l'Atlantique, vers l'Europe. Je pense qu'il est possible qu'un blocage puisse s'affirmer au nord de l'Europe, un moment donné (qui sait, comme en fin janvier 1986 ou fin janvier 1996, ce sont des hivers que j'avais mentionnés en novembre comme étant potentiellement analogues à notre hiver actuel... mais bon je délire sans doute). Cette hypothèse n'est pas dénuée de sens, surtout au vu des modélisations actuelles et n'est pas incompatible avec des conditions dépressionnaires omniprésentes au-dessus de l'océan. Dans le cas contraire, on pourrait se retrouver avec du zozo ou un régime ondulatoire faible à modéré, si ça ne se produit pas. Désolé par avance de ce HS, car je ne parle pas bcp de strato, c'était pour répondre au post précédent ^^
  3. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Un second SSW mineur se confirme sur les projections pour Noël, via le renouvellement de la crête d'altitude canadienne dans la moyenne stratosphère. Mais tel qu'il est vu en ce moment, celui-ci ne serait pas un cadeau pour les hivernophiles. Dans le contexte général, il resterait relativement équivalent au premier SSW très mineur qui est intervenu vers le 10 décembre, puisque la nouvelle accentuation de l'ondulation candienne dans la moyenne stratosphère ne parviendrait pas à s'imposer face à la puissance du vortex polaire. Le SSW s'accompagnerait d'une réflection assez importante de l'activité ondulatoire vers la troposphère (envisagée depuis plusieurs jours par GFS) sur les jours qui suivront Noël. Les scénarios GFS et GEFS envisagent également depuis quelques temps un renforcement assez net des vents zonaux dans la stratosphère pour la fin du mois de décembre, à la suite du second SSW, pour les échéances les plus lointaines (à confirmer ou non avec les prochains runs). Compte tenu des projections de ces derniers temps, le complexe dépressionnaire pourrait continuer à prospérer dans les parages du Labrador et sur l'Atlantique, tout en limitant grandement l'épanouissement des dorsales vers les latitudes septentrionales sur l'océan (exit le régime de dorsale atlantique prononcée de la fin nov/début décembre). Cette situation pourrait se prolonger sur plusieurs semaines, notamment sur le mois de janvier, à moins que les pôles de convection tropicale viennent exciter des trains d'ondes de Rossby capables de mettre la pagaille dans la circulation des latitudes tempérées et dans une moindre mesure au-dessus des latitudes nordiques.
  4. Suivi du temps dans le Nord-Ouest

    Des cadavres de flocons se mêlent à la pluie actuellement, mais il faut vraiment vraiment avoir l'oeil. Il fait actuellement 3,3°c sur Gausson (sud 22).
  5. Suivi du temps dans le Nord-Ouest

    Il commence à pleuvoir très faiblement ici, à 15 km au nord de Loudéac. Le thermomètre grimpe, il est passé de 3,7 à 5,3 degrés.
  6. Tendances Hiver 2017-2018

    En attendant d'avoir une meilleure visibilité pour la dernière décade de décembre, il semble que nous nous orientons vers un changement de dynamique (forcé par le SSW mineur dont le paroxysme sera atteint demain), comme j'avais pu l'évoquer il y a un peu plus de 10 jours sur le topic des prévisions stratosphériques. Il reste à définir l'ampleur et la durée de ce changement (intermède ou nouvelle dynamique tenant sur la durée). Dans tous les cas, les dépressions en embuscade sur l'Atlantique vont rendre difficile le maintien du régime de dorsale atlantique/oméga atlantique. Il faudrait plutôt s'attendre à la survenue d'un régime ondulatoire faible à modéré (à caractère possiblement zonal suivant certaines séquences assez courtes). Mais avec ce contexte de regain d'activité dépressionnaire sur l'ouest atlantique, il est également possible d'envisager un régime de "talweg atlantique/dorsale est atlantique ou européenne" (pouvant déboucher dans des cas un peu plus singuliers à un anticyclone scandinave). On surveillera d'assez près ce qui se passera sur la dernière décade de décembre (possibilité d'un second SSW et résurgence potentielle d'un pôle de convection tropicale autour de l'Amérique latine après le 20 décembre, même si la MJO n'est pas très active). Vis-à-vis de ces 2 événements possibles, nous avons encore beaucoup d'incertitudes sur les modèles. Après, la stratosphère n'est pas le seul acteur dans la circulation des latitudes tempérées. A la base, notre régime de dorsale atlantique avait été excitée (partiellement ?) autour du 15 novembre par une zone de divergence temporaire située près de l'Amérique centrale (zone 7/8 de la MJO). Ce qui nous avait conduit à ceci, 6 jours plus tard (hauts géopotentiels autour du Cap Farvel) : Puis à ceci indirectement (blocage en oméga sur l'atlantique) :
  7. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Sur les projections numériques, le SSW mineur du 10 décembre est calé et il n'y a pas eu d'énormes changements depuis 8/9 jours. Par contre, pour la suite, on en reparlera un peu plus tard car ça part de tous les côtés... ^^ Bien que j'ai du mal à croire à un plongeon des vents zonaux en raison du biais quasi systématique de GEFS et par rapport à ce que j'ai écrit en page précédente, restons tout de même prudents. A une échéance supérieure à 10 jours, il est toujours très délicat de dégager une tendance en stratosphère.
  8. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Je t'invite à lire mes analyses à la fin de la page précédente, tu trouveras les réponses à tes questions Depuis 2/3 jours, peu d'évolutions quant au déroulement de notre SSW à venir. Son paroxysme est prévu aux alentours du 10/11 décembre et la reprise du jet en stratosphère est toujours aussi importante après le SSW. Par la même occasion, sur le GFS12z d'aujourd'hui, nous avons toujours l'irruption de la propagation rétrograde (début d'activité ondulatoire descendante de la stratosphère vers la troposphère) des ondes de Rossby que j'évoquais dans mes précédentes analyses. Celle-ci débuterait selon ce même modèle le 13 décembre. A titre d'exemple, sur le GFS12z, l'un des effets directs du SSW serait la migration d'une bulle tiède près du détroit de Béring au-delà du 13 décembre (ce qui est assez conforme avec le composite que je vous ai montré en page précédente dans le cas d'ondes réfléchies). De mon point de vue et à l'image de ce que je disais en page précédente, le 15 décembre est une date charnière, quant à la poursuite ou non de notre dynamique actuelle avec des dorsales prononcées à répétition. Au vu des modélisations actuelles, les conditions en stratosphère ne seraient pas favorables au maintien de cette dynamique. Pour une éventuelle poursuite de cette récurrence au-delà de la mi-décembre, il faudra plutôt compter sur d'autres forçages capables de maintenir une nouvelle séquence de découplage entre la troposphère et la stratosphère, sinon, cela risquerait d'être très compliqué.
  9. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    En l'espace de 5 jours, les projections de GFS ont bien changé. Lui qui voyait presque un SSW majeur samedi le WE dernier, il entrevoit à présent une bonne reprise du jet de la nuit polaire après le SSW... Il y a 5 jours :
  10. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Pour remettre du baume au cœur, à chaque hivernophile de ce forum, cette nouvelle dynamique potentielle ne va sans doute pas s'éterniser tout au long de l'hiver. Je vais reparler ici d'une autre étude que vous pouvez retrouver ici. Ce papier est beaucoup plus ancien sur le coup car il date de 2004. Dans cette étude, les scientifiques ont essayé d'apprécier les effets de la QBO et de l'activité solaire sur le timing des SSW au cours de la période hivernale. Mieux qu'un long discours, je publie directement les spaghettis de la température à 50 hpa au-dessus du pôle, pour 4 configurations différentes : Smax (activité solaire "maximale")/QBO-, Smax/QBO+, Smin/QBO-, Smin/QBO+. Il est à noter que l'altitude de référence utilisée pour la QBO est le niveau 44 hpa (24 km d'alt). Pour la catégorie Smin/QBO- (ce qui est le cas de notre hiver), on remarque une "accumulation" ou une "juxtaposition" tendanciellement plus importante des spaghettis pour des températures plus élevées que la normale, sur les mois de décembre et de février (voire même le mois de mars). Ainsi, tendanciellement, les mois de décembre et de février/mars auraient plus de chances de voir un SSW, si on considère les résultats de cette étude. Dans le cas de notre hiver, le SSW de décembre, on va l'avoir, c'est certain, même s'il avorte. Pour février, c'est plus loin et totalement hors échéances, mais on peut tout de même signaler qu'on peut avoir des chances d'en avoir un. Au-delà de tout ça, si je dis qu'une récurrence zonale ou à talweg atlantique doit s'éterniser tout au long de l'hiver voir jusqu' au début de printemps (ce que Mike a peut-être pu croire lorsque j'ai mentionné le cas de 2011), je suis en totale contradiction avec mon analyse rétrospective que j'ai effectuée sur la page précédente de ce topic. Je republie ici le composite pour l'indice AO des 2 hivers les plus ressemblants potentiellement (hivers 1985/1986 et 1995/1996) avec notre hiver (voir mon analyse de la page précédente pour plus de précisions). En parallèle, à l'image de ce que j'ai dit à propos de l'étude, on remarque également une signature AO- (assez faiblarde certes) en début et en fin d'hiver dans la stratosphère, alors qu'au milieu, l'AO+ domine. Bien que la troposphère est davantage dominée par des conditions AO- sur la coupe moyenne ci-dessus (en raison de plusieurs séquences de découplage tendanciel entre la troposphère et la stratosphère sur les hivers 1985/1986 et 1995/1996), l'Atlantique et l'Europe ont connu des périodes plus ou moins longues en milieu d'hiver (en particulier 2nd quinzaine de décembre et janvier) avec une activité dépressionnaire relativement bien présente sur l'Atlantique. Ce fut un peu moins le cas en début et en fin d'hiver. Je poste ici 2 animations du champ de géopotentiel à 500 hpa pour les hivers 1985/1986 et 1995/1996 pour mieux illustrer mes propos :
  11. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Aujourd'hui, je vais vous exposer une nouvelle classification des SSW qui a été proposée très récemment dans un papier écrit en 2016 que vous trouverez ici. Depuis 7 ans et surtout à l'occasion des hivers 2010/2011 et 2013/2014, je vous ai souvent évoqué le caractère ambivalent des SSW, au regard de leurs effets en troposphère. En effet, il arrive qu'à certaines occasions, les SSW n'ont pas l'effet escompté ou voulu par la plupart des hivernophiles, avec une reprise de l'activité dépressionnaire au-dessus de l'Atlantique alors que la situation est souvent beaucoup plus alléchante côté pacifique avec l'ouverture d'une brèche dans le complexe dépressionnaire, favorable à la mise en place de blocages au-dessus des latitudes nordiques (au-dessus de l'Alaska, du détroit de Béring, de la mer des Tchouktches, ou de la Sibérie orientale...). Ce sont d'ailleurs, les effets les plus récurrents des SSW qui "avortent" ou qui ne parviennent pas à aller au-delà d'un déplacement de vortex modéré dans la moyenne stratosphère. Cela dit, d'autres SSW "fonctionnent mieux", au travers de la mise en place d'une dynamique NAO- au-dessus de notre partie de l'hémisphère nord, suite à la phase de maturité du réchauffement stratosphérique. Cette étude scientifique propose ainsi un éclairage sur les mécanismes susceptibles d'être responsables de ces 2 comportements inhérents aux SSW. Toutefois, cette étude n'a été réalisée que sur des SSW majeurs et elle mérite d'être étendue à d'autres SSW mineurs, afin de confirmer ou non les conclusions. Toutefois, en connaissant en détails le déroulement de plusieurs SSW mineurs qui ont eu lieu notamment sur la première moitié des années 2010, je trouve que leurs raisonnements peuvent relativement bien s'y prêter. Pour ne pas trahir l'information scientifique globale qui se cache derrière cette classification, les 2 types de SSW proposés par ces scientifiques sont en anglais : - Absorbing sudden stratospheric warming (les ondes de Rossby sont "absorbées" par le vortex polaire, lorsque ce type de SSW survient) - Reflecting sudden stratospheric warming (à l'occasion de ces réchauffements stratosphériques soudain, les ondes planétaires sont "réfléchies" par le vortex polaire) Dans les détails, les mécanismes de ces SSW sont les suivants, pour vulgariser : - Dans le premier cas-type, l'activité ondulatoire ascendante (de la troposphère vers la basse stratosphère) est intense avant la survenue du SSW, et se prolonge même sur les jours qui suivent le paroxysme du SSW, bien qu'elle décroît tendanciellement. Au vu de la "pression" maintenue sur le vortex polaire par les attaques venues de la troposphère, le vortex polaire les "absorbe" et s'affaiblit. Par conséquent, la baisse des vents zonaux (ou du courant circumpolaire d'ouest), qui était initialement amorcée dans la haute et moyenne stratosphère, s'accentue et migre vers les couches inférieures (basse stratosphère puis troposphère) car elle est forcée par l'activité ondulatoire ascendante et "pérenne". Ce type de SSW garantit la plupart du temps l'irruption d'advections de hauts géopotentiels vers les latitudes polaires et subpolaires au-dessus de l'Atlantique (régime d'anticyclone groenlandais ou scandinave, puissantes dorsales, zonal bas...), et éventuellement au-dessus du pacifique, en simultané, après le paroxysme du SSW. - Dans le second cas-type, l'activité ondulatoire entrante dans la stratosphère est intense avant le SSW, mais ne se poursuit pas après le SSW. Dans ce genre de situation, le vortex polaire ne subit plus les attaques car les ondes planétaires se trouvent souvent piégées dans le vortex polaire (le vortex polaire agit comme un tue-mouche, si vous le voulez). Pour visualiser la situation, il faut un peu s'imaginer une configuration comparable à un "blocage en rex", coupé de ses racines subtropicales (Cf post de Ciel d'Encre). Il s'en suit une propagation rétrograde des ondulations (initialement du bas vers le haut, elles sont dirigées du haut vers le bas après le SSW... c'est un effet boomerang pour vulgariser). Ainsi, l'activité ondulatoire ascendante n'est plus là pour forcer le ralentissement du jet de la nuit polaire. Le SSW "avorte" d'une certaine manière. En troposphère, suite à ce type de SSW, les effets ne sont pas bons hivernophilement parlant. On assiste assez souvent à une reprise de l'activité dépressionnaire au-dessus de l'Atlantique (zonal, régime de talweg atlantique, régime ondulatoire faible à modéré occasionnant aucun blocage durable au-dessus de l'Atlantique...). Ces réponses en troposphère sont illustrées dans la figure ci-dessous, que ce soit pour le premier ou le second type de SSW. En effet, dans l'étude scientifique que j'évoquais plus tôt, les chercheurs ont produit des composites (des situations moyennes propres à chaque type de SSW pour le paramètre z500) vis-à-vis de cette classification. Ce composite, le voici : Les 2 cartes du dessus correspondent aux SSW du premier type (moyenne de 13 SSW) tandis que les 2 cartes du dessous correspondent aux SSW du second type (moyenne de 9 SSW). La première colonne est une moyenne des 5 jours qui suivent le premier jour (le "Central Date" de Charlton et Polvani) de renversement du courant circumpolaire d'ouest, ie des vents zonaux inférieurs à 0 m/s à 10 hpa (moyenne stratosphère) le long du 60e parallèle. La seconde colonne est une moyenne sur la période entre J+6 et J+11, après le premier jour de renversement. Ces différences de mécanisme entre ces 2 types de SSW peuvent être visualisées à travers les coupes d'Eliassan-Palm Flux (EP-flux) qui permettent de bien caractériser l'activité ondulatoire que ce soit en troposphère ou en stratosphère. Pour illustrer tout ceci, je vais reprendre le cas de l'hiver 1998/1999 qui a été repris dans l'étude de Kodera et al. (2016). L'hiver 1998/1999 a été rythmé par 2 SSW : - un SSW de type R (Reflecting) le 15 décembre 1998 - un SSW de type A (Absorbing) le 26 février 1999 Dans le cas du SSW du 15 décembre 1998, on voit bien cette activité ondulatoire ascendante (2 premières coupes avec des "flèches" dirigées vers le haut dans la stratosphère arctique) qui se substitue à une activité ondulatoire descendante (Dernière coupe avec des vecteurs orientés vers le bas dans la stratosphère arctique - voir rectangles bleus-), après la phase de maturité du SSW. A l'inverse, le SSW du 26 février 1999, l'activité ondulatoire ascendante est présente que ce soit avant ou après le SSW (voir rectangles oranges). Ces 2 cas illustrent bien les 2 mécanismes que j'ai mentionnés un peu plus tôt dans ce post. Il convient également de noter que la réponse en troposphère n'a pas été la même entre décembre 1998 et février 1999, à l'image du composite que je vous ai présenté précédemment. Alors, à présent, pourquoi je vous parle de cette classification ? Je sais que je n'ai pas été très convaincant dans mon post d'hier soir, mais les projections de GFS envisagent des ondes réfléchies par le vortex polaire, à la suite du SSW du 9/10 décembre. La crête d'altitude se retrouve même piégée dans la vortex polaire ce qui se traduit par une perte des racines subtropicales du fait du drainage peu massif d'anomalies basses à la base du blocage, aux alentours du 10 décembre (voir l'illustration ci-dessous du GFS6z, mais on le voit bcp mieux sur le GFS0z d'aujourd'hui et le GFS12z d'hier... carte que je ne parviens pas à importer depuis mon pc). Et suite à ce SSW du 10 décembre, on retrouve 3 jours plus tard une activité ondulatoire descendante de la stratosphère vers la troposphère (vecteurs orientés vers le bas dans la stratosphère arctique). Ce sont donc des ondes réfléchies. Il est donc probable qu'on aura à faire à un SSW de type R, ce qui n'augure rien de bon hivernophilement parlant (reprise de l'activité dépressionnaire au-dessus de l'Atlantique). Le 15 décembre (voire plus tôt peut-être) sera une date charnière, quant à la poursuite ou non de notre dynamiques actuelle avec des blocages nordiques à répétition. Ce post est à mettre en complémentarité avec mon post d'hier soir.
  12. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Réchauffement maigrichon en effet et on le voit d'ailleurs dans la première carte que j'ai posté un peu plus haut. Les modélisations précédentes enfonçaient un peu plus le clou par rapport à la projection du GFS12z. Cependant, en allant au-delà du champ de température à 10hpa, on peut remarquer une chute concernant la vitesse des vents zonaux à 10 hpa et aussi l'émergence d'une crête d'altitude côté pacifique, occasionnant un déplacement du vortex polaire côté européen. Dans le lien ci-dessous, on peut voir tout ceci : http://weatheriscool.com/index.php/stratosfaren-temp-geopot-height-10hpa/ Chaque situation est unique. Toutefois, il est possible de dégager des similitudes tendancielles entre certaines situations même si elles ne sont pas "pures". On verra bien comment les différentes composantes du système climatique réagiront au gré de l'hiver. La stratosphère arctique n'est pas le seul acteur qui joue sur la circulation générale en troposphère, je le conçois. D'autres forçages peuvent sortir leur épingle du jeu. Je pense que personne peut prétendre maîtriser la complexité qui se cache derrière tout ça.
  13. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Devant l'arrogance de ton second post et ton assurance, j'ose à peine te répondre de peur que la discussion prenne d'autres tournures. J'espère que les échanges resteront corrects et constructifs, sinon ce n'est pas la peine de poursuivre. Je suis bien conscient que ces hivers n'ont rien à voir entre eux vis-à-vis des forçages de grande échelle. D'ailleurs, l'hiver 2010/2011 ne rentre pas dans l'échantillon d'hivers que j'ai considéré dans la page précédente. Je compare juste 2 SSW, indépendamment des forçages externes, qui ont des similitudes notables en termes de configuration dans la moyenne stratosphère, si les modélisations actuelles (plus précisément de GFS12z) venaient à se réaliser. Par ailleurs, les modélisations ne sont pas figées, elles vont peut-être encore beaucoup évoluées.
  14. Prévisions stratosphériques à moyen & long terme

    Sur GFS, plus les runs passent, plus on semble apercevoir les effets directs du SSW à long terme en troposphère. Beaucoup d'incertitudes subsistent encore concernant notamment la puissance du réchauffement stratosphérique. Toutefois, il est relativement certain que nous aurons affaire à un déplacement de vortex (configuration à ondes n°1). Le paroxysme du phénomène serait atteint aux alentours de la fenêtre du 9 au 12 décembre. Néanmoins, on ne voit pas encore très bien "l'après SSW", puisque nous sommes encore hors échéances à ce sujet. A l'heure actuelle, et depuis quelques runs, GFS entrevoit un scénario à la sauce "janvier 2011". Autour du 6 janvier 2011, un SSW mineur, associé à une configuration très similaire à notre SSW futur (selon les modélisations actuelles), avait mis un terme au régime de blocages nordiques de décembre 2010. Animation du 1er au 15 janvier 2011 : . Animation du 30 novembre au 14 décembre 2017 (GEFS12z) : . Dans les 2 cas ci-dessus, un blocage en oméga se met en place au-dessus de l'Atlantique. Suite à l'interaction entre les anomalies basses canadiennes et nord atlantiques, ce blocage perd toutes racines subtropicales et se propage ensuite de façon rétrograde (d'est en ouest). Dans le même temps, une advection de hauts géopotentiels fait irruption au-dessus le l'Alaska pour former un second blocage en oméga. Par la suite, les 2 blocages finissent par fusionner partiellement pour former un nouveau blocage non loin du détroit de Béring. Ces ressemblances sont frappantes ! Je pense que ce signal sur le long terme envoyé par GFS est à considérer, même si les échéances sont très lointaines. Ce signal serait le résultat d'un SSW qui avorte, et d'un vortex polaire qui ne s'affaiblit pas suffisamment en stratosphère. Dans l'ensemble des futurs possibles, un tel scénario est crédible si on se contente d'un déplacement de vortex faible à modéré (à l'image du SSW du 6 janvier 2011) à compter du 9/10 décembre, mais il est fort à parier que cette propagation rétrograde ne se réalise pas car cela demande un mécanisme d'horloger. En guise de conclusion, GFS nous montre que le SSW pourrait nous faire basculer vers une toute autre récurrence aux alentours de la mi-décembre, avec pourquoi pas (comme en 2011) une activité dépressionnaire plus intense au-dessus de l'Atlantique, si d'autres forçages ne viennent pas semer les troubles-fêtes. De manière générale, les déplacements de vortex polaire faibles à modérés ne présagent rien de bon hivernophilement parlant. Il reste à surveiller la puissance du SSW dans les prochaines modélisations car un déplacement prononcé du vortex pourrait augurer l'inverse.
  15. Si jamais tu souhaites optimiser tes chances de voir une tenue de la neige au sol, je peux te conseiller d'aller sur certaines hauteurs qui ne sont pas excessivement loin de Saint-Brieuc et de Lamballe comme le Mont Bel-Air (340 m d'alt) ou le Signal de Lanfains (325 m d'alt). Ce sont les 2 plus hauts sommets des Côtes d'Armor. Entre 2000 et 2007, ça m'est arrivé 3 fois de voir le Mont Bel-air blanc au loin, alors que je n'avais aucune tenue au sol chez moi, bien que je suis un peu sur les hauteurs aussi. Et si tu as un peu plus de temps pour toi pour faire un petit détour touristique, dans un cas comme dans l'autre, tu as un village de caractère à proximité : Moncontour (au NO du Mont Bel-Air) et Quintin (au N de Lanfains) :-P Pour le reste, concernant la tenue au sol, ça va certainement se jouer sous les averses les plus intenses. Sur une bonne frange littorale, en particulier en Bretagne, la tenue au sol sera compliquée. Compte tenu du froid extrême en moyenne troposphère (environ -38 deg à 500 hpa... pas revu depuis décembre 2009 et décembre 2010), la masse d'air va être très instable. On pourrait sans doute s'attendre à avoir des orages de neige localement.