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Cirus

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  1. Ton avis est légitime. Aux échelles sub-saisonnières, il est possible d'avoir une meilleure visibilité sur le risque de survenue de phénomènes remarquables à certaines occasions. Toutefois, de façon générale, l’exercice est particulièrement périlleux et il s'avère souvent très difficile, voire "impossible" de dresser une tendance claire et objective, quant à ce genre d'événements. Des avancées/percées importantes sont nécessaires afin d'améliorer la qualité des tendances dans le sens où tu l'entends. D'ailleurs, à ce titre, une offre de stage avait été proposée au CNRM pour le semestre actuel, ayant pour sujet la "prévisibilité d'événements extrêmes au échelles sub-saisonnières": https://www.cnrm.meteo.fr/IMG/pdf/m2soac-1819-proposition-stage-cnrm-batte-ardilouze-girardot.pdf
  2. J'ai presque envie de dire le contraire... A moins que tu aies fait uniquement allusion à la seconde quinzaine du mois de janvier où là je suis totalement d'accord avec toi. Au regard de la configuration moyenne depuis le 1er décembre 2018, ce sont des anomalies hautes de géopotentiels qui ont concerné l'Europe de l'ouest. Certes, l'hiver météorologique n'est pas encore tout à fait terminé, mais au vu de l'invasion de hauts géopotentiels projetée par les modèles pour la fin février sur l'Europe occidentale, il est très difficile d'imaginer une atténuation de ces anomalies moyennées sur la période hivernale. Quant aux modèles saisonniers, le constat est à nuancer sérieusement. Vis-à-vis de la période décembre-janvier-décembre, ces derniers ont bien anticipé (pour la plupart, à l'exception de CFS et de CEP à certains moments) la présence d'anomalies positives de géopotentiels au-dessus des latitudes nordiques, bien qu'aucun blocage groenlandais ne soit survenu cet hiver. Ces anomalies sont plutôt à mettre sur le compte d'une relative faiblesse assez récurrente des conditions dépressionnaires dans cette région. Pour le reste et dans les détails, l'échec est plutôt au RDV même si ce constat est à relativiser selon le modèle considéré. Sur de nombreuses réactualisations et notamment celles que j'avais posté en novembre/décembre, le mois de février devait être le mois le plus "explosif" (mois avec les anomalies anticycloniques les plus intenses autour du Groenland et avec les anomalies dépressionnaires les plus intenses sur l'Europe de l'ouest) . Aujourd'hui, on peut s'apercevoir qu'on est très loin d'une telle configuration atmosphérique et c'est franchement frustrant. Quant aux impacts du SSW, la situation au-dessus de l'Europe s'est tout de même décantée au cours de la seconde quinzaine du mois de Janvier. On aurait été effectivement en droit d'en attendre bien plus (blocage groenlandais, scandinave...) mais on se sera malheureusement contenté d'un régime de dorsales atlantiques. Une partie de la France a pu profiter de quelques épisodes neigeux en plaine et je suis content pour eux, mais une autre partie n'en a pas profité (et j'en fais partie ). La faiblesse des effets du SSW (en termes de régimes de temps), coté secteur "euro-atlantique", n'est pas non plus à mettre forcément sur le compte du réchauffement climatique, hein! (bien que ce dernier s'insinue partout). Au passage, pour ceux qui en douteraient, je suis "climato-alarmiste", je préfère le préciser si certains se poseraient des questions sur ma précédente phrase. Sans enlever le caractère très dramatique du RC, il ne faut pas TOUT mettre sur le compte de celui-ci... En tout cas, il n'y a rien d'inédit dans le fait que ce SSW a été peu impactant pour nous. Le dernier SSW majeur qui a un peu "capoté" remonte à fin janvier2009 et il y en a eu bien d'autres par le passé (cf le dernier post que j'avais publié sur ce même topic). De mémoire, en fin janvier et février 2009, les anglais s'étaient quand même gavés de neige à un moment (mais pas très longtemps), mais je ne sais plus exactement, il faudrait vérifier... toutefois, en France, c'était bien pourri par contre .
  3. Sage commentaire mais je pense qu'il est tout de même possible de s'aventurer (prudemment et dans une certaine mesure) dans le constat de @piloutop. Petit exemple avec GFS ... Je me permets de partager un tweet publié par Andrea Lopez Lang en début de mois (voir ici). Il s'agit d'une animation réalisée à partir de coupes verticales d'anomalies de géopotentiels (moyennées au-delà de 60°N à plusieurs niveaux de pression) pour plusieurs runs GFS allant du 20 novembre 2018 au 3 février 2019. Les plages jaune - orange - rouge correspondent à des anomalies positives de géopotentiels tandis que les plages bleues correspondent à des anomalies négatives de géopotentiels. Sur janvier et début février, GFS a très souvent surestimé les impacts du SSW du 1er janvier en troposphère au regard du paramètre que je viens d'évoquer (orange devenant moins orange, voire bleu en-dessous du niveau 250 hpa dans l'animation). Bien entendu, le paramètre utilisé ici n'est pas la "traduction d'une situation régionale" (exemple : évolution projetée par les modèles au-dessus secteur euro-atlantique uniquement) en indice. Ce paramètre est un paramètre "global" (à l'échelle de l'hémisphère nord).
  4. Je me permets de remonter ce post car la question me paraît tout de même assez importante. Ce sujet peut revenir régulièrement certaines années et on sait comment certains "médias météo" usent de l'approche stratosphérique pour anticiper la survenue d'une potentielle vague de froid en France, à l'échelle sub-saisonnière (au-delà de 2 semaines d'échéance). Entre un SSW et une vague de froid en France, il y a quand même un sacré problème d'échelle. Le premier a une envergure énorme et est en capacité d'anémier le vortex polaire dans sa globalité. Le second est un événement "périphérique" (événement associé au décrochage d'un "morceau" du complexe dépressionnaire uniquement), surplombant une zone géographique relativement restreinte. Autrement dit, pour changer d'échelles, cela reviendrait presque à dire qu'il va forcément neiger en Ille-de-France parce qu'il y a un bon décrochage froid d'altitude au-dessus de la France... Vous aurez compris le sens de mon commentaire. Pour essayer de répondre le plus précisément possible à cette question et afin d'enterrer un peu cette légende urbaine, j'ai dressé un tableau mettant en rapport les SSW et les épisodes de froid non négligeables en France. J'ai uniquement considéré ici les SSW qui sont se sont manifestés sur la période NDJF et les épisodes de froid important sur la période DJFM (entre l'hiver 1979/1980 et aujourd'hui). Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce qu'il est fortement improbable qu'un épisode de froid remarquable au mois de novembre soit précédé d'un SSW (variabilité stratosphérique faible en octobre et début novembre). Quant aux événements stratosphériques majeurs sur le mois de mars, la plupart d'entre eux est considérée au titre de réchauffement stratosphérique final ("transition entre l'hiver et l'été stratosphérique" pour vulgariser) et ne figure pas dans la liste des SSW majeurs consultable ici . Dans cette liste (voir lien) et sur la période 1979/aujourd'hui, les SSW qui sont apparu en mars sont tardifs. Le temps qu'ils impactent la troposphère, on n'est plus en hiver et cela est beaucoup moins intéressant d'un point de vue hivernophile. En plus des SSW majeurs, les SSW mineurs (vent zonal à 60°N et à 10 hpa compris entre 0 et 10 m/s) ont notamment été pris en compte sur la période NDJF. Les dates des SSW majeurs correspondent respectivement aux premiers jours de renversement du vent zonal de chaque événement. Quant aux SSW mineurs considérés, il s'agit de la date pour laquelle on observe le minimum de vent zonal. Dans le tableau, les épisodes de froid important considérés ont été extraits de la base de données HistorIC d'infoclimat. Ces séquences temporelles correspondent respectivement aux épisodes caractérisés par les étiquettes "froid" ou "froid inhabituel" d'une part, et "remarquable", exceptionnel" ou "mémorable" d'autre part. J'espère que je n'ai rien oublié ou fait aucune erreur. Si c'est le cas, n'hésitez pas à m'en faire part. En bleu, figurent les SSW qui ont précédé les épisodes de froid considérées (9/35). En rouge, apparaissent les SSW qui ont été suivi d'un épisode de froid important en France (6/35). En orange, c'est le cas ou les 2 types d'événements apparaissent presque simultanément (1/35). Au regard du type de SSW, les dSSW sont les SSW pour lesquels on observe une bonne descente des valeurs NAM- vers la basse stratosphère et la troposphère (propagation en cross de hockey). A l'égard des nSSW, 2 types de situation peuvent être rencontrés : soit aucune propagation vers le bas ne s'effectue (exemple : 12- fev-1990), soit la propagation est peu esthétique, peu efficace, trop directe ou relativement contrariée (exemples : 4-dec-1981 ; 23-jan-2012). Par ailleurs, cette classification est tirée d'une étude de Karpechko et al. (2017). Au regard de cet article, un SSW est considéré comme "propagatif" (dSSW) si : • l'anomalie moyenne d'AO entre J+8 et J+52 après le SSW est négative au niveau 1000 hpa • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 1000 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 50% • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 150 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 70% Dans le cas contraire, le SSW est reporté comme "non propagatif" (nSSW). A première vue, au regard du tableau il n'y a pas véritablement de lien concret entre SSW et épisodes de froid important en France. Tout ceci pour dire qu'il est imprudent de parler de vagues de froid ou de coups de froid intenses (ou de tout autre événement remarquable) dans les tendances sub-saisonnières, lorsqu'un SSW survient. Et pour en revenir à la question initiale de @sastrugis car j'ai un peu divagué, les VDF et épisodes de froid significatif ne sont pas tous intervenus dans le prolongement d'un SSW, loin de là et le SSW n'est pas une condition nécessaire. Nota Bene : pour les événements stratosphériques notamment en novembre, on ne peut pas vraiment parler de SSW à proprement parlé. La variabilité est plutôt faible à cette période et les réchauffements ne sont pas brutaux et significatifs. On parlera plus d'affaiblissement du vortex polaire (SVW ou Stratospheric Vortex Weakening dans la littérature scientifique).
  5. Histoire de refermer un peu la parenthèse "Régis" et de repartir sur une note un peu plus positive pour la suite de cet hiver (tout en faisant échos au message d' @Iconoclaste de ce matin), je me permets de partager le très bon tweet d'Etienne Kapikian : https://twitter.com/EKMeteo/status/1082311443792433152 La propagation associée à "l'après SSW" semble gagner en profondeur sur les derniers runs GFS, notamment vers le 20 janvier.
  6. Tu pousses le bouchon un peu trop loin maurice régis ! https://www.youtube.com/watch?v=ASc40_mpZjU "... smiley à l'égard d'un certain pseudo "Cirus", amateur météo dont l'ego semble surdimensionné" Ce n’est certainement pas à moi d’en juger vis-à-vis de ma propre personne. Cependant, c’est étrange de lire ceci de la part de quelqu’un qui me connaît très peu voire pas du tout. En termes de remarque constructive, c’est un zéro pointé. Quant à la morale de fin de publication, il convient également de l’appliquer à soi-même et pas uniquement aux autres. "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." De quels SSWs parles-tu ?! Je veux bien admettre que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère est mobile et peut se renouveler à plusieurs reprises au sein d'un même événement stratosphérique. Il est notamment possible de l'observer sur les cartes de modèle numérique ou sur les réanalyses de SSW passés. Cela dit, pour l'hiver actuel, on parle bien d'un seul SSW ayant pour date le 1er janvier 2019 (premier jour du renversement du vent zonal à 10 hpa et à 60°N selon les réanalyses MERRA-2). Ce SSW est le plus précoce (à 1 jour près) depuis décembre 2001. C'est la définition la plus communément utilisée dans la communauté scientifique... exemple: Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "We employ the following simple, commonly used definition for major warmings (Charlton and Polvani 2007; hereafter CP07): the central date or event date of a SSW occurs when the daily-mean zonal-mean zonal winds at 10 hPa and 60°N first change from westerly to easterly between November and March. The winds must return to westerly for 20 consecutive days between events (to avoid counting the same event twice, roughly equivalent to the thermal damping timescale at 10 hPa; Newman and Rosenfield, 1997). If the winds do not return to westerly for at least 10 consecutive days before 30 April, the warming is a final warming and is not included." "Il faut qu'ils soient situés de façon opportune." "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." Tu me sembles convaincu que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère puisse permettre de déterminer la localisation des vagues de froid ou des décrochages polaires en troposphère. Seulement, est-tu dans la capacité de me fournir un ou des article(s) scientifique(s) sérieux qui avancent tes dires ? Je souhaiterais bien te mettre au défi mais je sais d’avance qu’il y en a tout simplement pas ! Pour te convaincre du contraire, je vais poster ici une figure très intéressante de la même étude (Butler et al.). Il s'agit d'une comparaison entre les SSW de janvier 1985 et de janvier 2009. Bien que le SSW de janvier 2009 ait été un peu plus violent que celui de janvier 1985, la "signature thermique" à 10 hpa est presque identique. Et pourtant, les conséquences n'ont pas été similaires dans la troposphère... Il suffit d'observer le champ d'anomalies de température (et surtout les plages bleues) en troposphère pour s'en rendre compte ! Parmi les SSW récents, l'exemple du SSW mineur de janvier 2012 peut également s'avérer être une très belle illustration (rien du tout n'est identique à la verticale) qui puisse te contredire Régis. En moyenne stratosphère, le vortex polaire était centré non loin de la Scandinavie (et le réchauffement n'était pas du tout localisé à cet endroit). Pourtant, juste après ce SSW, on a eu un bel anticyclone scandinave en troposphère et une belle vague de froid en France !! Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "Figure 6 illustrates the differences in the tropospheric climate following two similar split-type SSWs, one in January 1985 and the other in January 2009. In both events, the polar vortex split into two lobes: the one associated with the greatest warming anomalies centered over Canada and the other centered over northern Europe and Asia (Fig. 6a, b). The 2009 split SSW had a larger lobe that extended over most of Eurasia, but otherwise the stratospheric evolution was quite similar. However, the subsequent surface and tropospheric responses in the weeks following the events differed in several ways. The 500 hPa height anomaly pattern following the 1985 event projects strongly onto the negative NAO pattern (Fig. 6c), with positive height anomalies over Greenland and negative height anomalies over the North Atlantic. This pattern is associated with much lower surface temperature anomalies over much of Europe and Asia. However, the height anomalies in the 2 months following the 2009 split-type event do not look like the negative NAO phase, though there are weakly positive height anomalies over the Arctic and two centers of low height anomalies over Europe and Asia (Fig. 6d)." "On voit que les fameux réchauffements stratosphériques ne sont pas aussi automatiques qu'on le croit pour prévoir des vagues de froid" Je ne crois pas avoir vu le terme "vague de froid" employé sur ce topic. Quant au fait que les réchauffements stratosphériques ne soient pas aussi automatiques vis-à-vis de la circulation générale, il faut être complètement aveugle pour ne pas se rendre compte que c'est le sujet de notre discussion, ici, sur ce topic depuis plusieurs semaines, mais aussi depuis le premier post de TreizeVents de ce topic, mais aussi depuis 2011 sur les topics de tendances saisonnières (c'est rabaché et du surrabaché vu le nombre de fois qu'on a mentionné cet aspect non automatique des SSW sur ce forum) ! Il suffit simplement de regarder les pages précédentes et de scroller à l'aide de ta molette et surtout de lire ! En conclusion, je ne doute pas que tu sois un bon présentateur, mais de là à te faire passer pour un pro ou pour un homme d’expérience en matière de prévisions stratosphériques à moyen & long termes, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !
  7. Dans le cas présent, je ne pense pas qu'on puisse parler "d'influence retour". Il est peu probable que l'émergence de la crête d'altitude actuelle ait été causée par le SSW ou par sa phase d'initiation. La troposphère peut également se débrouiller seule. Autrement oui, l'activité ondulatoire venue de la troposphère (si elle se maintient bien après le SSW , ce qui n'est pas systématiquement le cas) peut catalyser la chute verticale vers le bas.
  8. Il est certain que cette nouvelle attaque (modélisée depuis de nombreux jours) va une fois de plus perturber un vortex polaire déjà bien affaibli par les assauts du mois de décembre. Sur les modèles, le complexe dépressionnaire en moyenne stratosphère est complètement anémique, désorganisé, éclaté et il va mettre énormément de temps à renaître de ses cendres. Le renversement du courant circumpolaire d’ouest est franc et relativement durable à 10 hpa (prévu à ce jour pour peut-être durer une quinzaine de jours, ce n’est pas rien). Toutefois, il n’est pas sûr que l’influence retour soit facile à se mettre en place. Pour l’instant, on voit difficilement la couleur de cet affaiblissement profond dans la très basse stratosphère et surtout dans la troposphère. La propagation de cet affaiblissement vers le bas est bien là sur les modèles pour ce début de mois de janvier, mais c’est plutôt lent et la propagation n’est pas tout à fait optimale dans la basse stratosphère et dans la troposphère. Je continue à penser que cette propagation vers le bas va connaître ses beaux jours un peu plus tard, au cours du mois de janvier, bien que je n’en sois pas complètement certain. Ça pourrait bien bouger dans la circulation générale sur les 2 dernières décades de janvier, voire courant février, avec une migration plus aisée des hauts géopotentiels vers les latitudes nordiques.
  9. Bien que cela ne soit pas le seul ingrédient, c'est bien par l'intermédiaire du blocage ouest européen (et de son extension verticale progressive vers les hautes altitudes) que l'éclatement du vortex polaire va survenir.
  10. Au passage, on remerciera grandement le blocage ouest européen actuel entre j+0 et j+5 (par rapport au SSW). Ce dernier va jouer un rôle important ces prochains jours dans la survenue du Splitting Event dans la stratosphère. En comparant les 2 images ci-dessous, on remarque bien l'amplification avec l'altitude de l'onde planétaire initialement présente dans la troposphère et la basse stratosphère (sous le niveau 30 hpa) au-dessus de l'Europe occidentale, entre le 1er et le 5 janvier (modèle GEOS). @Crawlings A travers ces 2 images, je pense que tu comprendras mieux pourquoi il ne faut pas appliquer rigoureusement la même situation en troposphère qu'en moyenne stratosphère Rien n'est identique à la verticale.
  11. En considérant les runs de ces derniers jours, on semble s'acheminer vers une propagation de valeurs plus faibles de vent zonal dans la très basse stratosphère. Après, cela sera-t-il suffisant pour impacter la troposphère dans le sens que l'on souhaite "hivernophilement parlant"? Je ne suis pas en mesure d'apporter de réponses concrètes. Toutefois, les chances d'avoir des répercussions dans la circulation générale (migrations de hauts géopotentiels en direction des hautes latitudes) pourraient augmenter à mesure que cette propagation dans la basse stratosphère progresse. Les 2 dernières décades de janvier seront à surveiller car des surprises pourraient être possibles. Quant à guetter de possibles sursauts d'AO- en troposphère sur cette coupe verticale : https://www.stratobserve.com/anom_ts_diags Ca revient presque à suivre l'évolution de ce graphique : https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/precip/CWlink/daily_ao_index/ao.shtml Et je ne pense pas que ce soit très pertinent à notre niveau car ça ne reflète en rien la dynamique qu'on pourrait avoir au-dessus de la région "euro-atlantique". Il va peut-être être temps de laisser la place aux topics hebdomadaires de prévisions à propos de cet aspect là. Autrement, j'ai mis à jour mon graphique excel avec un code couleur plus simplifié que le précédent. Les dSSW (Downward Stratospheric Sudden Warming ou SSW "propagatif") et les nSSW (Non Downward Stratospheric Sudden Warming ou SSW "non propagatif) apparaissent respectivement en orange et en bleu. En vert figurent les modélisation de la nuit dernière. Toujours par rapport au code couleur, j'ai repris un tableau de Alexey Karpechko au sein duquel les SSW de 1998 à aujourd'hui étaient catégorisés en nSSW ou en dSSW. Pour les SSW de 1979 à 1998, j'ai repris la définition exacte de l'étude "Predictability of downward propagation of major sudden stratospheric warmings" de Karpechko et al. (2017) d'un dSSW et j'ai fait la classification moi-même à partir d'une base de données mise à disposition par Mark Baldwin contenant l'indice NAM à plusieurs niveaux de pression que ce soit dans la troposphère ou dans la stratosphère. En plus des travaux de Karpechko et al., j'ai également considéré l'article scientifique "Absorbing and reflecting sudden stratospheric warming events and their relationship with tropospheric circulation" de Kodera et al. (2015). En tant que critère distinctif, les auteurs de cette étude ont considéré le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 à 100 hpa (basse stratosphère) sur la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa (au-dessus du pôle) pour chaque SSW majeur depuis 1979. Si le nombre de jours accompagnés d'un flux de chaleur négatif est supérieur ou égal à 2, le SSW est considéré comme étant "réfléchissant" (reflecting sudden stratospheric warming event). Dans le cas contraire, il est considéré comme "absorbant" (absorbing sudden stratospheric warming events). Cela dit, il a fallu que je réadapte la méthode exposée dans l'article scientifique. En effet, le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 n'étant pas disponible comme paramètre dans les réanalyses MERRA2, je me suis appuyé sur le flux de chaleur total à 100 hpa (toutes les configurations d'ondes sont prises en compte). Par ailleurs, au lieu de prendre en compte la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa, j'ai considéré les 2 semaines qui ont suivi le premier jour du renversement du zonal stratosphérique (U60_10hpa) dans la moyenne stratosphère (critère relativement admis par la communauté scientifique pour définir un SSW majeur). Sur le graphique ci-dessous, pour une bulle considérée, la valeur correspondante sur l'axe des abscisses équivaut au minimum de flux de chaleur à 100 hpa sur la période de 2 semaines, ultérieure à la date du début du renversement du zonal stratosphérique à 10 hpa. Quant à la valeur reportée sur l'axe des ordonnées, il s'agit de l'anomalie négative la plus forte en termes de vents zonal à 10 hpa associée au SSW majeur. La taille des bulles est représentative de la durée du renversement à 10 hpa. Plus la bulle est grande, plus cette durée a été importante. Sur ce graphique, les SSW majeurs situés à gauche de l'axe des ordonnées peuvent être considérés de façon approximative (puisque la méthode n'est pas strictement similaire à celle de l'article) comme étant des SSW "réfléchissant". A droite de l'axe des ordonnées, pour des plages positives de flux de chaleur, les SSW majeurs sont de type "absorbant". Grossièrement, voici où se trouve le SSW actuel par rapport aux SSW de 1979 à aujourd'hui, selon les modélisations actuelles : Parmi les SSW "réfléchissants" (à gauche de l'axe des ordonnées), on retrouve davantage de SSW "non propagatifs" (7) que de SSW "propagatifs" (3), donc davantage de SSW qui ne marchent pas "hivernophilement parlant". A l'inverse, parmi les SSW "absorbants" (à droite de l'axe des ordonnées), on a plus de SSW "propagatifs" (10) que de SSW "non propagatifs" (3), donc davantage de SSW qui marchent "hivernophilement parlant". Toujours du même côté du graphique, les 3 SSW en bleu (1987, 1998 et 2001) se sont manifestés en décembre, ce qui n'est pas le cas des autres SSW en orange à droite de l'axe des ordonnées. A première vue, le SSW actuel est bien situé sur le graphique. Ainsi, on aurait peut-être davantage de chances de s'en tirer avec un SSW "propagatif". Affaire à suivre tout de même car on peut s'apercevoir que les SSW qui se sont produits en décembre (1987, 1998 et 2001) n'ont pas été très fructueux de ce côté du graphique...
  12. Je ne suis certainement pas le plus pédagogue de ce forum, mais je vais tout de même essayer de répondre à tes questions. Je remets ici une réponse que j'avais apporté sur ce même topic il y a 20 jours environ: Dans le cas présent, on aurait pu effectivement s'attendre à une "propagation efficace de l'affaiblissement du vortex polaire" (matérialisé par des valeurs faibles de vents zonaux) en direction de la troposphère sur la première quinzaine du mois de janvier (sur les modélisations), mais ceci n'est pas le cas pour tous les SSW majeurs, sinon ça aurait été trop simple. Sur les modèles numériques, la propagation de cet affaiblissement est effective jusqu'à la basse stratosphère, mais est relativement faiblarde par extension dans la troposphère. Ainsi, les répercussions dans la circulation générale en troposphère seraient plutôt limitées selon les projections. Ici, je parle uniquement du début du mois de janvier. Malheureusement, la seule analyse des courbes de températures à 10 ou 30 hpa (moyenne stratosphère) ne permet pas de déterminer les suites à donner au SSW dans la circulation générale troposphérique. Les réchauffements stratosphériques majeurs ne garantissent pas la survenue de scénarios froids pour l'Europe de l'ouest. Tu fais bien de poser ces questions car c'est une erreur courante chez tous ceux qui commencent à s'intéresser à la stratosphère. Moi-même, je suis tombé dans le panneau quand j'y connaissais encore que dalle il y a 9 ans ^^. On passe tous un jour par là (à faire des erreurs), mais saches que je t'encourage à poursuivre. Ca ne sera sans doute pas facile, mais en avançant pas à pas, ça viendra j'en suis sûr En première approche, il ne faut pas calquer/reporter strictement à l'identique une situation observée sur une carte de modèle dans la moyenne stratosphère par "vue de l'esprit" sur la circulation générale possiblement attendue dans la troposphère. Cette façon d'extrapoler n'est pas correcte et elle est à éviter autant que possible. Dans le même genre de raisonnement, voici un exemple à ne pas suivre, celui de Régis Crépet : "Le nouveau mot à la mode de l'hiver "SSW" n'est pas bien situé pour valoir une vague de froid en France" "En fonction de la situation géographique de ce SSW, on pourra situer la localisation géographique de la vague de froid" "Cet emplacement n'est pas propice à la propagation d'une vague de froid vers l'Europe de l'ouest, bien qu'il soit prévu se propager un peu vers le nord de la Russie" -----> du grand n'importe quoi Pour un soi-disant "pro", c'est presque intolérable de lire certaines lignes de ses posts empreints de certitudes (conditionnel please !). Autant s'abstenir de commenter dans ce cas là, au lieu de débiter çà et là quelques conneries... Je déconseille de porter un quelconque crédit aux publications de Régis Crépet quand il est question de SSW ou de stratosphère (mais pas que malheureusement!). Beaucoup d'ICéens font mieux que ça, j'en suis sûr. Même @Crawlings fait mieux, en s'interrogeant et en prenant du recul.
  13. La situation est particulièrement borderline sur les modèles en ce moment. GFS a tempéré ses ardeurs avec des "résurgences" de NAM+ moins poussives en troposphère qu'auparavant. GEOS, de son côté, s'est également rapproché de GFS, aujourd'hui. A l'heure actuelle, on se retrouve au final avec un scénario intermédiaire, où on ne sait pas vraiment qui va prendre le dessus sur l'autre à terme (stratosphère vs troposphère). La propagation des anomalies négatives de NAM semble bloquée dans son élan et la troposphère serait -à priori- peu affectée. GFS donne une lueur d'espoir un peu avant la mi-janvier avec une propagation vers le bas qui tendrait à se remettre en route. Mais c'est tellement loin. Les effets du SSW majeur risqueraient d'être limités sur la première décade de janvier. On pourrait peut-être espérer davantage de répercussions, en particulier pour la seconde quinzaine de janvier, si la propagation vers le bas est relancée. De ce côté là, rien n'est acquis pour le moment. Affaire à suivre ...
  14. Le GFS0z d'aujourd'hui persiste (peu de différences par rapport au GFS0z d'hier), GEOS0z est dans un autre monde (un tout petit peu plus optimiste avec une meilleure propagation que GFS)... Il est vraiment difficile de savoir si on va faire face à un SSW réellement « propagatif » ou non. Juste à titre d'informations, la réactualisation journalière sur le site stratobserve s'effectue vers 16h : https://www.stratobserve.com/
  15. C’est par ici https://stratobserve.com/ Ce site est très riche, on peut voir beaucoup de choses avec
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