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Cirus

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Posts posted by Cirus

  1. Je rejoins les messages précédents. A l'échelle nationale, il devient de plus en plus difficile de tirer dans le négatif. A titre d'exemple, nous avons tout de même enchaîné 9 hivers sans avoir une température moyenne strictement inférieure aux normales 1951-1980 sur la période Décembre-Janvier-Février en France. Une telle séquence n'est toutefois pas inédite et s'est déjà observée sur les années 1990 et 2000 (12 hivers consécutifs de 1993 à 2004). Et que dire des hivers 2015-2016 et 2019-2020 où nous avons culminé à des niveaux exceptionnels... Avec le réchauffement climatique, je ne serai pas du tout surpris qu'on connaisse pire situation ces prochaines années en termes d'anomalies thermiques si la circulation atmosphérique se prête de nouveau à ce genre de percées (à l'image de l'hiver précédent par exemple avec un régime d'ouest renforcé/récurrent/indéboulonnable).
     
    Dans l'illustration ci-dessous, j'ai reconstitué les anomalies thermiques nationales de 1950 à 2020 à partir du jeu de données E-OBS disponible au format netcdf sur la plateforme Copernicus : https://surfobs.climate.copernicus.eu/dataaccess/access_eobs.php. Le graphique se passe presque de commentaires, les hivers froids par rapport aux normales 1951-1980 se sont faits de moins en moins nombreux au fil du temps.
     
    hivers.thumb.png.8754603679b4c6a86463c28b2a99a79e.png
     
    Edit : les valeurs peuvent être légèrement différentes de celles de MF
     
    En complément, je poste aussi les cartes d'anomalies thermiques -toujours issues des données E-OBS (d'une résolution spatiale de 0,1°) retraitées sous R- sur les 7 précédents hivers (période DJF). On n'a presque nagé que dans le rouge, c'est le cas de le dire !
     
    panel.thumb.png.6eae275afd200554e41fb075c87f7c8c.png
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  2. Le 27/02/2020 à 12:17, cédric du Lot a dit :

    Aucun réchauffement attendu en stratosphère jusqu'a la mi-mars, question aux experts, est-il possible que le VPS meure de sa petite mort avec un réchauffement "sur place" au printemps sans qu'un SSW majeur ne se produise? @Cirus? (il va s'éteindre forcément hein, c'est sur les modalités que je m'interroge).

     

    Le vortex polaire stratosphérique peut tout à fait connaître une fin brutale et précipitée d'ici fin mars / avril, et il y a même des chances que ce soit le cas... surtout quand le vortex polaire est d'une telle puissance en février/mars (ex : 1997, 2011 pour les cas les plus forts comme cette année). Un lent déclin du VPS (ou une série d'attaques franches) n'est pas non plus à écarter totalement. Pour l'heure, on ne voit aucune porte de sortie à la situation que nous connaissons depuis déjà 2 mois. Si on s'égare -par simple curiosité- au-delà d'une échéance de 14 jours, le scénario d'un éventuel réchauffement stratosphérique final est minoritaire sur CFS (sur les réactualisations de ces derniers jours et même de ces dernières semaines).  CFS en strato, ça vaut ce que ça vaut malheureusement, mais on n'a quasiment que ça à grignoter en ce moment.

     

    En l'état actuel des choses, les modélisations GFS et GEFS sont toujours autant ... "violentes" ... on dépasse/flirte avec les records d'U60 à 10 hpa :

     

    graph1.thumb.png.18e6bf21ca983cc5e64abf05549ba921.png

     

     

    Très beau couplage strato-troposphère, il n'y a franchement rien à dire de plus :

     

    graph2.png.234b72491bf94f5a6e1f43660c80af4f.png

     

     

     

     

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  3. Plus sérieusement, bien que la dynamique de départ associée au SSW était peu reluisante, les modélisations ont tout de même énormément basculées en l'espace de quelques jours, en cours de semaine. Et encore, le terme "basculement" est un doux euphémisme. Rare de voir un tel chavirement (environ +25/30 m/s d'U60 à 10 hpa sur GFS et GEFS entre samedi dernier et ce samedi pour l'échéance du 9/10 février). Le retour de bâton pourrait être sévère après le 6/7 février. Après un court intermède, on repartirait sur une nouvelle intensification du vortex polaire stratosphérique ! Il nous reste 1 mois avant la fin de l'hiver météorologique, mais une nouvelle phase de NAM+ pourrait nous occuper pour un bon petit bout de temps.

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  4. Le 24/01/2020 à 06:56, onweer 2 a dit :

    mais qu'en est il actuellement au niveau strato ?  j'ai pu sous entendre que ça bouge enfin là haut, ce qui est normal je crois en fin d'hiver ?

     

    Depuis hier et surtout ce matin, les modèles plongent et on commence à voir fleurir les premiers scénarios à SSW majeur autour du 8-10 février sur l'ensembliste GEFS (sur 11 états initiaux pour être précis). Nous sommes bien évidemment sur des échéances démesurées, mais il est à noter que le panache d'ensemble sur GEFS0z n'est pas  dispersé de façon très significative (à part 2/3 membres GEFS) jusqu'à J+15. GFS0z suit par ailleurs à peu près la même tendance, sans pour l'heure proposer un renversement des westerlies à 10 hpa (on n'y est toutefois pas très loin sur le déterministe).

     

    diag.png.ac7aa1ea98124192dda3304d9cc64b78.png

     

     

    Cela dit, la dynamique associée à cet éventuel SSW n'est pas véritablement transcendante et laisse un peu à désirer pour le moment, notamment sur GFS. A 10 hpa, l'accentuation d'une crête d'altitude sur le Canada favoriserait le déplacement  du tourbillon cyclonique sur le continent eurasiatique, accompagné d'une légère bipolarisation du VPS. On ne peut toutefois pas vraiment parler de scission et le complexe de bas géopotentiels ne semble pas s'affaiblir de façon importante.

     

    map.png.5bcc38a385703629e3792ed606ddaf5f.png

     

    Concernant GEFS0z, le panel de l'ensembliste n'a pas encore été mis à jour sur Stratobserve, mais je serai tout de même très curieux de le consulter. Sur le panel d'hier, l'option d'un déplacement du vortex polaire vers l'Eurasie l'emportait très (très) majoritairement. Les scénarios à SSW majeur étaient toutefois plus minoritaires hier (4 états initiaux sur GEFS0z).

     

    Bien évidemment, cette évolution est très récente sur les modèles numériques et elle sera à confirmer (ou non) dans les prochains jours.  On reste sur des échéances supérieures à 12 jours et on peut avoir beaucoup de versatilité.

     

    GFS était par exemple bien différent hier (voir carte ci-dessous) et il sera certainement bien différent dans les prochains runs (échéance oblige).

     

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  5. Le 10/12/2019 à 21:56, Cirus a dit :

    On pourra craindre l'éventualité d'une propagation vers le bas d'anomalies positives de NAM (indice équivalent à l'AO) et donc de l'intensification du complexe dépressionnaire aux hautes latitudes au-delà du 20 décembre. GEOS et GFS présentent ce risque depuis quelques jours, comme ci-dessous sur les runs de minuit. Ces perspectives demeurent toutefois assez éloignées dans le temps.

     

    Et ce n'est malheureusement pas près de s'arrêter ... Le VPS est en roue libre et envoie clairement du steak. On baigne dans une séquence de NAM+ durable en stratosphère (et avec propagation en troposphère), ce qui n'est pas sans rappeler certains "hivers sombres" comme 2013/2014 ou 2015/2016.  A voir si ça se décante un peu en février, mais on est loin de l'agitation des 2 précédents hivers à très grande échelle. Rien de bien passionnant une nouvelle fois, comme en décembre, et je me demande bien pourquoi je viens poster ici...

     

    nam.png.2e76bf92c4d18fa081058acc7f898094.png

     

    Enfin bref, rien de mieux qu'une petite binouze ou une bonne raclette pour oublier :D:D:D

     

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  6. Il y a 2 heures, Virgile a dit :

    Moi je veux bien qu'on félicite les modèles saisonniers d'avoir prévu un hiver doux et humide mais c'est pas un peu facile quand même vu l'évolution de notre climat? j'applaudirai des 2 mains et des 2 pieds quand un modèle saisonnier verra du froid et que cela se passera comme tel. Mais là on sait que pour nos prochains hivers (et aussi pour nos été), ca risque d'être la même chose avec des normales saisonnières qui ne veulent plus rien dire tellement tout s'emballe rapidement.

    Ce dérèglement climatique est une mauvaise chose pour les prévisions saisonnières car les modèles ne vont plus servir à rien (s'ils ont déjà servi à grand chose) dans le futur car on connaitra l'issue fatalement.

     

    Pour le coup, le paramètre Z500 est plus intéressant et beaucoup plus pertinent à exploiter que les cartes d'anomalies thermiques (réchauffement climatique oblige) et de précipitations. Ceci donne en tout cas une meilleure idée de la tendance de fond qui se dégage en termes de schémas atmosphériques susceptibles de se produire sur les modélisations saisonnières.  L'analyse des cartes d'anomalies de géopotentiel permet de prendre de la hauteur, même si les projections peuvent être particulièrement lissées (il faut garder à l'esprit que d'importantes disparités peuvent avoir lieu). Il convient tout de même d'avoir tout le recul nécessaire pour pouvoir interpréter ce genre de projections numériques.

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  7. Il y a 9 heures, ggdu19 a dit :

    Après une petite pause, nouveau SSW en vu à partir du 1 Janvier. Le Vortex étant vu très costaud et compact, le SSW et lui vu rapide niveau intensification.....

     

    Malheureusement, il ne s'agit que d'un run GFS (deux runs si on inclut le GFS18z d'hier) et ce genre de modélisations peut très vite disparaître/basculer surtout quand on se penche sur des échéances démesurées (+ 15 jours)... mais éventualité à surveiller tout de même. L'impulsion subtropicale est également modélisée sur les autres runs, mais celle-ci est plus tempérée/modérée.  Même si on prenait le run GFS0z pour acquis, il faudrait une attaque plus sérieuse pour espérer une désorganisation réelle du vortex polaire (ce qui n'est pas le cas sur GFS0z à 15 jours d'échéance, même si le VP se désaxe tendanciellement du pôle). Aux échéances lointaines, l'ensemble GEFS décroche (en termes de puissance du VP) davantage par rapport aux autres projections (modélisations sérieuses ? je suis très méfiant quand on sait ce que GEFS est capable de faire...).

     

    Sur ces 10 prochains jours, le contexte à large échelle demeure globalement défavorable avec une propagation vers le bas (relativement faible tout de même) de l'intensification du complexe de bas géopotentiels sur GFS, GEOS et CEP.  Bien évidemment, cela ne peut pas empêcher l'irruption d'évolutions favorables hivernophilement parlant à plus fine échelle, au-dessus de notre zone gégographique (surprises à l'échelle synoptique, passage du marchand de sables comme dans Bonne Nuit Les Petits...). Mais la configuration de grande échelle restreint tout de même ce risque. Il est à noter que les effets du SSW mineur de début décembre sont faibles et assez fugaces en troposphère.

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  8. Le 14/11/2019 à 21:26, Cirus a dit :

    Bien que le scénario mis en avant par ton analyse soit une possibilité parmi les possibilités, je rappelle tout de même que CFS et GEFS récidivent souvent dans la sous-estimation, notamment à cette période de l'année.  Je n'ai toutefois pas de statistiques sous la main, mais après plusieurs années de lecture de ces courbes, le constat est bien là.

     

    On notera de nouveau les performances assez déplorables de GEFS sur la fin du mois de novembre et le début du mois de décembre. Un ralentissement prononcé du courant circumpolaire d'ouest s'est malgré tout observé en moyenne stratosphère, mais celui-ci n'a malheureusement pas tenu sur la durée. L'insistance de l'ensembliste à modéliser un effondrement du zonal stratosphérique aux échéances lointaines aura finalement  été assez trompeuse.

     

    Nous sommes à présent confrontés à une phase d'intensification du vortex polaire et le diagramme GFS+GEFS+CMC-GEPS est sans équivoque avec des courbes plus resserrées que les semaines précédentes. Cette situation pourrait même grossièrement se stabiliser sur la fin du mois de décembre (à confirmer dans les prochaines réactualisations).

     

    graphe.thumb.png.295bb5a980ae3c4fbfb4197ddffaf8f6.png

     

    NB : les courbes blanches représentent à la fois les états initiaux de GEFS et de CMC-GEPS (40 courbes au total)

     

    On pourra craindre l'éventualité d'une propagation vers le bas d'anomalies positives de NAM (indice équivalent à l'AO) et donc de l'intensification du complexe dépressionnaire aux hautes latitudes au-delà du 20 décembre. GEOS et GFS présentent ce risque depuis quelques jours, comme ci-dessous sur les runs de minuit. Ces perspectives demeurent toutefois assez éloignées dans le temps.

     

    gfs.thumb.png.2a8e90216612fc993ddfdd8dd020700b.png

     

    https://www.stratobserve.com/anom_ts_diags

     

    Dans l'ensemble, la situation n'est franchement pas passionnante...

     

     

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  9. Il y a 9 heures, romainT31 a dit :

    Je ne comprends strictement rien à la totalité de ce message. 

     

    Je suis disposé à répondre à d’éventuelles questions par MP ou sur un topic parallèle. Vu le caractère totalement HS de l’échange, je n’ai pas cherché à développer ou à vulgariser davantage. La finalité du message était surtout de remercier _sb et de répondre à son message.

     

    Si tu n’as jamais entendu parler de R (langage de programmation), de RStudio (son IDE, ou environnement de développement intégré) ou de la notion de packages (et autres), NORMAL que tu ne comprennes « strictement rien à la totalité du message », et ce n’est pas l’objet de ce topic.

     

    Malheureusement, vu le caractère très succinct de ton intervention, je ne peux pas t’aider davantage.

     

    FIN DU HS

     

     

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  10. Il y a 22 heures, _sb a dit :

     

    [HS]

    Utiliser l'entrée OpenDAP des NOMADS pour n'extraire que les variables voulues pour le domaine souhaité ?

    Je connais mal R mais je sais que cela peut s'interfacer, ayant déjà vu des présentations utilisant R sur des données extraites par OpenDAP, c'est donc faisable.

    Il ne m'a fallu que quelques instants pour générer cette map (avec OpenDAP mais pas avec R) avec les variables u et v pour le niveau 10 hPa. Il ne télécharge que ce qui est nécessaire, ce sont les serveurs de la NOAA qui font l'extraction en fonction de ta requête et qui n'envoie que le set de données correspondant (ici, u, v à 10 hPa pour l'HN). Le temps d'attente est le temps de traitement du serveur, qui dépend de sa charge mais c'est rarement très long, comparativement au téléchargement du GRIB entier.

    [/HS]

     

    Merci beaucoup de l'info. Je n'avais pas réalisé qu'il y avait moyen d'extraire les variables désirées depuis le portail NOMADS.

    Sur R, le package rNOMADS fait le job et dispose de fonctions utiles pour télécharger (avec ou sans extraction des variables) et manipuler simplement les fichiers grib . Il faut toutefois avoir l'exécutable wgrib2 (pour les fichiers grib2) ou wgrib (pour les fichiers grib) au préalable, sinon rien ne marchera. Mais il est également possible de se passer de cette librairie rNOMADS. Je viens de tester (avec et sans rNOMADS) sur RStudio et c'est franchement très rapide comme tu le dis. C'est quasiment instantané.

     

    Au lieu de ça, je téléchargeais en mode gros bourrin les fichiers grib en entier depuis un lien ftp et je faisais le travail d'extraction au sein de mon script R. Dans le cas de GEFS, la durée d'exécution était encore acceptable. Cependant, pour GFS, il fallait vraiment être très patient. Au vu du temps d'attente, j'étais même sur le point de paralléliser mes traitements,  mais finalement je n'ai pas osé essayer de peur que mon vieux PC décède complètement :D.

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  11. il y a 12 minutes, mike a dit :

    Juste une précision meme si je l'avais deja dis auparavant, GFS détermiste est le fameux nouveau GFS sorti en juin 2019 tandis que GEFS fait encore parti de l'ancien GFS ce qui peut expliquer ces différences

     

    Ce qui est également précisé dans le tweet sur lequel je me suis appuyé comme source dans le post précédent :

     

     

    On verra bien ce que donnera le nouveau GFS ces prochains mois. Je ne connais pas ses performances au niveau de la stratosphère.

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  12. Il y a 23 heures, gugo a dit :

    Et bien on semble très bien parti pour, en effet l'ensemble GEFS tend vers une chute brutale sous les 10m/s pour la fin de mois (figure de gauche). Il y  a  encore quelques scénarios (minoritaire) au dessus de la barre ce qui rend encore la situation incertaine mais au vu des scénarios CFS on peut probablement penser que le passage sous les 10m/s soient probable.  A confirmer ces prochains runs. 

     

    Alors décembre 2019 hivernal (et qui sait janvier compte tenu des résultats du dessus)? Et bien j'avoue je n'y aurai pas cru il y a encore une semaine lors de la publication de ma tendance saisonnière mais ça semble possible. Il est fort probable que les blocages chutent un peu plus rapidement que prévu durant ce mois de novembre (à noter la semaine prochaine on est bien en situation de blocage/NAO- mais le souci c'est que l'on est au mauvaise endroit dans la dynamique.... Il aurait fallu être plein milieu de l'atlantique xD ) et que l'on passe par une phase NAO+ temporaire est lieu du 25 environ jusqu'au 5 (10?) décembre environ qui est assez fréquente sur les phases de pré-conséquences du ralentissement stratosphérique. Par la suite par contre ça risque de s'emballer (à suivre si le couplage strato-tropo a bien lieu): 

     

     Petit à petit les réponses vont arriver d'ici quelques jours. On va vite savoir si le ralentissement est sérieux (même si c'est bien parti pour) d'ici quelques runs, ensuite il faudra suivre le couplage strato-tropo et ensuite suivre comment tout ce passe en troposphère. Mais pour moi à moins d'un gros coup de malchance, si le ralentissement s'affirme alors décembre risque de réserver des coups hivernaux sérieux. Car comme on le voit ci-dessus par les anomalies, les mois de décembre qui ont succédé à ces ralentissements en général étaient pas de petit coups hivernaux.... je vous laisse aller voir les archives NCEP plus en détail.... ;)

     

     

    Bien que le scénario mis en avant par ton analyse soit une possibilité parmi les possibilités, je rappelle tout de même que CFS et GEFS récidivent souvent dans la sous-estimation, notamment à cette période de l'année.  Je n'ai toutefois pas de statistiques sous la main, mais après plusieurs années de lecture de ces courbes, le constat est bien là. Qui plus est, on est encore très loin d'un accord entre les modèles numériques et les projections de GEFS ne suffisent pas, ici, pour appréhender l'ensemble des évolutions possibles pour la fin du mois de novembre. Certes, GEFS plonge assez remarquablement sur un horizon de 15 jours,  mais les runs déterministes GFS et CEP suivent très difficilement un tel scénario et peinent vraiment à descendre sous la barre des 25 m/s voire des 30 m/s de vent zonal (mention spéciale à GFS). Tout un monde sépare le déterministe GFS et l'ensembliste GEFS. Ni l'un ni l'autre ne cille depuis de nombreux jours. GFS et GEFS sont vraiment assez stables dans leurs modélisations. Pour illustrer mon propos et les écarts entre GFS et GEFS, je poste ici 2 graphiques (GFS0z et la moyenne GEFS0z d'aujourd'hui) que j'ai vus circuler sur Twitter :

     

     

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    Source

     

    Il s'agit de profils verticaux d'anomalies de géopotentiel entre 60°N et le pôle. Pour vulgariser rapidement et très grossièrement, les plages de couleur bleue correspondent à un vortex polaire plus puissant que la normale et les plages rouges correspondent à un vortex polaire plus affaibli que la normale. Vous l'aurez remarqué, ces 2 graphiques sont totalement opposés, l'un de l'autre. GFS ne voit aucun SSW -même mineur- et propose même une intensification du tourbillon cyclonique à partir du 25 novembre. A l'inverse,  sur la moyenne d'ensemble GEFS, l'activité ondulatoire dans la troposphère maintiendrait la "pression" sur la stratosphère et des anomalies négatives de géopotentiels commenceraient à apparaître à partir du 25 novembre (SSW aux échéances lointaines). Dans les deux cas, on mettrait un terme au découplage tropo-stratosphère aux échéances lointaines, bien que cela ne soit pas du tout une certitude.

     

    Je mets également ici un graphique que j'ai réalisé sous R pour montrer la stabilité (sur ces 4 derniers jours) qui règne tout de même au niveau la moyenne d'ensemble GEFS (courbes bleues) et du run de contrôle (courbes rouges).  Il s'agit uniquement des runs de minuit. J'aurais souhaité rajouter le run déterministe GFS, mais malheureusement le téléchargement des fichiers GRIB depuis R (même au pas de temps journalier) est un peu trop long (fichiers un peu plus volumineux que ceux de GEFS car plus de variables) et impatient que je suis, je n'ai pas voulu attendre :D.

     

    test.thumb.png.2e16215955490ac596b51f2f51b225e0.png

     

    Les courbes GEFS proviennent des données brutes extraites des fichiers GRIB. Les réanalyses quant à elles sont issues directement du site ozonewatch.

     

    Pour finir sur une note tout de même positive, le run déterministe GEOS et les ensembles CMC-GEPS et FNMOC-EFS se sont rapprochés de GEFS sur ces 2 derniers jours : https://www.stratobserve.com/ens_ts_diags

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  13. Il y a 12 heures, ninofishing a dit :

    Salut, je suis (heureusement 😁) encore en prépa oui !

     

    Alors pour tout vous dire : la première année s'est plutôt bien passé. J'ai été agréablement surpris par la bonne ambiance qui régnait à Châteaubriand, que ce soit au niveau des élèves ou des profs. Cela dit j'ai été gâté. Dans ma classe on avait des profs vraiment supers, notamment un prof de physique absolument passionné et passionnant ! J'étais classé 12eme sur 43 au premier semestre avec 11,9 de moyenne. J'ai un petit peu flanché en fin d'année (j'étais malade à mon dernier ds de maths et j'ai eu 6,7 alors que j'avais eu 10.5 et 11 aux précédents..) et j'ai terminé 17eme mais avec 11,9 également 🤗 Ce classement m'a permis d'être pris en classe étoile filière PC(physique chimie). 

       Je suis donc en PC* aujourd'hui et c'est plus tendu dès le début d'année ! Les profs sont beaucoup moins tolérant et il faut être extrêmement clair et concis pour avoir des points, notamment à l'écrit ! J'ai eu 6/20 en maths, 6,7/20 en chimie mais bon la chimie c'est vraiment pas mon truc (j'ai choisi d'aller en pc parce que la physique y est bien plus adaptée pour poursuivre en météo qu'en psi ou c'est beaucoup d'elec et de meca). J'ai quand même eu 12 en physique (classé 12eme sur 33). On a 4 5/2 dans notre classe dont 2 qui majorent tout (21 et 20,2/20 au DS de maths !). 

    Mais bon je m'accroche, je vise seulement météo France sur concours. Sinon j'envisage la licence physique appliquée à la météorologie et astronomie de Tarbes sur dossier puis master sciences de l'océan et dynamique du climat à Toulouse. 

     

    Voili voilou. Si certains ont des questions sur la préparation, je suis tout ouïe. 

     

    Je suis également passé par Chateaubriand il y a 6/7 ans (MPSI puis PSI) et l'ambiance y était effectivement sympa !

    J'avais tenté le concours commun mines ponts (en visant l'ENM) mais je m'étais carrément loupé dans pratiquement toutes les épreuves. Il y avait juste le français-philo où je m'en étais bien sorti (14 de mémoire). Au passage... je serais curieux de savoir si Georges -le poisson rouge mythique des HX1- existe toujours ^^

     

    Bon courage pour la suite 😉 Vu ton niveau, l'ENM ne semble pas être hors de portée, loin de là 😉

  14. il y a une heure, TreizeVents a dit :

     

    Étonnant car j'ai bien plus souvent lu l'inverse, Comme ici ou Comme ici.

    Après celà dépend peut-être des régions (a) et les modèles dynamiques / physiques utilisés reproduisent peut-être mal ce qui a été observé (b).

     

    Peut-être que Cotissois fait référence à l'un de ces tweets que j'ai vu circuler ces derniers jours. Je ne sais pas...

    https://twitter.com/WorldClimateSvc/status/1185233647756075009?s=20

     

    Je ne suis pas très à jour sur les études qui sont sorties récemment à ce sujet. Mais sur les papiers parus il y a au moins 4/5 ans, c'est effectivement l'inverse qui était souvent mis en avant.

     

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  15. Le 10/10/2019 à 19:32, pablo25 a dit :

    Cirus,  as tu une idée strato ?

     

    Il est encore un peu trop tôt pour en parler.

     

    Du côté des projections numériques, les modèles saisonniers européen (SEAS5 pour le CEPMMT) et anglais (GloSea5 pour le Met Office) ont été très récemment réactualisés.

     

    Comparée à la mise à jour du mois précédent, la signature NAO+ persiste et tend même à se renforcer (et c'est bien visible sur le modèle anglais pour le champ de géopotentiel à 500 hpa) pour le trimestre décembre/janvier/février.  Rien de neuf sous le soleil, mais ces modélisations sont toujours à prendre avec beaucoup de recul (fortes disparités possibles et les modèles saisonniers sont loin d'être infaillibles).

     

    Je poste ici les dernières réactualisations du modèle saisonnier européen (CEP) de cette année, au regard du champ d'anomalies de pression ramenée au niveau de la mer. En complément, pour les hivers 2017/2018, et 2018/2019, je vous propose également une petite comparaison visuelle entre la réalité (à droite) et  les réactualisations de septembre, octobre, novembre de SEAS5 (à gauche). Pour l'hiver 2017/2018, la réactualisation de novembre était plutôt assez proche de la réalité. Pour le reste, les performances ne sont pas vraiment au rendez-vous, même si SEAS5 avait grossièrement vu la présence d'anomalies hautes de géopotentiels aux hautes latitudes en septembre et octobre 2018.

     

    panel_seas5.thumb.png.d04ac3ab145d060277a60b94ed949005.png

     

     

    Le 10/10/2019 à 19:44, Julien764 a dit :

    Régis ne fait qu'interpréter le modèle de météo consult, à coté de cela les autres modèles entrevoient tous un hiver sous la douceur avec du zonal. 

     

    Qu'est ce donc que ce "modèle de météo consult"?

    Un modèle numérique "maison" ?

    Un modèle purement statistique ?

    Un système d'adaptation statistique ?

    CFS, ou un autre modèle saisonnier (...) renommé "le modèle de météo consult" en interne à LCM/MC (car ça fait plus classe)?

    Un modèle fictif  avec des résultats fictifs qui arrangent?

    Régis ?

     

    Je n'ai pas trouvé de doc là-dessus, ou j'ai peut-être mal cherché (?)

    Merci d'éclairer ma lanterne.

     

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  16. Autant dire que pour le moment, cela s'engage "mal" sur les modèles saisonniers pour le trimestre DJF 2019/2020...

    La configuration atmosphérique serait tendanciellement typée NAO+/AO+ et cette signature est relativement bien présente sur les modèles de MF, du CEP, du Met Office, du DWD ou encore du CMCC.

     

    Réactualisation du mois de septembre parue aujourd'hui :

     

    DJF.thumb.png.aa6638994541be6b4ad2bda6b9838d61.png

     

    Source : Copernicus  https://climate.copernicus.eu/charts/c3s_seasonal/

     

    Bien entendu, cela peut encore largement changer et ces cartes peuvent cacher des disparités importantes  en termes de régime de temps, mais ce n'est pas très encourageant hivernophilement parlant à l'heure actuelle.

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  17. Le 17/02/2019 à 13:40, thib91 a dit :

    Ce n'est que mon avis mais des prévisions saisonnières indiquant de vagues tendances autour de la moyenne, me semblent avoir peut d'intérêt. L'intérêt des prévisions saisonnières serait au contraire de pouvoir anticiper à l'avance de fortes anomalies sur des périodes de 3 semaine, 1 mois voir plus, anticiper ce genre de phénomène serait un vrai progrès pour la société.

    Pour l'instant c'est un échec, depuis 10 ans aucune prévision saisonnière n'a réussi à anticiper ou prévoir les périodes exceptionnellement chaudes/douces qui se sont produites ou encore des épisodes humides ou hivernaux d'ampleur. La période actuel et à venir en est un exemple, les étés derniers très chauds, décembre 2015 exceptionnellement doux...la fin de printemps très humide de 2016,etc. 

     

    Ton avis est légitime. Aux échelles sub-saisonnières, il est possible d'avoir une meilleure visibilité sur le risque de survenue de phénomènes remarquables à certaines occasions. Toutefois, de façon générale, l’exercice est particulièrement périlleux et il s'avère souvent très difficile, voire "impossible" de dresser une tendance claire et objective, quant à ce genre d'événements. Des avancées/percées importantes sont nécessaires afin d'améliorer la qualité des tendances dans le sens où tu l'entends.

     

    D'ailleurs, à ce titre, une offre de stage avait été proposée au CNRM pour le semestre actuel, ayant pour sujet  la "prévisibilité d'événements extrêmes au échelles sub-saisonnières":

    https://www.cnrm.meteo.fr/IMG/pdf/m2soac-1819-proposition-stage-cnrm-batte-ardilouze-girardot.pdf

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  18. Le 10/02/2019 à 16:56, cédric du Lot a dit :

    J'ai presque envie de dire que les modèles saisonniers avaient plutôt vu juste sur ces géopotentiels anormalement bas sur l'ouest européen, le problème vient de l'interprétation que l'on a put en faire corrélé aux "indices" a priori favorables, dans notre monde réchauffé il va falloir sérieusement revoir la méthodologie de la prévision hivernale, ou ne plus en faire, mais bon ça...

     

    J'ai presque envie de dire le contraire... A moins que tu aies fait uniquement allusion à la seconde quinzaine du mois de janvier où là je suis totalement d'accord avec toi. Au regard de la configuration moyenne depuis le 1er décembre 2018, ce sont des anomalies hautes de géopotentiels qui ont concerné l'Europe de l'ouest. Certes, l'hiver météorologique n'est pas encore tout à fait terminé, mais au vu de l'invasion de hauts géopotentiels projetée par les modèles pour la fin février sur l'Europe occidentale, il est très difficile d'imaginer une atténuation de ces anomalies moyennées sur la période hivernale. Quant aux modèles saisonniers, le constat est à nuancer sérieusement. Vis-à-vis de la période décembre-janvier-décembre, ces derniers ont bien anticipé (pour la plupart, à l'exception de CFS et de CEP à certains moments) la présence d'anomalies positives de géopotentiels au-dessus des latitudes nordiques, bien qu'aucun blocage groenlandais ne soit survenu cet hiver. Ces anomalies sont plutôt à mettre sur le compte d'une relative faiblesse assez récurrente des conditions dépressionnaires dans cette région. Pour le reste et dans les détails, l'échec est plutôt au RDV même si ce constat est à relativiser selon le modèle considéré. Sur de nombreuses réactualisations et notamment celles que j'avais posté en novembre/décembre, le mois de février devait être le mois le plus "explosif" (mois avec les anomalies anticycloniques les plus intenses autour du Groenland et avec les anomalies dépressionnaires les plus intenses sur l'Europe de l'ouest) . Aujourd'hui, on peut s'apercevoir qu'on est très loin d'une telle configuration atmosphérique et c'est franchement frustrant.

     

    DJF.png.e09a033a77cec46f1710d252daea0406.png

     

    Quant aux impacts du SSW, la situation au-dessus de l'Europe s'est tout de même décantée au cours de la seconde quinzaine du mois de Janvier. On aurait été effectivement en droit d'en attendre bien plus (blocage groenlandais, scandinave...) mais on se sera malheureusement contenté d'un régime de dorsales atlantiques. Une partie de la France a pu profiter de quelques épisodes neigeux en plaine et je suis content pour eux, mais une autre partie n'en a pas profité (et j'en fais partie :D).

     

    La faiblesse des effets du SSW (en termes de régimes de temps), coté secteur "euro-atlantique", n'est pas non plus à mettre forcément sur le compte du réchauffement climatique, hein! (bien que ce dernier s'insinue partout). Au passage, pour ceux qui en douteraient, je suis "climato-alarmiste", je préfère le préciser si certains se poseraient des questions sur ma précédente phrase. Sans enlever le caractère très dramatique du RC, il ne faut pas TOUT mettre sur le compte de celui-ci... En tout cas, il n'y a rien d'inédit dans le fait que ce SSW a été peu impactant pour nous. Le dernier SSW majeur qui a un peu "capoté" remonte à fin janvier2009 et il y en a eu bien d'autres par le passé (cf le dernier post que j'avais publié sur ce même topic). De mémoire, en fin janvier et février 2009, les anglais s'étaient quand même gavés de neige à un moment (mais pas très longtemps), mais je ne sais plus exactement, il faudrait vérifier... toutefois, en France, c'était bien pourri par contre :D.

     

     

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  19. Il y a 3 heures, bernardt60 a dit :

    C'est un constat un peu  dur je trouve pour les modèles, il y aura toujours une part d'incertitudes à long terme même en améliorant les puissances de calcul (...)

     

    Sage commentaire mais je pense qu'il est tout de même possible de s'aventurer (prudemment et dans une certaine mesure) dans le constat de @piloutop.

    Petit exemple avec GFS ... Je me permets de partager un tweet publié par Andrea Lopez Lang en début de mois (voir ici). Il s'agit d'une animation réalisée à partir de coupes verticales d'anomalies de géopotentiels (moyennées au-delà de 60°N à plusieurs niveaux de pression) pour plusieurs runs GFS allant du 20 novembre 2018 au 3 février 2019. Les plages jaune - orange - rouge correspondent à des anomalies positives de géopotentiels tandis que les plages bleues correspondent à des anomalies négatives de géopotentiels.

     

    Sur janvier et début février, GFS a très souvent surestimé les impacts du SSW du 1er janvier en troposphère au regard du paramètre que je viens d'évoquer (orange devenant moins orange, voire bleu en-dessous du niveau 250 hpa dans l'animation).

     

    Bien entendu,  le paramètre utilisé ici n'est pas la "traduction d'une situation régionale" (exemple : évolution projetée par les modèles au-dessus secteur euro-atlantique uniquement) en indice. Ce paramètre est un paramètre "global" (à l'échelle de l'hémisphère nord).

     

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  20. Le 25/01/2019 à 14:17, sastrugis a dit :

     

    Petite question subsidiaire pour éclairer ma lanterne :

    si un SSW (même majeur) ne garantit pas nécessairement une VDF ou a minima un épisode froid significatif (comme dit ci-dessus), est-ce que les VDF et épisodes froids significatifs sont tous intervenus dans le prolongement d'un SSW ?

    Ou dit autrement, est-ce que le SSW est une condition nécessaire, même si elle n'est apparemment pas suffisante à elle seule ?

    Merci !

     

    Je me permets de remonter ce post car la question me paraît tout de même assez importante. Ce sujet peut revenir régulièrement certaines années et on sait comment certains "médias météo" usent de l'approche stratosphérique pour anticiper la survenue d'une potentielle vague de froid en France, à l'échelle sub-saisonnière (au-delà de 2 semaines d'échéance). Entre un SSW et une vague de froid en France, il y a quand même un sacré problème d'échelle. Le premier a une envergure énorme et est en capacité d'anémier le vortex polaire dans sa globalité. Le second est un événement "périphérique" (événement associé au décrochage d'un "morceau" du complexe dépressionnaire uniquement), surplombant une zone géographique relativement restreinte. Autrement dit, pour changer d'échelles, cela reviendrait presque à dire qu'il va forcément neiger en Ille-de-France  parce qu'il y a un bon décrochage froid d'altitude au-dessus de la France... Vous aurez compris le sens de mon commentaire.

     

    Pour essayer de répondre le plus précisément possible à cette question et afin d'enterrer un peu cette légende urbaine, j'ai dressé un tableau mettant en rapport les SSW et les épisodes de froid non négligeables en France. J'ai uniquement considéré ici les SSW qui sont se sont manifestés sur la période NDJF et les épisodes de froid important sur la période DJFM (entre l'hiver 1979/1980 et aujourd'hui). Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce qu'il est fortement improbable qu'un épisode de froid remarquable au mois de novembre soit précédé d'un SSW (variabilité stratosphérique faible en octobre et début novembre). Quant aux événements stratosphériques majeurs sur le mois de mars, la plupart d'entre eux est considérée au titre de réchauffement stratosphérique final ("transition entre l'hiver et l'été stratosphérique" pour vulgariser) et ne figure pas dans la liste des SSW majeurs consultable ici . Dans cette liste (voir lien) et sur la période 1979/aujourd'hui, les SSW qui sont apparu en mars sont tardifs. Le temps qu'ils impactent la troposphère, on n'est plus en hiver et cela est beaucoup moins intéressant d'un point de vue hivernophile. En plus des SSW majeurs, les SSW mineurs (vent zonal à 60°N et à 10 hpa compris entre 0 et 10 m/s) ont notamment été pris en compte sur la période NDJF. Les dates des SSW majeurs correspondent respectivement aux premiers jours de renversement du vent zonal de chaque événement. Quant aux SSW mineurs considérés, il s'agit de la date pour laquelle on observe le minimum de vent zonal.

     

    Dans le tableau, les épisodes de froid important considérés ont été extraits de la base de données HistorIC d'infoclimat. Ces séquences temporelles correspondent respectivement aux épisodes caractérisés par les étiquettes "froid" ou "froid inhabituel" d'une part, et "remarquable", exceptionnel" ou "mémorable" d'autre part. J'espère que je n'ai rien oublié ou fait aucune erreur. Si c'est le cas, n'hésitez pas à m'en faire part.

     

    En bleu, figurent les SSW qui ont précédé les épisodes de froid considérées (9/35).

    En rouge, apparaissent les SSW qui ont été suivi d'un épisode de froid important en France (6/35).

    En orange, c'est le cas ou les 2 types d'événements apparaissent presque simultanément (1/35).

     

    Au regard du type de SSW, les dSSW sont les SSW pour lesquels on observe une bonne descente des valeurs NAM-  vers la basse stratosphère et la troposphère (propagation en cross de hockey). A l'égard des nSSW, 2 types de situation peuvent être rencontrés : soit aucune propagation vers le bas ne s'effectue (exemple : 12- fev-1990), soit la propagation est peu esthétique, peu efficace, trop directe ou relativement contrariée (exemples : 4-dec-1981 ; 23-jan-2012). Par ailleurs, cette classification est tirée d'une étude de Karpechko et al. (2017). Au regard de cet article, un SSW est considéré comme "propagatif" (dSSW) si :

    • l'anomalie moyenne d'AO entre J+8 et J+52 après le SSW est négative au niveau 1000 hpa

    • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 1000 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 50%

    • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 150 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 70%

    Dans le cas contraire, le SSW est reporté comme "non propagatif" (nSSW).

     

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    A première vue, au regard du tableau il n'y a pas véritablement de lien concret entre SSW et épisodes de froid important en France. Tout ceci pour dire qu'il est imprudent de parler de vagues de froid ou de coups de froid intenses (ou de tout autre événement remarquable) dans les tendances sub-saisonnières, lorsqu'un SSW survient.

     

    Et pour en revenir à la question initiale de @sastrugis car j'ai un peu divagué, les VDF et épisodes de froid significatif ne sont pas tous intervenus dans le prolongement d'un SSW, loin de là et le SSW n'est pas une condition nécessaire.

     

    Nota Bene : pour les événements stratosphériques notamment en novembre, on ne peut pas vraiment parler de SSW à proprement parlé. La variabilité est plutôt faible à cette période et les réchauffements ne sont pas brutaux et significatifs. On parlera plus d'affaiblissement du vortex polaire (SVW ou Stratospheric Vortex Weakening dans la littérature scientifique).

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  21. Histoire de refermer un peu la parenthèse "Régis" et de repartir sur une note un peu plus positive pour la suite de cet hiver (tout en faisant échos au message d' @Iconoclaste de ce matin), je me permets de partager le très bon tweet d'Etienne Kapikian :

     

    https://twitter.com/EKMeteo/status/1082311443792433152

     

    La propagation associée à "l'après SSW" semble gagner en profondeur sur les derniers runs GFS, notamment vers le 20 janvier.

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  22. il y a une heure, pablo25 a dit :

    confusion, je parlais de la phase aller, une crête en troposphère pouvant catalyser la chute verticale vers le bas, compte tenue de la désorganisation initiale en stratosphère?

    Pour l'instant, à notre niveau, on reste en situation ondulatoire davantage profitable aux montagnes, à voir deuxième quinzaine pour un blocage sur AP? Patience pour la plaine, c'est décalé😉

     

    Dans le cas présent, je ne pense pas qu'on puisse parler "d'influence retour". Il est peu probable que l'émergence de la crête d'altitude actuelle ait été causée par le SSW ou par sa phase d'initiation. La troposphère peut également se débrouiller seule.

     

    Autrement oui, l'activité ondulatoire venue de la troposphère (si elle se maintient bien après le SSW , ce qui n'est pas systématiquement le cas) peut catalyser la chute verticale vers le bas.

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