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    Perturbation tempérée
  1. Bon c'est pour l'anecdote, mais le beau coup de vent en fin d'échéance sur la Bretagne modélisé par le CEP de ce matin, c'est ni plus ni moins que le nouveau système cyclonique Ophelia : Ce n'est pas tous les jours qu'on a sur les modèles des tempêtes tropicales (un passage en cyclone de catégorie 1 est même envisagé à terme) qui croisent entre les Açores et les Canaries pour remonter directement vers l'Europe. Ce système pourrait bien jouer le trublion sur les modélisations du début de semaine prochaine.
  2. Tendance Automne 2017

    Entre 45 et 60° de latitude, sur l'Atlantique, on vient de sortir le troisième mois de septembre le plus zonal depuis un bon demi-siècle, le premier étant septembre 2016. Et les tendances pour octobre ne montrent toujours aucun signe d'affaissement, tout au plus on oscille niveau zonal entre des phases normales et des phases actives, avec une absence quasiment totale de blocage et/ou de rupture du jet entre Québec et Greenwich. J'aurais pu poster dans le topic long terme mais voici les tendances pour la semaine prochaine dans les ensemblistes de GFS et du CEP : Bas géopotentiels en Atlantique nord, hauts géopotentiels en Atlantique central, et entre les deux une circulation zonale renforcée dont seules les quelques modalités d'oscillation (ONO ? OSO ?) apportent un semblant d'incertitude. Je ne vais pas prétendre savoir si ce cirque va durer tout l'automne, mais au risque de répéter ce que je signalais déjà en septembre, on tient probablement là un marqueur fondamental de cette saison. Et plus largement de ce qu'il se passe depuis plusieurs années (cf ici). Et constat inchangé : sauf changement de situation, on hypothèque sérieusement tant les chances d'arrosage en Méditerranée les prochaines semaines que celles d'avoir des épisodes hivernaux précoces en novembre.
  3. Reflexion sur un nouveau minimum de Maunder

    On ne fait rien progresser en remettant en cause des évidences. Ils font progresser quoi par exemple ceux qui défendent encore que la terre est plate en 2017 ?
  4. Reflexion sur un nouveau minimum de Maunder

    Soit une observation d'un fait. Pour l'expliquer vous avez le choix entre : - La théorie A, démontrée mathématiquement et physiquement depuis plus d'un siècle, reconnue par quasiment tous les scientifiques de la planète, basée sur des lois physiques (thermodynamique) qui sont désormais parfaitement connues et utilisées dans un très grand nombre de domaines scientifiques et industriels différents ; - La théorie B, basée sur des trucs "mal compris avant tout", "une machinerie qui dépend d'un environnement", quelque chose "qui influence mais peut être influencé", bref on sait pas trop mais on ferait mieux de regarder par ici quand même car la réponse s'y trouve sûrement. Quand on y pense, le plus illogique dans l'histoire, c'est que ce sont les adeptes de la théorie B qui postent dans des topics comme celui-ci pour demander ce que pourrait être l'influence d'un minimum solaire, en refusant d'entendre la théorie A (celle qui pourrait leur répondre de manière concise et calculs à l'appui, voir les messages de Higurashi notamment), mais voulant une réponse via la théorie B qui se résume pourtant à on ne sait pas trop, et c'est mal compris. Mais si vous partez du postulat qu'on ne sait pas, pourquoi poser la question ?
  5. Tendances Hiver 2017-2018

    Je me demande pourquoi j'ai pris du temps à vous présenter, juste une page plus haut, un rapport scientifique paru il y a quelques semaines et démontrant qu'en fait l'enneigement sibérien n'a qu'un rôle mineur...
  6. Tendances Hiver 2017-2018

    Attention quand même, CFS n'est déjà pas un grand gage de qualité vu la faiblesse des résultats de son noyau atmosphérique, et c'est encore plus vrai concernant la stratosphère pour laquelle il est carrément mauvais. Pour le moment, on a une haute stratosphère particulièrement froide, flirtant même avec les valeurs records voire les dépassant de manière ininterrompue depuis le réchauffement final de l'hiver dernier. A courte échéance on devrait lentement revenir vers une valeur plus conforme pour la saison. Le vent zonal la haut se porte plutôt bien, malgré un coup de mou temporaire en basse stratosphère ces derniers jours. Et pour le moment, cela ne nous indique pas grand chose de plus.
  7. Tendances Hiver 2017-2018

    Petit "up" du week-end sur un sujet que l'on suit souvent ici, une étude tout juste parue vient de remettre complètement en cause l'existence d'une relation solide entre l'enneigement en Sibérie en automne, et le comportement du vortex polaire (suivi par l'indice AO) l'hiver suivant : http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JCLI-D-17-0041.1 On sait en effet que les indices de l'enneigement sibérien permettaient de tracer une corrélation particulièrement solide avec le comportement du vortex polaire hivernal, durant (grosso-modo) les décennies 1990 et 2000. Ce que l'on sait moins, c'est que plusieurs études avaient déjà démontré que cette corrélation ne se retrouvait pas sur les décennies antérieures, ce qui laissait pas mal de doutes sur sa validité au regard de certains chercheurs. Les ratés consécutifs des trois derniers hivers ont quelque peu achevé le crédit qu'il restait à la théorie. Restait néanmoins à expliquer pourquoi on avait une corrélation, bien réelle, qui a persisté pendant une vingtaine d'années. C'est d'une certaine manière chose faite avec l'étude citée ci-dessus : pour le résumer de manière simpliste, c'est surtout la QBO qui aurait piloté le comportement hivernal du vortex polaire, l'enneigement sibérien ayant juste eu le bon coup de se trouver du bon côté du vent. On sait déjà, de longue date, que les régimes de la QBO ont une incidence forte sur le comportement du vortex polaire ; une QBO positive (flux d'ouest) favorisant son renforcement et sa solidité (AO+), une QBO négative (flux d'est) ayant au contraire tendance à provoquer des disruptions stratosphériques (AO-). Or, il se trouve que plus ou moins par hasard durant les années 1990 et 2000, l'enneigement sibérien en automne était souvent en retrait les années de QBO+, et en avance les années de QBO-. Ce qui nous a conduit a retrouver, au travers de l'enneigement, une relation qui est en fait pilotée par la QBO. Le fait que cette relation entre l'enneigement sibérien et le comportement du vortex polaire n'existe pas sur les années antérieures (années 1960 à 1980), étant tout simplement lié au fait que sur cette période, l'enneigement sibérien n'a pas "collé" aux régimes de la QBO, démontrant que l'enneigement seul n'expliquait finalement pas grand chose. Pour le démontrer, les chercheurs ont notamment utilisé plusieurs modèles dans lesquels ils ont rejoué des simulations des hivers des décennies passés, tantôt en modifiant les données initiales sur l'enneigement, tantôt celles sur la QBO. Les résultats, assez clairs, indiquent que l'enneigement sibérien n'a joué qu'un rôle marginal : le comportement réellement observé du vortex polaire durant ces hivers était assez bien reproduit par les modèles avec ou sans l'enneigement, ce qui n'était pas le cas sans la QBO. L'enneigement n'est pas totalement neutre, il pilote notamment un net refroidissement de surface en début d'hiver en Sibérie, mais il est assez loin de jouer un rôle central. On suivra donc avec beaucoup moins d'intérêt les cartes d'enneigement en Sibérie (de toute façon, vu les couleuvres qu'elles nous ont fait avaler sur les trois derniers hivers, elles avaient déjà quelque peu perdu leurs étoiles au guide Michelin du prévisionniste saisonnier amateur), et avec davantage de passion les pérégrinations de la QBO.
  8. Tendance Automne 2017

    Il ne va pas trop falloir traîner quand même alors, parce que pour le moment les ensemblistes qui permettent d'avoir un aperçu relativement solide de la première décade ne vont pas en ce sens : On a du mal à se dépêtrer de ces hautes pressions récurrentes entre Açores et Europe Occidentale depuis juillet, et tant qu'on n'arrivera pas à mettre un coup de pied dans la fourmilière de ce côté là il va être difficile d'envisager la mise en place de conditions d'ensemble plus favorables à de l'arrosage méditerranéen. Dire qu'on avait des indices au départ plutôt favorables à une circulation zonale affaiblie sur l'Atlantique et un potentiel exacerbé de blocages, on fait exactement l'inverse...
  9. Tendances Hiver 2017-2018

    Mais d'un autre côté, n'est-ce pas faire l'autruche que d'ignorer cette problématique ? Quand on est face à une seule option et qui est mauvaise, la suivre au motif que c'est la seule ne la rendra pas bonne pour autant. Des fois, il faut aussi savoir se montrer humble et assumer tout simplement qu'on n'a pas d'option viable. Est-ce une régression ? Peut-être, d'une certaine manière. Mais ce n'est de toute façon pas comme si on avait le choix. Maintenant comme je l'ai dit c'est un avis personnel, je ne prétends pas détenir une vérité absolue. Ce n'est pas une question de norme, de jonglage ou de je ne sais quelle amélioration des indices. Par exemple la QBO, c'est un indice retraçant les alternances de directions du vent en altitude au dessus de l'équateur : ça serait quoi "améliorer l'indice sur le réchauffement climatique" ? Inverser le sens du vent ? Pour le "jeu du jonglage", ça montre exactement ce qui horripile le plus souvent Yann (Ciel d'Encre) : ça donne l'impression que la prévision saisonnière c'est une sorte de recette de mixture plus ou moins secrète dans lequel on mélange on sait pas trop comment plein de trucs et -tadaaaa- il en sort une prévision. Mince, le réchauffement vient perturber tout ça ? Ho ben on va juste rajouter quelques lignes à la recette pour la rendre un peu plus complexe, il doit quand même bien y avoir moyen de faire ça, non ? Non, la prévision saisonnière à partir d'indices, c'est ce qu'on appelle de l'approche rétrospective : on observe dans le passé comment la circulation atmosphérique s'est comportée au regard d'un certain nombre d'indices précurseurs, pour essayer d'en déduire, au regard des indices de cette année, comment elle pourrait se comporter en s'appuyant sur le postulat que "mêmes causes, mêmes conséquences". Certaines années ça marche, d'autres pas du tout, le problème c'est surtout qu'il faut savoir synthétiser au milieu de la multitude d'indices qui vont conduire individuellement à des déductions parfois radicalement opposées. L'approche rétrospective, cela ne marche que si on considère que l'atmosphère d'aujourd'hui est dans un état suffisamment équivalent aux années étudiées pour que les comparaisons soient valables. Qu'il n'existe pas d'effets de seuils, de variations, ou de nouveaux éléments qui pourraient conduire à ce qu'un même effet de départ n'ait pas en sortie des conséquences complètement différentes. Et, dans le climat de 2017, il y a beaucoup de choses qui finissent par nous faire estimer que non, nous ne sommes plus dans un état suffisamment équivalent à celui du passé pour que ces approches rétrospectives soient encore suffisamment fiables. Et si c'est réellement le cas (encore une fois, c'est mon avis perso, mais je pense que j'ai donné un sacré exemple du pourquoi), ce n'est pas un jonglage qui permettra quoi que ce soit. Cela ne sous entend pas qu'il faille abandonner la prévision saisonnière, fermer le topic, ou complètement arrêter ce genre d'analyses. J'exprime seulement la hauteur de vue que je pense nécessaire d'avoir sur ces analyses, et sur leur fiabilité. A mon avis, autant ces dernières années on a énormément fait progresser les prévisions saisonnières via des analyses rétrospectives avec parfois des indices créées ad-hoc (SAI), notamment car elles ont permis ensuite de modéliser et de comprendre comment fonctionnaient ces liens de causalité, autant je pense que l'avenir de ce genre de prévisions va désormais passer dans des analyses de dynamiques en cours et dans la modélisation.
  10. Tendances Hiver 2017-2018

    Bon, je vais carrément sortir (sans non plus complètement couper les liens) avec le sujet central de ce topic, à savoir les perspectives à venir par chez nous l'hiver prochain. Mais je pense que le constat que je vais partager ici est assez fondamental dans les prévisions de nos hivers, et des hivers au sens large de l'hémisphère, à moyen et long terme. On parle régulièrement dans les topics de prévision saisonnière hivernale des réserves de froid, et de la vitesse à laquelle elles se constituent chaque automne. Ne rentrons pas dans l'éternel débat de savoir si cette année elles se mettent en place plus vite ou pas, si c'est intéressant ou pas de le savoir, et si c'est utile pour l'Europe occidentale ou pas en terme de conséquences. Car ce que je vais vous expliquer ici, dans les grandes lignes, c'est comment on a de toute façon probablement perdu une grosse partie du réfrigérateur qui sert à les fabriquer. L'une des particularités de l'Arctique, c'est que la base de son climat hivernal repose sur une inversion thermique marquée quasiment permanente. Pendant plusieurs mois le sol ne reçoit aucun rayonnement solaire du fait de la nuit polaire, au contraire il se refroidit par rayonnement particulièrement lors des nuits claires et calmes, qui sont particulièrement fréquentes en plein hiver aux hautes latitudes. L'air au contact de ce sol va aussi se refroidir fortement, refroidissement qui ne touche pas les couches supérieures de l'atmosphère. A l'image de ce que l'on observe souvent en hiver chez nous, particulièrement lorsque le sol est enneigé : c'est le bon vieux -5° que l'on va relever le matin au fond de la vallée vosgienne ou du Limousin, alors qu'il ne gèle pas à 850 hPa. Pour l'image, voici le profil de température relevé à Eureka (Canada) le 2 mars 2013 (bleu) et le 30 août 2012 (rouge) : Ce 2 mars 2013, on a relevé quasiment -50° au sol, pour une température de l'ordre de -32° à quelque chose comme 450 mètres d'altitude (ça c'est de l'inversion de luxe). Les conditions ne sont pas aussi intenses en permanence partout dans l'Arctique, mais c'était pour la démonstration. Bon, eh bien ça, on peut quasiment dire que c'était avant. Le réchauffement climatique, avec toutes les conséquences qui deviennent désormais très puissantes sur le sommet du globe, est en train de briser le cycle. Ne rentrons pas dans des considérations profondes pour lister toutes les causes en chiffrant leur part respective de contribution à ce bouleversement en cours. On se limitera au postulat que le recul de la banquise, le réchauffement des océans environnants et de l'océan Arctique (mers satellites incluses) lui-même, et la hausse de la teneur de vapeur d'eau dans l'atmosphère, en sont les causes principales. Dans l'Arctique réchauffé d'aujourd'hui, déjà le sol ce n'est plus forcément plusieurs mètres d'épaisseur de banquise refroidissant l'air par rayonnement. De plus en plus longtemps dans la saison, c'est de l'océan, de l'océan qui relâche au contraire énormément de chaleur et d'humidité dans les basses couches. Qui plus est, ce refroidissement par rayonnement est optimal, on l'a dit, sous un ciel clair - on observe d'ailleurs la même chose chez nous en hiver, il fait plus froid le matin quand la nuit a été dégagée que l'inverse. Or, l'afflux d'humidité implique une augmentation de la couverture nuageuse, ce qui brise ce potentiel de refroidissement du sol par rayonnement. Histoire de finir la boucle, le tout s'auto-entretien dans une rétro-action positive : le réchauffement des basses couches génère une augmentation du rayonnement dirigé vers le bas remplaçant celui qui est dirigé vers l'espace (refroidissement), avec en conséquence un réchauffement qui s'amplifie de lui-même. Donc, voici ce qu'il se passe quand on analyse la différence entre la température quasiment au niveau du sol (1000 hPa) et celle à 850 hPa au dessus de 70° de latitude nord depuis les années 1950 dans les réanalyses : J'ai inclus les données de l'hiver tel qu'on l'entend (décembre - janvier - février), et celles de l'hiver arctique qui inclus le mois de mars. Des années 1950 jusqu'à la fin des années 1990, on observe bien l'inversion systématique en hiver : la température près du sol (1000 hPa) était en moyenne systématiquement plus froide que celle à 850 hPa, de l'ordre de 3°. Cet écart étant en lente tendance à la réduction. Premier gros seuil à la fin des années 1990 et jusqu'en 2015, l'inversion a tenu le coup, mais s'est brutalement réduite. Il y a un certain plateau entre 1998 et 2015, mais jamais nous ne sommes revenus à des valeurs antérieures. Deuxième seul il y a deux ans, celui qui a brisé toute la climatologie de l'hiver en Arctique : l'inversion a volé en éclat. Sur 2015-2016, il n'y a pas eu d'inversion en incluant le mois de mars, on l'a sauvée de justesse sur DJF (-0.04°). 2016-2017 a achevé les choses : cet hiver (DJF) a été probablement été le premier (depuis des millénaires ?) sans inversion thermique en Arctique. Petite observation au passage : le fait d'avoir eu un seuil en 1998 et un autre en 2016, à la suite de deux gros épisodes El-Niño, n'est potentiellement pas un hasard. Je n'ai rien lu la dessus et je ne ferais donc aucune affirmation sur ce point, mais il ne paraîtrait pas incongru qu'il y ait un rapport de cause à effet vu la capacité des épisodes El-Niño à relarguer des quantités astronomiques de vapeur d'eau dans l'atmosphère, et qu'une partie non négligeable de cette vapeur soit allée se recaser en Arctique. Seconde petite observation : il n'y a jamais eu de retour aux "valeurs d'avant" après le choc de 1998. Avis placide aux potentiels amateurs de "ça va s'arranger" après celui de 2016. En résumé, on est en train de perdre le réfrigérateur Arctique. Ce n'est pas un effet de seuil en tant que tel, mais cette perte de l'inversion thermique hivernale est quand même un signal particulièrement fort de l'ampleur des changements qui s'effectuent la haut. Car quelque part, tout cela nous dit que l'on a largement entamé la capacité de l'Arctique a générer du froid de basses couches - et la, on retombe quelque peu sur le point de départ évoqué en début de message : pour les "réserves froides", c'est une sacrée baffe. Cela ne sert à rien d'espérer chez nous le grand flux de nord en provenance directe d'au delà de Svalbard, s'il nous draine en sortie d'Arctique du -10° humide au lieu d'un -40° sec. Un exemple assez concret, c'est le mois de janvier 2017. Durant ce mois, on a réussi à consolider un fort vortex troposphérique sur l'Arctique, avec un cœur froid particulièrement dense et compact en altitude. Sur les données à 850 hPa, il en résulte une valeur particulièrement basse pour un mois de janvier : Sauf que, indépendamment du refroidissement d'altitude, les basses couches sont restées empêtrées dans l'humidité douce, sortant avec la troisième valeur la plus élevée pour un mois de janvier : Au passage, avant 2017, jamais en janvier les basses couches (1000 hPa) n'avaient été plus douces que les moyennes couches (850 hPa) en Arctique, conséquence logique de l'inversion normale du climat arctique en hiver. L'inversion a explosé en janvier 2017, avec des basses couches plus chaudes de rien de moins qu'un demi-degré, c'est monumental. En conséquence, on a beau avoir réussi à se tirer des conditions extrêmement favorables pour le maintien de conditions froides sur l'Arctique avec un vortex troposphérique au taquet (AO quasiment à +1) et un refroidissement conséquent des moyennes couches, l'Arctique est quand même sorti en brun sur les anomalies de température de surface (ici GISS) : Illustration aussi avec les relevés quotidiens au sol de la station russe de Острове Визе (Ostrov Vize), qui a longuement plané 10 à 20° au dessus des normales de saison en pleine séquence de forte concentration du vortex troposphérique, conséquence de la "panne de frigo" : Comme le dit le proverbe, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Le potentiel de refroidissement de surface par rayonnement dans le grand nord reste bien présent et très puissant dans le nord canadien et surtout en Sibérie. Les conditions continentales garantissant que le risque de bouleversement de l'inversion thermique hivernale, dans ces régions, ne devrait pas être menacé de sitôt. Il continuera longtemps de faire très froid au sol à Irkoutsk. Mais n'empêche, on devine bien que le climat de notre hémisphère en général ne peut qu'être touché par la perte du moteur Arctique. Même si les moteurs canadiens et sibériens tiennent encore bien le coup, et garantissent que ce n'est pas de sitôt que le potentiel de vague de froid disparaîtra en Europe, on devine bien qu'il y aura des implications. Lesquelles, que ce soit pour cet hiver comme pour les prochaines années ? Je n'ai guère lu d'études répondant à cette question. Le message que je voudrais faire passer, c'est plutôt une interrogation sur la validité à continuer d'essayer de dresser des tendances qui se basent sur la climatologie des années passées, et la manière dont elle a réagi à un grand nombre d'indices particuliers tels que par exemple la QBO. J'ai fait pas mal d'analyses sur le forum ces dernières années pour toutes les saisons, en me basant en grande partie sur tous ces indices et leurs implications potentielles, en me posant chaque fois un peu plus cette question. Aujourd'hui, je ne suis que d'autant plus convaincu que le climat d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier, et que cela rend ces perspectives beaucoup plus fragiles, peut-être même à la limite dépassées ou obsolètes. Gugo a fait un excellent travail quelques pages plus haut. Mais quand on s'interroge : peut-on véritablement aujourd'hui, en 2017, essayer d'établir une correspondance par rapport à ce qu'il a pu se passer en (au hasard) 1972 ou en 1984 quand on avait tels ou tels indices similaires ? Certes, quand on avait la QBO comme ça et le soleil comme ça il y a exactement X années on a eu ça. Mais en 2017, avec une QBO qui a loupé un virage (ce qu'on ne pensait même pas possible il y a encore trois ans, rappelons-le !), un Arctique qui a débranché le frigo, et toutes autres joyeusetés de ce genre, la comparaison a t-elle un sens ? Je ne le crois plus aujourd'hui. Mais c'est un simple avis personnel.
  11. Tendances Hiver 2017-2018

    Bonjour Franck, Faisons un petit écart au sujet initial du topic en s'intéressant aux statistiques de la NAO. La NAO, elle peut être dans deux états : le positif, le négatif. Admettons que la probabilité qu'elle soit dans l'un ou dans l'autre de ces deux états soit de 50 %. Ce n'est pas rigoureusement juste, mais c'est pour le postulat de départ. En restant très basique, si on considère de manière indépendante chaque série de deux valeurs de NAO, on peut avoir quatre options différentes (++, +-, -+, --), chacune ayant autant de probabilité individuelle de tirage. Cela nous donne deux chances sur quatre d'avoir deux valeurs identiques, soit 50 % de probabilité. Cette probabilité d'avoir une série de valeurs identiques tombe à 25 % pour une série de trois valeurs, à 12,5 % pour une série de quatre valeurs, à 6,25 % pour cinq valeurs, 3,13 % pour six valeurs et 1,56 % pour sept valeurs. Maintenant, regardons les observations de ces dernières années au regard de ces probabilités basiques. Pour le calcul et par simplification j'ai considéré qu'une valeur à 0 était positive, mais la considérer négative ne changerait pas fondamentalement le résultat. En prenant tous les mois d'hiver (janvier, février, décembre) depuis 1950 : - On a une probabilité centrale d'obtenir 49,3 séries de trois valeurs identiques, on en a en réalité 69, - On a une probabilité centrale d'obtenir 24.3 séries de quatre valeurs identiques, on en a en réalité 36, - On a une probabilité centrale d'obtenir 11.9 séries de cinq valeurs identiques, on en a en réalité 18, - On a une probabilité centrale d'obtenir 5.9 séries de six valeurs identiques, on en a en réalité 8, - On a une probabilité centrale d'obtenir 2.9 séries de sept valeurs valeurs identiques, on en a en réalité 5. En conclusion, le nombre de séries de mois consécutifs dans un même état de NAO observés dépasse systématiquement, et d'une marge conséquente, le résultat attendu sur une statistique de sortie à 50/50. Comme si, de manière flagrante, une sorte de cycle poussait la NAO à enchaîner les séries dans un même état. Autre vision statistique basique, toujours sur les trois mois d'hiver, prenons toutes les séries de trois mois consécutifs ayant un état identique, qu'il soit positif ou négatif. Quel va être l'état du mois qui va suivre directement cette série ? - Soit on considère que chaque mois est indépendant, et qu'on est donc toujours sur une probabilité de 50 / 50 ; - Soit on considère qu'il existe une sorte de mécanisme de compensation, ce qui implique que la probabilité de mettre fin à la série va être > 50 % ; - Soit il existe au contraire une sorte de cycle de récurrence, auquel cas la probabilité que le quatrième mois poursuive la série en cours va être > 50 %. Observations depuis 1950 : sur toutes les séries de ce type, le "quatrième mois" a poursuivi la série en cours dans 59,7 % des cas, contre donc seulement 40.3 % de cas où il a mis fin à la série. CQFD ? Bon certes là on reste au raz des pâquerettes des calculs statistiques et de la théorie, mais le résultat a quand même le mérite d'être particulièrement intéressant. D'autant que cette constatation se retrouve sur un très grand nombre de séries climatiques différentes, notamment l'AO, mais on la retrouve aussi parfois dans les anomalies thermiques, dans les types de flux, dans les récurrences de blocages, etc. La météo aime décidément beaucoup nous servir plusieurs fois de suite le même plat.
  12. Volcanisme et climat

    Petite résurrection de topic, mais l'Agung, volcan indonésien qui avait provoqué un refroidissement marqué en 1963, vient d'être classé en niveau de risque «éruption imminente». Les autorités incitent déjà les locaux à prendre leurs précautions tandis que les agences de voyage déconseillent les séjours à Bali.
  13. Tendances Hiver 2017-2018

    On refait quelques guerres ce week-end sur le forum d'IC, mais je vais profiter pour essayer de faire rebondir le débat en ouvrant une réflexion sur une des batailles de la prochaine à mener. Ce n'est pas un secret, l'élément fondamental de notre climat de bout de continent, c'est quand même l'activité zonale sur l'Atlantique. On ne rentre pas l'essentiel de notre pays dans la case des climats océaniques pour rien, et c'est encore plus vrai en hiver qu'en toute autre saison. L'élément que je trouve assez remarquable depuis désormais quatre ans, c'est le retour en grâce confirmé de ce bon vieux zonal, celui-là même que l'on a annoncé, à raison, si moribond durant une bonne décennie. Les images valant toujours mieux qu'un long discours, j'ai réalisé un petit graphique représentant l'anomalie de vigueur flux d'ouest à 850 hPa exprimé en m/s à depuis Quebec jusqu'à la Baltique, à nos latitudes et jusqu'en Ecosse. Les données sont lissées sur 3 ans, pour amortir le bruit. Désolé pour le graphique un peu dégueulasse, j'ai pas forcément le temps de faire de l'esthétique, mais au moins cela fait passer le message sur les données. L'activité zonale en Atlantique a connu une période globalement creuse entre 2003 et 2013, avec d'ailleurs une séquence exceptionnellement faible centrée autour de 2009/2011 (et je rappelle que ces données sont lissées sur trois ans). Les choses ont bien changé depuis, avec sur les dernières années une séquence que seule la "terrible" période super-zonale des années 1990 ne parvient à surclasser. C'est remarquable. Notez que je n'ai pas pris l'indice NAO pour illustrer cette activité zonale, c'est volontaire. Tout simplement car une forte activité zonale à nos latitudes en Atlantique , c'est de la NAO- en été et de la NAO+ en hiver. Quand on veut extraire des moyennes annuelles de cette activité, c'est quand même pas le plus idéal. Remarquez, si, c'est très idéal. Voici le schéma NAO des dernières années, qui se résume très clairement à des périodes hivernales (H) à NAO+ et des périodes estivales (E) à NAO-, cela en deviendrait presque grotesque tellement c'est parlant : C'est pour ça d'ailleurs qu'il y a un juste milieu entre faire des statistiques bateau du genre "on a eu tant de mois avec NAO+ donc statistiquement il va falloir compenser" (Franck), ou à l'inverse prétendre qu'elles ne servent à rien (Judd). La NAO peut être très parlante avec un peu de hauteur de vue. Bien entendu, je suis bien incapable de dire si cela va durer ou non. Bien entendu, cela n'exclut pas d'avoir des séquences d'un mois ou deux allant à l'inverse d'une tendance lourde. Il n'empêche que pour ceux qui veulent essayer de tirer des tendances saisonnières, c'est quand même pas inutile comme constat. On sait, par expérience, qu'il existe pas mal de grands cycles en climatologie, qu'ils soient naturels et/ou de plus en plus forcés par les changements anthropiques, des cycles dont on ne sort pas d'un claquement de doigts. Je ne saurais pas dire si ce qu'il se passe avec ce retour brutal de l'activité zonale en Atlantique témoigne d'un tel cycle, et quelle pourrait être sa durée de vie potentielle. Mais il n'empêche qu'on devine bien que si on ne se sort pas de cette tendance à avoir une activité zonale renforcée en Atlantique, le prochain hiver qui bénéficie d'indices pour le moment favorables voire très favorables hivernophilement parlant sera quand même bien menacé. Cet automne, où nous avions des indices climatiques très favorables à des blocages à répétition et de forts échanges méridiens, et qui nous sort pourtant un mois de septembre qui se classera vraisemblablement comme l'un des voir le plus "océanique" depuis plus de 20 ans, sonne d'ailleurs comme un sévère avertissement.
  14. Suivi de l'englacement au pôle nord

    C'est qui, "certains experts du climat" ? Des types comme celui-ci ?
  15. Tendance Automne 2017

    2001 avait été relativement normal en précipitations (+4% au plan national) mais bien frais en effet. On a eu ces dernières années plusieurs septembre très humides (dernier en date 2006 et surtout 1998 et 1999) mais ils avaient été plutôt doux, et des septembre frais mais pas forcément arrosés (2001, 2007, 2008, 2015), mais sur l'échelle nationale le dernier à avoir combiné les deux c'est 1995.