INTEMPERIES. --Quatre vagues, atteignant jusqu'à 70 cm, ont provoqué lundi soir des dégâts conséquents, mais effacés en l'espace d'à peine 36 heures
... Les conséquences des quatre vagues qui se sont engouffrés lundi soir dans le port et le courant qu'elles ont engendré traduisent la violence du phénomène observé uniquement à Royan
PHOTOS PORT DE ROYAN
De loin, l'opération n'attire pas l'attention. Une grue sort de l'eau des charges, les dépose sur le quai des sabliers. « Quelqu'un qui ne serait pas au courant de ce qui s'est produit ne s'apercevrait de rien », constate David Passerault. Le directeur adjoint des activités portuaires tire une certaine fierté de la réactivité des agents techniques du port. A peine 36 heures après que la folle soirée de lundi, l'infrastructure portuaire a retrouvé un visage presque normal.
Lundi soir, le port a connu un épisode qui aurait pu s'avérer plus dévastateur encore. A 21 heures, 22 heures, 22 h 30 et 2 heures du matin, quatre vagues atteignant jusqu'à 70 cm de hauteur se sont engouffrées dans les bassins. « Toutes les cinq minutes, c'était approximativement 120 000 m3 d'eau qui entraient puis se retiraient du port, créant un courant qu'on estime à 12 noeuds. Devant la capitainerie, on aurait dit de véritables rapides. C'est bien simple, nos canots de service, équipés d'un moteur de 50 CV, n'arrivaient pas à remonter ce courant, alors qu'ils peuvent monter à 12 noeuds. »
David Passerault a mesure in situ la violence du phénomène. Il a voulu, avec l'un des agents techniques, reconnaître la situation depuis le plan d'eau. Un risque trop élevé. « On a mis quatre personnes qui vivent à l'année sur leur bateau et tous les personnels en sécurité. Mardi matin, de jour, nous avons découvert le spectacle. »
« Vrillé, tordu ». Devant la capitainerie, le ponton d'accueil, auquel est notamment amarré la vedette des Douanes, a disparu aux deux tiers. Disloquée par la violence du courant. Le ponton G, devant l'entrée du port, a subi lui aussi les outrages des vagues. « Tout est faussé, vrillé, tordu. » David Passerault est impressionné par la force développée par les vagues. Les mains de fer utilisées pour l'amarrage, « pourtant éprouvés à 40 tonnes, ont été tordues ! »
Une douzaine de bateaux amarrés au ponton G ont été endommagés. Repoussés vers le ponton F, ils ont à leur tour causé des dégâts. Quatre embarcations de cet autre ponton ont souffert. Dès mardi matin, une partie de ces bateaux privés de point d'attache a été déplacée dans le bassin du port de pêche, où l'administration du port pouvait disposer d'emplacements libres ces jours-ci. Les autres ont été « relogés » dans le vieux port.
Autre urgence : faire le ménage. Les tronçons de pontons éparpillés ça et là dans les bassins ont été d'abord solidement amarrés aux quais, puis très vite extraits du plan d'eau. Un spectacle étonnant menée avec diligence hier matin, depuis le quai des sabliers, fraîchement déserté par l'activité qui lui a donné son nom. Une aubaine, presque, même si le terme paraît galvaudé en de telles circonstances. « A la rigueur, heureusement que cet incident est survenu en automne », mesure David Passerault. « Nous n'allons pas être handicapés dans le fonctionnement du port. »
Déjà des devis. Les pontons meurtris hors de l'eau, les bassins ont retrouvé un visage presque habituel. La régie du port est déjà engagé sur un autre front, moins technique, plus administratif. « Dès mardi, un expert est passé constaté la situation, nous avons adressé une déclaration à notre assureur, écrit à tous les propriétaires de bateaux touchés. Nous avons même commencé à demander des devis aux fabricants de pontons », souligne David Passerault, rassuré, fier même, de la réactivité du personnel du port.
Au cours de cette folle soirée, 150 mètres linéaires de pontons ont été détruits. Une simple estimation, « à 50 mètres près », mais qui traduit les proportions atteintes par un phénomène « qu'ont connu certains anciens, ici ou dans d'autres ports, mais jamais de cette ampleur, en tout cas à Royan ». Phénomène qu'explique partiellement les conditions météorologiques au large lundi soir, où la houle atteignait 8,50 mètres.
« Tout est faussé, vrillé, tordu »
Ce message a été modifié par Nicolas 17/69 - 30 novembre 2006 - 10:08.

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