Ce n'est pas faux, remarques pertinentes de ta part.
Il était coutume, avant le légendaire février 2012 (ha ! ha ! la loi des nombres, 2012 aka 56 ans après février 1956 de voir des passionnés (et professionnels) se baser sur des oscillations relativements proches, exemple : AO - NAO ; ou bien s'attarder avec beaucoup de ferveurs sur l'étendue neigeux en Eurasie.
Pour autant y'avait il réellement un lien avec un possible hiver froid ? Ou doux ?
Je ne sais pas.
Tout à basculer, je trouve, depuis le succès de "je-ne-sais-plus-comment-il-s'appellait" sur ce forum (ah oui, ayant perdu mes identifiants, je suis ici avec un nouveau profil, mon ancien étant Autre83 😄 ), qui avait (par chance ? coïncidence ?) anticiper l'impact à venir sur le flux zonal suite à un magnifique réchauffement stratosphérique (SSW) entrainant, de mémoire, un "displacement event". Et effectivement, alors que l'hiver 2011-2012 était remarquablement doux (et sec), tout à basculé, entrainant du coup une vague de froid très coriace. Malheureusement ce succès retentissant ne s'est pas franchement reproduit et des SSW nous en avons eu plein depuis février 2012 (hum hum j'ai souvenir d'amateurs du Languedoc-Roussillon dont je ne siterai pas les noms qui avaient, il n'y a pas longtemps, annoncer tambours battants, que les prochaines semaines en approche seraient glaciale... suite notamment à un ssw plutôt balaise !!! Au final rien ne s'est produit, il a même fait plutôt doux OUPS ! ).
Mais là je m'éloigne du sujet... veuillez m'en excuser.
J'ai longuement étudié les cycles ENSO + et - ces 20 dernières années, notamment lors de mon passage en nouvelle calédonie (j'ai même effectué un stage à l'ORSTOM de Nouméa).
Pure chance, j'étais à Noumea lors de l'incroyable el nino de 1997/1998.
De données factuelles, les impacts d'un el nino modéré à fort me paraissaient homogènes avant le 21ème siècle.
Ainsi nous pouvions retrouver les "mêmes marqueurs" entre le puissant Nino 82/83 et celui de 97/98.
Etrangement, depuis que la barre de l'année 2000 à été franchie, j'ai l'impression (c 'est peut-être une impression erronée de ma part mais totalement personnelle... je n'affirme donc rien 😉 ) que les marqueurs ont changés.
Des El Nino sans de gros cyclones en Polynésie, ou grosses sécheresse voir, plus étrange, des pluies pas si importantes dans des pays normalement fortement impactés par ce phénomène climatique et atmosphérique).
Nous avons eu d'ailleurs l'étrange el nino modoki de 2009/2010.
Arrêtez moi si je dis une bêtise mais jusqu'alors nous n'avions pas observé un tel phénomène (des el nino successifs oui, des mini el nino aussi et pas de modoki).
Réalité induite par le réchauffement climatique et ayant modifié ces "marqueurs" lors d'un el nino ? Je ne sais pas mais pourquoi pas ?
Il en va de même lors d'une forte phase Nina (ENSO -).
De tête là comme ça, la puissante Nina de 88/89 (siècle dernier) avait été synonyme de très puissants (et nombreux) cyclones dans le pacifique Ouest.
Sur une Nina similaire du siècle actuel, pas les mêmes effets.
On connait les mécanismes de ces variations positives ou négatives au niveau de l'oscillation du pacifique mais pas réellement "qu'est ce qui le déclenche ?".
Veuillez encore m'excuser pour ce hors sujet puisqu'il s'agit du sujet "tendance de l'hiver 2023/2024" mais j'y arrive 🙂
Sans rentrer dans les détails mais un puissant ENSO+ va chambouler l'ordre des choses, à commencer par l'océan pacifique => impact notable sur le puissant anticylone de l'île de Paques ; affaiblissement des alizés ; perturbation sur des champs de géopotentiels dans l'océan indien etc etc etc. avec en second lieu une modification du trajet, de l'intensité et des variations du courant Jet.
Nous retrouvons d'ailleurs ces prochains jours un des marqueurs souvent identifié lors d'un épisode de fort Nino => un JET STREAM en pleine forme.
Décembre 1999 => conséquence rétroactive de l'el nino de 1997/1998 ??
Jet stream actuellement en forme, conséquence de l'El Ninon qui a débuté ?
Je ne sais pas...
En tout cas c'est paradoxal => sur la distribution des flux (force de coriolis induite par la rotation de la terre), l'atlantique semble loin du pacifique (il faut faire quasiment le tour du globe) mais pour autant, d'un point de vue géographique, l'atlantique est séparé du pacifique uniquement par le continent américain.
A l'orstom, pour simplifier les choses, un des scientifiques disait ceci : pour se representer les effets d'un ENSO+ ou - il faut imaginer une baignoire avec un gros ventilateur, soit à droite de la baignoire, soit à gauche, et le mettre pleine puissance pour comprendre le sens de l'écoulement des eaux surfaces... mais il suffit qu'un enfant vienne jouer, bouger le ventilateur, dévier le flux, ou la grosse tante Janine venir se détendre dans l'eau chaude du bain en y créant de forts remous, et le sens de l'écoulement sera perturbé. Ici les enfants ou la grosse tante Janine se nomment QBO / MJO / PDO et biend'autres encore.
On en parle de la dipolarisation polaire ? 🙂
Il me semble très difficile en l'état actuel de nos connaissances de pouvoir anticiper sur l'hiver à venir (plus froid ? normal ? plus chaud ?).
Le réchauffement climatique est un perturbateur notable, notamment sur l'étendue glaciaire au travers des régions froides, sur la variation de courants océaniques et atmosphériques.
Les complotistes diront que je dis n'importe quoi... soit ! Je l'accepte.