florent76 Posté(e) 21 mai 2005 Partager Posté(e) 21 mai 2005 Le tourbillon de feu du 1er décembre 1769. On ressentit à Rouen, à six heures du soir, un léger tremblement de terre ; il avait été précédé d’un bruit sourd. Le ciel était calme et les étoiles brillantes. Le tremblement de terre fut très sensible à Iclon, Flainville, Fauville et Dieppe, où il fit éprouver des secousses assez fortes. « Plusieurs briques du château d’Iclon sont tombées, lit-on dans une lettre fort curieuse de l’époque ; la noix de tournebroche a sauté dans la cuisine ; une partie de la couverture du colombier a croulé. Veules a été encore plus maltraitée ; plusieurs pignons de pierre et cheminées sont tombées, les portes et les croisés fermées au verrou s’y sont ouvertes ; chacun a crû être à son dernier moment. Plusieurs personnes dudit endroit, revenant de Dieppe, aperçurent dans la vallée de Saint-Aubin et Flainville un fameux tourbillon de feu qui s’éleva en l’air et fut tombé dans la mer ; elle était basse, elle s’élança tout à-coup de plus de soixante pas. La grande mare d’Iclon fut fort agitée, les arbres ployaient comme des baguettes que l’on remue avec force par un bout. » Le correspondant, qui avait été « étourdi d’une espèce de tonnerre énorme, clair, fracassant, et capable de faire sécher d’épouvante , » termine en disant : « Nous prions MM. les physiciens de nous communiquer les causes de tout ceci. ». « J’ai crû que ma maison allait tomber, écrivait une autre personne demeurant à trois lieue de Dieppe. – Tous les particuliers qui m’environnent en ont senti autant ; plusieurs ont été si émus, qu’ils sont tombés sans connaissance. Cinq quarts d’heures après, nous avons senti une seconde secousse, mais qui n’était pas la vingtième partie de la première. J’ai regardé mon baromètre et je l’ai trouvé de sept degrés plus haut que le matin ; mais je ne peux en dire la cause ni l’instant de ce changement. A Fauville, les habitants sentirent la terre trembler sous leurs pieds et deux personnes de cette commune, revenant de la foire de Bennetot, tombèrent subitement la face contre terre. (A. Aillaud, éphémérides rouennaises). Source originale : le Journal de Rouen, édition du 1er décembre 1852. Pour situer les lieux des événements précités : Veules, Iclon, Dieppe et surtout Flainville sont situés près de Saint-Aubin-sur-Mer près de la côte de la Manche. Saint-Aubin est sur la côte, à égale distance de Saint-Valéry-en-Caux et de Dieppe. Fauville-en-Caux et Bennetot sont situés dans le pays de Caux à trente kilomètres des lieux précités et sur la route menant d’Yvetôt à Fécamp. Alors MM. les physiciens, que pensez-vous de ce mystère ??? Pourrait-il s’agir comme je le pense, de deux météorites tombées en Seine-Maritime ?? Florent. Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
Invité Guest Posté(e) 21 mai 2005 Partager Posté(e) 21 mai 2005 aurait tu l histoire de la meteorite de siberie en 1908.en effet,ds habitants de londres pouivaient soit disant lire le journal en pleine nuit tellement la poussiere ejecté par la meteorite (certain pensent que c est une histoire avec de l antimatiere car on a retrouvé aucune trace de la soi disant meteorite),et que le ciel etait d un rouge eclatant Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
florent76 Posté(e) 21 mai 2005 Auteur Partager Posté(e) 21 mai 2005 Faisons ainsi un petit détour par la Russie, tant il est vrai que ce cataclysme fut ressenti dans toute l'Europe... Une météorite géante en Sibérie le 30 juin 1908 Une météorite explose 8 000 mètres au-dessus de la région de Toungouska en Sibérie centrale. L'onde de choc, comparable à 1 000 bombes d'Hiroshima, ravage 2 000 km² de taïga (forêt de conifères). Les jours précédents, le ciel nocturne était devenu de plus en plus clair et, dans la nuit du 30 juin, de gigantesques flashes étaient apparus. L'objet (objet car son origine n'a jamais pu être déterminée d'une manière définitive avec certitude) de la Toungouska est tombé le 30 juin 1908, à 7h17mn11s heure locale (0h17mn11s TU), dans la vallée de la rivière Toungouska pierreuse, un affluent du Iénisséi, le grand fleuve sibérien. La localisation exacte de l'impact se situe à la latitude 60°55' nord et à la longitude 101°57' est, à 60 km de la petite ville de Vanavara et à environ 800 km au nord-ouest du lac Baïkal. Il s'agit d'une région boisée, marécageuse en été et gelée en hiver, pratiquement déserte dans la taïga sibérienne. La matinée démarrait à peine quand un météore blanc-bleuté éblouissant, suivi d'une épaisse traînée de poussières beaucoup plus sombre, fut observé pendant quelques dizaines de secondes par de nombreux témoins, dans une très vaste région en forme de demi-cercle de plus de 700 km de rayon. Des simulations modernes ont permis de préciser plusieurs paramètres, notamment ceux concernant la magnitude du météore vu de plusieurs villes et villages situés dans la zone d'observation. A 90 km d'altitude, il était de magnitude –5, déjà magnifique, attirant l'attention des rares habitants de la région. A 75 km, la magnitude apparente était de –9, passant très rapidement à –13 à 60 km, à –18 à 45 km et à –22 à 30 km d'altitude. A cet instant, le météore était encore 100 fois moins brillant que le Soleil, mais tous les témoins pressentaient déjà la catastrophe à venir. A 15 km d'altitude, il atteignit quasiment l'éclat du Soleil (–27), c'était un deuxième soleil dans le ciel, comme l'on raconté les témoins éberlués et terrorisés. Juste avant l'impact, au-dessus de Vanavara, la ville la plus proche, il atteignit la magnitude fantastique de –32, 100 fois la magnitude du Soleil, aveuglant les rares témoins qui suivaient encore sa course folle dans le ciel. Puis ce fut l'explosion finale, la désintégration, dans un paroxysme de bruit et de lumière, comme il ne s'en produit sur Terre qu'une fois tous les 500 ans peut-être. Le météore, qui avait une trajectoire sud-est/nord-ouest, apparut au nord du lac Baïkal et survola le ciel sibérien jusqu'à 60 km au nord de Vanavara, avant d'exploser dans l'atmosphère, provoquant des phénomènes acoustiques intenses, puisque des explosions sourdes furent entendues à des distances supérieures à 1000 km (figure). Au-dessus du site de l'explosion, des flammes et un nuage de fumée, que des témoins comparèrent à une "fontaine de feu", furent observés montant vers le ciel à une hauteur supérieure à 20 km. Les Toungouzes, seuls et rares habitants de la région, crurent que c'est leur dieu du feu, Ogdy, qui tombait sur la Terre. Nous utiliserons ce nom pour parler du corps cosmique. Dans de nombreux endroits de la région, le sol et les bâtiments tremblèrent comme pendant un violent tremblement de terre. A Vanavara, un souffle brûlant jeta des témoins à terre, brisa des vitres et provoqua des dégâts sévères dans les récoltes. Un peu plus au nord, les plus proches témoins du drame, des nomades vivant sous la tente, furent littéralement balayés par cette formidable onde de choc et leurs tentes arrachées. Pourtant, comme il n'y avait pas, apparemment, d'habitants dans une aire de 30 km autour du point d'explosion, cette catastrophe extraordinaire n'a fait aucune victime humaine connue. Seuls, paraît-il, un troupeau de rennes et probablement quelques autres animaux vivant dans la forêt de sapins, au-dessus de laquelle eut lieu l'explosion, furent anéantis par la chaleur ou le feu qui dévasta plusieurs centaines de kilomètres carrés de forêt. http://membres.lycos.fr/florentplanchon/Images/Tunguska.jpg 1. Site de la chute - 2. Trajectoire d’Ogdy dans l’atmosphère - 3. Limite de la zone de visibilité du phénomène - 4. Limite de la perception des phénomènes auditifs - 5. Route suivie par la première expédition dirigée par Kulik. On voit aussi le tracé du transsibérien qui était à l’intérieur du périmètre des phénomènes acoustiques. (Document E.L. Krinov). La flèche indique la trajectoire suivie par Ogdy : sud-est/nord-ouest. Dans un cercle de 20 km autour du point d’explosion tout a été dévasté, l’effet de souffle a eu de sérieux prolongements latéraux, notamment vers le nord-est (45 km) et le sud (45 km). Entre ces points extrêmes, pas moins de 85 km de forêt ont été totalement détruits. (D’après E.L. Krinov). La chute d’Ogdy et l'explosion qui suivit causèrent une onde sismique importante. Celle-ci fut enregistrée à Irkoutsk, ville située à 893 km exactement de l'épicentre du lieu de l'explosion, 45 minutes et 6 secondes plus tard, se déplaçant à la vitesse classique de propagation des ondes aériennes, soit 330 mètres/seconde environ. L'onde sismique, qui fit le tour de la Terre, fut également enregistrée à Potsdam en Allemagne. Trois autres ondes sismiques moins importantes laissèrent aussi leur empreinte sur les appareils enregistreurs, elles seraient dues à des ondes aériennes d'explosion. Cette célèbre photo date de 1938. Elle a été obtenue lors de la première couverture aérienne destinée à cerner l’étendue exacte des dégâts. Trente ans après la collision, les spécialistes purent enfin constater la force de l’effet de souffle qui coucha une forêt de conifères sur plusieurs centaines de kilomètres carrés. A noter que les troncs de certains arbres sont restés debout. Sur cette photographie, contrairement à la précédente, tous les arbres ont été couchés par l’effet de souffle dévastateur. Cette partie de la forêt, plus proche du point de l’explosion, fut plus exposée au souffle qui ne laissa rien debout. Les effets atmosphériques Le "London Times" sortit quelques jours après l'incident cite la lettre d'un lecteur de Brancaster qui se rappelle les faits : "Monsieur, frappé par l'inhabituelle brillance du ciel, le groupe de golfeurs resta ici sur le terrain jusqu'à 11 heure du soir afin d'observer le phénomène de façon ininterrompue. En regardant du côté nord de la mer, le ciel avait l'apparence d'un coucher de Soleil mourant d'une exquise beauté. Non seulement il persista mais il grandit et s'intensifia jusqu'à 2h30 du matin lorsque des nuages cachèrent les splendides couleurs. A 1h15 du matin la clarté du ciel était si forte que je pouvais confortablement lire un livre depuis ma chambre. A 1h45 le ciel entier, du côté Nord et N.E, était délicatement rose saumon tandis que les oiseaux commencaient leurs chants matinaux. Il ne fait aucun doute que d'autres ont remarqué ce phénomène, mais étant donné que Brancaster occupe une place unique en face de la mer du Nord, nous sommes restés sur place pour avoir la meilleure vue possible du phénomène". Bien que Fred Whipple suggéra que cette luminescence avait été provoquée par la queue d'une petite comète, l'opinion générale pense plutôt que c'est l'effet du souffle provoqué par l'onde de choc qui souleva la poussière du sol jusqu'à la stratosphère, entre 40 et 70 km d'altitude, suffisamment haut pour qu'elle puisse refléter la lumière du Soleil bien longtemps après son coucher. La poussière forma des nuages noctiluscients et des halos autour du Soleil au point que l'Observatoire Astronomique du Smithsonian et celui du Mont Wilson installé en Californie enregistrèrent une réduction de la transparence de l'air. Une clarté nocturne apparût ainsi au-dessus de l'Asie septentrionale et de l'Europe durant trois jours, le temps que la poussière se dissipe et retombe lentement. A gauche tracé de l'évolution du halo atmosphérique rougeâtre qui est apparu dans le ciel européen entre le 30 juin et le 1er juillet 1908. En dessous, la distribution des orages durant l'année qui suivit l'événement de la Tunguska. Documents I.T.Zotkin et A.L.Tchijevsky, ORC. Sources pour tout savoir : http://www.astrosurf.com/macombes/chapitre%209-me.htm http://forum.aceboard.net/21838-1968-12577-0-evenement-TOUNGOUSKA-1908.htm Florent. Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
Damien49 Posté(e) 21 mai 2005 La-Chapelle-Saint-Florent - 49 (proche 44, bord Loire) Partager Posté(e) 21 mai 2005 J'avais déjà lut des articles et des choses relatant cet évenement unique en son genre, mais jamais de façon aussi complète et aussi bien raconté. Bravo donc.... PS : la première image est bien entendu une fausse image. Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
CFR Posté(e) 21 mai 2005 Vincennes (94) / Penta di Casinca (2B) / Quiberon (56) Partager Posté(e) 21 mai 2005 Excellente mise au point, Florent. Bravo et merci ! Fascinant quand même... /emoticons/ohmy@2x.png 2x" width="20" height="20"> Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
paparazzi Posté(e) 21 mai 2005 Dontreix - Creuse (23) - altitude : 720 m Partager Posté(e) 21 mai 2005 Merci Florent pour ce dossier pédagogique sur ces événements mystérieux... ça fait froid dans le dos quand on imagine qu'un phénomène de ce type pourrait se produire un jour au dessus d'une zone intensément peuplée, sans parler des ravages subis par les côtes si cela devait tomber en mer (le plus probable) A ce sujet, j'avais entendu parler d'une énorme météorite tombée en France dans la région de Chatellerault dans la Vienne, il y a fort longtemps heureusement. Quelqu'un en saurait il un peu plus sur ce cataclysme de grande ampleur ?? Quelle est la récurence de ce type de phénomène pour un point donné du globe? Cela se compte-t-il en milliers ou centaines de milliers d'années ?? Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
florent76 Posté(e) 21 mai 2005 Auteur Partager Posté(e) 21 mai 2005 Les impacts météoritiques en France. Plus de 60 météorites ont visiblement impactées la France depuis 500 ans. Cartes de tous les impacts de météorites recensés depuis 500 ans En voici la liste complète : Nom, lieu et date de chute des Météorites Tombées en France Tableau de la chute de la météorite d'Ensisheim en Alsace. Depuis la chute de la météorite d'Ensisheim en Alsace en 1492, soixante sept autres météorites ont été recensées. Au total 61 "chutes" et 7 "trouvailles" ( en comptant Ensisheim ). Les météorites françaises les plus célèbres sont la météorite d'Ensisheim tombée le 7 novembre 1492 et celle tombée à l'Aigle le 26 avril 1803. Mais à elles deux, il faudrait écrire tout un chapitre tant elles comportent d'anecdotes et d'éléments déterminants dans l'histoire des météorites. Vous pourrez retrouver quelques anecdotes sur ces deux météorites dans le chapitre "météorites d'exception" du site proposé en lien. Photographie de la météorite d'Ensisheim Nous avons quelques chutes assez respectables en France aussi. Pour preuve, l'une d'elles a laissé des traces dans la région de Rochechouart dans le Bas-Limousin. On estime cette météorite à quelques six milliards de tonnes. Elle s'est vaporisée entièrement en percutant le sol, créant un cratère d'environ 20 km de diamètre. Sous l'effet de l'explosion, 13 Km3 de roches se sont vaporisées et 66 Km3 ont fondu. ROCHECHOUART, Limousin France. Un cratère s'est formé au centre de la France il y a 210 millions d'années. L'érosion a tout effacé. On ne retrouve aucune trace de la météorite incidente qui s 'est vaporisée au moment de l'impact. Mais les roches locales ont gardé le souvenir de l'événement. Dernièrement le "Jet propulsion laboratory" de Pasadena affirmait que le cratère de Rochechouart était lié à une série d'autres cratères dont le fameux Manicouaga du Canada. Ces cratères formés à la même époque et situés sur deux lignes parallèles pourraient provenir d'évènements communs. Pour les paléontologues, l'âge de ces cratères correspond également à une extinction massive d'animaux, en particulier les fameux tétrapodes CHASSENON. Un autre cratère de 220 mètres de diamètre et 50 mètres de profondeur, celui de Cabrerolles, dans l'Hérault, est aujourd'hui sujet à discussion quant à son origine. S'agit il d'un cratère météoritique ou d'un effondrement des couches superficielles?.. Plusieurs géologues et chercheurs ont essayés de prouver l'origine météoritique de ce cratère, mais aucune preuve sérieuse n'a pu être avancée jusqu'ici. Dans tous les cas, cela n'a pas empêché les propriétaires du site d'élaborer un vin ayant pour appellation "DOMAINE DU METEORE". On peut tout de même voir des échantillons de ces météorites au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, qui présente au centre de la galerie de minéralogie, un choix important de météorites, en particulier un superbe spécimen de 2,4 Kg de la météorite de Château Renard. C'est au Musée de la Régence, à Ensisheim, que la masse principale de la célèbre météorite qui porte le même nom est exposée. Il s'agit d'une pierre de près de 56 Kg, gardée jour et nuit, par la Confrérie des Gardiens de la météorite. Les treize membres de la Confrérie se couvre d'une longue cape rouge, d'un chapeau surmonté d'une plume rouge, et se suspendent au cou une énorme plaque ronde. Beaucoup de monde, me direz vous, pour une seule pierre, mais n'oublions pas qu'aujourd'hui, cette pierre représente énormément d'argent, pour qui serait en sa possession... Source : www.meteorite.fr FLorent. Lien à poster Partager sur d’autres sites More sharing options...
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