charles.muller

La courbe de hockey, où en est-on ?

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GD   

juste un mot sur les missions du LRCE piloté par M.Leroux:

ses compétences propres reconnues par le CNRS sont:

Dans le cadre de l'OTHU, le Laboratoire de Climatologie - Risques - Environnement (LCRE) se situe à l'amont des autres partenaires puisqu'il étudie les flux entrant dans le système. Un premier groupe de travail est chargé d'étudier l'ensemble des situations synoptiques ou locales ayant entraîné des séquences pluviogènes (de faibles ou de fortes intensités) puis d'analyser la variabilité spatio-temporelle de ces séquences. Dix stations météorologiques multi-paramètres sont actuellement en cours d'installation dans l'agglomération lyonnaise afin de densifier le réseau de pluviomètres existant du Grand Lyon.

Un second groupe de travail est axé sur la pollution de l'eau de pluie.

Ces différents axes de recherche aboutiront principalement à définir un mode de prévention efficace concernant les situations météorologiques à risques ainsi que les pluies de l'agglomération lyonnaise qui pourront résulter de ces situations. Les risques majeurs tels que pollution, inondations et glissements de terrains pourront ainsi être mieux prévenus. (2 thèses en cours + mémoires de maîtrise et DEA associés)

Fine de récupération sur le net:

lien:

http://www.graie.org/othu/part_6.htm

A vous de voir...

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Sur les chênes groënlandais, votre question est évidemment très pertinente. Mais je pense que je n'en suis pas le destinataire principal, puisque la présence des thermophiles au Groenland alimente mon scepticisme (désormais bien connu) sur le caractère exceptionnel des chaleurs actuelles dans cette zone. Notons que de tels indices localisés ne suffissent pas à dire que les températures étaient globalement plus chaudes à l'époque médiévale. Mais pour le Groenland, et par extension pour la zone arctique, cela pose de vraies questions. J'ignore si l'on dispose par ailleurs d'indices sur le niveau des mers à cette époque - de mémoire, les modèles du GIEC annoncent 7 mètres d'élévation si le seul Groenland venait à fondre. Si le modèle est exact, la présence médiévale de chênes a bien dû se traduire par des variations notables.

Ou alors il faut imaginer des variants génétiques de l'arbre plus résistants au froid, mais ils seraient sûrement documentés ailleurs et leur lignée aurait survécu jusqu'à nos jours. A ce sujet, quelles est la limite d'extension actuelle des chênes dont vous parlez ?

Il semblerait que les Vikings aient largement déboisé la très petite partie du Groenland alors peuplée de chênes. Le retour du froid, surtout avec le "petit âge glaciaire" a du parachever leur disparition.Ceci dit, l'"optimum climatique" médiéval constitue pour moi aussi une interrogation. Il n'est cependant absolument pas sûr que le réchauffement qu'il traduit ait été aussi notable partout sur la planète (c'est même plutot le contraire, les régions périarctiques apparaissant plus réactives aussi bien aux situations de réchauffement que de refroidissement). De plus, il est absolument certain que, même à cette époque, la grande masse de l'inlandsis groënlandais n'avait pas fondu !

Alain

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Il semblerait que les Vikings aient largement déboisé la très petite partie du Groenland alors peuplée de chênes. Le retour du froid, surtout avec le "petit âge glaciaire" a du parachever leur disparition.

Ceci dit, l'"optimum climatique" médiéval constitue pour moi aussi une interrogation. Il n'est cependant absolument pas sûr que le réchauffement qu'il traduit ait été aussi notable partout sur la planète (c'est même plutot le contraire, les régions périarctiques apparaissant plus réactives aussi bien aux situations de réchauffement que de refroidissement). De plus, il est absolument certain que, même à cette époque, la grande masse de l'inlandsis groënlandais n'avait pas fondu !

Alain

J'ai du mal à comprendre tout de même... Autant je pense que l'optimum climatique a pu être plus chaud qu'on ne le pense généralement, autant il me paraît évident que la grande masse groënlandais n'avait pas fondu... Partant de là, j'ai du mal à imaginer la cohabitation dans un espace proche d'une calotte de glace avec des chênes. Peut-être est-ce une méconnaissance de ma part de la faculté d'adaptation des végétaux ? Dans ce cas, cela induit-il bien que le climat y était sérieusement réchauffé et pas que d'un degré ?? Quel réchauffement nécessiterait actuellement l'implantation de ces chênes au Groenland et quel en est leur aire de répartition actuelle ??Est-ce que l'optimum climatique se serait traduit par des circulation atmosphériques différentes ?? Est-ce que le réchauffement du Groenland était localement plus important que dans d'autres zones ?? A cause d'un Gulf Stream plus puissant avec d'autres bifurcations poussant éventuellement de l'eau chaude jusque là ??? Par le simple fait d'une activité solaire soutenue permettant aux climats subtropicaux de gagner vers le nord en repoussant d'autant les climats tempérés ??

Autant dire que tout cela suscite bien plus de questions que de réponses... Ce serait très intéressant si quelqu'un avait des pistes sur une ou plusieurs de ces questions !

Florent.

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Controverse sur la reconstruction climatique de Mann

Rappel des faits et des liens :

Le site web support du papier : “Corrections to the Mann et. al. (1998) Proxy Data Base and Northern Hemispheric Average Temperature Series”

http://www.uoguelph.ca/~rmckitri/research/trc.html

Le fichier excel contenant les graphiques et les données corrigées :

http://www.uoguelph.ca/~rmckitri/research/fig7-8-final.xls

Les questions-réponses entre Steven McIntyre, Ross McKitrick et le Professor Mann dont l'étude datant de 1998 est critiquée :

http://www.uoguelph.ca/~rmckitri/research/Response.Oct29.pdf

Florent.

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Est-ce un effet de la proximité de GIEC 2007 ? Un commentaire vient de paraître deux ans (!) après la parution d'un article (Von Storch 2004).

Pour résumer rapidement :

Von Storch (VS) et al. (VS2004) ont critiqué la célébrissime "crosse de hockey" de Mann et al. (1998, 1999) en montrant que son usage intensif des anneaux de croissance n'était pas accompagné des précautions statistiques nécessaires - car les anneaux de croissance sont des proxies connus pour répondre à des signaux climatiques autres que les tendances à long terme des températures. A évaluant le "bruit" statistique de cette imprécision sur les périodes de référence et de validation (1902-80 ou 1854-1901) et en le projetant sur le passé, VS et al. (2004) ont montré la probable variabilité du climat passé (figure ci-dessous), sans rapport aucun avec la crosse de hockey (bruit = méthode ECHO-G sur la figure).

Wahl et al. viennent de publier une critique de VS2004 (Science 2006), à laquelle bien sûr VS et al. répondent. Il n'y a pas une substance énorme dans cet échange - ce qui rend sa publication actuelle bien étrange, puisque les commentaires tardifs en revues scientifiques sont généralement le fait de remises en cause substantielles du papier commenté.

Wahl et al. se contentent pour l'essentiel de souligner qu'une reconstruction postérieure de Zorita et VS (2005) trouve une amplitude moindre que dans le travail de 2004, et considèrent que le "bruitage" des données par VS2004 n'est pas pertinent et risque au contraire de fausser l'interprétation des tendances. VS et al campent néanmoins sur leur position en rappelant que si Mann98/99 colle bien à la période de référence (1902-80) centrée sur 1930 (même avec des données bruitées), la corrélation avec la période de validation (1854-1901) n'est que de 0.23 (si l'on utilise ces mêmes données bruitées), ce qui laisse selon eux planer un doute important sur la crosse de hockey (schéma de droite ci-dessous, où l'on voit que la bonne adéquation au XXe siècle devient très vite problématique au XIXe).

vs4gc.jpg

***

Rappelons qu'au-delà de l'anecdote pour décideurs (1998 est l'année la plus chaude depuis Charlemagne, et pourquoi pas depuis les dinosaures), l'enjeu véritable de la crosse de hockey est l'estimation de la variabilité naturelle du climat. Selon qu'elle est faible ou forte, l'estimation de la sensibilité climatique aux activités humaines récentes l'est inversement.

Cette courbe de hockey, une pièce maîtresse du dispositif médiatique (mais non scientifique) de GIEC 2001, est devenue en quelque sorte un proxy pour évaluer la future objectivité de GIEC 2007. Soit le GIEC 2007 reconnaît qu'elle est contestée dans sa méthodologie et non reproduite par d'autres études sur d'autres proxies (donc, que l'abstention est la position la plus prudente tant que les reconstructions ne sont pas plus uniformes). Soit le GIEC 2007 récupère les légères variantes récentes de la crosse de hockey (Mann2003, Briffa2005, etc.) pour essayer de sauver la face sans reconnaître le caractère péremptoire et prématuré de son usage en 2001.

Réponse dans un an.

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meteor   

Rappelons qu'au-delà de l'anecdote pour décideurs (1998 est l'année la plus chaude depuis Charlemagne, et pourquoi pas depuis les dinosaures), l'enjeu véritable de la crosse de hockey est l'estimation de la variabilité naturelle du climat. Selon qu'elle est faible ou forte, l'estimation de la sensibilité climatique aux activités humaines récentes l'est inversement.

Ah bon?

Ce raisonnement n'est pas exact, à mon sens.

La sensibilité climatique à un forçage naturel peut être forte sans que cette même sensibilité à un forçage anthropique soit faible.

Bien au contraire.

Si le climat réagit d'avantage à des perturbations naturelles que prévu par les modèles, il y a des soucis supplémentaires concernant les prévisions de température pour les décennies à venir.

Au fait une corrélation de "seulement 0.23" cela veut dire quoi exactement?

Et quelle est l'amplitude trouvée par VS2005 par raport à VS 2004?

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Ah bon?

Ce raisonnement n'est pas exact, à mon sens.

La sensibilité climatique à un forçage naturel peut être forte sans que cette même sensibilité à un forçage anthropique soit faible.

Exact, j'ai rédigé un peu trop vite ce matin. Disons plus simplement et au minimum qu'une variabilité naturelle forte entre 1000 et 1860 atténue le caractère exceptionnel de la variabilité 1860-2000, quelles que soient les causes de cette dernière. Par ailleurs, le fait de savoir si la temp. connaît des variabilités naturelles importantes sans modifications notables des GES atmosphériques est assez important pour le paramétrage des modèles.

Au fait une corrélation de "seulement 0.23" cela veut dire quoi exactement?

Je suppose qu'il s'agit de la corrélation entre la reconstruction MBH98-99 "bruitée" et les données du réel sur la période de contrôle (et une corrélation de 0,23 doit signifier dans ce cas env. 53% de fidélité entre les deux séries).

Et quelle est l'amplitude trouvée par VS2005 par raport à VS 2004?

Extrait de Wahl :A later 2005 conference report by Zorita and von Storch (ZVS05) (5) acknowledged that VS04 had altered the MBH procedure to base their reconstructions on detrended data, training the model on year-to-year variability. ZVS05 showed results for the same analysis using nondetrended data, which calibrate and verify far more realistically [figure 3 in (5)]. These results indicate still some, but much smaller, amplitude loss in the MBH method, at most ~0.2° for the perfect pseudoproxy case (which VS04 suggest shows loss of low frequency variance "induced by the method alone"), in relation to a total excursion of ~1.3° over the 1000-year simulation.

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meteor   

A later 2005 conference report by Zorita and von Storch (ZVS05) (5) acknowledged that VS04 had altered the MBH procedure to base their reconstructions on detrended data, training the model on year-to-year variability. ZVS05 showed results for the same analysis using nondetrended data, which calibrate and verify far more realistically [figure 3 in (5)]. These results indicate still some, but much smaller, amplitude loss in the MBH method, at most ~0.2° for the perfect pseudoproxy case (which VS04 suggest shows loss of low frequency variance "induced by the method alone"), in relation to a total excursion of ~1.3° over the 1000-year simulation.

ok merci pour ces infos.

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J'ai du mal à comprendre tout de même... Autant je pense que l'optimum climatique a pu être plus chaud qu'on ne le pense généralement, autant il me paraît évident que la grande masse groënlandais n'avait pas fondu... Partant de là, j'ai du mal à imaginer la cohabitation dans un espace proche d'une calotte de glace avec des chênes. Peut-être est-ce une méconnaissance de ma part de la faculté d'adaptation des végétaux ? Dans ce cas, cela induit-il bien que le climat y était sérieusement réchauffé et pas que d'un degré ?? Quel réchauffement nécessiterait actuellement l'implantation de ces chênes au Groenland et quel en est leur aire de répartition actuelle ??

Est-ce que l'optimum climatique se serait traduit par des circulation atmosphériques différentes ?? Est-ce que le réchauffement du Groenland était localement plus important que dans d'autres zones ?? A cause d'un Gulf Stream plus puissant avec d'autres bifurcations poussant éventuellement de l'eau chaude jusque là ??? Par le simple fait d'une activité solaire soutenue permettant aux climats subtropicaux de gagner vers le nord en repoussant d'autant les climats tempérés ??

Autant dire que tout cela suscite bien plus de questions que de réponses... Ce serait très intéressant si quelqu'un avait des pistes sur une ou plusieurs de ces questions !

Florent.

Une petite étude issue de la bibliothèque de Lisieux et publiée au XIXe siècle par l'abbé Cochet célèbre chercheur archéologue en Normandie. Elle montre très bien comment les vignes ont disparues à partir de la fin du XVIIIe siècle laminées par de très sévères hivers, tandis que les vendanges avaient lieu de plus en plus tard en moyenne...http://www.bmlisieux.com/normandie/cochet01.htm

Cela montre encore une fois de plus que le climat était bien plus clément au Moyen-Âge.

Florent.

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