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yannick68

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Tout ce qui a été posté par yannick68

  1. Actuellement 26 à Leucate car la brise de terre s est levé et humidité en forte baisse. Les 27,5 de ce jour ont été relevé à la mi journée grâce à un petit reste de tramontane. Avec la levée de la brise marine cette après-midi, la température est passé à 22-23 degrés environ.
  2. Tant mieux, allant à Port-Leucate de lundi à vendredi prochain, j'ai cru comprendre qu'il y aura un peu de tramontane du moins en début de semaine et un temps bien ensoleillé et chaud.
  3. Oui vous avez raison, étant à l'extrême sud de l'Alsace à la frontière avec la Suisse et l'Allemagne nous venons de subir un orage entre 13h15 et 14h15 : tonnerre en continue, de beaux éclairs et surtout une forte pluie, à présent cela s'est déjà calmé, il y a encore quelques goutes qui tombent dans une ambiance quelque peu rafraîchis. Enfin, tout cela pour dire que sa m'étonnerais que nous allons encore avoir quelque chose aujourd'hui!!
  4. Nous n'avons même pas atteint la barre des 10 degrés ici : temps gris, humide, d'abord pluvieux puis une espèce de bruine, froid pour un 1er mai, ciel complètement bouché et limite brumeux !! 9° actuellement ce qui est le max de la journée...
  5. Idem ici à St-Louis à proximité de la station météo de Bâle Mulhouse, certes il a fait 19,8 degrés lundi mais pas de 20° officiellement encore atteint et voici ce que je publiais ici le 5 avril : "Après une recherche rapide sur la station Bâle-Mulhouse depuis 1973 (donné météociel), les 20° les plus tardifs atteint sont le 21 avril 1986 et 1992. Environ 3 années sur 4, on atteint les 20° courant mars. Ce n'est sans doute pas dans les 7 prochains jours qu'on atteindra la barre des 20° dans le secteur. A suivre !! "
  6. Après une recherche rapide sur la station Bâle-Mulhouse depuis 1973 (donné météociel), les 20° les plus tardifs atteint sont le 21 avril 1986 et 1992. Environ 3 années sur 4, on atteint les 20° courant mars. Ce n'est sans doute pas dans les 7 prochains jours qu'on atteindra la barre des 20° dans le secteur. A suivre !!
  7. Je me suis rendu compte que nous n'avons pas encore atteint la barre des 20° en plaine d'Alsace du moins sur les 3 stations de Strasbourg, Colmar et Bâle-Mulhouse, par curiosité est ce que quelqu'un sait à quelle date les 20° les plus tardifs ont été atteint? D'après ce que j'ai pu voir, les dernières années c'était généralement vers la mi-mars que les premiers 20° ont été observé.
  8. Quand même 124 km/h à Bâle-Mulhouse à 18h, soit le vent enregistré le plus fort depuis décembre 1999... et encore 106 km/h entre 21h et 22h... Une grave erreur de ne pas nous avoir placé en alerte orange !!
  9. Après 124 km/h à 18h, 106 km/h entre 21h et 22h sous un fort grain avec éclairs et coup de tonerre ! Quelle journée!
  10. Je me demande si les 124 km/h relevé aux alentours de 18h à la station de Bâle Mulhouse n'est pas la valeur la plus élevée depuis le 26 décembre 1999, en tout cas c'était impressionnant, les vitres ont tremblées chez moi et c'est bien la 1e fois que sa fait cela!!
  11. 124 km/h à Bâle-Mulhouse à 18h!!
  12. Oui, elle a dit que la vigilance vent va être levé, ce qui pour le grand public veut dire : "Ah ben cool, demain plus de vent!" Quand on sait le risque éventuel... C'est vraiment du grand n'importe quoi!
  13. Mais vraiment hallucinant le bulletin météo pour demain sur TF1!! Rien de rien!!
  14. Oui et même pas de vent prévu sur le Nord Pas De Calais demain après midi
  15. Article très intéressant qui nous apprend que le Rhin est à son plus bas niveau depuis 1976, ce qui n'est pas sans conséquence : http://www.20minutes.fr/strasbourg/1728859-20151112-alsace-rhin-plus-bas-niveau-depuis-40-ans
  16. En effet, c'est de l'inédit ce que nous sommes entrain de vivre actuellement. Du jamais vu depuis les relevés météorologique en Alsace 24° à Colmar, 23° à Bâle-Mulhouse un 7 novembre!! quelque chose ne tourne plus rond et tout semble s'accélérer ces dernières années. Des printemps et notamment des mois d'avril, anormalement sec et chaud, un été hors norme et à présent ce mois de novembre. Clairement la sensation à l'ombre était plus que printanière et carrément estival au soleil!! Et surtout, ce n'est pas seulement 1 jour isolé, voici déjà le 3e jour ou nous dépassons allégrement les 20° et ce n'est pas fini!! Oui vraiment, nous vivons un phénomène hors norme et historique pour une fin de 1e décade de novembre.
  17. Plein soleil ici à Saint-Louis dans le sud du Haut-Rhin, depuis une bonne partie de la matinée. Hier soir et cette nuit, nous étions concerné par des brouillards qui se sont vite dissipés ce matin. La température actuellement de 15° et il fait carrément très très doux au soleil.
  18. Voici un article très intéressant à lire, il date de 1871 rédigé par un certain Charles Grad, qui s'adresse à la société météorologique de France, nous pouvons un peu comparé ce climat de l'Alsace et des Vosges dont il fait mention à son époque le XIXé siècle à notre époque actuelle en ce début du XXIe siècle. Bonne lecture! Conférence à la Société météorologique de France Messieurs, En vous présentant mes études sur le climat de l’Alsace et des Vosges [1], je vous prie de vouloir bien m’autoriser à vous exposer les principaux résultats de ce travail. Chacun sait que le climat d’un pays dépend surtout de sa position géographique et de son relief. Or, l’Alsace s’étend en latitude de 47°30’ à 49°10’ nord et sous la longitude moyenne de 4°40’ environ à l’est du méridien de Paris. Son point culminant se trouve au ballon de Guebwiller, à 1426 mètres au-dessus du niveau de l’Océan, tandis que les mers les plus proches, la Manche et la Méditerranée, en sont distantes de 500 à 600 kilomètres. L’élévation du sol varie entre 1400 mètres et plus dans la région des montagnes jusqu’aux altitudes respectives de 278, de 338 et de 144 mètres entre les positions extrêmes de Bâle, Épinal et Strasbourg. C’est la chaîne des Vosges qui donne au relief du pays ses traits caractéristiques, Elle se dirige du sud-ouest au nord-est, suivant une ligne parallèle au Rhin et sur une longueur de 270 kilomètres, depuis Belfort jusqu’au confluent du Rhin avec les eaux de la Nahe à Mayence. Supposons, pour faire ressortir mieux cette structure, qu’un cataclysme subit, un nouveau déluge élève de 400 mètres le niveau actuel des mers : la Lorraine et la plaine d’Alsace sont couvertes par les eaux, et de leur sein les Vosges émergent comme un archipel montagneux dont les parties hautes constituent, au sud du groupe, l’île principale, rappelant les contours de l’Angleterre par le tracé de ses cotes. Cette île s’étendrait du sud au nord sur une longueur de 120 kilomètres, depuis le ballon d’Alsace et le ballon de Servance jusqu’à la crête du Hohhoelzel, en face de Strasbourg, avec une étendue de 30 kilomètres dans le sens de sa plus grande largeur, de Jesonville à Guebwiller. Son bord dentelé se dessine vers l’est par une falaise de grès, tandis que sur le versant opposé les collines calcaires de la Moselle et les affleurements du trias se suivent tour à tour. Les cimes des monts Faucilles forment un groupe perpendiculaire à la chaîne en face du ballon d’Alsace. Enfin, vers l’extrémité septentrionale, le Lichtenberg, le Liebfrauenberg, le Scherholl, dépassent encore, avec plusieurs autres sommets, la hauteur moyenne des basses Vosges au-dessus du niveau de 400 mètres, quoique les montagnes de cette partie de la chaîne s’élèvent réellement plus au-dessus des plaines d’alentour qu’elles le sembleraient pendant notre inondation supposée, car le Rhin, descendant de Bâle vers Mayence avec une pente de 175 mètres, fait ressortir d’autant la hauteur relative dos montagnes. Plus variable en Alsace que sur les cotes de la Méditerranée et de l’océan Atlantique, la température de l’air ne présente cependant pas chez nous des oscillations comme celles observées en Sibérie et dans le nord du continent américain. A Yakoutsk, dans l’intérieur de la Sibérie, le thermomètre varie de -50°C à +30°C, tandis qu’à Strasbourg il n’est pas descendu au-dessous de -23°C et n’a pas monté au-dessus de 36°C. Ce sont là les écarts extrêmes en ce siècle. Année moyenne, d’après les observations faites successivement de 1801 à 1870 par Herrenschneider, le docteur Bœckel et M. Hepp, la température de Strasbourg oscille entre +32°C et -13°C ; elle s’est abaissée à -4°C pendant les hivers les plus tièdes et a atteint + 26°C pendant les étés les plus froids. Entre la moyenne de l’été, qui est de 18,1°C et la moyenne de l’hiver qui est de 1,3°C, il y a une différence de 16,8°C, la différence entre les degrés extrêmes étant de 60°C environ pendant la période de 1801 à 1870. Strasbourg offre d’ailleurs pour cette même période une température moyenne de 10,2°C, qui peut être admise à peu près pour toute la plaine d’Alsace. A Wesserling, dans la vallée de la Thur, nous trouvons, d’après M. Marozeau, un minimum de -23,7°C en janvier 1855, contre un maximum de 37°C en juin 1861, et une moyenne annuelle de 8,1°C. Dans l’intérieur des Vosges, à une élévation de 620 mètres, la température la plus basse à la station du Syndicat, selon les observations de M. Thiriat, a été depuis 1858 de -17,5°C et la plus haute de 33°C, avec une moyenne de 7,7°C. Plus haut encore, au col de la Schlucht, situé à 1150 mètres au-dessus du niveau de la mer, la moyenne se tient entre 4°C et 5°C seulement. En somme, la chaleur diminue de 1 degré pour 200 mètres d’élévation verticale, un peu plus ou moins suivant les saisons et abstraction faite de l’influence des expositions, qui modifie au milieu des montagnes l’influence de l’altitude. L’altitude n’influe pas seulement sur la température de l’atmosphère, mais elle agit aussi sur celle des sources, dont la température diminue également de 1 degré environ pour 200 mètres d’élévation verticale, dans les Vosges comme dans la forêt Noire et dans les Alpes. Cette température des sources peut varier de 0°C à 3°C selon les saisons, quoique sur certains points elle demeure constante pendant toute l’année, comme la fontaine Briant entre autres, qui, jaillissant par 850 mètres d’altitude, sur les flancs du Hohnach, vers le contact du granit et du grès vosgien, oscille seulement entre 7,2°C et 7,4°C. À altitude égale, la température des sources est de plus supérieure à celle de l’air, et il en est de même pour les eaux courantes. Tandis que la température moyenne de l’air atteint à Strasbourg 10,2°C, celle des eaux de l’Ill s’élève à 11,2°C dans la même ville, et la moyenne du Rhin au pont de Kehl à 10,9°C pour une période de dix années. À Turckheim, j’ai trouvé, après deux ans d’observations, pour les eaux de la Fecht, affluent de l’Ill, une moyenne de 10,7°C, contre 10,6°C pour la température de l’air, avec un maximum de 24°C en été et un minimum de -0,2°C en hiver. Pour ces trois cours d’eau, pour la Fecht comme pour l’Ill et le Rhin, la température de l’eau dépasse celle de l’air en hiver, et elle lui est inférieure en été, avec des variations d’autant moins considérables que le courant est plus volumineux. Pendant que la température diminue avec l’attitude, l’abondance des pluies et des neiges augmente. D’un autre coté, la distribution des eaux météoriques suivant les saisons change aussi de proportion entre les montagnes et les basses terres, les eaux d’hiver surpassant dans les Vosges les pluies d’été qui prédominent en plaine, En moyenne, il tombe à Strasbourg 672 millimètres d’eau par année ; mais la hauteur recueillie en 1852 s’est élevée à 896 millimètres, et à 358 millimètres seulement en 1842. À la Hothlach, dans le massif du Champ-du-Feu et par 1000 mètres d’altitude, la quantité moyenne est de 1540 millimètres, avec un maximum annuel de 2142 millimètres en 1860 et un minimum de 923 millimètres en 1857. Il pleut donc plus dans les montagnes qu’en plaine. D’autre part, les pluies paraissent aussi plus abondantes sur le versant lorrain des Vosges que du coté de l’Alsace. Quant à l’excédant des eaux d’hiver sur les eaux d’été, il provient des neiges dont le col de la Schlucht reçoit parfois une couche de 2 mètres en vingt-quatre heures. En tenant compte de ces neiges dans les montagnes, nous obtenons pour l’Alsace une tranche d’eau annuelle de 850 millimètres au moins, par conséquent supérieure à la moyenne du bassin de la Seine, à peu près égale à celle du bassin du Rhône. Le degré d’humidité n’est pas moins satisfaisant, puisqu’à Strasbourg et à Colmar l’air renferme environ 75 % de la vapeur qu’il pourrait contenir s’il était complètement saturé. Sur les bords de la mer, l’atmosphère se tient plus près du point de saturation ; mais dans l’intérieur des continents, dans les steppes de l’Asie centrale et de l’Australie, elle offre seulement un degré moyen de 15 à 30 %. À Strasbourg, l’état hygrométrique descend rarement si bas, même pendant le mois d’avril, qui est le plus sec de l’année. D’après une expérience faite du 1er’ juillet 1844 au 30 juin 1846, pour fixer l’alimentation du canal de la Marne au Rhin, l’évaporation a été de 436 millimètres la première année et de 625 millimètres l’année suivante, proportion indiquée également par celle du débit de l’Ill, qui fournit à Strasbourg de 28 à 30% de l’eau tombée dans son bassin. Il y a d’ailleurs une relation manifeste entre le degré d’humidité et la direction des vents. Les vents dominants chez nous sont ceux du sud-ouest. La force de ces vents, leur fréquence est telle que, dans les Vosges, les arbres des crêtes tournent leurs branches vers le nord-est, en sens opposé. Comparés entre eux, les vents du sud se trouvent avec ceux du nord dans le rapport de 178 à 100 pendant les mois d’hiver, de 120 à 100 pendant les mois d’été. La direction des vents varie à l’extrême ; car il est peu de mois où la girouette ne fait pas le tour entier de l’horizon. Nous nous trouvons au milieu même du conflit permanent des courants polaires avec les courants de l’équateur près de la surface terrestre. Chacun de ces courants a des caractères distincts. Ceux du nord et du sud-est sont froids, accompagnés d’une forte pression barométrique ; avec un beau temps permanent. Ceux du sud et du sud-ouest élèvent au contraire la température, font baisser le baromètre, rendent l’air humide, couvrent le ciel de nuages et amènent la pluie. Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Telle se fait remarquer par ses fortes chaleurs, telle autre par ses pluies et par l’infériorité de sa température moyenne, de manière à modifier profondément la marche de la végétation, l’abondance et la qualité des récoltes. Ainsi, l’été de 1816 présenta, à partir du 21 mai, 90 jours de pluie, 7 jours couverts sans pluie et seulement 18 jours sereins. Les foins pourrirent sur pied, tandis que la moisson fut reculée jusqu’en septembre, après de nombreuses gelées blanches survenues en plein mois d’août et une forte neige tombée le 2 septembre. Pendant l’hiver de 1830, la gelée persista avec une intensité croissante du 3 décembre au 9 février. On entendait les arbres se fendre en détonant, nos rivières étaient toutes prises de glace, les oiseaux et le gibier périssaient en grand nombre sous les atteintes du froid, la terre était gelée à 1 mètre de profondeur ; même dans les lieux couverts de neige : le thermomètre descendit à 28°C au-dessous de zéro à Mulhouse, à -23°C à Strasbourg, à -26°C à Épinal. Voici d’ailleurs la statistique des jours de gelée, de neige, de pluie, sur divers points du territoire. Jours de pluie : à Strasbourg, 120 en moyenne, 105 au moins, 170 au plus par année ; au Syndicat, en moyenne, 112, maximum 166, minimum 78. Jours de neige : à Strasbourg, 16 en moyenne, 36 au plus et 9 au moins ; au Syndicat, 25 en moyenne, 50 au plus, 14 au moins. Jours de gelée : à Ichtratzheim, dans la plaine d’Alsace, en moyenne 80 jours ; à la station du Syndicat, dans les Vosges, 113. Nous avons par année de 15 à 20 orages à Turckheim, 40 à 50 jours de brouillard, une trentaine de gelées blanches. Ajoutons que les gelées sont plus fréquentes, plus tardives dans la plaine que dans la région des collines, à une plus grande hauteur le long des Vosges, car à Ichtratzheim, selon les observations de M. l’abbé Muller, il gèle encore en mai une fois tous les deux ans. Ces gelées tardives ont pour conséquence de restreindre la culture de la vigne dans la plaine, où elle ne donne d’ailleurs que des récoltes incertaines et des produits de qualité médiocre. Par contre, nous voyons de beaux vignobles s’élever sur les pentes mieux abritées des montagnes, jusqu’à 400 et 500 mètres au-dessus de la mer. Plus bas la plaine est vouée à la culture des céréales, et plus haut les montagnes sont couronnées de forêts suivies elles-mêmes de pâturages au delà de 1200 mètres d’altitude, à cause de la rigueur du froid. Comparé au reste de la France, le climat de l’Alsace paraît excessif et continental. Étés chauds, hivers froids ; variations brusques et fortes de température ; pluies plus abondantes que dans le nord, à peine inférieures à celles du bassin du Rhône et de la Garonne, avec prédominance des pluies d’été dans la plaine ; humidité de l’air modérée, présentant un degré hygrométrique moyen de 75% ; vents régnants du sud-ouest et du nord-est ; oscillations barométriques mensuelles assez considérables, avec une amplitude moyenne de 22 à 25 millimètres, avec des écarts extrêmes de 32 à 35 millimètres dans le même mois ; orages au nombre de 15 à 20 pour une même station ; grêles parfois désastreuses dans la plaine, très fréquentes au haut des montagnes, où cependant elles causent de moindres dégâts dans les forêts et les pâturages. Tels sont les caractères généraux du climat de l’Alsace, déduits des observations faites sur une vingtaine de stations éparses sur l’étendue de la contrée. Ces observations exigent beaucoup d’abnégation, de persévérance, et le calcul en est fastidieux ; mais les phénomènes auxquels elles se rapportent présentent un puissant attrait, soit que le regard s’attache aux colonnes orageuses marchant des montagnes vers la plaine, soit qu’il plane au-dessus des brouillards qui recouvrent les basses terres comme d’une mer de nuages. Que de fois j’ai suivi, en automne, les immenses vagues blanches de cette mer de vapeurs, baignées elles-mêmes par les tièdes effluves du soleil sur son déclin ! Que de fois aussi l’orage m’a surpris sur les ballons des Vosges ou au milieu des plateaux du lac Blanc ! Spectacle grandiose, parfois terrible, car les conflits orageux éclatent avec plus de force sur les hautes cimes et sur les crêtes. Quelques coups de vent balayent la montagne, les nuages se condensent subitement et forment ici une voûte noire, sinistre, où d’éblouissantes étincelles s’échappent en nappes ou jaillissent en longs dards tortueux. Un moment, la formidable lueur emplit le ciel, puis de nouveau l’espace se recouvre de ténèbres, et l’on entend sortir de la nuit l’immense voix du tonnerre ; qui se répercute en sourds échos sur les nuages et sur le ciel. Puis avec la pluie qui tombe par torrents, la voûte des nuages s’abaisse et descend des sommets dans les cirques supérieurs des vallées. Le réseau de la foudre enveloppe les pâturages des chaumes. Les petits hêtres qui se tordent sur les rochers sont frappés. L’éclair flambe en haut, en bas. Il y a des coups stridents qui partent à la fois de différents points de l’horizon. Surpris par l’orage, les troupeaux qui paissaient en repos loin des marquairies se dispersent, ils s’échappent dans toutes les directions et s’élancent avec des bonds furieux, effarés, mugissants, sourds à l’appel des pâtres accourus à leur poursuite. Les orages, d’ailleurs, en quittant l’arête médiane des Vosges, passent vers le Rhin, le long des rameaux secondaires. Ils se manifestent avec plus de force et de fréquence sur les grandes saillies du sol, tellement que les pics isolés agissent comme de véritables paratonnerres. C’est ce que nous avons vu au mont Cervin, dont la tête élancée au-dessus des Alpes italiennes et valaisannes est couronnée de rochers fondus par la foudre, tandis que les chocs répétés de ce météore ont donné au Riffelhorn, voisin du grand Cervin, ces singulières propriétés magnétiques qui font prendre à la boussole affolée les positions les plus diverses. Autant que nous pouvons en juger par la comparaison des chroniques du moyen âge avec nos observations actuelles, le climat de l’Alsace n’a pas changé, depuis un millier d’années au moins. L’opinion suivant laquelle la température aurait été plus élevée pendant le moyen âge n’est pas fondée. Si en 1228, entre autres, la chaleur a été telle que la récolte des céréales était déjà faite le 24 juin, nous voyons six ans plus tard, en 1234, le froid de l’hiver détruire les vignes. Des écarts de température semblables se présentent en tout temps. Aujourd’hui, comme au XIIIe siècle, des hivers très doux succèdent à des hivers froids, et il y a d’une année à l’autre des oscillations considérables, soit entre la température moyenne de l’année, soit entre les moyennes des mêmes saisons. Ainsi, l’hiver de 1275, signalé par une abondance de neige extraordinaire, donna déjà du blé mûr le 18 juin, tandis que l’hiver de 1279, si doux que les oies sauvages ne parurent pas en Alsace, fut suivi de gelées qui détruisirent, le 14 avril, les vignes et les noyers. En 1284, les vendanges se firent dans notre région avant le 14 septembre ; mais en 1822 elles commencèrent le 9 du même mois et le 18 en 1834, celte fois avec une maturité parfaite et un vin d’une qualité exceptionnelle. Tous les documents dont nous disposons, en l’absence d’observations exactes pour de longues périodes, se prononcent en faveur de la stabilité du climat de la région du Rhin et des Vosges pendant les dix derniers siècles, Des variations momentanées ont pu se produire, mais nous ne savons si elles impliquent un refroidissement ou une élévation de température progressive, ou bien encore si elles se rattachent à des changements périodiques comparables à ceux mis en évidence par M. Charles Sainte-Claire Deville, pour les saints de glace, qui amènent dans le cours de l’année un abaissement régulier de température vers le 18 février, le 15 mai, le 17 août et le 16 novembre, c’est-à-dire pour des jours placés sur l’écliptique à des distances angulaires égales à 90 degrés l’un de l’autre. J’ai dit que les stations météorologiques de l’Alsace et des Vosges étaient au nombre d’une vingtaine. Parmi les stations dont les observations sont les plus complètes, il faut citer notamment celles de Strasbourg, fondée par Herrenschneider ; d’Ichtratzheim, par M. l’abbé Muller ; de Logelbach, par M. Hirn ; de Wesserling, par M. Marozeau ; de Masevaux, par M. Gasser ;. de Riedisheim, par M. DoIlfus-Ausset ; du Syndicat de la vallée de Cleurie, par M. Thiriat ; de Saint-Dié, par M. Bardy ; d’Épinal, par MM. Parisot et Berher, etc. La commission météorologique du Haut-Rhin, sous l’active impulsion de M. Hirn, son président, yen ait de fonder plusieurs stations nouvelles sur les bords du Rhin, à Brisach et au col de la Schlucht, dans les Vosges, quand éclata la guerre malheureuse qui jeta l’Alsace sous le joug des Allemands. Au début de l’année, la commission comptait donner un développement actif à ces recherches par la publication régulière des observations faites de mois en mois sous les auspices de la Société d’histoire naturelle de Colmar. Malheureusement la guerre a arrêté notre essor. Les proscriptions sont venues disperser les observateurs. Aujourd’hui, tout mouvement scientifique s’arrête sur cette terre désolée, après l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg, brûlée de sang froid par les ordres infâmes du général Werder ; après le pillage de nos collections publiques par certains universitaires d’Allemagne, après le supplice de nos frères d’Alsace pendus [2] par les Prussiens au bord de nos routes pour avoir voulu défendre contre ces barbares le sol sacré de la patrie. Charles Grad [1] Essais sur le climat de l’Alsace et des Vosges, par M. Charles Grad. un volume in-8 de 280 pages et 90 tableaux, extrait du Bulletin de la Société d’histoire naturelle de Colmar, 1870. — Mulhouse, citez E. Perrin, éditeur. [2] Les soldats de la landwehr prussienne ont pendu au bord des chemins du Haut-Rhin, contrairement au droit de la guerre, dans les premiers jours de novembre 1870, plusieurs de nos amis du corps franc des Vosges faits prisonniers pendant l’invasion. « Ils ne valaient pas la poudre", me disait hier un officier prussien devant lui je réprouvais ces attentats ! (Janvier 1871.)
  19. Voici un article rédigé par Charles Grad en 1871, à l'occasion d'une conférence à la société de météorologique de France, je le trouve très intéressant à lire et on peut comparer certains aspects qu'il évoque à notre climat de ce début du XXIe siècle en Alsace. Conférence à la Société météorologique de France Messieurs, En vous présentant mes études sur le climat de l’Alsace et des Vosges [1], je vous prie de vouloir bien m’autoriser à vous exposer les principaux résultats de ce travail. Chacun sait que le climat d’un pays dépend surtout de sa position géographique et de son relief. Or, l’Alsace s’étend en latitude de 47°30’ à 49°10’ nord et sous la longitude moyenne de 4°40’ environ à l’est du méridien de Paris. Son point culminant se trouve au ballon de Guebwiller, à 1426 mètres au-dessus du niveau de l’Océan, tandis que les mers les plus proches, la Manche et la Méditerranée, en sont distantes de 500 à 600 kilomètres. L’élévation du sol varie entre 1400 mètres et plus dans la région des montagnes jusqu’aux altitudes respectives de 278, de 338 et de 144 mètres entre les positions extrêmes de Bâle, Épinal et Strasbourg. C’est la chaîne des Vosges qui donne au relief du pays ses traits caractéristiques, Elle se dirige du sud-ouest au nord-est, suivant une ligne parallèle au Rhin et sur une longueur de 270 kilomètres, depuis Belfort jusqu’au confluent du Rhin avec les eaux de la Nahe à Mayence. Supposons, pour faire ressortir mieux cette structure, qu’un cataclysme subit, un nouveau déluge élève de 400 mètres le niveau actuel des mers : la Lorraine et la plaine d’Alsace sont couvertes par les eaux, et de leur sein les Vosges émergent comme un archipel montagneux dont les parties hautes constituent, au sud du groupe, l’île principale, rappelant les contours de l’Angleterre par le tracé de ses cotes. Cette île s’étendrait du sud au nord sur une longueur de 120 kilomètres, depuis le ballon d’Alsace et le ballon de Servance jusqu’à la crête du Hohhoelzel, en face de Strasbourg, avec une étendue de 30 kilomètres dans le sens de sa plus grande largeur, de Jesonville à Guebwiller. Son bord dentelé se dessine vers l’est par une falaise de grès, tandis que sur le versant opposé les collines calcaires de la Moselle et les affleurements du trias se suivent tour à tour. Les cimes des monts Faucilles forment un groupe perpendiculaire à la chaîne en face du ballon d’Alsace. Enfin, vers l’extrémité septentrionale, le Lichtenberg, le Liebfrauenberg, le Scherholl, dépassent encore, avec plusieurs autres sommets, la hauteur moyenne des basses Vosges au-dessus du niveau de 400 mètres, quoique les montagnes de cette partie de la chaîne s’élèvent réellement plus au-dessus des plaines d’alentour qu’elles le sembleraient pendant notre inondation supposée, car le Rhin, descendant de Bâle vers Mayence avec une pente de 175 mètres, fait ressortir d’autant la hauteur relative dos montagnes. Plus variable en Alsace que sur les cotes de la Méditerranée et de l’océan Atlantique, la température de l’air ne présente cependant pas chez nous des oscillations comme celles observées en Sibérie et dans le nord du continent américain. A Yakoutsk, dans l’intérieur de la Sibérie, le thermomètre varie de -50°C à +30°C, tandis qu’à Strasbourg il n’est pas descendu au-dessous de -23°C et n’a pas monté au-dessus de 36°C. Ce sont là les écarts extrêmes en ce siècle. Année moyenne, d’après les observations faites successivement de 1801 à 1870 par Herrenschneider, le docteur Bœckel et M. Hepp, la température de Strasbourg oscille entre +32°C et -13°C ; elle s’est abaissée à -4°C pendant les hivers les plus tièdes et a atteint + 26°C pendant les étés les plus froids. Entre la moyenne de l’été, qui est de 18,1°C et la moyenne de l’hiver qui est de 1,3°C, il y a une différence de 16,8°C, la différence entre les degrés extrêmes étant de 60°C environ pendant la période de 1801 à 1870. Strasbourg offre d’ailleurs pour cette même période une température moyenne de 10,2°C, qui peut être admise à peu près pour toute la plaine d’Alsace. A Wesserling, dans la vallée de la Thur, nous trouvons, d’après M. Marozeau, un minimum de -23,7°C en janvier 1855, contre un maximum de 37°C en juin 1861, et une moyenne annuelle de 8,1°C. Dans l’intérieur des Vosges, à une élévation de 620 mètres, la température la plus basse à la station du Syndicat, selon les observations de M. Thiriat, a été depuis 1858 de -17,5°C et la plus haute de 33°C, avec une moyenne de 7,7°C. Plus haut encore, au col de la Schlucht, situé à 1150 mètres au-dessus du niveau de la mer, la moyenne se tient entre 4°C et 5°C seulement. En somme, la chaleur diminue de 1 degré pour 200 mètres d’élévation verticale, un peu plus ou moins suivant les saisons et abstraction faite de l’influence des expositions, qui modifie au milieu des montagnes l’influence de l’altitude. L’altitude n’influe pas seulement sur la température de l’atmosphère, mais elle agit aussi sur celle des sources, dont la température diminue également de 1 degré environ pour 200 mètres d’élévation verticale, dans les Vosges comme dans la forêt Noire et dans les Alpes. Cette température des sources peut varier de 0°C à 3°C selon les saisons, quoique sur certains points elle demeure constante pendant toute l’année, comme la fontaine Briant entre autres, qui, jaillissant par 850 mètres d’altitude, sur les flancs du Hohnach, vers le contact du granit et du grès vosgien, oscille seulement entre 7,2°C et 7,4°C. À altitude égale, la température des sources est de plus supérieure à celle de l’air, et il en est de même pour les eaux courantes. Tandis que la température moyenne de l’air atteint à Strasbourg 10,2°C, celle des eaux de l’Ill s’élève à 11,2°C dans la même ville, et la moyenne du Rhin au pont de Kehl à 10,9°C pour une période de dix années. À Turckheim, j’ai trouvé, après deux ans d’observations, pour les eaux de la Fecht, affluent de l’Ill, une moyenne de 10,7°C, contre 10,6°C pour la température de l’air, avec un maximum de 24°C en été et un minimum de -0,2°C en hiver. Pour ces trois cours d’eau, pour la Fecht comme pour l’Ill et le Rhin, la température de l’eau dépasse celle de l’air en hiver, et elle lui est inférieure en été, avec des variations d’autant moins considérables que le courant est plus volumineux. Pendant que la température diminue avec l’attitude, l’abondance des pluies et des neiges augmente. D’un autre coté, la distribution des eaux météoriques suivant les saisons change aussi de proportion entre les montagnes et les basses terres, les eaux d’hiver surpassant dans les Vosges les pluies d’été qui prédominent en plaine, En moyenne, il tombe à Strasbourg 672 millimètres d’eau par année ; mais la hauteur recueillie en 1852 s’est élevée à 896 millimètres, et à 358 millimètres seulement en 1842. À la Hothlach, dans le massif du Champ-du-Feu et par 1000 mètres d’altitude, la quantité moyenne est de 1540 millimètres, avec un maximum annuel de 2142 millimètres en 1860 et un minimum de 923 millimètres en 1857. Il pleut donc plus dans les montagnes qu’en plaine. D’autre part, les pluies paraissent aussi plus abondantes sur le versant lorrain des Vosges que du coté de l’Alsace. Quant à l’excédant des eaux d’hiver sur les eaux d’été, il provient des neiges dont le col de la Schlucht reçoit parfois une couche de 2 mètres en vingt-quatre heures. En tenant compte de ces neiges dans les montagnes, nous obtenons pour l’Alsace une tranche d’eau annuelle de 850 millimètres au moins, par conséquent supérieure à la moyenne du bassin de la Seine, à peu près égale à celle du bassin du Rhône. Le degré d’humidité n’est pas moins satisfaisant, puisqu’à Strasbourg et à Colmar l’air renferme environ 75 % de la vapeur qu’il pourrait contenir s’il était complètement saturé. Sur les bords de la mer, l’atmosphère se tient plus près du point de saturation ; mais dans l’intérieur des continents, dans les steppes de l’Asie centrale et de l’Australie, elle offre seulement un degré moyen de 15 à 30 %. À Strasbourg, l’état hygrométrique descend rarement si bas, même pendant le mois d’avril, qui est le plus sec de l’année. D’après une expérience faite du 1er’ juillet 1844 au 30 juin 1846, pour fixer l’alimentation du canal de la Marne au Rhin, l’évaporation a été de 436 millimètres la première année et de 625 millimètres l’année suivante, proportion indiquée également par celle du débit de l’Ill, qui fournit à Strasbourg de 28 à 30% de l’eau tombée dans son bassin. Il y a d’ailleurs une relation manifeste entre le degré d’humidité et la direction des vents. Les vents dominants chez nous sont ceux du sud-ouest. La force de ces vents, leur fréquence est telle que, dans les Vosges, les arbres des crêtes tournent leurs branches vers le nord-est, en sens opposé. Comparés entre eux, les vents du sud se trouvent avec ceux du nord dans le rapport de 178 à 100 pendant les mois d’hiver, de 120 à 100 pendant les mois d’été. La direction des vents varie à l’extrême ; car il est peu de mois où la girouette ne fait pas le tour entier de l’horizon. Nous nous trouvons au milieu même du conflit permanent des courants polaires avec les courants de l’équateur près de la surface terrestre. Chacun de ces courants a des caractères distincts. Ceux du nord et du sud-est sont froids, accompagnés d’une forte pression barométrique ; avec un beau temps permanent. Ceux du sud et du sud-ouest élèvent au contraire la température, font baisser le baromètre, rendent l’air humide, couvrent le ciel de nuages et amènent la pluie. Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Telle se fait remarquer par ses fortes chaleurs, telle autre par ses pluies et par l’infériorité de sa température moyenne, de manière à modifier profondément la marche de la végétation, l’abondance et la qualité des récoltes. Ainsi, l’été de 1816 présenta, à partir du 21 mai, 90 jours de pluie, 7 jours couverts sans pluie et seulement 18 jours sereins. Les foins pourrirent sur pied, tandis que la moisson fut reculée jusqu’en septembre, après de nombreuses gelées blanches survenues en plein mois d’août et une forte neige tombée le 2 septembre. Pendant l’hiver de 1830, la gelée persista avec une intensité croissante du 3 décembre au 9 février. On entendait les arbres se fendre en détonant, nos rivières étaient toutes prises de glace, les oiseaux et le gibier périssaient en grand nombre sous les atteintes du froid, la terre était gelée à 1 mètre de profondeur ; même dans les lieux couverts de neige : le thermomètre descendit à 28°C au-dessous de zéro à Mulhouse, à -23°C à Strasbourg, à -26°C à Épinal. Voici d’ailleurs la statistique des jours de gelée, de neige, de pluie, sur divers points du territoire. Jours de pluie : à Strasbourg, 120 en moyenne, 105 au moins, 170 au plus par année ; au Syndicat, en moyenne, 112, maximum 166, minimum 78. Jours de neige : à Strasbourg, 16 en moyenne, 36 au plus et 9 au moins ; au Syndicat, 25 en moyenne, 50 au plus, 14 au moins. Jours de gelée : à Ichtratzheim, dans la plaine d’Alsace, en moyenne 80 jours ; à la station du Syndicat, dans les Vosges, 113. Nous avons par année de 15 à 20 orages à Turckheim, 40 à 50 jours de brouillard, une trentaine de gelées blanches. Ajoutons que les gelées sont plus fréquentes, plus tardives dans la plaine que dans la région des collines, à une plus grande hauteur le long des Vosges, car à Ichtratzheim, selon les observations de M. l’abbé Muller, il gèle encore en mai une fois tous les deux ans. Ces gelées tardives ont pour conséquence de restreindre la culture de la vigne dans la plaine, où elle ne donne d’ailleurs que des récoltes incertaines et des produits de qualité médiocre. Par contre, nous voyons de beaux vignobles s’élever sur les pentes mieux abritées des montagnes, jusqu’à 400 et 500 mètres au-dessus de la mer. Plus bas la plaine est vouée à la culture des céréales, et plus haut les montagnes sont couronnées de forêts suivies elles-mêmes de pâturages au delà de 1200 mètres d’altitude, à cause de la rigueur du froid. Comparé au reste de la France, le climat de l’Alsace paraît excessif et continental. Étés chauds, hivers froids ; variations brusques et fortes de température ; pluies plus abondantes que dans le nord, à peine inférieures à celles du bassin du Rhône et de la Garonne, avec prédominance des pluies d’été dans la plaine ; humidité de l’air modérée, présentant un degré hygrométrique moyen de 75% ; vents régnants du sud-ouest et du nord-est ; oscillations barométriques mensuelles assez considérables, avec une amplitude moyenne de 22 à 25 millimètres, avec des écarts extrêmes de 32 à 35 millimètres dans le même mois ; orages au nombre de 15 à 20 pour une même station ; grêles parfois désastreuses dans la plaine, très fréquentes au haut des montagnes, où cependant elles causent de moindres dégâts dans les forêts et les pâturages. Tels sont les caractères généraux du climat de l’Alsace, déduits des observations faites sur une vingtaine de stations éparses sur l’étendue de la contrée. Ces observations exigent beaucoup d’abnégation, de persévérance, et le calcul en est fastidieux ; mais les phénomènes auxquels elles se rapportent présentent un puissant attrait, soit que le regard s’attache aux colonnes orageuses marchant des montagnes vers la plaine, soit qu’il plane au-dessus des brouillards qui recouvrent les basses terres comme d’une mer de nuages. Que de fois j’ai suivi, en automne, les immenses vagues blanches de cette mer de vapeurs, baignées elles-mêmes par les tièdes effluves du soleil sur son déclin ! Que de fois aussi l’orage m’a surpris sur les ballons des Vosges ou au milieu des plateaux du lac Blanc ! Spectacle grandiose, parfois terrible, car les conflits orageux éclatent avec plus de force sur les hautes cimes et sur les crêtes. Quelques coups de vent balayent la montagne, les nuages se condensent subitement et forment ici une voûte noire, sinistre, où d’éblouissantes étincelles s’échappent en nappes ou jaillissent en longs dards tortueux. Un moment, la formidable lueur emplit le ciel, puis de nouveau l’espace se recouvre de ténèbres, et l’on entend sortir de la nuit l’immense voix du tonnerre ; qui se répercute en sourds échos sur les nuages et sur le ciel. Puis avec la pluie qui tombe par torrents, la voûte des nuages s’abaisse et descend des sommets dans les cirques supérieurs des vallées. Le réseau de la foudre enveloppe les pâturages des chaumes. Les petits hêtres qui se tordent sur les rochers sont frappés. L’éclair flambe en haut, en bas. Il y a des coups stridents qui partent à la fois de différents points de l’horizon. Surpris par l’orage, les troupeaux qui paissaient en repos loin des marquairies se dispersent, ils s’échappent dans toutes les directions et s’élancent avec des bonds furieux, effarés, mugissants, sourds à l’appel des pâtres accourus à leur poursuite. Les orages, d’ailleurs, en quittant l’arête médiane des Vosges, passent vers le Rhin, le long des rameaux secondaires. Ils se manifestent avec plus de force et de fréquence sur les grandes saillies du sol, tellement que les pics isolés agissent comme de véritables paratonnerres. C’est ce que nous avons vu au mont Cervin, dont la tête élancée au-dessus des Alpes italiennes et valaisannes est couronnée de rochers fondus par la foudre, tandis que les chocs répétés de ce météore ont donné au Riffelhorn, voisin du grand Cervin, ces singulières propriétés magnétiques qui font prendre à la boussole affolée les positions les plus diverses. Autant que nous pouvons en juger par la comparaison des chroniques du moyen âge avec nos observations actuelles, le climat de l’Alsace n’a pas changé, depuis un millier d’années au moins. L’opinion suivant laquelle la température aurait été plus élevée pendant le moyen âge n’est pas fondée. Si en 1228, entre autres, la chaleur a été telle que la récolte des céréales était déjà faite le 24 juin, nous voyons six ans plus tard, en 1234, le froid de l’hiver détruire les vignes. Des écarts de température semblables se présentent en tout temps. Aujourd’hui, comme au XIIIe siècle, des hivers très doux succèdent à des hivers froids, et il y a d’une année à l’autre des oscillations considérables, soit entre la température moyenne de l’année, soit entre les moyennes des mêmes saisons. Ainsi, l’hiver de 1275, signalé par une abondance de neige extraordinaire, donna déjà du blé mûr le 18 juin, tandis que l’hiver de 1279, si doux que les oies sauvages ne parurent pas en Alsace, fut suivi de gelées qui détruisirent, le 14 avril, les vignes et les noyers. En 1284, les vendanges se firent dans notre région avant le 14 septembre ; mais en 1822 elles commencèrent le 9 du même mois et le 18 en 1834, celte fois avec une maturité parfaite et un vin d’une qualité exceptionnelle. Tous les documents dont nous disposons, en l’absence d’observations exactes pour de longues périodes, se prononcent en faveur de la stabilité du climat de la région du Rhin et des Vosges pendant les dix derniers siècles, Des variations momentanées ont pu se produire, mais nous ne savons si elles impliquent un refroidissement ou une élévation de température progressive, ou bien encore si elles se rattachent à des changements périodiques comparables à ceux mis en évidence par M. Charles Sainte-Claire Deville, pour les saints de glace, qui amènent dans le cours de l’année un abaissement régulier de température vers le 18 février, le 15 mai, le 17 août et le 16 novembre, c’est-à-dire pour des jours placés sur l’écliptique à des distances angulaires égales à 90 degrés l’un de l’autre. J’ai dit que les stations météorologiques de l’Alsace et des Vosges étaient au nombre d’une vingtaine. Parmi les stations dont les observations sont les plus complètes, il faut citer notamment celles de Strasbourg, fondée par Herrenschneider ; d’Ichtratzheim, par M. l’abbé Muller ; de Logelbach, par M. Hirn ; de Wesserling, par M. Marozeau ; de Masevaux, par M. Gasser ;. de Riedisheim, par M. DoIlfus-Ausset ; du Syndicat de la vallée de Cleurie, par M. Thiriat ; de Saint-Dié, par M. Bardy ; d’Épinal, par MM. Parisot et Berher, etc. La commission météorologique du Haut-Rhin, sous l’active impulsion de M. Hirn, son président, yen ait de fonder plusieurs stations nouvelles sur les bords du Rhin, à Brisach et au col de la Schlucht, dans les Vosges, quand éclata la guerre malheureuse qui jeta l’Alsace sous le joug des Allemands. Au début de l’année, la commission comptait donner un développement actif à ces recherches par la publication régulière des observations faites de mois en mois sous les auspices de la Société d’histoire naturelle de Colmar. Malheureusement la guerre a arrêté notre essor. Les proscriptions sont venues disperser les observateurs. Aujourd’hui, tout mouvement scientifique s’arrête sur cette terre désolée, après l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg, brûlée de sang froid par les ordres infâmes du général Werder ; après le pillage de nos collections publiques par certains universitaires d’Allemagne, après le supplice de nos frères d’Alsace pendus [2] par les Prussiens au bord de nos routes pour avoir voulu défendre contre ces barbares le sol sacré de la patrie. Charles Grad [1] Essais sur le climat de l’Alsace et des Vosges, par M. Charles Grad. un volume in-8 de 280 pages et 90 tableaux, extrait du Bulletin de la Société d’histoire naturelle de Colmar, 1870. — Mulhouse, citez E. Perrin, éditeur. [2] Les soldats de la landwehr prussienne ont pendu au bord des chemins du Haut-Rhin, contrairement au droit de la guerre, dans les premiers jours de novembre 1870, plusieurs de nos amis du corps franc des Vosges faits prisonniers pendant l’invasion. « Ils ne valaient pas la poudre", me disait hier un officier prussien devant lui je réprouvais ces attentats ! (Janvier 1871.)
  20. Sans oublier le 26 décembre 2008 ou de mémoire à Banyuls la houle avait atteinte 14m en hauteur max avant que le bouée ne rende l'âme!! Mais je crois que ce fameux 26 décembre 2008, c'est surtout le Roussillon qui avait été touché voir même dévasté par cette houle dantesque (je crois que la digue de Cerbère avait été complètement détruite?)
  21. En effet, à 11h la bouée météo de Leucate donne : 1,4m de houle en hauteur significative et 2,0m en hauteur maximale. Pour Sète à 11h la bouée donne : 2,5m en hauteur significative et 3,4m en hauteur maximale.
  22. Fraicheur remarquable pour un 7 septembre ici aux portes du Sundgau en sud Alsace avec 3 petits degrés et localement même un peu moins.
  23. Fort vent de Nord-Est ici à Port Leucate entre 13h30 et 15h30 force 6 rafales à 60 Km/h, ce qui a bien formé la mer cela à l avant d'un orage qui est venu des Corbières, résultat entre 15h30 et 16h15 une pluie modérée à assez forte, une foudre bien présente et quelques rafales de vent. A présent le ciel est partagé entre éclaircies et passages nuageux, l air est respirable avec 22 degrés sur la terrasse.
  24. À Port Leucate ou je suis en vacance, après une matinée couverte et 2 averses faibles, à présent grand soleil et petite brise de nord ouest
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