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Posté(e) (modifié) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)
Le 20/04/2011 à 19:28, CFR a dit :

Je ne peux évidemment pas rester insensible à ta description du climat de Dumont d'Urville que j'ai un peu expérimenté.

Quelques précisions sur ce climat : [.../...]

- Une particularité que j'ai souvent observée sur les images satellite infrarouges du coin : dès qu'on quitte la côte et qu'on va sur la banquise à une dizaine de kilomètres environ, il fait beaucoup plus froid, en tout cas au sol, et ceci est confirmé par le fait que la banquise est très souvent bien plus épaisse là bas que près du continent où l'action répétée du vent et des températures relativement douces freinent sa formation.

- L'ensoleillement est globalement très correct là bas, mais combien de fois on contemple au large une barre nuageuse, qui n'est pas si loin que ça, les vents catabatiques chassent l'humidité de basse couche sur le littoral et nous offrent un ciel beaucoup plus dégagé. Il y a des coins en Antarctique, plus à l'Est notamment, où ils sont moins présents et où les nuages bas sont quasi permanents ! Il faut bien voir ce climat côtier antarctique comme une particularité et non un cas typique, c'est pour sa douceur relative, son ensoleillement, en dépit de terribles tempêtes, que les anglophones ont qualifié le climat de la Terre Adélie d'Antarctic Riviera.

 

#503. Halley

 

Aujourd'hui c'est encore une fiche un peu spéciale car nous nous intéresserons à la base britannique antarctique de Halley, et celle ci n'est pas situé sur de la terre ferme (ile ou continent) mais sur de la banquise permanente, la barrière de glace de Brunt. Le post de CFR que j'ai quoté en introduction date de 2011, il donnait alors des compléments sur le climat de la région de Dumont d'Urville (DDU) où il a travaillé: DDU, ou Belgrano II présentée la semaine dernière, sont des bases construites sur le littoral antarctique et très concernées par les vents catabatiques qui apportent une modération du froid et un climat plutôt ensoleillé. Halley est elle située "au large" du continent, où les vents catabatiques pénètrent beaucoup moins faute de pente pour les entretenir. Ce qui se passe au dessus de cette barrière de glace permanente ressemble à ce que François observait sur les images IR de la banquise hivernale au large de DDU: il y fait bien plus froid, avec un froid d'inversion qui n'est pas délogé par le vent.

Halley est "voisine" de Belgrano II (aux échelles de distances de ce continent): 345kms, ce qui va permettre de bien comparer les deux climats.

SANAE est à 825kms, le Pôle Sud 1605kms et Eduardo Frei 1950kms.

89022_map0.jpg

 

Les anglais sont à la peine avec cette base en raison de l'instabilité de la barrière de Brunt. Cette fiche regroupe des données de Halley V (janvier 2000 à janvier 2013), et Halley VI (février 2013 à aujourd'hui). Halley VI bénéficie d'un design permettant la relocalisation de la station en la tirant sur des skis, elle a été déménagée en février 2017 en raison de fragilités et de fissures dans la barrière. Mais cette relocalisation n'a pas tout réglé et actuellement (juin 2018) la base a été évacuée pour le deuxième hivernage consécutif pour des raisons de sécurité, ne laissant que des observations météo sommaires dans les synop (vent, t° et td).

NB: notez sur l’infographie ci-dessous que les zones où la barrière est la moins épaisse, avec de l'eau libre occasionnelle, est celle la plus proche du continent: cela rejoint ce que disait CFR à propos de la banquise est souvent plus épaisse au large que près de la côte où elle est contrariée par les vents catabatiques.

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La surface de la barrière de Brunt est à environ 30m d'altitude, et son épaisseur d'environ 150m (hors fissures et fragilités). Elle s'écoule vers l'ouest de quelques centaines de mètres par an, ce qui a motivé le concept de base "relocalisable" pour Halley VI, car l'extrémité ouest de cette banquise finira par se détacher pour donner un méga iceberg tabulaire.

Sur la carte altimétrique on retrouve aussi près du continent des zones où la banquise est si peu épaisse qu'elle affleure au niveau de la mer:

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Historique des localisation successives, avec notamment le déménagement de plus de 20kms de Halley VI en février / mars 2017.

Le site actuel de Halley VI est à 35kms du continent et 26kms de l'océan libre de glace (en été).

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Vue d'ensemble de la base et de son concept un peu futuriste:

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L'inévitable photo avec des aurores australes:

89022_photo2.jpg

 

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NB: comme beaucoup de stations antarctiques, pas de mesure de RR ni d'épaisseur de neige.

 

Le vent reste évidemment toujours bien présent, même si sa nature n'est plus aussi souvent catabatique que sur la côte où dans le continent. L’ensoleillement est un peu plus en berne: 1780 h / an contre plus de 2040 h à DDU et probablement autant à Belgrano II.

 

La plus grosse différence se fait sur les températures: le froid atteint un niveau pas encore vu autour de l'Antarctique près du niveau de la mer, avec des tnn proches de -55°c. Voici un tableau comparatif entre Belgrano II (très soumise aux vents catabatiques), McMurdo (moyennement soumise à ces vents) et Halley (peu soumise à ces vents), avec à chaque fois les t° qui baissent d'un cran. J'ai choisi ces 3 stations aussi pour leur latitude comparable (75°S à 77°S).

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A Halley même les t° estivales sont plus froides, à une saison où les vents catabatiques sont normalement rares de partout.

 

On retrouve sur les roses des vents le courant d'est circumpolaire dominant, qui est souvent de nature perturbée. Les périodes de calme ou de faible courant d'ouest permettent la mise en place de grands froids hivernaux (comme à Belgrano II). Le vents catabatique (secteur sud) se manifeste rarement, il donne du beau temps avec des conditions sèches et des t° "moyennes" (mais une amplitude thermique plus forte en été).

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La nuit polaire dure du 01/05 au 10/08, le jour continu du 30/10 au 13/02.

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Voici un hiver à peu près normal, marqué tout de même par un mois de juillet assez doux. Les -40°c sont franchis bien plus facilement et régulièrement que n'importe où ailleurs sur le littoral antarctique où même à SANAE pourtant située à 815m d'altitude.

Les tempêtes d'est restent fréquentes et dangereuses, mais elle ne se combinent pas avec le vent catabatique et l'on n'atteint plus des valeurs de vents extrêmes telles les 180 ou 200km/h observables ailleurs sur le littoral.

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Octobre et novembre forment le printemps. Ce sont des mois assez ensoleillés, en revanche le dégel se fait attendre.

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Voici l'été, qui ne dure que 2 mois en décembre et janvier. Les Tm restent froides, autour de -5°c, et même par grand beau temps le franc dégel est rare. Les gelées restent souvent sévères même en cette saison.

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Enfin un exemple d'automne, où comme pour les dernières stations antarctiques étudiées on rebascule très vite en plein hiver: déjà des -25°c fin février, et des t° pleinement hivernales fin mars.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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#504. Davis.

 

La base de Davis est l'une des 3 bases antarctiques permanentes de l'Australie, avec Casey et Mawson.

Vostok est à 1400kms, Dumont d'Urville 2530kms, et le pôle sud 2375kms.

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Cette station est situé près d'une plane côtière de 25kms au plus large: cette étendue n'est cependant pas si plane, on y trouve les collines de Vestfold. Plus loin dans la Terre de la Princesse Elizabeth s'élève le plateau central Antarctique Est.

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Les collines de Vestfold forment le 3e oasis Antarctique le plus vaste (450 km²), loin derrière les vallées sèche de McMurdo en 1ere place (4900 km²). Un "oasis antarctique" est une zone libre de neige et glaces permanentes.

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Les collines de Vestfold vues d'hélicoptère. On y trouve de nombreux lacs à la salinité extrêmement variable.

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Au loin: la base de Davis.

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Comme d'habitude les mesures de RR sont à prendre avec précaution, cependant il semble bien que cette zone ne reçoive que très peu de précipitations, ce qui contribue à en faire une oasis.

Au niveau thermique c'est très comparable à ce que l'on trouve ailleurs le long de la côte antarctique océanique de l’hémisphère est, notamment Dumont d'Urville (DDU): les Tm hivernales sont proches de  -17°c, et les Tm estivales proche de 0°c (un peu supérieures ici, +1.0°c en janvier, alors que DDU est plus refroidie par la glace environnante et ne culmine qu'à -0.8°c en janvier). Le vent moyen et les tempêtes sont moins fortes qu'à DDU, mais c'est au prix d'un ensoleillement moins bon... la terre Adélie est vraiment l'une des Terres Antarctique les plus venteuses.

 

Malgré les vents moins forts beaucoup d'entre eux sont de nature catabatique et apportent donc cette modération du froid hivernal déjà constatée ailleurs où il souffle.

Sur les roses des vents on voit clairement le vent catabatique souffler du secteur ESE durant les moins d'hiver, tandis qu'il disparait en été. Les reste des vents est essentiellement le courant d'est circumpolaire perturbé, infléchi par le relief et arrivant du nord est, parallèle à la côte.

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Confirmation ci-dessus de la nature catabatique des vents de secteur 90° à 120°, pas spécialement froids mais bien secs.

 

On a une nuit polaire assez courte, du 03/06 au 9/07. Le jour continu dure lui du 24/11 au 17/01.

En été des brises diurnes viennent humidifier l’atmosphère en journée.

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Voici un hiver normal, où le froid de juillet compense un mois de juin assez doux. Au gré des changements de masses d'air, les t° évoluent le plus souvent entre -5°c et -30°c.

Les tempêtes de nord-est apportent régulièrement de bons redoux océaniques, elles sont nettement moins violentes qu'à DDU ou Belgrano II.

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BONUS: un mois de septembre 2016 avec du froid particulièrement vif en première décade, puis une tempête qui apporta la plus basse pression atmosphérique que j'ai pu voir jusqu'à présent dans toutes mes fiches antarctiques: 922 hPa le 11/09/2016 ! Je n'ai pas reparlé de ce paramètre depuis le début de cette série antarctique, pour toutes les stations côtières - où ce paramètre est vraiment mesurable - elle est constamment basse, très rarement anticyclonique, et les tempêtes apportant des creux inférieurs à 950hPa ne sont pas rares.

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Le printemps est concentré sur octobre et novembre, avec durant ces deux mois une pente de t° assez forte, nettement supérieure en valeur absolue à celle de la baisse des t° automnale. Les périodes de beau temps sont assez longues, et effectivement dans cet oasis les précipitations sont assez rares et peu durables.

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Je pense que c'est jusqu'à présent le coin qui présente le temps estival le moins désagréable du continent: le mauvais temps reste assez rare, le vent est bien supportable (hors tempêtes) et les tx de décembre et janvier sont le souvent largement positives. Avec une txx de presque 12°c c'est l'un des points chauds de cette côte.

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L'automne est un peu plus long qu'ailleurs sur le continent, il commence en février et dure trois bons mois.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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#505. Rothera.

 

Nous allons terminer cette série Antarctique par quelques fiches sur la péninsule Antarctique, lointain prolongement austral des Andes et du continent sud-Américain.

Rothera est une base de recherches anglaise, sur le côté ouest de cette péninsule. Eduardo Frei est à 745kms, Belgrano II 1550kms, le cap Horn 1290kms, et le Pôle Sud (hors carte) à 2500kms.

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Les deux cartes suivantes détaillent la région: Rothera est sur l'ile Adélaïde, à 22kms de la péninsule d'Arrowsmith et du continent. Les montagnes de la terre de Graham occupent la quasi totalité de la péninsule, avec des altitudes dépassant 2000m. De l'autre côte de la péninsule, à l'est, la barrière de Larsen est une imposante banquise permanente et compacte. La base argentine de St Martin, voisine de 76kms, sera la prochaine étape (probablement demain).

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Une photo de la vue vers l'ouest et l'ile d'Adélaïde:

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Vue 3D vers l'est et le continent:

89062_map4E.jpg

 

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Cette péninsule est bien sur très océanique, notamment sa partie ouest libre de glaces en été. On trouve donc un ICA assez bas (0.59), qui ne serait probablement pas beaucoup modifié par l'ajout de données de précipitations (ici manquantes car non mesurées comme souvent en Antarctique). Et un faible ensoleillement d'à peine 1135h annuelles: c'est bien plus gris qu'ailleurs sur le continent. C'est assez venté, mais les tempêtes fréquentes ne sont pas aussi terribles que dans les zones exposées au vents catabatiques: même si ici un vent assez sec souffle parfois du continent, il s'agit probablement plus de foehn qui traverse la péninsule, porté par la circulation circumpolaire d'est, que d'un écoulement catabatique.

 

On retrouve ce vent d'est sur les roses des vents, ce n'est pas le plus fréquent mais il souffle toujours fort quand il se lève. Les autres vents sont essentiellement de nature perturbée, notamment ce vent de NNE dominant, canalisé par le bras de mer entre l'ile Adélaïde et le continent.

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Nous sommes à 67°34'S, à 115kms au sud du cercle polaire: on trouve un jour continu du 30/11 au 12/01, et une courte nuit polaire du 14/06 au 27/06.

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L'hiver s'exprime pleinement en juillet et aout, c'est à cette période que la douceur océanique lâche le plus souvent prise face au froid qui se forme sur la banquise saisonnière et dans les détroits les plus abrités. Le séquences froides restent bien modérées par rapport au reste du continent, et l'on passe rarement franchement sous les -20°c. Les tempêtes sont fréquentes, souvent porteuses de redoux, et pas si extrêmes que cela pour le continent antarctique: les 100km/h sont souvent dépassés, mais je n'ai pas trouvé de rafales supérieures à 150km/h durant les années où celle ci étaient explicitement reportées dans les synops.

NB: une poussée anticyclonique rare autour du 22/08, avec un pointage horaire max à 1032.5hPa.

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BONUS: deux exemples supplémentaires de mois d'hiver, pour montrer une variabilité assez importante des conditions d'une année sur l'autre - avec probablement des conditions de banquises très différentes aussi:

- aout 2012, le mois d'aout le moins froid de ma période d'étude. Un mauvais temps quasi constant, mais très peu de froid vraiment hivernal. On trouve même des dégels quasi-quotidiens en fin de mois.

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- juillet 2015, le mois le plus froid se ma période d'étude. Durant ce type d'hiver où des conditions inhabituellement froides arrivent à s'installer et se maintenir, les -30°c sont parfois atteints. Ces conditions froides s'auto-entretiennent probablement par une extension de la banquise hivernale bien plus importante que d'habitude.

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J'ai choisi octobre et novembre pour le printemps, comme partout ailleurs en antarctique.

En octobre on passe déjà difficilement sous les -15°c, sauf en cas de poursuite de conditions hivernales exceptionnelles comme en 2002.

Et en novembre le régime de temps typiquement estival commence à s'installer, avec des variations de t° beaucoup plus faibles qu'en hiver.

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BONUS: le mois d'octobre 2002 évoqué plus haut, avec des conditions de plein hiver dignes d'une mois de juillet:

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L'été est marqué par des températures monotones, le plus souvent faiblement positives. L’ensoleillement est faible: les 230h de moyenne en décembre sont à relativiser face aux 744h de jour continu. Le temps est souvent gris, et hésitant entre la pluie et la neige.

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Les influences océaniques marquées font que pour moi le coeur de l'automne est en avril et mai, alors que pour la plupart du continent on est déjà entré pleinement dans l'hiver dès avril. Voici un exemple où j'ai volontairement pris un mois de mai un peu froid pour compenser l'anomalie thermique manifeste de mai sur la période d'étude.

En mai les t° peinent encore à passer sous les -15°c, il faut vraiment attendre la formation complète de la banquise saisonnière pour voir les grands froids survenir à partir de  juin voire juillet.

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#506. San Martin

 

Cette base Argentine fut à sa fondation en 1951 l'installation humaine la plus australe de l'Antarctique, par 68°S.

Rothera n'est qu'à 76kms, Eduardo Frei 760kms, le Cap Horn 1350kms et le pôle sud 2440kms.

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Revoici les 2 cartes régionales présentées hier pour Rothera. San Martin est sur une toute petite ile (l'ile de Barry), à moins de 300m du continent. Immédiatement à l'est s'élèvent les montagnes de la terre de Graham, et de nombreux glaciers en descendent pour se jeter directement dans l'océan.

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Vue vers le nord-est, avec au premier plan l'ile de Barry et la base San Martin, et quelques centaines de mètres derrière les impressionnants glaciers qui descendent de la terre de Graham.

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Vue vers le nord-ouest: la petite ile de Barry et l'ensemble des installations de la base. J'ai encadré en rouge (centre-gauche de l'image) l'abri Stevenson.

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Pour cette station des mesures de RR sont faites, elle révèlent un climat bien plus humide sur l'ouest de la péninsule Antarctique que dans le reste du continent. Des mesures d'enneigement sont également fournies dans les synops, j'ai gardé "à titre expérimental" les quelques années ou celles semblent avoir du sens: pour ce que l'on peut en dire, le vent semble empêcher de trop fortes accumulations mais la durée de l'enneigement continu hivernal atteint tout de même au moins 8 mois, de fin mars à fin novembre.

 

La position plus en retrait de l'océan libre par rapport à Rothera engendre une plus forte continentalité:

- en hiver la large baie entre Rothera et San Martin, la baie Marguerite, forme une solide banquise qui modifie le milieu, lui conférant des propriétés plus continentales que maritimes. Lorsque les conditions deviennent propices un puissant froid d'inversion se forme alors dans cette baie avec des tn qui peuvent plonger sous les -40°c.

- en été le foehn fréquent depuis la terre de Graham donne des tx souvent agréables, et notamment la txx (provisoire) de cette série antarctique avec 14.3°c le 10/02/2005.

Le dégel franc est d'ailleurs possible toute l'année par foehn de nord-est, même en hiver, avec aucune txx mensuelle inférieure à 7°c !

 

Les roses des vents ne sont pas très esthétiques en raison de la faible résolution angulaire des relevés. Les vents qui nous intéressent le plus sont les vent de NNE à est: c'est un vent de foehn, sec et plutôt agréable s’il n'est pas trop fort , mais aussi souvent associé à des conditions bien plus froides et à de terribles blizzards qui descendent des glaciers, notamment lorsque la composante d'est est plus forte.

Le vent est peu constant et très variable ici: il est bien plus souvent calme qu'ailleurs en Antarctique, donnant selon des saisons des conditions estivales plaisantes ou du froid d'inversion mordant. Mais il souffle aussi assez souvent en tempête, à des niveaux parfois aussi extrêmes qu'aux pires endroits déjà passés en revue dans ce fil (Dumont d'Urville, Belgrano II ou SANAE), c-à-d des rafales entre 180 et 200 km/h.

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La nuit polaire dure du 6/06 au 4/07, le jour continu du 27/11 au 16/01.

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L'hiver est vraiment centré sur juillet et aout, avec des conditions très variables: redoux océaniques ou foehnés, blizzards dantesques ou grand froid d'inversion.

Voici un exemple à peu près normal, pris en 2004. Au gré des conditions souvent changeantes, les températures font parfois le grand écart avec des variations diurnes qui peuvent atteindre 30°c: l'arrivée du vent du nord peut balayer le grands froid en quelques heures, comme le 9/08 où l'on passe de -27°c à 3°c en 36h.

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BONUS: comme à Rothera, voici deux mois d'hiver plus extrêmes qui montrent bien la grande variabilité des conditions hivernales.

- Juillet 2003, le plus doux des mois de juillet de ma période d'étude. Un temps constamment agité qui empêcha la mise en place de grands froids, avec quelques beaux blizzards en première décade.

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- Aout 2016: mois le plus froid de ma période d'étude, tous mois confondus. Il est logiquement peu venté, et permet aux grands froids de se générer au dessus de la banquise de la baie Marguerite. Notez quand même les deux redoux largement positifs (jusqu'à +6°c le 28/08 !) qui se produisent tout de même !

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Voici un printemps normal, octobre et novembre 2000. On alterne vraiment entre des conditions très calmes et des vents de tempête: la base est bien abritée de beaucoup de perturbations, et en même temps au débouché d'un ou deux couloirs tempétueux descendants du continent.

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Voici un été normal. Toujours cette alternance entre vents calmes et gros coups de vents. Le temps est souvent beau, le foehn semble faire le ménage bien plus facilement qu'à Rothera. Les étés offrent ainsi un nombre de jours records pour l'Antarctique avec des conditions presque douces (tx de 5°c ou plus) et peu ventées.

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BONUS: février 2005 et sa txx de 14.3°c. Comme souvent en Antarctique les coups de douceurs sont bien éphémères, et ce mois est au final pas vraiment chaud.

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Le décalage thermique est sensible en automne, avant la formation de la banquise hivernale, et cette saison de prolonge jusqu'en mai. En voici un exemple particulièrement tempétueux, avec quelques coups de vents bien extrêmes. Cet exemple a été pris durant l'une des rares années (2006) où les mesures d'enneigement ont vraiment du sens, et l'on repère ainsi le début de l'enneigement le 17/04. On voit également comment les tempêtes de nord-est dispersent la neige, pouvant la faire disparaitre même en absence de dégel.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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Posté(e) - Lieu : Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
Le 05/05/2017 à 12:14, Canada Goose a dit :

Hormis le froid - bien plus modeste -, ça ressemble beaucoup au sud du Québec. Tous les records mensuels de chaleur (Txx et Tnx) sont équivalents à ceux que l'on a ici. Et même la pluviométrie est très proche. Il n'y a que l'hiver qui est assez nettement plus doux qu'ici.

Je reviens sur la fiche d'Obihiro, sur l'île de Hokkaido...

En fait, outre l'hiver moins froid, il existe 3 autres différences essentielles qui la démarquent assez nettement du climat du sud du Québec :

 

1) l'ensoleillement hivernal est nettement supérieur là-bas : de novembre à mars inclus, il avoisine voire dépasse clairement les 60%, alors qu'ici, on fluctue entre 30 et 40% au cours de la même période. Et inversement, en plein été, alors que Québec jouit (tout de même) de 53% en juillet, Obihiro n'en a que 25% !

En bref, grosso-modo, 2 fois plus de soleil en automne et hiver à Obihiro qu'à Québec, et au contraire 2 fois moins en été : càd un hiver très lumineux et un été très gris là-bas, ce qui va à l'encontre de la majorité des climats tempérés.

 

2) le mois d'août est clairement plus chaud (lourd, étouffant) à Obihiro : malgré les nuages très présents, on doit clairement sentir la pulsion subtropicale marquée qui remonte jusqu'au nord du Japon durant ce mois en particulier. En effet, étant donnée la quantité énorme d'humidité envoyée par cette masse d'air subtropical dans cette partie du monde, les 20,7°C de moyenne en août se transforment en un humidex moyen de 27 (contre 22 à Québec en juillet, et 24 à Montréal). Ce temps presque continuellement gris et presque étouffant doit être une sensation bizarre qu'on n'a pas ici, ou rarement.

 

3) Québec reçoit 180 jours de précipitations (> 0,1 mm), alors que Obihiro n'en a que 108 : la différence est flagrante en saison de soleil bas (novembre à mars), puisque Obihiro reçoit 5 à 8 jours de précipitations par mois, contre 14 à 19 jours par mois à Québec !

 

Donc finalement, en y regardant de plus près, je pense que ces 4 différences marquantes doivent clairement faire en sorte que, finalement, le climat d'Obihiro doit être assez différent de celui du sud du Québec.

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Posté(e) (modifié) - Lieu : Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
Le 09/05/2017 à 15:34, mottoth a dit :

#343. Yuzhno-Kurilsk.

 

C'est très maritime, avec un décalage thermique notable en été où septembre est plus chaud qui juillet. Le manque de chaleur fait passer ce climat en catégorie subpolaire... je parlerais donc de climat subpolaire océanique, à seulement 44°N !!!

Il existe un coin très similaire (situé à la latitude de Marseille, donc encore légèrement plus au sud que Yuzhno-Kurilsk) dont le climat est tout juste à la limite du subarctique océanique : il s'agit de Cape Sable Island, dans l'extrême sud de la Nouvelle-Ecosse, ici au Canada. Pour y être allé plusieurs fois en plein été, je confirme que, même en plein après-midi, on se gèle les miches ! Et qu'on est souvent en plein brouillard...

Et regardez le record de chaleur absolu : 24°C !! Ouf !

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Cape_Sable_Island#Climate

Modifié par dann17
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Posté(e) - Lieu : Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
Il y a 6 heures, Canada Goose a dit :

Bizarre, les données ne correspondent pas du tout avec celles-ci.

C'est parce qu'il ne s'agit pas de la même station !  Toutes deux sont situées en Nouvelle-Ecosse, mais celle dont tu parles est une île à 200 km au large des côtes de la Nouvelle-Ecosse (vers le sud-est, en plein Atlantique). Et il s'agit de Sable Island.

Celle dont j'ai posté le lien est une pointe située sur la presqu'île (rattachée au continent et à la Nouvelle Ecosse par une route, et elle s'appelle Cape Sable Island...!  Oui, il faut le faire ! :D

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Il y a 10 heures, dann17 a dit :

C'est parce qu'il ne s'agit pas de la même station !  Toutes deux sont situées en Nouvelle-Ecosse, mais celle dont tu parles est une île à 200 km au large des côtes de la Nouvelle-Ecosse (vers le sud-est, en plein Atlantique). Et il s'agit de Sable Island.

 

Et la page wiki précise d'ailleurs en introduction " Sometimes confused with Sable Island " 😀

 

#507. Vernadsky.

 

On poursuit la découverte de la péninsule Antarctique avec aujourd'hui la base ukrainienne de Vernadsky. Nous sommes toujours sur la côte ouest, la plus océanique, à 310kms de Rothera, 345kms de San Martin, 430kms de Eduardo Frei, 1045kms du Cap Horn, et 1415 kms de Punta Arenas.

89063_map0.jpg

 

Vernadsky est situé sur une petite ile, l'ile Galindez, à 6.5kms du continent. Les montagnes de la terre de Graham séparent l'océan Austral, à l'ouest, de la mer de Weddell et de la barrière de Larsen, à l'est. J'ai noté la position de la base américaine de Palmer, distante de 53kms sur l'ile d'Anvers et initialement choisie comme étape pour cette fiche avant d'être abandonnée en raison de problèmes dans les données d'ennuagement.

89063_dem.jpg

 

En hiver la banquise saisonnière recouvre probablement une bonne partie des fjords et détroits de la région, et certains hivers notablement plus froids doivent être marqués par une extension plus importante de celle ci.

89063_map1.jpg

 

Voici une vue vers l'est aux distances bien écrasées par l'effet de zoom: les glaciers et montagnes du continent en arrière plan sont à plus de 9kms de la base elle même.

89063_photo0.jpg

 

Une autre vue de la base. Je pense (sans en être sur) que les relevés météo sont fait sur le toit bu bâtiment bleu ciel à gauche.

89063_photo1.jpg

 

89063_Vernadsky_A.png

 

Pas de données de RR mais en revanche on a des mesures d'enneigement qui semble assez fiables: elle supposent des précipitations copieuses, si copieuses que la couche a du mal à disparaître en été; en fait elle ne fond totalement qu'une année sur 3 ou 4, et cette fonte n'est effective qu'en mars si elle se produit. Ce régime d'enneigement met d'ailleurs en évidence un important décalage thermique, du plus en plus fort en progressant vers le nord.

Ce décalage est corroboré par l'évolution de l'ICA: 0.79 à San Martin,  0.59 à Rothera, 0.42 ici et 0.24 à la Base Eduardo Frei.

 

On est donc franchement dans le domaine polaire océanique, avec cette incertitude en hiver sur la bonne constitution ou non de la banquise saisonnière dans la région.

 

Le vent est largement contraint par le relief des différentes ile set presqu'iles de la région, il vient le plus souvent du NNE. En hiver le vent de sud-est est de nature plutôt continentale, voire un peu foehné par la terre de Graham.

89063_Vernadsky_C.png

 

 

Pas de nuit polaire ou de jour continu, ici le jour dure 3.5h vers le solstice d'hiver et presque 22.5h au solstice d'été.

89063_Vernadsky_B.png

 

 

Le froid hivernal commence à être vraiment très modéré pour l'Antarctique, même pour une région côtière. Voici un exemple centré sur aout, décalage thermique oblige.

On remarque des tempêtes pas très violentes (pour l'antarctique), des redoux océaniques franchement au dessus du dégel, et des séquences anticycloniques plus fréquentes qu’ailleurs mais froides. Les tnn passent normalement sous les -20°c à chaque hiver, mais pas beaucoup plus bas.

89063_JUL-SEP14.png

 

BONUS: un mois d'hiver vraiment froid, juillet 2015. Cette année là a du connaitre une extension très importante de la banquise, car juin, juillet et septembre sont les mois les plus froids de leur catégorie pour ma courte période d'étude (seulement 10 ans, et je n'ai que des données partielles pour aout 2015), avec une tnn de -26.9°c le 13/09/2015.

89063_JUL15.png

 

 

Un court exemple de printemps, toujours en 2015: le mois est normal thermiquement, mais logiquement après un tel hiver la couche de neige au sol est impressionnante.

89063_NOV15.png

 

 

Voici un exemple d'été, qui a la particularité de venir complètement à bout de la neige au sol. Cela reste une saison très grise, et qui hésite souvent entre neige et pluie comme partout ailleurs dans cette péninsule.

89063_JAN-MAR08.png

 

 

Enfin un très court exemple d'automne, plus doux que la normale, qui montre que la txx annuelle ne survient pas forcément en été.

89063_MAY11.png

 

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

 

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Merci pour ces fiches rafraichissantes (et passionnantes bien sûr !), dans ces temps difficiles d'arrivée de fortes chaleurs sur le pays...

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Posté(e) (modifié) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)

J'avais initialement prévu une seule et dernière étape pour conclure ce voyage en Antarctique, mais j'ai passé une semaine à réviser mon jugement et finalement il y en aura 4 !

La cause en est la diversité des climats de la péninsule antarctique qui est bien plus grande que ce que j'imaginais, et qui mérite de s'y attarder un peu plus longtemps.

Mais avant de poursuivre il convient de creuser un peu plus le sujet de la banquise saisonnière, que j'ai déjà évoqué à plusieurs reprises et qui modifie profondément l’environnement marin en modifiant l’albédo et en le "continentalisant": de larges régions marines/océaniques perdent ainsi le caractère modérateur de l'eau liquide et deviennent même génératrices de froid de basse couche lorsque les conditions deviennent favorables. On a ainsi vu que certaines stations côtières comme San Martin peuvent connaitre des froids plus vigoureux (tnn de -43°c) que bien ailleurs sur le littoral antarctique (tnn de Dumont d'Urville: -36°c).

 

Les cartes suivantes sont issues du Ice Logistic Portal, qui compile pas mal de cartes de l'englacement actuel de l'Antarctique. Par chance, nous sommes fin juin, et les cartes actuellement disponibles montrent donc bien les conditions rencontrées durant l'hiver austral, la saison qui nous intéresse.

Voici la situation globale au 26/06/2018. L'aire colorée en rouge montre l'extension de la banquise saisonnière. Les lignes montrent la climatologie 1978-2012. A part une anomalie basse remarquable entre 10°W et 10°E on peut dire que pour cette année on est plutôt dans les clous, avec une extension partout proche des normales.

La ligne rouge, qui montre les 5% d'années où l'extension est maximale, donne un bon ordre d'idée de l’extension inhabituelle de la glace à l'ouest de la péninsule antarctique responsable des "grands hivers" que j'ai déjà évoqué dans cette zone.

Remarquez aussi comme l'extension moyenne maximale vers le nord (environ 60°S) se retrouve immédiatement à l'est de la péninsule antarctique (mer de Weddell et jusqu'à 10°E), alors qu'à contrario l'extension minimale vers le nord (jusqu'à 67°S) est localisée à l'ouest de cette péninsule (mer de Bellingshausen et au delà jusqu'à 140°W). On pressent déjà que le climat d'un côté ou l'autre de cette péninsule peut présenter de nettes différences, avec une glace bien plus présente à l'est et des hivers plus froids.

 

89000_Ant_Ice_20180626.png

 

Zoom de cette même carte sur la péninsule Antarctique. J'ai repéré du mieux possibles les fiches déjà présentées (notamment San Martin, Rothera, Vernadsky et Eduardo Frei), et celles à venir (Esperanza et Marambio). Ce début d'hiver 2018 semble vraiment très proche de la normale (ligne noire):

89000_Pen_Ice_20180626.png

 

On a déjà constaté la semaine passé le fort gradient thermique hivernal nord-sud à l'ouest de la péninsule, entre les hivers parfois rudes de San Martin et la modération du froid à Vernadsky (ou mieux encore, à E. Frei). Voici les carte actuelles d’englacement pour cette zone (NB: ces cartes, issues des argentins, utilisent des noms complètement différents de ceux habituellement admis et utilisés par la communauté internationale, ainsi l'ile du Roi George devient l'ile du 25 mai):

Eduardo Frei, la moins froide des stations déjà passées en revue (Tnm juillet -8.3°c, tnn annuelle médiane -19.6°c), baigne actuellement dans une concentration de glace marine de 10% à 30% (plutôt 10 que 30 à priori).

 

89056_Ice_20180619.png

 

Vernadsky (Tnm aout -10.1°c, tnn anuelle médiane -21.9°c) est à peine moins océanique avec un englacement actuel de l'ordre de 30% à 40%.

89063_Ice_20180627.png

 

Plus au sud la baie Marguerite est complétement gelée, on y retrouve les stations de Rothera (Tnm Aout -13.0°c, tnn anuelle médiane -25.3°c) et de San Martin (Tnm Aout -16.3°c, tnn anuelle médiane -31.9°c).

Mais l'eau n'est pas loin, au nord de l'ile d'Adelaïde (devenue Ile Belgrano pour les Argentins), à seulement 80kms de Rothera mais 150kms de San Martin.

89062_89066_Ice_20180627.png

 

La suite cette après-midi, avec une fiche sur Esperanza, la première à l'est de la péninsule Antarctique.

Modifié par mottoth
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Posté(e) (modifié) - Lieu : Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
il y a 38 minutes, mottoth a dit :

Les lignes montrent la climatologie 1978-2012. A part une anomalie basse remarquable entre 10°W et 10°E on peut dire que pour cette année on est plutôt dans les clous, avec une extension partout proche des normales.

La ligne rouge, qui montre les 5% d'années où l'extension est maximale, donne un bon ordre d'idée de l’extension inhabituelle de la glace à l'ouest de la péninsule antarctique responsables des "grands hivers" que j'ai déjà évoqué dans cette zone.

S'agissant des deux première cartes russes, les lignes violette, noire et rouge correspondent-elles aux extensions maximales annuelles moyennes (atteintes vers septembre), ou bien correspondent-elles à l'extension moyenne de la banquise au 26 juin ? 

Parce que, là, à la fin juin, l'extension de la banquise antarctique est comme tu le sais encore bien loin de ce qu'elle est en septembre.

 

ps : je pense qu'il s'agit de fin juin...

Modifié par dann17

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Posté(e) - Lieu : Saint-Ambroise, Saguenay-Lac-St-Jean, QC, Canada
il y a 39 minutes, mottoth a dit :

 

89056_Ice_20180619.png

 

Ils ont oublié la catégorie 4-6/10 ? ou bien c'est intentionnel, car la transition entre les zones de faible concentration et celles de forte concentration serait très marquée ?

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Posté(e) (modifié) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)
il y a 25 minutes, dann17 a dit :

S'agissant des deux première cartes russes, les lignes violette, noire et rouge correspondent-elles aux extensions maximales annuelles moyennes (atteintes vers septembre), ou bien correspondent-elles à l'extension moyenne de la banquise au 26 juin ? 

Parce que, là, à la fin juin, l'extension de la banquise antarctique est comme tu le sais encore bien loin de ce qu'elle est en septembre.

 

ps : je pense qu'il s'agit de fin juin...

Pour moi ces lignes correspondent à la climatologie du jour J, soit le 26/06 pour cet exemple. Ce qui me fait dire que j'ai pas mal de chance de tomber sur une année tout à fait normale pour illustrer le rôle de la banquise saisonnière sur le climat local.

 

il y a 22 minutes, dann17 a dit :

 

Ils ont oublié la catégorie 4-6/10 ? ou bien c'est intentionnel, car la transition entre les zones de faible concentration et celles de forte concentration serait très marquée ?

C'est probablement pas un oubli, cette zone de transition doit être trop étroite pour mériter d'être figurée... d'ailleurs par endroit la zone B (70-80%) est zappée elle aussi.

Modifié par mottoth

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#508. Esperanza.

 

Esperanza est plus qu'une énième base administrée par l'Argentine: c'est le seul village (55 habitants) du continent antarctique, avec son école et son registre d'état civil. Il existe un deuxième village, chilien, dans la zone antarctique, un peu plus grand, et attenant à la base de Eduardo Frei, sur l'ile du Roi George.

Eduardo Frei est à 165kms, Vernadsky 405kms, San Martin 700kms, Punta Arenas 1410kms.

88963_map0.jpg

 

Nous sommes au bout de la péninsule de la Trinité, elle même au bout de la péninsule Antarctique. A priori on pourrait s'attendre à un climat aussi océanique et très similaire à celui de E. Frei, mais nous allons en fait constater de nettes différences:

- la péninsule est montagneuse et le foehn va régulièrement faire monter les t° nettement plus haut que dans l'archipel des Shetlands du sud. Ainsi Esperanza détient le record de chaleur du continent avec 17.5°c.

- la banquise saisonnière en provenance de la mer de Weddell atteint cette péninsule et déborde assez largement dans le détroit de Bransfield, avec des t° hivernales souvent bien plus basses.

88963_dem.jpg

 

Vue de la région sans la banquise saisonnière. La base voisine (46kms) chilienne de Bernardo O'Higgins ne fera pas l'objet d'une fiche, en revanche la base argentine de Marambio (95kms) sera la prochaine étape.

88963_map1.jpg

 

Vue vers le sud-ouest, d'où une bonne partie des vents dominants seront canalisés entre ces deux reliefs:

88963_map2SW.jpg

 

Cette photo elle aussi orientée vers le sud-est montre ce couloir venteux:

88963_photo1.jpg

 

88963_Esperanza_A.png

 

De ce côté ci de la péninsule, on retrouve par 63°S des hivers aussi rigoureux (Tm juillet -10.6°c) que par 68°S sur la façade ouest, vers la baie Marguerite (Rothera, 67°34'S, Tm aout de -9.5°c; San Martin, 68°07'S, Tm juillet -11.3°c). C'est bien évidemment la présence de la banquise saisonnière qui explique cette différence. Voici un exemple de l'extension de celle ci dans la mer de Weddell, pris le 27/06/2018 lors d'un début d'hiver normal:

 

88963_Ice_20180627.png

On constate bien que la zone est prise par les glaces (zone rouge avec une concentration de glaces marine de plus de 90%), tandis que l'océan libre de glaces monte bien plus haut en latitude à l'ouest de la péninsule antarctique. Je vous renvoie au post précédent pour la présentation des cartes d'englacement.

 

Ce climat se distingue également par des txx particulièrement hautes pour le continent, et quelque soit la saison: la deuxième tx la plus haute de ma période d'étude à d'ailleurs eu lieu en mai, à la fin de l'automne (17.2°c le 26/05/2016, et encore 16.2°c le lendemain !). Le 17.5°c du 23/03/2015 a fait la une de la météo mondiale à l'époque, c'est le record absolu pour l'antarctique (suivi de très près par les 17.4°c du lendemain 24/03/2015 à Marambio, rdv à la prochaine fiche). Toutes ces tx se produisent sous un foehn d'ouest, engendré par les relief de la péninsule de la Trinité.

Pour le reste c'est un climat tout de même extrêmement gris et souvent cauchemardesque, il ne faut pas l'oublier: le vent est fort toute l'année et donne en hiver des conditions de poudrerie très fréquentes (environ 20% du temps sous le seuil de visibilité de 1km).

 

On retrouve des vents de NNW ou SSE canalisés par le détroit antarctique (entre le continent et l'ile Joinville, mais la plupart des vents proviennent du sud-ouest ou de l'OSO:

88963_Esperanza_C.png

En quelques dizaines de degrés d'angle la nature de ces vents change drastiquement: les vents de SSO à ouest (250° à 280°) sont foehnés, mais ceux de sud-ouest (230°) ne le sont pas et donc sont beaucoup plus froids en hiver: la trouée dans le relief au sud-ouest de la base laisse passer un courant froid en provenance de la banquise saisonnière abritée entre la péninsule et l'ile James Ross.

Les vent de tendance nord sont eux tout simplement perturbés, humides et doux en hiver.

 

Pas de nuit polaire ni de jour continu. La longueur du jour varie de 4h31 le 21/06 à 20h32 le 20/12.

88963_Esperanza_B.png

 

 

Voici l'hiver 2012, globalement normal. Les régimes de sud-ouest donnent parfois des blizzards terribles, comme durant ce mois de juin 2012 plutôt froid. Le temps est souvent changeant, et l'arrêt ou la reprise du vent froid de sud-ouest, en alternance avec un vent plus océanique ou foehné, donne des variations de températures qui atteignent souvent +/- 20°c en quelques heures. Ainsi des redoux avec dégels côtoient d'assez près les grands froids sous -20°c.

88963_JUN-AUG12.png

 

 

BONUS: un mois de juillet 2009 particulièrement contrasté. Contrairement à l'exemple précédent les rafales de vent ne sont pas estimées: elles ont été explicitement reportées dans les synops et montrent de fréquents et terribles coups de vent (la rafale de 228 km/h du 26 est un peu suspecte j'en conviens).

Avouez qu'en partant de la fiche de l'hyperocéanique Eduardo Frei, à 165kms d'ici, on ne pouvait pas présager d'un climat à types de temps aussi contrastés ici.

88963%20JUL09.png

 

 

Un court exemple de printemps, avec encore de gros coups de vents et des refroidissement brutaux:

88963_OCT08.png

 

 

En été la différence avec les autres climats de la péninsule, voire même de toutes les côtes antarctiques, est moins nette: hormis quelques coups de foehns c'est le plus souvent un temps variable avec des températures jamais très éloignées du 0°c.

88963_DEC15-FEB16.png

 

BONUS: le début de l'automne 2015 et son record de chaleur du 23/03. Cette t° a en fait été atteinte à la fin de la nuit du 23 au 24, la tx diurne du 23 n'étant que de 4.7°c. Le foehn s'est réveillé en fin de nuit avec cette hausse spectaculaire du thermomètre, et a soufflé fort toute la journée du 24 avec des vents moyens de plus de 110 km/h et des rafales à minima proches de 130km/h. Après un début d'automne plutôt froid, ces conditions de foehn ont perduré jusqu'à 27/03 et on largement contribué à terminer le mois avec un léger excédent thermique.

88963_MAR15.png

 

 

On termine avec un court exemple d'automne, bien contrasté, avec du grand froid assez précoce ensuite balayé par un gros redoux en dernière décade:

88963%20APR16.png

 

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, la prochaine étape sera donc Marambio, avec un climat encore plus contrasté !

Je suis en revanche incertain sur le moment où je posterais cette fiche: je rentre dans une période de déménagements + travaux qui va durer tout l'été, mon temps libre va être de plus en plus restreint dès ces prochains jours.

 

Modifié par mottoth
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J'en apprends tous les jours ! Il y a des villages en Antarctique :o un des villages a même un hôtel, une boutique souvenir... j'en reviens pas ! ça donne des idées de vacances :D

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#509. Marambio.

 

Comme promis voici une nouvelle étape encore bien rafraichissante en Antarctique, en ces temps de canicule...

Marambio est une base Argentine importante par sa taille (55 hivernants, 200 estivants) et par son aéroport pouvant accueillir des avions de taille importante (Hercule C130 notamment). Esperanza est à 95kms, Eduardo Frei 255kms, Vernadsky 480kms, San Martin 640kms.

89055_map0.jpg

 

Marambio est sur l'ile Seymour (ile Marambio pour les Argentins), dans la mer de Weddell. Le DEM utilisé a des lacunes pour cette ile: la base est en fait sur un plateau au centre de l'ile, à une altitude moyenne de 200m. Le lieu est ainsi très exposé aux vents et se retrouve souvent la tête dans le stratus, notamment en été... ces mauvaises conditions récurrentes sont la prix à payer pour bénéficier d'une surface plane suffisamment vaste pour accueillir les deux pistes d’atterrissage qui font de cette base le nœud logistique pour toutes les opérations antarctiques menées par l'Argentine.

On l'a vu la semaine dernière, la mer de Weddell gèle complétement ici en hiver, avec une limite de la banquise saisonnière souvent à plus de 200kms au nord.

89055_dem.jpg

 

Les reliefs de la péninsule de la Trinité et de l'ile James Ross pourront donner comme à Esperanza des conditions de foehn marquées lorsque souffle un fort courant d'ouest.

89055_map1.jpg

 

Vue vers le SO: Google Earth Viewer non plus ne dispose pas de DEM pour cette zone, et l'ile parait plate alors qu'elle ne l'est pas du tout. Au plus proche la mer est à 1.6kms de la base, et 200m plus bas.

89055_map3OSO.jpg

 

Cette photo est orientée sensiblement comme la vue 3D ci-dessus.

89055_photo0.jpg

 

Une autre photo, montrant un camp d'été sur le même plateau et la magnifique région autour de la base. Pas mal de photos à voir, parfois vraiment belles, et prises en toutes saisons, ce ce blog.

89055_photo1.jpg

 

89055_Marambio_A.png

 

La présence de la banquise saisonnière dans la mer de Weddell et son extension bien plus loin - jusqu'à dans le détroit de Bransfield - donne des hivers nettement plus froids qu'à Esperanza: en moins de 100kms on perd 4°c à 5°c sur les Tm hivernales, et plus de 9°c de perdus par rapport à Eduardo Frei. Ces trois bases sont grossièrement alignées, voici le comparatif des tableaux de t°:

89055_88963_89056_coupe.png

 

On pourrait aussi comparer avec les hivers de Vernadsky, située 1° plus au sud en latitude par rapport à Marambio: en juin il y fait 9°c plus doux !

Mais Marambio bénéficie à peu près des mêmes redoux que le reste de la péninsule, aidés par le foehn d'ouest, avec des dégels assez fréquents: le temps de cette saison va être encore plus contrasté qu'à Esperanza, et nulle par ailleurs en zone côtière Antarctique on ne retrouvera de tels contrastes.

 

Les roses des vents montrent les deux principales influences qui vont faire osciller le temps à longueur d'année entre froid et redoux:

- un vent de SO froid, venant de la mer de Weddell et plus loin de la barrière de glace de Larsen

- un vent de NO perturbé et de plus en plus foehné en s'infléchissant vers l'ouest (regardez les moyennes de t° et d'HR par vent de secteur 290°)

La situation de la base sur un plateau donne des vents moyens vraiment forts, avec une moyenne annuelle de 30 km/h on se place en 4e place des stations Antarctiques les plus ventées parmi celles déjà étudiées dans ce fil, derrière SANAE (1ere, 36.9 km/h), Eduardo Frei (2e, 32.2 km/h) et DDU (3e, 31.6 km/h).

89055_Marambio_C.png

 

 

La longueur du jour varie de 4h14 autour du 21/06 à 21h14 autour du 21/12.

89055_Marambio_B.png

 

 

Voici un hiver normal: on retrouve comme à Esperanza une alternance entre des pics de froids souvent renforcés par de terribles blizzards, et des redoux d'une ampleur et d'une soudaineté qui ne vont pas sans rappeler une région pourtant bien différente: les prairies de l'Alberta et notamment Calgary qui connait à peu près les même températures hivernales, entre chinook et froid glacial arctique (Calgary n'est cependant pas aussi ventée, surtout lorsqu'il fait froid)... c'est parce que les mécanismes à l’œuvre sont les mêmes, à savoir une alternance entre foehn zonal et un froid d'origine méridienne qui "coule" sur le flanc est d'un relief (les Rocheuses pour l'Alberta, la péninsule antarctique pour Marambio).

89055_JUN-AUG05.png

 

BONUS: un exemple de mois vraiment froid, c'est même le plus froid de ma période d'étude. Lorsque l’équilibre entre les deux types de temps caractéristiques de l'hiver (foehn zonal ou froid de banquise) est rompu et que l'un des deux prend le dessus on obtient facilement de fortes anomalies thermiques à l'échelle du mois, qu'elles soient positives ou négatives.

Notez l'enfer vécu au moment des jours les plus froids, avec des blizzards de plusieurs jours qui abaissent encore d'autant plus l'IRE.

89055_JUL07.png

 

BONUS: un mois avec une anomalie chaude remarquable, septembre 2008. Ce mois de septembre est même plus doux que le plus doux des mois d'octobre de ma période d'étude ! Le régime de vent bloqué en mode zonal a balayé le froid de banquise pendant toute la durée du mois, alors que septembre et le mois où celle ci connait son extension maximale vers le nord.

89055_SEP08.png

 

 

Voici un mois de printemps plus normal, avec un bon équilibre entre le froid et la douceur.

89055_OCT11.png

 

 

Voici un été normal, avec là encore un temps souvent bien contrasté: les journées froides ne sont plus aussi froides (par rapport aux journées douces), mais elles se déroulent souvent dans le stratus, avec des visibilités au final aussi réduites que lors des grands blizzards. La banquise saisonnière doit s'attarder très longtemps dans cette zone, car l'été est tout de même un cran plus froid que ce qui est observé ailleurs autour de la péninsule antarctique,

89055_DEC15-FEB16.png

 

 

En avril la forte oppositions entre les deux régimes de temps hivernaux est déjà de retour, avec déjà du grand froid ou du fort blizzard, et toujours ces occasionnels redoux fulgurants.

89055_APR05.png

 

BONUS: un mois de mai... printanier ! De très grandes amplitudes thermiques, avec surtout deux longs redoux très prononcés (jusqu'à 3 ou 4 jours hors gel !) sous des conditions de foehn magnifiques.

89055_MAY16.png

 

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui: A chaque fois que je "resserre la maille" il y a de bonnes raisons, et j'espère que vous avez apprécié le monde qui sépare les climats de Eduardo Frei (très océanique et grise), Esperanza (contrastée mais encore bien grise) et Marambio (très contrasté et moins grise, comme en atteste ce dernier exemple de mois de mai).

 

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Il y a 5 heures, mottoth a dit :

#509. Marambio.

 

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui: A chaque fois que je "resserre la maille" il y a de bonnes raisons, et j'espère que vous avez apprécié le monde qui sépare les climats de Eduardo Frei (très océanique et grise), Esperanza (contrastée mais encore bien grise) et Marambio (très contrasté et moins grise, comme en atteste ce dernier exemple de mois de mai).

 

 

C'est toujours extrêmement intéressant de voir les différences à « faibles » distances !

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Posté(e) - Lieu : Samoëns (74, alt. 716 m), Megève (74, alt. 1105 m) ou Croissy-sur-Seine (78, alt. 33 m) occasionnellement

@mottoth vers où va nous mener le prochain voyage ? :) 

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Posté(e) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)
il y a 1 minute, nicolass a dit :

@mottoth vers où va nous mener le prochain voyage ? :) 

 

Il me reste encore deux fiches dans la "région" (au sens large): L'ile Orcadas et Mount Pleasant (Falklands). Ensuite ce sera de la chaleur à gogo avec l'Arabie Saoudite.

 

Mais avant tout cela il me reste un déménagement et aussi des travaux à finir, donc même si j'ai retrouvé depuis quelques jours un peu de temps pour mettre à jour quelques fiches il faudra probablement septembre et le retour à une certaine routine quotidienne de la rentrée pour que je reprenne pleinement ce topic.

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Posté(e) - Lieu : Samoëns (74, alt. 716 m), Megève (74, alt. 1105 m) ou Croissy-sur-Seine (78, alt. 33 m) occasionnellement
il y a 1 minute, mottoth a dit :

 

Il me reste encore deux fiches dans la "région" (au sens large): L'ile Orcadas et Mount Pleasant (Falklands). Ensuite ce sera de la chaleur à gogo avec l'Arabie Saoudite.

 

Mais avant tout cela il me reste un déménagement et aussi des travaux à finir, donc même si j'ai retrouvé depuis quelques jours un peu de temps pour mettre à jour quelques fiches il faudra probablement septembre et le retour à une certaine routine quotidienne de la rentrée pour que je reprenne pleinement ce topic.

 

Super, merci ! 

 

Dès que je vois le topic passer en 2e page de climato ça m'embête, je me dois de le remonter :P il devrait être épinglé en fait

 

Alors bon courage & à très vite !! :) 

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Posté(e) - Lieu : Montreuil (93) ou Ciran (37)

Je "up" ce sujet pour demander à @mottoth s'il aurait la réponse à cette question relative à la mesure du vent au Japon?

 

 

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il y a une heure, Sebaas a dit :

Je "up" ce sujet pour demander à @mottoth s'il aurait la réponse à cette question relative à la mesure du vent au Japon?

 

 

 

Un peu la Note technique 35B de la JMA :D:

http://www.jma.go.jp/jma/kishou/know/kansoku_guide/guidebook.pdf

(désolé je ne connais pas de version anglaise > bien sur 10 minutes pour répondre directement à la question)

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Posté(e) (modifié) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)
Le 04/09/2018 à 18:09, Sebaas a dit :

Je "up" ce sujet pour demander à @mottoth s'il aurait la réponse à cette question relative à la mesure du vent au Japon?

 

Je n'avais pas la réponse, heureusement que Thundik81 maitrise parfaitement le japonais ;)

 

On reprend bientôt l'exploration de la planète au travers de ce topic, il ne reste plus qu'à rebrancher l'ADSL dans mon nouveau logement (ce qui pourrait prendre encore 1 semaine)...

Modifié par mottoth
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Posté(e) - Lieu : St Genis les Ollières (69), Aeroport St Exupery (69)

Toujours pas d'internet fixe chez moi, cependant je n'ai pas chômé puisque une bonne quarantaine de fiches ont été remise à jour depuis ce weekend:

- la plupart en raison de nouveaux records de chaleur souvent absolus (Scandinavie et Europe du Nord, Algérie, Corées, Japon, Colombie Britannique, etc), travail loin d'être fini tellement l'été à été chaud mais ça avance vite...

- la moitié de l'Indonésie à été faite, il reste l'autre moitié + les Philippines: ces dernières fiches n'ont pas été remises à jour depuis plus de 3 ans et c'est un lourd travail de fond qui avance lentement.

 

Internet fixe ou pas (ça risque de durer encore), la suite va bientôt arriver puisque j'ai changé d'opérateur mobile hier et je vais bientôt profiter d'un forfait avec plein de data que je pourrais utiliser à la maison sans parcimonie.

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