
Youri
Adhérent Infoclimat-
Compteur de contenus
1 808 -
Inscription
-
Dernière visite
Type de contenu
Profils
Forums
Calendrier
Tout ce qui a été posté par Youri
-
Bonjour, Comme c'était prévisible, cette visite de FIT se montre peu solide. C'est de toute manière un peu trop tôt pour un positionnement durable à notre latitude. Normalement c'est plutôt autour du 15 novembre. L'année dernière c'était même début décembre mais c'était plutôt tardif (et définitif d'ailleurs). Après ce mardi ou nous avons été temporairement "de l'autre côté", (c'était prévu durer toute la semaine d'après ECMWF mais il s'est ensuite ravisé), nous sommes en fait pratiquement pile sur le FIT avec un temps chaud, lourd, un ciel chaotique, un vent variable et très faible et des orages épars (nous avons eu une averse mercredi après-midi). Difficile de prévoir la suite car le front est prévu onduler à notre latitude ces prochains jours, avec donc probablement un temps digne tantôt "du côté nord" sec, ensoleillé et aéré, et tantôt "du côté sud" avec lourdeur et bourgeonnements nuageux débouchant parfois sur un orage. La carte de l'accumulation de pluie montre ce positionnement limite sur Sibut (Bangui reste en revanche dans la zone humide et recevra encore de bonnes pluies pour une dizaine de jours). Cela ressemble cependant à un mois de novembre normal climatologiquement parlant. L'année dernière, le mois de novembre s'est rangé clairement dans la saison des pluies, alors que c'est un mois qui ne devrait recevoir en moyenne qu'entre 40 et 50 mm à Sibut (contre près de 100 mm sur Bangui).
-
Bonjour à tous ! Brusque rabattement du F.I.T vers le sud. Cela fait plusieurs jours que l'on aperçoit cet événement sur les cartes de ECMWF, mais c'est tout de même un mois plus tôt que l'année dernière. Grand ciel bleu et absence quasi-totale de cumulus, léger assèchement de l'air et petite brise, faible et irrégulière, dès le milieu de matinée. Car oui, nous nous retrouvons sans crier gare, à Sibut, de l'autre côté du F.I.T, alors que la rivière Tomi est encore en train de monter (le pont est une nouvelle fois recouvert d'eau) en réaction aux violentes pluies de la semaine dernière... Ça fait quand même brutal, comme transition. Quelque chose me dit que cette visite de L'Harmattan ne sera pas définitive... Mais en attendant... Vu l'humidité du sol et de la végétation, l'assèchement est à peine perceptible. Par contre, le changement de temps, lui, est flagrant.
-
Bonjour à tous. Nous vivons actuellement une répétition de l'événement pluvieux du 6 septembre. C'est pratiquement pareil, voire plus, car le premier orage, bien pluvieux, nous a touché hier vers 21h, puis après une accalmie, nous avons eu au moins quatre séquences fortement pluvieuses (avec activité orageuse modérée) de minuit à l'aube. Le vacarme sur la tôle ne m'a pas laissé beaucoup d'occasions pour dormir. Une cinquième séquence avec plus de 30 minutes de pluie très intense nous concerne depuis 6h. Ça s'était calmé au moment où je commençais à écrire le message mais ça semble vouloir reprendre. Il y a donc de très fortes chances que de nouvelles crues importantes aient lieu dans les heures à venir (si ce n'est pas déjà le cas). Surtout qu'on part déjà de très haut, et que le paquet convectif concerne une zone très étendue. Mise à jour : C'est un message que j'avais rédigé tôt ce matin mais ce n'est que maintenant que je peux le poster, à cause d'une panne totale de réseau mobile depuis ce matin.
-
Bonjour à tous ! La moto nord du pays entre maintenant en saison sèche. Cette carte de cumuls de pluie dans les 8 prochains jours l'atteste. Le sud, par contre, n'en est pas encore là, et l'heure est même aux inondations, sur les berges de l'Oubangui, qui, d'après les dernières nouvelles, monte dangereusement et menace des habitations (construites en zone inondable, donc rien d'exceptionnel pour la région, contrairement à ce qu'on a pu voir sur la bande sahélienne le mois dernier). Beau déluge sur Sibut ce matin Il a plu une bonne partie de la nuit à Bangui et plus à l'ouest tandis que Sibut restait en marge. Ce matin, une nouvelle zone convective qui a vu le jour plus à l'est donne donc sa part à Sibut, et devrait également toucher Bangui, qui risque donc de connaître une situation de plus en plus critique dans les zones inondables.
-
Bonjour à tous... La crue de la Tomi se poursuit, le pont est à présent inondé... De fortes averses ont continué à tomber dans la région depuis mon dernier post, principalement lors des fins d'après-midi, mais une seule a concernée la ville de Sibut en elle-même. Les autres nous ont manqué de peu, mais bien sûr, toute pluie qui tombe aux alentours ou même beaucoup plus loin est en mesure de faire réagir les cours d'eau.
-
Bonjour à tous. Les fumées se sont totalement dissipées à présent. De très importantes précipitations sont tombées sur Sibut cette nuit. À mon avis 100 mm et +. Un véritable déluge à partir de 01h du matin jusqu'à environ 07h, avec des périodes de 15-30 minutes de pluie très intense suivies de plages d'accalmie (pas d'arrêt de la pluie, mais juste pluie moins forte) d'une quinzaine de minutes avant une reprise des très fortes intensités. Ça n'a pas arrêté jusqu'au matin. La Tomi, petite rivière, menace de sortir de son lit et de gonfler jusqu'au niveau du pont passerelle. Cela arrivera sans aucun doute dans les prochains jours si on a encore quelques bonnes averses.
-
Merci, je ne connaissais pas encore ! Il faut dire qu'au Burkina, les invasions de fumées étaient plutôt rares... On parlait plutôt de poussières sahariennes. Et c'est la première fois que je remarque une si grosse concentration en dehors de la saison sèche. Mais pourtant, c'est beau... À sa manière. En tous cas cela ne me déplaît pas, visuellement parlant, je ne m'en lasse pas (encore). Ce nuage semble presque cacher un orage derrière... Alors qu'il n'en est rien. Ce n'est que son ombre qui se projette de manière exagérément visible sur le reste du ciel à cause de la fumée.
-
Merci. Quant à moi, j'avais déduit cela grâce à cette carte des PM 2.5. En l'absence de réservoir de poussière dans cette zone, et sachant qu'ils sont là-bas en pleine saison sèche, j'en ai rapidement déduit que cela ne peut être que de la fumée. J'ajouterai aussi que les feux de brousse sont très communs en saison sèche en Afrique centrale. Ici dès fin novembre on y a droit, j'ai même parlé plusieurs fois des retombées de cendre entre décembre et février sur Bangui, avec des filaments noirs qui tombent du ciel quasiment tous les jours. En fait, l'obscurcissement du ciel par de la fumée est très commun par ici, surtout durant notre saison sèche à nous. Ce qui se passe ne me paraît donc pas étonnant. Se récupérer les fumées de l'autre hémisphère n'est pas bien compliqué, vu sa relative proximité et le régime des vents actuel. Cependant, je n'avais pas constaté cela l'année dernière à cette époque. Peut être que la saison sèche y est plus forte que d'habitude (ce qui colle avec le fait que la ZCIT soit remontée particulièrement haut début août).
-
Nouvelle advection de fumée... Toujours originaire de l'hémisphère Sud... À part ça la pluviométrie se porte bien, avec de belles séquences pluvieuses, mais peu d'activité électrique par rapport à juillet. La ZCIT s'élargit pas mal en latitude, après nous avoir un peu délaissé début août.
-
Dans la continuité de ce qui se passe dans le sud de l'Égypte... C'est juste hallucinant cette remontée du F.I.T a une latitude aussi extrême. Tout le sud de la Lybie, qui connaît normalement les conditions les plus sèches possibles à longueur d'année, se retrouve maintenant truffé d'orages. Bon, c'est sur que c'est exceptionnel et que ce ne durera pas, mais cela vaut quand même le coup d'immortaliser cet événement.
-
Passage d'une ligne de grains, toujours liée à la mousson africaine. Cette ligne déborde sur les régions frontalières du sud de l'Égypte, envoyant de gros soulèvements de poussière bien visibles dans le sillage de l'arc nuageux. Les orages éclatent essentiellement plus au sud au Soudan, mais certaines parties de l'extrême Sud-Ouest de l'Égypte devraient également goûter à un bon rinçage, localement. À noter que cette parenthèse "moussoneuse" touche à présent à sa fin, l'air plus sec devrait revenir par le nord dans les jours à venir, mais cette ondulation extrême du F.I.T devrait se décale plus à l'ouest, (Lybie, sud de l'Algérie), la région de Koufra en Lybie a d'ailleurs connu des orages ces derniers jours. A contrario, dans la partie ouest de l'Afrique, le F.I.T semble moins aventureux (dans son périple aoûtien vers le nord) que d'habitude. En effet, la partie ouest du Sahara me semble plus habituée à connaître ce genre d'épisode.
-
Ça se confirme, plusieurs cellules orageuses se forment dans la zone, dont une sur Abou-Simbel. Je n'ai pas d'idée de la quantité d'eau qu'elle pourrait donner, mais d'après les données climato que j'ai, il ne pleut pratiquement jamais dans cette zone, avec une pluviométrie annuelle proche du zéro... Alors cette situation ne doit pas être très commune 🤔.
-
Bonjour à tous. Petite accalmie dans la pluviosité ces derniers jours: il pleut toujours régulièrement, mais plutôt sous forme d'ondées passagères que de gros déluges dont le mois de juillet n'a pas été avare... Les journées sont assez ensoleillées, plus venteuses, douces, avec un fond d'air pas trop chaud bien qu'humide, avec formation de cumulus évolution jusqu'à l'averse localisée dans l'après-midi. À voir quand les hostilités vont reprendre... Aujourd'hui le vent s'est levé sur Sibut, après une aube parfaitement calme (comme souvent), ça souffle à ce que j'estime 15-20 km/h, avec un cache-cache soleil-cumulus. Il fait bon sous les paillotes, on est au frais et bien aéré (ce qui est rare hors période d'Harmattan, je dois le dire). Un ciel maintenant bien purifié de toute fumée, contrairement à il y a un certain temps. La vue est plutôt belle car je suis dans un lieu un peu surélevé. Le Front Inter Tropical est très en forme, en tous cas il fait un marathon vers le nord, bien au delà de sa position normale, comme je l'ai constaté (jusqu'à l'extrême nord du Tchad et même le sud de l'Égypte). Un petit aperçu des pluies sur l'Afrique subsaharienne (et même saharienne), source cpc noaa.
-
La trace du Front Inter Tropical se voit comme le nez au milieu de la figure... Beau contraste d'humidité entre les deux côtés du front. Et changement de vent bien évident aussi.
-
Bonjour à tous, je constate ces derniers jours que les pluies de mousson liées à la remontée maximale du Front Inter Tropical (FIT) vers le nord atteignent l'extrême sud de l'Égypte depuis plusieurs jours déjà... Apparemment pas tellement d'eau, mais tout de même des formations convectives, des orages provoquant des coups de vent soulevant du sable (sable souvent visible sur les images satellite)... Et également une chaleur plus humide que de coutume. Par exemple actuellement, 11h30 locales à Assouan, 36ºC et Td 21ºC, et pire encore à Abou-Simbel avec certes seulement 33ºC mais une Td de 26ºC. Heureusement, un vent assez soutenu de secteur ouest tempère certainement le ressenti. Ok voit bien que plus au nord, les zones non concernées par la remontée du F.I.T jouissent de conditions plus respirables, par exemple Louxor, 37ºC, certes, mais avec une Td de 10ºC, ce qui est de loin préférable, les villes plus au nord sont à l'image, en remontant le long du Nil, avec un vent de secteur nord-est plus sec.
-
Cela montre une nette diminution de la pluviométrie à mesure qu'on se dirige vers le sud. Précipitations prévues dans les 10 prochains jours, par ECMWF, bon c'est sur que, d'avance, on sait que c'est très peu représentatif de ce qui se passera réellement à un endroit donné, mais ça montre au moins le potentiel. On voit bien que Bangui est bien défavorisée, et la pointe la plus au sud-ouest est totalement sèche (en terme de précipitations, mais le taux d'humidité reste très élevé). On peut donc dire que le sud-ouest connait actuellement une petite saison sèche, à l'image de ce qu'on pourrait voir en cote d'ivoire et autres pays dans la même situation. Apparemment, son extension vers le nord-est est assez variable d'une année sur l'autre. Joli halo donnant presque l'impression que le soleil a un petit frère... Pris hier vers 17h.
-
Bonjour à tous, Beaucoup d'eau, décidément, sur Sibut. Si l'on compare avec l'année dernière, c'est vraiment le jour et la nuit. Il se passe rarement une journée sans qu'il ne pleuve, et c'est souvent du lourd, pas des petites ondées. Les rivières (Tomi et Binguiti) ont déjà bien monté. Entre de gros orages nocturnes riches en gros impacts de foudre bien explosifs et de simples averses orageuses (ou non) tombant dans la journée, parfois deux ou trois fois à quelques heures d'intervalle, le sol n'a pas le moindre temps pour sécher. Pas plus tard qu'hier soir, une ligne d'averses remontait du sud-ouest, donnant sur Sibut un net renforcement du vent, faisant presque penser à une ligne de grain d'est, sauf que le vent venait du sud-ouest, et des heures de pluies modérée, par moment forte, avec très peu d'éclairs. Par contre, sur Bangui, rien de comparable, il semble au contraire que la pluviométrie y soit déficitaire. Cette année, la petite saison sèche équatoriale semble s'étendre jusqu'au sud-ouest du pays (la pointe la plus au sud-ouest ne reçoit pratiquement pas de pluie malgré un ciel bien nuageux), et par extension, Bangui accuse aussi un net creux pluviométrique depuis juin. C'est actuellement le nord-ouest du pays qui reçoit le plus d'eau, mais nous ne sommes pas non plus en reste. Les températures sont plutôt fraîches, en tout cas supportables, même si l'humidité frôle la saturation la plupart du temps, et que le vent, tout comme l'année dernière, ne souffle quasiment pas, en dehors de quelques rafales à l'avant des averses. Ces dernières, après le coup de vent initial, ont d'ailleurs bien vite tendance à tomber bien droites. Nous avons également eu, depuis mon dernier message, quelques journées avec un ciel totalement couvert mais sans pluie. Bref, vous l'aurez compris, ce n'est pas par l'ensoleillement que l'on se distingue, actuellement. Je posterai, d'ici, peu quelques photos et cartes de modèles, histoire d'illustrer un peu ce que j'ai écrit plus haut.
-
Convection et orages en zone tropicale
Youri a posté un sujet dans Questions - réponses sur la météo
Bonjour à tous ! J'ouvre ce sujet pour ne pas déterrer celui-ci que j'avais moi-même lancé en 2012: Alors depuis, naturellement, j'ai eu le temps d'acquérir une certaine expérience sur le terrain et de me documenter un peu partout. Cela dit, il y a encore du chemin à parcourir pour que tout s'éclaire. Ce document fait d'ailleurs une synthèse d'à peu près tout ce qu'il faut savoir sur la convection en Afrique subsaharienne (enfin particulièrement le Sahel et les zones tropicales d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale: https://www.umr-cnrm.fr/IMG/pdf/wasa_francais.pdf Dans la continuité de la discussion amorcée il y a 12 ans déjà (que le temps passe !!!), j'ai donc constaté, au Burkina Faso durant 9 ans et en Centrafrique durant 2 ans, le comportement des orages et de la convection en général là-bas et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est comparable dans ces deux pays (normal, finalement, car c'est à peu près le même type de climat, bien qu'ici dans le sud de la Centrafrique, nous soyons plus proches de l'équateur donc la saison des pluies est évidemment plus longue. Ce que je peux dire aussi, c'est que les orages en Afrique tropicale continentale sont souvent différents de ceux que l'on pourrait observer dans les zones tropicales maritimes / insulaires, où sur la côte est de l'Amérique du Sud, par exemple. Ce sujet a pour but de décortiquer un peu, si possible avec la contribution de personnes se trouvant (où s'étant déjà trouvé) dans ces zones tropicales dans lesquelles je n'ai pas encore mis les pieds, ces différences et similitudes. Bref, questions-réponses, oui, car j'ai des questions, mais j'aimerais aller plus loin que cela. Je trouve que ce forum, bien que génial, manque de discussions sur le sujet (hors phénomènes cycloniques bien entendu) et j'ai bien l'intention d'apporter ma pierre à l'édifice. Alors si effectivement, il n'est pas question de supercellules avec tornades (comme mentionné dans notre vieux topic), il y a quand même plus d'action que ce que je m'étais imaginé au départ où que ce qu'on m'avait laissé entendre. Cela ne se limite pas à juste "de bons rinçages" avec quelques coups de tonnerre. Enfin parfois si, mais ça dépend. S'il n'y a pas de contrastes air chaud / air froid comme aux latitudes moyennes, il y a quand même le fameux front inter-tropical (Front Inter-Tropical) qui sépare l'air très (mais vraiment très) sec saharien de l'air tropical (donc humide, comme me l'a maintes fois précisé @dann17. Et c'est ce paramètre qui fait qu'ici plus qu'ailleurs sous les tropiques, lorsque nous vivons les premiers ou derniers orages de la saison (donc lorsque le F.I.T est proche de nous), les éléments se déchaînent véritablement avec parfois un panel complet de vent violent, pluies torrentielles, grêlons (grêlons rarement de grande taille, mais cela peut tout de même arriver, car j'en ai vécu un événement, que je ne suis pas près d'oublier, au Burkina Faso fin août 2015 si mes souvenirs sont bons). La proximité de l'air sec saharien favorise parfois des intrusions d'air sec en altitude, et, lorsque des lignes de grains se forment des certaines conditions (je ne connais pas toute la dynamique même si je commence à y voir plus clair à force de documentation), nous avons parfois de véritables tempêtes avec des rafales attestées à plus de 100 km/h. Ces systèmes sont également très riches en activité électrique, le plus spectaculaire étant les intra-nuageux (ou peut-être également les inter-nuageux, brefs, les éclairs qui restent dans le ciel ) qui flashent à parfois moins d'une seconde d'intervalle. Par contre, lorsque la saison avance et que le F.I.T est repoussé suffisamment au nord, c'est là que ça ressemble plus aux à de bons rinçages avec activité électrique pas forcément transcendante, voire carrément absente. Au centre du Burkina, avril est un mois avec alternance de temps sec (et brûlant) et d'orages isolés qui engendrent plus de vent que de pluie la plupart du temps, car vraiment à cheval sur le F.I.T, mai et juin sont justement les mois des lignes de grains par excellence, avec les plus fortes rafales de vent (les LG de mai sont moins souvent pluvieuses que celles de juin). Juillet connaît lui aussi des lignes de grains très venteuses (et aussi très pluvieuses). En août, les lignes de grains ont tendance à passer plus au nord et donc à nous éviter, mais par contre, c'est le mois des gros MCS avec fortes pluies durables, mais justement avec pas ou peu de vent, ou quelques rafales sans violence particulière (des lignes de grains ou orages particulièrement violents peuvent toujours se produire mais c'est statistiquement moins fréquent). Septembre revoit de nouveau passer les lignes de grains avec encore une fois souvent de forts coups de vent... avant qu'octobre ne devienne rapidement comme avril (en moins chaud certes) avec une grande proximité du F.I.T. Je n'évoque pas les autres mois car au nord du F.I.T, nous sommes dans l'air saharien donc aucun risque d'orage, ni même de nuage, à part quelques cirrus, et mis à part des cas très particuliers où un talweg venant des latitudes moyennes vient apporter une touche particulière à la masse d'air, ce qui peut perturber le temps au point de déclencher des orages (souvent à base élevée dans ces cas-là) mais cela n'arrive pas tous les ans, et si cela arrive, c'est souvent une seule fois dans toute la saison sèche. En Centrafrique, le schéma et les timings sont peu ou prou les mêmes en ce qui concerne le nord-est du pays, par contre le sud (où je me trouve), c'est assez différent car nous ne sommes au nord du F.I.T que trois mois par an, donc la période des lignes de grains se produit en mars, avril et mai, avec des caractéristiques tout à fait similaires avec celles qui se produisent au Burkina. Les vents sont souvent violents lors de leur passage surtout au mois de mars. Juin, juillet, août et septembre sont des mois d'orage classiques avec beaucoup de pluie et généralement peu de fortes rafales, l'activité électrique est généralement moins forte mais tout de même bien présente. J'ajouterais qu'à cette période, les vents d'altitude sont très souvent d'ouest ou de sud-ouest, quand ils ne sont pas nuls : le jet d'est africain qui porte les lignes de grains et presque toute la convection profonde sahélienne se retrouve beaucoup plus au nord et donc on est en quelque sorte dans une zone secondaire de la ceinture de pluie équatoriales, ou les orages ont tendance à se déplacer d'ouest en est ou du sud-ouest vers le nord-est. J'ai vécu ce genre de flux quelques fois au Burkina, toujours fin août / début septembre, lorsque les pluies atteignent leur plus haute latitude (souvent jusqu'au Sahara mériodional) et jamais plus que quelques jours d'affilée. En octobre, le flux d'altitude d'est revient rapidement et les lignes de grains tendent à faire leur retour en fin de mois. Novembre ressemble à mars, avec des lignes de grains accompagnées de vents forts et des pluies qui varient selon les événements... avant le retour du F.I.T en fin de mois et de la saison sèche. Alors après avoir plus ou moins démontré que les orages d'ici en ont "un peu plus dans le ventre" que ce qu'on pourrait croire, surtout aux abords du F.I.T, j'en viens à ce qui concerne les éléments qui contiennent des parts d'ombres plus ou moins importantes en ce qui me concerne. En premier lieu, j’ai constaté que les maximums d’activité des M.C.S et orages en général connaît deux pics (au Burkina comme ici), le premier facile à comprendre (celui de milieu/fin d’après-midi), et le second un peu moins à mon goût (celui de fin de nuit et des premières heures du matin). S’il est en effet connu que le sol bien réchauffé de l’après-midi favorise la convection, qu’en est-il du regain d’activité que j’ai observé (suffisamment de fois pour ne pas en douter) aux premières lueurs du jour, donc normalement au plus frais de la nuit. J’ai lu quelque chose (sur le document dont j’ai mis le lien en début de message) comme quoi la nuit, le sommet des nuages pouvait se refroidir considérablement par rayonnement, ce qui augmenter l’instabilité entre la basse et la haute troposphère… Mais là, si cela peut expliquer le maintien et le renforcement de certaines cellules orageuses après le coucher du soleil, cela n’explique rien pour ce qui est de la fin de nuit. Et là encore, pourquoi la nuit venue, dans certains cas toute activité convective s’effondre, et d’autres jours elle se décuple… ? Dans le cas d’un front froid, aux latitudes moyennes ou subtropicales, il est facile de comprendre que le soulèvement forcé de l’air chaud par l’air froid progressant puisse déclencher la convection à n’importe quelle heure. C’est aussi le cas des lignes de grains, par ici, dont le courant de densité semble jouer le rôle d’un front froid à part entière (mais généralement à beaucoup plus petite échelle qu’un front froid classique) : je comprends maintenant plutôt bien la présence de ces arcs nuageux qui parfois évoluent presque seul à l’avant d’une ligne de grains mourante, ils symbolisent le courant descendant frais des premiers orages qui, en progressant dans l’atmosphère chaude et humide vers l’ouest, active la convection à l’avant. Si les conditions sont favorables, cela perpétue le cycle et la ligne de grains suit un cycle de renforcement / affaiblissement pendant parfois plusieurs jours consécutifs tout en progressant vers l’ouest. Si ce courant passe sur une zone qui a déjà subi un orage récemment et où il fait déjà frais, cela explique que la ligne de grains aille jusqu’à se séparer en deux et évite méthodiquement cette zone (bien que parfois elle y survive). Mais dans le cas où il n’y a pas de ligne de grains, ça se corse et j’aimerais mieux comprendre les autres paramètres qui entrent en jeu, surtout dans le but de mieux prévoir ces déclenchements à des heures parfois inattendues. Je sais qu’il y a les zones de convergence, les ondes tropicales (qui semblent favoriser une configuration des vents d’altitude bien particulière), mais tout ce que j’ai pu lire dessus me laisse sur ma faim. Enfin, il semble qu’en mer, y compris dans la ZCIT, les orages, bien que légion, soient moins électriques que sur les terres, et d’ailleurs, pour parler d’un coin de France équatorial, la Guyane, au beau milieu de la ZCIT la moitié de l’année, a une activité orageuse beaucoup plus faible que ce que j’aurai imaginé (bien qu’une pluviosité de près du double d’ici). Le timing des orages en mer semble également bien différent qu’au dessus des terres (là, j’imagine que c’est l’inertie thermique de l’eau) : En France métropolitaine, quelques jours de vacances dans la baie de la Somme et une observation des images satellite m’ont montré que dans une configuration de ciel de traîne, les averses convectives semblaient être préférentiellement matinales sur le littoral, et survenaient par contre l’après-midi à l’intérieur des terres tandis que le littoral restait au soleil. En Guyane aussi, pour revenir sous les tropiques, la zone côtière semble avoir plus de pluie en fin de nuit / au matin tandis que l’intérieur des terres en reçoit davantage l’après-midi, mais là, ça me pose moins de problèmes pour le comprendre qu’ici, à l’intérieur des terres, au beau milieu de l’Afrique Centrale. Voilà, c’est donc, en ce qui me concerne, un mélange d’acquis, de questions, et certainement aussi d’erreurs d’appréciation, mais je pense que le sujet mérite d'être traité, tout comme celui de la météorologie tropicale mérite mieux que le suivi des phénomène cycloniques et des quelques sujets d'observations dans les DOM/TOM si peu souvent actualisés... -
Bonjour à tous ! Nous avons actuellement une atmosphère bien chargée en ce qui me semble très probablement être de la fumée des feux de brousse, aussi éloignés... qu'au Congo, dont le centre et le sud entrent actuellement en saison sèche. Cela fait plusieurs jours que je constate un ciel bien brouillé, et des nuages qui se découpent assez mal sur le fond du ciel, ainsi qu'un soleil qui rougit bien avant son coucher. En bref, le même ciel que nous avons nous-mêmes durant notre saison sèche. Cependant, cela n'empêche pas la convection, les nuages bourgeonnent et des averses tombent un peu partout, preuve que ce n'est pas lié à une couche d'air sec saharien venue du nord agrémentée de sa poussière. Et pour preuve supplémentaire, les cartes de PM2.5 modélisées montrent bien une certaine concentration en particules fines s'étant depuis un "point chaud" situé aux environs de la localité de Lodja, en RDC jusqu'ici, certainement poussées par les vents d'altitude. Lorsque je recoupe avec la carte de poussière, disponible également sur le modèle, je vois que ces particules ne sont pas des poussières sahariennes. De solides argument, donc, me semble-t-il, qui montrent que nous goûtons (indirectement bien sûr) aux effets de la saison sèche d'Afrique australe... bien qu'il pleuve, évidemment 😄.
-
Bonjour à tous ! Deux épisode pluvieux conséquents ces derniers temps, un dimanche matin, avec intense foudroiement et plusieurs heures de pluie, dans un premier temps très forte (environ une heure, puis plus modérée (3 bonnes heures). Hier soir également, pluie très intense sous orage durant une trentaine de minutes (par contre activité électrique beaucoup plus faible que dimanche dernier, quelques éclairs et coups de tonnerre pas trop proches ni trop fréquents) puis plusieurs averses tout au long de la nuit et enfin pluie faible stratiforme au petit matin. Il n'y a pas de doute que le mois de juin sur Sibut sera au minimum normal côté précipitations. Pas moyen d'affiner vu l'absence de chiffres, mais au jugé, peut-être le double de la pluviométrie de l'année dernière à la même période. Le mois n'est en plus pas fini, et les prochaines heures sont prometteuses.
-
Bonjour ! Temps couvert et faiblement pluvieux toute la matinée avec de temps en temps quelques coups de tonnerre, dans un air agréablement frais (entendez par là entre 20 et 23ºC, le grand standard sous la pluie... Pour cela aucune différence avec Bangui, même Ouagadougou... Et par extension j'imagine toutes les parties de l'Afrique tropicale qui ne sont pas proche de l'océan ou qui ne sont pas en altitude....) Maintenant ça se dégage mais reste toujours bien voilé. On voit que nous entrons vraiment au coeur de la saison des pluies, et sur Sibut, il semble que nous soyons bien plus arrosées que l'année dernière à cette époque. L'année dernière était, pour rappel, fortement déficitaire jusqu'en septembre avant une inversion de tendance au point où, après un mois d'octobre plus normal, novembre fut le mois le plus pluvieux de la saison, alors que c'est normalement le premier mois sec. Il est à noter que la sécheresse relative de l'année passée ne semble pas avoir impacté négativement les cultures. Par ici, la terre garde bien l'eau et la rosée abondante et quasi-quotidienne fait que même en cas d'absence de précipitations durant 2 semaines, les cultures n'en pâtissent pas tant qu'on pourrait le craindre. Par contre, cela a bien impacté les niveaux des nappes et des rivières, car selon les locaux, la Tomi (et par extension la Binguiti) étaient restées remarquablement basses lors de la saison passée, et d'après ce que j'ai compris, a beaucoup plus baissé que d'habitude lors de la saison sèche. Et sinon, ça, c'est ce qu'on appelle une belle convergence des vents en basses couches (2e carte), et même à 850 hPa (1e carte).
-
Une photo de l'environnement encore, prise hier matin, toujours dans le quartier dans lequel j'habite. Je n'avais d'ailleurs pas mis de commentaires avec les précédentes photos. Toutes sont prises dans le quartier nommé Binguiti-Centre ville. Alors les habitations semblent très éparses mais il y a pas mal de gens quand même et beaucoup de maisons sont dissimulées par des bois et autres pans de végétation. Et cette zone est à 10 minutes de marche du centre-ville en tant que tel, avec le marché, la route bitumée, et services administratifs. En bref, ça paraît être la brousse profonde, mais ne l'est en fait pas tant que cela. Il y a à deux rivières qui passent à Sibut, la Tomi et la Binguiti (d'où le nom du quartier, derrière lequel passe la Binguiti). La photo suivante n'est d'ailleurs pas éloignée de ses berges.
-
Bonjour à tous ! Épisode pluvieux conséquent ce matin sur Sibut avec de fortes intensités de pluie depuis une petite heure déjà. Le tout accompagné d'une activité électrique plutôt faible mais tout de même présente, un coup de tonnerre toutes les cinq minutes environ. Là, ça se calme mais il pleut encore modérément et à mon avis cela va durer des heures ainsi. Bangui est certainement concernée ou le sera dans les prochaines heures. J'en apprends chaque fois un peu plus sur les orages, en particuliers dans cette zone du monde. La température du sommet des nuages sur Sibut ne descend apparemment pas en dessous de -50ºC, mais du côté de Bambari la convection est plus vigoureuse, avec -70 et moins... J'apprends surtout que si ce paramètre montre bien l'extension verticale des Cumulonimbus, il ne reflète pas vraiment l'intensité de la pluie qui peut tomber en dessous. J'en parlais dans un de mes messages l'an passé, en juillet ou août. Certains orages ont de la "gueule" à l'image sat, mais donnent trois gouttes, avec beaucoup plus de vent ou d'activité électrique, tandis que d'autres semblent faibles mais vont envoyer du lourd côté précipitations. J'ai déjà constaté cela au Burkina. C'est vrai que c'est un raccourci bien imprudent de se fier uniquement à l'image satellite pour estimer le potentiel pluviométrique d'un système, raccourci que j'ai, il faut le dire, bien trop emprunté. Mais ici on ne trouve pas de radar, et il y a bien des paramètres manquants dans les modèles, donc je me pardonne... Le genre de système qui nous concerne aujourd'hui est semble-t-il de nature à produire de fortes précipitations généralisées alors que les cellules très développées verticalement vont certes produire des éclairs en quantité, du vent fort, et de la pluie voire grêle, mais de manière beaucoup plus localisée en ce qui concerne les précipitations.
-
-