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Quand la Seine gelait si facilement...

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Merci pour ces infos Florent. Pour en revenir à la congélation de la Seine à Paris, on remarquera aussi que, toujours d'après Arago, la Seine est prise à Paris 24 fois entre l'hiver 1739-40 et l'hiver 1853-54, soit une moyenne d'une fois tous les 4 ou 5 ans... Contre zéro fois depuis 1879 (sauf erreur de ma part).

De là à en déduire qu'aucun de nos hivers depuis décembre 1879 (ni 1895, ni 1917, ni 1929, ni ceux des années 40, ni 1956, ni 1962-63, ni 1985, ni 1987) n'atteigne un degré de froidure atteint facilement tous les 5 ans sur la période 1740-1854, il y a évidemment un pas monumental et infranchissable! Bref, le poids des différents facteurs contribuant au ralentissement du point de la congélation de ce fleuve à Paris depuis plus d'un siècle est tel que les Parisiens ne sont sans doute pas prêts de revoir les patineurs au pied du Pont-Royal...

Tu es sûr de tes infos ?? Par exemple en 1895, la Seine a gelé à Rouen comme à Paris, la preuve en image :/index.php?s=&showtopic=24234&view=findpost&p=616089'>Février 1895

Février 1895 - Seine gelée à Rouen

Février 1895 - Seine gelée à Paris

Concernant le XXe siècle à Rouen, la Seine a gelée en 1917 et en partie seulement en 1987 comme on peut le voir dans les images suivantes :

Janvier 1987 - Bac sur la Seine à Duclair

Janvier 1987 - Caudebec-en-Caux

La Seine aurait charrié des glaces en 1933, 1941, 1953 et 1956. Elle fut gelée cette année là en amont de Paris.

Février 1956 - Seine gelée au barrage de la Cave - Sermaize

Florent.

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Tu es sûr de tes infos ?? Par exemple en 1895, la Seine a gelé à Rouen comme à Paris, la preuve en image :

/index.php?s=&showtopic=24234&view=findpost&p=616089'>Février 1895

Février 1895 - Seine gelée à Rouen

Février 1895 - Seine gelée à Paris

Concernant le XXe siècle à Rouen, la Seine a gelée en 1917 et en partie seulement en 1987 comme on peut le voir dans les images suivantes :

Janvier 1987 - Bac sur la Seine à Duclair

Janvier 1987 - Caudebec-en-Caux

La Seine aurait charrié des glaces en 1933, 1941, 1953 et 1956. Elle fut gelée cette année là en amont de Paris.

Février 1956 - Seine gelée au barrage de la Cave - Sermaize

Florent.

Je parlais naturellement du gel de la Seine à Paris pour comparer ce qui pourrait être comparable avec les observations d'Arago. Sinon, tes documents sont intéressants; pour 1895 (avec un mois de février aussi froid que 1956 et un mois de janvier nettement plus froid que janvier 1956), après vérification, la Seine a bien gelé à Paris effectivement (et merci pour la photo, je ne la connaissais pas: sais-tu d'où elle est prise, car pour être honnête, je ne reconnais vraiment aucun des ponts parisiens et ai un sérieux doute sur le fait qu'il s'agisse bien d'une photo de la Seine à Paris?). Pour 1917, je n'e trouve en revanche aucune référence sur une embâcle de la Seine à Paris (on parle souvent des péniches bloquées à Rouen et ne pouvant ravitailler la capitale, mais ce n'est pas tout à fait pareil). On aurait donc environ 110 ans sans congélation de la Seine là où Arago en observait tous les 4-5 ans... Ca ne change pas trop mon scepticisme sur le retour d'un tel phénomène dans les conditions actuelles!

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Location : Rouen Est 152 m.

Merci Florent pour ces documents . je me souviens en 1987 je travaillais à la Raffinerie dans la vallée en aval de Rouen l'eau de refroidissement des pompes venant de la Seine était à zéro °c et les salles des pompes étaient bâchées , bien que les liquides pompés étaient eux à 200°c !

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Merci Florent pour ces documents . je me souviens en 1987 je travaillais à la Raffinerie dans la vallée en aval de Rouen l'eau de refroidissement des pompes venant de la Seine était à zéro °c et les salles des pompes étaient bâchées , bien que les liquides pompés étaient eux à 200°c !

Il y avait de quoi faire fondre la glace effectivement... Heureusement que ces seuils qui mettent thermiquement à mal nos installations dans le froid (1987) ou dans le chaud (2003) ne sont atteints que tous les 20 à 30 ans environ... Enfin jusque là, si on en croit les experts du GIEC !Florent.

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Le Mémorial de la météorologie de Garnier (1967) et l’Histoire du climat depuis l'an mil par Le Roy Ladurie (1983) ont permis notamment à Williams Fondevilla de rassembler les éléements suivants :

17ème Siècle

1/ - En cet hiver, l’intensité du froid fut telle qu'à Paris, la Seine fut gelée du 1 au 30 janvier 1616, et, lors de la débâcle, un côté du Pont Saint-Michel se trouva renversé.

2/- La Seine gela à Paris du 8 au 16 décembre 1655.

3/- A Paris, le mois de janvier et le début de mois de février 1658 furent extrêmement froids et la Seine fut gelée du 1er au 21 février 1658.

4/- Il y eut deux séries de très fortes gelées : de décembre 1959 à la mi-janvier 1660. "Il fait si froid que des arbres se fendent la première et la seconde en février. " Cette froidure surpassa celle du grand hiver 1607-1608. Le Rhône fut gelé et la Seine resta gelée pendant plusieurs mois, à tel point qu'on pouvait la traverser dans les voitures les plus lourdes, haquets, chariots et coches...

5/- Hiver long avec gelées presque continues à Paris du 5 décembre 1662 au 8 mars 1663. En décembre 1662 la Seine était entièrement prise.

6/- A Paris, la Seine resta gelée du 09 décembre 1676 au 13 janvier 1677, soit 35 jours consécutifs.

18ème siècle

7/- L’hiver 1741-1742 a été très froid avec plus de deux mois de suite de fortes gelées. La Seine a gelé avec 16 pouces d'épaisseur. Le mois de janvier 1742 fut très rigoureux en France... Dès le 27 décembre 1741, la Seine était prise par la glace.

8/- En janvier 1763 à Paris la moyenne de la température a été de -2,40°C et donc la Seine a été gelée.

9/- A Paris, la Seine fut entièrement gelée du 25 janvuier 1776 au 6 février 1776

10/- A Paris, où la Seine resta gelée du 26 novembre 1788 au 20 janvier 1789, on compta 56 jours de gelée consécutifs.

11/- A Paris, il y eut 42 jours de gelée consécutifs et la Seine fut gelée du 25 décembre 1794 au 28 janvier 1795 : le 23 janvier 1795 le thermomètre descendit à -23,50°C

12/- Le 26 décembre 1798 : à Paris il a été enregistré -17,60°C minimum. Du 29 décembre 1798 au 19 janvier 1799 la seine a été gelée

19ème siècle

13/- Le 11 janvier 1820 : la température est descendue à -14,03°C à Paris. La Seine fut entièrement prise du 12 au 19 janvier 1820.

14/- Hiver rigoureux dans le nord de la France, surtout en janvier. La Seine fut prise 2 fois, du 30 décembre 1822 au 08 janvier 1823 et du 15 au 29 janvier 1823.

15/- L’hiver 1829-1830 a été l’un des plus froids de ce siècle…. La totalité des fleuves et rivières de France fut entièrement prise : c'est ce qui se produisit en particulier pour la Seine du 28 décembre 1829 au 26 janvier 1830 et du 05 au 10 février 1830.

16/- Hiver très doux jusqu'au 8 janvier et qui devient rigoureux en France mais seulement à partir de la mi-janvier. La Seine fut prise du 18 janvier 1838 au 8 février 1838.

17/- Lors de cet hiver il y a eu deux périodes de fortes gelées : du début décembre à la mi-janvier et du 1 au 15 février 1841. Le 15 décembre 1840 : -14°C à Paris. La Seine fut prise dès le 16 décembre 1840 à Paris et à Rouen, la Loire dès le 19 décembre 1840.

18/- L'hiver 1853-54 connu un des mois de décembre les plus froids à Paris avec une moyenne de -1,80°C. La Seine gela.

19/- L’hiver 1867-68 a été vigoureux et la Seine a gelé.

20/- A Paris le mois de décembre 1870 a été le plus froid avec une moyenne de -1,80°C. La Seine a même gelé.

21/- 1879- 1880 fut l'hiver le plus froid de ce siècle. A partir du 21 décembre 1879 : 30 cm de glace sur la Seine, on organise les fêtes sur la Tamise à Londres.

22/- 1890-1891. Cet hiver fut vigoureux et précoce, puisque débutant dès novembre 1890. Le 28 novembre 1890 : -14°C à Paris (et seulement maximum -5°C les 28 et 29 décembre 1890). La Seine et les fontaines de Paris se gelèrent. On pouvait même traverser la Seine à pied.

23/- Du 18 au 23 février1893 la Seine a été gelée.

24/- Au début de février, le froid redoubla. Du 10 au 24 février 1895 la Seine a été gelée.

20ème siècle

25/- Fin janvier - mi-février 1917 : 3 semaines de grand froid très dur pour les soldats (dans le nord-est du pays en particulier). le 02 février 1917 : malgré l’action des brise-glaces, la Seine fut prise.

Pour mémoire (épisode non pris en compte) le 17 décembre 1933 : la Seine commence à charrier des glaçons.

La Seine à paris aurait donc été prise par les glaces au moins à 24 reprises au cours des 17ème, 18ème et 19ème siécles mais seulement une reprise depuis le début du 19ème siécle !

Aurions-nous alors subi un certain changement climatique depuis plus de cent ans sans que personne ne s'en émeuve ?

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Location : Nancy

L

La Seine à paris aurait donc été prise par les glaces au moins à 24 reprises au cours des 17ème, 18ème et 19ème siécles mais seulement une reprise depuis le début du 19ème

20ème

siécle !

Aurions-nous alors subi un certain changement climatique depuis plus de cent ans sans que personne ne s'en émeuve ?

Merci pour ta contribution mais ta conclusion me semble un peu trop simpliste. Si le climat s'est bien radoucie depuis la fin du 19ème siècle, il me semble qu'il y a bien d'autres facteurs qui pourraient expliquer la disparition des embâcles de la Seine.

Si tu relis les posts rédigés plus haut, il est notamment question d'aménagement importants du fleuve, de ses berges mais également une forte évolution de l'urbanisation et des pratiques agricoles sur son bassin versant entraînant sans doute une modification importante de l'écoulement de ses eaux et de la forme générale de son lit.

La Seine du 19ème siècle ne doit plus grand chose à voir avec la Seine actuelle, son débit était sans doute bien plus irrégulier (pas de grands aménagements hydrauliques régulateur), l'écoulement des eaux moins rapide avec des berges encore peu aménagées et une faible imperméabilisation des sols de son bassin versant.

Cet aspect plus sauvage du fleuve devait favoriser l'embâcle avec une prise plus facile de la glace sur des berges moins aménagées, sur un volume d'eau moins important lors d'hivers sec (Seine basse), sur des eaux qui s'écoulaient moins rapidement...tout ceci favorisant l'importance de "points de blocage" de l'écoulement de l'eau favorisant l'embâcle du fleuve.

Pas sur qu'en 2014 une vague de froid du niveau de 1917 entraîne un embâcle de la Seine, et inversement il est probable qu'en 1963, 1956 et sans doute dans les années 80 (85/86/87) la Seine aurait été prise si elle avait gardé le même aspect qu'à la fin du 19ème siècle.

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Tous ces éléments sont évidemment à prendre en compte. Il est certain que la Seine a été canalisée à partir de 1839 (resterait à préciser quand à Paris ?) et que nombre de prélèvements et rejets industriels (comme à la centrale thermique de Vitry-sur Seine) ou ménagers ont changé les conditions d'écoulement de la Seine et des ses affluents à l'amont de Paris.

Il n'en reste pas moins vrai que ces constatations démontrent que Paris s'est réchauffé, comme toutes les grandes métropôles, sans que cela mettent en émoi les climatologues !

Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement avec des flux croissants d'aliments, de combustibles et de carburants ?

Depuis 1900, si la population de Paris a peu changée, le nombre de migrants journaliers, et peut-être de touristes, a considérablement augmenté. Sont apparus les métros, puis RER (en partie responsables de ces afflux) qui ont dissipé en chaleur l'électricité consommée pour le transport de tous ces résidents. L'automobile a envahi la ville, avec des apports thermiques sans commune mesure avec ceux des chevaux des voitures hypomobiles. Enfin, indépendamment du chauffage et de l'usage de l'eau chaude qui se sont généralisés avec la distribution du gaz à tous les étages, les réseaux et les pertes en ligne par simple effet Joule se sont multipliés...

Bref, point n'est besoin de faire un bilan énergétique à partir des consommations de l'agglomération pour percevoir.que Paris s'est réchauffé et que même si des facteurs propres à la Seine ont peu ou prou contribué à son réchauffement, l'environnement au sens le plus large à sans doute joué un rôle déterminant.

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Location : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Le cours d'eau, comme la plupart des cours d'eau français a beaucoup évolué depuis les embâcles évoqués du 17ème au 20ème siècle. Tant du point de vue de la morphologie même du cours d'eau et de son lit mineur (ouvrages transversaux, rugosité des berges et du fond, etc.), qu'au niveau des usages qui en sont faits (rejets industriels et domestiques; régulation des débits, systèmes d'écluses, etc.).

Parmi les facteurs qui participent de manière évidente au réchauffement des eaux de surface, il y a les bassins de rétention en amont de Paris qui servent à réguler les débits du fleuve. Les "lâchers d'eau" se faisant par le fond, même en période de grand froid l'eau qui en ressort aux alentours de 5 à 6°C (il faut tenir compte de l'inertie des eaux stagnantes en dessous de 2 à 3 mètres de profondeur). S'ajoute à cela le fait que les processus d'épuration des eaux par stations d'épuration à boues activées est un processus qui produit de la chaleur même en faible quantité c'est suffisant pour que les bassins de clarification ne gèlent pas, même par -20°C default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

Du coup, Julien, l'idée formulée en conclusion de ton premier message est un raccourci simpliste pour expliquer l'absence d'embâcles hivernales sur la Seine. L'observation des cours d'eau, et de leur évolution au fil du temps, ne permet pas d'obtenir des conclusion sur le climat... A moins de trouver, encore quelque part en Europe, une rivière qui soit entièrement sauvage et dont le bassin versant n'a pas subit de profonds changement au cours des siècles derniers. Ce qui est, à mon sens, illusoire !

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Location : Nancy

Tous ces éléments sont évidemment à prendre en compte. Il est certain que la Seine a été canalisée à partir de 1839 (resterait à préciser quand à Paris ?) et que nombre de prélèvements et rejets industriels (comme à la centrale thermique de Vitry-sur Seine) ou ménagers ont changé les conditions d'écoulement de la Seine et des ses affluents à l'amont de Paris.

Il n'en reste pas moins vrai que ces constatations démontrent que Paris s'est réchauffé, comme toutes les grandes métropôles, sans que cela mettent en émoi les climatologues !

Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement avec des flux croissants d'aliments, de combustibles et de carburants ?

Depuis 1900, si la population de Paris a peu changée, le nombre de migrants journaliers, et peut-être de touristes, a considérablement augmenté. Sont apparus les métros, puis RER (en partie responsables de ces afflux) qui ont dissipé en chaleur l'électricité consommée pour le transport de tous ces résidents. L'automobile a envahi la ville, avec des apports thermiques sans commune mesure avec ceux des chevaux des voitures hypomobiles. Enfin, indépendamment du chauffage et de l'usage de l'eau chaude qui se sont généralisés avec la distribution du gaz à tous les étages, les réseaux et les pertes en ligne par simple effet Joule se sont multipliés...

Bref, point n'est besoin de faire un bilan énergétique à partir des consommations de l'agglomération pour percevoir.que Paris s'est réchauffé et que même si des facteurs propres à la Seine ont peu ou prou contribué à son réchauffement, l'environnement au sens le plus large à sans doute joué un rôle déterminant.

Paris intra-muros sans doute mais son agglomération si (4 000 000 Millions d'habitant sur l'IDF en 1900 12 000 000 aujourd'hui) avec une extensions spatiale considérable.

Sinon je ne vois où vous voulez en venir? Oui il y a eu un réchauffement du climat de la région parisienne, du au réchauffement global constaté à peu près partout en France même dans les stations climatiques rurales, mais également local du à l’intense urbanisation de la région parisienne (la fameux Ilot de chaleur Urbain).

Le sens de nos propos était de dire qu'utiliser l'indicateur "embâcle de la Seine" pour illustrer ce réchauffement du climat n'est sans doute pas pertinent.

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Quels que soient les effets sur le plan thermique des bassins de rétention ou bararges-réservoirs (pratiquement vides en début de l'hiver, ils n'opérent que des lachures limitées lors des delestages après crues ou, lors de bi-passages, pour mieux proteger les riverains entre la prise d'eau et la restitution), leur éloignement de la capitale (les temps de propagation sont respectivement estimés à 5, 7 et 9 jours pour l'Yonne, la Seine ou l'Aube et la Marne) devrait pratiquement anihiler leurs éventuelles conséquences sur les températures de l’eau à Paris.

Quant aux stations d'épuration, situées majotritairement à l'aval de Paris avec Seine-aval (qui traite 70% des eaux usées de l'agglomération avec un débit de traitement voisin de 20 m3./s), à l'exception de celles de Seine-Amont à Valenton (capacité de traitement 7m3/s) ou Marne aval à Noisy-le-grand (moins d' 1 m3/s), elles participent certainement, en prolongeant les phénomènes de digestion des résidents de l'agglomération, au réchauffement de la Seine et à la réduction des périodes de gel de ses eaux.

Remarquons cependant que l'ensemble des prélèvements, opérés en majorité à l'amont de Paris, soit pour alimenter les aqueducs (de la Vanne, de la Voulzie, du Loing et du Lunain ou de la Dhuys), soit pour alimenter les usines de traitement et de production d'eau potable (Orly, Joinville, Ivry jusqu'en 2010, Choisy-le-Roi, Neuilly-sur-Marne) et rejetés majoritairement à l'aval, ont affaiblis les débits de la Seine à Paris et réduit les vitesses dans des proportions certes limitées, les débits étant, sauf exception, relativement élevés en hiver.

Hormis tous ces effets, somme toute secondaires, le relèvement artificiel des plans d'eau opéré avec la canalisation de la Seine, a, par contre, indéniablement réduit les vitesses. Il devrait favoriser l'apparition des périodes de gel !

Dans ces conditions, je maintiens que la disparition d'épisodes de gel généralisé des eaux de surface de la Seine à Paris constitue un bon indicateur du réchauffement de la Capitale.

D'ailleurs Météo-France, qui assez curieusement ne publie pas les éléments les plus probants sur ce réchauffement ancien, reconnait l'existence d'un «ilot de chaleur urbaine qui ne cesse d'augmenter dans la capitale » et poursuit : «A la fin du 19e et au début du 20e siècle, le parc de Montsouris connaissait encore des matinées assez fraîches car la campagne n'était pas très éloignée, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Ceci explique le fait que la plupart des records de froid aient eu lieu il y a très longtemps. A cela j'ajoute (sic) bien entendu le récent réchauffement climatique».

Le réchauffement de nos villes, résultant des évolutions précedemment évoquées rassemblées dans le raccourci laconique d'éloignement de la campagne, semble alors devoir grossir les effets du réchauffement climatique récent, pourtant ajouté in fine par le rédacteur.

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Location : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Pour ce qui concerne la morphologie du fleuve, voici un article intéressant, même si il n'est pas en lien direct avec la problématique évoquée dans ce topic :

http://echogeo.revues.org/12658

Du reste, si l'on cumule tous les facteurs contribuant à une évolution de la morphologie du lit mineur, on est à des années lumières de pouvoir comparer les phénomènes observés sur la Seine au XIXème Siècle et ceux constatés de nos jours.

Évoquer simplement les STEP de Paris, sans tenir compte de l'influence de toutes celles implantées en amont, s'ajoutant aux effets induits par les retenues d'eau qui représentent tout de même 805 Millions de m3, les "bassinées" liées aux écluses, c'est ne prendre en compte qu'une partie des influences qui participent au constat initial.

Maintenant, si il s'agit de prouver que le climat de Paris intra-muros se réchauffe, un simple recours aux relevés historiques de la station météo de Paris-Montsouris suffit default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Il est curieux de constater que cette étude de la morphologie du fleuve, fasse si peu de place à la canalisation de la Seine qui certes, s'est traduite par un certain nombre d'endiguements et de rectifications de son cours, mais à d'abord transformé la rivière naturelle (dont le fil d'eau fluctuait avec les débits en suivait sensiblement sa pente), avec la construction de barrages-mobiles et d'écluses, en une rivière canalisée ou succession de biefs pour accroître le tirant d'eau des bateaux et favoriser la navigation en toutes saisons. Même si ces aménagements ont eu finalement peu d'influence directe sur la morphologie proprement dite, ils ont considérablement modifiés les champs des vitesses et tous les mécanismes d'érosion et d'évolution des méandres.

Ainsi, le barrage mobile de Suresnes maintient le niveau de la Seine à Paris au dessus de 26,72 mètres pour autoriser un tirant d'eau de 3 mètres dans tout le bief indépendamment du débit de la Seine (*). Le fil de l'eau est quasiment horizontal à débit faible ou nul et s'incline progressivement avec l'augmentation des débits pour retrouver (seulement au delà de 1000 m3/s lors des périodes de crues) la pente moyenne du fond du lit, un peu supérieure, à Paris, à la pente moyenne jusqu'à l'embouchure (de l'ordre de 10 cm par kilomètre). Ce Guide d'information et de recommandations en périodes de crues contient des indications plus détaillées sur les lignes d'eau caractéristiques et les profils en longs lors des crues (marqués à Paris par les remous résultant de la présence des îles Saint-Louis et de la Cité).

Par ailleurs, les quelques 805 millions de mètres-cubes des barrages réservoirs étant restitués pendant la période estivale (en principe de juillet à octobre), l'effet thermique évoqué devrait se traduire non par un réchauffement mais par un refroidissement des eaux pendant cette période.

Quant aux stations de traitements des eaux pluviales ou usées (le terme STEP est habituellement réservée aux stations de transfert d'énergie par pompage ou centrales de pompage-turbinage), les responsables du Syndicat d'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) s'éfforcent d'accroître les rayons d'action de celles-ci pour limiter les rejets à l'amont immédiat des points de prélèvement pour la production d'eau potable (la fermeture récente de la station de production d'Ivry ressort probablement pour partie de ces préoccupations, même si elle était théoriquement protégée des rejets de Valenton opérés sur l'autre rive). Dans ces conditions, sans pouvoir écarter tout rejet à l'amont immédiat de l'agglomération parisienne ceux-ci sont probablement limités. La remarque reste cependant judicieuse pour les autres agglomérations telles que Meaux, Melun ou Troyes.

N'ayant pas trouvé de publication mettant en évidence le réchauffement de la capitale, merci de bien vouloir nous indiquer où trouver les relevés historiques de la station météorologiques de Paris-Montsouris.

Enfin, bien entendu que le développement de l'urbanisation et la concentration de nombreux habitants (les hommes se sont toujours rassemblés, ne serait-ce que pour se réchauffer) sont à prendre en compte. Le dégagement de chaleur d'un humain au repos étant de l'ordre de 80 à 100 watts (les travailleurs manuels ou sportifs peuvent développer des puissances bien supérieures - notons seulement que certains cyclistes particulièrement remontés peuvent,avant de franchirr des cols, dépasser 410 Watts pendant plusieurs minutes). Les 10 millions de franciliens de la seule agglomération dégagent une énergie équivalente à celle mise sur le réseau (**) par une unité de centrale nucléaire de 1000 MW, et ceci au repos, c'est-à-dire sans vélos, ni réseaux, et surtout ni voitures, ni métros !

(*) Le débit moyen de la Seine à Paris est de l'ordre de 250 m3/s, il peut fluctuer naturellement d'un facteur 10 dans un sens ou dans l'autre (soit sensiblement entre 25 m3/s et 2500 m3/s).

(**) En vertu du principe de Carnot et quel que soit le combustible utilisé, l'efficacité des centrales thermiques est limitée. L'énergie mise sur le réseau ne représente; en conséquence, qu'une fraction de l'énergie consommée souvent majoritairement dissipée en chaleur..

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Location : Fontaines 89

Etant à Paris en janvier 1985 j'ai pu assister à un début d'embâcle de la Seine.

C'est la seule fois oú j'ai pu assister à la formation de " galettes"? gelée, ( y a t'il un terme météo pour ce phénomène?).

Quinze jours de vdf avec des passages à - 18 n'ont pas suffit à la prise en glace, je suppose que ces galettes survenues en fin d'épisode s'agglomèrent ensuite très vite entre elles.

J'aime les témoignages colorés des impressionnistes qui notaient les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes climatiques au gré des lumières en les reportant directement sur la toile plutôt que l'aspect stable et conceptuel

des choses.

Il y avait des invernophiles et des douceurophiles chez les peintres du plein air.

Pour Renoir (J'aime pas, héhé!) la neige était une lèpre de la nature.

Monet au contraire était fasciné par la neige, la glace, il peignait en atelier d'après des études rapides in situ.

En décembre 1879 , chevalet sur la glace de la Seine à Vétheuil il déclarait ne pas avoir froid, son soucis c'était ses doigts engourdis.

Début janvier du même hiver il peindra une série de plusieurs dizaines de tableaux de la débâcle, le fleuve charriait d'énormes blocs de glace.....

En tous cas ce ne sera pas encore cet hiver que je pourrai imiter l'ancien...grrr!0

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Une époque à laquelle les jeunes ne peuvent pas croire xD

 

Début de semaine, quelques clichés parisiens hivernaux de l'agence photo Rol du 17/01/1926 mis en ligne sur Gallica... j'avais mentionné humoristiquement l'un d'eux :

https://forums.infoclimat.fr/f/topic/52214-suivi-du-temps-dans-le-massif-central/?page=52&tab=comments#comment-2835293

 

Ce soir dans les MàJ des bibliothèques partenaires, clichés d'André VIGNEAU...

Par exemple le suivant : http://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0001836309

Pas le temps de le faire correctement ce soir... mais pour voir la mosaïque taille originale reconstituée, vous pouvez utiliser ce service (une façon de faire pas nickel) :

https://ophir.alwaysdata.net/dezoomify

Entrer l'adresse suivante : http://bibliotheques-specialisees.paris.fr/in/dz/fef/b54/8c9/70614-36.xml

Et choisissez Seadragon (Deep Zoom Image)

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Location : Île Maurice

Bonjour,

 

Plus proche de nous, en date, mais que la majorité des moins de vingt ans ne peuvent pas connaître :

 

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Je me souviens de l'hiver 1963 où des lycées et collèges  furent fermés par manque de chauffage. Les canaux étant gelés, plus d'approvisionnement en charbon, idem pour la SNCF dont les aiguillages étaient bloqués par la neige et la glace.

En 1956, les camions des entreprises de la région Nord de la France furent réquisitionnés pour aider aux déneigements des routes de campagne.

 

 

 

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Location : Diemeringen 67 (237m)

Je confirme pour la vague de froid de janvier 66, j'ai en tête une photo où je suis dans les bras de ma mère de retour de la maternité (né le 13 janvier) dans la cour. On était bien emmitouflé.

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Posted (edited)

Location : Alleyras (43) 661m

Remontage de topic ! Je me souviens particulièrement de cette vague de froid car à l'époque je savais que je ferais de la météo mon métier, et j'étais très neigeophile.
Moi qui ne sortais jamais, le lundi 10 janvier j'allais pour la première fois de ma vie au théâtre, billet offert par le lycée. Il pleuvait des cordes quand je suis entré, accompagné de mon père. Mais quand je suis sorti....
Tout était blanc !
Et des très gros flocons avaient remplacé les grosses gouttes. Malgré les trottoirs glissants, j'étais heureux en rentrant chez moi, dans cette sorte de féerie.
Le lendemain il y en avait une belle couche, j'ai mesuré 21 cm. Mieux que 3 ans auparavant où la capitale avait eu déjà des airs de station de ski.
Cette couche est restée 10 jours avec un froid sibérien.
A partir de ce moment, je guetterai les bulletins météo à la télé, en espérant voir un bel anticyclone allant l'Irlande à la Norvège, et une dépression en Méditerranée. Je devrai attendre 5 ans !

Edited by Pat39
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