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Les Forums d'Infoclimat

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BTC

et la biodiversité ?

Messages recommandés

je n'ai pas parlé de climax pour les châtaigniers, mais de préservation. car effectivement ça fait un moment qu'ils sont là, et ça n'a pas beaucoup bougé.

je ne suis pas entièrement d'accord quand on assimile la méditerrannée à un "barrage impossible à franchir de manière naturelle". bon nombre de facteurs peuvent permettre à des espèces de franchir ces "barrières". déjà, soit par gibraltar, soit par le proche-orient. ensuite, à l'heure actuelle, "grâce" à l'homme, il n'y a plus de barrages pour les espèces. c'est nous qui les transportons, volontairement ou involontairement. il n'y a qu'à voir le nombre d'espèces "exotiques" que l'on trouve chez nous pour s'en rendre compte. il ne manque plus qu'un changement brutal de climat pour permettre aux espèces les plus adaptées (car beaucoup ne sont pas adaptées à notre climat et pourtant sont ici, implantées par l'homme) de se développer. le reste suit. les oiseaux et les insectes pour commencer. ça ne veut pas dire que la biodiversité sera importante, mais si on a un écosystème adapté c'est l'essentiel.

car il ne faut surtout pas penser à la préservation des espèces inadaptées: c'est inutile. mieux vaut les laisser se développer ailleurs, dans des climats qui leurs conviennent (elles iront, sois-en sûr). on assistera à un déplacement des ecosystèmes, et ça il faut se le rentrer dans le crâne: nous ne pourrons pas préserver nos écosystèmes actuels sous des climats différents! il faudra faire avec de nouveaux.

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Houla vache, quand j'ai lancé ce sujet, je ne pensais pas avoir un tel niveau dans le débat. Je suis très agréablement surpris.

J'ai fais toutes mes études dans les facs méditerranéennes histoire de développer la connaissance en terme de milieu méditerranéo-montagnard. Moralité, je m'occupe d'environnement en Lorraine, après 5 années à Gap. Oarf.

Bref, même si on sort du sujet d'origine, j'ai envie de répondre à l'aspect climacique méditerranéen. Même si effectivement, les incendies sont devenus récurant dans ce coin, les scientifiques locaux n'ont pas moins établi que le feu faisait parti de l'écologie méditerranéene. En effet, la plupart des espèces méditérranéennes sont inféodées aux incendies. Les plus évidents : pin d'Alep, Chêne Liège.... Donc le soit disant climax existant il y a 2500 ans, ce n'est pas dit qu'il n'aurait pas disparu à l'heure actuel avec ou sans l'homme. Il ne faut pas oublier que ce type de forêt a été la résultante fragile d'un climat plus frais quelques milliers d'années auparavant.

Bon laissons là un débat glissant, limite ésotérique ou pas mal de spécialistes s'y sont cassés les dents.

Concernant la barrière écologique qui est la mer méditerrannée. Notre diversité actuelle en europe est justement le fruit de cette fameuse barrière. Vous avez pu remarquer la pauvreté spécifique de nos forêts francaises : quelques chênes, un hêtre, quelques résineux (je ne parle pas des arbres pionniers). Par rapport au même essences sur le continent américain, en terme de diversité, on passe de 1 à 10 alors qu'il n'y a aucune raison particulière.

Ben, si; il y en a une. Des glaciations sont passées par là. Les refroidissements assez brutals n'ont pas permi le franchissement de cette barrière pour un climat plus clément de l'autre côté contrairement à l'Amérique.

En effet, là bas, la continuité avec le Mexique agrémenté d'une chaine de montagne a permis un continuum écologique évident pour toutes ces espèces.

Enfin pour ce qui est des réserves (RBI, RBD, RNR, RN...) effectivement, une forêt multifonctionnelle (production, paysage, accueil) est aussi diversifiée que ces forêts non exploités depuis 60 ans. Plusieurs thèses (via notre feu Rameau) ont cependant démontrés qu'à long terme (si tant est qu'on ait ce luxe), la diversité forestière et paraforestière aura fait un bond. Par contre, les milieux ouverts qui actuellement souffrent de la disparition sylvopastorale se réduisent comme une peau de chagrin (recul de 40 000 ha en 10 ans dans les hautes Alpes).

A climat constant, il faut aussi savoir ce qu'on veut. Soit des paysages vivants et un tissu agricole fort, soit une fermeture généralisée des milieux, disparition des paysages et une abolition de l'homme dans ces futures forêts (allez vous promener dans une RBI vous allez voir).

En tout cas, si les sécheresses et coups de chauds de ces dernières années perdurent, la forêt que vous connaissez peu disparaitre en 10-15 ans.

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ok niveau incendies. en fait la forêt actuelle vit avec et même mieux, vivrait plus difficilement sans... large débat.

bref.

pour la barrière méditerrannéenne, je suis d'accord sur le fait qu'elle freine considérablement l'expansion des espèces d'un continent à l'autre. mais comme je le disais plus haut, l'homme, actuellement, fait fit des barrières. ce que je voulais dire, c'est que peut-être que grâce à l'homme, des écosystèmes survivront (migreront), alors qu'il est la cause même du dérèglement. encore une fois, ces écosystèmes ne survivront pas (ou très peu) en leurs anciens lieux et places, mais dans des contrées qui verront leur climat modifié pour devenir conforme à leurs attentes.

nous verrons de la vigne et des agrumes en angleterre, peut-être (à moins qu'il y ait des hivers très rudes...) en tout cas sous des latitudes supérieures à celles d'aujourd'hui. d'ailleurs y'a déjà des gens qui plantent des agrumes dans le nord de la france... default_flowers.gif

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Oui grécale, qui sait, nous allons peut être faciliter l'adaptation de la biodiversité.

Cependant, tu parle là d'espèces agricoles (complètement hors contexte écologique).

Il n'est pas dit qu'il en sera de même pour les milieux naturels. Malgré tous nos pouvoir, là, je crois qu'on ne pourra être qu'observateur impuissant.

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Posté(e)

Lieu : Aix en Provence

J'ai remarqué qu'il y a un changement climatique envers les chênes mycorisés, c'est à dire truffiers.

Il y a maintenant dû aux fortes variations des précipitations, moins de récoltes par rapport à il y a 50ans.

Cette années est catastrophique car il n'a pas plu suffisamment ce printemps-ci et la pluie est venue soudainement le 11 août dernier avec plus de 75mm à Aups voire 140mm/m² à Bargemon (Var).

Depuis il pleut régulièrement mais la truffe n'a pas eu le temps de mûrir. J'ai surtout peur que cela va se passer comme ca un an sur deux!

car 2004 était une année à moyenne récolte, 2003 a fait de la truffe une denrée rare dû à la canicule prix>1000€), 2002 était une année excellente comme 2001...

Tout de même, profitez d'un bon repas de Noël avec ce bon champignon! attention le prix augmente: sur le marché d'Aups (tous les jeudi): 450€ la semaine dernière, 600 à 700€ le kilo jeudi prochain! default_wub.png

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Attention à la comparaison des volumes de truffe d'il y a 50 an et maintenant. Un paramettre qui n'a rien à voir avec le réchauffement du climat est à prendre en compte. La déprise agricole a laissé nombre de truffier se laisser envahir par la broussaille puis peu à peu par le forêt.

Le nombre de chêne truffier disparu est impressionnant. Donc certe, les années sèches sont néfastes pour la truffe, la déprise agricole aussi.

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Concernant l'évolution des truffiers, malgré les taillis, les chênes sont souvent toujours présents et, par exemple, dans le LOT, certains s'appliquent à débrousailler les anciennes truffières. Au bout de quelques années, ces parcelles produisent à nouveau puisque les conditions nécessaires au développement des mycorises sont rétablies. Certes, les fluctuations climatiques influent sur les niveaux de production mais il faut également prendre en compte le fait que de nombreux espaces liés à cet aspect ne demandent qu'a être réhabilités. On envisage d'ailleurs de réhabiliter d'anciennes truffières aux abords de Nancy, bientôt la truffe Lorraine suplantera peut être la truffe de Lalbenque default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> !

Ensuite, pour revenir à la notion de biodiversité dans le contexte de l'évolution climatique actuelle, il semble que les milieux les plus menacés, pour l'instant, sont ceux qui se trouvent déjà en situation précaire. Prenons l'exemple des rares fôrets de Hêtres présentes dans la zone méditerranéenne. Celles ci, sont présentes, de manière naturelle, sur les versants Nord de certains petits massifs montagneux et ne peuvent se développer sur les versants Sud à basse altitude. Le climat méditerranéen ne convient en effet pas au Hêtre qui resiste mal aux périodes de sécheresse accentuées par de fortes chaleurs.

Dans l'hypothèse d'un réchauffement sensible du climat dans ces contrées, ces Hêtraies ne pourraient survivre bien longtemps et seraient les premières menacées de disparition. Bien entendu, cela ne signifierait pas que le Hêtre disparaitrait purement et simplement, mais sa distribution géographique serait modifiée et particulièrement restreinte dans les régions méditerranéennes.

Si l'on applique se raisonnement à l'ensemble des peuplements forestiers du continent (je prend l'exemple forestier car les végétaux, du fait de leur faible mobilité, sont plus exposée que les autres espèces), on abouti à une profonde redistribution de la répartition des peuplements mais pas à une disparition pure et simple des éspèces!

Cependant, dans le cadre d'un refroidissement sensible, le problème est, je l'accorde un peu plus complexe et là, on reviens à la notion de barrière énoncée par BTC!

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Ensuite, pour revenir à la notion de biodiversité dans le contexte de l'évolution climatique actuelle, il semble que les milieux les plus menacés, pour l'instant, sont ceux qui se trouvent déjà en situation précaire. Prenons l'exemple des rares fôrets de Hêtres présentes dans la zone méditerranéenne. Celles ci, sont présentes, de manière naturelle, sur les versants Nord de certains petits massifs montagneux et ne peuvent se développer sur les versants Sud à basse altitude. Le climat méditerranéen ne convient en effet pas au Hêtre qui resiste mal aux périodes de sécheresse accentuées par de fortes chaleurs.

Dans l'hypothèse d'un réchauffement sensible du climat dans ces contrées, ces Hêtraies ne pourraient survivre bien longtemps et seraient les premières menacées de disparition. Bien entendu, cela ne signifierait pas que le Hêtre disparaitrait purement et simplement, mais sa distribution géographique serait modifiée et particulièrement restreinte dans les régions méditerranéennes.

Si l'on applique se raisonnement à l'ensemble des peuplements forestiers du continent (je prend l'exemple forestier car les végétaux, du fait de leur faible mobilité, sont plus exposée que les autres espèces), on abouti à une profonde redistribution de la répartition des peuplements mais pas à une disparition pure et simple des éspèces!

Cependant, dans le cadre d'un refroidissement sensible, le problème est, je l'accorde un peu plus complexe et là, on reviens à la notion de barrière énoncée par BTC!

et si l'on considère les prévisions d'une zone méditerranéenne de plus en plus arrosée... default_laugh.pngdefault_tongue.png/emoticons/tongue@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Bien vu grecale2b!

Dans ce cas, une adaptation de ces peuplements sera peut-être plus facile mais les Hêtres affectionnent également de la fraîcheur en plus de l'humidité régulière.

En revanche, et dans l'hypothèse où le climat deviendrait plus humide, ce sont les éspèces typiquement méditerranéennes qui auraient un peu plus de mal à s'adapter. Je pense en l'occurence à l'Olivier qui a du mal à supporter des cumuls annuels supérieurs à 600 mm.

Cela me fait d'ailleurs penser à un de mes prof à la fac de Nancy, qui avait ramené en Lorraine un Olivier prélevé de sa résidence secondaire en Corse default_flowers.gif , et ce dernier après quelques années s'était bien adapté grâce à une exposition protégée et plein Sud. Il avait même survécu aux rudesses de l'hiver 1996, mais avait très mal supporté l'année pluvieuse qui suivi...

Même si l'automne dernier fut pluvieux sur le pourtour méditerranéen comme le montre le lien très officiel que voici:

http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pefrap.jpg

Je doute que ce soit un réel indicateur d'une nouvelle tendance climatique, quoique... si cela se vérifie, on peut envisager pas mal de changements quant aux faciès forestiers de cette région!

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Bien vu grecale2b!

Dans ce cas, une adaptation de ces peuplements sera peut-être plus facile mais les Hêtres affectionnent également de la fraîcheur en plus de l'humidité régulière.

En revanche, et dans l'hypothèse où le climat deviendrait plus humide, ce sont les éspèces typiquement méditerranéennes qui auraient un peu plus de mal à s'adapter. Je pense en l'occurence à l'Olivier qui a du mal à supporter des cumuls annuels supérieurs à 600 mm.

Cela me fait d'ailleurs penser à un de mes prof à la fac de Nancy, qui avait ramené en Lorraine un Olivier prélevé de sa résidence secondaire en Corse default_crying.gif , et ce dernier après quelques années s'était bien adapté grâce à une exposition protégée et plein Sud. Il avait même survécu aux rudesses de l'hiver 1996, mais avait très mal supporté l'année pluvieuse qui suivi...

Même si l'automne dernier fut pluvieux sur le pourtour méditerranéen comme le montre le lien très officiel que voici:

http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pefrap.jpg

Je doute que ce soit un réel indicateur d'une nouvelle tendance climatique, quoique... si cela se vérifie, on peut envisager pas mal de changements quant aux faciès forestiers de cette région!

non c'est une idée reçue. l'olivier supporte très bien la pluie (moyenne annuelle supérieure à 800mm chez moi, et autour de 1400mm pour 2005!). les oliviers supportent très bien aussi bien la sécheresse que les cumuls importants. c'est surtout le froid qu'il craint. mais c'est un arbre très résistant. default_blink.png

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Invité Guest

non c'est une idée reçue. l'olivier supporte très bien la pluie (moyenne annuelle supérieure à 800mm chez moi, et autour de 1400mm pour 2005!). les oliviers supportent très bien aussi bien la sécheresse que les cumuls importants. c'est surtout le froid qu'il craint. mais c'est un arbre très résistant. default_smile.png/emoticons/smile@2x.png 2x" width="20" height="20">

Bon, allez je joue l'Altimonti : l'Olivier supporte très bien la pluie, il adore cela même ! default_innocent.gif , par contre il exècre la sécheresse.

Olivier.

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> C'est bien ce que je disais, les Hêtres humains ont aussi du mal à supporter la sècheresse! default_wacko.png

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Tout à fait lolox54. default_wacko.png

Au fait tu dois sûrement connaître le célèbre proverbe lapon destiné aux touristes qui louent des véhicules dans leur région:

"Cyprès du pôle, n'oublie pas les Chênes." default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Ah non! Je ne connaissais pas ce proverbe mais je suis content que la biodiversité inspire autant de remarques amusantes default_flowers.gif .

Pour être plus sérieux, j'en reviens à la dernière intervention de Grecale2b que je ne peux contester, puisque je connais les caprices pluviométriques du climat méditerranéen, en particuliers dans les Alpes Maritimes et l'arrière pays...

Mais le cas de cet Olivier implanté en Lorraine se singularise probablement par la combinaison de températures fraiches (printemps et automne T°~ 5°C de moyenne) et de précipitations persistantes.

Si cela peut te rassurer, il n'est pas mort (à ma connaissance) mais il avait juste pris un méchant coup.

En effet, la plupart des plantes supportent relativement bien un excédent d'eau, à condition que les températures permettent une activité végétative importante. Si cette activité est fortement diminuée, à quantité d'eau identique, les végétaux se meurent.

J'en ai eu l'exemple cet hiver avec mon Bougainvillier que j'ai placé dans ma veranda (T° moy~ 5°C), tout en continuant à l'arroser comme en été. Et ben, il n'a pas aimé du tout! Je rassure les amis des bêtes, il n'est pas mort mais a pas mal souffert!

Si l'on résume, la combinaison des facteurs que l'on a évoqué depuis le début de ce topic rend très difficile l'établissement d'un aperçu de l'évolution de la biodiversité en fonction des changements climatiques default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20">

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Lieu : Muret(180 m) et Font-Romeu (1760m)

En effet, la plupart des plantes supportent relativement bien un excédent d'eau, à condition que les températures permettent une activité végétative importante. Si cette activité est fortement diminuée, à quantité d'eau identique, les végétaux se meurent.

ce que je crois, par expérience, c'est que les arbres, et en particulier l'olivier (c'est pas le cas du saule ou du peuplier) ne supportent pas d'avoir leurs racines dans l'eau stagnante (manque d'O2 et pourrissement des racines)Si le terrain est bien drainé, il peut pleuvoir pas mal sans que l'arbre en subisse trop de conséquences.

L'olivier est tout de même un arbre assez costaud.

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Oui, c'est vrai Météor (bonne bière d'Alsace, non? default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> ), l'eau qui stagne est dans la majorité des cas très préjudiciable aux plantes qui se trouvent asphyxiées... Lors de la rédaction de mon message, je n'avais pas cela en tête default_biggrin.png/emoticons/biggrin@2x.png 2x" width="20" height="20"> .

Mais là, je viens ressuciter ce topic qui relatait les inquiétudes que certains d'entre nous avaient quant à l'adaptabilité de la biodiversité (et plus particulièrement des plantes) face aux changements climatiques.

J'ai trouvé sur le site très instructif du CNRS, un article en rapport avec la paléoclimatologie, et qui relate les réponses passées des végétaux lors des précédents changements climatiques. En voici un petit extrait :

Réponse de la végétation dans la Péninsule Ibérique aux variations climatiques des D/O

Rapidité de la réponse

L'analyse pollinique de ces séquences a fourni une image détaillée des changements de la végétation et du climat dans le sud-ouest de la Péninsule Ibérique entre 50 et 10 ka BP (figure 3). Ces séquences polliniques tant en domaine méditerranéen qu'atlantique montrent sans ambiguïté que la succession de la végétation coïncide de façon remarquable avec les D/O stadiaires et interstadiaires. Ces études montrent que la réponse continentale aux changements climatiques était rapide (~150 ans) et synchrones avec les fluctuations de la température des eaux de surface marines."

" Alternance désert-steppe et forêt ouverte

Les épisodes stadiaires froids du Groenland correspondent au développement dans le sud-ouest de l'Europe d'une végétation de désert-steppe dominée par les armoises (Artemisia), chenopodiacées et Ephedra avec une contribution mineure des graminées (figure 4a). Les interstades groenlandais coïncident avec des périodes tempérées/humides permettant l'expansion d'une forêt ouverte à pins et chênes caducifoliés avec des arbres et arbrisseaux méditerranéens comme le chêne vert, l'olivier et le pistachier (figure 4b). Pendant les phases froides, l'influence des masses d'air polaire et des eaux de surface, froides, a empêché le développement des forêts et réduits drastiquement les ressources végétales et animales typiques des régions méditerranéennes. De petites poches d'arbres ont survécu dans les basses et moyennes altitudes des vallées comme suggéré par l'enregistrement continu de ces arbres. Bien que les réchauffements successifs aient permis l'expansion rapide des plantes méso-thermophiles depuis les zones refuges, l'amplitude de ces changements n'a pas été suffisante pour autoriser le développement d'une forêt méditerranéenne dense comme celle détectée au début de l'Holocène dans cette région."

Il s'agit là d'extraits séléctionnés pour leur pertinence, mais le mieux, c'est encore d'aller directement visiter le site dont voici le lien:

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/bib...changements.htm

Bonne lecture!

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un olivier en Lorraine ? Bigre ! il est à noter que cet arbre (que je crois bien connaître...) supporte facilement -12°c /-14 ° C pour les variétés les plus nordiques comme l'aglandau ( essentiellement vers Manosque et Ardèche) à une condition que la baisse des températures soit lente. Dans le cas d'un choc thermique ( chute brutale de 10 °c à -10° C ) comme en février 1956, là c'est la catastrophe surtout pour les variétés les plus fragiles à maturité tardive ( janvier pour la picholine).

En ce qui concerne l'eau, l'olivier s'adapte, à la condition de favoriser cette adaptation ( voir par exemple l'espacement et la propreté des oliveraies de Sfax en Tunisie : pas d'herbe pour ne pas concurrencer l'olivier, des distances de plantation pour que l'olivier puisse trouver ses ressources en eau dans la surface impartie) .

Trop d'eau, oui il craint. J'ai mon exemple personnel nîmois de la sécheresse absolue de l'été dernier : cela s'est bien passé pour l'arbre , par contre les olives, minuscules fin août, le sont restées malgré les 530 mm du 6 au 8 septembre. pour cet arbre il vaut mieux une année sèche avec 600 mm bien répartis en toute saison ( sauf hiver bien sûr ou il est en repos), qu'un cumul de 900 mm avec des orages de plus de 50 mm concentrés sur de faibles périodes ( outre le ruissellement qui dégrade plus que toute autre chose.

ceci dit c'est un excellent indicateur climatique, assez indifférent à l

--

lc30

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Bon une manip hasardeuse et la dernière phrase a été tronquée :

ceci dit c'est un excellent indicateur climatique assez indifférent à la géologie ( contrairement au chataignier l'autre arbre nourrissier de nos ancêtres, qui demande des terrains cristallins ou métamorphiques, et ne supporte pas le calcaire)

--

lc30

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Posté(e)

Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

En effet Ic30, l'Olivier est un excellent indicateur climatique puisque c'est sa présence qui permet aux biogéographes de délimiter la partie Sud du climat méditerranéen. Cet arbre disparait dès que la pluviométrie annuelle descend aux abords de 200 mm, au delà de cette limite on ne parle plus de climat méditerranéen mais de climat aride ou semi-désertique. Pour ce qui constitue la limite Nord du climat inféodé à la grande bleue, on prend comme repère l'absence du Bouleau Blanc qui lui ne supporte pas du tout le moindre stress hydrique.

Bref, pour résumer, l'Olivier resiste très bien à la sécheresse à condition que, lorsque l'on atteint des extrêmes pluviométriques, les précipitations soient régulièrement réparties dans le temps!

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Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Pour relancer et alimenter le débat, voici un extrait du journal "Témoingnages" paru le 1-07-2006:

LES O.N.G. LANCENT UNE CAMPAGNE D’INFORMATION GRAND PUBLIC

La biodiversité menacée par le réchauffement climatique

Lors de la conférence de presse de l’ONERC vendredi à Paris, France nature environnement (FNE), la plus grande association écologiste française, et quatre autres ONG, ont lancé une campagne d’information sur les impacts du changement climatique sur les animaux et les milieux naturels.

LE changement climatique va provoquer "un chambardement massif dans les équilibres naturels" et par ce biais va "bouleverser" aussi "radicalement la vie des hommes", a expliqué Édouard Toulouse du Fonds mondial pour la nature (WWF-France). Ces cinq ONG ont été invitées par le président de l’Observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC), Paul Vergès, à participer à la présentation à la presse du premier rapport de cet organisme d’études, rattaché au ministère de l’Écologie.

Les cinq ONG - FNE, WWF-France, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Greenpeace France et Réseau Action Climat France (RAC-F) - ont présenté une brochure de 23 pages, tirée à 20.000 exemplaires qu’elles comptent diffuser dans leurs réseaux et les manifestations grand public. Intitulée "Changement climatique, la nature menacée en France - En savoir plus et agir", la plaquette rappelle que "le changement climatique pourrait provoquer la disparition d’ici 2050 de plus d’un million d’espèces" animales et végétales sur mer et sur terre, dont 15 à 37% d’espèces terrestres.

La France, a rappelé Christophe Aubel (FNE), est au 4ème rang mondial parmi les pays les plus menacés par les pertes de biodiversité (variété des espèces animales et végétales). Elle dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel, notamment dans ses régions d’Outre-mer. Paul Vergès s’est félicité de cette initiative. "La solidarité" entre pouvoirs publics, scientifiques et associations "est effectivement devenue un impératif de survie pour faire face à l’enjeu majeur que représente le changement climatique", a-t-il dit.

D’ailleurs Paul Vergès a co-préfacé avec Hubert Reeves la brochure citée plus haut. On lira ci-après ces deux préfaces.

(source : AFP)

"L’être humain est aussi responsable devant les autres espèces qui font la vie" Paul Vergès

La conférence de Rio fut un moment fondateur dans la prise de conscience à l’échelle planétaire que le développement tel que conçu jusqu’ici pouvait conduire la planète vers une impasse mortelle. À travers un acte réel de civilisation, les chefs d’État du monde entier ont pour la première fois dans l’histoire de l’humanité reconnu la vulnérabilité de l’espèce humaine ainsi que sa responsabilité directe dans les atteintes aux équilibres fondamentaux de la planète, tant au niveau de la biodiversité que du climat.

Si l’on a coutume de souligner que l’homme est comptable devant les autres hommes et devant les générations futures, il importe aussi de souligner qu’il est aussi responsable devant les autres espèces qui font la vie.

L’engagement pris à Rio, réitéré à Johannesburg, de protéger la planète, et l’ensemble des espèces qui font la vie, contre la capacité humaine de destruction est un véritable enjeu de civilisation qui se situe bien au-delà des contingences actuelles. C’est comprendre que combattre les crimes contre l’environnement, c’est aussi faire émerger, dans un monde nouveau, une éthique du progrès et du développement. C’est convaincre que protéger les espèces contre les agressions induites par l’homme, c’est aussi sauver l’humanité d’elle-même.

La communauté scientifique est aujourd’hui unanime à reconnaître que le rejet massif de gaz carbonique dans l’atmosphère, pour les besoins de l’industrialisation, engendre une dérive climatique porteuse de graves menaces pour la biodiversité. L’équilibre fragile créé pour permettre la vie sous toutes ses formes est remis en cause par une accélération d’un processus de disparition des espèces.

Cela est vrai à l’échelle du monde, comme cela est aussi vrai pour la France continentale et l’Outre-Mer, qui n’échapperont pas à cet appauvrissement. C’est pourquoi il importe de pousser aussi loin que possible la recherche dans la connaissance des impacts du réchauffement climatique sur le milieu naturel. D’autant plus que ceux-ci ne seront pas sans conséquences sur la vie et la santé des hommes.

L’ONERC entend favoriser et promouvoir cet objectif afin d’être en mesure de proposer des recommandations aux pouvoirs publics pour répondre aux impératifs de prévention et d’adaptation des politiques sectorielles face aux bouleversements annoncés. L’ampleur de l’action des scientifiques, des associations et des organisations non gouvernementales, qu’il convient de saluer, souligne a contrario la faiblesse de l’engagement des élus sur ces problématiques.

Il faut véritablement aujourd’hui une révolution copernicienne des esprits qui puisse permettre une prise de conscience à tous les niveaux de cet enjeu. Enjeu par nature universel. Universel, car c’est aussi agir et parler à la place des plantes et des animaux sans voix.

Paul Vergès,

président de l’ONERC

"Nul ne peut rester ignorant. Nul ne peut rester indifférent" Hubert Reeves

Voilà un document qui marque une étape importante. Il est préfacé par un éminent sénateur, le Président de l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique, créé à l’initiative du Parlement pour informer sur les conséquences de cette dérive du climat, et pour offrir, aux élus et aux collectivités, les moyens d’élaboration d’une véritable politique de prévention et d’adaptation. J’y ajoute, au nom de la Ligue ROC - que je préside -, affiliée à la fédération France Nature Environnement, et plus largement au nom de toutes les associations qui ont contribué à la rédaction, une seconde préface.

Les associations ont une vigilance qui les rend indispensables. Le document scelle donc une alliance objective et déterminée, celle qui se signe d’une sincère poignée de mains, entre deux mondes qui ont conscience d’appartenir au même, celui des hommes.

La solidarité est devenue un impératif de survie. Solidarité intra-spécifique et inter-spécifique car tous les êtres vivants sur notre planète sont embarqués dans une aventure qui pourrait tourner au drame.

Le monde scientifique a établi un diagnostic, vérifié, encore vérifié, et vérifié à nouveau. Le monde associatif s’en est emparé et le diffuse. Car l’information doit circuler, pénétrer dans tous les foyers. Et le monde politique est concerné.

Nul ne peut rester ignorant. Nul ne peut rester indifférent. Et cette plaquette est la preuve qu’une volonté commune est en marche.

Comme toujours, il y a une avant-garde mais celle qui se révèle ici va entraîner la majorité des élus et de leurs électeurs. Les uns ne vont pas sans les autres. C’est la loi de la démocratie. C’est le mode de fonctionnement que l’on préfère. Mais on l’appréciera davantage quand elle se donnera l’obligation d’intégrer le long terme dans ses prises de décisions.

Hubert Reeves,

astrophysicien,

président de la Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage

Ca ne bouleverse pas la perception que la plupart d'entre nous ont de la biodiversité mais ça a le mérite de recadrer le rôle de l'homme au sein de l'ensemble du monde vivant...

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Lieu : Remiremont - Porte des Hautes Vosges (400 m)

Pour ceux qui s'interessent aux évolutions forestières dans un contexte de réchauffement climatique, voici un lien très instructif vers le site de l'INRA Nancy (à coté de chez moi default_tongue.png/emoticons/tongue@2x.png 2x" width="20" height="20"> ) qui a mené des expériences à ce sujet et qui y livre une partie de ses conclusions et des pistes de recherches à venir (<--ça donne envie de s'y remettre!):

http://www.nancy.inra.fr/extranet/com/sech...secheresse.htm#

On y fait également un bilan de la sécheresse et de la canicule de l'année 2003 et il apparait que cet épisode a considérablement affaibli les peuplements forestiers, qui si il ont survécu sont à présent (et pour quelques années!) à la mercie d'évènements semblables. Mais, outre les aspects climatiques, il faut tenir compte des facteurs tels que les maladies, champignons, attaques d'insectes, ... qui affecteront plus facilement des arbres affaiblis par:

--> La sécheresse de 1996

--> La tempête de 1999

--> Les printemps 2000 et 2001 marqués par de forts excès d'eau

...

Peut-être trouvons nous là un début d'explication à la longue période d'activité végétale de cette année...

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Intitulée "Changement climatique, la nature menacée en France - En savoir plus et agir", la plaquette rappelle que "le changement climatique pourrait provoquer la disparition d’ici 2050 de plus d’un million d’espèces" animales et végétales sur mer et sur terre, dont 15 à 37% d’espèces terrestres.

Bonjour

Cette citation est assez contestable. Elle émane précisément de Chris D. Thomas, qui a fait paraître une étude en 2004 à ce sujet dans "Nature". Il s'agit d'une déclaration à la presse. L'étude elle-même, portant sur 1103 espèces essentiellement animales et végétales, suggère que la perte d'habitat associée à des variations de température importantes pourraient exercer une pression forte. La notion d'extinction est une extrapolation à l'usage des médias. Par ailleurs, la méthodologie utilisée par Thomas est assez critiquable. Il suppose une augmentation uniforme des températures, alors que les climatologues eux-mêmes rappellent qu'un réchauffement global peut s'accompagner de refroidissements locaux (même le réchauffement récent 1970-2000 n'est significatif que dans 10 à 20 % de grilles). Thomas surestime l'importace du facteur climat et sous-estime à mon avis la capacité d'adaptation des espèces, dont il a beaucoup été question dans ce thread par ailleurs très intéressant.

Réf : Thomas C.D. et al. (2004), Extinction risk from climate change, Nature, 427, 145-148

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Lieu : Muret(180 m) et Font-Romeu (1760m)

Bonjour

Cette citation est assez contestable. Elle émane précisément de Chris D. Thomas, qui a fait paraître une étude en 2004 à ce sujet dans "Nature". Il s'agit d'une déclaration à la presse. L'étude elle-même, portant sur 1103 espèces essentiellement animales et végétales, suggère que la perte d'habitat associée à des variations de température importantes pourraient exercer une pression forte. La notion d'extinction est une extrapolation à l'usage des médias. Par ailleurs, la méthodologie utilisée par Thomas est assez critiquable. Il suppose une augmentation uniforme des températures, alors que les climatologues eux-mêmes rappellent qu'un réchauffement global peut s'accompagner de refroidissements locaux (même le réchauffement récent 1970-2000 n'est significatif que dans 10 à 20 % de grilles). Thomas surestime l'importace du facteur climat et sous-estime à mon avis la capacité d'adaptation des espèces, dont il a beaucoup été question dans ce thread par ailleurs très intéressant.

Réf : Thomas C.D. et al. (2004), Extinction risk from climate change, Nature, 427, 145-148

Il est difficilement contestable, en cas de variation brutale du climat, comme celle qui risque de se produire au cours de ce siècle, que nous assistions à la disparition de nombre d'espèces végétales et animales supérieures.

La faculté d'adaptation dépend, pour ces espèces, de leur évolution, qui dépend elle-même de la sélection naturelle, chère à Darwin.

Cette sélection n'a pas le temps de s'opérer pour les espèces à "taux de renouvellement" long.

Il est donc assez évident, pour ma part en tous cas, qu'hormi, éventuellement, certaines espèces d'insectes, on assiste à une diminution du nombre d'espèces vivantes.

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