mottoth

Membres
  • Compteur de contenus

    2 522
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Days Won

    5

1 abonné

À propos de mottoth

  • Rang
    Cumulus congestus
  • Date de naissance 02/05/1975

Personal Information

  • Lieu
    Villeurbanne (69), Aeroport St Exupery (69), St Genis les Ollières (69)
  1. Je ne pense pas qu'il faille comprendre ce critère comme cela, mais plutôt la négation de cette phrase: les Tm mensuelles supérieures à 18°c impliquent l'impossibilité du gel sous abri. Köppen voulait s'assurer de l'impossibilité du gel dans sa zone tropicale, et a constaté qu'en relevant ce seuil jusqu'à 18°c cela marchait presque à coup sur (probablement 95% des cas ou plus). Je n'ai pas commenté l'ensoleillement de La Serena car il y a quelque chose qui cloche dans les données brutes: les meilleures journées estivales donnent seulement 10.5h d'insolation, valeur similaire aux meilleures journées d'hiver et très inférieure au maximum théorique. Pourtant il suffit de regarder les exemples de mois d'été postés pour trouver des journées à 0 octats qui doivent recueillir le maximum théorique d'heure de soleil. Quelque chose bride la mesure d’ensoleillement estival à cette station, une ombre portée ou un autre problème.
  2. #337. La Serena Le Serena est une ville côtière de 200 000h, à 720kms de Antofagasta et 385kms de Santiago. Toujours la même configuration générale depuis Trujillo: on est coincé entre l'océan Pacifique froid et la barrière infranchissable des Andes, qui dépasse là aussi 6000m d'altitude par endroits. Cependant ici on trouve une vallée grosso modo perpendiculaire à la côte qui va canaliser les vents, du moins sur le site de la station étudiée. Celle ci est sur l'aéroport, à 5kms du centre ville et 7.2kms de la côte. Vue vers l'ESE: Entre Arica et Antofagasta les Tm ont perdu 2.5°c quelque soit la saison, ici on perd encore 2.5°c par rapport à Antofagasta. La diminution de température est donc assez constante le long de cette côte, un peu moins d'un demi degré celsius par degré de latitude. La nouveauté ici c'est la petite saison de pluies tempérées hivernales, qui est cependant trop faible et trop irrégulière pour nous faire sortir du domaine aride. Mais peut-être que Dann pourras affiner ce degré d'aridité, car le manque de chaleur et l'hygrométrie importante - qui se traduit par des brumes, brouillards et phénomènes de rosée fréquents - devraient nuancer les choses. L'arrivée de types de temps tempérés en hiver et d'une certaine variabilité se traduit par une grisaille hivernale pas si forte et des amplitudes thermiques plus importantes qu'en été, et plus importantes que dans les ville plus septentrionales de Antofagasta ou Arica. Cela se voit aussi sur les roses des vents, où le courant océanique n'est plus aussi dominateur: Le partage entre vents de terre et de mer est cependant principalement une affaire de brises thermiques. En été on retrouve une prédominance de la grisaille nocturne et matinale, commune à toute cette côte. Voici un hiver normal: 2014. Quasiment une seule journée de pluie assure le cumul trimestriel, mais ce qui peut sembler être un mauvais exemple ne l'est pas tant que cela: la variabilité des RR est énorme, et les mois quasiment secs (moins de 3mm) représentent un bon tiers de l'ensemble. Le succès d'une saison des pluies repose donc habituellement une une poignée d'épisodes, et certains hivers sont complètement secs (1.6mm en 2013). Cela rappelle le sud de la Californie, d'ailleurs d'autres choses me rappellent cette région: - les t° estivales fraiches - les amplitudes thermiques diurnes plus importantes en hiver qu'en été... je vous renvoie par exemple à la fiche de Santa Maria. - la suprématie du courant d'air maritime en été Pour revenir à nos moutons, l'hiver est donc une saison variable, avec aussi de très belles journées sans aucun nuage. Voici un été normal, 2008. Constatez le manque de chaleur sur cet exemple pourtant moins ennuagé que la moyenne: la txx de ce trimestre estival n'est que de 24.7°c. Par 30° de latitude le soleil doit pourtant être brûlant. La grisaille matinale n'est pas systématique mais elle donne occasionnellement des débuts de journée très tristes avec de petites bruines. Vous l'avez peut-être constaté par vous même avant que je l'écrive: les txx sont surprenantes. - la txx tout mois confondus de la période d'étude n'est que de 28.5°c. Pourtant celle ci inclus l'été brulant que le centre du Chili vient de connaitre. - cette txx n'a pas été enregistrée durant l'été, mais en avril. - d'autres txx mensuelles ont de quoi surprendre: juin ou juillet font mieux n'importe quel mois d'été, avec plus de 28°c. En fait la txx annuelle survient souvent hors de l'été et même parfois en hiver, lors d'épisodes de vents de terre. En été le courant océanique est sans aucun répit et empêche constamment les t° de monter. Mais en hiver certaines synoptiques dépressionnaire arrivent établir un vent de terre et des subsidences. Rien de comparable avec le phénomène Californien de Santa Ana, il faudrait traverser les Andes et aucun courant d'est n'en est capable, mais cependant cela fait son petit effet. Voici donc un exemple, en juillet 2007. Notez le creux (relatif) de pression autour du 5/07, date de l’événement. Ce mois est aussi notable pour le froid autour du 10 - avec la tnn de la période d'étude -, et il est également un autre exemple de mois d'hiver sec avec un rail perturbé qui passe bien trop au sud. Moralité: sous ces climats à priori ennuyeux à mourir on arrive quand même à trouver des choses sympas. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous rajoute une lecture (en anglais) à propos de l'année 2016 en Alaska et notamment de la série de mois chauds toujours en cours à Barrow: Barrow, Alaska: 16 Months above normal and counting
  3. #336. Antofagasta. Antofagasta est une ville de 380 000h, à 565kms d'Arica et 190kms de Calama. La station étudiée est celle de l'aéroport, à 23kms du centre ville. C'est une ville où je n'ai fait que passer en septembre 2009: j'ai atterri en fin de matinée sous une morne couche de stratus, puis j'ai pris un bus pour Calama. Vers 14h la grisaille s'était dissipée et j'ai passé l’après-midi à traverser le désert d'Atacama, relativement peu accidenté même durant la montée vers Calama: on se se rend pas vraiment compte que l'on prend plus de 2000m d'altitude pendant le trajet. Puis j'ai pris un second bus vers San Pedro de Atacama, au nord du bassin du Salar d'Atacama. Plus à l'est c'est la chaine Andine et son fabuleux panorama de volcans. Je vous remet un lien vers le sujet photo que j'avais ouvert sur la région à mon retour: c'est ici. La station est visible depuis la route d'accès au terminal: C'est bien sur un climat désertique côtier similaire à celui d'Arica, en plus frais. Et à peine moins sec: hormis l'accident statistique du mois de mars, on distingue quelques velléités pluvieuses en hiver, en extrême marge des perturbations tempérées hivernales qui passent plus au sud. Une surprise: l’ensoleillement est bien meilleur qu'à Arica, en raison d'une grisaille hivernale mois régulière et moins tenace. Signe selon moi d'un peu plus d'agitation dans l’atmosphère, en marge de la circulation d'ouest hivernale des latitudes tempérées. La transition - encore très timide - vers les climats pseudo-méditerranéens du centre du pays est donc amorcée. On reste avant tout dans le vaste domaine désertique côtier commencé 1950kms plus loin à Trujillo, et l'on a encore un courant océanique de sud majoritaire et une nette fluctuation diurne de la nébulosité, avec toujours un pic en fin de nuit et des après midis bien plus dégagées. Entre mai et juillet on voit également quelques brises nocturnes continentales apparaitre. J'ai repris le même exemple hivernal "moyen" qu'à Arica: 2008. Il est parfait, tout est dans les moyennes. Regardez (en juin surtout) un phénomène que l'on avait pas à Arica: certains jours le vent de nord domine, ce sont des renversements temporaires dus à des synoptiques dépressionnaires plus au sud. Cependant cela se concrétise rarement en pluies, seules quelques bruines sont à signaler sur cet exemple. L'exemple d'été le plus proches des moyenne est 2010. Comme vous pouvez le constater ça manque un peu de chaleur, nous somme pourtant sous le tropique du capricorne et le soleil est brûlant. Pour terminer voici quelques mois anormaux, soit pour leurs anomalies globales soit pour un événement rare. - Janvier 2017: de loin le plus chaud de ma période d'étude, comme à Arica. La seule occurrence de Tx>30°c depuis 2000, voire peut-être même bien plus longtemps. C'est toujours du à des SST anormalement chaudes à partir du milieu du mois. - Mars 2015. Une anomalie d'origine tropicale provoque un "déluge" de 23.6mm le 25, avec inondations à la clé. La veille je note les tnx et txx du mois de mars pour ma période d'étude. - Mai 2003: vent de sable et sursaut inhabituel du thermomètre le 19, en lien probable avec une dépression hivernale bien plus au sud. J'avais montré un exemple similaire à Arica, en juillet 2016. A suivre...
  4. En effet deux zones rivalisent pour le record de sécheresse sur terre: - le désert d'Atacama, avec donc Quillagua qui a la palme (merci Canada Goose pour le billet du blog de Weather Historian) avec à priori moins de 0.1mm/an. - le désert Oriental du Sahara et le désert de Nubie, vers Assouan et Wadi Halfa. Les normales CLINO 1961-1990 donnent 0.6mm annuels pour Wadi Halfa. J'ai plus de doutes pour Kufra, d'ailleurs il est difficile de trouver des normales officielles. L'Atacama semble donc prendre l'avantage d'un cheveu en valeur brute, il est vrai que si l'on complexifie la question et l'on prend en compte le niveau de chaleur, l’ensoleillement et l'hygrométrie alors c'est l'est Saharien qui réunit les conditions les plus extrêmes. En plus des courant marins, la côte Pacifique bénéficie de conditions synoptiques bien plus stables (avec la persistance de la cellule anticyclonique subtropicale Pacifique) qu'à est des Andes, où l'on retrouve les étonnants coups de froids tempérés déjà évoqués à plusieurs reprises ici.
  5. C'est toute la singularité du courant de Humbolt et des upwellings le long de cette côte, combinés à l’infranchissable barrière andine. Vers 8° de l'équateur on trouve: Luanda, Panama, Freetown... aucune de ces ville n'approche une telle fraicheur, c'est clair. Luanda peut être comparée à Chiclayo (côté t°), mais certainement pas à Trujillo. #335. Arica. Après une première partie de cette série consacrée à voir la rapide transition vers le climat désertique côtier frais au nord du Pérou, nous faisons un bond de 1500kms pour arriver à Arica, ville régulièrement citée dans les records mondiaux d'aridité. Les surnoms manquent vraiment d'originalité le long de cette côte Pacifique, Arica est aussi la "ville de l'éternel printemps", version Chilienne donc. On compte environ 200 000 habitants, et la frontière Péruvienne est à 17kms de la ville. Arequipa est à 260kms, Lima 1010kms, Trujillo 1480kms, Calama 480kms. La station étudiée est sur l'aéroport, à 14kms de la ville, dans la seule vraie plaine de la région. Au sud d'Arica des falaises de 500m à 1000m de haut tombent dans l'océan. A environ 30 ou 40kms de la côte les Andes commencent pour de bon et l'on est à nouveau face à une barrière qui peut dépasser 6000m d'altitude. L'océan est à 3.4kms de la station. On a pu lire que la sécheresse absolue à pu ici durer "400 ans"... Avec en moyenne 1.2 jour par an avec RR mesurable c'est évidemment faux, cependant les RR sont effectivement extrêmement faibles, et cette région du nord du désert d'Atacama est la bien la région qui reçoit le moins de pluie au monde. Je vous ai dit que le long de cette côte le maximum de grisaille était pour la région de Lima: en effet ici la saison vraiment grise ne concerne que l'hiver, entre juin et octobre. Les mois d'été sont même franchement ensoleillés, donnant à ce climat un aspect plus sympathique. On retrouve encore un rythme diurne très marqué pour l'ennuagement, avec des couches de nuages bas compactes qui se disloquent très bien en journée. En toute saison un régime de brise nocturne de terre (d'est) et de brise diurne marine (de SSE) se met en place, et c'est une nouveauté par rapport aux climats péruviens vus précédemment. En dehors des quelques brises de terre le courant de tendance sud reste dominant le long de cette côte. Voici un hiver normal. On retrouve un temps très monotone, gris la nuit et beau en journée, à l'exception de quelques nuits claires où les tn en profitent pour s'abaisser plus bas que d'habitude. Parfois - c'est rare -, quelque chose peut venir perturber cette mécanique très stable, et cela peut donner quelque excentricités comme en juillet dernier: - tout d'abord une très belle journée le 6, avec une tn assez basse, au lendemain d'une journée de vent d'ouest inhabituel. - le 8, le vent de terre chargé de sable a soufflé pendant 2 ou 3 heures après le levé du soleil, donnant une tx furtive mais remarquable de quasi 28°c. Avant et après cette tx de la bruine a donné quelques traces de RR. Ces quelques jours de cette première décade ont vraiment vu quelque chose de très inhabituel, probablement une perturbation d'origine tempérée. Voici maintenant un été normal. On distingue des phases très belles, et d'autres plus ennuagées la nuit. C'est quand même une très belle saison, avec une chaleur modérée mais constante et une hygrométrie qui ne se fait pas sentir. Cette zone est encore soumise à l'influence de l'ENSO mais avec un impact plus faible. Voici par exemple le mois le plus chaud de ma période d'étude: c'est janvier 2017, au début du fort épisode de "niño côtier" qui à complètement déréglé le temps au nord du Pérou. Vous le voyez on n'atteint pas les anomalies vues à Trujillo. Et cela reste sec, sans RR notables. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
  6. #334. Trujillo Trujillo est la 3e ville du Pérou (790 000h), surnommée "ville du printemps éternel". Piura, à 360kms, était elle surnommée "ville de l'été éternel", et l'on va en effet constater le fossé entre ces 2 villes pourtant assez proches. Chiclayo est à 165kms, Lima à 480kms. Dans cette zone côtière la plaine mesure entre 5 et 20kms de large, rarement plus. Les cordillères parallèles qui forment les Andes culmines à parfois plus de 6500m, elles isolent complètement ce climat côtier de tout influence pouvant provenir de l'Amazonie. La station est sur l'aéroport, à moins de 800m de l'océan. Elle à probablement été déplacée en vers début 2007, j'ai une nette cassure dans l'homogénéité des données avant 2007, avec des amplitudes thermiques encore plus faibles depuis. Vue vers l'ENE: Ce climat est quasiment une copie conforme de celui de Lima, à plus de 600kms: sur plus de 700kms, d'ici à Pisco, règnent la même grisaille et la même fraicheur durant la majeur partie de l'année. La transition est assez brutale depuis Piura (à 360kms) et Chiclayo (165kms), et je vous ai rassemblé sur une seule infographie les éléments clés à comparer: En allant vers le sud, on transitionne de façon bien plus lente vers un maximum de grisaille qui semble être pour Lima, et des RR absentes toutes l'année (on retrouve à Trujillo encore un timide maximum pluviométrique en février / mars). Les nuages bas sont bien sur plus fréquents et plus tenaces qu'à Chiclayo ou Piura, mais on retrouve néanmoins les même fluctuations diurnes avec une tendance à l'éclaircie durant les après-midis. Et toujours ce courant de sud, tangent à la côte, avec un maximum diurne. Voici un hiver normal, 2014 (ENSO neutre à faiblement positive). Ici l'hiver est centré sur septembre. Ce n'est pas aussi gris qu'à Lima, je l'ai déjà dit: la plupart du temps le ciel est découvert dans l'après-midi. Mais c'est d'une monotonie... Eté 2015: ENSO neutre à faiblement positive, saison normale. C'est un peu plus variable qu'en hiver, avec des fluctuations plus chaudes ou plus fraiches, mais cela reste assez ennuyeux. Ete 2011: phase de Niña, été frais, sec mais gris. Fin mars on avait déjà des t° quasiment "hivernales". Et enfin pour finir l'incroyable été 2017 et son "niño côtier". Les anomalies de t° et de Td sont assez monstrueuses pour un climat maritime de la zone tropicale. A suivre...
  7. #333. Chiclayo. Après plusieurs mois à travailler avec les données Américaines et Canadiennes j'avais oublié comment certains pays peuvent être "galère"... C'est donc dans la douleur que j'ai contrôlé et corrigé les données horaires de cette fiche, ainsi que la suivante (Trujillo) qui du coup ne sera postée que demain. Quand à celle d'après (Pucallpa) j'ai carrément lâché l'affaire et on passera direct au Chili ! Chiclayo est la 4e ville du Pérou (740 000h), à 195kms de Piura, et 650kms de Lima. Ici la plaine côtière ne fait plus qu'une trentaine de km, et par rapport la la plaine du désert de Sechura et à Piura - à moins de 200kms plus au nord - le caractère océanique s'affirme donc. Les différentes cordillères parallèles qui composent les Andes forment bien sur encore une barrière infranchissable pour l'humidité du bassin Amazonien. La station est sur l'aéroport, bien enclavée malheureusement. Le centre ville est tout proche (1.5km), et l'océan est à 13kms. Depuis Piura, en seulement 200kms, nous perdons plus de 2°c en Tm en touts saisons. Ce sont surtout les tx qui baissent (-3.5°c en moyenne annuelle), bien plus que les tn (-1.2°c). Ce climat est donc bien plus marin, avec d'ailleurs une brise constante assez forte. Les rares précipitations estivales sont atténuées, il tombe ici moins d'un tiers des RR annuelles mesurées à Piura. A parts ces changement assez rapides pour seulement 200kms parcourus, ce climat ressemble quand même beaucoup à celui de Piura: le décalage thermique est aussi important, été comme hiver, et l'on trouve pas mal de nuages bas avec le même cycle diurne: temps souvent couvert en fin de nuit et début de matinée, puis souvent bien dégagé en fin de journée. Le courant de sud est ici aussi sans partage: On reste donc très dépendant des phases d'ENSO, notamment des SST en zone 1-2. Et pourtant j'ai du piocher mes exemple de saisons neutres sur une autre année que pour Piura, 2009 au lieu de 2006. Hiver 2009: le plus normal que j'ai à ma disposition, malgré une phase d'ENSO positive limite niño. Eté 2009: ENSO faiblement négative. C'est aussi la saison la plus normale que j'ai pu trouver, avec cependant une bizarrerie: les quelques pluies attendues en mars se sont produites en janvier, puis mars a été sec. Voici la Niña de 2011, exemple déjà vu à Piura pour sa sécheresse et ses t° moins chaudes: Voici le "niño côtier" de 2017, avec ici aussi d'importantes anomalies de RR même si c'est beaucoup moins impressionnant qu'à Piura. A noter les énormes anomalies positives de Td, en relation directe avec les SST très chaudes: j'ai un pic de Td à 27.5°c à 15hTU le 5/03/2017 ! Les choses se sont vraiment emballées très rapidement début 2017, car après le fort niño de 2016 les conditions étaient redevenues normales en hiver et printemps 2016. Voici novembre 2016, qui fut même un peu frais. Ce mois de novembre est en fait lui aussi assez remarquable par l’absence de grisaille et les conditions la plupart du temps dégagées, c'est rarissime d'avoir un si beau mois. Et la tn du 21/11 est; mine de rien, la 2e tn la plus basse de toute ma période d'étude, après le 13.0°c du 10/07/2013: on retrouve donc des tnn annuelles très décalées vers le printemps, comme à Lima ou Piura. Voilà, la suite demain !
  8. Merci d'avoir fait la comparaison, j'ai oublié de mentionner les Andes tellement il m'est évident que cette barrière montagneuse isole complètement la côte pacifique de l'Amazonie. L'alizé atlantique est en effet dévié vers le sud-est le long du flanc est des Andes, aspiré par la dépression thermique du Chaco.
  9. Bien vu, et il fallait en effet avoir en tête l'épisode très récent de Niño côtier pour ne pas se laisser abuser par les RR différentes des normales trentenaires. #332. Piura. Je voulais commencer cette série par l'Equateur, mais ai été vite stoppé par le fait que l'on ne trouve quasiment pas de données avant 2007... Donc ce pays est remis à plus tard, dans quelques années. Piura est une ville de 440 000h, à 600kms de Quito, 825kms d'Iquitos, et 840kms de Lima C'est le seul endroit de la côté péruvienne où l'on trouve une vraie plaine côtière, qui mesure en moyenne 100kms de large entre l'océan et les Andes. Cette plaine est occupée par le désert de Sechura. Piura est à 44kms de la côte et 60kms de la cordillère de Guamani. La station est sur l'aéroport, à proximité (1.5km) du centre ville. On le verra en détail plus bas les 3 premiers mois de 2017 ont été tellement exceptionnels qu'ils vont avoir à eux seul un très gros impact sur n'importe quelle climatologie incluant cette période. Mais je ne sais pas trop à quel saint me vouer: - Par rapport aux normales de l'OMM le cumul moyenne 2000-2017 est plus du triple: 124 mm contre 40 (309%). - Par rapport aux normales CLINO 1961-1990 (tableau ci dessous), le cumul 2000-2017 n'est pas bien supérieur (+7%). Cependant la répartition des RR sur l'année me semble pas très cohérente sur ces données 1961-1990... Bon, néanmoins on peut affirmer que l'on a un climat aride chaud. La position bien en retrait de la côte assure des amplitudes thermiques diurnes plus fortes et des conditions moins grises que le reste des climats côtiers du Pérou. Par seulement 5° de latitude je trouve assez remarquable l'amplitude thermique annuelle de plus de 6°c en Tm, d'ailleurs l'ICA s'affole avec plus de 1.70 - cet indice n'a cependant pas été conçu pour l'analyse des climats de la zone intertropicale. La raison de la rareté des précipitations c'est bien sur le courant froid péruvien, également appelé courant de Humboldt: Ces eaux froides ainsi que le courant atmosphérique de sud constant maintenu pas les HP subtropicales de l'océan Pacifique inhibent la convection et assurent ce climat aussi sec. Et en même temps, de façon un peu paradoxale, cette configuration favorise la grisaille océanique qui est assez envahissante (brumes et stratus côtiers). Les tableaux horaires montrent l’évolution diurne constatée durant la majorité de l'année: - un pic de grisaille survient en fin de nuit, généralement une couche compacte de status et de stratocumulus. - la grisaille se dissipe assez tardivement, vers midi, donnant une belle après-midi des tx assez tardives. - en même temps la brise de sud se lève, elle connait son pic d'intensité au coucher su soleil. La brise de sud à sud-ouest, de nature océanique, domine donc complètement les roses des vents. Malgré le relatif éloignement de a côte ce climat est complètement soumis aux aléas de la SST du Pacifique voisin. Ses saisons connaissent donc un fort décalage thermique, et la variabilité inter-annuelle est complètement assujettie aux cycles de l'ENSO. Voici donc un hiver normal, 2006, avec une phase d'ENSO en cours de transition du neutre vers un niño faible. Les nuits sont quand même assez fraiches pour un lieu si près de l'équateur. Par contre cela remonte toujours bien en journée, rares sont les après-midis où la couche nuageuse ne se disloque pas. Et l'on a aussi des nuits sans nuages, phénomène absolument impossible à Lima en cette saison. Parfois le minimum thermique est décalé jusqu'en octobre: comme à Lima les tnn de la période d'étude ont été enregistrée durant ce mois. Voici donc octobre 2011 et ses deux nuits exceptionnellement fraiches en milieu de mois: Voici un exemple d'été neutre, en début 2006 (ENSO faiblement négatif). De rares faiblesses dans le courant de SSO permettent quelques averses convectives, les rares pluies de l'année. On note autrement un bon niveau de chaleur, les 35°c sont assez facilement atteints. Voici février 2016: grosse surchauffe en conjonction avec un fort Niño. Cependant 2016 n'a pas apporté les pluies tant redoutées généralement associées aux forts niños: en effet en 2016 l'anomalie positive de SST d'est surtout concentrée en zone 3.4, plutôt qu'en zone 1-2 , qui concerne plus directement le Pérou. En 2017, dans un contexte d'ENSO neutre à faiblement négatif, s'est déroulé de façon très localisée (en zone 1-2) un phénomène relativement inédit que l'on a qualifié sur place de niño côtier: la SST au large du Pérou a atteint des niveau records (jusqu'à 29°c), et l'apport de vapeur d'eau supplémentaire a déclenché une saison des pluies colossale. Je vous laisse constater les anomalies de RR par rapport aux moyennes 2000-2017: Avant cette année 2017 la lame d'eau moyenne en mars (2000-2016) était de 31.8mm, elle à bondi à 66.5mm suite à cela. Enfin voici un exemple de fin d'été en phase d'ENSO fortement négative (niña): grand beau temps, hygrométrie et tn anormalement basses, précipitations nulles. Le parfait opposé de 2017. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  10. Merci pour l'info, je vais aller voir ça. Un petit rappel à tous: quand vous citer mes messages faites attention à ne gardez que le nécessaire et à retirer tout le contenu (image surtout) qui n'est pas directement en rapport avec votre message. Ceci afin de rendre la navigation dans ce fil la plus facile possible et ne pas l'alourdir avec des images superflues en double ou en triple. Merci !
  11. Merci à tous pour votre participation et vos commentaires. Voici une petite synthèse en 3 cartes de l'Ouest du continent Américain: Et la suite commencera ici: Mais où cela peut-t-il bien être ?
  12. #331. Barrow. Barrow a été renommée officiellement Utqiaġvik le 1/12/2016, mais pour plus de clarté je garde pour l'instant le nom anglo-saxon qui parle à tout le monde. Cette "ville" de 4300 habitants est le plus grand peuplement du North Slope, et la localité la plus septentrionale des Etats Unis. Prudhoe Bay est à 330kms, Bettles 530kms, Fairbanks 810kms, Nome 835kms, Anadyr 1280kms, Anchorage 1165kms. C'est vraiment très plat dans cette région: les premières petites collines visibles sur cette carte sont à 190kms, et la chaine Brooks (hors carte) débute à 330kms. On reconnait le paysage de toundra et d'étangs vu à Prudhoe Bay. La station est sur l'aéroport, à 900m de la mer. Cette fiche présente des données de RR hivernales plus plausibles que celles de Prudhoe Bay. La hauteur de neige au sol est aussi mesurée et disponible dans les données, on voit que la couche est nettement moins épaisse qu'ailleurs en Alaska, mais elle se maintient pendant presque 8 mois ! Par rapport à Prudhoe Bay la principale évolution est la baisse des températures estivales, qui restent ici vraiment au ras des pâquerettes. La position un peu plus au nord et plus maritime, sur une péninsule, pénalise fortement la saison estivale. Pour le reste c'est presque un copié-collé: les t° hivernales sont un peu moins froides mais le vent tout aussi fort, donnant un ressenti de toute façon glacial. La nuit polaire dure du 20/11 au 21/01, le jour continu du 12/05 au 30/07. Voici l'hiver 2013, au bilan normal: le froid de février compense le "moins froid" de mars. Pas mal de blizzard, notamment ce début mars abominable. Le redoux ne sont plus aussi francs qu'au sud de la chaine de Brooks: même si le dégel est possible en plein hiver, il est bien plus rare et comme sur l'exemple de Prudhoe Bay l'hiver présenté ici ne dépasse jamais les -10°c: On continu avec l'année 2013 pour présenter les deux mois du printemps. Le début est assez variable, avec pas mal de beau temps: la période la plus ensoleillée de l'année cours de mars à mi-avril. Puis la grisaille arrive avec le redoux, et le mois de mai est souvent déprimant. L'été connait beaucoup moins de douceur qu'à Prudhoe Bay, et encore plus de brumes et brouillards côtiers. On dépasse les 15°c trois ou quatre fois par an, et la txx annuelle médiane est inférieure à 20°c. Malgré un début laborieux en juin et juillet cet été 2005 est donc pas si mal, avec un "beau" mois d'aout qui voit quelques journées de douceur et même des nuits avec tn > 10°c (les 12°c du 14/08/2005 sont la tnx absolue de ma période d'étude). En dehors de ces quelques fantaisies la froide grisaille domine, et il faut s'attendre au gel ou à la neige même en juillet et aout. Enfin un dernier exemple avec octobre 2002, où l'enneigement débute avec 4 jours d'avance le 4/10, et où l'on s'enfonce vers l'hiver dans une grisaille absolue. Voilà, c'est sur ce triste mois d'octobre que se termine cette série marathon débutée pas très loin de Los Angeles, à Santa Maria, à 4570kms de Barrow. Les prochaines séries ne seront pas aussi longues.
  13. L'inde et le Pakistan ont déjà eu des chaleurs précoces records fin mars, et en effet ça recommence... va falloir surveiller ça, le pic de chaleur ne commence que dans un mois !
  14. Je sais dans quelles régions du monde les 4 prochaines séries vont se focaliser, sans avoir non plus déterminé encore toute les étapes (j'ai commencé ce soir à bosser sur la première fiche post-Alaska et j'ai du dejà changer des choses, déçu par la faible qualité des données dispos). Mais à chaque début de série je vous ferais jouer à deviner où l'on se trouve, donc non, je n'en dirais pas plus ce soir
  15. On l'a vu des dorsales de hautes pressions d'origines subtropicales prennent régulièrement position au dessus de la Colombie Britannique. Je pense que lorsque ces hautes pressions poussent plus vers le nord-ouest (en se détachant de leurs racines subtropicales) et assurent un temps beau et calme sur l'Alaska et bien la chaleur s'installe naturellement. On l'a vu le relief est tout de même assez montagneux, quasiment à chaque fiche je présentais un nouveau massif ou une nouvelle chaine: il contribue à l'intensification de la chaleur continentale à la fois en bloquant les entrées maritimes et en favorisant des subsidences adiabatiques sèches. J'ai recherché quelques explications sur le web et rien trouvé de transcendant, néanmoins cette carte d'anomalie tirée de cet article tend à montrer que les vagues de chaleur viennent bien de l'ouest et du nord-ouest Canadien: Anomalie de t° de surface pour la 3eme semaine de mai 2015. Le record officiel de chaleur de l'Etat est de 100°F (37.8°c) à Fort Yukon, mais il date de 1917... avec un matériel plus moderne je doute que l'on aurais mesuré plus de 36°c, ce qui correspond à priori aux records modernes (Fairbanks à aussi une txx officielle de 99°F (37.2°c), mais elle date de 1919 donc probablement à jeter aussi). Une fois cette chaleur installée dans l'intérieur des terres il suffit d'une demi-journée de vent favorable pour la porter vers les côtes et donner d'éphémères mais intenses chaleurs, comme 30°c à Nome ou 29°c à Prudhoe Bay.