mottoth

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À propos de mottoth

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    Villeurbanne (69), Aeroport St Exupery (69), St Genis les Ollières (69)
  1. #373. ???. Demain matin je débuterais une nouvelle série, la première escale ressemblera à cela: A votre avis, c'est où ?
  2. Le triangle du feu regroupe les plus hautes Tm de juillet et les plus hautes Txx. Plus au sud on trouve en effet une ceinture où la Tm annuelle est encore plus haute et depasse 30°c: hier j'ai regardé les fiches de Niamey et Tombouctou et constaté que le Tm annuelles evoluent entre 30 et 31°c, comme à In Guezzam. Pour Dallol c'est meme pas la peine d'y penser, ni meme pour le reseau synoptique Ethiopien où la disponibilité des données est proche du néant. Toute l'afrique de l'est est logée hélas à la même enseigne: Djibout, Somalie, Erythree, Soudan et Sud Soudan... j'ai un gros no man's land entre l'Egypte et le Kenya.
  3. Un reportage d'un autre temps, au JT de FR3 NPC de aout 1975:
  4. Je pensais hier avoir fini avec le sud Algérien, mais ça m'embêtait de finir sur une station de montagne pas très représentative de l'extrême sud Algérien. Le problème est que les données dispos dans les autres stations de la région ne sont pas au par de la qualité des fiches précédentes. Il y a cependant une poignée de stations automatiques du sud algérien dont les relevés horaires sont partagés sur le réseau synoptique. Voici deux d'entre elles, qui vont nous permettre de vraiment conclure cette série. #372bis. Assekrem et In Guezzam. Seules les données suivantes sont disponibles dans ces observations automatiques: vent, température, point de rosée, quantité de précipitation. C'est tout, il manque: la pression, la visibilité, l'état du ciel, le temps présent, et l'enneigement (pour Assekrem). Ce sont donc des fiches "lights" et des présentations raccourcies qui sont proposées aujourd'hui. Assekrem est le nom de l'une des plus hautes montagne du Hoggar, c'est un plateau qui culmine à 2810m. C'est (ou c'était) une destination touristique (treks). Le lieu est également connu pour avoir été l'ermitage de Charles de Foucauld. Tamanrasset est distante de 51kms. In Guezzam est une ville de 7000h sur la route transaharienne qui relie Alger à Lagos, c'est aussi le poste frontière algérien avec le Niger. Tamanrasset est à 365kms, Niamey 765kms. Nous sommes ici plus proche de l'océan Atlantique équatorial (1465kms, vers Lagos) que de la mer méditerranée (1610kms, vers Tripoli). Commençons par Assekrem: c'est vraiment le coeur du Hoggar. Vue vers l'est, on devine la route d'accès au plateau. La station est au rebord sud du plateau, à 2680m d'altitude. NB: seulement 9 à 10 années de données pour ces deux fiches, dont le but est surtout d'avoir un aperçu des conditions moyennes plutôt que des statistiques solides. Malgré la clémence des températures, l'été n'est en effet pas une bonne saison pour trekker dans le Hoggar: la faible saison humide due à la proximité de la mousson ouest africaine est nettement amplifiée par l'orographie, et les orages fréquents sont un danger aussi bien pour le foudroiement potentiel que pour les crues d'oueds subites et violentes. Il vaut mieux privilégier les inter-saisons pour cette activité, bien que le sable et la poussière puissent être gênants (difficile d'estimer le facteur sable vu l’absence de données de visi et de temps présent). L'hiver est généralement clément mais lorsqu'une perturbation tempérée descend jusqu'ici le thermomètre chute brutalement et l'on peut frôler pendant quelques heures les -5°c voire -10°c, avec éventuellement de la neige. Le vent est bien sur très présent à cause de la topographie, et cela explique les faibles amplitudes thermiques diurnes, avec pour conséquence un gel étonnamment rare malgré l'altitude: Les roses des vents diffèrent d'ailleurs assez sensiblement de celles de Tamanrasset, avec un courant d'altitude de sud-ouest dominant en hiver et au printemps. L'hygrométrie hivernale reflète celle de la masse d'air à cette altitude, en pleine zone de subsidence: elle est souvent extrêmement basse... le capteur de Td semble fonctionner jusqu'à -60°c ! Voici un exemple de saison hivernale avec le début 2015: janvier 2015 est extrêmement sec. Le deuxième quinzaine de février est plus perturbée et montre 2 épisodes de talweg froids donnant des températures négatives au passage des perturbations. La plaine reste évidemment à l'écart de telles variations, on n'a rien vu de tel à Djanet ou Tamanrasset. Enfin un exemple de mois de juin (pic thermique annuel) et de mois de aout (pic de RR). En vérifiant les données de RR j'ai remarqué que toutes tombent de façon ponctuelle, sous des orages ou des averses diurnes qui se déclenchent assez tôt dans la journée, souvent entre 12hTU et 14hTU. 410kms plus au sud, In Guezzam est dans une zone très plane d'altitude moyenne 400m, avec certains creux à 350m vers la frange sud de cette carte. A priori (je n'en suis pas certain) la station auto est dans le périmètre de l'aéroport. A l'est de la ville les sillons creusés par l'Harmattan d'ENE sont nettement visibles. On retrouve des RR estivales similaires en quantité à celle de Tamanrasset: la position plus proche de la mousson d'Afrique de l'ouest compense la perte de l'influence orographique. En dehors de cette très faible saison des pluies l'hygrométrie est encore plus extrêmes que ce que l'on a pu voir en plaine plus au nord, avec par exemple une HR moyenne de 8% en avril ! (NB: l’instrumentation étant différente pour cette station auto que pour les stations principales du réseau algérien passées en revue durant ces 3 dernières semaines, je n'ai pas eu de trous de Td à compléter par interpolation: le Td est reporté ici continuellement quelque soit sa valeur). Les courbes de t°, malgré seulement 9 années de données, montrent bien que la transition vers les climats du Sahel est engagée, avec un maximum en juin et un sursaut en septembre. Le pic de chaleur est quasiment aussi infernal que ce que l'on a découvert à In Salah ou Timimoun, cependant les txx sont plus sages: 47.6°c sur cette courte période, mais vue la faible variabilité des txx annuelles dans cette zone on peux parier que la txx potentielle ne dépasse pas 48°c. Vu la manque de données on ne peut qu'imaginer les épisodes de poussière qui aggravent encore la pénibilité de cette saison. Sur les roses des vents, un nouvel acteur apparait en été: le vent de sud-ouest qui est le vent de mousson d'Afrique de l'ouest. On peut constater sur les tableaux de juillet sous les roses des vent sa nature humide: par vent de SSO (220°) le Td moyen est 13°c plus haut que par vent d'ENE (70°). Voici un exemple de pic de chaleur. On retrouve un peu ce côté infernal que l'on trouve en mai et juin dans les parties les plus chaudes de l'Inde et du Pakistan, avec notamment 3 semaines ininterrompues de tn > 30°. Je vous laisse observer les fluctuations du Td en fonction du vent: en baisse par vent d'est, en hausse par vent de sud à ouest. Et pour terminer un exemple de mois d'aout, celui ci plus arrosé et plus humide que la normale. Etant encore bien en marge de la mousson, celle ci n'apporte le plus souvent qu'une hausse du Td, parfois pénible. Voilà, c'est tout pour ces étapes surprises, qui étaient je pense justifiées malgré le faible échantillon de données à ma disposition: In Guezzam nous ouvre la porte vers le Sahel et le domaine de la mousson, tandis que Assekrem nous donne un aperçu des dynamiques de cette région en altitude, voire en atmosphère libre.
  5. #372. Tamanrasset. C'est la dernière étape de ce tour d'Algérie, Tamanrasset est une ville de plus de 90 000h, à 440kms de Djanet, 575kms de In Salah, 1090kms de Niamey, 1110kms de Tombouctou, et 1550kms d'Alger. Avec Djanet, Tamanrasset était aussi une destination de tourisme d'aventure majeure en Afrique du Nord il y a encore une quinzaine d'année. La ville est située au sud-est du massif du Hoggar, qui culmine vers 2900m d'altitude. Le paysage est semblable à celui de Djanet, fait de roches sombres et de sable clair. La station est dans le périmètre de l'aéroport, à 8.5kms du centre ville et une altitude similaire (1375m). L'altitude donne ici une chaleur estivale beaucoup moins forte que dans le reste du Sahara Algérien, avec une txx d'à peine 40°c. Mais le plus gros changement par rapport aux étapes précédentes c'est l'apparition d'un maximum pluviométrique en été: cette station est la seule de la série à se trouver dans la zone inter-tropicale (le tropique du cancer est 68kms plus au nord), et on retrouve naturellement des éléments des climats plus au sud. Le régime d'hygrométrie change lui aussi, avec un maximum en aout, et comme à Djanet le maximum de t° est partagé entre juin et juillet. Le climat reste bien sur avant tout désertique, et l'arrivée en été sur zone de la ZCIT durant sont extension maximale vers le nord ne suffit pas à expliquer de telles différences avec par exemple Djanet: le relief du Hoggar favorise la convection et la conjonction de ces deux acteurs (relief + ZCIT) donne cette très timide saison de précipitations de nature orageuse centrée sur aout. Les tableaux horaires montrent nettement le pic d'ennuagement diurne entre 15hTU et 18hTU en été, avec en aout jusqu'à 5 octats en moyenne durant les après-midis. L'Harmattan est dévié vers l'ESE en raison de relief dans le quart nord-est. En hiver et aux intersaisons un vent contraire de nord-ouest est également souvent présent. Le plupart des exemples de saisons ont été pris en 2006, plus exactement de décembre 2005 à aout 2006 avec un hiver, un printemps et un étés tous les 3 bien dans les normales. En hiver l'hygrométrie est déjà très basse, parfois aussi basse qu'au printemps, et de faibles gelées se produisent ponctuellement. C'est sans conteste la saison la plus agréable de l'année avec des des températures souvent idéales l’après-midi. Sur cet exemple le mois de mars est encore très agréable, puis cela se gâte en avril avec l'arrivée de la poussière et des premières nuits chaudes. Durant cette saison l'hygrométrie est au plus bas. En mai on passe en mode "été", avec des amplitudes thermiques diurnes souvent réduites par le vent et le manque de transparence du ciel, donnant des tn particulièrement élevées. L'été est assez désagréable malgré une certaine "retenue" des tx, à cause de la poussière fréquente et des hautes tn. Au gré des fluctuations quotidiennes de la ZCIT des périodes très sèches alternent avec des séquences plus instables, orageuses et parfois pluvieuses pour de bon. En septembre l'instabilité estivale récurrente perdure un peu, puis généralement en octobre le calme plat revient avec des semaines entières sans que "rien ne se passe". Voici l'exemple de 2009, bien représentatif. Bonus: mars 2015 et une rare semaine d'intempéries en deuxième quinzaine: Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  6. Ca dépends où en ville, et du coup "en ville" ça ne veut rien dire... Chez moi vers Villeurbanne Granclément aux heures les plus chaudes je ne mesure jamais plus au thermo voiture qu'à Bron. Hier à 16h j'avais 35°c dans mon quartier, après avoir eu 36°c à 37°c sur les voies rapides (rocade, A42) et 35.5°c dans le nord-est de Villeurbanne (Cx Luiset). Au même moment Bron reportait 35.3°c. Donc pour une bonne partie de Villeurbanne - on peut quand même appeler ça "la ville" -, Bron est parfaite.
  7. Je ne vois pas plus de 37°c à Bron, probablement quelques dixiemes de moins. Par contre moiteur remarquable pour le lyonnais cette nuit et ce matin, avec en ce moment un Td de 21°c qui explique l'impression de chaleur de cette nuit supérieure à ce à quoi je m'attendais.
  8. #371. Djanet. On s'enfonce vers le sud, Djanet est une oasis de 14000h à 415kms de In Amenas, 770kms de In Salah, 990kms de la mer Méditerranée, 1500kms de Alger et 1800kms de Tindouf. Il y a encore une quinzaine d'année cette zone vivait en partie du tourisme d'aventure, notamment les trek dans le massif du Tassili n'Ajjer. La station étudiée est sur l'aéroport à l'altitude de 973m. La ville est à 30kms, et la ville Libyenne de Ghat, située dans la partie la plus basse de la région (665m), est à 105kms. Vue vers le nord est. Les formations rocheuses très sombres contrastent avec le sable et font la beauté de cette région. L'altitude modère bien les chaleurs estivales, si bien que la txx passe sous les 45°c et qu'on ne trouve plus un seul mois avec Txm > 40°c. Nous ne sommes ici qu'à 94kms du tropique du cancer, ainsi le régime de t° commence à avoir une allure plus tropicale avec un pic thermique décalé vers juin: juin et juillet ont des Tm similaires (aout est un peu en retrait), et c'est en juin que l'on connait généralement les Txx annuelles (regardez les 90-centiles). La saison hivernale se fait aussi de plus en plus sèche, avec ici une hygrométrie inférieure à celle de In Amenas ou même de In Salah. En été cela reste très sec, nul surplus d'humidité tant sur l'hygrométrie que dans les lames d'eau moyennes. On reste dans un climat hyper aride avec des pluies généralement complètement anecdotiques lorsqu'elles se produisent. Je me suis amusé à estimer la txx à Ghat en fonction de celle de Djanet et d'un gradient de 0.8°c/100m: je trouve 46.5°c sur la période d'étude, similaire à celle de In Amenas. La topographie doit jouer énormément sur les vents puisqu'on ne retrouve pas toujours la direction dominante de l’Harmattan (nord-est). Cependant un regard attentif sur les bandes de couleur de l'imagerie satellitaire du massif du Tassili voisin semble attester d'un paysage modelé par les vents de nord-est. L'altitude fait que le gel en hiver est une chose courante (7 jours/an en moyenne), cependant comme à In Amenas j'ai renoncé à définir une période moyenne où le gel survient puisque j'ai trop d'hivers où celui ci ne se produit pas du tout. Cet exemple d'hiver est le même (2003-2004) que celui montré à In Amenas, pourtant ici on ne retrouve plus les RR d'origine tempérée survenues les 11/12, puis 19 et 20/01 à In Amenas: que du sable, et des chutes de tx un peu moins prononcées. Voici 2014 comme exemple de printemps, très bon exemple proche des normales pour chacun des trois mois. On retrouve beaucoup de sable et de poussière: de toutes les fiches Sahariennes déjà passées en revue Djanet est le lieu où la visibilité est le plus souvent mauvaise au printemps, avec un pic de fréquence des visi inférieures à 5km à 27% en mai... et ce n'est pas la grisaille qui est responsable ! La poussière devient un acteur majeur du climat, sans pour autant atteindre les fréquences observées plus au sud dans le Sahel (41% de visi < 5kms en mars à Niamey). Voici aussi un été parfaitement normal, l'été 2011. Juin connait les derniers épisodes de poussière printaniers et souvent les plus fortes chaleurs. Juillet et aout sont plus stables malgré la proximité grandissante de la ZCIT. Enfin voici un automne normal et où il ne s'est quasiment rien passé: 2016. A part les quelques gouttes de fin novembre le temps sur cet exemple est d'une étonnante stabilité durant plus de deux mois et demi. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Merci encore une fois à tous ceux qui font vivre ce topic, sans retours positif j'aurais abandonné depuis longtemps
  9. Bonjour, peut-être un nouveau topic regroupant les différents Indices - académiques ou non, usés jusqu'à la corde ou expérimentaux - et leur discussion mérite-t-il d'être ouvert car tes interrogations et questions demandent des développements, justifications et argumentations trop vastes pour à mon avis tenir dans une seule réponse et ne pas faire dériver ce fil vers du hors-sujet. Tes questions masquent même des interrogations dignes de la philosophie des sciences, style "les mathématiques peuvent t'il décrire le vivant", ou "tout phénomène physique peut-il se réduire à une formule mathématique" (aussi complexe soit-elle, j'ajouterais, car les formules de Dann sont complexes). Je peux néanmoins te donner quelques éléments de réponse et laisserai Dann te répondre plus en détail: Déjà tu as l'air assez novice sur le forum, donc peut-être a tu raté ce topic où l'ICA (Indice de Continentalité Absolu) développé par Dann est présenté et discuté en détail. A la lecture de ce sujet et connaissant un peu Dann depuis le temps, je peut te dire qu'il a une approche non partisane et très tournée vers les biomes naturels, la classification et les outils (les indices) qu'il développe sont avant tout destinés à coller au mieux à ceux-ci. Certains de ses indices font l'objet d'une thèse sur laquelle il bosse, et finiront donc peut-être par obtenir une validation académique. Je pense que ce sujet est le bac à sable idéal pour tester les indices développé par Dann, et leur emploi récurrent ici ne me choque pas. D'ailleurs je n'ai pas moi non plus une approche très académique - ne serais-ce qu'en ne respectant pas toujours les heures de prise de tn/tx officielle pour les faire coller au mieux au jour astronomique, ou bien sur en travaillant sur un échantillon de données inférieur à 30 ans. Donc ce sujet est là pour tenter et exposer de nouvelles approches et façons de faire, et l'utilisation d'indices expérimentaux colle à cet esprit. J'espère que certains cas particulièrement discutés, et auxquels Dann n'avait peut-être pas pensé, lui permettent de fignoler ses formules. Voilà, je ne peux ni ne veux en dire plus, on risque de dériver trop loin dans le hors sujet. PS: ton expertise sur la mesure de l'hygrométrie, et notamment les difficultés causée par le basses hygrométries ou la dérive des capteurs vieillissants m'intéresse. Ce sont des points sur lesquels je me suis souvent plaint dans ce sujet ou d'autres comme ici.
  10. Bonjour, hier soir 2 orages avec un peu de grêle à St Genis les Ollières, entre 21h et 23h environ. Ce matin au thermo voiture à 7h15: 19°c à 19.5°c de St Genis à Tassin et l'entrée du périph nord, 25.5°c à la sortie du périph nord à Caluire St Clair et jusqu'à la rocade est, 24°c en arrivant à St Exupéry vers 7h35. Au retour vers 16h20 35°c à 35.5°c dans les rues de Villeurbanne. Et 37.2°c il y à 20 mins à Lyon 7 ENS.
  11. #370. In Amenas. In Salah était le point culminant de cette série, avec In Amenas nous commençons la redescente vers des climats (un peu) moins extrêmes. Cette commune compte au total 7400h, répartis entre le village et plusieurs exploitations de gaz naturel dont Zarzaitine et Tigantourine, cette dernière ayant fait les gros titres en janvier 2013. La station étudiée est sur l'aéroport, entre In Amenas et Zarzaitine, à 25kms de la frontière Libyenne, 585kms de la mer, 705kms de In Salah, 590kms de Ouargla, 1130kms d'Alger et 1750kms de Tindouf. In Amenas est à 567m d'altitude, ce qui correspond à l'altitude moyenne de la région. Le plateau au nord culmine à 740m, la dépression la plus basse de la région s'abaisse à 345m (dans le coin nord ouest de la carte, vers 29°N et 8°25'E). Plusieurs ergs proches, dont l'Erg Bourarhet, vont fournir plein de "carburant" aux tempêtes de sable. Le centre village est à environ 8kms de la station. On constate une nette baisse de la Tm par rapport à In Salah, une partie étant imputable à l'altitude (+300m) et l'autre partie - la plus importante d'après moi - à la position 700kms plus à l'est bien plus proche de la Méditerranée: ce climat ressemble à celui de l'intérieur Libyen, aux chaleurs bien moins extrêmes qu'au centre de l'Algérie à altitude et latitude égales. En Libye (et en Egypte également), la côte méditerranéenne est plus méridionale et aucun relief ne la sépare de l'intérieur du Sahara: il se forme un courant thermique de très grande échelle de la mer vers l'intérieur du continent: Ce courant est d'abord de nord puis s'incurve vers le nord-est voire ENE au fur et à mesure que l'on s'enfonce vers le sud, qu'il perd de son humidité et commence à devenir l'Harmattan. Je m'attarde un peu là dessus car je ne suis par sur de pouvoir revenir de sitôt sur les climats de la Libye, la qualité des données étant désastreuse depuis la fin de Khadafi. Dans les paysages désertiques les vents dominants se lisent souvent très bien sur l'imagerie satellitaire, il suffit de suivre les sillons qu'ils creusent dans les zones sableuses. Voici une carte qui j'ai tracé sommairement en 5 minutes qui montre les vents dominants dans certains coins de la Libye, et la façon dont ceux-ci s'incurvent depuis la méditerranée: d'abord de NNO (une forte composante thermique et un peu de zonal hivernal), puis plein nord puis nord-est et enfin l'Harmattan d'ENE vers les frontières sud. On peut également jouer à ce jeu en visualisant l'Egypte dans Google Earth Viewer: En Algérie aussi on a connu cette transition - décalée vers le nord: sur la côte le vent dominant à l'année était nord-ouest (ce mélange de brises de nord et de zonal d'ouest), puis vers Béchar ou Ouargla on hésitait déjà entre nord et nord est, puis à partir de 30°N (Timimoun) c'est nord est à ENE. Cette orientation des vents explique donc la relative "fraicheur" des déserts Libyens et Egyptiens, ventilés et "climatisés" par le courant d'origine marine en été, tandis que le désert Algérien est protégé de cette ventilation par l'Atlas. Ainsi il se bâtit chaque été un dôme de chaleur nettement plus stable et imposant au dessus du Sahara Algérien, avec des températures très souvent proches des maximums potentiels. Les txx Libyennes et Egyptiennes peuvent parfois rivaliser avec le Sahara Algérien - on trouve partout près de niveau de la mer des Txx de 47°c à 50°c -, mais seulement quelques jours durant une pause du flux marin, conditions qui surviennent d'ailleurs surtout au printemps. La protection de l'Atlas et suppression des courant de nord d'origine marine dans le Sahara Occidental explique aussi la progression plus nordique de la ZCIT en Afrique de l'Ouest que dans le reste de l'Afrique. In Amenas est un climat de transition entre le four Algérien et ces climats moins extrêmes de l'intérieur Libyen (où les Tm de juin et juillet ne dépassent pas vraiment 31°c ou 32°c). Il semble que les contraintes locales du relief pourtant faible donnent une composante très est-ouest aux vents, ainsi l'Harmattan est ici plein est. En hiver on retrouve des traces de zonal, plein ouest pour le coup. C'est en hiver que le vent est le moins fort et le temps est souvent très agréable mais peut connaitre une fraicheur voire un froid nocturne marqué. Voici l'exemple de 2003-2004, avec quelques gelées et quelques refroidissements d'ouest à nord-ouest d'origine tempérée. Mais dès la fin février nous sommes déjà au printemps et la cocotte saharienne commence déjà à chauffer. J'ai encore eu du mal à trouver un bon exemple de printemps, la variabilité étant parfois extrême en cette saison. Voici un exemple bricolé avec mars/avril 2008 et mai 2006. On retrouve bien sur pas mal de tempêtes de sables, avec encore des visibilités qui tombent largement en dessous de 100m lors des paroxysmes. En été on ne retrouve donc plus de délirantes séries de tx supérieures à 45°c, et les tn sous aussi nettement plus supportables. Juin 2008 fournit un bon exemple de ce qui est quand même un bon exemple d'été en climat désertique chaud: Enfin j'ai continué avec 2008 pour l'automne, un bon exemple malgré l'excédent de t° en octobre. On y retrouve la tendance aux rares précipitations annuelles à favoriser automne et printemps. La séquence perturbée de fin septembre début octobre est un bon exemple d'instabilité poussiéreuse, un peu plus humide que d'habitude et orageuse qui donne ces rares épisodes de pluie. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  12. C'est pas vraiment un oubli, mais surtout le manque de données, notamment pour le désert de Lut qui fait fantasmer beaucoup de passionnés, moi y compris. Lorsque l'on abordera l'Iran (dans 2 ou 3 ans) j'essayerais de faire le même exercice qu'au Sahara Algérien pour estimer les txx potentielles dans les dépressions proches des stations étudiées, dont Iranshar. Par contre il est plus délicat d'estimer les Tm: pour prendre l'exemple de Iranshar, cette station fait partie des nombreux "repérages" que j'ai déjà fait pour l'Iran et si ma mémoire est bonne elle est au bord d'un plateau, ce qui explique des tn souvent très élevées. Il y fort à parier qu'au creux de la dépression les tn soient plus basses, y compris en été, ce qui rend difficile d'estimer la Tm par rapport à une référence connue. On reviendra là dessus en détail en temps voulu...
  13. Et en ces temps de canicule où le spectre de 2003 ressurgit une fois de plus, voici une rétrospective d'aout 2003 pour 3 des stations Sahariennes vues récemment. On y trouve durant la grande canicule qui toucha la France (première quinzaine) un temps anormalement "frais" et humide, avec aussi du vent qui n'est pas l'harmattan mais qui est tropical: non seulement la ZCIT est remontée bien au nord jusqu'au Sahara Algérien, mais le FIT lui aussi est remonté exceptionnellement très au nord, donnant à In Salah ou Tindouf des journées tropicales et leurs txn d'aout pour la période d'étude. Par contre les lames d'eau restent anecdotiques, sauf à Tindouf: Cela permet de mesurer l'ampleur de l'anomalie de circulation atmosphérique d'aout 2003 où tout a été décalé vers le nord d'au moins 1000kms.
  14. #369. In Salah. In Salah est une oasis de 32 000h qui semble très proche du centre géographique de l'Algérie. La méditerranée est très loin: 965kms au plus proche. Cette oasis fais partie du "triangle du feu", délimité aussi par Adrar (285kms à l'ONO) et Reggane (240kms à l'ouest). Ce triangle est la zone la plus chaude (en été) du Sahara, et cette fiche pose un jalon dans les extrêmes du tour du monde entrepris dans ce fil, au même que celles de Ojmjakon ou Vostok. Timimoun est à 310kms, Béchar 670kms, Tindouf 1055kms, Ouargla 590kms, Alger 1050kms. In Salah est à 270m d'altitude, au nord un trouve le plateau du Tademaït qui culmine généralement entre 600m et 700m, et au sud la plaine du Tidikelt, dépression fermée qui s'abaisse jusqu'à 115m d'altitude 160 kms à l'OSO. La station étudiée est sur l'aéroport, à 7kms de la ville et 25m plus bas: Le pic de continentalité à été atteint vers Timimoun, ici les Tm hivernales sont plus réchauffées que la Tm de juillet, qui atteint cependant un extraordinaire 38.6°c. Les seules régions au monde qui peuvent rivaliser sont le nord du golfe Persique (Koweit), la Vallée de la Mort et certains coins du Pakistan comme Sibi (les données brutes que j'ai récupéré - sans contrôle qualité - donnent une Tm24h de 38.4°c en juin). Les txn/txx sont quasi extra-terrestres: 37.9°c / 50.6°c. Avec le gradient de 0.8°c/100m trouvé l'autre jour on peut extrapoler la txx de la zone à 51.8°c dans les zones les plus basses de la plaine du Tidikelt, et l'on peut estimer ainsi que la marque des 52°c est le maximum potentiel atteignable dans les dépressions du Sahara Occidental, et même dans toute l'Afrique. Cette fois ci je pense que l'on peut officiellement appeler le vent dominant à l'année l'Harmattan, il est omniprésent sur les roses des vents: Voici un hiver au bilan neutre mais avec quelques déséquilibres: - la seule gelée survient très précocement le 1/12. - décembre est venté et cela se ressent sur les tx (basses) un pas mal de sable en première quinzaine. - janvier est vraiment chaud en première quinzaine, normal sur la seconde. - février est peu venté et par conséquent les amplitudes thermiques diurnes dépassent parfois facilement les 20°c. On continue avec 2014 pour le printemps. Des t° changeantes, pas mal de vents de sables voire de tempêtes, et occasionnellement toujours de fortes amplitudes thermiques diurnes (jusqu'à 25°c). Mi mai une étonnante onde d'origine tropicale parvient à se perdre dans la région: la montée du Td est remarquable mais les lames d'eau recueillies restent dérisoires. L'été est ici la saison la plus ventée, et sables et poussières continuent donc à jouer régulièrement les troubles fêtes, faisant monter encore d'un cran le degré de pénibilité de cette saison. L'exemple de 2014 est parfaitement équilibré et normal. Les nuits sont étouffantes en raison du vent, mais dès que celui-ci se calme on retrouve des amplitudes thermiques remarquables comme durant la première décade de juin. L'été 2002 fut le plus torride ce tous ceux de ma période d'étude, voici le mois de juillet - sachant que aout à été à peine moins chaud. On y trouve le 12/07/2002 la txx de cette fiche: Puisqu'on est ici j'en profite pour vous montrer un autre exemple de tempête de poussière: dans un contexte pas si venté que cela un épais nuage de poussière stagne les 3 et 4/08/2014, avec une visibilité qui tombe sous les 100m des heures durant et un ciel complètement invisible. C'est dans ce contexte que la plus haute tn de la période d'étude à été mesurés: 37.9°c ! Notez encore le temps présent, les observateurs préférant utiliser le code HaZe plutôt que ceux dévolus aux tempêtes (SS ou DS)... tout de même, à 19hTU le METAR donne une brume sèche (haze) avec 10m de visibilité horizontale !!! Enfin un exemple d’automne aux t° plutôt supérieures aux normales mais finalement assez équilibré: 2016. A suivre...
  15. Vérification faite, cette lame d'eau date du 15/04/2004 et semble correcte malgré de nombreux relevés manquants ce mois çi. Le cumul d'avril 2004 est d'environ 72mm, plus fort cumul mensuel de ma période d'étude. En novembre 2014 le cumul n'a pas dépassé 6mm.