mottoth

Membres
  • Compteur de contenus

    2 691
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Days Won

    7

1 abonné

À propos de mottoth

  • Rang
    Cumulus congestus
  • Date de naissance 02/05/1975

Personal Information

  • Lieu
    Villeurbanne (69), Aeroport St Exupery (69), St Genis les Ollières (69)
  1. Avec toujours le même soucis d'uniformisation j'emploie la même échelle altimétrique sur toutes mes cartes. En fait j'ai ai même deux: une du vert au marron, de 0m à 2500m, et une autre du vert (0m) au blanc (3700m) en passant par le marron (2500m environ). La dernière subit évidemment des distortions - parfois importantes - lorsque le relief dépasse 4000m (cf toutes mes fiches le long des Andes, du Perou à Santiago), mais dans plus de 95% des cas ces deux échelles me suffisent telles quelles. La période avril-juin 2017 a été très froide dans l'intégralité de la Russie d'Europe que l'on est en train d'étudier: -3°c à -4°c d'anomalie sur l'ensemble de ces trois mois, suivis d'un mois de juillet encore bien frais par endroits (comme à Moscou ou St Petersbourg). Ce froid a culminé en mai où partout il est numéro 1 des mois les plus froids depuis au moins 2000. En presqu'ile de Kola l'enneigement s'est terminé avec presque un mois de retard. Ces anomalies ont dépassé les frontières Russes, témoin le suivi du temps à Oulu par syltty où les photos de neige se sont succédé jusqu'à fin mai. Côté bouquins il y a évidemment le classique Michel Strogoff, lu à l'age de 13 ou 14 ans lorsque l'hiver Russe à commencé à me passionner. En littérature plus contemporaine il y a notamment les bouquins de Sylvain Teysson, dont l'Axe du Loup ou Dans les forêts de Sibérie, mais j'en ai probablement déjà parlé ici. Ces bouquins ne se contentent pas d'être des récits de voyage, ils permettent aussi de saisir un peu ce mystère que représente le Russe d'aujourd'hui à nos yeux d'occidentaux. J'ai perdu trop de temps aujourd'hui et hier sur les fiches Finnoises pas encore remises à jour (les données de ce pays sont chiantes à travailler), donc la prochaine étape n'est pas prête et ne sera postée que lundi soir. D'ici là, bon weekend à tous !
  2. A propos de Td la station MF de St Exupéry a completement buggé avec des valeurs de -24°c avant l'orage, complètement bidons bien sur. Le soleil semble revenir ici aussi, avec une pluie en train de cesser, une visi vers l'ouest de 6kms et des bouts de ciel bleu déjà visibles.
  3. Ca a commencé en douceur il y a 30 mins, mais depuis 5 minutes très fortes pluie et fortes rafales, visi 200m à Villeurbanne.
  4. Merci. J'avais trouvé cette orthographe moins épurée et plus phonétique ("Krasnoshchelye") sur certaines cartes mais je n'ai pas pensé à faire une recherche avec ce terme plutôt que celui plus épuré (Krasnoscele) que j'ai trouvé en premier. Donc même ce village à sa page wikipédia, bien que ce ne soit qu'un stub. Je me doutais qu'il s'agissait d'une implantation ethnique mais je n'avais rien pour étayer cette intuition.
  5. Moi aussi je ressent une fascination pour ces immenses terres sauvages et rudes. Je suis malheureusement moins attiré par les Russes, qui sont eux aussi plutôt "rudes"... c'est un peuple qui me semble assez bourrin (du moins les hommes), même si je ne demande qu'à être persuadé du contraire. L'idée d'un suivi est bonne mais je ne peux pas te dépanner sur les webcams. Si tu peux faire le même boulot que pour la Pologne je prends, j'aime bien le mélange entre observations factuelles et les petites découvertes que tu distilles de temps en temps (le désert de Bledow par exemple), ainsi que les cartes sur la répartition de la faune. Je suis trop occupé avec les fiches pour faire un suivi - de Russie où d'ailleurs -, mais pour les villes dont j'ai déjà ouvert une fiche il ne me faut normalement pas plus de 10 mins pour rajouter quelques mois voire un an ou deux de données: n'hésitez pas à me signaler un événement que j'ai pu manquer, je peux faire une synthèse une fois le mois de l’évènement terminé. A ce sujet il faut que je revienne sur les records de chaleur de Chine du mois dernier, je dois trouver un peu de temps pour cela. #404. Krasnoscele Les étapes précédentes étaient assez évidentes pour qui étudie une carte de la Russie d'Europe ne serais-ce que 5 minutes, en revanche celle ci et la suivante sortent bien des sentiers battus. Avec Krasnoscele (ou Krasnoscel'E, bien que cette orthographe me semble bizarre), c'est à une plongée dans le coeur rural de la péninsule de Kola dont je vous convie. Je n'ai pas réussi à trouver la moindre info sur ce village paumé dans la taïga, à priori sans raison d'être particulière: souvent les implantations humaines en milieu hostile sont motivées par l'exploitation d'une ressource naturelle où un intérêt militaire stratégique, mais ici nulle mine qui défigure le panorama, nulle piste abandonnée de 3 kms de long, ni page wikipédia pour raconter une histoire de ce genre. Murmansk est à 245kms, Arkhangelsk 360kms, Sodankyla 445kms. Le village et sa station synoptique sont vraiment au cœur de la péninsule, à 120kms de la mer la plus proche, dans un bassin fluvial légèrement dépressionnaire par rapport aux modestes reliefs alentour. De quoi favoriser le froid d'inversion, caractérisé ici par la formation de piscines d'air froid partout où le relief dessine des creux. Je vous parlais d'exploitation minières: on en trouve d'énormes contre les Monts Khibiny, à 145kms de Krasnoscele, qui font vivre les 80 000h répartis entre les deux ville jumelles de Apatity et Kirovsk (non mentionnée sur cette carte). La station est au bout du village, à 150m du fleuve. D'après la doc trouvée sur internet elle est quand même ouverte depuis 1940. Le défrichage à l'est du village semble être un aérodrome rudimentaire mais n'est certainement pas les restes d'une base militaire soviétique abandonnée (j'ai vérifié sur les sites web qui parlent de la question). C'est un climat subarctique continental modéré, avec un ICA de 1.32 similaire aux valeurs de l'intérieur de la région Laponie - presqu'ile de Kola (j'ai mentionné hier un ICA de 1.33 à Kevo). Les t° sont d'ailleurs très comparables à celles de Sodankyla: en hiver les Tm ou les extrêmes des 2 villages ont moins de 0.5°c d'écart. En été il fait 1°c plus frais ici en moyenne, en raison de la présence de la mer Blanche au sud. Les deux lieux étant à la même altitude (22m d'écart), on peut en déduire une grande homogénéité du climat de l’intérieur des terres un fois passé la zone de transition dont on a vu un exemple hier à Murmansk. Les roses des vents sont assez dispersées et ne montrent pas d'influences prédominantes. Notez sur ce tableau ci-dessus l'importance des situations de vent calme en hiver (janvier), qui permettent au froid d'inversion de s'installer: il fait en moyenne 10°c de moins que la moyenne lorsque le vent est nul. Pas de nuit polaire, mais au solstice d'hiver le jour ne dure que 32 minutes et le soleil ne s'élève qu'à 0.3° au dessus de l'horizon ! En revanche on connait le "soleil de minuit", du 30/05 au 11/07. Hiver 2000-2001: beaucoup de contrastes, mais au final un bilan normal. On l'avait déjà constaté avec la série sur la Laponie il y a deux ans: les t° varient énormément (jusqu'à 40°c) et parfois très rapidement suivant que le temps est perturbé (couvert et venté) ou calme et clair. Les inversions sont énormes, une T850 de -15°c pouvant donner des tn inférieures à -35°c, mais facilement balayées par le vent lorsqu'une tempête s'approche sur l'océan. Contrairement à Mourmansk, on voit bien ici que les t° les plus basses sont corrélées à un vent quasi nul. Printemps 2012: bien représentatif, avec des anomalies peu marquées. On retrouve un temps typique des régions continentales nordiques en début de printemps: de très belles journées avec le plein de soleil et des amplitudes thermiques marquées, parfois supérieures à 20°c. Ce type de temps disparait en deuxième partie de printemps avec l'arrivée de Tm positives et la fonte de la couche de neige. L'hiver s'attarde vraiment, jusqu'à début mai. Eté 2010: tiens, tiens, comme on se retrouve ! Cette année si exceptionnelle dans le reste de la Russie d'Europe l'est beaucoup moins ici - elle présente même un bilan normal. Les chaleurs qui ont régné plus au sud on quand même fait quelques incursions notables ici avec 2 tx > 30°c (cette barre est franchie tout les 4 ans sur la période d'étude). Mais on a également vécu des périodes fraiches marquées, dont la deuxième moitié du mois d'aout exceptionnelle de fraicheur, qui font que au final cet été fut particulièrement contrasté. Automne: il m'a été impossible de trouver un exemple au bilan normal, voici donc l'année 2012 avec des t° normales sur les 3 mois mais un gros, très gros excédent pluviométrique. Au moins on retrouve bien cette saison hyper grise à partie d'octobre, avec quasiment des semaines de temps couvert et des amplitudes thermiques faibles. Fin octobre la neige est normalement déjà installée, ici elle est même arrivée avec 10 jours d'avance. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  6. #403. Murmansk. Murmansk est la plus grande ville au monde au-delà du cercle polaire, avec environ 300 000h. C'est la capitale de la province (oblast) du même nom, qui englobe la totalité de la presqu'ile de Kola. On est proche de contrées déjà étudiées ici: Vardo est à 175kms, Kevo 255km, Sodankyla 320kms. En Russie, Arkhangelsk est à 600kms, Petrozavodsk 795kms, St Petersbourg 1010kms et Moscou 1480kms. La ville est dans un fjord peu profond (100 à 200m), à 45kms de la mer. Le relief environnant est modeste mais plutôt rugueux. La station étudiée est urbanisée (1.5kms du centre) et sur une butte qui domine le fleuve de 50m. Ce n'est donc pas du tout une configuration qui va favoriser de basses tn, en revanche l'ouverture aux vents est optimale. On retrouve donc des valeurs de vent moyen élevées, en grande partie dues à l'implantation de la station. De même on note une faible amplitudes thermique diurne moyenne en toutes saisons, avec des tn plutôt élevées favorisées par la position de la station sur une butte, du vent associé, mais aussi par un climat encore plus nébuleux que dans le reste de la Russie d'Europe. Malgré la présence du soleil de minuit (jour continu du 21/05 au 21/07) l'ensoleillement estival est décevant et l'été ne reçoit que très peu de chaleur... cela étant il faut relativiser, souvenez vous que Vardo enregistre des Txm voisines de 12°c à 13°c en juillet et aout ! La continentalité connait des variations énormes en peu de distance dans cette région, ainsi pour Vardo on a un ICA de 0.68 (climat subpolaire océanique marqué), ici l'ICA est de 1.15 (climat subarctique faiblement continental), et pour Kevo (seule fiche Finlandaise remise à jour à cette date) l'ICA est de 1.33 (climat subarctique continental modéré). Nous sommes donc dans la zone de transition entre les climats maritimes de la côte et les climats franchement continentaux de l'intérieur de la Laponie ou de la presqu'ile de Kola. Et cela se voit sur les roses des vents par cet intense courant thermique hivernal canalisé par le fjord: il s'établit entre octobre et mars un courant entre le continent froid et la mer beaucoup moins froide, et celui est est sans partage, de secteur sud à SSO. En été c'est bien mieux partagé entre courant vent continental et vent marin. Sur le tableau ci-dessus de janvier on trouve la confirmation de la nature froide du courant de sud à SSO majoritaire en hiver. Et sur le tableau de juillet on voit que la bascule du vent au nord peut apporter à tout moment un caractère très automnal au temps. En hiver la nuit polaire dure du 01/12 au 10/01. Hiver 2014-2015: à 0.2°c près et à 0.1mm près son bilan approche les normales à la perfection. Aucun des trois mois qui le compose n'a de grande anomalie thermique, la douceur banale de février compensant le froid banal de janvier. Contrairement aux localités plus continentales, les journées les plus froides ne sont pas marquées pas un vent faible: il souffle du continent de façon sensible et l'IRE plonge parfois vers -40. Le printemps est une saison beaucoup moins agréable que plus au sud en Russie d'Europe ou en Europe de l'Est, où l'on trouve souvent beaucoup de soleil et des chaleurs précoces. Ici on trouve plus un caractère "polaire" à cette saison: c'est parfois très lumineux de la fin de l'hiver jusqu'à la fonte des neiges, mais en mai le temps est souvent d'une tristesse infinie avec de la froide grisaille et de la faible neige et/ou pluie froide persistante. Eté 2006: sur cet exemple juin est plus "chaud" que juillet, choses qui arrivent de temps en temps aussi haut en latitude (souvenez vous la série Alaskaïenne). Mais au final le bilan de cet été est normal. La chaleur est rare et ne culmine pas bien haut, elle a un coté éphémère car facilement balayée par le vent du nord: on se retrouve alors avec un temps maussade et des tx qui parfois n'atteignent même pas 10°c. Comme vous pouvez le voir la chaleur peut aussi emmener des orages avec elle, avec 4 occurrences à signaler sur cet exemple en juin et juillet: on est encore une fois vraiment à la frontière entre 2 mondes, car les orages sont quasiment inconnus sur la côte et en mer. Automne 2003: un bon exemple malgré la douceur de novembre. La première gelée arrive à la bonne heure fin septembre. Pour l'enneigement c'est plus compliqué: il démarre normalement autour du 29/10 pour durer jusqu'au printemps. Ici en 2003 on a eu de bonnes neiges précoces dès la mi-octobre, mais le redoux de début novembre a eu raison de toute cette neige et il a fallu au final attendre le 14/11 pour la voir s'installer pour de bon. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  7. Non, en moyenne c'est 100 jours sans gel, soit environ 3 mois et une semaine. Le problème vient du DEM que j'utilise: pour cette région le niveau de la mer est de 1m, il n'a pas été corrigé à 0m. Donc j'ai du "noyer" toutes les zones d'altitude 1m, dont le delta, pour faire apparaitre la mer, sinon j'aurai eu une carte toute verte, encore pire.
  8. #402. Arkhangelsk. Arkhangelsk est un ville de 350 000h, capitale de la province du même nom. Elle est situé près de l'embouchure de la Dvina sur la mer Blanche. Petrozavodsk est à 440kms, Vologda 580kms, Syktyvkar 595kms, Moscou 980kms, St Petersbourg 740kms, Sodankyla 715km et Vardo 770kms. La mer est à 40kms de la station, mais l'altitude proche de 0m du delta fait que celle ci parait beaucoup plus proche sur cette carte. La région est plate, très plate. La station est vers l'extrémité est de la ville, à 9.5kms du centre. C'est un climat continental modéré subarctique où l'influence de la mer se fait peut sentir, avec un froid hivernal à peu près comparable à celui de Syktyvkar ou Perm (Syktyvkar est quand même un poil plus froide en moyenne). On retrouve donc une forte rusticité avec des tnn annuelle médianes autour de -35°c, et des records de froid sous -40°c (-41.3°c sur ma période d'étude en janvier 2017, -43.2°c depuis 1950 le 30/12/1978). La brièveté de l'été se traduit par une période hors gel moyenne de seulement 100 jours, contre 109j à Syktyvkar et 127j à Perm. Les vent sont bien partagé pendant la plupart de l'année, sauf en hiver où le courant thermique continent -> mer et le vent synoptique sur le flanc ouest de l'anticyclone de Sibérie se combinent et sont canalisés par la vallée de la Dvina pour donner un vent de sud-est dominateur. Entre avril et septembre on trouve ce qui ressemble à une alternance de brises de mer / brises de terre, ce qui me surprend un peu vu l'éloignement de la mer (40kms). Au solstice d'hiver, le jour ne dure que 3h55 et le soleil ne monte qu à 2.3° au dessus de l'horizon. Au solstice d'été, le jour dure 21h30. Voici l'hiver 2012-2013, où un mois de décembre glacial fut suivi par des conditions bien plus douces (à part un retour de froid moins intense en deuxième quinzaine de janvier). Petite curiosité: regardez comme les 5 journées particulièrement claires du 14 au 18/12 ont réussi à cumuler 10h de soleil juste avant le solstice et ainsi exploser le cumul d'insolation du mois en question (700% de la normale). Le soleil est si bas sur l'horizon en décembre que souvent même lorsqu'il perce il est trop faible pour compter dans le cumul d'insolation, il faut une atmosphère vraiment transparente pour y arriver.. Printemps 2012: un mois de mars aux condition particulièrement dégagées, avec un bon ensoleillement et des nuits froides. Puis le printemps arrive en avril avec des conditions plus normales, et se poursuit en mai avec un pic de chaleur précoce en milieu de mois. On retrouve comme ailleurs dans le nord de la Russie d'Europe, et malgré la forte variabilité des t°, des périodes gorgées de soleil, avec des cumuls supérieurs à 200h en deux semaines. Eté 2004: le même que celui montré à Syktyvkar, avec le même déroulement en 3 parties: frais durant les deux premières décades de juin (on commence le mois par une averse de neige déposant 7 cms au sol la nuit du 31/05 au 01/06), puis chaud et beau jusqu'au 10 aout, puis à nouveau frais et maussade les deux dernières décades d'aout. Malgré la latitude (64°30'N) et la proximité de la mer Blanche on atteint tout de même assez facilement la barre des 30°c, 2 à 3 fois par an en moyenne, avec une txx annuelle médiane de 31°c. Automne 2015: il commence par un beau mois de septembre, puis cela se gâte en octobre avec le retour de conditions typiques pour la période, avec de faibles amplitudes thermiques sous une grisaille tenace. Novembre voit généralement les premiers assauts sérieux de l'hiver, comme ici en milieu de mois. A suivre...
  9. Oui, de fin octobre à mi-février le soleil est trop bas pour "casser" la couche d'inversion et dissiper la grisaille. #401. Petrozavodsk. On fait des zigzags pour balayer tout le nord de la Russie d'Europe, nous revoici donc dans l'ouest, près de la frontière Finlandaise. Petrozavodsk est la capitale de la République de Carélie, l'un des 85 sujets de la Fédération de Russie. La géographie politique de la Russie est assez méconnue chez nous mais la constitution de cette Fédération est très intéressante, avec des entités très hétérogènes qui n'ont pas toutes la même autonomie ni la même taille: on y trouve 46 oblasts (régions ou provinces), 22 républiques (avec une autonomie renforcée), 9 krais (territoires), 4 okrugs autonomes (comptés ou arrondissements autonomes), 3 villes fédérales (Moscou, St Petersbourg et Sébastopol, cette dernière étant contestée au plan international puisque annexée récemment avec la Crimée), et un oblast autonome (la très curieuse province autonome des Juifs en extrême orient, qui ne compte plus que 0.2% de juifs). La ville compte 260 000h, elle est à 295kms de St Petersbourg, 415kms de Vologda et 870kms de Syktyvkar. C'est une région lacustre: la ville est sur les rives du lac Onega, 2e lac d'Europe, et à 120kms du lac Ladoga, plus grand lac d'Europe. Vers l'ouest et en Finlande on trouve bien d'autres lacs plus petits, par centaines voire milliers. La station est à la limite de la ville, à 5kms du centre et 2.9kms du lac. C'est un climat comparable à celui de St Petersbourg, mais logiquement plus froid en toute saisons. Ce climat continental léger est quasi subarctique: la période avec Tm>10°c est de 4 mois et 5 jours. A Syktyvkar (61°40'N) il manquait 9 jours: la limite du climat subarctique semble passer un peu plus au nord de Petrozavodsk (vers 62°N) et descend lentement vers le sud en allant vers l'est, pour s'établir entre 60°N et 61°N vers Syktyvkar. Les vents dominants sont plutôt zonaux, de tendance ouest, sauf durant les mois de soleil haut où une brise de lac diurne apparait, de secteur est. Confirmation sur les tableaux horaires de la présence de brises lacustres en journée, d'avril à aout. Hiver 2003-2004: février normal, tandis que janvier et décembre se compensent entre eux. Les redoux franchissent assez fréquemment le dégel, et la couche de neige est encore souvent mise en danger en décembre. Le vent d'ouest est souvent sensible lors des séquences de zonal, et rend ce type de temps bien désagréable. Voici le printemps 2011, une année déjà prise en exemple pour Syktyvkar, Vologda ou Ekaterinbourg, et que l'on verra encore car elle fut bien proche des normales sur une large partie de la Russie d'Europe. En moyenne l'enneigement se termine le 12/04 et la dernière gelée se produit le 18/05, on est ici bien proche de ces dates. Avec les jours qui rallongent très vite les mois d'avril et mai sont parfois inondés de soleil, et cette saison tranche nettement avec la tristesse de l'automne. Eté 2000: "super moyen", avec juin qui prend la part belle du soleil et de la chaleur en dernière décade puis juillet assez tristounet. Beaucoup d'instabilité diurne avec averses ou orages même lors des périodes chaudes, le cycle de l'eau semble boosté par la présence des lacs. Bonus: aout 2010, toujours. Grosse chaleur en première quinzaine avec une tn extraordinaire le 9 sous les fumées d'incendies, puis un radical retour de bâton en deuxième quinzaine. Enfin un exemple d'automne pris en 2003, où après un mois de septembre pas trop mal on s'enfonce par la suite dans l'obscurité et la grisaille, avec des amplitudes thermiques très faibles en novembre. A suivre...
  10. #400. Syktyvkar. 400e fiche ! Syktyvkar est la capitale de la République des Komis, et sa plus grande ville avec 240 000h. Perm est à 515kms, Vologda 650kms, Moscou 1000kms. C'est vraiment plat, la station est environ 30m au dessus du lit de la rivière Sysola. Le choix du site de la station synoptique est classique pour la Russie: en bordure de la ville. Le centre ville est à 2.5kms. C'est un climat continental subarctique modéré avec des niveaux de froid proches de ceux vus précédemment entre Perm et Ekaterinburg. Les tnn sont restées sages sur la période d'étude: malgré une tnn annuelle médiane de -35°c les -40°c n'ont pas été atteint depuis 2000... en fait la dernière occurrence remonte à janvier 1999 avec -41°c, et le record "moderne" est de -46.6°c le 30/01/1973. La nouveauté par rapport aux climats de Russie d'Europe vus jusqu'à présent c'est été trop court qui fait basculer ce climat dans la zone subarctique: en effet la période avec Tm > 10°c dure moins de 4 mois, exactement 114 jours du 18/05 au 09/09 en moyenne. L'enneigement se maintient pendant quasiment 6 mois, et la période hors gel est assez courte (107j en moyenne) avec des gelées possible en juin et aout. Automne et hiver sont encore une fois incroyablement gris, et font tomber le cumul annuel moyen d'insolation à 1550h malgré des mois de mai à juillet très corrects. En hiver les vents sont la plupart du temps de sud, marquant la présence de l'anticyclone Sibérien plus à l'est. Le reste de l'année c'est plus varié, avec une composante ouest (zonale) qui ressort. Voici l'hiver 2013-2014, très normal avec le froid de janvier qui compense la douceur de décembre. Même dans ce quart nord-est de la Russie d'Europe qui est sensiblement plus froid que l'ouest on retrouve le même temps "Balte" avec des t° voisines de 0°c lors des redoux. Les coups de froid par contre atteignent facilement -30°c. La transition entre le grand froid et les redoux peut être très rapide, avec des variations impressionnantes en quelques heures, comme ici où l'on perd 25°c en 24h entre le 1er et le 2 janvier: Printemps 2011: bilan normal, mais un mois d'avril bien maussade à signaler. Sur cet exemple la neige au sol disparait avec 1 semaine d'avance, et la dernière gelée se produit avec 3 jours d'avance. Les belles journées calmes de mars donnent souvent des amplitudes thermiques fortes, comme il est courant sous ces latitudes au printemps sur des sols enneigés. Voici l'été 2004, au bilan normal mais avec une répartition des anomalies de t° symétrique: la franche chaleur centrée sur juillet est compensée par autant de fraicheur sur les 20 premiers jours de juin et les 20 derniers d'aout. En aout les jours déclinent rapidement et cela explique à la fois les t° déjà souvent automnales et aussi en partie l'ensoleillement en chute libre par rapport à juillet (l'autre cause étant le temps plus gris qui s'installe dès aout). Bonus 2010: en marge des chaleurs historiques du centre de la Russie d'Europe, il est au final aussi exceptionnel par la vague de chaleur de la première quinzaine que par la fraicheur qui lui succéda: les -2°c du 20/08 sont la gelée la plus précoce de ma période d'étude. On trouve aussi en fin de mois la tx d'aout la plus basse de la même période, à peine 6°c. Après aout 2010 on continue avec l'automne 2010. Septembre continue dans la fraicheur et une forte grisaille, mais au final cette saison est très proche des normales. L'hiver s'installe habituellement en novembre: le début de l'enneigement continu est en moyenne observé le 1er novembre... ici il est en retard de deux semaines mais la dernière décade de novembre rattrape le temps perdu. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
  11. #399. Vologda. Vologda est une ville de 300 000h située à 410kms de Moscou, 420kms de Niznhy Novgorod, 550kms de St Petersbourg et 960kms de Perm. Dans cette partie de la plaine est-européenne, le terrain est d'une faible rugosité et l'on a pas de relief notable. Pour une fois c'est une station très campagnarde, installée en milieu rural à 7kms de la lisière de la ville et 11kms du centre ville. C'est une climat continental modéré, avec un ICA et des tnn comparables à ceux de Perm, 960kms vers l'ESE. Nul doute que la ruralité de cette station joue sur la rigueur de certaines tn, notamment ce -40.4°c enregistré en janvier 2017 (seule tn < -40°c de la période d'étude), alors que la plupart des stations Russes étudiées jusqu'ici sont en milieu semi-urbain voire carrément urbain. On retrouve pour le reste les caractéristiques associées aux climats continentaux de cette zone, notamment l'ensoleillement très faible de octobre à février en association avec le type de temps dit "balte". J'ai dit que le relief environnant était insignifiant, cependant la zone légèrement plus basse orientée NO/SE, et dans laquelle on trouve le lac Kubenskoye à 17kms au NO de la station, suffit à canaliser la plupart des vents dans la même direction, alors que les plus hautes plaines de la région ne culminent que 100m au dessus du lac. Voici un hiver parfaitement normal: 2003-2004. On retrouve une nouvelle fois l'opposition entre le "temps balte" doux mais systématiquement couvert et les périodes plus froides qui sont plus variables et parfois vraiment belles. Printemps 2011: là aussi, parfaitement normal pour les t°, mais un peu sec... c'est un tour de force de trouver trois mois consécutifs aussi proches des normales dans un climat aussi variable. Les derniers jalons de l'hiver surviennent à des dates proches des normales: disparition de la neige au sol avec 5 jours de retard mi-avril, dernière gelée avec une semaine d'avance mi-mai. La fin du printemps est parfois la période la plus ensoleillée de l'année, sur cette exemple on compte plus de 300h en mai. Eté 2012. Un poil frais par rapport aux normales à cause d'aout, mais assez représentatif: c'était déjà un peu visible sur l'exemple du printemps 2011, les pointes de chaleur montent moins haut ici que vers St Petersbourg ou Moscou: on ne compte en moyenne que 2 à 3 jours pas an de forte chaleur (tx > 30°c). Donc niveau chaleur on se contente ici de peu, et cet été qui n'avait pas grand chose à offrir est pourtant un exemple assez typique. On remarque donc plutôt la grande fraicheur qui revient avec aisance dès la mi-aout, avec pas mal de nuits fraiches (1°c le 22/08). Bonus: Aout 2010. L'anomalie mensuelle de t° n'est pas extraordinaire (aout 2007 et 2016 ont fait mieux, juillet 2010 est 6°c plus haut), mais la vague de chaleur de la première décade l'est: les tx du 6 au 9/08 surpassent toutes les autres tx de la période d'étude et il faut remonter à 1981 pour trouver une autre tx > 34°c. Les 36.4°c du 6/08/2010 sont un nouveau record absolu (AR 35.5°c le 22/08/1972). Et là encore la revanche de l'automne après cette canicule est impressionnante, avec une série de tx < 10°c à la fin du mois. On termine avec encore un exemple d'automne particulièrement bien équilibré: 2004. On note cependant une 1ere gelée très précoce le 5/09 avec 3 semaines d'avance sur le calendrier. Le démarrage de l'enneigement continu le 18/11 est lui parfaitement conforme aux moyennes. Notez aussi, avant la mise en route de l'hiver, la longue séquence de temps balte en première quinzaine de novembre. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Bon weekend !
  12. #398. Ekaterinbourg. Connue sous le nom de Sverdlovsk pendant l'époque soviétique, Ekaterinbourg (ou Iekaterinbourg) est la 4e plus grande ville de Russie, avec plus de 1.3 million d'habitants. Perm est à 290kms, Kazan 715kms, Omsk 820kms, Moscou 1415 kms et St Petersbourg 1790kms. La chaine de l'Oural passe à l'ouest, et de ce fait Ekaterinbourg est au portes de la Sibérie. C'est la seule ville de cette série qui sera située à l'est de l'Oural. L'Oural est une chaine vraiment modeste, qui dans la région culmine à peine à 750m d'altitude. Cependant elle suffit à tracer une limite climatique, et l'on verra plus loin ce qui change ici par rapport aux plaines de la Russie d'Europe. Plusieurs trous dans le relief peuvent être interprétés comme des artéfacts, mais ce sont en fait des mines à ciel ouvert: le plus gros, à côté de la ville d'Asbest (55kms de Ekaterinbourg), est une gigantesque mine d'amiante, à priori la plus grande au monde. La station étudiée est très urbanisée et est sur une butte qui domine le reste de la ville d'une quarantaine de mètre. L'ouverture au vent est meilleure que d'habitude pour un site Russe, mais les tn résultant de cette implantation sont certainement assez supérieures à celles de la campagne entourant la ville, probablement 2°c en moyenne et jusqu'à 5°c ponctuellement. Le centre ville est à moins de 2kms. NB: l'ensoleillement n'est reporté que depuis début 2015, ne pas prendre les valeurs moyennes au pied de la lettre avec un si faible échantillon (2.6 années) Malgré la faible distance par rapport à Perm l'ICA est en hausse de 0.07 point, de 1.37 à 1.44. Le régime pluviométrique a ici un minimum hivernal plus marqué: les RR de DJF sont 40% plus faibles ici qu'à Perm. Malgré le peu de recul sur l’ensoleillement (2.6 ans), la période avec des relevés disponibles est exactement la même qu'a Perm (2015-présent), donc on peut tenter une comparaison: les hivers paraissent recevoir sensiblement plus de soleil ici qu'à Perm (+60% sur DJF). L'augmentation de cet ensoleillement et la baisse des RR hivernales avec un gradient bien plus fort que dans la plaine de Russie d'Europe plaident pour une importance bien plus déterminante de l'Oural que sa faible altitude ne laisse présager. Les roses des vents sont empreintes de l'influence du relief: le vent s'engouffre la plupart du temps par la petite trouée dans le relief à l'ONO, sur la route de Perm. Ce vent de tendance ouest est associé à des conditions d'hygrométrie plutôt sèches, on peut parler d'un foehn diffus, peu intense. Voici l'hiver 2007-2008. Le bilan de t° est légèrement positif à cause du mois de février, mais décembre et janvier sont parfaitement normaux. On trouve quelques journées (fin décembre et le 24/1) à l'hygrométrie inhabituellement basse pour la région, signe que en effet du foehn souffle de tant en tant de ces modestes montagnes. Les dégels deviennent vraiment rares, même en cas de foehn. Bonus: janvier 2006, mois le plus froid de ma période d'étude tout mois confondus. La deuxième quinzaine est marquée par une vague de froid vraiment remarquable, avec 5 jours consécutifs sous -28°c. Notez la baisse fulgurante de t° entre le 14/01 et le 15. Voici le printemps 2011, avec un mois de mars froid puis une fin de saison dans les normales. Les grandes variations de températures durant la 2e moitié du printemps ont été observées depuis les fiches sur l'Europe Centrale, mais ici les changements de temps ont tendance a devenir encore plus rapides et fréquents, comme ce mois de mai où des variations de tx de +/-10°c en 24h sont courantes. De ce côté de l'Oural les changement de temps on l'air plus brutaux, ce qui me rappelle les prairies nord-américaines à l'est des Rocheuses (toutes proportions gardées). On verra d'autres exemples de telles variations dans les saisons à suivre. Eté 2004: léger excédent de t°, la fraicheur d'aout ne compensant pas totalement la chaleur de juillet. Durant tout l'été on trouve encore de fortes variations de t°, avec en particulier cette première décade de juin complètement folle. Les txm de juillet sont au même niveau que celles de Perm, pourtant ici la txx annuelle médiane est 1°c plus haute (33.6°c contre 32.5°c): les chaleurs originaires d'Asie centrale pénètrent plus facilement ici que de l'autre côté de l'Oural. Bonus: 2 mois d'aout extrêmes. - Aout 2015, 2e plus froid de ma période d'étude, et le plus froid sur les tx. Pas un jour de chaleur, nébulosité et pluie excédentaires: un mois d'été vraiment vilain. - Aout 2016: mois le plus chaud de ma période d'étude, tout mois confondus. L'été 2010 n'a pas été exceptionnel ici, à part quelques pointes de chaleurs dont le record haut de tnx pour aout. En revanche d'autres mois se sont démarqués avec des anomalies comparables voire supérieures à celles enregistrées dans le centre de la Russie d'Europe en 2010: juillet 2012, et donc aout 2016 avec une anomalie de 8°c sur les tx ! Quel contraste avec le mois d'aout pourri de l'année précédente ! C'est la constance des hautes t° qui est remarquable, plus que les pics de chaleurs qui n'ont pas surpassé 2010 (pour la tnx) ou 2012 (pour la txx). Enfin un exemple d'automne avec 2002, pour lequel chaque mois a un bilan thermique bien proche des normales mais qui possède le gros défaut d'être très excédentaire pour les RR. Encore une fois remarquez les changements de t° brutaux, comme entre le 11 et le 12/09 ou fin novembre. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
  13. Oui, en fait l'hiver particulièrement gris des climats continentaux Européens vient donc d'une combinaison de deux facteurs: - l'apport régulier d'humidité maritime par la circulation zonale, notamment via la Baltique, que l'on n'a pas en Amérique du nord ou en Asie. - des régimes de temps plus stables/durables et des types de temps moins agités en basse couche, notamment les fameuses "patates" anticycloniques qui verrouillent l'humidité près du sol. Pour ce qui est du débat sur la classif de Köppen, il est sans fin... cette classif est trop simple pour être satisfaisante dans tous les cas de figure et peut être facilement mise en défaut, mais tout autre classif devient vite trop complexe pour être attrayante. J'ai envie de faire le parallèle avec les théories de la gravité: la gravité Newtonienne est simple et fonctionne pour les cas de figure les plus courants qui sont aussi les plus étudiés, mais elle ne marche pas toujours: c'est l'équivalent de la classif de Köppen... D'un autre côté la relativité générale d'Einstein traite l'intégralité de son sujet à merveille mais est affreusement plus complexe. Le système climatique est si complexe qu'une classification qui saura rendre justice à chaque cas particulier sera forcément compliquée et indigeste, telle la relativité générale d'Einstein.
  14. #397. Perm. Perm est la 13e ville la plus peuplée de Russie, elle compte environ 1 million d'habitants. Kazan est à 500kms, Moscou 1160kms, St Petersburg 1500kms, Omsk 1100kms. Depuis Nizhny Novgorod on a pu constater que la plaine est-européenne est de moins en moins plate en progressant vers l'est. Ici le terrain devient assez rugueux, avec un paysage constitué avant tout de collines et de vallons creusé par les rivières. Environ 100kms vers l'est commence l'Oural, chaine d'altitude très modeste puisqu'on dépasse à peine 800m dans cette zone. La station étudiée est située à une altitude de 170m, environ 80m plus haut que le lit de la Kama qui coule 5.5kms au nord ouest. Une nouvelle fois la station est implantée en limite de la zone urbanisée. NB: attention aux valeurs d’ensoleillement qui sont basées sur moins de 3 années de données. Elles sont là à titre indicatif. NB2: une erreur sur les valeurs de pression a échappé à ma vigilance: le bon record de basse pression sur la période d'étude est 967.8hPa le 8/03/2002. Perm est en plein dans la zone de climat continental modéré avec un ICA de 1.37. La Tm de janvier perds 2.5°c par rapport à Kazan, et l'on trouve ici notre première tnn < -40°c de cette série sur la Russie d'Europe: -41.4°c en décembre 2009. La rusticité est en forte hausse avec une tnn annuelle médiane de -33°c contre -28°c à Kazan. Le bond par rapport à Kazan est vraiment net: la période hors gel propice à la végétation perd 38 jours (de 165 à 127 j/an), et la période d’enneigement continu gagne 19 jours, surtout en novembre où l'enneigement démarre 2 semaines plus tôt. L'Oural a beau être une chaine modeste, sa proximité favorise les vent méridiens qui glissent le long de son flanc. En hiver on retrouve bien sur un forte tendance au vent de sud, sur le flanc ouest des hautes pressions continentales. Je ne commente pas beaucoup les tableaux horaires, mais il n'y a pas grand chose à dire; on retrouve tout ce que l'on voit d'habitude en milieu continental tempéré, et que j'ai déjà dis et répété: - en hiver le Td à tendance à "suivre" l'évolution de la t° au dessus des sols enneigés. - en été on trouve toujours un pic de Td en matinée lord de l'évaporation de la rosée, puis un petit creux durant les heures les plus chaudes. - le vent est assez constant en hiver lorsqu'il répond surtout aux conditions synoptiques, en revanche il prend un cycle avec maximum diurne régit par des brises thermiques durant la saison de soleil haut. - durant la saison de soleil haut la convection diurne est visible sur l'augmentation de la nébulosité durant les relevés de l'après midi. Très difficile de trouver un bon exemple d'hiver. La saison retenue (2013-2014) a un bilan de t° un peu négatif, avec notamment du froid vraiment intense fin janvier, et des précipitations excédentaires. Les redoux peinent à dépasser 0°c, même si le léger dégel n'est pas anormal en plein hiver et même relativement fréquent (en moyenne 2 tx > 0°c en janvier). Etant donné l'augmentation des amplitudes thermiques annuelles en progressant dans cette série j'ai décider de montrer les 12 mois de l'année dans les exemples de saisons. Voici donc un printemps complet, 2011. Mars connait les derniers grand froids, la neige disparait mi-avril, les dernières gelées surviennent mi-mai. Un pic annuel de basse hygrométrie se produit au printemps, vers le mois de mai... c'est une constante pour les climats continentaux, que vous pouvez retrouver sur les fiches précédentes. On continue avec l'année 2011 pour l'été. Les pluies de juin compensent le déficit d'aout, et la chaleur de juillet compense la fraicheur d'aout. Les orages sont assez fréquents, sauf en aout qui sur cet exemple prend un visage très automnal dès le milieu du mois. Je ne vous montre pas l'été 2010 car il n'est pas aussi exceptionnel ici que dans la zone qui va de Kazan à St Petersbourg: les records de txx de la période d'étude sont certes à mettre au crédit de l'année 2010, en revanche les mois les plus chauds de leur catégorie furent juillet 2004 et aout 2016. Aout 2016 fut complètement exceptionnel même, et l'on en reparlera lors de la prochaine fiche. Voici pour finir l'automne 2010, au bilan normal en t° mais qui présente un déficit marqué de RR en septembre qui n'est pas complètement compensé par la suite. Le mois de septembre est particulièrement contrasté et ressemble à un mois de mai. En octobre et novembre les amplitudes thermiques diurnes sont les plus faibles de l'année, elles s'accompagnent d'un temps souvent très gris. Novembre se termine par la première vague de froid de l'hiver 2010-2011, froid qui attendra la France et notamment ma région lyonnaise avec 30 cms de neige le 30/11. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !
  15. #396. Kazan. On progresse vers l'Oural, et Kazan est l'étape logique après Niznhy Novgorod. Cette ville est la capitale de la République du Tatarstan - l'une des 22 républiques que l'on trouve parmi les 85 sujets de la fédération de Russie -, et elle compte environ 1.2 millions d'habitants. Nizhny est à 330kms, Moscou 730kms, St Petersbourg 1210kms, Gomel 1245kms, Aralsk 1320kms, Omsk 1525kms. Comme à Nizhny cette partie de la plaine est-européenne est un peu plus modelée par les cours d'eau, cependant la taille des collines reste très modeste (moins de 250m de hauteur et moins de 300m d'altitude). Kazan est sur le lit de la Volga, et à l'extrémité nord du réservoir de Kuybyshev, le plus grand réservoir d'eau douce d'Europe, qui s'étend jusqu'à Samara vers le sud et dont la surface est à 45m au dessus du niveau de la mer. La station étudiée est en lisière sud-est de la ville, à 7kms du centre. Cette implantation à la limite de la ville est une pratique courante en Russie, et à l'instar de Niznhy, Pskov et d'autres villes à venir la station n'est ni complètement campagnarde ni au coeur de l'ICU de l’agglomération. A l'ouest de la ville la Volga s’élargit sur plus de 6kms par endroits, c'est le début du réservoir de Kuybyshev. Le régime de RR est presque le même que celui de Nizhny, avec un pic en juin qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre et est probablement du à la trop courte période d'étude: sur les normales trentenaires juin et juillet semblent recevoir autant de précipitations. Néanmoins on constate une érosion des lames d'eau, tant mensuelles qu'annuelles, par rapport à Nizhny, et l'imagerie sat montre que l'on est vraiment entré dans le domaine de prairie / champs cultivés au détriment de celui de la forêt... rappelez vous Nizhny est vraiment à la limite. Logiquement les Tm hivernales baisses encore, on perd 1.5°c de Tm en janvier par rapport à Nizhny et 2°c sur la tnn annuelle médiane. Les extrêmes commencent à en imposer: -37°c de tnn sur la période d'étude, -28°c/-22°c de tn/tx pour la journée la plus froide d'une année type. Les étés sont assez chauds, on est proche du niveau de chaleur de Gomel, 3° plus au sud. Ici on ne peut plus ignorer le courant de SSE hivernal qui trahi la présence de l'anticyclone sibérien, même si se vent semble être favorisé par le faible relief qui dessine une ouverture dans cette direction vers les zones les plus larges du réservoir de Kuybyshev. L'hiver dernier (2016-2017) est un bon exemple, avec un bilan neutre et des anomalies mensuelles modérées. Les extrêmes bas sont proches des valeurs annuelles médianes, avec par exemple cette tx de -21.3°c début janvier. Et après un départ excédentaire la couche de neige se stabilise à des niveau normaux. En rentrant dans le détail on retrouve encore que les journées de beau temps coïncident presque toujours avec du temps froid... le périodes douces sont d'une grisaille absolue jusqu'à mi-février. Voici un bout du printemps 2013, assez sec mais pas trop éloigné des normales de t°. La neige disparait mi-avril, et en mai on compte déjà de belles journées d'été. Eté 2008: chaleur modérée et normale. On constate des tn souvent élevées: on dénombre en moyenne 7 nuits avec tn>20°c par an, contrat rempli ici sur ces deux mois. Les RR de cet exemple sont un peu excédentaires (+25mm). Encore l'été 2010, cette région est au centre du phénomène et probablement celle où les anomalies de juillet et d'aout ont été les plus fortes. Comme à Nizhny ces chaleurs furent accompagnées de sécheresse, et brutalement suivies par une grande fraicheur durant la deuxième moitié d'aout. Enfin un mois d'octobre au bilan normal en tout malgré un début de mois particulièrement déprimant avec des premiers flocons bien précoces. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !