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Quercus

El Niño - La Niña

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Location : Dax (40)

Je pense que Riki fait mention à la "tâche bleue" apparue récemment sur les côtes au niveau de la Bolivie et de l'Equateur. Ce n'est pas forcément très parlant, car cette zone (Niño 1+2) est soumise à une variabilité extrêmement prononcée en fonction des conditions synoptiques, et peut enregistrer des variations très brutales de température de surface en quelques jours selon la force et la direction du vent et des courants. C'est un peu comme chez nous avec la température de l'eau de surface dans le Golfe du Lion, qui peut facilement gagner cinq degrés en une semaine de vent de sud chaud, et perdre ces cinq degrés en deux jours de tramontane. Dans le cas qui nous intéresse, la zone Niño 1+2 a perdu quasiment 1,5° en surface entre le 2 et 5 mars, soit seulement trois jours, ce qui correspond à une séquence de temps inhabituellement perturbé dans cette région qui est remontée du sud (il a plu une dizaine de millimètres à Chiclayo par exemple sur la côte nord-ouest du Pérou, soit la normale pluviométrique annuelle !).

 

Pour le moment, ce que l'on peut dire c'est que quand on regarde le Pacifique en coupe on voit nettement la propagation des masses d'eau plus fraîche qui a fini par bien se faire sous la surface (d'ailleurs le contenu de chaleur d'ensemble est repassé en négatif), mais que néanmoins une pellicule d'eaux plus douces persiste au niveau de la surface :

 

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Nino2.PNG.8ebe8faf23f3531228c3bfc781d90bdc.PNG[/align]

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[/align]

Pour qu'on entre officiellement en Niña (et donc dire qu'elle a commencé), il faudra attendre que les températures de surface en zone de référence 3.4 ne passent sous le seuil des -0,5°. Pour le moment, on est encore très largement en mode Niño, mais la phase de décrue est bien amorcée même si elle a un peu de retard :

 

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Nino1.thumb.png.fcd00e3e5a9807f57b36a1faa0d8d2ca.png

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A la louche, on peut estimer qu'on devrait repasser en négatif en zone 3.4 quelque part entre mi-juin et mi-août, tout dépendra des conditions atmosphériques qui pousseront plus ou moins rapidement - ou pas du tout - El Niño vers la porte. Pour le moment, l'indice atmosphérique SOI est non seulement toujours en négatif, mais il est à nouveau en train de plonger, ce qui est signe de conditions toujours en "mode Niño" renforcé (sur cet indice, on considère qu'une valeur inférieure à -8 est signe de bonnes conditions Niño, tout comme une valeur supérieure à +8 serait signe de conditions nettement Niña).

 

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SOI.png.b17cacf6f363806a12befcb322febc09.png[/align]

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[/align]

Vu ces circonstances toujours favorables niveau atmosphérique, le déclin d'El Niño devrait continuer mais sur un rythme assez sage dans les prochaines semaines.

 

 

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Location : Lubersac - Altitude 375m / Montmorillon - Altitude 100m / Guéret (la chaumière) Altitude 600m / Lagrand - Altitude 600m

Merci bien default_laugh.png, toujours un plaisir. Après effectivement le déclin est un peu en retard mais en même temps, il est monté à un sommet jamais atteint!

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Le rythme de décroissance semble continuer à s’accélérer de façon remarquable, sauf erreur de ma part. En image, deux cartes des anomalies de surface, 24h de décalage, la dernière mise à jour n'étant pas effectuée:

 

anomnight.4.21.2016.gif

 

 

 

sstMonde_anom_2016-04-22.png

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Location : Buhl-lorraine, Moselle ( 260 m )

on  a d’ailleurs à faire depuis peu à un El Nino Modiki à savoir des anomalies froides qui se forment sur le pacifique est et encore des anomalies chaudes ailleurs. El Nino modoki/QBO Est/Activité solaire basse sont, pour moi, les grandes causes du changement de circulaltion atmosphérique sur l'HN avec le retour des puissants blocages aux latitudes nordiques. Tout s'est fait de manière extremement rapide mais ca tombe en plein milieu du printemps, dommage que s'etait pas 3 mois plus tot

 

Concernant l'ENSO, on va vers une offensive de la Nina sans aucun doute en deuxième partie d'année. Ca reste à déterminer son intensité

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Location : Dax (40)

Voila pourquoi il vaut mieux éviter de se focaliser sur les évolutions des températures de surface en zone 1 et 2 (au niveau des côtes d'Amérique du Sud) : parce que cela peut varier très brutalement en quelques jours. Après un plongeon à -1,4° le 25, on repointe à presque +0,5° aujourd'hui :

 

 

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nino12.png.d494d9d2b36637ddb1c24abe51704f71.png[/align]

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Location : Chamonix

je ne sais pas si c'est lié au el nino en phase décroissante mais depuis mi mars j'ai l'impression qu'on retrouve des conditions climatiques "plus normales" avec moins de situations de blocage sur le long terme.

Je pense par exemple au mois de décembre 2015 anticyclonique et chaud en montagne pendant un mois sans quasi aucune variation ou encore l'été 2015 étonnamment long et chaud dans les alpes avec des récurrences qui se répétaient très souvent.

 

Serions nous dans une voie de normalisation? ce qui est "marrant" c'est que le simple fait de retourner à des températures de saison provoque les plaintes du grand public qui ressent cela comme du froid, la ^émoire météo est vraiment courte

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Location : Pierrelatte (confluent 26/07/30/84)

Il y a 1 heure, Pierre74 a dit :

je ne sais pas si c'est lié au el nino en phase décroissante mais depuis mi mars j'ai l'impression qu'on retrouve des conditions climatiques "plus normales" avec moins de situations de blocage sur le long terme.

Je pense par exemple au mois de décembre 2015 anticyclonique et chaud en montagne pendant un mois sans quasi aucune variation ou encore l'été 2015 étonnamment long et chaud dans les alpes avec des récurrences qui se répétaient très souvent.

 

Serions nous dans une voie de normalisation? ce qui est "marrant" c'est que le simple fait de retourner à des températures de saison provoque les plaintes du grand public qui ressent cela comme du froid, la ^émoire météo est vraiment courte

 

La tu te places à un niveau "regional" (europe de l'ouest), les T°de saison c'est tres loin d'etre partout sur le globe.

on est tres loin d'etre à la normalisation

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Guest Sky Blue

Il est évident que ceci marque les esprits (T°-), comme le dit Serge ci dessus, attention aux échelles spatiaux temporelles néanmoins.

C'est le grand piège de la climato quand tu débutes.

A suivre sur la durée cette affaire Europe de l'Ouest.

 

 

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MF nous résume parfaitement la situation sur le coup.

Citation

Une ambiance printanière contrariée par une fin de mois quasi hivernale

La France a bénéficié jusqu'au 22 avril de conditions généralement douces et printanières, avec de nombreux passages nuageux et de fréquentes giboulées. La situation générale a ensuite été dominée par un flux de nord, avec à la clef un refroidissement généralisé.

 

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Location : Warden Qc

Il y a 2 heures, Sky Blue a dit :

Il est évident que ceci marque les esprits (T°-), comme le dit Serge ci dessus, attention aux échelles spatiaux temporelles néanmoins.

C'est le grand piège de la climato quand tu débutes.

A suivre sur la durée cette affaire Europe de l'Ouest.

 

 

fraicheur_avril_douceur_mai_2016_02.png.dabb777a5e1d7f4ac887d38c887ad8a6.png

MF nous résume parfaitement la situation sur le coup.

 

 

Le plus grand responsable de cette anomalie froide provient beaucoup plus du blocage Groenlandais qui sévit depuis déjà, plusieurs semaines que du déclin de Nino en lui-même. 

 

 

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Location : Saint-Denis (11) - Montagne noire

Il y a 2 heures, Mizar a dit :

 

Le plus grand responsable de cette anomalie froide provient beaucoup plus du blocage Groenlandais qui sévit depuis déjà, plusieurs semaines que du déclin de Nino en lui-même. 

 

 

Nous n'en savons rien , cela reste à prouver , alors pas d'affirmation trop directes. L'effet d'El Nino sur l'Europe de l'Ouest reste inconnue à ce jour. On pourrais aussi parler de l'anomalie froide en atlantique nord mais là je suis hors sujet les amis default_rolleyes.gif

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Guest Sky Blue

Citation

Le plus grand responsable de cette anomalie froide provient beaucoup plus du blocage Groenlandais

Nous sommes d'accord, le big GA associé à son polaire Maritime qui dégouline sur l'Europe._bored.gif  

Pour rester sur l'ENSO, causes, conséquences.???

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Il y a 17 heures, Nico.A a dit :

Nous n'en savons rien , cela reste à prouver , alors pas d'affirmation trop directes. L'effet d'El Nino sur l'Europe de l'Ouest reste inconnue à ce jour. On pourrais aussi parler de l'anomalie froide en atlantique nord mais là je suis hors sujet les amis default_rolleyes.gif

 

Si cela serrait bien le cas, alors lors du déclin de tout les El Ninos c'est ce qu'on verrait. Puis les scientifiques l'auraient vu depuis le temps alors qu'ils nous disent que l'El Nino n'a pas tellement voir pas d'influence en France comme le montre le lien de la NOAA que Treizevent nous a donnée /topic/87109-pr%C3%A9visions-stratosph%C3%A9riques-%C3%A0-moyen-long-terme/?do=findComment&comment=2717254'>ici  

 

La climatologie ainsi que la météorologie sur des semaines c'est assez complexes et il ne faut pas se baser que sur un seul élément comme par exemple l'ENSO.

 

Williams

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Location : Dax (40)

Atmosphériquement, on peut annoncer la date de décès de l'épisode El-Niño de 2915-2016 : il s'est éteint, de sa belle mort, le 8 mai dernier.

Cette date coïncide en effet avec l'effondrement probablement définitif des régimes de vents d'ouest sur le Pacifique tropical (WWB), avec le retour des alizés (vents d'est), marqueur clair du passage de témoin atmosphérique.

La circulation de Walker est désormais passée en pré-situation Niña, ce basculement potentiellement durable étant clair sur les analyses en coupe du vent zonal à 850 hPa sur le Pacifique tropical :

 

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Walker.thumb.gif.4236735b64a6461e7bfe063fe9b96f80.gif

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[/align]

Les prévisions de la MJO confirment d'ailleurs le caractère probablement durable de ce renversement.

 

Au niveau océanique, si on considère le seuil classique d'une anomalie de +0,5° en zone 3.4 comme étant le témoin de conditions Niño, on peut alors annoncer le décès de cet épisode le 14 mai d'après les données journalières du CDAS - on est d'ailleurs à +0.27° au dernier relevé journalier. Un dernier rebond d'une poignée de jours n'est pas totalement impossible, mais cela devient improbable vu la nette reprise des alizés.

 

"To be continued" maintenant, avec le passage au suivi de la potentielle Niña 2016-2017. _thumbup.gif

 

 

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CEP.png.4e81bb445b0697ebd5fb582efb01ddcf.png[/align]

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POAMA.png.4da6d9fec01fb91ceea0c2d23807a342.png[/align]

 

 

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Location : Lubersac - Altitude 375m / Montmorillon - Altitude 100m / Guéret (la chaumière) Altitude 600m / Lagrand - Altitude 600m

Ça y est, l ’Atlantique est entré en phase froide ! Ce qui n'est quand même pas arrivé depuis 1995!! Il y a t'il un lien avec le retour de la Niña ?

 

http://www.laterredufutur.com/accueil/latlantique-est-entre-en-phase-froide/

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Location : Pierrelatte (confluent 26/07/30/84)

Non gg il n'y a aucun lien entre ces 2 phenomenes

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Location : Dax (40)

Le 26/5/2016 à 21:18, ggdu19 a dit :

Ça y est, l ’Atlantique est entré en phase froide ! Ce qui n'est quand même pas arrivé depuis 1995!!

 

 

Autant pour la "dernière fois" en 1995 aucun problème pour le voir au premier coup d’œil, mais même avec une très bonne loupe, je crois qu'on va avoir du mal à la trouver cette phase froide dans laquelle on vient soit disant de rentrer, vu les températures de surface de l'Atlantique dans la zone de référence de calcul de l'AMO :

 

 

[align=center]

SstAtl.thumb.png.efc13985505271f4c17e80dfeae0f862.png

[/align]

[align=center]

 

[/align]

Au dernier relevé (avril 2016), anomalie de +0.42°.

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Location : Lubersac - Altitude 375m / Montmorillon - Altitude 100m / Guéret (la chaumière) Altitude 600m / Lagrand - Altitude 600m

Et en 2 mois c'est possible de passé en négatif?

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Location : Buhl-lorraine, Moselle ( 260 m )

la phase négative de l'AMO ca sera pas avant 2019/2020. Le cycle positif n'est pour moi pas completement terminé. Après, il peut y avoir quelques mois négatifs, c'est deja arrivé très récemment en debut d'année 2014

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Location : Dax (40)

Attention aussi à ne pas confondre de manière directe l'AMO et les températures de surface (je ne parle pas pour toi Mike je pense que tu le sais, c'est davantage pour les lecteurs pas forcément familiarisés avec ces notions).

L'AMO, c'est ni plus ni moins que les températures de surface de l'Atlantique nord, soustraction faite du réchauffement climatique.

 

C'est ce qui explique que mars 2016 a un indice AMO à +0.20 pour anomalie de température de +0.44°

Alors que pour se comparer, mai 1856 avec un indice AMO de +0.20 présentait une anomalie de température de -0.01°

 

Cela implique que même avec un indice AMO bien négatif à notre époque, en fait on n'a pas pour autant un Atlantique véritablement froid. En mars 2015 pour exemple, -0.11 d'AMO correspondant en réalité à +0.12° d'anomalie de température. Et même avec oscillation de l'AMO négative dans les années 2020 (hypothèse), on n'aurait un Atlantique à des niveaux pas si éloignés de celui du pic chaud des années 1930 à 1950.

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Location : Chamonix

Il y a 7 heures, TreizeVents a dit :

Attention aussi à ne pas confondre de manière directe l'AMO et les températures de surface (je ne parle pas pour toi Mike je pense que tu le sais, c'est davantage pour les lecteurs pas forcément familiarisés avec ces notions).

L'AMO, c'est ni plus ni moins que les températures de surface de l'Atlantique nord, soustraction faite du réchauffement climatique.

 

C'est ce qui explique que mars 2016 a un indice AMO à +0.20 pour anomalie de température de +0.44°

Alors que pour se comparer, mai 1856 avec un indice AMO de +0.20 présentait une anomalie de température de -0.01°

 

Cela implique que même avec un indice AMO bien négatif à notre époque, en fait on n'a pas pour autant un Atlantique véritablement froid. En mars 2015 pour exemple, -0.11 d'AMO correspondant en réalité à +0.12° d'anomalie de température. Et même avec oscillation de l'AMO négative dans les années 2020 (hypothèse), on n'aurait un Atlantique à des niveaux pas si éloignés de celui du pic chaud des années 1930 à 1950.

Bonsoir, et comment étaient les hivers durant la période 1930/1950 aurions nous une probabilité de vivre des hivers ou été similaires à cette période? Ou alors la question ne peut pas se poser si simplement comme bien souvent default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" title=";)" width="20" />

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Étrange, l'AMO a, il me semble, une phase positive d'une quarantaine d'année ? La phase froide arriverait-elle plus tôt que prévue ?

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Location : Dax (40)

 

 

Le 28/5/2016 à 19:29, Pierre74 a dit :

Bonsoir, et comment étaient les hivers durant la période 1930/1950 aurions nous une probabilité de vivre des hivers ou été similaires à cette période? Ou alors la question ne peut pas se poser si simplement comme bien souvent default_wink.png/emoticons/wink@2x.png 2x" title=";)" width="20" />

 

C'est bien évidemment beaucoup plus compliqué que ça... default_happy.png/emoticons/happy@2x.png 2x" title="^_^" width="20" />

 

Déjà, quand on évoque une éventuelle phase négative, c'est bien évidemment qu'une hypothèse qui n'est pas forcément l'option la plus plausible. La majorité des modèles climatiques et des chercheurs n'envisagent pas de retournement aussi rapide de l'AMO, certains n'envisagent d'ailleurs pas de retournement tout court de l'AMO (en gros, vu que l'AMO correspond aux températures de surface, l'idée c'est que le réchauffement pourrait en quelque sorte contrecarrer un tel refroidissement - c'est une option comme une autre). Même les scientifiques plutôt classés "sceptiques" se rangent derrière la vision d'un changement de phase qui ne se produirait pas de sitôt, à l'image de Judith Curry qui dans cette étude publiée avançait ceci :

 

"Assuming that the AMO continues with a 70-year periodicity, the peak of the next cycle is expected in 2020 (70 years after the previous 1950 peak)"

 

Le pic de la phase chaude actuelle ne serait à envisager que vers 2020 si le timing habituel du cycle était respecté, ce qui nous conduirait à un éventuel retour en phase froide pas avant les années 2030 / 2040.

 

Ce qu'il faut bien comprendre (et que manifestement l'auteur de l'article posté plus haut n'a pas compris), c'est qu'il y a des nuances importantes entre l'AMO, et les variations du contenu thermique de l'Atlantique nord avec le thème plus recentré de l'AMOC. Sans rentrer dans des considérations techniques, disons simplement que l'oscillation multidécennale de l'Atlantique (AMO) est un indice basé uniquement sur les températures de surface de tout l'Atlantique depuis l'équateur jusqu'à la latitude du sud du Groenland, alors que l'AMOC (atlantic meridional overturning circulation) correspond aux échanges thermiques qui se font essentiellement sous la surface du fait des courants marins dans le nord Atlantique.

 

L'AMO, en ce qui la concerne, se porte très bien en phase positive et rien n'indique un retournement immédiat. Les conditions des derniers mois, avec des conditions dépressionnaires récurrentes en Atlantique nord, nous ont conduit à avoir des anomalies froides persistantes sur la partie nord de l'Atlantique (même si l'AMOC a sûrement aussi joué un rôle), mais en balance on a eu un réchauffement très marqué dans les régions plus au sud, qui atteignent même des valeurs records. Sur la moitié sud de la zone de référence de l'AMO, on a atteint +0.62° (vs 1981-2010) sur les trois premiers mois de l'année, l'ancien record était de +0.56°). C'est ce que l'on peut voir sur les images de comparaison fournies par l'article ci-dessus :

 

 

[align=center]

sst-ocean-atlantiquenord.png?w=674[/align]

 

C'est beaucoup plus frais cette année dans la moitié nord de l'Atlantique, c'est beaucoup plus doux dans la moitié sud. En moyenne d'ensemble, cela reste chaud par rapport aux moyennes du siècle dernier d'où le +0.42° d'avril 2016 lui valant un +0.20 d'indice AMO. Et c'est pour ça que malgré l'overdose de bleu au nord par rapport aux normes récentes sur la carte du 25 avril, l'indice ne bronche quasiment pas et reste largement positif.

 

Ce jeu de "je t'aime, moi non plus" entre les moitiés nord et sud de l'Atlantique est assez récurrent, et il est très commun que quand l'un se réchauffe subitement l'autre se met à se refroidir. Cela dépend souvent des conditions synoptiques, et du fait que ces conditions ont régulièrement des effets inverses en fonction de la latitude (par exemple en hiver, NAO+ refroidit au nord et réchauffe au sud, NAO- fait l'inverse). Et c'est pour ça aussi qu'à la question de gg de savoir si on pouvait passer d'ici deux mois en négatif, la réponse est bien évidemment non sauf éruption combinée du Tambora et de Yellowstone : pour que cela se produise il faudrait un refroidissement brutal de la moitié sud de l'Atlantique tout en conservant des anomalies froides marquées dans l'Atlantique nord .. sauf que les conditions synoptiques qui pourraient permettre un tel refroidissement au sud, nécessiteraient en balance un transfert de chaleur plus au nord. En bref, on se mord la queue. En conditions post Niño comme cette année, le plus probable c'est que l'on conserve dans les prochains mois cette dualité avec chaleur au sud et fraîcheur au nord.

 

Par ailleurs, concernant un éventuel retournement de phase de l'AMO, le problème c'est qu'il faut aussi comprendre que l'AMO n'est corrigée du réchauffement global que par une simple soustraction de la tendance linéaire de l'Atlantique. Si cela doit être souligné, c'est parce que quand on compare les températures de surface de l'Atlantique (noir) aux températures globales (données GISS, rouge), voila ce que l'on obtient :

[align=center]

sst_giss.jpg[/align]

Les deux de suivent de manière presque parfaite. Et du coup, la question à un million, c'est est-ce que le pic chaud actuel de l'Atlantique correspond à un pic de l'AMO, ou est-ce simplement une réponse au réchauffement global ? Je n'ai pas la réponse, et je ne suis pas sûr que quelqu'un puisse se vanter de l'avoir. En tout état de cause cela replace certaines perspectives, notamment sur la manière dont les deux évoluent conjointement et sur l'aspect peu probable que l'un puisse s'inverser (l'AMO) si l'autre (la température globale) reste sur sa lancée.

 

C'est pour cela qu'il existe deux visions différentes de l'AMO : la première c'est la vision habituelle qui est retenue par la NOAA quand elle calcule cet indice, et qui correspond donc à la température de surface de l'Atlantique moins sa propre tendance linéaire. La seconde, en débat, consiste à comparer à la place la manière dont les températures de surface de l'Atlantique évoluent par rapport au contexte global. Si la question est intéressante, c'est parce que les résultats poussent à une réflexion nécessaire.

 

Voici (version lissée) l'AMO en version habituelle :

 

[align=center]

AMO1.png.4f5de532917c8a09ac6694dbfe020d82.png[/align]

[align=center]

 

[/align]

C'est l'AMO que l'on connait et que l'on voit sur la plupart des sites, avec sa phase chaude entamée au milieu des années 1990 et qui semble actuellement en phase de stabilité sur des valeurs élevées (phase dans laquelle nous sommes toujours). Voici l'AMO cette fois calculé en fonction des variations de l'Atlantique par rapport aux autres océans du globe :

 

[align=center]

AMO2.png.a8cca497808b190a63b933e5610a461d.png[/align]

[align=center]

 

[/align]

Fondamentalement, les résultats sont assez proches. Dans le détail, on remarque des différences assez sensibles, en particulier sur les dernières années : on ne serait passé en phase chaude qu'à la toute fin des années 1990, et cette phase chaude serait encore en progression actuellement. Pourquoi cette différence ? Tout simplement parce que si l'Atlantique s'est très fortement réchauffé ces 30 dernières années, il n'a fait au final que faire la même chose que les autres océans de la planète.

 

C'est ça la question à un million : l'Atlantique s'est fortement réchauffé depuis 30 ans parce qu'il suivait une phase de l'AMO et qu'il vit dans une bulle séparée du reste du globe, où s'est-il réchauffé pour les mêmes raisons que l'océan Indien, l'océan Pacifique, ou même l'Atlantique sud se sont réchauffés de la même manière au même moment ? C'est la différence entre le premier graphique et le second.

 

Reste en tout état de cause que dire que l'AMO serait rentré ces derniers mois en phase froide, ne correspond pas à grand chose dans le monde réel.

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[/align]

 

Cette différenciation étant faite, on peut désormais parler de l'AMOC (Atlantic Ocean overturning circulation), qui correspond ni plus ni mois qu'au régime de circulation thermohaline de l'Atlantique nord :

 

[align=center]

AMOC.jpg.1a133eb0d7d1b1dcae80109b263b8e05.jpg[/align]

[align=center]

 

[/align]

 

Cette circulation, et tous les échanges thermiques qui en découlent, connaît effectivement un ralentissement particulièrement net depuis une bonne décennie, ralentissement qui semble d'ailleurs s'être accéléré ces dernières années. C'est un fait admis et indéniable. Néanmoins, posons la question qui fâche : l'AMOC est-il passé dans une phase froide ? Pour répondre à cette question, le préalable nécessaire, c'est de se demander si l'AMOC évolue selon des cycles de croissance / décroissance. Cela peut paraître trivial comme question, mais pourtant ce n'est pas si anodin. Si on regarde le graphique posté dans l'article, on voit une période basse entre les années 1960 et 1980, suivie d'une grosse bosse dont nous sommes en train de sortir :

 

[align=center]

amo.gif?resize=620%2C355[/align]

[align=center]

 

[/align]

Pour précision, ce graphique donne l'évolution du contenu de chaleur dans les 700 premiers mètres de profondeur de l'Atlantique nord. Cela ne correspond pas de manière directe à l'état de l'AMOC, mais on va s'en contenter pour démarrer. Donc, d'après ce graphique, les variations observées sont elles suffisantes pour considérer qu'il s'agit d'un cycle ? Prenons de la hauteur :

 

 

[align=center]

AMOC2.png.9d5ec7314275b7e74295260a1c81304d.png[/align]

 

Ce graphique représente un autres indice thermique d'où quelques différences dans l'évolution, mais on retrouve le même schéma de valeurs plutôt basses avec un pic bas dans les années 1970, suivi d'une bosse plus haute pile sur la décennie 2000 et désormais la chute. Mais, au regard d'un tel graphique, on peut légitimement se demander si cela a un sens de parler d'un cycle et de changements de phases. L'AMOC a très probablement des variations cycliques naturelles, variations qui sont imbriquées dans un jeu de causes/conséquences avec l'AMO, mais ce qu'il se passe avec l'AMOC depuis un bon siècle dépasse largement le cadre de ces potentielles variations cycliques, du moins de ce que l'on sait. Je dit bien de ce que l'on en sait, on bien des inconnues demeurent sur ce sujet somme toute assez nouveau, au sens qu'il n'est pas encore parfaitement compris et qu'il fait encore l'objet d'études. Par exemple, et pour montrer à quel point on est dans "l'actuel", pas plus tard que la semaine dernière des chercheurs ont publié un rapport présentant la phase actuelle de nette baisse de l'AMOC comme une sorte de retour à la normale ou du moins de mouvement de balancier après la forte hausse des années 1990 à 2000.

 

Cela n'occulte pas la tendance plus large à la baisse de l'AMOC, tendance qui d'ailleurs était modélisée de longue date par les modèles climatiques comme une réponse au réchauffement global. Bien entendu, on n'est pas dans le scénario du jour d'après, mais il n'empêche que l'on se doit de considérer l'apport de plus en plus massif d'eau froide et dense que constitue la fonte de la calotte polaire du Groenland. Cette perte de glace est confirmée par les mesures du satellite Grace, où on voit d'ailleurs bien ressortir les très mauvaises années comme 2010 ou 2012 :

 

 

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(Oui, on peut aussi s'amuser à trouver que ça va mieux depuis 2013, en 2011 il y en a qui trouvaient aussi que la banquise allait mieux depuis 2007)

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Les modèles envisagent de longue date l'effet de cette fonte (et d'autres aspects dynamiques liés à l'amplification arctique, rien n'étant jamais simple), à savoir un ralentissement de l'AMOC :

 

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Il n'y a donc pas véritablement de surprise dans la situation actuelle. Et surtout, on voit que parler d'un changement de cycle de l'AMOC (comme s'il évoluait sur un cycle plus ou moins réglé de X années), ça n'a véritablement pas d'intérêt car c'est passer à côté d'une problématique de fond. 

 

Et pour en finir, puisque je me doute que pour certains d'entre vous c'est la seule chose qui importe véritablement : il y a t-il un impact à attendre pour nos hivers si la partie la plus au nord de l'Atlantique venait à se refroidir durablement du fait de ces perturbations de l'AMOC ? Ce n'est pas facile de donner des réponses fermes et définitives. La plupart des modèles envisagent au contraire que cette "piscine d'eau froide" pourrait favoriser mécaniquement les dynamiques NAO+, et donc les hivers plutôt doux en Europe Occidentale. Trop tôt pour dire véritablement ce qu'il en sera, mais le fait que l'on vienne d'avoir l'hiver le plus doux à l'échelle du pays depuis le début des mesures alors que le nord Atlantique n'avait pas été aussi froid depuis longtemps montre qu'en tout cas c'est tout à fait possible.

 

En plus, il faut aussi considérer le fait que si le mécanisme de plongée des eaux froides dans l'Atlantique nord est en ralentissement, d'où le refroidissement en surface et surtout en profondeur au sud du Groenland, le robinet à eau chaude que constitue le Gulf Stream continue, et devrait continuer à s'écouler. Ce qui implique que cette eau chaude qui s'évacuait dans le grand nord en plongeant ensuite en profondeur, il va bien falloir qu'elle aille quelque part, elle ne part pas dans l'hyperespace ou dans une autre dimension. Pour le moment, on constate que pour l'essentiel, cette chaleur se fait stocker à moyenne profondeur le long des côtes d'Amérique du nord, avec pour effet pervers une dilatation du niveau océanique qui accélère la hausse du niveau de l'océan. La côte est de Floride est par exemple l'une des régions du monde où le niveau de l'océan augmente le plus vite, et cette hausse est en nette accélération depuis deux décennies :

 

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Pour l'autre partie, cette chaleur s'évacue vers le centre Atlantique, à des niveaux proches de la surface. En gros, la baisse de l'AMOC favorise un refroidissement en surface du nord de l'Atlantique, mais du coup en corollaire une partie de l'eau chaude qui ne s'évacue plus vient favoriser un réchauffement de l'Atlantique central. Vous voyez, on vient de retomber sur la question de l'AMO qui se mord la queue : si cela refroidit au nord, cela réchauffe au sud, mais du coup l'indice ne bronche pas.

 

Bon, je précise que j'ai fait quelques raccourcis par moments dans cet exposé, d'une part car j'essaye aussi de vulgariser au mieux pour que personne ne soit perdu en route, et d'autre part car je suis un amateur au même titre que vous, pas un expert, et que je peux aussi par ignorance ou incompréhension être un peu sorti du cadre sur des points techniques.

 

 

Et sinon, pour en revenir au sujet initial de ce topic, à savoir l'ENSO, on relèvera un petit sursaut des températures de surface en zone Niño 3. Il arrive parfois que l'on ait quelques dernières contractions de ce genre, ce n'est donc pas totalement inattendu, mais du coup cela retarde de quelques jours le passage en négatif..

 

 

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Par contre ce qui est plus, comment dire, inhabituel, c'est la reprise anticipée d'un régime de vents d'ouest sur le Pacifique tropical pour début juin. A ce stade, les chances que cela relance un nouvel épisode Niño sont marginales. Mais si les alizés ne parviennent pas à se rétablir dans la durée et alternent même avec des reprises de vents d'ouest comme celle-ci, le développement d'une Niña pourrait être assez contrarié dans les prochains mois. Cela dit, cela renforce les différentes modélisations sur le fait que l'épisode Niña à venir pourrait rester d'ampleur assez faible.

 

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Vraiment bravo 13vents pour cette analyse il faut bien le dire de haute volée._thumbup.gif

Et mille merci de nous instruire avec en prime un vocabulaire à la portée de tous (en fait de la mienne...)

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Location : St Pierre Du Chemin Centre Est 85 en limite 79

Très bon exposé encore une fois, c'est exactement ce qui ressort des études actuelles et des données. Connais tu la corrélation entre amoc et amo? et celle entre l'amo et la T°C groenlandaise et les rr?

Lors de ce qui s'apparente comme étant le dernier exercice en date le plus ressemblant, avec une baisse brutale (sst) de l'Atlantique Nord pendant les années 70, l'amo est passée en phase négative (en terme de pente) avant que cela soit répercuté sur le contenu  en énergie sur 0/700m.

 

La comparaison a t'elle du sens, cela peut il suggéré que l'amo devrait être passé en phase négative en terme de pente?

 

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On peut voir sur le graphique du lien ci-après (http://coralreefwatch.noaa.gov/satellite/bleaching5km/index_5km_ssta.php) que l’océan indien se refroidit sur sa partie ouest et tend à se réchauffer sur sa partie est et centrale (SST Trend) et qu'aujourd'hui la température de la partie ouest est déjà bien en dessous des normales.

Cela peut-il ajouter sa pierre à l'édifice d'un renforcement de la circulation de walker avec convection poussée vers les Philippines/Indonésie et donc ralentir el-nino pour renforcer la-Nina? Sachant que l'inverse, quand la partie ouest de l'océan indien se refroidit, un el-nino est amorcé. (source: http://www.insu.cnrs.fr/environnement/ocean-littoral/oceans-indien-et-pacifique-une-histoire-de-david-et-goliath-qui-permet-)

Quoi qu'il en soit, ce phénomène est en cours car il n'y a pas un mois, c'est tout l'océan indien qui était surchauffé. Puis Fantala est passé, a laissé une première trace bleu (sur la carte des anomalies de température) et dernièrement ce sont les anticyclones qui se succèdent et qui achèvent de refroidir les eaux de la zone sans relâche (pour notre plus grand bien)!

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