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Du 11 février au 17 février 2019 - prévisions météo semaine 7
Cirus a répondu à un sujet de Benjamin GADRAT dans Evolution à plus long terme
Sage commentaire mais je pense qu'il est tout de même possible de s'aventurer (prudemment et dans une certaine mesure) dans le constat de @piloutop. Petit exemple avec GFS ... Je me permets de partager un tweet publié par Andrea Lopez Lang en début de mois (voir ici). Il s'agit d'une animation réalisée à partir de coupes verticales d'anomalies de géopotentiels (moyennées au-delà de 60°N à plusieurs niveaux de pression) pour plusieurs runs GFS allant du 20 novembre 2018 au 3 février 2019. Les plages jaune - orange - rouge correspondent à des anomalies positives de géopotentiels tandis que les plages bleues correspondent à des anomalies négatives de géopotentiels. Sur janvier et début février, GFS a très souvent surestimé les impacts du SSW du 1er janvier en troposphère au regard du paramètre que je viens d'évoquer (orange devenant moins orange, voire bleu en-dessous du niveau 250 hpa dans l'animation). Bien entendu, le paramètre utilisé ici n'est pas la "traduction d'une situation régionale" (exemple : évolution projetée par les modèles au-dessus secteur euro-atlantique uniquement) en indice. Ce paramètre est un paramètre "global" (à l'échelle de l'hémisphère nord). -
Je me permets de remonter ce post car la question me paraît tout de même assez importante. Ce sujet peut revenir régulièrement certaines années et on sait comment certains "médias météo" usent de l'approche stratosphérique pour anticiper la survenue d'une potentielle vague de froid en France, à l'échelle sub-saisonnière (au-delà de 2 semaines d'échéance). Entre un SSW et une vague de froid en France, il y a quand même un sacré problème d'échelle. Le premier a une envergure énorme et est en capacité d'anémier le vortex polaire dans sa globalité. Le second est un événement "périphérique" (événement associé au décrochage d'un "morceau" du complexe dépressionnaire uniquement), surplombant une zone géographique relativement restreinte. Autrement dit, pour changer d'échelles, cela reviendrait presque à dire qu'il va forcément neiger en Ille-de-France parce qu'il y a un bon décrochage froid d'altitude au-dessus de la France... Vous aurez compris le sens de mon commentaire. Pour essayer de répondre le plus précisément possible à cette question et afin d'enterrer un peu cette légende urbaine, j'ai dressé un tableau mettant en rapport les SSW et les épisodes de froid non négligeables en France. J'ai uniquement considéré ici les SSW qui sont se sont manifestés sur la période NDJF et les épisodes de froid important sur la période DJFM (entre l'hiver 1979/1980 et aujourd'hui). Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce qu'il est fortement improbable qu'un épisode de froid remarquable au mois de novembre soit précédé d'un SSW (variabilité stratosphérique faible en octobre et début novembre). Quant aux événements stratosphériques majeurs sur le mois de mars, la plupart d'entre eux est considérée au titre de réchauffement stratosphérique final ("transition entre l'hiver et l'été stratosphérique" pour vulgariser) et ne figure pas dans la liste des SSW majeurs consultable ici . Dans cette liste (voir lien) et sur la période 1979/aujourd'hui, les SSW qui sont apparu en mars sont tardifs. Le temps qu'ils impactent la troposphère, on n'est plus en hiver et cela est beaucoup moins intéressant d'un point de vue hivernophile. En plus des SSW majeurs, les SSW mineurs (vent zonal à 60°N et à 10 hpa compris entre 0 et 10 m/s) ont notamment été pris en compte sur la période NDJF. Les dates des SSW majeurs correspondent respectivement aux premiers jours de renversement du vent zonal de chaque événement. Quant aux SSW mineurs considérés, il s'agit de la date pour laquelle on observe le minimum de vent zonal. Dans le tableau, les épisodes de froid important considérés ont été extraits de la base de données HistorIC d'infoclimat. Ces séquences temporelles correspondent respectivement aux épisodes caractérisés par les étiquettes "froid" ou "froid inhabituel" d'une part, et "remarquable", exceptionnel" ou "mémorable" d'autre part. J'espère que je n'ai rien oublié ou fait aucune erreur. Si c'est le cas, n'hésitez pas à m'en faire part. En bleu, figurent les SSW qui ont précédé les épisodes de froid considérées (9/35). En rouge, apparaissent les SSW qui ont été suivi d'un épisode de froid important en France (6/35). En orange, c'est le cas ou les 2 types d'événements apparaissent presque simultanément (1/35). Au regard du type de SSW, les dSSW sont les SSW pour lesquels on observe une bonne descente des valeurs NAM- vers la basse stratosphère et la troposphère (propagation en cross de hockey). A l'égard des nSSW, 2 types de situation peuvent être rencontrés : soit aucune propagation vers le bas ne s'effectue (exemple : 12- fev-1990), soit la propagation est peu esthétique, peu efficace, trop directe ou relativement contrariée (exemples : 4-dec-1981 ; 23-jan-2012). Par ailleurs, cette classification est tirée d'une étude de Karpechko et al. (2017). Au regard de cet article, un SSW est considéré comme "propagatif" (dSSW) si : • l'anomalie moyenne d'AO entre J+8 et J+52 après le SSW est négative au niveau 1000 hpa • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 1000 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 50% • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 150 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 70% Dans le cas contraire, le SSW est reporté comme "non propagatif" (nSSW). A première vue, au regard du tableau il n'y a pas véritablement de lien concret entre SSW et épisodes de froid important en France. Tout ceci pour dire qu'il est imprudent de parler de vagues de froid ou de coups de froid intenses (ou de tout autre événement remarquable) dans les tendances sub-saisonnières, lorsqu'un SSW survient. Et pour en revenir à la question initiale de @sastrugis car j'ai un peu divagué, les VDF et épisodes de froid significatif ne sont pas tous intervenus dans le prolongement d'un SSW, loin de là et le SSW n'est pas une condition nécessaire. Nota Bene : pour les événements stratosphériques notamment en novembre, on ne peut pas vraiment parler de SSW à proprement parlé. La variabilité est plutôt faible à cette période et les réchauffements ne sont pas brutaux et significatifs. On parlera plus d'affaiblissement du vortex polaire (SVW ou Stratospheric Vortex Weakening dans la littérature scientifique).
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Prévisions stratosphériques à moyen & long terme
Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Histoire de refermer un peu la parenthèse "Régis" et de repartir sur une note un peu plus positive pour la suite de cet hiver (tout en faisant échos au message d' @Iconoclaste de ce matin), je me permets de partager le très bon tweet d'Etienne Kapikian : https://twitter.com/EKMeteo/status/1082311443792433152 La propagation associée à "l'après SSW" semble gagner en profondeur sur les derniers runs GFS, notamment vers le 20 janvier. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Tu pousses le bouchon un peu trop loin maurice régis ! https://www.youtube.com/watch?v=ASc40_mpZjU "... smiley à l'égard d'un certain pseudo "Cirus", amateur météo dont l'ego semble surdimensionné" Ce n’est certainement pas à moi d’en juger vis-à-vis de ma propre personne. Cependant, c’est étrange de lire ceci de la part de quelqu’un qui me connaît très peu voire pas du tout. En termes de remarque constructive, c’est un zéro pointé. Quant à la morale de fin de publication, il convient également de l’appliquer à soi-même et pas uniquement aux autres. "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." De quels SSWs parles-tu ?! Je veux bien admettre que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère est mobile et peut se renouveler à plusieurs reprises au sein d'un même événement stratosphérique. Il est notamment possible de l'observer sur les cartes de modèle numérique ou sur les réanalyses de SSW passés. Cela dit, pour l'hiver actuel, on parle bien d'un seul SSW ayant pour date le 1er janvier 2019 (premier jour du renversement du vent zonal à 10 hpa et à 60°N selon les réanalyses MERRA-2). Ce SSW est le plus précoce (à 1 jour près) depuis décembre 2001. C'est la définition la plus communément utilisée dans la communauté scientifique... exemple: Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "We employ the following simple, commonly used definition for major warmings (Charlton and Polvani 2007; hereafter CP07): the central date or event date of a SSW occurs when the daily-mean zonal-mean zonal winds at 10 hPa and 60°N first change from westerly to easterly between November and March. The winds must return to westerly for 20 consecutive days between events (to avoid counting the same event twice, roughly equivalent to the thermal damping timescale at 10 hPa; Newman and Rosenfield, 1997). If the winds do not return to westerly for at least 10 consecutive days before 30 April, the warming is a final warming and is not included." "Il faut qu'ils soient situés de façon opportune." "Mais jusqu'à présent, ces SSW n'étaient pas bien situés au bon endroit pour engendrer du froid vers la France." Tu me sembles convaincu que la localisation du réchauffement en moyenne stratosphère puisse permettre de déterminer la localisation des vagues de froid ou des décrochages polaires en troposphère. Seulement, est-tu dans la capacité de me fournir un ou des article(s) scientifique(s) sérieux qui avancent tes dires ? Je souhaiterais bien te mettre au défi mais je sais d’avance qu’il y en a tout simplement pas ! Pour te convaincre du contraire, je vais poster ici une figure très intéressante de la même étude (Butler et al.). Il s'agit d'une comparaison entre les SSW de janvier 1985 et de janvier 2009. Bien que le SSW de janvier 2009 ait été un peu plus violent que celui de janvier 1985, la "signature thermique" à 10 hpa est presque identique. Et pourtant, les conséquences n'ont pas été similaires dans la troposphère... Il suffit d'observer le champ d'anomalies de température (et surtout les plages bleues) en troposphère pour s'en rendre compte ! Parmi les SSW récents, l'exemple du SSW mineur de janvier 2012 peut également s'avérer être une très belle illustration (rien du tout n'est identique à la verticale) qui puisse te contredire Régis. En moyenne stratosphère, le vortex polaire était centré non loin de la Scandinavie (et le réchauffement n'était pas du tout localisé à cet endroit). Pourtant, juste après ce SSW, on a eu un bel anticyclone scandinave en troposphère et une belle vague de froid en France !! Butler et al. (2017). A Sudden Stratospheric Warming Compendium: https://www.earth-syst-sci-data.net/9/63/2017/essd-9-63-2017.pdf "Figure 6 illustrates the differences in the tropospheric climate following two similar split-type SSWs, one in January 1985 and the other in January 2009. In both events, the polar vortex split into two lobes: the one associated with the greatest warming anomalies centered over Canada and the other centered over northern Europe and Asia (Fig. 6a, b). The 2009 split SSW had a larger lobe that extended over most of Eurasia, but otherwise the stratospheric evolution was quite similar. However, the subsequent surface and tropospheric responses in the weeks following the events differed in several ways. The 500 hPa height anomaly pattern following the 1985 event projects strongly onto the negative NAO pattern (Fig. 6c), with positive height anomalies over Greenland and negative height anomalies over the North Atlantic. This pattern is associated with much lower surface temperature anomalies over much of Europe and Asia. However, the height anomalies in the 2 months following the 2009 split-type event do not look like the negative NAO phase, though there are weakly positive height anomalies over the Arctic and two centers of low height anomalies over Europe and Asia (Fig. 6d)." "On voit que les fameux réchauffements stratosphériques ne sont pas aussi automatiques qu'on le croit pour prévoir des vagues de froid" Je ne crois pas avoir vu le terme "vague de froid" employé sur ce topic. Quant au fait que les réchauffements stratosphériques ne soient pas aussi automatiques vis-à-vis de la circulation générale, il faut être complètement aveugle pour ne pas se rendre compte que c'est le sujet de notre discussion, ici, sur ce topic depuis plusieurs semaines, mais aussi depuis le premier post de TreizeVents de ce topic, mais aussi depuis 2011 sur les topics de tendances saisonnières (c'est rabaché et du surrabaché vu le nombre de fois qu'on a mentionné cet aspect non automatique des SSW sur ce forum) ! Il suffit simplement de regarder les pages précédentes et de scroller à l'aide de ta molette et surtout de lire ! En conclusion, je ne doute pas que tu sois un bon présentateur, mais de là à te faire passer pour un pro ou pour un homme d’expérience en matière de prévisions stratosphériques à moyen & long termes, c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Dans le cas présent, je ne pense pas qu'on puisse parler "d'influence retour". Il est peu probable que l'émergence de la crête d'altitude actuelle ait été causée par le SSW ou par sa phase d'initiation. La troposphère peut également se débrouiller seule. Autrement oui, l'activité ondulatoire venue de la troposphère (si elle se maintient bien après le SSW , ce qui n'est pas systématiquement le cas) peut catalyser la chute verticale vers le bas. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Il est certain que cette nouvelle attaque (modélisée depuis de nombreux jours) va une fois de plus perturber un vortex polaire déjà bien affaibli par les assauts du mois de décembre. Sur les modèles, le complexe dépressionnaire en moyenne stratosphère est complètement anémique, désorganisé, éclaté et il va mettre énormément de temps à renaître de ses cendres. Le renversement du courant circumpolaire d’ouest est franc et relativement durable à 10 hpa (prévu à ce jour pour peut-être durer une quinzaine de jours, ce n’est pas rien). Toutefois, il n’est pas sûr que l’influence retour soit facile à se mettre en place. Pour l’instant, on voit difficilement la couleur de cet affaiblissement profond dans la très basse stratosphère et surtout dans la troposphère. La propagation de cet affaiblissement vers le bas est bien là sur les modèles pour ce début de mois de janvier, mais c’est plutôt lent et la propagation n’est pas tout à fait optimale dans la basse stratosphère et dans la troposphère. Je continue à penser que cette propagation vers le bas va connaître ses beaux jours un peu plus tard, au cours du mois de janvier, bien que je n’en sois pas complètement certain. Ça pourrait bien bouger dans la circulation générale sur les 2 dernières décades de janvier, voire courant février, avec une migration plus aisée des hauts géopotentiels vers les latitudes nordiques. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Bien que cela ne soit pas le seul ingrédient, c'est bien par l'intermédiaire du blocage ouest européen (et de son extension verticale progressive vers les hautes altitudes) que l'éclatement du vortex polaire va survenir. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Au passage, on remerciera grandement le blocage ouest européen actuel entre j+0 et j+5 (par rapport au SSW). Ce dernier va jouer un rôle important ces prochains jours dans la survenue du Splitting Event dans la stratosphère. En comparant les 2 images ci-dessous, on remarque bien l'amplification avec l'altitude de l'onde planétaire initialement présente dans la troposphère et la basse stratosphère (sous le niveau 30 hpa) au-dessus de l'Europe occidentale, entre le 1er et le 5 janvier (modèle GEOS). @Crawlings A travers ces 2 images, je pense que tu comprendras mieux pourquoi il ne faut pas appliquer rigoureusement la même situation en troposphère qu'en moyenne stratosphère 😉 Rien n'est identique à la verticale. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
En considérant les runs de ces derniers jours, on semble s'acheminer vers une propagation de valeurs plus faibles de vent zonal dans la très basse stratosphère. Après, cela sera-t-il suffisant pour impacter la troposphère dans le sens que l'on souhaite "hivernophilement parlant"? Je ne suis pas en mesure d'apporter de réponses concrètes. Toutefois, les chances d'avoir des répercussions dans la circulation générale (migrations de hauts géopotentiels en direction des hautes latitudes) pourraient augmenter à mesure que cette propagation dans la basse stratosphère progresse. Les 2 dernières décades de janvier seront à surveiller car des surprises pourraient être possibles. Quant à guetter de possibles sursauts d'AO- en troposphère sur cette coupe verticale : https://www.stratobserve.com/anom_ts_diags Ca revient presque à suivre l'évolution de ce graphique : https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/precip/CWlink/daily_ao_index/ao.shtml Et je ne pense pas que ce soit très pertinent à notre niveau car ça ne reflète en rien la dynamique qu'on pourrait avoir au-dessus de la région "euro-atlantique". Il va peut-être être temps de laisser la place aux topics hebdomadaires de prévisions à propos de cet aspect là. Autrement, j'ai mis à jour mon graphique excel avec un code couleur plus simplifié que le précédent. Les dSSW (Downward Stratospheric Sudden Warming ou SSW "propagatif") et les nSSW (Non Downward Stratospheric Sudden Warming ou SSW "non propagatif) apparaissent respectivement en orange et en bleu. En vert figurent les modélisation de la nuit dernière. Toujours par rapport au code couleur, j'ai repris un tableau de Alexey Karpechko au sein duquel les SSW de 1998 à aujourd'hui étaient catégorisés en nSSW ou en dSSW. Pour les SSW de 1979 à 1998, j'ai repris la définition exacte de l'étude "Predictability of downward propagation of major sudden stratospheric warmings" de Karpechko et al. (2017) d'un dSSW et j'ai fait la classification moi-même à partir d'une base de données mise à disposition par Mark Baldwin contenant l'indice NAM à plusieurs niveaux de pression que ce soit dans la troposphère ou dans la stratosphère. En plus des travaux de Karpechko et al., j'ai également considéré l'article scientifique "Absorbing and reflecting sudden stratospheric warming events and their relationship with tropospheric circulation" de Kodera et al. (2015). En tant que critère distinctif, les auteurs de cette étude ont considéré le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 à 100 hpa (basse stratosphère) sur la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa (au-dessus du pôle) pour chaque SSW majeur depuis 1979. Si le nombre de jours accompagnés d'un flux de chaleur négatif est supérieur ou égal à 2, le SSW est considéré comme étant "réfléchissant" (reflecting sudden stratospheric warming event). Dans le cas contraire, il est considéré comme "absorbant" (absorbing sudden stratospheric warming events). Cela dit, il a fallu que je réadapte la méthode exposée dans l'article scientifique. En effet, le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 n'étant pas disponible comme paramètre dans les réanalyses MERRA2, je me suis appuyé sur le flux de chaleur total à 100 hpa (toutes les configurations d'ondes sont prises en compte). Par ailleurs, au lieu de prendre en compte la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa, j'ai considéré les 2 semaines qui ont suivi le premier jour du renversement du zonal stratosphérique (U60_10hpa) dans la moyenne stratosphère (critère relativement admis par la communauté scientifique pour définir un SSW majeur). Sur le graphique ci-dessous, pour une bulle considérée, la valeur correspondante sur l'axe des abscisses équivaut au minimum de flux de chaleur à 100 hpa sur la période de 2 semaines, ultérieure à la date du début du renversement du zonal stratosphérique à 10 hpa. Quant à la valeur reportée sur l'axe des ordonnées, il s'agit de l'anomalie négative la plus forte en termes de vents zonal à 10 hpa associée au SSW majeur. La taille des bulles est représentative de la durée du renversement à 10 hpa. Plus la bulle est grande, plus cette durée a été importante. Sur ce graphique, les SSW majeurs situés à gauche de l'axe des ordonnées peuvent être considérés de façon approximative (puisque la méthode n'est pas strictement similaire à celle de l'article) comme étant des SSW "réfléchissant". A droite de l'axe des ordonnées, pour des plages positives de flux de chaleur, les SSW majeurs sont de type "absorbant". Grossièrement, voici où se trouve le SSW actuel par rapport aux SSW de 1979 à aujourd'hui, selon les modélisations actuelles : Parmi les SSW "réfléchissants" (à gauche de l'axe des ordonnées), on retrouve davantage de SSW "non propagatifs" (7) que de SSW "propagatifs" (3), donc davantage de SSW qui ne marchent pas "hivernophilement parlant". A l'inverse, parmi les SSW "absorbants" (à droite de l'axe des ordonnées), on a plus de SSW "propagatifs" (10) que de SSW "non propagatifs" (3), donc davantage de SSW qui marchent "hivernophilement parlant". Toujours du même côté du graphique, les 3 SSW en bleu (1987, 1998 et 2001) se sont manifestés en décembre, ce qui n'est pas le cas des autres SSW en orange à droite de l'axe des ordonnées. A première vue, le SSW actuel est bien situé sur le graphique. Ainsi, on aurait peut-être davantage de chances de s'en tirer avec un SSW "propagatif". Affaire à suivre tout de même car on peut s'apercevoir que les SSW qui se sont produits en décembre (1987, 1998 et 2001) n'ont pas été très fructueux de ce côté du graphique... -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Je ne suis certainement pas le plus pédagogue de ce forum, mais je vais tout de même essayer de répondre à tes questions. Je remets ici une réponse que j'avais apporté sur ce même topic il y a 20 jours environ: Dans le cas présent, on aurait pu effectivement s'attendre à une "propagation efficace de l'affaiblissement du vortex polaire" (matérialisé par des valeurs faibles de vents zonaux) en direction de la troposphère sur la première quinzaine du mois de janvier (sur les modélisations), mais ceci n'est pas le cas pour tous les SSW majeurs, sinon ça aurait été trop simple. Sur les modèles numériques, la propagation de cet affaiblissement est effective jusqu'à la basse stratosphère, mais est relativement faiblarde par extension dans la troposphère. Ainsi, les répercussions dans la circulation générale en troposphère seraient plutôt limitées selon les projections. Ici, je parle uniquement du début du mois de janvier. Malheureusement, la seule analyse des courbes de températures à 10 ou 30 hpa (moyenne stratosphère) ne permet pas de déterminer les suites à donner au SSW dans la circulation générale troposphérique. Les réchauffements stratosphériques majeurs ne garantissent pas la survenue de scénarios froids pour l'Europe de l'ouest. Tu fais bien de poser ces questions car c'est une erreur courante chez tous ceux qui commencent à s'intéresser à la stratosphère. Moi-même, je suis tombé dans le panneau quand j'y connaissais encore que dalle il y a 9 ans ^^. On passe tous un jour par là (à faire des erreurs), mais saches que je t'encourage à poursuivre. Ca ne sera sans doute pas facile, mais en avançant pas à pas, ça viendra j'en suis sûr 😉 En première approche, il ne faut pas calquer/reporter strictement à l'identique une situation observée sur une carte de modèle dans la moyenne stratosphère par "vue de l'esprit" sur la circulation générale possiblement attendue dans la troposphère. Cette façon d'extrapoler n'est pas correcte et elle est à éviter autant que possible. Dans le même genre de raisonnement, voici un exemple à ne pas suivre, celui de Régis Crépet : "Le nouveau mot à la mode de l'hiver "SSW" n'est pas bien situé pour valoir une vague de froid en France" "En fonction de la situation géographique de ce SSW, on pourra situer la localisation géographique de la vague de froid" "Cet emplacement n'est pas propice à la propagation d'une vague de froid vers l'Europe de l'ouest, bien qu'il soit prévu se propager un peu vers le nord de la Russie" -----> du grand n'importe quoi Pour un soi-disant "pro", c'est presque intolérable de lire certaines lignes de ses posts empreints de certitudes (conditionnel please !). Autant s'abstenir de commenter dans ce cas là, au lieu de débiter çà et là quelques conneries... Je déconseille de porter un quelconque crédit aux publications de Régis Crépet quand il est question de SSW ou de stratosphère (mais pas que malheureusement!). Beaucoup d'ICéens font mieux que ça, j'en suis sûr. Même @Crawlings fait mieux, en s'interrogeant et en prenant du recul. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
La situation est particulièrement borderline sur les modèles en ce moment. GFS a tempéré ses ardeurs avec des "résurgences" de NAM+ moins poussives en troposphère qu'auparavant. GEOS, de son côté, s'est également rapproché de GFS, aujourd'hui. A l'heure actuelle, on se retrouve au final avec un scénario intermédiaire, où on ne sait pas vraiment qui va prendre le dessus sur l'autre à terme (stratosphère vs troposphère). La propagation des anomalies négatives de NAM semble bloquée dans son élan et la troposphère serait -à priori- peu affectée. GFS donne une lueur d'espoir un peu avant la mi-janvier avec une propagation vers le bas qui tendrait à se remettre en route. Mais c'est tellement loin. Les effets du SSW majeur risqueraient d'être limités sur la première décade de janvier. On pourrait peut-être espérer davantage de répercussions, en particulier pour la seconde quinzaine de janvier, si la propagation vers le bas est relancée. De ce côté là, rien n'est acquis pour le moment. Affaire à suivre ... -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Le GFS0z d'aujourd'hui persiste (peu de différences par rapport au GFS0z d'hier), GEOS0z est dans un autre monde (un tout petit peu plus optimiste avec une meilleure propagation que GFS)... Il est vraiment difficile de savoir si on va faire face à un SSW réellement « propagatif » ou non. Juste à titre d'informations, la réactualisation journalière sur le site stratobserve s'effectue vers 16h : https://www.stratobserve.com/ -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
C’est par ici 😉 https://stratobserve.com/ Ce site est très riche, on peut voir beaucoup de choses avec 😉 -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Il est maintenant possible d'apercevoir la signature du réchauffement stratosphérique soudain dans les radiosondages, notamment dans celui de l'ïle Saint-Paul, au beau milieu de la mer de Béring (au nord de l'océan pacifique), non loin du 60e parallèle. Le régime des vents stratosphériques est à présent de secteur est (encadré bleu) alors qu'il était de secteur ouest auparavant et la température a commencé à grimper (encadré rouge). Cela dit, le SSW est toujours dans sa phase de développement et le paroxysme n'est pas encore atteint. Sur les premières projections de cet événement stratosphérique, le SSW majeur était modélisé initialement entre le 25 et le 29 décembre. Aujourd'hui, celui-ci est légèrement reporté et est projeté entre le 29 décembre et le 1er janvier, avec un relatif accord entre les déterministes (GFS, CEP et GEOS) pour la date du 1er janvier. Quant à la survenue d'un éventuel éclatement du vortex dans la moyenne stratosphère ("splitting event"), on gagne davantage de visibilité depuis quelques runs je trouve. Un tel scénario prend du galon sur les modèles et pourrait se manifester à partir du 3-4 janvier 2019. Cette option est majoritaire à l'heure actuelle. Au regard des possibles impacts en troposphère, mon grand optimisme des premiers jours s'est peu à peu transformé en optimisme un peu plus réservé. GFS sème le chaud et le froid, d'un run à l'autre et a fait germer en moi quelques doutes bien que j'opte toujours pour des effets dans la circulation générale favorables à la migration des hauts géopotentiels vers les latitudes septentrionales. Les modèles sont toujours très versatiles vis-à-vis de "l'après SSW". En cause, une propagation d'anomalies négatives de NAM (ou d'AO) difficile sur quelques modélisations GFS (voire absente dans la basse stratosphère ainsi que dans la troposphère) à la suite de l'événement stratosphérique malgré des conditions très fortement AO- dans la moyenne stratosphère. Au regard de ces projections, pas sûr que les effets soient immédiats à notre niveau s'il est supposé y en avoir. Pour s'en convaincre, je poste le run GFS0z d'hier (dommage qu'il y ait une seule réactualisation sur le site par jour) où cette propagation est loin d'être optimale. Toutefois, je préfère préciser que GFS est très versatile et qu'on est très loin d'avoir des certitudes au sujet des possibles impacts (ou non) en troposphère. Tout ceci reste à affiner au fil des sorties de modèles. Toujours sous l'impulsion de la remarque de @pablo25, j'ai mené quelques recherches sur le net, et là plus question de filet d'huile de foie de morue ou de réchaud défectueux... promis . Je suis tombé sur quelques travaux très intéressants effectués ces 2 dernières années, en vue de classifier les SSW selon les différents types de propagations d'AO- qui y sont associés. Runde et al. (2016), Jucker (2016), et Karpechko et al. (2017) ont proposé une classification des réchauffements stratosphériques soudain en 2 catégories : • DW SSW - Downward Stratospheric Sudden Warming (SSW suivi d'une propagation d'anomalies négatives d'AO vers le troposphère et d'impacts favorables d'un point de vue hivernophile dans la circulation générale) • NDW SSW - Non Downward Stratospheric Sudden Warming (SSW suivi d'une propagation absente ou difficile d'anomalies négatives d'AO... rien de bon hivernophilement parlant) Dans ces 3 articles scientifiques, différents critères ont été utilisées pour faire la distinction entre ces 2 catégories de SSW. Pour Karpechko et al. (2017), un SSW est considéré comme "propagatif" (DW SSW) si : • l'anomalie moyenne d'AO entre J+8 et J+52 après le SSW est négative au niveau 1000 hpa • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 1000 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 50% • la part de journées accompagnées d'une AO négative à 150 hpa entre J+8 et J+52 est supérieure à 70% Dans le cas contraire, le SSW est reporté comme "non propagatif" (NDW SSW). C'est cette même définition qui a été retenue par l'article bien frais de ce mois-ci (et oui!) de White et al. (2018), car les auteurs ont considéré la définition de Runde et al. (2016) un peu trop stricte (considération de la propagation d'anomalies d'AO inférieure à -1,5 "pas par pas" ou "niveau pas niveau") et celle de Jucker (2016) bien trop légère et incapable de vraiment faire la distinction entre les effets liés à un SSW et les effets liés à d'autres types de "forçages" (considération de la moyenne de l'indice AO avant et après le SSW pour apprécier le différentiel, ou seulement après le SSW). A partir de la définition de Karpechko et al. (2017), White et al. (2018) ont produit des schémas moyens de propagation d'AO- (voir figure ci-dessous) selon la structure du vortex polaire ("displacement event" à gauche ou "splitting event" à droite) et selon si la propagation est réellement effective (en haut) ou si elle est est extrêmement difficile (en bas). De cette figure, il faut retenir que la propagation vers la troposphère est efficace sur les 2 coupes verticales (et en fonction du temps) du dessus (configuration excellente hivernophilement parlant), ce qui n'est pas le cas des 2 coupes du dessous (hivernophilement parlant, ça peut conduire au désastre ^^). Sur ces graphiques, le trait vertical en pointillés correspond à la date du SSW majeur (premier jour du renversement des westerlies en easterlies à 10 hpa). Maintenant, la ressemblance entre le graphique du cas "NDW Split" et le graphique du GFS0z d'hier me paraît non négligeable. Et hivernophilement parlant, ce n'est pas très bon signe. Néanmoins, on parle juste ici d'un seul run GFS (cette option est minoritaire) et les runs GFS de ces derniers jours ne sont pas tous identiques, loin de là... Tout cela pour dire que rien n'est complètement acquis, quant aux possibles impacts troposphériques. Affaire à suivre de près... -
Prévisions stratosphériques à moyen & long terme
Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Je reste ouvert à d'éventuelles questions. J'essayerai de répondre dans la mesure du possible -
Prévisions stratosphériques à moyen & long terme
Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Bien vu ! Cela ne m'a pas du tout traversé l'esprit sur le moment et je n'ai pas distingué les SSW qui "marchent" de ceux qui "ne marchent pas" (d'un point de vue hivernophile). Pour répondre à ta suggestion, on va passer en revue différents schémas de propagation dans la stratosphère, suite aux SSW majeurs de la période 1979-2018. Ceci va s'avérer plutôt utile pour la suite de cette analyse, mais également pour appréhender les possibles "fenêtres météorologiques" (pourquoi pas) à l'issue du SSW à venir. Ensuite, bien que Noël approche à très très très très grands pas, il n'est jamais trop tard pour commander ses cadeaux ou pour faire une liste à petit papa Noël Pour imager le tout, je vous présente ici le catalogue infoclimat Noël 2018 : Un filet d'huile de foie de morue Besoin de soulager votre gosier? Riche en oméga 3, en vitamines A&D et connue pour ses bienfaits pour la santé, l'huile de foie de morue ne vous fera pas de mal, loin de là, et vous donnera beaucoup de tonus pour l'hiver ! Faites bien votre choix car une désagréable surprise gustative vous est réservée en bouche. SSW majeur "très ponctuel" suivi d'une propagation vers le bas "en filet" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Un tire-fesses Levé du mauvais pied? Marre du réchauffement climatique? Marre de patator? Ce tire-fesses permettra de vous rendre au Mont-Blanc, et même plus encore ! ... en Laponie au pays du Père Noël! SSW majeur suivi d'une propagation difficile "en escalier" ou en "tire-fesses" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Un réchaud défectueux Dans la panoplie du parfait hivernophile, cet outil est un incontournable pour vos ballades enneigées en traineau avec petit papa noël à vos côtés et vous ira à ravir. Et pour cramer notre ami, le vortex polaire, ce réchaud pourrait s'avérer utile, quoique ... à l'ère de l'obsolescence programmée, on n'est pas à l'abri de certaines mésaventures... SSW majeur marqué en altitude avec peu d'impacts en surface (propagation difficile des conditions AO- intenses vers le bas et limitée essentiellement à la moyenne stratosphère) Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Une cascade de chocolat Vous aimez le chocolat ? Parfait ! Moi aussi ! Il est temps de s'éclater le foie !!! Et les Kouign Amann? Vous aimez les Kouign Amann? Et les galettes saucisses ? SSW majeur suivi d'une propagation "en cascade" des conditions AO- en direction de la troposphère Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur Une crosse de hockey Excellent pour faire joujou avec le vortex polaire, mais aussi pour faire une partie stratosphérique de Hockey. Ce cadeau émerveillera chaque hivernophile digne de ce nom. Il est temps de lui donner une bonne raclée à ce bon vieux tourbillon glacé . SSW majeur suivi d'une propagation "en crosse de hockey" des anomalies négatives d'AO Anomalies moyennes du champ de pression ramenée à la surface de la mer sur le mois qui a suivi le SSW majeur A présent revenons à ta suggestion @pablo25. Pour répondre à ta question, il a fallu que je me replonge dans la littérature scientifique, et plus précisément dans l'article "Absorbing and reflecting sudden stratospheric warming events and their relationship with tropospheric circulation" de Kodera et al. J'en avais fait un résumé succinct il y a 1 an. En tant que critère distinctif, les auteurs de cette étude ont considéré le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 à 100 hpa (basse stratosphère) sur la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa (au-dessus du pôle) pour chaque SSW majeur depuis 1979. Si le nombre de jours accompagnés d'un flux de chaleur négatif est supérieur ou égal à 2, le SSW est considéré comme étant de type R (reflecting sudden stratospheric warming event). Dans le cas contraire, il est considéré comme étant de type A (absorbing sudden stratospheric warming events). Ici, on utilisera les notations "A" et "R" pour simplifier la lecture de ce post. Cela dit, il a fallu que je réadapte la méthode exposée dans l'article scientifique. En effet, le flux de chaleur associé aux composantes à ondes n°1 et n°2 n'étant pas disponible comme paramètre dans les réanalyses MERRA2, je me suis appuyé sur le flux de chaleur total à 100 hpa (toutes les configurations d'ondes sont prises en compte). Par ailleurs, au lieu de prendre en compte la semaine qui a suivi le pic de température à 50 hpa, j'ai considéré les 2 semaines qui ont suivi le premier jour du renversement du zonal stratosphérique (U60_10hpa) dans la moyenne stratosphère (critère relativement admis par la communauté scientifique pour définir un SSW majeur). Sur le graphique ci-dessous, pour une bulle considérée, la valeur correspondante sur l'axe des abscisses équivaut au minimum de flux de chaleur à 100 hpa sur la période de 2 semaines, ultérieure à la date du début du renversement du zonal stratosphérique à 10 hpa. Quant à la valeur reportée sur l'axe des ordonnées, il s'agit de l'anomalie négative la plus forte en termes de vents zonal à 10 hpa associée au SSW majeur. La taille des bulles est représentative de la durée du renversement. Plus la bulle est grande, plus cette durée a été importante. Sur ce graphique, les SSW majeurs situés à gauche de l'axe des ordonnées peuvent être considérés de façon approximative (puisque la méthode n'est pas strictement similaire à celle de l'article) comme étant des SSW de type R (SSW qui ne marchent pas vraiment hivernophilement parlant, malgré quelques exceptions). A droite de l'axe des ordonnées, pour des plages positives de flux de chaleur, les SSW majeurs sont de type A (SSW qui marchent plutôt bien hivernophilement parlant malgré quelques exceptions là aussi). En violet : filet d'huile de foie de morue (propagation unique de courte durée des conditions AO- vers la troposphère) --> SSW plutôt de type R En bleu foncé : tire-fesses (propagation difficile et "en escalier" des conditions AO- vers le bas) --> SSW plutôt de type R En bleu clair : réchaud défectueux (conditions AO- marquées en altitude mais propagation vers le bas pas très efficace inférieure à 1 mois) --> SSW plutôt de type A En orange : cascade de chocolat (propagation "en cascade" et plutôt assez directe vers la troposphère) --> SSW plutôt de type A En rouge : crosse de hockey (propagation en "crosse de hockey" et conditions AO- persistantes en basse stratosphère) --> SSW plutôt de type A En vert : GFS0z et la moyenne FNMOC0z d'aujourd'hui Au regard du code couleur, je vous avoue que c'est très qualitatif. J'ai regardé les profils verticaux d'AO pour chaque SSW majeur et je les ai catégorisé "à l'oeil". Néanmoins, ceci peut être une piste de classification à exploiter (avec néanmoins une méthode à suivre plus quantitative ou autre ... chose que je n'ai effectuée ici). -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
A 10 hpa, c’est rare qu’un éclatement du vortex polaire se fasse de façon spontanée, surtout en plein hiver. On passe toujours au préalable par l’amplification d’une onde planétaire qui conduit à un déplacement du vortex polaire. A l’horizon +384h, le nombre de scénarios accompagnés d’une scission du vortex polaire augmente chaque jour, bien que cela reste encore une option minoritaire. Aujourd’hui sur un total de 64 scénarios (GFS0z, Ensemblistes GEFS0z, CMC0z, FNMOC0z du 18 décembre), on a 21 scénarios avec un éclatement du complexe dépressionnaire. Hier, on en était à 17/64, 8/64 il y a 2 jours, 7/64 il y a 3 jours, 3/64 il y a 4 jours et 1/64 il y a 5 jours. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Ce soir, j'ai fait un petit graphique rapide sur excel pour comparer le SSW majeur de cet hiver avec d'autres SSW majeurs de la période 1979-2018. J'espère que celui-ci ne sera pas trop difficile à comprendre, et si c'est le cas je m'en excuses. Sur ce graphique, vous avez respectivement la date en jours (le "0" correspond à la date du 1er janvier) sur l'axe des abscisses et l'anomalie négative de vent zonal sur l'axe des ordonnées. Pour une bulle "considérée" (n'importe laquelle des 27 bulles du graphe), la date correspondante sur l'axe des abscisses équivaut au premier jour du renversement du courant circumpolaire d'ouest dans la moyenne stratosphère (vers 30 km d'altitude) et la valeur sur l'axe des ordonnées représente l'anomalie négative la plus forte de vent zonal (toujours dans la moyenne stratosphère) estimée pendant la période de renversement du courant circumpolaire d'ouest associée au SSW majeur. Quant à la taille des bulles, elle est représentative de la durée du renversement du zonal stratosphérique. Plus cette période est longue, plus la bulle est grosse... c'est la principale information à retenir. Aux SSW de la période 1979-2018, j'ai ajouté les modélisations d'aujourd'hui avec le code couleur suivant pour mieux se repérer dans le graphique : En violet : moyenne de l'ensemble FNMOC0z du 18/12/2018 En orange : GFS12z du 18/12/2018 En jaune : moyenne de l'ensemble GEFS0z du 18/12/2018 En vert: moyenne de l'ensemble CMC0z du 18/12/2018 Ceci dit, il ne faut pas trop se référer à la taille des bulles, concernant les modélisations, car on est limité par les échéances. En effet, on ne voit pas la fin de la période de renversement du zonal stratosphérique sur les modèles. A la lecture de ce graphique, le SSW majeur de cet hiver sera le plus précoce des ces 20 dernières années, et c'est aujourd'hui une certitude. Le SSW majeur est acquis et le renversement du zonal stratosphérique surviendrait grosso modo entre Noël et le 28 décembre, dans l'ensemble des scénarios que nous avons à notre disposition. Par ailleurs, il y a 10 jours sur ce même topic, j'évoquais de relatives similitudes entre les projections de CFS et l'évolution du vent zonal au cours de l'hiver 1984/1985. On peut s'apercevoir qu'en termes de timing et d'amplitude, on n'est pas très loin du SSW du 1er janvier 1985 sur les modèles. -
Je poste ici la carte moyenne d'anomalies du champ de pression ramené au niveau de la mer de 5 modèles saisonniers (Météo France, Met Office, CEP, DWD, CMCC) pour le trimestre janvier - février - mars . Il s'agit de la réactualisation de ce mois-ci. Le moyenne des 5 modèles saisonniers entrevoit clairement une signature NAO- dans la circulation générale pour le premier trimestre de l'année 2019. Par ailleurs, ceci me paraît cohérent avec la forte probabilité de survenue d'un SSW majeur à la fin de ce mois de décembre (voir le topic de prévisions stratosphériques). Bien qu'on ne connaisse pas encore sa nature exacte et qu'on ne puisse pas encore voir son paroxysme sur les modèles, la phase d'initiation du SSW est assez "monstrueuse" dans la haute stratosphère sur les modèles. Le vortex polaire risque de s'affaiblir grandement, voire même de s'éclater dans la stratosphère (certains modèles projettent aujourd'hui un tel scénario). A l'heure actuelle et à la lecture des projections numériques, le scénario d'un SSW costaud suivi d'une récurrence à régime NAO- me paraît très plausible.
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
C'est une question qui revient régulièrement chaque hiver, mais malheureusement, au regard des répercussions en troposphère, il n'y a pas vraiment de règles générales même si on parvient à identifier des schémas moyens de propagation selon différentes catégories de réchauffements stratosphériques. Dans l'absolu, chaque SSW réagit différemment et les processus de propagation ne sont pas complètement compris par les chercheurs. Les premières répercussions dans la circulation générale en troposphère peuvent apparaître quasiment simultanément par rapport au SSW, 1 semaine, 2 semaines après ... Je m'excuse d'avance de cette réponse évasive, mais je ne peux pas répondre précisément à ta question. Néanmoins, en moyenne (bien qu'il puisse y avoir des exceptions) les répercussions en troposphère tendent à survenir plus rapidement dans le cas d'un éclatement du vortex polaire (splitting event) que dans le cas d'un déplacement de vortex (displacement event). Par la même occasion, les effets sont plus conséquents et plus durables (jusqu'à 2 mois après le SSW) en troposphère si un splitting event se manifeste en comparaison d'un displacement event (jusqu'à 30/45 jours). Je parle ici uniquement des SSW qui marchent bien (hivernophilement parlant) car il y en a d'autres c'est l'hécatombe avec une reprise de l'activité dépressionnaire au-dessus de l'Atlantique (bye bye les fenêtres hivernales). Si tu veux te renseigner sur le côté obscur de la force (^^) et ces SSW qui puent le zonal, je t'invite à consulter un post que j'avais rédigé en novembre 2017 : Pour le moment, c'est trop difficile pour le dire car on ne voit pas encore le paroxysme du SSW à venir sur les modèles et les prochains runs vont très certainement évoluer. En l'état actuel des choses, si jamais GFS (par exemple) voit juste concernant la phase d'initiation du SSW, on pourrait vraiment s'attendre à un SSW majeur sur fin décembre/début janvier. Et vu la tronche de la phase d'initiation du SSW sur GFS, il ne serait pas étonnant qu'on puisse s'attendre à des bouleversements dans la circulation générale en Europe courant janvier (régime NAO- récurrent notamment). Bon, je sais que je vais un peu loin là, mais c'est juste pour illustrer ce que cela pourrait donner si GFS était dans le vrai. Après si ça peux te rassurer et si tu es hivernophile, les modèles saisonniers projettent quasiment tous de manière générale des conditions NAO- pour ces prochains mois. CFS qui était même le plus pessimiste jusqu'à maintenant a fait un pas en ce sens, surtout pour février (..janvier c'est très bof encore). La dernière réactualisation de CEP pour le trimestre janvier-février-mars est même bien meilleure que celle de novembre. -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Rien n'est acquis pour le moment au vu des échéances. Toutefois les modèles sont très très encourageants et je suis même relativement optimiste pour un SSW marqué. On notera le relatif accord, aujourd'hui entre GFS, GEFS et CMC-GEPS avec un plongeon prononcé du zonal stratosphérique à compter du 22 décembre. Dommage que GEOS-5 et CEP n'aillent pas plus loin, ça aurait pu nous être très utile si c'était le cas. En regardant la moyenne CMC-GEPS, c'est clairement un SSW majeur qui pointerait le beau de son museau à partir de Noël. Chez GFS et la moyenne GEFS, on est même très très proche d'un SSW majeur autour du 28 décembre. Quant à CFS, le signal devient un peu plus robuste à mesure que l'échéance se rapproche avec une baisse de régime du vortex polaire assez marquée. Toutefois sa moyenne (des runs de la semaine précédente) ne passe plus dans la plage négative des valeurs de vent zonal. On constate toujours une dispersion d'ensemble des scénarios CFS assez significative. Du côté de GFS, on notera la brutalité du ralentissement des vents zonaux depuis la stratopause à partir du 22 décembre. Ralentissement et même renversement des westerlies très incisif puisque la propagation serait effective et atteindrait aisément la moyenne stratosphère en l'espace de quelques jours. Le renversement apparaît même "durable" dans la haute stratosphère. Depuis que j'analyse les modèles stratosphériques (depuis 2010), il ne m'est pas souvent arrivé de voir une telle initiation aussi franche d'un SSW. Quand je vois un tel profil vertical et à moins d'un brusque revirement de situation chez GFS, je m'imagine mal comment on pourrait éviter un SSW quasi-majeur voire majeur sur l'extrême fin du mois de décembre, ou au début du mois de janvier. Je vais tout de même noyer mon pastis au cas où car on n'est pas à l'abri d'une "redistribution des cartes" sur les modèles. Cela m'est déjà arrivé de voir une propagation quasi identique vers le bas d'anomalies négatives de vents zonaux sur les modèles et le tout s'était évaporé en quelques runs. Ceci dit, quand je vois cette belle initiation au niveau de la haute stratosphère chez GFS notamment, je me dis qu'il y a de l'espoir pour un SSW digne de ce nom même si ça reste à des échéances supérieures à 10 jours, voire même 15 jours (si on extrapole sur la possibilité d'un SSW majeur). Enfin bref, ne spéculons pas trop vite et attendons les prochains runs ^^ -
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Cirus a répondu à un sujet de TreizeVents dans Tendances saisonnières
Sur les 15 prochains jours, on partirait probablement sur la succession de 2 pulsions chaudes dans la moyenne stratosphère : une première poussée sur la deuxième décade de décembre, et une possible seconde impulsion sur le début de la troisième décade de décembre. Sur les modélisations actuelles, les incidences sur le vortex polaire de ces 2 impulsions seraient faibles et on est très loin d'un SSW majeur, même aux échéances lointaines. On ne parle pas encore d'un renversement des vents zonaux à 10 hpa... Lien : https://www.stratobserve.com/ens_ts_diags Si on souhaite regarder plus loin, on peut toujours jeter un petit coup d'oeil sur les modèles saisonniers. Cela dit, avec la tendance de CFS à sous-estimer systématiquement le vent zonal dans la stratosphère (au même titre que GEFS par ailleurs), il faut rester très très prudent. CFS s'est d'ailleurs bien planté jusqu'à maintenant. Le modèle est vraiment biaisé je trouve. Sur le graphique ci-dessous, vous avez l'ensemble des runs de CFS des 7 jours précédents (vent zonal au 60e parallèle de l'hémisphère nord à 10 hpa dans la moyenne stratosphère). La courbe rouge représente la moyenne des scénarios. A cela, j'ai superposé l'évolution du vent zonal au cours de l'hiver 1984/1985. Il m'a semblé pertinent de rajouter cette courbe du fait des relatives ressemblances au regard de l'activité solaire et de la QBO. On est effectivement assez proche du prochain minimum solaire comme c'était le cas pour l'hiver 1984/1985. Par ailleurs, au même titre que l'hiver en question, nous avons une propagation vers le bas de la phase ouest de la QBO. Actuellement, ces vents d'ouest dans la stratosphère tropicale sont parvenus au niveau 40 hpa (comme en janvier 1985). Toutefois, ces "analogies" s'arrêtent là. Sur le graphique ci-dessous, on peut également s'apercevoir que la moyenne des runs CFS (des 7 jours précédents) suit assez fidèlement l'évolution du vent zonal de l'hiver 1984/1985 (RDV à la fin de l'hiver pour apprécier les performances de CFS ^^). Lien: http://weatheriscool.com/prod/interactiveTserie.html Ainsi, selon CFS, on aurait un risque non négligeable de SSW (réchauffement stratosphérique soudain) majeur sur le mois de janvier au vu du nombre de scénarios qui plongent dans la plage négative de vent zonal sur ce graphique. Contenu du biais de CFS, je pense qu'il ne faut pas trop s'attarder sur le plongeon spectaculaire des courbes sur l'extrême fin du mois de décembre (même si c'est une possibilité à ne pas négliger). Toutefois, il n'est pas impertinent de considérer le signal de fond du modèle : une baisse de régime du courant circumpolaire d'ouest dans la moyenne stratosphère sur fin décembre. Cela dit, la première information à retenir de ce graphique, c'est la dispersion d'ensemble non négligeable du panache des scénarios. A partir de là, on peut se dire qu'il y a énormément d'incertitudes. Si jamais CFS (au regard de sa moyenne) voit juste, on pourrait peut-être s'attendre à quelques bouleversements (par extrapolation de ce graphique) dans la circulation générale courant janvier (survenue de régimes NAO- notamment). -
Principaux SITES de prévisions saisonnières
Cirus a répondu à un sujet de florent76 dans Tendances saisonnières
Je vais faire ici un petit récapitulatif des sites sur lesquels on peut avoir accès aux modèles saisonniers pour le secteur euro-atlantique essentiellement (mais pas seulement). Cette liste n'est pas exhaustive et j'espère que celle-ci pourra être utile à ceux qui veulent se plonger un peu dans l'univers des prévisions/tendances aux échelles sub-saisonnières et saisonnières. JMA - Japan Meteorological Agency (organisme japonais) Page principale : http://ds.data.jma.go.jp/tcc/tcc/products/model/index.html Projections semaine par semaine : http://ds.data.jma.go.jp/tcc/tcc/products/model/map/1mE/map1/pztmap.php Projections mois par mois ou à l'échelle d'un trimestre : http://ds.data.jma.go.jp/tcc/tcc/products/model/map/4mE/map1/pztmap.php http://ds.data.jma.go.jp/tcc/tcc/products/model/map/7mE/map1/pztmap.php ECMWF - European Centre for Medium-Range Weather Forecasts (organisme européen) Projections semaine par semaine : http://effis.jrc.ec.europa.eu/applications/monthly-forecast/ Projections mois par mois : https://weather.us/monthly-charts/euro/europe/anomaly-msl/20181201-0000z.html Projections trimestre par trimestre : https://www.ecmwf.int/en/forecasts/charts/catalogue/seasonal_system5_public_standard_mslp?facets=Range,Long (Months)%3BType,Forecasts&time=2018100100,1488,2018120200&stats=ensm CFS - Climate Forecast System (organisme américain) Projections semaine par semaine : http://origin.cpc.ncep.noaa.gov/products/people/mchen/CFSv2FCST/weekly/ https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cfs-avg&region=us&pkg=z500a&runtime=2018111700&fh=-384 Projections mois par mois : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/CFSv2seasonal.shtml https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cfs-mon&region=us&pkg=z500a&runtime=2018111618&fh=1 Projections trimestre par trimestre : http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/CFSv2/CFSv2seasonal.shtml CanSIPS - Canadian Seasonal to Inter-annual Prediction System (organisme canadien) Projections mois par mois : https://www.tropicaltidbits.com/analysis/models/?model=cansips GloSea5 - Global Seasonal Forecasting System (organisme anglais) Projections trimestre par trimestre : https://www.metoffice.gov.uk/research/climate/seasonal-to-decadal/gpc-outlooks/glob-seas-prob Modèles produits en Europe (ECMWF, Met Office, Météo-France, DWD - Deutscher WetterDienst , CMCC - Centro Euro-Mediterraneo sui Cambiamenti Climatici ) : Projections trimestre par trimestre : https://climate.copernicus.eu/charts/c3s_seasonal/ IRI - International Research Institute for Climate and Society (Columbia University, USA) Projections trimestre par trimestre : https://iri.columbia.edu/our-expertise/climate/forecasts/seasonal-climate-forecasts/ Je compléterai cette liste au fur et à mesure car tout n'est pas là je pense.- 293 réponses
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J'en profite de nouveau pour vous faire part des dernières sorties de modèles saisonniers, disponibles sur le site du Copernicus . Si vous souhaitez les consulter, je vous donne le lien : https://climate.copernicus.eu/charts/c3s_seasonal/ . Dans ce lien, vous trouverez uniquement les modèles dont on dispose en Europe (donc pas de CFS, pas de JMA...). Ici, il y a 3 modèles que je n'ai pas exploité dans mon précédent post, mais qui vont être abordés dans les prochains paragraphes : les modèles de Météo-France, du DWD et du CMCC. Contrairement à mon précédent post, il s'agit cette fois-ci uniquement de cartes d'anomalies de pression ramenée à la surface de la mer, moyennées sur la période hivernale 2018/2019 (décembre, janvier et février), quel que soit le modèle considéré. Les plages de couleurs bleues correspondent à des anomalies de basses pressions (anomalies dépressionnaires). Quant aux plages de couleurs jaunes-orangées voire rouges, c'est l'inverse, ce sont des anomalies hautes de pression (anomalies anticycloniques). D'un premier coup d'oeil, on remarque un point commun entre toutes ces modélisations : c'est la présence de blocages nordiques. Certes, la position des centres d'action varie entre chacune de ces projections, mais je pense qu'il n'est pas impertinent de le signaler. Passons à présent aux détails. Dans le cas des modèles de Météo-France, du Met Office (organisme anglais), et du CMCC (Centro Euro-Mediterraneo sui Cambiamenti Climatici), le signal est explicitement NAO- avec des anomalies anticycloniques plutôt centrées dans les parages du Groenland (MF et Met Office) ou au-dessus de la mer de Norvège (CMCC). Dans le premier cas, cette configuration moyenne peut conduire à des contrastes thermiques parfois importants entre le nord et le sud de la France. Dans le second cas, le contexte privilégie davantage la pénétration d'air froid et humide au niveau de l'Europe méditerranéenne tandis que le temps est souvent plus sec (mais froid également) dans le nord de la France. Du côté du modèle du DWD (organisme allemand), la situation moyenne ressemble plus à un "GASC" (Greenland Anticyclone Sole Cyclone), c'est-à-dire des conditions anticycloniques peu puissantes ou faiblardes situées sur le Groenland favorisant en moyenne l'interaction du zonal bas atlantique avec les décrochages polaires au large des côtes européennes. Dans une telle configuration, l'activité dépressionnaire est centrée sur les îles britanniques et pilote un flux océanique et doux sur la France. Bien entendu, il s'agit ici d'une situation moyenne simulée sur 3 mois donc une telle carte peu cacher énormément de disparités en termes de régimes de temps. Je ne fais que traduire cette carte au premier degré. Quant au modèle européen ECMWF, les champs d'anomalies de hautes pressions ne sont pas axés sur le Groenland mais davantage sur le nord de l'Europe (signature moyenne proche d'un régime de blocage). Cela dit, comme nous l'avons vu dans mon précédent post, en regardant le modèle mois par mois, on ne retrouve pas la même circulation moyenne. Donc cette carte cache des disparités, comme les cartes des autres modèles très probablement. Juste à titre de comparaison, je poste ici les cartes d'anomalies moyennes de pression ramenée au niveau de la mer sur les hivers 2009/2010 et 2012/2013 (décembre, janvier et février dans chaque cas). On peut remarquer quelques analogies avec certaines cartes vues précédemment, en particulier avec la carte de l'hiver 2009/2010. En l'espace de 2 posts, j'ai abordé les sorties de 8 modèles saisonniers. En conclusion, à la seule lecture des modèles saisonniers, il est probable que l'hiver 2018/2019 soit dominé par l'émergence de blocages nordiques à répétition (situation plus ou moins comparable à ce que nous avons connu récemment en fin février/mars 2018). Ce contexte dominant pourrait être favorable à l'irruption de décrochages polaires en direction de l'Europe occidentale. Il pourrait donc il y avoir un bon potentiel hivernal sur ces prochains mois.... Mais on n'est pas non plus à l'abri d'un couac...
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Je m'excuse d'avance pour la figure un peu dégueulasse de ce post. J'ai voulu faire ça rapidement, mais ça ne rend pas très bien visuellement xd. J'ai mis dans une seule figure les dernières réactualisations de modèles saisonniers (sur cette première quinzaine de novembre). Mike a publié ces derniers jours la carte du modèle du Met Office pour le trimestre Décembre/Janvier/Février. En complément, je publie ici les cartes de 4 autres modèles saisonniers : CFS, CEP, JMA et CanSIPS à chaque fois pour les mois de décembre (1ère colonne), janvier (2e colonne) et février (3e colonne). Comme pour le modèle du Met Office, on remarque la signature d'un régime tendanciellement NAO- pour décembre, janvier et février, que ce soit chez JMA ou CanSIPS, avec des anomalies hautes de géopotentiel au-dessus du Groenland et des latitudes nordiques de l'Atlantique. Cette signature apparaît davantage marquée pour le mois de février sur ces 2 derniers modèles. Je trouve que les ressemblances sont même assez énormes, en comparant les 2 projections. Du côté de CEP et de CFS, des divergences apparaissent, au regard des 2 précédentes projections. Sur le premier mois de la saison hivernale, on y retrouve des anomalies dépressionnaires plutôt bien établies au-dessus de l'Atlantique et des anomalies plutôt anticycloniques (mais faibles) au-dessus de l'extrême nord de l'Europe, chez l'un ou l'autre modèle. Quant au mois de janvier, la carte du modèle américain tend à laisser transparaître une signature NAO-, avec toutefois des anomalies hautes de géopotentiel quasi inexistantes sur le nord de l'Atlantique et une "interface nord-sud" située bien plus ou nord comparée à une situation hivernale pleinement NAO- avec un GA très bien implanté et puissant. Chez le modèle européen, la moyenne du mois fait apparaître une situation de blocage sur l'Europe. Et pour finir, sur le dernier mois de l'hiver météorologique, CEP rejoint JMA et CanSIPS avec la projection d'un régime d'anticyclone nordique/groenlandais en moyenne mensuelle. CFS, quant à lui, fait cavalier seul, avec le rétablissement d'une circulation dépressionnaire autour du Groenland et de l'Islande. L'objectif de ce post est seulement de partager avec vous les dernières sorties de modèles. Sur 5 projections saisonnières, 3 modèles (UKMO, JMA et CanSIPS) entrevoient clairement une situation NAO- dominante pour l'hiver 2018/2019. D'un point de vue hivernophile, ces 3 modèles sont les plus intéressants car la France pourrait se retrouver (par extrapolation) dans l'axe des coulées froides de façon récurrente. CEP est plus partagé avec un début d'hiver un peu moins intéressant et une fin d'hiver (février) similaire aux 3 précédents modèles au regard de la circulation générale. Le modèle américain, quant à lui, est le plus pessimiste, hivernophilement parlant.
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